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Arithmétique dans ℤ

Étudier divisibilité, congruences et théorèmes fondamentaux (série C / spécialité).

Mathématiques Terminale Chapitre 18 / 19 ⏱ 11 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Résoudre une équation diophantienne ax + by = c
  • Utiliser les congruences pour un problème de reste
  • Appliquer Bézout et Gauss dans une démonstration

Compter, partager, coder : trois activités aussi vieilles que les mathématiques, et qui reposent toutes les trois sur une seule notion, la divisibilité dans Z\mathbb{Z}, l'ensemble des entiers relatifs. Quand un commerçant de Bamako répartit équitablement des sacs de céréales entre plusieurs paniers, quand ta carte bancaire vérifie en un instant qu'un numéro de compte est valide, quand un site internet protège un mot de passe avant de l'envoyer sur le réseau, ce sont des restes de division et des nombres premiers qui travaillent en coulisses. Ce chapitre te donne les clés pour comprendre, démontrer et utiliser ces mécanismes.

Tu manies la division depuis le primaire, et les mots « multiple » et « diviseur » te sont familiers depuis longtemps. Ce qui change en Terminale, c'est le passage de la pratique à la preuve : chaque propriété que tu utilisais « parce que ça marche » va désormais être démontrée à partir d'une poignée de définitions précises. Tu vas aussi découvrir deux outils entièrement nouveaux — le théorème de Bézout et le théorème de Gauss — qui permettent de résoudre complètement des équations où seules les solutions entières nous intéressent : les équations diophantiennes.

Une notion neuve structure tout le chapitre : la congruence. Écrire a≡b(modn)a \equiv b \pmod{n} revient à dire que aa et bb laissent le même reste dans la division par nn — une idée d'une grande simplicité, mais d'une puissance immense : critères de divisibilité, calendriers perpétuels, clés de contrôle des numéros bancaires ou des ISBN, chiffrement des messages... la congruence est l'outil discret qui fait fonctionner une bonne partie du monde numérique.

La progression du chapitre suit une logique de construction, brique après brique : la division euclidienne (§1) fournit le reste sur lequel repose l'algorithme d'Euclide (§2) ; celui-ci permet de démontrer le théorème de Bézout (§3), qui entraîne à son tour le théorème de Gauss (§4) ; ces deux théorèmes éclairent la structure des nombres premiers (§5) et donnent tout son sens aux congruences (§6), pour déboucher sur des applications bien concrètes (§7). Prends le temps d'assimiler chaque section avant de passer à la suivante : c'est un chapitre où tout s'enchaîne.

1Divisibilité et division euclidienne

Toute l'arithmétique repose sur une opération que tu pratiques depuis l'école primaire : la division. Il est temps d'en donner une définition précise et d'en démontrer les propriétés.

1.1  Multiples et diviseurs

Définition

Soient aa et bb deux entiers relatifs. On dit que bb divise aa, ou que bb est un diviseur de aa, ou encore que aa est un multiple de bb, lorsqu'il existe un entier k∈Zk \in \mathbb{Z} tel que :

a=bka = bk

On note alors b∣ab \mid a (lire « bb divise aa »).

L'ensemble des multiples d'un entier bb se note bZ={ bk∣k∈Z }b\mathbb{Z} = \{\, bk \mid k \in \mathbb{Z} \,\}. Par exemple 3Z={…,−6,−3,0,3,6,9,…}3\mathbb{Z} = \{ \ldots, -6, -3, 0, 3, 6, 9, \ldots \}.

Exemple — reconnaître une divisibilité
  1. 5∣205 \mid 20car 20=5×420 = 5 \times 4
  2. (−3)∣12(-3) \mid 12car 12=(−3)×(−4)12 = (-3) \times (-4)
  3. 7∤107 \nmid 10aucun entier kk ne vérifie 10=7k10 = 7k
  4. n∣0n \mid 0 pour tout entier nncar 0=n×00 = n \times 0
Attention

Ne confonds pas les rôles : dans « b∣ab \mid a », c'est bb le diviseur et aa le multiple. L'écriture a∣ba \mid b et l'écriture b∣ab \mid a n'ont en général rien à voir. Par ailleurs, 00 ne divise que lui-même : 0∣a0 \mid a équivaut à a=0a = 0, puisque 0×k=00 \times k = 0 quel que soit kk.

1.2  Propriétés de la divisibilité

Propriété

Soient a,b,ca, b, c des entiers relatifs.

  • Réflexivité : a∣aa \mid a ; et 1∣a1 \mid a pour tout aa.
  • Transitivité : si a∣ba \mid b et b∣cb \mid c, alors a∣ca \mid c.
  • Combinaison linéaire : si a∣ba \mid b et a∣ca \mid c, alors pour tous entiers u,vu, v : a∣(bu+cv)a \mid (bu + cv).
Démonstration

Transitivité. Par hypothèse, il existe k∈Zk \in \mathbb{Z} tel que b=akb = ak, et il existe k′∈Zk' \in \mathbb{Z} tel que c=bk′c = bk'.

  1. c=bk′=(ak)k′c = bk' = (ak)k'
  2. ==a(kk′)a(kk')kk′∈Zkk' \in \mathbb{Z}

Donc a∣ca \mid c.

Combinaison linéaire. Par hypothèse, b=akb = ak et c=ak′c = ak' pour deux entiers k,k′k, k'. Pour tous entiers u,vu, v :

  1. bu+cv=aku+ak′vbu + cv = aku + ak'v
  2. ==a(ku+k′v)a(ku + k'v)ku+k′v∈Zku + k'v \in \mathbb{Z}

Donc a∣(bu+cv)a \mid (bu+cv). C.Q.F.D.

Cette dernière propriété est utilisée en permanence : elle affirme que l'ensemble des diviseurs communs à deux nombres reste stable par combinaison — c'est exactement le principe caché derrière l'algorithme d'Euclide de la section suivante.

Exemple — combiner des divisibilités

On sait que 6∣906 \mid 90 et 6∣246 \mid 24. Montrons que 6∣(5×90−3×24)6 \mid (5 \times 90 - 3 \times 24).

  1. 5×90−3×24=450−725 \times 90 - 3 \times 24 = 450 - 72
  2. ==378378
  3. 6∣3786 \mid 378propriété de combinaison linéaire, ou directement 378=6×63378 = 6 \times 63

1.3  Division euclidienne

Quand bb ne divise pas aa, la division « ne tombe pas juste » : il reste quelque chose. La division euclidienne organise ce reste de façon unique.

Théorème — existence et unicité

Soit a∈Za \in \mathbb{Z} et b∈N∗b \in \mathbb{N}^{*}. Il existe un unique couple d'entiers (q,r)(q, r) tel que :

a=bq+ravec0⩽r<ba = bq + r \quad \text{avec} \quad 0 \leqslant r < b

qq s'appelle le quotient et rr le reste de la division euclidienne de aa par bb.

Démonstration

Existence. On admet la propriété d'Archimède : pour tout réel xx, il existe un unique entier qq tel que q⩽x<q+1q \leqslant x < q+1 (la partie entière de xx). Appliquée à x=abx = \dfrac{a}{b}, elle donne un unique entier qq tel que :

  1. q⩽ab<q+1q \leqslant \dfrac{a}{b} < q + 1
  2. ⇒\Rightarrowbq⩽a<bq+bbq \leqslant a < bq + bon multiplie par b>0b > 0, qui conserve l'ordre

Posons r=a−bqr = a - bq. L'encadrement précédent donne exactement 0⩽r<b0 \leqslant r < b, et par construction a=bq+ra = bq + r. L'existence est établie.

Unicité. Supposons a=bq+r=bq′+r′a = bq + r = bq' + r' avec 0⩽r<b0 \leqslant r < b et 0⩽r′<b0 \leqslant r' < b. Alors :

  1. b(q−q′)=r′−rb(q - q') = r' - r
  2. −b<r′−r<b-b < r' - r < bcar 0⩽r<b0 \leqslant r < b et 0⩽r′<b0 \leqslant r' < b
  3. ⇒\Rightarrow∣b(q−q′)∣<b\left| b(q-q') \right| < b
  4. ⇒\Rightarrow∣q−q′∣<1\left| q - q' \right| < 1on divise par b>0b > 0

Or q−q′q - q' est un entier : le seul entier de valeur absolue strictement inférieure à 11 est 00. Donc q=q′q = q', puis r=a−bq=a−bq′=r′r = a - bq = a - bq' = r'. C.Q.F.D.

Exemple — division euclidienne, cas positif

Effectuons la division euclidienne de 875875 par 2323.

  1. 23×38=87423 \times 38 = 874
  2. 875=23×38+1875 = 23 \times 38 + 1
  3. 0⩽1<230 \leqslant 1 < 23le reste convient

Le quotient est q=38q = 38 et le reste est r=1r = 1.

Attention — le piège du dividende négatif

Quand aa est négatif, on ne « tronque » jamais vers zéro : il faut absolument que 0⩽r<b0 \leqslant r < b. Cherchons la division euclidienne de a=−7a = -7 par b=3b = 3.

  1. écriture incorrecte : −7=3×(−2)−1-7 = 3 \times (-2) - 1le reste −1-1 est négatif : interdit !
  2. écriture correcte : −7=3×(−3)+2-7 = 3 \times (-3) + 2
  3. 0⩽2<30 \leqslant 2 < 3le reste convient

Le quotient de −7-7 par 33 est donc q=−3q = -3 et le reste est r=2r = 2, et non −1-1. En cas de doute, ajoute des multiples de bb jusqu'à obtenir un reste dans [0 ; b[[0\,;\,b[.

2PGCD, PPCM, algorithme d'Euclide

Deux entiers ont toujours des diviseurs communs (au moins 11) et des multiples communs (au moins leur produit). Cette section organise ces diviseurs et multiples communs autour de deux nombres privilégiés : le plus grand des uns, le plus petit des autres.

2.1  Le PGCD

Définition

Soient aa et bb deux entiers, non tous les deux nuls. L'ensemble des diviseurs communs positifs de aa et bb est une partie finie et non vide de N∗\mathbb{N}^{*} (elle contient 11) : elle possède donc un plus grand élément, appelé plus grand commun diviseur de aa et bb, noté pgcd⁡(a,b)\operatorname{pgcd}(a,b).

Exemple — calcul direct par les diviseurs

Cherchons pgcd⁡(18,24)\operatorname{pgcd}(18, 24).

  1. diviseurs de 1818 : {1,2,3,6,9,18}\{1, 2, 3, 6, 9, 18\}
  2. diviseurs de 2424 : {1,2,3,4,6,8,12,24}\{1, 2, 3, 4, 6, 8, 12, 24\}
  3. diviseurs communs : {1,2,3,6}\{1, 2, 3, 6\}
  4. ⇒\Rightarrowpgcd⁡(18,24)=6\operatorname{pgcd}(18, 24) = 6

Cette méthode par liste devient vite impraticable pour de grands nombres : c'est pour cela que les mathématiciens grecs ont inventé un algorithme bien plus rapide.

2.2  L'algorithme d'Euclide

Propriété fondamentale

Soient a∈Za \in \mathbb{Z} et b∈N∗b \in \mathbb{N}^{*}. Si rr est le reste de la division euclidienne de aa par bb, alors :

pgcd⁡(a,b)=pgcd⁡(b,r)\operatorname{pgcd}(a, b) = \operatorname{pgcd}(b, r)

Démonstration

On a a=bq+ra = bq + r pour un certain entier qq. Montrons que aa et bb ont exactement les mêmes diviseurs communs que bb et rr.

Soit dd un diviseur commun de aa et bb : d∣ad \mid a et d∣bd \mid b. Comme r=a−bqr = a - bq est une combinaison linéaire de aa et bb, la propriété de la section 1 donne d∣rd \mid r. Donc dd est un diviseur commun de bb et rr.

Réciproquement, soit dd un diviseur commun de bb et rr : d∣bd \mid b et d∣rd \mid r. Comme a=bq+ra = bq + r est une combinaison linéaire de bb et rr, on obtient d∣ad \mid a. Donc dd est un diviseur commun de aa et bb.

Les couples (a,b)(a,b) et (b,r)(b,r) ont donc le même ensemble de diviseurs communs — en particulier le même plus grand, d'où pgcd⁡(a,b)=pgcd⁡(b,r)\operatorname{pgcd}(a,b) = \operatorname{pgcd}(b,r). C.Q.F.D.

Méthode — calculer un PGCD par l'algorithme d'Euclide

On répète les divisions euclidiennes en remplaçant à chaque étape le couple (a,b)(a,b) par (b,r)(b,r), jusqu'à obtenir un reste nul. Le PGCD est alors le dernier reste non nul. L'algorithme s'arrête toujours : la suite des restes est strictement décroissante dans N\mathbb{N}, elle ne peut décroître indéfiniment.

Calcul de pgcd(252 ; 198) par divisions successives 1 252 = 198 × 1 + 54 on remplace (a, b) par (b, r) 2 198 = 54 × 3 + 36 3 54 = 36 × 1 + 18 4 36 = 18 × 2 + 0 reste nul : on s'arrête pgcd(252 ; 198) = 18
Figure 1 — L'algorithme d'Euclide : à chaque étape, on remplace le couple (a,b)(a,b) par (b,r)(b,r) où rr est le reste de la division de aa par bb ; le PGCD est le dernier reste non nul.
Exemple — un second calcul, pour t'entraîner

Calculons pgcd⁡(120,45)\operatorname{pgcd}(120, 45) par l'algorithme d'Euclide.

  1. 120=45×2+30120 = 45 \times 2 + 30
  2. 45=30×1+1545 = 30 \times 1 + 15
  3. 30=15×2+030 = 15 \times 2 + 0
  4. ⇒\Rightarrowpgcd⁡(120,45)=15\operatorname{pgcd}(120, 45) = 15dernier reste non nul
Math & Co — Le plus vieil algorithme du monde

L'algorithme que tu viens d'apprendre apparaît, décrit avec une précision remarquable, dans le Livre VII des Éléments d'Euclide, rédigés à Alexandrie vers −300-300. Euclide le présente sous forme géométrique, comme un procédé de « soustractions successives » de segments, et l'utilise pour démontrer que deux nombres premiers entre eux n'ont pas d'autre diviseur commun que 11.

Vingt-trois siècles plus tard, cet algorithme est toujours enseigné tel quel, et sa version rapide reste l'un des algorithmes les plus utilisés en informatique : il intervient par exemple dans les logiciels de cryptographie, dont le système RSA que tu découvriras en fin de chapitre.

2.3  Nombres premiers entre eux

Définition

Deux entiers aa et bb sont dits premiers entre eux lorsque pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b) = 1, c'est-à-dire lorsque leur seul diviseur positif commun est 11.

Attention

« aa et bb premiers entre eux » ne signifie pas que aa ou bb est un nombre premier ! Par exemple, 88 et 1515 sont premiers entre eux (pgcd⁡(8,15)=1\operatorname{pgcd}(8,15)=1) bien qu'aucun des deux ne soit un nombre premier.

2.4  PPCM et relation avec le PGCD

Définition

Soient aa et bb deux entiers non nuls. L'ensemble des multiples strictement positifs communs à aa et bb est une partie non vide de N∗\mathbb{N}^{*} (elle contient ∣ab∣|ab|) : elle possède donc un plus petit élément, appelé plus petit commun multiple de aa et bb, noté ppcm⁡(a,b)\operatorname{ppcm}(a,b).

Propriété

Pour tous entiers non nuls aa et bb :

pgcd⁡(a,b)×ppcm⁡(a,b)=∣a×b∣\operatorname{pgcd}(a,b) \times \operatorname{ppcm}(a,b) = |a \times b|

En particulier, si aa et bb sont premiers entre eux, ppcm⁡(a,b)=∣ab∣\operatorname{ppcm}(a,b) = |ab|.

Cette relation, admise à ce stade, se justifie très naturellement à l'aide de la décomposition en facteurs premiers que tu découvriras en section 5 ; nous y reviendrons brièvement à ce moment-là.

Exemple — utiliser la relation PGCD × PPCM

On a vu que pgcd⁡(120,45)=15\operatorname{pgcd}(120, 45) = 15. Déduisons-en ppcm⁡(120,45)\operatorname{ppcm}(120,45).

  1. pgcd⁡(120,45)×ppcm⁡(120,45)=120×45\operatorname{pgcd}(120,45) \times \operatorname{ppcm}(120,45) = 120 \times 45
  2. 15×ppcm⁡(120,45)=5 40015 \times \operatorname{ppcm}(120,45) = 5\,400
  3. ⇒\Rightarrowppcm⁡(120,45)=360\operatorname{ppcm}(120,45) = 360

3Théorème de Bézout

Nous savons calculer pgcd⁡(a,b)\operatorname{pgcd}(a,b) grâce à l'algorithme d'Euclide. Le théorème que voici va beaucoup plus loin : il affirme que ce pgcd peut toujours s'écrire comme une combinaison entière de aa et de bb. Cette identité, d'apparence modeste, est l'outil le plus puissant du chapitre : elle fonde le théorème de Gauss, la résolution des équations diophantiennes, et de nombreuses applications.

3.1  L'identité de Bézout

Théorème de Bézout

Soient aa et bb deux entiers relatifs non tous deux nuls, et d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b). Il existe deux entiers relatifs uu et vv tels que :

au+bv=dau+bv=d

Un tel couple (u,v)(u,v) s'appelle un couple de coefficients de Bézout pour aa et bb.

Démonstration — par le plus petit élément

Considérons l'ensemble des entiers strictement positifs qui s'écrivent comme combinaison de aa et bb :

E={ au+bv  |  u,v∈Z }∩N∗E=\left\{\, au+bv \;\middle|\; u,v\in\mathbb{Z} \,\right\}\cap\mathbb{N}^{*}

EE est une partie non vide de N∗\mathbb{N}^{*} : elle contient a×a+b×b=a2+b2>0a\times a+b\times b=a^{2}+b^{2}>0 (pris avec u=au=a, v=bv=b). Elle possède donc un plus petit élément δ=au0+bv0\delta=au_{0}+bv_{0}, avec u0,v0∈Zu_{0},v_{0}\in\mathbb{Z}.

δ\delta divise aa. Effectuons la division euclidienne de aa par δ\delta : a=δq+ra=\delta q+r avec 0⩽r<δ0\leqslant r<\delta.

  1. r=a−δqr=a-\delta q
  2. ==a−(au0+bv0)qa-(au_{0}+bv_{0})q
  3. ==a(1−u0q)+b(−v0q)a(1-u_{0}q)+b(-v_{0}q)combinaison de aa et bb

Si r>0r>0, alors r∈Er\in E et r<δr<\delta : cela contredit la minimalité de δ\delta. Donc r=0r=0, c'est-à-dire δ∣a\delta\mid a. Le même raisonnement, en échangeant les rôles, donne δ∣b\delta\mid b.

δ=d\delta=d. δ\delta est un diviseur commun de aa et bb, donc δ⩽d\delta\leqslant d. Réciproquement, dd divise aa et bb, donc dd divise toute combinaison au0+bv0=δau_{0}+bv_{0}=\delta (propriété de la section 1) : ainsi d⩽δd\leqslant\delta. Donc δ=d\delta=d, et d=au0+bv0d=au_{0}+bv_{0}. C.Q.F.D.

Exemple — vérifier une identité de Bézout

Pour a=5a=5 et b=3b=3, on a pgcd⁡(5,3)=1\operatorname{pgcd}(5,3)=1, et (u,v)=(−1,2)(u,v)=(-1,2) convient :

  1. 5×(−1)+3×2=−5+65\times(-1)+3\times2=-5+6
  2. ==11bien le pgcd de 55 et 33

3.2  Caractérisation des nombres premiers entre eux

Corollaire

Deux entiers aa et bb sont premiers entre eux si et seulement si il existe deux entiers u,vu,v tels que :

au+bv=1au+bv=1

Démonstration

Si pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1, le théorème de Bézout donne directement u,vu,v tels que au+bv=1au+bv=1.

Réciproquement, supposons au+bv=1au+bv=1 et notons d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b). Comme d∣ad\mid a et d∣bd\mid b, dd divise la combinaison au+bv=1au+bv=1 (propriété de la section 1). Un diviseur positif de 11 valant nécessairement 11, on conclut d=1d=1. C.Q.F.D.

Exemple — retrouver un résultat de la section 2

On avait affirmé, sans le prouver, que 88 et 1515 sont premiers entre eux :

  1. 8×2+15×(−1)=16−158\times2+15\times(-1)=16-15
  2. ==11donc pgcd⁡(8,15)=1\operatorname{pgcd}(8,15)=1 par le corollaire
Attention

Le couple (u,v)(u,v) donné par Bézout n'est jamais unique : si au+bv=dau+bv=d, alors pour tout entier kk, le couple (u+kbd, v−kad)\left(u+k\dfrac{b}{d},\ v-k\dfrac{a}{d}\right) convient aussi (développe pour t'en convaincre). Une identité de Bézout n'est donc qu'un couple parmi une infinité — ce fait reviendra en section 4.3.

3.3  Recherche pratique : la remontée de l'algorithme d'Euclide

Méthode — trouver un couple de Bézout

On effectue l'algorithme d'Euclide pour obtenir d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b), puis on remonte les égalités une à une, de la dernière division utile jusqu'à la première, pour exprimer dd comme combinaison de aa et bb.

Exemple — coefficients de Bézout pour 252 et 198

La section 2 a donné (Figure 1) : 252=198×1+54252=198\times1+54 ; 198=54×3+36198=54\times3+36 ; 54=36×1+1854=36\times1+\mathbf{18} ; 36=18×2+036=18\times2+0, donc pgcd⁡(252,198)=18\operatorname{pgcd}(252,198)=18. Remontons à partir de l'avant-dernière ligne :

  1. 18=54−36×118=54-36\times1
  2. 36=198−54×336=198-54\times3on réinjecte cette égalité
  3. ⇒\Rightarrow18=54−(198−54×3)×118=54-(198-54\times3)\times1
  4. ==54×4−198×154\times4-198\times1
  5. 54=252−198×154=252-198\times1on réinjecte une seconde fois
  6. ⇒\Rightarrow18=(252−198)×4−19818=(252-198)\times4-198
  7. ==252×4−198×5252\times4-198\times5

Vérification : 252×4−198×5=1 008−990=18252\times4-198\times5=1\,008-990=18. Le couple (u,v)=(4,−5)(u,v)=(4,-5) convient.

3.4  Une première application : l'équation ax+by=cax+by=c

Une équation dont on cherche uniquement les solutions entières s'appelle une équation diophantienne, du nom du mathématicien grec Diophante d'Alexandrie. Le théorème de Bézout répond entièrement à la question de l'existence de solutions pour ax+by=cax+by=c, d'inconnues x,yx,y.

Théorème — condition d'existence

Soient a,ba,b deux entiers non tous deux nuls, cc un entier, et d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b). L'équation ax+by=cax+by=c, d'inconnues (x,y)∈Z2(x,y)\in\mathbb{Z}^{2}, admet au moins une solution si et seulement si d∣cd\mid c.

Démonstration

Condition nécessaire. Si (x,y)(x,y) est solution, dd divise aa et bb, donc divise la combinaison ax+by=cax+by=c.

Condition suffisante. Si d∣cd\mid c, écrivons c=dkc=dk avec k∈Zk\in\mathbb{Z}. Par Bézout, il existe u,vu,v tels que au+bv=dau+bv=d. En multipliant par kk :

  1. a(uk)+b(vk)=dka(uk)+b(vk)=dk
  2. ==cc

Le couple (x,y)=(uk,vk)(x,y)=(uk,vk) est donc une solution. C.Q.F.D.

Attention — vérifie toujours d∣cd\mid c

L'équation 4x+6y=74x+6y=7 n'a aucune solution entière : pgcd⁡(4,6)=2\operatorname{pgcd}(4,6)=2 et 2∤72\nmid7 (4x+6y4x+6y est toujours pair, 77 est impair). C'est le premier réflexe à avoir face à une équation diophantienne.

Exemple — une solution particulière de 12x+18y=3012x+18y=30
  1. pgcd⁡(12,18)=6\operatorname{pgcd}(12,18)=6par l'algorithme d'Euclide
  2. 30=6×530=6\times5donc 6∣306\mid30 : l'équation a des solutions
  3. 12x+18y=3012x+18y=30
  4.   ⟺  \iff2x+3y=52x+3y=5on divise les deux membres par 66
  5. 2×(−1)+3×1=12\times(-1)+3\times1=1couple de Bézout pour 22 et 33
  6. ⇒\Rightarrow2×(−5)+3×5=52\times(-5)+3\times5=5on multiplie par 55

Le couple (x0,y0)=(−5,5)(x_{0},y_{0})=(-5,5) est une solution particulière. Reste à décrire toutes les solutions : ce sera l'objet de la section 4.3, avec le théorème de Gauss.

Math & Co — Un nom pour deux mathématiciens

Étienne Bézout (1730-1783), examinateur des élèves de la Marine puis de l'Artillerie royales françaises, établit ce résultat en 1779 dans sa Théorie générale des équations algébriques — pour des polynômes, un cadre bien plus général que celui des entiers. Mais pour les entiers, l'identité était connue plus d'un siècle avant lui : le Français Claude-Gaspard Bachet de Méziriac l'expose dès 1624 dans Problèmes plaisants et délectables qui se font par les nombres, comme méthode de résolution des équations en nombres entiers. L'histoire a retenu le nom de Bézout ; la priorité revient à Bachet.

4Théorème de Gauss

Le théorème de Bézout ouvre la voie à un second résultat, tout aussi central : le théorème de Gauss précise à quelle condition un nombre qui divise un produit est obligé de diviser l'un des deux facteurs. Il permet notamment de décrire toutes les solutions d'une équation diophantienne.

4.1  Énoncé et démonstration

Théorème de Gauss

Soient a,b,ca,b,c des entiers relatifs. Si a∣bca\mid bc et si pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1, alors :

a∣ca\mid c

Démonstration

Comme pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1, le théorème de Bézout donne deux entiers u,vu,v tels que au+bv=1au+bv=1. Multiplions par cc :

  1. acu+bcv=cacu+bcv=c

Or a∣acua\mid acu (facteur aa apparent), et a∣bcva\mid bcv car a∣bca\mid bc par hypothèse. Donc aa divise la somme acu+bcvacu+bcv, c'est-à-dire a∣ca\mid c. C.Q.F.D.

Exemple — appliquer le théorème de Gauss

Sachant que 23∣7n23\mid7n pour un entier nn, et que pgcd⁡(23,7)=1\operatorname{pgcd}(23,7)=1 (deux nombres premiers distincts), le théorème de Gauss donne directement 23∣n23\mid n.

Attention — l'hypothèse « premiers entre eux » est indispensable

Sans elle, la conclusion est fausse : 6∣4×3=126\mid4\times3=12, pourtant 6∤46\nmid4 et 6∤36\nmid3. Ici pgcd⁡(6,4)=2≠1\operatorname{pgcd}(6,4)=2\neq1 : l'hypothèse du théorème n'est pas vérifiée, on n'a donc aucun droit de conclure.

4.2  Corollaires

Corollaire

Soient a,b,ca,b,c des entiers. Si a∣ca\mid c, b∣cb\mid c et pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1, alors :

ab∣cab\mid c

Démonstration
  1. c=akc=akk∈Zk\in\mathbb{Z}, car a∣ca\mid c
  2. b∣akb\mid akcar b∣cb\mid c
  3. ⇒\Rightarrowb∣kb\mid kthéorème de Gauss, pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1
  4. k=bk′k=bk'k′∈Zk'\in\mathbb{Z}
  5. ⇒\Rightarrowc=a(bk′)c=a(bk')
  6. ==(ab)k′(ab)k'donc ab∣cab\mid c

C.Q.F.D.

Exemple — utiliser le corollaire

On a 4∣1804\mid180 et 9∣1809\mid180, avec pgcd⁡(4,9)=1\operatorname{pgcd}(4,9)=1. Le corollaire donne 4×9=36∣1804\times9=36\mid180, ce que l'on vérifie : 180=36×5180=36\times5.

Ce corollaire, combiné à la décomposition en facteurs premiers, justifiera en section 5 la formule liant PGCD et PPCM admise en section 2.

4.3  Résolution complète de l'équation ax+by=cax+by=c

Propriété — simplifier par le pgcd

Si d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b), alors ad\dfrac{a}{d} et bd\dfrac{b}{d} sont premiers entre eux. En effet, Bézout donne au+bv=dau+bv=d pour des entiers u,vu,v ; en divisant par dd, on obtient adu+bdv=1\dfrac{a}{d}u+\dfrac{b}{d}v=1, donc pgcd⁡ ⁣(ad,bd)=1\operatorname{pgcd}\!\left(\dfrac{a}{d},\dfrac{b}{d}\right)=1 par le corollaire de la section 3.2.

Théorème — solution générale

Soient a,ba,b des entiers non nuls, d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b), cc un multiple de dd, et (x0,y0)(x_{0},y_{0}) une solution particulière de ax+by=cax+by=c. L'ensemble des solutions entières est exactement :

{(x0+kbd, y0−kad)  |  k∈Z}\left\{\left(x_{0}+k\dfrac{b}{d},\ y_{0}-k\dfrac{a}{d}\right)\;\middle|\;k\in\mathbb{Z}\right\}

Démonstration

Ces couples sont solutions. Pour tout k∈Zk\in\mathbb{Z} :

  1. a(x0+kbd)+b(y0−kad)a\left(x_{0}+k\dfrac{b}{d}\right)+b\left(y_{0}-k\dfrac{a}{d}\right)
  2. ==ax0+by0+kabd−kabdax_{0}+by_{0}+k\dfrac{ab}{d}-k\dfrac{ab}{d}
  3. ==ax0+by0ax_{0}+by_{0}
  4. ==cccar (x0,y0)(x_{0},y_{0}) est solution

Il n'y en a pas d'autres. Soit (x,y)(x,y) une solution quelconque. En soustrayant ax0+by0=cax_{0}+by_{0}=c à ax+by=cax+by=c :

  1. a(x−x0)+b(y−y0)=0a(x-x_{0})+b(y-y_{0})=0
  2. ⇒\Rightarrowad(x−x0)=bd(y0−y)\dfrac{a}{d}(x-x_{0})=\dfrac{b}{d}(y_{0}-y)on divise par dd et on réarrange

Comme ad\dfrac{a}{d} divise bd(y0−y)\dfrac{b}{d}(y_{0}-y) et que ad\dfrac{a}{d} et bd\dfrac{b}{d} sont premiers entre eux (propriété ci-dessus), le théorème de Gauss donne ad∣(y0−y)\dfrac{a}{d}\mid(y_{0}-y) : il existe k∈Zk\in\mathbb{Z} tel que y0−y=kady_{0}-y=k\dfrac{a}{d}, soit y=y0−kady=y_{0}-k\dfrac{a}{d}. En reportant dans l'égalité précédente puis en simplifiant par ad\dfrac{a}{d} (non nul), on obtient x−x0=kbdx-x_{0}=k\dfrac{b}{d}, soit x=x0+kbdx=x_{0}+k\dfrac{b}{d}. C.Q.F.D.

Méthode — résoudre entièrement ax+by=cax+by=c

① Calculer d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b) par Euclide et vérifier que d∣cd\mid c (sinon : aucune solution). ② Simplifier par dd pour obtenir a′x+b′y=c′a'x+b'y=c' avec a′,b′a',b' premiers entre eux. ③ Trouver une solution particulière (x0,y0)(x_{0},y_{0}) par remontée d'Euclide. ④ Écrire la solution générale x=x0+kb′x=x_{0}+kb', y=y0−ka′y=y_{0}-ka', k∈Zk\in\mathbb{Z}.

Exemple — solution générale de 2x+3y=52x+3y=5

La section 3.4 a donné la solution particulière (x0,y0)=(−5,5)(x_{0},y_{0})=(-5,5), avec a′=2a'=2 et b′=3b'=3 déjà premiers entre eux.

  1. x=−5+3k,y=5−2k,k∈Zx=-5+3k,\quad y=5-2k,\quad k\in\mathbb{Z}

Vérification pour k=2k=2 : x=1x=1, y=1y=1, et 2×1+3×1=52\times1+3\times1=5. La figure 2 montre ces solutions : des points régulièrement espacés sur la droite d'équation 2x+3y=52x+3y=5.

Solutions entières de 2x + 3y = 5 x y −6 −4 −2 2 4 6 8 −4 −2 2 4 6 +3 −2 (−5;5) (−2;3) (1;1) (4;−1) (7;−3) x = −5 + 3k y = 5 − 2k (k ∈ ℤ)
Figure 2 — Les solutions entières de 2x+3y=52x+3y=5 forment une suite de points régulièrement espacés sur la droite : d'une solution à la suivante, xx augmente de 33 et yy diminue de 22.
Attention

Le signe « −- » devant kadk\dfrac{a}{d} dans la formule de yy n'est pas arbitraire : il vient directement de la démonstration. En cas de doute, redémontre-le au brouillon, ou vérifie ta formule en substituant deux valeurs de kk dans l'équation de départ.

5Nombres premiers et décomposition

Les nombres premiers sont les briques élémentaires de l'arithmétique : tout entier s'obtient en les multipliant entre eux, d'une seule façon. Cette section démontre qu'il en existe une infinité, présente un algorithme antique pour les répertorier, et énonce le théorème qui organise autour d'eux tous les entiers.

5.1  Nombres premiers et leur infinité

Définition

Un entier p⩾2p\geqslant2 est premier lorsque ses seuls diviseurs positifs sont 11 et pp. Un entier n⩾2n\geqslant2 non premier est dit composé : il a un diviseur dd tel que 1<d<n1<d<n.

Rappelons un fait utile : tout entier n⩾2n\geqslant2 possède au moins un diviseur premier. En effet, l'ensemble de ses diviseurs ⩾2\geqslant2 est non vide (il contient nn) : il admet un plus petit élément pp, qui est premier — un diviseur strict de pp autre que 11 diviserait aussi nn et serait plus petit que pp, contredisant sa minimalité.

Théorème — infinité des nombres premiers

Il existe une infinité de nombres premiers.

Démonstration — Euclide, par l'absurde

Supposons qu'il n'en existe qu'un nombre fini p1,p2,…,pnp_{1},p_{2},\ldots,p_{n}. Considérons :

  1. N=p1×p2×⋯×pn+1N=p_{1}\times p_{2}\times\cdots\times p_{n}+1

NN admet un diviseur premier pp (fait rappelé ci-dessus). Ce pp est nécessairement l'un des pip_{i}, puisque la liste est censée être complète. Or pip_{i} divise le produit p1×⋯×pnp_{1}\times\cdots\times p_{n}, donc pip_{i} diviserait aussi N−p1×⋯×pn=1N-p_{1}\times\cdots\times p_{n}=1 : impossible pour un nombre premier. Contradiction. C.Q.F.D.

Exemple — tester la primalité de 97

Il suffit de tester les diviseurs premiers ⩽97≈9,8\leqslant\sqrt{97}\approx9{,}8, soit 2,3,5,72,3,5,7 :

  1. 9797 est impair ; 9+7=169+7=16 n'est pas multiple de 33 ; 9797 ne finit ni par 00 ni par 55
  2. 97=7×13+697=7\times13+677 ne divise pas 9797
  3. ⇒\Rightarrow9797 est premier

5.2  Le crible d'Ératosthène

Méthode — cribler les nombres premiers jusqu'à NN

On écrit tous les entiers de 22 à NN. On raye les multiples de 22 (sauf 22), puis les multiples du plus petit nombre restant, et ainsi de suite, en s'arrêtant dès que ce plus petit nombre dépasse N\sqrt{N} : au-delà, tout composé restant aurait déjà été rayé. Les nombres jamais rayés sont premiers.

Crible d’Ératosthène : les nombres premiers de 2 à 30 123456789101112131415161718192021222324252627282930
Figure 3 — Après avoir rayé les multiples de 22, 33 et 55 (suffisant car 30≈5,5\sqrt{30}\approx5{,}5), les 1010 nombres entourés sont exactement les nombres premiers inférieurs à 3030.

5.3  Décomposition en facteurs premiers

Théorème — décomposition (admis)

Tout entier n⩾2n\geqslant2 se décompose, de façon unique à l'ordre des facteurs près, en produit de nombres premiers :

n=p1α1×p2α2×⋯×pkαkn=p_{1}^{\alpha_{1}}\times p_{2}^{\alpha_{2}}\times\cdots\times p_{k}^{\alpha_{k}}

où p1<p2<⋯<pkp_{1}<p_{2}<\cdots<p_{k} sont premiers et α1,…,αk∈N∗\alpha_{1},\ldots,\alpha_{k}\in\mathbb{N}^{*}.

L'existence se démontre par récurrence forte, en extrayant à chaque étape un diviseur premier (section 5.1) puis en recommençant sur le quotient ; l'unicité, plus délicate, s'appuie sur le théorème de Gauss appliqué successivement à chaque facteur. Nous l'admettons.

Exemple — décomposer 504
  1. 504=2×252504=2\times252
  2. ==2×2×1262\times2\times126
  3. ==23×632^{3}\times63
  4. ==23×32×72^{3}\times3^{2}\times7
Propriété — nombre de diviseurs

Si n=p1α1×⋯×pkαkn=p_{1}^{\alpha_{1}}\times\cdots\times p_{k}^{\alpha_{k}}, le nombre de diviseurs positifs de nn est (α1+1)×⋯×(αk+1)(\alpha_{1}+1)\times\cdots\times(\alpha_{k}+1).

Exemple — diviseurs de 504
  1. (3+1)×(2+1)×(1+1)(3+1)\times(2+1)\times(1+1)
  2. ==4×3×24\times3\times2
  3. ==2424504504 possède 2424 diviseurs positifs
Propriété — PGCD, PPCM et décomposition

Pour chaque facteur premier commun, le plus petit exposant donne le pgcd, le plus grand donne le ppcm. Comme min⁡(α,β)+max⁡(α,β)=α+β\min(\alpha,\beta)+\max(\alpha,\beta)=\alpha+\beta, on retrouve la formule admise en 2.4 : pgcd⁡(a,b)×ppcm⁡(a,b)=∣ab∣\operatorname{pgcd}(a,b)\times\operatorname{ppcm}(a,b)=|ab|.

Math & Co — Ératosthène, le géomètre de la Terre

Ératosthène de Cyrène (vers −276-276 à −194-194), troisième directeur de la bibliothèque d'Alexandrie, n'est pas qu'un cribleur de nombres : vers −240-240, en comparant l'angle du Soleil à midi entre Alexandrie et Syène (l'actuelle Assouan), il calcule le premier la circonférence de la Terre, avec moins de 2 %2\,\% d'erreur. Son crible, décrit par Nicomaque de Gérase au Ier siècle, reste la méthode la plus simple pour dresser à la main une liste de nombres premiers.

6Congruences dans ℤ

Nous voici au cœur du chapitre. La congruence formalise une idée simple : ne retenir d'un nombre que son reste par nn, en oubliant le quotient — une simplification étonnamment puissante, comme le montrera la section 7.

6.1  Définition et compatibilité avec les opérations

Définition

Soit n∈N∗n\in\mathbb{N}^{*}. Deux entiers aa et bb sont congrus modulo nn lorsque nn divise a−ba-b :

a≡b(modn)⟺n∣(a−b)a\equiv b\pmod n \quad\Longleftrightarrow\quad n\mid(a-b)

Propriété — caractérisation par le reste

a≡b(modn)a\equiv b\pmod n si et seulement si aa et bb ont le même reste dans la division euclidienne par nn.

Démonstration

Notons a=nq+ra=nq+r et b=nq′+r′b=nq'+r' les divisions euclidiennes de aa et bb par nn, avec 0⩽r,r′<n0\leqslant r,r'<n.

  1. a−b=n(q−q′)+(r−r′)a-b=n(q-q')+(r-r')

Si r=r′r=r', a−b=n(q−q′)a-b=n(q-q') est multiple de nn. Réciproquement, si n∣(a−b)n\mid(a-b), alors n∣(r−r′)n\mid(r-r') d'après l'égalité ci-dessus ; or −n<r−r′<n-n<r-r'<n, donc r−r′=0r-r'=0. C.Q.F.D.

Propriété — compatibilité avec ++ et ×\times

Si a≡b(modn)a\equiv b\pmod n et c≡d(modn)c\equiv d\pmod n, alors a+c≡b+d(modn)a+c\equiv b+d\pmod n et ac≡bd(modn)ac\equiv bd\pmod n.

Démonstration

Par hypothèse, a−b=kna-b=kn et c−d=k′nc-d=k'n pour deux entiers k,k′k,k'.

Somme.

  1. (a+c)−(b+d)=(a−b)+(c−d)(a+c)-(b+d)=(a-b)+(c-d)
  2. ==kn+k′nkn+k'n
  3. ==n(k+k′)n(k+k')multiple de nn

Produit. On écrit a=b+kna=b+kn et c=d+k′nc=d+k'n :

  1. ac=(b+kn)(d+k′n)ac=(b+kn)(d+k'n)
  2. ==bd+bk′n+dkn+kk′n2bd+bk'n+dkn+kk'n^{2}
  3. ==bd+n(bk′+dk+kk′n)bd+n(bk'+dk+kk'n)multiple de nn ajouté à bdbd

Donc ac−bdac-bd est multiple de nn. C.Q.F.D.

Par récurrence immédiate, la compatibilité s'étend aux puissances : a≡b(modn) ⇒ ap≡bp(modn)a\equiv b\pmod n\ \Rightarrow\ a^{p}\equiv b^{p}\pmod n pour tout p⩾1p\geqslant1. C'est ce qui rend les congruences si efficaces pour calculer des restes de grands nombres.

Exemple — calculer un reste par congruence

Reste de 15×2315\times23 dans la division par 77 :

  1. 15≡1(mod7)15\equiv1\pmod715=2×7+115=2\times7+1
  2. 23≡2(mod7)23\equiv2\pmod723=3×7+223=3\times7+2
  3. ⇒\Rightarrow15×23≡1×2(mod7)15\times23\equiv1\times2\pmod7compatibilité avec ×\times
  4. ≡\equiv2(mod7)2\pmod7

Le reste de 15×23=34515\times23=345 par 77 est 22, sans poser la division de 345345.

Attention

La compatibilité avec ×\times n'a pas d'équivalent pour la division : de ac≡bc(modn)ac\equiv bc\pmod n on ne peut pas toujours simplifier en a≡b(modn)a\equiv b\pmod n. Exemple : 2×2≡2×5(mod6)2\times2\equiv2\times5\pmod6 (les deux valent 44), pourtant 2≢5(mod6)2\not\equiv5\pmod6. La simplification n'est licite que si pgcd⁡(c,n)=1\operatorname{pgcd}(c,n)=1 (théorème de Gauss).

6.2  Puissances et cycles de restes

Calculer 2100(mod7)2^{100}\pmod7 directement est hors de portée. Mais les restes des puissances successives d'un nombre modulo nn sont périodiques : il n'existe que nn restes possibles.

nn123456
2n mod 72^{n}\bmod7241241
Méthode — calculer aN(modn)a^{N}\pmod n

On calcule les restes de a1,a2,a3,…a^{1},a^{2},a^{3},\ldots modulo nn jusqu'à revoir un reste déjà obtenu : cela signale un cycle de période TT. On effectue alors la division euclidienne N=Tq+sN=Tq+s, et aN≡as(modn)a^{N}\equiv a^{s}\pmod n (ou aTa^{T} si s=0s=0).

Exemple — reste de 21002^{100} modulo 7

Le tableau montre un cycle de période T=3T=3 : 2,4,1,2,4,1,…2,4,1,2,4,1,\ldots

  1. 100=3×33+1100=3\times33+1division de l'exposant par la période
  2. ⇒\Rightarrow2100≡21(mod7)2^{100}\equiv2^{1}\pmod7
  3. ≡\equiv2(mod7)2\pmod7
L'horloge des congruences modulo 7 +4 0 1 2 3 4 5 6 5 + 4 ≡ 2 (mod 7)
Figure 4 — Sur l'horloge à 77 positions, additionner revient à tourner : partant de 55 et avançant de 44 crans, on arrive sur 22, exactement comme 5+4≡2(mod7)5+4\equiv2\pmod7.

6.3  Petit théorème de Fermat

Petit théorème de Fermat

Soit pp premier et aa un entier tel que p∤ap\nmid a. Alors ap−1≡1(modp)a^{p-1}\equiv1\pmod p. De façon équivalente, pour tout entier aa : ap≡a(modp)a^{p}\equiv a\pmod p.

Idée de la preuve : si p∤ap\nmid a, les restes de a,2a,…,(p−1)aa,2a,\ldots,(p-1)a modulo pp sont non nuls et deux à deux distincts — ce sont donc, dans un autre ordre, exactement 1,2,…,p−11,2,\ldots,p-1. En multipliant ces p−1p-1 congruences membre à membre puis en simplifiant par (p−1)!(p-1)! (licite car pgcd⁡((p−1)!,p)=1\operatorname{pgcd}((p-1)!,p)=1, par Gauss), on obtient ap−1≡1(modp)a^{p-1}\equiv1\pmod p.

Exemple — reste de 2102^{10} modulo 11

1111 est premier et 11∤211\nmid2, donc 210≡1(mod11)2^{10}\equiv1\pmod{11} directement par Fermat — ce qui explique pourquoi la période du cycle des restes de 2n2^{n} modulo un premier pp divise toujours p−1p-1. Attention : l'hypothèse « pp premier » est indispensable — pour un module composé, rien ne garantit an−1≡1(modn)a^{n-1}\equiv1\pmod n.

7Applications : critères de divisibilité, codage

Il est temps de récolter les fruits de ce chapitre : les congruences expliquent la preuve par 99, la clé qui protège un numéro de compte ou un livre, le jour de la semaine d'une date future, et le principe qui protège tes échanges sur internet.

7.1  Critères de divisibilité par 3, 9 et 11

Théorème — critères par 3 et par 9

Un entier naturel nn, de chiffres akak−1…a1a0a_{k}a_{k-1}\ldots a_{1}a_{0} en écriture décimale, est congru modulo 99 (et modulo 33) à la somme de ses chiffres :

n≡ak+ak−1+⋯+a0(mod9)n\equiv a_{k}+a_{k-1}+\cdots+a_{0}\pmod9

En particulier, nn est divisible par 99 (resp. 33) si et seulement si la somme de ses chiffres l'est.

Démonstration

n=∑i=0kai×10in=\displaystyle\sum_{i=0}^{k}a_{i}\times10^{i}. Or 10≡1(mod9)10\equiv1\pmod9, donc 10i≡1(mod9)10^{i}\equiv1\pmod9 pour tout ii (compatibilité avec les puissances). Par compatibilité avec ++ et ×\times :

  1. n=∑i=0kai×10in=\displaystyle\sum_{i=0}^{k}a_{i}\times10^{i}
  2. ≡\equiv∑i=0kai×1(mod9)\displaystyle\sum_{i=0}^{k}a_{i}\times1\pmod9
  3. ≡\equivak+⋯+a0(mod9)a_{k}+\cdots+a_{0}\pmod9

Le même raisonnement avec 10≡1(mod3)10\equiv1\pmod3 donne le critère modulo 33. C.Q.F.D.

Théorème — critère par 11

nn est congru modulo 1111 à la somme alternée de ses chiffres, a0−a1+a2−⋯(mod11)a_{0}-a_{1}+a_{2}-\cdots\pmod{11} : nn est divisible par 1111 si et seulement si cette somme alternée l'est.

Même démonstration, en remarquant que 10≡−1(mod11)10\equiv-1\pmod{11}, donc 10i≡(−1)i(mod11)10^{i}\equiv(-1)^{i}\pmod{11}.

Exemple — appliquer les trois critères à 8 624
  1. 8+6+2+4=208+6+2+4=20somme des chiffres
  2. 2020 n'est multiple ni de 33 ni de 998 6248\,624 n'est divisible ni par 33 ni par 99
  3. 4−2+6−8=04-2+6-8=0somme alternée depuis les unités
  4. ⇒\Rightarrow00 est multiple de 1111donc 11∣8 62411\mid8\,624 ; en effet 8 624=11×7848\,624=11\times784

7.2  Clés de contrôle : ISBN et RIB

Une clé de contrôle est un chiffre supplémentaire, calculé par congruence à partir des autres, qui permet de détecter automatiquement une erreur de saisie ou de transmission.

Règle de l'ISBN à 10 chiffres

Un ISBN-10 a1…a10a_{1}\ldots a_{10} vérifie ∑i=110i×ai≡0(mod11)\displaystyle\sum_{i=1}^{10}i\times a_{i}\equiv0\pmod{11} ; le dernier chiffre a10a_{10} (la clé) peut valoir 1010, noté XX.

Exemple — vérifier la clé d'un ISBN

Vérifions l'ISBN 1-234-56789-X1\text{-}234\text{-}56789\text{-}X (chiffres 1,2,3,4,5,6,7,8,9,101,2,3,4,5,6,7,8,9,10) :

  1. 1×1+2×2+3×3+4×4+5×5+6×6+7×7+8×8+9×9+10×101\times1+2\times2+3\times3+4\times4+5\times5+6\times6+7\times7+8\times8+9\times9+10\times10
  2. ==1+4+9+16+25+36+49+64+81+1001+4+9+16+25+36+49+64+81+100
  3. ==385385
  4. 385=11×35385=11\times35reste nul
  5. ⇒\Rightarrowla clé XX (soit 1010) est correcte

Le même principe protège d'autres identifiants : la clé RIB bancaire se calcule par cleˊ=97−(r mod 97)\text{clé}=97-(r\bmod97) ; codes-barres EAN et numéros d'immatriculation utilisent des sommes pondérées analogues, modulo 1010 ou 1111.

7.3  Calendrier perpétuel

Les jours de la semaine se répètent avec une période de 77 : si l'on numérote les jours 00 (lundi) à 66 (dimanche), connaître le jour d'une date de référence permet, par congruence modulo 77, de trouver le jour de n'importe quelle autre date.

Exemple — quel jour tombe le 14 juillet 2026 ?

Le 1er janvier 2026 est un jeudi (jour 33). Comptons les jours écoulés jusqu'au 14 juillet 2026 (20262026 n'est pas bissextile) : 31+28+31+30+31+30+13=19431+28+31+30+31+30+13=194.

  1. 194=7×27+5194=7\times27+5division euclidienne par 77
  2. ⇒\Rightarrowjour ≡3+5(mod7)\equiv3+5\pmod7
  3. ≡\equiv1(mod7)1\pmod7

Le jour 11 correspond à mardi : le 14 juillet 2026 tombe un mardi.

7.4  Chiffrement affine et introduction au RSA

En associant à chaque lettre un entier de 00 (A) à 2525 (Z), on la chiffre par x↦ax+b(mod26)x\mapsto ax+b\pmod{26}, avec pgcd⁡(a,26)=1\operatorname{pgcd}(a,26)=1 pour rester déchiffrable — Bézout donne alors l'inverse de aa modulo 2626.

Exemple — chiffrer avec x↦3x+5(mod26)x\mapsto3x+5\pmod{26}

La lettre E\text{E} (x=4x=4) devient :

  1. 3×4+5=173\times4+5=171717 correspond à la lettre R\text{R}

Le système RSA, qui sécurise une grande partie d'internet, généralise cette idée par x↦xe(modN)x\mapsto x^{e}\pmod N, où N=pqN=pq est le produit de deux très grands nombres premiers secrets : sa sécurité tient à ce que factoriser NN soit, en pratique, infaisable. Chaque outil de ce chapitre — Euclide, Bézout, Gauss, congruences — trouve ainsi une utilité concrète dans les technologies qui t'entourent.

Fiche mémo

  • b∣a  ⟺  ∃k∈Z, a=bkb\mid a\iff\exists k\in\mathbb{Z},\ a=bk ; division euclidienne : a=bq+ra=bq+r, 0⩽r<b0\leqslant r<b, (q,r)(q,r) uniques.
  • Euclide : pgcd⁡(a,b)=pgcd⁡(b,r)\operatorname{pgcd}(a,b)=\operatorname{pgcd}(b,r) ; le pgcd est le dernier reste non nul.
  • pgcd⁡(a,b)×ppcm⁡(a,b)=∣ab∣\operatorname{pgcd}(a,b)\times\operatorname{ppcm}(a,b)=|ab|.
  • Bézout : ∃u,v∈Z, au+bv=pgcd⁡(a,b)\exists u,v\in\mathbb{Z},\ au+bv=\operatorname{pgcd}(a,b) ; a,ba,b premiers entre eux   ⟺  ∃u,v, au+bv=1\iff\exists u,v,\ au+bv=1.
  • Gauss : a∣bca\mid bc et pgcd⁡(a,b)=1 ⇒ a∣c\operatorname{pgcd}(a,b)=1\ \Rightarrow\ a\mid c.
  • ax+by=cax+by=c a des solutions   ⟺  pgcd⁡(a,b)∣c\iff\operatorname{pgcd}(a,b)\mid c ; solution générale x=x0+kbdx=x_{0}+k\dfrac{b}{d}, y=y0−kady=y_{0}-k\dfrac{a}{d}.
  • Nombre premier : seuls diviseurs 11 et lui-même ; infinité de nombres premiers (Euclide).
  • Décomposition : n=p1α1⋯pkαkn=p_{1}^{\alpha_{1}}\cdots p_{k}^{\alpha_{k}} (unique) ; nombre de diviseurs =(α1+1)⋯(αk+1)=(\alpha_{1}+1)\cdots(\alpha_{k}+1).
  • a≡b(modn)  ⟺  n∣(a−b)  ⟺  a\equiv b\pmod n\iff n\mid(a-b)\iff même reste par nn ; compatible avec ++, ×\times, puissances.
  • Petit théorème de Fermat : pp premier, p∤a ⇒ ap−1≡1(modp)p\nmid a\ \Rightarrow\ a^{p-1}\equiv1\pmod p.
  • Divisible par 99 (ou 33)   ⟺  \iff somme des chiffres divisible par 99 (ou 33) ; par 1111   ⟺  \iff somme alternée divisible par 1111.
  • Clé de contrôle, calendrier, chiffrement : toujours une somme pondérée prise modulo un entier fixé.

8Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Effectue la division euclidienne de 1 0001\,000 par 3737, puis celle de −58-58 par 99.

Voir le corrigé détaillé
  1. 37×27=99937\times27=999
  2. 1 000=37×27+11\,000=37\times27+10⩽1<370\leqslant1<37 : q=27q=27, r=1r=1
  3. 9×(−7)=−639\times(-7)=-63
  4. −58=9×(−7)+5-58=9\times(-7)+50⩽5<90\leqslant5<9 : q=−7q=-7, r=5r=5
2

Calcule pgcd⁡(198,84)\operatorname{pgcd}(198,84) par l'algorithme d'Euclide, puis déduis-en ppcm⁡(198,84)\operatorname{ppcm}(198,84).

Voir le corrigé détaillé
  1. 198=84×2+30198=84\times2+30
  2. 84=30×2+2484=30\times2+24
  3. 30=24×1+630=24\times1+6
  4. 24=6×4+024=6\times4+0
  5. ⇒\Rightarrowpgcd⁡(198,84)=6\operatorname{pgcd}(198,84)=6dernier reste non nul
  6. 6×ppcm⁡(198,84)=198×846\times\operatorname{ppcm}(198,84)=198\times84
  7. ⇒\Rightarrowppcm⁡(198,84)=2 772\operatorname{ppcm}(198,84)=2\,772
3

Détermine un couple de Bézout (u,v)(u,v) tel que 48u+18v=pgcd⁡(48,18)48u+18v=\operatorname{pgcd}(48,18).

Voir le corrigé détaillé
  1. 48=18×2+1248=18\times2+12
  2. 18=12×1+618=12\times1+6
  3. 12=6×2+012=6\times2+0pgcd⁡(48,18)=6\operatorname{pgcd}(48,18)=6
  4. 6=18−12×16=18-12\times1
  5. 12=48−18×212=48-18\times2on réinjecte
  6. ⇒\Rightarrow6=18−(48−18×2)6=18-(48-18\times2)
  7. ==48×(−1)+18×348\times(-1)+18\times3

Le couple (u,v)=(−1,3)(u,v)=(-1,3) convient.

4

Résous dans Z2\mathbb{Z}^{2} l'équation 5x+3y=15x+3y=1.

Voir le corrigé détaillé

pgcd⁡(5,3)=1\operatorname{pgcd}(5,3)=1, qui divise 11 : l'équation a des solutions.

  1. 5×(−1)+3×2=−5+65\times(-1)+3\times2=-5+6
  2. ==11couple particulier (x0,y0)=(−1,2)(x_{0},y_{0})=(-1,2)
  3. x=−1+3k,y=2−5k,k∈Zx=-1+3k,\quad y=2-5k,\quad k\in\mathbb{Z}
5

Détermine le reste de 37×4837\times48 dans la division par 99, sans calculer le produit.

Voir le corrigé détaillé
  1. 37≡1(mod9)37\equiv1\pmod937=4×9+137=4\times9+1
  2. 48≡3(mod9)48\equiv3\pmod948=5×9+348=5\times9+3
  3. ⇒\Rightarrow37×48≡1×3(mod9)37\times48\equiv1\times3\pmod9
  4. ≡\equiv3(mod9)3\pmod9
6

Décompose 360360 en produit de facteurs premiers, puis donne le nombre de ses diviseurs positifs.

Voir le corrigé détaillé
  1. 360=2×180360=2\times180
  2. ==22×902^{2}\times90
  3. ==23×452^{3}\times45
  4. ==23×32×52^{3}\times3^{2}\times5
  5. (3+1)×(2+1)×(1+1)(3+1)\times(2+1)\times(1+1)
  6. ==2424360360 possède 2424 diviseurs positifs
Niveau 2 — Approfondissement
7

Montre que 1717 et 2525 sont premiers entre eux en exhibant un couple de Bézout, puis démontre : si 17∣25n17\mid25n, alors 17∣n17\mid n.

Voir le corrigé détaillé
  1. 25=17×1+825=17\times1+8
  2. 17=8×2+117=8\times2+1pgcd⁡(17,25)=1\operatorname{pgcd}(17,25)=1
  3. 1=17−8×21=17-8\times2
  4. 8=25−178=25-17on réinjecte
  5. ⇒\Rightarrow1=17−(25−17)×21=17-(25-17)\times2
  6. ==17×3+25×(−2)17\times3+25\times(-2)

Le couple (3,−2)(3,-2) confirme pgcd⁡(17,25)=1\operatorname{pgcd}(17,25)=1. Comme 17∣25n17\mid25n et pgcd⁡(17,25)=1\operatorname{pgcd}(17,25)=1, le théorème de Gauss donne 17∣n17\mid n.

8

Résous entièrement dans Z2\mathbb{Z}^{2} l'équation 20x+12y=1620x+12y=16.

Voir le corrigé détaillé
  1. pgcd⁡(20,12)=4\operatorname{pgcd}(20,12)=4Euclide : 20=12×1+820=12\times1+8, 12=8×1+412=8\times1+4, 8=4×2+08=4\times2+0
  2. 4∣164\mid16l'équation a des solutions
  3. 20x+12y=1620x+12y=16
  4.   ⟺  \iff5x+3y=45x+3y=4on divise par 44
  5. 5×(−4)+3×8=45\times(-4)+3\times8=4d'après l'exercice 4, coefficients ×4\times4
  6. ⇒\Rightarrowx=−4+3k,y=8−5k,k∈Zx=-4+3k,\quad y=8-5k,\quad k\in\mathbb{Z}
9

Détermine le reste de 3473^{47} dans la division par 1313.

Voir le corrigé détaillé
  1. 32=93^{2}=9
  2. 33=273^{3}=27
  3. ≡\equiv1(mod13)1\pmod{13}cycle de période T=3T=3 : 3,9,1,3,9,1,…3,9,1,3,9,1,\ldots
  4. 47=3×15+247=3\times15+2
  5. ⇒\Rightarrow347≡32(mod13)3^{47}\equiv3^{2}\pmod{13}
  6. ≡\equiv9(mod13)9\pmod{13}

Remarque : 1313 est premier, donc par Fermat 312≡1(mod13)3^{12}\equiv1\pmod{13} ; la période 33 trouvée divise bien 1212.

10

Détermine les chiffres xx et yy tels que N=1 x 2 7 y‾N=\overline{1\,x\,2\,7\,y} soit divisible à la fois par 99 et par 1111.

Voir le corrigé détaillé
  1. 1+x+2+7+y=10+x+y1+x+2+7+y=10+x+ysomme des chiffres, NN div. par 99
  2. ⇒\Rightarrowx+y≡8(mod9)x+y\equiv8\pmod9
  3. y−7+2−x+1=y−x−4y-7+2-x+1=y-x-4somme alternée, NN div. par 1111
  4. ⇒\Rightarrowy−x≡4(mod11)y-x\equiv4\pmod{11}

Avec x,yx,y chiffres (00 à 99), x+y=8x+y=8 et y−x=4y-x=4 donnent y=6y=6, x=2x=2 ; les autres combinaisons possibles conduisent à des valeurs hors de [0 ; 9][0\,;\,9]. Vérification : N=12 276=9×1 364=11×1 116N=12\,276=9\times1\,364=11\times1\,116.

Niveau 3 — Type bac
11

On considère l'équation (E) : 15x−24y=9(E)\ :\ 15x-24y=9, d'inconnue (x,y)∈Z2(x,y)\in\mathbb{Z}^{2}.

  1. Déterminer d=pgcd⁡(15,24)d=\operatorname{pgcd}(15,24) et vérifier que (E)(E) admet des solutions.
  2. Trouver une solution particulière de (E)(E), puis résoudre entièrement (E)(E).
  3. Déterminer la solution pour laquelle xx est strictement positif et minimal.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. 24=15×1+924=15\times1+9
  2. 15=9×1+615=9\times1+6
  3. 9=6×1+39=6\times1+3
  4. 6=3×2+06=3\times2+0
  5. ⇒\Rightarrowd=pgcd⁡(15,24)=3d=\operatorname{pgcd}(15,24)=3

3∣93\mid9 : (E)(E) admet des solutions, équivalente à 5x−8y=35x-8y=3 après division par 33.

2. Remontée pour pgcd⁡(5,8)\operatorname{pgcd}(5,8) :

  1. 8=5×1+38=5\times1+3
  2. 5=3×1+25=3\times1+2
  3. 3=2×1+13=2\times1+1
  4. 1=3−2×11=3-2\times1
  5. 2=5−3×12=5-3\times1on réinjecte
  6. ⇒\Rightarrow1=3−(5−3)1=3-(5-3)
  7. ==3×2−53\times2-5
  8. 3=8−5×13=8-5\times1on réinjecte encore
  9. ⇒\Rightarrow1=(8−5)×2−51=(8-5)\times2-5
  10. ==8×2−5×38\times2-5\times3

Donc 5×(−3)+8×2=15\times(-3)+8\times2=1, et en multipliant par 33 : 5×(−9)+8×6=35\times(-9)+8\times6=3. Comme 8×6=−8×(−6)8\times6=-8\times(-6), le couple (x0,y0)=(−9,−6)(x_{0},y_{0})=(-9,-6) vérifie 5x0−8y0=35x_{0}-8y_{0}=3. Solution générale :

  1. x=−9−8k,y=−6−5k,k∈Zx=-9-8k,\quad y=-6-5k,\quad k\in\mathbb{Z}

3. On veut x=−9−8k>0x=-9-8k>0, soit k<−98k<-\dfrac{9}{8}, donc k⩽−2k\leqslant-2 ; xx est minimal pour le plus grand kk possible, k=−2k=-2 :

  1. x=−9−8×(−2)=7x=-9-8\times(-2)=7
  2. y=−6−5×(−2)=4y=-6-5\times(-2)=4

La solution cherchée est (x,y)=(7,4)(x,y)=(7,4) — on vérifie 15×7−24×4=105−96=915\times7-24\times4=105-96=9.

12

Restitution organisée de connaissances. Démontre que, pour tout entier naturel nn, n3−nn^{3}-n est divisible par 66.

Voir le corrigé détaillé

On factorise : n3−n=n(n−1)(n+1)n^{3}-n=n(n-1)(n+1), produit de trois entiers consécutifs.

Divisibilité par 22. Parmi n−1n-1 et nn, l'un des deux est pair (deux entiers consécutifs), donc 2∣n(n−1)2\mid n(n-1), donc 2∣n(n−1)(n+1)2\mid n(n-1)(n+1).

Divisibilité par 33. Trois cas selon le reste de nn modulo 33 :

  1. si n≡0(mod3)n\equiv0\pmod3 : 3∣n3\mid n
  2. si n≡1(mod3)n\equiv1\pmod3 : n−1≡0(mod3)n-1\equiv0\pmod3, donc 3∣(n−1)3\mid(n-1)
  3. si n≡2(mod3)n\equiv2\pmod3 : n+1≡0(mod3)n+1\equiv0\pmod3, donc 3∣(n+1)3\mid(n+1)

Dans tous les cas, 3∣n(n−1)(n+1)3\mid n(n-1)(n+1). Comme 2∣n3−n2\mid n^{3}-n, 3∣n3−n3\mid n^{3}-n et pgcd⁡(2,3)=1\operatorname{pgcd}(2,3)=1, le corollaire du théorème de Gauss (section 4.2) donne 2×3=6∣n3−n2\times3=6\mid n^{3}-n. C.Q.F.D.

13

Un entier naturel NN vérifie N≡2(mod5)N\equiv2\pmod5 et N≡3(mod7)N\equiv3\pmod7.

  1. Montre que N−17N-17 est divisible par 55 et par 77.
  2. En déduire que N≡17(mod35)N\equiv17\pmod{35}.
  3. Détermine le plus petit entier naturel N>100N>100 vérifiant ces conditions.
Voir le corrigé détaillé

1. 17≡2(mod5)17\equiv2\pmod5 et N≡2(mod5)N\equiv2\pmod5, donc N−17≡0(mod5)N-17\equiv0\pmod5. De même, 17≡3(mod7)17\equiv3\pmod7 et N≡3(mod7)N\equiv3\pmod7, donc N−17≡0(mod7)N-17\equiv0\pmod7.

2. 5∣(N−17)5\mid(N-17), 7∣(N−17)7\mid(N-17) et pgcd⁡(5,7)=1\operatorname{pgcd}(5,7)=1 : le corollaire de Gauss donne 5×7=35∣(N−17)5\times7=35\mid(N-17), soit N≡17(mod35)N\equiv17\pmod{35}.

3.

  1. N=17+35k,k∈NN=17+35k,\quad k\in\mathbb{N}
  2. 17+35k>10017+35k>100
  3. ⇒\Rightarrowk>8335≈2,37k>\dfrac{83}{35}\approx2{,}37
  4. ⇒\Rightarrowk=3k=3plus petit entier convenant
  5. N=17+35×3N=17+35\times3
  6. ==122122
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

Le partage du commerçant (Bamako). Un commerçant du grand marché de Bamako possède 8484 sacs de mil et 126126 sacs de riz. Il veut les répartir dans des paniers identiques, chaque panier ne contenant qu'une seule céréale, sans qu'aucun sac ne reste inutilisé, en mettant le plus grand nombre possible de sacs par panier.

  1. Combien de sacs identiques le commerçant peut-il mettre au maximum dans chaque panier ?
  2. Combien de paniers utilisera-t-il en tout ?
Voir le corrigé détaillé

1. Le nombre de sacs par panier doit diviser à la fois 8484 et 126126 ; le maximum recherché est pgcd⁡(84,126)\operatorname{pgcd}(84,126).

  1. 126=84×1+42126=84\times1+42
  2. 84=42×2+084=42\times2+0
  3. ⇒\Rightarrowpgcd⁡(84,126)=42\operatorname{pgcd}(84,126)=42

Le commerçant peut mettre 4242 sacs par panier.

2.

  1. 84÷42=284\div42=2paniers de mil
  2. 126÷42=3126\div42=3paniers de riz
  3. ⇒\Rightarrow2+3=52+3=5paniers au total
15

La bibliothèque de Dakar. Un ouvrage de la bibliothèque universitaire de Dakar porte l'ISBN 2-7071-1234-?2\text{-}7071\text{-}1234\text{-}?, dont le dernier chiffre (la clé) est effacé. Détermine cette clé.

Voir le corrigé détaillé

Les neuf premiers chiffres sont 2,7,0,7,1,1,2,3,42,7,0,7,1,1,2,3,4.

  1. 1×2+2×7+3×0+4×7+5×1+6×1+7×2+8×3+9×41\times2+2\times7+3\times0+4\times7+5\times1+6\times1+7\times2+8\times3+9\times4
  2. ==2+14+0+28+5+6+14+24+362+14+0+28+5+6+14+24+36
  3. ==129129
  4. 129≡8(mod11)129\equiv8\pmod{11}129=11×11+8129=11\times11+8
  5. 10≡−1(mod11)10\equiv-1\pmod{11}
  6. ⇒\Rightarrow8+10a10≡8−a10(mod11)8+10a_{10}\equiv8-a_{10}\pmod{11}
  7. 8−a10≡0(mod11)8-a_{10}\equiv0\pmod{11}condition de validité de la clé
  8. ⇒\Rightarrowa10≡8(mod11)a_{10}\equiv8\pmod{11}

La clé manquante est 88.

16

Jeu d'énigmes à Douala. Pour un jeu organisé à Douala, chaque lettre (numérotée de 00 pour A à 2525 pour Z) est codée par x↦5x+8(mod26)x\mapsto5x+8\pmod{26}. La première lettre du message codé est P\text{P} (x=15x=15). Quelle est la lettre d'origine ?

Voir le corrigé détaillé

Il faut d'abord inverser 55 modulo 2626 par l'algorithme d'Euclide :

  1. 26=5×5+126=5\times5+1
  2. ⇒\Rightarrow1=26−5×51=26-5\times5
  3. ⇒\Rightarrow5×(−5)≡1(mod26)5\times(-5)\equiv1\pmod{26}
  4. −5≡21(mod26)-5\equiv21\pmod{26}inverse de 55 : c'est 2121

Notons yy la lettre d'origine : 5y+8≡15(mod26)5y+8\equiv15\pmod{26}.

  1. 5y≡7(mod26)5y\equiv7\pmod{26}
  2. ⇒\Rightarrowy≡21×7(mod26)y\equiv21\times7\pmod{26}
  3. ≡\equiv147(mod26)147\pmod{26}
  4. ≡\equiv17(mod26)17\pmod{26}

La lettre d'origine est R\text{R} (y=17y=17). Vérification : 5×17+8=93≡15(mod26)5\times17+8=93\equiv15\pmod{26}, soit P\text{P}.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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« bb divise aa », noté b∣ab \mid a, signifie qu'il existe un entier kk tel que :

Explication : Par définition, b∣ab\mid a signifie qu'il existe k∈Zk\in\mathbb{Z} tel que a=bka = bk : bb est le diviseur, aa le multiple.

Dans la division euclidienne de aa par bb (b∈N∗b\in\mathbb{N}^*), le couple (q,r)(q,r) vérifie :

Explication : Le théorème de la division euclidienne garantit l'existence et l'unicité de (q,r)(q,r) tels que a=bq+ra=bq+r avec 0⩽r<b0\leqslant r<b.

La division euclidienne de a=−7a = -7 par b=3b = 3 donne :

Explication : Il faut 0⩽r<30\leqslant r<3. Or −7=3×(−3)+2-7 = 3\times(-3)+2, avec 0⩽2<30\leqslant2<3 : le reste −1-1 obtenu par troncature vers zéro est interdit, jamais négatif.

Si a∣ba \mid b et a∣ca \mid c, alors pour tous entiers u,vu, v :

Explication : C'est la propriété de combinaison linéaire : un diviseur commun de bb et cc divise toute combinaison entière bu+cvbu+cv. C'est le principe caché derrière l'algorithme d'Euclide.

L'algorithme d'Euclide repose sur la propriété : si rr est le reste de la division de aa par bb, alors :

Explication : Les couples (a,b)(a,b) et (b,r)(b,r) ont exactement les mêmes diviseurs communs, donc le même pgcd : c'est le principe de l'algorithme d'Euclide.

Dans l'algorithme d'Euclide, le PGCD est :

Explication : On répète les divisions jusqu'à obtenir un reste nul ; le PGCD est le dernier reste non nul obtenu juste avant.

Calcule pgcd⁡(150,40)\operatorname{pgcd}(150, 40) par l'algorithme d'Euclide.

Explication : 150=40×3+30150 = 40\times3+30
40=30×1+1040 = 30\times1+10
30=10×3+030 = 10\times3+0
dernier reste non nul : pgcd⁡(150,40)=10\operatorname{pgcd}(150,40)=10.

Deux entiers aa et bb sont premiers entre eux lorsque :

Explication : Par définition, aa et bb sont premiers entre eux si leur seul diviseur positif commun est 11, c'est-à-dire pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1 — cela n'exige pas que aa ou bb soit lui-même premier (ex. 88 et 1515).

Sachant pgcd⁡(36,24)=12\operatorname{pgcd}(36, 24) = 12, quel est ppcm⁡(36,24)\operatorname{ppcm}(36, 24) ?

Explication : pgcd⁡(a,b)×ppcm⁡(a,b)=∣ab∣\operatorname{pgcd}(a,b)\times\operatorname{ppcm}(a,b)=|ab|, donc 12×ppcm⁡=36×24=86412\times\operatorname{ppcm}=36\times24=864
ppcm⁡(36,24)=864/12=72\operatorname{ppcm}(36,24) = 864/12 = 72.

Le théorème de Bézout affirme que si d=pgcd⁡(a,b)d = \operatorname{pgcd}(a,b), alors il existe des entiers relatifs u,vu,v tels que :

Explication : Le théorème de Bézout garantit l'existence d'un couple (u,v)∈Z2(u,v)\in\mathbb{Z}^2 tel que au+bv=dau+bv=d, où d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b).

D'après le corollaire de Bézout, aa et bb sont premiers entre eux si et seulement si :

Explication : aa et bb sont premiers entre eux si et seulement s'il existe u,v∈Zu,v\in\mathbb{Z} tels que au+bv=1au+bv=1 : c'est la caractérisation de Bézout.

Le théorème de Gauss énonce : si a∣bca \mid bc et pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b) = 1, alors :

Explication : C'est l'énoncé exact du théorème de Gauss : si aa divise le produit bcbc et si aa et bb sont premiers entre eux, alors aa divise nécessairement cc.

On sait que 6∣4×3=126 \mid 4 \times 3 = 12, mais 6∤46 \nmid 4 et 6∤36 \nmid 3. Ceci n'est pas une contradiction du théorème de Gauss car :

Explication : L'hypothèse « pgcd⁡(a,b)=1\operatorname{pgcd}(a,b)=1 » est indispensable au théorème de Gauss. Ici pgcd⁡(6,4)=2≠1\operatorname{pgcd}(6,4)=2\neq1, donc on n'a aucun droit de conclure que 66 divise 44 ou 33.

L'équation diophantienne ax+by=cax+by=c (avec d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b)) admet au moins une solution entière si et seulement si :

Explication : D'après le théorème d'existence, ax+by=cax+by=c a des solutions entières si et seulement si d=pgcd⁡(a,b)d=\operatorname{pgcd}(a,b) divise cc.

L'équation 6x+9y=56x + 9y = 5 a-t-elle des solutions entières ?

Explication : pgcd⁡(6,9)=3\operatorname{pgcd}(6,9)=3, et 3∤53\nmid5 : l'équation n'a aucune solution entière. 6x+9y6x+9y est toujours multiple de 33, jamais égal à 55.

Un entier p⩾2p \geqslant 2 est premier lorsque :

Explication : C'est la définition : un entier p⩾2p\geqslant2 est premier si ses seuls diviseurs positifs sont 11 et pp lui-même.

La démonstration d'Euclide de l'infinité des nombres premiers considère, pour une liste finie supposée p1,…,pnp_1,\ldots,p_n, le nombre N=p1×⋯×pn+1N = p_1\times\cdots\times p_n + 1. Elle montre que :

Explication : NN admet un diviseur premier pp, qui devrait être l'un des pip_i (liste supposée complète) ; mais alors pip_i diviserait N−p1×⋯×pn=1N-p_1\times\cdots\times p_n=1, impossible. Contradiction : la liste ne peut être finie.

Deux entiers aa et bb sont congrus modulo nn, noté a≡b(modn)a \equiv b \pmod n, lorsque :

Explication : Par définition, a≡b(modn)  ⟺  n∣(a−b)a\equiv b\pmod n \iff n\mid(a-b), ce qui équivaut aussi à dire que aa et bb ont le même reste dans la division euclidienne par nn.

Le petit théorème de Fermat affirme que si pp est premier et p∤ap \nmid a, alors :

Explication : C'est l'énoncé exact : pp premier, p∤ap\nmid a ⇒\Rightarrow ap−1≡1(modp)a^{p-1}\equiv1\pmod p. Par exemple, 1111 premier et 11∤211\nmid2 donnent 210≡1(mod11)2^{10}\equiv1\pmod{11}.

Le nombre N=6 381N = 6\,381 a pour somme des chiffres 6+3+8+1=186+3+8+1=18. Que peut-on en conclure ?

Explication : N≡N\equiv (somme des chiffres) (mod9)\pmod9 (et donc aussi (mod3)\pmod3). Ici 1818 est multiple de 99 (et de 33), donc NN est divisible à la fois par 33 et par 99 : en effet 6 381=9×7096\,381 = 9\times709.
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