Définir ln, établir ses propriétés et l'utiliser en calcul et en étude de fonctions.
MathématiquesTerminaleChapitre 4 / 19⏱ 11 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Utiliser les propriétés algébriques de ln
Résoudre équations et inéquations avec ln
Étudier une fonction contenant un logarithme
Depuis la classe de Première, tu sais étudier des fonctions construites à partir de puissances, de polynômes, de quotients : tu calcules une dérivée, tu dresses un tableau de variations, tu traces une courbe. Ce chapitre change la donne. Tu vas rencontrer une fonction d'une nature entièrement nouvelle, la fonction logarithme népérien, notée ln, qui n'est ni un polynôme, ni une fraction rationnelle : elle est définie directement à partir de son nombre dérivé. C'est ta première rencontre avec une fonction construite « à l'envers », comme primitive d'une fonction connue.
Cette fonction est partout : le pH d'une solution en chimie, la magnitude d'un séisme sur l'échelle de Richter, le niveau sonore en décibels, le nombre d'années nécessaires pour qu'un capital double, le nombre de chiffres d'un très grand entier utilisé en cryptographie : dans tous ces cas, on « compresse » des nombres qui varient sur une immense plage en une échelle lisible, et c'est exactement ce que fait ln. Au baccalauréat, ce chapitre est l'un des plus exploités : étude de fonction, équation, inéquation, ROC (restitution organisée de connaissances) y prennent presque toujours appui sur ln.
La nouveauté méthodologique est de taille : pour démontrer les propriétés de ln, tu ne factoriseras pas une expression, tu étudieras une fonction auxiliaire — un raisonnement que tu vas retrouver sans cesse cette année. Tu verras aussi apparaître un nombre fondamental, e, qui joue pour ln le rôle que joue 1 pour l'addition, et tu découvriras que ln grandit vers +∞, mais infiniment plus lentement que n'importe quelle puissance de x : c'est la notion de croissance comparée, un classique absolu du bac.
Le chapitre suit un fil précis : définir ln et maîtriser son calcul algébrique, étudier ses limites, dériver des fonctions qui la contiennent, dresser son tableau de variations complet, résoudre équations et inéquations, puis découvrir sa cousine pratique, le logarithme décimal, et ses applications concrètes. Prends ton temps sur les démonstrations : elles reviennent presque à l'identique dans chaque type d'exercice.
1Définition et propriétés algébriques
Commençons par le commencement : que veut dire exactement ln, et pourquoi une simple définition suffit-elle à reconstruire toutes les règles de calcul que tu connais peut-être déjà par cœur ?
1.1 Définition de la fonction logarithme népérien
Définition
La fonction x↦x1 est continue sur ]0;+∞[ ; elle admet donc des primitives sur cet intervalle (théorème admis, vu en cours sur les primitives). On appelle fonction logarithme népérien, notée ln, l'unique primitive sur ]0;+∞[ de x↦x1 qui s'annule en 1.
Autrement dit, ln est dérivable sur ]0;+∞[ et, pour tout x>0 :
ln′(x)=x1etln(1)=0
Cette définition tient en deux lignes, mais elle contient déjà tout : le domaine (ln n'existe que pour x strictement positif, aucun sens à donner à ln(0) ou à ln(−2)), le nombre dérivé et une valeur particulière.
Propriété — sens de variation
La fonction ln est strictement croissante sur ]0;+∞[.
En effet, pour tout x>0, ln′(x)=x1>0 : le nombre dérivé est strictement positif sur tout l'intervalle, donc ln est strictement croissante (théorème connu depuis le chapitre sur la dérivation).
Exemple — signe de ln(x) selon les valeurs de x
Comme ln est strictement croissante et que ln(1)=0, on compare simplement chaque nombre à 1.
si 0<x<1 : ln(x)<ln(1)ln croissante
⇒ln(x)<0
si x=1 : ln(x)=0
si x>1 : ln(x)>ln(1)
⇒ln(x)>0
1.2 Relation fonctionnelle fondamentale
Voici la propriété qui justifie le nom de « logarithme » : elle transforme un produit en somme, exactement ce qui rendait cette fonction si précieuse avant l'invention des calculatrices.
Théorème
Pour tous réels a>0 et b>0 :
ln(ab)=ln(a)+ln(b)
Démonstration
Soit a>0 fixé. On définit sur ]0;+∞[ la fonction auxiliaire φ(x)=ln(ax)−ln(x). La fonction x↦ax est dérivable et strictement positive sur ]0;+∞[, donc φ est dérivable comme somme de fonctions dérivables, et :
φ′(x)=a×ln′(ax)−ln′(x)dérivée de x↦ln(ax), composée
=a×ax1−x1
=x1−x1
=0
La fonction φ a une dérivée nulle sur l'intervalle ]0;+∞[ : elle est donc constante sur cet intervalle. Sa valeur constante s'obtient en l'évaluant en x=1 :
φ(1)=ln(a×1)−ln(1)
=ln(a)−0
=ln(a)
Donc, pour tout x>0, φ(x)=ln(a), c'est-à-dire ln(ax)−ln(x)=ln(a). En choisissant x=b, on obtient ln(ab)−ln(b)=ln(a), soit ln(ab)=ln(a)+ln(b). C.Q.F.D.
Exemple — utiliser la relation fonctionnelle
Sachant que ln(2)≈0,693 et ln(3)≈1,099, donne une valeur approchée de ln(6), puis simplifie B=ln(4)+ln(25).
ln(6)=ln(2×3)=ln(2)+ln(3)
≈0,693+1,099
≈1,792
B=ln(4)+ln(25)=ln(4×25)
=ln(100)
1.3 Conséquences algébriques
Propriété
Pour tous réels a>0, b>0 et tout entier relatif n :
ln(a1)=−ln(a)ln(ba)=ln(a)−ln(b)
ln(an)=nln(a)ln(a)=21ln(a)
Démonstration
Inverse. D'après le théorème précédent appliqué à a et a1 : ln(a×a1)=ln(a)+ln(a1), soit ln(1)=ln(a)+ln(a1). Comme ln(1)=0, on isole ln(a1)=−ln(a).
Quotient. On écrit ba=a×b1, puis on applique les deux résultats déjà connus : ln(ba)=ln(a)+ln(b1)=ln(a)−ln(b).
Puissance entière. Pour n∈N∗, on applique n−1 fois la relation fonctionnelle à ln(a×a×⋯×a) (récurrence immédiate) : ln(an)=nln(a). Pour n=0, a0=1 et ln(1)=0=0×ln(a) : la formule reste vraie. Pour n entier négatif, n=−p avec p∈N∗, et ln(a−p)=ln(ap1)=−ln(ap)=−pln(a) : la formule s'étend à tout n∈Z.
Racine carrée. Comme (a)2=a, on applique ln aux deux membres et la formule de puissance avec n=2 : ln(a)=ln((a)2)=2ln(a), d'où ln(a)=21ln(a).
Exemple — combiner les propriétés
Simplifie C=2ln(3)+ln(2)−ln(18), puis exprime ln(72) en fonction de ln(2) et ln(3).
2ln(3)=ln(32)=ln(9)
C=ln(9)+ln(2)−ln(18)
=ln(9×2)−ln(18)
=ln(18)−ln(18)
=0
72=23×32
ln(72)=ln(23)+ln(32)
=3ln(2)+2ln(3)≈3(0,693)+2(1,099)≈4,277
Attention
Deux pièges classiques du bac. D'abord, il n'existe aucune formule pour ln(a+b) : ln(1+1)=ln(2)≈0,693 alors que ln(1)+ln(1)=0. Ne « distribue » jamais ln sur une somme.
Ensuite, la relation ln(ab)=ln(a)+ln(b) exige a>0etb>0 séparément — pas seulement ab>0. Par exemple a=−2 et b=−3 donnent ab=6>0, donc ln(6) existe bien, mais ln(a) et ln(b) n'existent pas : on ne peut donc pas écrire ln(6)=ln(−2)+ln(−3). Tu retrouveras ce piège, sous une autre forme, dans les équations de la section 5 : toujours déterminer le domaine avant de manipuler une expression contenant ln.
Math & Co — Neper et la naissance des logarithmes
En 1614, l'Écossais John Napier (francisé en « Neper »), baron de Merchiston, publie à Édimbourg Mirifici Logarithmorum Canonis Descriptio (« Description de la merveilleuse règle des logarithmes »). Son idée est révolutionnaire pour l'époque : construire une correspondance qui transforme tout produit de deux grands nombres en une simple somme. Pour les astronomes et les navigateurs du XVIIe siècle, qui multipliaient à la main des nombres à sept ou huit chiffres, ce fut un gain de temps immense — l'astronome Pierre-Simon Laplace dira plus tard que les logarithmes, « en abrégeant les calculs, doublèrent la vie des astronomes ».
Le logarithme de Neper n'était pas exactement notre ln actuel (il le définissait à partir d'un problème de cinématique, sans notion de primitive), mais l'idée essentielle — remplacer un produit par une somme — est restée. C'est cette même idée que tu viens de démontrer proprement avec les outils de la Terminale : la fonction auxiliaire et la dérivée.
2Limites et croissance comparée
Maintenant que le calcul algébrique est maîtrisé, il faut comprendre comment ln se comporte aux bornes de son domaine — et surtout, comparer sa vitesse de croissance à celle des fonctions puissances, un point que le bac interroge presque systématiquement.
2.1 Limites aux bornes
Théorème
x→+∞limln(x)=+∞x→0+limln(x)=−∞
Démonstration
En +∞. Comme 2>1 et que ln est strictement croissante avec ln(1)=0, on a ln(2)>0. D'après la formule des puissances, pour tout n∈N : ln(2n)=nln(2). Puisque ln(2)>0, la suite nln(2) tend vers +∞ : pour tout réel M, il existe un entier n tel que nln(2)>M. Comme ln est croissante, pour tout x⩾2n, ln(x)⩾ln(2n)=nln(2)>M. Ceci étant vrai pour tout M, on conclut x→+∞limln(x)=+∞.
En 0+. On pose X=x1 : quand x→0+, X→+∞. Or ln(x)=ln(X1)=−ln(X). D'après le premier résultat, ln(X)→+∞ quand X→+∞, donc −ln(X)→−∞. Par composition des limites, x→0+limln(x)=−∞. C.Q.F.D.
Exemple — limite d'une fonction composée
Calcule x→(35)+limln(3x−5).
on pose u(x)=3x−5
u(x)→0+ quand x→(35)+u affine croissante, u(35)=0
⇒ln(3x−5)→−∞composition avec limX→0+lnX=−∞
2.2 Limite de référence en 0
Propriété — limite de référence
x→0limxln(1+x)=1
Démonstration
Cette limite n'est autre que le nombre dérivé de ln en 1, écrit avec la définition du taux d'accroissement :
ln′(1)=h→0limhln(1+h)−ln(1)
=h→0limhln(1+h)ln(1)=0
Or ln′(x)=x1, donc ln′(1)=1. En renommant h en x, on obtient x→0limxln(1+x)=1. C.Q.F.D.
Exemple — appliquer la limite de référence
Calcule x→0limxln(1+5x).
on pose t=5x ; quand x→0, t→0
xln(1+5x)=5×tln(1+t)
→5×1limite de référence
=5
2.3 Croissance comparée en +∞
ln(x) tend vers +∞, mais on va voir qu'il le fait extrêmement lentement : plus lentement que x, et même que x.
Propriété
Pour tout x>0 : ln(x)⩽x−1, avec égalité si et seulement si x=1.
Démonstration
On étudie la fonction auxiliaire g(x)=x−1−ln(x) sur ]0;+∞[.
g′(x)=1−x1=xx−1
pour 0<x<1 : x−1<0 et x>0, donc g′(x)<0
pour x>1 : x−1>0, donc g′(x)>0
g est donc strictement décroissante sur ]0;1] puis strictement croissante sur [1;+∞[ : elle admet un minimum en x=1, qui vaut g(1)=1−1−ln(1)=0. Donc, pour tout x>0, g(x)⩾0, c'est-à-dire x−1−ln(x)⩾0, soit ln(x)⩽x−1, avec égalité uniquement au minimum, en x=1. C.Q.F.D.
Figure 1 — La courbe de ln est entièrement située sous la droite y=x−1, qui est la tangente à la courbe au point d'abscisse 1 ; les deux courbes se touchent uniquement en ce point.
Théorème — croissance comparée en +∞
x→+∞limxln(x)=0
Démonstration
Pour tout x>0, on applique la propriété précédente à x : ln(x)⩽x−1<x. Or ln(x)=21ln(x), donc 21ln(x)<x, c'est-à-dire ln(x)<2x.
Pour x>0, on divise cette inégalité par x>0 (le sens est conservé) :
0<xln(x)<x2x=x2pour x⩾1, ln(x)⩾0
x→+∞limx2=0
⇒x→+∞limxln(x)=0théorème des gendarmes
On admet — la démonstration se fait par un changement de variable analogue — que ce résultat se généralise : pour tout entier n⩾1,
x→+∞limxnln(x)=0etx→+∞limx(ln(x))n=0
Autrement dit : en +∞, x l'emporte toujours sur ln(x), quelle que soit la puissance de ln(x) au numérateur ou la puissance de x au dénominateur.
Figure 2 — Sur ]0;10], la droite y=x domine largement la courbe y=x, elle-même largement au-dessus de y=ln(x) : plus l'échelle s'agrandit, plus l'écart se creuse.
Exemple — croissances comparées en +∞
Calcule x→+∞limx(lnx)2 et x→+∞lim(x−lnx).
x→+∞limx(lnx)2=0croissance comparée, cas n=2 au numérateur
x−lnx=x(1−xlnx)
xlnx→0 donc 1−xlnx→1
⇒x−lnx→+∞×1=+∞produit de limites
2.4 Croissance comparée en 0+
Théorème — croissance comparée en 0+
x→0+limxln(x)=0
Démonstration
On pose X=x1 : quand x→0+, X→+∞.
xln(x)=X1ln(X1)
=X1×(−lnX)ln(1/X)=−lnX
=−XlnX
→−0=0croissance comparée en +∞, X→+∞
Par composition des limites, x→0+limxln(x)=0. C.Q.F.D.
De même, on admet la généralisation : pour tout entier n⩾1, x→0+limxnln(x)=0.
Méthode — lever une forme indéterminée avec ln
Face à une forme « 0×∞ » ou « ∞−∞ » contenant ln, factorise pour faire apparaîtrexlnx, xlnx ou l'une de leurs généralisations, puis applique directement le résultat de croissance comparée. N'essaie jamais de raisonner « terme à terme » : x et lnx tendent tous deux vers +∞, mais leur différence ou leur produit avec une puissance de x→0 a un comportement qui dépend entièrement du rapport de force entre les deux croissances.
Exemple — croissances comparées en 0+
Calcule x→0+limx2ln(x) et x→0+lim(xln(x)−x).
x→0+limx2ln(x)=0croissance comparée, cas n=2
xln(x)→0 et x→0
⇒xln(x)−x→0−0=0somme de limites finies
Attention
« ln(x)→+∞ » ne signifie pas que ln(x) devient un jour plus grand que x ou que x : c'est même l'inverse, ln(x)<x<x pour tout x assez grand (et même pour tout x>0 pour la première inégalité). Une erreur fréquente au bac consiste à conclure trop vite qu'une somme ou une différence de deux limites infinies « se voit » terme à terme : x→+∞lim(lnx−x) n'est pas une forme évidente égale à +∞, c'est une forme indéterminée ∞−∞ qui se résout par factorisation et vaut en réalité −∞ (c'est −x qui l'emporte).
3Dérivée de ln u
La dérivée de ln seule est connue depuis sa définition. Reste à traiter le cas beaucoup plus fréquent en pratique : une fonction composée ln(u(x)), où u est elle-même une fonction dérivable.
3.1 Théorème et démonstration
Théorème
Soit u une fonction dérivable et strictement positive sur un intervalle I. Alors ln(u) est dérivable sur I, et pour tout x∈I :
(lnu)′(x)=u(x)u′(x)
Démonstration
lnu est la composée ln∘u, avec u dérivable sur I à valeurs dans ]0;+∞[ où ln est dérivable. D'après le théorème de dérivation d'une fonction composée (vu au chapitre « Dérivation ») :
(ln∘u)′(x)=u′(x)×ln′(u(x))
=u′(x)×u(x)1ln′(t)=t1 appliqué en t=u(x)
=u(x)u′(x)
C.Q.F.D.
3.2 La fonction ln∣u∣
Propriété
Soit u une fonction dérivable qui ne s'annule pas sur un intervalle I (elle peut changer de signe d'un intervalle à l'autre, mais pas sur I lui-même). Alors ln∣u∣ est dérivable sur I, et :
(ln∣u∣)′(x)=u(x)u′(x)
C'est la même formule que pour ln(u), mais elle s'applique sans condition de signe sur u.
Démonstration
Deux cas se présentent, selon le signe de u sur I (constant, puisque u ne s'annule pas et est dérivable donc continue).
Si u>0 sur I : ∣u∣=u, donc ln∣u∣=ln(u), et la formule découle directement du théorème 3.1.
Si u<0 sur I : ∣u∣=−u, donc ln∣u∣=ln(−u), avec −u>0 sur I. En appliquant le théorème 3.1 à la fonction −u :
(ln(−u))′(x)=(−u)(x)(−u)′(x)
=−u(x)−u′(x)
=u(x)u′(x)
Dans les deux cas, on obtient la même expression u(x)u′(x). C.Q.F.D.
3.3 Méthode et exemples
Méthode — dériver une fonction du type ln(u(x))
1) Détermine le domaine : l'ensemble des x où u(x)>0 (ou u(x)=0 pour ln∣u∣). 2) Calcule u′(x). 3) Applique directement la formule u(x)u′(x), sans oublier de diviser par u(x).
Exemple — dériver ln(u(x))
Dérive f(x)=ln(x2+1) sur R, puis g(x)=ln(3−2x) sur son domaine.
u(x)=x2+1>0 pour tout x∈Rdomaine de f : R
u′(x)=2x
⇒f′(x)=x2+12x
3−2x>0⟺x<23domaine de g : ]−∞;23[
u(x)=3−2x, u′(x)=−2
⇒g′(x)=3−2x−2
Exemple — dériver ln∣u(x)∣
Dérive h(x)=lnx2−4 sur son domaine.
x2−4=0⟺x=−2 ou x=2domaine de h : R∖{−2;2}
u(x)=x2−4, u′(x)=2x
⇒h′(x)=x2−42xformule valable sans condition de signe
Attention
Trois erreurs à bannir : écrire (lnu)′=ln(u′) (faux : la dérivée de lnu n'est jamais le logarithme de u′) ; oublier de diviser par u(x) ; et confondre le domaine de u avec celui de ln(u) — il faut u(x)>0strictement, une simple existence de u(x) ne suffit pas.
Retiens bien cette formule : tu la retrouveras « à l'envers » dans le chapitre sur les primitives, où une primitive de uu′ s'écrit ln∣u∣+k.
4Étude de la fonction ln
Rassemblons maintenant tout ce que nous savons — domaine, dérivée, limites — pour dresser le tableau de variations complet de ln et tracer sa courbe avec précision.
4.1 Ensemble de définition et sens de variation
ln est définie et dérivable sur ]0;+∞[, avec ln′(x)=x1>0 pour tout x de cet intervalle (section 1.1) : ln est donc strictement croissante sur tout son domaine, sans aucun extremum local.
4.2 Limites et tableau de variations
D'après la section 2.1, x→0+limln(x)=−∞ et x→+∞limln(x)=+∞. On peut donc dresser le tableau de variations complet.
x
0
+∞
Signe de ln′(x)
∥
+
Variations de ln
∥ −∞
↗ +∞
Ce tableau donne une information capitale, utilisée sans cesse en section 5 : ln, étant continue et strictement croissante sur ]0;+∞[ avec pour limites −∞ et +∞, réalise une bijection de ]0;+∞[ sur R (théorème de la bijection, vu au chapitre « Étude de fonctions »). Tout réel k possède donc un unique antécédent par ln.
Exemple — encadrer un antécédent
Justifie que l'équation ln(x)=1,5 admet une unique solution, puis encadre-la par deux entiers consécutifs.
ln est une bijection de ]0;+∞[ sur Rcontinue, strictement croissante
⇒1,5 admet un unique antécédent
ln(4)≈1,386 et ln(5)≈1,609
⇒4<x<5ln croissante, 1,386<1,5<1,609
4.3 Le nombre e
Définition
Puisque ln est une bijection de ]0;+∞[ sur R, le réel 1 admet un unique antécédent par ln. On appelle ce nombre e : c'est l'unique réel strictement positif tel que
ln(e)=1
Par la formule des puissances, ln(en)=n pour tout n∈Z. La calculatrice donne e≈2,71828.
Math & Co — Euler et le nombre e
La lettre e apparaît pour la première fois sous la plume du mathématicien suisse Leonhard Euler, dans un manuscrit de 1727-1728, puis dans son ouvrage Mechanica (1736). Euler ne choisit sans doute pas ce nom par vanité (« e » comme « Euler ») mais plus probablement parce que a, b, c, d désignaient déjà d'autres quantités dans ses travaux : e était simplement la voyelle suivante disponible.
C'est dans son traité magistral Introductio in analysin infinitorum (1748) qu'Euler expose la théorie complète des logarithmes et de e, établit le lien entre logarithme népérien et fonction exponentielle (que tu étudieras au chapitre suivant), et calcule e avec dix-huit décimales exactes — un exploit sans calculatrice. Le nombre e, comme 2 ou π, est irrationnel (démontré par Euler lui-même) et même transcendant (démontré par Charles Hermite en 1873).
4.4 Tangentes remarquables et courbe
L'équation de la tangente à la courbe de ln au point d'abscisse a est y=ln(a)+ln′(a)(x−a)=ln(a)+a1(x−a). Deux tangentes sont particulièrement utiles.
Exemple — les deux tangentes remarquables
en a=1 : y=ln(1)+11(x−1)
=x−1pente 1
en a=e : y=ln(e)+e1(x−e)
=1+ex−1
=expente e1, la tangente passe par l'origine !
x
0,5
1
2
e
3
5
10
ln(x)
−0,693
0
0,693
1
1,099
1,609
2,303
Figure 3 — La courbe de ln avec ses tangentes aux points d'abscisses 1 et e ; remarque que la seconde tangente passe exactement par l'origine du repère.
4.5 Convexité
Propriété
ln est concave sur ]0;+∞[ : sa courbe est entièrement située en dessous de chacune de ses tangentes.
En effet, ln′′(x)=(x1)′=−x21<0 pour tout x>0 : la dérivée seconde est strictement négative, donc ln est concave sur tout son domaine. C'est précisément cette concavité qui explique géométriquement la Figure 1 : la courbe reste sous la tangente en x=1, c'est-à-dire sous la droite y=x−1, retrouvant ainsi l'inégalité ln(x)⩽x−1 démontrée en section 2.3.
5Équations et inéquations logarithmiques
La bijectivité de ln, établie en 4.2, est l'outil clé pour résoudre équations et inéquations. La règle d'or ne change jamais : domaine d'abord, calcul ensuite.
5.1 Résoudre une équation logarithmique
Propriété
Pour tous a>0, b>0 et tout réel k :
ln(a)=ln(b)⟺a=bln(a)=k⟺a=ek
Méthode — résoudre une équation avec ln
1) Détermine le domaine : l'ensemble des x pour lesquels chaque logarithme de l'équation existe. 2) Regroupe les termes en ln grâce aux propriétés algébriques, pour obtenir une seule expression de chaque côté. 3) Utilise la propriété ci-dessus (bijectivité). 4) Vérifie que chaque solution appartient au domaine trouvé à l'étape 1 — sinon, rejette-la.
Exemple — résoudre ln(x)+ln(x−3)=ln(4)
domaine : x>0 et x−3>0soit x>3
ln(x(x−3))=ln(4)relation fonctionnelle
⟺x(x−3)=4bijectivité, les deux membres sont >0
⟺x2−3x−4=0
⟺(x−4)(x+1)=0racines évidentes 4 et −1
⟺x=4 ou x=−1
Seul x=4 appartient au domaine ]3;+∞[ ; x=−1 est à rejeter. L'équation a une unique solution : S={4}.
5.2 Résoudre une inéquation logarithmique
Propriété
Pour tous a>0, b>0 : ln(a)<ln(b)⟺a<b. Le sens de l'inégalité ne change jamais, puisque ln est strictement croissante.
Exemple — résoudre ln(3x−1)>ln(5)
domaine : 3x−1>0⟺x>31
⟺3x−1>5ln strictement croissante
⟺x>2
Comme ]2;+∞[⊂]31;+∞[, l'intersection avec le domaine ne change rien : S=]2;+∞[.
Attention
Contrairement à des fonctions comme x↦x1 ou x↦−x, ln est croissante : on ne change jamais le sens d'une inégalité en lui appliquant ln, ni en « déln-ifiant ». L'erreur la plus fréquente reste d'oublier l'intersection avec le domaine : une inéquation en ln se résout toujours en deux temps, domaine puis inégalité, et la réponse finale est l'intersection des deux ensembles.
5.3 Changement de variable X=lnx
Méthode — équation ou inéquation « polynomiale en lnx »
Quand une équation ne fait intervenir x qu'à travers ln(x) (par exemple (lnx)2−3lnx+2=0), pose X=ln(x) : l'équation devient polynomiale en X, que tu sais résoudre. Reviens ensuite à x en résolvant ln(x)=X, c'est-à-dire x=eX pour chaque valeur de X trouvée.
Exemple — équation quadratique en lnx
Résous (lnx)2−3ln(x)+2=0.
domaine : x>0 ; on pose X=ln(x)
X2−3X+2=0
Δ=9−8=1
⇒X=23−1=1 ou X=23+1=2
ln(x)=1⇒x=eln(x)=2⇒x=e2
Les deux solutions sont positives, donc dans le domaine : S={e;e2}.
Exemple — inéquation avec changement de variable
Résous (lnx)2−5ln(x)+6⩽0.
domaine : x>0 ; on pose X=ln(x)
X2−5X+6⩽0
racines : X=2 et X=3(X−2)(X−3)=X2−5X+6
⇒parabole vers le haut, négative entre les racines
⟺2⩽X⩽3
⟺2⩽ln(x)⩽3
⟺e2⩽x⩽e3ln croissante
S=[e2;e3].
6Logarithme décimal
Pour les sciences expérimentales (chimie, physique, informatique), on préfère souvent un logarithme « calé » sur la base 10 de notre numération : c'est le logarithme décimal.
6.1 Définition et propriétés
Définition
Pour tout x>0, on appelle logarithme décimal de x, noté log(x), le nombre :
log(x)=ln(10)ln(x)
Propriété
log est un simple multiple de ln (par la constante ln101), donc elle vérifie les mêmes règles algébriques : log(ab)=loga+logb, log(a/b)=loga−logb, log(an)=nloga. De plus, pour tout n∈Z :
En effet, log(10n)=ln(10)ln(10n)=ln(10)nln(10)=n.
Exemple — calculs avec log
log(1000)=log(103)=3
log(0,01)=log(10−2)=−2
log(2)+log(50)=log(2×50)
=log(100)=2
Figure 4 — La courbe de log a la même allure que celle de ln (même sens de variation, même asymptote verticale en x=0), mais elle est « aplatie » d'un facteur ln101≈0,434.
Attention
Dans ce chapitre (et dans toute la filière C/D), log désigne toujours le logarithme décimal (base 10), tandis que ln désigne le logarithme népérien (base e). Ne les confonds jamais dans un calcul : log(100)=2 mais ln(100)≈4,605.
6.2 Nombre de chiffres d'un entier
Théorème
Soit N un entier naturel non nul et d son nombre de chiffres en écriture décimale. Alors :
d=⌊log(N)⌋+1
Démonstration
Un entier N possède d chiffres si et seulement si 10d−1⩽N<10d (par exemple, les entiers à 3 chiffres sont ceux de 100 à 999, soit 102⩽N<103).
10d−1⩽N<10d
⟺d−1⩽log(N)<dlog strictement croissante
Or d−1 est un entier, et d−1⩽log(N)<d signifie exactement que d−1 est le plus grand entier inférieur ou égal à log(N), c'est-à-dire d−1=⌊log(N)⌋. D'où d=⌊log(N)⌋+1. C.Q.F.D.
Exemple — combien de chiffres a 2100 ?
log(2100)=100log(2)
≈100×0,301
≈30,1
⇒d=⌊30,1⌋+1=30+1=31
2100 s'écrit avec 31 chiffres.
Math & Co — Henry Briggs et les tables décimales
En 1615, le mathématicien anglais Henry Briggs rend visite à Neper en Écosse. Les deux hommes s'accordent sur une amélioration pratique : construire des logarithmes en base 10, calés sur notre système de numération, plutôt que sur la base d'origine de Neper. Briggs publie en 1624 son Arithmetica Logarithmica, contenant les logarithmes décimaux de 30000 nombres calculés à quatorze décimales — un travail manuel titanesque.
Ces tables resteront l'outil de calcul de référence des scientifiques, ingénieurs et navigateurs pendant plus de trois siècles, jusqu'à l'apparition des calculatrices électroniques dans les années 1970. La règle à calcul, instrument emblématique des ingénieurs jusqu'à cette époque (elle a permis, entre autres, les calculs de la mission Apollo 11 en 1969), n'est rien d'autre qu'une addition physique de longueurs proportionnelles à des logarithmes décimaux.
7Applications
Le logarithme décimal n'est pas qu'un outil de calcul abstrait : il structure des échelles que tu croises tous les jours, précisément parce qu'il « compresse » des grandeurs qui varient sur plusieurs ordres de grandeur en une échelle lisible et régulière.
7.1 Le pH en chimie
Définition
Le pH d'une solution aqueuse est défini à partir de la concentration en ions oxonium [H3O+], exprimée en mol⋅L−1 :
pH=−log[H3O+]
Exemple — calculer un pH, et sa réciproque
a) Un jus de citron a une concentration [H3O+]=4,0×10−3mol⋅L−1.
pH=−log(4,0×10−3)
=−(log(4)+log(10−3))
=−(2log(2)−3)log2≈0,301
≈3−0,602
≈2,4
b) L'eau de mer a un pH ≈8,1 : sa concentration vaut [H3O+]=10−8,1≈7,9×10−9mol⋅L−1.
Figure 5 — L'échelle de pH : chaque unité correspond à une concentration en H3O+ multipliée ou divisée par 10, exactement comme une échelle logarithmique.
7.2 La magnitude de Richter
Définition
La magnitude d'un séisme, sur l'échelle de Richter, est donnée par M=log(A0A), où A est l'amplitude des oscillations enregistrées par un sismographe et A0 une amplitude de référence fixée.
Exemple — comparer deux séismes
Un séisme de magnitude M1=4 et un autre de magnitude M2=6 : quel est le rapport de leurs amplitudes ?
M2−M1=log(A0A2)−log(A0A1)
=log(A1A2)propriété du quotient
6−4=log(A1A2)
⇒A1A2=102=100
Un séisme de magnitude 6 a une amplitude 100 fois plus grande qu'un séisme de magnitude 4 : deux points de magnitude changent tout.
7.3 Les décibels
Définition
Le niveau d'intensité sonore, en décibels (dB), est donné par L=10log(I0I), où I est l'intensité sonore (en W⋅m−2) et I0=10−12W⋅m−2 le seuil d'audibilité humaine.
Exemple — niveau sonore d'une conversation
Une conversation normale correspond à I=10−6W⋅m−2.
L=10log(10−1210−6)
=10log(106)
=10×6
=60dB
7.4 Combien de chiffres a un très grand nombre ?
Le théorème de la section 6.2 est précieux dès qu'on manipule de très grands entiers, par exemple en cryptographie (les clés RSA utilisent des nombres premiers de plusieurs centaines de chiffres).
Exemple — le nombre de chiffres de 340
log(340)=40log(3)
≈40×0,477
≈19,08
⇒d=⌊19,08⌋+1=20
340 s'écrit avec 20 chiffres — un calcul instantané qui, sans logarithme, exigerait de calculer explicitement 340=12157665459056928801.
Fiche mémo
ln est l'unique primitive de x↦x1 sur ]0;+∞[ qui s'annule en 1 : ln′(x)=x1, ln(1)=0, ln(e)=1.
Dix-sept exercices, du plus direct au plus proche du bac, chacun corrigé intégralement. Cherche d'abord seul, puis compare avec le corrigé — c'est ainsi que tu progresses le plus vite.
Niveau 1 — Application directe
1
Sachant que ln2≈0,693 et ln3≈1,099, calcule sans calculatrice : A=ln(e3)+ln(e1) ; B=ln8−ln2 ; C=3ln2−ln4.
Voir le corrigé détaillé
A=3−1=2ln(e3)=3,ln(1/e)=−1
B=ln(28)=ln4=2ln2≈1,386
C=ln8−ln4=ln2≈0,693
2
Calcule la dérivée de chaque fonction, en précisant son domaine : f(x)=ln(3x+1) ; g(x)=ln(x2+5) ; h(x)=ln(5−2x).
Voir le corrigé détaillé
f : domaine x>−31 ; f′(x)=3x+13
g : domaine Rx2+5>0 toujours
g′(x)=x2+52x
h : domaine x<25 ; h′(x)=5−2x−2
3
Résous dans R : ln(x)=2 ; ln(2x−1)=0 ; ln(x)=ln(3)+ln(4).
Calcule log(100000) ; log(0,001) ; log(4)+log(25) ; puis détermine le nombre de chiffres de 550 (on donne log5≈0,699).
Voir le corrigé détaillé
log(100000)=log(105)=5
log(0,001)=log(10−3)=−3
log4+log25=log100=2
log(550)=50log5≈34,95
⇒d=⌊34,95⌋+1=35 chiffres
Niveau 2 — Approfondissement
7
Résous dans R : (lnx)2−ln(x)−6=0.
Voir le corrigé détaillé
domaine x>0 ; on pose X=lnx
X2−X−6=0
Δ=1+24=25
⇒X=21−5=−2 ou X=21+5=3
lnx=−2⇒x=e−2lnx=3⇒x=e3
S={e−2;e3}.
8
Résous dans R : ln(x+2)+ln(x)⩽ln(3).
Voir le corrigé détaillé
domaine : x+2>0 et x>0soit x>0
ln(x(x+2))⩽ln(3)
⟺x2+2x⩽3ln croissante, deux membres >0
⟺x2+2x−3⩽0
⟺(x+3)(x−1)⩽0
⟺−3⩽x⩽1
Intersection avec le domaine x>0 : S=]0;1].
9
Soit f(x)=x2−2ln(x) sur ]0;+∞[. Détermine les limites de f aux bornes, étudie le signe de f′, dresse le tableau de variations de f, et donne le minimum de f.
Voir le corrigé détaillé
en 0+ : x2→0 et −2lnx→+∞⇒f→+∞
en +∞ : f(x)=x2(1−x22lnx)→+∞×1croissance comparée
f′(x)=2x−x2=x2(x2−1)
pour x>0 : signe de f′(x) = signe de x2−1
f(1)=1−2ln(1)=1−0=1
x
0
1
+∞
Signe de f′(x)
∥
− 0 +
Variations de f
∥ +∞
↘ 1 ↗
+∞
Le minimum de f sur ]0;+∞[ vaut 1, atteint en x=1.
10
Calcule x→+∞lim[ln(x+1)−ln(x)] et x→0lim3xln(1+2x).
Voir le corrigé détaillé
ln(x+1)−ln(x)=ln(xx+1)=ln(1+x1)
x1→0 donc ln(1+x1)→ln(1)=0continuité de ln en 1
3xln(1+2x)=32×2xln(1+2x)
→32×1=32limite de référence, t=2x→0
11
Détermine une primitive de f(x)=4x+14 sur ]−41;+∞[, puis une primitive de g(x)=x−21 sur chacun des intervalles de son domaine.
Voir le corrigé détaillé
f=uu′ avec u(x)=4x+1>0 sur ]−41;+∞[
⇒F(x)=ln(4x+1)+k
g=uu′ avec u(x)=x−2, qui s'annule en 2
⇒G(x)=ln∣x−2∣+ksur ]−∞;2[ et sur ]2;+∞[
Niveau 3 — Type bac
12
ROC. On admet que pour tout x>0, ln(x)⩽x−1.
En appliquant cette inégalité à x, montre que pour tout x>0 : ln(x)<2x.
En déduire x→+∞limxlnx, en rédigeant une démonstration complète.
Voir le corrigé détaillé
1.
ln(x)⩽x−1inégalité admise, appliquée à x>0
ln(x)=21lnx
⇒21lnx⩽x−1<x
⇒lnx<2x
2. Pour x>0, on divise l'inégalité par x>0 :
0<xlnx<x2x=x2pour x⩾1, lnx⩾0
x→+∞limx2=0
⇒x→+∞limxlnx=0théorème des gendarmes
13
On considère f(x)=ln(x)−x+2 sur ]0;+∞[, de courbe représentative C.
Détermine les limites de f en 0+ et en +∞.
Calcule f′(x), étudie son signe et dresse le tableau de variations de f.
Justifie que l'équation f(x)=0 admet une unique solution α dans ]3;4[, puis donne un encadrement de α d'amplitude 10−1.
Détermine une équation de la tangente à C au point d'abscisse 1.
Voir le corrigé détaillé
1.
en 0+ : lnx→−∞ et −x+2→2⇒f→−∞
en +∞ : f(x)=x(xlnx−1+x2)
→+∞×(0−1+0)=−∞croissance comparée
2.
f′(x)=x1−1=x1−x
pour x>0 : signe de f′(x) = signe de 1−x
f(1)=ln(1)−1+2=1
x
0
1
+∞
Signe de f′(x)
∥
+ 0 −
Variations de f
∥ −∞
↗ 1 ↘
−∞
3. Sur [3;4], f est continue (dérivable) et strictement décroissante. Or :
f(3)=ln(3)−1≈0,099>0
f(4)=ln(4)−2≈−0,614<0
f(3) et f(4) sont de signes contraires : d'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l'équation f(x)=0 admet une unique solution α dans ]3;4[. De plus f(3,1)≈0,031>0 et f(3,2)≈−0,037<0, donc 3,1<α<3,2.
4.f′(1)=1−1=0 : la tangente en x=1 est horizontale (cohérent, x=1 est un maximum). Son équation est y=f(1)=1.
Figure 6 — La courbe de f(x)=lnx−x+2 : maximum en (1;1) avec tangente horizontale, et unique racine α≈3,15 entre 3 et 4.
14
Résous dans R l'inéquation ln(x−1)+ln(x+1)⩽ln(2x+3).
Voir le corrigé détaillé
domaine : x−1>0, x+1>0, 2x+3>0soit x>1
ln((x−1)(x+1))⩽ln(2x+3)
⟺ln(x2−1)⩽ln(2x+3)
⟺x2−1⩽2x+3ln croissante, deux membres >0 sur le domaine
⟺x2−2x−4⩽0
Δ=4+16=2020=25
⇒racines 1−5 et 1+5
⟺1−5⩽x⩽1+5
Intersection avec le domaine x>1 : comme 1−5<1, il reste S=]1;1+5], soit S≈]1;3,24].
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
15
Qualité de l'eau à Dakar. Au laboratoire d'analyse des eaux de Dakar, un technicien étudie deux échantillons : l'eau du robinet, de concentration [H3O+]=5,0×10−8mol⋅L−1, et une eau de pluie légèrement acide, de pH =5,6.
Calcule le pH de l'eau du robinet (on donne log5≈0,699).
Calcule la concentration en ions oxonium de l'eau de pluie.
Laquelle des deux eaux est la plus acide ? Justifie.
Voir le corrigé détaillé
pH=−log(5,0×10−8)
=−(log5−8)
≈8−0,699
≈7,3
[H3O+]=10−5,6
≈2,5×10−6mol⋅L−1
Le pH de l'eau de pluie (5,6) est plus petit que celui de l'eau du robinet (≈7,3) : l'eau de pluie est la plus acide (rappel : plus le pH est petit, plus la solution est acide).
16
Bruit au marché de Yaoundé. Un sonomètre installé au marché central de Yaoundé indique un niveau sonore L=75dB aux heures de pointe.
Calcule l'intensité sonore I correspondante (rappel : I0=10−12W⋅m−2).
Un camion qui klaxonne fait grimper le niveau à 95dB. Calcule le rapport entre les deux intensités sonores.
Le klaxon du camion multiplie l'intensité sonore par 100.
17
Abonnés téléphoniques à Bamako. Un opérateur de téléphonie mobile comptait 1,2 million d'abonnés à Bamako au 1er janvier 2020, avec une croissance annuelle de 8%. On modélise le nombre d'abonnés (en millions), n années plus tard, par un=1,2×1,08n.
Résous dans N l'inéquation 1,08n⩾2.
Au bout de combien d'années le nombre d'abonnés aura-t-il doublé ? En quelle année ?
Voir le corrigé détaillé
1,08n⩾2
⟺ln(1,08n)⩾ln(2)ln croissante
⟺nln(1,08)⩾ln(2)
⟺n⩾ln(1,08)ln2ln(1,08)>0, le sens ne change pas
≈n⩾0,07700,693≈9,01
Comme n est un entier, la plus petite valeur possible est n=10 (on vérifie que 1,089≈1,999<2 tandis que 1,0810≈2,159>2). Le nombre d'abonnés aura donc doublé au bout de 10 ans, soit en 2030.
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La fonction ln est définie comme :
Explication : Par définition, ln est l'unique primitive sur ]0;+∞[ de x↦x1 qui vaut 0 en 1 : ainsi ln′(x)=x1 et ln(1)=0.
Quel est l'ensemble de définition de la fonction ln ?
Explication :ln n'existe que pour les réels strictement positifs : aucun sens à donner à ln(0) ou à ln(−2).
Pour 0<x<1, quel est le signe de ln(x) ?
Explication : Comme ln est strictement croissante et ln(1)=0, pour 0<x<1 on a ln(x)<ln(1)=0.
Pour tous réels a>0 et b>0, la relation fonctionnelle fondamentale du logarithme s'écrit :
Explication : C'est la propriété qui donne son nom au logarithme : elle transforme un produit en une somme, ln(ab)=ln(a)+ln(b).
Pour tout réel a>0 et tout entier relatif n, on a :
Explication : C'est une conséquence directe de la relation fonctionnelle, appliquée n fois (ou étendue aux entiers négatifs et nuls) : ln(an)=nln(a).
Que valent x→+∞limln(x) et x→0+limln(x) ?
Explication :x→+∞limln(x)=+∞ et x→0+limln(x)=−∞ : la droite x=0 est asymptote verticale.
Pour tout réel x>0, quelle inégalité de référence relie ln(x) et x−1 ?
Explication : Cette inégalité fondamentale se démontre en étudiant la fonction auxiliaire g(x)=x−1−ln(x), qui admet un minimum nul en x=1 : la courbe de ln reste toujours sous la droite y=x−1, sa tangente en 1.
Que vaut x→+∞limxln(x) ?
Explication : C'est le théorème de croissance comparée en +∞ : en +∞, x l'emporte toujours sur ln(x), donc le quotient tend vers 0.
Que vaut x→0+limxln(x) ?
Explication : C'est la croissance comparée en 0+ : bien que ln(x)→−∞, le facteur x→0 l'emporte, et le produit tend vers 0.
Pour u une fonction dérivable et strictement positive sur un intervalle I, la dérivée de ln(u) est :
Explication :ln(u) est la composée ln∘u : d'après la formule de dérivation d'une composée, (lnu)′(x)=u(x)u′(x). Écrire ln(u′) est une erreur fréquente à bannir.
Quelle est la dérivée de f(x)=ln(4x−1) sur son domaine ?
Explication : Ici u(x)=4x−1, donc u′(x)=4, et f′(x)=u(x)u′(x)=4x−14.
Le nombre e, base du logarithme népérien, est caractérisé par :
Explication :e est, par définition, l'unique réel strictement positif tel que ln(e)=1 (antécédent de 1 par la bijection ln) ; e≈2,71828.
Sur ]0;+∞[, la fonction ln est :
Explication :ln est concave sur ]0;+∞[ : sa courbe est entièrement en dessous de chacune de ses tangentes (cohérent avec ln(x)⩽x−1, l'inégalité de la tangente en 1).
Résous dans R l'équation ln(x)+ln(x−3)=ln(4). Après avoir posé le domaine x>3 et factorisé, on obtient (x−4)(x+1)=0. Quelle est la conclusion ?
Explication : Le domaine impose x>3 (il faut x>0 et x−3>0). Seul x=4 appartient à ce domaine ; x=−1 doit être rejeté, même s'il vérifie l'équation algébrique intermédiaire.
Résous dans R l'inéquation ln(2x−1)<ln(7).
Explication : Domaine : 2x−1>0⟺x>21. Comme ln est croissante : 2x−1<7⟺x<4. L'intersection des deux conditions donne 21<x<4.
Pour résoudre (lnx)2−3ln(x)+2=0, on pose X=ln(x) et on trouve X=1 ou X=2. Quelles sont les solutions en x ?
Explication : On revient à x grâce à ln(x)=X⟺x=eX : ln(x)=1⇒x=e et ln(x)=2⇒x=e2, toutes deux positives donc valides.
Le logarithme décimal log(x), utilisé en sciences expérimentales, est défini par :
Explication : Par définition, log(x)=ln(10)ln(x) : c'est un simple multiple de ln, ce qui donne log(10n)=n pour tout entier n.
Le pH d'une solution vérifie pH=−log[H3O+]. Une solution a une concentration [H3O+]=10−5mol⋅L−1. Quel est son pH ?
Explication :pH=−log(10−5)=−(−5)=5, en utilisant log(10n)=n.
Sur l'échelle de Richter, la magnitude vérifie M=log(A0A). Un séisme de magnitude 7 a une amplitude combien de fois plus grande qu'un séisme de magnitude 5 ?
Explication :M2−M1=log(A1A2), donc 7−5=2=log(A1A2), d'où A1A2=102=100 : deux points de magnitude multiplient l'amplitude par 100.
Combien de chiffres possède l'entier 250, sachant que log(2)≈0,301 et que d=⌊log(N)⌋+1 ?
Explication :log(250)=50log(2)≈50×0,301=15,05. Donc d=⌊15,05⌋+1=15+1=16 chiffres.