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Étude de fonctions et courbes

Conduire une étude complète et exploiter la courbe obtenue.

Mathématiques Terminale Chapitre 3 / 19 ⏱ 11 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Rédiger une étude de fonction complète
  • Étudier la convexité
  • Discuter graphiquement le nombre de solutions d'une équation

Depuis la seconde, tu apprends à observer les fonctions morceau par morceau : un domaine ici, une dérivée là, une limite ailleurs. Ce chapitre assemble enfin toutes les pièces. L'étude complète d'une fonction est l'exercice roi du baccalauréat : presque chaque sujet de série C ou D contient un « problème » qui commence par « Soit ff la fonction définie par… » et se termine par « tracer la courbe (Cf)(\mathcal{C}_f) ». Savoir dérouler ce plan sans hésiter, c'est déjà s'assurer une grosse partie des points.

Mais il ne s'agit pas seulement de réussir un exercice imposé. Une courbe bien tracée raconte le phénomène qu'elle représente : le coût moyen d'un atelier de Dakar qui passe par un minimum, la consommation d'un camion entre Ndjamena et Abéché qui dépend de la vitesse, le nombre d'adhérents d'un club qui sature sous un seuil. Les asymptotes, les extremums, les points d'inflexion sont les mots de ce langage graphique.

Par rapport à la première, deux nouveautés majeures t'attendent : les branches infinies (asymptotes obliques, branches paraboliques) et la convexité avec les points d'inflexion. Tu apprendras aussi à exploiter la courbe en sens inverse : discuter graphiquement le nombre de solutions d'une équation. On y va, avec méthode.

1Plan d'étude complet

Commençons par fixer le vocabulaire. Dans tout le chapitre, le plan est muni d'un repère orthogonal (O;i⃗,j⃗)(O; \vec{i}, \vec{j}).

Définition

Soit ff une fonction définie sur une partie DfD_f de R\mathbb{R}. La courbe représentative de ff, notée (Cf)(\mathcal{C}_f), est l'ensemble des points M(x ; f(x))M(x\ ;\ f(x)) lorsque xx décrit DfD_f. Autrement dit :

M(x ; y)∈(Cf)  ⟺  x∈Df et y=f(x)M(x\ ;\ y) \in (\mathcal{C}_f) \iff x \in D_f \text{ et } y = f(x)

Étudier une fonction, c'est répondre dans l'ordre à une liste de questions toujours identique. Ce plan doit devenir un réflexe : au bac, il te sert de fil conducteur même quand l'énoncé ne détaille pas les étapes.

Méthode — le plan d'étude en sept étapes
  1. Ensemble de définition DfD_f : valeurs interdites (dénominateurs nuls), radicandes positifs ou nuls.
  2. Réduction du domaine d'étude : parité, périodicité, éléments de symétrie éventuels.
  3. Limites aux bornes de DfD_f et asymptotes ou branches infinies.
  4. Dérivée f′f' et étude de son signe.
  5. Tableau de variations complet : flèches, extremums, limites.
  6. Points remarquables : intersections avec les axes, tangentes particulières, points d'inflexion.
  7. Tracé soigné : asymptotes d'abord, points ensuite, courbe enfin.
Attention — le domaine avant tout

Ne calcule jamais f′f' avant d'avoir déterminé DfD_f. Dériver f(x)=x2+1x−1f(x) = \dfrac{x^{2}+1}{x-1} sans exclure x=1x = 1, c'est parler d'un nombre f′(1)f'(1) qui n'existe pas — et au bac, l'examinateur le sanctionne dès la première ligne.

1.1  Réduire le domaine d'étude

Deux propriétés permettent de ne travailler que sur une moitié (ou une période) du domaine, puis de compléter la courbe par symétrie ou par translation.

Propriété — parité et périodicité
  • ff est paire si pour tout x∈Dfx \in D_f, −x∈Df-x \in D_f et f(−x)=f(x)f(-x) = f(x) : la courbe est symétrique par rapport à l'axe (Oy)(Oy). On étudie ff sur Df∩[0 ; +∞[D_f \cap [0\ ;\ +\infty[.
  • ff est impaire si pour tout x∈Dfx \in D_f, −x∈Df-x \in D_f et f(−x)=−f(x)f(-x) = -f(x) : la courbe est symétrique par rapport à l'origine OO.
  • ff est périodique de période TT si pour tout x∈Dfx \in D_f, x+T∈Dfx + T \in D_f et f(x+T)=f(x)f(x+T) = f(x) : la courbe est invariante par la translation de vecteur T i⃗T\,\vec{i}. On étudie ff sur un intervalle de longueur TT.
Exemple — domaine et parité

a) Soit f(x)=xx2−4f(x) = \dfrac{x}{x^{2}-4}. Le dénominateur s'annule pour x=−2x = -2 et x=2x = 2 :

  1. Df=R∖{−2 ; 2}D_f = \mathbb{R} \setminus \{-2\ ;\ 2\}domaine symétrique par rapport à 00
  2. f(−x)=−x(−x)2−4f(-x) = \dfrac{-x}{(-x)^{2}-4}
  3. ==−xx2−4\dfrac{-x}{x^{2}-4}
  4. ==−f(x)-f(x)ff est impaire : symétrie de centre OO

b) Soit g(x)=cos⁡(2x)g(x) = \cos(2x). Pour tout réel xx :

  1. g(x+π)=cos⁡(2x+2π)g(x + \pi) = \cos(2x + 2\pi)
  2. ==cos⁡(2x)\cos(2x)la fonction cosinus est 2π2\pi-périodique
  3. ==g(x)g(x)gg est π\pi-périodique : on l'étudie sur [−π2 ; π2]\left[-\frac{\pi}{2}\ ;\ \frac{\pi}{2}\right]

1.2  Une étude modèle rédigée

Voici, rédigée comme sur une copie de bac, l'étude de la fonction polynôme f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3} - 3x + 1. Observe la structure : chaque étape est annoncée, chaque affirmation est justifiée.

Exemple — étude complète de f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3} - 3x + 1

1. Domaine. ff est une fonction polynôme : Df=RD_f = \mathbb{R}.

2. Parité. f(1)=−1f(1) = -1 et f(−1)=3f(-1) = 3 : comme f(−1)≠f(1)f(-1) \neq f(1) et f(−1)≠−f(1)f(-1) \neq -f(1), ff n'est ni paire ni impaire.

3. Limites. À l'infini, un polynôme a la limite de son terme de plus haut degré :

  1. lim⁡x→−∞f(x)=lim⁡x→−∞x3=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = \lim_{x \to -\infty} x^{3} = -\infty
  2. lim⁡x→+∞f(x)=lim⁡x→+∞x3=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = \lim_{x \to +\infty} x^{3} = +\infty

4. Dérivée et signe. ff est dérivable sur R\mathbb{R} et :

  1. f′(x)=3x2−3f'(x) = 3x^{2} - 3
  2. ==3(x2−1)3(x^{2} - 1)
  3. ==3(x−1)(x+1)3(x-1)(x+1)identité remarquable a2−b2a^{2}-b^{2}

Trinôme du second degré de racines −1-1 et 11, positif à l'extérieur des racines : f′(x)>0f'(x) > 0 sur ]−∞ ; −1[]-\infty\ ;\ -1[ et sur ]1 ; +∞[]1\ ;\ +\infty[, f′(x)<0f'(x) < 0 sur ]−1 ; 1[]-1\ ;\ 1[.

5. Tableau de variations. On calcule f(−1)=−1+3+1=3f(-1) = -1 + 3 + 1 = 3 et f(1)=1−3+1=−1f(1) = 1 - 3 + 1 = -1.

xx−∞-\infty−1-111+∞+\infty
f′(x)f'(x)++00−-00++
ff−∞-\infty↗33↘−1-1↗+∞+\infty

ff admet un maximum local 33 en x=−1x = -1 et un minimum local −1-1 en x=1x = 1 ; en ces points, la tangente à (Cf)(\mathcal{C}_f) est horizontale.

6. Points remarquables. f(0)=1f(0) = 1 : la courbe coupe l'axe (Oy)(Oy) au point (0 ; 1)(0\ ;\ 1), avec une tangente de coefficient directeur f′(0)=−3f'(0) = -3, soit la droite y=−3x+1y = -3x + 1.

7. Tracé. Voir la figure 1 : la courbe monte, culmine en A(−1 ; 3)A(-1\ ;\ 3), redescend jusqu'à B(1 ; −1)B(1\ ;\ -1), puis remonte définitivement.

-3-2-1123 -4-2-11234Oxy A(−1 ; 3)B(1 ; −1)(0 ; 1) tangentes horizontalesaux extremums locaux y = x³ − 3x + 1
Figure 1 — Étude complète de f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3} - 3x + 1 : maximum local A(−1 ; 3)A(-1\ ;\ 3), minimum local B(1 ; −1)B(1\ ;\ -1), tangentes horizontales aux extremums, et limites infinies aux deux bouts. La courbe traduit fidèlement le tableau de variations.
Math & Co — Quand l'algèbre rencontre le dessin

Associer une courbe à une équation nous paraît naturel ; c'est pourtant une invention datée. En 1637, le Français René Descartes publie La Géométrie, en appendice du Discours de la méthode : il y montre qu'un point du plan peut être repéré par deux nombres, et qu'une relation entre ces nombres dessine une courbe. Au même moment, Pierre de Fermat, magistrat à Toulouse, développe indépendamment la même idée et une méthode pour trouver les maximums et minimums — l'ancêtre direct de notre dérivée.

Le mot « repère cartésien » vient du nom latinisé de Descartes, Cartesius. C'est Leonhard Euler qui, dans son Introductio in analysin infinitorum (1748), systématisera l'étude des fonctions telle que tu la pratiques dans ce chapitre.

2Branches infinies et asymptotes

Quand xx tend vers une borne du domaine ou vers l'infini, la courbe « part » : on dit qu'elle possède une branche infinie. Le travail consiste à décrire cette fuite le plus précisément possible, et le plus souvent une droite suffit à la résumer : c'est l'asymptote.

Définition — les trois asymptotes
  • La droite d'équation x=ax = a est asymptote verticale à (Cf)(\mathcal{C}_f) si lim⁡x→af(x)=±∞\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = \pm\infty (limite à gauche ou à droite de aa).
  • La droite d'équation y=by = b est asymptote horizontale à (Cf)(\mathcal{C}_f) en +∞+\infty (resp. en −∞-\infty) si lim⁡x→+∞f(x)=b\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = b (resp. en −∞-\infty).
  • La droite d'équation y=ax+by = ax + b (a≠0a \neq 0) est asymptote oblique à (Cf)(\mathcal{C}_f) en +∞+\infty (resp. −∞-\infty) si lim⁡x→+∞[f(x)−(ax+b)]=0.\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left[ f(x) - (ax + b) \right] = 0.

Dans le troisième cas, la quantité d(x)=f(x)−(ax+b)d(x) = f(x) - (ax+b) mesure l'écart vertical entre la courbe et la droite : il s'écrase vers 00, la courbe « se couche » sur la droite. Le signe de cet écart renseigne sur la position relative.

Propriété — position relative de la courbe et de son asymptote

Soit (Δ)(\Delta) : y=ax+by = ax + b une asymptote (horizontale si a=0a = 0, oblique sinon). Sur tout intervalle II :

  • si f(x)−(ax+b)>0f(x) - (ax+b) > 0 sur II, alors (Cf)(\mathcal{C}_f) est au-dessus de (Δ)(\Delta) ;
  • si f(x)−(ax+b)<0f(x) - (ax+b) < 0 sur II, alors (Cf)(\mathcal{C}_f) est en dessous de (Δ)(\Delta) ;
  • si f(x0)−(ax0+b)=0f(x_0) - (ax_0 + b) = 0, la courbe coupe son asymptote au point d'abscisse x0x_0 — c'est possible !
Les quatre comportements possibles d'une branche infinie ① asymptote horizontale y = 2 f(x) → 2 quand x → +∞ ② asymptote verticale x = 2 limite infinie en 2 ③ asymptote oblique y = x f(x) − x → 0 ④ branches paraboliques y = x²/4 (dir. Oy)y = 2√x (dir. Ox)
Figure 2 — Panorama des branches infinies. ① y=2+3xy = 2 + \dfrac{3}{x} se couche sur la droite y=2y = 2 ; ② y=1x−2y = \dfrac{1}{x-2} explose de part et d'autre de x=2x = 2 ; ③ y=x+2xy = x + \dfrac{2}{x} se colle à la droite y=xy = x ; ④ y=x24y = \dfrac{x^{2}}{4} monte plus vite que toute droite (direction (Oy)(Oy)) tandis que y=2xy = 2\sqrt{x} monte moins vite que toute droite (direction (Ox)(Ox)), sans asymptote ni l'une ni l'autre.

2.1  Reconnaître une branche infinie en l'infini

Lorsque lim⁡x→+∞f(x)=±∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = \pm\infty, la courbe part vers le haut ou le bas, mais comment ? Comme une droite (asymptote oblique) ? Plus vite (comme une parabole « debout ») ? Moins vite (comme une parabole « couchée ») ? Le quotient f(x)x\dfrac{f(x)}{x}, qui compare ff à la fonction identité, tranche la question.

Méthode — étudier une branche infinie quand lim⁡f(x)=±∞\lim f(x) = \pm\infty

On calcule lim⁡x→+∞f(x)x\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{f(x)}{x} (de même en −∞-\infty).

  • Si cette limite est infinie : branche parabolique de direction (Oy)(Oy).
  • Si cette limite est nulle : branche parabolique de direction (Ox)(Ox).
  • Si cette limite est un réel a≠0a \neq 0, on calcule lim⁡x→+∞[f(x)−ax]\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left[ f(x) - ax \right] :
    • limite finie bb : la droite y=ax+by = ax + b est asymptote oblique ;
    • limite infinie : branche parabolique de direction la droite y=axy = ax.
Théorème — caractérisation de l'asymptote oblique

La droite y=ax+by = ax + b est asymptote oblique à (Cf)(\mathcal{C}_f) en +∞+\infty si et seulement si

lim⁡x→+∞f(x)x=aetlim⁡x→+∞[f(x)−ax]=b.\lim_{x \to +\infty} \dfrac{f(x)}{x} = a \quad \text{et} \quad \lim_{x \to +\infty} \left[ f(x) - ax \right] = b.

Démonstration

Sens direct. On suppose lim⁡x→+∞[f(x)−(ax+b)]=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} [f(x) - (ax+b)] = 0 et on pose ε(x)=f(x)−ax−b\varepsilon(x) = f(x) - ax - b, de sorte que f(x)=ax+b+ε(x)f(x) = ax + b + \varepsilon(x) avec ε(x)→0\varepsilon(x) \to 0.

  1. f(x)x=a+bx+ε(x)x\dfrac{f(x)}{x} = a + \dfrac{b}{x} + \dfrac{\varepsilon(x)}{x}on divise par x≠0x \neq 0
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞f(x)x=a\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{f(x)}{x} = acar bx→0\dfrac{b}{x} \to 0 et ε(x)x→0\dfrac{\varepsilon(x)}{x} \to 0
  3. f(x)−ax=b+ε(x)f(x) - ax = b + \varepsilon(x)
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞[f(x)−ax]=b\displaystyle\lim_{x \to +\infty} [f(x) - ax] = b

Réciproque. Si lim⁡x→+∞[f(x)−ax]=b\displaystyle\lim_{x \to +\infty} [f(x) - ax] = b, alors f(x)−(ax+b)=[f(x)−ax]−bf(x) - (ax + b) = [f(x) - ax] - b tend vers b−b=0b - b = 0 : la droite y=ax+by = ax+b est bien asymptote. C.Q.F.D.

Exemple — asymptotes verticale et horizontale de f(x)=3x−2x+1f(x) = \dfrac{3x - 2}{x + 1}

Df=R∖{−1}D_f = \mathbb{R} \setminus \{-1\}. En l'infini, on factorise par les termes dominants :

  1. f(x)=x(3−2x)x(1+1x)f(x) = \dfrac{x\left(3 - \frac{2}{x}\right)}{x\left(1 + \frac{1}{x}\right)}
  2. ==3−2x1+1x\dfrac{3 - \frac{2}{x}}{1 + \frac{1}{x}}
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→±∞f(x)=3\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} f(x) = 3la droite y=3y = 3 est asymptote horizontale en −∞-\infty et en +∞+\infty

En −1-1, le numérateur tend vers −5≠0-5 \neq 0 et le dénominateur vers 00 : il faut le signe de x+1x + 1.

  1. x→−1−x \to -1^{-} : x+1→0−x + 1 \to 0^{-} et 3x−2→−53x - 2 \to -5
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→−1−f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{-}} f(x) = +\inftyquotient de deux nombres négatifs
  3. x→−1+x \to -1^{+} : x+1→0+x + 1 \to 0^{+}
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→−1+f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{+}} f(x) = -\inftyla droite x=−1x = -1 est asymptote verticale

Position relative : f(x)−3=3x−2−3x−3x+1=−5x+1f(x) - 3 = \dfrac{3x - 2 - 3x - 3}{x+1} = \dfrac{-5}{x+1}, négatif pour x>−1x > -1, positif pour x<−1x < -1. La courbe est en dessous de y=3y = 3 sur ]−1 ; +∞[]-1\ ;\ +\infty[ et au-dessus sur ]−∞ ; −1[]-\infty\ ;\ -1[.

Exemple — asymptote oblique de g(x)=x2+2x−1x+1g(x) = \dfrac{x^{2} + 2x - 1}{x + 1}

Dg=R∖{−1}D_g = \mathbb{R} \setminus \{-1\}. On cherche à écrire g(x)=ax+b+cx+1g(x) = ax + b + \dfrac{c}{x+1}. En réduisant au même dénominateur, ax+b+cx+1=ax2+(a+b)x+b+cx+1ax + b + \dfrac{c}{x+1} = \dfrac{ax^{2} + (a+b)x + b + c}{x+1}, et par identification :

  1. a=1a = 1, a+b=2a + b = 2, b+c=−1b + c = -1
  2. ⇒\Rightarrowa=1a = 1, b=1b = 1, c=−2c = -2
  3. ⇒\Rightarrowg(x)=x+1−2x+1g(x) = x + 1 - \dfrac{2}{x+1}vérification : (x+1)2−2x+1=x2+2x−1x+1\dfrac{(x+1)^{2} - 2}{x+1} = \dfrac{x^{2}+2x-1}{x+1}
  4. g(x)−(x+1)=−2x+1g(x) - (x+1) = -\dfrac{2}{x+1}
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡x→±∞[g(x)−(x+1)]=0\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} \left[ g(x) - (x+1) \right] = 0la droite y=x+1y = x + 1 est asymptote oblique en −∞-\infty et en +∞+\infty

Le signe de −2x+1-\dfrac{2}{x+1} donne la position : la courbe est en dessous de la droite pour x>−1x > -1, au-dessus pour x<−1x < -1.

Attention — deux pièges classiques

1. Un dénominateur qui s'annule ne donne pas toujours une asymptote verticale : il faut une limite infinie. Ainsi h(x)=x2−1x−1=x+1h(x) = \dfrac{x^{2}-1}{x-1} = x + 1 pour x≠1x \neq 1 tend vers 22 en 11 : la courbe a un simple « trou », pas d'asymptote.

2. Étudie séparément +∞+\infty et −∞-\infty : une fonction peut avoir une asymptote oblique d'un côté et une asymptote horizontale de l'autre (tu le verras avec x+x2+1x + \sqrt{x^{2}+1} dans les exercices).

Math & Co — Un mot grec vieux de vingt-deux siècles

Le mot asymptote vient du grec asumptôtos, « qui ne tombe pas ensemble », c'est-à-dire « qui ne se rencontre pas ». On le doit à Apollonius de Perge (vers 262 – vers 190 av. J.-C.), l'auteur des Coniques, huit livres consacrés à l'ellipse, à la parabole et à l'hyperbole — trois noms qu'il a lui-même forgés. Apollonius démontre que l'hyperbole se rapproche indéfiniment de deux droites sans jamais les atteindre.

Le sens moderne est plus large : aujourd'hui une courbe peut parfaitement couper son asymptote, pourvu qu'elle finisse par s'en rapprocher indéfiniment. La fonction x↦sin⁡xxx \mapsto \dfrac{\sin x}{x}, par exemple, traverse une infinité de fois son asymptote y=0y = 0.

3Points d'inflexion et convexité

Le tableau de variations dit si la courbe monte ou descend ; il ne dit pas si elle monte « en creux » ou « en bosse ». Cette information supplémentaire, la convexité, se lit sur la dérivée seconde et permet un tracé beaucoup plus fidèle.

Définition

Soit ff dérivable sur un intervalle II.

  • ff est convexe sur II si (Cf)(\mathcal{C}_f) est au-dessus de chacune de ses tangentes sur II (la courbe « tourne sa concavité vers le haut », en forme de creux).
  • ff est concave sur II si (Cf)(\mathcal{C}_f) est en dessous de chacune de ses tangentes sur II (forme de bosse).
  • Un point d'inflexion est un point de (Cf)(\mathcal{C}_f) où la courbe traverse sa tangente : la convexité y change de sens.
Théorème — convexité et dérivée seconde

Soit ff deux fois dérivable sur un intervalle II.

  • ff est convexe sur II   ⟺  \iff f′f' est croissante sur II   ⟺  \iff f′′(x)⩾0f''(x) \geqslant 0 pour tout x∈Ix \in I.
  • ff est concave sur II   ⟺  \iff f′f' est décroissante sur II   ⟺  \iff f′′(x)⩽0f''(x) \leqslant 0 pour tout x∈Ix \in I.
  • (Cf)(\mathcal{C}_f) admet un point d'inflexion au point d'abscisse aa   ⟺  \iff f′′f'' s'annule en aa en changeant de signe.
Démonstration

Montrons que si f′f' est croissante sur II, la courbe est au-dessus de ses tangentes (l'équivalence entre « f′f' croissante » et « f′′⩾0f'' \geqslant 0 » est le théorème du chapitre précédent appliqué à f′f'). Soit a∈Ia \in I ; la tangente en aa a pour équation y=f(a)+f′(a)(x−a)y = f(a) + f'(a)(x-a). On pose, pour x∈Ix \in I :

  1. φ(x)=f(x)−f(a)−f′(a)(x−a)\varphi(x) = f(x) - f(a) - f'(a)(x - a)écart vertical entre la courbe et la tangente
  2. φ′(x)=f′(x)−f′(a)\varphi'(x) = f'(x) - f'(a)f(a)f(a) et f′(a)f'(a) sont des constantes
  3. si x⩽ax \leqslant a : f′(x)⩽f′(a)f'(x) \leqslant f'(a), donc φ′(x)⩽0\varphi'(x) \leqslant 0f′f' croissante
  4. si x⩾ax \geqslant a : f′(x)⩾f′(a)f'(x) \geqslant f'(a), donc φ′(x)⩾0\varphi'(x) \geqslant 0
  5. ⇒\Rightarrowφ\varphi décroît puis croît : elle admet un minimum en aa
  6. φ(a)=f(a)−f(a)−0=0\varphi(a) = f(a) - f(a) - 0 = 0
  7. ⇒\Rightarrowφ(x)⩾0\varphi(x) \geqslant 0 pour tout x∈Ix \in Ila courbe est au-dessus de la tangente en aa

Comme aa est quelconque dans II, ff est convexe. Le cas concave s'obtient en appliquant ce résultat à −f-f. Enfin, si f′′f'' change de signe en aa, la courbe passe du dessous au dessus de ses tangentes (ou l'inverse) : elle traverse sa tangente en aa. C.Q.F.D.

Exemple — convexité de g(x)=x3−3x2+4g(x) = x^{3} - 3x^{2} + 4
  1. g′(x)=3x2−6xg'(x) = 3x^{2} - 6x
  2. g′′(x)=6x−6g''(x) = 6x - 6
  3. ==6(x−1)6(x - 1)négatif si x<1x < 1, positif si x>1x > 1

gg est donc concave sur ]−∞ ; 1]]-\infty\ ;\ 1] et convexe sur [1 ; +∞[[1\ ;\ +\infty[. Comme g′′g'' s'annule en 11 en changeant de signe, le point I(1 ; g(1))=I(1 ; 2)I(1\ ;\ g(1)) = I(1\ ;\ 2) est un point d'inflexion. La tangente en II a pour coefficient directeur g′(1)=−3g'(1) = -3 :

  1. y=g′(1)(x−1)+g(1)y = g'(1)(x - 1) + g(1)
  2. ==−3(x−1)+2-3(x-1) + 2
  3. ==−3x+5-3x + 5c'est la droite rouge de la figure 3 : la courbe la traverse en II
-2-11234 -2-1123456O I(1 ; 2)point d'inflexion :(C) traverse sa tangente g″ < 0 : concavetangentes au-dessus g″ > 0 : convexetangentes en dessous y = x³ − 3x² + 4
Figure 3 — Convexité de g(x)=x3−3x2+4g(x) = x^{3} - 3x^{2} + 4. À gauche de II, la courbe reste sous ses tangentes (concave) ; à droite, elle reste au-dessus (convexe). En I(1 ; 2)I(1\ ;\ 2), point d'inflexion, la tangente rouge y=−3x+5y = -3x + 5 traverse la courbe.
Exemple — points d'inflexion de k(x)=x4−6x2k(x) = x^{4} - 6x^{2}
  1. k′(x)=4x3−12xk'(x) = 4x^{3} - 12x
  2. k′′(x)=12x2−12k''(x) = 12x^{2} - 12
  3. ==12(x−1)(x+1)12(x-1)(x+1)positif à l'extérieur des racines −1-1 et 11

kk est convexe sur ]−∞ ; −1]]-\infty\ ;\ -1], concave sur [−1 ; 1][-1\ ;\ 1], convexe sur [1 ; +∞[[1\ ;\ +\infty[. k′′k'' change de signe en −1-1 et en 11 : la courbe admet deux points d'inflexion, (−1 ; −5)(-1\ ;\ -5) et (1 ; −5)(1\ ;\ -5), puisque k(±1)=1−6=−5k(\pm 1) = 1 - 6 = -5.

Attention — f′′(a)=0f''(a) = 0 ne suffit pas

Pour f(x)=x4f(x) = x^{4}, f′′(x)=12x2f''(x) = 12x^{2} s'annule en 00 sans changer de signe : f′′⩾0f''\geqslant 0 partout, la fonction est convexe sur R\mathbb{R} et l'origine n'est pas un point d'inflexion. Vérifie toujours le changement de signe.

Ne confonds pas non plus « convexe » et « croissante » : x↦x2x \mapsto x^{2} est convexe sur R\mathbb{R} tout en étant décroissante sur ]−∞ ; 0]]-\infty\ ;\ 0]. Convexité et sens de variation sont deux informations indépendantes.

Pour le tracé : Un point d'inflexion est un point où la courbe est presque droite : trace-y un petit segment de tangente, la courbe s'y appuie. C'est souvent le point le plus « raide » d'une montée ou d'une descente.

4Éléments de symétrie

La parité n'est qu'un cas particulier : une courbe peut être symétrique par rapport à n'importe quelle droite verticale, ou par rapport à n'importe quel point. Repérer un tel élément de symétrie divise le travail par deux et fait gagner de précieuses minutes le jour du bac.

Théorème — axe de symétrie

Soit aa un réel. La droite (Δ)(\Delta) d'équation x=ax = a est axe de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f) si et seulement si, pour tout x∈Dfx \in D_f :

2a−x∈Dfetf(2a−x)=f(x).2a - x \in D_f \quad \text{et} \quad f(2a - x) = f(x).

Formulation équivalente : pour tout réel hh tel que a+h∈Dfa + h \in D_f, on a a−h∈Dfa - h \in D_f et f(a+h)=f(a−h)f(a + h) = f(a - h).

Théorème — centre de symétrie

Soient aa et bb deux réels. Le point I(a ; b)I(a\ ;\ b) est centre de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f) si et seulement si, pour tout x∈Dfx \in D_f :

2a−x∈Dfetf(2a−x)+f(x)=2b.2a - x \in D_f \quad \text{et} \quad f(2a - x) + f(x) = 2b.

Formulation équivalente : f(a+h)+f(a−h)=2bf(a + h) + f(a - h) = 2b pour tout hh convenable.

Démonstration

Traitons le centre de symétrie ; l'axe se démontre de la même façon. Soit M(x ; y)M(x\ ;\ y) un point du plan. Son symétrique M′M' par rapport à I(a ; b)I(a\ ;\ b) est tel que II soit le milieu de [MM′][MM'] :

  1. x+xM′2=a\dfrac{x + x_{M'}}{2} = a et y+yM′2=b\dfrac{y + y_{M'}}{2} = bcoordonnées du milieu
  2.   ⟺  \iffM′(2a−x ; 2b−y)M'(2a - x\ ;\ 2b - y)

Dire que II est centre de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f), c'est dire que le symétrique de tout point de la courbe est encore sur la courbe. Or, pour M(x ; f(x))∈(Cf)M(x\ ;\ f(x)) \in (\mathcal{C}_f) :

  1. M′∈(Cf)M' \in (\mathcal{C}_f)
  2.   ⟺  \iff2a−x∈Df2a - x \in D_f et 2b−f(x)=f(2a−x)2b - f(x) = f(2a - x)définition de la courbe
  3.   ⟺  \iff2a−x∈Df2a - x \in D_f et f(2a−x)+f(x)=2bf(2a - x) + f(x) = 2b

Pour l'axe x=ax = a, le symétrique de M(x ; y)M(x\ ;\ y) est M′(2a−x ; y)M'(2a - x\ ;\ y), et la même démarche donne f(2a−x)=f(x)f(2a - x) = f(x). C.Q.F.D.

Cas particuliers : avec a=0a = 0, l'axe x=0x = 0 est (Oy)(Oy) et la condition devient f(−x)=f(x)f(-x) = f(x) : c'est la parité. Avec I=OI = O, la condition f(−x)+f(x)=0f(-x) + f(x) = 0 est l'imparité. Les théorèmes ci-dessus généralisent donc ce que tu connais déjà.
Méthode — prouver une symétrie
  1. Vérifier que le domaine est symétrique par rapport à aa : si x∈Dfx \in D_f alors 2a−x∈Df2a - x \in D_f.
  2. Calculer f(2a−x)f(2a - x) en remplaçant chaque xx par 2a−x2a - x, puis simplifier.
  3. Comparer à f(x)f(x) (axe) ou calculer f(2a−x)+f(x)f(2a - x) + f(x) et vérifier qu'on trouve la constante 2b2b (centre).

Astuce : pour une fonction rationnelle f(x)=αx+β+γx−x0f(x) = \alpha x + \beta + \dfrac{\gamma}{x - x_0}, le point d'intersection des deux asymptotes, I(x0 ; αx0+β)I\left(x_0\ ;\ \alpha x_0 + \beta\right), est toujours centre de symétrie.

Exemple — un axe de symétrie pour p(x)=x2−4x+1p(x) = x^{2} - 4x + 1

Dp=RD_p = \mathbb{R}, symétrique par rapport à tout réel. Montrons que (Δ)(\Delta) : x=2x = 2 est axe de symétrie, avec la formulation en hh :

  1. p(2+h)=(2+h)2−4(2+h)+1p(2 + h) = (2+h)^{2} - 4(2+h) + 1
  2. ==4+4h+h2−8−4h+14 + 4h + h^{2} - 8 - 4h + 1
  3. ==h2−3h^{2} - 3
  4. p(2−h)=(2−h)2−4(2−h)+1p(2 - h) = (2-h)^{2} - 4(2-h) + 1
  5. ==4−4h+h2−8+4h+14 - 4h + h^{2} - 8 + 4h + 1
  6. ==h2−3h^{2} - 3p(2+h)=p(2−h)p(2+h) = p(2-h) : la droite x=2x = 2 est axe de symétrie

On retrouve le fait que le sommet S(2 ; −3)S(2\ ;\ -3) de la parabole est sur son axe. Il suffit d'étudier pp sur [2 ; +∞[[2\ ;\ +\infty[.

Exemple — un centre de symétrie pour h(x)=2x−1x−1h(x) = \dfrac{2x - 1}{x - 1}

Dh=R∖{1}D_h = \mathbb{R} \setminus \{1\} : si x≠1x \neq 1 alors 2−x≠12 - x \neq 1, le domaine est symétrique par rapport à 11. Montrons que I(1 ; 2)I(1\ ;\ 2) est centre de symétrie :

  1. h(2−x)=2(2−x)−1(2−x)−1h(2 - x) = \dfrac{2(2 - x) - 1}{(2 - x) - 1}
  2. ==3−2x1−x\dfrac{3 - 2x}{1 - x}
  3. ==2x−3x−1\dfrac{2x - 3}{x - 1}on multiplie numérateur et dénominateur par −1-1
  4. h(2−x)+h(x)=2x−3+2x−1x−1h(2 - x) + h(x) = \dfrac{2x - 3 + 2x - 1}{x - 1}
  5. ==4x−4x−1\dfrac{4x - 4}{x - 1}
  6. ==4=2×24 = 2 \times 2I(1 ; 2)I(1\ ;\ 2) est centre de symétrie

Ce n'est pas un hasard : h(x)=2+1x−1h(x) = 2 + \dfrac{1}{x - 1}, et II est l'intersection des asymptotes x=1x = 1 et y=2y = 2.

① Axe de symétrie Δ : x = 2 134O1-1-3 Δ2 S(2 ; −3) MM′ y = x² − 4x + 1 ② Centre de symétrie I(1 ; 2) -123O13412 I MM′ y = (2x−1)/(x−1)
Figure 4 — Deux éléments de symétrie. ① Pour p(x)=x2−4x+1p(x) = x^{2} - 4x + 1, les points MM et M′M' d'abscisses 2−h2 - h et 2+h2 + h ont la même ordonnée : la droite x=2x = 2 est axe de symétrie. ② Pour h(x)=2x−1x−1h(x) = \dfrac{2x-1}{x-1}, I(1 ; 2)I(1\ ;\ 2), intersection des asymptotes, est le milieu de tout segment [MM′][MM'] joignant deux points d'abscisses 1−h1 - h et 1+h1 + h : c'est un centre de symétrie.

5Tracé de courbes

Le tracé n'est pas une formalité artistique : c'est la synthèse de toute l'étude, et l'examinateur y vérifie d'un coup d'œil que tu as compris les asymptotes, les extremums et les tangentes. Une courbe fausse contredit ton propre tableau de variations.

Méthode — tracer une courbe dans l'ordre
  1. Choisir les unités (souvent imposées) et placer un repère propre, à la règle.
  2. Tracer en pointillés les asymptotes (verticales, horizontales, obliques) et repérer les éventuels centres ou axes de symétrie.
  3. Placer les points remarquables : extremums (avec un petit trait de tangente horizontale), intersections avec les axes, points d'inflexion (avec leur tangente), points aux bornes du domaine.
  4. Tracer les tangentes particulières demandées (verticales, en un point donné).
  5. Relier d'un trait régulier en respectant le tableau de variations, la convexité et l'approche des asymptotes (la courbe se colle à l'asymptote sans la toucher, sauf point d'intersection calculé).
  6. Compléter par symétrie ou translation si le domaine d'étude a été réduit.

5.1  Étude modèle d'une fonction rationnelle

Exemple — étude complète de f(x)=x2−x+4x−1f(x) = \dfrac{x^{2} - x + 4}{x - 1}

1. Domaine. x−1=0  ⟺  x=1x - 1 = 0 \iff x = 1, donc Df=R∖{1}=]−∞ ; 1[ ∪ ]1 ; +∞[D_f = \mathbb{R} \setminus \{1\} = ]-\infty\ ;\ 1[\ \cup\ ]1\ ;\ +\infty[.

2. Forme réduite. On effectue la division : x2−x+4=x(x−1)+4x^{2} - x + 4 = x(x - 1) + 4, donc pour tout x≠1x \neq 1 :

  1. f(x)=x(x−1)+4x−1f(x) = \dfrac{x(x-1) + 4}{x - 1}
  2. ==x+4x−1x + \dfrac{4}{x - 1}forme idéale pour les limites, la dérivée et l'asymptote

3. Limites et asymptotes.

  1. lim⁡x→−∞f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = -\infty et lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\inftycar 4x−1→0\dfrac{4}{x-1} \to 0 et x→±∞x \to \pm\infty
  2. x→1−x \to 1^{-} : x−1→0−x - 1 \to 0^{-}, donc 4x−1→−∞\dfrac{4}{x-1} \to -\infty et lim⁡x→1−f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to 1^{-}} f(x) = -\infty
  3. x→1+x \to 1^{+} : lim⁡x→1+f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to 1^{+}} f(x) = +\inftyla droite x=1x = 1 est asymptote verticale
  4. f(x)−x=4x−1→x→±∞0f(x) - x = \dfrac{4}{x-1} \xrightarrow[x \to \pm\infty]{} 0la droite (Δ)(\Delta) : y=xy = x est asymptote oblique en −∞-\infty et en +∞+\infty

Position relative : f(x)−x=4x−1f(x) - x = \dfrac{4}{x-1} est du signe de x−1x - 1. Sur ]1 ; +∞[]1\ ;\ +\infty[, (Cf)(\mathcal{C}_f) est au-dessus de (Δ)(\Delta) ; sur ]−∞ ; 1[]-\infty\ ;\ 1[, elle est en dessous.

4. Dérivée. ff est dérivable sur DfD_f comme somme de fonctions dérivables :

  1. f′(x)=1−4(x−1)2f'(x) = 1 - \dfrac{4}{(x-1)^{2}}dérivée de 4u\dfrac{4}{u} : −4u′u2-\dfrac{4u'}{u^{2}} avec u=x−1u = x - 1
  2. ==(x−1)2−4(x−1)2\dfrac{(x-1)^{2} - 4}{(x-1)^{2}}
  3. ==(x−1−2)(x−1+2)(x−1)2\dfrac{(x - 1 - 2)(x - 1 + 2)}{(x-1)^{2}}a2−b2=(a−b)(a+b)a^{2} - b^{2} = (a-b)(a+b)
  4. ==(x−3)(x+1)(x−1)2\dfrac{(x - 3)(x + 1)}{(x-1)^{2}}

Le dénominateur est strictement positif sur DfD_f : f′(x)f'(x) a le signe de (x−3)(x+1)(x-3)(x+1), positif à l'extérieur des racines −1-1 et 33.

5. Tableau de variations. f(−1)=−1+4−2=−3f(-1) = -1 + \dfrac{4}{-2} = -3 et f(3)=3+42=5f(3) = 3 + \dfrac{4}{2} = 5.

xx−∞-\infty−1-11133+∞+\infty
f′(x)f'(x)++00−-∥−-00++
ff−∞-\infty↗−3-3↘−∞-\infty ∥ +∞+\infty↘55↗+∞+\infty

6. Centre de symétrie. Pour x≠1x \neq 1, 2−x≠12 - x \neq 1 et :

  1. f(2−x)+f(x)=(2−x)+41−x+x+4x−1f(2 - x) + f(x) = (2 - x) + \dfrac{4}{1 - x} + x + \dfrac{4}{x - 1}
  2. ==2−4x−1+4x−12 - \dfrac{4}{x-1} + \dfrac{4}{x-1}
  3. ==2=2×12 = 2 \times 1I(1 ; 1)I(1\ ;\ 1), intersection des asymptotes, est centre de symétrie

7. Tracé (figure 5). On trace x=1x = 1 et y=xy = x en pointillés, on place A(−1 ; −3)A(-1\ ;\ -3) et B(3 ; 5)B(3\ ;\ 5) avec leurs tangentes horizontales, puis les deux branches d'hyperbole, symétriques par rapport à II.

-4-2246O -7-5-3-113579 x = 1(Δ) : y = x A(−1 ; −3)B(3 ; 5)I(1 ; 1) f(x) = x + 4/(x − 1) au-dessus de (Δ)en dessous de (Δ)
Figure 5 — La courbe de f(x)=x2−x+4x−1f(x) = \dfrac{x^{2}-x+4}{x-1} : asymptote verticale x=1x = 1, asymptote oblique (Δ)(\Delta) : y=xy = x, extremums locaux A(−1 ; −3)A(-1\ ;\ -3) et B(3 ; 5)B(3\ ;\ 5), centre de symétrie I(1 ; 1)I(1\ ;\ 1). À droite de 11 la courbe est au-dessus de (Δ)(\Delta), à gauche elle est en dessous.

5.2  Étude modèle d'une fonction irrationnelle

Exemple — étude complète de g(x)=x2−4g(x) = \sqrt{x^{2} - 4}

1. Domaine. g(x)g(x) existe si et seulement si x2−4⩾0x^{2} - 4 \geqslant 0, soit (x−2)(x+2)⩾0(x-2)(x+2) \geqslant 0 : Dg=]−∞ ; −2] ∪ [2 ; +∞[D_g = ]-\infty\ ;\ -2]\ \cup\ [2\ ;\ +\infty[.

2. Parité. DgD_g est symétrique par rapport à 00 et g(−x)=(−x)2−4=g(x)g(-x) = \sqrt{(-x)^{2} - 4} = g(x) : gg est paire. On l'étudie sur [2 ; +∞[[2\ ;\ +\infty[ et on complétera par symétrie par rapport à (Oy)(Oy).

3. Limite et branche infinie en +∞+\infty. lim⁡x→+∞g(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} g(x) = +\infty. Pour x>0x > 0, x2=x\sqrt{x^{2}} = x :

  1. g(x)x=x2(1−4x2)x\dfrac{g(x)}{x} = \dfrac{\sqrt{x^{2}\left(1 - \frac{4}{x^{2}}\right)}}{x}
  2. ==1−4x2→x→+∞1\sqrt{1 - \dfrac{4}{x^{2}}} \xrightarrow[x \to +\infty]{} 1
  3. g(x)−x=(x2−4−x)(x2−4+x)x2−4+xg(x) - x = \dfrac{\left(\sqrt{x^{2}-4} - x\right)\left(\sqrt{x^{2}-4} + x\right)}{\sqrt{x^{2}-4} + x}on multiplie par la quantité conjuguée
  4. ==x2−4−x2x2−4+x\dfrac{x^{2} - 4 - x^{2}}{\sqrt{x^{2}-4} + x}
  5. ==−4x2−4+x→x→+∞0\dfrac{-4}{\sqrt{x^{2}-4} + x} \xrightarrow[x \to +\infty]{} 0la droite y=xy = x est asymptote oblique en +∞+\infty

Cet écart est strictement négatif : la courbe est en dessous de y=xy = x. Par symétrie, la droite y=−xy = -x est asymptote en −∞-\infty.

4. Dérivée. Sur ]2 ; +∞[]2\ ;\ +\infty[, x2−4>0x^{2} - 4 > 0 et gg est dérivable : g′(x)=2x2x2−4=xx2−4>0g'(x) = \dfrac{2x}{2\sqrt{x^{2}-4}} = \dfrac{x}{\sqrt{x^{2}-4}} > 0. gg est strictement croissante sur [2 ; +∞[[2\ ;\ +\infty[, de g(2)=0g(2) = 0 à +∞+\infty.

5. Comportement en 22. gg n'est pas dérivable en 22 (le radicande s'y annule). On étudie le taux d'accroissement :

  1. g(x)−g(2)x−2=(x−2)(x+2)x−2\dfrac{g(x) - g(2)}{x - 2} = \dfrac{\sqrt{(x-2)(x+2)}}{x - 2}
  2. ==x+2x−2\sqrt{\dfrac{x + 2}{x - 2}}pour x>2x > 2, x−2=x−2 x−2x - 2 = \sqrt{x-2}\,\sqrt{x-2}
  3. →x→2+\xrightarrow[x \to 2^{+}]{}+∞+\inftynumérateur vers 44, dénominateur vers 0+0^{+}

La courbe admet donc en A(2 ; 0)A(2\ ;\ 0) une demi-tangente verticale, et de même en B(−2 ; 0)B(-2\ ;\ 0) par symétrie.

6. Tableau et tracé (figure 6) : sur [2 ; +∞[[2\ ;\ +\infty[, gg croît de 00 à +∞+\infty en se collant par en dessous à la droite y=xy = x ; on complète par la symétrie d'axe (Oy)(Oy).

-6-4-2246O 12345 y = xy = −x A(2 ; 0)B(−2 ; 0) demi-tangentesverticales g(x) = √(x² − 4) fonction paire : symétrie par rapport à (Oy)
Figure 6 — La courbe de g(x)=x2−4g(x) = \sqrt{x^{2}-4} : deux branches symétriques par rapport à (Oy)(Oy), demi-tangentes verticales en A(2 ; 0)A(2\ ;\ 0) et B(−2 ; 0)B(-2\ ;\ 0), asymptotes obliques y=xy = x en +∞+\infty et y=−xy = -x en −∞-\infty, la courbe restant en dessous de ses asymptotes.
Attention — aux bornes d'une racine carrée

Quand le radicande s'annule en une borne du domaine, la fonction y est continue mais pas dérivable : il faut étudier la limite du taux d'accroissement. Une limite infinie donne une demi-tangente verticale, qu'il faut dessiner. Écrire « g′(2)=20g'(2) = \dfrac{2}{0} » n'a aucun sens.

Math & Co — Le premier manuel d'étude de courbes

En 1748, à Milan, Maria Gaetana Agnesi publie les Instituzioni analitiche ad uso della gioventù italiana, premier traité complet qui enchaîne algèbre, étude de courbes et calcul différentiel à l'intention des élèves. L'ouvrage est traduit en français dès 1775 et en anglais en 1801. Il est resté célèbre pour la courbe d'équation y=8a3x2+4a2y = \dfrac{8a^{3}}{x^{2} + 4a^{2}}, qu'Agnesi appelle versiera ; une confusion du traducteur anglais avec le mot avversiera (« sorcière ») lui a valu le nom de « sorcière d'Agnesi » — une courbe en cloche, paire, avec pour asymptote l'axe des abscisses, exactement le type de courbe que tu étudies ici.

6Discussion graphique du nombre de solutions

Une fois la courbe tracée, on peut la faire parler. Résoudre f(x)=mf(x) = m, c'est chercher les points de (Cf)(\mathcal{C}_f) situés à la hauteur mm, c'est-à-dire les intersections avec la droite horizontale y=my = m. En faisant glisser cette droite de bas en haut, on lit combien de solutions l'équation possède selon la valeur du paramètre mm.

Théorème — lecture du nombre de solutions

Les solutions de l'équation f(x)=mf(x) = m sont les abscisses des points d'intersection de (Cf)(\mathcal{C}_f) et de la droite (Dm)(D_m) : y=my = m.

Sur chaque intervalle II où ff est continue et strictement monotone, l'équation f(x)=mf(x) = m admet exactement une solution si mm appartient à l'intervalle image f(I)f(I) (bornes lues dans le tableau de variations), et aucune sinon. C'est le théorème de la bijection, corollaire du théorème des valeurs intermédiaires vu au chapitre 1.

Méthode — discuter suivant mm
  1. Dresser le tableau de variations de ff, avec les limites et les valeurs des extremums.
  2. Sur chaque « branche » monotone, lire l'intervalle des valeurs prises par ff.
  3. Découper l'axe des mm selon les valeurs des extremums et des limites ; pour chaque zone, compter les branches qui atteignent la hauteur mm.
  4. Traiter à part les valeurs frontières (mm égal à un extremum), où deux solutions se confondent.
  5. Conclure par un tableau récapitulatif.
Exemple — nombre de solutions de x3−3x+1=mx^{3} - 3x + 1 = m

D'après l'étude de la section 1, f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3} - 3x + 1 est strictement croissante sur ]−∞ ; −1]]-\infty\ ;\ -1] de −∞-\infty à 33, strictement décroissante sur [−1 ; 1][-1\ ;\ 1] de 33 à −1-1, strictement croissante sur [1 ; +∞[[1\ ;\ +\infty[ de −1-1 à +∞+\infty. Sur chaque branche, ff est continue et strictement monotone.

  1. si m<−1m < -1 : seule la première branche atteint mm1 solution
  2. si m=−1m = -1 : première branche, et x=1x = 1 (minimum)2 solutions
  3. si −1<m<3-1 < m < 3 : les trois branches atteignent mm3 solutions
  4. si m=3m = 3 : x=−1x = -1 (maximum) et la troisième branche2 solutions
  5. si m>3m > 3 : seule la troisième branche1 solution

La figure 7 montre les droites y=my = m pour m=4m = 4, m=3m = 3, m=1m = 1 et m=−1m = -1, avec respectivement 11, 22, 33 et 22 points d'intersection.

-3-2-1123O -11234 m = 4 → 1 sol.m = 3 → 2 sol.m = 1 → 3 sol.m = −1 → 2 sol. y = x³ − 3x + 1
Figure 7 — Discussion graphique de x3−3x+1=mx^{3} - 3x + 1 = m. La droite y=my = m coupe la courbe en 11, 22 ou 33 points selon que mm est en dehors, sur le bord ou à l'intérieur de l'intervalle [−1 ; 3][-1\ ;\ 3] délimité par les deux extremums locaux.
Exemple — une équation qui peut n'avoir aucune solution

Reprenons f(x)=x+4x−1f(x) = x + \dfrac{4}{x-1} (section 5). D'après son tableau, la branche sur ]−∞ ; 1[]-\infty\ ;\ 1[ prend toutes les valeurs de ]−∞ ; −3]]-\infty\ ;\ -3], chaque valeur strictement inférieure à −3-3 étant atteinte deux fois ; la branche sur ]1 ; +∞[]1\ ;\ +\infty[ prend toutes les valeurs de [5 ; +∞[[5\ ;\ +\infty[, chaque valeur strictement supérieure à 55 étant atteinte deux fois. D'où, pour l'équation f(x)=mf(x) = m :

mmm<−3m < -3m=−3m = -3−3<m<5-3 < m < 5m=5m = 5m>5m > 5
nombre de solutions2211001122

Sur la figure 5, aucune horizontale y=my = m avec −3<m<5-3 < m < 5 ne rencontre la courbe : la bande comprise entre les deux extremums est vide.

Propriété — généralisations utiles
  • Équation f(x)=g(x)f(x) = g(x) : ses solutions sont les abscisses des points communs à (Cf)(\mathcal{C}_f) et (Cg)(\mathcal{C}_g) ; on étudie souvent la fonction d=f−gd = f - g et l'on se ramène à d(x)=0d(x) = 0.
  • Paramètre caché : une équation comme x3−3x+1−m=0x^{3} - 3x + 1 - m = 0 ou x3−3x=m−1x^{3} - 3x = m - 1 se ramène à f(x)=mf(x) = m en isolant le paramètre d'un côté.
  • Droites de pente fixe : les solutions de f(x)=x+mf(x) = x + m se lisent avec les droites parallèles à y=xy = x ; on étudie alors f(x)−x=mf(x) - x = m.
Attention — les valeurs frontières

L'erreur la plus fréquente consiste à oublier les cas m=m = extremum, où la droite est tangente à la courbe : deux solutions « fusionnent ». Une réponse complète distingue toujours les inégalités strictes et les égalités, et vérifie que le total est cohérent avec le degré quand ff est un polynôme (au plus 33 solutions pour un degré 33).

Fiche mémo

  • Plan d'étude : DfD_f → parité / périodicité → limites et asymptotes → f′f' et signe → tableau de variations → points remarquables → tracé.
  • Paire : f(−x)=f(x)f(-x) = f(x), symétrie d'axe (Oy)(Oy) ; impaire : f(−x)=−f(x)f(-x) = -f(x), symétrie de centre OO ; TT-périodique : f(x+T)=f(x)f(x+T) = f(x), étude sur une période.
  • Asymptote verticale x=ax = a : lim⁡x→af=±∞\displaystyle\lim_{x \to a} f = \pm\infty ; horizontale y=by = b : lim⁡x→±∞f=b\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} f = b ; oblique y=ax+by = ax + b : lim⁡x→±∞[f(x)−(ax+b)]=0\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} [f(x) - (ax+b)] = 0.
  • Branche infinie quand f→±∞f \to \pm\infty : étudier f(x)x\dfrac{f(x)}{x} → ±∞\pm\infty : direction (Oy)(Oy) ; → 00 : direction (Ox)(Ox) ; → a≠0a \neq 0 : calculer f(x)−axf(x) - ax (limite bb : asymptote y=ax+by = ax + b).
  • Position relative : signe de f(x)−(ax+b)f(x) - (ax+b) (positif : courbe au-dessus).
  • Convexe   ⟺  f′′⩾0\iff f'' \geqslant 0 (courbe au-dessus de ses tangentes) ; concave   ⟺  f′′⩽0\iff f'' \leqslant 0 ; point d'inflexion : f′′f'' s'annule en changeant de signe, la courbe traverse sa tangente.
  • Axe de symétrie x=ax = a : f(2a−x)=f(x)f(2a - x) = f(x) ; centre de symétrie I(a ; b)I(a\ ;\ b) : f(2a−x)+f(x)=2bf(2a - x) + f(x) = 2b (domaine symétrique par rapport à aa).
  • Fonction ax+b+cx−x0ax + b + \dfrac{c}{x - x_0} : asymptotes x=x0x = x_0 et y=ax+by = ax + b, centre de symétrie à leur intersection.
  • Racine carrée : aux bornes où le radicande s'annule, taux d'accroissement infini → demi-tangente verticale.
  • Tracé : asymptotes en pointillés, points et tangentes remarquables, puis la courbe, enfin les symétries.
  • f(x)=mf(x) = m : solutions = abscisses des intersections avec y=my = m ; une solution par branche strictement monotone contenant mm dans ses valeurs ; traiter à part m=m = extremum.

7Exercices corrigés

Les exercices sont classés en quatre niveaux. Cherche sérieusement avant d'ouvrir le corrigé, et rédige comme au bac : domaine, justification de chaque limite, tableau complet, phrase de conclusion.

Niveau 1 — Application directe
1

Déterminer l'ensemble de définition de chacune des fonctions : f1(x)=2x+1x2−9f_1(x) = \dfrac{2x + 1}{x^{2} - 9} ; f2(x)=2x−6f_2(x) = \sqrt{2x - 6} ; f3(x)=x2−2x−3f_3(x) = \sqrt{x^{2} - 2x - 3}.

Voir le corrigé détaillé
  1. x2−9=0  ⟺  x=−3x^{2} - 9 = 0 \iff x = -3 ou x=3x = 3
  2. ⇒\RightarrowDf1=R∖{−3 ; 3}D_{f_1} = \mathbb{R} \setminus \{-3\ ;\ 3\}
  3. 2x−6⩾0  ⟺  x⩾32x - 6 \geqslant 0 \iff x \geqslant 3
  4. ⇒\RightarrowDf2=[3 ; +∞[D_{f_2} = [3\ ;\ +\infty[
  5. x2−2x−3=(x−3)(x+1)x^{2} - 2x - 3 = (x - 3)(x + 1)racines −1-1 et 33, car −1+3=2-1 + 3 = 2 et −1×3=−3-1 \times 3 = -3
  6. (x−3)(x+1)⩾0  ⟺  x⩽−1(x-3)(x+1) \geqslant 0 \iff x \leqslant -1 ou x⩾3x \geqslant 3trinôme positif à l'extérieur des racines
  7. ⇒\RightarrowDf3=]−∞ ; −1] ∪ [3 ; +∞[D_{f_3} = ]-\infty\ ;\ -1]\ \cup\ [3\ ;\ +\infty[
2

Étudier la parité de f(x)=x4−3x2+1f(x) = x^{4} - 3x^{2} + 1, g(x)=x3−5xg(x) = x^{3} - 5x et h(x)=x2+xh(x) = x^{2} + x. Quelle conséquence graphique en tire-t-on ?

Voir le corrigé détaillé

Les trois fonctions sont définies sur R\mathbb{R}, symétrique par rapport à 00.

  1. f(−x)=(−x)4−3(−x)2+1=x4−3x2+1=f(x)f(-x) = (-x)^{4} - 3(-x)^{2} + 1 = x^{4} - 3x^{2} + 1 = f(x)ff est paire : (Cf)(\mathcal{C}_f) est symétrique par rapport à (Oy)(Oy)
  2. g(−x)=(−x)3−5(−x)=−x3+5x=−g(x)g(-x) = (-x)^{3} - 5(-x) = -x^{3} + 5x = -g(x)gg est impaire : (Cg)(\mathcal{C}_g) est symétrique par rapport à OO
  3. h(1)=2h(1) = 2 et h(−1)=0h(-1) = 0
  4. ⇒\Rightarrowh(−1)≠h(1)h(-1) \neq h(1) et h(−1)≠−h(1)h(-1) \neq -h(1)hh n'est ni paire ni impaire

Pour ff et gg, il suffit d'étudier la fonction sur [0 ; +∞[[0\ ;\ +\infty[ puis de compléter la courbe par la symétrie correspondante.

3

Soit f(x)=3x−1x+2f(x) = \dfrac{3x - 1}{x + 2}. Déterminer DfD_f, les limites aux bornes de DfD_f, et en déduire les asymptotes à (Cf)(\mathcal{C}_f).

Voir le corrigé détaillé

Df=R∖{−2}D_f = \mathbb{R} \setminus \{-2\}.

  1. f(x)=x(3−1x)x(1+2x)=3−1x1+2xf(x) = \dfrac{x\left(3 - \frac{1}{x}\right)}{x\left(1 + \frac{2}{x}\right)} = \dfrac{3 - \frac{1}{x}}{1 + \frac{2}{x}}pour x≠0x \neq 0
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→−∞f(x)=lim⁡x→+∞f(x)=3\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = \lim_{x \to +\infty} f(x) = 3asymptote horizontale y=3y = 3 en −∞-\infty et en +∞+\infty
  3. en −2-2 : 3x−1→−73x - 1 \to -7 et x+2→0x + 2 \to 0
  4. x→−2−x \to -2^{-} : x+2→0−x + 2 \to 0^{-}, donc lim⁡x→−2−f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to -2^{-}} f(x) = +\infty
  5. x→−2+x \to -2^{+} : x+2→0+x + 2 \to 0^{+}, donc lim⁡x→−2+f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -2^{+}} f(x) = -\inftyasymptote verticale x=−2x = -2

Position relative : f(x)−3=3x−1−3x−6x+2=−7x+2f(x) - 3 = \dfrac{3x - 1 - 3x - 6}{x + 2} = \dfrac{-7}{x + 2}, négatif si x>−2x > -2 : la courbe est en dessous de y=3y = 3 sur ]−2 ; +∞[]-2\ ;\ +\infty[ et au-dessus sur ]−∞ ; −2[]-\infty\ ;\ -2[.

4

Soit ff définie sur R∗\mathbb{R}^{*} par f(x)=2x+1+3xf(x) = 2x + 1 + \dfrac{3}{x}. Montrer que la droite (D)(D) : y=2x+1y = 2x + 1 est asymptote à (Cf)(\mathcal{C}_f) en −∞-\infty et en +∞+\infty, puis étudier la position relative de (Cf)(\mathcal{C}_f) et (D)(D).

Voir le corrigé détaillé
  1. f(x)−(2x+1)=3xf(x) - (2x + 1) = \dfrac{3}{x}
  2. lim⁡x→±∞3x=0\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} \dfrac{3}{x} = 0par définition, (D)(D) est asymptote oblique en −∞-\infty et en +∞+\infty
  3. 3x>0  ⟺  x>0\dfrac{3}{x} > 0 \iff x > 0

Sur ]0 ; +∞[]0\ ;\ +\infty[, (Cf)(\mathcal{C}_f) est au-dessus de (D)(D) ; sur ]−∞ ; 0[]-\infty\ ;\ 0[, elle est en dessous. La courbe ne coupe jamais son asymptote puisque 3x\dfrac{3}{x} ne s'annule pas.

5

Soit f(x)=x3−6x2+9x+1f(x) = x^{3} - 6x^{2} + 9x + 1. Étudier la convexité de ff et déterminer le point d'inflexion de (Cf)(\mathcal{C}_f) ainsi que l'équation de la tangente en ce point.

Voir le corrigé détaillé
  1. f′(x)=3x2−12x+9f'(x) = 3x^{2} - 12x + 9
  2. f′′(x)=6x−12=6(x−2)f''(x) = 6x - 12 = 6(x - 2)
  3. ⇒\Rightarrowf′′(x)<0f''(x) < 0 si x<2x < 2, f′′(x)>0f''(x) > 0 si x>2x > 2ff concave sur ]−∞ ; 2]]-\infty\ ;\ 2], convexe sur [2 ; +∞[[2\ ;\ +\infty[
  4. f(2)=8−24+18+1=3f(2) = 8 - 24 + 18 + 1 = 3f′′f'' change de signe en 22 : I(2 ; 3)I(2\ ;\ 3) est point d'inflexion
  5. f′(2)=12−24+9=−3f'(2) = 12 - 24 + 9 = -3
  6. TT : y=−3(x−2)+3y = -3(x - 2) + 3
  7.   ⟺  \iffy=−3x+9y = -3x + 9

Au point I(2 ; 3)I(2\ ;\ 3), la courbe traverse sa tangente y=−3x+9y = -3x + 9.

6

Montrer que la droite (Δ)(\Delta) : x=2x = 2 est un axe de symétrie de la courbe de f(x)=x2−4x+7f(x) = x^{2} - 4x + 7. Que représente le point de (Cf)(\mathcal{C}_f) situé sur (Δ)(\Delta) ?

Voir le corrigé détaillé

Df=RD_f = \mathbb{R}. Pour tout réel hh :

  1. f(2+h)=(2+h)2−4(2+h)+7f(2 + h) = (2 + h)^{2} - 4(2 + h) + 7
  2. ==4+4h+h2−8−4h+7=h2+34 + 4h + h^{2} - 8 - 4h + 7 = h^{2} + 3
  3. f(2−h)=(2−h)2−4(2−h)+7f(2 - h) = (2 - h)^{2} - 4(2 - h) + 7
  4. ==4−4h+h2−8+4h+7=h2+34 - 4h + h^{2} - 8 + 4h + 7 = h^{2} + 3
  5. ⇒\Rightarrowf(2+h)=f(2−h)f(2 + h) = f(2 - h)(Δ)(\Delta) est axe de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f)

Le point S(2 ; f(2))=S(2 ; 3)S(2\ ;\ f(2)) = S(2\ ;\ 3) est le sommet de la parabole : comme f(2+h)=3+h2⩾3f(2 + h) = 3 + h^{2} \geqslant 3, c'est le minimum de ff sur R\mathbb{R}.

Niveau 2 — Approfondissement
7

Soit f(x)=x4−2x2f(x) = x^{4} - 2x^{2}.

  1. Étudier la parité de ff ; en déduire un domaine d'étude.
  2. Déterminer lim⁡x→+∞f(x)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) et la nature de la branche infinie.
  3. Étudier les variations de ff sur [0 ; +∞[[0\ ;\ +\infty[, puis dresser le tableau de variations complet sur R\mathbb{R}.
  4. Étudier la convexité et déterminer les points d'inflexion.
  5. Déterminer les points d'intersection de (Cf)(\mathcal{C}_f) avec l'axe des abscisses et décrire l'allure de la courbe.
Voir le corrigé détaillé

1. Df=RD_f = \mathbb{R} et f(−x)=(−x)4−2(−x)2=x4−2x2=f(x)f(-x) = (-x)^{4} - 2(-x)^{2} = x^{4} - 2x^{2} = f(x) : ff est paire. On l'étudie sur [0 ; +∞[[0\ ;\ +\infty[ et l'on complète par symétrie d'axe (Oy)(Oy).

2.

  1. f(x)=x4(1−2x2)→x→+∞+∞f(x) = x^{4}\left(1 - \dfrac{2}{x^{2}}\right) \xrightarrow[x \to +\infty]{} +\infty
  2. f(x)x=x3−2x→x→+∞+∞\dfrac{f(x)}{x} = x^{3} - 2x \xrightarrow[x \to +\infty]{} +\inftybranche parabolique de direction (Oy)(Oy)

3.

  1. f′(x)=4x3−4xf'(x) = 4x^{3} - 4x
  2. ==4x(x−1)(x+1)4x(x - 1)(x + 1)
  3. sur [0 ; +∞[[0\ ;\ +\infty[ : 4x⩾04x \geqslant 0 et x+1>0x + 1 > 0f′(x)f'(x) a le signe de x−1x - 1
  4. f(0)=0f(0) = 0 et f(1)=1−2=−1f(1) = 1 - 2 = -1

ff est décroissante sur [0 ; 1][0\ ;\ 1] et croissante sur [1 ; +∞[[1\ ;\ +\infty[. Par parité, ff est croissante sur [−1 ; 0][-1\ ;\ 0] et décroissante sur ]−∞ ; −1]]-\infty\ ;\ -1] :

xx−∞-\infty−1-10011+∞+\infty
f′(x)f'(x)−-00++00−-00++
ff+∞+\infty↘−1-1↗00↘−1-1↗+∞+\infty

4.

  1. f′′(x)=12x2−4=4(3x2−1)f''(x) = 12x^{2} - 4 = 4(3x^{2} - 1)
  2. f′′(x)=0  ⟺  x=−33f''(x) = 0 \iff x = -\dfrac{\sqrt{3}}{3} ou x=33x = \dfrac{\sqrt{3}}{3}
  3. f(±33)=19−23=−59f\left(\pm\dfrac{\sqrt{3}}{3}\right) = \dfrac{1}{9} - \dfrac{2}{3} = -\dfrac{5}{9}

f′′f'' est négative entre les racines, positive à l'extérieur : ff est concave sur [−33 ; 33]\left[-\frac{\sqrt{3}}{3}\ ;\ \frac{\sqrt{3}}{3}\right], convexe ailleurs, et les points (±33 ; −59)\left(\pm\frac{\sqrt{3}}{3}\ ;\ -\frac{5}{9}\right) sont deux points d'inflexion.

5. f(x)=x2(x2−2)=0  ⟺  x=0f(x) = x^{2}(x^{2} - 2) = 0 \iff x = 0 ou x=±2x = \pm\sqrt{2}. La courbe coupe l'axe des abscisses en OO, (−2 ; 0)(-\sqrt{2}\ ;\ 0) et (2 ; 0)(\sqrt{2}\ ;\ 0). Allure en « W » : deux minimums (−1 ; −1)(-1\ ;\ -1) et (1 ; −1)(1\ ;\ -1), un maximum local en OO où la tangente est horizontale, symétrie par rapport à (Oy)(Oy), et branches qui montent de plus en plus vite.

8

Soit f(x)=2x+3x+1f(x) = \dfrac{2x + 3}{x + 1}. Montrer que f(x)=2+1x+1f(x) = 2 + \dfrac{1}{x+1}, déterminer les asymptotes de (Cf)(\mathcal{C}_f), puis démontrer que le point I(−1 ; 2)I(-1\ ;\ 2) est centre de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f).

Voir le corrigé détaillé

Df=R∖{−1}D_f = \mathbb{R} \setminus \{-1\}.

  1. 2+1x+1=2(x+1)+1x+1=2x+3x+1=f(x)2 + \dfrac{1}{x+1} = \dfrac{2(x+1) + 1}{x+1} = \dfrac{2x + 3}{x + 1} = f(x)
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→±∞f(x)=2\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} f(x) = 2asymptote horizontale y=2y = 2
  3. lim⁡x→−1−f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{-}} f(x) = -\infty et lim⁡x→−1+f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{+}} f(x) = +\inftyasymptote verticale x=−1x = -1

Symétrie : si x≠−1x \neq -1, alors 2(−1)−x=−2−x≠−12(-1) - x = -2 - x \neq -1, le domaine est symétrique par rapport à −1-1.

  1. f(−2−x)=2+1−2−x+1=2−1x+1f(-2 - x) = 2 + \dfrac{1}{-2 - x + 1} = 2 - \dfrac{1}{x + 1}
  2. f(−2−x)+f(x)=2−1x+1+2+1x+1f(-2 - x) + f(x) = 2 - \dfrac{1}{x+1} + 2 + \dfrac{1}{x+1}
  3. ==4=2×24 = 2 \times 2I(−1 ; 2)I(-1\ ;\ 2) est centre de symétrie

Comme prévu, II est le point d'intersection des deux asymptotes.

9

Soit f(x)=x2+2xf(x) = \sqrt{x^{2} + 2x}. Déterminer DfD_f, puis étudier les branches infinies de (Cf)(\mathcal{C}_f) en +∞+\infty et en −∞-\infty (nature, équation des éventuelles asymptotes, position relative).

Voir le corrigé détaillé

x2+2x=x(x+2)⩾0  ⟺  x⩽−2x^{2} + 2x = x(x + 2) \geqslant 0 \iff x \leqslant -2 ou x⩾0x \geqslant 0, donc Df=]−∞ ; −2] ∪ [0 ; +∞[D_f = ]-\infty\ ;\ -2]\ \cup\ [0\ ;\ +\infty[. Dans les deux directions, f(x)→+∞f(x) \to +\infty.

En +∞+\infty (x>0x > 0, donc x2=x\sqrt{x^{2}} = x) :

  1. f(x)x=x1+2xx=1+2x→x→+∞1\dfrac{f(x)}{x} = \dfrac{x\sqrt{1 + \frac{2}{x}}}{x} = \sqrt{1 + \dfrac{2}{x}} \xrightarrow[x \to +\infty]{} 1
  2. f(x)−x=x2+2x−x2x2+2x+xf(x) - x = \dfrac{x^{2} + 2x - x^{2}}{\sqrt{x^{2}+2x} + x}quantité conjuguée
  3. ==2xx1+2x+x=21+2x+1→x→+∞1\dfrac{2x}{x\sqrt{1 + \frac{2}{x}} + x} = \dfrac{2}{\sqrt{1 + \frac{2}{x}} + 1} \xrightarrow[x \to +\infty]{} 1
  4. ⇒\Rightarrowla droite y=x+1y = x + 1 est asymptote oblique en +∞+\infty
  5. f(x)−(x+1)=21+2x+1−1<0f(x) - (x + 1) = \dfrac{2}{\sqrt{1 + \frac{2}{x}} + 1} - 1 < 0car 1+2x>1\sqrt{1 + \frac{2}{x}} > 1 : la courbe est en dessous

En −∞-\infty (x<0x < 0, donc x2=−x\sqrt{x^{2}} = -x) :

  1. f(x)x=−x1+2xx=−1+2x→x→−∞−1\dfrac{f(x)}{x} = \dfrac{-x\sqrt{1 + \frac{2}{x}}}{x} = -\sqrt{1 + \dfrac{2}{x}} \xrightarrow[x \to -\infty]{} -1
  2. f(x)+x=2xx2+2x−x=2x−x(1+2x+1)=−21+2x+1→x→−∞−1f(x) + x = \dfrac{2x}{\sqrt{x^{2}+2x} - x} = \dfrac{2x}{-x\left(\sqrt{1 + \frac{2}{x}} + 1\right)} = \dfrac{-2}{\sqrt{1 + \frac{2}{x}} + 1} \xrightarrow[x \to -\infty]{} -1
  3. ⇒\Rightarrowla droite y=−x−1y = -x - 1 est asymptote oblique en −∞-\infty
  4. f(x)−(−x−1)=1−21+2x+1<0f(x) - (-x - 1) = 1 - \dfrac{2}{\sqrt{1 + \frac{2}{x}} + 1} < 0pour x<−2x < -2, 1+2x<1\sqrt{1 + \frac{2}{x}} < 1 : la courbe est encore en dessous

Remarque : f(x)=(x+1)2−1f(x) = \sqrt{(x+1)^{2} - 1}, la courbe est la translatée de celle de x2−1\sqrt{x^{2} - 1} : ses asymptotes se coupent au point (−1 ; 0)(-1\ ;\ 0), et x=−1x = -1 est axe de symétrie.

10

Soit g(x)=x3−3x2g(x) = x^{3} - 3x^{2}. Dresser le tableau de variations de gg, puis discuter, suivant les valeurs du réel mm, le nombre de solutions de l'équation x3−3x2=mx^{3} - 3x^{2} = m. Vérifier le résultat pour m=0m = 0 et m=−4m = -4 par le calcul.

Voir le corrigé détaillé
  1. g′(x)=3x2−6x=3x(x−2)g'(x) = 3x^{2} - 6x = 3x(x - 2)positif à l'extérieur de 00 et 22
  2. g(0)=0g(0) = 0, g(2)=8−12=−4g(2) = 8 - 12 = -4
  3. lim⁡x→−∞g(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} g(x) = -\infty, lim⁡x→+∞g(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} g(x) = +\infty
xx−∞-\infty0022+∞+\infty
g′(x)g'(x)++00−-00++
gg−∞-\infty↗00↘−4-4↗+∞+\infty

Sur chacun des trois intervalles, gg est continue et strictement monotone. Les solutions de g(x)=mg(x) = m sont les abscisses des points communs à (Cg)(\mathcal{C}_g) et à la droite y=my = m :

mmm<−4m < -4m=−4m = -4−4<m<0-4 < m < 0m=0m = 0m>0m > 0
nombre de solutions1122332211

Vérification.

  1. m=0m = 0 : x3−3x2=x2(x−3)=0  ⟺  x=0x^{3} - 3x^{2} = x^{2}(x - 3) = 0 \iff x = 0 ou x=3x = 3deux solutions (00 est racine double : tangente horizontale)
  2. m=−4m = -4 : x3−3x2+4=(x+1)(x−2)2=0  ⟺  x=−1x^{3} - 3x^{2} + 4 = (x + 1)(x - 2)^{2} = 0 \iff x = -1 ou x=2x = 2deux solutions, conformément au tableau
11

Soient (C)(\mathcal{C}) la courbe d'équation y=x3y = x^{3} et (D)(D) la droite d'équation y=xy = x. Déterminer leurs points communs et étudier la position relative de (C)(\mathcal{C}) et (D)(D).

Voir le corrigé détaillé

On étudie le signe de d(x)=x3−xd(x) = x^{3} - x.

  1. d(x)=x(x2−1)=x(x−1)(x+1)d(x) = x(x^{2} - 1) = x(x - 1)(x + 1)
  2. d(x)=0  ⟺  x∈{−1 ; 0 ; 1}d(x) = 0 \iff x \in \{-1\ ;\ 0\ ;\ 1\}points communs (−1 ; −1)(-1\ ;\ -1), OO et (1 ; 1)(1\ ;\ 1)
xx−∞-\infty−1-10011+∞+\infty
x+1x + 1−-00++++++
xx−-−-00++++
x−1x - 1−-−-−-00++
d(x)d(x)−-00++00++

Dans la dernière ligne, le signe entre deux zéros consécutifs est celui de la colonne : d<0d < 0 sur ]−∞ ; −1[]-\infty\ ;\ -1[, d>0d > 0 sur ]−1 ; 0[]-1\ ;\ 0[, d<0d < 0 sur ]0 ; 1[]0\ ;\ 1[ et d>0d > 0 sur ]1 ; +∞[]1\ ;\ +\infty[. Ainsi (C)(\mathcal{C}) est en dessous de (D)(D) sur ]−∞ ; −1[]-\infty\ ;\ -1[ et sur ]0 ; 1[]0\ ;\ 1[, au-dessus sur ]−1 ; 0[]-1\ ;\ 0[ et sur ]1 ; +∞[]1\ ;\ +\infty[ ; elle traverse la droite en chacun des trois points communs.

Niveau 3 — Type bac
12

Étude complète (problème type bac). Soit ff la fonction définie par f(x)=x2−3x−2f(x) = \dfrac{x^{2} - 3}{x - 2} et (Cf)(\mathcal{C}_f) sa courbe dans un repère orthonormé.

  1. Déterminer DfD_f et trois réels aa, bb, cc tels que, pour tout x∈Dfx \in D_f, f(x)=ax+b+cx−2f(x) = ax + b + \dfrac{c}{x - 2}.
  2. Calculer les limites de ff aux bornes de DfD_f. En déduire que (Cf)(\mathcal{C}_f) admet deux asymptotes dont on précisera les équations, et étudier la position de (Cf)(\mathcal{C}_f) par rapport à son asymptote oblique.
  3. Calculer f′(x)f'(x), étudier son signe et dresser le tableau de variations de ff.
  4. Démontrer que le point I(2 ; 4)I(2\ ;\ 4) est centre de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f).
  5. Tracer les asymptotes et (Cf)(\mathcal{C}_f).
  6. Discuter graphiquement, suivant les valeurs de mm, le nombre de solutions de l'équation f(x)=mf(x) = m.
Voir le corrigé détaillé

1. Df=R∖{2}D_f = \mathbb{R} \setminus \{2\}. On réduit ax+b+cx−2ax + b + \dfrac{c}{x-2} au même dénominateur : (ax+b)(x−2)+cx−2=ax2+(b−2a)x−2b+cx−2\dfrac{(ax + b)(x - 2) + c}{x - 2} = \dfrac{ax^{2} + (b - 2a)x - 2b + c}{x - 2}. Par identification avec x2−3x^{2} - 3 :

  1. a=1a = 1, b−2a=0b - 2a = 0, −2b+c=−3-2b + c = -3
  2. ⇒\Rightarrowa=1a = 1, b=2b = 2, c=1c = 1
  3. ⇒\Rightarrowf(x)=x+2+1x−2f(x) = x + 2 + \dfrac{1}{x - 2}vérification : (x+2)(x−2)+1=x2−3(x+2)(x-2) + 1 = x^{2} - 3

2.

  1. lim⁡x→−∞f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = -\infty et lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty1x−2→0\frac{1}{x-2} \to 0, x+2→±∞x + 2 \to \pm\infty
  2. lim⁡x→2−f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to 2^{-}} f(x) = -\infty et lim⁡x→2+f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to 2^{+}} f(x) = +\inftyx−2→0−x - 2 \to 0^{-} puis 0+0^{+}, numérateur →1\to 1 : asymptote verticale x=2x = 2
  3. f(x)−(x+2)=1x−2→x→±∞0f(x) - (x + 2) = \dfrac{1}{x - 2} \xrightarrow[x \to \pm\infty]{} 0asymptote oblique (Δ)(\Delta) : y=x+2y = x + 2 en −∞-\infty et en +∞+\infty

1x−2\dfrac{1}{x-2} est du signe de x−2x - 2 : (Cf)(\mathcal{C}_f) est au-dessus de (Δ)(\Delta) sur ]2 ; +∞[]2\ ;\ +\infty[, en dessous sur ]−∞ ; 2[]-\infty\ ;\ 2[.

3. ff est dérivable sur DfD_f :

  1. f′(x)=1−1(x−2)2f'(x) = 1 - \dfrac{1}{(x - 2)^{2}}
  2. ==(x−2)2−1(x−2)2\dfrac{(x - 2)^{2} - 1}{(x - 2)^{2}}
  3. ==(x−3)(x−1)(x−2)2\dfrac{(x - 3)(x - 1)}{(x - 2)^{2}}a2−1=(a−1)(a+1)a^{2} - 1 = (a - 1)(a + 1) avec a=x−2a = x - 2
  4. f(1)=1−31−2=2f(1) = \dfrac{1 - 3}{1 - 2} = 2 et f(3)=9−33−2=6f(3) = \dfrac{9 - 3}{3 - 2} = 6

Le dénominateur est strictement positif ; f′(x)f'(x) a le signe de (x−3)(x−1)(x-3)(x-1), positif à l'extérieur de [1 ; 3][1\ ;\ 3].

xx−∞-\infty112233+∞+\infty
f′(x)f'(x)++00−-∥−-00++
ff−∞-\infty↗22↘−∞-\infty ∥ +∞+\infty↘66↗+∞+\infty

4. Pour x≠2x \neq 2, 4−x≠24 - x \neq 2 et :

  1. f(4−x)+f(x)=(4−x)+2+12−x+x+2+1x−2f(4 - x) + f(x) = (4 - x) + 2 + \dfrac{1}{2 - x} + x + 2 + \dfrac{1}{x - 2}
  2. ==8−1x−2+1x−28 - \dfrac{1}{x - 2} + \dfrac{1}{x - 2}
  3. ==8=2×48 = 2 \times 4I(2 ; 4)I(2\ ;\ 4) est centre de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f)

5. Points utiles : f(0)=32f(0) = \dfrac{3}{2} ; f(x)=0  ⟺  x=±3f(x) = 0 \iff x = \pm\sqrt{3} ; extremums A(1 ; 2)A(1\ ;\ 2) et B(3 ; 6)B(3\ ;\ 6) à tangente horizontale. La figure 8 rassemble le tout.

-2-113456O2 -11357911 x = 2(Δ) : y = x + 2 A(1 ; 2)B(3 ; 6)I(2 ; 4) f(x) = (x² − 3)/(x − 2)
Figure 8 — Courbe de f(x)=x2−3x−2f(x) = \dfrac{x^{2}-3}{x-2} : asymptotes x=2x = 2 et (Δ)(\Delta) : y=x+2y = x + 2, extremums locaux A(1 ; 2)A(1\ ;\ 2) et B(3 ; 6)B(3\ ;\ 6), centre de symétrie I(2 ; 4)I(2\ ;\ 4) à l'intersection des asymptotes. Les petits points noirs sont les intersections avec les axes : (0 ; 32)\left(0\ ;\ \frac{3}{2}\right), (−3 ; 0)(-\sqrt{3}\ ;\ 0) et (3 ; 0)(\sqrt{3}\ ;\ 0).

6. Sur ]−∞ ; 2[]-\infty\ ;\ 2[, ff prend toutes les valeurs de ]−∞ ; 2]]-\infty\ ;\ 2], chaque valeur strictement inférieure à 22 étant atteinte deux fois (une fois sur chaque branche monotone) et 22 une seule fois. Sur ]2 ; +∞[]2\ ;\ +\infty[, ff prend toutes les valeurs de [6 ; +∞[[6\ ;\ +\infty[, chaque valeur strictement supérieure à 66 étant atteinte deux fois.

mmm<2m < 2m=2m = 22<m<62 < m < 6m=6m = 6m>6m > 6
nombre de solutions2211001122

Graphiquement, la bande horizontale 2<y<62 < y < 6 ne contient aucun point de la courbe : c'est la zone comprise entre les deux tangentes horizontales de la figure 8.

13

Restitution organisée de connaissances.

  1. Soit ff une fonction définie sur DfD_f et aa un réel. Démontrer que la droite (Δ)(\Delta) : x=ax = a est un axe de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f) si et seulement si, pour tout x∈Dfx \in D_f, 2a−x∈Df2a - x \in D_f et f(2a−x)=f(x)f(2a - x) = f(x).
  2. Application : soit f(x)=x4−4x3+4x2−1f(x) = x^{4} - 4x^{3} + 4x^{2} - 1. Vérifier que f(x)=(x2−2x)2−1f(x) = \left(x^{2} - 2x\right)^{2} - 1, puis démontrer que la droite x=1x = 1 est axe de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f).
  3. Dresser le tableau de variations de ff et vérifier sa cohérence avec la symétrie.
  4. En déduire, suivant mm, le nombre de solutions de l'équation f(x)=mf(x) = m.
Voir le corrigé détaillé

1. Soit M(x ; y)M(x\ ;\ y) un point du plan et M′M' son symétrique par rapport à (Δ)(\Delta). La symétrie orthogonale d'axe vertical conserve l'ordonnée et envoie l'abscisse xx sur x′x' tel que aa soit le milieu de [x ; x′][x\ ;\ x'] :

  1. x+x′2=a  ⟺  x′=2a−x\dfrac{x + x'}{2} = a \iff x' = 2a - x
  2. ⇒\RightarrowM′(2a−x ; y)M'(2a - x\ ;\ y)

(Δ)(\Delta) est axe de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f) si et seulement si le symétrique de tout point de (Cf)(\mathcal{C}_f) appartient à (Cf)(\mathcal{C}_f). Pour M(x ; f(x))M(x\ ;\ f(x)) avec x∈Dfx \in D_f :

  1. M′(2a−x ; f(x))∈(Cf)M'(2a - x\ ;\ f(x)) \in (\mathcal{C}_f)
  2.   ⟺  \iff2a−x∈Df2a - x \in D_f et f(2a−x)=f(x)f(2a - x) = f(x)définition de la courbe représentative — C.Q.F.D.

2.

  1. (x2−2x)2−1=x4−4x3+4x2−1=f(x)\left(x^{2} - 2x\right)^{2} - 1 = x^{4} - 4x^{3} + 4x^{2} - 1 = f(x)(u−v)2=u2−2uv+v2(u - v)^{2} = u^{2} - 2uv + v^{2}
  2. (2−x)2−2(2−x)=4−4x+x2−4+2x=x2−2x(2 - x)^{2} - 2(2 - x) = 4 - 4x + x^{2} - 4 + 2x = x^{2} - 2x
  3. ⇒\Rightarrowf(2−x)=(x2−2x)2−1=f(x)f(2 - x) = \left(x^{2} - 2x\right)^{2} - 1 = f(x)et Df=RD_f = \mathbb{R} : la droite x=1x = 1 est axe de symétrie

3. En dérivant la forme u2−1u^{2} - 1 avec u=x2−2xu = x^{2} - 2x :

  1. f′(x)=2u′u=2(2x−2)(x2−2x)f'(x) = 2u'u = 2(2x - 2)(x^{2} - 2x)
  2. ==4(x−1) x (x−2)4(x - 1)\,x\,(x - 2)racines 00, 11, 22 ; signe alterné, positif pour x>2x > 2
  3. f(0)=−1f(0) = -1, f(1)=(1−2)2−1=0f(1) = (1 - 2)^{2} - 1 = 0, f(2)=0−1=−1f(2) = 0 - 1 = -1
xx−∞-\infty001122+∞+\infty
f′(x)f'(x)−-00++00−-00++
ff+∞+\infty↘−1-1↗00↘−1-1↗+∞+\infty

Le tableau est bien symétrique par rapport à x=1x = 1 : les deux minimums −1-1 en 00 et 22 sont à égale distance de 11, où se trouve le maximum local 00.

4. Lecture du tableau (quatre branches monotones) :

mmm<−1m < -1m=−1m = -1−1<m<0-1 < m < 0m=0m = 0m>0m > 0
nombre de solutions0022443322

Pour m=0m = 0, on vérifie : u2=1  ⟺  x2−2x=±1  ⟺  (x−1)2=2u^{2} = 1 \iff x^{2} - 2x = \pm 1 \iff (x - 1)^{2} = 2 ou (x−1)2=0(x - 1)^{2} = 0, soit x=1±2x = 1 \pm \sqrt{2} ou x=1x = 1 : trois solutions, symétriques par rapport à 11.

14

Fonction irrationnelle (type bac). Soit g(x)=x+x2+1g(x) = x + \sqrt{x^{2} + 1}.

  1. Justifier que gg est définie sur R\mathbb{R} et que g(x)>0g(x) > 0 pour tout réel xx.
  2. Déterminer lim⁡x→−∞g(x)\displaystyle\lim_{x \to -\infty} g(x) (on pourra multiplier par la quantité conjuguée) et interpréter graphiquement.
  3. Étudier la branche infinie en +∞+\infty et préciser la position de la courbe par rapport à son asymptote.
  4. Calculer g′(x)g'(x), montrer que g′(x)=g(x)x2+1g'(x) = \dfrac{g(x)}{\sqrt{x^{2}+1}} et dresser le tableau de variations de gg.
  5. En déduire que, pour tout réel m>0m > 0, l'équation g(x)=mg(x) = m admet une unique solution, et la calculer.
Voir le corrigé détaillé

1. x2+1>0x^{2} + 1 > 0 pour tout xx : Dg=RD_g = \mathbb{R}. Si x⩾0x \geqslant 0, g(x)⩾x2+1>0g(x) \geqslant \sqrt{x^{2}+1} > 0. Si x<0x < 0 :

  1. x2+1>x2x^{2} + 1 > x^{2}
  2. ⇒\Rightarrowx2+1>x2=∣x∣=−x\sqrt{x^{2} + 1} > \sqrt{x^{2}} = |x| = -xla racine carrée est strictement croissante
  3. ⇒\Rightarrowg(x)=x+x2+1>x+(−x)=0g(x) = x + \sqrt{x^{2}+1} > x + (-x) = 0

2. En −∞-\infty, x→−∞x \to -\infty et x2+1→+∞\sqrt{x^{2}+1} \to +\infty : forme indéterminée.

  1. g(x)=(x+x2+1)(x2+1−x)x2+1−xg(x) = \dfrac{\left(x + \sqrt{x^{2}+1}\right)\left(\sqrt{x^{2}+1} - x\right)}{\sqrt{x^{2}+1} - x}
  2. ==x2+1−x2x2+1−x=1x2+1−x\dfrac{x^{2} + 1 - x^{2}}{\sqrt{x^{2}+1} - x} = \dfrac{1}{\sqrt{x^{2}+1} - x}
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→−∞g(x)=0\displaystyle\lim_{x \to -\infty} g(x) = 0le dénominateur tend vers +∞+\infty

L'axe des abscisses y=0y = 0 est asymptote horizontale en −∞-\infty, et la courbe est au-dessus puisque g>0g > 0.

3. lim⁡x→+∞g(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} g(x) = +\infty. Pour x>0x > 0 :

  1. g(x)x=1+x1+1x2x=1+1+1x2→x→+∞2\dfrac{g(x)}{x} = 1 + \dfrac{x\sqrt{1 + \frac{1}{x^{2}}}}{x} = 1 + \sqrt{1 + \dfrac{1}{x^{2}}} \xrightarrow[x \to +\infty]{} 2
  2. g(x)−2x=x2+1−x=1x2+1+x→x→+∞0g(x) - 2x = \sqrt{x^{2}+1} - x = \dfrac{1}{\sqrt{x^{2}+1} + x} \xrightarrow[x \to +\infty]{} 0quantité conjuguée

La droite y=2xy = 2x est asymptote oblique en +∞+\infty, et g(x)−2x>0g(x) - 2x > 0 : la courbe est au-dessus. Voilà une fonction avec une asymptote horizontale d'un côté et oblique de l'autre.

4. gg est dérivable sur R\mathbb{R} (x2+1x^{2} + 1 ne s'annule pas) :

  1. g′(x)=1+2x2x2+1=1+xx2+1g'(x) = 1 + \dfrac{2x}{2\sqrt{x^{2}+1}} = 1 + \dfrac{x}{\sqrt{x^{2}+1}}
  2. ==x2+1+xx2+1=g(x)x2+1\dfrac{\sqrt{x^{2}+1} + x}{\sqrt{x^{2}+1}} = \dfrac{g(x)}{\sqrt{x^{2}+1}}
  3. ⇒\Rightarrowg′(x)>0g'(x) > 0 pour tout réel xxd'après la question 1
xx−∞-\infty+∞+\infty
g′(x)g'(x)++
gg00↗+∞+\infty

5. gg est continue et strictement croissante sur R\mathbb{R}, avec lim⁡−∞g=0\displaystyle\lim_{-\infty} g = 0 et lim⁡+∞g=+∞\displaystyle\lim_{+\infty} g = +\infty : d'après le théorème de la bijection, gg réalise une bijection de R\mathbb{R} sur ]0 ; +∞[]0\ ;\ +\infty[ et l'équation g(x)=mg(x) = m admet une unique solution pour tout m>0m > 0 (aucune si m⩽0m \leqslant 0). Calcul :

  1. x+x2+1=mx + \sqrt{x^{2}+1} = m
  2.   ⟺  \iffx2+1=m−x\sqrt{x^{2}+1} = m - x
  3.   ⟺  \iffm−x⩾0m - x \geqslant 0 et x2+1=m2−2mx+x2x^{2} + 1 = m^{2} - 2mx + x^{2}élévation au carré, licite si les deux membres sont positifs
  4.   ⟺  \iffm−x⩾0m - x \geqslant 0 et x=m2−12mx = \dfrac{m^{2} - 1}{2m}
  5. m−m2−12m=m2+12m>0m - \dfrac{m^{2} - 1}{2m} = \dfrac{m^{2} + 1}{2m} > 0la condition est bien vérifiée pour m>0m > 0

La solution est x=m2−12mx = \dfrac{m^{2} - 1}{2m}. Par exemple, g(x)=1  ⟺  x=0g(x) = 1 \iff x = 0, ce qui est cohérent avec g(0)=1g(0) = 1.

15

Fonction trigonométrique (type bac). Soit f(x)=sin⁡x (1+cos⁡x)f(x) = \sin x\,(1 + \cos x), définie sur R\mathbb{R}.

  1. Montrer que ff est 2π2\pi-périodique et impaire. Quel domaine d'étude peut-on choisir ?
  2. Montrer que f′(x)=(2cos⁡x−1)(cos⁡x+1)f'(x) = (2\cos x - 1)(\cos x + 1).
  3. Étudier le signe de f′f' sur [0 ; π][0\ ;\ \pi] et dresser le tableau de variations de ff sur cet intervalle.
  4. Déterminer les tangentes à la courbe aux points d'abscisses 00 et π\pi.
  5. Décrire le tracé de la courbe sur [−π ; π][-\pi\ ;\ \pi] puis sur R\mathbb{R}, et donner le maximum de ff sur R\mathbb{R}.
Voir le corrigé détaillé

1. Pour tout réel xx :

  1. f(x+2π)=sin⁡(x+2π) (1+cos⁡(x+2π))=sin⁡x (1+cos⁡x)=f(x)f(x + 2\pi) = \sin(x + 2\pi)\,(1 + \cos(x + 2\pi)) = \sin x\,(1 + \cos x) = f(x)sin⁡\sin et cos⁡\cos sont 2π2\pi-périodiques
  2. f(−x)=sin⁡(−x) (1+cos⁡(−x))=−sin⁡x (1+cos⁡x)=−f(x)f(-x) = \sin(-x)\,(1 + \cos(-x)) = -\sin x\,(1 + \cos x) = -f(x)sin⁡\sin impaire, cos⁡\cos paire

On étudie ff sur [0 ; π][0\ ;\ \pi] ; la symétrie de centre OO donne la courbe sur [−π ; π][-\pi\ ;\ \pi], intervalle de longueur 2π2\pi, puis les translations de vecteurs 2kπ i⃗2k\pi\,\vec{i} donnent toute la courbe.

2. Dérivée d'un produit :

  1. f′(x)=cos⁡x (1+cos⁡x)+sin⁡x (−sin⁡x)f'(x) = \cos x\,(1 + \cos x) + \sin x\,(-\sin x)
  2. ==cos⁡x+cos⁡2x−sin⁡2x\cos x + \cos^{2} x - \sin^{2} x
  3. ==cos⁡x+cos⁡2x−(1−cos⁡2x)\cos x + \cos^{2} x - (1 - \cos^{2} x)sin⁡2x=1−cos⁡2x\sin^{2} x = 1 - \cos^{2} x
  4. ==2cos⁡2x+cos⁡x−12\cos^{2} x + \cos x - 1
  5. ==(2cos⁡x−1)(cos⁡x+1)(2\cos x - 1)(\cos x + 1)développer redonne 2cos⁡2x+2cos⁡x−cos⁡x−12\cos^{2}x + 2\cos x - \cos x - 1

3. Sur [0 ; π][0\ ;\ \pi], cos⁡x+1⩾0\cos x + 1 \geqslant 0 (nul seulement en π\pi). Donc f′(x)f'(x) a le signe de 2cos⁡x−12\cos x - 1 :

  1. 2cos⁡x−1⩾0  ⟺  cos⁡x⩾12  ⟺  x∈[0 ; π3]2\cos x - 1 \geqslant 0 \iff \cos x \geqslant \dfrac{1}{2} \iff x \in \left[0\ ;\ \dfrac{\pi}{3}\right]cos⁡\cos est décroissante sur [0 ; π][0\ ;\ \pi] et cos⁡π3=12\cos\frac{\pi}{3} = \frac{1}{2}
  2. f(0)=0f(0) = 0, f(π)=0f(\pi) = 0
  3. f(π3)=32(1+12)=334≈1,30f\left(\dfrac{\pi}{3}\right) = \dfrac{\sqrt{3}}{2}\left(1 + \dfrac{1}{2}\right) = \dfrac{3\sqrt{3}}{4} \approx 1{,}30
xx00π3\dfrac{\pi}{3}π\pi
f′(x)f'(x)22++00−-00
ff00↗334\dfrac{3\sqrt{3}}{4}↘00

4.

  1. f′(0)=(2−1)(1+1)=2f'(0) = (2 - 1)(1 + 1) = 2tangente en OO : y=2xy = 2x
  2. f′(π)=(−2−1)(−1+1)=0f'(\pi) = (-2 - 1)(-1 + 1) = 0tangente horizontale au point (π ; 0)(\pi\ ;\ 0)

5. Sur [0 ; π][0\ ;\ \pi], la courbe part de OO avec la pente 22, culmine en (π3 ; 334)\left(\frac{\pi}{3}\ ;\ \frac{3\sqrt{3}}{4}\right), passe par (π2 ; 1)\left(\frac{\pi}{2}\ ;\ 1\right) et revient tangentiellement sur l'axe en (π ; 0)(\pi\ ;\ 0). La symétrie de centre OO donne sur [−π ; 0][-\pi\ ;\ 0] une arche négative avec un minimum −334-\frac{3\sqrt{3}}{4} en −π3-\frac{\pi}{3} et une tangente horizontale en (−π ; 0)(-\pi\ ;\ 0), de sorte que le raccordement en ±π\pm\pi est lisse. On reproduit ensuite ce motif de longueur 2π2\pi. Le maximum de ff sur R\mathbb{R} est 334\dfrac{3\sqrt{3}}{4}, atteint en π3+2kπ\dfrac{\pi}{3} + 2k\pi, k∈Zk \in \mathbb{Z}.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
16

L'atelier de couture de Fatou (Dakar). Fatou dirige un atelier qui produit des lots d'uniformes scolaires. Pour qq lots produits dans le mois (0<q⩽600 < q \leqslant 60), le coût total de production, en milliers de francs CFA, est C(q)=q2+900C(q) = q^{2} + 900 (les 900900 milliers correspondent au loyer et aux salaires fixes).

  1. Exprimer le coût moyen par lot M(q)=C(q)qM(q) = \dfrac{C(q)}{q}.
  2. Étudier les variations de MM sur ]0 ; 60]]0\ ;\ 60]. Pour quelle production le coût moyen est-il minimal, et que vaut-il ?
  3. Déterminer lim⁡q→0+M(q)\displaystyle\lim_{q \to 0^{+}} M(q) et interpréter. Montrer que la droite y=qy = q serait asymptote à la courbe de MM si la production pouvait croître indéfiniment ; interpréter.
  4. Pour quelles productions le coût moyen ne dépasse-t-il pas 65 00065\,000 F CFA par lot ?
Voir le corrigé détaillé

1. M(q)=q2+900q=q+900qM(q) = \dfrac{q^{2} + 900}{q} = q + \dfrac{900}{q} (en milliers de F CFA par lot).

2.

  1. M′(q)=1−900q2=q2−900q2M'(q) = 1 - \dfrac{900}{q^{2}} = \dfrac{q^{2} - 900}{q^{2}}
  2. ==(q−30)(q+30)q2\dfrac{(q - 30)(q + 30)}{q^{2}}signe de q−30q - 30 sur ]0 ; 60]]0\ ;\ 60]
  3. M(30)=30+30=60M(30) = 30 + 30 = 60 ; M(60)=60+15=75M(60) = 60 + 15 = 75
qq0030306060
M′(q)M'(q)−-00++
MM+∞+\infty↘6060↗7575

Le coût moyen est minimal pour 30 lots par mois : il vaut alors 60 000 F CFA par lot.

3.

  1. lim⁡q→0+M(q)=+∞\displaystyle\lim_{q \to 0^{+}} M(q) = +\infty900q→+∞\dfrac{900}{q} \to +\infty : asymptote verticale q=0q = 0
  2. M(q)−q=900q→q→+∞0M(q) - q = \dfrac{900}{q} \xrightarrow[q \to +\infty]{} 0la droite y=qy = q est asymptote oblique

Interprétation : avec très peu de lots, les charges fixes de 900 000900\,000 F CFA se répartissent sur presque rien et le coût moyen explose. À l'inverse, pour de très grandes productions, la part des charges fixes 900q\dfrac{900}{q} devient négligeable et le coût moyen se rapproche de qq, le coût variable par lot.

4. On résout M(q)⩽65M(q) \leqslant 65 avec q>0q > 0 :

  1. q+900q⩽65q + \dfrac{900}{q} \leqslant 65
  2.   ⟺  \iffq2−65q+900⩽0q^{2} - 65q + 900 \leqslant 0multiplication par q>0q > 0
  3. Δ=652−4×900=4225−3600=625=252\Delta = 65^{2} - 4 \times 900 = 4225 - 3600 = 625 = 25^{2}
  4. ⇒\Rightarrowracines 65−252=20\dfrac{65 - 25}{2} = 20 et 65+252=45\dfrac{65 + 25}{2} = 45
  5.   ⟺  \iff20⩽q⩽4520 \leqslant q \leqslant 45trinôme négatif entre ses racines

Fatou doit produire entre 20 et 45 lots par mois pour que chaque lot lui revienne à 65 00065\,000 F CFA au plus.

17

Le camion de Mahamat (Ndjamena – Abéché). Mahamat transporte des sacs de mil de Ndjamena à Abéché, soit environ 900900 km. À la vitesse constante vv (en km/h, avec 40⩽v⩽10040 \leqslant v \leqslant 100), son camion consomme c(v)=6+v2600c(v) = 6 + \dfrac{v^{2}}{600} litres de gazole par heure.

  1. Exprimer la durée du trajet en fonction de vv, puis montrer que la quantité de gazole consommée sur le trajet est K(v)=5400v+1,5 vK(v) = \dfrac{5400}{v} + 1{,}5\,v.
  2. Étudier les variations de KK sur [40 ; 100][40\ ;\ 100] et déterminer la vitesse la plus économique. Combien de litres consomme alors le camion, et combien de temps dure le trajet ?
  3. Le gazole coûte 850850 F CFA le litre. Comparer le coût en carburant à 6060 km/h et à 9090 km/h, ainsi que les durées. Que conseillerais-tu à Mahamat ?
Voir le corrigé détaillé

1. À vitesse constante, durée t=900vt = \dfrac{900}{v} heures. La consommation totale est le produit de la durée par la consommation horaire :

  1. K(v)=900v(6+v2600)K(v) = \dfrac{900}{v}\left(6 + \dfrac{v^{2}}{600}\right)
  2. ==5400v+900 v2600 v\dfrac{5400}{v} + \dfrac{900\,v^{2}}{600\,v}
  3. ==5400v+1,5 v\dfrac{5400}{v} + 1{,}5\,v

2.

  1. K′(v)=−5400v2+1,5=1,5 v2−5400v2K'(v) = -\dfrac{5400}{v^{2}} + 1{,}5 = \dfrac{1{,}5\,v^{2} - 5400}{v^{2}}
  2. ==1,5 (v−60)(v+60)v2\dfrac{1{,}5\,(v - 60)(v + 60)}{v^{2}}v2−3600=(v−60)(v+60)v^{2} - 3600 = (v-60)(v+60)
  3. K(40)=135+60=195K(40) = 135 + 60 = 195 ; K(60)=90+90=180K(60) = 90 + 90 = 180 ; K(100)=54+150=204K(100) = 54 + 150 = 204
vv40406060100100
K′(v)K'(v)−-00++
KK195195↘180180↗204204

La vitesse la plus économique est 60 km/h : le camion consomme alors 180 L et le trajet dure 90060=15\dfrac{900}{60} = 15 h.

3.

  1. à 6060 km/h : 180×850=153 000180 \times 850 = 153\,000 F CFA, durée 1515 h
  2. à 9090 km/h : K(90)=60+135=195K(90) = 60 + 135 = 195 L
  3. ⇒\Rightarrow195×850=165 750195 \times 850 = 165\,750 F CFA, durée 90090=10\dfrac{900}{90} = 10 h
  4. surcoût : 12 75012\,750 F CFA pour 55 h gagnées

Rouler à 9090 km/h coûte 12 75012\,750 F CFA de plus mais fait gagner cinq heures ; si Mahamat est payé à la livraison ou doit repartir le jour même, ce surcoût est modeste. En revanche, sur la piste après Mongo, la sécurité impose souvent de rester en dessous de 6060 km/h : la vitesse optimale est aussi la plus prudente.

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La boîte de concentré de tomate (Douala). Une conserverie de Douala fabrique des boîtes cylindriques fermées de volume 500500 cm³. On note rr le rayon et hh la hauteur, en centimètres. Le métal coûte cher : on veut minimiser l'aire totale de tôle AA (deux disques et la paroi latérale).

  1. Exprimer hh en fonction de rr, puis montrer que A(r)=2πr2+1000rA(r) = 2\pi r^{2} + \dfrac{1000}{r} pour r>0r > 0.
  2. Déterminer les limites de AA en 0+0^{+} et en +∞+\infty, puis étudier les variations de AA sur ]0 ; +∞[]0\ ;\ +\infty[.
  3. Déterminer les dimensions de la boîte la plus économique (valeurs exactes puis arrondies au millimètre) et montrer qu'alors h=2rh = 2r. Calculer l'aire minimale.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. πr2h=500  ⟺  h=500πr2\pi r^{2} h = 500 \iff h = \dfrac{500}{\pi r^{2}}
  2. A=2πr2+2πrhA = 2\pi r^{2} + 2\pi r hdeux disques + rectangle déroulé de côtés 2πr2\pi r et hh
  3. ==2πr2+2πr×500πr22\pi r^{2} + 2\pi r \times \dfrac{500}{\pi r^{2}}
  4. ==2πr2+1000r2\pi r^{2} + \dfrac{1000}{r}

2. lim⁡r→0+A(r)=+∞\displaystyle\lim_{r \to 0^{+}} A(r) = +\infty (boîte très fine et très haute) et lim⁡r→+∞A(r)=+∞\displaystyle\lim_{r \to +\infty} A(r) = +\infty (boîte très plate et très large).

  1. A′(r)=4πr−1000r2=4πr3−1000r2A'(r) = 4\pi r - \dfrac{1000}{r^{2}} = \dfrac{4\pi r^{3} - 1000}{r^{2}}
  2. A′(r)=0  ⟺  r3=10004π=250π  ⟺  r=r0=250π3A'(r) = 0 \iff r^{3} = \dfrac{1000}{4\pi} = \dfrac{250}{\pi} \iff r = r_0 = \sqrt[3]{\dfrac{250}{\pi}}
  3. A′(r)<0A'(r) < 0 si r<r0r < r_0, A′(r)>0A'(r) > 0 si r>r0r > r_0r↦4πr3−1000r \mapsto 4\pi r^{3} - 1000 est croissante

AA est décroissante sur ]0 ; r0]]0\ ;\ r_0], croissante sur [r0 ; +∞[[r_0\ ;\ +\infty[ : elle admet un minimum en r0r_0.

3.

  1. r0=250π3≈79,583≈4,30r_0 = \sqrt[3]{\dfrac{250}{\pi}} \approx \sqrt[3]{79{,}58} \approx 4{,}30 cm
  2. πr02=πr03r0=250r0\pi r_0^{2} = \dfrac{\pi r_0^{3}}{r_0} = \dfrac{250}{r_0}car πr03=250\pi r_0^{3} = 250
  3. ⇒\Rightarrowh0=500πr02=500 r0250=2r0≈8,60h_0 = \dfrac{500}{\pi r_0^{2}} = \dfrac{500\,r_0}{250} = 2 r_0 \approx 8{,}60 cm
  4. A(r0)=2πr02+1000r0=500r0+1000r0=1500r0A(r_0) = 2\pi r_0^{2} + \dfrac{1000}{r_0} = \dfrac{500}{r_0} + \dfrac{1000}{r_0} = \dfrac{1500}{r_0}
  5. ≈\approx15004,30≈349\dfrac{1500}{4{,}30} \approx 349 cm²

La boîte la plus économique a un rayon d'environ 4,3 cm et une hauteur d'environ 8,6 cm : sa hauteur est égale à son diamètre, et elle utilise environ 349 cm² de tôle. Les boîtes réelles sont souvent plus hautes, car il faut aussi tenir compte des chutes de découpe des disques et de la prise en main.

19

Le club de soccer de Côte-des-Neiges (Montréal). Le nombre d'adhérents d'un club de quartier, tt années après sa création, est modélisé par N(t)=200t+50t+1N(t) = \dfrac{200t + 50}{t + 1} pour t⩾0t \geqslant 0.

  1. Calculer N(0)N(0), N(1)N(1), N(4)N(4) et N(9)N(9).
  2. Montrer que N(t)=200−150t+1N(t) = 200 - \dfrac{150}{t + 1}, puis étudier le sens de variation de NN.
  3. Déterminer lim⁡t→+∞N(t)\displaystyle\lim_{t \to +\infty} N(t). Interpréter ce résultat pour le club.
  4. Étudier la convexité de NN et interpréter concrètement.
  5. À partir de quelle année le club comptera-t-il au moins 190190 adhérents ?
Voir le corrigé détaillé

1. N(0)=50N(0) = 50 ; N(1)=2502=125N(1) = \dfrac{250}{2} = 125 ; N(4)=8505=170N(4) = \dfrac{850}{5} = 170 ; N(9)=185010=185N(9) = \dfrac{1850}{10} = 185. Le club grandit, mais de moins en moins vite.

2.

  1. 200−150t+1=200(t+1)−150t+1=200t+50t+1=N(t)200 - \dfrac{150}{t+1} = \dfrac{200(t + 1) - 150}{t + 1} = \dfrac{200t + 50}{t + 1} = N(t)
  2. N′(t)=150(t+1)2>0N'(t) = \dfrac{150}{(t + 1)^{2}} > 0dérivée de −150u-\dfrac{150}{u} : 150u′u2\dfrac{150u'}{u^{2}} avec u=t+1u = t + 1

NN est strictement croissante sur [0 ; +∞[[0\ ;\ +\infty[ : le club ne perd jamais d'adhérents.

3. 150t+1→0\dfrac{150}{t+1} \to 0, donc lim⁡t→+∞N(t)=200\displaystyle\lim_{t \to +\infty} N(t) = 200 : la droite y=200y = 200 est asymptote horizontale. Le nombre d'adhérents se rapproche indéfiniment de 200200 sans jamais l'atteindre (car 150t+1>0\dfrac{150}{t+1} > 0) : 200200 est un seuil de saturation, lié par exemple à la capacité des terrains du quartier.

4.

  1. N′′(t)=−300(t+1)3<0N''(t) = -\dfrac{300}{(t + 1)^{3}} < 0NN est concave sur [0 ; +∞[[0\ ;\ +\infty[

La concavité signifie que N′N', la vitesse de recrutement, diminue : le club gagne 7575 adhérents la première année, mais seulement 1515 entre la quatrième et la neuvième. C'est la croissance « freinée » typique d'un phénomène qui sature.

5.

  1. N(t)⩾190  ⟺  200−150t+1⩾190N(t) \geqslant 190 \iff 200 - \dfrac{150}{t+1} \geqslant 190
  2.   ⟺  \iff150t+1⩽10\dfrac{150}{t+1} \leqslant 10
  3.   ⟺  \ifft+1⩾15t + 1 \geqslant 15t+1>0t + 1 > 0, on peut multiplier et diviser sans changer le sens
  4.   ⟺  \ifft⩾14t \geqslant 14

Le club atteindra 190190 adhérents quatorze ans après sa création (N(14)=190N(14) = 190 exactement), et en comptera toujours moins de 200200.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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La courbe représentative (Cf)(\mathcal{C}_f) d'une fonction ff définie sur DfD_f est l'ensemble des points M(x ; y)M(x\ ;\ y) tels que :

Explication : Par définition, M(x ; y)∈(Cf)  ⟺  x∈DfM(x\ ;\ y) \in (\mathcal{C}_f) \iff x \in D_f et y=f(x)y = f(x).

Dans le plan d'étude d'une fonction, quelle est la toute première étape ?

Explication : Il ne faut jamais calculer f′f' avant d'avoir déterminé DfD_f : dériver en un point exclu du domaine n'a aucun sens.

Une fonction ff est dite paire sur un domaine symétrique par rapport à 00 lorsque, pour tout x∈Dfx \in D_f :

Explication : La parité se traduit par f(−x)=f(x)f(-x) = f(x) pour tout x∈Dfx \in D_f ; la courbe est alors symétrique par rapport à l'axe (Oy)(Oy).

Si ff est impaire sur un domaine symétrique par rapport à 00, la courbe (Cf)(\mathcal{C}_f) est symétrique par rapport à :

Explication : L'imparité, f(−x)=−f(x)f(-x) = -f(x), correspond à une symétrie de centre OO, l'origine du repère.

La droite x=ax = a est asymptote verticale à (Cf)(\mathcal{C}_f) lorsque :

Explication : Une asymptote verticale traduit une limite infinie de ff quand xx tend vers la valeur interdite aa (à gauche ou à droite).

Sur un intervalle II, une fonction ff deux fois dérivable est convexe si et seulement si :

Explication : ff est convexe sur II si et seulement si f′′(x)⩾0f''(x) \geqslant 0 sur II : la courbe reste au-dessus de chacune de ses tangentes.

Soit f(x)=2x−1x+3f(x) = \dfrac{2x-1}{x+3} sur Df=R∖{−3}D_f = \mathbb{R} \setminus \{-3\}. Que vaut lim⁡x→±∞f(x)\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} f(x) ?

Explication : On factorise par xx :
f(x)=x(2−1x)x(1+3x)=2−1x1+3xf(x) = \dfrac{x(2 - \frac{1}{x})}{x(1 + \frac{3}{x})} = \dfrac{2 - \frac{1}{x}}{1 + \frac{3}{x}}
qui tend vers 22 en ±∞\pm\infty : la droite y=2y=2 est asymptote horizontale.

Pour f(x)=x2+1x−1f(x) = \dfrac{x^{2}+1}{x-1}, la droite x=1x = 1 est asymptote verticale car, quand x→1+x \to 1^{+} :

Explication : Quand x→1+x \to 1^{+}, x2+1→2x^{2}+1 \to 2 et x−1→0+x-1 \to 0^{+} : le quotient explose vers +∞+\infty, ce qui caractérise l'asymptote verticale x=1x=1.

Soit f(x)=3x+2+5x−1f(x) = 3x + 2 + \dfrac{5}{x-1} sur R∖{1}\mathbb{R} \setminus \{1\}. L'asymptote oblique de (Cf)(\mathcal{C}_f) a pour équation :

Explication : f(x)−(3x+2)=5x−1→x→±∞0f(x) - (3x+2) = \dfrac{5}{x-1} \xrightarrow[x \to \pm\infty]{} 0, donc la droite y=3x+2y = 3x+2 est asymptote oblique.

Avec le même f(x)=3x+2+5x−1f(x) = 3x + 2 + \dfrac{5}{x-1}, sur quel intervalle la courbe est-elle au-dessus de son asymptote oblique ?

Explication : f(x)−(3x+2)=5x−1f(x) - (3x+2) = \dfrac{5}{x-1} est positif quand x−1>0x - 1 > 0, c'est-à-dire sur ]1 ; +∞[]1\ ;\ +\infty[ : la courbe y est au-dessus de l'asymptote.

Pour étudier la nature d'une branche infinie quand lim⁡x→+∞f(x)=±∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty} f(x) = \pm\infty, on calcule d'abord la limite de :

Explication : On calcule lim⁡x→+∞f(x)x\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{f(x)}{x} : si elle est infinie, direction (Oy)(Oy) ; si elle est nulle, direction (Ox)(Ox) ; si elle vaut a≠0a \neq 0, on poursuit avec f(x)−axf(x)-ax.

Soit g(x)=x3−3x2+5g(x) = x^{3} - 3x^{2} + 5. On calcule g′′(x)=6x−6g''(x) = 6x - 6. Quelle est la nature du point d'abscisse 11 sur (Cg)(\mathcal{C}_g) ?

Explication : g′′(x)=6(x−1)g''(x) = 6(x-1) change de signe en x=1x=1 (négatif avant, positif après) : la courbe traverse sa tangente en ce point, c'est un point d'inflexion.

Pour f(x)=x4f(x) = x^{4}, on a f′′(x)=12x2f''(x) = 12x^{2}, qui s'annule en x=0x=0 sans changer de signe. Que peut-on en conclure ?

Explication : f′′(x)=12x2⩾0f''(x) = 12x^2 \geqslant 0 partout : ff est convexe sur R\mathbb{R} tout entier. Comme f′′f'' ne change pas de signe en 00, ce n'est pas un point d'inflexion — piège classique.

Le point I(a ; b)I(a\ ;\ b) est centre de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f) si, pour tout x∈Dfx \in D_f :

Explication : La condition de centre de symétrie s'écrit f(2a−x)+f(x)=2bf(2a-x) + f(x) = 2b (la moyenne des deux images vaut bb), alors que f(2a−x)=f(x)f(2a-x)=f(x) caractérise un axe de symétrie.

Pour une fonction rationnelle de la forme f(x)=αx+β+γx−x0f(x) = \alpha x + \beta + \dfrac{\gamma}{x-x_0}, le centre de symétrie de (Cf)(\mathcal{C}_f) est toujours :

Explication : C'est un résultat classique : pour une telle fonction, l'intersection de l'asymptote verticale x=x0x=x_0 et de l'asymptote oblique y=αx+βy=\alpha x+\beta est toujours centre de symétrie de la courbe.

Soit g(x)=x2−9g(x) = \sqrt{x^2-9} sur Dg=]−∞ ;−3]∪[3 ;+∞[D_g = ]-\infty\,;-3]\cup[3\,;+\infty[. Au point x=3x=3, la courbe présente :

Explication : Le radicande s'annule en x=3x=3 : le taux d'accroissement g(x)−g(3)x−3\dfrac{g(x)-g(3)}{x-3} tend vers +∞+\infty quand x→3+x \to 3^+, donnant une demi-tangente verticale, sans que gg soit dérivable en 33.

Un coût moyen de production C(x)C(x) (en francs CFA par unité) admet le tableau de variations suivant : décroissant sur [0 ; 200][0\ ;\ 200] jusqu'à un minimum C(200)=1500C(200)=1500, puis croissant sur [200 ; +∞[[200\ ;\ +\infty[. L'équation C(x)=1800C(x) = 1800 admet alors :

Explication : 1800>15001800 > 1500 est atteint une fois par la branche décroissante et une fois par la branche croissante : chaque branche est continue et strictement monotone, donc deux solutions au total (théorème de la bijection).

Une fonction ff, continue et strictement croissante sur [2 ; 10][2\ ;\ 10], vérifie f(2)=−3f(2)=-3 et f(10)=7f(10)=7. Combien de solutions admet l'équation f(x)=0f(x)=0 sur [2 ; 10][2\ ;\ 10] ?

Explication : D'après le théorème de la bijection, une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle prend chaque valeur de son intervalle image exactement une fois ; 00 appartient bien à f([2 ; 10])=[−3 ; 7]f([2\,;\,10])=[-3\,;\,7].

Soit f(x)=x3−3x+1f(x) = x^3-3x+1, de maximum local 33 en x=−1x=-1 et minimum local −1-1 en x=1x=1. Pour quelle(s) valeur(s) de mm l'équation f(x)=mf(x)=m admet-elle exactement deux solutions ?

Explication : Aux valeurs des extremums, la droite y=my=m est tangente à la courbe en ce point (une solution) et coupe encore la troisième branche (une autre solution) : c'est le piège classique des valeurs frontières, à traiter à part.

Soit f(x)=x+9x−2f(x) = x + \dfrac{9}{x-2} sur R∖{2}\mathbb{R} \setminus \{2\}, d'extremums locaux A(−1 ; −4)A(-1\ ;\ -4) et B(5 ; 8)B(5\ ;\ 8). Combien de solutions admet f(x)=2f(x) = 2 ?

Explication : Comme pour f(x)=x+4x−1f(x)=x+\frac{4}{x-1} du cours, la bande entre les deux extremums locaux (ici ]−4 ; 8[]-4\ ;\ 8[) n'est atteinte par aucune branche : aucune horizontale y=my=m avec −4<m<8-4<m<8 ne coupe la courbe.
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