Utiliser la table ou la calculatrice pour la loi normale
Interpréter un intervalle de confiance
Jusqu'à présent, tes variables aléatoires ne prenaient qu'un nombre fini ou dénombrable de valeurs : le nombre de garçons dans une fratrie, le rang d'une boule tirée, le nombre de succès dans un schéma de Bernoulli. Une somme ∑pi suffisait à tout calculer. Mais que dire de la taille exacte d'un nouveau-né, du temps d'attente à un arrêt de bus, de la durée de vie d'une ampoule ou de la pluie tombée sur Ndjamena en une saison ? Ces grandeurs prennent toutes les valeurs d'un intervalle : on dit qu'elles suivent une loi continue, ou loi à densité.
Ce chapitre change d'outil : la somme ∑ cède la place à l'intégrale∫, et le tableau de probabilités à une courbe, la densité. Tu y retrouveras trois lois incontournables — la loi uniforme, la loi exponentielle et surtout la loi normale, la fameuse « courbe en cloche » — avant de les relier à la loi binomiale déjà connue grâce au théorème de Moivre-Laplace. C'est l'un des chapitres les plus présents au baccalauréat : il fournit souvent, à lui seul, un exercice entier, ROC comprise.
La loi normale n'est pas une curiosité d'école : elle modélise les tailles d'une population, les notes d'un examen, les erreurs de mesure d'un instrument, les résultats d'un sondage. Elle te permettra, en fin de chapitre, d'estimer une proportion inconnue à partir d'un échantillon — un outil que tu retrouveras dans toutes les études statistiques sérieuses, du contrôle de qualité industriel aux études météorologiques.
On garde le même esprit qu'en classe de Première : définitions précises, propriétés démontrées chaque fois que le programme le permet, et beaucoup d'exemples chiffrés. Prends une feuille, un crayon, et surtout n'oublie jamais de vérifier les conditions d'application avant d'utiliser un théorème : c'est souvent là que se jouent les points au bac.
1Densité de probabilité
Une variable aléatoire continueX peut prendre, a priori, n'importe quelle valeur réelle d'un intervalle. Contrairement au cas discret, il est absurde de dresser un tableau donnant P(X=x) pour chaque x : il y a une infinité non dénombrable de valeurs possibles. On décrit alors la loi de X par une fonction densité, dont la courbe joue le rôle que jouait le diagramme en bâtons dans le cas discret — mais ce sont désormais des aires, et non des hauteurs, qui donnent les probabilités.
Définition
Une fonction f, définie sur un intervalle I, est une densité de probabilité sur I si :
f est continue (ou continue par morceaux) et positive ou nulle sur I ;
l'aire sous sa courbe sur I vaut 1 : ∫If(x)dx=1.
Une variable aléatoire continue Xsuit la loi de densitéf sur I lorsque, pour tous réels a⩽b de I :
P(a⩽X⩽b)=∫abf(x)dx
c'est-à-dire l'aire, exprimée en unités d'aire, comprise entre la courbe de f, l'axe des abscisses et les droites d'équations x=a et x=b.
Propriété
Pour une variable aléatoire continue X de densité f sur I, et pour tout réel a de I :
P(X=a)=∫aaf(x)dx=0
Il en résulte que les inégalités larges ou strictes ne changent rien aux probabilités :
P(a⩽X⩽b)=P(a<X⩽b)=P(a⩽X<b)=P(a<X<b)
Attention
Ne confonds jamais f(x) et P(X=x) ! La densité f(x) est une hauteur, elle peut parfaitement dépasser 1 (c'est le cas de la loi exponentielle, plus loin) ; la probabilité P(X=x), elle, est toujours nulle pour une loi continue. C'est un piège classique du bac : une variable continue ne prend « aucune » valeur précise avec une probabilité non nulle, tout est affaire d'intervalles.
1.1 Fonction de répartition
Comme dans le cas discret, on définit une fonction qui cumule les probabilités « en dessous de x ».
Définition
La fonction de répartition de X est la fonction F définie sur I par :
F(x)=P(X⩽x)=∫infIxf(t)dt
F est croissante sur I, et pour tous a⩽b de I :
P(a⩽X⩽b)=F(b)−F(a)
Exemple — une densité sur [0;1]
Soit f(x)=2x sur [0;1]. Vérifions que f est une densité, puis calculons P(0,25⩽X⩽0,75).
f est continue et positive sur [0;1]
∫012xdx=[x2]01=1l'aire totale vaut bien 1
doncf est une densité de probabilité sur [0;1]
P(0,25⩽X⩽0,75)=∫0,250,752xdx=[x2]0,250,75
=0,752−0,252
=0,5625−0,0625
=0,5
1.2 Espérance d'une variable à densité
Définition
L'espérance d'une variable aléatoire continue X de densité f sur I=[a;b] est le réel :
E(X)=∫abxf(x)dx
Elle généralise la moyenne pondérée ∑xipi du cas discret : la somme devient une intégrale, et les poids pi deviennent f(x)dx.
Exemple — espérance de f(x)=2x sur [0;1]
E(X)=∫01x×2xdx=∫012x2dx
=[32x3]01
=32
Résultat cohérent : la courbe de f « penche » vers x=1, donc E(X)=32 est plus proche de 1 que de 0.
Cette notion d'espérance va nous accompagner tout le chapitre : pour la loi uniforme elle se lit presque à l'œil, pour la loi exponentielle elle demande une intégration par parties, et pour la loi normale elle est... le paramètre μ lui-même.
2Loi uniforme continue
La loi la plus simple qui soit : une densité constante. Elle modélise un tirage « au hasard, sans privilégier aucune valeur » dans un intervalle — l'instant d'arrivée d'un bus dans un créneau, une erreur d'arrondi, un point choisi au hasard sur un segment.
Définition
Soient a et b deux réels tels que a<b. La variable aléatoire X suit la loi uniforme sur [a;b], notée X∼U([a;b]), lorsque sa densité est :
f(x)=b−a1pour x∈[a;b]
Propriété
Pour X∼U([a;b]) et pour tout intervalle [c;d]⊂[a;b] :
P(c⩽X⩽d)=b−ad−c
La probabilité ne dépend que de la longueur de l'intervalle [c;d], jamais de sa position : c'est le sens du mot « uniforme ».
On retrouve exactement le milieu de [a;b], cohérent avec la symétrie de la loi uniforme. C.Q.F.D.
Exemple — attente d'un bus
Un bus passe toutes les 10 minutes. Le temps d'attente X (en minutes) d'un voyageur arrivant au hasard suit la loi U([0;10]).
f(x)=10−01=0,1
P(2⩽X⩽7)=10−07−2
=0,5
E(X)=20+10=5le voyageur attend en moyenne 5 minutes
Figure 1 — Densité de la loi uniforme U([0;10]) : une hauteur constante f(x)=0,1, et une probabilité qui se lit comme une aire de rectangle.
Exemple — erreur d'arrondi
Une balance affiche une masse arrondie au gramme près : l'erreur d'arrondi X (en grammes) suit la loi U([−0,5;0,5]).
P(−0,2⩽X⩽0,3)=0,5−(−0,5)0,3−(−0,2)
=10,5
=0,5
E(X)=2−0,5+0,5=0l'erreur moyenne est nulle : la balance n'est pas biaisée
3Loi exponentielle et durée de vie sans vieillissement
La loi exponentielle est la loi des durées : durée de vie d'un composant électronique, délai avant une désintégration radioactive, temps d'attente avant un appel. Sa propriété la plus remarquable — l'absence de vieillissement — en fait un modèle incontournable.
Définition
Soit λ un réel strictement positif. La variable aléatoire X suit la loi exponentielle de paramètre λ, notée X∼E(λ), lorsque sa densité est :
f(x)=λe−λxpour x∈[0;+∞[
Propriété
Pour X∼E(λ) et pour tout réel t⩾0 :
P(X⩽t)=1−e−λtetP(X>t)=e−λt
Démonstration
P(X⩽t)=∫0tλe−λxdx
=[−e−λx]0tune primitive de λe−λx est −e−λx
=−e−λt−(−e0)
=1−e−λt
Figure 2 — Loi exponentielle de paramètre λ=0,5 : l'aire sous la courbe entre 0 et t=2 donne P(X⩽2)≈0,632.
Exemple — durée de vie d'un composant
La durée de vie X (en années) d'un composant électronique suit la loi E(0,5).
P(X⩽2)=1−e−0,5×2
=1−e−1
≈0,6321soit environ 63 % de risque de panne avant 2 ans
3.1 Espérance de la loi exponentielle
Théorème
Si X∼E(λ), alors E(X)=λ1.
Démonstration
On calcule E(X)=x→+∞lim∫0xtλe−λtdt par intégration par parties, en posant u(t)=t et v′(t)=λe−λt, donc u′(t)=1 et v(t)=−e−λt.
Or, par croissances comparées, x→+∞limxe−λx=0 et x→+∞lime−λx=0. Donc :
E(X)=x→+∞lim(−xe−λx−λ1e−λx+λ1)=λ1
C.Q.F.D.
3.2 Durée de vie sans vieillissement
Théorème — absence de mémoire
Si X∼E(λ), alors pour tous réels t⩾0 et h⩾0 :
PX⩾t(X⩾t+h)=P(X⩾h)
On dit que la loi exponentielle est sans vieillissement (ou sans mémoire) : sachant qu'un composant a déjà fonctionné t années, la probabilité qu'il fonctionne encore h années de plus est la même que s'il était neuf.
Démonstration
PX⩾t(X⩾t+h)=P(X⩾t)P((X⩾t+h)∩(X⩾t))définition de la probabilité conditionnelle
=P(X⩾t)P(X⩾t+h)h⩾0 donc (X⩾t+h)⊂(X⩾t)
=e−λte−λ(t+h)
=e−λte−λheλt
=e−λh
=P(X⩾h)
C.Q.F.D. On démontre — hors programme — que la loi exponentielle est la seule loi continue sans vieillissement : c'est ce qui en fait le modèle naturel des durées de vie « qui ne s'usent pas ».
Attention
La loi exponentielle modélise des phénomènes qui ne « s'usent » pas (désintégration radioactive, panne électronique aléatoire), mais elle est inadaptée à une usure mécanique progressive (pneu, ampoule à filament) : dans ce cas, la probabilité de panne augmente avec l'âge, ce que l'absence de mémoire interdit.
3.3 Demi-vie
Définition
La demi-viet1/2 d'une variable X∼E(λ) est la durée telle que P(X⩽t1/2)=P(X>t1/2)=0,5.
1−e−λt1/2=0,5
⇔e−λt1/2=0,5
⇔−λt1/2=ln(0,5)=−ln2
⇔t1/2=λln2
Exemple — durée de vie d'une ampoule LED
Une ampoule LED a une durée de vie moyenne de 10000 heures. On modélise sa durée de vie X par une loi exponentielle.
E(X)=λ1=10000
⇒λ=0,0001
t1/2=0,0001ln2≈6931 heures
P(X>12000)=e−0,0001×12000=e−1,2
≈0,3012
Grâce à l'absence de mémoire, sachant qu'une ampoule a déjà tenu 5000 heures, la probabilité qu'elle tienne 12000 heures de plus est encore P(X>12000)≈0,3012.
4Loi normale centrée réduite
La loi normale centrée réduite, notée N(0;1), est la plus célèbre de toutes les lois de probabilité : sa courbe en cloche, parfaitement symétrique, est un emblème des mathématiques au même titre que le nombre π.
Définition
Une variable aléatoire Z suit la loi normale centrée réduiteN(0;1) lorsque sa densité, définie sur R, est :
φ(x)=2π1e−2x2
Sa courbe est la célèbre courbe « en cloche » de Gauss, symétrique par rapport à l'axe des ordonnées.
Propriété — symétrie
La fonction φ est paire : φ(−x)=φ(x). Il en résulte, pour tout réel a :
P(Z⩽0)=0,5P(Z⩾a)=1−P(Z⩽a)P(Z⩽−a)=P(Z⩾a)
P(−a⩽Z⩽a)=2P(Z⩽a)−1
Math & Co — la naissance de la courbe en cloche
C'est le mathématicien français Abraham de Moivre (1667-1754), réfugié protestant à Londres après la révocation de l'édit de Nantes, qui fait apparaître le premier la courbe en cloche. Dans son ouvrage The Doctrine of Chances, en 1733, il cherche à approcher les probabilités binomiales d'un jeu de pile ou face répété un grand nombre de fois, et découvre la formule de la densité gaussienne — près de soixante-dix ans avant que Carl Friedrich Gauss ne l'associe définitivement à la théorie des erreurs de mesure, en 1809, dans ses travaux d'astronomie. Le nom « loi de Gauss » restera pourtant l'usage.
4.1 Lire la table ou la calculatrice
Méthode — utiliser la table de Φ
On note Φ(z)=P(Z⩽z). La table (ou la calculatrice, fonction normalFRép ou NormalCDF) donne directement Φ(z) pour z⩾0.
Pour z<0 : symétrie, Φ(z)=1−Φ(−z).
Pour P(a⩽Z⩽b) : on calcule Φ(b)−Φ(a).
z
0
0,5
1
1,28
1,645
1,96
2
2,33
2,58
3
Φ(z)
0,5000
0,6915
0,8413
0,8997
0,9500
0,9750
0,9772
0,9901
0,9951
0,9987
Exemple — calculs directs
À l'aide de la table ci-dessus, calculons P(Z⩽1) et P(Z⩾−1).
P(Z⩽1)=Φ(1)=0,8413
P(Z⩾−1)=P(Z⩽1)symétrie de φ
=0,8413
Exemple — un intervalle
Calculons P(0,5⩽Z⩽2).
P(0,5⩽Z⩽2)=Φ(2)−Φ(0,5)
=0,9772−0,6915
=0,2857
Figure 3 — Loi normale centrée réduite : 68 % de l'aire entre −1 et 1, 95 % entre −2 et 2, 99,7 % entre −3 et 3.
Propriété — valeurs usuelles
P(−1,96⩽Z⩽1,96)≈0,95P(−2,58⩽Z⩽2,58)≈0,99
Ces deux valeurs, 1,96 et 2,58, sont incontournables : elles reviennent sans cesse dans les sondages et les intervalles de confiance de la section 6.
5Loi normale N(μ;σ2)
La loi N(0;1) n'est qu'un cas particulier. Dans la réalité, une grandeur mesurée a rarement une moyenne nulle et un écart-type de 1 : on généralise donc à une loi normale de paramètresμ et σ, quelconques.
Définition
Soient μ∈R et σ>0. Une variable aléatoire X suit la loi normaleN(μ;σ2) lorsque sa densité, définie sur R, est :
f(x)=σ2π1e−2σ2(x−μ)2
On admet que E(X)=μ et que l'écart-type de X vaut σ : μ est le centre de symétrie de la cloche, σ en règle « l'étalement ».
5.1 Centrage-réduction
Théorème
Si X∼N(μ;σ2), alors Z=σX−μ suit la loi normale centrée réduite N(0;1).
Démonstration
Notons FX la fonction de répartition de X et Φ celle de Z∼N(0;1). Pour tout réel x :
FX(x)=P(X⩽x)=P(σX−μ⩽σx−μ)on divise par σ>0, l'ordre est conservé
=Φ(σx−μ)
En dérivant les deux membres par rapport à x, avec Φ′=φ :
f(x)=FX′(x)=σ1φ(σx−μ)=σ2π1e−2σ2(x−μ)2
ce qui est bien la densité de N(μ;σ2) : la loi de Z est donc N(0;1). C.Q.F.D.
Méthode — calculer une probabilité pour X∼N(μ;σ2)
P(X⩽b)=P(Z⩽σb−μ)=Φ(σb−μ)
On centre-réduit, puis on lit Φ dans la table ou à la calculatrice.
Figure 4 — Centrer-réduire ne change pas la forme de la cloche : c'est un changement d'échelle et d'origine sur l'axe des abscisses.
Propriété — règle 68-95-99,7
Si X∼N(μ;σ2) :
P(μ−σ⩽X⩽μ+σ)≈0,683P(μ−2σ⩽X⩽μ+2σ)≈0,954
P(μ−3σ⩽X⩽μ+3σ)≈0,997
C'est la traduction directe, sur X, des zones de la figure 3.
Math & Co — Quetelet et l'« homme moyen »
C'est l'astronome et statisticien belge Adolphe Quetelet (1796-1874) qui, le premier, applique la courbe de Gauss à des mesures humaines. Dans Sur l'homme et le développement de ses facultés, publié en 1835, il reprend les mesures de tour de poitrine de 5738 soldats écossais et montre qu'elles se répartissent selon une courbe en cloche quasi parfaite. Il invente le concept d'« homme moyen » : depuis, la loi normale reste le modèle de référence pour les tailles, poids et autres caractéristiques biométriques d'une population.
Exemple — tailles des élèves de Terminale
On admet que la taille X (en cm) des élèves de Terminale d'un grand lycée suit la loi N(170;82).
P(162⩽X⩽178)=P(μ−σ⩽X⩽μ+σ)
≈0,683règle des 68 %, avec μ=170, σ=8
P(X⩾186)=P(Z⩾2)=1−Φ(2)186=μ+2σ
=1−0,9772
≈0,0228
Exemple — notes au bac
On admet que la note X (sur 20) d'un candidat à une épreuve de mathématiques suit la loi N(10;22).
P(8⩽X⩽12)≈0,683intervalle [μ−σ;μ+σ]
P(X⩾14)=P(Z⩾214−10)=P(Z⩾2)
≈0,0228un peu plus de 2 candidats sur 100 obtiennent 14 ou plus
6Intervalles de fluctuation et de confiance
La loi binomiale, vue en Première, compte des succès ; la loi normale mesure des grandeurs continues. Le théorème de Moivre-Laplace relie les deux : lorsque le nombre d'épreuves n est grand, la loi binomiale « ressemble » à une loi normale bien choisie. C'est le pont qui permet de construire des intervalles de fluctuation et de confiance, outils essentiels de tout sondage.
6.1 Le théorème de Moivre-Laplace
Théorème de Moivre-Laplace
Soit Xn une variable aléatoire suivant la loi binomiale B(n;p). Lorsque n est assez grand, la loi de Xn est bien approchée par la loi normale N(np;np(1−p)), de même espérance et de même variance que Xn. En pratique, l'approximation est jugée valable dès que :
n⩾30np⩾5n(1−p)⩾5
Démonstration — idée de preuve
La démonstration complète, due à de Moivre (1733, cas p=0,5) puis généralisée par Laplace (1810) dans le cadre du théorème central limite, dépasse le programme de Terminale. On peut néanmoins en comprendre l'idée : Xn est une somme de n variables de Bernoulli indépendantes de paramètre p. Or on admet que la somme d'un grand nombre de variables aléatoires indépendantes et de même loi, une fois centrée et réduite, se rapproche d'une loi normale — quelle que soit la loi de départ. Cette convergence, appliquée ici à la loi de Bernoulli, justifie l'approximation.
Figure 5 — Histogramme de la loi B(40;0,25) (P(X=k) en violet) et courbe de la loi normale N(10;7,5) qui l'approche (en vert).
Exemple — élèves pratiquant un sport en club
Dans un lycée d'Abéché, on estime que 25 % des élèves d'une promotion pratiquent un sport en club. On interroge n=40 élèves choisis au hasard ; X est le nombre d'entre eux pratiquant un sport en club.
X∼B(40;0,25)
n=40⩾30, np=10⩾5, n(1−p)=30⩾5les trois conditions de Moivre-Laplace sont vérifiées
doncon approche X par Y∼N(10;7,5), avec σ=7,5≈2,739
P(X⩽13,5)≈P(Y⩽13,5)=Φ(2,73913,5−10)
=Φ(1,28)3,5÷2,739≈1,28
≈0,8997
Environ 90 % des échantillons de 40 élèves compteraient 13 sportifs ou moins.
6.2 Intervalle de fluctuation asymptotique
Définition
Soit p la proportion connue d'un caractère dans une population, et Fn la fréquence de ce caractère observée sur un échantillon aléatoire de taille n, avec n⩾30, np⩾5 et n(1−p)⩾5. L'intervalle de fluctuation asymptotique au seuil de 95 % est :
In=[p−1,96np(1−p);p+1,96np(1−p)]
Pour n grand, P(Fn∈In)≈0,95.
X∼B(n;p) approché par N(np;np(1−p))
doncFn=nX est approché par N(p;np(1−p))
P(−1,96⩽p(1−p)/nFn−p⩽1,96)≈0,95valeur usuelle de la section 4
⇔P(Fn∈In)≈0,95
Exemple — une pièce est-elle équilibrée ?
On lance n=100 fois une pièce ; si elle est parfaitement équilibrée, p=0,5.
n=100⩾30, np=50⩾5, n(1−p)=50⩾5
I100=[0,5−1,961000,25;0,5+1,961000,25]
=[0,5−0,098;0,5+0,098]
=[0,402;0,598]
Si l'on observe 68 piles sur 100 lancers, la fréquence f=0,68 est hors de I100 : au seuil de 95 %, on rejette l'hypothèse d'une pièce équilibrée.
6.3 Intervalle de confiance
Attention
Ne confonds pas les deux notions ! Dans un intervalle de fluctuation, la proportion p est connue, et l'on prédit où tombera la fréquence Fn d'un échantillon. Dans un intervalle de confiance, c'est l'inverse : la fréquence f est observée sur un échantillon, et l'on cherche à estimer la proportion p, inconnue, de la population entière.
Définition
Soit f la fréquence observée d'un caractère sur un échantillon aléatoire de taille n⩾30, avec nf⩾5 et n(1−f)⩾5. L'intervalle de confiance au niveau de confiance 95 % pour la proportion inconnue p est :
IC=[f−1,96nf(1−f);f+1,96nf(1−f)]
Cela signifie que la méthode de construction de IC capture la vraie valeur de p dans 95 % des échantillons : ce n'est pas p qui varie, c'est l'intervalle, d'un échantillon à l'autre.
Méthode — construire un intervalle de confiance
Vérifier que n⩾30, nf⩾5 et n(1−f)⩾5.
Calculer f, la fréquence observée.
Calculer la marge d'erreur 1,96nf(1−f).
Écrire IC=[f−marge;f+marge].
Exemple — sondage
Sur n=200 personnes interrogées, f=0,42 déclarent préférer un produit A.
n=200⩾30, nf=84⩾5, n(1−f)=116⩾5
marge =1,962000,42×0,58≈0,068
⇒IC≈[0,352;0,488]
On estime, avec un niveau de confiance de 95 %, que la vraie proportion p d'amateurs du produit A dans la population est comprise entre 35,2 % et 48,8 %.
Fiche mémo
Densité f : f⩾0, aire totale =1, P(a⩽X⩽b)=∫abf(x)dx, et P(X=a)=0.
Espérance continue : E(X)=∫xf(x)dx.
Loi uniforme U([a;b]) : f(x)=b−a1 ; E(X)=2a+b.
Loi exponentielle E(λ) : f(x)=λe−λx ; P(X⩽t)=1−e−λt ; E(X)=λ1.
Sans vieillissement : PX⩾t(X⩾t+h)=P(X⩾h). Demi-vie : t1/2=λln2.
Loi normale N(0;1) : densité φ(x)=2π1e−x2/2, paire ; Φ(z)=P(Z⩽z).
Moivre-Laplace : B(n;p) approchée par N(np;np(1−p)) si n⩾30, np⩾5, n(1−p)⩾5.
Intervalle de fluctuation (95 %, p connu) : In=[p±1,96np(1−p)].
Intervalle de confiance (95 %, p inconnu, f observée) : IC=[f±1,96nf(1−f)].
7Exercices corrigés
Dix-sept exercices, du plus direct au plus complet, tous corrigés en détail : de quoi vérifier chaque notion du chapitre avant de passer à la pratique du type bac.
Niveau 1 — Application directe
1
Soit f(x)=3x2 sur [0;1].
Vérifier que f est une densité de probabilité sur [0;1].
Calculer P(0,2⩽X⩽0,6).
Voir le corrigé détaillé
1.f est continue et positive sur [0;1].
∫013x2dx=[x3]01=1
doncf est bien une densité de probabilité sur [0;1]
2.
P(0,2⩽X⩽0,6)=∫0,20,63x2dx=[x3]0,20,6
=0,63−0,23
=0,216−0,008
=0,208
2
X suit la loi U([2;9]). Calculer f(x), P(4⩽X⩽5), P(X⩾7) et E(X).
Voir le corrigé détaillé
f(x)=9−21=71
P(4⩽X⩽5)=75−4=71≈0,143
P(X⩾7)=79−7=72≈0,286
E(X)=22+9=5,5
3
X suit la loi E(0,2). Calculer P(X⩽5), P(X>10) et E(X).
Voir le corrigé détaillé
P(X⩽5)=1−e−0,2×5=1−e−1
≈0,6321
P(X>10)=e−0,2×10=e−2
≈0,1353
E(X)=0,21=5
4
Z suit la loi N(0;1). On donne Φ(1)=0,8413 ; Φ(1,5)=0,9332 ; Φ(2)=0,9772. Calculer P(Z⩽1,5), P(Z⩾1), P(−1⩽Z⩽2) et P(Z⩽−1,5).
Voir le corrigé détaillé
P(Z⩽1,5)=Φ(1,5)=0,9332
P(Z⩾1)=1−Φ(1)=1−0,8413
=0,1587
P(−1⩽Z⩽2)=Φ(2)−(1−Φ(1))=0,9772−0,1587
=0,8185
P(Z⩽−1,5)=1−Φ(1,5)=1−0,9332
=0,0668
5
X suit la loi N(50;16). On donne Φ(1,25)=0,8944. Calculer P(X⩽55) puis P(45⩽X⩽55).
Voir le corrigé détaillé
Ici μ=50 et σ=16=4.
P(X⩽55)=Φ(455−50)=Φ(1,25)
=0,8944
45 et 55 sont symétriques autour de μ=50 : P(45⩽X⩽55)=2Φ(1,25)−1
=2×0,8944−1
=0,7888
6
Pour chacun des couples (n;p) suivants, dire si les conditions de l'approximation normale de B(n;p) (théorème de Moivre-Laplace) sont réunies.
n=50;p=0,1
n=25;p=0,4
n=200;p=0,02
n=80;p=0,5
Voir le corrigé détaillé
1.n=50⩾30 ; np=5⩾5 ; n(1−p)=45⩾5. Les trois conditions sont réunies (cas limite pour np).
2.n=25<30 : la première condition échoue, l'approximation n'est pas valable, quelle que soit p.
3.n=200⩾30 mais np=4<5 : la condition np⩾5 échoue, l'approximation n'est pas valable.
4.n=80⩾30 ; np=40⩾5 ; n(1−p)=40⩾5. Les trois conditions sont réunies.
Niveau 2 — Approfondissement
7
Le temps d'attente X (en minutes) à une caisse suit la loi U([0;15]). Sachant que l'attente a déjà dépassé 5 minutes, quelle est la probabilité qu'elle dépasse 12 minutes ?
Voir le corrigé détaillé
On cherche la probabilité conditionnelle PX>5(X>12). Comme 12>5, l'événement (X>12) est inclus dans (X>5).
PX>5(X>12)=P(X>5)P((X>12)∩(X>5))=P(X>5)P(X>12)
P(X>12)=1515−12=0,2
P(X>5)=1515−5≈0,6667
⇒PX>5(X>12)=0,66670,2
=0,3
Contrairement à la loi exponentielle, la loi uniforme n'est pas sans vieillissement : ici PX>5(X>12)=0,3=P(X>7)=158≈0,533.
8
La durée de fonctionnement X (en heures) d'une machine suit une loi exponentielle telle que P(X>1000)=0,5.
Déterminer le paramètre λ.
Retrouver la demi-vie de cette machine.
Sachant que la machine fonctionne encore après 2000 heures, quelle est la probabilité qu'elle fonctionne encore au moins 1000 heures de plus ?
Voir le corrigé détaillé
1.
e−1000λ=0,5
⇔−1000λ=ln(0,5)=−ln2
⇔λ=1000ln2≈0,000693
2. La demi-vie t1/2 vérifie P(X⩽t1/2)=0,5, soit P(X>t1/2)=0,5 : c'est exactement la donnée de l'énoncé, donc t1/2=1000 heures.
3. Par absence de mémoire, avec t=2000 et h=1000 :
PX⩾2000(X⩾3000)=P(X⩾1000)
=0,5
9
X suit la loi N(100;225). On donne Φ(2)=0,9772 et Φ(1)=0,8413. Déterminer le réel a tel que P(X⩽a)=0,9772, puis le réel b tel que P(X⩾b)=0,1587.
Voir le corrigé détaillé
Ici σ=225=15.
P(X⩽a)=0,9772=Φ(2)
⇒15a−100=2
⇒a=130
P(X⩾b)=0,1587⇔P(X⩽b)=1−0,1587=0,8413=Φ(1)
⇒15b−100=1
⇒b=115
10
Une machine conditionne des sacs de riz dont la masse X (en kg) suit la loi N(50;0,52).
Quelle proportion de sacs pèse entre 49 et 51 kg ?
Quelle proportion de sacs s'écarte de la moyenne de plus de 1,5 kg (masse hors de [48,5;51,5]) ?
Voir le corrigé détaillé
Ici μ=50 et σ=0,5.
1.49=μ−2σ et 51=μ+2σ (car 2σ=1).
P(49⩽X⩽51)=P(μ−2σ⩽X⩽μ+2σ)
≈0,954
2.48,5=μ−3σ et 51,5=μ+3σ (car 3σ=1,5).
P(X∈/[48,5;51,5])=1−P(μ−3σ⩽X⩽μ+3σ)
≈1−0,997
=0,003
Seuls 0,3 % des sacs s'écartent de plus de 1,5 kg de la moyenne.
Niveau 3 — Type bac
11
On considère une variable aléatoire X suivant la loi exponentielle de paramètre λ>0.
Restitution organisée de connaissances. Démontrer que pour tous réels t⩾0 et h⩾0 : PX⩾t(X⩾t+h)=P(X⩾h).
Une entreprise de Douala fabrique des groupes électrogènes dont la durée de vie T (en années) suit la loi E(0,1).
Calculer P(T⩾5), arrondi à 10−3.
Un client possède un groupe électrogène en fonctionnement depuis 8 ans. Calculer la probabilité qu'il fonctionne encore au moins 5 ans, en justifiant la méthode.
Déterminer, à l'année près, la demi-vie de ce type de groupe électrogène.
Voir le corrigé détaillé
1. ROC.
PX⩾t(X⩾t+h)=P(X⩾t)P((X⩾t+h)∩(X⩾t))définition de la probabilité conditionnelle
=P(X⩾t)P(X⩾t+h)(X⩾t+h)⊂(X⩾t) car h⩾0
=e−λte−λ(t+h)
=e−λte−λheλt
=e−λh=P(X⩾h)
2.a.
P(T⩾5)=e−0,1×5=e−0,5
≈0,607
2.b. D'après la question 1 (absence de mémoire), avec t=8 et h=5 :
PT⩾8(T⩾13)=P(T⩾5)
≈0,607
2.c.
t1/2=0,1ln2=10ln2
≈6,93 années, soit environ 7 ans
12
Lors d'une session du baccalauréat, la note X (sur 20) obtenue à l'épreuve de mathématiques suit la loi N(10;22). On donne Φ(1)=0,8413 ; Φ(1,28)≈0,8997 ; Φ(2)=0,9772.
Calculer P(8⩽X⩽12).
Un candidat obtient la mention « Bien » si sa note est supérieure ou égale à 14. Calculer la probabilité qu'un candidat obtienne cette mention.
Déterminer, à l'unité près, la note minimale à partir de laquelle un candidat fait partie des 10 % des meilleures copies.
Voir le corrigé détaillé
Figure 6 — Notes à l'épreuve : P(8⩽X⩽12)≈0,683, l'aire entre μ−σ et μ+σ.
1.8=μ−σ et 12=μ+σ.
P(8⩽X⩽12)=2Φ(1)−1
=2×0,8413−1
=0,6826
2.
P(X⩾14)=P(Z⩾214−10)=1−Φ(2)
=1−0,9772
=0,0228
3. On cherche a tel que P(X⩾a)=0,10, soit P(X⩽a)=0,90.
Φ(1,28)≈0,8997≈0,90
donc2a−10≈1,28
⇒a≈10+2,56=12,56
À l'unité près, la note minimale pour figurer parmi les 10 % des meilleures copies est 13.
13
Une usine de Bamako produit des pièces mécaniques ; on estime que 6 % d'entre elles présentent un défaut mineur. On prélève un échantillon aléatoire de n=150 pièces (tirage assimilé à un tirage avec remise) ; X est le nombre de pièces défectueuses.
Justifier que X suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
Vérifier les conditions du théorème de Moivre-Laplace et donner les paramètres de la loi normale approchant X.
Déterminer l'intervalle de fluctuation asymptotique au seuil de 95 % de la fréquence de pièces défectueuses.
Sur l'échantillon prélevé, on compte 15 pièces défectueuses. Que peut-on en conclure ?
Voir le corrigé détaillé
1. Chaque pièce prélevée est, indépendamment des autres, défectueuse (succès, probabilité p=0,06) ou non : X compte le nombre de succès sur n=150 répétitions indépendantes, donc X∼B(150;0,06).
2.
n=150⩾30
np=150×0,06=9⩾5
n(1−p)=150×0,94=141⩾5
Les trois conditions sont réunies ; X est approchée par N(9;8,46), car np(1−p)=150×0,06×0,94=8,46.
3.
marge =1,961500,06×0,94=1,960,000376
≈1,96×0,0194
≈0,038
⇒I150=[0,06−0,038;0,06+0,038]=[0,022;0,098]
4.
f=15015=0,10
0,10∈/[0,022;0,098]
La fréquence observée est hors de l'intervalle de fluctuation : au seuil de 95 %, on rejette l'hypothèse d'un taux de défaut de 6 % — le taux de pièces défectueuses semble avoir augmenté, l'usine doit réagir.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14
La boutique d'Aïssatou (Dakar). Aïssatou tient une boutique d'électroménager à Dakar. Elle vend des ampoules LED dont la durée de vie T (en heures) suit une loi exponentielle d'espérance 8000 heures.
Déterminer le paramètre λ de cette loi.
Calculer P(T>10000), arrondi à 10−3.
Aïssatou rembourse toute ampoule tombée en panne avant 1000 heures. Quelle proportion d'ampoules devra-t-elle rembourser ?
Un client a utilisé une ampoule pendant 6000 heures sans problème. Quelle est la probabilité qu'elle dure encore au moins 4000 heures ? (justifier sans nouveau calcul d'intégrale)
Voir le corrigé détaillé
1.E(T)=λ1=8000⇒λ=80001=0,000125.
2.
P(T>10000)=e−0,000125×10000=e−1,25
≈0,287
3.
P(T<1000)=1−e−0,000125×1000=1−e−0,125
≈1−0,8825
=0,1175
Elle devra rembourser environ 11,75 % des ampoules.
4. La loi exponentielle est sans vieillissement (théorème du cours), donc pour t=6000 et h=4000 :
PT⩾6000(T⩾10000)=P(T⩾4000)=e−0,000125×4000=e−0,5
≈0,607
15
Recrutement sportif (Yaoundé). Un club de basketball de Yaoundé recrute des joueurs. La taille X (en cm) des candidats suit la loi N(182;72).
Calculer la probabilité qu'un candidat mesure entre 175 et 189 cm.
Le club ne retient que les candidats mesurant au moins 195 cm. Sachant Φ(1,86)≈0,9686, calculer la probabilité qu'un candidat pris au hasard soit retenu.
Sur 500 candidats qui se présentent, combien peut-on espérer de candidats retenus (arrondi à l'unité) ?
Voir le corrigé détaillé
1.175=μ−σ et 189=μ+σ (μ=182, σ=7).
P(175⩽X⩽189)=P(μ−σ⩽X⩽μ+σ)
≈0,683
2.
z=7195−182=713≈1,86
P(X⩾195)=1−Φ(1,86)
=1−0,9686
=0,0314
3.
nombre attendu =500×0,0314
=15,7
On peut espérer environ 16 candidats retenus.
16
Pluviométrie à Ndjamena. Un service météorologique relève chaque jour de la saison des pluies s'il a plu ou non. Sur un échantillon aléatoire de n=150 jours de saison des pluies, on observe 45 jours de pluie effective.
Calculer la fréquence observée f de jours pluvieux.
Vérifier les conditions de validité de l'intervalle de confiance.
Déterminer l'intervalle de confiance au niveau 95 % de la proportion p de jours pluvieux durant la saison des pluies à Ndjamena.
Un climatologue affirme que cette proportion atteint 35 %. Est-ce compatible avec l'intervalle trouvé ?
4.0,35∈[0,227;0,373] : l'affirmation du climatologue est compatible avec l'intervalle de confiance obtenu.
17
Contrôle qualité (Abidjan). Une usine d'assemblage automobile à Abidjan produit des pièces dont la masse (en grammes) suit la loi N(250;42). Une pièce est jugée conforme si sa masse est comprise entre 242 g et 258 g.
Montrer que la probabilité qu'une pièce prise au hasard soit conforme vaut environ 0,954.
On prélève un lot de n=300 pièces indépendantes. Soit Y le nombre de pièces non conformes du lot. Donner la loi de Y et ses paramètres.
Vérifier les conditions de Moivre-Laplace pour Y, puis donner les paramètres de la loi normale qui l'approche.
Estimer, à l'unité près, le nombre de pièces non conformes attendu dans un lot de 300 pièces.
Voir le corrigé détaillé
1.242=μ−2σ et 258=μ+2σ (μ=250, σ=4, 2σ=8).
P(242⩽X⩽258)=P(μ−2σ⩽X⩽μ+2σ)
≈0,954
2. Une pièce est non conforme avec la probabilité q=1−0,954=0,046, indépendamment des autres : Y∼B(300;0,046).
3.
n=300⩾30
nq=300×0,046=13,8⩾5
n(1−q)=300×0,954=286,2⩾5
Conditions réunies ; Y est approchée par N(13,8;13,17), car nq(1−q)≈13,17.
4.E(Y)=nq=13,8≈14 pièces non conformes attendues.
Teste-toi gratuitement
8 questions
Nombres complexes : forme algébrique et trigonométrique
Commencer →
8 questions
Logarithme népérien et exponentielle
Commencer →
📝 QCM de fin de leçon — 20 questions
Coche une réponse par question, puis clique sur « Vérifier mes réponses » : tu obtiens ta note sur 20 avec la correction détaillée de chaque question.
Pour une variable aléatoire continue X de densité f sur [a;b], la probabilité P(a⩽X⩽b) se calcule comme :
Explication : Pour une loi continue, les probabilités se lisent comme des aires sous la courbe de densité, et non comme des hauteurs : P(a⩽X⩽b)=∫abf(x)dx.
Pour une variable aléatoire continue X et un réel a, quelle est la valeur de P(X=a) ?
Explication :P(X=a)=∫aaf(x)dx=0 : c'est toujours nul pour une loi continue, même si la densité f(a) elle-même ne l'est pas. Piège classique : ne pas confondre f(a) (une hauteur) et P(X=a) (toujours nulle).
Pour être une densité de probabilité sur un intervalle I, une fonction f doit être continue (ou continue par morceaux), positive ou nulle sur I, et vérifier :
Explication : L'aire totale sous une densité doit valoir exactement 1 (certitude que X prend une valeur dans I). Rien n'empêche f(x) de dépasser 1 par endroits (c'est le cas de la loi exponentielle).
Si X∼U([a;b]), sa densité f(x) sur [a;b] vaut :
Explication : La loi uniforme a une densité constante sur [a;b] ; pour que l'aire du rectangle de base b−a vaille 1, la hauteur doit être b−a1.
Pour X∼U([a;b]), l'espérance E(X) vaut :
Explication : Par symétrie de la loi uniforme, l'espérance est le milieu de l'intervalle : E(X)=2a+b.
Si X∼E(λ) avec λ>0, sa densité est définie sur :
Explication : La loi exponentielle modélise des durées (donc positives) : sa densité f(x)=λe−λx est définie sur [0;+∞[.
Si X∼E(λ), l'espérance E(X) vaut :
Explication : C'est un résultat du cours, démontré par intégration par parties : E(X)=λ1 pour une loi exponentielle de paramètre λ.
Un composant électronique a une durée de vie X∼E(0,2) (en années). Quelle est P(X⩽5) ?
Explication :P(X⩽t)=1−e−λt, donc P(X⩽5)=1−e−0,2×5=1−e−1.
La propriété « sans vieillissement » de la loi exponentielle signifie que :
Explication : C'est le théorème d'absence de mémoire : PX⩾t(X⩾t+h)=P(X⩾h), quel que soit t⩾0 déjà écoulé.
La courbe de la densité φ de la loi normale centrée réduite N(0;1) est :
Explication :φ(x)=2π1e−x2/2 est une fonction paire, φ(−x)=φ(x) : sa courbe en cloche est symétrique par rapport à l'axe (Oy).
Pour Z∼N(0;1), que vaut P(Z⩽0) ?
Explication : Par symétrie de la courbe en cloche autour de 0, l'aire à gauche de 0 vaut exactement la moitié de l'aire totale, donc P(Z⩽0)=0,5.
Avec Φ(1,5)≈0,9332, que vaut P(Z⩾1,5) pour Z∼N(0;1) ?
Si X∼N(μ;σ2), la variable centrée réduite Z=σX−μ suit :
Explication : C'est le théorème de centrage-réduction : en soustrayant la moyenne μ puis en divisant par l'écart-type σ, on obtient toujours une variable qui suit N(0;1), quels que soient μ et σ.
La taille X (en cm) d'une population suit N(170;82). D'après la règle 68-95-99,7, quel est approximativement P(162⩽X⩽178) ?
Explication :162=170−8=μ−σ et 178=170+8=μ+σ : on est dans l'intervalle [μ−σ;μ+σ], qui contient environ 68,3\% de la population selon la règle 68-95-99,7.
Le théorème de Moivre-Laplace permet d'approcher une loi binomiale B(n;p), pour n assez grand, par une loi normale de paramètres :
Explication : La loi normale approchante a la même espérance np et la même variance np(1−p) que la loi binomiale B(n;p).
Les trois conditions usuelles pour appliquer l'approximation de Moivre-Laplace sont :
Explication : Ce sont les trois conditions vues en cours : un effectif suffisant (n⩾30) et des effectifs attendus de succès et d'échecs suffisants (np⩾5 et n(1−p)⩾5).
Dans un intervalle de fluctuation asymptotique, la proportion p est :
Explication : Dans un intervalle de fluctuation, p est connue (on suppose une hypothèse sur la population) et on prédit la fluctuation de la fréquence Fn d'un échantillon. C'est l'inverse dans un intervalle de confiance, où p est inconnue et f est observée.
On observe f=0,4 sur un échantillon de taille n=200 (avec nf⩾5 et n(1−f)⩾5). L'intervalle de confiance à 95% pour la proportion inconnue p est :
Explication : La formule de l'intervalle de confiance au niveau 95% utilise le coefficient 1,96 (issu de P(−1,96⩽Z⩽1,96)≈0,95), et non 1,645 (qui correspond à un seuil unilatéral différent).
Sur n=150 plants de coton examinés dans une coopérative agricole, f=0,12 présentent une maladie foliaire. Les conditions d'application sont vérifiées. Que peut-on affirmer avec l'intervalle de confiance à 95% ?
Explication : L'intervalle de confiance ne donne pas une certitude sur p, mais une estimation : la méthode utilisée capture la vraie valeur de p dans 95% des échantillons possibles.
On lance n=100 fois une pièce supposée équilibrée (p=0,5) ; l'intervalle de fluctuation asymptotique à 95% est I100=[0,402;0,598]. On observe 68 piles sur 100 lancers. Que peut-on conclure ?
Explication : La fréquence observée f=0,68 n'appartient pas à l'intervalle [0,402;0,598] : c'est un événement trop rare sous l'hypothèse p=0,5, donc on rejette cette hypothèse au seuil de 95%.