Géométrie de l'espace : vecteurs, droites et plans
Étudier l'espace avec les outils vectoriels et analytiques.
MathématiquesTerminaleChapitre 16 / 19⏱ 11 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Déterminer l'équation d'un plan et la représentation d'une droite
Calculer une distance d'un point à un plan
Étudier des positions relatives
Depuis la classe de Seconde, tu travailles avec des vecteurs et des repères dans le plan : deux coordonnées suffisaient à situer un point, une seule équation ax+by+c=0 suffisait à décrire une droite. Ce chapitre franchit une étape décisive : on ajoute une troisième dimension. Un point de l'espace se repère désormais par un triplet (x;y;z), et cette simple addition change profondément la façon dont les objets s'écrivent. Une équation du type ax+by+cz+d=0 ne décrit plus une droite, mais tout un plan ; pour décrire une droite, il faut maintenant un système de trois équations dépendant d'un paramètre.
Cette géométrie de l'espace n'est pas une curiosité d'école : c'est le langage de l'architecture (calculer la pente d'un toit, l'orientation d'une façade), de la navigation par satellite (positionner un point grâce à trois coordonnées), de l'imagerie 3D et des jeux vidéo (tout objet affiché à l'écran est un ensemble de points de l'espace projetés sur un plan). Le vecteur normal à un plan, notion entièrement nouvelle, est par exemple ce qui permet à un logiciel de simuler la façon dont la lumière se réfléchit sur une surface.
Tu vas retrouver des outils familiers — vecteurs, produit scalaire, colinéarité — mais il faut les adapter à une troisième coordonnée, et en apprendre de nouveaux : le vecteur normal, l'équation cartésienne d'un plan, la distance d'un point à un plan, la sphère (l'analogue du cercle dans l'espace). Les exercices de ce chapitre comptent parmi les plus fréquents au baccalauréat : positions relatives, intersections, distances y reviennent chaque année, souvent associés à des solides comme le cube ou le tétraèdre.
Comme toujours, chaque propriété est démontrée et chaque calcul est détaillé étape par étape. Prends le temps de refaire les figures toi-même : en géométrie de l'espace plus qu'ailleurs, un bon dessin en perspective cavalière est souvent la moitié du raisonnement.
1Vecteurs de l'espace et repérage
Tout ce que tu sais des vecteurs du plan reste vrai dans l'espace : un vecteur est défini par une direction, un sens et une norme, et deux représentants d'un même vecteur ont même direction, même sens et même longueur, peu importe où on les place. La seule vraie nouveauté est qu'il faut désormais trois coordonnées pour les écrire.
1.1 Opérations, colinéarité, coplanarité
Définition
Soient A(xA;yA;zA) et B(xB;yB;zB) deux points de l'espace. Le vecteur AB a pour coordonnées :
AB(xB−xA;yB−yA;zB−zA)
Deux vecteurs u(x;y;z) et u′(x′;y′;z′) sont égaux si, et seulement si, x=x′, y=y′ et z=z′. On additionne et on multiplie par un réel coordonnée par coordonnée, exactement comme dans le plan.
Propriété
Pour tous points A,B,C de l'espace et tout vecteur u(x;y;z) :
relation de Chasles : AB+BC=AC ;
norme : ∥u∥=x2+y2+z2 ;
le milieuI de [AB] a pour coordonnées (2xA+xB;2yA+yB;2zA+zB).
Définition — colinéarité et coplanarité
Deux vecteurs u et v (non nuls) sont colinéaires s'il existe un réel k tel que v=ku. Trois vecteurs u, v, w sont coplanaires s'il existe deux réels a et b tels que w=au+bv — autrement dit, si w se construit à partir des deux autres. Quatre points sont coplanaires si les vecteurs qu'ils forment le sont.
Attention
Dans le plan, deux vecteurs non colinéaires suffisaient toujours à tout construire. Dans l'espace, ce n'est plus vrai : deux vecteurs non colinéaires n'engendrent qu'un plan, pas tout l'espace. C'est pour cela que la notion de coplanarité (à trois vecteurs) devient essentielle : elle n'a pas d'équivalent utile dans le plan.
Théorème — base de l'espace
Trois vecteurs u, v, wnon coplanaires forment une base de l'espace : tout vecteur t de l'espace se décompose de façon unique sous la forme t=au+bv+cw, avec a,b,c∈R.
Démonstration — unicité de la décomposition
L'existence de la décomposition est admise (elle repose sur le fait que trois vecteurs non coplanaires « remplissent » l'espace). Montrons l'unicité. Supposons deux décompositions t=au+bv+cw et t=a′u+b′v+c′w.
en soustrayant : (a−a′)u+(b−b′)v+(c−c′)w=0
si c−c′=0, alors w=−c−c′a−a′u−c−c′b−b′von isole w
⇒u,v,w seraient coplanairescontredit l'hypothèse de départ
⇒c=c′, puis de même a=a′ et b=b′
La décomposition est donc unique. C.Q.F.D.
1.2 Repère de l'espace et distance
Définition
Un repère de l'espace est un quadruplet (O;i,j,k) où O est un point (l'origine) et (i,j,k) une base de l'espace. Tout point M s'écrit alors de façon unique OM=xi+yj+zk : (x;y;z) sont les coordonnées de M. Le repère est dit orthonormé si i,j,k sont deux à deux orthogonaux et de norme 1 — c'est le seul cas que nous utiliserons, car lui seul rend valables les formules de distance ci-dessous.
Figure 1 — Le cube OBCDEFGH de côté 4, muni du repère orthonormé (O;i,j,k) ; les arêtes cachées sont en pointillés. La diagonale OG illustre la décomposition OG=4i+4j+4k, donc G(4;4;4).
Théorème — distance entre deux points
Dans un repère orthonormé, la distance entre A(xA;yA;zA) et B(xB;yB;zB) vaut :
AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2+(zB−zA)2
Démonstration
On note K le point de coordonnées (xB;yB;zA) et A(xA;yA;zA), B(xB;yB;zB). Le triangle AKB est rectangle en K car AK est horizontal (dans le plan z=zA) et KB est vertical : ils sont donc orthogonaux. Le théorème de Pythagore, appliqué deux fois, donne le résultat.
dans le plan z=zA : AK2=(xB−xA)2+(yB−yA)2Pythagore dans ce plan, cas déjà connu
triangle AKB rectangle en K : AB2=AK2+KB2
=(xB−xA)2+(yB−yA)2+(zB−zA)2KB=∣zB−zA∣
⇒AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2+(zB−zA)2une longueur est positive
Exemple — coordonnées, colinéarité, coplanarité
Avec le cube de la figure 1 (O(0;0;0), B(4;0;0), D(0;4;0), E(0;0;4), G(4;4;4)), étudions les vecteurs OG, OB et DE.
OB(4;0;0) et DE(0−0;0−4;4−0)=(0;−4;4)
ces deux vecteurs ne sont pas colinéairesaucun réel k ne donne 4=0×k
OG(4;4;4)=1×OB(4;0;0)+?on cherche a,b tels que OG=aOB+bDE
système : 4=4a;4=−4b;4=4bcoordonnée par coordonnée
⇒b=1 et b=−1 : impossible
doncOG, OB et DE ne sont pas coplanaires
Calculons enfin OG=42+42+42=48=43 : la grande diagonale d'un cube de côté 4 mesure 43.
Math & Co — Descartes, quand l'algèbre rencontre la géométrie
En 1637, le philosophe et mathématicien français René Descartes publie La Géométrie, en annexe de son Discours de la méthode. L'idée est simple mais bouleversante : repérer chaque point par des nombres (des coordonnées), pour transformer tout problème de géométrie en un calcul algébrique. Cette fusion porte aujourd'hui le nom de géométrie analytique, ou encore de « coordonnées cartésiennes » en son honneur.
Descartes ne travaillait qu'avec deux dimensions ; l'extension à l'espace, avec trois coordonnées, se généralise naturellement au XVIIIe siècle. C'est ce même principe — remplacer une figure par des nombres — que tu utilises dans tout ce chapitre.
2Produit scalaire dans l'espace
Le produit scalaire, outil central du chapitre sur les vecteurs du plan, se généralise sans surprise à l'espace : c'est encore un outil qui transforme des questions d'angle et d'orthogonalité en simples calculs de coordonnées.
Définition
Soient u(x;y;z) et v(x′;y′;z′) deux vecteurs de l'espace, dans un repère orthonormé. Le produit scalaire de u et v, noté u⋅v, est le nombre réel :
u⋅v=xx′+yy′+zz′
Attention
Le produit scalaire de deux vecteurs est un nombre (un scalaire), jamais un vecteur. L'écriture u⋅v⋅w n'a donc aucun sens : on ne peut pas « enchaîner » trois produits scalaires comme une multiplication ordinaire.
Propriété
Pour tous vecteurs u,v,w et tout réel k :
symétrie : u⋅v=v⋅u ;
bilinéarité : u⋅(v+w)=u⋅v+u⋅w et (ku)⋅v=k(u⋅v) ;
carré scalaire : u⋅u=∥u∥2 ;
si θ est une mesure de l'angle géométrique (u,v), alors u⋅v=∥u∥×∥v∥×cosθ.
Théorème — critère d'orthogonalité
Deux vecteurs u et v (non nuls) sont orthogonaux si, et seulement si, u⋅v=0.
Ce critère, purement calculatoire, est la clé de toute la seconde moitié du chapitre : c'est lui qui permettra de fabriquer un vecteur normal à un plan, sans avoir besoin de le « voir ».
Exemple — calculer un produit scalaire
On donne u(2;−1;3) et v(1;4;−1).
u⋅v=2×1+(−1)×4+3×(−1)
=2−4−3
=−5
Comme u⋅v=0, les vecteurs u et v ne sont pas orthogonaux.
Exemple — trouver une coordonnée inconnue
Détermine le réel m pour que u(3;m;−2) et v(1;5;4) soient orthogonaux.
u⋅v=0
⟺3×1+m×5+(−2)×4=0
⟺3+5m−8=0
⟺5m=5
⟺m=1
3Représentations paramétriques d'une droite
Dans le plan, une droite avait une équation unique. Dans l'espace, une droite est une intersection de deux plans : elle n'a donc pas d'équation cartésienne simple à elle seule. On la décrit autrement, en balayant tous ses points à l'aide d'un paramètret.
Définition
Soit A(x0;y0;z0) un point et u(a;b;c) un vecteur non nul. La droite (D) passant par A et de vecteur directeuru est l'ensemble des points M(x;y;z) tels que AM=tu pour un réel t. Cela équivaut au système, appelé représentation paramétrique de (D) :
⎩⎨⎧x=x0+tay=y0+tbz=z0+tc(t∈R)
Propriété
Un vecteur u′ est aussi vecteur directeur de (D) si, et seulement si, u′ est colinéaire à u : une droite admet une infinité de représentations paramétriques, toutes équivalentes.
Attention — piège classique du bac
Pour vérifier qu'un point M(x1;y1;z1) appartient à (D), il faut trouver une valeur de tqui vérifie les trois équations à la fois. Une erreur très fréquente consiste à résoudre chaque équation séparément et à en déduire trois valeurs de t différentes sans les comparer : si elles ne sont pas égales, le point n'appartient pas à la droite.
Figure 2 — La droite (D) passant par A(1;0;1), de vecteur directeur u(1;1;1) : ⎩⎨⎧x=1+ty=tz=1+t. Le point M marqué correspond à t=2, soit M(3;2;3).
Méthode — représentation paramétrique à partir de deux points
Pour écrire une représentation paramétrique de la droite (AB), on prend u=AB comme vecteur directeur et l'un des deux points, par exemple A, comme point de passage.
Exemple — écrire puis exploiter une représentation paramétrique
On considère la droite (D) passant par A(1;0;1) et de vecteur directeur u(1;1;1) (figure 2).
(D):⎩⎨⎧x=1+ty=tz=1+t(t∈R)
Le point N(4;3;4) appartient-il à (D) ? Le point P(2;2;2) ?
pour N : 1+t=4⇒t=3 ; t=3 ; 1+t=4⇒t=3
doncles trois équations donnent t=3 : N∈(D)
pour P : 1+t=2⇒t=1 ; t=2 ; 1+t=2⇒t=1la deuxième équation impose t=2
doncles valeurs de t ne sont pas toutes égales : P∈/(D)
Exemple — deux points définissant une droite
Écris une représentation paramétrique de la droite (EF) avec E(2;−1;0) et F(0;3;5).
EF(0−2;3−(−1);5−0)=(−2;4;5)
donc(EF):⎩⎨⎧x=2−2ty=−1+4tz=5t(t∈R)
4Équation cartésienne d'un plan
Une droite du plan avait une équation ax+by+c=0 associée à un vecteur n(a;b) orthogonal à toutes ses directions : c'est ce même principe qui, dans l'espace, permet d'écrire l'équation d'un plan — à condition de trouver un vecteur orthogonal à tout le plan, et non plus seulement à une droite.
Définition
Un vecteur n non nul est normal à un plan (P) s'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de (P) — donc, d'après le théorème de la base (§1.1), orthogonal à tous les vecteurs de (P), en particulier à tout vecteur AM avec A,M∈(P).
Théorème — équation cartésienne d'un plan
Soit (P) le plan passant par A(x0;y0;z0) et de vecteur normal n(a;b;c). Un point M(x;y;z) appartient à (P) si, et seulement si, ses coordonnées vérifient une équation de la forme :
ax+by+cz+d=0avec (a;b;c)=(0;0;0)
Réciproquement, toute équation ax+by+cz+d=0 avec (a;b;c)=(0;0;0) est l'équation d'un plan de vecteur normal n(a;b;c).
Démonstration
Sens direct. Soit M(x;y;z) un point quelconque de l'espace.
M∈(P)⟺AM⊥n (ou M=A)
⟺AM⋅n=0
⟺a(x−x0)+b(y−y0)+c(z−z0)=0
⟺ax+by+cz−(ax0+by0+cz0)=0
En posant d=−(ax0+by0+cz0), on obtient bien ax+by+cz+d=0.
Réciproque. Soit une équation ax+by+cz+d=0 avec (a;b;c)=(0;0;0) ; supposons a=0 (les autres cas se traitent de même). Le point A0(−ad;0;0) vérifie cette équation. Pour tout M(x;y;z) la vérifiant aussi, en soustrayant les deux égalités :
a(x−xA0)+b(y−0)+c(z−0)=0
⟺A0M⋅n=0⟺A0M⊥n
L'ensemble des points M vérifiant l'équation est donc exactement le plan passant par A0, de vecteur normal n(a;b;c). C.Q.F.D.
Méthode — plan défini par trois points
Pour trouver l'équation du plan (ABC), avec A,B,C non alignés : on cherche un vecteur n(a;b;c) orthogonal à ABet à AC (système de deux équations à trois inconnues : on fixe une inconnue non nulle), puis on détermine d à l'aide des coordonnées de A.
Exemple — équation à partir d'un point et d'un vecteur normal
Plan (P) passant par A(0;0;1), de vecteur normal n(0;−1;1).
0(x−0)+(−1)(y−0)+1(z−1)=0
⟺−y+z−1=0
D'où (P):−y+z−1=0.
Exemple — plan défini par trois points
Retrouvons l'équation du plan passant par P1(0;0;1), P2(3;0;1) et P4(0;2;3).
P1P2(3;0;0) et P1P4(0;2;2)
n(a;b;c)⋅P1P2=0⟺3a=0⟺a=0
n⋅P1P4=0⟺2b+2c=0⟺b=−c
on choisit c=1, donc b=−1 : n(0;−1;1)un paramètre libre, on fixe la valeur la plus simple
équation −y+z+d=0, avec P1(0;0;1) : −0+1+d=0⇒d=−1
On retrouve −y+z−1=0 : c'est exactement le plan de l'exemple précédent, ce qui est cohérent puisque A, P2 et P4 lui appartiennent tous les trois.
Attention
Un triplet (a;b;c)=(0;0;0) ne définit jamais un plan : l'équation 0x+0y+0z+d=0 est soit toujours vraie (d=0, ce n'est pas une condition sur M), soit toujours fausse (d=0). Vérifie toujours que ton vecteur normal n'est pas nul avant de conclure.
5Vecteur normal
Le vecteur normal n'est pas seulement un outil de calcul : il code à lui seul l'orientation du plan. Deux plans de même orientation ont des vecteurs normaux colinéaires ; deux plans « perpendiculaires » ont des vecteurs normaux orthogonaux. C'est ce qui permet de comparer des plans sans les tracer.
Propriété
Un plan (P) admet une infinité de vecteurs normaux : ce sont exactement les vecteurs colinéaires à l'un d'entre eux (tout multiple non nul kn reste orthogonal aux mêmes vecteurs).
Propriété — comparer deux plans par leurs normales
Soient (P) de vecteur normal n et (P′) de vecteur normal n′.
(P)∥(P′) (au sens large, plans confondus ou strictement parallèles) ⟺n et n′ sont colinéaires ;
(P)⊥(P′)⟺n⋅n′=0.
Définition — droite orthogonale à un plan
Une droite est orthogonale à un plan (P) si l'un de ses vecteurs directeurs est colinéaire au vecteur normal n de (P). Une telle droite est alors orthogonale à toute droite du plan, pas seulement à une direction particulière.
Figure 3 — Le plan (P):−y+z−1=0, de vecteur normal n(0;−1;1), passant par A(0;0;1). La droite (AB′) orthogonale à (P), tracée à partir du point extérieur B(1,5;3;0), coupe le plan au point H(1,5;1;2) et prolonge la direction de n.
Exemple — comparer deux plans
(P):−y+z−1=0 a pour normal n(0;−1;1). Comparons-le à (Q):x+y−2=0, de normal n′(1;1;0), puis à (R):2y−2z+3=0, de normal n′′(0;2;−2).
n⋅n′=0×1+(−1)×1+1×0=−1=0
donc(P) et (Q) ne sont pas perpendiculaires ; comme n,n′ ne sont pas colinéaires non plus, ils sont sécants
n′′=2×(0;−1;1)=2ncolinéaire à n
donc(P)∥(R)
Exemple — droite orthogonale à un plan
Donne une représentation paramétrique de la droite orthogonale à (P):−y+z−1=0 passant par B(1,5;3;0).
vecteur directeur n(0;−1;1)colinéaire au vecteur normal de (P)
donc⎩⎨⎧x=1,5y=3−tz=t(t∈R)
Math & Co — Monge et la géométrie descriptive
Gaspard Monge (1746-1818), fils d'un marchand ambulant devenu l'un des plus grands savants français, met au point vers 1765 la géométrie descriptive : une méthode pour représenter des objets de l'espace par leurs projections sur deux plans perpendiculaires. L'armée française classe sa méthode « secret militaire » pendant des années, tant elle facilite la conception des fortifications.
Monge devient en 1794 l'un des fondateurs de l'École polytechnique, où il enseigne sa géométrie. Le vecteur normal que tu utilises pour écrire l'équation d'un plan est l'héritier direct de ces travaux : il code exactement l'information d'orientation qu'un plan de coupe descriptif cherchait à représenter.
6Positions relatives, distances et angles
Avec un vecteur directeur pour les droites et un vecteur normal pour les plans, tu disposes maintenant de tout ce qu'il faut pour classer, sans le moindre dessin, la position relative de deux objets de l'espace, puis pour mesurer une distance.
6.1 Droite et plan
Propriété
Soit (D) de vecteur directeur u, et (P) de vecteur normal n.
si u⋅n=0 : (D) est sécante à (P) en un unique point ;
si u⋅n=0 et qu'un point de (D) appartient à (P) : (D) est incluse dans (P) ;
si u⋅n=0 et qu'aucun point de (D) n'appartient à (P) : (D) est strictement parallèle à (P).
Méthode — intersection d'une droite et d'un plan
On remplace x,y,z dans l'équation de (P) par les expressions paramétrées de (D), on résout l'équation obtenue en t, puis on reporte la valeur trouvée dans la représentation paramétrique.
Exemple
Intersection de (D2):⎩⎨⎧x=2+ty=2z=2+t et de (P):−y+z−1=0.
−2+(2+t)−1=0
⟺t−1=0
⟺t=1
Pour t=1 : x=3, y=2, z=3. (D2) coupe (P) au point unique (3;2;3).
6.2 Deux plans
Propriété
Soient (P) de normal n et (P′) de normal n′. Si n,n′ sont colinéaires, les plans sont parallèles (confondus, ou strictement parallèles s'ils n'ont aucun point commun). Sinon, ils sont sécants : leur intersection est une droite.
Méthode — intersection de deux plans sécants
On résout le système formé par les deux équations cartésiennes (deux équations, trois inconnues) : on exprime deux des coordonnées en fonction de la troisième, prise comme paramètre. On obtient ainsi une représentation paramétrique de la droite d'intersection.
Exemple — deux plans sécants
(P):−y+z−1=0 et (Q):x+y−2=0.
on pose y=t
(Q)⇒x=2−t
(P)⇒z=1+t
D'où (P)∩(Q)=(Δ):⎩⎨⎧x=2−ty=tz=1+t(t∈R).
Exemple — deux plans strictement parallèles
(P):−y+z−1=0 et (R):y−z+5=0.
n′′(0;1;−1)=−ncolinéaire à n(0;−1;1)
donc(P)∥(R)
A(0;0;1)∈(P) : 0−1+5=4=0A∈/(R)
donc(P) et (R) sont strictement parallèles
6.3 Deux droites de l'espace
Attention — un cas qui n'existe pas dans le plan
Dans le plan, deux droites sont toujours soit parallèles, soit sécantes. Dans l'espace apparaît un troisième cas, propre à trois dimensions : deux droites peuvent n'être ni parallèles ni sécantes. On dit qu'elles sont non coplanaires (ou « gauches ») : elles ne se rencontrent jamais, sans pour autant garder la même direction — comme deux couloirs qui se croisent à des étages différents d'un bâtiment.
Propriété
Soient (D) de vecteur directeur u et (D′) de vecteur directeur u′. Si u,u′ sont colinéaires, les droites sont parallèles. Sinon, on cherche un point commun en résolvant le système correspondant : s'il existe, les droites sont sécantes ; sinon, elles sont non coplanaires.
Exemple — droites non coplanaires
(D1) passe par A(1;0;1), de vecteur directeur u(1;1;1) ; (D2) passe par S(0;2;0), de vecteur directeur w(1;−1;2).
u et w ne sont pas colinéairespas de k tel que 1=k,1=−k,1=2k à la fois
point commun : 1+t=t′;t=2−t′;1+t=2t′
des deux premières équations : t′=1+t et t=2−t′=1−t⇒t=0,5,t′=1,5
report dans la 3ᵉ équation : 1+0,5=1,5 mais 2t′=3
⇒1,5=3 : aucune solution commune
(D1) et (D2) ne sont ni parallèles ni sécantes : elles sont non coplanaires.
6.4 Projection orthogonale et distance à un plan
Définition
Le projeté orthogonal d'un point M sur un plan (P) est le point H, intersection de (P) et de la droite passant par M orthogonale à (P). La distance de M à (P), notée d(M,(P)), est alors la longueur MH : c'est la plus courte distance entre M et un point de (P).
Théorème — distance d'un point à un plan
Soit (P):ax+by+cz+d=0 et M(xM;yM;zM). Alors :
d(M,(P))=a2+b2+c2∣axM+byM+czM+d∣
Démonstration
Notons H le projeté orthogonal de M sur (P), de vecteur normal n(a;b;c). Comme (MH) est orthogonale à (P), MH est colinéaire à n : il existe un réel t tel que MH=tn, donc H a pour coordonnées (xM+ta;yM+tb;zM+tc).
H∈(P)⟺a(xM+ta)+b(yM+tb)+c(zM+tc)+d=0
⟺t(a2+b2+c2)=−(axM+byM+czM+d)
⟺t=a2+b2+c2−(axM+byM+czM+d)
Or MH=∥MH∥=∣t∣×∥n∥=∣t∣×a2+b2+c2. En reportant la valeur de t :
MH=a2+b2+c2∣axM+byM+czM+d∣×a2+b2+c2
=a2+b2+c2∣axM+byM+czM+d∣on simplifie une puissance de la racine
C.Q.F.D.
Figure 4 — Distance du point M(1,5;3;0) au plan (P):−y+z−1=0 : le segment [MH], perpendiculaire à (P), mesure d(M,(P))=22.
Exemple — calcul et vérification complète
Calculons d(M,(P)) pour M(1,5;3;0) et (P):−y+z−1=0, puis retrouvons H directement.
d(M,(P))=02+(−1)2+12∣0×1,5−1×3+1×0−1∣
=2∣−4∣=24=22
Vérifions avec la droite orthogonale à (P) passant par M, de représentation paramétrique ⎩⎨⎧x=1,5y=3−tz=t (voir §5).
−(3−t)+t−1=0
⟺2t−4=0⟺t=2
⇒H(1,5;1;2)
MH=02+(3−1)2+(0−2)2=8=22
Les deux méthodes donnent bien le même résultat.
7Sphère
La sphère est l'analogue, dans l'espace, du cercle dans le plan : l'ensemble des points situés à une distance fixée d'un centre. Grâce à la formule de distance du §1.2, son équation s'écrit immédiatement.
7.1 Équation d'une sphère
Définition
La sphère de centre Ω(a;b;c) et de rayon R>0 est l'ensemble des points M tels que ΩM=R. Son équation cartésienne est :
(x−a)2+(y−b)2+(z−c)2=R2
Méthode — reconnaître une sphère (équation développée)
Quand l'équation est développée, on regroupe les termes en x, en y, en z, puis on complète chaque carré. Si le second membre obtenu est strictement positif, c'est une sphère ; s'il est nul, un seul point ; s'il est négatif, l'ensemble est vide.
Exemple — équation directe
Sphère de centre Ω(2;2;2) et de rayon 3 : (x−2)2+(y−2)2+(z−2)2=9.
Comme 11>0, c'est la sphère de centre Ω(2;−1;0) et de rayon R=11.
Attention
Si le nombre obtenu après complétion du carré est négatif, l'équation ne définit aucun point de l'espace (une somme de carrés ne peut pas être négative) : ce n'est pas une sphère « de rayon imaginaire », c'est l'ensemble vide.
7.2 Intersection d'une sphère et d'un plan
Théorème
Soit S la sphère de centre Ω et de rayon R, et (P) un plan. Notons d=d(Ω,(P)) et H le projeté orthogonal de Ω sur (P).
si d>R : S∩(P)=∅ ;
si d=R : (P) est tangente à S en l'unique point H ;
si d<R : S∩(P) est le cercle de centre H et de rayon r=R2−d2.
Démonstration — cas d<R
Soit M un point de (P). Le triangle ΩHM est rectangle en H (car (ΩH)⊥(P), donc (ΩH)⊥(HM)). Le théorème de Pythagore donne ΩM2=ΩH2+HM2=d2+HM2.
M∈S⟺ΩM=R⟺ΩM2=R2
⟺d2+HM2=R2
⟺HM2=R2−d2
⟺HM=R2−d2car d<R donc R2−d2>0, et une longueur est positive
Les points de S∩(P) sont donc exactement les points de (P) situés à une distance r=R2−d2 de H : c'est le cercle de centre H et de rayon r. C.Q.F.D.
Figure 5 — La sphère de centre Ω(2;2;2) et de rayon R=3, coupée par le plan horizontal d'équation z=3,5. Comme d=d(Ω,(P))=1,5<R, l'intersection est le cercle vert de rayon r=R2−d2=233≈2,6.
Exemple — intersection sphère-plan
Sphère S de centre Ω(2;2;2), rayon R=3 ; plan (P):z=3,5.
n(0;0;1) normal à (P)
d(Ω,(P))=02+02+12∣0×2+0×2+1×2−3,5∣=1,5
1,5<3donc intersection non vide, c'est un cercle
r=R2−d2=9−2,25=6,75=427
=233≈2,6
Le centre du cercle est le projeté orthogonal de Ω sur (P), soit H(2;2;3,5).
Math & Co — Archimède et la sphère
Archimède de Syracuse (vers −287 à −212) considérait comme sa plus belle découverte le rapport entre le volume d'une sphère et celui du cylindre qui la contient exactement (même rayon, même hauteur) : ce rapport vaut 32, pour les volumes comme pour les surfaces. Selon Cicéron, qui retrouva sa tombe deux siècles plus tard en Sicile, Archimède avait demandé qu'on y grave une sphère inscrite dans un cylindre, en souvenir de ce résultat.
Archimède mourut lors du sac de Syracuse par les Romains, tué par un soldat alors qu'il étudiait, dit-on, une figure de géométrie tracée dans le sable.
Fiche mémo
Colinéaires : v=ku. Coplanaires : w=au+bv. Base de l'espace : trois vecteurs non coplanaires.
Distance : AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2+(zB−zA)2.
Produit scalaire : u⋅v=xx′+yy′+zz′ ; orthogonaux ⟺u⋅v=0.
Droite (D) : point A + vecteur directeur u(a;b;c)⇒⎩⎨⎧x=x0+tay=y0+tbz=z0+tc.
Vecteur normal n à un plan : orthogonal à deux vecteurs directeurs non colinéaires du plan.
Équation de plan : ax+by+cz+d=0, de vecteur normal n(a;b;c).
Deux plans parallèles ⟺ normaux colinéaires. Deux plans perpendiculaires ⟺n⋅n′=0.
(D)∥(P)⟺u⋅n=0 (incluse si en plus un point commun, strictement parallèle sinon).
Deux droites : colinéaires ⇒ parallèles ; sinon sécantes (point commun) ou non coplanaires (spécifique à l'espace).
Sphère de centre Ω(a;b;c), rayon R : (x−a)2+(y−b)2+(z−c)2=R2.
Sphère ∩ plan, avec d=d(Ω,(P)) : d>R⇒∅ ; d=R⇒ tangence ; d<R⇒ cercle de rayon r=R2−d2.
8Exercices corrigés
Quinze exercices, du réflexe de cours au problème type bac, pour t'entraîner sur chaque outil du chapitre. Cherche avant de regarder le corrigé : c'est en bloquant, puis en comprenant pourquoi, que l'on progresse le plus vite.
Niveau 1 — Application directe
1
On donne A(1;−2;3) et B(4;0;−1). Détermine les coordonnées de AB, calcule AB, puis donne les coordonnées du milieu I de [AB].
Voir le corrigé détaillé
AB(4−1;0−(−2);−1−3)=(3;2;−4)
AB=32+22+(−4)2=9+4+16
=29
I(21+4;2−2+0;23−1)
=I(2,5;−1;1)
2
Les vecteurs u(2;−3;1) et v(4;1;−5) sont-ils orthogonaux ?
Voir le corrigé détaillé
u⋅v=2×4+(−3)×1+1×(−5)
=8−3−5
=0
Comme u⋅v=0, les vecteurs u et v sont orthogonaux.
3
Donne une représentation paramétrique de la droite (D) passant par A(2;1;−1), de vecteur directeur u(3;−1;2). Le point N(8;−1;3) appartient-il à (D) ?
Voir le corrigé détaillé
(D):⎩⎨⎧x=2+3ty=1−tz=−1+2t(t∈R)
pour N : 2+3t=8⇒t=2 ; 1−t=−1⇒t=2 ; −1+2t=3⇒t=2
Les trois équations donnent la même valeur t=2 : N∈(D).
4
Donne l'équation cartésienne du plan (P) passant par A(1;2;0), de vecteur normal n(2;−1;3).
Voir le corrigé détaillé
2(x−1)−1(y−2)+3(z−0)=0
⟺2x−2−y+2+3z=0
⟺2x−y+3z=0
5
Calcule la distance du point M(1;2;3) au plan (P):x+2y−2z+5=0.
Voir le corrigé détaillé
d(M,(P))=12+22+(−2)2∣1×1+2×2−2×3+5∣
=9∣1+4−6+5∣=34
Niveau 2 — Approfondissement
6
Les vecteurs u(1;2;−1), v(0;1;3) et w(2;3;−5) sont-ils coplanaires ?
Voir le corrigé détaillé
On cherche a,b∈R tels que w=au+bv.
sur x : 2=aseul u a une composante en x
sur y : 3=2a+b=4+b⇒b=−1
on teste sur z : a×(−1)+b×3=2×(−1)+(−1)×3=−5
Cela correspond bien à la troisième coordonnée de w (−5) : w=2u−v. Les trois vecteurs sont coplanaires.
7
Étudie la position relative de (D), passant par A(0;1;2) de vecteur directeur u(1;0;1), et de (D′), passant par B(2;1;4) de vecteur directeur v(0;1;−1).
Voir le corrigé détaillé
u et v ne sont pas colinéairesaucune coordonnée de u n'est nulle deux fois comme celles de v
point commun : t=2;1=1+s;2+t=4−son égale les deux paramétrages, coordonnée par coordonnée
de la 1ʳᵉ : t=2 ; de la 2ᵉ : s=0
vérification sur z : 2+2=4 et 4−0=4
Les deux équations sur z coïncident : les droites sont sécantes, au point obtenu pour t=2, soit (2;1;4).
8
Détermine l'intersection des plans (P1):x+y−z−1=0 et (P2):x−y+z−3=0.
Voir le corrigé détaillé
Les vecteurs normaux n1(1;1;−1) et n2(1;−1;1) ne sont pas colinéaires : les plans sont sécants selon une droite. On pose z=t.
(P1)−(P2) : 2y−2z+2=0⇒y=z−1=t−1
(P1) : x=1−y+z=1−(t−1)+t
=2
D'où (P1)∩(P2):⎩⎨⎧x=2y=−1+tz=t(t∈R).
9
Soit la sphère S de centre Ω(1;1;1) et de rayon R=5, et le plan (P):x+2y+2z+4=0. Détermine S∩(P).
Voir le corrigé détaillé
d(Ω,(P))=12+22+22∣1+2+2+4∣=39
=3
3<5=Rl'intersection est un cercle
r=R2−d2=25−9=16
=4
S∩(P) est le cercle de centre H (projeté orthogonal de Ω sur (P)) et de rayon 4.
Niveau 3 — Type bac
10
Restitution organisée de connaissances. Soit (P):ax+by+cz+d=0 un plan de vecteur normal n(a;b;c), et M(xM;yM;zM) un point de l'espace. Démontre que :
d(M,(P))=a2+b2+c2∣axM+byM+czM+d∣
Tu introduiras le projeté orthogonal H de M sur (P).
Voir le corrigé détaillé
Comme (MH) est orthogonale à (P), MH est colinéaire à n : il existe t∈R tel que MH=tn, donc H(xM+ta;yM+tb;zM+tc).
H∈(P)⟺a(xM+ta)+b(yM+tb)+c(zM+tc)+d=0
⟺t(a2+b2+c2)=−(axM+byM+czM+d)
⟺t=a2+b2+c2−(axM+byM+czM+d)
Or MH=∥MH∥=∣t∣×∥n∥, donc :
MH=a2+b2+c2∣axM+byM+czM+d∣×a2+b2+c2
=a2+b2+c2∣axM+byM+czM+d∣simplification d'une puissance de la racine
Comme H est unique et que MH est bien la plus petite distance de M à un point de (P), on a établi la formule. C.Q.F.D.
11
On considère les points A(2;0;0), B(0;2;0), C(0;0;2), le point S(3;3;3), et la droite (Δ′) passant par T(1;−1;4), de vecteur directeur v(2;−1;−1).
Montre que n(1;1;1) est normal au plan (ABC), et donne son équation.
Donne une représentation paramétrique de la droite (Δ) orthogonale à (ABC) passant par S, puis calcule d(S,(ABC)).
Étudie la position relative de (Δ′) et de (ABC).
Voir le corrigé détaillé
1.
AB(−2;2;0) : n⋅AB=−2+2+0=0
AC(−2;0;2) : n⋅AC=−2+0+2=0
n est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de (ABC) : il lui est normal.
1(x−2)+1(y−0)+1(z−0)=0
⟺x+y+z−2=0
2.
(Δ):⎩⎨⎧x=3+ty=3+tz=3+t(t∈R)
d(S,(ABC))=12+12+12∣3+3+3−2∣=37
=373
3.
v⋅n=2×1+(−1)×1+(−1)×1=0
donc(Δ′)∥(ABC)
T∈(ABC) ? 1+(−1)+4−2=2=0donc T∈/(ABC)
(Δ′) est strictement parallèle à (ABC).
12
On considère le tétraèdre ABCD avec A(0;0;0), B(4;1;0), C(1;4;0), D(2;2;4) (unités arbitraires).
Justifie que A,B,C définissent un plan, et donne son équation.
En utilisant le produit scalaire, calcule l'aire du triangle ABC.
Calcule la distance de D au plan (ABC), puis le volume du tétraèdre ABCD.
Voir le corrigé détaillé
1.AB(4;1;0) et AC(1;4;0) ne sont pas colinéaires (4/1=1/4) : A,B,C ne sont pas alignés, ils définissent un plan. Comme les trois points ont une cote nulle, ce plan est (ABC):z=0 (de vecteur normal k(0;0;1)).
2.
AB⋅AC=4×1+1×4+0×0=8
AB=42+12=17;AC=12+42=17
cos(BAC)=AB×ACAB⋅AC=178
sin(BAC)=1−(178)2=289225=1715l'angle d'un triangle est dans ]0;π[, son sinus est positif
Aire(ABC)=21×AB×AC×sin(BAC)=21×17×1715
=7,5
3.
d(D,(ABC))=02+02+12∣0×2+0×2+1×4+0∣=4
Volume=31×Aire(ABC)×d(D,(ABC))=31×7,5×4
=10
Figure 6 — Le tétraèdre ABCD ; la base (ABC) est dans le plan z=0, les arêtes cachées [AC], [BC] et [CD] sont en pointillés. h est la hauteur issue de D, construite en pointillés jusqu'à son pied dans (ABC).
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13
Un pan de toit à Yaoundé. Dans un repère orthonormé de l'espace (unités en mètres, sol horizontal (xOy)), un pan de toit rectangulaire passe par les points A(0;0;3), B(6;0;3) et C(0;4;5).
Donne l'équation cartésienne du plan du toit.
Un support d'antenne doit être fixé perpendiculairement au toit, au point A. Donne une représentation paramétrique de cette droite.
Une gouttière est prévue au point M(2;5;3). Calcule sa distance au plan du toit.
Voir le corrigé détaillé
1.
AB(6;0;0) et AC(0;4;2)
n(a;b;c)⋅AB=0⟺6a=0⟺a=0
n⋅AC=0⟺4b+2c=0⟺c=−2b
on choisit b=1, donc c=−2 : n(0;1;−2)
0(x−0)+1(y−0)−2(z−3)=0
⟺y−2z+6=0
2.
vecteur directeur n(0;1;−2)
donc⎩⎨⎧x=0y=tz=3−2t(t∈R)
3.
d(M,toit)=02+12+(−2)2∣0×2+1×5−2×3+6∣
=5∣5−6+6∣=55
=5≈2,2m
14
Château d'eau à Ndjamena. Un château d'eau a la forme d'une sphère de rayon 6 m, dont le centre Ω est situé à 8 m au-dessus du sol, sur un pilier vertical : dans un repère où le sol est le plan (xOy) et le pilier l'axe des cotes, Ω(0;0;8). Une passerelle d'entretien circulaire est prévue tout autour du réservoir, à l'horizontale, à la hauteur z=11 m.
Justifie que le plan de la passerelle coupe bien la sphère.
Calcule le rayon exact du cercle formé par cette intersection, puis sa valeur arrondie au dixième de mètre.
Le pied du pilier, au sol, est au point (0;0;0). Est-il à l'intérieur, sur, ou à l'extérieur de la sphère ?
Voir le corrigé détaillé
1. Le plan z=11 a pour vecteur normal k(0;0;1).
d(Ω,(z=11))=∣11−8∣=3
3<6=R
Comme d<R, le plan coupe bien la sphère selon un cercle.
2.
r=R2−d2=36−9=27
=33m
≈5,2m
3.
Ω(0;0;0)—le pied—:ΩM=02+02+82=8
8>6=R
Le pied du pilier est à 8 m de Ω, donc à l'extérieur de la sphère (ce qui est cohérent : le réservoir est suspendu au-dessus du sol, il ne le touche pas).
15
Trajectoire d'un drone agricole à Bamako. Un drone de surveillance décolle du point D0(0;0;2) (2 m de hauteur) avec un vecteur vitesse constant v(20;10;1) (en mètres par seconde, t en secondes). Une ligne électrique haute tension borde le champ ; sa projection verticale est modélisée par le plan (P):x+2y−40=0.
Donne une représentation paramétrique de la trajectoire du drone.
Détermine si la trajectoire coupe le plan (P) et, si oui, à quel instant t et en quel point.
Le vol dure 3 minutes. Le drone franchit-il la ligne électrique pendant ce vol ?
Voir le corrigé détaillé
1.
⎩⎨⎧x=20ty=10tz=2+t(t⩾0,t en secondes)
2. Le vecteur directeur v(20;10;1) et le vecteur normal de (P), n(1;2;0), vérifient v⋅n=20+20+0=40=0 : la trajectoire est sécante à (P).
20t+2×10t−40=0
⟺40t=40
⟺t=1
À t=1 : x=20, y=10, z=3. La trajectoire coupe (P) au point (20;10;3).
3. Le vol dure 3 minutes, soit 180 secondes, donc t varie de 0 à 180. Comme t=1 appartient à cet intervalle, le drone franchit bien la ligne — dès la première seconde de vol, à 20 m à l'est et 10 m au nord du décollage, à 3 m de hauteur.
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Pour deux points A(xA;yA;zA) et B(xB;yB;zB) de l'espace, les coordonnées de AB sont :
Explication : Comme dans le plan, les coordonnées de AB s'obtiennent en soustrayant les coordonnées de l'origine à celles de l'extrémité : (xB−xA;yB−yA;zB−zA).
Dans l'espace, deux vecteurs non colinéaires suffisent-ils à engendrer tout l'espace ?
Explication : Contrairement au plan, deux vecteurs non colinéaires dans l'espace n'engendrent qu'un plan. Il faut trois vecteurs non coplanaires pour former une base de l'espace tout entier.
Trois vecteurs u, v, w non coplanaires forment une base de l'espace. Que peut-on dire de tout vecteur t de l'espace ?
Explication : C'est le théorème de la base de l'espace : trois vecteurs non coplanaires forment une base, et tout vecteur se décompose de façon unique sur cette base.
Dans un repère orthonormé, la distance entre A(xA;yA;zA) et B(xB;yB;zB) vaut :
Explication : C'est le théorème de la distance, obtenu par deux applications successives du théorème de Pythagore : AB=(xB−xA)2+(yB−yA)2+(zB−zA)2.
Pour un cube OBCDEFGH de côté 4 avec O à l'origine, quelle est la longueur de la grande diagonale OG (avec G(4;4;4)) ?
Explication :OG=42+42+42=48=43, en appliquant la formule de la distance entre deux points de l'espace.
Pour u(x;y;z) et v(x′;y′;z′) dans un repère orthonormé, le produit scalaire u⋅v est donné par :
Explication : Le produit scalaire dans l'espace se calcule comme dans le plan, en ajoutant simplement le terme en z : u⋅v=xx′+yy′+zz′. C'est un nombre réel, jamais un vecteur.
Deux vecteurs non nuls u et v sont orthogonaux si, et seulement si :
Explication : C'est le critère fondamental d'orthogonalité, purement calculatoire : deux vecteurs non nuls sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul.
Détermine le réel m pour que u(2;m;−1) et v(3;1;4) soient orthogonaux.
Explication :u⋅v=0⟺2×3+m×1+(−1)×4=0⟺6+m−4=0⟺m=−2.
Une droite (D) de l'espace, passant par A(x0;y0;z0) et de vecteur directeur u(a;b;c), a pour représentation paramétrique :
Explication : Contrairement au plan, une droite de l'espace n'a pas d'équation cartésienne simple ; on la décrit par un système paramétrique, un vecteur directeur balayant tous ses points quand t varie.
Pour la droite (D):⎩⎨⎧x=1+ty=tz=1+t, on cherche si P(2;2;2) appartient à (D). On trouve t=1 pour la première équation, t=2 pour la deuxième, t=1 pour la troisième. Conclusion ?
Explication : Il faut une valeur de t qui vérifie les trois équations à la fois. Ici t=2 contredit t=1 : c'est le piège classique du bac, P n'appartient donc pas à (D).
Un vecteur n est dit normal à un plan (P) lorsqu'il est :
Explication : Un vecteur normal à un plan est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan ; d'après le théorème de la base, il est alors automatiquement orthogonal à tous les vecteurs du plan.
Le plan (P) passant par A(1;0;2), de vecteur normal n(1;−2;3), a pour équation cartésienne :
Explication : On écrit 1(x−1)−2(y−0)+3(z−2)=0, soit x−2y+3z−1−6=0, soit x−2y+3z−7=0.
Un triplet (a;b;c)=(0;0;0) peut-il définir un plan dans l'équation ax+by+cz+d=0 ?
Explication : Un vecteur normal doit être non nul. Avec (a;b;c)=(0;0;0), l'équation 0x+0y+0z+d=0 est soit toujours vraie, soit toujours fausse : ce n'est jamais l'équation d'un plan.
Soient (P) de vecteur normal n et (P′) de vecteur normal n′. Les plans (P) et (P′) sont perpendiculaires si, et seulement si :
Explication : Comme pour deux vecteurs, deux plans sont perpendiculaires exactement quand leurs vecteurs normaux sont orthogonaux, c'est-à-dire quand n⋅n′=0.
Dans l'espace, deux droites (D) et (D′) qui ne sont ni parallèles ni sécantes sont dites :
Explication : C'est un cas qui n'existe pas dans le plan : dans l'espace, deux droites peuvent être « gauches », comme deux couloirs qui se croisent à des étages différents sans jamais se rencontrer.
La distance d'un point M(xM;yM;zM) au plan (P):ax+by+cz+d=0 est donnée par la formule :
Explication : C'est la formule de la distance point-plan, obtenue en projetant orthogonalement M sur (P) le long du vecteur normal.
Calcule la distance du point M(2;0;0) au plan (P):x+y+z−1=0.
La sphère de centre Ω(a;b;c) et de rayon R>0 a pour équation cartésienne :
Explication : La sphère est l'ensemble des points M tels que ΩM=R ; en élevant au carré la formule de distance, on obtient (x−a)2+(y−b)2+(z−c)2=R2.
Après avoir complété le carré, l'équation x2+y2+z2−2x+4y+3=0 devient (x−1)2+(y+2)2+z2=2. Que représente cet ensemble ?
Explication : Le second membre 2 est strictement positif : c'est bien une sphère, de centre (1;−2;0) et de rayon R=2.
Soit S une sphère de centre Ω et de rayon R, et (P) un plan tel que d(Ω,(P))=R. Quelle est l'intersection S∩(P) ?
Explication : Quand d=R, le plan touche la sphère en exactement un point, le projeté orthogonal H du centre sur le plan : c'est le cas tangent, à la frontière entre « aucun point » (d>R) et « un cercle » (d<R).