Aller au contenu
Skill NovaCours en ligne

Fonction exponentielle

Définir exp comme réciproque de ln et l'exploiter pleinement.

Mathématiques Terminale Chapitre 5 / 19 ⏱ 11 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Manipuler les propriétés de l'exponentielle
  • Résoudre équations et inéquations exponentielles
  • Étudier une fonction du type e^u

Depuis le début de l'année, tu maîtrises le logarithme népérien : cette fonction ln⁡\ln qui transforme les produits en sommes, et qui permet de « redescendre » d'une puissance vers son exposant. Ce chapitre te présente sa fonction réciproque : la fonction exponentielle. Là où ln⁡\ln part d'un nombre strictement positif et renvoie un réel quelconque, l'exponentielle part d'un réel quelconque et renvoie toujours un nombre strictement positif. Les deux fonctions sont les deux faces d'une même pièce, et tu vas apprendre à passer sans effort de l'une à l'autre.

L'exponentielle n'est pas un objet abstrait réservé à la salle de classe : elle est la loi mathématique de tout ce qui croît ou décroît proportionnellement à ce qu'il est déjà. Une population qui grandit d'autant plus vite qu'elle est déjà nombreuse, une substance radioactive qui perd d'autant plus de noyaux qu'il lui en reste, un capital qui rapporte d'autant plus d'intérêts qu'il est déjà élevé : dans chacune de ces situations, une seule et même fonction gouverne l'évolution du phénomène. C'est elle que tu étudies dans ce chapitre, avec quatre exemples de modélisation concrets en section 7.

Au baccalauréat, la fonction exponentielle est incontournable : elle apparaît presque chaque année, seule ou combinée à d'autres fonctions, dans des études complètes (limites, dérivée, variations, tangentes) et dans des problèmes de modélisation. Les techniques que tu vas maîtriser ici — propriétés algébriques, dérivée de eu\mathrm{e}^{u}, résolution d'équations et d'inéquations — sont réutilisées dans presque tous les chapitres qui suivent, en particulier celui sur les équations différentielles.

Ce qui change par rapport à tes habitudes : jusqu'ici, une équation comme ex=5\mathrm{e}^{x} = 5 restait hors de portée. Désormais, plus aucune équation de ce type ne te résiste : la fonction exponentielle, en tant que bijection, te donne le droit de composer par ln⁡\ln aussi naturellement que tu élèves au carré ou que tu prends une racine carrée. Prends ton temps sur la section 1 : toute la suite du chapitre en découle directement.

1Définition et propriétés algébriques

1.1  Rappel : le théorème de la bijection appliqué à ln⁡\ln

Dans le chapitre sur le logarithme népérien, tu as établi que ln⁡\ln est continue et strictement croissante sur ]0 ; +∞[\left]0\,;\,+\infty\right[, avec lim⁡x→0+ln⁡x=−∞\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \ln x = -\infty et lim⁡x→+∞ln⁡x=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \ln x = +\infty.

Théorème

(Théorème de la bijection, rappel.) Soit ff une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle II. Alors ff réalise une bijection de II sur l'intervalle image f(I)f(I) : tout élément de f(I)f(I) possède un unique antécédent dans II par ff.

Appliqué à ln⁡\ln sur I=]0 ; +∞[I = \left]0\,;\,+\infty\right[, ce théorème affirme que ln⁡\ln est une bijection de ]0 ; +∞[\left]0\,;\,+\infty\right[ sur R\mathbb{R} (l'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle, et les deux limites infinies donnent ln⁡(I)=R\ln(I)=\mathbb{R} tout entier). Autrement dit : pour tout réel xx, l'équation ln⁡(y)=x\ln(y) = x, d'inconnue y>0y>0, admet une unique solution. C'est cette unique solution que l'on va nommer.

1.2  La fonction exponentielle

Définition

La fonction exponentielle, notée exp⁡\exp, est la fonction réciproque de ln⁡\ln : c'est la fonction définie sur R\mathbb{R}, à valeurs dans ]0 ; +∞[\left]0\,;\,+\infty\right[, qui à tout réel xx associe l'unique nombre strictement positif exp⁡(x)\exp(x) tel que ln⁡(exp⁡(x))=x\ln\left(\exp(x)\right) = x. Autrement dit, pour tout réel xx et tout réel y>0y>0 :

y=exp⁡(x)  ⟺  x=ln⁡(y)y = \exp(x) \iff x = \ln(y)

Propriété

Pour tout réel xx : ln⁡(exp⁡(x))=x\ln\left(\exp(x)\right) = x. Pour tout réel x>0x>0 : exp⁡(ln⁡(x))=x\exp\left(\ln(x)\right) = x.

Attention

Les deux compositions n'ont pas le même domaine de validité. ln⁡(exp⁡(x))=x\ln(\exp(x))=x est vraie pour tout réel xx, car exp⁡(x)\exp(x) est toujours strictement positif : ln⁡\ln peut toujours s'appliquer. En revanche exp⁡(ln⁡(x))=x\exp(\ln(x))=x exige x>0x>0 : ln⁡(x)\ln(x) n'existe pas sinon.

1.3  Les nombres exp⁡(0)\exp(0), exp⁡(1)\exp(1) et l'écriture ex\mathrm{e}^{x}

Comme ln⁡(1)=0\ln(1)=0, la définition donne directement exp⁡(0)=1\exp(0)=1. Dans le chapitre précédent, tu as défini le nombre e\mathrm{e} comme l'unique réel positif tel que ln⁡(e)=1\ln(\mathrm{e})=1 (avec e≈2,718 28\mathrm{e}\approx2{,}718\,28) ; la définition donne alors exp⁡(1)=e\exp(1)=\mathrm{e}.

Math & Co — Euler et la naissance de l'écriture ex\mathrm{e}^{x}

Le nombre e\mathrm{e} est étudié dès la fin du XVIIe siècle par les pionniers du calcul des probabilités et de l'analyse (voir l'encadré de la section 7), mais c'est le mathématicien suisse Leonhard Euler qui, dans son traité Introductio in analysin infinitorum publié en 1748, systématise la lettre e\mathrm{e} pour cette constante et démontre que la fonction exp⁡\exp coïncide, pour tout exposant réel, avec les puissances de e\mathrm{e}. C'est également Euler qui établit le lien entre l'exponentielle, les fonctions trigonométriques et les nombres complexes — la célèbre formule d'Euler eiθ=cos⁡θ+isin⁡θ\mathrm{e}^{\mathrm{i}\theta}=\cos\theta+\mathrm{i}\sin\theta, que tu retrouveras si tu poursuis en mathématiques après le baccalauréat.

La propriété algébrique (ea)n=ena\left(\mathrm{e}^{a}\right)^{n}=\mathrm{e}^{na}, démontrée au paragraphe suivant, montre que exp⁡(x)\exp(x) coïncide, pour xx entier, avec la puissance nn-ième de e\mathrm{e} au sens usuel. Cette cohérence autorise, pour tout réel xx, à remplacer l'écriture exp⁡(x)\exp(x) par l'écriture en puissance : on note désormais ex\mathrm{e}^{x} le nombre exp⁡(x)\exp(x). On retiendra en particulier :

e0=1e1=eln⁡(ex)=x (x∈R)eln⁡x=x (x>0)\mathrm{e}^{0}=1 \qquad \mathrm{e}^{1}=\mathrm{e} \qquad \ln\left(\mathrm{e}^{x}\right)=x\ (x\in\mathbb{R}) \qquad \mathrm{e}^{\ln x}=x\ (x>0)

Exemple — calculer des valeurs exactes
  1. eln⁡5=5\mathrm{e}^{\ln 5} = 5propriété eln⁡x=x\mathrm{e}^{\ln x}=x pour x>0x>0
  2. ln⁡(e−3)=−3\ln\left(\mathrm{e}^{-3}\right) = -3propriété ln⁡(ex)=x\ln(\mathrm{e}^{x})=x
  3. e0×e1=1×e=e\mathrm{e}^{0}\times\mathrm{e}^{1} = 1\times\mathrm{e} = \mathrm{e}

1.4  Propriétés algébriques

Comme le logarithme, la fonction exponentielle transforme une opération en une autre : elle envoie les sommes sur des produits — c'est l'opération inverse de celle de ln⁡\ln.

Propriété

Pour tous réels aa et bb, et pour tout entier relatif nn :

ea+b=ea×ebe−a=1eaea−b=eaeb(ea)n=ena\mathrm{e}^{a+b} = \mathrm{e}^{a}\times\mathrm{e}^{b} \qquad \mathrm{e}^{-a} = \dfrac{1}{\mathrm{e}^{a}} \qquad \mathrm{e}^{a-b} = \dfrac{\mathrm{e}^{a}}{\mathrm{e}^{b}} \qquad \left(\mathrm{e}^{a}\right)^{n} = \mathrm{e}^{na}

Démonstration

Toutes ces égalités se démontrent de la même manière : on compare les images par ln⁡\ln des deux membres, puis on utilise le fait que ln⁡\ln est injective sur ]0 ; +∞[\left]0\,;\,+\infty\right[ (deux nombres strictement positifs de même image par ln⁡\ln sont égaux, puisque ln⁡\ln est une bijection).

Première formule. Les deux membres ea+b\mathrm{e}^{a+b} et ea×eb\mathrm{e}^{a}\times\mathrm{e}^{b} sont strictement positifs : on peut leur appliquer ln⁡\ln.

  1. ln⁡(ea+b)=a+b\ln\left(\mathrm{e}^{a+b}\right) = a+bpropriété ln⁡(ex)=x\ln(\mathrm{e}^{x})=x
  2. ln⁡(ea×eb)=ln⁡(ea)+ln⁡(eb)\ln\left(\mathrm{e}^{a}\times\mathrm{e}^{b}\right) = \ln\left(\mathrm{e}^{a}\right)+\ln\left(\mathrm{e}^{b}\right)ln⁡\ln transforme un produit en somme
  3. ==a+ba+b

Les nombres ea+b\mathrm{e}^{a+b} et ea×eb\mathrm{e}^{a}\times\mathrm{e}^{b} ont donc la même image par ln⁡\ln ; par injectivité, ils sont égaux.

Formules dérivées. En appliquant la première formule à aa et −a-a : ea×e−a=e0=1\mathrm{e}^{a}\times\mathrm{e}^{-a}=\mathrm{e}^{0}=1, donc e−a=1ea\mathrm{e}^{-a}=\dfrac{1}{\mathrm{e}^{a}}. On en déduit ea−b=ea×e−b=eaeb\mathrm{e}^{a-b}=\mathrm{e}^{a}\times\mathrm{e}^{-b}=\dfrac{\mathrm{e}^{a}}{\mathrm{e}^{b}}. Enfin (ea)n=ena\left(\mathrm{e}^{a}\right)^{n}=\mathrm{e}^{na} se démontre par récurrence sur n∈Nn\in\mathbb{N} à partir de la première formule (ea×ea=e2a\mathrm{e}^{a}\times\mathrm{e}^{a}=\mathrm{e}^{2a}, puis e2a×ea=e3a\mathrm{e}^{2a}\times\mathrm{e}^{a}=\mathrm{e}^{3a}, etc.), puis s'étend aux entiers négatifs grâce à e−a=1/ea\mathrm{e}^{-a}=1/\mathrm{e}^{a}. C.Q.F.D.

Attention

Pour tout réel xx, ex>0\mathrm{e}^{x}>0 : l'exponentielle ne s'annule jamais et n'est jamais négative. Une équation comme ex=−3\mathrm{e}^{x}=-3 n'a donc aucune solution dans R\mathbb{R} — inutile de chercher à la résoudre.

Exemple — simplifier une expression

Simplifions A=e3x×e−x+2ex−1A = \dfrac{\mathrm{e}^{3x}\times\mathrm{e}^{-x+2}}{\mathrm{e}^{x-1}} pour tout réel xx.

  1. e3x×e−x+2=e3x+(−x+2)\mathrm{e}^{3x}\times\mathrm{e}^{-x+2} = \mathrm{e}^{3x+(-x+2)}
  2. ==e2x+2\mathrm{e}^{2x+2}
  3. A=e2x+2ex−1=e(2x+2)−(x−1)A = \dfrac{\mathrm{e}^{2x+2}}{\mathrm{e}^{x-1}} = \mathrm{e}^{(2x+2)-(x-1)}
  4. ==ex+3\mathrm{e}^{x+3}

2Limites et croissance comparée

2.1  Une inégalité fondamentale

Pour étudier le comportement de l'exponentielle en +∞+\infty et en −∞-\infty, on part d'une inégalité déjà rencontrée dans le chapitre sur ln⁡\ln : pour tout réel X>0X>0, ln⁡(X)⩽X−1\ln(X)\leqslant X-1, avec égalité si et seulement si X=1X=1.

Propriété

Pour tout réel tt :

et⩾1+t\mathrm{e}^{t} \geqslant 1+t

avec égalité si et seulement si t=0t=0.

Démonstration

Soit tt un réel. Le nombre X=etX=\mathrm{e}^{t} est strictement positif, donc l'inégalité ln⁡(X)⩽X−1\ln(X)\leqslant X-1 rappelée ci-dessus s'applique.

  1. ln⁡(et)⩽et−1\ln\left(\mathrm{e}^{t}\right) \leqslant \mathrm{e}^{t}-1
  2. t⩽et−1t \leqslant \mathrm{e}^{t}-1car ln⁡(et)=t\ln(\mathrm{e}^{t})=t
  3. ⇒\Rightarrowet⩾t+1\mathrm{e}^{t} \geqslant t+1

L'égalité dans ln⁡(X)⩽X−1\ln(X)\leqslant X-1 a lieu si et seulement si X=1X=1, c'est-à-dire et=1\mathrm{e}^{t}=1, c'est-à-dire t=0t=0. C.Q.F.D.

2.2  Limites en +∞+\infty et en −∞-\infty

Théorème

lim⁡x→+∞ex=+∞lim⁡x→−∞ex=0\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x} = +\infty \qquad\qquad \displaystyle\lim_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{x} = 0

Démonstration

En +∞+\infty. D'après l'inégalité fondamentale, ex⩾x+1\mathrm{e}^{x}\geqslant x+1 pour tout xx. Or lim⁡x→+∞(x+1)=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}(x+1)=+\infty. Par comparaison, lim⁡x→+∞ex=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x}=+\infty.

En −∞-\infty. On pose X=−xX=-x, de sorte que X→+∞X\to+\infty quand x→−∞x\to-\infty.

  1. ex=e−X=1eX\mathrm{e}^{x} = \mathrm{e}^{-X} = \dfrac{1}{\mathrm{e}^{X}}
  2. or eX→+∞\mathrm{e}^{X}\to+\infty quand X→+∞X\to+\infty
  3. ⇒\Rightarrow1eX→0\dfrac{1}{\mathrm{e}^{X}} \to 0

Donc lim⁡x→−∞ex=0\displaystyle\lim_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{x}=0 (la limite vaut 0+0^{+}, car ex>0\mathrm{e}^{x}>0 toujours). C.Q.F.D.

Géométriquement, cette seconde limite signifie que la courbe de la fonction exponentielle admet la droite d'équation y=0y=0 (l'axe des abscisses) comme asymptote horizontale en −∞-\infty (voir la courbe, section 4).

2.3  Croissances comparées

En +∞+\infty, l'exponentielle l'emporte sur n'importe quelle puissance de xx : même si xnx^{n} part très vite, ex\mathrm{e}^{x} finit toujours par le dépasser durablement. C'est ce que précisent les croissances comparées.

Théorème

lim⁡x→+∞exx=+∞lim⁡x→−∞x ex=0lim⁡x→0ex−1x=1\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{x}}{x} = +\infty \qquad \displaystyle\lim_{x\to-\infty} x\,\mathrm{e}^{x} = 0 \qquad \displaystyle\lim_{x\to0}\dfrac{\mathrm{e}^{x}-1}{x} = 1

Démonstration

Première limite. Pour x>0x>0, on applique l'inégalité fondamentale à t=x2t=\dfrac{x}{2} : ex/2⩾1+x2>0\mathrm{e}^{x/2} \geqslant 1+\dfrac{x}{2} > 0. Les deux membres étant positifs, on peut élever au carré sans changer le sens de l'inégalité.

  1. ex=(ex/2)2⩾(1+x2)2\mathrm{e}^{x} = \left(\mathrm{e}^{x/2}\right)^{2} \geqslant \left(1+\dfrac{x}{2}\right)^{2}
  2. ==1+x+x241+x+\dfrac{x^{2}}{4}
  3. ⇒\Rightarrowex>x24\mathrm{e}^{x} > \dfrac{x^{2}}{4} pour x>0x>0
  4. ⇒\Rightarrowexx>x4\dfrac{\mathrm{e}^{x}}{x} > \dfrac{x}{4} pour x>0x>0

Comme lim⁡x→+∞x4=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{x}{4}=+\infty, le théorème de comparaison donne lim⁡x→+∞exx=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{x}}{x}=+\infty.

Deuxième limite. On pose X=−x→+∞X=-x\to+\infty : x ex=−X e−X=−XeXx\,\mathrm{e}^{x} = -X\,\mathrm{e}^{-X} = -\dfrac{X}{\mathrm{e}^{X}}. Or eXX→+∞\dfrac{\mathrm{e}^{X}}{X}\to+\infty (limite précédente), donc son inverse XeX→0\dfrac{X}{\mathrm{e}^{X}}\to0, d'où x ex→0x\,\mathrm{e}^{x}\to0 quand x→−∞x\to-\infty.

Troisième limite. L'inégalité fondamentale en t=xt=x donne ex−1⩾x\mathrm{e}^{x}-1\geqslant x. En t=−xt=-x : e−x⩾1−x\mathrm{e}^{-x}\geqslant1-x ; pour x<1x<1, 1−x>01-x>0, donc en passant à l'inverse (quantités positives) : ex⩽11−x\mathrm{e}^{x}\leqslant\dfrac{1}{1-x}, soit ex−1⩽x1−x\mathrm{e}^{x}-1\leqslant\dfrac{x}{1-x}. On a donc, pour tout x<1x<1, x⩽ex−1⩽x1−xx \leqslant \mathrm{e}^{x}-1 \leqslant \dfrac{x}{1-x}. En divisant par xx (le sens de l'inégalité s'inverse si x<0x<0), on obtient dans les deux cas — x→0+x\to0^{+} et x→0−x\to0^{-} — un encadrement de ex−1x\dfrac{\mathrm{e}^{x}-1}{x} entre 11 et 11−x\dfrac{1}{1-x}, qui tend vers 11. Par le théorème des gendarmes, lim⁡x→0ex−1x=1\displaystyle\lim_{x\to0}\dfrac{\mathrm{e}^{x}-1}{x}=1. C.Q.F.D.

Généralisation (admise). La méthode de la première limite s'adapte à n'importe quelle puissance : pour tout entier naturel n⩾1n\geqslant1,

lim⁡x→+∞exxn=+∞lim⁡x→−∞xn ex=0\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{x}}{x^{n}} = +\infty \qquad\qquad \displaystyle\lim_{x\to-\infty} x^{n}\,\mathrm{e}^{x} = 0

On dit que l'exponentielle l'emporte sur toutes les puissances de xx. C'est ce que montre la figure 1, avec n=3n=3.

0 1 2 3 4 5 50 100 150 200 250 x y 1,86 4,54 y = eˣ y = x³
Figure 1 — Comparaison de ex\mathrm{e}^{x} et de x3x^{3} : la puissance dépasse un temps l'exponentielle, entre x≈1,86x\approx1{,}86 et x≈4,54x\approx4{,}54, mais celle-ci l'emporte définitivement au-delà.
Exemple — calculer une limite en +∞+\infty

Déterminons lim⁡x→+∞3ex−2ex+5\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{3\mathrm{e}^{x}-2}{\mathrm{e}^{x}+5}.

  1. pour x≠0x\neq0, on factorise par ex\mathrm{e}^{x} au numérateur et au dénominateur
  2. 3ex−2ex+5=ex(3−2e−x)ex(1+5e−x)=3−2e−x1+5e−x\dfrac{3\mathrm{e}^{x}-2}{\mathrm{e}^{x}+5} = \dfrac{\mathrm{e}^{x}\left(3-2\mathrm{e}^{-x}\right)}{\mathrm{e}^{x}\left(1+5\mathrm{e}^{-x}\right)} = \dfrac{3-2\mathrm{e}^{-x}}{1+5\mathrm{e}^{-x}}
  3. quand x→+∞x\to+\infty : e−x→0\mathrm{e}^{-x}\to0
  4. ⇒\Rightarrow3ex−2ex+5→3−01+0=3\dfrac{3\mathrm{e}^{x}-2}{\mathrm{e}^{x}+5} \to \dfrac{3-0}{1+0} = 3
Exemple — croissance comparée avec un polynôme

Déterminons lim⁡x→−∞(x2−3x+1)ex\displaystyle\lim_{x\to-\infty}\left(x^{2}-3x+1\right)\mathrm{e}^{x}.

  1. (x2−3x+1)ex=x2ex−3 x ex+ex\left(x^{2}-3x+1\right)\mathrm{e}^{x} = x^{2}\mathrm{e}^{x} - 3\,x\,\mathrm{e}^{x} + \mathrm{e}^{x}
  2. or, quand x→−∞x\to-\infty : x2ex→0x^{2}\mathrm{e}^{x}\to0, x ex→0x\,\mathrm{e}^{x}\to0 et ex→0\mathrm{e}^{x}\to0croissances comparées
  3. ⇒\Rightarrow(x2−3x+1)ex→0−0+0=0\left(x^{2}-3x+1\right)\mathrm{e}^{x} \to 0-0+0 = 0

3Dérivée de eu\mathrm{e}^{u}

3.1  Dérivée de la fonction exponentielle

Théorème

On admet le résultat suivant sur la dérivée d'une fonction réciproque. Soit ff une bijection dérivable d'un intervalle II sur un intervalle JJ, telle que f′f' ne s'annule en aucun point de II. Alors f−1f^{-1} est dérivable en tout point y0=f(x0)y_{0}=f(x_{0}) de JJ, et :

(f−1)′(y0)=1f′(x0)=1f′(f−1(y0))\left(f^{-1}\right)'(y_{0}) = \dfrac{1}{f'(x_{0})} = \dfrac{1}{f'\left(f^{-1}(y_{0})\right)}

Démonstration

On applique ce théorème à f=ln⁡f=\ln, bijection dérivable de I=]0 ; +∞[I=\left]0\,;\,+\infty\right[ sur J=RJ=\mathbb{R}, avec ln⁡′(X)=1X≠0\ln'(X)=\dfrac{1}{X}\neq0 pour tout X>0X>0. La fonction réciproque ln⁡−1=exp⁡\ln^{-1}=\exp est donc dérivable en tout réel xx, et :

  1. exp⁡′(x)=1ln⁡′(exp⁡(x))\exp'(x) = \dfrac{1}{\ln'\left(\exp(x)\right)}
  2. ==11exp⁡(x)\dfrac{1}{\dfrac{1}{\exp(x)}}ln⁡′(X)=1/X\ln'(X)=1/X appliqué en X=exp⁡(x)X=\exp(x)
  3. ==exp⁡(x)\exp(x)

La fonction exponentielle est donc dérivable sur R\mathbb{R} et est sa propre dérivée. C.Q.F.D.

Propriété

La fonction x↦exx\mapsto\mathrm{e}^{x} est dérivable sur R\mathbb{R}, et pour tout réel xx :

(ex)′=ex\left(\mathrm{e}^{x}\right)' = \mathrm{e}^{x}

Cette égalité est unique en son genre : exp⁡\exp est, à un facteur multiplicatif près, la seule fonction égale à sa propre dérivée — propriété que tu retrouveras si tu étudies les équations différentielles (section 7).

3.2  Dérivée de eu\mathrm{e}^{u}

Soit uu une fonction dérivable sur un intervalle II. La fonction x↦eu(x)x\mapsto\mathrm{e}^{u(x)} est la composée de uu par la fonction exponentielle. En appliquant la formule de dérivation d'une composée, (g∘u)′=u′×(g′∘u)(g\circ u)'=u'\times(g'\circ u), avec g=exp⁡g=\exp et g′=exp⁡g'=\exp, on obtient :

Propriété

Si uu est dérivable sur un intervalle II, alors x↦eu(x)x\mapsto\mathrm{e}^{u(x)} est dérivable sur II, et pour tout x∈Ix\in I :

(eu)′=u′×eu\left(\mathrm{e}^{u}\right)' = u'\times\mathrm{e}^{u}

Attention

L'erreur la plus fréquente est d'oublier le facteur u′u' : (eu(x))′\left(\mathrm{e}^{u(x)}\right)' n'est pas égal à eu(x)\mathrm{e}^{u(x)}, sauf si u′(x)=1u'(x)=1. Par exemple (e2x)′=2 e2x\left(\mathrm{e}^{2x}\right)' = 2\,\mathrm{e}^{2x}, et non e2x\mathrm{e}^{2x}.

Méthode — dériver une fonction contenant eu\mathrm{e}^{u}

1. Repérer l'exposant u(x)u(x) et calculer u′(x)u'(x). 2. Appliquer (eu)′=u′ eu\left(\mathrm{e}^{u}\right)'=u'\,\mathrm{e}^{u}, en combinant si nécessaire avec les formules de somme, produit ou quotient déjà connues. 3. Ne jamais chercher à « simplifier » eu(x)\mathrm{e}^{u(x)} seul : cette expression ne se factorise pas et ne s'annule jamais.

Exemple — dérivées directes
  1. f(x)=e5x−3f(x)=\mathrm{e}^{5x-3} : u(x)=5x−3u(x)=5x-3, u′(x)=5u'(x)=5
  2. ⇒\Rightarrowf′(x)=5 e5x−3f'(x) = 5\,\mathrm{e}^{5x-3}
  3. g(x)=e−x2+1g(x)=\mathrm{e}^{-x^{2}+1} : u(x)=−x2+1u(x)=-x^{2}+1, u′(x)=−2xu'(x)=-2x
  4. ⇒\Rightarrowg′(x)=−2x e−x2+1g'(x) = -2x\,\mathrm{e}^{-x^{2}+1}
Exemple — combiner avec un produit

Dérivons h(x)=x2 exh(x)=x^{2}\,\mathrm{e}^{x} sur R\mathbb{R}, en posant v(x)=x2v(x)=x^{2} et w(x)=exw(x)=\mathrm{e}^{x}, avec (vw)′=v′w+vw′(vw)'=v'w+vw'.

  1. v′(x)=2xv'(x)=2x et w′(x)=exw'(x)=\mathrm{e}^{x}
  2. h′(x)=2x ex+x2 exh'(x) = 2x\,\mathrm{e}^{x} + x^{2}\,\mathrm{e}^{x}
  3. ==x(2+x) exx(2+x)\,\mathrm{e}^{x}factorisation par x exx\,\mathrm{e}^{x}

Comme ex>0\mathrm{e}^{x}>0 toujours, le signe de h′(x)h'(x) est celui de x(2+x)x(2+x) : une remarque essentielle pour étudier les variations d'une fonction contenant eu\mathrm{e}^{u}, comme en section 4.

4Étude de la fonction exponentielle

4.1  Sens de variation et tableau de variations

Rassemblons les résultats des sections précédentes : la fonction exponentielle est définie et dérivable sur R\mathbb{R}, de dérivée (ex)′=ex\left(\mathrm{e}^{x}\right)'=\mathrm{e}^{x}, strictement positive pour tout xx (section 1). Le signe de la dérivée donne directement le sens de variation.

Propriété

La fonction exponentielle est strictement croissante sur R\mathbb{R}. Elle réalise une bijection de R\mathbb{R} sur ]0 ; +∞[\left]0\,;\,+\infty\right[.

xx−∞-\infty+∞+\infty
signe de (ex)′\left(\mathrm{e}^{x}\right)'++
variations de ex\mathrm{e}^{x}00↗+∞+\infty

Cette stricte croissance a une conséquence immédiate, très utilisée dans les sections 5 et 6 :

Propriété

Pour tous réels aa et bb :

ea=eb  ⟺  a=bea<eb  ⟺  a<b\mathrm{e}^{a} = \mathrm{e}^{b} \iff a=b \qquad\qquad \mathrm{e}^{a} < \mathrm{e}^{b} \iff a<b

Attention

Même très négatif, xx donne toujours ex\mathrm{e}^{x} strictement positif : la courbe se rapproche de l'axe des abscisses sans jamais le toucher ni le traverser. Écrire ex=0\mathrm{e}^{x}=0 ou ex<0\mathrm{e}^{x}<0 est toujours faux, quel que soit xx.

4.2  Tangentes remarquables

La tangente à la courbe de exp⁡\exp au point d'abscisse aa a pour équation y=f(a)+f′(a)(x−a)y=f(a)+f'(a)(x-a), soit ici y=ea+ea(x−a)=ea(x−a+1)y=\mathrm{e}^{a}+\mathrm{e}^{a}(x-a)=\mathrm{e}^{a}(x-a+1), puisque f=f′=exp⁡f=f'=\exp.

Exemple — tangente en 00 et tangente en 11
  1. en a=0a=0 : e0=1\mathrm{e}^{0}=1, (ex)′(0)=1\left(\mathrm{e}^{x}\right)'(0)=1
  2. ⇒\Rightarrowtangente T0T_{0} : y=1+1×(x−0)=x+1y = 1+1\times(x-0) = x+1
  3. en a=1a=1 : e1=e\mathrm{e}^{1}=\mathrm{e}, (ex)′(1)=e\left(\mathrm{e}^{x}\right)'(1)=\mathrm{e}
  4. ⇒\Rightarrowtangente T1T_{1} : y=e+e(x−1)=e xy = \mathrm{e}+\mathrm{e}(x-1) = \mathrm{e}\,x

Deux remarques méritent d'être retenues. D'abord, T0T_{0} a pour coefficient directeur 11 : c'est exactement la limite lim⁡x→0ex−1x=1\displaystyle\lim_{x\to0}\dfrac{\mathrm{e}^{x}-1}{x}=1 établie en section 2, puisque ce taux de variation en 00 est le nombre dérivé exp⁡′(0)\exp'(0). Ensuite, fait remarquable, T1T_{1} a pour équation y=e xy=\mathrm{e}\,x : elle passe par l'origine OO du repère.

-4 -3 -2 -1 0 1 2 2 4 6 8 x y A 1 B e T₀ : y = x+1 T₁ : y = ex
Figure 2 — La courbe de la fonction exponentielle, sa tangente T0T_{0} au point A(0 ; 1)A(0\,;\,1) — de pente 11 — et sa tangente T1T_{1} au point B(1 ; e)B(1\,;\,\mathrm{e}) — de pente e\mathrm{e}, qui passe par l'origine.
Propriété

Pour tout réel xx, ex⩾x+1\mathrm{e}^{x}\geqslant x+1 (inégalité fondamentale, section 2) : la courbe de l'exponentielle est donc entièrement au-dessus de sa tangente T0T_{0}, sauf au point de tangence (0 ; 1)\left(0\,;\,1\right) où les deux coïncident.

4.3  Symétrie avec la courbe de ln⁡\ln

Les fonctions exp⁡\exp et ln⁡\ln sont réciproques l'une de l'autre : un point M(x ; y)M(x\,;\,y) appartient à la courbe de exp⁡\exp si et seulement si y=exy=\mathrm{e}^{x}, c'est-à-dire x=ln⁡yx=\ln y, c'est-à-dire que le point M′(y ; x)M'(y\,;\,x) — symétrique de MM par rapport à la droite d'équation y=xy=x — appartient à la courbe de ln⁡\ln.

Propriété

Dans un repère orthonormé, les courbes représentatives des fonctions exp⁡\exp et ln⁡\ln sont symétriques l'une de l'autre par rapport à la droite d'équation y=xy=x.

-3 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7 -3 -2 -1 1 2 3 4 5 6 (0;1) (1;0) (1;e) (e;1) y = eˣ y = ln x droite d'équation y = x
Figure 3 — Les courbes de exp⁡\exp et de ln⁡\ln sont symétriques par rapport à la droite y=xy=x : par exemple, (0 ; 1)(0\,;\,1) sur la courbe de exp⁡\exp correspond à (1 ; 0)(1\,;\,0) sur la courbe de ln⁡\ln, et (1 ; e)(1\,;\,\mathrm{e}) correspond à (e ; 1)(\mathrm{e}\,;\,1).
Exemple — comparer sans calculatrice

Comparons e2\mathrm{e}^{\sqrt{2}} et e1,4\mathrm{e}^{1{,}4}.

  1. 2≈1,414 21\sqrt{2}\approx1{,}414\,21, donc 2>1,4\sqrt{2} > 1{,}4
  2. exp⁡\exp est strictement croissante sur R\mathbb{R}
  3. ⇒\Rightarrowe2>e1,4\mathrm{e}^{\sqrt{2}} > \mathrm{e}^{1{,}4}

5Équations et inéquations

5.1  Égalités et comparaisons directes

La stricte croissance de l'exponentielle (section 4) permet de résoudre directement de nombreuses équations et inéquations, sans jamais recourir à ln⁡\ln.

Méthode — résoudre eu(x)=ev(x)\mathrm{e}^{u(x)} = \mathrm{e}^{v(x)}

Par injectivité de l'exponentielle (section 4), eu(x)=ev(x)  ⟺  u(x)=v(x)\mathrm{e}^{u(x)} = \mathrm{e}^{v(x)} \iff u(x) = v(x) : on se ramène ainsi à une équation sans exponentielle. Le même principe transforme une inéquation eu(x)<ev(x)\mathrm{e}^{u(x)} < \mathrm{e}^{v(x)} en u(x)<v(x)u(x) < v(x), sans changer le sens de l'inégalité, car l'exponentielle est croissante.

Exemple — équation et inéquation directes
  1. e2x−1=ex+3\mathrm{e}^{2x-1} = \mathrm{e}^{x+3}
  2.   ⟺  \iff2x−1=x+32x-1 = x+3injectivité de l'exponentielle
  3.   ⟺  \iffx=4x = 4

L'unique solution est x=4x=4.

  1. e3−x⩾e2x\mathrm{e}^{3-x} \geqslant \mathrm{e}^{2x}
  2.   ⟺  \iff3−x⩾2x3-x \geqslant 2xexponentielle strictement croissante
  3.   ⟺  \iff3⩾3x3 \geqslant 3x
  4.   ⟺  \iffx⩽1x \leqslant 1

L'ensemble des solutions est ]−∞ ; 1]\left]-\infty\,;\,1\right].

5.2  Équations et inéquations du type eu(x)=k\mathrm{e}^{u(x)} = k

Méthode — résoudre eu(x)=k\mathrm{e}^{u(x)} = k

Deux cas, selon le signe de kk. Si k⩽0k \leqslant 0 : aucune solution, car eu(x)>0\mathrm{e}^{u(x)} > 0 toujours. Si k>0k>0 : on compose par ln⁡\ln (strictement croissant sur ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[), ce qui préserve l'équivalence :

eu(x)=k  ⟺  u(x)=ln⁡k\mathrm{e}^{u(x)} = k \iff u(x) = \ln k

Exemple — équations du type eu(x)=k\mathrm{e}^{u(x)}=k
  1. e2x+1=7\mathrm{e}^{2x+1} = 7
  2.   ⟺  \iff2x+1=ln⁡72x+1 = \ln 77>07>0, on compose par ln⁡\ln
  3.   ⟺  \iffx=ln⁡7−12x = \dfrac{\ln 7 - 1}{2}

L'équation ex2=−4\mathrm{e}^{x^{2}} = -4 n'a, elle, aucune solution : le membre de droite est négatif.

5.3  Équations polynomiales en ex\mathrm{e}^{x} : la substitution X=exX=\mathrm{e}^{x}

Certaines équations font apparaître ex\mathrm{e}^{x} et e2x=(ex)2\mathrm{e}^{2x}=\left(\mathrm{e}^{x}\right)^{2} : on les ramène à une équation du second degré grâce au changement d'inconnue X=exX=\mathrm{e}^{x}.

Méthode — substitution X=exX=\mathrm{e}^{x}

1. Poser X=exX=\mathrm{e}^{x}, avec la contrainte X>0X>0. 2. Réécrire l'équation (ou l'inéquation) en XX et la résoudre. 3. Ne conserver que les solutions X>0X>0. 4. Revenir à xx grâce à x=ln⁡Xx=\ln X pour chaque valeur de XX retenue.

Attention

Une solution X⩽0X\leqslant0 obtenue en résolvant l'équation en XX doit être rejetée : elle ne correspond à aucun réel xx, puisque ex\mathrm{e}^{x} ne peut ni s'annuler ni être négatif. C'est l'erreur la plus fréquente de cette méthode.

Exemple — équation du second degré en ex\mathrm{e}^{x}

Résolvons e2x−5 ex+6=0\mathrm{e}^{2x} - 5\,\mathrm{e}^{x} + 6 = 0 dans R\mathbb{R}.

  1. on pose X=ex>0X=\mathrm{e}^{x}>0
  2. X2−5X+6=0X^{2} - 5X + 6 = 0
  3. Δ=(−5)2−4×1×6=25−24=1\Delta = (-5)^{2} - 4\times1\times6 = 25-24 = 1
  4. ⇒\RightarrowX=5−12=2X = \dfrac{5-1}{2} = 2 ou X=5+12=3X = \dfrac{5+1}{2} = 3
  5. les deux solutions sont >0>0 : on les garde toutes les deux
  6. ex=2  ⟺  x=ln⁡2\mathrm{e}^{x}=2 \iff x=\ln2 ; ex=3  ⟺  x=ln⁡3\mathrm{e}^{x}=3 \iff x=\ln3

L'ensemble des solutions est {ln⁡2 ; ln⁡3}\left\{\ln2\,;\,\ln3\right\}.

Exemple — inéquation avec substitution

Résolvons e2x−ex−2⩽0\mathrm{e}^{2x} - \mathrm{e}^{x} - 2 \leqslant 0 dans R\mathbb{R}.

  1. on pose X=ex>0X=\mathrm{e}^{x}>0 : X2−X−2⩽0X^{2}-X-2\leqslant0
  2. racines de X2−X−2X^{2}-X-2 : Δ=1+8=9\Delta=1+8=9, X=1−32=−1X=\dfrac{1-3}{2}=-1 ou X=1+32=2X=\dfrac{1+3}{2}=2
  3. parabole tournée vers le haut : X2−X−2⩽0  ⟺  X∈[−1 ; 2]X^{2}-X-2\leqslant0 \iff X\in[-1\,;\,2]
  4. combiné à X>0X>0 : X∈]0 ; 2]X\in\left]0\,;\,2\right]
  5.   ⟺  \iffex⩽2\mathrm{e}^{x}\leqslant2
  6.   ⟺  \iffx⩽ln⁡2x\leqslant\ln2exponentielle strictement croissante

L'ensemble des solutions est ]−∞ ; ln⁡2]\left]-\infty\,;\,\ln2\right].

6Exponentielle de base aa

6.1  Définition

Tu connais déjà ana^{n} pour a>0a>0 et nn entier. Comment donner un sens à axa^{x} lorsque xx est un réel quelconque, par exemple 222^{\sqrt{2}} ? L'exponentielle permet de répondre.

Définition

Soit aa un réel strictement positif. Pour tout réel xx, on pose :

ax=exln⁡aa^{x} = \mathrm{e}^{x\ln a}

Attention

Cette définition exige a>0a>0 : ln⁡a\ln a n'existe pas sinon. L'écriture (−2)x(-2)^{x} ou 0x0^{x} pour xx réel quelconque n'a donc pas de sens dans ce cadre (au contraire de (−2)n(-2)^{n} pour nn entier, qui reste défini au sens usuel).

Démonstration

Vérifions que cette définition prolonge bien la puissance usuelle : pour nn entier et a>0a>0,

  1. ana^{n} (nouvelle définition) =enln⁡a=(eln⁡a)n= \mathrm{e}^{n\ln a} = \left(\mathrm{e}^{\ln a}\right)^{n}propriété (eu)n=enu\left(\mathrm{e}^{u}\right)^{n}=\mathrm{e}^{nu}
  2. ==ana^{n} (sens usuel)car eln⁡a=a\mathrm{e}^{\ln a}=a

Les deux définitions coïncident bien sur les entiers. C.Q.F.D.

Pour a=ea=\mathrm{e}, on retrouve ex=exln⁡e=ex×1=ex\mathrm{e}^{x}=\mathrm{e}^{x\ln\mathrm{e}}=\mathrm{e}^{x\times1}=\mathrm{e}^{x} : cohérent. Les propriétés algébriques de la section 1 se transmettent sans changement : pour a,b>0a,b>0 et x,y∈Rx,y\in\mathbb{R}, ax+y=axaya^{x+y}=a^{x}a^{y}, a−x=1axa^{-x}=\dfrac{1}{a^{x}}, (ax)y=axy\left(a^{x}\right)^{y}=a^{xy}, (ab)x=axbx(ab)^{x}=a^{x}b^{x}.

Exemple — calculer avec des puissances réelles
  1. 22=e2ln⁡22^{\sqrt{2}} = \mathrm{e}^{\sqrt{2}\ln2}
  2. 1x=exln⁡1=ex×0=e0=11^{x} = \mathrm{e}^{x\ln1} = \mathrm{e}^{x\times0} = \mathrm{e}^{0} = 1pour tout réel xx : 1x=11^{x}=1
  3. 32×3−0,5=32−0,5=31,53^{2}\times3^{-0{,}5} = 3^{2-0{,}5} = 3^{1{,}5}propriété axay=ax+ya^{x}a^{y}=a^{x+y}

6.2  Étude selon la valeur de aa

Soit a>0a>0. La fonction x↦ax=exln⁡ax\mapsto a^{x}=\mathrm{e}^{x\ln a} est la composée de x↦xln⁡ax\mapsto x\ln a (affine) par exp⁡\exp ; elle est dérivable sur R\mathbb{R}.

Propriété

Pour a>0a>0, la fonction x↦axx\mapsto a^{x} est dérivable sur R\mathbb{R}, et pour tout réel xx :

(ax)′=ln⁡a×ax\left(a^{x}\right)' = \ln a \times a^{x}

Comme ax>0a^{x}>0 toujours, le signe de la dérivée est celui de ln⁡a\ln a, ce qui détermine entièrement le sens de variation :

Valeur de aaSigne de ln⁡a\ln aSens de variation de axa^{x}
0<a<10 < a < 1ln⁡a<0\ln a < 0strictement décroissante
a=1a = 1ln⁡a=0\ln a = 0constante, égale à 11
a>1a > 1ln⁡a>0\ln a > 0strictement croissante

Dans tous les cas, a0=1a^{0}=1 : toutes les courbes passent par le point (0 ; 1)(0\,;\,1), comme le montre la figure 4.

Méthode — étudier ou comparer axa^{x}

Pour étudier les variations de axa^{x}, ou pour résoudre une (in)équation ax≶ka^{x} \lessgtr k, on revient systématiquement à la définition ax=exln⁡aa^{x}=\mathrm{e}^{x\ln a} : on retrouve alors les techniques des sections 4 et 5, en gardant à l'esprit que le sens de variation dépend du signe de ln⁡a\ln a.

-2 -1 0 1 2 5 10 15 20 x y (0;1) a = 0,35 a = 0,6 a = 1 a = 1,8 a = e a = 3,2
Figure 4 — Faisceau des fonctions x↦axx\mapsto a^{x} pour a∈{0,35 ; 0,6 ; 1 ; 1,8 ; e ; 3,2}a\in\{0{,}35\,;\,0{,}6\,;\,1\,;\,1{,}8\,;\,\mathrm{e}\,;\,3{,}2\} : toutes passent par (0 ; 1)(0\,;\,1) ; croissantes pour a>1a>1, constante pour a=1a=1, décroissantes pour 0<a<10<a<1.
Exemple — résoudre une inéquation en base aa

Résolvons 0,5x⩽0,20{,}5^{x} \leqslant 0{,}2 dans R\mathbb{R}.

  1. 0,5x=exln⁡0,5⩽0,20{,}5^{x} = \mathrm{e}^{x\ln0{,}5} \leqslant 0{,}2
  2.   ⟺  \iffxln⁡0,5⩽ln⁡0,2x\ln0{,}5 \leqslant \ln0{,}2composition par ln⁡\ln, croissant sur ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[
  3. ln⁡0,5<0\ln0{,}5 < 0
  4.   ⟺  \iffx⩾ln⁡0,2ln⁡0,5x \geqslant \dfrac{\ln0{,}2}{\ln0{,}5}division par un nombre négatif : le sens s'inverse

Numériquement, ln⁡0,2ln⁡0,5≈−1,609−0,693≈2,32\dfrac{\ln0{,}2}{\ln0{,}5}\approx\dfrac{-1{,}609}{-0{,}693}\approx2{,}32 : l'ensemble des solutions est [ln⁡0,2ln⁡0,5 ; +∞[\left[\dfrac{\ln0{,}2}{\ln0{,}5}\,;\,+\infty\right[.

7Modélisation

7.1  L'équation y′=kyy'=ky

De nombreux phénomènes évoluent à une vitesse proportionnelle à la quantité déjà présente : plus il y a de bactéries, plus la population croît vite ; plus il reste de noyaux radioactifs, plus il s'en désintègre par seconde. Mathématiquement, cela s'écrit y′=kyy'=ky, où yy est la quantité étudiée en fonction du temps tt, et kk une constante réelle.

Théorème

Soit kk un réel. Les solutions, sur R\mathbb{R}, de l'équation différentielle y′=kyy'=ky sont exactement les fonctions t↦C ektt\mapsto C\,\mathrm{e}^{kt}, où CC est une constante réelle. La solution vérifiant de plus y(0)=y0y(0)=y_{0} est unique : y(t)=y0 ekty(t)=y_{0}\,\mathrm{e}^{kt}.

Démonstration

On vérifie sans peine que toute fonction y(t)=C ekty(t)=C\,\mathrm{e}^{kt} est solution : y′(t)=C×k ekt=k y(t)y'(t) = C\times k\,\mathrm{e}^{kt} = k\,y(t). (La réciproque — toute solution est de cette forme — est un résultat d'unicité que l'on admet ; il sera démontré dans le chapitre sur les équations différentielles.) Enfin y(0)=C e0=Cy(0)=C\,\mathrm{e}^{0}=C, donc la condition y(0)=y0y(0)=y_{0} impose C=y0C=y_{0}. C.Q.F.D. (pour la partie démontrée)

On appelle cette famille de fonctions des modèles exponentiels : k>0k>0 modélise une croissance (population, capital), k<0k<0 une décroissance (radioactivité, refroidissement).

Méthode — déterminer kk à partir de deux données

Si l'on connaît y0=y(0)y_{0}=y(0) et une valeur y(t1)y(t_{1}) à un instant t1≠0t_{1}\neq0, on résout y0 ekt1=y(t1)y_{0}\,\mathrm{e}^{kt_{1}} = y(t_{1}), c'est-à-dire ekt1=y(t1)y0\mathrm{e}^{kt_{1}} = \dfrac{y(t_{1})}{y_{0}}, d'où k=1t1ln⁡ ⁣(y(t1)y0)k = \dfrac{1}{t_{1}}\ln\!\left(\dfrac{y(t_{1})}{y_{0}}\right).

7.2  Croissance d'une population

Exemple — population de Yaoundé (modèle simplifié)

On modélise la population P(t)P(t) de l'agglomération de Yaoundé, en millions d'habitants, tt années après une année de référence, par P(t)=P0 ektP(t)=P_{0}\,\mathrm{e}^{kt}, avec P0=1,5P_{0}=1{,}5 et k=0,045k=0{,}045 (soit une croissance d'environ 4,5 %4{,}5\,\% par an).

  1. P(20)=1,5 e0,045×20=1,5 e0,9P(20) = 1{,}5\,\mathrm{e}^{0{,}045\times20} = 1{,}5\,\mathrm{e}^{0{,}9}
  2. ≈\approx1,5×2,45961{,}5\times2{,}4596
  3. ≈\approx3,693{,}69 millions d'habitants
0 5 10 15 20 1 2 3 4 t (années) P P0=1,5P_{0}=1{,}5 P(20) ≈ 3,69
Figure 5 — Modèle simplifié de la population de Yaoundé (en millions d'habitants), P(t)=1,5 e0,045tP(t) = 1{,}5\,\mathrm{e}^{0{,}045t}, tt en années depuis l'année de référence : P(0)=1,5P(0)=1{,}5 et P(20)≈3,69P(20)\approx3{,}69.

7.3  Décroissance radioactive, refroidissement, intérêts continus

Exemple — décroissance radioactive

Une quantité de matière radioactive N(t)=N0 e−λtN(t)=N_{0}\,\mathrm{e}^{-\lambda t} (avec λ>0\lambda>0, la constante radioactive) est réduite de moitié au bout d'une durée T1/2T_{1/2}, la demi-vie, indépendante de N0N_{0} :

  1. N(T1/2)=N02N(T_{1/2}) = \dfrac{N_{0}}{2}
  2.   ⟺  \iffe−λT1/2=12\mathrm{e}^{-\lambda T_{1/2}} = \dfrac{1}{2}
  3.   ⟺  \iff−λT1/2=−ln⁡2-\lambda T_{1/2} = -\ln2
  4. ⇒\RightarrowT1/2=ln⁡2λT_{1/2} = \dfrac{\ln2}{\lambda}
Math & Co — Rutherford et la demi-vie

C'est le physicien néo-zélandais Ernest Rutherford qui introduit en 1907 la notion de « période » (demi-vie) pour décrire la décroissance radioactive, en étudiant le radon. Il applique cette loi exponentielle à la datation des roches, posant les bases de la datation radiométrique qui permettra, des décennies plus tard, d'estimer l'âge de la Terre à environ 4,54{,}5 milliards d'années — bien loin des quelques dizaines de millions d'années encore envisagés à la fin du XIXe siècle.

La loi de refroidissement de Newton suit le même modèle : la température θ(t)\theta(t) d'un corps plongé dans un milieu à température ambiante θamb\theta_{\text{amb}} constante vérifie θ(t)=θamb+(θ0−θamb)e−kt\theta(t) = \theta_{\text{amb}} + \left(\theta_{0}-\theta_{\text{amb}}\right)\mathrm{e}^{-kt}, avec k>0k>0 : l'écart à la température ambiante décroît exponentiellement.

Math & Co — Bernoulli et la naissance du nombre e\mathrm{e}

En 1683, le mathématicien suisse Jacob Bernoulli étudie un problème d'intérêts composés : que devient un capital si les intérêts, au lieu d'être versés une fois par an, sont versés continûment ? Il montre que la limite, quand le nombre de versements annuels tend vers l'infini, existe et est encadrée entre 22 et 33 — sans toutefois nommer cette limite. Il s'agit du nombre que l'on appelle aujourd'hui e\mathrm{e}. C'est ainsi, par un problème de finance, que le nombre e\mathrm{e} fait sa première apparition dans l'histoire des mathématiques.

Un capital C0C_{0} placé à un taux annuel rr, avec des intérêts composés en continu, vaut à l'instant tt (en années) :

C(t)=C0 ertC(t) = C_{0}\,\mathrm{e}^{rt}

C'est exactement la limite évoquée par Bernoulli : le cas k=rk=r de l'équation y′=kyy'=ky.

Fiche mémo

  • ex=exp⁡(x)\mathrm{e}^{x} = \exp(x) est l'unique réel >0>0 tel que ln⁡(ex)=x\ln(\mathrm{e}^{x})=x ; eln⁡x=x\mathrm{e}^{\ln x}=x pour x>0x>0.
  • e0=1\mathrm{e}^{0}=1, e1=e≈2,71828\mathrm{e}^{1}=\mathrm{e}\approx2{,}71828, et ex>0\mathrm{e}^{x}>0 pour tout réel xx.
  • ea+b=eaeb\mathrm{e}^{a+b}=\mathrm{e}^{a}\mathrm{e}^{b} ; e−a=1ea\mathrm{e}^{-a}=\dfrac{1}{\mathrm{e}^{a}} ; ea−b=eaeb\mathrm{e}^{a-b}=\dfrac{\mathrm{e}^{a}}{\mathrm{e}^{b}} ; (ea)n=ena\left(\mathrm{e}^{a}\right)^{n}=\mathrm{e}^{na}.
  • Inégalité fondamentale : ex⩾x+1\mathrm{e}^{x}\geqslant x+1 pour tout xx (égalité en 00 seulement).
  • Limites : lim⁡x→+∞ex=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x}=+\infty ; lim⁡x→−∞ex=0\displaystyle\lim_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{x}=0 (asymptote y=0y=0).
  • Croissances comparées : lim⁡x→+∞exxn=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{x}}{x^{n}}=+\infty ; lim⁡x→−∞xnex=0\displaystyle\lim_{x\to-\infty}x^{n}\mathrm{e}^{x}=0 ; lim⁡x→0ex−1x=1\displaystyle\lim_{x\to0}\dfrac{\mathrm{e}^{x}-1}{x}=1.
  • (ex)′=ex\left(\mathrm{e}^{x}\right)'=\mathrm{e}^{x} ; pour uu dérivable, (eu)′=u′ eu\left(\mathrm{e}^{u}\right)'=u'\,\mathrm{e}^{u}.
  • exp⁡\exp est strictement croissante sur R\mathbb{R}, bijection de R\mathbb{R} sur ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[ ; ea=eb  ⟺  a=b\mathrm{e}^{a}=\mathrm{e}^{b}\iff a=b.
  • Tangente en 00 : y=x+1y=x+1 (pente 11). Tangente en 11 : y=exy=\mathrm{e}x (passe par OO).
  • Courbes de exp⁡\exp et ln⁡\ln symétriques par rapport à la droite y=xy=x.
  • eu(x)=k\mathrm{e}^{u(x)}=k : aucune solution si k⩽0k\leqslant0 ; u(x)=ln⁡ku(x)=\ln k si k>0k>0. Pour un polynôme en ex\mathrm{e}^{x}, poser X=ex>0X=\mathrm{e}^{x}>0 et rejeter les solutions X⩽0X\leqslant0.
  • Pour a>0a>0 : ax=exln⁡aa^{x}=\mathrm{e}^{x\ln a}, dérivée (ax)′=ln⁡a×ax\left(a^{x}\right)'=\ln a\times a^{x} ; croissante si a>1a>1, décroissante si 0<a<10<a<1, constante si a=1a=1.
  • Modélisation : y′=ky  ⟺  y(t)=y0 ekty'=ky \iff y(t)=y_{0}\,\mathrm{e}^{kt} — croissance si k>0k>0, décroissance si k<0k<0 (radioactivité, refroidissement, intérêts continus).

8Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Simplifie, sans calculatrice, les expressions suivantes (le résultat attendu est une puissance de e\mathrm{e}) : A=e3×e−5A = \mathrm{e}^{3}\times\mathrm{e}^{-5} ; B=(e2)4÷e5B = \left(\mathrm{e}^{2}\right)^{4}\div\mathrm{e}^{5} ; C=1e−3C = \dfrac{1}{\mathrm{e}^{-3}} ; D=e5×e−2×e−3D = \mathrm{e}^{5}\times\mathrm{e}^{-2}\times\mathrm{e}^{-3}.

Voir le corrigé détaillé
  1. A=e3+(−5)=e−2A = \mathrm{e}^{3+(-5)} = \mathrm{e}^{-2}
  2. B=e2×4÷e5=e8−5=e3B = \mathrm{e}^{2\times4}\div\mathrm{e}^{5} = \mathrm{e}^{8-5} = \mathrm{e}^{3}
  3. C=e−(−3)=e3C = \mathrm{e}^{-(-3)} = \mathrm{e}^{3}
  4. D=e5−2−3=e0=1D = \mathrm{e}^{5-2-3} = \mathrm{e}^{0} = 1
2

Calcule les valeurs exactes suivantes : e0\mathrm{e}^{0} ; e1\mathrm{e}^{1} ; eln⁡4\mathrm{e}^{\ln4} ; ln⁡(e7)\ln\left(\mathrm{e}^{7}\right) ; eln⁡5−ln⁡2\mathrm{e}^{\ln5-\ln2}.

Voir le corrigé détaillé
  1. e0=1\mathrm{e}^{0} = 1
  2. e1=e\mathrm{e}^{1} = \mathrm{e}
  3. eln⁡4=4\mathrm{e}^{\ln4} = 4propriété eln⁡x=x\mathrm{e}^{\ln x}=x
  4. ln⁡(e7)=7\ln\left(\mathrm{e}^{7}\right) = 7propriété ln⁡(ex)=x\ln(\mathrm{e}^{x})=x
  5. eln⁡5−ln⁡2=eln⁡5÷eln⁡2=52\mathrm{e}^{\ln5-\ln2} = \mathrm{e}^{\ln5}\div\mathrm{e}^{\ln2} = \dfrac{5}{2}
3

Calcule la dérivée de chacune des fonctions suivantes, définies sur R\mathbb{R} : f(x)=e3x−1f(x)=\mathrm{e}^{3x-1} ; g(x)=e−x2+4xg(x)=\mathrm{e}^{-x^{2}+4x} ; h(x)=e5−2xh(x)=\mathrm{e}^{5-2x} ; k(x)=ex2+1k(x)=\mathrm{e}^{x^{2}+1}.

Voir le corrigé détaillé
  1. f(x)=eu(x)f(x)=\mathrm{e}^{u(x)} avec u(x)=3x−1u(x)=3x-1, u′(x)=3u'(x)=3 ⇒\Rightarrow f′(x)=3 e3x−1f'(x)=3\,\mathrm{e}^{3x-1}
  2. u(x)=−x2+4xu(x)=-x^{2}+4x, u′(x)=−2x+4u'(x)=-2x+4 ⇒\Rightarrow g′(x)=(−2x+4) e−x2+4xg'(x)=(-2x+4)\,\mathrm{e}^{-x^{2}+4x}
  3. u(x)=5−2xu(x)=5-2x, u′(x)=−2u'(x)=-2 ⇒\Rightarrow h′(x)=−2 e5−2xh'(x)=-2\,\mathrm{e}^{5-2x}
  4. u(x)=x2+1u(x)=x^{2}+1, u′(x)=2xu'(x)=2x ⇒\Rightarrow k′(x)=2x ex2+1k'(x)=2x\,\mathrm{e}^{x^{2}+1}
4

Résous dans R\mathbb{R} : ex=7\mathrm{e}^{x}=7 ; e2x−1=1\mathrm{e}^{2x-1}=1 ; ex=e3x−4\mathrm{e}^{x}=\mathrm{e}^{3x-4} ; e−x=e2\mathrm{e}^{-x}=\mathrm{e}^{2}.

Voir le corrigé détaillé
  1. ex=7  ⟺  x=ln⁡7\mathrm{e}^{x}=7 \iff x=\ln7
  2. e2x−1=1=e0  ⟺  2x−1=0  ⟺  x=12\mathrm{e}^{2x-1}=1=\mathrm{e}^{0} \iff 2x-1=0 \iff x=\dfrac{1}{2}
  3. ex=e3x−4  ⟺  x=3x−4  ⟺  −2x=−4  ⟺  x=2\mathrm{e}^{x}=\mathrm{e}^{3x-4} \iff x=3x-4 \iff -2x=-4 \iff x=2
  4. e−x=e2  ⟺  −x=2  ⟺  x=−2\mathrm{e}^{-x}=\mathrm{e}^{2} \iff -x=2 \iff x=-2
5

Résous dans R\mathbb{R} : ex>5\mathrm{e}^{x} > 5 ; e−x⩽3\mathrm{e}^{-x} \leqslant 3 ; e2x−3⩾1\mathrm{e}^{2x-3} \geqslant 1.

Voir le corrigé détaillé
  1. ex>5  ⟺  x>ln⁡5\mathrm{e}^{x} > 5 \iff x > \ln5
  2. e−x⩽3  ⟺  −x⩽ln⁡3  ⟺  x⩾−ln⁡3\mathrm{e}^{-x} \leqslant 3 \iff -x \leqslant \ln3 \iff x \geqslant -\ln3
  3. e2x−3⩾1=e0  ⟺  2x−3⩾0  ⟺  x⩾32\mathrm{e}^{2x-3} \geqslant 1 = \mathrm{e}^{0} \iff 2x-3 \geqslant 0 \iff x \geqslant \dfrac{3}{2}
Niveau 2 — Approfondissement
6

Soit f(x)=(x−2) exf(x)=(x-2)\,\mathrm{e}^{x}, définie sur R\mathbb{R}. Détermine les limites de ff en −∞-\infty et en +∞+\infty, calcule f′(x)f'(x), étudie son signe, et dresse le tableau de variations de ff.

Voir le corrigé détaillé

Limites.

  1. en +∞+\infty : (x−2)→+∞(x-2)\to+\infty et ex→+∞\mathrm{e}^{x}\to+\infty
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x)=+\inftyproduit de deux limites +∞+\infty
  3. en −∞-\infty : f(x)=x ex−2 exf(x) = x\,\mathrm{e}^{x} - 2\,\mathrm{e}^{x}
  4. or x ex→0x\,\mathrm{e}^{x}\to0 et ex→0\mathrm{e}^{x}\to0croissances comparées
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡x→−∞f(x)=0\displaystyle\lim_{x\to-\infty}f(x)=0

Dérivée. f=uvf=uv avec u(x)=x−2u(x)=x-2, u′(x)=1u'(x)=1, v(x)=exv(x)=\mathrm{e}^{x}, v′(x)=exv'(x)=\mathrm{e}^{x}.

  1. f′(x)=1×ex+(x−2)×exf'(x) = 1\times\mathrm{e}^{x} + (x-2)\times\mathrm{e}^{x}
  2. ==(1+x−2)ex\left(1+x-2\right)\mathrm{e}^{x}
  3. ==(x−1) ex(x-1)\,\mathrm{e}^{x}

Comme ex>0\mathrm{e}^{x}>0 toujours, le signe de f′(x)f'(x) est celui de (x−1)(x-1) : négatif sur ]−∞ ; 1[\left]-\infty\,;\,1\right[, nul en 11, positif sur ]1 ; +∞[\left]1\,;\,+\infty\right[. f(1)=(1−2) e1=−ef(1)=(1-2)\,\mathrm{e}^{1}=-\mathrm{e}.

xx−∞-\infty11+∞+\infty
signe de f′(x)f'(x)−-00++
variations de ff00↘−e-\mathrm{e}↗+∞+\infty
7

1. Résous dans R\mathbb{R} l'équation e2x−4 ex−5=0\mathrm{e}^{2x} - 4\,\mathrm{e}^{x} - 5 = 0 (on posera X=exX=\mathrm{e}^{x}). 2. Résous dans R\mathbb{R} l'inéquation e2x−4 ex−5⩾0\mathrm{e}^{2x} - 4\,\mathrm{e}^{x} - 5 \geqslant 0.

Voir le corrigé détaillé

1. On pose X=ex>0X=\mathrm{e}^{x}>0.

  1. X2−4X−5=0X^{2}-4X-5=0
  2. Δ=(−4)2−4×1×(−5)=16+20=36\Delta = (-4)^{2}-4\times1\times(-5) = 16+20 = 36
  3. ⇒\RightarrowX=4−62=−1X=\dfrac{4-6}{2}=-1 ou X=4+62=5X=\dfrac{4+6}{2}=5
  4. X=−1X=-1 rejetée (négative) ; X=5>0X=5>0 conservée
  5. ex=5  ⟺  x=ln⁡5\mathrm{e}^{x}=5 \iff x=\ln5

L'unique solution est x=ln⁡5x=\ln5.

2. Le trinôme X2−4X−5=(X−5)(X+1)X^{2}-4X-5=(X-5)(X+1) est du signe de son coefficient dominant (positif) à l'extérieur des racines : X2−4X−5⩾0  ⟺  X⩽−1X^{2}-4X-5\geqslant0 \iff X\leqslant-1 ou X⩾5X\geqslant5. Combiné à la contrainte X=ex>0X=\mathrm{e}^{x}>0, seule subsiste X⩾5X\geqslant5.

  1.   ⟺  \iffex⩾5\mathrm{e}^{x}\geqslant5
  2.   ⟺  \iffx⩾ln⁡5x\geqslant\ln5

L'ensemble des solutions est [ln⁡5 ; +∞[\left[\ln5\,;\,+\infty\right[.

8

On pose f(x)=3xf(x)=3^{x}, pour x∈Rx\in\mathbb{R}.

  1. Écris f(x)f(x) sous la forme e…\mathrm{e}^{\dots}.
  2. Calcule f′(x)f'(x) et déduis-en le sens de variation de ff sur R\mathbb{R}.
  3. Résous dans R\mathbb{R} l'inéquation 3x⩾53^{x} \geqslant 5.
Voir le corrigé détaillé

1. Par définition de l'exponentielle de base aa (section 6) : f(x)=3x=exln⁡3f(x) = 3^{x} = \mathrm{e}^{x\ln3}.

2.

  1. f′(x)=ln⁡3×exln⁡3=ln⁡3×3xf'(x) = \ln3\times\mathrm{e}^{x\ln3} = \ln3\times3^{x}
  2. ln⁡3>0\ln3>0 et 3x>03^{x}>0 pour tout xx
  3. ⇒\Rightarrowf′(x)>0f'(x)>0 pour tout xx

ff est donc strictement croissante sur R\mathbb{R}.

3.

  1. 3x⩾53^{x}\geqslant5
  2.   ⟺  \iffexln⁡3⩾eln⁡5\mathrm{e}^{x\ln3}\geqslant\mathrm{e}^{\ln5}
  3.   ⟺  \iffxln⁡3⩾ln⁡5x\ln3\geqslant\ln5exponentielle strictement croissante
  4.   ⟺  \iffx⩾ln⁡5ln⁡3x\geqslant\dfrac{\ln5}{\ln3}ln⁡3>0\ln3>0

Numériquement, ln⁡5ln⁡3≈1,465\dfrac{\ln5}{\ln3}\approx1{,}465 : l'ensemble des solutions est [ln⁡5ln⁡3 ; +∞[\left[\dfrac{\ln5}{\ln3}\,;\,+\infty\right[.

9

Détermine lim⁡x→+∞ex−1ex+x\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{x}-1}{\mathrm{e}^{x}+x} puis lim⁡x→−∞ex−1ex+x\displaystyle\lim_{x\to-\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{x}-1}{\mathrm{e}^{x}+x}.

Voir le corrigé détaillé

En +∞+\infty. On factorise par ex\mathrm{e}^{x} au numérateur et au dénominateur.

  1. ex−1ex+x=ex(1−e−x)ex(1+x e−x)=1−e−x1+x e−x\dfrac{\mathrm{e}^{x}-1}{\mathrm{e}^{x}+x} = \dfrac{\mathrm{e}^{x}\left(1-\mathrm{e}^{-x}\right)}{\mathrm{e}^{x}\left(1+x\,\mathrm{e}^{-x}\right)} = \dfrac{1-\mathrm{e}^{-x}}{1+x\,\mathrm{e}^{-x}}
  2. quand x→+∞x\to+\infty : e−x→0\mathrm{e}^{-x}\to0 et x e−x→0x\,\mathrm{e}^{-x}\to0croissance comparée
  3. ⇒\Rightarrowex−1ex+x→1−01+0=1\dfrac{\mathrm{e}^{x}-1}{\mathrm{e}^{x}+x} \to \dfrac{1-0}{1+0} = 1

En −∞-\infty. Ici, pas besoin de factoriser : chaque terme a une limite connue.

  1. numérateur : ex−1→0−1=−1\mathrm{e}^{x}-1 \to 0-1 = -1
  2. dénominateur : ex+x→0+(−∞)=−∞\mathrm{e}^{x}+x \to 0+(-\infty) = -\infty
  3. ⇒\Rightarrowex−1ex+x→−1−∞=0\dfrac{\mathrm{e}^{x}-1}{\mathrm{e}^{x}+x} \to \dfrac{-1}{-\infty} = 0
Niveau 3 — Type bac
10

Restitution organisée de connaissances. On rappelle que, pour tout réel X>0X>0, ln⁡(X)⩽X−1\ln(X)\leqslant X-1.

  1. Démontre que, pour tout réel tt, et⩾1+t\mathrm{e}^{t}\geqslant1+t.
  2. En déduire que lim⁡x→+∞ex=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x}=+\infty.
Voir le corrigé détaillé

1. Soit tt un réel. Le nombre X=etX=\mathrm{e}^{t} est strictement positif, donc l'inégalité rappelée s'applique à XX.

  1. ln⁡(et)⩽et−1\ln\left(\mathrm{e}^{t}\right) \leqslant \mathrm{e}^{t}-1
  2. t⩽et−1t \leqslant \mathrm{e}^{t}-1car ln⁡(et)=t\ln(\mathrm{e}^{t})=t
  3. ⇒\Rightarrowet⩾t+1\mathrm{e}^{t} \geqslant t+1

L'inégalité est donc établie pour tout réel tt.

2.

  1. pour tout xx, ex⩾x+1\mathrm{e}^{x} \geqslant x+1question 1, avec t=xt=x
  2. lim⁡x→+∞(x+1)=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}(x+1) = +\infty
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞ex=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x} = +\inftythéorème de comparaison
11

On considère la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x e−xf(x)=x\,\mathrm{e}^{-x}.

  1. Détermine les limites de ff en −∞-\infty et en +∞+\infty. Interprète graphiquement le second résultat.
  2. Calcule f′(x)f'(x), étudie son signe, et dresse le tableau de variations de ff sur R\mathbb{R}.
  3. Détermine une équation de la tangente TT à la courbe de ff au point d'abscisse 00.
  4. Trace l'allure de la courbe de ff.
Voir le corrigé détaillé

1. Limites.

  1. en −∞-\infty, on pose X=−x→+∞X=-x\to+\infty : f(x)=x e−x=−X eXf(x) = x\,\mathrm{e}^{-x} = -X\,\mathrm{e}^{X}
  2. or X eX→+∞X\,\mathrm{e}^{X}\to+\infty quand X→+∞X\to+\inftyproduit de deux limites +∞+\infty
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→−∞f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x\to-\infty}f(x) = -\infty
  4. en +∞+\infty : f(x)=x e−x=xexf(x) = x\,\mathrm{e}^{-x} = \dfrac{x}{\mathrm{e}^{x}}
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞f(x)=0\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x) = 0croissance comparée

La droite d'équation y=0y=0 est donc asymptote horizontale à la courbe de ff en +∞+\infty.

2. Dérivée. f=uvf=uv avec u(x)=xu(x)=x, u′(x)=1u'(x)=1, v(x)=e−xv(x)=\mathrm{e}^{-x}, v′(x)=−e−xv'(x)=-\mathrm{e}^{-x}.

  1. f′(x)=1×e−x+x×(−e−x)f'(x) = 1\times\mathrm{e}^{-x} + x\times\left(-\mathrm{e}^{-x}\right)
  2. ==(1−x)e−x\left(1-x\right)\mathrm{e}^{-x}

Comme e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0 toujours, le signe de f′(x)f'(x) est celui de (1−x)(1-x) : positif sur ]−∞ ; 1[\left]-\infty\,;\,1\right[, nul en 11, négatif sur ]1 ; +∞[\left]1\,;\,+\infty\right[. f(1)=1×e−1=1ef(1) = 1\times\mathrm{e}^{-1} = \dfrac{1}{\mathrm{e}}.

xx−∞-\infty11+∞+\infty
signe de f′(x)f'(x)++00−-
variations de ff−∞-\infty↗1e\dfrac{1}{\mathrm{e}}↘00

3. Tangente en 00. f(0)=0×e0=0f(0)=0\times\mathrm{e}^{0}=0 ; f′(0)=(1−0) e0=1f'(0)=(1-0)\,\mathrm{e}^{0}=1.

  1. T:y=f(0)+f′(0)(x−0)T : y = f(0)+f'(0)(x-0)
  2. ==0+1×x0+1\times x
  3. ==xx

4. Courbe.

-1 0 1 2 3 4 5 -3 -2 -1 x y T : y = x max (1 ; 1e)\left(1\,;\,\frac{1}{\mathrm{e}}\right) (-1;-e) y → 0
Figure 6 — Courbe de f(x)=x e−xf(x)=x\,\mathrm{e}^{-x} : maximum en x=1x=1 (valeur 1/e1/\mathrm{e}), tangente T : y=xT\,:\,y=x à l'origine, asymptote horizontale y=0y=0 en +∞+\infty.
12

On considère f(x)=e2x−ex−2f(x)=\mathrm{e}^{2x}-\mathrm{e}^{x}-2, définie sur R\mathbb{R}.

  1. Résous dans R\mathbb{R} l'équation f(x)=0f(x)=0.
  2. Résous dans R\mathbb{R} l'inéquation f(x)⩽0f(x)\leqslant0.
  3. Que peux-tu en déduire sur la position relative des courbes de x↦e2xx\mapsto\mathrm{e}^{2x} et x↦ex+2x\mapsto\mathrm{e}^{x}+2 ?
Voir le corrigé détaillé

1. On pose X=ex>0X=\mathrm{e}^{x}>0.

  1. X2−X−2=0X^{2}-X-2=0
  2. Δ=(−1)2−4×1×(−2)=1+8=9\Delta=(-1)^{2}-4\times1\times(-2)=1+8=9
  3. ⇒\RightarrowX=1−32=−1X=\dfrac{1-3}{2}=-1 ou X=1+32=2X=\dfrac{1+3}{2}=2
  4. X=−1X=-1 rejetée ; X=2>0X=2>0 conservée
  5. ex=2  ⟺  x=ln⁡2\mathrm{e}^{x}=2 \iff x=\ln2

L'unique solution est x=ln⁡2x=\ln2.

2. X2−X−2=(X−2)(X+1)X^{2}-X-2=(X-2)(X+1) est négatif ou nul entre les racines : X2−X−2⩽0  ⟺  X∈[−1 ; 2]X^{2}-X-2\leqslant0 \iff X\in[-1\,;\,2]. Combiné à X=ex>0X=\mathrm{e}^{x}>0, il reste X∈]0 ; 2]X\in\left]0\,;\,2\right].

  1.   ⟺  \iffex⩽2\mathrm{e}^{x}\leqslant2
  2.   ⟺  \iffx⩽ln⁡2x\leqslant\ln2

L'ensemble des solutions est ]−∞ ; ln⁡2]\left]-\infty\,;\,\ln2\right].

3. f(x)⩽0f(x)\leqslant0 signifie e2x⩽ex+2\mathrm{e}^{2x}\leqslant\mathrm{e}^{x}+2. D'après la question 2, ceci a lieu exactement pour x⩽ln⁡2x\leqslant\ln2 : la courbe de x↦e2xx\mapsto\mathrm{e}^{2x} est donc en dessous de celle de x↦ex+2x\mapsto\mathrm{e}^{x}+2 sur ]−∞ ; ln⁡2]\left]-\infty\,;\,\ln2\right], les deux courbes se croisent au point d'abscisse ln⁡2\ln2, et la courbe de x↦e2xx\mapsto\mathrm{e}^{2x} repasse au-dessus ensuite.

13

Vrai ou faux ? Pour chacune des affirmations suivantes, indique si elle est vraie ou fausse, et justifie (par une démonstration ou un contre-exemple).

  1. Pour tout réel xx, ex>x\mathrm{e}^{x} > x.
  2. La fonction x↦e−xx\mapsto\mathrm{e}^{-x} est strictement croissante sur R\mathbb{R}.
  3. Pour tous réels aa et bb, ea+b=ea+eb\mathrm{e}^{a+b} = \mathrm{e}^{a}+\mathrm{e}^{b}.
  4. L'équation ex=−2\mathrm{e}^{x} = -2 admet une solution dans R\mathbb{R}.
  5. lim⁡x→+∞exx10=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{x}}{x^{10}} = +\infty.
Voir le corrigé détaillé

a. Vrai. On a démontré ex⩾x+1\mathrm{e}^{x}\geqslant x+1 pour tout réel xx (section 2). Comme x+1>xx+1>x toujours, on en déduit ex⩾x+1>x\mathrm{e}^{x}\geqslant x+1>x, donc ex>x\mathrm{e}^{x}>x pour tout réel xx.

b. Faux. La fonction x↦−xx\mapsto-x est décroissante, et exp⁡\exp est croissante : la composée x↦e−xx\mapsto\mathrm{e}^{-x} est donc décroissante sur R\mathbb{R}. Contre-exemple : e−0=1\mathrm{e}^{-0}=1 et e−1=1e≈0,368\mathrm{e}^{-1}=\dfrac{1}{\mathrm{e}}\approx0{,}368 ; quand xx passe de 00 à 11, e−x\mathrm{e}^{-x} diminue.

c. Faux. La propriété exacte est ea+b=ea×eb\mathrm{e}^{a+b}=\mathrm{e}^{a}\times\mathrm{e}^{b} (produit, non somme). Contre-exemple : pour a=b=0a=b=0, e0+0=e0=1\mathrm{e}^{0+0}=\mathrm{e}^{0}=1, alors que e0+e0=1+1=2≠1\mathrm{e}^{0}+\mathrm{e}^{0}=1+1=2\neq1.

d. Faux. Pour tout réel xx, ex>0\mathrm{e}^{x}>0 (section 1) : l'équation ex=−2\mathrm{e}^{x}=-2 n'a donc aucune solution, puisque −2<0-2<0.

e. Vrai. C'est la généralisation admise des croissances comparées (section 2) : pour tout entier n⩾1n\geqslant1, lim⁡x→+∞exxn=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{x}}{x^{n}}=+\infty. Ce résultat, démontré en cours pour n=1n=1 par un encadrement, s'étend à n=10n=10 : quelle que soit la puissance, l'exponentielle finit toujours par l'emporter.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

La population de Ndjaména. On modélise la population de Ndjaména (en milliers d'habitants) par P(t)=P0 ektP(t) = P_{0}\,\mathrm{e}^{kt}, où tt est le nombre d'années écoulées depuis 2010. En 2010, la population était d'environ 1 0001\,000 milliers d'habitants (un million), et en 2020 elle atteignait environ 1 5001\,500 milliers d'habitants.

  1. Donne la valeur de P0P_{0}.
  2. Montre que k=110ln⁡(1,5)k = \dfrac{1}{10}\ln(1{,}5).
  3. Calcule la population prévue par ce modèle en 2030 (valeur exacte, puis arrondie au millier).
  4. Détermine, par le calcul, l'année à partir de laquelle la population dépasserait 22 millions d'habitants selon ce modèle.
Voir le corrigé détaillé

1. P0=P(0)P_{0}=P(0) est la population en 2010 : P0=1 000P_{0}=1\,000 (en milliers).

2.

  1. P(10)=1 000 e10k=1 500P(10) = 1\,000\,\mathrm{e}^{10k} = 1\,500
  2.   ⟺  \iffe10k=1,5\mathrm{e}^{10k} = 1{,}5
  3.   ⟺  \iff10k=ln⁡(1,5)10k = \ln(1{,}5)
  4.   ⟺  \iffk=110ln⁡(1,5)k = \dfrac{1}{10}\ln(1{,}5)

3. En 2030, t=20=2×10t=20=2\times10 : on exploite e10k=1,5\mathrm{e}^{10k}=1{,}5 pour éviter tout arrondi intermédiaire.

  1. P(20)=1 000 e20k=1 000(e10k)2P(20) = 1\,000\,\mathrm{e}^{20k} = 1\,000\left(\mathrm{e}^{10k}\right)^{2}
  2. ==1 000×(1,5)21\,000\times(1{,}5)^{2}
  3. ==2 2502\,250 milliers d'habitants, soit 2,252{,}25 millions

4. On cherche tt tel que P(t)=2 000P(t)=2\,000.

  1. 1 000 ekt=2 0001\,000\,\mathrm{e}^{kt} = 2\,000
  2.   ⟺  \iffekt=2\mathrm{e}^{kt} = 2
  3.   ⟺  \ifft=ln⁡2k=10ln⁡2ln⁡1,5t = \dfrac{\ln2}{k} = \dfrac{10\ln2}{\ln1{,}5}

Numériquement, t≈10×0,69310,4055≈17,1t\approx\dfrac{10\times0{,}6931}{0{,}4055}\approx17{,}1 ans après 2010 : c'est au cours de l'année 2027 que la population dépasserait 22 millions d'habitants, selon ce modèle.

15

Imagerie médicale à Dakar. Dans un service de médecine nucléaire à Dakar, on utilise du technétium 99m pour un examen d'imagerie. Cet isotope radioactif a une demi-vie de 66 heures : la quantité N(t)N(t) (en MBq, mégabecquerels) présente après tt heures suit la loi N(t)=N0 e−λtN(t) = N_{0}\,\mathrm{e}^{-\lambda t}.

  1. À l'aide de la formule T1/2=ln⁡2λT_{1/2}=\dfrac{\ln2}{\lambda} établie en cours, calcule une valeur approchée de λ\lambda (en h−1^{-1}), au millième.
  2. Une dose initiale N0=800N_{0}=800 MBq est injectée. Calcule, par un calcul exact (sans arrondi intermédiaire), la quantité restante après 1212 heures.
  3. Détermine, par le calcul, au bout de combien d'heures la quantité de traceur devient strictement inférieure à 5050 MBq.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. λ=ln⁡2T1/2=ln⁡26\lambda = \dfrac{\ln2}{T_{1/2}} = \dfrac{\ln2}{6}
  2. ≈\approx0,69316\dfrac{0{,}6931}{6}
  3. ≈\approx0,116 h−10{,}116\ \text{h}^{-1}

2. On remarque que 12=2×612=2\times6 heures, soit deux demi-vies : e−6λ=12\mathrm{e}^{-6\lambda}=\dfrac{1}{2}.

  1. N(12)=800 e−12λ=800(e−6λ)2N(12) = 800\,\mathrm{e}^{-12\lambda} = 800\left(\mathrm{e}^{-6\lambda}\right)^{2}
  2. ==800×(12)2800\times\left(\dfrac{1}{2}\right)^{2}
  3. ==800×14800\times\dfrac{1}{4}
  4. ==200200 MBq

3. On cherche tt tel que N(t)<50N(t)<50.

  1. 800 e−λt<50800\,\mathrm{e}^{-\lambda t} < 50
  2.   ⟺  \iffe−λt<50800=116\mathrm{e}^{-\lambda t} < \dfrac{50}{800} = \dfrac{1}{16}
  3.   ⟺  \iff−λt<−ln⁡16-\lambda t < -\ln16ln⁡\ln croissant, ln⁡116=−ln⁡16\ln\dfrac{1}{16}=-\ln16
  4.   ⟺  \ifft>ln⁡16λ=4ln⁡2ln⁡2/6=4×6t > \dfrac{\ln16}{\lambda} = \dfrac{4\ln2}{\ln2/6} = 4\times6
  5.   ⟺  \ifft>24t>24

La quantité de traceur passe strictement sous 5050 MBq après 24 heures. On retrouve ce résultat plus directement en remarquant que 50=80016=8002450=\dfrac{800}{16}=\dfrac{800}{2^{4}} : il faut exactement 44 demi-vies, soit 4×6=244\times6=24 heures.

16

Une tasse de thé à Bamako. À Bamako, où la température ambiante est stable à 3030°C, un thé est servi à 9090°C. Sa température θ(t)\theta(t) (en °C), tt minutes après avoir été servi, vérifie la loi de refroidissement de Newton θ(t)=30+60 e−kt\theta(t) = 30 + 60\,\mathrm{e}^{-kt}, avec k>0k>0. On observe qu'après 1010 minutes, la température du thé est de 6060°C.

  1. Vérifie que θ(0)=90\theta(0)=90°C, et donne une interprétation du nombre 3030 dans l'expression de θ(t)\theta(t).
  2. Montre que k=110ln⁡2k = \dfrac{1}{10}\ln2.
  3. Calcule la température du thé après 2020 minutes (valeur exacte, sans arrondi intermédiaire).
  4. Le thé est bu lorsqu'il atteint 4040°C. Détermine, par le calcul, au bout de combien de minutes cela se produit (arrondis à la minute).
Voir le corrigé détaillé

1. θ(0)=30+60 e0=30+60=90\theta(0)=30+60\,\mathrm{e}^{0}=30+60=90°C : c'est bien la température de service. Le nombre 3030 est la température ambiante : c'est la limite de θ(t)\theta(t) quand t→+∞t\to+\infty, la température vers laquelle le thé se refroidit.

2.

  1. θ(10)=30+60 e−10k=60\theta(10) = 30+60\,\mathrm{e}^{-10k} = 60
  2.   ⟺  \iffe−10k=3060=12\mathrm{e}^{-10k} = \dfrac{30}{60} = \dfrac{1}{2}
  3.   ⟺  \iff−10k=ln⁡12=−ln⁡2-10k = \ln\dfrac{1}{2} = -\ln2
  4.   ⟺  \iffk=110ln⁡2k = \dfrac{1}{10}\ln2

3. 20=2×1020=2\times10 minutes : on réutilise e−10k=12\mathrm{e}^{-10k}=\dfrac{1}{2}.

  1. θ(20)=30+60 e−20k=30+60(e−10k)2\theta(20) = 30+60\,\mathrm{e}^{-20k} = 30+60\left(\mathrm{e}^{-10k}\right)^{2}
  2. ==30+60×1430+60\times\dfrac{1}{4}
  3. ==30+15=4530+15 = 45°C

4. On cherche tt tel que θ(t)=40\theta(t)=40.

  1. 30+60 e−kt=4030+60\,\mathrm{e}^{-kt} = 40
  2.   ⟺  \iffe−kt=1060=16\mathrm{e}^{-kt} = \dfrac{10}{60} = \dfrac{1}{6}
  3.   ⟺  \iff−kt=−ln⁡6-kt = -\ln6
  4.   ⟺  \ifft=ln⁡6k=10ln⁡6ln⁡2t = \dfrac{\ln6}{k} = \dfrac{10\ln6}{\ln2}

Numériquement, t≈10×1,79180,6931≈25,8t\approx\dfrac{10\times1{,}7918}{0{,}6931}\approx25{,}8 : le thé est buvable au bout d'environ 26 minutes.

17

Un placement à Montréal. Léa habite à Montréal. Elle place 2 0002\,000 $ dans un compte à intérêts composés en continu, au taux annuel de 3 %3\,\%. Le capital C(t)C(t), en dollars, après tt années, est modélisé par C(t)=2 000 e0,03tC(t) = 2\,000\,\mathrm{e}^{0{,}03t}.

  1. Calcule le capital après 55 ans (arrondi au dollar).
  2. Montre que le temps nécessaire pour que le capital double est T=ln⁡20,03T=\dfrac{\ln2}{0{,}03} années, puis donne une valeur approchée de TT à l'année près.
  3. Détermine, par le calcul, au bout de combien d'années le capital dépassera 3 0003\,000 $.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. C(5)=2 000 e0,03×5=2 000 e0,15C(5) = 2\,000\,\mathrm{e}^{0{,}03\times5} = 2\,000\,\mathrm{e}^{0{,}15}
  2. ≈\approx2 000×1,161832\,000\times1{,}16183
  3. ≈\approx2 3242\,324 $

2. Le capital double lorsque C(t)=2×2 000=4 000C(t)=2\times2\,000=4\,000.

  1. 2 000 e0,03t=4 0002\,000\,\mathrm{e}^{0{,}03t} = 4\,000
  2.   ⟺  \iffe0,03t=2\mathrm{e}^{0{,}03t} = 2
  3.   ⟺  \iff0,03t=ln⁡20{,}03t = \ln2
  4.   ⟺  \ifft=ln⁡20,03=Tt = \dfrac{\ln2}{0{,}03} = T

Numériquement, T≈0,69310,03≈23T\approx\dfrac{0{,}6931}{0{,}03}\approx23 ans.

3. On cherche tt tel que C(t)>3 000C(t)>3\,000.

  1. 2 000 e0,03t>3 0002\,000\,\mathrm{e}^{0{,}03t} > 3\,000
  2.   ⟺  \iffe0,03t>1,5\mathrm{e}^{0{,}03t} > 1{,}5
  3.   ⟺  \iff0,03t>ln⁡1,50{,}03t > \ln1{,}5
  4.   ⟺  \ifft>ln⁡1,50,03≈13,5t > \dfrac{\ln1{,}5}{0{,}03} \approx 13{,}5

Le capital dépasse 3 0003\,000 $ à partir de la 14e année de placement.

Teste-toi gratuitement

📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

Coche une réponse par question, puis clique sur « Vérifier mes réponses » : tu obtiens ta note sur 20 avec la correction détaillée de chaque question.

La fonction exponentielle, notée exp⁡\exp, est définie comme :

Explication : Par définition, exp⁡\exp est la fonction réciproque de ln⁡\ln : pour tout réel xx et tout y>0y>0, y=exp⁡(x)  ⟺  x=ln⁡(y)y=\exp(x) \iff x=\ln(y).

Quel est l'ensemble de définition et l'ensemble des valeurs de la fonction x↦exx \mapsto \mathrm{e}^{x} ?

Explication : C'est l'inverse de ln⁡\ln, qui est définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ à valeurs dans R\mathbb{R} : exp⁡\exp est donc définie sur R\mathbb{R} tout entier, à valeurs strictement positives.

Que valent e0\mathrm{e}^{0} et e1\mathrm{e}^{1} ?

Explication : Comme ln⁡(1)=0\ln(1)=0, on a e0=1\mathrm{e}^{0}=1 ; comme ln⁡(e)=1\ln(\mathrm{e})=1 par définition du nombre e\mathrm{e}, on a e1=e\mathrm{e}^{1}=\mathrm{e}.

Pour tout réel xx, la dérivée de la fonction x↦exx \mapsto \mathrm{e}^{x} est :

Explication : L'exponentielle est, à un facteur près, la seule fonction égale à sa propre dérivée : (ex)′=ex\left(\mathrm{e}^{x}\right)' = \mathrm{e}^{x} pour tout réel xx.

Que valent lim⁡x→+∞ex\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x} et lim⁡x→−∞ex\displaystyle\lim_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{x} ?

Explication : lim⁡x→+∞ex=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{x}=+\infty et lim⁡x→−∞ex=0\displaystyle\lim_{x\to-\infty}\mathrm{e}^{x}=0 (limite 0+0^+, car ex>0\mathrm{e}^x>0 toujours) : la droite y=0y=0 est asymptote horizontale en −∞-\infty.

Pour tout réel xx, quel est le signe de ex\mathrm{e}^{x} ?

Explication : Pour tout réel xx, ex>0\mathrm{e}^{x}>0 : l'exponentielle ne s'annule jamais et n'est jamais négative, même pour xx très négatif.

Simplifie A=e4x×e−x+1A = \mathrm{e}^{4x} \times \mathrm{e}^{-x+1} pour tout réel xx.

Explication : ea×eb=ea+b\mathrm{e}^{a}\times\mathrm{e}^{b}=\mathrm{e}^{a+b}, donc A=e4x+(−x+1)=e3x+1A = \mathrm{e}^{4x+(-x+1)} = \mathrm{e}^{3x+1}.

Pour uu une fonction dérivable, la dérivée de x↦eu(x)x \mapsto \mathrm{e}^{u(x)} est :

Explication : C'est la formule de dérivation d'une composée appliquée à l'exponentielle : (eu)′=u′×eu\left(\mathrm{e}^{u}\right)' = u' \times \mathrm{e}^{u}. Oublier le facteur u′u' est l'erreur la plus fréquente.

Quelle est la dérivée de f(x)=e−3x+2f(x) = \mathrm{e}^{-3x+2} ?

Explication : Ici u(x)=−3x+2u(x)=-3x+2, donc u′(x)=−3u'(x)=-3, et f′(x)=u′(x) eu(x)=−3 e−3x+2f'(x) = u'(x)\,\mathrm{e}^{u(x)} = -3\,\mathrm{e}^{-3x+2}.

Sur R\mathbb{R}, le sens de variation de la fonction exponentielle est :

Explication : Comme (ex)′=ex>0\left(\mathrm{e}^x\right)'=\mathrm{e}^x>0 pour tout xx, la fonction exponentielle est strictement croissante sur R\mathbb{R} tout entier.

Résous dans R\mathbb{R} l'équation e3x−2=ex+4\mathrm{e}^{3x-2} = \mathrm{e}^{x+4}.

Explication : Par injectivité de l'exponentielle :
3x−2=x+43x-2 = x+4
2x=62x = 6
x=3x=3.

Résous dans R\mathbb{R} l'équation e2x+1=5\mathrm{e}^{2x+1} = 5.

Explication : Comme 5>05>0, on compose par ln⁡\ln :
2x+1=ln⁡52x+1 = \ln 5
x=ln⁡5−12x = \dfrac{\ln 5 - 1}{2}.

L'équation ex2+1=−2\mathrm{e}^{x^{2}+1} = -2 admet, dans R\mathbb{R} :

Explication : Le membre de droite est négatif, or eu(x)\mathrm{e}^{u(x)} est toujours strictement positif : cette équation n'a aucune solution, inutile de chercher plus loin.

Pour résoudre e2x−3 ex−4=0\mathrm{e}^{2x} - 3\,\mathrm{e}^{x} - 4 = 0, on pose X=exX = \mathrm{e}^{x}. On trouve les racines X=−1X=-1 et X=4X=4 de l'équation du second degré. Quelle est la conclusion ?

Explication : On impose X=ex>0X=\mathrm{e}^{x}>0 : la racine X=−1X=-1 est à rejeter, ne correspondant à aucun réel xx. Seule X=4X=4 convient, d'où x=ln⁡4x=\ln 4.

Pour aa un réel strictement positif et xx réel quelconque, la puissance axa^{x} est définie par :

Explication : Pour a>0a>0, on pose par définition ax=exln⁡aa^{x} = \mathrm{e}^{x\ln a} ; cette écriture exige a>0a>0, sinon ln⁡a\ln a n'existe pas.

Pour 0<a<10 < a < 1, la fonction x↦axx \mapsto a^{x} est :

Explication : (ax)′=ln⁡a×ax\left(a^{x}\right)' = \ln a \times a^{x}, et comme ax>0a^{x}>0 toujours, le signe de la dérivée est celui de ln⁡a\ln a. Pour 0<a<10<a<1, ln⁡a<0\ln a<0 : la fonction est strictement décroissante.

En +∞+\infty, que peut-on dire de la comparaison entre ex\mathrm{e}^{x} et x3x^{3} (croissances comparées) ?

Explication : Les croissances comparées donnent lim⁡x→+∞exxn=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{x}}{x^{n}}=+\infty pour tout entier nn : l'exponentielle finit toujours par dépasser durablement n'importe quelle puissance de xx, même si celle-ci part plus vite au début.

Une population de bactéries suit le modèle P(t)=P0 ektP(t) = P_{0}\,\mathrm{e}^{kt} avec k>0k > 0 et tt en heures. Que représente le signe positif de kk ?

Explication : Dans le modèle y′=kyy'=ky, la constante k>0k>0 traduit une croissance (comme une population ou un capital), alors que k<0k<0 traduit une décroissance (radioactivité, refroidissement).

Un capital C0=100 000C_{0} = 100\,000 francs CFA est placé à intérêts composés en continu au taux annuel rr, avec C(t)=C0 ertC(t) = C_{0}\,\mathrm{e}^{rt}. Quelle équation permet de déterminer le taux rr sachant que C(1)=105 000C(1) = 105\,000 francs CFA ?

Explication : On résout 100 000 er=105 000100\,000\,\mathrm{e}^{r} = 105\,000, soit er=105 000100 000=1,05\mathrm{e}^{r} = \dfrac{105\,000}{100\,000} = 1{,}05, d'où r=ln⁡(1,05)r = \ln(1{,}05), la méthode générale étant k=1t1ln⁡ ⁣(y(t1)y0)k=\dfrac{1}{t_1}\ln\!\left(\dfrac{y(t_1)}{y_0}\right).

Une matière radioactive suit N(t)=N0 e−λtN(t) = N_{0}\,\mathrm{e}^{-\lambda t}, avec λ>0\lambda>0. Quelle est l'expression de la demi-vie T1/2T_{1/2}, durée au bout de laquelle N(T1/2)=N02N(T_{1/2}) = \dfrac{N_{0}}{2} ?

Explication : On résout e−λT1/2=12\mathrm{e}^{-\lambda T_{1/2}} = \dfrac{1}{2}, soit −λT1/2=−ln⁡2-\lambda T_{1/2} = -\ln 2, d'où T1/2=ln⁡2λT_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{\lambda}, indépendante de N0N_0.
S'inscrire