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Probabilités conditionnelles et indépendance

Conditionner, utiliser les arbres pondérés et la formule des probabilités totales.

Mathématiques Terminale Chapitre 13 / 19 ⏱ 9 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Construire un arbre pondéré complet
  • Appliquer la formule des probabilités totales
  • Calculer une probabilité a posteriori

Un médecin annonce à un patient que son test est positif : quelle est, vraiment, la probabilité qu’il soit malade ? Un contrôleur qualité découvre une pièce défectueuse en sortie de chaîne : de quelle machine vient-elle le plus probablement ? Un institut de sondage interroge des habitants de deux villes différentes : que peut-on déduire de leurs réponses ? Dans les trois cas, une information nouvelle vient de tomber, et elle doit changer notre façon de calculer une probabilité. C’est tout l’objet de ce chapitre.

Jusqu’ici, tu calculais une probabilité P(A)P(A) en comparant AA à l’univers Ω\Omega tout entier : « une chance sur combien, parmi tous les cas possibles ? ». À partir de maintenant, une partie de l’information est parfois déjà connue — un événement BB est réalisé — et l’univers de référence se rétrécit à BB : il faut recompter les proportions à l’intérieur de ce nouvel univers. Cette probabilité recalculée s’appelle la probabilité conditionnelle, notée PB(A)P_B(A).

Tu vas d’abord apprendre à représenter ce recalcul par un objet visuel d’une efficacité redoutable, l’arbre pondéré, qui rend les probabilités composées presque automatiques. Tu apprendras ensuite à faire le chemin inverse : recomposer une probabilité globale à partir des morceaux d’une partition (formule des probabilités totales), puis — le geste le plus puissant du chapitre — retourner un conditionnement grâce à la formule de Bayes, pour passer de « sachant la cause » à « sachant l’effet ». C’est exactement le raisonnement d’un médecin, d’un ingénieur qualité ou d’un statisticien.

Ce chapitre est l’un des plus discriminants au baccalauréat, car il récompense la rigueur plus que le calcul : une branche oubliée, un conditionnement inversé sans y penser, une partition incomplète, et tout le résultat s’effondre. Prends le temps de bien poser chaque notation — tu verras, une fois l’arbre correctement construit, les calculs coulent presque tout seuls.

1Probabilité conditionnelle

1.1  Rappels : univers, événements, probabilité

On modélise une expérience aléatoire par un univers Ω\Omega, l’ensemble fini de toutes les issues possibles. Un événement est une partie de Ω\Omega ; l’événement contraire de AA est noté A‾\overline{A}. Une probabilité PP associe à chaque événement un nombre de [0 ;1][0\,;1], avec P(Ω)=1P(\Omega) = 1 et, pour deux événements incompatibles AA et BB (c’est-à-dire A∩B=∅A \cap B = \varnothing), P(A∪B)=P(A)+P(B)P(A \cup B) = P(A) + P(B). En situation d’équiprobabilité (toutes les issues ont la même probabilité), on retrouve la formule de Laplace :

P(A)=card(A)card(Ω)=nombre de cas favorablesnombre de cas possiblesP(A) = \dfrac{\text{card}(A)}{\text{card}(\Omega)} = \dfrac{\text{nombre de cas favorables}}{\text{nombre de cas possibles}}

1.2  Dénombrement : arrangements, combinaisons, binôme

Compter le nombre de cas possibles exige souvent de savoir dénombrer. Deux questions reviennent sans cesse : l’ordre compte-t-il ? Peut-on répéter un même élément ?

Définition — arrangements et combinaisons

Soit nn et pp deux entiers avec 0⩽p⩽n0 \leqslant p \leqslant n.

Un arrangement de pp éléments parmi nn est un choix ordonné de pp éléments distincts pris parmi nn. Leur nombre est :

Anp=n×(n−1)×⋯×(n−p+1)=n!(n−p)!A_n^{p} = n \times (n-1) \times \cdots \times (n-p+1) = \dfrac{n!}{(n-p)!}

Une combinaison de pp éléments parmi nn est un choix non ordonné (un simple groupe, un sous-ensemble) de pp éléments distincts pris parmi nn. Leur nombre est noté (np)\dbinom{n}{p} (ou CnpC_n^{p}) :

(np)=Anpp!=n!p! (n−p)!\binom{n}{p} = \dfrac{A_n^{p}}{p!} = \dfrac{n!}{p!\,(n-p)!}

Le passage de l’un à l’autre est naturel : parmi les AnpA_n^{p} choix ordonnés, chaque groupe de pp éléments a été compté p!p! fois (autant que de façons de l’ordonner) — d’où la division par p!p!.

Exemple — arrangements et combinaisons
  1. choisir 2 cartes parmi 5, en tenant compte de l’ordre du tirage
  2. A52=5×4=20A_5^{2} = 5 \times 4 = 20 tirages ordonnés possibles
  3. si l’ordre n’importe plus (juste un groupe de 2 cartes)
  4. (52)=A522!=202=10\dbinom{5}{2} = \dfrac{A_5^{2}}{2!} = \dfrac{20}{2} = 10 groupes possibleschaque groupe de 2 cartes correspond à 2!=22! = 2 tirages ordonnés
Propriété — formule du binôme de Newton

Pour tous nombres aa, bb et tout entier n⩾1n \geqslant 1 :

(a+b)n=∑k=0n(nk) an−k bk(a+b)^{n} = \sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k}\, a^{n-k}\, b^{k}

Les coefficients (nk)\dbinom{n}{k} sont les nombres du triangle de Pascal. Ils réapparaîtront très vite, à la fin de ce chapitre, pour compter les répétitions d’une même épreuve.

Exemple — développer (a+b)3(a+b)^{3}
  1. (30)=1, (31)=3, (32)=3, (33)=1\dbinom{3}{0}=1,\ \dbinom{3}{1}=3,\ \dbinom{3}{2}=3,\ \dbinom{3}{3}=1
  2. ⇒\Rightarrow(a+b)3=a3+3a2b+3ab2+b3(a+b)^{3} = a^{3} + 3a^{2}b + 3ab^{2} + b^{3}

1.3  Définition de la probabilité conditionnelle

Imagine que l’on t’annonce qu’un événement BB est réalisé, et qu’on te demande la probabilité qu’un autre événement AA le soit aussi. Il ne faut plus comparer AA à Ω\Omega tout entier : seules les issues de BB sont encore possibles, et parmi elles, seules celles qui réalisent aussi AA — c’est-à-dire A∩BA \cap B — conviennent.

Définition — probabilité conditionnelle

Soit AA et BB deux événements d’un même univers Ω\Omega, avec P(B)≠0P(B) \neq 0. La probabilité de AA sachant BB, notée PB(A)P_B(A), est le nombre :

PB(A)=P(A∩B)P(B)P_B(A) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(B)}

En situation d’équiprobabilité, cela revient à ne plus dénombrer que dans BB : PB(A)=card(A∩B)card(B)P_B(A) = \dfrac{\text{card}(A \cap B)}{\text{card}(B)}.

Attention

PB(A)P_B(A) n’a de sens que si P(B)≠0P(B) \neq 0 : on ne peut pas conditionner par un événement impossible. Et surtout — c’est l’erreur la plus fréquente du chapitre — PB(A)P_B(A) et PA(B)P_A(B) sont en général deux nombres différents. « la probabilité que AA, sachant BB » n’a rien à voir avec « la probabilité que BB, sachant AA » : les univers de référence ne sont pas les mêmes. Cette confusion sera au cœur de la formule de Bayes (section 5).

Exemple — un jeu de 32 cartes
  1. AA : « la carte est un roi » ; BB : « la carte est un cœur »
  2. P(A)=432=18 ,P(B)=832=14P(A) = \dfrac{4}{32} = \dfrac{1}{8}\ ,\quad P(B) = \dfrac{8}{32} = \dfrac{1}{4}
  3. A∩BA \cap B : « roi de cœur », un seul cas
  4. P(A∩B)=132P(A \cap B) = \dfrac{1}{32}
  5. PB(A)=P(A∩B)P(B)=1/321/4=18P_B(A) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(B)} = \dfrac{1/32}{1/4} = \dfrac{1}{8}parmi les 8 cœurs, un seul est roi
  6. PA(B)=P(A∩B)P(A)=1/321/8=14P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)} = \dfrac{1/32}{1/8} = \dfrac{1}{4}parmi les 4 rois, un seul est cœur

PB(A)=18P_B(A) = \dfrac{1}{8} alors que PA(B)=14P_A(B) = \dfrac{1}{4} : deux résultats différents, exactement comme annoncé dans l’avertissement ci-dessus.

Exemple — un tableau à double entrée

Dans une classe de 30 élèves, 18 pratiquent un sport en club (SS), 12 pratiquent un instrument de musique (MM), et 6 pratiquent les deux. On interroge un élève au hasard.

MMM‾\overline{M}Total
SS61218
S‾\overline{S}6612
Total121830
  1. PS(M)=card(S∩M)card(S)=618=13P_S(M) = \dfrac{\text{card}(S \cap M)}{\text{card}(S)} = \dfrac{6}{18} = \dfrac{1}{3}ligne « SS » du tableau
  2. PM(S)=card(S∩M)card(M)=612=12P_M(S) = \dfrac{\text{card}(S \cap M)}{\text{card}(M)} = \dfrac{6}{12} = \dfrac{1}{2}colonne « MM » du tableau

Un tableau à double entrée est un excellent outil : chaque probabilité conditionnelle se lit directement en restreignant le calcul à une ligne ou une colonne.

1.4  Propriétés de PBP_B et probabilités composées

Propriété

Pour BB fixé avec P(B)≠0P(B) \neq 0, l’application A↦PB(A)A \mapsto P_B(A) est elle-même une probabilité sur Ω\Omega : elle vérifie 0⩽PB(A)⩽10 \leqslant P_B(A) \leqslant 1, PB(Ω)=1P_B(\Omega) = 1, PB(∅)=0P_B(\varnothing) = 0, et pour tout événement AA :

PB(A‾)=1−PB(A)P_B(\overline{A}) = 1 - P_B(A)

Cette dernière égalité découle simplement du fait que PBP_B est une probabilité : les propriétés que tu connais déjà sur PP (complémentaire, réunion d’événements incompatibles…) restent valables pour PBP_B, à condition de rester à l’intérieur de l’univers restreint BB.

Propriété — formule des probabilités composées

Si P(A)≠0P(A) \neq 0 et P(B)≠0P(B) \neq 0 :

P(A∩B)=P(B)×PB(A)=P(A)×PA(B)P(A \cap B) = P(B) \times P_B(A) = P(A) \times P_A(B)

Démonstration

Par définition, PB(A)=P(A∩B)P(B)P_B(A) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(B)}. Comme P(B)≠0P(B) \neq 0, on peut multiplier les deux membres par P(B)P(B) :

P(A∩B)=P(B)×PB(A)P(A \cap B) = P(B) \times P_B(A)

Le rôle de AA et de BB étant symétrique dans A∩B=B∩AA \cap B = B \cap A, le même raisonnement à partir de PA(B)=P(A∩B)P(A)P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)} donne P(A∩B)=P(A)×PA(B)P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B). C.Q.F.D.

Cette formule, apparemment anodine, est la clé de voûte de tout le chapitre : c’est elle qui justifie que l’on puisse multiplier le long d’un arbre pondéré, comme tu vas le voir dès la section suivante.

Math & Co — Le problème des partis

En 1654, un joueur passionné, le chevalier de Méré, soumet à Blaise Pascal une question restée célèbre : comment répartir équitablement les mises d’une partie de dés interrompue avant son terme, connaissant le score de chacun au moment de l’arrêt ? Pascal engage alors une correspondance avec Pierre de Fermat, magistrat toulousain et mathématicien amateur de génie.

En imaginant, pour la première fois, de décrire méthodiquement tous les déroulements futurs possibles de la partie selon ce qui s’est déjà passé, les deux savants résolvent ce « problème des partis ». Cette correspondance de l’été 1654 est traditionnellement considérée comme l’acte de naissance du calcul des probabilités. Sans en avoir encore le nom ni la notation, Pascal et Fermat raisonnaient déjà en probabilités conditionnelles : la suite du jeu dépend de l’état déjà connu de la partie.

2Arbre pondéré

2.1  Les trois règles de l’arbre pondéré

Un arbre pondéré représente une succession d’expériences par des branches, chaque branche étant étiquetée par une probabilité. On y écrit systématiquement des probabilités conditionnelles à partir du deuxième niveau : la probabilité inscrite sur une branche tient compte de tout ce qui a été lu avant elle sur le chemin qui y mène.

Propriété — les trois règles

Règle des nœuds. Sur un même nœud, la somme des probabilités des branches qui en partent vaut 11.

Règle des chemins (produit). La probabilité d’un chemin, de la racine jusqu’à une feuille, est le produit des probabilités inscrites sur les branches de ce chemin.

Règle des événements (somme). Si un événement EE est représenté par plusieurs feuilles, P(E)P(E) est la somme des probabilités de ces chemins.

Démonstration

Règle du produit. Pour un arbre à deux niveaux, un chemin AA puis BB correspond exactement à l’événement A∩BA \cap B ; la formule des probabilités composées (section 1.4) donne directement P(A∩B)=P(A)×PA(B)P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B), c’est-à-dire le produit des deux probabilités du chemin. Pour un arbre à trois niveaux, on compose deux fois de suite :

P(A∩B∩C)=P(A)×PA(B)×PA∩B(C)P(A \cap B \cap C) = P(A) \times P_A(B) \times P_{A \cap B}(C)

et ainsi de suite pour un nombre quelconque de niveaux : la probabilité de chaque nouvelle branche se conditionne par tout le chemin déjà parcouru.

Règle de la somme. Deux feuilles distinctes d’un arbre correspondent à deux chemins incompatibles (ils divergent à un nœud commun). Si EE regroupe plusieurs feuilles, ces feuilles forment une partition de EE : l’additivité de PP sur des événements incompatibles donne alors P(E)P(E) = somme de leurs probabilités. C.Q.F.D.

Méthode — construire un arbre pondéré

1. Identifier les étapes successives de l’expérience.

2. Tracer les branches du premier niveau : une branche par issue possible, la somme des probabilités valant 11.

3. Pour chaque branche du niveau 1, tracer les branches du niveau suivant en utilisant les probabilités conditionnelles sachant ce nœud — attention, elles peuvent différer d’une branche à l’autre.

4. Vérifier que la somme des probabilités issues de chaque nœud vaut 11.

5. Pour calculer P(E)P(E) : repérer toutes les feuilles qui réalisent EE, multiplier le long de chaque chemin, puis sommer.

2.2  Exemple complet : tirage sans remise

Une urne contient 55 boules rouges et 33 boules noires, indiscernables au toucher. On tire successivement et sans remise deux boules. Notons R1R_1 (resp. N1N_1) l’événement « la 1re boule tirée est rouge (resp. noire) », et de même R2R_2, N2N_2 pour la seconde.

Au premier tirage, l’urne contient ses 8 boules initiales : P(R1)=58P(R_1) = \dfrac{5}{8} et P(N1)=38P(N_1) = \dfrac{3}{8}. Mais au second tirage, une boule a disparu : il ne reste que 7 boules, et leur composition dépend de la couleur tirée en premier.

Exemple — construire l’arbre
  1. si la 1re boule est rouge, il reste 44 rouges et 33 noires sur 7
  2. ⇒\RightarrowPR1(R2)=47 ,PR1(N2)=37P_{R_1}(R_2) = \dfrac{4}{7}\ ,\quad P_{R_1}(N_2) = \dfrac{3}{7}
  3. si la 1re boule est noire, il reste 55 rouges et 22 noires sur 7
  4. ⇒\RightarrowPN1(R2)=57 ,PN1(N2)=27P_{N_1}(R_2) = \dfrac{5}{7}\ ,\quad P_{N_1}(N_2) = \dfrac{2}{7}
Arbre pondéré — tirage sans remise (5 rouges, 3 noires) 5/8 3/8 R N 4/7 3/7 5/7 2/7 R → 20/56 N → 15/56 R → 15/56 N → 6/56 chemin surligné : 5/8 × 4/7 = 20/56 · somme des 4 chemins = 1
Figure 1 — Arbre pondéré complet du tirage sans remise. Au 2e niveau, les probabilités changent selon la couleur obtenue au 1er tirage : c’est la signature d’un tirage sans remise.
Exemple — calculer avec l’arbre
  1. P(R1∩R2)=58×47=2056=514P(R_1 \cap R_2) = \dfrac{5}{8} \times \dfrac{4}{7} = \dfrac{20}{56} = \dfrac{5}{14}
  2. P(R1∩N2)=58×37=1556 ,P(N1∩R2)=38×57=1556P(R_1 \cap N_2) = \dfrac{5}{8} \times \dfrac{3}{7} = \dfrac{15}{56}\ ,\quad P(N_1 \cap R_2) = \dfrac{3}{8} \times \dfrac{5}{7} = \dfrac{15}{56}
  3. P(N1∩N2)=38×27=656=328P(N_1 \cap N_2) = \dfrac{3}{8} \times \dfrac{2}{7} = \dfrac{6}{56} = \dfrac{3}{28}
  4. vérification : 20+15+15+656=5656=1\dfrac{20+15+15+6}{56} = \dfrac{56}{56} = 1règle des nœuds respectée à chaque étage
  5. « exactement une rouge » =(R1∩N2)∪(N1∩R2)= (R_1 \cap N_2) \cup (N_1 \cap R_2)
  6. ⇒\RightarrowP(exactement une rouge)=1556+1556=3056=1528P(\text{exactement une rouge}) = \dfrac{15}{56} + \dfrac{15}{56} = \dfrac{30}{56} = \dfrac{15}{28}deux chemins incompatibles : on additionne
  7. « au moins une rouge » =N1∩N2‾= \overline{N_1 \cap N_2}
  8. ⇒\RightarrowP(au moins une rouge)=1−656=5056=2528P(\text{au moins une rouge}) = 1 - \dfrac{6}{56} = \dfrac{50}{56} = \dfrac{25}{28}passer par l’événement contraire évite d’ajouter trois chemins
Exemple — la même urne, mais AVEC remise

Reprenons la même urne (5 rouges, 3 noires), mais chaque boule tirée est cette fois remise avant le tirage suivant.

  1. la composition de l’urne ne change plus : PR1(R2)=P(R2)=58P_{R_1}(R_2) = P(R_2) = \dfrac{5}{8} quelle que soit l’issue du 1er tirage
  2. ⇒\RightarrowP(R1∩R2)=58×58=2564P(R_1 \cap R_2) = \dfrac{5}{8} \times \dfrac{5}{8} = \dfrac{25}{64}

Numériquement, 2564≈0,391\dfrac{25}{64} \approx 0{,}391 alors que le résultat sans remise, 514≈0,357\dfrac{5}{14} \approx 0{,}357, était différent : retenir une boule modifie le second tirage. Cette distinction va devenir essentielle à la section 4.

Attention

Le piège classique : après un tirage sans remise, on garde par réflexe le même dénominateur qu’au premier niveau (« 8 boules ») pour écrire les probabilités du deuxième niveau. C’est faux : une boule a disparu de l’urne, il n’en reste que 77. Avant d’écrire une probabilité conditionnelle sur un arbre, recompte toujours l’univers restreint au nœud où tu te trouves.

3Formule des probabilités totales

3.1  Partition de l’univers

Beaucoup de situations concrètes se décomposent naturellement en plusieurs cas qui recouvrent toutes les possibilités sans jamais se chevaucher : deux ateliers de production, trois fournisseurs, quatre tranches d’âge… C’est l’idée de partition.

Définition — partition de Ω\Omega

Des événements A1,A2,…,AnA_1, A_2, \ldots, A_n forment une partition de Ω\Omega lorsque :

  • ils sont deux à deux incompatibles : Ai∩Aj=∅A_i \cap A_j = \varnothing pour i≠ji \neq j ;
  • leur réunion est l’univers tout entier : A1∪A2∪⋯∪An=ΩA_1 \cup A_2 \cup \cdots \cup A_n = \Omega ;
  • aucun n’est de probabilité nulle : P(Ai)≠0P(A_i) \neq 0 pour tout ii.

Autrement dit : chaque issue de Ω\Omega appartient à un et un seul des AiA_i.

Partition de Ω en trois événements, et un événement B qui les recoupe Ω A₁ A₂ A₃ B B = (A₁∩B) ∪ (A₂∩B) ∪ (A₃∩B) — réunion disjointe
Figure 2 — A1A_1, A2A_2, A3A_3 forment une partition de Ω\Omega : trois bandes disjointes qui recouvrent tout l’univers. L’événement BB (l’ellipse) recoupe chacune d’elles.

3.2  La formule des probabilités totales

Théorème — formule des probabilités totales

Soit (A1,A2,…,An)(A_1, A_2, \ldots, A_n) une partition de Ω\Omega. Pour tout événement BB :

P(B)=∑i=1nP(Ai)×PAi(B)=∑i=1nP(Ai∩B)P(B) = \sum_{i=1}^{n} P(A_i) \times P_{A_i}(B) = \sum_{i=1}^{n} P(A_i \cap B)

Démonstration
  1. B=B∩Ω=B∩(A1∪A2∪⋯∪An)B = B \cap \Omega = B \cap (A_1 \cup A_2 \cup \cdots \cup A_n)
  2. ==(B∩A1)∪(B∩A2)∪⋯∪(B∩An)(B \cap A_1) \cup (B \cap A_2) \cup \cdots \cup (B \cap A_n)distributivité de ∩\cap sur ∪\cup

Les AiA_i étant deux à deux incompatibles, les événements B∩AiB \cap A_i le sont aussi deux à deux : BB est ainsi découpé en nn morceaux qui ne se chevauchent pas. Par additivité de PP sur des événements incompatibles :

  1. P(B)=P(B∩A1)+P(B∩A2)+⋯+P(B∩An)P(B) = P(B \cap A_1) + P(B \cap A_2) + \cdots + P(B \cap A_n)
  2. pour chaque ii : P(B∩Ai)=P(Ai)×PAi(B)P(B \cap A_i) = P(A_i) \times P_{A_i}(B)formule des probabilités composées, section 1.4
  3. ⇒\RightarrowP(B)=∑i=1nP(Ai)×PAi(B)P(B) = \displaystyle\sum_{i=1}^{n} P(A_i) \times P_{A_i}(B)

C.Q.F.D. Sur un arbre pondéré, cette formule n’est rien d’autre que la règle de la somme des chemins (section 2.1) : les AiA_i sont les branches du premier niveau, et l’on additionne tous les chemins qui aboutissent à BB.

3.3  Application : deux exemples résolus

Une entreprise fabrique des pièces dans deux ateliers. L’atelier AA assure 60 %60\,\% de la production, avec un taux de défaut de 3 %3\,\% ; l’atelier BB assure les 40 %40\,\% restants, avec un taux de défaut de 5 %5\,\%. On prélève une pièce au hasard dans la production totale ; on note DD l’événement « la pièce est défectueuse ».

Les événements AA et BB forment une partition de Ω\Omega (toute pièce vient de l’un des deux ateliers, jamais des deux à la fois) : la formule des probabilités totales s’applique.

Arbre pondéré — contrôle qualité dans deux ateliers 0,6 0,4 A B 0,03 0,97 0,05 0,95 D → 18/1000 non D → 582/1000 D → 20/1000 non D → 380/1000 sur 1000 pièces : 18 + 20 = 38 défectueuses
Figure 3 — Arbre pondéré du contrôle qualité. Le chemin surligné, « atelier A puis défectueuse », donne 0,6×0,03=0,0180{,}6 \times 0{,}03 = 0{,}018, soit 18 pièces sur 1000.
Exemple — calcul de P(D)P(D)
  1. P(D)=P(A)×PA(D)+P(B)×PB(D)P(D) = P(A) \times P_A(D) + P(B) \times P_B(D)
  2. ==0,6×0,03+0,4×0,050{,}6 \times 0{,}03 + 0{,}4 \times 0{,}05
  3. ==0,018+0,020{,}018 + 0{,}02
  4. ==0,0380{,}038

Sur 1 0001\,000 pièces produites : 600600 viennent de l’atelier AA (dont 1818 défectueuses) et 400400 de l’atelier BB (dont 2020 défectueuses), soit 3838 pièces défectueuses au total — on retrouve directement P(D)=381 000=0,038P(D) = \dfrac{38}{1\,000} = 0{,}038. Compter sur un effectif « naturel » comme celui-ci est une excellente façon de vérifier un résultat.

Exemple — une partition à trois éléments

Une usine reçoit des billes depuis trois lots : 40 %40\,\% du lot Rouge, 35 %35\,\% du lot Vert, 25 %25\,\% du lot Bleu. Dans chaque lot, une bille porte un numéro pair avec probabilité respective 0,50{,}5, 0,60{,}6 et 0,30{,}3. On note PP l’événement « la bille porte un numéro pair ».

  1. P(pair)=0,4×0,5+0,35×0,6+0,25×0,3P(\text{pair}) = 0{,}4 \times 0{,}5 + 0{,}35 \times 0{,}6 + 0{,}25 \times 0{,}3
  2. ==0,2+0,21+0,0750{,}2 + 0{,}21 + 0{,}075
  3. ==0,4850{,}485

Trois termes cette fois, car la partition compte trois éléments : la formule des probabilités totales s’étend sans difficulté à n’importe quel nombre de morceaux.

Attention

La formule des probabilités totales exige une vraie partition : des catégories qui ne se recoupent pas et qui couvrent tout l’univers. Oublier un morceau de la partition fausse tout le résultat. Si l’on « oubliait » l’atelier BB dans l’exemple ci-dessus, on obtiendrait P(D)≈0,018P(D) \approx 0{,}018 au lieu de 0,0380{,}038 : un résultat presque deux fois trop petit. Vérifie toujours que la somme des probabilités des AiA_i vaut 11 avant de te lancer dans le calcul.

4Indépendance de deux événements

4.1  Définition

Il arrive que connaître la réalisation de BB ne change rien à la probabilité de AA. On dit alors que les deux événements sont indépendants.

Définition — événements indépendants

Deux événements AA et BB sont dits indépendants lorsque :

P(A∩B)=P(A)×P(B)P(A \cap B) = P(A) \times P(B)

Cette définition ne suppose aucune probabilité non nulle : elle s’applique dans tous les cas, et c’est elle qu’il faut vérifier ou citer sur une copie.

4.2  Caractérisation par les probabilités conditionnelles

Propriété

Si P(B)≠0P(B) \neq 0, alors :

A et B indeˊpendants  ⟺  PB(A)=P(A)A \text{ et } B \text{ indépendants} \iff P_B(A) = P(A)

(et de même, si P(A)≠0P(A) \neq 0 : indépendants   ⟺  PA(B)=P(B)\iff P_A(B) = P(B)).

C’est l’idée intuitive : « savoir que BB est réalisé ne renseigne pas sur AA ». La démonstration est immédiate à partir de la formule des probabilités composées : P(A∩B)=P(B)×PB(A)P(A \cap B) = P(B) \times P_B(A), donc P(A∩B)=P(A)P(B)  ⟺  P(B)×PB(A)=P(A)×P(B)  ⟺  PB(A)=P(A)P(A\cap B)=P(A)P(B) \iff P(B)\times P_B(A) = P(A) \times P(B) \iff P_B(A) = P(A) (on peut diviser par P(B)≠0P(B) \neq 0).

Exemple — un dé équilibré

On lance un dé cubique équilibré. AA : « obtenir un multiple de 33 » ={3 ;6}= \{3\,;6\} ; BB : « obtenir un nombre pair » ={2 ;4 ;6}=\{2\,;4\,;6\}.

  1. P(A)=26=13 ,P(B)=36=12P(A) = \dfrac{2}{6} = \dfrac{1}{3}\ ,\quad P(B) = \dfrac{3}{6} = \dfrac{1}{2}
  2. A∩B={6}A \cap B = \{6\}
  3. P(A∩B)=16P(A \cap B) = \dfrac{1}{6}
  4. P(A)×P(B)=13×12=16P(A) \times P(B) = \dfrac{1}{3} \times \dfrac{1}{2} = \dfrac{1}{6}
  5. ⇒\RightarrowP(A∩B)=P(A)×P(B)P(A \cap B) = P(A) \times P(B)AA et BB sont indépendants

Résultat qui n’a rien d’évident à l’œil nu : rien, dans les deux événements, ne « laissait deviner » cette indépendance avant de calculer.

Exemple — retour sur l’urne (section 2.2)

Avec l’urne de 5 rouges et 3 noires tirée sans remise, on avait trouvé P(R1∩R2)=514P(R_1 \cap R_2) = \dfrac{5}{14}, avec par ailleurs P(R2)=58P(R_2) = \dfrac{5}{8} (on l’admet, par un calcul symétrique).

  1. P(R1)×P(R2)=58×58=2564P(R_1) \times P(R_2) = \dfrac{5}{8} \times \dfrac{5}{8} = \dfrac{25}{64}
  2. or P(R1∩R2)=514P(R_1 \cap R_2) = \dfrac{5}{14}
  3. 2564≠514\dfrac{25}{64} \neq \dfrac{5}{14}25×14=350≠320=5×6425 \times 14 = 350 \neq 320 = 5 \times 64
  4. ⇒\RightarrowR1R_1 et R2R_2 ne sont pas indépendants

C’est cohérent avec l’intuition : retirer une boule rouge appauvrit l’urne en rouges, donc influence le second tirage. Avec remise au contraire (section 2.2), on avait P(R1∩R2)=2564=P(R1)×P(R2)P(R_1 \cap R_2) = \dfrac{25}{64} = P(R_1) \times P(R_2) : les tirages avec remise sont, eux, indépendants. Retiens ce contraste : sans remise, jamais indépendant ; avec remise, toujours indépendant.

Attention — indépendance ≠ incompatibilité

Deux notions que l’on confond souvent, et qui sont pourtant presque opposées. Si AA et BB sont incompatibles (A∩B=∅A \cap B = \varnothing) et si P(A)≠0P(A) \neq 0 et P(B)≠0P(B) \neq 0, alors P(A∩B)=0P(A \cap B) = 0 alors que P(A)×P(B)≠0P(A) \times P(B) \neq 0 : ces deux événements ne peuvent jamais être indépendants ! Exemple : au dé, A=A = « obtenir 1 » et B=B = « obtenir 6 » sont incompatibles, mais P(A∩B)=0≠16×16=136P(A \cap B) = 0 \neq \dfrac{1}{6}\times\dfrac{1}{6} = \dfrac{1}{36}. Savoir que BB est réalisé t’apprend au contraire énormément sur AA : que AA est impossible. C’est l’exact opposé de l’indépendance.

4.3  Indépendance et événements complémentaires

Théorème

Si AA et BB sont indépendants, alors AA et B‾\overline{B} le sont aussi (et donc, en répétant l’argument, A‾\overline{A} et BB, puis A‾\overline{A} et B‾\overline{B}).

Démonstration

Les événements A∩BA \cap B et A∩B‾A \cap \overline{B} forment une partition de AA (tout élément de AA est soit dans BB, soit dans B‾\overline{B}, jamais les deux). Donc :

  1. P(A)=P(A∩B)+P(A∩B‾)P(A) = P(A \cap B) + P(A \cap \overline{B})
  2. ⇒\RightarrowP(A∩B‾)=P(A)−P(A∩B)P(A \cap \overline{B}) = P(A) - P(A \cap B)
  3. or AA et BB indépendants : P(A∩B)=P(A)×P(B)P(A \cap B) = P(A) \times P(B)
  4. ⇒\RightarrowP(A∩B‾)=P(A)−P(A)×P(B)P(A \cap \overline{B}) = P(A) - P(A) \times P(B)
  5. ==P(A)×(1−P(B))P(A) \times \left(1 - P(B)\right)
  6. ==P(A)×P(B‾)P(A) \times P(\overline{B})

On retrouve exactement la définition de l’indépendance entre AA et B‾\overline{B}. C.Q.F.D.

Exemple — vérification numérique

Reprenons AA = « multiple de 3 » et BB = « pair » au dé (indépendants, exemple précédent). B‾\overline{B} = « impair » ={1 ;3 ;5}=\{1\,;3\,;5\}, A∩B‾={3}A \cap \overline{B} = \{3\}.

  1. P(B‾)=12 ,P(A∩B‾)=16P(\overline{B}) = \dfrac{1}{2}\ ,\quad P(A \cap \overline{B}) = \dfrac{1}{6}
  2. P(A)×P(B‾)=13×12=16P(A) \times P(\overline{B}) = \dfrac{1}{3} \times \dfrac{1}{2} = \dfrac{1}{6}
  3. ⇒\RightarrowP(A∩B‾)=P(A)×P(B‾)P(A \cap \overline{B}) = P(A) \times P(\overline{B})conforme au théorème

4.4  Épreuves indépendantes répétées : avant-goût du schéma de Bernoulli

Définition — épreuve de Bernoulli

Une épreuve de Bernoulli est une expérience à deux issues seulement : un « succès » de probabilité pp, et un « échec » de probabilité 1−p1-p. Répéter nn fois, de façon indépendante, une même épreuve de Bernoulli (par exemple, tirer avec remise) s’appelle un schéma de Bernoulli.

Grâce à l’indépendance, un chemin de l’arbre menant à exactement kk succès (dans un ordre précis) a pour probabilité pk(1−p)n−kp^{k}(1-p)^{n-k} — un produit de facteurs identiques, sans plus se soucier de l’ordre des branches. Il reste à compter combien de chemins de l’arbre réalisent kk succès parmi nn : c’est exactement (nk)\dbinom{n}{k}, le nombre de façons de choisir lesquelles des nn épreuves sont des succès (section 1.2 !).

Exemple — trois tirages avec remise

On reprend l’urne à 5 rouges et 3 noires, avec remise (p = 58\frac{5}{8} de tirer rouge, épreuves indépendantes), répétée 33 fois. Quelle est la probabilité d’obtenir exactement 2 boules rouges ?

  1. un chemin donné avec 2 rouges et 1 noire a pour probabilité (58)2×38\left(\dfrac{5}{8}\right)^{2} \times \dfrac{3}{8}produit le long du chemin, indépendance
  2. nombre de chemins possibles avec 2 rouges parmi 3 tirages : (32)=3\dbinom{3}{2} = 3
  3. ⇒\RightarrowP(exactement 2 rouges)=(32)×(58)2×38P(\text{exactement 2 rouges}) = \dbinom{3}{2} \times \left(\dfrac{5}{8}\right)^{2} \times \dfrac{3}{8}
  4. ==3×2564×38=2255123 \times \dfrac{25}{64} \times \dfrac{3}{8} = \dfrac{225}{512}
  5. ≈\approx0,4400{,}440

Cette formule (nk)pk(1−p)n−k\dbinom{n}{k} p^{k}(1-p)^{n-k}, tu la retrouveras au grand complet — avec son nom, loi binomiale — dans un chapitre ultérieur. Retiens pour l’instant l’essentiel : elle exige des épreuves indépendantes, identiques, à deux issues.

Math & Co — Jacques Bernoulli et l’Ars Conjectandi

Le mathématicien bâlois Jacques Bernoulli (1654-1705) consacre les vingt dernières années de sa vie à un traité resté inachevé : l’Ars Conjectandi (« L’art de conjecturer »), publié seulement en 1713, huit ans après sa mort, par son neveu Nicolas Bernoulli.

C’est dans ce livre qu’apparaît pour la première fois l’étude systématique des épreuves répétées et indépendantes — ce que l’on appelle aujourd’hui, en son honneur, un schéma de Bernoulli. Bernoulli y démontre aussi une première version de la loi des grands nombres : plus on répète une épreuve, plus la fréquence des succès observée se rapproche de la probabilité théorique pp. Il qualifiait lui-même ce résultat de « théorème d’or » (theorema aureum), tant il lui semblait devoir bouleverser l’usage des probabilités dans la vie pratique.

5Formule de Bayes

5.1  Le problème de l’inversion

Reprenons l’exemple des deux ateliers (section 3.3). Ce que l’on connaissait au départ, ce sont des probabilités « sachant la cause » : PA(D)=0,03P_A(D) = 0{,}03, PB(D)=0,05P_B(D) = 0{,}05 — sachant l’atelier, quelle est la chance d’un défaut ? Mais en pratique, le contrôleur qualité affronte le problème inverse : il trouve une pièce défectueuse en bout de chaîne, où les pièces des deux ateliers sont mélangées, et veut savoir de quel atelier elle vient probablement. C’est PD(A)P_D(A) qu’il lui faut — une probabilité « sachant l’effet ».

Le comptage naturel de la section 3.3 donne pourtant la réponse sans effort : sur 1 0001\,000 pièces, 3838 sont défectueuses, dont 1818 viennent de AA et 2020 de BB. Parmi les pièces défectueuses seulement :

PD(A)=1838=919≈0,474PD(B)=2038=1019≈0,526P_D(A) = \dfrac{18}{38} = \dfrac{9}{19} \approx 0{,}474 \qquad P_D(B) = \dfrac{20}{38} = \dfrac{10}{19} \approx 0{,}526

Sans le savoir, on vient de calculer une probabilité a posteriori. Il ne reste qu’à formaliser ce raisonnement pour pouvoir l’appliquer sans repasser à chaque fois par un effectif « naturel ».

5.2  La formule de Bayes

Théorème — formule de Bayes

Soit AA et BB deux événements avec P(A)≠0P(A) \neq 0, P(A‾)≠0P(\overline{A}) \neq 0 et P(B)≠0P(B) \neq 0 :

PB(A)=P(A)×PA(B)P(B)=P(A)×PA(B)P(A)×PA(B)+P(A‾)×PA‾(B)P_B(A) = \dfrac{P(A) \times P_A(B)}{P(B)} = \dfrac{P(A) \times P_A(B)}{P(A) \times P_A(B) + P(\overline{A}) \times P_{\overline{A}}(B)}

Plus généralement, si (A1,…,An)(A_1, \ldots, A_n) est une partition de Ω\Omega, pour tout ii :

PB(Ai)=P(Ai)×PAi(B)∑j=1nP(Aj)×PAj(B)P_B(A_i) = \dfrac{P(A_i) \times P_{A_i}(B)}{\displaystyle\sum_{j=1}^{n} P(A_j) \times P_{A_j}(B)}

Démonstration
  1. PB(A)=P(A∩B)P(B)P_B(A) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(B)}définition de la probabilité conditionnelle
  2. ==P(B∩A)P(B)\dfrac{P(B \cap A)}{P(B)}A∩B=B∩AA \cap B = B \cap A
  3. ==P(A)×PA(B)P(B)\dfrac{P(A) \times P_A(B)}{P(B)}formule des probabilités composées

Il reste à développer le dénominateur P(B)P(B) grâce à la formule des probabilités totales, appliquée à la partition {A ;A‾}\{A\,;\overline{A}\} (ou {A1,…,An}\{A_1, \ldots, A_n\} dans le cas général) :

P(B)=P(A)×PA(B)+P(A‾)×PA‾(B)P(B) = P(A) \times P_A(B) + P(\overline{A}) \times P_{\overline{A}}(B)

En remplaçant, on obtient exactement la formule annoncée. C.Q.F.D. Retiens la formule de Bayes comme un simple assemblage de deux outils déjà connus : les probabilités composées au numérateur, les probabilités totales au dénominateur.

Exemple — retour aux deux ateliers
  1. P(D)=0,038P(D) = 0{,}038calculé section 3.3
  2. PD(A)=P(A)×PA(D)P(D)=0,6×0,030,038=0,0180,038P_D(A) = \dfrac{P(A) \times P_A(D)}{P(D)} = \dfrac{0{,}6 \times 0{,}03}{0{,}038} = \dfrac{0{,}018}{0{,}038}
  3. ==1838=919≈0,474\dfrac{18}{38} = \dfrac{9}{19} \approx 0{,}474
  4. PD(B)=0,4×0,050,038=2038=1019≈0,526P_D(B) = \dfrac{0{,}4 \times 0{,}05}{0{,}038} = \dfrac{20}{38} = \dfrac{10}{19} \approx 0{,}526

On retrouve exactement le résultat « naturel » de la section 5.1. Remarque frappante : bien que l’atelier BB produise moins de pièces que AA (40 %40\,\% contre 60 %60\,\%), une pièce défectueuse a plus de chances de venir de BB — son taux de défaut, plus élevé, l’emporte sur son plus faible volume.

Exemple — quelle urne ?

L’urne U1U_1 contient 4 rouges et 6 vertes ; l’urne U2U_2 contient 7 rouges et 3 vertes. On choisit une urne au hasard (une chance sur deux), puis on y tire une boule : elle est rouge. Quelle est la probabilité qu’elle vienne de U1U_1 ?

Arbre pondéré — choisir une urne, puis une boule 1/2 1/2 U1 U2 2/5 3/5 7/10 3/10 R → 4/20 V → 6/20 R → 7/20 V → 3/20 P(rouge) = 4/20 + 7/20 = 11/20
Figure 4 — Arbre pondéré du choix d’urne. Le chemin surligné, U1U_1 puis rouge, contribue pour 420\dfrac{4}{20} sur les 1120\dfrac{11}{20} de boules rouges au total.
Exemple (suite) — le calcul de Bayes
  1. P(R)=12×410+12×710=420+720=1120P(R) = \dfrac{1}{2} \times \dfrac{4}{10} + \dfrac{1}{2} \times \dfrac{7}{10} = \dfrac{4}{20} + \dfrac{7}{20} = \dfrac{11}{20}
  2. PR(U1)=P(U1)×PU1(R)P(R)=1/2×4/1011/20=4/2011/20P_R(U_1) = \dfrac{P(U_1) \times P_{U_1}(R)}{P(R)} = \dfrac{1/2 \times 4/10}{11/20} = \dfrac{4/20}{11/20}
  3. ==411≈0,364\dfrac{4}{11} \approx 0{,}364
  4. PR(U2)=711≈0,636P_R(U_2) = \dfrac{7}{11} \approx 0{,}636complémentaire : 411+711=1\frac{4}{11}+\frac{7}{11}=1

Avant le tirage, chaque urne avait une chance sur deux. Après avoir observé une boule rouge — plus fréquente dans U2U_2 — la probabilité bascule nettement en faveur de U2U_2 : c’est exactement le mécanisme d’une mise à jour bayésienne.

Attention — LE piège du chapitre

Ne confonds jamais PB(A)P_B(A) (ce que la formule de Bayes calcule : sachant l’effet BB, quelle en est la cause AA ?) avec PA(B)P_A(B) (la donnée de départ : sachant la cause, quelle est la probabilité de l’effet ?). Ces deux nombres peuvent être extrêmement différents. Tu vas le constater de façon spectaculaire à la section suivante : un test médical correctement positif dans 95 %95\,\% des cas chez les malades (PM(T+)=0,95P_M(T^+)=0{,}95) ne signifie pas du tout qu’une personne testée positive a 95 %95\,\% de chances d’être malade.

6Problèmes de dépistage et de fiabilité

6.1  Vocabulaire des tests de dépistage

Un test de dépistage n’est jamais parfait : il peut se tromper dans les deux sens. On note MM l’événement « la personne est malade » et T+T^{+} l’événement « le test est positif ».

Définition — vocabulaire du dépistage
  • Prévalence : P(M)P(M), la proportion de malades dans la population.
  • Sensibilité : PM(T+)P_M(T^{+}), la probabilité que le test soit positif sachant que la personne est malade — sa capacité à détecter les vrais malades.
  • Spécificité : PM‾(T−)P_{\overline{M}}(T^{-}), la probabilité que le test soit négatif sachant que la personne n’est pas malade.
  • Valeur prédictive positive (VPP) : PT+(M)P_{T^{+}}(M), la probabilité d’être réellement malade sachant que le test est positif — c’est la question que se pose le patient !
  • Valeur prédictive négative (VPN) : PT−(M‾)P_{T^{-}}(\overline{M}), la probabilité d’être réellement indemne sachant le test négatif.

Sensibilité et spécificité sont des propriétés intrinsèques du test, mesurées une fois pour toutes en laboratoire (« sachant la cause »). VPP et VPN, elles, sont ce que veut savoir la personne testée (« sachant l’effet ») — et dépendent, comme tu vas le voir, de la prévalence de la maladie dans la population.

6.2  Exemple complet et le paradoxe des faux positifs

Dans une population donnée, la prévalence d’une maladie est de 2 %2\,\%. Le test de dépistage utilisé a une sensibilité de 95 %95\,\% et une spécificité de 98 %98\,\%. On teste une personne prise au hasard dans cette population.

Arbre pondéré — test de dépistage (prévalence 2 %) 0,02 0,98 M non M 0,95 0,05 0,02 0,98 T+ → 1 900 T− → 100 T+ → 1 960 T− → 96 040 sur 100 000 personnes : 1 900 + 1 960 = 3 860 tests positifs
Figure 5 — Arbre du test de dépistage, effectifs pour 100 000100\,000 personnes. Le chemin surligné, malade puis positif, donne les 1 9001\,900 vrais positifs.
Exemple — calcul de P(T+)P(T^{+}) et de la VPP
  1. P(T+)=P(M)×PM(T+)+P(M‾)×PM‾(T+)P(T^{+}) = P(M) \times P_M(T^{+}) + P(\overline{M}) \times P_{\overline{M}}(T^{+})
  2. ==0,02×0,95+0,98×0,020{,}02 \times 0{,}95 + 0{,}98 \times 0{,}02PM‾(T+)=1−speˊcificiteˊ=1−0,98=0,02P_{\overline{M}}(T^{+}) = 1 - \text{spécificité} = 1-0{,}98 = 0{,}02
  3. ==0,019+0,01960{,}019 + 0{,}0196
  4. ==0,03860{,}0386
  5. VPP=PT+(M)=P(M)×PM(T+)P(T+)=0,0190,0386\text{VPP} = P_{T^{+}}(M) = \dfrac{P(M) \times P_M(T^{+})}{P(T^{+})} = \dfrac{0{,}019}{0{,}0386}
  6. ≈\approx0,4920{,}492

Sur 100 000100\,000 personnes (tableau ci-dessous), on retrouve exactement les mêmes nombres : 2 0002\,000 malades, dont 1 9001\,900 vrais positifs et 100100 faux négatifs ; 98 00098\,000 non-malades, dont 1 9601\,960 faux positifs et 96 04096\,040 vrais négatifs.

Malade MMNon malade M‾\overline{M}Total
Test positif T+T^{+}1 9001 9603 860
Test négatif T−T^{-}10096 04096 140
Total2 00098 000100 000
Attention — le paradoxe des faux positifs

Avec une sensibilité de 95 %95\,\% et une spécificité de 98 %98\,\% — un excellent test —, la valeur prédictive positive n’est que d’environ 49 %49\,\% : sur les 3 8603\,860 personnes testées positives, à peine plus de la moitié sont réellement malades ! La raison : la maladie est rare (2 %2\,\%). La population des non-malades (98 00098\,000 personnes) est si grande que même un faible taux de faux positifs (2 %2\,\%) y produit presque autant de cas (1 9601\,960) que de vrais positifs chez les 2 0002\,000 malades (1 9001\,900). Plus une maladie est rare, plus la VPP d’un test s’effondre — un résultat contre-intuitif, mais parfaitement rigoureux, qui justifie qu’un premier test positif soit presque toujours suivi d’un second test de confirmation.

On peut aussi calculer la valeur prédictive négative : VPN=PT−(M‾)=96 04096 140≈0,999\text{VPN} = P_{T^{-}}(\overline{M}) = \dfrac{96\,040}{96\,140} \approx 0{,}999. Un test négatif est, lui, extrêmement rassurant — c’est encore un effet de la rareté de la maladie.

6.3  Fiabilité : composants en série et en parallèle

En ingénierie, un système est constitué de plusieurs composants dont les pannes sont, en général, indépendantes les unes des autres. Deux montages typiques :

Méthode — fiabilité d’un système à deux composants indépendants

Montage en série (le système fonctionne seulement si tous les composants fonctionnent) :

P(fonctionne)=P(C1)×P(C2)P(\text{fonctionne}) = P(C_1) \times P(C_2)

Montage en parallèle, ou redondance (le système fonctionne si au moins un composant fonctionne) : on passe par l’événement contraire « aucun des deux ne fonctionne », et l’indépendance des complémentaires (théorème 4.3) donne :

P(fonctionne)=1−P(C1‾)×P(C2‾)=1−(1−P(C1))(1−P(C2))P(\text{fonctionne}) = 1 - P(\overline{C_1}) \times P(\overline{C_2}) = 1-\left(1-P(C_1)\right)\left(1-P(C_2)\right)

Montage en série Montage en parallèle C₁ p = 0,9 C₂ p = 0,85 fonctionne ⇔ C₁ ET C₂ P(fonctionne) = 0,9 × 0,85 = 0,765 C₁ p = 0,9 C₂ p = 0,85 fonctionne ⇔ C₁ OU C₂ P(fonctionne) = 1 − (1−0,9)(1−0,85) = 0,985
Figure 6 — Fiabilité de deux composants indépendants C1C_1 (p=0,9p=0{,}9) et C2C_2 (p=0,85p=0{,}85) : en série, le système est aussi fragile que son maillon faible ; en parallèle, la redondance améliore nettement la fiabilité globale.
Exemple — un système de secours embarqué

Un satellite est équipé de deux systèmes de secours indépendants C1C_1 et C2C_2, de probabilités de panne respectives 0,050{,}05 et 0,080{,}08 sur une période donnée. Le satellite reste opérationnel si au moins un des deux systèmes fonctionne (montage en parallèle).

  1. P(panne totale)=P(C1‾)×P(C2‾)P(\text{panne totale}) = P(\overline{C_1}) \times P(\overline{C_2})indépendance : les deux systèmes tombent en panne en même temps
  2. ==0,05×0,08=0,0040{,}05 \times 0{,}08 = 0{,}004
  3. P(opeˊrationnel)=1−0,004P(\text{opérationnel}) = 1 - 0{,}004
  4. ==0,9960{,}996

Chaque système pris isolément est fiable à 95 %95\,\% ou 92 %92\,\% seulement ; la redondance porte la fiabilité globale à 99,6 %99{,}6\,\%. C’est tout l’intérêt d’une double sécurité indépendante.

Attention — dernière mise en garde

Ne confonds pas la sensibilité PM(T+)P_M(T^{+}) (une caractéristique du test, mesurée « sachant la cause ») et la VPP PT+(M)P_{T^{+}}(M) (ce qui intéresse le patient, « sachant l’effet »). Dans l’exemple de la section 6.2, ces deux nombres valent 95 %95\,\% et environ 49 %49\,\% : un écart énorme, entièrement dû à la formule de Bayes et à la rareté de la maladie. C’est très exactement le piège annoncé à la section 5.2 — désormais tu sais pourquoi il est si important, et comment l’éviter.

Fiche mémo

  • Probabilité conditionnelle : PB(A)=P(A∩B)P(B) P_B(A) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(B)}\ (avec P(B)≠0P(B) \neq 0) ; en général PB(A)≠PA(B)P_B(A) \neq P_A(B).
  • Arbre pondéré : somme des branches d’un nœud =1=1 ; produit le long d’un chemin ; somme des chemins pour un événement à plusieurs feuilles.
  • Probabilités composées : P(A∩B)=P(A)×PA(B)=P(B)×PB(A)P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B) = P(B) \times P_B(A).
  • Partition (A1,…,An)(A_1,\ldots,A_n) : deux à deux incompatibles, de réunion Ω\Omega, de probabilités non nulles.
  • Probabilités totales : P(B)=∑iP(Ai)×PAi(B)P(B) = \displaystyle\sum_{i} P(A_i) \times P_{A_i}(B) — démontrée à partir de B=⋃i(B∩Ai)B = \bigcup_i (B \cap A_i).
  • Indépendance : P(A∩B)=P(A)×P(B)  ⟺  PB(A)=P(A)P(A \cap B) = P(A)\times P(B) \iff P_B(A) = P(A) (si P(B)≠0P(B)\neq0).
  • Incompatibles et de probabilités non nulles ⇒\Rightarrow jamais indépendants (indépendance ≠\neq incompatibilité).
  • A,BA, B indépendants ⇒A,B‾\Rightarrow A,\overline{B} indépendants (et A‾,B‾\overline{A},\overline{B}).
  • Bayes : PB(A)=P(A)×PA(B)P(B)=P(A)×PA(B)∑iP(Ai)×PAi(B)P_B(A) = \dfrac{P(A)\times P_A(B)}{P(B)} = \dfrac{P(A)\times P_A(B)}{\sum_i P(A_i)\times P_{A_i}(B)}.
  • Bernoulli (avant-goût) : nn épreuves indépendantes, kk succès de probabilité pp ⇒(nk)pk(1−p)n−k\Rightarrow \dbinom{n}{k} p^{k}(1-p)^{n-k}.
  • Dépistage : sensibilité =PM(T+)=P_M(T^{+}), spécificité =PM‾(T−)=P_{\overline M}(T^{-}), VPP =PT+(M)=P_{T^{+}}(M) — souvent très différente de la sensibilité si la maladie est rare.
  • Fiabilité (composants indépendants) : série ⇒\Rightarrow produit des probabilités ; parallèle ⇒1−\Rightarrow 1 - produit des complémentaires.

7Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Calcule sans détailler les factorielles : (a) le nombre de tiercés dans l’ordre possibles avec 6 chevaux partants ; (b) le nombre de façons de choisir 3 délégués parmi 8 élèves ; (c) le coefficient de a2b2a^{2}b^{2} dans le développement de (a+b)4(a+b)^{4}.

Voir le corrigé détaillé
  1. (a) un tiercé dans l’ordre est un arrangement de 3 chevaux parmi 6
  2. A63=6×5×4=120A_6^{3} = 6 \times 5 \times 4 = 120
  3. (b) choisir 3 délégués, sans ordre, est une combinaison
  4. (83)=8×7×63×2×1=56\dbinom{8}{3} = \dfrac{8 \times 7 \times 6}{3 \times 2 \times 1} = 56
  5. (c) dans (a+b)4=∑k=04(4k)a4−kbk(a+b)^{4} = \sum_{k=0}^{4}\dbinom{4}{k}a^{4-k}b^{k}, le terme en a2b2a^{2}b^{2} correspond à k=2k=2
  6. (42)=4×32×1=6\dbinom{4}{2} = \dfrac{4\times3}{2\times1} = 6
2

Dans un lycée de 200 élèves, 120 étudient l’anglais en LV1 (AA), 90 pratiquent un sport en club (SS), et 54 font les deux. On interroge un élève au hasard.

  1. Dresse le tableau à double entrée des effectifs.
  2. Calcule PA(S)P_A(S) puis PS(A)P_S(A).
Voir le corrigé détaillé

1. A∩S‾=120−54=66A \cap \overline{S} = 120-54=66 ; A‾∩S=90−54=36\overline{A}\cap S = 90-54=36 ; A‾∩S‾=200−120−90+54=44\overline{A}\cap\overline{S}=200-120-90+54=44.

SSS‾\overline{S}Total
AA5466120
A‾\overline{A}364480
Total90110200

2.

  1. PA(S)=card(A∩S)card(A)=54120=920=0,45P_A(S) = \dfrac{\text{card}(A\cap S)}{\text{card}(A)} = \dfrac{54}{120} = \dfrac{9}{20} = 0{,}45
  2. PS(A)=card(A∩S)card(S)=5490=35=0,6P_S(A) = \dfrac{\text{card}(A\cap S)}{\text{card}(S)} = \dfrac{54}{90} = \dfrac{3}{5} = 0{,}6
3

Un premier tri automatique classe chaque composant électronique BB (bon, probabilité 0,90{,}9) ou DD (défectueux, probabilité 0,10{,}1). Un second contrôle reclasse ensuite chaque composant : sachant BB, il reste BB avec probabilité 0,980{,}98 ; sachant DD, il reste DD avec probabilité 0,950{,}95.

  1. Construis l’arbre pondéré à deux niveaux.
  2. Calcule la probabilité qu’un composant soit classé BB après les deux contrôles.
Voir le corrigé détaillé

1. 1er niveau : P(B)=0,9P(B)=0{,}9, P(D)=0,1P(D)=0{,}1. 2e niveau : PB(B)=0,98P_B(B)=0{,}98, PB(D)=0,02P_B(D)=0{,}02 ; PD(D)=0,95P_D(D)=0{,}95, PD(B)=0,05P_D(B)=0{,}05.

  1. P(B∩B)=0,9×0,98=0,882P(B\cap B) = 0{,}9 \times 0{,}98 = 0{,}882
  2. P(D∩B)=0,1×0,05=0,005P(D\cap B) = 0{,}1 \times 0{,}05 = 0{,}005
  3. P(B∩D)=0,9×0,02=0,018 ,P(D∩D)=0,1×0,95=0,095P(B\cap D) = 0{,}9\times0{,}02=0{,}018\ ,\quad P(D\cap D)=0{,}1\times0{,}95=0{,}095
  4. vérification : 0,882+0,018+0,005+0,095=10{,}882+0{,}018+0{,}005+0{,}095=1

2. « Classé BB au final » regroupe deux chemins : B∩BB\cap B et D∩BD\cap B.

  1. P(classeˊ B)=0,882+0,005P(\text{classé } B) = 0{,}882 + 0{,}005
  2. ==0,8870{,}887
4

On lance un dé cubique équilibré. AA : « obtenir un diviseur de 6 » ; BB : « obtenir un nombre strictement supérieur à 3 et pair ». Les événements AA et BB sont-ils indépendants ?

Voir le corrigé détaillé
  1. A={1 ;2 ;3 ;6} ,P(A)=46=23A = \{1\,;2\,;3\,;6\}\ ,\quad P(A) = \dfrac{4}{6} = \dfrac{2}{3}
  2. B={4 ;6} ,P(B)=26=13B = \{4\,;6\}\ ,\quad P(B) = \dfrac{2}{6} = \dfrac{1}{3}
  3. A∩B={6} ,P(A∩B)=16A \cap B = \{6\}\ ,\quad P(A\cap B) = \dfrac{1}{6}
  4. P(A)×P(B)=23×13=29P(A)\times P(B) = \dfrac{2}{3}\times\dfrac{1}{3} = \dfrac{2}{9}
  5. 29≠16\dfrac{2}{9} \neq \dfrac{1}{6}2×6=12≠9×1=92\times6=12 \neq 9\times1=9
  6. ⇒\RightarrowAA et BB ne sont pas indépendants
5

Une entreprise s’approvisionne auprès de deux fournisseurs : 70 %70\,\% des pièces viennent du fournisseur F1F_1 (taux de défaut 2 %2\,\%), 30 %30\,\% du fournisseur F2F_2 (taux de défaut 6 %6\,\%). Calcule la probabilité qu’une pièce prise au hasard soit défectueuse.

Voir le corrigé détaillé

(F1,F2)(F_1, F_2) est une partition de l’univers : la formule des probabilités totales s’applique.

  1. P(D)=P(F1)×PF1(D)+P(F2)×PF2(D)P(D) = P(F_1)\times P_{F_1}(D) + P(F_2)\times P_{F_2}(D)
  2. ==0,7×0,02+0,3×0,060{,}7\times0{,}02 + 0{,}3\times0{,}06
  3. ==0,014+0,0180{,}014 + 0{,}018
  4. ==0,0320{,}032
Niveau 2 — Approfondissement
6

Une urne contient 4 boules jaunes et 6 boules violettes. On tire successivement et sans remise deux boules.

  1. Construis l’arbre pondéré complet.
  2. Calcule la probabilité d’obtenir au moins une boule jaune.
  3. Calcule la probabilité d’obtenir exactement une boule jaune.
Voir le corrigé détaillé

1. 1er niveau (10 boules) : P(J1)=410=25P(J_1)=\dfrac{4}{10}=\dfrac{2}{5}, P(V1)=610=35P(V_1)=\dfrac{6}{10}=\dfrac{3}{5}. 2e niveau (9 boules restantes) : sachant J1J_1, il reste 3 jaunes et 6 violettes, donc PJ1(J2)=39=13P_{J_1}(J_2)=\dfrac{3}{9}=\dfrac{1}{3}, PJ1(V2)=23P_{J_1}(V_2)=\dfrac{2}{3} ; sachant V1V_1, il reste 4 jaunes et 5 violettes, donc PV1(J2)=49P_{V_1}(J_2)=\dfrac{4}{9}, PV1(V2)=59P_{V_1}(V_2)=\dfrac{5}{9}.

  1. P(J1∩J2)=25×13=215P(J_1\cap J_2) = \dfrac{2}{5}\times\dfrac{1}{3} = \dfrac{2}{15}
  2. P(J1∩V2)=25×23=415 ,P(V1∩J2)=35×49=415P(J_1\cap V_2) = \dfrac{2}{5}\times\dfrac{2}{3} = \dfrac{4}{15}\ ,\quad P(V_1\cap J_2) = \dfrac{3}{5}\times\dfrac{4}{9} = \dfrac{4}{15}
  3. P(V1∩V2)=35×59=515=13P(V_1\cap V_2) = \dfrac{3}{5}\times\dfrac{5}{9} = \dfrac{5}{15} = \dfrac{1}{3}
  4. vérification : 2+4+4+515=1\dfrac{2+4+4+5}{15} = 1

2.

  1. « au moins une jaune » =V1∩V2‾= \overline{V_1\cap V_2}
  2. ⇒\RightarrowP(au moins une jaune)=1−13=23P(\text{au moins une jaune}) = 1-\dfrac{1}{3} = \dfrac{2}{3}

3.

  1. « exactement une jaune » =(J1∩V2)∪(V1∩J2)=(J_1\cap V_2)\cup(V_1\cap J_2)
  2. ⇒\RightarrowP(exactement une jaune)=415+415=815P(\text{exactement une jaune}) = \dfrac{4}{15}+\dfrac{4}{15} = \dfrac{8}{15}
7

Un filtre anti-spam classe 30 %30\,\% des messages reçus comme indésirables (« spam », événement SS). Un message de spam contient un mot suspect avec probabilité 0,80{,}8 ; un message légitime contient ce même mot, par hasard, avec probabilité 0,10{,}1. Un message contient ce mot suspect. Quelle est la probabilité qu’il s’agisse réellement d’un spam ?

Voir le corrigé détaillé
  1. P(mot)=P(S)×PS(mot)+P(S‾)×PS‾(mot)P(\text{mot}) = P(S)\times P_S(\text{mot}) + P(\overline{S})\times P_{\overline{S}}(\text{mot})
  2. ==0,3×0,8+0,7×0,10{,}3\times0{,}8 + 0{,}7\times0{,}1
  3. ==0,24+0,07=0,310{,}24+0{,}07 = 0{,}31
  4. Pmot(S)=P(S)×PS(mot)P(mot)=0,240,31P_{\text{mot}}(S) = \dfrac{P(S)\times P_S(\text{mot})}{P(\text{mot})} = \dfrac{0{,}24}{0{,}31}
  5. ==2431≈0,774\dfrac{24}{31} \approx 0{,}774

Un message contenant ce mot a environ 77,4 %77{,}4\,\% de chances d’être réellement un spam — loin des 80 %80\,\% de la sensibilité du filtre, à ne pas confondre avec cette valeur prédictive.

8

Dans une entreprise, P(V)=0,4P(V) = 0{,}4 (l’employé vient à vélo) et P(C)=0,55P(C) = 0{,}55 (l’employé déjeune à la cantine) ; on suppose VV et CC indépendants. Calcule P(V∩C‾)P(V\cap\overline{C}) de deux façons différentes : d’abord en revenant à la définition d’une partition, puis en utilisant directement le théorème d’indépendance des complémentaires. Vérifie que les deux méthodes donnent le même résultat.

Voir le corrigé détaillé

Méthode 1 (définition). CC et C‾\overline{C} partitionnent Ω\Omega, donc V∩CV\cap C et V∩C‾V\cap\overline{C} partitionnent VV :

  1. P(V)=P(V∩C)+P(V∩C‾)P(V) = P(V\cap C) + P(V\cap\overline{C})
  2. ⇒\RightarrowP(V∩C‾)=P(V)−P(V∩C)P(V\cap\overline{C}) = P(V) - P(V\cap C)
  3. V,CV,C indépendants ⇒P(V∩C)=P(V)×P(C)=0,4×0,55=0,22\Rightarrow P(V\cap C) = P(V)\times P(C) = 0{,}4\times0{,}55=0{,}22
  4. ⇒\RightarrowP(V∩C‾)=0,4−0,22=0,18P(V\cap\overline{C}) = 0{,}4-0{,}22 = 0{,}18

Méthode 2 (théorème). VV et CC indépendants ⇒V\Rightarrow V et C‾\overline{C} indépendants (section 4.3) :

  1. P(V∩C‾)=P(V)×P(C‾)P(V\cap\overline{C}) = P(V)\times P(\overline{C})
  2. ==0,4×(1−0,55)=0,4×0,450{,}4\times(1-0{,}55) = 0{,}4\times0{,}45
  3. ==0,180{,}18

Les deux méthodes donnent 0,180{,}18 : le théorème de la section 4.3 fait bien gagner une étape de calcul.

9

Une pièce équilibrée est lancée 4 fois de suite, de façon indépendante. Calcule la probabilité d’obtenir exactement 3 « Pile ».

Voir le corrigé détaillé
  1. un chemin donné avec 3 Pile et 1 Face a pour probabilité (12)3×12=(12)4\left(\dfrac{1}{2}\right)^{3}\times\dfrac{1}{2} = \left(\dfrac{1}{2}\right)^{4}indépendance des 4 lancers
  2. nombre de chemins avec 3 Pile parmi 4 lancers : (43)=4\dbinom{4}{3}=4
  3. ⇒\RightarrowP(exactement 3 Pile)=(43)×(12)4P(\text{exactement 3 Pile}) = \dbinom{4}{3}\times\left(\dfrac{1}{2}\right)^{4}
  4. ==4×116=416=144\times\dfrac{1}{16} = \dfrac{4}{16} = \dfrac{1}{4}
Niveau 3 — Type bac
10

Une coopérative agricole s’approvisionne en semences auprès de deux fournisseurs : F1F_1 livre 65 %65\,\% du stock, avec un taux de germination de 92 %92\,\% ; F2F_2 livre les 35 %35\,\% restants, avec un taux de germination de 85 %85\,\%. On sème une graine prise au hasard dans le stock ; on note GG l’événement « la graine germe ».

  1. Construis l’arbre pondéré de cette expérience.
  2. (Restitution organisée de connaissances.) Démontre, dans le cas général d’une partition (A1,…,An)(A_1,\ldots,A_n) de Ω\Omega, la formule des probabilités totales.
  3. Calcule P(G)P(G), puis P(G‾)P(\overline{G}).
  4. Une graine n’a pas germé. Calcule la probabilité qu’elle provienne du fournisseur F2F_2. Arrondis au millième.
Voir le corrigé détaillé

1. 1er niveau : P(F1)=0,65P(F_1)=0{,}65, P(F2)=0,35P(F_2)=0{,}35. 2e niveau : PF1(G)=0,92P_{F_1}(G)=0{,}92, PF1(G‾)=0,08P_{F_1}(\overline{G})=0{,}08 ; PF2(G)=0,85P_{F_2}(G)=0{,}85, PF2(G‾)=0,15P_{F_2}(\overline{G})=0{,}15.

2. Soit BB un événement quelconque. Comme (A1,…,An)(A_1,\ldots,A_n) est une partition de Ω\Omega :

  1. B=B∩Ω=B∩(A1∪⋯∪An)=(B∩A1)∪⋯∪(B∩An)B = B\cap\Omega = B\cap(A_1\cup\cdots\cup A_n) = (B\cap A_1)\cup\cdots\cup(B\cap A_n)distributivité
  2. les AiA_i étant deux à deux incompatibles, les B∩AiB\cap A_i le sont aussi
  3. ⇒\RightarrowP(B)=∑i=1nP(B∩Ai)P(B) = \displaystyle\sum_{i=1}^{n} P(B\cap A_i)additivité
  4. P(B∩Ai)=P(Ai)×PAi(B)P(B\cap A_i) = P(A_i)\times P_{A_i}(B)probabilités composées
  5. ⇒\RightarrowP(B)=∑i=1nP(Ai)×PAi(B)P(B) = \displaystyle\sum_{i=1}^{n} P(A_i)\times P_{A_i}(B)

C.Q.F.D.

3.

  1. P(G)=0,65×0,92+0,35×0,85P(G) = 0{,}65\times0{,}92 + 0{,}35\times0{,}85
  2. ==0,598+0,29750{,}598+0{,}2975
  3. ==0,89550{,}8955
  4. P(G‾)=1−0,8955P(\overline{G}) = 1-0{,}8955
  5. ==0,10450{,}1045

4.

  1. P(F2∩G‾)=0,35×0,15=0,0525P(F_2\cap\overline{G}) = 0{,}35\times0{,}15 = 0{,}0525
  2. PG‾(F2)=P(F2∩G‾)P(G‾)=0,05250,1045P_{\overline{G}}(F_2) = \dfrac{P(F_2\cap\overline{G})}{P(\overline{G})} = \dfrac{0{,}0525}{0{,}1045}
  3. ≈\approx0,5020{,}502

Une graine qui n’a pas germé a environ une chance sur deux de venir de chaque fournisseur — presque un partage égal, bien que F2F_2 livre moins de graines.

11

Une urne contient 3 boules blanches et 2 boules noires. On effectue 3 tirages successifs, avec remise, d’une boule.

  1. Justifie que les résultats des 3 tirages sont mutuellement indépendants.
  2. Calcule la probabilité d’obtenir exactement 2 boules blanches sur les 3 tirages.
  3. On note AA : « la 1re boule est blanche » et BB : « la 2e boule est blanche ». (ROC) En utilisant deux fois le théorème de la section 4.3, démontre que A‾\overline{A} et B‾\overline{B} sont indépendants.
  4. Vérifie numériquement le résultat de la question 3.
Voir le corrigé détaillé

1. La remise garantit qu’après chaque tirage, l’urne retrouve exactement sa composition initiale (3 blanches, 2 noires) : le résultat d’un tirage ne modifie donc en rien la composition de l’urne pour les tirages suivants. Les 3 tirages sont mutuellement indépendants.

2. p=35p = \dfrac{3}{5} (probabilité d’obtenir une blanche à chaque tirage).

  1. un chemin donné avec 2 blanches et 1 noire a pour probabilité (35)2×25\left(\dfrac{3}{5}\right)^{2}\times\dfrac{2}{5}
  2. nombre de chemins avec 2 blanches parmi 3 tirages : (32)=3\dbinom{3}{2}=3
  3. ⇒\RightarrowP(exactement 2 blanches)=3×(35)2×25P(\text{exactement 2 blanches}) = 3\times\left(\dfrac{3}{5}\right)^{2}\times\dfrac{2}{5}
  4. ==3×925×25=541253\times\dfrac{9}{25}\times\dfrac{2}{5} = \dfrac{54}{125}
  5. ≈\approx0,4320{,}432

3. AA et BB portent sur deux tirages distincts, donc sont indépendants (question 1). D’après le théorème de la section 4.3 appliqué à AA et BB : AA et B‾\overline{B} sont indépendants. En appliquant une seconde fois ce même théorème à B‾\overline{B} et AA (les rôles de « AA » et « BB » du théorème étant tenus ici par B‾\overline{B} et AA) : B‾\overline{B} et A‾\overline{A} sont indépendants. C.Q.F.D.

4.

  1. P(A‾)=P(B‾)=25P(\overline{A}) = P(\overline{B}) = \dfrac{2}{5}boule noire à un tirage donné
  2. P(A‾)×P(B‾)=25×25=425P(\overline{A})\times P(\overline{B}) = \dfrac{2}{5}\times\dfrac{2}{5} = \dfrac{4}{25}
  3. directement : P(A‾∩B‾)P(\overline{A}\cap\overline{B}) = « noire puis noire » =25×25=425= \dfrac{2}{5}\times\dfrac{2}{5} = \dfrac{4}{25}tirages indépendants
  4. ⇒\Rightarrowles deux calculs coïncident : 425\dfrac{4}{25}
12

Un système d’alarme comporte deux capteurs indépendants C1C_1 et C2C_2, de probabilités de détection respectives 0,90{,}9 et 0,80{,}8. L’alarme se déclenche dès qu’au moins un des deux capteurs détecte une intrusion.

  1. Calcule la probabilité que l’alarme se déclenche.
  2. (ROC) Démontre, dans le cas général de deux événements indépendants E1E_1 et E2E_2, que P(E1∪E2)=1−(1−P(E1))(1−P(E2))P(E_1\cup E_2) = 1-\left(1-P(E_1)\right)\left(1-P(E_2)\right).
  3. L’alarme s’est déclenchée. Calcule la probabilité que ce soit C1C_1 seul qui ait détecté l’intrusion (c’est-à-dire C1C_1 mais pas C2C_2). Arrondis au centième.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. P(alarme)=1−P(C1‾)×P(C2‾)P(\text{alarme}) = 1-P(\overline{C_1})\times P(\overline{C_2})indépendance des complémentaires
  2. ==1−0,1×0,21-0{,}1\times0{,}2
  3. ==1−0,02=0,981-0{,}02 = 0{,}98

2. L’événement contraire de E1∪E2E_1\cup E_2 est « ni E1E_1 ni E2E_2 », c’est-à-dire E1‾∩E2‾\overline{E_1}\cap\overline{E_2} (lois de Morgan).

  1. P(E1∪E2)=1−P(E1‾∩E2‾)P(E_1\cup E_2) = 1-P(\overline{E_1}\cap\overline{E_2})
  2. E1,E2E_1,E_2 indépendants ⇒E1‾,E2‾\Rightarrow \overline{E_1},\overline{E_2} indépendants (théorème 4.3)
  3. ⇒\RightarrowP(E1‾∩E2‾)=P(E1‾)×P(E2‾)=(1−P(E1))(1−P(E2))P(\overline{E_1}\cap\overline{E_2}) = P(\overline{E_1})\times P(\overline{E_2}) = \left(1-P(E_1)\right)\left(1-P(E_2)\right)
  4. ⇒\RightarrowP(E1∪E2)=1−(1−P(E1))(1−P(E2))P(E_1\cup E_2) = 1-\left(1-P(E_1)\right)\left(1-P(E_2)\right)

C.Q.F.D.

3. « C1C_1 seul » signifie C1∩C2‾C_1\cap\overline{C_2}.

  1. P(C1∩C2‾)=P(C1)×P(C2‾)=0,9×0,2=0,18P(C_1\cap\overline{C_2}) = P(C_1)\times P(\overline{C_2}) = 0{,}9\times0{,}2 = 0{,}18indépendance
  2. Palarme(C1 seul)=P(C1∩C2‾)P(alarme)=0,180,98P_{\text{alarme}}(C_1\text{ seul}) = \dfrac{P(C_1\cap\overline{C_2})}{P(\text{alarme})} = \dfrac{0{,}18}{0{,}98}
  3. ≈\approx0,180{,}18
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13

Dépistage du paludisme à Bamako. Dans un centre de santé de Bamako, la prévalence du paludisme chez les patients fiévreux reçus est estimée à 15 %15\,\%. Le test de diagnostic rapide utilisé a une sensibilité de 97 %97\,\% et une spécificité de 90 %90\,\%.

  1. Construis l’arbre pondéré et dresse le tableau des effectifs pour 10 00010\,000 patients.
  2. Calcule la probabilité qu’un patient testé positif soit réellement atteint de paludisme (VPP).
  3. Compare ce résultat à celui de la section 6.2 et explique la différence.
Voir le corrigé détaillé

1. P(M)=0,15P(M)=0{,}15, PM(T+)=0,97P_M(T^{+})=0{,}97, PM‾(T−)=0,90P_{\overline M}(T^{-})=0{,}90 donc PM‾(T+)=0,10P_{\overline M}(T^{+})=0{,}10. Sur 10 00010\,000 patients : 1 5001\,500 malades, 8 5008\,500 non malades.

  1. vrais positifs =1 500×0,97=1 455= 1\,500\times0{,}97 = 1\,455
  2. faux négatifs =1 500×0,03=45= 1\,500\times0{,}03 = 45
  3. faux positifs =8 500×0,10=850= 8\,500\times0{,}10 = 850
  4. vrais négatifs =8 500×0,90=7 650=8\,500\times0{,}90=7\,650
MaladeNon maladeTotal
T+T^{+}1 4558502 305
T−T^{-}457 6507 695
Total1 5008 50010 000

2.

  1. P(T+)=2 30510 000=0,2305P(T^{+}) = \dfrac{2\,305}{10\,000} = 0{,}2305
  2. VPP=1 4552 305\text{VPP} = \dfrac{1\,455}{2\,305}
  3. ≈\approx0,6310{,}631

3. Ici, la VPP vaut environ 63 %63\,\%, bien plus élevée que les 49 %49\,\% trouvés section 6.2. La différence tient uniquement à la prévalence : 15 %15\,\% à Bamako contre 2 %2\,\% dans l’exemple du cours. Plus une maladie est fréquente dans la population testée, plus un résultat positif est fiable — c’est pour cela que les tests de dépistage ciblent en priorité les populations à risque.

14

Contrôle qualité à Douala. Une usine textile de Douala produit des vêtements sur deux lignes : la ligne XX assure 70 %70\,\% de la production avec un taux de défaut de 4 %4\,\% ; la ligne YY assure 30 %30\,\% avec un taux de défaut de 9 %9\,\%. Fatou, responsable qualité, retire un vêtement défectueux du stock.

  1. Calcule la probabilité qu’un vêtement pris au hasard soit défectueux.
  2. Calcule la probabilité que le vêtement défectueux retiré par Fatou provienne de la ligne XX.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. P(D)=0,7×0,04+0,3×0,09P(D) = 0{,}7\times0{,}04 + 0{,}3\times0{,}09
  2. ==0,028+0,0270{,}028+0{,}027
  3. ==0,0550{,}055

2.

  1. PD(X)=P(X)×PX(D)P(D)=0,0280,055P_D(X) = \dfrac{P(X)\times P_X(D)}{P(D)} = \dfrac{0{,}028}{0{,}055}
  2. ==2855≈0,509\dfrac{28}{55} \approx 0{,}509

Environ 50,9 %50{,}9\,\% : malgré son taux de défaut plus faible, la ligne XX reste la source la plus probable, simplement parce qu’elle produit davantage — un résultat à retenir pour ne jamais accuser une ligne de production sur la seule foi de son taux de défaut.

15

Enquête mobile money : Dakar et Ndjamena. Une enquête interroge 800800 personnes : 500500 à Dakar et 300300 à Ndjamena. À Dakar, 80 %80\,\% des personnes interrogées utilisent un service de mobile money ; à Ndjamena, cette proportion est de 60 %60\,\%. On choisit au hasard une personne parmi les 800800 interrogées.

  1. Calcule la probabilité que cette personne utilise le mobile money.
  2. Sachant qu’elle utilise le mobile money, calcule la probabilité qu’elle ait été interrogée à Dakar.
  3. Les événements « être interrogé à Dakar » et « utiliser le mobile money » sont-ils indépendants ? Justifie.
Voir le corrigé détaillé

P(Dakar)=500800=58 ,P(Ndjamena)=300800=38P(\text{Dakar}) = \dfrac{500}{800} = \dfrac{5}{8}\ ,\quad P(\text{Ndjamena}) = \dfrac{300}{800} = \dfrac{3}{8}.

1.

  1. P(usage)=58×0,8+38×0,6P(\text{usage}) = \dfrac{5}{8}\times0{,}8 + \dfrac{3}{8}\times0{,}6
  2. ==0,5+0,2250{,}5+0{,}225
  3. ==0,7250{,}725

2. En effectifs : 500×0,8=400500\times0{,}8=400 utilisateurs à Dakar, 300×0,6=180300\times0{,}6=180 à Ndjamena, soit 580580 utilisateurs sur 800 (cohérent : 580800=0,725\frac{580}{800}=0{,}725).

  1. Pusage(Dakar)=400580=2029P_{\text{usage}}(\text{Dakar}) = \dfrac{400}{580} = \dfrac{20}{29}
  2. ≈\approx0,6900{,}690

3.

  1. P(Dakar)×P(usage)=58×0,725=0,453 125P(\text{Dakar})\times P(\text{usage}) = \dfrac{5}{8}\times0{,}725 = 0{,}453\,125
  2. P(Dakar∩usage)=400800=0,5P(\text{Dakar}\cap\text{usage}) = \dfrac{400}{800} = 0{,}5
  3. 0,453 125≠0,50{,}453\,125 \neq 0{,}5
  4. ⇒\Rightarrowles événements ne sont pas indépendants

C’est cohérent avec l’énoncé : le taux d’usage diffère selon la ville, donc la ville « renseigne » sur l’usage — la définition même de la non-indépendance.

16

Récolte d’arachide à Kaolack. Dans la région de Kaolack, au Sénégal, on distingue deux types de saison des pluies : une saison « normale » (probabilité 0,750{,}75) et une saison « déficitaire » (probabilité 0,250{,}25). Moussa, agriculteur, sait que la probabilité d’obtenir une bonne récolte d’arachide est de 0,80{,}8 en saison normale, et de seulement 0,30{,}3 en saison déficitaire.

  1. Calcule la probabilité que Moussa obtienne une bonne récolte cette année.
  2. Cette année, Moussa a obtenu une bonne récolte. Calcule la probabilité que la saison ait été normale.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. P(bonne)=0,75×0,8+0,25×0,3P(\text{bonne}) = 0{,}75\times0{,}8 + 0{,}25\times0{,}3
  2. ==0,6+0,0750{,}6+0{,}075
  3. ==0,6750{,}675

2.

  1. Pbonne(normale)=0,60,675P_{\text{bonne}}(\text{normale}) = \dfrac{0{,}6}{0{,}675}
  2. ==6067,5=89\dfrac{60}{67{,}5} = \dfrac{8}{9}
  3. ≈\approx0,8890{,}889

Sachant la bonne récolte, la saison a très probablement été normale (environ 89 %89\,\% de chances) : un résultat rassurant, mais qui ne certifie pas totalement la cause — il reste tout de même 19\frac{1}{9} de chances qu’une bonne récolte ait eu lieu malgré une saison déficitaire.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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Pour deux événements AA et BB avec P(B)≠0P(B) \neq 0, la probabilité de AA sachant BB, notée PB(A)P_B(A), est définie par :

Explication : C'est la définition de la probabilité conditionnelle : on rapporte la probabilité de l'intersection A∩BA\cap B à celle de l'événement déjà réalisé, BB, qui devient le nouvel univers de référence.

En général, PB(A)P_B(A) et PA(B)P_A(B) sont :

Explication : C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre : « la probabilité de AA sachant BB » et « la probabilité de BB sachant AA » ne se calculent pas dans le même univers de référence, et sont en général différentes.

Dans un jeu de 32 cartes, AA = « la carte est un roi », BB = « la carte est un cœur ». On a P(A)=18P(A)=\dfrac18, P(B)=14P(B)=\dfrac14 et P(A∩B)=132P(A\cap B) = \dfrac{1}{32} (le roi de cœur). Que vaut PB(A)P_B(A) ?

Explication : PB(A)=P(A∩B)P(B)=1/321/4=18P_B(A) = \dfrac{P(A\cap B)}{P(B)} = \dfrac{1/32}{1/4} = \dfrac{1}{8} : parmi les 8 cœurs, un seul est roi.

La formule des probabilités composées s'écrit, pour P(A)≠0P(A)\neq0 et P(B)≠0P(B)\neq0 :

Explication : C'est la formule des probabilités composées, obtenue en multipliant les deux membres de la définition de PB(A)P_B(A) par P(B)P(B). C'est elle qui justifie la règle du produit le long d'un arbre pondéré.

Sur un arbre pondéré, la probabilité d'un chemin de la racine à une feuille s'obtient en :

Explication : C'est la règle des chemins : la probabilité d'un chemin est le produit des probabilités conditionnelles inscrites sur les branches qui le composent.

Une urne contient 5 boules rouges et 3 noires. On tire deux boules successivement, sans remise. Sachant que la première boule tirée est rouge, quelle est la probabilité que la seconde soit rouge aussi ?

Explication : Après avoir retiré une boule rouge, il reste 4 rouges et 3 noires, soit 7 boules au total : PR1(R2)=47P_{R_1}(R_2) = \dfrac{4}{7}. Piège classique : garder le dénominateur 88 du premier tirage serait faux, une boule ayant disparu de l'urne.

Des événements A1,A2,…,AnA_1, A_2, \ldots, A_n forment une partition de Ω\Omega lorsque :

Explication : Une partition découpe Ω\Omega en morceaux qui ne se chevauchent jamais (incompatibles deux à deux) mais qui, ensemble, couvrent tout l'univers.

Une entreprise reçoit 6060% de sa production de l'atelier A (taux de défaut 33%) et 4040% de l'atelier B (taux de défaut 55%). D'après la formule des probabilités totales, la probabilité qu'une pièce prise au hasard soit défectueuse est :

Explication : P(D)=P(A)×PA(D)+P(B)×PB(D)=0,6×0,03+0,4×0,05=0,018+0,02=0,038P(D) = P(A)\times P_A(D) + P(B)\times P_B(D) = 0{,}6\times0{,}03 + 0{,}4\times0{,}05 = 0{,}018+0{,}02 = 0{,}038.

Pour appliquer correctement la formule des probabilités totales, il faut vérifier que les événements AiA_i :

Explication : Oublier un morceau de la partition, ou inclure des événements qui se chevauchent, fausse complètement le résultat : il faut vérifier que la somme des P(Ai)P(A_i) vaut bien 11.

Deux événements AA et BB sont dits indépendants lorsque :

Explication : C'est la définition de l'indépendance : le produit des probabilités individuelles est égal à la probabilité de l'intersection. Cette définition ne suppose aucune probabilité non nulle.

Au dé équilibré, AA = « obtenir 1 », BB = « obtenir 6 » sont incompatibles. Peuvent-ils être indépendants ?

Explication : Si AA et BB sont incompatibles et de probabilités non nulles, P(A∩B)=0P(A\cap B)=0 alors que P(A)×P(B)≠0P(A)\times P(B) \neq 0 : ils ne peuvent jamais être indépendants. Indépendance et incompatibilité sont presque opposées.

Dans un schéma de Bernoulli à nn répétitions indépendantes d'une épreuve de probabilité de succès pp, la probabilité d'obtenir exactement kk succès est :

Explication : On multiplie la probabilité d'un chemin donné à kk succès (pk(1−p)n−kp^k(1-p)^{n-k}) par le nombre de chemins possibles, donné par le coefficient binomial (nk)\dbinom{n}{k}.

La formule de Bayes permet de calculer :

Explication : La formule de Bayes « retourne » un conditionnement : elle permet de passer de PA(B)P_A(B) (sachant la cause AA) à PB(A)P_B(A) (sachant l'effet observé BB).

Reprenons les ateliers A (60%, défaut 3%) et B (40%, défaut 5%), avec P(D)=0,038P(D)=0{,}038. Sachant qu'une pièce est défectueuse, la probabilité qu'elle vienne de l'atelier A est :

Explication : Par la formule de Bayes, PD(A)=P(A)×PA(D)P(D)=0,0180,038≈0,474P_D(A) = \dfrac{P(A)\times P_A(D)}{P(D)} = \dfrac{0{,}018}{0{,}038}\approx0{,}474. Fait notable : bien que A produise plus, une pièce défectueuse vient plus souvent de B, dont le taux de défaut est plus élevé.

Dans le vocabulaire des tests de dépistage, la sensibilité d'un test est :

Explication : La sensibilité mesure la capacité du test à détecter les vrais malades : c'est PM(T+)P_M(T^{+}), une propriété intrinsèque du test, mesurée « sachant la cause ».

Dans une population, la prévalence d'une maladie est de 22%, un test a une sensibilité de 9595% et une spécificité de 9898%. Sur 100 000100\,000 personnes, on obtient 1 9001\,900 vrais positifs et 1 9601\,960 faux positifs. La valeur prédictive positive (VPP) est alors d'environ :

Explication : VPP=1 9001 900+1 960=1 9003 860≈0,492\text{VPP} = \dfrac{1\,900}{1\,900+1\,960} = \dfrac{1\,900}{3\,860} \approx 0{,}492, soit environ 49% : c'est le paradoxe des faux positifs, dû à la rareté de la maladie, qui « noie » les vrais positifs parmi de nombreux faux positifs.

Plus une maladie est rare dans une population (prévalence faible), et pour un même test, la valeur prédictive positive (VPP) :

Explication : C'est le paradoxe des faux positifs : plus la maladie est rare, plus la population des non-malades est grande, et plus les faux positifs « noient » les vrais positifs parmi les résultats positifs — la VPP s'effondre.

Deux composants C1C_1 et C2C_2, de pannes indépendantes, sont montés en série (le système fonctionne si et seulement si les deux composants fonctionnent). La probabilité que le système fonctionne est :

Explication : En série, tout doit fonctionner : par indépendance, la probabilité que les deux composants fonctionnent simultanément est le produit de leurs probabilités individuelles.

Deux composants C1C_1 et C2C_2, de pannes indépendantes et de fiabilités 0,90{,}9 chacun, sont montés en parallèle (redondance : il suffit qu'un seul fonctionne). La probabilité que le système fonctionne est :

Explication : On passe par l'événement contraire « aucun des deux ne fonctionne » : P(fonctionne)=1−(1−0,9)×(1−0,9)=1−0,01=0,99P(\text{fonctionne}) = 1-(1-0{,}9)\times(1-0{,}9) = 1-0{,}01 = 0{,}99. La redondance augmente nettement la fiabilité par rapport à un seul composant.

Si AA et BB sont indépendants, alors AA et B‾\overline{B} le sont aussi. Cela découle du fait que :

Explication : En écrivant AA comme la réunion disjointe de (A∩B)(A\cap B) et (A∩B‾)(A\cap\overline{B}), puis en utilisant l'indépendance de AA et BB, on obtient P(A∩B‾)=P(A)×P(B‾)P(A\cap\overline{B})=P(A)\times P(\overline{B}), qui est exactement la définition de l'indépendance de AA et B‾\overline{B}.
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