Introduire le produit vectoriel et l'utiliser pour les aires, volumes et orthogonalité.
MathématiquesTerminaleChapitre 17 / 19⏱ 7 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Calculer un produit vectoriel
Déterminer une aire ou un volume
Caractériser la colinéarité et la coplanarité
Depuis la classe de Première, tu sais calculer le produit scalaire de deux vecteurs : une opération qui, à partir de deux vecteurs, produit un nombre. Ce chapitre t’en présente le complément naturel, le produit vectoriel : une opération qui, à partir de deux vecteurs de l’espace, produit cette fois un troisième vecteur. C’est ce changement de nature — un vecteur en sortie, et non un nombre — qui fait toute la richesse, et toute la subtilité, de cette notion nouvelle.
Le produit vectoriel est l’outil naturel de la géométrie dans l’espace : il fournit d’un seul calcul un vecteur orthogonal à deux autres, il mesure une aire de parallélogramme ou de triangle sans transporter aucun angle, il donne le volume d’un tétraèdre, et il teste en une ligne si des points sont alignés ou coplanaires. Tu le retrouveras aussi bien dans les exercices « type bac » de géométrie repérée que dans les problèmes de physique : le moment d’une force qui fait tourner un écrou, la force qui dévie une particule chargée dans un champ magnétique, ou celle qui propulse un haut-parleur, reposent toutes sur ce même outil.
Un avertissement s’impose avant même la définition : ne confonds jamais les deux produits. Le produit scalaire u⋅v est un nombre, il est commutatif, et il s’annule quand les vecteurs sont orthogonaux. Le produit vectoriel u∧v est un vecteur, il change de signe quand on inverse l’ordre, et il s’annule quand les vecteurs sont colinéaires. Les deux notions sont, en un sens, complémentaires l’une de l’autre.
Le plan de ce chapitre suit une progression naturelle : orientation de l’espace et définition (§1), calcul pratique en coordonnées (§2), puis trois grandes applications géométriques — aires (§3), volumes (§4), distances (§5) — avant d’ouvrir sur la physique (§6). Chaque résultat nouveau est démontré, ou, quand la démonstration dépasse le programme, honnêtement admis comme tel.
1Définition et propriétés
1.1 Orientation de l’espace
Avant même de définir le produit vectoriel, il faut se donner une convention de sens dans l’espace : c’est ce qu’on appelle orienter l’espace. On dit qu’un triplet de vecteurs non coplanaires (u,v,w) forme un trièdre direct lorsqu’il respecte la règle suivante, unanimement adoptée par les mathématiciens et les physiciens.
Définition — trièdre direct, règle des trois doigts
Un triplet (u,v,w) de vecteurs non coplanaires est direct lorsque, en plaçant le pouce de la main droite selon u et l’index selon v, le majeur — tenu perpendiculairement aux deux premiers — pointe selon w.
Cette convention, purement conventionnelle mais universelle, donne un sens à l’espace : c’est elle qui permettra de définir sans ambiguïté le produit vectoriel.
Figure 1 — La règle des trois doigts (règle de la main droite) : elle donne le sens du vecteur u∧v, toujours orthogonal au plan formé par u et v.
1.2 Définition du produit vectoriel
Définition — produit vectoriel
Soit u et v deux vecteurs de l’espace. Le produit vectoriel de u par v, noté u∧v, est le vecteur défini ainsi :
si u et v sont colinéaires (l’un des deux pouvant être nul), alors u∧v=0 ;
si u et v ne sont pas colinéaires, alors u∧v est l’unique vecteur tel que :
u∧v est orthogonal à u et à v ;
le triplet (u,v,u∧v) est direct (règle des trois doigts) ;
∥u∧v∥=∥u∥×∥v∥×sinθ, où θ est une mesure en radians de l’angle géométrique (u,v), avec θ∈[0;π].
Remarque essentielle sur la norme : comme θ∈[0;π], on a toujours sinθ⩾0, donc ∥u∧v∥⩾0 : c’est heureux, une norme ne peut pas être négative.
Figure 2 — Le trièdre direct (u,v,u∧v) : le vecteur u∧v est orthogonal au plan de u et v (ici en pointillé), et son sens est donné par la règle des trois doigts de la Figure 1.
1.3 Propriétés
Propriété — règles de calcul
Pour tous vecteurs u,v,w de l’espace et tout réel λ :
Antisymétrie : v∧u=−(u∧v) ;
Bilinéarité : u∧(v+w)=u∧v+u∧w, et (λu)∧v=u∧(λv)=λ(u∧v) ;
u∧u=0 pour tout vecteur u ;
u∧v=0⟺u et v sont colinéaires.
Dans une base orthonormée directe (,,k) : ∧=k, ∧k=, k∧= — et les trois produits « dans l’autre sens » changent de signe.
Démonstration — u∧v=0⟺u,v colinéaires
L’antisymétrie et la bilinéarité se lisent sur la construction géométrique (échanger u et v échange le pouce et l’index, ce qui retourne le majeur) ; on les admet ici. L’équivalence sur la colinéarité, elle, se déduit proprement de la définition.
Si u=0 ou v=0 : le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur, et u∧v=0 par définition. L’équivalence est vraie dans ce cas.
Si u et v sont non nuls, notons θ∈[0;π] une mesure de leur angle géométrique.
u∧v=0
⟺∥u∧v∥=0un vecteur est nul si, et seulement si, sa norme l’est
⟺∥u∥∥v∥sinθ=0définition de la norme du produit vectoriel
⟺sinθ=0car ∥u∥=0 et ∥v∥=0
⟺θ=0 ou θ=πcar θ∈[0;π]
⟺u et v colinéairesde même sens si θ=0, de sens contraires si θ=π
C.Q.F.D.
Exemple — calculer une norme
On donne ∥u∥=3, ∥v∥=4, et un angle géométrique θ=30° entre u et v. Calcule ∥u∧v∥.
∥u∧v∥=∥u∥×∥v∥×sinθ
=3×4×sin30°
=12×21sin30°=21
=6
Exemple — produits des vecteurs de base
Dans une base orthonormée directe (,,k), détermine ∧.
et sont orthogonaux et unitaires
⇒∥∧∥=1×1×sin90°=1
pouce selon , index selon : la règle des trois doigts donne le majeur selon k
⇒∧=k
Attention
Le produit vectoriel u∧v est un vecteur, jamais un nombre : une réponse du type « u∧v=7 » est nécessairement fausse. Ne confonds pas non plus u∧v (orthogonal à u et v, nul quand ils sont colinéaires) avec u⋅v (un nombre, nul quand ils sont orthogonaux). Et surtout : u∧v=v∧u, l’ordre compte !
Math & Co — De Hamilton à Gibbs
Le produit vectoriel naît d’une intuition du mathématicien irlandais William Rowan Hamilton. Cherchant depuis des années à multiplier les vecteurs de l’espace comme on multiplie les nombres complexes, il a une illumination le 16 octobre 1843, en promenade avec son épouse le long du Royal Canal à Dublin : il grave aussitôt, sur la pierre du pont de Broom Bridge, la formule fondatrice des quaternions, i2=j2=k2=ijk=−1.
Un quaternion combine une partie « scalaire » et une partie « vectorielle » ; en 1844, l’Allemand Hermann Grassmann publie de son côté, dans son Ausdehnungslehre, une théorie plus générale du calcul vectoriel — mais l’ouvrage, jugé trop abstrait, reste ignoré de ses contemporains. Ce sont finalement le physicien américain Josiah Willard Gibbs et le Britannique Oliver Heaviside qui, indépendamment, extraient dans les années 1880 la seule partie vectorielle du calcul de Hamilton : ils créent ainsi l’analyse vectorielle moderne, avec le produit scalaire et le produit vectoriel que tu utilises aujourd’hui.
2Expression analytique
La définition géométrique du paragraphe précédent est indispensable pour comprendre le produit vectoriel, mais elle est peu pratique pour le calculer : mesurer un angle à la main n’est ni rapide ni précis. Voici la formule qui, dans un repère, transforme ce calcul en une suite d’opérations élémentaires sur des coordonnées.
2.1 Formule en coordonnées
Théorème — expression analytique
L’espace est muni d’un repère orthonormé direct(O;,,k). Si u a pour coordonnées (x;y;z) et v pour coordonnées (x′;y′;z′), alors u∧v a pour coordonnées :
u∧v(yz′−zy′;zx′−xz′;xy′−yx′)
Cette formule se déduit de la définition géométrique et de la bilinéarité, en développant u∧v=(x+y+zk)∧(x′+y′+z′k) à l’aide des neuf produits de vecteurs de base rencontrés au paragraphe précédent ; le détail, un peu long, est admis en Terminale.
Attention
C’est l’erreur la plus fréquente du chapitre : ne pas inverser l’ordre des trois coordonnées. Retiens que la deuxième coordonnée est zx′−xz′, et non xz′−zx′ : c’est le seul terme où l’ordre « naturel » x,y,z est inversé en z,x. Une seule coordonnée fausse change entièrement le vecteur.
2.2 Méthode pratique
Méthode — calculer u∧v en pratique
On écrit les coordonnées de u puis, juste en dessous, celles de v, dans l’ordre x,y,z. Pour obtenir la première coordonnée du résultat, on « cache » la colonne des x et l’on fait le produit en croix des deux coordonnées restantes : yz′−zy′. On répète en décalant d’un cran, dans l’ordre cyclique x→y→z→x, pour les deux coordonnées suivantes.
Exemple — calcul en coordonnées
On donne u(2;−1;3) et v(0;1;−2). Calcule u∧v.
1re coordonnée : (−1)×(−2)−3×1=2−3=−1
2e coordonnée : 3×0−2×(−2)=0+4=4
3e coordonnée : 2×1−(−1)×0=2−0=2
⇒u∧v(−1;4;2)
Vérification utile : u∧v doit être orthogonal à u. Or u⋅(u∧v)=2×(−1)+(−1)×4+3×2=−2−4+6=0. ✓
2.3 Vecteur normal à un plan
Une application immédiate et très utile : trouver un vecteur orthogonal à un plan défini par trois points, pour en écrire l’équation cartésienne sans résoudre de système.
Méthode — équation cartésienne du plan (ABC)
Pour trois points A, B, C non alignés :
on calcule un vecteur normaln=AB∧AC, orthogonal au plan (ABC) puisqu’orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan ;
si n(a;b;c), le plan admet une équation de la forme ax+by+cz+d=0 ;
on détermine d en écrivant que A appartient au plan.
Exemple — équation d’un plan
On donne A(1;1;0), B(2;0;1), C(0;2;2). Détermine une équation cartésienne du plan (ABC).
AB(1;−1;1) et AC(−1;1;2)
n=AB∧AC a pour coordonnées ((−1)(2)−(1)(1);(1)(−1)−(1)(2);(1)(1)−(−1)(−1))
=n(−3;−3;0)
le plan admet une équation −3x−3y+d=0, soit x+y+d′=0on a divisé par −3
A(1;1;0) appartient au plan : 1+1+d′=0
⇒d′=−2
⇒le plan (ABC) a pour équation x+y−2=0
Vérification : B et C appartiennent bien à ce plan, puisque 2+0−2=0 et 0+2−2=0. On remarque que z n’intervient pas dans l’équation : le plan « contient » la direction k, il est donc vertical.
3Aire d’un parallélogramme et d’un triangle
La définition même de la norme du produit vectoriel — ∥u∧v∥=∥u∥∥v∥sinθ — est déjà, sous une autre forme, une formule d’aire. C’est la première grande application du chapitre : plus besoin de mesurer un angle, un simple calcul de coordonnées suffit.
3.1 Aire du parallélogramme
Théorème — aire du parallélogramme
Soit ABCD un parallélogramme de l’espace. Son aire vaut :
AABCD=AB∧AD
Démonstration
Notons θ l’angle géométrique (AB,AD). L’aire d’un parallélogramme est le produit d’un côté par la hauteur relative à ce côté.
AABCD=AB×h, avec h=AD×sinθhauteur issue de D
=AB×AD×sinθ
=AB×AD×sinθ
=AB∧ADdéfinition de la norme du produit vectoriel
3.2 Aire du triangle
Propriété — aire du triangle
Le triangle ABC est la moitié du parallélogramme construit sur AB et AC (de diagonale [BC]) :
AABC=21AB∧AC
L’ordre des deux vecteurs importe peu pour une aire, puisque ∥u∧v∥=∥v∧u∥ (l’antisymétrie ne change pas la norme).
Figure 3 — Le parallélogramme ABCD construit sur AB et AD : son aire vaut AB∧AD=5 ; la diagonale (BD) le partage en deux triangles de même aire 2,5. Le segment pointillé [DH] est la hauteur issue de D.
Exemple — aire d’un parallélogramme
ABCD est un parallélogramme tel que AB(3;0;1) et AD(1;0;2). Calcule son aire, puis celle du triangle ABD.
AB∧AD(0×2−1×0;1×1−3×2;3×0−0×1)
=AB∧AD(0;−5;0)
AB∧AD=02+(−5)2+02=5
⇒AABCD=5
AABD=21×5
=2,5
Exemple — un triangle équilatéral
On donne A(1;0;0), B(0;1;0), C(0;0;1). Calcule l’aire du triangle ABC.
AB(−1;1;0) et AC(−1;0;1)
AB∧AC(1×1−0×0;0×(−1)−(−1)×1;(−1)×0−1×(−1))
=AB∧AC(1;1;1)
AB∧AC=1+1+1=3
⇒AABC=23
On pouvait s’y attendre : par symétrie des rôles de x,y,z, le triangle ABC est équilatéral de côté 2, et l’on retrouve A=43×(2)2=23.
Attention
Pour l’aire du parallélogramme ABCD, utilise deux côtés issus du même sommet : AB et AD, jamais AB et AC (la diagonale). Et n’oublie pas le facteur 21 pour un triangle : c’est l’erreur la plus fréquente de ce paragraphe.
4Produit mixte et volume
Comment étendre l’idée d’aire à la troisième dimension ? En combinant le produit vectoriel avec le produit scalaire, on obtient un nombre — le produit mixte — qui mesure un volume.
4.1 Le produit mixte
Définition — produit mixte
Le produit mixte de trois vecteurs u,v,w de l’espace est le nombre réel, noté [u,v,w], défini par :
[u,v,w]=(u∧v)⋅w
4.2 Volume du parallélépipède et du tétraèdre
Théorème — volumes
Soit A,B,C,D quatre points de l’espace tels que AB,AC,AD ne sont pas coplanaires. Le parallélépipède construit sur ces trois vecteurs a pour volume :
Vparall.=[AB,AC,AD]
Le tétraèdreABCD a pour volume :
VABCD=61[AB,AC,AD]
Démonstration
Le volume d’un parallélépipède est le produit de l’aire d’une face par la hauteur relative.
on choisit pour base le parallélogramme sur AB et AC, d’aire ∥n∥, où n=AB∧AC§3
n est orthogonal à cette base ; la hauteur h est la longueur de la projection de AD sur n
h=∥n∥AD⋅n
Vparall.=∥n∥×h=∥n∥×∥n∥AD⋅n
=AD⋅(AB∧AC)=[AB,AC,AD]
Le tétraèdre ABCD a pour base le triangleABC, d’aire 21∥n∥, et la même hauteur h que le parallélépipède. Comme Vteˊtra.=31×base×h, on obtient un facteur 31×21=61 par rapport au parallélépipède. C.Q.F.D.
4.3 Coplanarité
Propriété — caractérisation de la coplanarité
Quatre points A,B,C,D sont coplanaires si, et seulement si, [AB,AC,AD]=0 — autrement dit, si le « tétraèdre » ABCD est aplati, de volume nul.
Figure 4 — Le tétraèdre ABCD, avec A(0;0;0), B(3;0;0), C(1;2;0), D(1;1;2) : AB∧AC=(0;0;6), donc AABC=3 ; le produit mixte vaut 12, donc VABCD=2. Les arêtes en pointillé gris sont cachées, le segment vert la hauteur issue de D.
Exemple — volume d’un tétraèdre
On donne A(0;0;0), B(3;0;0), C(1;2;0), D(1;1;2) (Figure 4). Calcule le volume du tétraèdre ABCD.
AB(3;0;0), AC(1;2;0), AD(1;1;2)
AB∧AC(0×0−0×2;0×1−3×0;3×2−0×1)
=AB∧AC(0;0;6)
[AB,AC,AD]=(0;0;6)⋅(1;1;2)=0+0+12
=12
⇒VABCD=61×∣12∣=2
Vérification par la formule « classique » : la base ABC a pour aire 21×6=3, et D est à la hauteur h=2 au-dessus du plan z=0 qui contient A,B,C ; or 31×3×2=2. ✓
Exemple — tester une coplanarité
Les points A(0;0;0), B(1;1;0), C(1;0;1), D(2;1;1) sont-ils coplanaires ?
AB(1;1;0), AC(1;0;1), AD(2;1;1)
AB∧AC(1×1−0×0;0×1−1×1;1×0−1×1)
=AB∧AC(1;−1;−1)
[AB,AC,AD]=(1;−1;−1)⋅(2;1;1)=2−1−1
=0
Le produit mixte est nul : les quatre points A,B,C,D sont coplanaires.
Attention
Le volume d’un tétraèdre se calcule avec le facteur 61, pas 31 (qui ne concerne que le rapport base-hauteur, pas le passage du parallélépipède au tétraèdre). N’oublie pas non plus les barres de valeur absolue : un produit mixte peut être négatif, un volume jamais.
5Distance d’un point à une droite
Dernière application géométrique du chapitre : calculer, dans l’espace, la distance d’un point à une droite — sans avoir besoin de déterminer explicitement le projeté orthogonal.
Théorème — distance d’un point à une droite
Soit Δ une droite passant par un point A, de vecteur directeur u non nul, et soit M un point de l’espace. La distance de M à Δ vaut :
d(M,Δ)=∥u∥AM∧u
Démonstration
Notons H le projeté orthogonal de M sur Δ : par définition, d(M,Δ)=MH. Le triangle AHM, rectangle en H, est la moitié du parallélogramme construit sur AM et u.
l’aire de ce parallélogramme vaut, d’une part, AM∧u§3
et, d’autre part, base × hauteur =∥u∥×MHbase [AH] portée par u
⇒∥u∥×MH=AM∧u
⇒MH=∥u∥AM∧u∥u∥=0
Or MH=d(M,Δ). C.Q.F.D.
Figure 5 — Distance du point A à la droite Δ, passant par B et de vecteur directeur u : d(A,Δ)=∥u∥BA∧u. Le segment vert [AH] matérialise la distance, H étant le pied de la perpendiculaire.
Exemple — distance d’un point à une droite
La droite Δ passe par B(0;0;0) et a pour vecteur directeur u(2;1;−1). Calcule la distance du point A(3;2;2) à Δ (Figure 5).
BA(3;2;2)
BA∧u(2×(−1)−2×1;2×2−3×(−1);3×1−2×2)
=BA∧u(−4;7;−1)
BA∧u=16+49+1=66
∥u∥=4+1+1=6
⇒d(A,Δ)=666=666=11
Soit d(A,Δ)=11≈3,3.
Exemple — une distance entière
La droite Δ passe par A(2;−1;3), de vecteur directeur u(1;2;2). Calcule la distance de M(4;−3;4) à Δ.
AM(2;−2;1)
AM∧u((−2)×2−1×2;1×1−2×2;2×2−(−2)×1)
=AM∧u(−6;−3;6)
AM∧u=36+9+36=81=9
∥u∥=1+4+4=3
⇒d(M,Δ)=39=3
Attention
Au dénominateur, c’est bien la norme du vecteur directeuru de la droite qui figure — jamais celle de AM. Le point A utilisé peut être n’importe quel point de Δ : le résultat ne dépend pas de ce choix.
6Applications physiques
Le produit vectoriel n’est pas qu’un outil de géomètre : c’est le langage naturel de nombreuses lois de la physique, chaque fois qu’un effet dépend conjointement de deux directions et s’annule quand elles sont colinéaires.
6.1 Moment d’une force
Définition — moment d’une force
Soit une force F appliquée en un point A. Le moment de F par rapport à un point O est le vecteur :
MO(F)=OA∧F
Il s’exprime en newton-mètre (N⋅m) et mesure l’effet de rotation que F produit autour de O.
Exemple — une potence porte une charge
Une potence fixée en O porte, en un point A tel que OA(0,3;0,4;0) (en m), une charge qui exerce en A une force verticale F(0;0;−50) (en N). Calcule le moment de F en O.
MO(F)(0,4×(−50)−0×0;0×0−0,3×(−50);0,3×0−0,4×0)
=MO(F)(−20;15;0)
MO(F)=(−20)2+152=625
=25N⋅m
Le moment a une intensité de 25N⋅m : c’est cette grandeur qui doit rester inférieure à la résistance mécanique de la potence.
6.2 Force de Lorentz
Définition — force de Lorentz
Une particule de charge q (en C), animée d’une vitesse v (en m·s⁻¹) dans un champ magnétique B (en T), subit la force de Lorentz :
F=qv∧B
Exemple — un proton dans un champ magnétique
Un proton, de charge q=1,6×10−19C, se déplace à la vitesse v(1×106;0;0) (m·s⁻¹) dans un champ uniforme B(0;0;0,5) (T). Calcule la force de Lorentz.
v∧B(0×0,5−0×0;0×0−106×0,5;106×0−0×0)
=v∧B(0;−5×105;0)
F=q(v∧B)=1,6×10−19×(0;−5×105;0)
=F(0;−8×10−14;0)N
Cette force, perpendiculaire à v, ne travaille pas : elle incurve la trajectoire sans changer la vitesse du proton, qui décrit une trajectoire circulaire — le principe des cyclotrons.
6.3 Force de Laplace
Définition — force de Laplace
Un fil conducteur, parcouru par un courant d’intensité I (en A) et représenté par un vecteur L (dans le sens du courant, de norme la longueur du fil), placé dans un champ magnétique B (en T), subit la force de Laplace :
F=IL∧B
Méthode — trouver le sens d’une force magnétique
Pour F=qv∧B ou F=IL∧B, la règle des trois doigts (§1.1) donne directement le sens : pouce selon le premier vecteur (v ou L), index selon B, majeur selon v∧B — à inverser si q<0. En physique, on utilise aussi la règle du bonhomme d’Ampère, strictement équivalente.
Exemple — une tige sur des rails
Une tige conductrice de longueur 0,3 m, parcourue par un courant I=2 A représenté par L(0,3;0;0), est placée dans un champ B(0;0;0,4) (T). Calcule la force de Laplace.
L∧B(0×0,4−0×0;0×0−0,3×0,4;0,3×0−0×0)
=L∧B(0;−0,12;0)
F=I(L∧B)=2×(0;−0,12;0)
=F(0;−0,24;0)N
La force a une intensité de 0,24 N : ce principe propulse les haut-parleurs électrodynamiques et les rails de Laplace.
Attention
Si la charge q est négative (électron), la force de Lorentz F=qv∧B est de sens opposé à v∧B : n’oublie jamais le signe de q. N’intervertis pas non plus v∧B et B∧v, qui sont opposés.
Math & Co — Ørsted, Ampère et le bonhomme
Le 21 juillet 1820, le physicien danois Hans Christian Ørsted observe qu’un fil parcouru par un courant fait dévier l’aiguille d’une boussole voisine : il découvre, presque par accident au cours d’une démonstration publique, le lien entre électricité et magnétisme. La nouvelle traverse l’Europe en quelques semaines.
Dès septembre 1820, le Français André-Marie Ampère reprend l’expérience, la systématise et en tire des lois mathématiques précises, fondant l’électrodynamique. Pour aider ses étudiants à retenir le sens du champ créé par un courant, il popularise l’image du « bonhomme d’Ampère » : un personnage couché dans le fil, le courant entrant par ses pieds et sortant par sa tête, qui regarde le point où l’on cherche le champ — sa main gauche en indique le sens. Un siècle avant la formalisation moderne du produit vectoriel, cette image encodait déjà la même règle d’orientation que ta règle des trois doigts.
Fiche mémo
Définition : u∧v est orthogonal à u et v ; (u,v,u∧v) est direct (règle des trois doigts) ; ∥u∧v∥=∥u∥∥v∥sinθ.
u∧v=0⟺u,v colinéaires.
Antisymétrie : v∧u=−(u∧v) ; bilinéarité par rapport à chaque vecteur.
Coordonnées : u∧v(yz′−zy′;zx′−xz′;xy′−yx′).
Vecteur normal à (ABC) : n=AB∧AC ; équation ax+by+cz+d=0.
Distance point-droite : d(M,Δ)=∥u∥AM∧u, avec A∈Δ et u directeur de Δ.
Physique : moment MO(F)=OA∧F ; Lorentz F=qv∧B ; Laplace F=IL∧B.
7Exercices corrigés
L’espace est muni, dans tout ce qui suit, d’un repère orthonormé direct (O;,,k).
Niveau 1 — Application directe
1
Calcule u∧v pour u(1;2;−1) et v(3;0;2).
Voir le corrigé détaillé
1re coordonnée : 2×2−(−1)×0=4−0=4
2e coordonnée : (−1)×3−1×2=−3−2=−5
3e coordonnée : 1×0−2×3=0−6=−6
⇒u∧v(4;−5;−6)
2
Les vecteurs u(2;−4;6) et v(−1;2;−3) sont-ils colinéaires ?
Voir le corrigé détaillé
1re coordonnée : (−4)×(−3)−6×2=12−12=0
2e coordonnée : 6×(−1)−2×(−3)=−6+6=0
3e coordonnée : 2×2−(−4)×(−1)=4−4=0
⇒u∧v=0
Les vecteurs u et v sont donc colinéaires ; en effet v=−21u.
3
On donne ∥u∥=5, ∥v∥=2 et un angle géométrique θ=60° entre u et v. Calcule ∥u∧v∥.
Voir le corrigé détaillé
∥u∧v∥=∥u∥×∥v∥×sinθ
=5×2×sin60°
=10×23
=53
4
Vrai ou faux ? Justifie chaque réponse. a.u∧v=v∧u. b.u∧u=0. c.(3u)∧v=3(u∧v). d. Si u∧v=0 et u=0, alors v=0.
Voir le corrigé détaillé
a. Faux. Par antisymétrie, v∧u=−(u∧v) : les deux ne sont égaux que si u∧v=0, ce qui n’est pas toujours le cas.
b. Vrai. C’est une propriété directe du produit vectoriel (deux vecteurs colinéaires — ici confondus — ont un produit vectoriel nul).
c. Vrai. C’est exactement la bilinéarité du produit vectoriel.
d. Faux.u∧v=0 signifie que u et v sont colinéaires, pas que v est nul. Contre-exemple : v=2u avec u=0 : alors u∧v=0 mais v=0.
5
On donne A(0;0;0), B(2;0;0), C(0;3;0). Calcule l’aire du triangle ABC.
Voir le corrigé détaillé
AB(2;0;0) et AC(0;3;0)
AB∧AC(0×0−0×3;0×0−2×0;2×3−0×0)
=AB∧AC(0;0;6)
AB∧AC=6
⇒AABC=21×6=3
6
On donne A(0;0;0), B(1;0;0), C(0;1;0), D(0;0;1). Calcule le volume du tétraèdre ABCD.
Voir le corrigé détaillé
AB(1;0;0), AC(0;1;0), AD(0;0;1)
AB∧AC(0×0−0×1;0×0−1×0;1×1−0×0)
=AB∧AC(0;0;1)
[AB,AC,AD]=(0;0;1)⋅(0;0;1)=1
⇒VABCD=61×∣1∣=61
Niveau 2 — Approfondissement
7
Les points A(1;0;0), B(0;1;0), C(0;0;1), D(1;1;1) sont-ils coplanaires ?
Voir le corrigé détaillé
AB(−1;1;0), AC(−1;0;1), AD(0;1;1)
AB∧AC(1×1−0×0;0×(−1)−(−1)×1;(−1)×0−1×(−1))
=AB∧AC(1;1;1)
[AB,AC,AD]=(1;1;1)⋅(0;1;1)=0+1+1
=2
Le produit mixte vaut 2=0 : les points A,B,C,D ne sont pas coplanaires.
8
On donne A(1;0;0), B(0;2;0), C(0;0;3). Détermine une équation cartésienne du plan (ABC).
Voir le corrigé détaillé
AB(−1;2;0) et AC(−1;0;3)
n=AB∧AC(2×3−0×0;0×(−1)−(−1)×3;(−1)×0−2×(−1))
=n(6;3;2)
le plan a une équation 6x+3y+2z+d=0
A(1;0;0) appartient au plan : 6+d=0
⇒d=−6
⇒le plan (ABC) a pour équation 6x+3y+2z−6=0
Vérification : B(0;2;0) donne 0+6+0−6=0 ✓, et C(0;0;3) donne 0+0+6−6=0 ✓.
9
La droite Δ passe par A(1;1;0) et a pour vecteur directeur u(1;−1;2). Calcule la distance du point M(2;0;3) à Δ.
Voir le corrigé détaillé
AM(1;−1;3)
AM∧u((−1)×2−3×(−1);3×1−1×2;1×(−1)−(−1)×1)
=AM∧u(1;1;0)
AM∧u=1+1+0=2
∥u∥=1+1+4=6
⇒d(M,Δ)=62=31=33
10
Développe et simplifie (u+2v)∧(u−v) en fonction de u∧v.
Voir le corrigé détaillé
(u+2v)∧(u−v)=u∧u−u∧v+2v∧u−2v∧vbilinéarité
=0−u∧v+2v∧u−0u∧u=v∧v=0
=−u∧v−2(u∧v)v∧u=−(u∧v)
=−3(u∧v)
11
ABCD est un parallélogramme avec A(0;0;0), B(4;0;0), D(1;3;0). Donne les coordonnées de C, puis l’aire de ABCD.
Voir le corrigé détaillé
ABCD parallélogramme ⇒AC=AB+AD
C=A+AB+AD=(0+4+1;0+0+3;0)
=C(5;3;0)
AB∧AD(0×3−0×0;0×1−4×0;4×3−0×1)
=AB∧AD(0;0;12)
⇒AABCD=12
Niveau 3 — Type bac
12
Restitution organisée de connaissances et application.
Démontrer que, pour tous vecteurs u,v de l’espace : u∧v=0⟺u et v sont colinéaires.
Application : les points A(1;2;0), B(3;5;1), C(−1;−1;−2) sont-ils alignés ?
Voir le corrigé détaillé
1. Si u=0 ou v=0, le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur, et u∧v=0 par définition : l’équivalence est vraie. Si u et v sont non nuls, notons θ∈[0;π] une mesure de leur angle géométrique.
u∧v=0
⟺∥u∧v∥=0
⟺∥u∥∥v∥sinθ=0
⟺sinθ=0∥u∥=0, ∥v∥=0
⟺θ=0 ou θ=π
⟺u et v colinéaires
2. Les points A,B,C sont alignés si, et seulement si, AB et AC sont colinéaires, c’est-à-dire si AB∧AC=0 d’après la question 1.
AB(2;3;1) et AC(−2;−3;−2)
AB∧AC(3×(−2)−1×(−3);1×(−2)−2×(−2);2×(−3)−3×(−2))
=AB∧AC(−3;2;0)
Ce vecteur n’est pas nul : AB et AC ne sont pas colinéaires, donc les points A, B, C ne sont pas alignés.
13
On donne A(0;0;0), B(4;0;0), C(0;3;0), D(0;0;6).
Calculer AB∧AC, puis l’aire du triangle ABC.
Calculer le volume du tétraèdre ABCD.
En déduire la distance du point D au plan (ABC).
Voir le corrigé détaillé
1.
AB(4;0;0) et AC(0;3;0)
AB∧AC(0×0−0×3;0×0−4×0;4×3−0×0)
=AB∧AC(0;0;12)
⇒AABC=21×12=6
2.
AD(0;0;6)
[AB,AC,AD]=(0;0;12)⋅(0;0;6)=72
⇒VABCD=61×72=12
3. Le volume du tétraèdre s’écrit aussi VABCD=31×AABC×d(D,(ABC)), où d(D,(ABC)) est la hauteur issue de D.
12=31×6×d(D,(ABC))
12=2×d(D,(ABC))
⇒d(D,(ABC))=6
Ce résultat est cohérent : le plan (ABC) est le plan z=0, et D(0;0;6) est bien à la distance 6 de ce plan.
14
Le bras articulé. Un bras robotisé, fixé en O, atteint le point A tel que OA(0,4;0;0,3) (en m). Un vérin y exerce une force F(0;40;0) (en N).
Calculer le moment MO(F)=OA∧F.
En déduire son intensité, en N⋅m.
Un technicien fait pivoter le bras de sorte que OA′(0;0,5;0), sans changer F. Que devient le moment ? Interpréter.
Voir le corrigé détaillé
1.
MO(F)(0×0−0,3×40;0,3×0−0,4×0;0,4×40−0×0)
=MO(F)(−12;0;16)
2.
MO(F)=(−12)2+02+162=144+256
=400=20N⋅m
3.
OA′∧F(0×0−0×40;0×0−0×0;0×40−0,5×0)
=OA′∧F(0;0;0)=0
Le moment devient nul. C’est cohérent : OA′(0;0,5;0) et F(0;40;0) sont colinéaires (l’une portée par , l’autre aussi) — la force est appliquée dans l’axe du bras, elle ne le fait donc plus du tout pivoter autour de O.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
15
Le champ de Ramat (Ndjamena). Ramat cultive, près de Ndjamena, un champ en forme de parallélogramme ABCD. Avec un repère local en mètres, AB(80;0;0) et AD(20;60;0).
Calculer l’aire du champ, en m².
Un sac d’engrais traite 200 m². Combien de sacs Ramat doit-il acheter ?
Voir le corrigé détaillé
1.
AB∧AD(0×0−0×60;0×20−80×0;80×60−0×20)
=AB∧AD(0;0;4800)
⇒AABCD=4800m2
2.
nombre de sacs =2004800
=24
Ramat doit acheter 24 sacs d’engrais.
16
Le panneau solaire (Dakar). Sur un toit à Dakar, on installe un panneau solaire rectangulaire ABCD, avec A à l’origine d’un repère local (en mètres), AB(2;0;0) et AD(0;1,2;0,9).
Justifier que ABCD est un rectangle.
Calculer un vecteur normal au panneau, puis son aire.
L’inclinaison du panneau par rapport à l’horizontale est l’angle φ entre sa normale et la verticale k(0;0;1). Sachant que cosφ=∥n∥n⋅k, calculer φ au degré près.
Voir le corrigé détaillé
1.AB⋅AD=2×0+0×1,2+0×0,9=0 : les côtés [AB] et [AD] sont perpendiculaires, et ABCD est un parallélogramme (par construction) à angle droit : c’est un rectangle.
2.
n=AB∧AD(0×0,9−0×1,2;0×0−2×0,9;2×1,2−0×0)
=n(0;−1,8;2,4)
∥n∥=02+(−1,8)2+2,42=3,24+5,76=9
=3
Le panneau a une aire de 3 m² (ce que confirme ∥AB∥×∥AD∥=2×1,5=3, les côtés étant perpendiculaires).
3.
n⋅k=0×0+(−1,8)×0+2,4×1=2,4
cosφ=32,4=0,8
⇒φ=cos−1(0,8)≈37°
Le panneau est incliné d’environ 37° par rapport à l’horizontale, une valeur réaliste pour optimiser l’ensoleillement à la latitude de Dakar.
17
Route maritime (Douala). Au large de Douala, une route maritime rectiligne est balisée par deux bouées P(0;0;0) et Q(6;8;0) (coordonnées en km, dans un repère local où z=0 est la surface de la mer). Un bateau se trouve au point M(10;2;0).
Donner un vecteur directeur u de la route (PQ).
Calculer la distance du bateau à la route.
Voir le corrigé détaillé
1.u=PQ(6;8;0) convient.
2.
PM(10;2;0)
PM∧u(2×0−0×8;0×6−10×0;10×8−2×6)
=PM∧u(0;0;68)
PM∧u=68
∥u∥=62+82=100=10
⇒d(M,(PQ))=1068=6,8
Le bateau se trouve à 6,8 km de la route maritime.
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Le produit vectoriel u∧v de deux vecteurs de l'espace est :
Explication : Contrairement au produit scalaire (qui donne un nombre), le produit vectoriel donne un troisième vecteur, orthogonal aux deux premiers.
Un triplet (u,v,w) de vecteurs non coplanaires est dit direct lorsque, pouce selon u et index selon v sur la main droite, le majeur pointe selon :
Explication : C'est la règle des trois doigts de la main droite : pouce = u, index = v, majeur (perpendiculaire aux deux) = w.
Si u et v sont non colinéaires, le vecteur u∧v vérifie :
Explication : Par définition, u∧v est orthogonal à u et à v, le triplet (u,v,u∧v) est direct, et sa norme vaut ∥u∥∥v∥sinθ (pas simplement le produit des normes).
Que vaut u∧v lorsque u et v sont colinéaires ?
Explication : Par définition, si u et v sont colinéaires (l'un pouvant être nul), alors u∧v=0.
Quelle relation lie l'antisymétrie du produit vectoriel ?
Explication : Le produit vectoriel est antisymétrique : échanger l'ordre des deux vecteurs change le signe du résultat.
Dans une base orthonormée directe (,,k), que vaut ∧ ?
Explication : Pouce selon , index selon : la règle des trois doigts donne le majeur selon k. Comme ∥∥=∥∥=1 et qu'ils sont orthogonaux, ∧=k.
On donne ∥u∥=3, ∥v∥=4 et un angle géométrique θ=30° entre eux. Combien vaut ∥u∧v∥ ?
Dans un repère orthonormé direct, si u(x;y;z) et v(x′;y′;z′), la deuxième coordonnée de u∧v est :
Explication : La formule est u∧v(yz′−zy′;zx′−xz′;xy′−yx′) : la deuxième coordonnée est zx′−xz′, c'est le seul terme où l'ordre naturel x,y,z est inversé — le piège classique du chapitre.
On donne u(2;−1;3) et v(0;1;−2). Quelle est la première coordonnée de u∧v ?
ABCD est un parallélogramme de l'espace. Son aire vaut :
Explication : L'aire d'un parallélogramme ABCD est la norme du produit vectoriel des deux côtés issus du même sommet, AB et AD — jamais la diagonale AC.
ABCD est un parallélogramme avec AB(3;0;1) et AD(1;0;2). Quelle est son aire ?
Explication : Le produit mixte combine un produit vectoriel puis un produit scalaire : [u,v,w]=(u∧v)⋅w, c'est un nombre réel.
Le volume du tétraèdre ABCD (avec AB,AC,AD non coplanaires) vaut :
Explication : Le volume du parallélépipède est [AB,AC,AD] ; celui du tétraèdre en est le sixième, facteur 31 (pyramide) ×21 (triangle au lieu du parallélogramme).
Quatre points A,B,C,D de l'espace sont coplanaires si, et seulement si :
Explication : Le produit mixte nul signifie que le « tétraèdre » ABCD est aplati (volume nul), donc que les quatre points sont coplanaires.
La distance d'un point M à une droite Δ passant par A, de vecteur directeur u non nul, vaut :
Explication :d(M,Δ)=∥u∥AM∧u, avec au dénominateur la norme du vecteur directeur de la droite, jamais celle de AM.
La droite Δ passe par A(2;−1;3), de vecteur directeur u(1;2;2). Quelle est la distance de M(4;−3;4) à Δ ?
Explication :AM(2;−2;1) AM∧u(−6;−3;6), de norme 36+9+36=81=9 ∥u∥=1+4+4=3 d(M,Δ)=39=3.
Le moment d'une force F appliquée en A, par rapport à un point O, est défini par :
Explication :MO(F)=OA∧F, un vecteur exprimé en newton-mètre, qui mesure l'effet de rotation de F autour de O.
Une particule de charge q et de vitesse v dans un champ magnétique B subit la force de Lorentz F=qv∧B. Si la charge est négative, le sens de F par rapport à v∧B est :
Explication : Multiplier par un scalaire négatif q<0 inverse le sens du vecteur : F=q(v∧B) est alors de sens opposé à v∧B.
Un champ ABCD est un parallélogramme avec AB(80;0;0) et AD(20;60;0) (en mètres). Un sac d'engrais traite 200m2. Combien de sacs faut-il acheter ?
Explication :AB∧AD(0;0;4800), donc l'aire du champ vaut 4800m2. Nombre de sacs =2004800=24.
On donne A(1;2;0), B(3;5;1), C(−1;−1;−2). On calcule AB∧AC(−3;2;0). Que peut-on en conclure sur A,B,C ?
Explication :A,B,C sont alignés si, et seulement si, AB∧AC=0. Ici ce vecteur n'est pas nul (−3;2;0)=0, donc les points ne sont pas alignés.