Aller au contenu
Skill NovaCours en ligne

Dérivation et applications

Utiliser la dérivée pour étudier une fonction et démontrer des inégalités.

Mathématiques Terminale Chapitre 2 / 19 ⏱ 11 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Dériver toute fonction du programme
  • Étudier les variations et les extremums
  • Démontrer une inégalité par étude de fonction

En Première, tu as fait connaissance avec la dérivée : le nombre dérivé mesure la « pente » d’une courbe en un point, et le signe de f′f' renseigne sur les variations de ff. En Terminale, cet outil devient le cœur de toute l’analyse : c’est lui qui te permettra d’étudier les fonctions logarithme et exponentielle, de résoudre des équations différentielles, de calculer des intégrales et de mener à bien la plupart des problèmes du baccalauréat.

La dérivée est partout autour de toi. La vitesse affichée au compteur d’un taxi de Dakar est la dérivée de la distance parcourue ; le coût marginal qu’un artisan de Ndjamena calcule pour fabriquer une pièce de plus est la dérivée de son coût total ; la forme d’une boîte de conserve qui économise le plus de métal se trouve en annulant une dérivée. Et lorsqu’un radar « tronçon » contrôle une voiture, il s’appuie — sans le dire — sur le théorème des accroissements finis que tu vas démontrer ici.

Ce qui change cette année : on ne se contente plus d’appliquer des formules. On démontre (dérivable implique continue, dérivée d’un produit, théorème de Rolle, accroissements finis), on apprend à dériver toute fonction du programme — y compris les composées unu^{n}, u\sqrt{u}, cos⁡u\cos u — et on découvre trois applications majeures : l’étude des extremums, la démonstration d’inégalités par étude de fonction, et la dérivée des fonctions réciproques. Prends ton temps : chaque notion est illustrée par au moins deux exemples résolus.

1Dérivées usuelles et opérations

1.1  Nombre dérivé, tangente et dérivabilité

Définition — nombre dérivé

Soit ff une fonction définie sur un intervalle ouvert II et a∈Ia \in I. Pour h≠0h \neq 0 tel que a+h∈Ia + h \in I, le taux d’accroissement de ff entre aa et a+ha + h est le quotient τa(h)=f(a+h)−f(a)h\tau_a(h) = \dfrac{f(a+h) - f(a)}{h}.

On dit que ff est dérivable en aa lorsque τa(h)\tau_a(h) admet une limite finie quand hh tend vers 00. Cette limite s’appelle le nombre dérivé de ff en aa et se note f′(a)f'(a) :

f′(a)=lim⁡h→0f(a+h)−f(a)h=lim⁡x→af(x)−f(a)x−af'(a) = \displaystyle\lim_{h \to 0} \dfrac{f(a+h) - f(a)}{h} = \displaystyle\lim_{x \to a} \dfrac{f(x) - f(a)}{x - a}

Géométriquement, τa(h)\tau_a(h) est le coefficient directeur de la sécante (AM)(AM) qui joint les points A(a ; f(a))A(a\,;\,f(a)) et M(a+h ; f(a+h))M(a+h\,;\,f(a+h)) de la courbe. Quand hh tend vers 00, le point MM glisse vers AA et la sécante pivote vers une position limite : la tangente en AA.

Propriété — équation de la tangente

Si ff est dérivable en aa, la courbe Cf\mathcal{C}_f admet au point A(a ; f(a))A(a\,;\,f(a)) une tangente TT de coefficient directeur f′(a)f'(a), d’équation :

T:y=f′(a) (x−a)+f(a)T : \quad y = f'(a)\,(x - a) + f(a)

Exemple — nombre dérivé de x↦x2x \mapsto x^{2} en 11

On revient à la définition, avec f(x)=x2f(x) = x^{2} et a=1a = 1.

  1. τ1(h)=(1+h)2−12h\tau_1(h) = \dfrac{(1+h)^{2} - 1^{2}}{h}
  2. ==1+2h+h2−1h\dfrac{1 + 2h + h^{2} - 1}{h}identité (a+b)2(a+b)^{2}
  3. ==h(2+h)h\dfrac{h(2 + h)}{h}
  4. ==2+h2 + hsimplification par h≠0h \neq 0
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡h→0τ1(h)=2\displaystyle\lim_{h \to 0} \tau_1(h) = 2, donc f′(1)=2f'(1) = 2

La tangente en A(1 ; 1)A(1\,;\,1) a pour équation :

  1. y=f′(1)(x−1)+f(1)y = f'(1)(x - 1) + f(1)
  2. ==2(x−1)+12(x - 1) + 1
  3. ==2x−12x - 1
1201234xyAMM′Quand M glisse vers A, la sécante (AM) pivote vers la tangente en Ay = x²sécante (AM)T : y = 2x − 1pente de (AM) = 3 ; pente de (AM′) = 2,6 ; pente de T = f′(1) = 2
Figure 1 — Courbe de f(x)=x2f(x) = x^{2}. Les sécantes (AM)(AM) et (AM′)(AM') ont pour pentes 33 et 2,62{,}6 ; quand MM se rapproche de A(1 ; 1)A(1\,;\,1), la pente tend vers f′(1)=2f'(1) = 2, pente de la tangente T:y=2x−1T : y = 2x - 1.
Définition — fonction dérivée

Une fonction ff est dérivable sur un intervalle II lorsqu’elle est dérivable en tout point de II. La fonction qui à tout x∈Ix \in I associe le nombre dérivé f′(x)f'(x) est la fonction dérivée de ff, notée f′f'.

Si τa(h)\tau_a(h) admet une limite finie seulement quand h→0+h \to 0^{+} (resp. h→0−h \to 0^{-}), on parle de dérivabilité à droite (resp. à gauche) en aa ; la courbe admet alors une demi-tangente. La fonction est dérivable en aa si et seulement si elle est dérivable à droite et à gauche avec le même nombre dérivé.

Théorème — dérivable implique continue

Si ff est dérivable en aa, alors ff est continue en aa.

Démonstration

Pour h≠0h \neq 0, on écrit la différence f(a+h)−f(a)f(a+h) - f(a) à l’aide du taux d’accroissement.

  1. f(a+h)−f(a)=h×f(a+h)−f(a)hf(a+h) - f(a) = h \times \dfrac{f(a+h) - f(a)}{h}
  2. ==h×τa(h)h \times \tau_a(h)
  3. lim⁡h→0h=0\displaystyle\lim_{h \to 0} h = 0 et lim⁡h→0τa(h)=f′(a)\displaystyle\lim_{h \to 0} \tau_a(h) = f'(a)ff dérivable en aa, limite finie
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡h→0[f(a+h)−f(a)]=0×f′(a)=0\displaystyle\lim_{h \to 0} \left[f(a+h) - f(a)\right] = 0 \times f'(a) = 0limite d’un produit
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡h→0f(a+h)=f(a)\displaystyle\lim_{h \to 0} f(a+h) = f(a)

C’est exactement la définition de la continuité de ff en aa. C.Q.F.D.

Attention — la réciproque est fausse

Une fonction continue n’est pas forcément dérivable. Deux exemples à connaître, tous deux en a=0a = 0 :

  1. f(x)=∣x∣f(x) = |x| : τ0(h)=∣h∣h\tau_0(h) = \dfrac{|h|}{h}
  2. ==11 si h>0h > 0, −1-1 si h<0h < 0limites à droite et à gauche différentes : point anguleux, pas de tangente
  3. g(x)=xg(x) = \sqrt{x} : τ0(h)=hh=1h\tau_0(h) = \dfrac{\sqrt{h}}{h} = \dfrac{1}{\sqrt{h}}
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡h→0+τ0(h)=+∞\displaystyle\lim_{h \to 0^{+}} \tau_0(h) = +\inftylimite infinie : demi-tangente verticale, non dérivable en 00

Retiens : x\sqrt{x} est définie et continue sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[, mais dérivable seulement sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[.

1.2  Dérivées des fonctions usuelles

Voici le tableau à connaître parfaitement. Les fonctions ln⁡\ln et exp⁡\exp viendront le compléter dans les chapitres 4 et 5.

Fonction ffDérivée f′f'Ensemble de dérivabilité
f(x)=kf(x) = k (constante)f′(x)=0f'(x) = 0R\mathbb{R}
f(x)=xf(x) = xf′(x)=1f'(x) = 1R\mathbb{R}
f(x)=xnf(x) = x^{n} (n∈N∗n \in \mathbb{N}^{*})f′(x)=n xn−1f'(x) = n\,x^{n-1}R\mathbb{R}
f(x)=1xf(x) = \dfrac{1}{x}f′(x)=−1x2f'(x) = -\dfrac{1}{x^{2}}R∗\mathbb{R}^{*}
f(x)=1xn=x−nf(x) = \dfrac{1}{x^{n}} = x^{-n} (n∈N∗n \in \mathbb{N}^{*})f′(x)=−nxn+1=−n x−n−1f'(x) = -\dfrac{n}{x^{n+1}} = -n\,x^{-n-1}R∗\mathbb{R}^{*}
f(x)=xf(x) = \sqrt{x}f′(x)=12xf'(x) = \dfrac{1}{2\sqrt{x}}]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[
f(x)=sin⁡xf(x) = \sin xf′(x)=cos⁡xf'(x) = \cos xR\mathbb{R}
f(x)=cos⁡xf(x) = \cos xf′(x)=−sin⁡xf'(x) = -\sin xR\mathbb{R}
f(x)=tan⁡xf(x) = \tan xf′(x)=1+tan⁡2x=1cos⁡2xf'(x) = 1 + \tan^{2} x = \dfrac{1}{\cos^{2} x}x≠π2+kπx \neq \dfrac{\pi}{2} + k\pi
Démonstration — dérivée de x\sqrt{x}

Soit a>0a > 0. On calcule le taux d’accroissement de f(x)=xf(x) = \sqrt{x} en aa, en multipliant par la quantité conjuguée.

  1. τa(h)=a+h−ah\tau_a(h) = \dfrac{\sqrt{a+h} - \sqrt{a}}{h}
  2. ==(a+h−a)(a+h+a)h(a+h+a)\dfrac{\left(\sqrt{a+h} - \sqrt{a}\right)\left(\sqrt{a+h} + \sqrt{a}\right)}{h\left(\sqrt{a+h} + \sqrt{a}\right)}on multiplie haut et bas par a+h+a≠0\sqrt{a+h} + \sqrt{a} \neq 0
  3. ==(a+h)−ah(a+h+a)\dfrac{(a + h) - a}{h\left(\sqrt{a+h} + \sqrt{a}\right)}identité (p−q)(p+q)=p2−q2(p-q)(p+q) = p^{2} - q^{2}
  4. ==1a+h+a\dfrac{1}{\sqrt{a+h} + \sqrt{a}}simplification par hh
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡h→0τa(h)=12a\displaystyle\lim_{h \to 0} \tau_a(h) = \dfrac{1}{2\sqrt{a}}a+h→a\sqrt{a+h} \to \sqrt{a} par continuité de la racine carrée

Ainsi x\sqrt{x} est dérivable sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[ et (x)′=12x\left(\sqrt{x}\right)' = \dfrac{1}{2\sqrt{x}}. C.Q.F.D. La formule (xn)′=nxn−1(x^{n})' = n x^{n-1} se démontre de la même façon pour n=2n = 2, puis par récurrence grâce à la dérivée d’un produit (paragraphe 1.3).

Exemple — lecture du tableau
  1. f(x)=x5f(x) = x^{5} donne f′(x)=5x4f'(x) = 5x^{4} sur R\mathbb{R}
  2. g(x)=1x3g(x) = \dfrac{1}{x^{3}} donne g′(x)=−3x4g'(x) = -\dfrac{3}{x^{4}} sur R∗\mathbb{R}^{*}
  3. h(x)=tan⁡xh(x) = \tan x donne h′ ⁣(π4)=1+tan⁡2π4h'\!\left(\dfrac{\pi}{4}\right) = 1 + \tan^{2}\dfrac{\pi}{4}
  4. ==1+1=21 + 1 = 2la tangente à la courbe de tan⁡\tan en π4\frac{\pi}{4} a pour pente 22

1.3  Opérations sur les dérivées

Propriété — opérations

Soient uu et vv deux fonctions dérivables sur un intervalle II et λ\lambda un réel. Les fonctions suivantes sont dérivables sur II (sur II privé des zéros de vv pour les quotients) et :

FonctionDérivée
u+vu + vu′+v′u' + v'
λ u\lambda\,uλ u′\lambda\,u'
u×vu \times vu′v+uv′u'v + uv'
1v\dfrac{1}{v} (v≠0v \neq 0)−v′v2-\dfrac{v'}{v^{2}}
uv\dfrac{u}{v} (v≠0v \neq 0)u′v−uv′v2\dfrac{u'v - uv'}{v^{2}}
Démonstration — dérivée d’un produit

Soit a∈Ia \in I. On étudie le taux d’accroissement de uvuv en aa en faisant apparaître le terme u(a+h) v(a)u(a+h)\,v(a), que l’on ajoute et retranche au numérateur.

  1. τ(h)=u(a+h)v(a+h)−u(a)v(a)h\tau(h) = \dfrac{u(a+h)v(a+h) - u(a)v(a)}{h}
  2. ==u(a+h)v(a+h)−u(a+h)v(a)+u(a+h)v(a)−u(a)v(a)h\dfrac{u(a+h)v(a+h) - u(a+h)v(a) + u(a+h)v(a) - u(a)v(a)}{h}on ajoute et retranche u(a+h)v(a)u(a+h)v(a)
  3. ==u(a+h)×v(a+h)−v(a)h+v(a)×u(a+h)−u(a)hu(a+h) \times \dfrac{v(a+h) - v(a)}{h} + v(a) \times \dfrac{u(a+h) - u(a)}{h}factorisations
  4. lim⁡h→0u(a+h)=u(a)\displaystyle\lim_{h \to 0} u(a+h) = u(a)uu dérivable donc continue en aa
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡h→0τ(h)=u(a) v′(a)+v(a) u′(a)\displaystyle\lim_{h \to 0} \tau(h) = u(a)\,v'(a) + v(a)\,u'(a)limites d’un produit et d’une somme

D’où (uv)′(a)=u′(a)v(a)+u(a)v′(a)(uv)'(a) = u'(a)v(a) + u(a)v'(a) pour tout a∈Ia \in I. C.Q.F.D. La formule de 1v\dfrac{1}{v} s’obtient de même à partir de 1v(a+h)−1v(a)=v(a)−v(a+h)v(a)v(a+h)\dfrac{1}{v(a+h)} - \dfrac{1}{v(a)} = \dfrac{v(a) - v(a+h)}{v(a)v(a+h)}, et celle du quotient en écrivant uv=u×1v\dfrac{u}{v} = u \times \dfrac{1}{v}.

Méthode — dériver une fonction
  1. Repérer la structure de l’expression : somme, produit, quotient, composée ?
  2. Nommer les briques uu, vv et écrire séparément u′u', v′v'.
  3. Appliquer la formule correspondante, sans rien sauter.
  4. Réduire et factoriser le résultat : c’est la forme factorisée qui servira à étudier le signe de f′f'.
Exemple — un polynôme

Soit f(x)=2x3−5x2+3x−7f(x) = 2x^{3} - 5x^{2} + 3x - 7, dérivable sur R\mathbb{R} comme somme de fonctions dérivables.

  1. f′(x)=2×3x2−5×2x+3×1−0f'(x) = 2 \times 3x^{2} - 5 \times 2x + 3 \times 1 - 0dérivée d’une somme et de λu\lambda u
  2. ==6x2−10x+36x^{2} - 10x + 3
Exemple — un produit et un quotient

Soit g(x)=(x2+1)(2x−3)g(x) = (x^{2} + 1)(2x - 3). On pose u(x)=x2+1u(x) = x^{2} + 1, u′(x)=2xu'(x) = 2x, v(x)=2x−3v(x) = 2x - 3, v′(x)=2v'(x) = 2.

  1. g′(x)=u′v+uv′=2x(2x−3)+2(x2+1)g'(x) = u'v + uv' = 2x(2x - 3) + 2(x^{2} + 1)
  2. ==4x2−6x+2x2+24x^{2} - 6x + 2x^{2} + 2
  3. ==6x2−6x+26x^{2} - 6x + 2on peut vérifier en développant gg d’abord

Soit q(x)=2x−1x2+1q(x) = \dfrac{2x - 1}{x^{2} + 1}, dérivable sur R\mathbb{R} car x2+1≠0x^{2} + 1 \neq 0. On pose u(x)=2x−1u(x) = 2x - 1, u′(x)=2u'(x) = 2, v(x)=x2+1v(x) = x^{2} + 1, v′(x)=2xv'(x) = 2x.

  1. q′(x)=u′v−uv′v2=2(x2+1)−(2x−1)(2x)(x2+1)2q'(x) = \dfrac{u'v - uv'}{v^{2}} = \dfrac{2(x^{2} + 1) - (2x - 1)(2x)}{(x^{2} + 1)^{2}}
  2. ==2x2+2−4x2+2x(x2+1)2\dfrac{2x^{2} + 2 - 4x^{2} + 2x}{(x^{2} + 1)^{2}}
  3. ==−2x2+2x+2(x2+1)2\dfrac{-2x^{2} + 2x + 2}{(x^{2} + 1)^{2}}
  4. ==−2(x2−x−1)(x2+1)2\dfrac{-2(x^{2} - x - 1)}{(x^{2} + 1)^{2}}forme factorisée, prête pour l’étude du signe
Attention — la dérivée d’un produit n’est pas le produit des dérivées

Avec u(x)=v(x)=xu(x) = v(x) = x : (uv)(x)=x2(uv)(x) = x^{2} a pour dérivée 2x2x, alors que u′(x)×v′(x)=1×1=1u'(x) \times v'(x) = 1 \times 1 = 1. De même (1v)′≠1v′\left(\dfrac{1}{v}\right)' \neq \dfrac{1}{v'} : la dérivée de 1x\dfrac{1}{x} est −1x2-\dfrac{1}{x^{2}}, et non 11=1\dfrac{1}{1} = 1.

Math & Co — Newton, Leibniz et la querelle du calcul

Le calcul différentiel naît deux fois. Entre 1665 et 1666, le jeune Isaac Newton, réfugié à la campagne pendant la peste de Londres, invente sa « méthode des fluxions » : il note x˙\dot{x} la vitesse de variation d’une grandeur xx. Mais il ne publie presque rien. En octobre 1684, Gottfried Wilhelm Leibniz fait paraître dans les Acta Eruditorum un article de six pages, Nova methodus pro maximis et minimis, où apparaissent les notations dx\mathrm{d}x et dydx\dfrac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x} que les physiciens utilisent encore.

S’ensuit l’une des querelles les plus célèbres de l’histoire des sciences : en 1712, une commission de la Royal Society — présidée par Newton lui-même — accuse Leibniz de plagiat. On sait aujourd’hui que les deux hommes ont découvert le calcul indépendamment. La notation f′(x)f'(x) que tu utilises est plus tardive : elle est due à Joseph-Louis Lagrange, dans sa Théorie des fonctions analytiques (1797).

2Dérivée d’une composée

Comment dériver x2+1\sqrt{x^{2} + 1}, (2x−3)7(2x - 3)^{7} ou cos⁡(3x)\cos(3x) ? Ces fonctions sont des composées : on applique d’abord une fonction uu, puis une fonction usuelle gg. Un seul théorème règle toutes ces situations.

Théorème — dérivée de g∘ug \circ u

Soit uu une fonction dérivable sur un intervalle II, à valeurs dans un intervalle JJ, et gg une fonction dérivable sur JJ. Alors la fonction composée g∘u:x↦g(u(x))g \circ u : x \mapsto g\big(u(x)\big) est dérivable sur II et, pour tout x∈Ix \in I :

(g∘u)′(x)=u′(x)×g′(u(x))(g \circ u)'(x) = u'(x) \times g'\big(u(x)\big)

Démonstration — idée de la preuve

Soit a∈Ia \in I. On pose k=u(a+h)−u(a)k = u(a+h) - u(a), de sorte que u(a+h)=u(a)+ku(a+h) = u(a) + k. Lorsque uu ne prend pas la valeur u(a)u(a) au voisinage de aa (donc k≠0k \neq 0 pour hh petit non nul), on peut écrire :

  1. g(u(a+h))−g(u(a))h=g(u(a)+k)−g(u(a))k×u(a+h)−u(a)h\dfrac{g(u(a+h)) - g(u(a))}{h} = \dfrac{g(u(a) + k) - g(u(a))}{k} \times \dfrac{u(a+h) - u(a)}{h}on multiplie et divise par kk
  2. lim⁡h→0k=0\displaystyle\lim_{h \to 0} k = 0uu est continue en aa
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡h→0g(u(a)+k)−g(u(a))k=g′(u(a))\displaystyle\lim_{h \to 0} \dfrac{g(u(a)+k) - g(u(a))}{k} = g'\big(u(a)\big)gg dérivable en u(a)u(a)
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡h→0g(u(a+h))−g(u(a))h=g′(u(a))×u′(a)\displaystyle\lim_{h \to 0} \dfrac{g(u(a+h)) - g(u(a))}{h} = g'\big(u(a)\big) \times u'(a)

Le cas où kk s’annule une infinité de fois près de aa demande un argument supplémentaire ; la démonstration complète est hors programme, et le théorème est admis dans le cas général.

Propriété — formules à connaître

Soit uu dérivable sur II. Les cas particuliers suivants sont d’usage constant :

FonctionDérivéeCondition
unu^{n} (n∈Z∗n \in \mathbb{Z}^{*})n u′ un−1n\,u'\,u^{n-1}u≠0u \neq 0 si n<0n < 0
u\sqrt{u}u′2u\dfrac{u'}{2\sqrt{u}}u>0u > 0
1u\dfrac{1}{u}−u′u2-\dfrac{u'}{u^{2}}u≠0u \neq 0
sin⁡u\sin uu′cos⁡uu' \cos u—
cos⁡u\cos u−u′sin⁡u-u' \sin u—
x↦g(ax+b)x \mapsto g(ax + b)x↦a g′(ax+b)x \mapsto a\,g'(ax + b)gg dérivable
Méthode — dériver une composée

On lit l’expression de l’extérieur vers l’intérieur : la dernière opération effectuée donne gg (puissance, racine, cosinus…), ce qui reste « à l’intérieur » donne uu. On écrit u′u', puis on applique la formule : u′u' multiplié par la dérivée usuelle prise en uu.

Exemple — puissance et racine

Soit f(x)=(x2−3x+1)4f(x) = (x^{2} - 3x + 1)^{4}, dérivable sur R\mathbb{R}. Ici u(x)=x2−3x+1u(x) = x^{2} - 3x + 1, u′(x)=2x−3u'(x) = 2x - 3 et g=(⋅)4g = (\cdot)^{4}.

  1. f′(x)=4 u′(x) u(x)3f'(x) = 4\,u'(x)\,u(x)^{3}
  2. ==4(2x−3)(x2−3x+1)34(2x - 3)(x^{2} - 3x + 1)^{3}

Soit h(x)=x2+1h(x) = \sqrt{x^{2} + 1}. Comme u(x)=x2+1>0u(x) = x^{2} + 1 > 0 sur R\mathbb{R}, hh est dérivable sur R\mathbb{R}, avec u′(x)=2xu'(x) = 2x.

  1. h′(x)=u′(x)2u(x)=2x2x2+1h'(x) = \dfrac{u'(x)}{2\sqrt{u(x)}} = \dfrac{2x}{2\sqrt{x^{2} + 1}}
  2. ==xx2+1\dfrac{x}{\sqrt{x^{2} + 1}}
Exemple — cosinus et puissance négative

Soit p(x)=cos⁡ ⁣(3x−π4)p(x) = \cos\!\left(3x - \dfrac{\pi}{4}\right) : c’est g(ax+b)g(ax + b) avec g=cos⁡g = \cos, a=3a = 3.

  1. p′(x)=3×(−sin⁡ ⁣(3x−π4))p'(x) = 3 \times \left(-\sin\!\left(3x - \dfrac{\pi}{4}\right)\right)
  2. ==−3sin⁡ ⁣(3x−π4)-3\sin\!\left(3x - \dfrac{\pi}{4}\right)

Soit k(x)=1(x2+1)2=(x2+1)−2k(x) = \dfrac{1}{(x^{2} + 1)^{2}} = (x^{2} + 1)^{-2} : c’est unu^{n} avec n=−2n = -2 et u′(x)=2xu'(x) = 2x.

  1. k′(x)=−2×2x×(x2+1)−3k'(x) = -2 \times 2x \times (x^{2} + 1)^{-3}
  2. ==−4x(x2+1)3-\dfrac{4x}{(x^{2} + 1)^{3}}
Attention — deux pièges du bac

Oublier le facteur u′u' : la dérivée de sin⁡(5x)\sin(5x) est 5cos⁡(5x)5\cos(5x), pas cos⁡(5x)\cos(5x). Vérifie toujours qu’il y a bien le u′u' devant.

L’ensemble de dérivabilité de u\sqrt{u} : la fonction x↦x−2x \mapsto \sqrt{x - 2} est définie sur [2 ; +∞[[2\,;\,+\infty[ mais dérivable seulement sur ]2 ; +∞[]2\,;\,+\infty[ ; au point d’abscisse 22, la courbe admet une demi-tangente verticale.

3Dérivées successives

Définition — dérivées successives

Soit ff dérivable sur II. Si la fonction f′f' est elle-même dérivable sur II, sa dérivée s’appelle la dérivée seconde de ff, notée f′′f''. En itérant, on définit la dérivée troisième f′′′f''', puis la dérivée nn-ième, notée f(n)f^{(n)} :

f(0)=f,f(n+1)=(f(n))′pour tout n∈Nf^{(0)} = f, \qquad f^{(n+1)} = \left(f^{(n)}\right)' \quad \text{pour tout } n \in \mathbb{N}

On dit que ff est nn fois dérivable sur II lorsque f(n)f^{(n)} existe.

Exemple — un polynôme

Soit f(x)=x4−2x3+5x−1f(x) = x^{4} - 2x^{3} + 5x - 1.

  1. f′(x)=4x3−6x2+5f'(x) = 4x^{3} - 6x^{2} + 5
  2. f′′(x)=12x2−12xf''(x) = 12x^{2} - 12x
  3. f′′′(x)=24x−12f'''(x) = 24x - 12
  4. f(4)(x)=24f^{(4)}(x) = 24=4!= 4!, le coefficient dominant multiplié par 4×3×2×14 \times 3 \times 2 \times 1
  5. f(5)(x)=0f^{(5)}(x) = 0, et f(n)=0f^{(n)} = 0 pour tout n⩾5n \geqslant 5

Plus généralement, un polynôme de degré nn a une dérivée nn-ième constante et toutes ses dérivées d’ordre supérieur nulles.

Exemple — les dérivées de sin⁡\sin tournent en rond
  1. f(x)=sin⁡xf(x) = \sin x, f′(x)=cos⁡xf'(x) = \cos x, f′′(x)=−sin⁡xf''(x) = -\sin x, f′′′(x)=−cos⁡xf'''(x) = -\cos x
  2. f(4)(x)=sin⁡x=f(x)f^{(4)}(x) = \sin x = f(x)on retrouve ff : le cycle recommence tous les 44 rangs
  3. f(n)(x)=sin⁡ ⁣(x+nπ2)f^{(n)}(x) = \sin\!\left(x + n\dfrac{\pi}{2}\right) pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}car cos⁡x=sin⁡ ⁣(x+π2)\cos x = \sin\!\left(x + \frac{\pi}{2}\right) ; se démontre par récurrence

On remarque que f′′+f=0f'' + f = 0 : sin⁡\sin et cos⁡\cos sont solutions de l’équation différentielle y′′+y=0y'' + y = 0, que tu étudieras au chapitre 9.

En physique : si x(t)x(t) est l’abscisse d’un mobile à l’instant tt, la vitesse est v(t)=x′(t)v(t) = x'(t) et l’accélération est a(t)=v′(t)=x′′(t)a(t) = v'(t) = x''(t). Pour une chute libre sans vitesse initiale, x(t)=12gt2=4,9 t2x(t) = \dfrac{1}{2} g t^{2} = 4{,}9\,t^{2} (en mètres, tt en secondes) ; on obtient v(t)=9,8 tv(t) = 9{,}8\,t et a(t)=9,8 m⋅s−2=ga(t) = 9{,}8\ \text{m·s}^{-2} = g : l’accélération est constante, c’est bien la signature d’un champ de pesanteur uniforme.

4Sens de variation et extremums

Théorème — signe de la dérivée et sens de variation

Soit ff une fonction dérivable sur un intervalle II.

  • ff est croissante sur II si et seulement si f′(x)⩾0f'(x) \geqslant 0 pour tout x∈Ix \in I ;
  • ff est décroissante sur II si et seulement si f′(x)⩽0f'(x) \leqslant 0 pour tout x∈Ix \in I ;
  • ff est constante sur II si et seulement si f′(x)=0f'(x) = 0 pour tout x∈Ix \in I ;
  • si f′(x)>0f'(x) > 0 pour tout x∈Ix \in I, sauf éventuellement en un nombre fini de points où f′f' s’annule, alors ff est strictement croissante sur II (énoncé analogue pour la stricte décroissance).

Admis en Première, ce théorème sera démontré à la section 5, comme conséquence du théorème des accroissements finis.

Attention — un intervalle, pas une réunion

La fonction x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x} a une dérivée −1x2<0-\dfrac{1}{x^{2}} < 0 sur R∗\mathbb{R}^{*}, pourtant elle n’est pas décroissante sur R∗\mathbb{R}^{*} : −1<1-1 < 1 et f(−1)=−1<f(1)=1f(-1) = -1 < f(1) = 1. Elle est décroissante sur ]−∞ ; 0[]-\infty\,;\,0[ et sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[, séparément. Le théorème exige un intervalle.

Méthode — étudier les variations d’une fonction
  1. Préciser l’ensemble de définition et justifier la dérivabilité.
  2. Calculer f′(x)f'(x) et l’écrire sous forme factorisée.
  3. Étudier le signe de f′(x)f'(x) (tableau de signes si nécessaire).
  4. Dresser le tableau de variations, en y reportant les valeurs de ff aux points où f′f' s’annule (et les limites aux bornes).
Exemple — étude de f(x)=x3−3xf(x) = x^{3} - 3x

ff est un polynôme, dérivable sur R\mathbb{R}.

  1. f′(x)=3x2−3f'(x) = 3x^{2} - 3
  2. ==3(x2−1)3(x^{2} - 1)
  3. ==3(x−1)(x+1)3(x - 1)(x + 1)identité a2−b2a^{2} - b^{2}

Le trinôme x2−1x^{2} - 1 a pour racines −1-1 et 11 ; il est du signe de son coefficient dominant (positif) à l’extérieur des racines, négatif entre elles. Valeurs remarquables : f(−1)=−1+3=2f(-1) = -1 + 3 = 2 et f(1)=1−3=−2f(1) = 1 - 3 = -2.

xx−∞-\infty−1-111+∞+\infty
signe de f′(x)f'(x)++00−-00++
variations de ff−∞-\infty↗22↘−2-2↗+∞+\infty

Ainsi ff est strictement croissante sur ]−∞ ; −1]]-\infty\,;\,-1], strictement décroissante sur [−1 ; 1][-1\,;\,1] et strictement croissante sur [1 ; +∞[[1\,;\,+\infty[. Les limites aux bornes découlent du chapitre 1 (terme de plus haut degré).

−2−112024−2−4xymaximum local : f(−1) = 2minimum local : f(1) = −2f′ > 0 : f croîtf′ < 0 : f décroîtf′ > 0 : f croîtf(x) = x³ − 3x : tangentes horizontales aux extremumsf′(x) = 3(x − 1)(x + 1) s’annule en −1 et en 1 en changeant de signe
Figure 2 — Courbe de f(x)=x3−3xf(x) = x^{3} - 3x. Aux points d’abscisses −1-1 et 11, la tangente est horizontale (segments rouges) : f′f' s’y annule en changeant de signe, ce qui produit un maximum local puis un minimum local.
Définition — extremum local

Soit ff définie sur un intervalle II et a∈Ia \in I. On dit que ff admet un maximum local en aa s’il existe un intervalle ouvert JJ contenant aa tel que, pour tout x∈I∩Jx \in I \cap J, f(x)⩽f(a)f(x) \leqslant f(a). On définit de même un minimum local avec f(x)⩾f(a)f(x) \geqslant f(a). Un extremum local est un maximum ou un minimum local ; il est dit global (ou absolu) si l’inégalité est vraie sur II tout entier.

Théorème — condition nécessaire d’extremum

Soit ff dérivable sur un intervalle ouvert II et a∈Ia \in I. Si ff admet un extremum local en aa, alors f′(a)=0f'(a) = 0.

Démonstration

Supposons que ff admette un maximum local en aa (le cas du minimum est identique en changeant les sens des inégalités). Pour hh assez petit, f(a+h)−f(a)⩽0f(a+h) - f(a) \leqslant 0.

  1. si h>0h > 0 : τa(h)=f(a+h)−f(a)h⩽0\tau_a(h) = \dfrac{f(a+h) - f(a)}{h} \leqslant 0numérateur négatif, dénominateur positif
  2. ⇒\Rightarrowf′(a)=lim⁡h→0+τa(h)⩽0f'(a) = \displaystyle\lim_{h \to 0^{+}} \tau_a(h) \leqslant 0passage à la limite dans une inégalité large
  3. si h<0h < 0 : τa(h)⩾0\tau_a(h) \geqslant 0numérateur négatif, dénominateur négatif
  4. ⇒\Rightarrowf′(a)=lim⁡h→0−τa(h)⩾0f'(a) = \displaystyle\lim_{h \to 0^{-}} \tau_a(h) \geqslant 0
  5. ⇒\Rightarrowf′(a)⩽0f'(a) \leqslant 0 et f′(a)⩾0f'(a) \geqslant 0, donc f′(a)=0f'(a) = 0C.Q.F.D.

Ce raisonnement utilise le fait que l’on peut prendre hh des deux côtés de aa : c’est pour cela que l’intervalle doit être ouvert (ou aa intérieur à II).

Attention — f′(a)=0f'(a) = 0 ne suffit pas

La réciproque est fausse : f(x)=x3f(x) = x^{3} vérifie f′(0)=0f'(0) = 0, mais ff est strictement croissante sur R\mathbb{R} et n’a aucun extremum en 00 (la tangente horizontale traverse la courbe). Par ailleurs, aux bornes d’un intervalle fermé, un extremum peut exister sans que la dérivée s’annule : sur [0 ; 1][0\,;\,1], x↦xx \mapsto x atteint son maximum en 11 alors que f′(1)=1f'(1) = 1.

Propriété — condition suffisante d’extremum

Soit ff dérivable sur un intervalle ouvert II et a∈Ia \in I. Si f′f' s’annule en aa en changeant de signe, alors ff admet un extremum local en aa : un maximum si f′f' passe du signe ++ au signe −-, un minimum si elle passe de −- à ++. C’est une conséquence directe du théorème sur le sens de variation.

Exemple — minimum de g(x)=x+4xg(x) = x + \dfrac{4}{x} sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[
  1. g′(x)=1−4x2g'(x) = 1 - \dfrac{4}{x^{2}}
  2. ==x2−4x2\dfrac{x^{2} - 4}{x^{2}}réduction au même dénominateur
  3. ==(x−2)(x+2)x2\dfrac{(x - 2)(x + 2)}{x^{2}}

Sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[, x2>0x^{2} > 0 et x+2>0x + 2 > 0 : g′(x)g'(x) est du signe de x−2x - 2. Et g(2)=2+2=4g(2) = 2 + 2 = 4.

xx0022+∞+\infty
signe de g′(x)g'(x)∥−-00++
variations de gg∥↘44↗

g′g' s’annule en 22 en passant du signe −- au signe ++ : gg admet un minimum en 22, égal à 44. Comme ce minimum est atteint après une décroissance et avant une croissance sur tout l’intervalle, il est même global : pour tout x>0x > 0, x+4x⩾4x + \dfrac{4}{x} \geqslant 4. Tu viens de démontrer une inégalité par étude de fonction !

Math & Co — Fermat, trente ans avant Newton

Dès 1636, le magistrat toulousain Pierre de Fermat rédige une Méthode pour la recherche du maximum et du minimum, qu’il envoie à Paris en 1638. Pour trouver l’extremum d’une expression, il compare f(a)f(a) et f(a+e)f(a + e), divise par ee, puis « efface » ee — exactement ce que tu fais en calculant la limite du taux d’accroissement et en écrivant f′(a)=0f'(a) = 0. Descartes, d’abord sceptique, dut reconnaître que la méthode fonctionnait. Fermat l’applique aussi à l’optique : son principe de moindre temps (1662) explique les lois de la réfraction en cherchant le trajet de durée minimale. C’est pourquoi la condition f′(a)=0f'(a) = 0 est parfois appelée théorème de Fermat.

5Théorème des accroissements finis

Jusqu’ici, la dérivée décrivait un comportement local, au voisinage d’un point. Le théorème des accroissements finis relie l’accroissement global f(b)−f(a)f(b) - f(a) à la valeur de la dérivée en un point bien choisi. On l’établit en deux temps : d’abord le théorème de Rolle, puis le résultat général.

Théorème de Rolle

Soit ff une fonction continue sur [a ; b][a\,;\,b] (avec a<ba < b), dérivable sur ]a ; b[]a\,;\,b[ et telle que f(a)=f(b)f(a) = f(b). Alors il existe au moins un réel c∈]a ; b[c \in ]a\,;\,b[ tel que f′(c)=0f'(c) = 0.

Démonstration

Une fonction continue sur un intervalle fermé borné [a ; b][a\,;\,b] admet un minimum mm et un maximum MM, tous deux atteints (théorème admis au chapitre 1). Deux cas se présentent.

  1. si m=Mm = M : ff est constante sur [a ; b][a\,;\,b]
  2. ⇒\Rightarrowf′(x)=0f'(x) = 0 pour tout x∈]a ; b[x \in ]a\,;\,b[, n’importe quel cc convient
  3. si m<Mm < M : l’une au moins des valeurs mm ou MM est différente de f(a)=f(b)f(a) = f(b)
  4. ⇒\Rightarrowcette valeur est atteinte en un point cc distinct de aa et de bb, donc c∈]a ; b[c \in ]a\,;\,b[
  5. ⇒\Rightarrowff admet un extremum en cc, point intérieur, et ff est dérivable en cc
  6. ⇒\Rightarrowf′(c)=0f'(c) = 0condition nécessaire d’extremum (section 4) — C.Q.F.D.
Théorème des accroissements finis (T.A.F.)

Soit ff une fonction continue sur [a ; b][a\,;\,b] (avec a<ba < b) et dérivable sur ]a ; b[]a\,;\,b[. Alors il existe au moins un réel c∈]a ; b[c \in ]a\,;\,b[ tel que :

f(b)−f(a)=f′(c) (b−a),c’est-aˋ-diref′(c)=f(b)−f(a)b−af(b) - f(a) = f'(c)\,(b - a), \qquad \text{c’est-à-dire} \qquad f'(c) = \dfrac{f(b) - f(a)}{b - a}

Démonstration

On note m=f(b)−f(a)b−am = \dfrac{f(b) - f(a)}{b - a} la pente de la corde (AB)(AB) et on introduit la fonction auxiliaire φ(x)=f(x)−f(a)−m (x−a)\varphi(x) = f(x) - f(a) - m\,(x - a), écart entre la courbe et la corde.

  1. φ\varphi est continue sur [a ; b][a\,;\,b] et dérivable sur ]a ; b[]a\,;\,b[somme de ff et d’une fonction affine
  2. φ(a)=f(a)−f(a)−0=0\varphi(a) = f(a) - f(a) - 0 = 0
  3. φ(b)=f(b)−f(a)−m(b−a)=f(b)−f(a)−(f(b)−f(a))=0\varphi(b) = f(b) - f(a) - m(b - a) = f(b) - f(a) - \big(f(b) - f(a)\big) = 0
  4. ⇒\Rightarrowil existe c∈]a ; b[c \in ]a\,;\,b[ tel que φ′(c)=0\varphi'(c) = 0théorème de Rolle appliqué à φ\varphi
  5. φ′(x)=f′(x)−m\varphi'(x) = f'(x) - m pour tout x∈]a ; b[x \in ]a\,;\,b[
  6. ⇒\Rightarrowf′(c)−m=0f'(c) - m = 0, soit f′(c)=f(b)−f(a)b−af'(c) = \dfrac{f(b) - f(a)}{b - a}C.Q.F.D.
−112012xyABCabccorde (AB)tangente en C ∥ (AB)Accroissements finis : une tangente parallèle à la corde (AB)f(b) − f(a) = f′(c) × (b − a) pour au moins un c de ]a ; b[
Figure 3 — Courbe de f(x)=x33−x+1f(x) = \dfrac{x^{3}}{3} - x + 1 sur [a ; b]=[−0,5 ; 2,2][a\,;\,b] = [-0{,}5\,;\,2{,}2]. La corde (AB)(AB) a pour pente 0,330{,}33 ; l’équation f′(c)=c2−1=0,33f'(c) = c^{2} - 1 = 0{,}33 donne c=1,33≈1,153c = \sqrt{1{,}33} \approx 1{,}153, point où la tangente (en vert) est exactement parallèle à la corde.
Interprétation cinématique : si x(t)x(t) est la position d’un véhicule, x(b)−x(a)b−a\dfrac{x(b) - x(a)}{b - a} est sa vitesse moyenne entre les instants aa et bb, et x′(c)x'(c) sa vitesse instantanée. Le T.A.F. affirme qu’à un instant cc au moins, la vitesse instantanée a été exactement égale à la vitesse moyenne. C’est le principe des radars « tronçons » : un véhicule qui parcourt 1010 km en 55 min a une moyenne de 120 km⋅h−1120\ \text{km·h}^{-1}, donc a roulé au moins une fois à 120 km⋅h−1120\ \text{km·h}^{-1}.
Démonstration — le théorème « signe de f′f' et variations » (section 4)

Soit ff dérivable sur un intervalle II avec f′(x)⩾0f'(x) \geqslant 0 pour tout x∈Ix \in I. Soient a<ba < b deux réels de II.

  1. ff est continue sur [a ; b][a\,;\,b] et dérivable sur ]a ; b[]a\,;\,b[dérivable sur II, donc continue
  2. ⇒\Rightarrowil existe c∈]a ; b[c \in ]a\,;\,b[ tel que f(b)−f(a)=f′(c)(b−a)f(b) - f(a) = f'(c)(b - a)T.A.F.
  3. f′(c)⩾0f'(c) \geqslant 0 et b−a>0b - a > 0
  4. ⇒\Rightarrowf(b)−f(a)⩾0f(b) - f(a) \geqslant 0, soit f(a)⩽f(b)f(a) \leqslant f(b)

Ainsi ff est croissante sur II. Le cas f′⩽0f' \leqslant 0 se traite de même, et f′=0f' = 0 donne à la fois croissante et décroissante, donc constante. Réciproquement, si ff est croissante, tous ses taux d’accroissement sont positifs et leur limite f′(x)f'(x) l’est aussi.

Stricte monotonie. Supposons f′>0f' > 0 sauf en un nombre fini de points. Si l’on avait f(a)=f(b)f(a) = f(b) pour deux réels a<ba < b, la fonction croissante ff serait constante sur [a ; b][a\,;\,b], donc f′f' nulle en une infinité de points de ]a ; b[]a\,;\,b[ : contradiction. Donc f(a)<f(b)f(a) < f(b) : ff est strictement croissante. C.Q.F.D.

Exemple — déterminer le réel cc

Pour f(x)=x2f(x) = x^{2} sur [1 ; 3][1\,;\,3], les hypothèses du T.A.F. sont vérifiées (polynôme).

  1. f(3)−f(1)3−1=9−12=4\dfrac{f(3) - f(1)}{3 - 1} = \dfrac{9 - 1}{2} = 4
  2. f′(c)=2c=4f'(c) = 2c = 4
  3.   ⟺  \iffc=2c = 2bien dans ]1 ; 3[]1\,;\,3[ : pour une parabole, cc est toujours le milieu

Pour g(x)=x3g(x) = x^{3} sur [0 ; 3][0\,;\,3] :

  1. g(3)−g(0)3−0=273=9\dfrac{g(3) - g(0)}{3 - 0} = \dfrac{27}{3} = 9
  2. g′(c)=3c2=9g'(c) = 3c^{2} = 9
  3.   ⟺  \iffc=3≈1,73c = \sqrt{3} \approx 1{,}73on garde la solution positive, seule dans ]0 ; 3[]0\,;\,3[
Math & Co — Rolle, Lagrange, Cauchy : un théorème en trois actes

Ironie de l’histoire : Michel Rolle (1652-1719) était un adversaire déclaré du calcul infinitésimal, qu’il jugeait « un amas d’erreurs ingénieuses ». C’est pourtant dans sa Démonstration d’une méthode pour résoudre les égalitez de tous les degrez (1691) qu’il énonce, pour les polynômes, le résultat qui porte son nom : entre deux racines d’un polynôme, sa dérivée s’annule.

Le théorème des accroissements finis sous sa forme actuelle apparaît chez Lagrange en 1797, dans la Théorie des fonctions analytiques — les Italiens l’appellent d’ailleurs teorema di Lagrange. Enfin, Augustin-Louis Cauchy lui donne en 1823, dans son Résumé des leçons sur le calcul infinitésimal professées à l’École polytechnique, la démonstration rigoureuse que tu viens de lire, fondée sur la notion précise de limite.

6Inégalités des accroissements finis

Le T.A.F. garantit l’existence du réel cc sans dire où il se trouve. Mais si l’on sait encadrer la dérivée sur tout l’intervalle, on encadre l’accroissement de ff — et c’est là que le théorème devient un outil de calcul redoutable.

Théorème — inégalités des accroissements finis

Soit ff une fonction dérivable sur un intervalle II.

1. S’il existe deux réels mm et MM tels que m⩽f′(x)⩽Mm \leqslant f'(x) \leqslant M pour tout x∈Ix \in I, alors pour tous réels a⩽ba \leqslant b de II :

m (b−a)⩽f(b)−f(a)⩽M (b−a)m\,(b - a) \leqslant f(b) - f(a) \leqslant M\,(b - a)

2. S’il existe un réel k⩾0k \geqslant 0 tel que ∣f′(x)∣⩽k|f'(x)| \leqslant k pour tout x∈Ix \in I, alors pour tous réels aa et bb de II :

∣f(b)−f(a)∣⩽k ∣b−a∣|f(b) - f(a)| \leqslant k\,|b - a|

Démonstration

1. Si a=ba = b, les trois membres sont nuls. Si a<ba < b :

  1. il existe c∈]a ; b[c \in ]a\,;\,b[ tel que f(b)−f(a)=f′(c)(b−a)f(b) - f(a) = f'(c)(b - a)T.A.F., ff dérivable donc continue
  2. m⩽f′(c)⩽Mm \leqslant f'(c) \leqslant Mhypothèse, valable en tout point de II
  3. ⇒\Rightarrowm(b−a)⩽f′(c)(b−a)⩽M(b−a)m(b - a) \leqslant f'(c)(b - a) \leqslant M(b - a)on multiplie par b−a>0b - a > 0

2. L’hypothèse ∣f′∣⩽k|f'| \leqslant k signifie −k⩽f′⩽k-k \leqslant f' \leqslant k. Pour a⩽ba \leqslant b, le point 1 donne −k(b−a)⩽f(b)−f(a)⩽k(b−a)-k(b - a) \leqslant f(b) - f(a) \leqslant k(b - a), soit ∣f(b)−f(a)∣⩽k(b−a)=k∣b−a∣|f(b) - f(a)| \leqslant k(b - a) = k|b - a|. Si b<ab < a, on échange les rôles de aa et bb : l’inégalité obtenue est la même, car ∣f(a)−f(b)∣=∣f(b)−f(a)∣|f(a) - f(b)| = |f(b) - f(a)|. C.Q.F.D.

Exemple — encadrer 101\sqrt{101} sans calculatrice

On applique le théorème à f(x)=xf(x) = \sqrt{x} sur I=[100 ; 101]I = [100\,;\,101], avec f′(x)=12xf'(x) = \dfrac{1}{2\sqrt{x}}.

  1. 100⩽x⩽101<121100 \leqslant x \leqslant 101 < 121
  2. ⇒\Rightarrow10⩽x<1110 \leqslant \sqrt{x} < 11la racine carrée est croissante
  3. ⇒\Rightarrow122<12x⩽120\dfrac{1}{22} < \dfrac{1}{2\sqrt{x}} \leqslant \dfrac{1}{20}la fonction inverse est décroissante sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[
  4. ⇒\Rightarrow122(101−100)⩽101−100⩽120(101−100)\dfrac{1}{22}(101 - 100) \leqslant \sqrt{101} - \sqrt{100} \leqslant \dfrac{1}{20}(101 - 100)inégalité 1 avec m=122m = \frac{1}{22}, M=120M = \frac{1}{20}
  5. ⇒\Rightarrow10,045⩽101⩽10,0510{,}045 \leqslant \sqrt{101} \leqslant 10{,}05car 122≈0,0455\frac{1}{22} \approx 0{,}0455 ; la calculatrice donne 10,049910{,}0499
Exemple — le sinus est « plus lent » que l’identité

La fonction sin⁡\sin est dérivable sur R\mathbb{R} et ∣sin⁡′(x)∣=∣cos⁡x∣⩽1|\sin'(x)| = |\cos x| \leqslant 1 : l’inégalité 2 s’applique avec k=1k = 1.

  1. pour tous réels aa, bb : ∣sin⁡b−sin⁡a∣⩽∣b−a∣|\sin b - \sin a| \leqslant |b - a|
  2. ⇒\Rightarrow∣sin⁡x∣⩽∣x∣|\sin x| \leqslant |x| pour tout réel xxcas a=0a = 0, b=xb = x, avec sin⁡0=0\sin 0 = 0
  3. ⇒\Rightarrowsin⁡x⩽x\sin x \leqslant x pour tout x⩾0x \geqslant 0
123π12Oxyy = xy = sin xx − sin x ≥ 0Pour tout x ≥ 0 : sin x ≤ x, avec égalité seulement en 0En O, la droite y = x est tangente à la sinusoïde : (sin)′(0) = cos 0 = 1
Figure 4 — Repère orthonormé : la courbe de sin⁡\sin reste sous la droite y=xy = x pour x⩾0x \geqslant 0 (et au-dessus pour x⩽0x \leqslant 0). Les deux courbes ont la même tangente en OO, ce qui traduit lim⁡x→0sin⁡xx=1\displaystyle\lim_{x \to 0} \dfrac{\sin x}{x} = 1.
Méthode — démontrer une inégalité par étude de fonction

Pour prouver que f(x)⩽g(x)f(x) \leqslant g(x) pour tout xx d’un intervalle II :

  1. poser la fonction auxiliaire h=g−fh = g - f et vérifier qu’elle est dérivable sur II ;
  2. calculer h′h' et déterminer son signe (souvent grâce à une inégalité déjà connue) ;
  3. dresser le tableau de variations de hh et repérer son minimum ;
  4. conclure : si ce minimum est positif ou nul (typiquement h(a)=0h(a) = 0 en une borne et hh croissante), alors h⩾0h \geqslant 0, c’est-à-dire f⩽gf \leqslant g sur II.
Exemple — retrouver sin⁡x⩽x\sin x \leqslant x sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[ par la méthode

On pose h(x)=x−sin⁡xh(x) = x - \sin x, dérivable sur R\mathbb{R}.

  1. h′(x)=1−cos⁡xh'(x) = 1 - \cos x
  2. ⩾\geqslant00car cos⁡x⩽1\cos x \leqslant 1 pour tout réel xx
  3. ⇒\Rightarrowhh est croissante sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[
  4. ⇒\Rightarrowh(x)⩾h(0)=0−sin⁡0=0h(x) \geqslant h(0) = 0 - \sin 0 = 0 pour tout x⩾0x \geqslant 0
  5. ⇒\Rightarrowsin⁡x⩽x\sin x \leqslant x pour tout x⩾0x \geqslant 0C.Q.F.D.

De plus h′h' ne s’annule qu’aux points 2kπ2k\pi, isolés : hh est strictement croissante et l’inégalité est stricte pour x>0x > 0. Cette technique en cascade permet d’obtenir ensuite cos⁡x⩾1−x22\cos x \geqslant 1 - \dfrac{x^{2}}{2}, puis sin⁡x⩾x−x36\sin x \geqslant x - \dfrac{x^{3}}{6} : c’est l’objet de l’exercice 11.

Pour plus tard : l’inégalité ∣f(b)−f(a)∣⩽k∣b−a∣|f(b) - f(a)| \leqslant k|b - a| est l’outil clé des suites récurrentes un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n). Si ∣f′∣⩽k<1|f'| \leqslant k < 1 sur un intervalle stable contenant la limite ℓ=f(ℓ)\ell = f(\ell), alors ∣un+1−ℓ∣⩽k ∣un−ℓ∣|u_{n+1} - \ell| \leqslant k\,|u_n - \ell|, d’où ∣un−ℓ∣⩽kn∣u0−ℓ∣→0|u_n - \ell| \leqslant k^{n}|u_0 - \ell| \to 0. Tu retrouveras cette idée au chapitre 10.

7Fonctions réciproques et dérivée

Élever au carré et prendre la racine carrée ; multiplier par 33 et diviser par 33 : certaines fonctions « défont » ce qu’une autre a fait. Ce sont les fonctions réciproques. Dans quelques chapitres, la fonction exponentielle sera définie exactement ainsi, comme réciproque du logarithme : il est donc essentiel de savoir dériver une réciproque.

Théorème de la bijection (rappel)

Soit ff une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle II. Alors ff réalise une bijection de II sur l’intervalle J=f(I)J = f(I) : tout réel y∈Jy \in J admet un unique antécédent x∈Ix \in I. La bijection réciproque f−1:J→If^{-1} : J \to I est définie par :

pour x∈I et y∈J:y=f(x)  ⟺  x=f−1(y)\text{pour } x \in I \text{ et } y \in J : \quad y = f(x) \iff x = f^{-1}(y)

De plus f−1f^{-1} est continue sur JJ et strictement monotone, de même sens que ff. On a f−1(f(x))=xf^{-1}\big(f(x)\big) = x pour tout x∈Ix \in I et f(f−1(y))=yf\big(f^{-1}(y)\big) = y pour tout y∈Jy \in J.

Propriété — courbes symétriques

Dans un repère orthonormé, les courbes Cf\mathcal{C}_f et Cf−1\mathcal{C}_{f^{-1}} sont symétriques par rapport à la droite Δ\Delta d’équation y=xy = x. En effet, M(x ; y)∈Cf  ⟺  y=f(x)  ⟺  x=f−1(y)  ⟺  M′(y ; x)∈Cf−1M(x\,;\,y) \in \mathcal{C}_f \iff y = f(x) \iff x = f^{-1}(y) \iff M'(y\,;\,x) \in \mathcal{C}_{f^{-1}}, et M′M' est le symétrique de MM par rapport à Δ\Delta.

Théorème — dérivée d’une fonction réciproque

Soit ff une bijection de l’intervalle II sur l’intervalle JJ, dérivable sur II. Soit x0∈Ix_0 \in I et y0=f(x0)y_0 = f(x_0). Si f′(x0)≠0f'(x_0) \neq 0, alors f−1f^{-1} est dérivable en y0y_0 et :

(f−1)′(y0)=1f′(x0)=1f′(f−1(y0))\left(f^{-1}\right)'(y_0) = \dfrac{1}{f'(x_0)} = \dfrac{1}{f'\big(f^{-1}(y_0)\big)}

Si f′f' ne s’annule pas sur II, alors f−1f^{-1} est dérivable sur JJ et (f−1)′=1f′∘f−1\left(f^{-1}\right)' = \dfrac{1}{f' \circ f^{-1}}.

Démonstration — idée de la preuve

Vision géométrique. La tangente à Cf\mathcal{C}_f en A(x0 ; y0)A(x_0\,;\,y_0) a pour vecteur directeur u⃗(1 ; f′(x0))\vec{u}(1\,;\,f'(x_0)). La symétrie par rapport à Δ\Delta échange les coordonnées : elle transforme cette tangente en la tangente à Cf−1\mathcal{C}_{f^{-1}} en A′(y0 ; x0)A'(y_0\,;\,x_0), de vecteur directeur (f′(x0) ; 1)(f'(x_0)\,;\,1), donc de pente 1f′(x0)\dfrac{1}{f'(x_0)} lorsque f′(x0)≠0f'(x_0) \neq 0.

Calcul. En admettant que f−1f^{-1} est dérivable en y0y_0 (c’est le point délicat, hors programme), on dérive l’identité f(f−1(y))=yf\big(f^{-1}(y)\big) = y grâce au théorème de dérivation des composées :

  1. (f−1)′(y)×f′(f−1(y))=1\left(f^{-1}\right)'(y) \times f'\big(f^{-1}(y)\big) = 1dérivée de g∘ug \circ u avec u=f−1u = f^{-1}, g=fg = f ; dérivée de y↦yy \mapsto y
  2. ⇒\Rightarrow(f−1)′(y0)=1f′(f−1(y0))=1f′(x0)\left(f^{-1}\right)'(y_0) = \dfrac{1}{f'\big(f^{-1}(y_0)\big)} = \dfrac{1}{f'(x_0)}division possible car f′(x0)≠0f'(x_0) \neq 0
1234512345OxyA(2 ; 4)A′(4 ; 2)y = x²y = √xΔ : y = xpente 4pente 1/4f : x ↦ x² sur [0 ; +∞[ et f⁻¹ : x ↦ √x, symétriques par rapport à ΔEn A′, symétrique de A, la pente de la tangente est l’inverse : 1/4 = 1/f′(2)
Figure 5 — Repère orthonormé. La tangente à la parabole en A(2 ; 4)A(2\,;\,4) a pour pente f′(2)=4f'(2) = 4 ; sa symétrique par rapport à Δ\Delta est la tangente à la courbe de x\sqrt{\phantom{x}} en A′(4 ; 2)A'(4\,;\,2), de pente 14=124\dfrac{1}{4} = \dfrac{1}{2\sqrt{4}}.
Attention — quand f′(x0)=0f'(x_0) = 0

Si f′(x0)=0f'(x_0) = 0, la tangente à Cf\mathcal{C}_f en AA est horizontale ; sa symétrique est verticale, et f−1f^{-1} n’est pas dérivable en y0=f(x0)y_0 = f(x_0). Exemple : f(x)=x3f(x) = x^{3} est une bijection de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R} avec f′(0)=0f'(0) = 0 ; sa réciproque, la racine cubique x↦x3x \mapsto \sqrt[3]{x}, n’est pas dérivable en 00 (demi-tangentes verticales). Autre exemple : x\sqrt{x} en 00, réciproque de x2x^{2} dont la dérivée s’annule en 00.

Exemple — retrouver la dérivée de x\sqrt{x}

La fonction f(x)=x2f(x) = x^{2} est continue et strictement croissante sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[, et f([0 ; +∞[)=[0 ; +∞[f\big([0\,;\,+\infty[\big) = [0\,;\,+\infty[ : c’est une bijection, de réciproque f−1(y)=yf^{-1}(y) = \sqrt{y}. Pour y0>0y_0 > 0, on pose x0=y0>0x_0 = \sqrt{y_0} > 0.

  1. f′(x0)=2x0=2y0≠0f'(x_0) = 2x_0 = 2\sqrt{y_0} \neq 0
  2. ⇒\Rightarrow(f−1)′(y0)=1f′(x0)=12y0\left(f^{-1}\right)'(y_0) = \dfrac{1}{f'(x_0)} = \dfrac{1}{2\sqrt{y_0}}on retrouve la formule de la section 1

En y0=0y_0 = 0, f′(0)=0f'(0) = 0 : la racine carrée n’est pas dérivable en 00, en accord avec le paragraphe 1.1.

Exemple — dériver une réciproque que l’on ne sait pas expliciter

Soit f(x)=x3+xf(x) = x^{3} + x sur R\mathbb{R}.

  1. f′(x)=3x2+1>0f'(x) = 3x^{2} + 1 > 0 pour tout réel xx
  2. ⇒\Rightarrowff est continue et strictement croissante sur R\mathbb{R}
  3. lim⁡x→−∞f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = -\infty et lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty
  4. ⇒\Rightarrowff est une bijection de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R}théorème de la bijection
  5. f(1)=1+1=2f(1) = 1 + 1 = 2, donc f−1(2)=1f^{-1}(2) = 1
  6. ⇒\Rightarrow(f−1)′(2)=1f′(1)=13+1=14\left(f^{-1}\right)'(2) = \dfrac{1}{f'(1)} = \dfrac{1}{3 + 1} = \dfrac{1}{4}

On ne connaît aucune formule simple pour f−1f^{-1}, et pourtant on sait que la tangente à sa courbe au point (2 ; 1)(2\,;\,1) a pour équation y=14(x−2)+1=x4+12y = \dfrac{1}{4}(x - 2) + 1 = \dfrac{x}{4} + \dfrac{1}{2}. C’est toute la puissance du théorème.

Ce qui t’attend : au chapitre 5, la fonction exponentielle sera définie comme la réciproque de ln⁡\ln sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[ ; comme ln⁡′(x)=1x≠0\ln'(x) = \dfrac{1}{x} \neq 0, le théorème ci-dessus donnera immédiatement exp⁡′(y)=1ln⁡′(exp⁡y)=exp⁡y\exp'(y) = \dfrac{1}{\ln'(\exp y)} = \exp y. De même, la racine nn-ième sera la réciproque de x↦xnx \mapsto x^{n} sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[.

Fiche mémo

  • Nombre dérivé : f′(a)=lim⁡h→0f(a+h)−f(a)hf'(a) = \displaystyle\lim_{h \to 0} \dfrac{f(a+h) - f(a)}{h} ; tangente en aa : y=f′(a)(x−a)+f(a)y = f'(a)(x - a) + f(a).
  • Dérivable ⇒\Rightarrow continue ; la réciproque est fausse (∣x∣|x| et x\sqrt{x} en 00).
  • Usuelles : (xn)′=nxn−1(x^{n})' = nx^{n-1}, (1x)′=−1x2\left(\dfrac{1}{x}\right)' = -\dfrac{1}{x^{2}}, (x)′=12x(\sqrt{x})' = \dfrac{1}{2\sqrt{x}}, sin⁡′=cos⁡\sin' = \cos, cos⁡′=−sin⁡\cos' = -\sin, tan⁡′=1+tan⁡2\tan' = 1 + \tan^{2}.
  • Opérations : (uv)′=u′v+uv′(uv)' = u'v + uv', (1v)′=−v′v2\left(\dfrac{1}{v}\right)' = -\dfrac{v'}{v^{2}}, (uv)′=u′v−uv′v2\left(\dfrac{u}{v}\right)' = \dfrac{u'v - uv'}{v^{2}}.
  • Composée : (g∘u)′=u′×(g′∘u)(g \circ u)' = u' \times (g' \circ u) ; (un)′=nu′un−1(u^{n})' = n u' u^{n-1}, (u)′=u′2u(\sqrt{u})' = \dfrac{u'}{2\sqrt{u}}, (sin⁡u)′=u′cos⁡u(\sin u)' = u'\cos u, (cos⁡u)′=−u′sin⁡u(\cos u)' = -u'\sin u, (g(ax+b))′=a g′(ax+b)\big(g(ax+b)\big)' = a\,g'(ax+b).
  • Successives : f′′=(f′)′f'' = (f')', f(n+1)=(f(n))′f^{(n+1)} = \left(f^{(n)}\right)' ; sin⁡(n)(x)=sin⁡ ⁣(x+nπ2)\sin^{(n)}(x) = \sin\!\left(x + n\dfrac{\pi}{2}\right) ; v=x′v = x', a=x′′a = x''.
  • Sur un intervalle : f′⩾0  ⟺  ff' \geqslant 0 \iff f croissante ; f′>0f' > 0 sauf en des points isolés ⇒\Rightarrow strictement croissante ; f′=0  ⟺  ff' = 0 \iff f constante.
  • Extremum local en aa intérieur ⇒f′(a)=0\Rightarrow f'(a) = 0 (réciproque fausse : x3x^{3}) ; f′f' s’annule en changeant de signe ⇒\Rightarrow extremum.
  • Rolle : f(a)=f(b)⇒∃ c∈]a ; b[, f′(c)=0f(a) = f(b) \Rightarrow \exists\, c \in ]a\,;\,b[,\ f'(c) = 0. T.A.F. : f(b)−f(a)=f′(c)(b−a)f(b) - f(a) = f'(c)(b - a).
  • I.A.F. : m⩽f′⩽M⇒m(b−a)⩽f(b)−f(a)⩽M(b−a)m \leqslant f' \leqslant M \Rightarrow m(b - a) \leqslant f(b) - f(a) \leqslant M(b - a) ; ∣f′∣⩽k⇒∣f(b)−f(a)∣⩽k∣b−a∣|f'| \leqslant k \Rightarrow |f(b) - f(a)| \leqslant k|b - a|.
  • Inégalité par étude de fonction : poser h=g−fh = g - f, signe de h′h', tableau, minimum ⩾0\geqslant 0. Exemple : sin⁡x⩽x\sin x \leqslant x sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[.
  • Réciproque : courbes symétriques par rapport à y=xy = x ; (f−1)′(y0)=1f′(x0)\left(f^{-1}\right)'(y_0) = \dfrac{1}{f'(x_0)} avec y0=f(x0)y_0 = f(x_0), si f′(x0)≠0f'(x_0) \neq 0.

8Exercices corrigés

Seize exercices, du calcul d’automatisme au problème de synthèse. Cherche d’abord seul, rédige comme au tableau, puis compare avec le corrigé.

Niveau 1 — Application directe
1

Dérive chaque fonction en précisant son ensemble de dérivabilité : f(x)=3x4−5x2+7x−2f(x) = 3x^{4} - 5x^{2} + 7x - 2 ; g(x)=(2x−1)(x2+3)g(x) = (2x - 1)(x^{2} + 3) ; h(x)=5x−2xh(x) = \dfrac{5}{x} - 2\sqrt{x}.

Voir le corrigé détaillé

ff est un polynôme, dérivable sur R\mathbb{R}.

  1. f′(x)=3×4x3−5×2x+7f'(x) = 3 \times 4x^{3} - 5 \times 2x + 7
  2. ==12x3−10x+712x^{3} - 10x + 7

gg est un produit, dérivable sur R\mathbb{R} : u=2x−1u = 2x - 1, u′=2u' = 2, v=x2+3v = x^{2} + 3, v′=2xv' = 2x.

  1. g′(x)=2(x2+3)+(2x−1)(2x)g'(x) = 2(x^{2} + 3) + (2x - 1)(2x)
  2. ==2x2+6+4x2−2x2x^{2} + 6 + 4x^{2} - 2x
  3. ==6x2−2x+66x^{2} - 2x + 6

hh est dérivable sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[ (la racine carrée n’est pas dérivable en 00).

  1. h′(x)=5×(−1x2)−2×12xh'(x) = 5 \times \left(-\dfrac{1}{x^{2}}\right) - 2 \times \dfrac{1}{2\sqrt{x}}
  2. ==−5x2−1x-\dfrac{5}{x^{2}} - \dfrac{1}{\sqrt{x}}
2

Dérive : f(x)=3x−1x+2f(x) = \dfrac{3x - 1}{x + 2} ; g(x)=(x2+x+1)5g(x) = (x^{2} + x + 1)^{5} ; h(x)=4x+3h(x) = \sqrt{4x + 3} ; k(x)=sin⁡ ⁣(2x+π3)k(x) = \sin\!\left(2x + \dfrac{\pi}{3}\right) ; m(x)=cos⁡2xm(x) = \cos^{2} x.

Voir le corrigé détaillé

ff est dérivable sur R∖{−2}\mathbb{R} \setminus \{-2\} : u=3x−1u = 3x - 1, u′=3u' = 3, v=x+2v = x + 2, v′=1v' = 1.

  1. f′(x)=3(x+2)−(3x−1)×1(x+2)2f'(x) = \dfrac{3(x + 2) - (3x - 1) \times 1}{(x + 2)^{2}}
  2. ==3x+6−3x+1(x+2)2=7(x+2)2\dfrac{3x + 6 - 3x + 1}{(x + 2)^{2}} = \dfrac{7}{(x + 2)^{2}}

g=u5g = u^{5} avec u=x2+x+1u = x^{2} + x + 1, u′=2x+1u' = 2x + 1, dérivable sur R\mathbb{R}.

  1. g′(x)=5(2x+1)(x2+x+1)4g'(x) = 5(2x + 1)(x^{2} + x + 1)^{4}

h=uh = \sqrt{u} avec u=4x+3>0  ⟺  x>−34u = 4x + 3 > 0 \iff x > -\dfrac{3}{4} : hh est dérivable sur ]−34 ; +∞[\left]-\dfrac{3}{4}\,;\,+\infty\right[.

  1. h′(x)=424x+3h'(x) = \dfrac{4}{2\sqrt{4x + 3}}
  2. ==24x+3\dfrac{2}{\sqrt{4x + 3}}

kk est de la forme sin⁡(ax+b)\sin(ax + b) avec a=2a = 2, et m=(cos⁡x)2=u2m = (\cos x)^{2} = u^{2} avec u′=−sin⁡xu' = -\sin x ; toutes deux dérivables sur R\mathbb{R}.

  1. k′(x)=2cos⁡ ⁣(2x+π3)k'(x) = 2\cos\!\left(2x + \dfrac{\pi}{3}\right)
  2. m′(x)=2×(−sin⁡x)×cos⁡xm'(x) = 2 \times (-\sin x) \times \cos x
  3. ==−2sin⁡xcos⁡x=−sin⁡(2x)-2\sin x \cos x = -\sin(2x)formule de duplication
3

Soit f(x)=x2−3x+1f(x) = x^{2} - 3x + 1 et C\mathcal{C} sa courbe. Détermine une équation de la tangente à C\mathcal{C} au point d’abscisse 22, puis au point d’abscisse 00. En quel point la tangente est-elle horizontale ?

Voir le corrigé détaillé

f′(x)=2x−3f'(x) = 2x - 3 pour tout réel xx.

  1. f(2)=4−6+1=−1f(2) = 4 - 6 + 1 = -1 et f′(2)=1f'(2) = 1
  2. ⇒\RightarrowT2:y=1×(x−2)−1=x−3T_2 : y = 1 \times (x - 2) - 1 = x - 3
  3. f(0)=1f(0) = 1 et f′(0)=−3f'(0) = -3
  4. ⇒\RightarrowT0:y=−3x+1T_0 : y = -3x + 1

La tangente est horizontale lorsque f′(x)=0f'(x) = 0.

  1. 2x−3=0  ⟺  x=322x - 3 = 0 \iff x = \dfrac{3}{2}
  2. f ⁣(32)=94−92+1=−54f\!\left(\dfrac{3}{2}\right) = \dfrac{9}{4} - \dfrac{9}{2} + 1 = -\dfrac{5}{4}

La tangente est horizontale au point S ⁣(32 ; −54)S\!\left(\dfrac{3}{2}\,;\,-\dfrac{5}{4}\right), sommet de la parabole.

4

Calcule les dérivées successives de f(x)=2x4−x3+3x−5f(x) = 2x^{4} - x^{3} + 3x - 5 jusqu’à ce qu’elles soient nulles. Puis, pour g(x)=cos⁡(2x)g(x) = \cos(2x), calcule g′′g'' et vérifie que g′′+4g=0g'' + 4g = 0.

Voir le corrigé détaillé
  1. f′(x)=8x3−3x2+3f'(x) = 8x^{3} - 3x^{2} + 3
  2. f′′(x)=24x2−6xf''(x) = 24x^{2} - 6x
  3. f′′′(x)=48x−6f'''(x) = 48x - 6
  4. f(4)(x)=48f^{(4)}(x) = 48
  5. f(5)(x)=0f^{(5)}(x) = 0, puis f(n)=0f^{(n)} = 0 pour tout n⩾5n \geqslant 5
  1. g′(x)=−2sin⁡(2x)g'(x) = -2\sin(2x)dérivée de cos⁡(ax+b)\cos(ax + b)
  2. g′′(x)=−2×2cos⁡(2x)=−4cos⁡(2x)g''(x) = -2 \times 2\cos(2x) = -4\cos(2x)
  3. ⇒\Rightarrowg′′(x)+4g(x)=−4cos⁡(2x)+4cos⁡(2x)=0g''(x) + 4g(x) = -4\cos(2x) + 4\cos(2x) = 0
5

Étudie les variations de f(x)=x3−6x2+9x+1f(x) = x^{3} - 6x^{2} + 9x + 1 sur R\mathbb{R} et précise ses extremums locaux.

Voir le corrigé détaillé
  1. f′(x)=3x2−12x+9f'(x) = 3x^{2} - 12x + 9
  2. ==3(x2−4x+3)3(x^{2} - 4x + 3)
  3. ==3(x−1)(x−3)3(x - 1)(x - 3)racines 11 et 33 : somme 44, produit 33
  4. f(1)=1−6+9+1=5f(1) = 1 - 6 + 9 + 1 = 5 et f(3)=27−54+27+1=1f(3) = 27 - 54 + 27 + 1 = 1
xx−∞-\infty1133+∞+\infty
signe de f′(x)f'(x)++00−-00++
variations de ff−∞-\infty↗55↘11↗+∞+\infty

f′f' s’annule en changeant de signe : ff admet un maximum local égal à 55 en x=1x = 1 et un minimum local égal à 11 en x=3x = 3. Ce ne sont pas des extremums globaux puisque ff tend vers ±∞\pm\infty.

Niveau 2 — Approfondissement
6

Soit h(x)=x2+16xh(x) = x^{2} + \dfrac{16}{x} sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[.

  1. Montre que h′(x)=2(x−2)(x2+2x+4)x2h'(x) = \dfrac{2(x - 2)(x^{2} + 2x + 4)}{x^{2}}.
  2. Dresse le tableau de variations de hh.
  3. En déduire que pour tout x>0x > 0, x2+16x⩾12x^{2} + \dfrac{16}{x} \geqslant 12.
Voir le corrigé détaillé

1. hh est dérivable sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[ comme somme.

  1. h′(x)=2x−16x2h'(x) = 2x - \dfrac{16}{x^{2}}
  2. ==2x3−16x2=2(x3−8)x2\dfrac{2x^{3} - 16}{x^{2}} = \dfrac{2(x^{3} - 8)}{x^{2}}
  3. ==2(x−2)(x2+2x+4)x2\dfrac{2(x - 2)(x^{2} + 2x + 4)}{x^{2}}identité a3−b3=(a−b)(a2+ab+b2)a^{3} - b^{3} = (a - b)(a^{2} + ab + b^{2}) avec b=2b = 2

2. Le trinôme x2+2x+4x^{2} + 2x + 4 a pour discriminant 4−16=−12<04 - 16 = -12 < 0 : il est strictement positif. Comme x2>0x^{2} > 0, h′(x)h'(x) est du signe de x−2x - 2. Et h(2)=4+8=12h(2) = 4 + 8 = 12.

xx0022+∞+\infty
signe de h′(x)h'(x)∥−-00++
variations de hh∥↘1212↗

3. D’après le tableau, hh admet en 22 un minimum global sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[, égal à 1212. Donc pour tout x>0x > 0, h(x)⩾12h(x) \geqslant 12, c’est-à-dire x2+16x⩾12x^{2} + \dfrac{16}{x} \geqslant 12, avec égalité si et seulement si x=2x = 2.

7

Soit f(x)=xx2+1f(x) = \dfrac{x}{x^{2} + 1} définie sur R\mathbb{R}.

  1. Calcule f′(x)f'(x) et dresse le tableau de variations de ff.
  2. Démontre que pour tout réel xx, −12⩽f(x)⩽12-\dfrac{1}{2} \leqslant f(x) \leqslant \dfrac{1}{2}.
  3. Donne une équation de la tangente à la courbe de ff à l’origine.
Voir le corrigé détaillé

1. ff est dérivable sur R\mathbb{R} car x2+1≠0x^{2} + 1 \neq 0 ; u=xu = x, u′=1u' = 1, v=x2+1v = x^{2} + 1, v′=2xv' = 2x.

  1. f′(x)=1×(x2+1)−x×2x(x2+1)2f'(x) = \dfrac{1 \times (x^{2} + 1) - x \times 2x}{(x^{2} + 1)^{2}}
  2. ==1−x2(x2+1)2=(1−x)(1+x)(x2+1)2\dfrac{1 - x^{2}}{(x^{2} + 1)^{2}} = \dfrac{(1 - x)(1 + x)}{(x^{2} + 1)^{2}}

Le dénominateur est strictement positif : f′(x)f'(x) est du signe de 1−x21 - x^{2}, positif entre les racines −1-1 et 11. On calcule f(−1)=−12f(-1) = -\dfrac{1}{2} et f(1)=12f(1) = \dfrac{1}{2}.

xx−∞-\infty−1-111+∞+\infty
signe de f′(x)f'(x)−-00++00−-
variations de ff00↘−12-\dfrac{1}{2}↗12\dfrac{1}{2}↘00

2. Sur [−1 ; 1][-1\,;\,1], ff est croissante, donc f(−1)⩽f(x)⩽f(1)f(-1) \leqslant f(x) \leqslant f(1). Pour x⩾1x \geqslant 1, ff est décroissante donc f(x)⩽f(1)=12f(x) \leqslant f(1) = \dfrac{1}{2}, et f(x)>0>−12f(x) > 0 > -\dfrac{1}{2} car x>0x > 0. Pour x⩽−1x \leqslant -1, ff est décroissante donc f(x)⩾f(−1)=−12f(x) \geqslant f(-1) = -\dfrac{1}{2}, et f(x)<0<12f(x) < 0 < \dfrac{1}{2}. Dans tous les cas, −12⩽f(x)⩽12-\dfrac{1}{2} \leqslant f(x) \leqslant \dfrac{1}{2} : les extremums locaux sont ici globaux.

3. f(0)=0f(0) = 0 et f′(0)=1f'(0) = 1 : la tangente à l’origine est la droite y=xy = x.

8

Soit C\mathcal{C} la courbe de f(x)=x3−3xf(x) = x^{3} - 3x.

  1. Détermine les points de C\mathcal{C} où la tangente est parallèle à la droite D:y=9x+2D : y = 9x + 2, et donne les équations de ces tangentes.
  2. Existe-t-il une tangente à C\mathcal{C} de coefficient directeur −4-4 ?
Voir le corrigé détaillé

1. Une tangente est parallèle à DD si et seulement si son coefficient directeur vaut 99.

  1. f′(x)=9  ⟺  3x2−3=9f'(x) = 9 \iff 3x^{2} - 3 = 9
  2.   ⟺  \iffx2=4x^{2} = 4
  3.   ⟺  \iffx=2x = 2 ou x=−2x = -2
  4. f(2)=8−6=2f(2) = 8 - 6 = 2 et f(−2)=−8+6=−2f(-2) = -8 + 6 = -2
  5. ⇒\Rightarrowen (2 ; 2)(2\,;\,2) : y=9(x−2)+2=9x−16y = 9(x - 2) + 2 = 9x - 16
  6. ⇒\Rightarrowen (−2 ; −2)(-2\,;\,-2) : y=9(x+2)−2=9x+16y = 9(x + 2) - 2 = 9x + 16

2. Il faudrait f′(x)=−4f'(x) = -4, soit 3x2−3=−43x^{2} - 3 = -4, c’est-à-dire x2=−13x^{2} = -\dfrac{1}{3} : impossible. Autrement dit, f′(x)=3x2−3⩾−3f'(x) = 3x^{2} - 3 \geqslant -3 pour tout xx : aucune tangente de C\mathcal{C} n’a une pente inférieure à −3-3, et il n’existe donc pas de tangente de coefficient directeur −4-4.

9

Soit ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x2+1f(x) = x^{2} + 1 si x⩽1x \leqslant 1 et f(x)=ax+bf(x) = ax + b si x>1x > 1, où aa et bb sont deux réels. Détermine aa et bb pour que ff soit dérivable en 11.

Voir le corrigé détaillé

Pour être dérivable en 11, ff doit d’abord y être continue.

  1. f(1)=2f(1) = 2 et lim⁡x→1+f(x)=a+b\displaystyle\lim_{x \to 1^{+}} f(x) = a + b
  2. ⇒\Rightarrowa+b=2a + b = 2condition de continuité

On compare ensuite les taux d’accroissement à gauche et à droite de 11.

  1. pour x<1x < 1 : f(x)−f(1)x−1=x2−1x−1=x+1→x→1−2\dfrac{f(x) - f(1)}{x - 1} = \dfrac{x^{2} - 1}{x - 1} = x + 1 \xrightarrow[x \to 1^{-}]{} 2
  2. pour x>1x > 1 : f(x)−f(1)x−1=ax+b−(a+b)x−1=a(x−1)x−1=a\dfrac{f(x) - f(1)}{x - 1} = \dfrac{ax + b - (a + b)}{x - 1} = \dfrac{a(x - 1)}{x - 1} = aon utilise a+b=2a + b = 2
  3. ⇒\Rightarrowff dérivable en 11   ⟺  \iff a=2a = 2, puis b=0b = 0

Avec a=2a = 2 et b=0b = 0, la fonction vaut 2x2x pour x>1x > 1 : la demi-droite prolonge exactement la tangente à la parabole en 11, qui a pour équation y=2xy = 2x. Le raccordement est « lisse ».

Niveau 3 — Type bac
10

Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3} - 3x + 1 et C\mathcal{C} sa courbe.

  1. Étudier les variations de ff et dresser son tableau de variations (limites comprises).
  2. Démontrer que l’équation f(x)=0f(x) = 0 admet exactement trois solutions α<β<γ\alpha < \beta < \gamma, et que α∈]−2 ; −1[\alpha \in ]-2\,;\,-1[, β∈]0 ; 1[\beta \in ]0\,;\,1[, γ∈]1 ; 2[\gamma \in ]1\,;\,2[.
  3. Donner un encadrement de β\beta d’amplitude 10−110^{-1}.
  4. Déterminer une équation de la tangente TT à C\mathcal{C} au point d’abscisse 00, puis étudier la position de C\mathcal{C} par rapport à TT.
Voir le corrigé détaillé

1. ff est dérivable sur R\mathbb{R} et f′(x)=3x2−3=3(x−1)(x+1)f'(x) = 3x^{2} - 3 = 3(x - 1)(x + 1), positif à l’extérieur des racines −1-1 et 11. On a f(−1)=−1+3+1=3f(-1) = -1 + 3 + 1 = 3, f(1)=1−3+1=−1f(1) = 1 - 3 + 1 = -1, et les limites sont celles de x3x^{3}.

xx−∞-\infty−1-111+∞+\infty
signe de f′(x)f'(x)++00−-00++
variations de ff−∞-\infty↗33↘−1-1↗+∞+\infty

2. On applique le théorème de la bijection sur chacun des trois intervalles.

  1. sur ]−∞ ; −1]]-\infty\,;\,-1], ff est continue, strictement croissante, de −∞-\infty à 33 ; or 0∈]−∞ ; 3]0 \in ]-\infty\,;\,3]
  2. ⇒\Rightarrowl’équation f(x)=0f(x) = 0 a une unique solution α\alpha dans ]−∞ ; −1]]-\infty\,;\,-1]
  3. f(−2)=−8+6+1=−1<0f(-2) = -8 + 6 + 1 = -1 < 0 et f(−1)=3>0f(-1) = 3 > 0, donc α∈]−2 ; −1[\alpha \in ]-2\,;\,-1[
  4. sur [−1 ; 1][-1\,;\,1], ff est continue, strictement décroissante, de 33 à −1-1, et 0∈[−1 ; 3]0 \in [-1\,;\,3]
  5. ⇒\Rightarrowunique solution β\beta ; f(0)=1>0f(0) = 1 > 0 et f(1)=−1<0f(1) = -1 < 0, donc β∈]0 ; 1[\beta \in ]0\,;\,1[
  6. sur [1 ; +∞[[1\,;\,+\infty[, ff est continue, strictement croissante, de −1-1 à +∞+\infty
  7. ⇒\Rightarrowunique solution γ\gamma ; f(2)=8−6+1=3>0f(2) = 8 - 6 + 1 = 3 > 0, donc γ∈]1 ; 2[\gamma \in ]1\,;\,2[

Les trois intervalles recouvrent R\mathbb{R} : l’équation admet exactement trois solutions.

3. Par balayage au pas de 0,10{,}1 :

  1. f(0,3)=0,027−0,9+1=0,127>0f(0{,}3) = 0{,}027 - 0{,}9 + 1 = 0{,}127 > 0
  2. f(0,4)=0,064−1,2+1=−0,136<0f(0{,}4) = 0{,}064 - 1{,}2 + 1 = -0{,}136 < 0
  3. ⇒\Rightarrow0,3<β<0,40{,}3 < \beta < 0{,}4ff strictement décroissante sur [−1 ; 1][-1\,;\,1]

4. f(0)=1f(0) = 1 et f′(0)=−3f'(0) = -3, donc T:y=−3x+1T : y = -3x + 1. Position relative :

  1. f(x)−(−3x+1)=x3−3x+1+3x−1f(x) - (-3x + 1) = x^{3} - 3x + 1 + 3x - 1
  2. ==x3x^{3}

Cette différence est négative pour x<0x < 0 et positive pour x>0x > 0 : C\mathcal{C} est en dessous de TT sur ]−∞ ; 0[]-\infty\,;\,0[ et au-dessus sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[. La courbe traverse sa tangente en OO : c’est un point d’inflexion, notion approfondie au chapitre 3.

11

Restitution organisée de connaissances.

  1. Énoncer le théorème des accroissements finis. Démontrer que si ff est dérivable sur un intervalle II et s’il existe k⩾0k \geqslant 0 tel que ∣f′(x)∣⩽k|f'(x)| \leqslant k pour tout x∈Ix \in I, alors pour tous a,b∈Ia, b \in I : ∣f(b)−f(a)∣⩽k ∣b−a∣|f(b) - f(a)| \leqslant k\,|b - a|.
  2. En déduire que pour tout réel xx, ∣sin⁡x∣⩽∣x∣|\sin x| \leqslant |x|.
  3. Démontrer que pour tout x⩾0x \geqslant 0 : cos⁡x⩾1−x22\cos x \geqslant 1 - \dfrac{x^{2}}{2}, puis sin⁡x⩾x−x36\sin x \geqslant x - \dfrac{x^{3}}{6}.
  4. En déduire un encadrement de sin⁡(0,3)\sin(0{,}3) d’amplitude inférieure à 5×10−35 \times 10^{-3}.
Voir le corrigé détaillé

1. Théorème : si ff est continue sur [a ; b][a\,;\,b] et dérivable sur ]a ; b[]a\,;\,b[, il existe c∈]a ; b[c \in ]a\,;\,b[ tel que f(b)−f(a)=f′(c)(b−a)f(b) - f(a) = f'(c)(b - a).

Démonstration de l’inégalité. Si a=ba = b, les deux membres sont nuls. Si a<ba < b :

  1. ff est continue sur [a ; b][a\,;\,b] et dérivable sur ]a ; b[]a\,;\,b[dérivable sur II
  2. ⇒\Rightarrowil existe c∈]a ; b[c \in ]a\,;\,b[ tel que f(b)−f(a)=f′(c)(b−a)f(b) - f(a) = f'(c)(b - a)
  3. ⇒\Rightarrow∣f(b)−f(a)∣=∣f′(c)∣×∣b−a∣⩽k ∣b−a∣|f(b) - f(a)| = |f'(c)| \times |b - a| \leqslant k\,|b - a|car ∣f′(c)∣⩽k|f'(c)| \leqslant k

Si b<ab < a, on échange les rôles de aa et bb ; comme ∣f(a)−f(b)∣=∣f(b)−f(a)∣|f(a) - f(b)| = |f(b) - f(a)| et ∣a−b∣=∣b−a∣|a - b| = |b - a|, l’inégalité est la même. C.Q.F.D.

2. sin⁡\sin est dérivable sur R\mathbb{R} et ∣sin⁡′(x)∣=∣cos⁡x∣⩽1|\sin'(x)| = |\cos x| \leqslant 1. Avec k=1k = 1, a=0a = 0 et b=xb = x : ∣sin⁡x−sin⁡0∣⩽∣x−0∣|\sin x - \sin 0| \leqslant |x - 0|, soit ∣sin⁡x∣⩽∣x∣|\sin x| \leqslant |x|.

3. On pose g(x)=cos⁡x−1+x22g(x) = \cos x - 1 + \dfrac{x^{2}}{2}, dérivable sur R\mathbb{R}.

  1. g′(x)=−sin⁡x+x=x−sin⁡xg'(x) = -\sin x + x = x - \sin x
  2. ⩾\geqslant00 pour x⩾0x \geqslant 0d’après 2 : sin⁡x⩽∣sin⁡x∣⩽∣x∣=x\sin x \leqslant |\sin x| \leqslant |x| = x
  3. ⇒\Rightarrowgg est croissante sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[, et g(0)=1−1+0=0g(0) = 1 - 1 + 0 = 0
  4. ⇒\Rightarrowg(x)⩾0g(x) \geqslant 0, soit cos⁡x⩾1−x22\cos x \geqslant 1 - \dfrac{x^{2}}{2} pour x⩾0x \geqslant 0

On pose ensuite p(x)=sin⁡x−x+x36p(x) = \sin x - x + \dfrac{x^{3}}{6}.

  1. p′(x)=cos⁡x−1+3x26=cos⁡x−1+x22=g(x)p'(x) = \cos x - 1 + \dfrac{3x^{2}}{6} = \cos x - 1 + \dfrac{x^{2}}{2} = g(x)
  2. ⩾\geqslant00 pour x⩾0x \geqslant 0résultat précédent
  3. ⇒\Rightarrowpp croissante sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[ et p(0)=0p(0) = 0, donc p(x)⩾0p(x) \geqslant 0
  4. ⇒\Rightarrowsin⁡x⩾x−x36\sin x \geqslant x - \dfrac{x^{3}}{6} pour tout x⩾0x \geqslant 0C.Q.F.D.

4. Pour x=0,3⩾0x = 0{,}3 \geqslant 0, on combine sin⁡x⩽x\sin x \leqslant x (question 2) et la minoration de la question 3.

  1. 0,3−0,336⩽sin⁡(0,3)⩽0,30{,}3 - \dfrac{0{,}3^{3}}{6} \leqslant \sin(0{,}3) \leqslant 0{,}3
  2. 0,0276=0,0045\dfrac{0{,}027}{6} = 0{,}0045
  3. ⇒\Rightarrow0,2955⩽sin⁡(0,3)⩽0,30{,}2955 \leqslant \sin(0{,}3) \leqslant 0{,}3amplitude 0,0045<5×10−30{,}0045 < 5 \times 10^{-3} ; la calculatrice donne 0,295520{,}29552
12

Soit ff la fonction définie sur I=]−1 ; +∞[I = ]-1\,;\,+\infty[ par f(x)=2xx+1f(x) = \dfrac{2x}{x + 1}.

  1. Étudier les variations de ff sur II et calculer ses limites aux bornes. En déduire que ff réalise une bijection de II sur un intervalle JJ à préciser.
  2. Pour y∈Jy \in J, résoudre l’équation f(x)=yf(x) = y d’inconnue x∈Ix \in I. En déduire l’expression de f−1(y)f^{-1}(y).
  3. Calculer (f−1)′(1)\left(f^{-1}\right)'(1) de deux façons : à l’aide du théorème du cours, puis en dérivant directement l’expression de f−1f^{-1}.
  4. Donner une équation de la tangente à la courbe de f−1f^{-1} au point d’abscisse 11.
Voir le corrigé détaillé

1. ff est dérivable sur II (quotient à dénominateur non nul) ; u=2xu = 2x, u′=2u' = 2, v=x+1v = x + 1, v′=1v' = 1.

  1. f′(x)=2(x+1)−2x×1(x+1)2=2(x+1)2f'(x) = \dfrac{2(x + 1) - 2x \times 1}{(x + 1)^{2}} = \dfrac{2}{(x + 1)^{2}}
  2. >>00 pour tout x∈Ix \in I : ff est strictement croissante sur II
  3. lim⁡x→−1+f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{+}} f(x) = -\inftynumérateur →−2\to -2, dénominateur →0+\to 0^{+}
  4. lim⁡x→+∞f(x)=lim⁡x→+∞21+1x=2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = \displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{2}{1 + \frac{1}{x}} = 2

ff est continue et strictement croissante sur II : elle réalise une bijection de II sur J=f(I)=]−∞ ; 2[J = f(I) = ]-\infty\,;\,2[.

2. Soit y<2y < 2 et x>−1x > -1.

  1. 2xx+1=y\dfrac{2x}{x + 1} = y
  2.   ⟺  \iff2x=y(x+1)2x = y(x + 1)x+1≠0x + 1 \neq 0
  3.   ⟺  \iffx(2−y)=yx(2 - y) = y
  4.   ⟺  \iffx=y2−yx = \dfrac{y}{2 - y}2−y>02 - y > 0

Donc f−1(y)=y2−yf^{-1}(y) = \dfrac{y}{2 - y} pour tout y∈]−∞ ; 2[y \in ]-\infty\,;\,2[. Vérification : f(1)=1f(1) = 1 et f−1(1)=11=1f^{-1}(1) = \dfrac{1}{1} = 1.

3. Par le théorème : f−1(1)=1f^{-1}(1) = 1 et f′(1)=24=12≠0f'(1) = \dfrac{2}{4} = \dfrac{1}{2} \neq 0.

  1. (f−1)′(1)=1f′(f−1(1))=1f′(1)\left(f^{-1}\right)'(1) = \dfrac{1}{f'\big(f^{-1}(1)\big)} = \dfrac{1}{f'(1)}
  2. ==11/2=2\dfrac{1}{1/2} = 2

Directement : avec u=yu = y, u′=1u' = 1, v=2−yv = 2 - y, v′=−1v' = -1 :

  1. (f−1)′(y)=1×(2−y)−y×(−1)(2−y)2=2(2−y)2\left(f^{-1}\right)'(y) = \dfrac{1 \times (2 - y) - y \times (-1)}{(2 - y)^{2}} = \dfrac{2}{(2 - y)^{2}}
  2. ⇒\Rightarrow(f−1)′(1)=212=2\left(f^{-1}\right)'(1) = \dfrac{2}{1^{2}} = 2les deux méthodes concordent

4. Tangente au point (1 ; f−1(1))=(1 ; 1)(1\,;\,f^{-1}(1)) = (1\,;\,1) : y=2(x−1)+1=2x−1y = 2(x - 1) + 1 = 2x - 1.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13

L’enclos de Moussa (Abéché). Moussa dispose de 6060 m de grillage pour construire un enclos rectangulaire pour ses chèvres, adossé au mur de sa concession : le côté le long du mur n’a pas besoin de grillage. On note xx (en mètres) la longueur de chacun des deux côtés perpendiculaires au mur.

  1. Exprime la longueur LL du troisième côté, puis l’aire A(x)A(x) de l’enclos, en fonction de xx. Dans quel intervalle xx varie-t-il ?
  2. Étudie les variations de AA.
  3. Quelles dimensions Moussa doit-il choisir pour que l’enclos ait la plus grande aire possible ? Quelle est cette aire ?
Voir le corrigé détaillé

1. Le grillage couvre les deux côtés de longueur xx et le côté LL : 2x+L=602x + L = 60.

  1. L=60−2xL = 60 - 2x
  2. A(x)=x×L=x(60−2x)=60x−2x2A(x) = x \times L = x(60 - 2x) = 60x - 2x^{2}
  3. x>0x > 0 et L>0  ⟺  x<30L > 0 \iff x < 30, donc x∈]0 ; 30[x \in ]0\,;\,30[

2. AA est un polynôme, dérivable sur ]0 ; 30[]0\,;\,30[.

  1. A′(x)=60−4xA'(x) = 60 - 4x
  2. ==4(15−x)4(15 - x)positif si x<15x < 15, négatif si x>15x > 15
  3. A(15)=15×(60−30)=450A(15) = 15 \times (60 - 30) = 450
xx0015153030
signe de A′(x)A'(x)++00−-
variations de AA00↗450450↘00

3. A′A' s’annule en 1515 en passant du signe ++ au signe −- : l’aire est maximale pour x=15x = 15 m. Alors L=60−30=30L = 60 - 30 = 30 m. Moussa doit construire un enclos de 15 m sur 30 m, d’aire 450 m² : le côté le long du mur est le double des deux autres.

Enclos adossé au mur : l’aire est maximale pour x = 15 mmurxx60 − 2xgrillage : 2x + (60 − 2x) = 60 maire : A(x) = x(60 − 2x)1530450x (m)A (m²)A′(x) = 60 − 4x s’annule en 15 en changeant de signe : maximum A(15) = 450 m²
Figure 6 — À gauche, le schéma de l’enclos : deux côtés de longueur xx et un côté de longueur 60−2x60 - 2x. À droite, la parabole A(x)=60x−2x2A(x) = 60x - 2x^{2} sur [0 ; 30][0\,;\,30] : son sommet, d’abscisse 1515, donne l’aire maximale 450450 m².
14

La boîte de Mariam (Douala). Mariam fabrique des boîtes sans couvercle à partir de feuilles de carton carrées de 3030 cm de côté : elle découpe aux quatre coins un carré de côté xx cm, puis relève les bords.

  1. Montre que le volume de la boîte est V(x)=x(30−2x)2V(x) = x(30 - 2x)^{2} et précise l’intervalle de définition.
  2. Montre que V′(x)=12(15−x)(5−x)V'(x) = 12(15 - x)(5 - x).
  3. Pour quelle valeur de xx le volume est-il maximal ? Donne ce volume en litres.
Voir le corrigé détaillé

1. Après découpe, le fond est un carré de côté 30−2x30 - 2x et la hauteur vaut xx. Il faut x>0x > 0 et 30−2x>030 - 2x > 0, soit x∈]0 ; 15[x \in ]0\,;\,15[, et V(x)=x(30−2x)2V(x) = x(30 - 2x)^{2} (en cm³).

2. V=u×wV = u \times w avec u=xu = x, u′=1u' = 1, w=(30−2x)2w = (30 - 2x)^{2} et, par dérivation d’une composée, w′=2×(−2)(30−2x)=−4(30−2x)w' = 2 \times (-2)(30 - 2x) = -4(30 - 2x).

  1. V′(x)=1×(30−2x)2+x×(−4(30−2x))V'(x) = 1 \times (30 - 2x)^{2} + x \times \big(-4(30 - 2x)\big)
  2. ==(30−2x)[(30−2x)−4x](30 - 2x)\big[(30 - 2x) - 4x\big]factorisation par 30−2x30 - 2x
  3. ==(30−2x)(30−6x)(30 - 2x)(30 - 6x)
  4. ==2(15−x)×6(5−x)=12(15−x)(5−x)2(15 - x) \times 6(5 - x) = 12(15 - x)(5 - x)

3. Sur ]0 ; 15[]0\,;\,15[, 15−x>015 - x > 0 : V′(x)V'(x) est du signe de 5−x5 - x, positif sur ]0 ; 5[]0\,;\,5[ et négatif sur ]5 ; 15[]5\,;\,15[. VV est donc croissante puis décroissante : le volume est maximal pour x=5x = 5 cm.

  1. V(5)=5×(30−10)2=5×400V(5) = 5 \times (30 - 10)^{2} = 5 \times 400
  2. ==2 000 cm3=2 dm3=2 L2\,000\ \text{cm}^{3} = 2\ \text{dm}^{3} = 2\ \text{L}

La boîte optimale mesure 20×20×520 \times 20 \times 5 cm et contient exactement 2 litres.

15

L’atelier d’Awa (Dakar). L’atelier de couture d’Awa produit chaque mois qq boubous brodés, avec 1⩽q⩽1201 \leqslant q \leqslant 120. Le coût total mensuel, en francs CFA, est modélisé par C(q)=25q2+10 000 q+90 000C(q) = 25q^{2} + 10\,000\,q + 90\,000.

  1. Exprime le coût moyen par boubou CM(q)=C(q)qC_M(q) = \dfrac{C(q)}{q}.
  2. Étudie les variations de CMC_M sur [1 ; 120][1\,;\,120].
  3. Quelle production rend le coût moyen minimal ? Quel est alors ce coût ?
  4. Le coût marginal est C′(q)C'(q). Vérifie qu’au minimum du coût moyen, coût marginal et coût moyen sont égaux.
Voir le corrigé détaillé

1. Pour q∈[1 ; 120]q \in [1\,;\,120] :

  1. CM(q)=25q2+10 000 q+90 000qC_M(q) = \dfrac{25q^{2} + 10\,000\,q + 90\,000}{q}
  2. ==25q+10 000+90 000q25q + 10\,000 + \dfrac{90\,000}{q}

2. CMC_M est dérivable sur [1 ; 120][1\,;\,120].

  1. CM′(q)=25−90 000q2C_M'(q) = 25 - \dfrac{90\,000}{q^{2}}
  2. ==25q2−90 000q2=25(q2−3 600)q2\dfrac{25q^{2} - 90\,000}{q^{2}} = \dfrac{25(q^{2} - 3\,600)}{q^{2}}
  3. ==25(q−60)(q+60)q2\dfrac{25(q - 60)(q + 60)}{q^{2}}

Sur [1 ; 120][1\,;\,120], q+60>0q + 60 > 0 et q2>0q^{2} > 0 : CM′(q)C_M'(q) est du signe de q−60q - 60. CMC_M est donc décroissante sur [1 ; 60][1\,;\,60] et croissante sur [60 ; 120][60\,;\,120].

3. Le coût moyen est minimal pour une production de 60 boubous par mois.

  1. CM(60)=25×60+10 000+90 00060C_M(60) = 25 \times 60 + 10\,000 + \dfrac{90\,000}{60}
  2. ==1 500+10 000+1 500=13 0001\,500 + 10\,000 + 1\,500 = 13\,000 F CFA

4. C′(q)=50q+10 000C'(q) = 50q + 10\,000, donc C′(60)=3 000+10 000=13 000=CM(60)C'(60) = 3\,000 + 10\,000 = 13\,000 = C_M(60). C’est un résultat général : quand CM′=0C_M' = 0, on a C′q−C=0C' q - C = 0, soit C′=Cq=CMC' = \dfrac{C}{q} = C_M. Le 61e61^{\text{e}} boubou coûte exactement le prix moyen des 6060 premiers.

16

Le château d’eau de Kaltouma (Ndjamena). Pour nettoyer la cuve du château d’eau de son quartier, Kaltouma ouvre la vanne de vidange. Le volume d’eau restant, en m³, est modélisé par V(t)=80(1−t40)2V(t) = 80\left(1 - \dfrac{t}{40}\right)^{2}, où tt est le temps en minutes, 0⩽t⩽400 \leqslant t \leqslant 40.

  1. Calcule le volume initial et le volume final.
  2. Le débit de vidange à l’instant tt est D(t)=−V′(t)D(t) = -V'(t). Montre que D(t)=4−t10D(t) = 4 - \dfrac{t}{10} (en m³/min). Quel est le débit initial ? Comment évolue-t-il ?
  3. À quel instant le débit vaut-il la moitié du débit initial ?
  4. Calcule le débit moyen sur les 4040 minutes. Montre, à l’aide du théorème des accroissements finis, qu’il existe un instant où le débit instantané est égal au débit moyen, et détermine cet instant.
Voir le corrigé détaillé

1. V(0)=80×1=80V(0) = 80 \times 1 = 80 m³ et V(40)=80×0=0V(40) = 80 \times 0 = 0 m³ : la cuve est vide au bout de 4040 minutes.

2. V=80 u2V = 80\,u^{2} avec u(t)=1−t40u(t) = 1 - \dfrac{t}{40} et u′(t)=−140u'(t) = -\dfrac{1}{40}.

  1. V′(t)=80×2 u′(t) u(t)=160×(−140)(1−t40)V'(t) = 80 \times 2\,u'(t)\,u(t) = 160 \times \left(-\dfrac{1}{40}\right)\left(1 - \dfrac{t}{40}\right)
  2. ==−4(1−t40)-4\left(1 - \dfrac{t}{40}\right)
  3. ⇒\RightarrowD(t)=−V′(t)=4−t10D(t) = -V'(t) = 4 - \dfrac{t}{10}

Le débit initial est D(0)=4D(0) = 4 m³/min. DD est une fonction affine de coefficient directeur −110<0-\dfrac{1}{10} < 0 : le débit diminue régulièrement jusqu’à s’annuler à t=40t = 40 — plus la cuve se vide, moins la pression pousse l’eau (loi de Torricelli).

3.

  1. D(t)=2  ⟺  4−t10=2D(t) = 2 \iff 4 - \dfrac{t}{10} = 2
  2.   ⟺  \ifft=20t = 20 min

4. Le débit moyen est le volume écoulé divisé par la durée :

  1. Dmoy=V(0)−V(40)40−0=8040=2D_{\text{moy}} = \dfrac{V(0) - V(40)}{40 - 0} = \dfrac{80}{40} = 2 m³/min

VV est dérivable (donc continue) sur [0 ; 40][0\,;\,40] : d’après le T.A.F., il existe c∈]0 ; 40[c \in ]0\,;\,40[ tel que V(40)−V(0)=V′(c)(40−0)V(40) - V(0) = V'(c)(40 - 0).

  1. V′(c)=V(40)−V(0)40=−8040=−2V'(c) = \dfrac{V(40) - V(0)}{40} = \dfrac{-80}{40} = -2
  2. ⇒\RightarrowD(c)=2=DmoyD(c) = 2 = D_{\text{moy}}
  3.   ⟺  \iffc=20c = 20 mind’après la question 3

À la vingtième minute, le débit instantané est exactement égal au débit moyen : le théorème des accroissements finis se lit directement sur la vanne de Kaltouma.

Teste-toi gratuitement

📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

Coche une réponse par question, puis clique sur « Vérifier mes réponses » : tu obtiens ta note sur 20 avec la correction détaillée de chaque question.

Le nombre dérivé f′(a)f'(a) est défini comme :

Explication : Le nombre dérivé est la limite, quand elle existe et est finie, du taux d'accroissement τa(h)=f(a+h)−f(a)h\tau_a(h)=\dfrac{f(a+h)-f(a)}{h} lorsque h→0h\to0.

L'équation de la tangente à la courbe de ff au point d'abscisse aa, lorsque ff est dérivable en aa, est :

Explication : La tangente en A(a ; f(a))A(a\,;\,f(a)) a pour coefficient directeur f′(a)f'(a) et passe par AA, d'où y=f′(a)(x−a)+f(a)y = f'(a)(x-a)+f(a).

Si ff est dérivable en aa, alors :

Explication : Dérivable implique continue (théorème du paragraphe 1.1). La réciproque est fausse : x↦∣x∣x\mapsto|x| est continue mais non dérivable en 00.

La fonction x↦xx \mapsto \sqrt{x} est :

Explication : En 00, le taux d'accroissement τ0(h)=1h\tau_0(h)=\dfrac{1}{\sqrt{h}} tend vers +∞+\infty : demi-tangente verticale, pas de dérivabilité en 00, bien que la fonction y soit continue.

La dérivée de f(x)=1x3f(x) = \dfrac{1}{x^3} sur R∗\mathbb{R}^* est :

Explication : Avec f(x)=x−3f(x)=x^{-3}, f′(x)=−3x−4=−3x4f'(x) = -3x^{-4} = -\dfrac{3}{x^4}, conforme au tableau des dérivées usuelles.

Pour u,vu,v dérivables, la dérivée du produit uvuv est :

Explication : C'est la formule de dérivation d'un produit. Attention, la dérivée d'un produit n'est pas le produit des dérivées : avec u=v=xu=v=x, (x2)′=2x(x^2)'=2x alors que u′v′=1u'v'=1.

Soit g(x)=2x−1x2+1g(x) = \dfrac{2x-1}{x^2+1}. Avec u=2x−1u=2x-1, v=x2+1v=x^2+1, la dérivée g′g' vaut :

Explication : La dérivée d'un quotient uv\dfrac{u}{v} est u′v−uv′v2\dfrac{u'v-uv'}{v^2}, formule directement applicable ici avec u′=2u'=2 et v′=2xv'=2x.

D'après le théorème de dérivation des composées, (g∘u)′(x)(g \circ u)'(x) vaut :

Explication : C'est l'énoncé exact du théorème : la dérivée de g∘ug\circ u est le produit de u′u' par la dérivée usuelle de gg prise en uu.

La dérivée de f(x)=sin⁡(5x)f(x)=\sin(5x) est :

Explication : Avec u(x)=5xu(x)=5x, u′(x)=5u'(x)=5, et (sin⁡u)′=u′cos⁡u(\sin u)'=u'\cos u, donc f′(x)=5cos⁡(5x)f'(x) = 5\cos(5x). Oublier le facteur u′=5u'=5 est un piège classique du bac.

Sur un intervalle II, si ff est dérivable et f′(x)⩾0f'(x) \geqslant 0 pour tout x∈Ix \in I, alors :

Explication : C'est le théorème liant signe de la dérivée et sens de variation, valable sur un intervalle (attention, ce théorème échoue sur une réunion d'intervalles comme R∗\mathbb{R}^*).

Si ff est dérivable sur un intervalle ouvert II et admet un extremum local en a∈Ia \in I, alors :

Explication : C'est la condition nécessaire d'extremum. Attention, la réciproque est fausse : f(x)=x3f(x)=x^3 vérifie f′(0)=0f'(0)=0 sans avoir d'extremum en 00.

Pour que ff admette réellement un extremum local en aa (condition suffisante), il faut que f′f' :

Explication : Si f′f' s'annule en aa en changeant de signe (de ++ à −-, ou de −- à ++), alors ff admet effectivement un extremum local en aa — sinon, comme pour x3x^3 en 00, la tangente horizontale traverse simplement la courbe.

Le théorème de Rolle affirme : si ff est continue sur [a ; b][a~;~b], dérivable sur ]a ; b[]a~;~b[ et f(a)=f(b)f(a)=f(b), alors :

Explication : C'est l'énoncé exact du théorème de Rolle : sous ces hypothèses, il existe un point intérieur où la tangente est horizontale.

Le théorème des accroissements finis (T.A.F.) affirme qu'il existe c∈]a ; b[c \in ]a~;~b[ tel que :

Explication : C'est l'énoncé du T.A.F. : l'accroissement global f(b)−f(a)f(b)-f(a) est égal à la dérivée en un point intermédiaire cc, multipliée par b−ab-a.

Pour f(x)=x2f(x)=x^2 sur [1 ; 3][1~;~3], le réel cc donné par le T.A.F. vaut :

Explication : f(3)−f(1)3−1=9−12=4\dfrac{f(3)-f(1)}{3-1} = \dfrac{9-1}{2}=4. On résout f′(c)=2c=4f'(c)=2c=4, soit c=2c=2, bien dans ]1 ; 3[]1~;~3[.

Si m⩽f′(x)⩽Mm \leqslant f'(x) \leqslant M sur [a ; b][a~;~b], l'inégalité des accroissements finis donne :

Explication : C'est l'inégalité des accroissements finis, conséquence directe du T.A.F. appliqué avec l'encadrement de f′(c)f'(c) par mm et MM.

Pour démontrer f(x)⩽g(x)f(x) \leqslant g(x) sur un intervalle II par étude de fonction, la méthode consiste à :

Explication : On pose la fonction auxiliaire h=g−fh=g-f, on étudie son sens de variation via le signe de h′h', puis on montre que son minimum sur II est ⩾0\geqslant0 : c'est la méthode standard illustrée par sin⁡x⩽x\sin x \leqslant x sur [0 ; +∞[[0~;~+\infty[.

Si ff est une bijection dérivable de II sur JJ, avec y0=f(x0)y_0=f(x_0) et f′(x0)≠0f'(x_0) \neq 0, la dérivée de la réciproque en y0y_0 est :

Explication : C'est le théorème de dérivation d'une fonction réciproque : (f−1)′(y0)=1f′(x0)\left(f^{-1}\right)'(y_0) = \dfrac{1}{f'(x_0)}, à condition que f′(x0)≠0f'(x_0) \neq 0.

Si f′(x0)=0f'(x_0) = 0, que peut-on dire de la dérivabilité de f−1f^{-1} en y0=f(x0)y_0=f(x_0) ?

Explication : Si f′(x0)=0f'(x_0)=0, la tangente en AA est horizontale ; sa symétrique par rapport à y=xy=x est verticale, donc f−1f^{-1} n'est pas dérivable en y0y_0 — comme la racine cubique en 00, réciproque de x3x^3.

Soit f(x)=x3+xf(x)=x^3+x sur R\mathbb{R}, bijection de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R}. Sachant f(1)=2f(1)=2, la dérivée de f−1f^{-1} en 22 vaut :

Explication : f′(x)=3x2+1f'(x)=3x^2+1, donc f′(1)=3+1=4f'(1)=3+1=4. D'après le théorème, (f−1)′(2)=1f′(1)=14\left(f^{-1}\right)'(2) = \dfrac{1}{f'(1)} = \dfrac{1}{4}.
S'inscrire