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Fonction logarithme népérien

Définir ln, établir ses propriétés et l'utiliser en calcul et en étude de fonctions.

Mathématiques Terminale Chapitre 4 / 19 ⏱ 11 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Utiliser les propriétés algébriques de ln
  • Résoudre équations et inéquations avec ln
  • Étudier une fonction contenant un logarithme

Depuis la classe de Première, tu sais étudier des fonctions construites à partir de puissances, de polynômes, de quotients : tu calcules une dérivée, tu dresses un tableau de variations, tu traces une courbe. Ce chapitre change la donne. Tu vas rencontrer une fonction d'une nature entièrement nouvelle, la fonction logarithme népérien, notée ln⁡\ln, qui n'est ni un polynôme, ni une fraction rationnelle : elle est définie directement à partir de son nombre dérivé. C'est ta première rencontre avec une fonction construite « à l'envers », comme primitive d'une fonction connue.

Cette fonction est partout : le pH d'une solution en chimie, la magnitude d'un séisme sur l'échelle de Richter, le niveau sonore en décibels, le nombre d'années nécessaires pour qu'un capital double, le nombre de chiffres d'un très grand entier utilisé en cryptographie : dans tous ces cas, on « compresse » des nombres qui varient sur une immense plage en une échelle lisible, et c'est exactement ce que fait ln⁡\ln. Au baccalauréat, ce chapitre est l'un des plus exploités : étude de fonction, équation, inéquation, ROC (restitution organisée de connaissances) y prennent presque toujours appui sur ln⁡\ln.

La nouveauté méthodologique est de taille : pour démontrer les propriétés de ln⁡\ln, tu ne factoriseras pas une expression, tu étudieras une fonction auxiliaire — un raisonnement que tu vas retrouver sans cesse cette année. Tu verras aussi apparaître un nombre fondamental, e\mathrm{e}, qui joue pour ln⁡\ln le rôle que joue 11 pour l'addition, et tu découvriras que ln⁡\ln grandit vers +∞+\infty, mais infiniment plus lentement que n'importe quelle puissance de xx : c'est la notion de croissance comparée, un classique absolu du bac.

Le chapitre suit un fil précis : définir ln⁡\ln et maîtriser son calcul algébrique, étudier ses limites, dériver des fonctions qui la contiennent, dresser son tableau de variations complet, résoudre équations et inéquations, puis découvrir sa cousine pratique, le logarithme décimal, et ses applications concrètes. Prends ton temps sur les démonstrations : elles reviennent presque à l'identique dans chaque type d'exercice.

1Définition et propriétés algébriques

Commençons par le commencement : que veut dire exactement ln⁡\ln, et pourquoi une simple définition suffit-elle à reconstruire toutes les règles de calcul que tu connais peut-être déjà par cœur ?

1.1  Définition de la fonction logarithme népérien

Définition

La fonction x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x} est continue sur ]0;+∞[\left]0 ; +\infty\right[ ; elle admet donc des primitives sur cet intervalle (théorème admis, vu en cours sur les primitives). On appelle fonction logarithme népérien, notée ln⁡\ln, l'unique primitive sur ]0;+∞[\left]0 ; +\infty\right[ de x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x} qui s'annule en 11.

Autrement dit, ln⁡\ln est dérivable sur ]0;+∞[\left]0 ; +\infty\right[ et, pour tout x>0x > 0 :

ln⁡′(x)=1xetln⁡(1)=0\ln'(x) = \dfrac{1}{x} \qquad \text{et} \qquad \ln(1) = 0

Cette définition tient en deux lignes, mais elle contient déjà tout : le domaine (ln⁡\ln n'existe que pour xx strictement positif, aucun sens à donner à ln⁡(0)\ln(0) ou à ln⁡(−2)\ln(-2)), le nombre dérivé et une valeur particulière.

Propriété — sens de variation

La fonction ln⁡\ln est strictement croissante sur ]0;+∞[\left]0 ; +\infty\right[.

En effet, pour tout x>0x > 0, ln⁡′(x)=1x>0\ln'(x) = \dfrac{1}{x} > 0 : le nombre dérivé est strictement positif sur tout l'intervalle, donc ln⁡\ln est strictement croissante (théorème connu depuis le chapitre sur la dérivation).

Exemple — signe de ln⁡(x)\ln(x) selon les valeurs de xx

Comme ln⁡\ln est strictement croissante et que ln⁡(1)=0\ln(1) = 0, on compare simplement chaque nombre à 11.

  1. si 0<x<10 < x < 1 : ln⁡(x)<ln⁡(1)\ln(x) < \ln(1)ln⁡\ln croissante
  2. ⇒\Rightarrowln⁡(x)<0\ln(x) < 0
  3. si x=1x = 1 : ln⁡(x)=0\ln(x) = 0
  4. si x>1x > 1 : ln⁡(x)>ln⁡(1)\ln(x) > \ln(1)
  5. ⇒\Rightarrowln⁡(x)>0\ln(x) > 0

1.2  Relation fonctionnelle fondamentale

Voici la propriété qui justifie le nom de « logarithme » : elle transforme un produit en somme, exactement ce qui rendait cette fonction si précieuse avant l'invention des calculatrices.

Théorème

Pour tous réels a>0a > 0 et b>0b > 0 :

ln⁡(ab)=ln⁡(a)+ln⁡(b)\ln(ab) = \ln(a) + \ln(b)

Démonstration

Soit a>0a > 0 fixé. On définit sur ]0;+∞[\left]0 ; +\infty\right[ la fonction auxiliaire φ(x)=ln⁡(ax)−ln⁡(x)\varphi(x) = \ln(ax) - \ln(x). La fonction x↦axx \mapsto ax est dérivable et strictement positive sur ]0;+∞[\left]0 ; +\infty\right[, donc φ\varphi est dérivable comme somme de fonctions dérivables, et :

  1. φ′(x)=a×ln⁡′(ax)−ln⁡′(x)\varphi'(x) = a \times \ln'(ax) - \ln'(x)dérivée de x↦ln⁡(ax)x \mapsto \ln(ax), composée
  2. ==a×1ax−1xa \times \dfrac{1}{ax} - \dfrac{1}{x}
  3. ==1x−1x\dfrac{1}{x} - \dfrac{1}{x}
  4. ==00

La fonction φ\varphi a une dérivée nulle sur l'intervalle ]0;+∞[\left]0 ; +\infty\right[ : elle est donc constante sur cet intervalle. Sa valeur constante s'obtient en l'évaluant en x=1x = 1 :

  1. φ(1)=ln⁡(a×1)−ln⁡(1)\varphi(1) = \ln(a \times 1) - \ln(1)
  2. ==ln⁡(a)−0\ln(a) - 0
  3. ==ln⁡(a)\ln(a)

Donc, pour tout x>0x > 0, φ(x)=ln⁡(a)\varphi(x) = \ln(a), c'est-à-dire ln⁡(ax)−ln⁡(x)=ln⁡(a)\ln(ax) - \ln(x) = \ln(a). En choisissant x=bx = b, on obtient ln⁡(ab)−ln⁡(b)=ln⁡(a)\ln(ab) - \ln(b) = \ln(a), soit ln⁡(ab)=ln⁡(a)+ln⁡(b)\ln(ab) = \ln(a) + \ln(b). C.Q.F.D.

Exemple — utiliser la relation fonctionnelle

Sachant que ln⁡(2)≈0,693\ln(2) \approx 0{,}693 et ln⁡(3)≈1,099\ln(3) \approx 1{,}099, donne une valeur approchée de ln⁡(6)\ln(6), puis simplifie B=ln⁡(4)+ln⁡(25)B = \ln(4) + \ln(25).

  1. ln⁡(6)=ln⁡(2×3)=ln⁡(2)+ln⁡(3)\ln(6) = \ln(2 \times 3) = \ln(2) + \ln(3)
  2. ≈\approx0,693+1,0990{,}693 + 1{,}099
  3. ≈\approx1,7921{,}792
  4. B=ln⁡(4)+ln⁡(25)=ln⁡(4×25)B = \ln(4) + \ln(25) = \ln(4 \times 25)
  5. ==ln⁡(100)\ln(100)

1.3  Conséquences algébriques

Propriété

Pour tous réels a>0a > 0, b>0b > 0 et tout entier relatif nn :

ln⁡(1a)=−ln⁡(a)ln⁡(ab)=ln⁡(a)−ln⁡(b)\ln\left(\dfrac{1}{a}\right) = -\ln(a) \qquad \ln\left(\dfrac{a}{b}\right) = \ln(a) - \ln(b)

ln⁡(an)=nln⁡(a)ln⁡(a)=12ln⁡(a)\ln\left(a^{n}\right) = n\ln(a) \qquad \ln\left(\sqrt{a}\right) = \dfrac{1}{2}\ln(a)

Démonstration

Inverse. D'après le théorème précédent appliqué à aa et 1a\dfrac{1}{a} : ln⁡ ⁣(a×1a)=ln⁡(a)+ln⁡ ⁣(1a)\ln\!\left(a \times \dfrac{1}{a}\right) = \ln(a) + \ln\!\left(\dfrac{1}{a}\right), soit ln⁡(1)=ln⁡(a)+ln⁡ ⁣(1a)\ln(1) = \ln(a) + \ln\!\left(\dfrac{1}{a}\right). Comme ln⁡(1)=0\ln(1) = 0, on isole ln⁡ ⁣(1a)=−ln⁡(a)\ln\!\left(\dfrac{1}{a}\right) = -\ln(a).

Quotient. On écrit ab=a×1b\dfrac{a}{b} = a \times \dfrac{1}{b}, puis on applique les deux résultats déjà connus : ln⁡ ⁣(ab)=ln⁡(a)+ln⁡ ⁣(1b)=ln⁡(a)−ln⁡(b)\ln\!\left(\dfrac{a}{b}\right) = \ln(a) + \ln\!\left(\dfrac{1}{b}\right) = \ln(a) - \ln(b).

Puissance entière. Pour n∈N∗n \in \mathbb{N}^{*}, on applique n−1n - 1 fois la relation fonctionnelle à ln⁡(a×a×⋯×a)\ln(a \times a \times \cdots \times a) (récurrence immédiate) : ln⁡(an)=nln⁡(a)\ln(a^{n}) = n\ln(a). Pour n=0n = 0, a0=1a^{0} = 1 et ln⁡(1)=0=0×ln⁡(a)\ln(1) = 0 = 0 \times \ln(a) : la formule reste vraie. Pour nn entier négatif, n=−pn = -p avec p∈N∗p \in \mathbb{N}^{*}, et ln⁡(a−p)=ln⁡ ⁣(1ap)=−ln⁡(ap)=−pln⁡(a)\ln(a^{-p}) = \ln\!\left(\dfrac{1}{a^{p}}\right) = -\ln(a^{p}) = -p\ln(a) : la formule s'étend à tout n∈Zn \in \mathbb{Z}.

Racine carrée. Comme (a)2=a\left(\sqrt{a}\right)^{2} = a, on applique ln⁡\ln aux deux membres et la formule de puissance avec n=2n = 2 : ln⁡(a)=ln⁡ ⁣((a)2)=2ln⁡ ⁣(a)\ln(a) = \ln\!\left(\left(\sqrt{a}\right)^{2}\right) = 2\ln\!\left(\sqrt{a}\right), d'où ln⁡ ⁣(a)=12ln⁡(a)\ln\!\left(\sqrt{a}\right) = \dfrac{1}{2}\ln(a).

Exemple — combiner les propriétés

Simplifie C=2ln⁡(3)+ln⁡(2)−ln⁡(18)C = 2\ln(3) + \ln(2) - \ln(18), puis exprime ln⁡(72)\ln(72) en fonction de ln⁡(2)\ln(2) et ln⁡(3)\ln(3).

  1. 2ln⁡(3)=ln⁡(32)=ln⁡(9)2\ln(3) = \ln\left(3^{2}\right) = \ln(9)
  2. C=ln⁡(9)+ln⁡(2)−ln⁡(18)C = \ln(9) + \ln(2) - \ln(18)
  3. ==ln⁡(9×2)−ln⁡(18)\ln(9 \times 2) - \ln(18)
  4. ==ln⁡(18)−ln⁡(18)\ln(18) - \ln(18)
  5. ==00
  1. 72=23×3272 = 2^{3} \times 3^{2}
  2. ln⁡(72)=ln⁡(23)+ln⁡(32)\ln(72) = \ln\left(2^{3}\right) + \ln\left(3^{2}\right)
  3. ==3ln⁡(2)+2ln⁡(3)3\ln(2) + 2\ln(3)≈3(0,693)+2(1,099)≈4,277\approx 3(0{,}693) + 2(1{,}099) \approx 4{,}277
Attention

Deux pièges classiques du bac. D'abord, il n'existe aucune formule pour ln⁡(a+b)\ln(a+b) : ln⁡(1+1)=ln⁡(2)≈0,693\ln(1+1) = \ln(2) \approx 0{,}693 alors que ln⁡(1)+ln⁡(1)=0\ln(1) + \ln(1) = 0. Ne « distribue » jamais ln⁡\ln sur une somme.

Ensuite, la relation ln⁡(ab)=ln⁡(a)+ln⁡(b)\ln(ab) = \ln(a) + \ln(b) exige a>0a > 0 et b>0b > 0 séparément — pas seulement ab>0ab > 0. Par exemple a=−2a = -2 et b=−3b = -3 donnent ab=6>0ab = 6 > 0, donc ln⁡(6)\ln(6) existe bien, mais ln⁡(a)\ln(a) et ln⁡(b)\ln(b) n'existent pas : on ne peut donc pas écrire ln⁡(6)=ln⁡(−2)+ln⁡(−3)\ln(6) = \ln(-2) + \ln(-3). Tu retrouveras ce piège, sous une autre forme, dans les équations de la section 5 : toujours déterminer le domaine avant de manipuler une expression contenant ln⁡\ln.

Math & Co — Neper et la naissance des logarithmes

En 16141614, l'Écossais John Napier (francisé en « Neper »), baron de Merchiston, publie à Édimbourg Mirifici Logarithmorum Canonis Descriptio (« Description de la merveilleuse règle des logarithmes »). Son idée est révolutionnaire pour l'époque : construire une correspondance qui transforme tout produit de deux grands nombres en une simple somme. Pour les astronomes et les navigateurs du XVIIe siècle, qui multipliaient à la main des nombres à sept ou huit chiffres, ce fut un gain de temps immense — l'astronome Pierre-Simon Laplace dira plus tard que les logarithmes, « en abrégeant les calculs, doublèrent la vie des astronomes ».

Le logarithme de Neper n'était pas exactement notre ln⁡\ln actuel (il le définissait à partir d'un problème de cinématique, sans notion de primitive), mais l'idée essentielle — remplacer un produit par une somme — est restée. C'est cette même idée que tu viens de démontrer proprement avec les outils de la Terminale : la fonction auxiliaire et la dérivée.

2Limites et croissance comparée

Maintenant que le calcul algébrique est maîtrisé, il faut comprendre comment ln⁡\ln se comporte aux bornes de son domaine — et surtout, comparer sa vitesse de croissance à celle des fonctions puissances, un point que le bac interroge presque systématiquement.

2.1  Limites aux bornes

Théorème

lim⁡x→+∞ln⁡(x)=+∞lim⁡x→0+ln⁡(x)=−∞\lim_{x \to +\infty} \ln(x) = +\infty \qquad \qquad \lim_{x \to 0^{+}} \ln(x) = -\infty

Démonstration

En +∞+\infty. Comme 2>12 > 1 et que ln⁡\ln est strictement croissante avec ln⁡(1)=0\ln(1) = 0, on a ln⁡(2)>0\ln(2) > 0. D'après la formule des puissances, pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} : ln⁡(2n)=nln⁡(2)\ln\left(2^{n}\right) = n\ln(2). Puisque ln⁡(2)>0\ln(2) > 0, la suite nln⁡(2)n\ln(2) tend vers +∞+\infty : pour tout réel MM, il existe un entier nn tel que nln⁡(2)>Mn\ln(2) > M. Comme ln⁡\ln est croissante, pour tout x⩾2nx \geqslant 2^{n}, ln⁡(x)⩾ln⁡(2n)=nln⁡(2)>M\ln(x) \geqslant \ln\left(2^{n}\right) = n\ln(2) > M. Ceci étant vrai pour tout MM, on conclut lim⁡x→+∞ln⁡(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \ln(x) = +\infty.

En 0+0^{+}. On pose X=1xX = \dfrac{1}{x} : quand x→0+x \to 0^{+}, X→+∞X \to +\infty. Or ln⁡(x)=ln⁡ ⁣(1X)=−ln⁡(X)\ln(x) = \ln\!\left(\dfrac{1}{X}\right) = -\ln(X). D'après le premier résultat, ln⁡(X)→+∞\ln(X) \to +\infty quand X→+∞X \to +\infty, donc −ln⁡(X)→−∞-\ln(X) \to -\infty. Par composition des limites, lim⁡x→0+ln⁡(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \ln(x) = -\infty. C.Q.F.D.

Exemple — limite d'une fonction composée

Calcule lim⁡x→(53)+ln⁡(3x−5)\displaystyle\lim_{x \to \left(\frac{5}{3}\right)^{+}} \ln(3x - 5).

  1. on pose u(x)=3x−5u(x) = 3x - 5
  2. u(x)→0+u(x) \to 0^{+} quand x→(53)+x \to \left(\dfrac{5}{3}\right)^{+}uu affine croissante, u(53)=0u\left(\frac{5}{3}\right)=0
  3. ⇒\Rightarrowln⁡(3x−5)→−∞\ln(3x-5) \to -\inftycomposition avec lim⁡X→0+ln⁡X=−∞\lim_{X \to 0^{+}} \ln X = -\infty

2.2  Limite de référence en 00

Propriété — limite de référence

lim⁡x→0ln⁡(1+x)x=1\lim_{x \to 0} \dfrac{\ln(1+x)}{x} = 1

Démonstration

Cette limite n'est autre que le nombre dérivé de ln⁡\ln en 11, écrit avec la définition du taux d'accroissement :

  1. ln⁡′(1)=lim⁡h→0ln⁡(1+h)−ln⁡(1)h\ln'(1) = \displaystyle\lim_{h \to 0} \dfrac{\ln(1+h) - \ln(1)}{h}
  2. ==lim⁡h→0ln⁡(1+h)h\displaystyle\lim_{h \to 0} \dfrac{\ln(1+h)}{h}ln⁡(1)=0\ln(1) = 0

Or ln⁡′(x)=1x\ln'(x) = \dfrac{1}{x}, donc ln⁡′(1)=1\ln'(1) = 1. En renommant hh en xx, on obtient lim⁡x→0ln⁡(1+x)x=1\displaystyle\lim_{x \to 0} \dfrac{\ln(1+x)}{x} = 1. C.Q.F.D.

Exemple — appliquer la limite de référence

Calcule lim⁡x→0ln⁡(1+5x)x\displaystyle\lim_{x \to 0} \dfrac{\ln(1+5x)}{x}.

  1. on pose t=5xt = 5x ; quand x→0x \to 0, t→0t \to 0
  2. ln⁡(1+5x)x=5×ln⁡(1+t)t\dfrac{\ln(1+5x)}{x} = 5 \times \dfrac{\ln(1+t)}{t}
  3. →\to5×15 \times 1limite de référence
  4. ==55

2.3  Croissance comparée en +∞+\infty

ln⁡(x)\ln(x) tend vers +∞+\infty, mais on va voir qu'il le fait extrêmement lentement : plus lentement que xx, et même que x\sqrt{x}.

Propriété

Pour tout x>0x > 0 : ln⁡(x)⩽x−1\ln(x) \leqslant x - 1, avec égalité si et seulement si x=1x = 1.

Démonstration

On étudie la fonction auxiliaire g(x)=x−1−ln⁡(x)g(x) = x - 1 - \ln(x) sur ]0;+∞[\left]0 ; +\infty\right[.

  1. g′(x)=1−1x=x−1xg'(x) = 1 - \dfrac{1}{x} = \dfrac{x-1}{x}
  2. pour 0<x<10 < x < 1 : x−1<0x - 1 < 0 et x>0x > 0, donc g′(x)<0g'(x) < 0
  3. pour x>1x > 1 : x−1>0x - 1 > 0, donc g′(x)>0g'(x) > 0

gg est donc strictement décroissante sur ]0;1]\left]0;1\right] puis strictement croissante sur [1;+∞[\left[1;+\infty\right[ : elle admet un minimum en x=1x = 1, qui vaut g(1)=1−1−ln⁡(1)=0g(1) = 1 - 1 - \ln(1) = 0. Donc, pour tout x>0x > 0, g(x)⩾0g(x) \geqslant 0, c'est-à-dire x−1−ln⁡(x)⩾0x - 1 - \ln(x) \geqslant 0, soit ln⁡(x)⩽x−1\ln(x) \leqslant x - 1, avec égalité uniquement au minimum, en x=1x = 1. C.Q.F.D.

La courbe de ln reste toujours en dessous de la droite y = x − 1 -11234 -3-2-11230 xy y = ln x y = x − 1 (1 ; 0) Pour tout x > 0 : ln x ⩽ x − 1, avec égalité seulement en x = 1
Figure 1 — La courbe de ln⁡\ln est entièrement située sous la droite y=x−1y = x - 1, qui est la tangente à la courbe au point d'abscisse 11 ; les deux courbes se touchent uniquement en ce point.
Théorème — croissance comparée en +∞+\infty

lim⁡x→+∞ln⁡(x)x=0\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\ln(x)}{x} = 0

Démonstration

Pour tout x>0x > 0, on applique la propriété précédente à x\sqrt{x} : ln⁡ ⁣(x)⩽x−1<x\ln\!\left(\sqrt{x}\right) \leqslant \sqrt{x} - 1 < \sqrt{x}. Or ln⁡ ⁣(x)=12ln⁡(x)\ln\!\left(\sqrt{x}\right) = \dfrac{1}{2}\ln(x), donc 12ln⁡(x)<x\dfrac{1}{2}\ln(x) < \sqrt{x}, c'est-à-dire ln⁡(x)<2x\ln(x) < 2\sqrt{x}.

Pour x>0x > 0, on divise cette inégalité par x>0x > 0 (le sens est conservé) :

  1. 0<ln⁡(x)x<2xx=2x0 < \dfrac{\ln(x)}{x} < \dfrac{2\sqrt{x}}{x} = \dfrac{2}{\sqrt{x}}pour x⩾1x \geqslant 1, ln⁡(x)⩾0\ln(x)\geqslant 0
  2. lim⁡x→+∞2x=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{2}{\sqrt{x}} = 0
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞ln⁡(x)x=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\ln(x)}{x} = 0théorème des gendarmes

On admet — la démonstration se fait par un changement de variable analogue — que ce résultat se généralise : pour tout entier n⩾1n \geqslant 1,

lim⁡x→+∞ln⁡(x)xn=0etlim⁡x→+∞(ln⁡(x))nx=0\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\ln(x)}{x^{n}} = 0 \qquad \text{et} \qquad \lim_{x \to +\infty} \dfrac{\left(\ln(x)\right)^{n}}{x} = 0

Autrement dit : en +∞+\infty, xx l'emporte toujours sur ln⁡(x)\ln(x), quelle que soit la puissance de ln⁡(x)\ln(x) au numérateur ou la puissance de xx au dénominateur.

Croissances comparées : x l'emporte sur √x, qui l'emporte sur ln x 246810 -22460 xy y = xy = √xy = ln x
Figure 2 — Sur ]0;10]\left]0 ; 10\right], la droite y=xy=x domine largement la courbe y=xy=\sqrt{x}, elle-même largement au-dessus de y=ln⁡(x)y = \ln(x) : plus l'échelle s'agrandit, plus l'écart se creuse.
Exemple — croissances comparées en +∞+\infty

Calcule lim⁡x→+∞(ln⁡x)2x\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\left(\ln x\right)^{2}}{x} et lim⁡x→+∞(x−ln⁡x)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(x - \ln x\right).

  1. lim⁡x→+∞(ln⁡x)2x=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\left(\ln x\right)^{2}}{x} = 0croissance comparée, cas n=2n=2 au numérateur
  2. x−ln⁡x=x(1−ln⁡xx)x - \ln x = x\left(1 - \dfrac{\ln x}{x}\right)
  3. ln⁡xx→0\dfrac{\ln x}{x} \to 0 donc 1−ln⁡xx→11 - \dfrac{\ln x}{x} \to 1
  4. ⇒\Rightarrowx−ln⁡x→+∞×1=+∞x - \ln x \to +\infty \times 1 = +\inftyproduit de limites

2.4  Croissance comparée en 0+0^{+}

Théorème — croissance comparée en 0+0^{+}

lim⁡x→0+xln⁡(x)=0\lim_{x \to 0^{+}} x\ln(x) = 0

Démonstration

On pose X=1xX = \dfrac{1}{x} : quand x→0+x \to 0^{+}, X→+∞X \to +\infty.

  1. xln⁡(x)=1Xln⁡ ⁣(1X)x\ln(x) = \dfrac{1}{X}\ln\!\left(\dfrac{1}{X}\right)
  2. ==1X×(−ln⁡X)\dfrac{1}{X} \times \left(-\ln X\right)ln⁡(1/X)=−ln⁡X\ln(1/X) = -\ln X
  3. ==−ln⁡XX-\dfrac{\ln X}{X}
  4. →\to−0=0-0 = 0croissance comparée en +∞+\infty, X→+∞X \to +\infty

Par composition des limites, lim⁡x→0+xln⁡(x)=0\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} x\ln(x) = 0. C.Q.F.D.

De même, on admet la généralisation : pour tout entier n⩾1n \geqslant 1, lim⁡x→0+xnln⁡(x)=0\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} x^{n}\ln(x) = 0.

Méthode — lever une forme indéterminée avec ln⁡\ln

Face à une forme « 0×∞0 \times \infty » ou « ∞−∞\infty - \infty » contenant ln⁡\ln, factorise pour faire apparaître ln⁡xx\dfrac{\ln x}{x}, xln⁡xx\ln x ou l'une de leurs généralisations, puis applique directement le résultat de croissance comparée. N'essaie jamais de raisonner « terme à terme » : xx et ln⁡x\ln x tendent tous deux vers +∞+\infty, mais leur différence ou leur produit avec une puissance de x→0x \to 0 a un comportement qui dépend entièrement du rapport de force entre les deux croissances.

Exemple — croissances comparées en 0+0^{+}

Calcule lim⁡x→0+x2ln⁡(x)\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} x^{2}\ln(x) et lim⁡x→0+(xln⁡(x)−x)\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \left(x\ln(x) - x\right).

  1. lim⁡x→0+x2ln⁡(x)=0\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} x^{2}\ln(x) = 0croissance comparée, cas n=2n=2
  2. xln⁡(x)→0x\ln(x) \to 0 et x→0x \to 0
  3. ⇒\Rightarrowxln⁡(x)−x→0−0=0x\ln(x) - x \to 0 - 0 = 0somme de limites finies
Attention

« ln⁡(x)→+∞\ln(x) \to +\infty » ne signifie pas que ln⁡(x)\ln(x) devient un jour plus grand que xx ou que x\sqrt{x} : c'est même l'inverse, ln⁡(x)<x<x\ln(x) < \sqrt{x} < x pour tout xx assez grand (et même pour tout x>0x>0 pour la première inégalité). Une erreur fréquente au bac consiste à conclure trop vite qu'une somme ou une différence de deux limites infinies « se voit » terme à terme : lim⁡x→+∞(ln⁡x−x)\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\left(\ln x - x\right) n'est pas une forme évidente égale à +∞+\infty, c'est une forme indéterminée ∞−∞\infty - \infty qui se résout par factorisation et vaut en réalité −∞-\infty (c'est −x-x qui l'emporte).

3Dérivée de ln u

La dérivée de ln⁡\ln seule est connue depuis sa définition. Reste à traiter le cas beaucoup plus fréquent en pratique : une fonction composée ln⁡(u(x))\ln(u(x)), où uu est elle-même une fonction dérivable.

3.1  Théorème et démonstration

Théorème

Soit uu une fonction dérivable et strictement positive sur un intervalle II. Alors ln⁡(u)\ln(u) est dérivable sur II, et pour tout x∈Ix \in I :

(ln⁡u)′(x)=u′(x)u(x)\left(\ln u\right)'(x) = \dfrac{u'(x)}{u(x)}

Démonstration

ln⁡u\ln u est la composée ln⁡∘u\ln \circ u, avec uu dérivable sur II à valeurs dans ]0;+∞[\left]0 ; +\infty\right[ où ln⁡\ln est dérivable. D'après le théorème de dérivation d'une fonction composée (vu au chapitre « Dérivation ») :

  1. (ln⁡∘u)′(x)=u′(x)×ln⁡′(u(x))\left(\ln \circ u\right)'(x) = u'(x) \times \ln'\left(u(x)\right)
  2. ==u′(x)×1u(x)u'(x) \times \dfrac{1}{u(x)}ln⁡′(t)=1t\ln'(t) = \frac{1}{t} appliqué en t=u(x)t = u(x)
  3. ==u′(x)u(x)\dfrac{u'(x)}{u(x)}

C.Q.F.D.

3.2  La fonction ln⁡∣u∣\ln|u|

Propriété

Soit uu une fonction dérivable qui ne s'annule pas sur un intervalle II (elle peut changer de signe d'un intervalle à l'autre, mais pas sur II lui-même). Alors ln⁡∣u∣\ln|u| est dérivable sur II, et :

(ln⁡∣u∣)′(x)=u′(x)u(x)\left(\ln|u|\right)'(x) = \dfrac{u'(x)}{u(x)}

C'est la même formule que pour ln⁡(u)\ln(u), mais elle s'applique sans condition de signe sur uu.

Démonstration

Deux cas se présentent, selon le signe de uu sur II (constant, puisque uu ne s'annule pas et est dérivable donc continue).

Si u>0u > 0 sur II : ∣u∣=u|u| = u, donc ln⁡∣u∣=ln⁡(u)\ln|u| = \ln(u), et la formule découle directement du théorème 3.1.

Si u<0u < 0 sur II : ∣u∣=−u|u| = -u, donc ln⁡∣u∣=ln⁡(−u)\ln|u| = \ln(-u), avec −u>0-u > 0 sur II. En appliquant le théorème 3.1 à la fonction −u-u :

  1. (ln⁡(−u))′(x)=(−u)′(x)(−u)(x)\left(\ln(-u)\right)'(x) = \dfrac{(-u)'(x)}{(-u)(x)}
  2. ==−u′(x)−u(x)\dfrac{-u'(x)}{-u(x)}
  3. ==u′(x)u(x)\dfrac{u'(x)}{u(x)}

Dans les deux cas, on obtient la même expression u′(x)u(x)\dfrac{u'(x)}{u(x)}. C.Q.F.D.

3.3  Méthode et exemples

Méthode — dériver une fonction du type ln⁡(u(x))\ln(u(x))

1) Détermine le domaine : l'ensemble des xx où u(x)>0u(x) > 0 (ou u(x)≠0u(x) \neq 0 pour ln⁡∣u∣\ln|u|). 2) Calcule u′(x)u'(x). 3) Applique directement la formule u′(x)u(x)\dfrac{u'(x)}{u(x)}, sans oublier de diviser par u(x)u(x).

Exemple — dériver ln⁡(u(x))\ln(u(x))

Dérive f(x)=ln⁡(x2+1)f(x) = \ln\left(x^{2}+1\right) sur R\mathbb{R}, puis g(x)=ln⁡(3−2x)g(x) = \ln(3-2x) sur son domaine.

  1. u(x)=x2+1>0u(x) = x^{2}+1 > 0 pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}domaine de ff : R\mathbb{R}
  2. u′(x)=2xu'(x) = 2x
  3. ⇒\Rightarrowf′(x)=2xx2+1f'(x) = \dfrac{2x}{x^{2}+1}
  4. 3−2x>0  ⟺  x<323 - 2x > 0 \iff x < \dfrac{3}{2}domaine de gg : ]−∞;32[\left]-\infty ; \frac{3}{2}\right[
  5. u(x)=3−2xu(x)=3-2x, u′(x)=−2u'(x) = -2
  6. ⇒\Rightarrowg′(x)=−23−2xg'(x) = \dfrac{-2}{3-2x}
Exemple — dériver ln⁡∣u(x)∣\ln|u(x)|

Dérive h(x)=ln⁡∣x2−4∣h(x) = \ln\left|x^{2}-4\right| sur son domaine.

  1. x2−4=0  ⟺  x=−2x^{2}-4 = 0 \iff x = -2 ou x=2x = 2domaine de hh : R∖{−2 ; 2}\mathbb{R}\setminus\{-2\,;\,2\}
  2. u(x)=x2−4u(x) = x^{2}-4, u′(x)=2xu'(x) = 2x
  3. ⇒\Rightarrowh′(x)=2xx2−4h'(x) = \dfrac{2x}{x^{2}-4}formule valable sans condition de signe
Attention

Trois erreurs à bannir : écrire (ln⁡u)′=ln⁡(u′)\left(\ln u\right)' = \ln(u') (faux : la dérivée de ln⁡u\ln u n'est jamais le logarithme de u′u') ; oublier de diviser par u(x)u(x) ; et confondre le domaine de uu avec celui de ln⁡(u)\ln(u) — il faut u(x)>0u(x) > 0 strictement, une simple existence de u(x)u(x) ne suffit pas.

Retiens bien cette formule : tu la retrouveras « à l'envers » dans le chapitre sur les primitives, où une primitive de u′u\dfrac{u'}{u} s'écrit ln⁡∣u∣+k\ln|u| + k.

4Étude de la fonction ln

Rassemblons maintenant tout ce que nous savons — domaine, dérivée, limites — pour dresser le tableau de variations complet de ln⁡\ln et tracer sa courbe avec précision.

4.1  Ensemble de définition et sens de variation

ln⁡\ln est définie et dérivable sur ]0;+∞[\left]0 ; +\infty\right[, avec ln⁡′(x)=1x>0\ln'(x) = \dfrac{1}{x} > 0 pour tout xx de cet intervalle (section 1.1) : ln⁡\ln est donc strictement croissante sur tout son domaine, sans aucun extremum local.

4.2  Limites et tableau de variations

D'après la section 2.1, lim⁡x→0+ln⁡(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \ln(x) = -\infty et lim⁡x→+∞ln⁡(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \ln(x) = +\infty. On peut donc dresser le tableau de variations complet.

xx00+∞+\infty
Signe de ln⁡′(x)\ln'(x)∥++
Variations de ln⁡\ln∥  −∞-\infty↗  +∞+\infty

Ce tableau donne une information capitale, utilisée sans cesse en section 5 : ln⁡\ln, étant continue et strictement croissante sur ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[ avec pour limites −∞-\infty et +∞+\infty, réalise une bijection de ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[ sur R\mathbb{R} (théorème de la bijection, vu au chapitre « Étude de fonctions »). Tout réel kk possède donc un unique antécédent par ln⁡\ln.

Exemple — encadrer un antécédent

Justifie que l'équation ln⁡(x)=1,5\ln(x) = 1{,}5 admet une unique solution, puis encadre-la par deux entiers consécutifs.

  1. ln⁡\ln est une bijection de ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[ sur R\mathbb Rcontinue, strictement croissante
  2. ⇒\Rightarrow1,51{,}5 admet un unique antécédent
  3. ln⁡(4)≈1,386\ln(4) \approx 1{,}386 et ln⁡(5)≈1,609\ln(5) \approx 1{,}609
  4. ⇒\Rightarrow4<x<54 < x < 5ln⁡\ln croissante, 1,386<1,5<1,6091{,}386 < 1{,}5 < 1{,}609

4.3  Le nombre e\mathrm{e}

Définition

Puisque ln⁡\ln est une bijection de ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[ sur R\mathbb{R}, le réel 11 admet un unique antécédent par ln⁡\ln. On appelle ce nombre e\mathrm{e} : c'est l'unique réel strictement positif tel que

ln⁡(e)=1\ln(\mathrm{e}) = 1

Par la formule des puissances, ln⁡(en)=n\ln\left(\mathrm{e}^{n}\right) = n pour tout n∈Zn \in \mathbb{Z}. La calculatrice donne e≈2,718 28\mathrm{e} \approx 2{,}718\,28.

Math & Co — Euler et le nombre e

La lettre e\mathrm{e} apparaît pour la première fois sous la plume du mathématicien suisse Leonhard Euler, dans un manuscrit de 17271727-17281728, puis dans son ouvrage Mechanica (17361736). Euler ne choisit sans doute pas ce nom par vanité (« e » comme « Euler ») mais plus probablement parce que aa, bb, cc, dd désignaient déjà d'autres quantités dans ses travaux : ee était simplement la voyelle suivante disponible.

C'est dans son traité magistral Introductio in analysin infinitorum (17481748) qu'Euler expose la théorie complète des logarithmes et de e\mathrm{e}, établit le lien entre logarithme népérien et fonction exponentielle (que tu étudieras au chapitre suivant), et calcule e\mathrm{e} avec dix-huit décimales exactes — un exploit sans calculatrice. Le nombre e\mathrm{e}, comme 2\sqrt{2} ou π\pi, est irrationnel (démontré par Euler lui-même) et même transcendant (démontré par Charles Hermite en 18731873).

4.4  Tangentes remarquables et courbe

L'équation de la tangente à la courbe de ln⁡\ln au point d'abscisse aa est y=ln⁡(a)+ln⁡′(a)(x−a)=ln⁡(a)+1a(x−a)y = \ln(a) + \ln'(a)(x-a) = \ln(a) + \dfrac{1}{a}(x-a). Deux tangentes sont particulièrement utiles.

Exemple — les deux tangentes remarquables
  1. en a=1a=1 : y=ln⁡(1)+11(x−1)y = \ln(1) + \dfrac{1}{1}(x-1)
  2. ==x−1x - 1pente 11
  3. en a=ea=\mathrm{e} : y=ln⁡(e)+1e(x−e)y = \ln(\mathrm{e}) + \dfrac{1}{\mathrm{e}}(x-\mathrm{e})
  4. ==1+xe−11 + \dfrac{x}{\mathrm{e}} - 1
  5. ==xe\dfrac{x}{\mathrm{e}}pente 1e\frac{1}{\mathrm e}, la tangente passe par l'origine !
xx0,50{,}51122e\mathrm{e}33551010
ln⁡(x)\ln(x)−0,693-0{,}693000,6930{,}693111,0991{,}0991,6091{,}6092,3032{,}303
La courbe de ln et ses tangentes remarquables en 1 et en e -112345678910 -4-3-2-1120 xy e y = ln x y = x − 1 y = x / e Tangente en x=1 : pente 1 (y=x−1) · Tangente en x=e : pente 1/e (y=x/e, passe par O)
Figure 3 — La courbe de ln⁡\ln avec ses tangentes aux points d'abscisses 11 et e\mathrm{e} ; remarque que la seconde tangente passe exactement par l'origine du repère.

4.5  Convexité

Propriété

ln⁡\ln est concave sur ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[ : sa courbe est entièrement située en dessous de chacune de ses tangentes.

En effet, ln⁡′′(x)=(1x)′=−1x2<0\ln''(x) = \left(\dfrac{1}{x}\right)' = -\dfrac{1}{x^{2}} < 0 pour tout x>0x > 0 : la dérivée seconde est strictement négative, donc ln⁡\ln est concave sur tout son domaine. C'est précisément cette concavité qui explique géométriquement la Figure 1 : la courbe reste sous la tangente en x=1x=1, c'est-à-dire sous la droite y=x−1y=x-1, retrouvant ainsi l'inégalité ln⁡(x)⩽x−1\ln(x) \leqslant x-1 démontrée en section 2.3.

5Équations et inéquations logarithmiques

La bijectivité de ln⁡\ln, établie en 4.2, est l'outil clé pour résoudre équations et inéquations. La règle d'or ne change jamais : domaine d'abord, calcul ensuite.

5.1  Résoudre une équation logarithmique

Propriété

Pour tous a>0a > 0, b>0b > 0 et tout réel kk :

ln⁡(a)=ln⁡(b)  ⟺  a=bln⁡(a)=k  ⟺  a=ek\ln(a) = \ln(b) \iff a = b \qquad \qquad \ln(a) = k \iff a = \mathrm{e}^{k}

Méthode — résoudre une équation avec ln⁡\ln

1) Détermine le domaine : l'ensemble des xx pour lesquels chaque logarithme de l'équation existe. 2) Regroupe les termes en ln⁡\ln grâce aux propriétés algébriques, pour obtenir une seule expression de chaque côté. 3) Utilise la propriété ci-dessus (bijectivité). 4) Vérifie que chaque solution appartient au domaine trouvé à l'étape 1 — sinon, rejette-la.

Exemple — résoudre ln⁡(x)+ln⁡(x−3)=ln⁡(4)\ln(x) + \ln(x-3) = \ln(4)
  1. domaine : x>0x > 0 et x−3>0x - 3 > 0soit x>3x > 3
  2. ln⁡(x(x−3))=ln⁡(4)\ln\left(x(x-3)\right) = \ln(4)relation fonctionnelle
  3.   ⟺  \iffx(x−3)=4x(x-3) = 4bijectivité, les deux membres sont >0>0
  4.   ⟺  \iffx2−3x−4=0x^{2} - 3x - 4 = 0
  5.   ⟺  \iff(x−4)(x+1)=0(x-4)(x+1) = 0racines évidentes 44 et −1-1
  6.   ⟺  \iffx=4x = 4 ou x=−1x = -1

Seul x=4x = 4 appartient au domaine ]3;+∞[\left]3;+\infty\right[ ; x=−1x=-1 est à rejeter. L'équation a une unique solution : S={4}S = \{4\}.

5.2  Résoudre une inéquation logarithmique

Propriété

Pour tous a>0a > 0, b>0b > 0 : ln⁡(a)<ln⁡(b)  ⟺  a<b\ln(a) < \ln(b) \iff a < b. Le sens de l'inégalité ne change jamais, puisque ln⁡\ln est strictement croissante.

Exemple — résoudre ln⁡(3x−1)>ln⁡(5)\ln(3x-1) > \ln(5)
  1. domaine : 3x−1>0  ⟺  x>133x - 1 > 0 \iff x > \dfrac{1}{3}
  2.   ⟺  \iff3x−1>53x - 1 > 5ln⁡\ln strictement croissante
  3.   ⟺  \iffx>2x > 2

Comme ]2;+∞[⊂]13;+∞[\left]2;+\infty\right[ \subset \left]\frac{1}{3};+\infty\right[, l'intersection avec le domaine ne change rien : S=]2;+∞[S = \left]2;+\infty\right[.

Attention

Contrairement à des fonctions comme x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x} ou x↦−xx \mapsto -x, ln⁡\ln est croissante : on ne change jamais le sens d'une inégalité en lui appliquant ln⁡\ln, ni en « déln-ifiant ». L'erreur la plus fréquente reste d'oublier l'intersection avec le domaine : une inéquation en ln⁡\ln se résout toujours en deux temps, domaine puis inégalité, et la réponse finale est l'intersection des deux ensembles.

5.3  Changement de variable X=ln⁡xX = \ln x

Méthode — équation ou inéquation « polynomiale en ln⁡x\ln x »

Quand une équation ne fait intervenir xx qu'à travers ln⁡(x)\ln(x) (par exemple (ln⁡x)2−3ln⁡x+2=0\left(\ln x\right)^{2} - 3\ln x + 2 = 0), pose X=ln⁡(x)X = \ln(x) : l'équation devient polynomiale en XX, que tu sais résoudre. Reviens ensuite à xx en résolvant ln⁡(x)=X\ln(x) = X, c'est-à-dire x=eXx = \mathrm{e}^{X} pour chaque valeur de XX trouvée.

Exemple — équation quadratique en ln⁡x\ln x

Résous (ln⁡x)2−3ln⁡(x)+2=0\left(\ln x\right)^{2} - 3\ln(x) + 2 = 0.

  1. domaine : x>0x > 0 ; on pose X=ln⁡(x)X = \ln(x)
  2. X2−3X+2=0X^{2} - 3X + 2 = 0
  3. Δ=9−8=1\Delta = 9 - 8 = 1
  4. ⇒\RightarrowX=3−12=1X = \dfrac{3-1}{2} = 1 ou X=3+12=2X = \dfrac{3+1}{2} = 2
  5. ln⁡(x)=1⇒x=e\ln(x) = 1 \Rightarrow x = \mathrm{e}    ln⁡(x)=2⇒x=e2\ln(x) = 2 \Rightarrow x = \mathrm{e}^{2}

Les deux solutions sont positives, donc dans le domaine : S={e ; e2}S = \left\{\mathrm{e}\, ;\, \mathrm{e}^{2}\right\}.

Exemple — inéquation avec changement de variable

Résous (ln⁡x)2−5ln⁡(x)+6⩽0\left(\ln x\right)^{2} - 5\ln(x) + 6 \leqslant 0.

  1. domaine : x>0x>0 ; on pose X=ln⁡(x)X=\ln(x)
  2. X2−5X+6⩽0X^{2} - 5X + 6 \leqslant 0
  3. racines : X=2X = 2 et X=3X = 3(X−2)(X−3)=X2−5X+6(X-2)(X-3)=X^2-5X+6
  4. ⇒\Rightarrowparabole vers le haut, négative entre les racines
  5.   ⟺  \iff2⩽X⩽32 \leqslant X \leqslant 3
  6.   ⟺  \iff2⩽ln⁡(x)⩽32 \leqslant \ln(x) \leqslant 3
  7.   ⟺  \iffe2⩽x⩽e3\mathrm{e}^{2} \leqslant x \leqslant \mathrm{e}^{3}ln⁡\ln croissante

S=[e2 ; e3]S = \left[\mathrm{e}^{2}\, ;\, \mathrm{e}^{3}\right].

6Logarithme décimal

Pour les sciences expérimentales (chimie, physique, informatique), on préfère souvent un logarithme « calé » sur la base 1010 de notre numération : c'est le logarithme décimal.

6.1  Définition et propriétés

Définition

Pour tout x>0x > 0, on appelle logarithme décimal de xx, noté log⁡(x)\log(x), le nombre :

log⁡(x)=ln⁡(x)ln⁡(10)\log(x) = \dfrac{\ln(x)}{\ln(10)}

Propriété

log⁡\log est un simple multiple de ln⁡\ln (par la constante 1ln⁡10\frac{1}{\ln 10}), donc elle vérifie les mêmes règles algébriques : log⁡(ab)=log⁡a+log⁡b\log(ab)=\log a + \log b, log⁡(a/b)=log⁡a−log⁡b\log(a/b)=\log a-\log b, log⁡(an)=nlog⁡a\log(a^{n})=n\log a. De plus, pour tout n∈Zn \in \mathbb{Z} :

log⁡(10n)=nen particulier log⁡(1)=0, log⁡(10)=1, log⁡ ⁣(110)=−1\log\left(10^{n}\right) = n \qquad \text{en particulier } \log(1)=0,\ \log(10)=1,\ \log\!\left(\dfrac{1}{10}\right) = -1

En effet, log⁡(10n)=ln⁡(10n)ln⁡(10)=nln⁡(10)ln⁡(10)=n\log(10^{n}) = \dfrac{\ln(10^{n})}{\ln(10)} = \dfrac{n\ln(10)}{\ln(10)} = n.

Exemple — calculs avec log⁡\log
  1. log⁡(1 000)=log⁡(103)=3\log(1\,000) = \log\left(10^{3}\right) = 3
  2. log⁡(0,01)=log⁡(10−2)=−2\log(0{,}01) = \log\left(10^{-2}\right) = -2
  3. log⁡(2)+log⁡(50)=log⁡(2×50)\log(2) + \log(50) = \log(2 \times 50)
  4. ==log⁡(100)=2\log(100) = 2
La courbe du logarithme décimal log 24681012 -1,5-1-0,50,510 xy (1 ; 0)(10 ; 1) y = log x
Figure 4 — La courbe de log⁡\log a la même allure que celle de ln⁡\ln (même sens de variation, même asymptote verticale en x=0x=0), mais elle est « aplatie » d'un facteur 1ln⁡10≈0,434\frac{1}{\ln 10} \approx 0{,}434.
Attention

Dans ce chapitre (et dans toute la filière C/D), log⁡\log désigne toujours le logarithme décimal (base 1010), tandis que ln⁡\ln désigne le logarithme népérien (base e\mathrm{e}). Ne les confonds jamais dans un calcul : log⁡(100)=2\log(100)=2 mais ln⁡(100)≈4,605\ln(100) \approx 4{,}605.

6.2  Nombre de chiffres d'un entier

Théorème

Soit NN un entier naturel non nul et dd son nombre de chiffres en écriture décimale. Alors :

d=⌊log⁡(N)⌋+1d = \left\lfloor \log(N) \right\rfloor + 1

Démonstration

Un entier NN possède dd chiffres si et seulement si 10d−1⩽N<10d10^{d-1} \leqslant N < 10^{d} (par exemple, les entiers à 33 chiffres sont ceux de 100100 à 999999, soit 102⩽N<10310^{2} \leqslant N < 10^{3}).

  1. 10d−1⩽N<10d10^{d-1} \leqslant N < 10^{d}
  2.   ⟺  \iffd−1⩽log⁡(N)<dd - 1 \leqslant \log(N) < dlog⁡\log strictement croissante

Or d−1d-1 est un entier, et d−1⩽log⁡(N)<dd-1 \leqslant \log(N) < d signifie exactement que d−1d-1 est le plus grand entier inférieur ou égal à log⁡(N)\log(N), c'est-à-dire d−1=⌊log⁡(N)⌋d - 1 = \left\lfloor \log(N) \right\rfloor. D'où d=⌊log⁡(N)⌋+1d = \left\lfloor \log(N) \right\rfloor + 1. C.Q.F.D.

Exemple — combien de chiffres a 21002^{100} ?
  1. log⁡(2100)=100log⁡(2)\log\left(2^{100}\right) = 100\log(2)
  2. ≈\approx100×0,301100 \times 0{,}301
  3. ≈\approx30,130{,}1
  4. ⇒\Rightarrowd=⌊30,1⌋+1=30+1=31d = \lfloor 30{,}1 \rfloor + 1 = 30 + 1 = 31

21002^{100} s'écrit avec 3131 chiffres.

Math & Co — Henry Briggs et les tables décimales

En 16151615, le mathématicien anglais Henry Briggs rend visite à Neper en Écosse. Les deux hommes s'accordent sur une amélioration pratique : construire des logarithmes en base 1010, calés sur notre système de numération, plutôt que sur la base d'origine de Neper. Briggs publie en 16241624 son Arithmetica Logarithmica, contenant les logarithmes décimaux de 30 00030\,000 nombres calculés à quatorze décimales — un travail manuel titanesque.

Ces tables resteront l'outil de calcul de référence des scientifiques, ingénieurs et navigateurs pendant plus de trois siècles, jusqu'à l'apparition des calculatrices électroniques dans les années 1970. La règle à calcul, instrument emblématique des ingénieurs jusqu'à cette époque (elle a permis, entre autres, les calculs de la mission Apollo 11 en 1969), n'est rien d'autre qu'une addition physique de longueurs proportionnelles à des logarithmes décimaux.

7Applications

Le logarithme décimal n'est pas qu'un outil de calcul abstrait : il structure des échelles que tu croises tous les jours, précisément parce qu'il « compresse » des grandeurs qui varient sur plusieurs ordres de grandeur en une échelle lisible et régulière.

7.1  Le pH en chimie

Définition

Le pH d'une solution aqueuse est défini à partir de la concentration en ions oxonium [H3O+]\left[\text{H}_3\text{O}^{+}\right], exprimée en mol⋅L−1\text{mol·L}^{-1} :

pH=−log⁡[H3O+]\text{pH} = -\log\left[\text{H}_3\text{O}^{+}\right]

Exemple — calculer un pH, et sa réciproque

a) Un jus de citron a une concentration [H3O+]=4,0×10−3 mol⋅L−1\left[\text{H}_3\text{O}^{+}\right] = 4{,}0 \times 10^{-3}\ \text{mol·L}^{-1}.

  1. pH=−log⁡(4,0×10−3)\text{pH} = -\log\left(4{,}0 \times 10^{-3}\right)
  2. ==−(log⁡(4)+log⁡(10−3))-\left(\log(4) + \log\left(10^{-3}\right)\right)
  3. ==−(2log⁡(2)−3)-\left(2\log(2) - 3\right)log⁡2≈0,301\log 2 \approx 0{,}301
  4. ≈\approx3−0,6023 - 0{,}602
  5. ≈\approx2,42{,}4

b) L'eau de mer a un pH ≈8,1\approx 8{,}1 : sa concentration vaut [H3O+]=10−8,1≈7,9×10−9 mol⋅L−1\left[\text{H}_3\text{O}^{+}\right] = 10^{-8{,}1} \approx 7{,}9 \times 10^{-9}\ \text{mol·L}^{-1}.

L'échelle de pH (de 0 à 14) 01234567891011121314 acideneutrebasique citron : pH ≈ 2,4
Figure 5 — L'échelle de pH : chaque unité correspond à une concentration en H3O+\text{H}_3\text{O}^{+} multipliée ou divisée par 1010, exactement comme une échelle logarithmique.

7.2  La magnitude de Richter

Définition

La magnitude d'un séisme, sur l'échelle de Richter, est donnée par M=log⁡ ⁣(AA0)M = \log\!\left(\dfrac{A}{A_0}\right), où AA est l'amplitude des oscillations enregistrées par un sismographe et A0A_0 une amplitude de référence fixée.

Exemple — comparer deux séismes

Un séisme de magnitude M1=4M_1 = 4 et un autre de magnitude M2=6M_2 = 6 : quel est le rapport de leurs amplitudes ?

  1. M2−M1=log⁡ ⁣(A2A0)−log⁡ ⁣(A1A0)M_2 - M_1 = \log\!\left(\dfrac{A_2}{A_0}\right) - \log\!\left(\dfrac{A_1}{A_0}\right)
  2. ==log⁡ ⁣(A2A1)\log\!\left(\dfrac{A_2}{A_1}\right)propriété du quotient
  3. 6−4=log⁡ ⁣(A2A1)6 - 4 = \log\!\left(\dfrac{A_2}{A_1}\right)
  4. ⇒\RightarrowA2A1=102=100\dfrac{A_2}{A_1} = 10^{2} = 100

Un séisme de magnitude 66 a une amplitude 100100 fois plus grande qu'un séisme de magnitude 44 : deux points de magnitude changent tout.

7.3  Les décibels

Définition

Le niveau d'intensité sonore, en décibels (dB\text{dB}), est donné par L=10log⁡ ⁣(II0)L = 10\log\!\left(\dfrac{I}{I_0}\right), où II est l'intensité sonore (en W⋅m−2\text{W·m}^{-2}) et I0=10−12 W⋅m−2I_0 = 10^{-12}\ \text{W·m}^{-2} le seuil d'audibilité humaine.

Exemple — niveau sonore d'une conversation

Une conversation normale correspond à I=10−6 W⋅m−2I = 10^{-6}\ \text{W·m}^{-2}.

  1. L=10log⁡ ⁣(10−610−12)L = 10\log\!\left(\dfrac{10^{-6}}{10^{-12}}\right)
  2. ==10log⁡(106)10\log\left(10^{6}\right)
  3. ==10×610 \times 6
  4. ==60 dB60\ \text{dB}

7.4  Combien de chiffres a un très grand nombre ?

Le théorème de la section 6.2 est précieux dès qu'on manipule de très grands entiers, par exemple en cryptographie (les clés RSA utilisent des nombres premiers de plusieurs centaines de chiffres).

Exemple — le nombre de chiffres de 3403^{40}
  1. log⁡(340)=40log⁡(3)\log\left(3^{40}\right) = 40\log(3)
  2. ≈\approx40×0,47740 \times 0{,}477
  3. ≈\approx19,0819{,}08
  4. ⇒\Rightarrowd=⌊19,08⌋+1=20d = \lfloor 19{,}08\rfloor + 1 = 20

3403^{40} s'écrit avec 2020 chiffres — un calcul instantané qui, sans logarithme, exigerait de calculer explicitement 340=12 157 665 459 056 928 8013^{40} = 12\,157\,665\,459\,056\,928\,801.

Fiche mémo

  • ln⁡\ln est l'unique primitive de x↦1xx \mapsto \frac{1}{x} sur ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[ qui s'annule en 11 : ln⁡′(x)=1x\ln'(x) = \frac{1}{x}, ln⁡(1)=0\ln(1)=0, ln⁡(e)=1\ln(\mathrm{e})=1.
  • ln⁡(ab)=ln⁡a+ln⁡b\ln(ab)=\ln a+\ln b ; ln⁡(1/a)=−ln⁡a\ln(1/a)=-\ln a ; ln⁡(a/b)=ln⁡a−ln⁡b\ln(a/b)=\ln a-\ln b ; ln⁡(an)=nln⁡a\ln(a^{n})=n\ln a ; ln⁡(a)=12ln⁡a\ln(\sqrt a)=\frac12\ln a (pour a,b>0a,b>0).
  • Pour tout x>0x>0 : ln⁡x⩽x−1\ln x \leqslant x-1, égalité seulement en x=1x=1 (courbe sous sa tangente en 11, ln⁡\ln est concave).
  • lim⁡0+ln⁡x=−∞\lim_{0^{+}}\ln x=-\infty ; lim⁡+∞ln⁡x=+∞\lim_{+\infty}\ln x=+\infty ; lim⁡+∞ln⁡xx=0\lim_{+\infty}\frac{\ln x}{x}=0 ; lim⁡0+xln⁡x=0\lim_{0^{+}}x\ln x=0 ; lim⁡0ln⁡(1+x)x=1\lim_{0}\frac{\ln(1+x)}{x}=1.
  • ln⁡\ln strictement croissante sur ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[, bijection vers R\mathbb{R} : c'est ainsi qu'on définit e\mathrm{e} (ln⁡e=1\ln \mathrm{e}=1) et qu'on résout les équations.
  • (ln⁡u)′=u′u\left(\ln u\right)' = \frac{u'}{u} là où u>0u>0 ; (ln⁡∣u∣)′=u′u\left(\ln|u|\right)' = \frac{u'}{u} là où u≠0u \neq 0.
  • ln⁡a=ln⁡b  ⟺  a=b\ln a=\ln b \iff a=b ; ln⁡a<ln⁡b  ⟺  0<a<b\ln a<\ln b \iff 0<a<b (le sens de l'inégalité ne change jamais).
  • Tangente en x=1x=1 : y=x−1y=x-1. Tangente en x=ex=\mathrm{e} : y=x/ey = x/\mathrm{e} (passe par l'origine).
  • log⁡x=ln⁡xln⁡10\log x=\frac{\ln x}{\ln 10} ; log⁡(10n)=n\log(10^{n})=n ; nombre de chiffres d'un entier NN : ⌊log⁡N⌋+1\lfloor \log N\rfloor+1.
  • Applications : pH =−log⁡[H3O+]=-\log[\text{H}_3\text{O}^{+}] ; magnitude M=log⁡(A/A0)M=\log(A/A_0) ; niveau sonore L=10log⁡(I/I0)L=10\log(I/I_0).

8Exercices corrigés

Dix-sept exercices, du plus direct au plus proche du bac, chacun corrigé intégralement. Cherche d'abord seul, puis compare avec le corrigé — c'est ainsi que tu progresses le plus vite.

Niveau 1 — Application directe
1

Sachant que ln⁡2≈0,693\ln 2 \approx 0{,}693 et ln⁡3≈1,099\ln 3 \approx 1{,}099, calcule sans calculatrice : A=ln⁡(e3)+ln⁡(1e)A=\ln\left(\mathrm e^{3}\right)+\ln\left(\dfrac{1}{\mathrm e}\right) ; B=ln⁡8−ln⁡2B=\ln 8-\ln 2 ; C=3ln⁡2−ln⁡4C=3\ln 2-\ln 4.

Voir le corrigé détaillé
  1. A=3−1=2A=3-1=2ln⁡(e3)=3, ln⁡(1/e)=−1\ln(\mathrm e^3)=3,\ \ln(1/\mathrm e)=-1
  2. B=ln⁡(82)=ln⁡4=2ln⁡2B=\ln\left(\dfrac{8}{2}\right)=\ln 4=2\ln 2≈1,386\approx 1{,}386
  3. C=ln⁡8−ln⁡4=ln⁡2C=\ln 8-\ln 4=\ln 2≈0,693\approx 0{,}693
2

Calcule la dérivée de chaque fonction, en précisant son domaine : f(x)=ln⁡(3x+1)f(x)=\ln(3x+1) ; g(x)=ln⁡(x2+5)g(x)=\ln\left(x^{2}+5\right) ; h(x)=ln⁡(5−2x)h(x)=\ln(5-2x).

Voir le corrigé détaillé
  1. ff : domaine x>−13x>-\frac13 ; f′(x)=33x+1f'(x)=\dfrac{3}{3x+1}
  2. gg : domaine R\mathbb Rx2+5>0x^2+5>0 toujours
  3. g′(x)=2xx2+5g'(x)=\dfrac{2x}{x^{2}+5}
  4. hh : domaine x<52x<\frac52 ; h′(x)=−25−2xh'(x)=\dfrac{-2}{5-2x}
3

Résous dans R\mathbb R : ln⁡(x)=2\ln(x)=2 ; ln⁡(2x−1)=0\ln(2x-1)=0 ; ln⁡(x)=ln⁡(3)+ln⁡(4)\ln(x)=\ln(3)+\ln(4).

Voir le corrigé détaillé
  1. ln⁡x=2  ⟺  x=e2\ln x=2 \iff x=\mathrm e^{2}domaine x>0x>0 vérifié
  2. ln⁡(2x−1)=0  ⟺  2x−1=1  ⟺  x=1\ln(2x-1)=0 \iff 2x-1=1 \iff x=1domaine x>12x>\frac12 vérifié
  3. ln⁡x=ln⁡(3×4)=ln⁡12  ⟺  x=12\ln x=\ln(3\times4)=\ln 12 \iff x=12
4

Résous dans R\mathbb R : ln⁡(x)⩽2\ln(x)\leqslant 2 ; ln⁡(2x+3)⩾ln⁡(7)\ln(2x+3)\geqslant \ln(7).

Voir le corrigé détaillé
  1. domaine : x>0x>0 ; ln⁡x⩽2  ⟺  x⩽e2\ln x \leqslant 2 \iff x \leqslant \mathrm e^{2}
  2. ⇒\RightarrowS1=]0 ; e2]S_1=\left]0\,;\,\mathrm e^{2}\right]
  3. domaine : 2x+3>0  ⟺  x>−322x+3>0 \iff x>-\frac32
  4. 2x+3⩾7  ⟺  x⩾22x+3\geqslant 7 \iff x\geqslant 2
  5. ⇒\RightarrowS2=[2 ; +∞[S_2=\left[2\,;\,+\infty\right[inclus dans le domaine
5

Calcule : lim⁡x→+∞ln⁡xx3\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\ln x}{x^{3}} ; lim⁡x→0+x3ln⁡x\displaystyle\lim_{x\to0^{+}}x^{3}\ln x ; lim⁡x→+∞(ln⁡x−x2)\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\left(\ln x-x^{2}\right).

Voir le corrigé détaillé
  1. lim⁡x→+∞ln⁡xx3=0\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\ln x}{x^{3}}=0croissance comparée, n=3n=3
  2. lim⁡x→0+x3ln⁡x=0\displaystyle\lim_{x\to0^{+}}x^{3}\ln x=0croissance comparée en 0+0^+
  3. ln⁡x−x2=x2(ln⁡xx2−1)\ln x-x^{2}=x^{2}\left(\dfrac{\ln x}{x^{2}}-1\right)
  4. →\to+∞×(0−1)=−∞+\infty \times(0-1)=-\infty
6

Calcule log⁡(100 000)\log(100\,000) ; log⁡(0,001)\log(0{,}001) ; log⁡(4)+log⁡(25)\log(4)+\log(25) ; puis détermine le nombre de chiffres de 5505^{50} (on donne log⁡5≈0,699\log 5\approx 0{,}699).

Voir le corrigé détaillé
  1. log⁡(100 000)=log⁡(105)=5\log(100\,000)=\log\left(10^{5}\right)=5
  2. log⁡(0,001)=log⁡(10−3)=−3\log(0{,}001)=\log\left(10^{-3}\right)=-3
  3. log⁡4+log⁡25=log⁡100=2\log4+\log25=\log100=2
  4. log⁡(550)=50log⁡5≈34,95\log\left(5^{50}\right)=50\log5\approx 34{,}95
  5. ⇒\Rightarrowd=⌊34,95⌋+1=35d=\lfloor 34{,}95\rfloor+1=35 chiffres
Niveau 2 — Approfondissement
7

Résous dans R\mathbb R : (ln⁡x)2−ln⁡(x)−6=0\left(\ln x\right)^{2}-\ln(x)-6=0.

Voir le corrigé détaillé
  1. domaine x>0x>0 ; on pose X=ln⁡xX=\ln x
  2. X2−X−6=0X^{2}-X-6=0
  3. Δ=1+24=25\Delta=1+24=25
  4. ⇒\RightarrowX=1−52=−2X=\dfrac{1-5}{2}=-2 ou X=1+52=3X=\dfrac{1+5}{2}=3
  5. ln⁡x=−2⇒x=e−2\ln x=-2 \Rightarrow x=\mathrm e^{-2}    ln⁡x=3⇒x=e3\ln x=3 \Rightarrow x=\mathrm e^{3}

S={e−2 ; e3}S=\left\{\mathrm e^{-2}\,;\,\mathrm e^{3}\right\}.

8

Résous dans R\mathbb R : ln⁡(x+2)+ln⁡(x)⩽ln⁡(3)\ln(x+2)+\ln(x)\leqslant \ln(3).

Voir le corrigé détaillé
  1. domaine : x+2>0x+2>0 et x>0x>0soit x>0x>0
  2. ln⁡(x(x+2))⩽ln⁡(3)\ln\left(x(x+2)\right)\leqslant \ln(3)
  3.   ⟺  \iffx2+2x⩽3x^{2}+2x\leqslant 3ln⁡\ln croissante, deux membres >0>0
  4.   ⟺  \iffx2+2x−3⩽0x^{2}+2x-3\leqslant 0
  5.   ⟺  \iff(x+3)(x−1)⩽0(x+3)(x-1)\leqslant 0
  6.   ⟺  \iff−3⩽x⩽1-3\leqslant x\leqslant 1

Intersection avec le domaine x>0x>0 : S=]0 ; 1]S=\left]0\,;\,1\right].

9

Soit f(x)=x2−2ln⁡(x)f(x)=x^{2}-2\ln(x) sur ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[. Détermine les limites de ff aux bornes, étudie le signe de f′f', dresse le tableau de variations de ff, et donne le minimum de ff.

Voir le corrigé détaillé
  1. en 0+0^{+} : x2→0x^{2}\to0 et −2ln⁡x→+∞-2\ln x\to+\infty⇒f→+∞\Rightarrow f\to+\infty
  2. en +∞+\infty : f(x)=x2(1−2ln⁡xx2)→+∞×1f(x)=x^{2}\left(1-\dfrac{2\ln x}{x^{2}}\right)\to+\infty\times1croissance comparée
  3. f′(x)=2x−2x=2(x2−1)xf'(x)=2x-\dfrac{2}{x}=\dfrac{2\left(x^{2}-1\right)}{x}
  4. pour x>0x>0 : signe de f′(x)f'(x) = signe de x2−1x^{2}-1
  5. f(1)=1−2ln⁡(1)=1−0=1f(1)=1-2\ln(1)=1-0=1
xx0011+∞+\infty
Signe de f′(x)f'(x)∥−-  0  ++
Variations de ff∥  +∞+\infty↘  11  ↗+∞+\infty

Le minimum de ff sur ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[ vaut 11, atteint en x=1x=1.

10

Calcule lim⁡x→+∞[ln⁡(x+1)−ln⁡(x)]\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\left[\ln(x+1)-\ln(x)\right] et lim⁡x→0ln⁡(1+2x)3x\displaystyle\lim_{x\to0}\dfrac{\ln(1+2x)}{3x}.

Voir le corrigé détaillé
  1. ln⁡(x+1)−ln⁡(x)=ln⁡ ⁣(x+1x)=ln⁡ ⁣(1+1x)\ln(x+1)-\ln(x)=\ln\!\left(\dfrac{x+1}{x}\right)=\ln\!\left(1+\dfrac1x\right)
  2. 1x→0\dfrac1x\to0 donc ln⁡ ⁣(1+1x)→ln⁡(1)=0\ln\!\left(1+\dfrac1x\right)\to\ln(1)=0continuité de ln⁡\ln en 11
  3. ln⁡(1+2x)3x=23×ln⁡(1+2x)2x\dfrac{\ln(1+2x)}{3x}=\dfrac23\times\dfrac{\ln(1+2x)}{2x}
  4. →\to23×1=23\dfrac23\times1=\dfrac23limite de référence, t=2x→0t=2x\to0
11

Détermine une primitive de f(x)=44x+1f(x)=\dfrac{4}{4x+1} sur ]−14;+∞[\left]-\frac14;+\infty\right[, puis une primitive de g(x)=1x−2g(x)=\dfrac{1}{x-2} sur chacun des intervalles de son domaine.

Voir le corrigé détaillé
  1. f=u′uf=\dfrac{u'}{u} avec u(x)=4x+1>0u(x)=4x+1>0 sur ]−14;+∞[\left]-\frac14;+\infty\right[
  2. ⇒\RightarrowF(x)=ln⁡(4x+1)+kF(x)=\ln(4x+1)+k
  3. g=u′ug=\dfrac{u'}{u} avec u(x)=x−2u(x)=x-2, qui s'annule en 22
  4. ⇒\RightarrowG(x)=ln⁡∣x−2∣+kG(x)=\ln|x-2|+ksur ]−∞;2[\left]-\infty;2\right[ et sur ]2;+∞[\left]2;+\infty\right[
Niveau 3 — Type bac
12

ROC. On admet que pour tout x>0x>0, ln⁡(x)⩽x−1\ln(x)\leqslant x-1.

  1. En appliquant cette inégalité à x\sqrt x, montre que pour tout x>0x>0 : ln⁡(x)<2x\ln(x) < 2\sqrt x.
  2. En déduire lim⁡x→+∞ln⁡xx\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\ln x}{x}, en rédigeant une démonstration complète.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. ln⁡(x)⩽x−1\ln\left(\sqrt x\right)\leqslant \sqrt x-1inégalité admise, appliquée à x>0\sqrt x>0
  2. ln⁡(x)=12ln⁡x\ln\left(\sqrt x\right)=\dfrac12\ln x
  3. ⇒\Rightarrow12ln⁡x⩽x−1<x\dfrac12\ln x \leqslant \sqrt x-1 < \sqrt x
  4. ⇒\Rightarrowln⁡x<2x\ln x < 2\sqrt x

2. Pour x>0x>0, on divise l'inégalité par x>0x>0 :

  1. 0<ln⁡xx<2xx=2x0 < \dfrac{\ln x}{x} < \dfrac{2\sqrt x}{x}=\dfrac{2}{\sqrt x}pour x⩾1x\geqslant1, ln⁡x⩾0\ln x\geqslant0
  2. lim⁡x→+∞2x=0\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{2}{\sqrt x}=0
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞ln⁡xx=0\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\ln x}{x}=0théorème des gendarmes
13

On considère f(x)=ln⁡(x)−x+2f(x)=\ln(x)-x+2 sur ]0;+∞[\left]0;+\infty\right[, de courbe représentative C\mathcal C.

  1. Détermine les limites de ff en 0+0^{+} et en +∞+\infty.
  2. Calcule f′(x)f'(x), étudie son signe et dresse le tableau de variations de ff.
  3. Justifie que l'équation f(x)=0f(x)=0 admet une unique solution α\alpha dans ]3;4[\left]3;4\right[, puis donne un encadrement de α\alpha d'amplitude 10−110^{-1}.
  4. Détermine une équation de la tangente à C\mathcal C au point d'abscisse 11.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. en 0+0^{+} : ln⁡x→−∞\ln x\to-\infty et −x+2→2-x+2\to2⇒f→−∞\Rightarrow f\to-\infty
  2. en +∞+\infty : f(x)=x(ln⁡xx−1+2x)f(x)=x\left(\dfrac{\ln x}{x}-1+\dfrac2x\right)
  3. →\to+∞×(0−1+0)=−∞+\infty\times(0-1+0)=-\inftycroissance comparée

2.

  1. f′(x)=1x−1=1−xxf'(x)=\dfrac1x-1=\dfrac{1-x}{x}
  2. pour x>0x>0 : signe de f′(x)f'(x) = signe de 1−x1-x
  3. f(1)=ln⁡(1)−1+2=1f(1)=\ln(1)-1+2=1
xx0011+∞+\infty
Signe de f′(x)f'(x)∥++  0  −-
Variations de ff∥  −∞-\infty↗  11  ↘−∞-\infty

3. Sur [3;4]\left[3;4\right], ff est continue (dérivable) et strictement décroissante. Or :

  1. f(3)=ln⁡(3)−1≈0,099>0f(3)=\ln(3)-1\approx0{,}099>0
  2. f(4)=ln⁡(4)−2≈−0,614<0f(4)=\ln(4)-2\approx-0{,}614<0

f(3)f(3) et f(4)f(4) sont de signes contraires : d'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l'équation f(x)=0f(x)=0 admet une unique solution α\alpha dans ]3;4[\left]3;4\right[. De plus f(3,1)≈0,031>0f(3{,}1)\approx0{,}031>0 et f(3,2)≈−0,037<0f(3{,}2)\approx-0{,}037<0, donc 3,1<α<3,23{,}1 < \alpha < 3{,}2.

4. f′(1)=1−1=0f'(1)=1-1=0 : la tangente en x=1x=1 est horizontale (cohérent, x=1x=1 est un maximum). Son équation est y=f(1)=1y=f(1)=1.

La courbe de f(x) = ln x − x + 2 123456 -4-3-2-110 xy max (1 ; 1) α y = 1 (tangente en x=1)
Figure 6 — La courbe de f(x)=ln⁡x−x+2f(x)=\ln x-x+2 : maximum en (1 ; 1)\left(1\,;\,1\right) avec tangente horizontale, et unique racine α≈3,15\alpha \approx 3{,}15 entre 33 et 44.
14

Résous dans R\mathbb R l'inéquation ln⁡(x−1)+ln⁡(x+1)⩽ln⁡(2x+3)\ln(x-1)+\ln(x+1)\leqslant \ln(2x+3).

Voir le corrigé détaillé
  1. domaine : x−1>0x-1>0, x+1>0x+1>0, 2x+3>02x+3>0soit x>1x>1
  2. ln⁡((x−1)(x+1))⩽ln⁡(2x+3)\ln\left((x-1)(x+1)\right)\leqslant \ln(2x+3)
  3.   ⟺  \iffln⁡(x2−1)⩽ln⁡(2x+3)\ln\left(x^{2}-1\right)\leqslant \ln(2x+3)
  4.   ⟺  \iffx2−1⩽2x+3x^{2}-1\leqslant 2x+3ln⁡\ln croissante, deux membres >0>0 sur le domaine
  5.   ⟺  \iffx2−2x−4⩽0x^{2}-2x-4\leqslant 0
  6. Δ=4+16=20\Delta=4+16=2020=25\sqrt{20}=2\sqrt5
  7. ⇒\Rightarrowracines 1−51-\sqrt5 et 1+51+\sqrt5
  8.   ⟺  \iff1−5⩽x⩽1+51-\sqrt5\leqslant x\leqslant 1+\sqrt5

Intersection avec le domaine x>1x>1 : comme 1−5<11-\sqrt5<1, il reste S=]1 ; 1+5]S=\left]1\,;\,1+\sqrt5\right], soit S≈]1 ; 3,24]S\approx\left]1\,;\,3{,}24\right].

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
15

Qualité de l'eau à Dakar. Au laboratoire d'analyse des eaux de Dakar, un technicien étudie deux échantillons : l'eau du robinet, de concentration [H3O+]=5,0×10−8 mol⋅L−1\left[\text H_3\text O^{+}\right]=5{,}0\times10^{-8}\ \text{mol·L}^{-1}, et une eau de pluie légèrement acide, de pH =5,6=5{,}6.

  1. Calcule le pH de l'eau du robinet (on donne log⁡5≈0,699\log5\approx0{,}699).
  2. Calcule la concentration en ions oxonium de l'eau de pluie.
  3. Laquelle des deux eaux est la plus acide ? Justifie.
Voir le corrigé détaillé
  1. pH=−log⁡(5,0×10−8)\text{pH}=-\log\left(5{,}0\times10^{-8}\right)
  2. ==−(log⁡5−8)-\left(\log5-8\right)
  3. ≈\approx8−0,6998-0{,}699
  4. ≈\approx7,37{,}3
  5. [H3O+]=10−5,6\left[\text H_3\text O^{+}\right]=10^{-5{,}6}
  6. ≈\approx2,5×10−6 mol⋅L−12{,}5\times10^{-6}\ \text{mol·L}^{-1}

Le pH de l'eau de pluie (5,65{,}6) est plus petit que celui de l'eau du robinet (≈7,3\approx 7{,}3) : l'eau de pluie est la plus acide (rappel : plus le pH est petit, plus la solution est acide).

16

Bruit au marché de Yaoundé. Un sonomètre installé au marché central de Yaoundé indique un niveau sonore L=75 dBL=75\ \text{dB} aux heures de pointe.

  1. Calcule l'intensité sonore II correspondante (rappel : I0=10−12 W⋅m−2I_0=10^{-12}\ \text{W·m}^{-2}).
  2. Un camion qui klaxonne fait grimper le niveau à 95 dB95\ \text{dB}. Calcule le rapport entre les deux intensités sonores.
Voir le corrigé détaillé
  1. 75=10log⁡ ⁣(II0)75=10\log\!\left(\dfrac{I}{I_0}\right)
  2. ⇒\Rightarrowlog⁡ ⁣(II0)=7,5\log\!\left(\dfrac{I}{I_0}\right)=7{,}5
  3. ⇒\RightarrowI=I0×107,5=10−4,5≈3,2×10−5 W⋅m−2I=I_0\times10^{7{,}5}=10^{-4{,}5}\approx3{,}2\times10^{-5}\ \text{W·m}^{-2}
  4. L2−L1=10log⁡ ⁣(I2I0)−10log⁡ ⁣(I1I0)=10log⁡ ⁣(I2I1)L_2-L_1=10\log\!\left(\dfrac{I_2}{I_0}\right)-10\log\!\left(\dfrac{I_1}{I_0}\right)=10\log\!\left(\dfrac{I_2}{I_1}\right)
  5. 95−75=10log⁡ ⁣(I2I1)95-75=10\log\!\left(\dfrac{I_2}{I_1}\right)
  6. ⇒\Rightarrowlog⁡ ⁣(I2I1)=2\log\!\left(\dfrac{I_2}{I_1}\right)=2
  7. ⇒\RightarrowI2I1=100\dfrac{I_2}{I_1}=100

Le klaxon du camion multiplie l'intensité sonore par 100100.

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Abonnés téléphoniques à Bamako. Un opérateur de téléphonie mobile comptait 1,21{,}2 million d'abonnés à Bamako au 1er janvier 2020, avec une croissance annuelle de 8 %8\,\%. On modélise le nombre d'abonnés (en millions), nn années plus tard, par un=1,2×1,08nu_n=1{,}2\times1{,}08^{n}.

  1. Résous dans N\mathbb N l'inéquation 1,08n⩾21{,}08^{n}\geqslant2.
  2. Au bout de combien d'années le nombre d'abonnés aura-t-il doublé ? En quelle année ?
Voir le corrigé détaillé
  1. 1,08n⩾21{,}08^{n}\geqslant2
  2.   ⟺  \iffln⁡(1,08n)⩾ln⁡(2)\ln\left(1{,}08^{n}\right)\geqslant\ln(2)ln⁡\ln croissante
  3.   ⟺  \iffnln⁡(1,08)⩾ln⁡(2)n\ln(1{,}08)\geqslant\ln(2)
  4.   ⟺  \iffn⩾ln⁡2ln⁡(1,08)n\geqslant\dfrac{\ln2}{\ln(1{,}08)}ln⁡(1,08)>0\ln(1{,}08)>0, le sens ne change pas
  5. ≈\approxn⩾0,6930,0770≈9,01n\geqslant\dfrac{0{,}693}{0{,}0770}\approx9{,}01

Comme nn est un entier, la plus petite valeur possible est n=10n=10 (on vérifie que 1,089≈1,999<21{,}08^{9}\approx1{,}999<2 tandis que 1,0810≈2,159>21{,}08^{10}\approx2{,}159>2). Le nombre d'abonnés aura donc doublé au bout de 10 ans, soit en 2030.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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La fonction ln⁡\ln est définie comme :

Explication : Par définition, ln⁡\ln est l'unique primitive sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ de x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x} qui vaut 00 en 11 : ainsi ln⁡′(x)=1x\ln'(x) = \dfrac{1}{x} et ln⁡(1)=0\ln(1)=0.

Quel est l'ensemble de définition de la fonction ln⁡\ln ?

Explication : ln⁡\ln n'existe que pour les réels strictement positifs : aucun sens à donner à ln⁡(0)\ln(0) ou à ln⁡(−2)\ln(-2).

Pour 0<x<10 < x < 1, quel est le signe de ln⁡(x)\ln(x) ?

Explication : Comme ln⁡\ln est strictement croissante et ln⁡(1)=0\ln(1)=0, pour 0<x<10<x<1 on a ln⁡(x)<ln⁡(1)=0\ln(x) < \ln(1) = 0.

Pour tous réels a>0a>0 et b>0b>0, la relation fonctionnelle fondamentale du logarithme s'écrit :

Explication : C'est la propriété qui donne son nom au logarithme : elle transforme un produit en une somme, ln⁡(ab)=ln⁡(a)+ln⁡(b)\ln(ab) = \ln(a) + \ln(b).

Pour tout réel a>0a>0 et tout entier relatif nn, on a :

Explication : C'est une conséquence directe de la relation fonctionnelle, appliquée nn fois (ou étendue aux entiers négatifs et nuls) : ln⁡(an)=nln⁡(a)\ln(a^n) = n\ln(a).

Que valent lim⁡x→+∞ln⁡(x)\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\ln(x) et lim⁡x→0+ln⁡(x)\displaystyle\lim_{x\to0^{+}}\ln(x) ?

Explication : lim⁡x→+∞ln⁡(x)=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\ln(x)=+\infty et lim⁡x→0+ln⁡(x)=−∞\displaystyle\lim_{x\to0^{+}}\ln(x)=-\infty : la droite x=0x=0 est asymptote verticale.

Pour tout réel x>0x>0, quelle inégalité de référence relie ln⁡(x)\ln(x) et x−1x-1 ?

Explication : Cette inégalité fondamentale se démontre en étudiant la fonction auxiliaire g(x)=x−1−ln⁡(x)g(x)=x-1-\ln(x), qui admet un minimum nul en x=1x=1 : la courbe de ln⁡\ln reste toujours sous la droite y=x−1y=x-1, sa tangente en 11.

Que vaut lim⁡x→+∞ln⁡(x)x\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\ln(x)}{x} ?

Explication : C'est le théorème de croissance comparée en +∞+\infty : en +∞+\infty, xx l'emporte toujours sur ln⁡(x)\ln(x), donc le quotient tend vers 00.

Que vaut lim⁡x→0+xln⁡(x)\displaystyle\lim_{x\to0^{+}} x\ln(x) ?

Explication : C'est la croissance comparée en 0+0^{+} : bien que ln⁡(x)→−∞\ln(x)\to-\infty, le facteur x→0x\to0 l'emporte, et le produit tend vers 00.

Pour uu une fonction dérivable et strictement positive sur un intervalle II, la dérivée de ln⁡(u)\ln(u) est :

Explication : ln⁡(u)\ln(u) est la composée ln⁡∘u\ln \circ u : d'après la formule de dérivation d'une composée, (ln⁡u)′(x)=u′(x)u(x)\left(\ln u\right)'(x) = \dfrac{u'(x)}{u(x)}. Écrire ln⁡(u′)\ln(u') est une erreur fréquente à bannir.

Quelle est la dérivée de f(x)=ln⁡(4x−1)f(x) = \ln(4x-1) sur son domaine ?

Explication : Ici u(x)=4x−1u(x)=4x-1, donc u′(x)=4u'(x)=4, et f′(x)=u′(x)u(x)=44x−1f'(x) = \dfrac{u'(x)}{u(x)} = \dfrac{4}{4x-1}.

Le nombre e\mathrm{e}, base du logarithme népérien, est caractérisé par :

Explication : e\mathrm{e} est, par définition, l'unique réel strictement positif tel que ln⁡(e)=1\ln(\mathrm{e})=1 (antécédent de 11 par la bijection ln⁡\ln) ; e≈2,71828\mathrm{e} \approx 2{,}71828.

Sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, la fonction ln⁡\ln est :

Explication : ln⁡\ln est concave sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ : sa courbe est entièrement en dessous de chacune de ses tangentes (cohérent avec ln⁡(x)⩽x−1\ln(x) \leqslant x-1, l'inégalité de la tangente en 11).

Résous dans R\mathbb{R} l'équation ln⁡(x)+ln⁡(x−3)=ln⁡(4)\ln(x) + \ln(x-3) = \ln(4). Après avoir posé le domaine x>3x>3 et factorisé, on obtient (x−4)(x+1)=0(x-4)(x+1)=0. Quelle est la conclusion ?

Explication : Le domaine impose x>3x>3 (il faut x>0x>0 et x−3>0x-3>0). Seul x=4x=4 appartient à ce domaine ; x=−1x=-1 doit être rejeté, même s'il vérifie l'équation algébrique intermédiaire.

Résous dans R\mathbb{R} l'inéquation ln⁡(2x−1)<ln⁡(7)\ln(2x-1) < \ln(7).

Explication : Domaine : 2x−1>0  ⟺  x>122x-1>0 \iff x>\dfrac12. Comme ln⁡\ln est croissante : 2x−1<7  ⟺  x<42x-1<7 \iff x<4. L'intersection des deux conditions donne 12<x<4\dfrac12 < x < 4.

Pour résoudre (ln⁡x)2−3ln⁡(x)+2=0(\ln x)^2 - 3\ln(x) + 2 = 0, on pose X=ln⁡(x)X=\ln(x) et on trouve X=1X=1 ou X=2X=2. Quelles sont les solutions en xx ?

Explication : On revient à xx grâce à ln⁡(x)=X  ⟺  x=eX\ln(x)=X \iff x=\mathrm{e}^{X} : ln⁡(x)=1⇒x=e\ln(x)=1 \Rightarrow x=\mathrm{e} et ln⁡(x)=2⇒x=e2\ln(x)=2 \Rightarrow x=\mathrm{e}^{2}, toutes deux positives donc valides.

Le logarithme décimal log⁡(x)\log(x), utilisé en sciences expérimentales, est défini par :

Explication : Par définition, log⁡(x)=ln⁡(x)ln⁡(10)\log(x) = \dfrac{\ln(x)}{\ln(10)} : c'est un simple multiple de ln⁡\ln, ce qui donne log⁡(10n)=n\log(10^n)=n pour tout entier nn.

Le pH d'une solution vérifie pH=−log⁡[H3O+]\text{pH} = -\log\left[\text{H}_3\text{O}^{+}\right]. Une solution a une concentration [H3O+]=10−5 mol⋅L−1\left[\text{H}_3\text{O}^{+}\right] = 10^{-5}\ \text{mol·L}^{-1}. Quel est son pH ?

Explication : pH=−log⁡(10−5)=−(−5)=5\text{pH} = -\log\left(10^{-5}\right) = -(-5) = 5, en utilisant log⁡(10n)=n\log(10^n)=n.

Sur l'échelle de Richter, la magnitude vérifie M=log⁡ ⁣(AA0)M = \log\!\left(\dfrac{A}{A_0}\right). Un séisme de magnitude 77 a une amplitude combien de fois plus grande qu'un séisme de magnitude 55 ?

Explication : M2−M1=log⁡ ⁣(A2A1)M_2 - M_1 = \log\!\left(\dfrac{A_2}{A_1}\right), donc 7−5=2=log⁡ ⁣(A2A1)7-5 = 2 = \log\!\left(\dfrac{A_2}{A_1}\right), d'où A2A1=102=100\dfrac{A_2}{A_1} = 10^{2} = 100 : deux points de magnitude multiplient l'amplitude par 100100.

Combien de chiffres possède l'entier 2502^{50}, sachant que log⁡(2)≈0,301\log(2)\approx0{,}301 et que d=⌊log⁡(N)⌋+1d = \lfloor\log(N)\rfloor+1 ?

Explication : log⁡(250)=50log⁡(2)≈50×0,301=15,05\log(2^{50}) = 50\log(2) \approx 50 \times 0{,}301 = 15{,}05. Donc d=⌊15,05⌋+1=15+1=16d = \lfloor15{,}05\rfloor+1 = 15+1 = 16 chiffres.
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