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Limites et continuité

Maîtriser le calcul des limites et les théorèmes de continuité.

Mathématiques Terminale Chapitre 1 / 19 ⏱ 11 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Lever toutes les formes indéterminées classiques
  • Appliquer le TVI pour prouver l'existence d'une solution
  • Déterminer les asymptotes d'une courbe

Jusqu’en Première, tu as surtout étudié une fonction localement : sa dérivée te disait comment elle se comporte tout près d’un point, sa tangente te donnait la pente à cet endroit. Ce chapitre change d’échelle. Il pose deux questions nouvelles : que devient f(x)f(x) lorsque xx s’en va vers l’infini, ou lorsqu’il s’approche d’une valeur interdite ? Et une courbe peut-elle « sauter » d’une valeur à une autre sans passer par toutes les valeurs intermédiaires ?

La première question conduit à la notion de limite et à ses conséquences graphiques, les asymptotes, ces droites dont la courbe se rapproche indéfiniment. La seconde conduit à la continuité et au théorème des valeurs intermédiaires, l’outil qui te permettra de prouver qu’une équation comme x3+x=3x^{3} + x = 3 admet une solution, puis de l’encadrer aussi finement que tu le souhaites, même sans savoir la calculer exactement.

Ces outils sont partout : dans la concentration d’un médicament qui se stabilise, dans le coût moyen d’une production qui se rapproche d’un plancher, dans la vitesse d’un corps qui chute. Au baccalauréat, presque tout problème d’analyse commence par « déterminer les limites de ff aux bornes de son ensemble de définition » et contient une question du type « montrer que l’équation f(x)=0f(x) = 0 admet une unique solution α\alpha ». Ce chapitre est donc un investissement pour toute l’année.

1Limites d’une fonction en un point et à l’infini

Dans tout le chapitre, ff désigne une fonction définie sur un ensemble DfD_f qui est un intervalle ou une réunion d’intervalles, et Cf\mathcal{C}_f sa courbe représentative dans un repère du plan.

1.1  Limite finie ou infinie en l’infini

Prenons f(x)=2+1xf(x) = 2 + \dfrac{1}{x} et regardons ce qui se passe quand xx devient très grand.

xx10101001001 0001\,00010610^{6}
f(x)f(x)2,12{,}12,012{,}012,0012{,}0012,000 0012{,}000\,001

Les valeurs f(x)f(x) se rapprochent de 22 autant qu’on le veut : il suffit de prendre xx assez grand. C’est exactement l’idée de limite, que voici formalisée.

Définition — limite finie en l’infini

Soit ℓ\ell un réel. On dit que ff a pour limite ℓ\ell en +∞+\infty lorsque tout intervalle ouvert contenant ℓ\ell contient toutes les valeurs f(x)f(x) pour xx assez grand. On note :

lim⁡x→+∞f(x)=ℓ\lim_{x \to +\infty} f(x) = \ell

On définit de même lim⁡x→−∞f(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = \ell en remplaçant « xx assez grand » par « xx assez grand en valeur absolue et négatif ».

Définition — limite infinie en l’infini

On dit que ff a pour limite +∞+\infty en +∞+\infty lorsque tout intervalle de la forme ]A ; +∞[]A\,;\,+\infty[ contient toutes les valeurs f(x)f(x) pour xx assez grand. On note lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.

On définit de la même façon lim⁡x→+∞f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = -\infty (avec des intervalles ]−∞ ; A[]-\infty\,;\,A[), ainsi que les limites infinies en −∞-\infty.

Autrement dit, « f(x)f(x) tend vers +∞+\infty » signifie que f(x)f(x) finit par dépasser n’importe quel seuil AA, aussi grand soit-il, et le dépasse définitivement.

Propriété — limites de référence en l’infini
f(x)f(x)xxx2x^{2}x3x^{3}xnx^{n} (n⩾1n \geqslant 1)x\sqrt{x}1x\dfrac{1}{x}1xn\dfrac{1}{x^{n}}1x\dfrac{1}{\sqrt{x}}
lim⁡x→+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty}+∞+\infty+∞+\infty+∞+\infty+∞+\infty+∞+\infty000000
lim⁡x→−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty}−∞-\infty+∞+\infty−∞-\infty+∞+\infty si nn pair, −∞-\infty si nn impairnon définie0000non définie

Une fonction constante x↦kx \mapsto k a pour limite kk en +∞+\infty et en −∞-\infty.

Exemple — lire et justifier des limites de référence
  1. lim⁡x→−∞x3=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} x^{3} = -\inftyle cube d’un nombre négatif très grand en valeur absolue est négatif et très grand
  2. lim⁡x→−∞x4=+∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} x^{4} = +\inftyexposant pair : x4=(x2)2⩾0x^{4} = (x^{2})^{2} \geqslant 0
  3. lim⁡x→+∞1x2=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{1}{x^{2}} = 0pour x>1 000x > 1\,000, on a déjà 0<1x2<10−60 < \dfrac{1}{x^{2}} < 10^{-6}
  4. lim⁡x→+∞x=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \sqrt{x} = +\inftyx>A\sqrt{x} > A dès que x>A2x > A^{2}

1.2  Limite en un point

On s’intéresse maintenant au comportement de f(x)f(x) quand xx s’approche d’un réel aa. Le réel aa est soit un point de DfD_f, soit une borne de DfD_f (typiquement une valeur interdite, comme 00 pour x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x}).

Définition — limites en un point aa

Limite finie. On dit que ff a pour limite ℓ\ell en aa lorsque tout intervalle ouvert contenant ℓ\ell contient toutes les valeurs f(x)f(x) pour xx assez proche de aa. On note lim⁡x→af(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = \ell.

Limite infinie. On dit que ff a pour limite +∞+\infty en aa lorsque tout intervalle ]A ; +∞[]A\,;\,+\infty[ contient toutes les valeurs f(x)f(x) pour xx assez proche de aa. On note lim⁡x→af(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = +\infty, et on définit de même une limite −∞-\infty en aa.

Propriété — limites en un point des fonctions usuelles

Si ff est une fonction polynôme, rationnelle, racine carrée, sinus ou cosinus, et si aa appartient à son ensemble de définition, alors :

lim⁡x→af(x)=f(a)\lim_{x \to a} f(x) = f(a)

Cette propriété est celle de la continuité, que l’on étudiera en détail à la section 5. Les limites de référence en 00 sont :

lim⁡x→01x2=+∞lim⁡x→01x2n=+∞lim⁡x→0x>01x=+∞\lim_{x \to 0} \dfrac{1}{x^{2}} = +\infty \qquad \lim_{x \to 0} \dfrac{1}{x^{2n}} = +\infty \qquad \lim_{\substack{x \to 0 \\ x > 0}} \dfrac{1}{\sqrt{x}} = +\infty

Exemple — deux limites en un point
  1. lim⁡x→3(x2−2x+5)=32−2×3+5\displaystyle\lim_{x \to 3} \left(x^{2} - 2x + 5\right) = 3^{2} - 2 \times 3 + 5fonction polynôme, définie en 33
  2. ==88
  3. lim⁡x→01x2=+∞\displaystyle\lim_{x \to 0} \dfrac{1}{x^{2}} = +\inftypour ∣x∣<10−3|x| < 10^{-3}, on a 1x2>106\dfrac{1}{x^{2}} > 10^{6} : tout seuil est dépassé

1.3  Limite à gauche, limite à droite

La fonction inverse pose un problème nouveau : quand xx s’approche de 00 par valeurs négatives, 1x\dfrac{1}{x} devient très grand négatif ; par valeurs positives, très grand positif. Il n’y a pas une limite en 00, mais deux comportements distincts selon le côté.

Définition — limites à gauche et à droite

La limite à gauche de ff en aa est la limite obtenue en ne considérant que des x<ax < a. On la note lim⁡x→ax<af(x)\displaystyle\lim_{\substack{x \to a \\ x < a}} f(x) ou lim⁡x→a−f(x)\displaystyle\lim_{x \to a^{-}} f(x).

La limite à droite est définie avec des x>ax > a et notée lim⁡x→a+f(x)\displaystyle\lim_{x \to a^{+}} f(x).

lim⁡x→0−1x=−∞etlim⁡x→0+1x=+∞\lim_{x \to 0^{-}} \dfrac{1}{x} = -\infty \qquad \text{et} \qquad \lim_{x \to 0^{+}} \dfrac{1}{x} = +\infty

Propriété — recollement des deux limites

Soit aa un réel qui n’appartient pas à DfD_f mais qui en est une borne des deux côtés. Alors ff admet une limite en aa si et seulement si ses limites à gauche et à droite en aa existent et sont égales ; cette valeur commune est alors la limite de ff en aa.

Si a∈Dfa \in D_f, il faut de plus que cette valeur commune soit égale à f(a)f(a) : c’est la continuité en aa (section 5).

Exemple — étudier les deux côtés de f(x)=x+2x−3f(x) = \dfrac{x + 2}{x - 3} en 33

Le numérateur tend vers 55, qui est strictement positif. Tout dépend du signe du dénominateur, que l’on lit dans un tableau de signes : x−3<0x - 3 < 0 pour x<3x < 3 et x−3>0x - 3 > 0 pour x>3x > 3.

  1. lim⁡x→3−(x−3)=0−\displaystyle\lim_{x \to 3^{-}} (x - 3) = 0^{-}le dénominateur tend vers 00 en restant négatif
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→3−x+2x−3=−∞\displaystyle\lim_{x \to 3^{-}} \dfrac{x + 2}{x - 3} = -\infty« 55 divisé par un négatif minuscule »
  3. lim⁡x→3+(x−3)=0+\displaystyle\lim_{x \to 3^{+}} (x - 3) = 0^{+}
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→3+x+2x−3=+∞\displaystyle\lim_{x \to 3^{+}} \dfrac{x + 2}{x - 3} = +\infty

Les deux limites sont différentes : ff n’a pas de limite en 33, mais on sait exactement ce qu’elle fait de chaque côté.

Attention — le signe du dénominateur

Quand un dénominateur tend vers 00, écrire seulement « 50=∞\dfrac{5}{0} = \infty » ne rapporte aucun point au bac. Il faut préciser le signe : 0−0^{-} ou 0+0^{+}, justifié par un tableau de signes ou une phrase, et en déduire −∞-\infty ou +∞+\infty. Une seule limite à gauche ou à droite infinie suffit à créer une asymptote verticale.

1.4  Asymptotes horizontale et verticale

Définition — asymptote horizontale, asymptote verticale

Si lim⁡x→+∞f(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = \ell (ou lim⁡x→−∞f(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = \ell), la droite d’équation y=ℓy = \ell est asymptote horizontale à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty (ou en −∞-\infty).

Si lim⁡x→a−f(x)\displaystyle\lim_{x \to a^{-}} f(x) ou lim⁡x→a+f(x)\displaystyle\lim_{x \to a^{+}} f(x) est infinie, la droite d’équation x=ax = a est asymptote verticale à Cf\mathcal{C}_f.

Géométriquement, la distance entre le point de la courbe d’abscisse xx et la droite tend vers 00 : la courbe vient se « coller » à la droite sans jamais s’en éloigner à nouveau.

xy-4-3-2-1123456-3-2-112345670f(x) = 2 + 1/(x − 1) : une asymptote verticale et une asymptote horizontaley = 2x = 1(Cf)(Cf)x → 1⁻ : f(x) → −∞x → 1⁺ : f(x) → +∞x → −∞ : f(x) → 2x → +∞ : f(x) → 2
Figure 1 — Courbe de f(x)=2+1x−1f(x) = 2 + \dfrac{1}{x-1}. Aux bornes du domaine, deux comportements : près de x=1x = 1, la courbe « s’échappe » vers l’infini le long de la droite x=1x = 1 (asymptote verticale) ; vers ±∞\pm\infty, elle se colle à la droite y=2y = 2 (asymptote horizontale).
Exemple — les asymptotes de f(x)=2+1x−1f(x) = 2 + \dfrac{1}{x - 1} (figure 1)

ff est définie sur ]−∞ ; 1[ ∪ ]1 ; +∞[]-\infty\,;\,1[\,\cup\,]1\,;\,+\infty[. On étudie les quatre bornes.

  1. lim⁡x→+∞1x−1=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{1}{x - 1} = 0car x−1→+∞x - 1 \to +\infty
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞f(x)=2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = 2 et de même lim⁡x→−∞f(x)=2\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = 2
  3. ⇒\Rightarrowla droite y=2y = 2 est asymptote horizontale en +∞+\infty et en −∞-\infty
  4. lim⁡x→1−1x−1=−∞\displaystyle\lim_{x \to 1^{-}} \dfrac{1}{x - 1} = -\inftyx−1→0−x - 1 \to 0^{-}
  5. lim⁡x→1+1x−1=+∞\displaystyle\lim_{x \to 1^{+}} \dfrac{1}{x - 1} = +\inftyx−1→0+x - 1 \to 0^{+}
  6. ⇒\Rightarrowlim⁡x→1−f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to 1^{-}} f(x) = -\infty, lim⁡x→1+f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to 1^{+}} f(x) = +\infty : la droite x=1x = 1 est asymptote verticale
Math & Co — Deux siècles pour apprivoiser l’infini

Newton et Leibniz calculent avec des « quantités infiniment petites » dès les années 1670, mais sans définition solide : l’évêque Berkeley se moque en 1734 de ces « fantômes de quantités disparues ». En 1765, d’Alembert rédige l’article « Limite » de l’Encyclopédie et affirme que la limite est « la vraie métaphysique du calcul différentiel ». La notation « lim » apparaît en 1786 sous la plume du Genevois Simon L’Huilier.

C’est Augustin-Louis Cauchy, dans son Cours d’analyse de l’École polytechnique (1821), qui fonde l’analyse sur la limite ; puis Karl Weierstrass, dans ses cours de Berlin des années 1860, donne la formulation « en ε\varepsilon et δ\delta » encore utilisée aujourd’hui, dont la définition « tout intervalle ouvert contenant ℓ\ell… » est la traduction. La flèche x→ax \to a n’arrive qu’en 1908, dans un manuel du Britannique G. H. Hardy.

2Opérations et formes indéterminées

Calculer une limite « à la main » avec la définition serait épuisant. Heureusement, les limites se comportent bien vis-à-vis des opérations : dans la plupart des cas, la limite d’une somme est la somme des limites, etc. Les quelques cas où cette règle tombe en défaut sont les formes indéterminées, et savoir les lever est l’une des compétences majeures de l’année.

2.1  Somme, produit, quotient

Dans les trois tableaux ci-dessous, ℓ\ell et ℓ′\ell' sont des réels, et toutes les limites sont prises au même endroit (aa, a±a^{\pm}, +∞+\infty ou −∞-\infty). Ces résultats sont admis.

Propriété — limite d’une somme
lim⁡f\lim fℓ\ellℓ\ellℓ\ell+∞+\infty−∞-\infty+∞+\infty
lim⁡g\lim gℓ′\ell'+∞+\infty−∞-\infty+∞+\infty−∞-\infty−∞-\infty
lim⁡(f+g)\lim (f + g)ℓ+ℓ′\ell + \ell'+∞+\infty−∞-\infty+∞+\infty−∞-\inftyF.I.
Propriété — limite d’un produit
lim⁡f\lim fℓ\ellℓ≠0\ell \neq 0±∞\pm\infty00
lim⁡g\lim gℓ′\ell'±∞\pm\infty±∞\pm\infty±∞\pm\infty
lim⁡(f×g)\lim (f \times g)ℓ×ℓ′\ell \times \ell'±∞\pm\infty (règle des signes)±∞\pm\infty (règle des signes)F.I.
Propriété — limite d’un quotient
lim⁡f\lim fℓ\ellℓ\ell±∞\pm\inftyℓ≠0\ell \neq 0±∞\pm\infty00
lim⁡g\lim gℓ′≠0\ell' \neq 0±∞\pm\inftyℓ′≠0\ell' \neq 00+0^{+} ou 0−0^{-}±∞\pm\infty00
lim⁡fg\lim \dfrac{f}{g}ℓℓ′\dfrac{\ell}{\ell'}00±∞\pm\infty (signes)±∞\pm\infty (signes)F.I.F.I.

La « règle des signes » est celle du produit et du quotient de deux réels : par exemple (−3)×(+∞)=−∞(-3) \times (+\infty) = -\infty et 50−=−∞\dfrac{5}{0^{-}} = -\infty.

Exemple — appliquer les tableaux
  1. lim⁡x→+∞(3−1x)=3\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(3 - \dfrac{1}{x}\right) = 3 et lim⁡x→+∞x=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \sqrt{x} = +\infty
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞(3−1x)x=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(3 - \dfrac{1}{x}\right)\sqrt{x} = +\inftyproduit : 3×(+∞)3 \times (+\infty)
  3. lim⁡x→0+(x2+1)=1\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \left(x^{2} + 1\right) = 1 et lim⁡x→0+x=0+\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} x = 0^{+}
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→0+x2+1x=+∞\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \dfrac{x^{2} + 1}{x} = +\inftyquotient : 10+\dfrac{1}{0^{+}}

2.2  Les quatre formes indéterminées

Attention — les quatre formes indéterminées

Les tableaux laissent quatre cases vides, notées F.I. Ce sont les formes, écrites entre guillemets car elles n’ont pas de sens en tant que calcul :

+∞−∞0×∞∞∞00+\infty - \infty \qquad\qquad 0 \times \infty \qquad\qquad \dfrac{\infty}{\infty} \qquad\qquad \dfrac{0}{0}

« Indéterminée » ne veut pas dire « sans limite » : cela veut dire que la connaissance des deux limites ne suffit pas pour conclure. Il faut transformer l’écriture de la fonction avant de pouvoir répondre.

Exemple — pourquoi « +∞−∞+\infty - \infty » ne se calcule pas

Les trois fonctions suivantes sont toutes de la forme « +∞−∞+\infty - \infty » en +∞+\infty, et pourtant :

  1. x2−x=x(x−1)→+∞x^{2} - x = x(x - 1) \to +\infty
  2. x−x2=x(1−x)→−∞x - x^{2} = x(1 - x) \to -\infty
  3. (x+3)−x=3→3(x + 3) - x = 3 \to 3

Trois résultats différents pour la même « forme » : c’est bien la preuve qu’il faut travailler l’expression.

2.3  Lever une forme indéterminée

Théorème — polynômes et fonctions rationnelles en l’infini

En +∞+\infty comme en −∞-\infty :

  • une fonction polynôme a la même limite que son terme de plus haut degré ;
  • une fonction rationnelle a la même limite que le quotient des termes de plus haut degré du numérateur et du dénominateur.

lim⁡x→±∞(anxn+⋯+a1x+a0)=lim⁡x→±∞anxnlim⁡x→±∞anxn+⋯+a0bpxp+⋯+b0=lim⁡x→±∞anxnbpxp\lim_{x \to \pm\infty} \left(a_{n}x^{n} + \dots + a_{1}x + a_{0}\right) = \lim_{x \to \pm\infty} a_{n}x^{n} \qquad \lim_{x \to \pm\infty} \dfrac{a_{n}x^{n} + \dots + a_{0}}{b_{p}x^{p} + \dots + b_{0}} = \lim_{x \to \pm\infty} \dfrac{a_{n}x^{n}}{b_{p}x^{p}}

Démonstration

Soit P(x)=anxn+an−1xn−1+⋯+a0P(x) = a_{n}x^{n} + a_{n-1}x^{n-1} + \dots + a_{0} avec an≠0a_{n} \neq 0. Pour x≠0x \neq 0, on factorise par le terme dominant :

  1. P(x)=anxn(1+an−1anx+⋯+a0anxn)P(x) = a_{n}x^{n}\left(1 + \dfrac{a_{n-1}}{a_{n}x} + \dots + \dfrac{a_{0}}{a_{n}x^{n}}\right)
  2. lim⁡x→±∞akanxn−k=0\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} \dfrac{a_{k}}{a_{n}x^{n-k}} = 0 pour chaque k<nk < nlimite de référence 1xm→0\dfrac{1}{x^{m}} \to 0, multipliée par une constante
  3. ⇒\Rightarrowla parenthèse tend vers 11somme de limites
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→±∞P(x)=lim⁡x→±∞anxn\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} P(x) = \lim_{x \to \pm\infty} a_{n}x^{n}produit par une fonction de limite 1≠01 \neq 0

Pour une fonction rationnelle P(x)Q(x)\dfrac{P(x)}{Q(x)}, on factorise de la même façon le numérateur par anxna_{n}x^{n} et le dénominateur par bpxpb_{p}x^{p} ; les deux parenthèses tendent vers 11, et il reste anxnbpxp\dfrac{a_{n}x^{n}}{b_{p}x^{p}}. C.Q.F.D.

Attention

Ce théorème n’est valable qu’en ±∞\pm\infty. En un réel aa, on n’a pas le droit de « garder le terme dominant » : par exemple lim⁡x→0(x2+3)=3\displaystyle\lim_{x \to 0} \left(x^{2} + 3\right) = 3, et non 00.

Exemple — terme dominant
  1. lim⁡x→−∞(2x3−5x2+1)=lim⁡x→−∞2x3\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \left(2x^{3} - 5x^{2} + 1\right) = \lim_{x \to -\infty} 2x^{3}forme « −∞+∞-\infty + \infty », levée par le théorème
  2. ==−∞-\infty
  3. lim⁡x→+∞2x2+13x2−x=lim⁡x→+∞2x23x2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{2x^{2} + 1}{3x^{2} - x} = \lim_{x \to +\infty} \dfrac{2x^{2}}{3x^{2}}forme « ∞∞\dfrac{\infty}{\infty} »
  4. ==23\dfrac{2}{3}
  5. lim⁡x→−∞x+1x2+3=lim⁡x→−∞xx2=lim⁡x→−∞1x\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \dfrac{x + 1}{x^{2} + 3} = \lim_{x \to -\infty} \dfrac{x}{x^{2}} = \lim_{x \to -\infty} \dfrac{1}{x}
  6. ==00

Au bac, on rédige la factorisation au moins une fois : 2x2+13x2−x=x2(2+1x2)x2(3−1x)=2+1x23−1x\dfrac{2x^{2} + 1}{3x^{2} - x} = \dfrac{x^{2}\left(2 + \frac{1}{x^{2}}\right)}{x^{2}\left(3 - \frac{1}{x}\right)} = \dfrac{2 + \frac{1}{x^{2}}}{3 - \frac{1}{x}}, puis on conclut avec les tableaux.

Méthode — la quantité conjuguée pour les racines carrées

Face à une différence de racines carrées de la forme « +∞−∞+\infty - \infty », on multiplie et on divise par l’expression conjuguée : (A−B)(A+B)=A−B\left(\sqrt{A} - \sqrt{B}\right)\left(\sqrt{A} + \sqrt{B}\right) = A - B. La différence disparaît du numérateur et la forme indéterminée avec elle.

Exemple — lim⁡x→+∞(x2+1−x)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(\sqrt{x^{2} + 1} - x\right)

C’est une forme « +∞−∞+\infty - \infty ». Pour x>0x > 0 :

  1. x2+1−x=(x2+1−x)(x2+1+x)x2+1+x\sqrt{x^{2} + 1} - x = \dfrac{\left(\sqrt{x^{2} + 1} - x\right)\left(\sqrt{x^{2} + 1} + x\right)}{\sqrt{x^{2} + 1} + x}
  2. ==x2+1−x2x2+1+x\dfrac{x^{2} + 1 - x^{2}}{\sqrt{x^{2} + 1} + x}identité (a−b)(a+b)=a2−b2(a-b)(a+b) = a^{2} - b^{2}
  3. ==1x2+1+x\dfrac{1}{\sqrt{x^{2} + 1} + x}
  4. lim⁡x→+∞(x2+1+x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(\sqrt{x^{2} + 1} + x\right) = +\inftysomme de deux limites +∞+\infty
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞(x2+1−x)=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(\sqrt{x^{2} + 1} - x\right) = 0quotient 1+∞\dfrac{1}{+\infty}

En −∞-\infty, la même expression n’est pas indéterminée : x2+1→+∞\sqrt{x^{2} + 1} \to +\infty et −x→+∞-x \to +\infty, donc la limite vaut +∞+\infty. Vérifie toujours la forme avant de te lancer dans un calcul.

Méthode — factoriser pour lever « 00\dfrac{0}{0} » en un réel aa

Si le numérateur et le dénominateur s’annulent tous deux en aa, alors ils sont tous deux factorisables par (x−a)(x - a). On factorise, on simplifie par (x−a)(x - a) (légitime car x≠ax \neq a), puis on calcule la limite de l’expression simplifiée.

Exemple — lim⁡x→1x2+x−2x2−1\displaystyle\lim_{x \to 1} \dfrac{x^{2} + x - 2}{x^{2} - 1}

En 11, numérateur et dénominateur valent 00 : forme « 00\dfrac{0}{0} ». Pour x≠1x \neq 1 :

  1. x2+x−2=(x−1)(x+2)x^{2} + x - 2 = (x - 1)(x + 2)11 est racine évidente ; on vérifie en développant
  2. x2−1=(x−1)(x+1)x^{2} - 1 = (x - 1)(x + 1)
  3. ⇒\Rightarrowx2+x−2x2−1=x+2x+1\dfrac{x^{2} + x - 2}{x^{2} - 1} = \dfrac{x + 2}{x + 1}simplification par x−1≠0x - 1 \neq 0
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→1x2+x−2x2−1=1+21+1=32\displaystyle\lim_{x \to 1} \dfrac{x^{2} + x - 2}{x^{2} - 1} = \dfrac{1 + 2}{1 + 1} = \dfrac{3}{2}
Réflexe de bac : devant une limite, commence toujours par écrire la forme obtenue avec les tableaux. Si elle n’est pas indéterminée, conclus en une ligne. Si elle l’est, nomme-la (« forme ∞−∞\infty - \infty ») puis choisis l’outil : terme dominant, conjuguée, factorisation par (x−a)(x - a), ou, plus tard dans l’année, croissances comparées.

3Limites de fonctions composées

Beaucoup de fonctions du programme s’écrivent comme un « emboîtement » : x2−4x\sqrt{x^{2} - 4x} est la racine carrée de x2−4xx^{2} - 4x, cos⁡(1x)\cos\left(\dfrac{1}{x}\right) est le cosinus de 1x\dfrac{1}{x}. Rappelle-toi que la composée g∘ug \circ u est la fonction x↦g(u(x))x \mapsto g\big(u(x)\big) : on applique d’abord uu, puis gg au résultat. Pour calculer la limite d’une composée, on suit le même ordre.

Théorème — limite d’une fonction composée

Soient aa, bb et cc des réels ou +∞+\infty ou −∞-\infty. Si

lim⁡x→au(x)=betlim⁡X→bg(X)=c\lim_{x \to a} u(x) = b \qquad \text{et} \qquad \lim_{X \to b} g(X) = c

alors

lim⁡x→ag(u(x))=c\lim_{x \to a} g\big(u(x)\big) = c

Démonstration

Idée de la preuve (résultat admis au programme). Prenons un intervalle ouvert JJ contenant cc. Comme g(X)→cg(X) \to c quand X→bX \to b, il existe un intervalle ouvert II contenant bb tel que g(X)∈Jg(X) \in J dès que X∈IX \in I. Comme u(x)→bu(x) \to b quand x→ax \to a, on a u(x)∈Iu(x) \in I pour xx assez proche de aa. En enchaînant : g(u(x))∈Jg\big(u(x)\big) \in J pour xx assez proche de aa, ce qui est la définition de lim⁡x→ag(u(x))=c\displaystyle\lim_{x \to a} g\big(u(x)\big) = c. Les cas où aa, bb ou cc sont infinis se traitent de la même façon en remplaçant les intervalles ouverts par des intervalles ]A ; +∞[]A\,;\,+\infty[ ou ]−∞ ; A[]-\infty\,;\,A[.

Méthode — rédiger une limite de composée
  1. Repérer la fonction « intérieure » uu et la fonction « extérieure » gg ; poser X=u(x)X = u(x).
  2. Calculer lim⁡x→au(x)=b\displaystyle\lim_{x \to a} u(x) = b (avec les outils des sections 1 et 2).
  3. Calculer lim⁡X→bg(X)=c\displaystyle\lim_{X \to b} g(X) = c (limite de référence ou continuité de gg).
  4. Conclure par le théorème : lim⁡x→ag(u(x))=c\displaystyle\lim_{x \to a} g\big(u(x)\big) = c.
Exemple — lim⁡x→+∞2x+1x+3\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \sqrt{\dfrac{2x + 1}{x + 3}}

On pose X=u(x)=2x+1x+3X = u(x) = \dfrac{2x + 1}{x + 3} et g(X)=Xg(X) = \sqrt{X}.

  1. lim⁡x→+∞2x+1x+3=lim⁡x→+∞2xx=2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{2x + 1}{x + 3} = \lim_{x \to +\infty} \dfrac{2x}{x} = 2quotient des termes dominants
  2. lim⁡X→2X=2\displaystyle\lim_{X \to 2} \sqrt{X} = \sqrt{2}la fonction racine carrée est définie en 22
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞2x+1x+3=2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \sqrt{\dfrac{2x + 1}{x + 3}} = \sqrt{2}théorème de composition
Exemple — lim⁡x→−∞x2−4x\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \sqrt{x^{2} - 4x}
  1. lim⁡x→−∞(x2−4x)=lim⁡x→−∞x2=+∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \left(x^{2} - 4x\right) = \lim_{x \to -\infty} x^{2} = +\inftyterme dominant ; la fonction est bien définie car x2−4x=x(x−4)>0x^{2} - 4x = x(x - 4) > 0 pour x<0x < 0
  2. lim⁡X→+∞X=+∞\displaystyle\lim_{X \to +\infty} \sqrt{X} = +\inftylimite de référence
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→−∞x2−4x=+∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \sqrt{x^{2} - 4x} = +\infty
Exemple — lim⁡x→+∞cos⁡(1x)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \cos\left(\dfrac{1}{x}\right)
  1. lim⁡x→+∞1x=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{1}{x} = 0
  2. lim⁡X→0cos⁡X=cos⁡0=1\displaystyle\lim_{X \to 0} \cos X = \cos 0 = 1la fonction cosinus est définie (et continue) en 00
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞cos⁡(1x)=1\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \cos\left(\dfrac{1}{x}\right) = 1
Attention — l’ordre des étapes et le point où l’on prend la limite de gg

La limite de gg doit être prise en bb, valeur limite de uu, et non en aa. Erreur classique : pour lim⁡x→+∞2x+1x+3\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \sqrt{\dfrac{2x + 1}{x + 3}}, écrire « lim⁡X→+∞X=+∞\displaystyle\lim_{X \to +\infty} \sqrt{X} = +\infty » est faux, puisque XX tend vers 22, pas vers +∞+\infty. Par ailleurs, la fonction x↦cos⁡xx \mapsto \cos x n’a pas de limite en +∞+\infty (elle oscille sans fin entre −1-1 et 11) : cos⁡(1x)\cos\left(\dfrac{1}{x}\right) a une limite en +∞+\infty uniquement parce que 1x\dfrac{1}{x} tend vers un réel.

4Théorème des gendarmes

Certaines fonctions résistent aux méthodes précédentes : cos⁡xx\dfrac{\cos x}{x} en +∞+\infty, par exemple, est le quotient d’une fonction sans limite par une fonction qui tend vers +∞+\infty. Aucun tableau ne s’applique. L’idée est alors de comparer ff à des fonctions plus simples dont on connaît la limite : si ff est coincée entre deux fonctions qui convergent vers le même réel, elle n’a pas d’autre choix que d’y converger aussi.

4.1  Théorèmes de comparaison

Théorème — comparaison (limites infinies)

Soient ff et uu deux fonctions définies sur un intervalle [A ; +∞[[A\,;\,+\infty[.

  • Si f(x)⩾u(x)f(x) \geqslant u(x) pour tout x⩾Ax \geqslant A et si lim⁡x→+∞u(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} u(x) = +\infty, alors lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.
  • Si f(x)⩽v(x)f(x) \leqslant v(x) pour tout x⩾Ax \geqslant A et si lim⁡x→+∞v(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} v(x) = -\infty, alors lim⁡x→+∞f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = -\infty.

Les énoncés analogues en −∞-\infty et en un réel aa sont vrais.

Démonstration

Démontrons le premier point. Soit MM un réel quelconque : on doit montrer que l’intervalle ]M ; +∞[]M\,;\,+\infty[ contient toutes les valeurs f(x)f(x) pour xx assez grand.

  1. lim⁡x→+∞u(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} u(x) = +\inftyhypothèse
  2. ⇒\Rightarrowil existe un réel BB tel que, pour tout x>Bx > B, u(x)>Mu(x) > Mdéfinition de la limite +∞+\infty
  3. pour tout x>max⁡(A ; B)x > \max(A\,;\,B) : f(x)⩾u(x)>Mf(x) \geqslant u(x) > Mhypothèse de comparaison
  4. ⇒\Rightarrowf(x)∈ ]M ; +∞[f(x) \in \,]M\,;\,+\infty[ pour tout xx assez grand
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\inftyc’est la définition

Le second point se démontre de la même manière avec des intervalles ]−∞ ; M[]-\infty\,;\,M[. C.Q.F.D.

Exemple — lim⁡x→+∞(x+2sin⁡x)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(x + 2\sin x\right)

La fonction sinus n’a pas de limite en +∞+\infty, mais elle est bornée : c’est la clé.

  1. pour tout réel xx, sin⁡x⩾−1\sin x \geqslant -1
  2. ⇒\Rightarrowx+2sin⁡x⩾x−2x + 2\sin x \geqslant x - 2
  3. lim⁡x→+∞(x−2)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} (x - 2) = +\infty
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞(x+2sin⁡x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(x + 2\sin x\right) = +\inftythéorème de comparaison

4.2  Le théorème des gendarmes

Théorème — des gendarmes (ou d’encadrement)

Soient ff, uu et vv trois fonctions définies sur [A ; +∞[[A\,;\,+\infty[ et ℓ\ell un réel. Si

u(x)⩽f(x)⩽v(x) pour tout x⩾Aetlim⁡x→+∞u(x)=lim⁡x→+∞v(x)=ℓu(x) \leqslant f(x) \leqslant v(x) \text{ pour tout } x \geqslant A \qquad \text{et} \qquad \lim_{x \to +\infty} u(x) = \lim_{x \to +\infty} v(x) = \ell

alors ff admet une limite en +∞+\infty et lim⁡x→+∞f(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = \ell.

Le même énoncé vaut en −∞-\infty et en un réel aa (l’encadrement devant alors être vrai pour xx proche de aa).

Démonstration

Soit JJ un intervalle ouvert contenant ℓ\ell. On peut le supposer de la forme ]ℓ−r ; ℓ+r[]\ell - r\,;\,\ell + r[ avec r>0r > 0.

  1. lim⁡x→+∞u(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to +\infty} u(x) = \ell
  2. ⇒\Rightarrowil existe B1B_{1} tel que, pour x>B1x > B_{1}, ℓ−r<u(x)<ℓ+r\ell - r < u(x) < \ell + r
  3. lim⁡x→+∞v(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to +\infty} v(x) = \ell
  4. ⇒\Rightarrowil existe B2B_{2} tel que, pour x>B2x > B_{2}, ℓ−r<v(x)<ℓ+r\ell - r < v(x) < \ell + r
  5. pour x>max⁡(A ; B1 ; B2)x > \max(A\,;\,B_{1}\,;\,B_{2}) : ℓ−r<u(x)⩽f(x)⩽v(x)<ℓ+r\ell - r < u(x) \leqslant f(x) \leqslant v(x) < \ell + rencadrement de l’hypothèse
  6. ⇒\Rightarrowf(x)∈Jf(x) \in J pour tout xx assez grand
  7. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞f(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = \elldéfinition de la limite finie

C.Q.F.D. Le nom du théorème vient de l’image de deux gendarmes qui encadrent un prisonnier : s’ils entrent tous les deux au commissariat, le prisonnier y entre aussi.

xy2468101214-1-0,50,510Théorème des gendarmes : −1/x ≤ cos x / x ≤ 1/x pour x > 0y = 1/xy = −1/xy = cos x / xles trois courbes se resserrent autour de l’axe (Ox) :la limite en +∞ vaut 0
Figure 2 — La courbe de x↦cos⁡xxx \mapsto \dfrac{\cos x}{x} (violet) est coincée entre celles des deux « gendarmes » x↦−1xx \mapsto -\dfrac{1}{x} et x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x} (vert), qui tendent tous deux vers 00 : elle est donc forcée d’y tendre aussi.
Exemple — lim⁡x→+∞cos⁡xx\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\cos x}{x} (figure 2)
  1. pour tout réel xx, −1⩽cos⁡x⩽1-1 \leqslant \cos x \leqslant 1
  2. ⇒\Rightarrowpour x>0x > 0, −1x⩽cos⁡xx⩽1x-\dfrac{1}{x} \leqslant \dfrac{\cos x}{x} \leqslant \dfrac{1}{x}division par x>0x > 0, qui conserve l’ordre
  3. lim⁡x→+∞(−1x)=lim⁡x→+∞1x=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(-\dfrac{1}{x}\right) = \lim_{x \to +\infty} \dfrac{1}{x} = 0
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞cos⁡xx=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\cos x}{x} = 0théorème des gendarmes

La droite y=0y = 0 est donc asymptote horizontale à la courbe en +∞+\infty, bien que la courbe la traverse une infinité de fois.

Exemple — lim⁡x→+∞E(x)x\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\mathrm{E}(x)}{x}

E(x)\mathrm{E}(x) désigne la partie entière de xx, c’est-à-dire l’unique entier nn tel que n⩽x<n+1n \leqslant x < n + 1. On dispose donc pour tout réel xx de l’encadrement x−1<E(x)⩽xx - 1 < \mathrm{E}(x) \leqslant x.

  1. x−1<E(x)⩽xx - 1 < \mathrm{E}(x) \leqslant x
  2. ⇒\Rightarrowpour x>0x > 0, x−1x<E(x)x⩽1\dfrac{x - 1}{x} < \dfrac{\mathrm{E}(x)}{x} \leqslant 1
  3. lim⁡x→+∞x−1x=lim⁡x→+∞(1−1x)=1\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{x - 1}{x} = \lim_{x \to +\infty} \left(1 - \dfrac{1}{x}\right) = 1
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞E(x)x=1\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\mathrm{E}(x)}{x} = 1gendarmes, le gendarme de droite étant la constante 11
Attention — les conditions du théorème

Les deux gendarmes doivent avoir la même limite finie. Si u→0u \to 0 et v→1v \to 1, l’encadrement u⩽f⩽vu \leqslant f \leqslant v ne permet pas de conclure. De même, −1⩽sin⁡x⩽1-1 \leqslant \sin x \leqslant 1 ne prouve pas que sin⁡x\sin x a une limite en +∞+\infty (elle n’en a pas !) : c’est seulement après division par xx que les gendarmes se rejoignent en 00. Enfin, l’encadrement doit être justifié pour tous les xx assez grands, pas seulement « en général ».

Math & Co — Archimède, premier utilisateur des gendarmes

Vers 250 avant notre ère, dans son traité De la mesure du cercle, Archimède de Syracuse encadre le périmètre d’un cercle entre ceux de deux polygones réguliers à 9696 côtés, l’un inscrit, l’autre circonscrit. Il en déduit l’encadrement resté célèbre :

3+1071<π<3+173 + \dfrac{10}{71} < \pi < 3 + \dfrac{1}{7}

soit 3,1408<π<3,14293{,}1408 < \pi < 3{,}1429. En doublant sans cesse le nombre de côtés, les deux « gendarmes » se rapprochent l’un de l’autre et forcent le nombre π\pi à se révéler : c’est exactement le mécanisme du théorème que tu viens d’étudier, avec deux mille ans d’avance sur sa formulation moderne.

5Continuité et prolongement

Intuitivement, une fonction est continue sur un intervalle lorsqu’on peut tracer sa courbe sans lever le crayon. La notion de limite permet d’en donner une définition précise, indispensable pour énoncer correctement le théorème des valeurs intermédiaires de la section suivante.

5.1  Continuité en un point, sur un intervalle

Définition — continuité

Soit ff une fonction définie sur un intervalle II et a∈Ia \in I. On dit que ff est continue en aa lorsque ff admet une limite en aa et que cette limite vaut f(a)f(a) :

lim⁡x→af(x)=f(a)\lim_{x \to a} f(x) = f(a)

On dit que ff est continue sur II lorsqu’elle est continue en tout point de II.

Propriété — fonctions continues usuelles (admise)
  • Les fonctions polynômes, la fonction racine carrée, les fonctions sinus et cosinus sont continues sur leur ensemble de définition.
  • Les fonctions rationnelles sont continues sur chaque intervalle de leur ensemble de définition.
  • La somme, le produit, le quotient (là où le dénominateur ne s’annule pas) et la composée de fonctions continues sont continues.
  • Toute fonction dérivable sur II est continue sur II (la réciproque est fausse : x↦∣x∣x \mapsto |x| est continue en 00 sans y être dérivable).
Exemple — justifier une continuité et l’utiliser

Soit f(x)=2x2−1x+3f(x) = \dfrac{2x^{2} - 1}{x + 3}. Alors ff est continue sur ]−∞ ; −3[]-\infty\,;\,-3[ et sur ]−3 ; +∞[]-3\,;\,+\infty[ comme quotient de fonctions polynômes dont le dénominateur ne s’annule pas. En particulier, en 11 :

  1. lim⁡x→1f(x)=f(1)\displaystyle\lim_{x \to 1} f(x) = f(1)continuité en 11
  2. ==2−11+3\dfrac{2 - 1}{1 + 3}
  3. ==14\dfrac{1}{4}
Exemple — une fonction non continue : la partie entière (figure 3)

La fonction partie entière E\mathrm{E} associe à tout réel xx l’unique entier nn tel que n⩽x<n+1n \leqslant x < n + 1 : E(2,7)=2\mathrm{E}(2{,}7) = 2, E(−1,3)=−2\mathrm{E}(-1{,}3) = -2, E(4)=4\mathrm{E}(4) = 4. Étudions-la en 22.

  1. pour 1⩽x<21 \leqslant x < 2, E(x)=1\mathrm{E}(x) = 1
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→2−E(x)=1\displaystyle\lim_{x \to 2^{-}} \mathrm{E}(x) = 1
  3. pour 2⩽x<32 \leqslant x < 3, E(x)=2\mathrm{E}(x) = 2
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→2+E(x)=2=E(2)\displaystyle\lim_{x \to 2^{+}} \mathrm{E}(x) = 2 = \mathrm{E}(2)
  5. ⇒\RightarrowE\mathrm{E} n’est pas continue en 22la limite à gauche diffère de E(2)\mathrm{E}(2)

Le même raisonnement vaut en chaque entier : E\mathrm{E} est continue sur chaque intervalle [n ; n+1[[n\,;\,n + 1[, mais discontinue en tout entier nn. Sa courbe est un escalier : impossible de la tracer sans lever le crayon.

xy-2-1123412340-1-2La fonction partie entière E : un « escalier » discontinu en chaque entierà gauche : E(x) → 1à droite : E(x) = 2E(x) = n ⇔ n ≤ x < n + 1
Figure 3 — Courbe de la fonction partie entière E\mathrm{E} : sur chaque intervalle [n ; n+1[[n\,;\,n+1[, elle est constante (point plein à gauche, point vide à droite). En x=2x = 2, la limite à gauche vaut 11 alors que E(2)=2\mathrm{E}(2) = 2 : la fonction n’est pas continue en 22.

5.2  Prolongement par continuité

Il arrive qu’une fonction ne soit pas définie en un point aa alors qu’elle y admet une limite finie. Le « trou » dans la courbe peut alors être comblé.

Définition — prolongement par continuité

Soit ff une fonction définie sur un intervalle II privé d’un réel aa, telle que lim⁡x→af(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = \ell avec ℓ\ell réel. La fonction gg définie sur II par

g(x)=f(x) si x≠aetg(a)=ℓg(x) = f(x) \text{ si } x \neq a \qquad \text{et} \qquad g(a) = \ell

est continue en aa : on l’appelle le prolongement par continuité de ff en aa.

Méthode — prolonger une fonction par continuité
  1. Vérifier que aa n’appartient pas à l’ensemble de définition de ff mais en est une borne.
  2. Calculer lim⁡x→af(x)\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) (souvent une forme « 00\dfrac{0}{0} » à lever) et vérifier qu’elle est finie.
  3. Définir gg en posant g(a)=ℓg(a) = \ell, et conclure que gg est continue en aa.

Si la limite est infinie ou n’existe pas, le prolongement est impossible : la courbe possède alors une asymptote verticale ou un « saut ».

Exemple — prolonger f(x)=x+1−1xf(x) = \dfrac{\sqrt{x + 1} - 1}{x} en 00

ff est définie sur [−1 ; 0[ ∪ ]0 ; +∞[[-1\,;\,0[\,\cup\,]0\,;\,+\infty[. En 00, c’est une forme « 00\dfrac{0}{0} » ; on utilise la quantité conjuguée. Pour x≠0x \neq 0 :

  1. f(x)=(x+1−1)(x+1+1)x(x+1+1)f(x) = \dfrac{\left(\sqrt{x + 1} - 1\right)\left(\sqrt{x + 1} + 1\right)}{x\left(\sqrt{x + 1} + 1\right)}
  2. ==x+1−1x(x+1+1)\dfrac{x + 1 - 1}{x\left(\sqrt{x + 1} + 1\right)}
  3. ==1x+1+1\dfrac{1}{\sqrt{x + 1} + 1}simplification par x≠0x \neq 0
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→0f(x)=11+1=12\displaystyle\lim_{x \to 0} f(x) = \dfrac{1}{\sqrt{1} + 1} = \dfrac{1}{2}

La fonction gg définie sur [−1 ; +∞[[-1\,;\,+\infty[ par g(x)=f(x)g(x) = f(x) si x≠0x \neq 0 et g(0)=12g(0) = \dfrac{1}{2} est le prolongement par continuité de ff en 00.

Exemple — le cas emblématique de sin⁡xx\dfrac{\sin x}{x} (figure 4)

La fonction f(x)=sin⁡xxf(x) = \dfrac{\sin x}{x} est définie sur R∗\mathbb{R}^{*}. On démontre en trigonométrie, par un encadrement d’aires dans le cercle trigonométrique puis le théorème des gendarmes, la limite de référence :

lim⁡x→0sin⁡xx=1\lim_{x \to 0} \dfrac{\sin x}{x} = 1

Le prolongement par continuité de ff en 00 est donc la fonction gg qui coïncide avec ff sur R∗\mathbb{R}^{*} et telle que g(0)=1g(0) = 1. Cette fonction, continue sur R\mathbb{R}, joue un rôle important en physique (diffraction, traitement du signal).

xy-3π-2π-ππ2π3π0,510y = sin x / x : le trou en x = 0 et son prolongement par continuitéf(x) → 1 quand x → 0on pose g(0) = 1la courbe traverseune infinité de fois l’axe (Ox)
Figure 4 — Courbe de f(x)=sin⁡xxf(x) = \dfrac{\sin x}{x}, définie sur R∗\mathbb{R}^{*}. Comme lim⁡x→0f(x)=1\displaystyle\lim_{x \to 0} f(x) = 1, la fonction gg qui coïncide avec ff sur R∗\mathbb{R}^{*} et vaut 11 en 00 est continue sur R\mathbb{R} : c’est le prolongement par continuité de ff en 00. Observe aussi que la courbe coupe une infinité de fois son asymptote horizontale y=0y = 0.

6Théorème des valeurs intermédiaires

Imagine une route continue qui part d’une altitude de 200200 m et arrive à 800800 m : tu es certain qu’à un moment elle passe par 500500 m, même sans connaître son tracé. Le théorème des valeurs intermédiaires (TVI) est la version mathématique de cette évidence, et il ne fonctionne que grâce à la continuité : un escalier peut passer de 11 à 22 sans jamais valoir 1,51{,}5.

6.1  Le théorème

Théorème — des valeurs intermédiaires

Soit ff une fonction continue sur un intervalle [a ; b][a\,;\,b]. Pour tout réel kk compris entre f(a)f(a) et f(b)f(b), il existe au moins un réel c∈[a ; b]c \in [a\,;\,b] tel que f(c)=kf(c) = k.

Autrement dit : l’équation f(x)=kf(x) = k admet au moins une solution dans [a ; b][a\,;\,b], et ff prend toutes les valeurs comprises entre f(a)f(a) et f(b)f(b).

Démonstration

Ce théorème est admis au programme : sa preuve complète repose sur une propriété fine de R\mathbb{R} (toute partie non vide majorée admet une borne supérieure). En voici l’idée, par dichotomie, dans le cas f(a)<k<f(b)f(a) < k < f(b). On coupe [a ; b][a\,;\,b] en deux au milieu mm : si f(m)=kf(m) = k c’est fini ; si f(m)<kf(m) < k on garde [m ; b][m\,;\,b] ; sinon on garde [a ; m][a\,;\,m]. Dans les deux cas, le nouvel intervalle vérifie encore « ff est inférieure à kk à gauche et supérieure à kk à droite », et il est deux fois plus court. En recommençant indéfiniment, on construit des intervalles emboîtés de longueur b−a2n→0\dfrac{b - a}{2^{n}} \to 0, qui se resserrent sur un réel cc. Par continuité de ff en cc, on a à la fois f(c)⩽kf(c) \leqslant k et f(c)⩾kf(c) \geqslant k, donc f(c)=kf(c) = k. C’est aussi la méthode pratique que tu utiliseras pour encadrer les solutions.

Propriété — cas particulier k=0k = 0

Si ff est continue sur [a ; b][a\,;\,b] et si f(a)f(a) et f(b)f(b) sont de signes contraires (c’est-à-dire f(a)×f(b)<0f(a) \times f(b) < 0), alors l’équation f(x)=0f(x) = 0 admet au moins une solution dans ]a ; b[]a\,;\,b[.

Démonstration

Si f(a)×f(b)<0f(a) \times f(b) < 0, l’un des deux nombres est strictement négatif et l’autre strictement positif : 00 est donc strictement compris entre f(a)f(a) et f(b)f(b). Le théorème des valeurs intermédiaires fournit c∈[a ; b]c \in [a\,;\,b] tel que f(c)=0f(c) = 0, et c≠ac \neq a, c≠bc \neq b puisque f(a)≠0f(a) \neq 0 et f(b)≠0f(b) \neq 0. C.Q.F.D.

xy-3-2-1123-5-4-3-2-1123450f(x) = x³ − 3x + 1 : l’équation f(x) = 1 possède trois solutions−√30√3y = 1maximum local (−1 ; 3)minimum local (1 ; −1)(Cf)
Figure 5 — Sur [−3 ; 3][-3\,;\,3], la fonction f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3} - 3x + 1 est continue et prend les valeurs f(−3)=−17f(-3) = -17 et f(3)=19f(3) = 19. Le théorème des valeurs intermédiaires garantit qu’elle atteint 11 au moins une fois ; comme elle n’est pas monotone, elle l’atteint en fait trois fois, en −3-\sqrt{3}, 00 et 3\sqrt{3}.
Exemple — vérifier le théorème sur f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3} - 3x + 1 (figure 5)

ff est continue sur [−3 ; 3][-3\,;\,3] (polynôme), f(−3)=−17f(-3) = -17 et f(3)=19f(3) = 19. Comme 1∈[−17 ; 19]1 \in [-17\,;\,19], le TVI affirme que l’équation f(x)=1f(x) = 1 a au moins une solution dans [−3 ; 3][-3\,;\,3]. Ici on peut même toutes les trouver :

  1. x3−3x+1=1x^{3} - 3x + 1 = 1
  2.   ⟺  \iffx3−3x=0x^{3} - 3x = 0
  3.   ⟺  \iffx(x−3)(x+3)=0x\left(x - \sqrt{3}\right)\left(x + \sqrt{3}\right) = 0x2−3=x2−(3)2x^{2} - 3 = x^{2} - \left(\sqrt{3}\right)^{2}
  4.   ⟺  \iffx=0x = 0 ou x=3x = \sqrt{3} ou x=−3x = -\sqrt{3}

Trois solutions : le TVI garantit l’existence, jamais l’unicité. Pour obtenir l’unicité, il faut une hypothèse supplémentaire : la stricte monotonie.

6.2  Corollaire de la bijection

Théorème — de la bijection (corollaire du TVI)

Soit ff une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle [a ; b][a\,;\,b]. Alors, pour tout réel kk compris entre f(a)f(a) et f(b)f(b), l’équation f(x)=kf(x) = k admet une unique solution dans [a ; b][a\,;\,b].

On dit que ff réalise une bijection de [a ; b][a\,;\,b] sur [f(a) ; f(b)][f(a)\,;\,f(b)] (ou [f(b) ; f(a)][f(b)\,;\,f(a)] si ff est décroissante).

Démonstration

Supposons ff strictement croissante (l’autre cas est identique).

Existence. ff est continue sur [a ; b][a\,;\,b] et kk est compris entre f(a)f(a) et f(b)f(b) : d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe c∈[a ; b]c \in [a\,;\,b] tel que f(c)=kf(c) = k.

Unicité. Supposons qu’il existe deux solutions c1c_{1} et c2c_{2} avec c1<c2c_{1} < c_{2}.

  1. c1<c2c_{1} < c_{2}
  2. ⇒\Rightarrowf(c1)<f(c2)f(c_{1}) < f(c_{2})ff strictement croissante
  3. or f(c1)=k=f(c2)f(c_{1}) = k = f(c_{2})ce sont deux solutions
  4. ⇒\Rightarrowcontradiction : k<kk < k est impossible

Il n’y a donc qu’une seule solution. C.Q.F.D.

Propriété — extension aux intervalles ouverts ou non bornés

Le théorème reste vrai sur un intervalle II quelconque (]a ; b[]a\,;\,b[, [a ; +∞[[a\,;\,+\infty[, R\mathbb{R}…) : on remplace f(a)f(a) ou f(b)f(b) par la limite de ff à la borne correspondante. Par exemple, si ff est continue et strictement croissante sur [a ; +∞[[a\,;\,+\infty[ avec lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty, alors pour tout k⩾f(a)k \geqslant f(a), l’équation f(x)=kf(x) = k a une unique solution dans [a ; +∞[[a\,;\,+\infty[.

En pratique, on lit tout cela dans le tableau de variations : par convention, une flèche continue signifie que la fonction est continue et strictement monotone sur l’intervalle.

6.3  Mise en œuvre et encadrement d’une solution

Méthode — rédiger « l’équation f(x)=kf(x) = k admet une unique solution α\alpha »
  1. Continuité : justifier que ff est continue sur l’intervalle II (fonction usuelle, somme, produit… ou fonction dérivable).
  2. Stricte monotonie : justifier le sens de variation (étude du signe de f′f', ou somme de fonctions de même monotonie).
  3. Valeurs aux bornes : calculer f(a)f(a) et f(b)f(b) (ou les limites) et vérifier que kk est compris entre elles.
  4. Conclure par le théorème de la bijection, puis encadrer α\alpha par balayage (tableau de valeurs) ou par dichotomie.
Exemple — l’équation x3+x=3x^{3} + x = 3

On pose f(x)=x3+x−3f(x) = x^{3} + x - 3 sur R\mathbb{R}.

  1. ff est continue sur R\mathbb{R}fonction polynôme
  2. ff est strictement croissante sur R\mathbb{R}somme des fonctions strictement croissantes x↦x3x \mapsto x^{3} et x↦xx \mapsto x, et d’une constante
  3. lim⁡x→−∞f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = -\infty et lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\inftyterme dominant x3x^{3}
  4. ⇒\Rightarrowff réalise une bijection de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R} ; comme 0∈R0 \in \mathbb{R}, l’équation f(x)=0f(x) = 0 admet une unique solution α\alpha
  5. f(1)=−1<0f(1) = -1 < 0 et f(2)=7>0f(2) = 7 > 0
  6. ⇒\Rightarrow1<α<21 < \alpha < 2ff croissante : f(1)<0=f(α)<f(2)f(1) < 0 = f(\alpha) < f(2)

On affine ensuite par balayage à la calculatrice :

xx1,11{,}11,21{,}21,31{,}31,211{,}211,221{,}22
f(x)f(x) (arrondi)−0,569-0{,}569−0,072-0{,}0720,4970{,}497−0,018-0{,}0180,0360{,}036
  1. f(1,2)<0<f(1,3)f(1{,}2) < 0 < f(1{,}3)
  2. ⇒\Rightarrow1,2<α<1,31{,}2 < \alpha < 1{,}3
  3. f(1,21)<0<f(1,22)f(1{,}21) < 0 < f(1{,}22)
  4. ⇒\Rightarrow1,21<α<1,221{,}21 < \alpha < 1{,}22encadrement d’amplitude 10−210^{-2}
Attention — les trois hypothèses sont indispensables

Sans continuité, pas de solution garantie : x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x} vaut −1-1 en −1-1 et 11 en 11, mais ne s’annule jamais (elle n’est pas définie en 00). Sans stricte monotonie, pas d’unicité : la figure 5 montre une équation à trois solutions. Et il faut vérifier que kk est bien entre les valeurs aux bornes : x2=−1x^{2} = -1 n’a pas de solution bien que x↦x2x \mapsto x^{2} soit continue et strictement croissante sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[.

Math & Co — Bolzano, le prêtre qui refusa l’évidence

Pendant des siècles, le fait qu’une courbe continue passant du négatif au positif coupe l’axe des abscisses a semblé trop évident pour être démontré. En 1817, à Prague, le prêtre et mathématicien Bernard Bolzano publie un mémoire au titre programme : Démonstration purement analytique du théorème selon lequel, entre deux valeurs qui donnent des résultats de signes opposés, se trouve au moins une racine réelle de l’équation. Il y refuse tout recours au dessin et donne la première définition rigoureuse de la continuité.

Son travail passe presque inaperçu ; Cauchy redémontre le résultat indépendamment en 1821 dans son Cours d’analyse, et c’est Weierstrass qui, cinquante ans plus tard, complètera la preuve en établissant la propriété de la borne supérieure sur laquelle elle repose. Le théorème porte aujourd’hui, dans de nombreux pays, le nom de « théorème de Bolzano ».

7Asymptotes obliques

Quand f(x)f(x) tend vers l’infini en +∞+\infty, la courbe peut s’éloigner « n’importe comment », mais il arrive qu’elle se rapproche d’une droite non horizontale. C’est le cas de toutes les fonctions rationnelles dont le numérateur a un degré de plus que le dénominateur, très fréquentes au bac.

7.1  Définition et caractérisation

Définition — asymptote oblique

Soient a≠0a \neq 0 et bb deux réels. La droite Δ\Delta d’équation y=ax+by = ax + b est asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty lorsque

lim⁡x→+∞[f(x)−(ax+b)]=0\lim_{x \to +\infty} \big[f(x) - (ax + b)\big] = 0

On définit de même une asymptote oblique en −∞-\infty. L’asymptote horizontale correspond au cas a=0a = 0.

La quantité f(x)−(ax+b)f(x) - (ax + b) est la différence des ordonnées du point de la courbe et du point de la droite de même abscisse. Dire qu’elle tend vers 00, c’est dire que la courbe vient se coller à la droite.

Propriété — position relative de la courbe et de l’asymptote

Le signe de d(x)=f(x)−(ax+b)d(x) = f(x) - (ax + b) donne la position de Cf\mathcal{C}_f par rapport à Δ\Delta :

  • si d(x)>0d(x) > 0, Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de Δ\Delta ;
  • si d(x)<0d(x) < 0, Cf\mathcal{C}_f est en dessous de Δ\Delta ;
  • si d(x)=0d(x) = 0, la courbe et la droite se coupent.

7.2  Méthode pratique

Méthode — trouver une asymptote oblique

Cas le plus fréquent : l’énoncé demande de montrer que f(x)=ax+b+φ(x)f(x) = ax + b + \varphi(x) avec lim⁡x→±∞φ(x)=0\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} \varphi(x) = 0. On procède par identification (réduction au même dénominateur) ou par division euclidienne, puis on conclut : f(x)−(ax+b)=φ(x)→0f(x) - (ax + b) = \varphi(x) \to 0, donc y=ax+by = ax + b est asymptote oblique. Le signe de φ(x)\varphi(x) donne la position relative.

Si aa et bb ne sont pas donnés : on calcule a=lim⁡x→+∞f(x)xa = \displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{f(x)}{x}, puis b=lim⁡x→+∞[f(x)−ax]b = \displaystyle\lim_{x \to +\infty} \big[f(x) - ax\big]. Si ces limites existent et sont finies (avec a≠0a \neq 0), la droite y=ax+by = ax + b est asymptote oblique.

xy-4-3-2-1123456-5-4-3-2-112345670f(x) = x + 1/(x − 1) : la droite y = x est asymptote obliquey = xx = 1(Cf)(Cf)pour x < 1 : la courbe esten dessous de la droitepour x > 1 : la courbe estau-dessus de la droite
Figure 6 — Courbe de f(x)=x+1x−1f(x) = x + \dfrac{1}{x-1}. L’écart vertical entre la courbe et la droite y=xy = x vaut 1x−1\dfrac{1}{x-1} : il tend vers 00 en ±∞\pm\infty (asymptote oblique) et son signe donne la position relative. La droite x=1x = 1 est asymptote verticale ; les points (0 ; −1)(0\,;\,-1) et (2 ; 3)(2\,;\,3) sont les extremums locaux.
Exemple — étude complète de f(x)=x2−x+1x−1f(x) = \dfrac{x^{2} - x + 1}{x - 1} (figure 6)

ff est définie sur ]−∞ ; 1[ ∪ ]1 ; +∞[]-\infty\,;\,1[\,\cup\,]1\,;\,+\infty[. Étape 1 : la forme ax+b+φ(x)ax + b + \varphi(x). Cherchons des réels aa, bb, cc tels que f(x)=ax+b+cx−1f(x) = ax + b + \dfrac{c}{x - 1}.

  1. ax+b+cx−1=(ax+b)(x−1)+cx−1ax + b + \dfrac{c}{x - 1} = \dfrac{(ax + b)(x - 1) + c}{x - 1}
  2. ==ax2+(b−a)x+(c−b)x−1\dfrac{ax^{2} + (b - a)x + (c - b)}{x - 1}
  3. ⇒\Rightarrowa=1a = 1, b−a=−1b - a = -1, c−b=1c - b = 1identification avec x2−x+1x^{2} - x + 1
  4. ⇒\Rightarrowa=1a = 1, b=0b = 0, c=1c = 1 : f(x)=x+1x−1f(x) = x + \dfrac{1}{x - 1}

Étape 2 : l’asymptote oblique.

  1. f(x)−x=1x−1f(x) - x = \dfrac{1}{x - 1}
  2. lim⁡x→+∞1x−1=lim⁡x→−∞1x−1=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{1}{x - 1} = \lim_{x \to -\infty} \dfrac{1}{x - 1} = 0
  3. ⇒\Rightarrowla droite Δ:y=x\Delta : y = x est asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty et en −∞-\infty

Étape 3 : position relative. Le signe de f(x)−x=1x−1f(x) - x = \dfrac{1}{x - 1} est celui de x−1x - 1 : pour x>1x > 1, Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de Δ\Delta ; pour x<1x < 1, elle est en dessous. Étape 4 : l’asymptote verticale. lim⁡x→1−f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to 1^{-}} f(x) = -\infty et lim⁡x→1+f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to 1^{+}} f(x) = +\infty (car x→1x \to 1 et 1x−1→∓∞\dfrac{1}{x - 1} \to \mp\infty) : la droite x=1x = 1 est asymptote verticale.

Exemple — retrouver aa et bb par les limites, pour f(x)=2x2+3xx+2f(x) = \dfrac{2x^{2} + 3x}{x + 2}
  1. a=lim⁡x→+∞f(x)x=lim⁡x→+∞2x2+3xx2+2x=21=2a = \displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{f(x)}{x} = \lim_{x \to +\infty} \dfrac{2x^{2} + 3x}{x^{2} + 2x} = \dfrac{2}{1} = 2termes dominants
  2. f(x)−2x=2x2+3x−2x(x+2)x+2=−xx+2f(x) - 2x = \dfrac{2x^{2} + 3x - 2x(x + 2)}{x + 2} = \dfrac{-x}{x + 2}
  3. ⇒\Rightarrowb=lim⁡x→+∞−xx+2=−1b = \displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{-x}{x + 2} = -1
  4. f(x)−(2x−1)=−xx+2+1=2x+2→0f(x) - (2x - 1) = \dfrac{-x}{x + 2} + 1 = \dfrac{2}{x + 2} \to 0vérification
  5. ⇒\Rightarrowla droite y=2x−1y = 2x - 1 est asymptote oblique en +∞+\infty (et en −∞-\infty)

7.3  Bilan : les trois types d’asymptotes

ConditionAsymptoteOù la chercher
lim⁡x→a±f(x)=±∞\displaystyle\lim_{x \to a^{\pm}} f(x) = \pm\inftyverticale x=ax = aaux valeurs interdites, bornes finies de DfD_f
lim⁡x→±∞f(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} f(x) = \ellhorizontale y=ℓy = \ellen ±∞\pm\infty, quand la limite est finie
lim⁡x→±∞[f(x)−(ax+b)]=0\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} \big[f(x) - (ax + b)\big] = 0oblique y=ax+by = ax + ben ±∞\pm\infty, quand f(x)→±∞f(x) \to \pm\infty
Attention — trois idées fausses sur les asymptotes
  • « La courbe ne touche jamais son asymptote. » Faux pour les asymptotes horizontales et obliques : la courbe de sin⁡xx\dfrac{\sin x}{x} (figure 4) coupe l’axe des abscisses une infinité de fois. Ce qui compte, c’est que l’écart tende vers 00.
  • « Toute fonction qui tend vers l’infini a une asymptote oblique. » Faux : x↦x2x \mapsto x^{2} et x↦xx \mapsto \sqrt{x} tendent vers +∞+\infty sans se rapprocher d’aucune droite (on parle de branches paraboliques).
  • « Si ff n’est pas définie en aa, la droite x=ax = a est asymptote. » Faux : il faut une limite infinie. Pour x2−1x−1\dfrac{x^{2} - 1}{x - 1}, la limite en 11 vaut 22 : il y a un trou, pas une asymptote.

Fiche mémo

  • Limites de référence : xn→+∞x^{n} \to +\infty en +∞+\infty ; en −∞-\infty, +∞+\infty si nn pair, −∞-\infty si nn impair ; 1xn→0\dfrac{1}{x^{n}} \to 0 en ±∞\pm\infty ; 1x→±∞\dfrac{1}{x} \to \pm\infty en 0±0^{\pm} ; 1x2→+∞\dfrac{1}{x^{2}} \to +\infty en 00.
  • Quatre formes indéterminées : « ∞−∞\infty - \infty », « 0×∞0 \times \infty », « ∞∞\dfrac{\infty}{\infty} », « 00\dfrac{0}{0} ». Toujours nommer la forme avant de la lever.
  • En ±∞\pm\infty, polynôme = terme de plus haut degré ; fonction rationnelle = quotient des termes de plus haut degré.
  • Racines : quantité conjuguée (A−B)(A+B)=A−B\left(\sqrt{A} - \sqrt{B}\right)\left(\sqrt{A} + \sqrt{B}\right) = A - B. « 00\dfrac{0}{0} » en aa : factoriser par (x−a)(x - a) et simplifier.
  • Quotient ℓ0\dfrac{\ell}{0} : préciser 0+0^{+} ou 0−0^{-} par un tableau de signes, conclure ±∞\pm\infty avec la règle des signes.
  • Composée : si u(x)→bu(x) \to b en aa et g(X)→cg(X) \to c en bb, alors g(u(x))→cg(u(x)) \to c en aa. Poser X=u(x)X = u(x).
  • Comparaison : f⩾uf \geqslant u et u→+∞u \to +\infty donnent f→+∞f \to +\infty. Gendarmes : u⩽f⩽vu \leqslant f \leqslant v et u,v→ℓu, v \to \ell donnent f→ℓf \to \ell.
  • Continuité en aa : lim⁡x→af(x)=f(a)\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = f(a). Polynômes, rationnelles, racine, sinus, cosinus, fonctions dérivables : continues sur leur domaine. La partie entière ne l’est pas.
  • Prolongement par continuité en aa : possible si lim⁡x→af(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = \ell fini ; on pose g(a)=ℓg(a) = \ell.
  • TVI : ff continue sur [a ; b][a\,;\,b], kk entre f(a)f(a) et f(b)f(b) ⇒ f(x)=kf(x) = k a au moins une solution. Bijection : si de plus ff est strictement monotone ⇒ solution unique.
  • Rédaction bac : continuité + stricte monotonie + kk entre les valeurs (ou limites) aux bornes, puis encadrement de α\alpha par balayage.
  • Asymptotes : verticale x=ax = a si lim⁡x→a±f=±∞\displaystyle\lim_{x \to a^{\pm}} f = \pm\infty ; horizontale y=ℓy = \ell si lim⁡±∞f=ℓ\displaystyle\lim_{\pm\infty} f = \ell ; oblique y=ax+by = ax + b si lim⁡±∞[f(x)−(ax+b)]=0\displaystyle\lim_{\pm\infty} \big[f(x) - (ax + b)\big] = 0.
  • Position relative : signe de f(x)−(ax+b)f(x) - (ax + b) ; positif ⇒ courbe au-dessus, négatif ⇒ en dessous. La courbe peut couper son asymptote.

8Exercices corrigés

Les exercices sont classés en quatre niveaux. Cherche-les vraiment avant d’ouvrir le corrigé : c’est en butant sur une forme indéterminée qu’on apprend à la lever.

Niveau 1 — Application directe
1

Détermine les limites suivantes : (a) lim⁡x→+∞x3\displaystyle\lim_{x \to +\infty} x^{3} ; (b) lim⁡x→−∞x4\displaystyle\lim_{x \to -\infty} x^{4} ; (c) lim⁡x→+∞(−3x2+x+10)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(-3x^{2} + x + 10\right) ; (d) lim⁡x→−∞(x5−4x2+7)\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \left(x^{5} - 4x^{2} + 7\right) ; (e) lim⁡x→+∞(5−1x2)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(5 - \dfrac{1}{x^{2}}\right).

Voir le corrigé détaillé
  1. (a) lim⁡x→+∞x3=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} x^{3} = +\inftylimite de référence
  2. (b) lim⁡x→−∞x4=+∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} x^{4} = +\inftyexposant pair
  3. (c) lim⁡x→+∞(−3x2+x+10)=lim⁡x→+∞(−3x2)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(-3x^{2} + x + 10\right) = \lim_{x \to +\infty} \left(-3x^{2}\right)terme de plus haut degré
  4. ==−∞-\infty(−3)×(+∞)(-3) \times (+\infty)
  5. (d) lim⁡x→−∞(x5−4x2+7)=lim⁡x→−∞x5=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \left(x^{5} - 4x^{2} + 7\right) = \lim_{x \to -\infty} x^{5} = -\inftyexposant impair
  6. (e) lim⁡x→+∞1x2=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{1}{x^{2}} = 0 donc lim⁡x→+∞(5−1x2)=5\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(5 - \dfrac{1}{x^{2}}\right) = 5somme de limites
2

Détermine : (a) lim⁡x→+∞3x2−1x2+5\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{3x^{2} - 1}{x^{2} + 5} ; (b) lim⁡x→−∞2x+1x2+3\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \dfrac{2x + 1}{x^{2} + 3} ; (c) lim⁡x→+∞x3+1x+2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{x^{3} + 1}{x + 2} ; (d) lim⁡x→−∞x3+1x+2\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \dfrac{x^{3} + 1}{x + 2}.

Voir le corrigé détaillé

Toutes ces limites sont des formes « ∞∞\dfrac{\infty}{\infty} » en l’infini : on applique le théorème du quotient des termes dominants.

  1. (a) lim⁡x→+∞3x2−1x2+5=lim⁡x→+∞3x2x2=3\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{3x^{2} - 1}{x^{2} + 5} = \lim_{x \to +\infty} \dfrac{3x^{2}}{x^{2}} = 3
  2. (b) lim⁡x→−∞2x+1x2+3=lim⁡x→−∞2xx2=lim⁡x→−∞2x=0\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \dfrac{2x + 1}{x^{2} + 3} = \lim_{x \to -\infty} \dfrac{2x}{x^{2}} = \lim_{x \to -\infty} \dfrac{2}{x} = 0
  3. (c) lim⁡x→+∞x3+1x+2=lim⁡x→+∞x3x=lim⁡x→+∞x2=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{x^{3} + 1}{x + 2} = \lim_{x \to +\infty} \dfrac{x^{3}}{x} = \lim_{x \to +\infty} x^{2} = +\infty
  4. (d) lim⁡x→−∞x3+1x+2=lim⁡x→−∞x2=+∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \dfrac{x^{3} + 1}{x + 2} = \lim_{x \to -\infty} x^{2} = +\inftymême simplification, et x2→+∞x^{2} \to +\infty en −∞-\infty
3

Soit f(x)=2x−1x+1f(x) = \dfrac{2x - 1}{x + 1}. Détermine son ensemble de définition, ses limites aux bornes de cet ensemble, puis les asymptotes de sa courbe.

Voir le corrigé détaillé

ff est définie pour x+1≠0x + 1 \neq 0, donc Df= ]−∞ ; −1[ ∪ ]−1 ; +∞[D_f = \,]-\infty\,;\,-1[\,\cup\,]-1\,;\,+\infty[. Il y a quatre bornes à étudier.

  1. lim⁡x→+∞f(x)=lim⁡x→+∞2xx=2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = \lim_{x \to +\infty} \dfrac{2x}{x} = 2 et de même lim⁡x→−∞f(x)=2\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = 2termes dominants
  2. ⇒\Rightarrowla droite y=2y = 2 est asymptote horizontale en +∞+\infty et en −∞-\infty
  3. lim⁡x→−1(2x−1)=−3<0\displaystyle\lim_{x \to -1} (2x - 1) = -3 < 0
  4. lim⁡x→−1−(x+1)=0−\displaystyle\lim_{x \to -1^{-}} (x + 1) = 0^{-} donc lim⁡x→−1−f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{-}} f(x) = +\infty−30−\dfrac{-3}{0^{-}}, règle des signes
  5. lim⁡x→−1+(x+1)=0+\displaystyle\lim_{x \to -1^{+}} (x + 1) = 0^{+} donc lim⁡x→−1+f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{+}} f(x) = -\infty
  6. ⇒\Rightarrowla droite x=−1x = -1 est asymptote verticale
4

Détermine, en précisant la composition utilisée : (a) lim⁡x→+∞4x2+x\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \sqrt{4x^{2} + x} ; (b) lim⁡x→+∞9x+1x+4\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \sqrt{\dfrac{9x + 1}{x + 4}} ; (c) lim⁡x→−∞(2+1x)3\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \left(2 + \dfrac{1}{x}\right)^{3} ; (d) lim⁡x→+∞1x2+1\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{1}{\sqrt{x^{2} + 1}}.

Voir le corrigé détaillé
  1. (a) lim⁡x→+∞(4x2+x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(4x^{2} + x\right) = +\infty et lim⁡X→+∞X=+∞\displaystyle\lim_{X \to +\infty} \sqrt{X} = +\infty
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞4x2+x=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \sqrt{4x^{2} + x} = +\inftycomposition
  3. (b) lim⁡x→+∞9x+1x+4=91=9\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{9x + 1}{x + 4} = \dfrac{9}{1} = 9 et lim⁡X→9X=3\displaystyle\lim_{X \to 9} \sqrt{X} = 3
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞9x+1x+4=3\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \sqrt{\dfrac{9x + 1}{x + 4}} = 3
  5. (c) lim⁡x→−∞(2+1x)=2\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \left(2 + \dfrac{1}{x}\right) = 2 et lim⁡X→2X3=8\displaystyle\lim_{X \to 2} X^{3} = 8
  6. ⇒\Rightarrowlim⁡x→−∞(2+1x)3=8\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \left(2 + \dfrac{1}{x}\right)^{3} = 8
  7. (d) lim⁡x→+∞x2+1=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \sqrt{x^{2} + 1} = +\inftycomposition : x2+1→+∞x^{2} + 1 \to +\infty puis X→+∞\sqrt{X} \to +\infty
  8. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞1x2+1=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{1}{\sqrt{x^{2} + 1}} = 0quotient 1+∞\dfrac{1}{+\infty}
5

Lève les formes indéterminées : (a) lim⁡x→5x2−25x−5\displaystyle\lim_{x \to 5} \dfrac{x^{2} - 25}{x - 5} ; (b) lim⁡x→2x2+x−6x−2\displaystyle\lim_{x \to 2} \dfrac{x^{2} + x - 6}{x - 2} ; (c) lim⁡x→0(x+3)2−9x\displaystyle\lim_{x \to 0} \dfrac{(x + 3)^{2} - 9}{x}.

Voir le corrigé détaillé

Dans les trois cas, numérateur et dénominateur s’annulent au point considéré : forme « 00\dfrac{0}{0} », on factorise.

  1. (a) x2−25x−5=(x−5)(x+5)x−5=x+5\dfrac{x^{2} - 25}{x - 5} = \dfrac{(x - 5)(x + 5)}{x - 5} = x + 5 pour x≠5x \neq 5
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡x→5x2−25x−5=10\displaystyle\lim_{x \to 5} \dfrac{x^{2} - 25}{x - 5} = 10
  3. (b) x2+x−6=(x−2)(x+3)x^{2} + x - 6 = (x - 2)(x + 3)22 est racine ; on vérifie en développant
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→2x2+x−6x−2=lim⁡x→2(x+3)=5\displaystyle\lim_{x \to 2} \dfrac{x^{2} + x - 6}{x - 2} = \lim_{x \to 2} (x + 3) = 5
  5. (c) (x+3)2−9=x2+6x=x(x+6)(x + 3)^{2} - 9 = x^{2} + 6x = x(x + 6)
  6. ⇒\Rightarrowlim⁡x→0(x+3)2−9x=lim⁡x→0(x+6)=6\displaystyle\lim_{x \to 0} \dfrac{(x + 3)^{2} - 9}{x} = \lim_{x \to 0} (x + 6) = 6
6

On définit sur R\mathbb{R} les fonctions ff et gg par : f(x)=x2+1f(x) = x^{2} + 1 si x<2x < 2 et f(x)=6x−7f(x) = 6x - 7 si x⩾2x \geqslant 2 ; g(x)=x2+1g(x) = x^{2} + 1 si x<2x < 2 et g(x)=3x−2g(x) = 3x - 2 si x⩾2x \geqslant 2. Étudie la continuité de ff et de gg en 22.

Voir le corrigé détaillé

Sur ]−∞ ; 2[]-\infty\,;\,2[ et sur ]2 ; +∞[]2\,;\,+\infty[, les deux fonctions sont polynomiales, donc continues. Tout se joue en 22, où l’on compare la limite à gauche, la limite à droite et la valeur.

  1. lim⁡x→2−f(x)=lim⁡x→2−(x2+1)=5\displaystyle\lim_{x \to 2^{-}} f(x) = \lim_{x \to 2^{-}} \left(x^{2} + 1\right) = 5
  2. lim⁡x→2+f(x)=lim⁡x→2+(6x−7)=5=f(2)\displaystyle\lim_{x \to 2^{+}} f(x) = \lim_{x \to 2^{+}} (6x - 7) = 5 = f(2)
  3. ⇒\Rightarrowff est continue en 22, donc sur R\mathbb{R}les deux limites coïncident avec f(2)f(2)
  4. lim⁡x→2−g(x)=5\displaystyle\lim_{x \to 2^{-}} g(x) = 5 mais g(2)=3×2−2=4g(2) = 3 \times 2 - 2 = 4
  5. ⇒\Rightarrowgg n’est pas continue en 22sa courbe fait un « saut » de 55 à 44
Niveau 2 — Approfondissement
7

Détermine à l’aide d’une quantité conjuguée : (a) lim⁡x→+∞(x2+x−x)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(\sqrt{x^{2} + x} - x\right) ; (b) lim⁡x→0x+9−3x\displaystyle\lim_{x \to 0} \dfrac{\sqrt{x + 9} - 3}{x}.

Voir le corrigé détaillé

(a) Forme « +∞−∞+\infty - \infty ». Pour x>0x > 0 :

  1. x2+x−x=(x2+x)−x2x2+x+x\sqrt{x^{2} + x} - x = \dfrac{\left(x^{2} + x\right) - x^{2}}{\sqrt{x^{2} + x} + x}multiplication par la quantité conjuguée
  2. ==xx2+x+x\dfrac{x}{\sqrt{x^{2} + x} + x}forme « ∞∞\dfrac{\infty}{\infty} » : on factorise par xx
  3. ==xx1+1x+x\dfrac{x}{x\sqrt{1 + \frac{1}{x}} + x}x2+x=x21+1x=x1+1x\sqrt{x^{2} + x} = \sqrt{x^{2}}\sqrt{1 + \frac{1}{x}} = x\sqrt{1 + \frac{1}{x}} car x>0x > 0
  4. ==11+1x+1\dfrac{1}{\sqrt{1 + \frac{1}{x}} + 1}
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞(x2+x−x)=11+1=12\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(\sqrt{x^{2} + x} - x\right) = \dfrac{1}{\sqrt{1} + 1} = \dfrac{1}{2}1x→0\dfrac{1}{x} \to 0 puis composition avec la racine

(b) Forme « 00\dfrac{0}{0} ». Pour x≠0x \neq 0, x⩾−9x \geqslant -9 :

  1. x+9−3x=(x+9)−9x(x+9+3)\dfrac{\sqrt{x + 9} - 3}{x} = \dfrac{(x + 9) - 9}{x\left(\sqrt{x + 9} + 3\right)}
  2. ==1x+9+3\dfrac{1}{\sqrt{x + 9} + 3}simplification par xx
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→0x+9−3x=13+3=16\displaystyle\lim_{x \to 0} \dfrac{\sqrt{x + 9} - 3}{x} = \dfrac{1}{3 + 3} = \dfrac{1}{6}
8

(a) Soit f(x)=2x+cos⁡xxf(x) = \dfrac{2x + \cos x}{x} pour x>0x > 0. Montre que 2x−1x⩽f(x)⩽2x+1x\dfrac{2x - 1}{x} \leqslant f(x) \leqslant \dfrac{2x + 1}{x}, puis détermine lim⁡x→+∞f(x)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x). (b) Détermine lim⁡x→−∞(3x+sin⁡x)\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \left(3x + \sin x\right).

Voir le corrigé détaillé

(a) Encadrement puis gendarmes.

  1. −1⩽cos⁡x⩽1-1 \leqslant \cos x \leqslant 1
  2. ⇒\Rightarrow2x−1⩽2x+cos⁡x⩽2x+12x - 1 \leqslant 2x + \cos x \leqslant 2x + 1on ajoute 2x2x
  3. ⇒\Rightarrow2x−1x⩽f(x)⩽2x+1x\dfrac{2x - 1}{x} \leqslant f(x) \leqslant \dfrac{2x + 1}{x}division par x>0x > 0
  4. lim⁡x→+∞2x−1x=lim⁡x→+∞(2−1x)=2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{2x - 1}{x} = \lim_{x \to +\infty} \left(2 - \dfrac{1}{x}\right) = 2 et lim⁡x→+∞2x+1x=2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{2x + 1}{x} = 2
  5. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞f(x)=2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = 2théorème des gendarmes

(b) Majoration puis théorème de comparaison.

  1. sin⁡x⩽1\sin x \leqslant 1 donc 3x+sin⁡x⩽3x+13x + \sin x \leqslant 3x + 1
  2. lim⁡x→−∞(3x+1)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} (3x + 1) = -\infty
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→−∞(3x+sin⁡x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \left(3x + \sin x\right) = -\inftythéorème de comparaison (majoration par une fonction de limite −∞-\infty)
9

Soit ff définie sur R∖{2}\mathbb{R} \setminus \{2\} par f(x)=x3−8x−2f(x) = \dfrac{x^{3} - 8}{x - 2}. Montre que ff admet un prolongement par continuité en 22 et définis-le.

Voir le corrigé détaillé

En 22, numérateur et dénominateur sont nuls : forme « 00\dfrac{0}{0} ». On factorise x3−8=x3−23x^{3} - 8 = x^{3} - 2^{3} grâce à l’identité a3−b3=(a−b)(a2+ab+b2)a^{3} - b^{3} = (a - b)\left(a^{2} + ab + b^{2}\right).

  1. x3−8=(x−2)(x2+2x+4)x^{3} - 8 = (x - 2)\left(x^{2} + 2x + 4\right)on vérifie : (x−2)(x2+2x+4)=x3+2x2+4x−2x2−4x−8=x3−8(x - 2)(x^{2} + 2x + 4) = x^{3} + 2x^{2} + 4x - 2x^{2} - 4x - 8 = x^{3} - 8
  2. ⇒\Rightarrowf(x)=x2+2x+4f(x) = x^{2} + 2x + 4 pour x≠2x \neq 2
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→2f(x)=4+4+4=12\displaystyle\lim_{x \to 2} f(x) = 4 + 4 + 4 = 12limite finie : le prolongement existe

Le prolongement par continuité de ff en 22 est la fonction gg définie sur R\mathbb{R} par g(x)=f(x)g(x) = f(x) si x≠2x \neq 2 et g(2)=12g(2) = 12, c’est-à-dire tout simplement g(x)=x2+2x+4g(x) = x^{2} + 2x + 4 pour tout réel xx : la courbe de ff est une parabole privée du point (2 ; 12)(2\,;\,12), et gg rebouche ce trou.

10

Soit f(x)=x2+3x−1x+1f(x) = \dfrac{x^{2} + 3x - 1}{x + 1}, définie sur R∖{−1}\mathbb{R} \setminus \{-1\}.

  1. Détermine trois réels aa, bb, cc tels que f(x)=ax+b+cx+1f(x) = ax + b + \dfrac{c}{x + 1}.
  2. Détermine les limites de ff aux bornes de son ensemble de définition et les asymptotes de Cf\mathcal{C}_f.
  3. Étudie la position relative de Cf\mathcal{C}_f et de son asymptote oblique.
Voir le corrigé détaillé

1. Identification.

  1. ax+b+cx+1=(ax+b)(x+1)+cx+1=ax2+(a+b)x+(b+c)x+1ax + b + \dfrac{c}{x + 1} = \dfrac{(ax + b)(x + 1) + c}{x + 1} = \dfrac{ax^{2} + (a + b)x + (b + c)}{x + 1}
  2. ⇒\Rightarrowa=1a = 1, a+b=3a + b = 3, b+c=−1b + c = -1identification avec x2+3x−1x^{2} + 3x - 1
  3. ⇒\Rightarrowa=1a = 1, b=2b = 2, c=−3c = -3 : f(x)=x+2−3x+1f(x) = x + 2 - \dfrac{3}{x + 1}

2. Limites et asymptotes.

  1. lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty et lim⁡x→−∞f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = -\inftyx+2→±∞x + 2 \to \pm\infty et 3x+1→0\dfrac{3}{x + 1} \to 0
  2. lim⁡x→−1−(−3x+1)=+∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{-}} \left(-\dfrac{3}{x + 1}\right) = +\infty donc lim⁡x→−1−f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{-}} f(x) = +\inftyx+1→0−x + 1 \to 0^{-} et −30−=+∞\dfrac{-3}{0^{-}} = +\infty
  3. lim⁡x→−1+f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{+}} f(x) = -\infty−30+=−∞\dfrac{-3}{0^{+}} = -\infty
  4. ⇒\Rightarrowla droite x=−1x = -1 est asymptote verticale
  5. f(x)−(x+2)=−3x+1→0f(x) - (x + 2) = -\dfrac{3}{x + 1} \to 0 en ±∞\pm\infty
  6. ⇒\Rightarrowla droite Δ:y=x+2\Delta : y = x + 2 est asymptote oblique en +∞+\infty et en −∞-\infty

3. Le signe de f(x)−(x+2)=−3x+1f(x) - (x + 2) = -\dfrac{3}{x + 1} est l’opposé de celui de x+1x + 1 : pour x>−1x > -1, il est négatif et Cf\mathcal{C}_f est en dessous de Δ\Delta ; pour x<−1x < -1, il est positif et Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de Δ\Delta.

Niveau 3 — Type bac
11

Restitution organisée de connaissances.

  1. Soient ff et uu deux fonctions définies sur [A ; +∞[[A\,;\,+\infty[ telles que f(x)⩾u(x)f(x) \geqslant u(x) pour tout x⩾Ax \geqslant A et lim⁡x→+∞u(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} u(x) = +\infty. Démontre que lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.
  2. Application : détermine lim⁡x→+∞(x+3sin⁡x)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(x + 3\sin x\right).
  3. Peut-on en déduire lim⁡x→+∞x+3sin⁡xx\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{x + 3\sin x}{x} ? Détermine cette limite.
Voir le corrigé détaillé

1. Soit MM un réel quelconque. Montrons que f(x)>Mf(x) > M pour tout xx assez grand.

  1. lim⁡x→+∞u(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} u(x) = +\infty
  2. ⇒\Rightarrowil existe un réel BB tel que u(x)>Mu(x) > M pour tout x>Bx > Bdéfinition : l’intervalle ]M ; +∞[]M\,;\,+\infty[ contient u(x)u(x) pour xx assez grand
  3. pour x>max⁡(A ; B)x > \max(A\,;\,B) : f(x)⩾u(x)>Mf(x) \geqslant u(x) > M
  4. ⇒\Rightarrowtout intervalle ]M ; +∞[]M\,;\,+\infty[ contient f(x)f(x) pour xx assez grand, donc lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty

2. Application.

  1. sin⁡x⩾−1\sin x \geqslant -1 donc x+3sin⁡x⩾x−3x + 3\sin x \geqslant x - 3 pour tout réel xx
  2. lim⁡x→+∞(x−3)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} (x - 3) = +\infty
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞(x+3sin⁡x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(x + 3\sin x\right) = +\inftyd’après la question 1

3. Non : le quotient de deux fonctions tendant vers +∞+\infty est une forme indéterminée « ∞∞\dfrac{\infty}{\infty} ». On revient à un encadrement. Pour x>0x > 0 :

  1. x+3sin⁡xx=1+3sin⁡xx\dfrac{x + 3\sin x}{x} = 1 + \dfrac{3\sin x}{x}
  2. −3x⩽3sin⁡xx⩽3x-\dfrac{3}{x} \leqslant \dfrac{3\sin x}{x} \leqslant \dfrac{3}{x}−1⩽sin⁡x⩽1-1 \leqslant \sin x \leqslant 1, division par x>0x > 0
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞3sin⁡xx=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{3\sin x}{x} = 0gendarmes : ±3x→0\pm\dfrac{3}{x} \to 0
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞x+3sin⁡xx=1\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{x + 3\sin x}{x} = 1
12

Étude complète d’une fonction rationnelle. Soit g(x)=x2+2x+4x+1g(x) = \dfrac{x^{2} + 2x + 4}{x + 1} et Cg\mathcal{C}_g sa courbe dans un repère orthonormé.

  1. Détermine l’ensemble de définition DgD_g et les limites de gg aux bornes de DgD_g.
  2. Montre que, pour tout x∈Dgx \in D_g, g(x)=x+1+3x+1g(x) = x + 1 + \dfrac{3}{x + 1}. En déduire que Cg\mathcal{C}_g admet deux asymptotes dont on donnera les équations.
  3. Étudie la position relative de Cg\mathcal{C}_g et de son asymptote oblique Δ\Delta.
  4. Calcule g′(x)g'(x), étudie son signe et dresse le tableau de variations de gg.
  5. Trace Δ\Delta, l’autre asymptote et Cg\mathcal{C}_g.
Voir le corrigé détaillé

1. Dg= ]−∞ ; −1[ ∪ ]−1 ; +∞[D_g = \,]-\infty\,;\,-1[\,\cup\,]-1\,;\,+\infty[.

  1. lim⁡x→+∞g(x)=lim⁡x→+∞x2x=lim⁡x→+∞x=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} g(x) = \lim_{x \to +\infty} \dfrac{x^{2}}{x} = \lim_{x \to +\infty} x = +\inftytermes dominants
  2. lim⁡x→−∞g(x)=lim⁡x→−∞x=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} g(x) = \lim_{x \to -\infty} x = -\infty
  3. lim⁡x→−1(x2+2x+4)=1−2+4=3>0\displaystyle\lim_{x \to -1} \left(x^{2} + 2x + 4\right) = 1 - 2 + 4 = 3 > 0
  4. lim⁡x→−1−(x+1)=0−\displaystyle\lim_{x \to -1^{-}} (x + 1) = 0^{-} donc lim⁡x→−1−g(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{-}} g(x) = -\infty
  5. lim⁡x→−1+(x+1)=0+\displaystyle\lim_{x \to -1^{+}} (x + 1) = 0^{+} donc lim⁡x→−1+g(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{+}} g(x) = +\infty

2. On réduit au même dénominateur.

  1. x+1+3x+1=(x+1)2+3x+1x + 1 + \dfrac{3}{x + 1} = \dfrac{(x + 1)^{2} + 3}{x + 1}
  2. ==x2+2x+1+3x+1\dfrac{x^{2} + 2x + 1 + 3}{x + 1}
  3. ==x2+2x+4x+1=g(x)\dfrac{x^{2} + 2x + 4}{x + 1} = g(x)
  4. lim⁡x→−1±g(x)=±∞\displaystyle\lim_{x \to -1^{\pm}} g(x) = \pm\inftyquestion 1
  5. ⇒\Rightarrowla droite x=−1x = -1 est asymptote verticale à Cg\mathcal{C}_g
  6. g(x)−(x+1)=3x+1g(x) - (x + 1) = \dfrac{3}{x + 1} et lim⁡x→±∞3x+1=0\displaystyle\lim_{x \to \pm\infty} \dfrac{3}{x + 1} = 0
  7. ⇒\Rightarrowla droite Δ:y=x+1\Delta : y = x + 1 est asymptote oblique à Cg\mathcal{C}_g en −∞-\infty et en +∞+\infty

3. g(x)−(x+1)=3x+1g(x) - (x + 1) = \dfrac{3}{x + 1} est du signe de x+1x + 1. Sur ]−1 ; +∞[]-1\,;\,+\infty[, Cg\mathcal{C}_g est au-dessus de Δ\Delta ; sur ]−∞ ; −1[]-\infty\,;\,-1[, elle est en dessous.

4. gg est dérivable sur DgD_g comme somme de fonctions dérivables, avec (3x+1)′=−3(x+1)2\left(\dfrac{3}{x + 1}\right)' = -\dfrac{3}{(x + 1)^{2}}.

  1. g′(x)=1−3(x+1)2g'(x) = 1 - \dfrac{3}{(x + 1)^{2}}
  2. ==(x+1)2−3(x+1)2\dfrac{(x + 1)^{2} - 3}{(x + 1)^{2}}
  3. ==(x+1−3)(x+1+3)(x+1)2\dfrac{\left(x + 1 - \sqrt{3}\right)\left(x + 1 + \sqrt{3}\right)}{(x + 1)^{2}}a2−b2a^{2} - b^{2} avec b=3b = \sqrt{3}
  4. le dénominateur est strictement positif sur DgD_g : g′(x)g'(x) a le signe du trinôme (x+1)2−3(x + 1)^{2} - 3
  5. ⇒\Rightarrowg′(x)⩾0g'(x) \geqslant 0 si et seulement si x⩽−1−3x \leqslant -1 - \sqrt{3} ou x⩾−1+3x \geqslant -1 + \sqrt{3}trinôme positif à l’extérieur des racines
  6. g(−1−3)=−3+3−3=−3−3=−23g\left(-1 - \sqrt{3}\right) = -\sqrt{3} + \dfrac{3}{-\sqrt{3}} = -\sqrt{3} - \sqrt{3} = -2\sqrt{3}33=3\dfrac{3}{\sqrt{3}} = \sqrt{3}
  7. g(−1+3)=3+33=23g\left(-1 + \sqrt{3}\right) = \sqrt{3} + \dfrac{3}{\sqrt{3}} = 2\sqrt{3}
xx−∞-\infty−1−3-1 - \sqrt{3}−1-1−1+3-1 + \sqrt{3}+∞+\infty
g′(x)g'(x)++00−-∥−-00++
gg−∞-\infty↗−23-2\sqrt{3}↘−∞-\infty ∥ +∞+\infty↘232\sqrt{3}↗+∞+\infty

5. La figure 7 rassemble tout : les deux asymptotes en pointillés, les deux extremums locaux (−1−3 ; −23)≈(−2,73 ; −3,46)\left(-1 - \sqrt{3}\,;\,-2\sqrt{3}\right) \approx (-2{,}73\,;\,-3{,}46) et (−1+3 ; 23)≈(0,73 ; 3,46)\left(-1 + \sqrt{3}\,;\,2\sqrt{3}\right) \approx (0{,}73\,;\,3{,}46), et la position de la courbe par rapport à Δ\Delta, conforme à la question 3.

xy-6-5-4-3-2-11234-7-6-5-4-3-2-112345670g(x) = (x² + 2x + 4)/(x + 1) : courbe, asymptotes et extremums locauxy = x + 1x = −1(−1−√3 ; −2√3)(−1+√3 ; 2√3)(Cg)(Cg)
Figure 7 — Courbe de g(x)=x2+2x+4x+1g(x) = \dfrac{x^{2} + 2x + 4}{x + 1} avec ses deux asymptotes : x=−1x = -1 (verticale) et y=x+1y = x + 1 (oblique). Les points (−1−3 ; −23)\left(-1-\sqrt{3}\,;\,-2\sqrt{3}\right) et (−1+3 ; 23)\left(-1+\sqrt{3}\,;\,2\sqrt{3}\right) sont les extremums locaux lus dans le tableau de variations.
13

Existence et encadrement d’une solution. Soit f(x)=x3+3x−7f(x) = x^{3} + 3x - 7.

  1. Justifie que ff est continue et strictement croissante sur R\mathbb{R}.
  2. Détermine les limites de ff en −∞-\infty et en +∞+\infty.
  3. Démontre que l’équation f(x)=0f(x) = 0 admet une unique solution α\alpha dans R\mathbb{R}, et que 1<α<21 < \alpha < 2.
  4. Donne un encadrement de α\alpha d’amplitude 10−210^{-2}.
  5. Déduis-en le signe de f(x)f(x) suivant les valeurs de xx.
Voir le corrigé détaillé

1. ff est une fonction polynôme, donc continue sur R\mathbb{R}. Les fonctions x↦x3x \mapsto x^{3} et x↦3xx \mapsto 3x sont strictement croissantes sur R\mathbb{R} ; leur somme, diminuée de la constante 77, l’est aussi. (On peut aussi calculer f′(x)=3x2+3>0f'(x) = 3x^{2} + 3 > 0.)

2. Terme dominant : lim⁡x→−∞f(x)=lim⁡x→−∞x3=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = \lim_{x \to -\infty} x^{3} = -\infty et lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.

3. Théorème de la bijection.

  1. ff est continue et strictement croissante sur R\mathbb{R}, avec lim⁡−∞f=−∞\displaystyle\lim_{-\infty} f = -\infty et lim⁡+∞f=+∞\displaystyle\lim_{+\infty} f = +\infty
  2. ⇒\Rightarrowff réalise une bijection de R\mathbb{R} sur R\mathbb{R}
  3. ⇒\Rightarrowcomme 0∈R0 \in \mathbb{R}, l’équation f(x)=0f(x) = 0 admet une unique solution α\alpha dans R\mathbb{R}
  4. f(1)=1+3−7=−3<0f(1) = 1 + 3 - 7 = -3 < 0 et f(2)=8+6−7=7>0f(2) = 8 + 6 - 7 = 7 > 0
  5. ⇒\Rightarrow1<α<21 < \alpha < 2f(1)<f(α)=0<f(2)f(1) < f(\alpha) = 0 < f(2) et ff strictement croissante

4. Balayage au dixième puis au centième.

xx1,31{,}31,41{,}41,51{,}51,401{,}401,411{,}41
f(x)f(x) (arrondi)−0,903-0{,}903−0,056-0{,}0560,8750{,}875−0,056-0{,}0560,0330{,}033
  1. f(1,4)<0<f(1,5)f(1{,}4) < 0 < f(1{,}5) donc 1,4<α<1,51{,}4 < \alpha < 1{,}5
  2. f(1,40)≈−0,056<0f(1{,}40) \approx -0{,}056 < 0 et f(1,41)=1,413+4,23−7≈0,033>0f(1{,}41) = 1{,}41^{3} + 4{,}23 - 7 \approx 0{,}033 > 0
  3. ⇒\Rightarrow1,40<α<1,411{,}40 < \alpha < 1{,}41

5. Comme ff est strictement croissante et s’annule uniquement en α\alpha : f(x)<0f(x) < 0 pour x<αx < \alpha, f(α)=0f(\alpha) = 0, et f(x)>0f(x) > 0 pour x>αx > \alpha. C’est ce type de résultat qui sert ensuite à étudier le signe d’une dérivée dans les problèmes de bac.

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Vrai ou faux ? Pour chaque affirmation, réponds en justifiant (une démonstration si c’est vrai, un contre-exemple si c’est faux).

  1. Si ff n’est pas définie en aa, alors ff n’a pas de limite en aa.
  2. Si lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty et lim⁡x→+∞g(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to +\infty} g(x) = +\infty, alors lim⁡x→+∞f(x)g(x)=1\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{f(x)}{g(x)} = 1.
  3. Si ff est continue sur [0 ; 1][0\,;\,1] avec f(0)=−2f(0) = -2 et f(1)=3f(1) = 3, alors l’équation f(x)=0f(x) = 0 a au moins une solution dans ]0 ; 1[]0\,;\,1[.
  4. Si ff est continue sur [a ; b][a\,;\,b] et f(a)×f(b)<0f(a) \times f(b) < 0, alors l’équation f(x)=0f(x) = 0 a exactement une solution dans ]a ; b[]a\,;\,b[.
  5. Si lim⁡x→+∞[f(x)−(2x+1)]=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \big[f(x) - (2x + 1)\big] = 0, alors lim⁡x→+∞f(x)x=2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{f(x)}{x} = 2.
Voir le corrigé détaillé

1. Faux. f(x)=x2−1x−1f(x) = \dfrac{x^{2} - 1}{x - 1} n’est pas définie en 11, mais f(x)=x+1f(x) = x + 1 pour x≠1x \neq 1, donc lim⁡x→1f(x)=2\displaystyle\lim_{x \to 1} f(x) = 2. C’est même toute l’idée du prolongement par continuité.

2. Faux. C’est une forme indéterminée. Avec f(x)=x2f(x) = x^{2} et g(x)=xg(x) = x : f(x)g(x)=x→+∞≠1\dfrac{f(x)}{g(x)} = x \to +\infty \neq 1.

3. Vrai. ff est continue sur [0 ; 1][0\,;\,1] et 00 est compris entre f(0)=−2f(0) = -2 et f(1)=3f(1) = 3 : d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe c∈[0 ; 1]c \in [0\,;\,1] tel que f(c)=0f(c) = 0, et c≠0c \neq 0, c≠1c \neq 1 car f(0)≠0f(0) \neq 0 et f(1)≠0f(1) \neq 0.

4. Faux. L’existence est garantie, pas l’unicité : il manque la stricte monotonie. Contre-exemple : f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3} - 3x + 1 sur [−2 ; 2][-2\,;\,2].

  1. f(−2)=−8+6+1=−1<0f(-2) = -8 + 6 + 1 = -1 < 0 et f(2)=8−6+1=3>0f(2) = 8 - 6 + 1 = 3 > 0
  2. f(−2)×f(2)<0f(-2) \times f(2) < 0, mais f(0)=1>0f(0) = 1 > 0 et f(1)=−1<0f(1) = -1 < 0
  3. ⇒\Rightarrowff s’annule sur ]−2 ; 0[]-2\,;\,0[, sur ]0 ; 1[]0\,;\,1[ et sur ]1 ; 2[]1\,;\,2[ : au moins trois solutionsTVI sur chacun des trois intervalles ; voir la figure 5

5. Vrai. Posons φ(x)=f(x)−(2x+1)\varphi(x) = f(x) - (2x + 1), qui tend vers 00. Pour x>0x > 0 :

  1. f(x)x=2x+1+φ(x)x=2+1x+φ(x)x\dfrac{f(x)}{x} = \dfrac{2x + 1 + \varphi(x)}{x} = 2 + \dfrac{1}{x} + \dfrac{\varphi(x)}{x}
  2. 1x→0\dfrac{1}{x} \to 0 et φ(x)x→0\dfrac{\varphi(x)}{x} \to 0produit d’une fonction de limite 00 par une fonction de limite 00
  3. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞f(x)x=2\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{f(x)}{x} = 2

C’est le coefficient directeur de l’asymptote oblique : la réciproque, en revanche, est fausse (f(x)=2x+xf(x) = 2x + \sqrt{x} vérifie f(x)x→2\dfrac{f(x)}{x} \to 2 sans avoir d’asymptote).

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
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La perfusion d’Awa (Ndjamena). Awa, infirmière à l’hôpital de la Renaissance, pose une perfusion à un patient. La concentration du médicament dans le sang, en mg/L, est modélisée en fonction du temps tt (en heures) par C(t)=8tt+4C(t) = \dfrac{8t}{t + 4} pour t⩾0t \geqslant 0.

  1. Calcule C(0)C(0) et montre que C(t)=8−32t+4C(t) = 8 - \dfrac{32}{t + 4}. En déduire le sens de variation de CC sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[.
  2. Détermine lim⁡t→+∞C(t)\displaystyle\lim_{t \to +\infty} C(t). Interprète ce résultat pour le patient, et graphiquement.
  3. Le médicament est efficace dès que la concentration atteint 66 mg/L. Montre qu’il existe un unique instant t0t_{0} où C(t0)=6C(t_{0}) = 6, puis calcule-le.
  4. La concentration peut-elle atteindre 88 mg/L ? Justifie.
Voir le corrigé détaillé

1. C(0)=0C(0) = 0 : au départ, le sang ne contient pas de médicament.

  1. 8−32t+4=8(t+4)−32t+48 - \dfrac{32}{t + 4} = \dfrac{8(t + 4) - 32}{t + 4}
  2. ==8t+32−32t+4=8tt+4=C(t)\dfrac{8t + 32 - 32}{t + 4} = \dfrac{8t}{t + 4} = C(t)
  3. t↦t+4t \mapsto t + 4 est strictement croissante et strictement positive sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[
  4. ⇒\Rightarrowt↦32t+4t \mapsto \dfrac{32}{t + 4} est strictement décroissante, donc t↦−32t+4t \mapsto -\dfrac{32}{t + 4} strictement croissante
  5. ⇒\RightarrowCC est strictement croissante sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[on ajoute la constante 88

2. Limite et interprétation.

  1. lim⁡t→+∞32t+4=0\displaystyle\lim_{t \to +\infty} \dfrac{32}{t + 4} = 0
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡t→+∞C(t)=8\displaystyle\lim_{t \to +\infty} C(t) = 8

La concentration se stabilise autour de 88 mg/L : c’est le plateau de la perfusion, l’apport compensant l’élimination. Graphiquement, la droite y=8y = 8 est asymptote horizontale à la courbe de CC.

3. CC est continue sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[ (fonction rationnelle dont le dénominateur ne s’annule pas), strictement croissante, avec C(0)=0C(0) = 0 et lim⁡t→+∞C(t)=8\displaystyle\lim_{t \to +\infty} C(t) = 8. Comme 6∈[0 ; 8[6 \in [0\,;\,8[, le théorème de la bijection assure l’existence d’un unique t0t_{0} tel que C(t0)=6C(t_{0}) = 6.

  1. 8−32t+4=68 - \dfrac{32}{t + 4} = 6
  2.   ⟺  \iff32t+4=2\dfrac{32}{t + 4} = 2
  3.   ⟺  \ifft+4=16t + 4 = 16
  4.   ⟺  \ifft=12t = 12

Le médicament devient efficace au bout de 12 heures.

4. Pour tout t⩾0t \geqslant 0, 32t+4>0\dfrac{32}{t + 4} > 0, donc C(t)=8−32t+4<8C(t) = 8 - \dfrac{32}{t + 4} < 8. La concentration n’atteint jamais 88 mg/L : elle s’en approche indéfiniment sans y parvenir, ce qui est exactement le sens d’une asymptote.

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L’atelier de Moussa (Douala). Moussa fabrique des tables dans son atelier de menuiserie du quartier Bonabéri. Pour une commande de qq tables (q⩾1q \geqslant 1), le coût total de production, en milliers de F CFA, est C(q)=40q+360C(q) = 40q + 360 (les 360360 milliers correspondent aux frais fixes : loyer, machines). Le coût moyen par table est M(q)=C(q)qM(q) = \dfrac{C(q)}{q}.

  1. Montre que M(q)=40+360qM(q) = 40 + \dfrac{360}{q} et calcule le coût moyen pour 1010 tables.
  2. Détermine le sens de variation de MM et lim⁡q→+∞M(q)\displaystyle\lim_{q \to +\infty} M(q). Que signifie cette limite pour Moussa ?
  3. Un client accepte de payer 50 00050\,000 F CFA la table. À partir de combien de tables la commande est-elle rentable ?
  4. Moussa peut-il, en produisant énormément, faire descendre son coût moyen à 38 00038\,000 F CFA ?
Voir le corrigé détaillé

1. Coût moyen.

  1. M(q)=40q+360q=40qq+360qM(q) = \dfrac{40q + 360}{q} = \dfrac{40q}{q} + \dfrac{360}{q}
  2. ==40+360q40 + \dfrac{360}{q}
  3. M(10)=40+36=76M(10) = 40 + 36 = 76soit 76 00076\,000 F CFA par table

2. Sur [1 ; +∞[[1\,;\,+\infty[, q↦360qq \mapsto \dfrac{360}{q} est strictement décroissante, donc MM aussi : plus la commande est grosse, plus le coût par table baisse, car les frais fixes se répartissent sur davantage de tables.

  1. lim⁡q→+∞360q=0\displaystyle\lim_{q \to +\infty} \dfrac{360}{q} = 0
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡q→+∞M(q)=40\displaystyle\lim_{q \to +\infty} M(q) = 40

Le coût moyen se rapproche de 40 00040\,000 F CFA, le coût de fabrication d’une table hors frais fixes : la droite y=40y = 40 est asymptote horizontale à la courbe de MM. C’est ce que les économistes appellent les économies d’échelle.

3. La commande est rentable dès que le coût moyen ne dépasse pas 5050 milliers de F CFA.

  1. M(q)⩽50M(q) \leqslant 50
  2.   ⟺  \iff360q⩽10\dfrac{360}{q} \leqslant 10
  3.   ⟺  \iff360⩽10q360 \leqslant 10qmultiplication par q>0q > 0
  4.   ⟺  \iffq⩾36q \geqslant 36

La commande est rentable à partir de 36 tables (pour 3636 tables, le coût moyen vaut exactement 50 00050\,000 F CFA).

4. Non : pour tout q⩾1q \geqslant 1, 360q>0\dfrac{360}{q} > 0, donc M(q)>40M(q) > 40. Le coût moyen ne descend jamais sous 40 00040\,000 F CFA ; 38 00038\,000 F CFA est inaccessible, quelle que soit la taille de la commande.

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Le trajet d’Aïcha (Bamako – Ségou). Aïcha doit parcourir les 240240 km qui séparent Bamako de Ségou. En roulant à la vitesse moyenne vv (en km/h), et en comptant 3030 minutes d’arrêts incompressibles (péage, pause), la durée totale du trajet en heures est T(v)=240v+0,5T(v) = \dfrac{240}{v} + 0{,}5, pour v∈ ]0 ; 130]v \in \,]0\,;\,130].

  1. Détermine lim⁡v→0+T(v)\displaystyle\lim_{v \to 0^{+}} T(v) et interprète ce résultat.
  2. Si la limitation de vitesse n’existait pas, que vaudrait lim⁡v→+∞T(v)\displaystyle\lim_{v \to +\infty} T(v) ? Interprète.
  3. Justifie que TT est strictement décroissante sur ]0 ; 130]]0\,;\,130], puis montre qu’il existe une unique vitesse v0v_{0} pour laquelle le trajet dure exactement 44 h 3030 min. Calcule v0v_{0}.
  4. Aïcha roule finalement à 8080 km/h de moyenne. Combien de temps dure son trajet ?
Voir le corrigé détaillé

1. Limite en 0+0^{+}.

  1. lim⁡v→0+240v=+∞\displaystyle\lim_{v \to 0^{+}} \dfrac{240}{v} = +\infty2400+\dfrac{240}{0^{+}}
  2. ⇒\Rightarrowlim⁡v→0+T(v)=+∞\displaystyle\lim_{v \to 0^{+}} T(v) = +\infty

Plus la vitesse moyenne est faible (embouteillages à la sortie de Bamako, route dégradée), plus le trajet s’allonge, sans aucune limite : l’axe des ordonnées (v=0v = 0) est asymptote verticale à la courbe de TT.

2. lim⁡v→+∞240v=0\displaystyle\lim_{v \to +\infty} \dfrac{240}{v} = 0, donc lim⁡v→+∞T(v)=0,5\displaystyle\lim_{v \to +\infty} T(v) = 0{,}5. Même à une vitesse gigantesque, le trajet ne descendrait jamais sous 3030 minutes à cause des arrêts : la droite y=0,5y = 0{,}5 est asymptote horizontale.

3. v↦240vv \mapsto \dfrac{240}{v} est strictement décroissante sur ]0 ; 130]]0\,;\,130], donc TT aussi. De plus TT est continue sur cet intervalle (fonction rationnelle sans valeur interdite sur ]0 ; 130]]0\,;\,130]).

  1. T(130)=240130+0,5≈2,35T(130) = \dfrac{240}{130} + 0{,}5 \approx 2{,}35 et lim⁡v→0+T(v)=+∞\displaystyle\lim_{v \to 0^{+}} T(v) = +\infty
  2. ⇒\RightarrowTT réalise une bijection de ]0 ; 130]]0\,;\,130] sur [T(130) ; +∞[[T(130)\,;\,+\infty[
  3. ⇒\Rightarrowcomme 4,5∈[2,35 ; +∞[4{,}5 \in [2{,}35\,;\,+\infty[, il existe une unique vitesse v0v_{0} telle que T(v0)=4,5T(v_{0}) = 4{,}5
  4. 240v0+0,5=4,5\dfrac{240}{v_{0}} + 0{,}5 = 4{,}5
  5.   ⟺  \iff240v0=4\dfrac{240}{v_{0}} = 4
  6.   ⟺  \iffv0=60v_{0} = 60 km/h

4. À 8080 km/h :

  1. T(80)=24080+0,5T(80) = \dfrac{240}{80} + 0{,}5
  2. ==3+0,5=3,53 + 0{,}5 = 3{,}5 h

Le trajet dure 3 h 30 min. Remarque : passer de 6060 à 8080 km/h fait gagner une heure, mais passer de 8080 à 100100 km/h n’en ferait gagner que 3636 minutes : c’est la décroissance de plus en plus lente de TT vers son asymptote.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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Dire que lim⁡x→+∞f(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = \ell (avec ℓ\ell réel) signifie que :

Explication : C'est la définition de la limite finie en +∞+\infty : aussi étroit que soit l'intervalle autour de ℓ\ell, les valeurs f(x)f(x) finissent par y rester, pour xx suffisamment grand.

Quelle est la limite en +∞+\infty de f(x)=1xf(x) = \dfrac{1}{x} ?

Explication : C'est une limite de référence : 1xn→0\dfrac{1}{x^{n}} \to 0 quand x→+∞x \to +\infty, pour tout n⩾1n \geqslant 1.

Quelle est la limite en −∞-\infty de f(x)=x4f(x) = x^{4} ?

Explication : L'exposant 44 est pair, donc x4=(x2)2⩾0x^{4} = (x^{2})^{2} \geqslant 0 : quand x→−∞x \to -\infty, x4→+∞x^{4} \to +\infty, comme en +∞+\infty.

La limite à gauche de f(x)=1xf(x) = \dfrac{1}{x} en 00 est :

Explication : Pour x→0−x \to 0^{-}, xx est négatif et tend vers 00, donc 1x\dfrac{1}{x} devient négatif et tend en valeur absolue vers l'infini : lim⁡x→0−1x=−∞\displaystyle\lim_{x \to 0^{-}} \dfrac{1}{x} = -\infty.

Une fonction ff admet une limite en un réel aa qui n'est pas dans DfD_f, lorsque ses limites à gauche et à droite existent et :

Explication : C'est la propriété de recollement : ff a une limite en aa si et seulement si les limites à gauche et à droite existent et coïncident ; cette valeur commune est alors la limite en aa.

lim⁡x→3(x2−5x+2)\displaystyle\lim_{x \to 3} (x^{2} - 5x + 2) vaut :

Explication : Fonction polynôme, continue en 33 :
32−5×3+2=9−15+23^{2} - 5\times 3 + 2 = 9 - 15 + 2
=−4= -4.

lim⁡x→−∞(3x3−100x2+1)\displaystyle\lim_{x \to -\infty} (3x^{3} - 100x^{2} + 1) vaut :

Explication : En l'infini, un polynôme a la même limite que son terme de plus haut degré :
lim⁡x→−∞3x3=3×(−∞)=−∞\displaystyle\lim_{x \to -\infty} 3x^{3} = 3 \times (-\infty) = -\infty.
Le −100x2-100x^2 ne change rien à ce comportement dominant.

lim⁡x→+∞2x2+3x5x2−1\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{2x^{2} + 3x}{5x^{2} - 1} vaut :

Explication : Forme ∞∞\dfrac{\infty}{\infty} : on garde les termes de plus haut degré.
lim⁡x→+∞2x25x2=25\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{2x^{2}}{5x^{2}} = \dfrac{2}{5}.

Quelle est la forme indéterminée obtenue en calculant lim⁡x→+∞(x+1−x)\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(\sqrt{x+1} - \sqrt{x}\right) directement ?

Explication : x+1→+∞\sqrt{x+1} \to +\infty et x→+∞\sqrt{x} \to +\infty : leur différence est une forme « +∞−∞+\infty - \infty », qu'on lève avec la quantité conjuguée.

Pour lever la forme « 00\dfrac{0}{0} » de lim⁡x→2x2−4x−2\displaystyle\lim_{x \to 2} \dfrac{x^{2} - 4}{x - 2}, on :

Explication : Numérateur et dénominateur s'annulent en 22 : ils sont donc tous deux factorisables par (x−2)(x-2).
x2−4=(x−2)(x+2)x^2-4=(x-2)(x+2), donc x2−4x−2=x+2→4\dfrac{x^2-4}{x-2}=x+2 \to 4.

On pose X=u(x)X = u(x) et on utilise le théorème de composition pour calculer lim⁡x→ag(u(x))\displaystyle\lim_{x \to a} g(u(x)). Il faut alors calculer la limite de gg :

Explication : Le théorème de composition dit : si u(x)→bu(x) \to b quand x→ax \to a, puis g(X)→cg(X) \to c quand X→bX \to b, alors g(u(x))→cg(u(x)) \to c quand x→ax \to a. La limite de gg se prend bien au point bb, pas à aa.

Pour tout réel xx, on a −1⩽sin⁡x⩽1-1 \leqslant \sin x \leqslant 1, donc −1x⩽sin⁡xx⩽1x-\dfrac{1}{x} \leqslant \dfrac{\sin x}{x} \leqslant \dfrac{1}{x} pour x>0x>0. Par le théorème des gendarmes, lim⁡x→+∞sin⁡xx\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\sin x}{x} vaut :

Explication : Les deux « gendarmes » −1x-\dfrac{1}{x} et 1x\dfrac{1}{x} tendent tous deux vers 00 en +∞+\infty, donc sin⁡xx\dfrac{\sin x}{x} est coincée et tend aussi vers 00.

La fonction gg définie par g(x)=sin⁡xxg(x) = \dfrac{\sin x}{x} pour x≠0x \neq 0 et g(0)=1g(0) = 1 est le prolongement par continuité de f(x)=sin⁡xxf(x) = \dfrac{\sin x}{x} en 00, car :

Explication : ff n'est pas définie en 00, mais admet une limite finie 11 en 00 (résultat de référence) : on prolonge en posant g(0)=1g(0)=1, ce qui rend gg continue en 00.

La fonction partie entière E\mathrm{E} est :

Explication : En un entier nn, la limite à gauche vaut n−1n-1 alors que E(n)=n\mathrm{E}(n) = n : les deux ne coïncident pas, donc E\mathrm{E} est discontinue en nn. Entre deux entiers, elle est constante donc continue.

Soit f(x)=x3+x−5f(x) = x^{3} + x - 5, continue et strictement croissante sur R\mathbb{R}, avec f(1)=−3f(1) = -3 et f(2)=5f(2) = 5. D'après le théorème de la bijection, l'équation f(x)=0f(x) = 0 admet dans [1 ; 2][1\,;\,2] :

Explication : ff continue et strictement croissante sur [1;2][1;2], et 00 est compris entre f(1)=−3f(1)=-3 et f(2)=5f(2)=5 : le théorème de la bijection garantit existence et unicité de la solution.

Le théorème des valeurs intermédiaires « simple » (sans hypothèse de monotonie) garantit, pour kk entre f(a)f(a) et f(b)f(b) avec ff continue sur [a ; b][a\,;\,b] :

Explication : Le TVI seul assure qu'il existe au moins un cc tel que f(c)=kf(c)=k ; il peut y en avoir plusieurs si ff n'est pas strictement monotone (l'exemple x3−3x+1=1x^3-3x+1=1 donne trois solutions).

On étudie f(x)=x2+1x−2f(x) = \dfrac{x^{2}+1}{x-2} au voisinage de 22. Le numérateur tend vers 5>05>0 et x−2→0+x - 2 \to 0^{+} quand x→2+x \to 2^{+}. On en déduit lim⁡x→2+f(x)\displaystyle\lim_{x \to 2^{+}} f(x) égale à :

Explication : On divise « 55 » par un dénominateur qui tend vers 0+0^{+} (positif et minuscule) : le quotient devient positif et immense, donc lim⁡x→2+f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to 2^{+}} f(x) = +\infty.

Une équipe agricole modélise le rendement R(t)R(t) (en tonnes/ha) d'une parcelle irriguée par R(t)=8−6t+1R(t) = 8 - \dfrac{6}{t+1}, où t⩾0t \geqslant 0 est le nombre d'années après la mise en service du système. Quel est le rendement limite quand t→+∞t \to +\infty ?

Explication : lim⁡t→+∞6t+1=0\displaystyle\lim_{t \to +\infty} \dfrac{6}{t+1} = 0, donc lim⁡t→+∞R(t)=8−0=8\displaystyle\lim_{t \to +\infty} R(t) = 8 - 0 = 8 : le rendement se stabilise à 88 t/ha, sans jamais l'atteindre (asymptote horizontale y=8y=8).

Pour f(x)=x+2x−1f(x) = x + \dfrac{2}{x-1}, la droite y=xy = x est asymptote oblique en +∞+\infty car :

Explication : Par définition, y=ax+by=ax+b est asymptote oblique quand f(x)−(ax+b)→0f(x)-(ax+b) \to 0. Ici f(x)−x=2x−1→0f(x) - x = \dfrac{2}{x-1} \to 0 quand x→+∞x \to +\infty, donc y=xy=x est bien asymptote oblique.

Un opérateur de télécommunications observe qu'une équation liée à la couverture réseau, f(x)=x3−6x+2f(x) = x^{3} - 6x + 2, est continue et vérifie f(0)=2>0f(0) = 2 > 0 et f(1)=−3<0f(1) = -3 < 0. Que peut-on affirmer d'après la propriété du TVI pour k=0k=0 ?

Explication : ff est continue sur [0;1][0;1] et f(0)×f(1)=2×(−3)<0f(0)\times f(1) = 2\times(-3) <0 : les valeurs sont de signes contraires, donc l'équation f(x)=0f(x)=0 admet au moins une solution dans ]0;1[]0;1[ (l'unicité demanderait en plus la stricte monotonie).
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