Résoudre les équations différentielles linéaires du premier et du second ordre.
MathématiquesTerminaleChapitre 9 / 19⏱ 8 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Résoudre une équation différentielle du programme
Déterminer la solution particulière
Modéliser un phénomène physique par une équation différentielle
Depuis la classe de Seconde, tu résous des équations où l’inconnue est un nombre : x dans 2x+3=7, ou plus tard dans des équations trigonométriques ou exponentielles. Ce chapitre change complètement la donne. L’inconnue devient une fonctiony, et l’équation relie cette fonction à sa (ou ses) dérivée(s) : c’est une équation différentielle. Résoudre y′=ay, c’est chercher toutes les fonctions dont la vitesse de variation est, à chaque instant, proportionnelle à leur propre valeur.
Cette idée n’a rien d’abstrait : elle est au cœur de la physique et de la vie courante. La désintégration d’un noyau radioactif, la charge d’un condensateur, les oscillations d’une suspension automobile, le refroidissement d’un plat, la croissance d’une population — tous ces phénomènes obéissent à une loi du type « la vitesse de variation dépend de l’état présent », c’est-à-dire à une équation différentielle. Au baccalauréat, ce chapitre est presque toujours associé à un exercice de physique-chimie : savoir manipuler ces équations, c’est se donner les moyens de réussir ces sujets transversaux.
Ce qui change par rapport aux années précédentes, ce n’est pas seulement l’objet étudié : c’est la rigueur de la démarche. Tu ne vas pas seulement vérifier qu’une fonction est solution — tu vas démontrer que ce sont les seules, à l’aide d’une astuce qui deviendra vite familière : étudier une fonction auxiliaire bien choisie. C’est un raisonnement complet, de type « existence et unicité », que tu retrouveras dans l’enseignement supérieur.
Le plan est le suivant : tu commenceras par les équations du premier ordrey′=ay et y′=ay+b, puis tu apprendras à fixer la constante grâce à une condition initiale. Tu passeras ensuite aux équations du second ordrey′′+ω2y=0 et y′′−ω2y=0, qui modélisent notamment les oscillations. Le chapitre se conclut par un tour d’horizon des applications physiques qui donnent tout son sens à cette théorie. Prends ton temps sur les démonstrations : elles reviennent souvent, sous forme de ROC, le jour du bac.
1y′=ay et y′=ay+b
1.1 Qu’est-ce qu’une équation différentielle ?
Avant de résoudre quoi que ce soit, il faut préciser le vocabulaire.
Définition
Une équation différentielle est une équation dont l’inconnue est une fonctiony, dérivable sur un intervalle I, et qui fait intervenir cette fonction et une ou plusieurs de ses dérivées. L’ordre de l’équation est l’ordre de la plus grande dérivée qui y figure.
Une solution de l’équation sur I est une fonction y, dérivable (autant de fois que nécessaire) sur I, qui vérifie l’égalité pour toutx∈I. Sa représentation graphique s’appelle une courbe intégrale de l’équation.
Ainsi, y′=ay est une équation différentielle du premier ordre (elle ne fait intervenir que y′), tandis que y′′+ω2y=0 est du second ordre (elle fait intervenir y′′). Dans les deux cas, a et ω sont des réels donnés, appelés paramètres de l’équation : il ne faut pas les confondre avec l’inconnue y.
Attention
Résoudre y′=3x (chercher une primitive) et résoudre y′=3y (une équation différentielle) n’a rien à voir ! Dans le premier cas, la variable x figure explicitement au second membre ; dans le second, c’est y elle-même qui y figure. C’est bien ce dernier type qui nous occupe dans ce chapitre.
1.2 L’équation y′=ay
Soit a un réel fixé. On s’intéresse à l’équation différentielle y′=ay, d’inconnue une fonction y dérivable sur R.
Théorème
Soit a∈R. Les solutions sur R de l’équation différentielle y′=ay sont exactement les fonctions
f(x)=Ceax,C∈R.
La constante C est un réel quelconque : il existe donc une infinité de solutions, qui forment une famille à un paramètre.
Démonstration
1. Ces fonctions sont bien des solutions (existence). Soit C∈R et f(x)=Ceax. La fonction f est dérivable sur R comme produit de fonctions dérivables.
f′(x)=C×aeax
=a×(Ceax)
=af(x)par définition de f
Donc f′=af : chaque fonction x↦Ceax est bien solution de l’équation.
2. Ce sont les seules (unicité). Soit fune solution quelconque de y′=ay sur R. On introduit la fonction auxiliaire :
g(x)=f(x)e−ax
La fonction g est dérivable sur R comme produit de fonctions dérivables.
g′(x)=f′(x)e−ax+f(x)×(−ae−ax)dérivée d’un produit
=(f′(x)−af(x))e−ax
=0×e−axcar f est solution : f′(x)=af(x)
=0
La dérivée de g est nulle sur l’intervalle R : la fonction g est donc constante sur R. Il existe donc un réel C tel que, pour tout x∈R, g(x)=C, c’est-à-dire :
f(x)e−ax=C
⇒f(x)=Ceaxon multiplie les deux membres par eax
Toute solution f s’écrit donc bien sous la forme annoncée. C.Q.F.D.
Méthode — résoudre y′=ay
On identifie le réel a en isolant y′ : l’équation 2y′=6y s’écrit d’abord y′=3y, avec a=3. La solution générale est alors y(x)=Ce3x, C∈R.
Figure 1 — Faisceau de solutions de y′=0,4y : chaque valeur de la constante C donne une courbe différente, mais toutes ont la même forme exponentielle. La courbe C=0 (en pointillés) est la fonction nulle, elle aussi solution.
Le signe de a gouverne entièrement le comportement des solutions : si a>0, toute solution non nulle tend vers +∞ ou −∞ en +∞ (croissance exponentielle, comme les courbes C=2 et C=−2 ci-dessus) ; si a<0, toute solution tend vers 0 en +∞ (décroissance exponentielle) ; si a=0, les solutions sont les fonctions constantes.
Attention
L’erreur la plus fréquente est d’oublier la constante C et de répondre « la solution est eax », comme s’il n’y en avait qu’une. Sans condition supplémentaire, l’équation y′=ay possède une infinité de solutions : une pour chaque valeur de C∈R (y compris C=0, qui donne la fonction nulle). Deuxième piège : un signe « − » oublié devant a change complètement l’allure de la courbe (croissance ↔ décroissance).
Math & Co — La naissance du nombre e
Le nombre e≈2,71828, base des exponentielles qui résolvent y′=ay, n’est pas apparu d’un coup. En 1683, le mathématicien suisse Jacques Bernoulli l’approche en étudiant les intérêts composés : que devient un capital si les intérêts sont recalculés une infinité de fois par an ? Il obtient une limite, sans la nommer.
C’est Leonhard Euler, autre génie suisse, qui lui donne son nom et sa place centrale en analyse. Dans son traité Introductio in analysin infinitorum (1748), il démontre que la fonction x↦ex est la seule fonction (à une constante multiplicative près) égale à sa propre dérivée — exactement la propriété que tu viens de démontrer, pour a=1 ! Euler calcule aussi les dix-huit premières décimales de e à la main.
1.3 L’équation y′=ay+b
On complique légèrement l’équation en ajoutant un second membre constantb. L’idée directrice — que tu retrouveras dans tout le chapitre — est de se ramener au cas déjà résolu par un changement de fonction astucieux.
Théorème
Soit a∈R∗ et b∈R. Les solutions sur R de l’équation différentielle y′=ay+b sont exactement les fonctions
Étape 1. On cherche une solution particulière constanteyp(x)=k. Comme yp′=0, elle vérifie 0=ak+b, d’où k=−ab.
Étape 2. On sait (théorème de la section 1.2) que les solutions de l’équation homogène associéey′=ay sont les fonctions Ceax.
Étape 3. La solution générale de y′=ay+b est la somme : solution particulière + solution homogène, soit y(x)=Ceax−ab.
Démonstration
Notons yp=−ab la solution particulière constante (elle vérifie ayp+b=0). Soit f une solution quelconque de y′=ay+b. On pose g=f−yp, c’est-à-dire g(x)=f(x)+ab.
g′(x)=f′(x)la dérivée d’une constante est nulle
=af(x)+bf est solution de y′=ay+b
=a(g(x)+yp)+bcar f=g+yp
=ag(x)+(ayp+b)
=ag(x)car ayp+b=0 par construction de yp
Donc g′=ag : d’après le théorème de la section précédente, g(x)=Ceax pour un certain C∈R. On en déduit f(x)=g(x)+yp=Ceax−ab. C.Q.F.D.
Exemple — résoudre y′=3y−6
solution particulière constante : 0=3k−6
⇒k=2
solution homogène de y′=3y : Ce3x
⇒solution générale : y(x)=Ce3x+2,C∈R
Figure 2 — Deux solutions de y′=−0,5y+2, l’une partant de 0, l’autre de 8 : quelle que soit la condition initiale, la courbe se rapproche de l’asymptote horizontale y=4=−ab.
Attention — le cas a=0
Si a=0, la formule −ab n’a plus de sens : la méthode ci-dessus ne s’applique pas ! L’équation devient y′=b : il ne s’agit plus de trouver une exponentielle, mais une primitive de la constante b. Les solutions sont alors les fonctions affinesy(x)=bx+K, K∈R — une droite, et non plus une courbe qui se stabilise. Vérifie toujours que a=0 avant d’appliquer la méthode.
1.4 Approximation numérique : la méthode d’Euler
Pour y′=ay ou y′=ay+b, tu sais désormais trouver une expression exacte de la solution. Mais pour des équations différentielles plus compliquées, rencontrées par exemple en physique, une telle formule n’existe pas toujours. On a alors recours à une méthode numérique, qui approche la courbe solution pas à pas.
Définition — méthode d’Euler
Soit l’équation y′=f(x,y) avec la condition initiale y(x0)=y0, et un pas h>0 fixé. On construit une suite de points (xn,yn) par la relation de récurrence :
xn+1=xn+h,yn+1=yn+h×f(xn,yn)
En reliant ces points par des segments, on obtient une ligne brisée qui approche la courbe intégrale exacte.
Méthode — principe géométrique
En chaque point (xn,yn), on ne connaît pas la courbe, mais on connaît sa tangente (de coefficient directeur yn′=f(xn,yn), donné par l’équation elle-même). L’idée d’Euler est de suivre cette tangente sur une petite distance h, puis de recalculer une nouvelle tangente au point d’arrivée, et ainsi de suite. Plus h est petit, plus l’approximation est fine — mais plus le nombre de calculs augmente.
Pour y′=ay, la relation devient yn+1=yn+h×ayn=(1+ah)yn : chaque terme s’obtient en multipliant le précédent par le facteur constant (1+ah).
Exemple — approcher la solution de y′=0,5y, y(0)=1
On choisit un pas h=0,5. La solution exacte est y(x)=e0,5x (théorème de la section 1.2, avec C=1).
xn
0
0,5
1
1,5
2
2,5
3
3,5
4
yn (Euler)
1
1,25
1,563
1,953
2,441
3,052
3,815
4,768
5,960
valeur exacte
1
1,284
1,649
2,117
2,718
3,490
4,482
5,755
7,389
Le premier pas se calcule ainsi :
y1=y0+h×0,5y0
=1+0,5×0,5×1
=1,25
Figure 3 — Méthode d’Euler pour y′=0,5y, y(0)=1 : la ligne brisée (pas h=0,5) reste en dessous de la courbe exacte y=e0,5x, et l’écart grandit à chaque pas.
Attention
La méthode d’Euler ne donne qu’une valeur approchée : dès le premier pas, une petite erreur apparaît, et elle s’accumule à chaque itération (ici, l’écart passe de 0 à près de 1,4 après huit pas). Diminuer le pas h réduit l’erreur mais ne l’annule jamais complètement. Ne confonds jamais « ligne brisée d’Euler » et « courbe exacte » : ce sont deux objets différents, à ne pas superposer sans le dire dans une rédaction.
2Solution vérifiant une condition initiale
Tu l’as vu : une équation différentielle possède, à elle seule, une infinité de solutions. En pratique — en physique tout particulièrement — on connaît en général l’état du système à un instant précis (une masse initiale, une tension à t=0…). Cette information supplémentaire permet de sélectionner une seule solution parmi toutes les autres.
Définition
Une condition initiale est une égalité du type y(x0)=y0, où x0 et y0 sont deux réels donnés. Résoudre une équation différentielle munie d’une condition initiale s’appelle résoudre un problème de Cauchy.
Propriété — existence et unicité
Pour tout réel a et tous réels x0,y0, l’équation y′=ay admet une unique solution sur R vérifiant y(x0)=y0. Il en va de même pour y′=ay+b (avec a=0).
Cette unicité n’a rien de mystérieux : elle découle directement du théorème de la section précédente. Puisque toutes les solutions s’écrivent Ceax (ou Ceax−ab), imposer y(x0)=y0 revient à résoudre une simple équation d’inconnue C — équation qui possède, elle, une unique solution.
Méthode — déterminer la constante C
Écrire la solution générale de l’équation (théorème de la section 1).
Remplacer x par x0 dans cette expression et l’égaler à y0.
Résoudre l’équation obtenue, d’inconnue C.
Remplacer C par sa valeur dans la solution générale : c’est la réponse.
Exemple 1 — condition initiale sur y′=ay
On cherche la solution de y′=−0,2y vérifiant y(0)=100.
solution générale : y(x)=Ce−0,2x
y(0)=Ce0=C
condition initiale : C=100
⇒y(x)=100e−0,2x
Exemple 2 — condition initiale sur y′=ay+b
On cherche la solution de y′=3y−6 (résolue plus haut) vérifiant y(0)=5.
solution générale : y(x)=Ce3x+2
y(0)=C+2
condition initiale : C+2=5⇒C=3
⇒y(x)=3e3x+2
Attention
Une condition initiale porte sur la valeur de y, pas sur celle de y′ — sauf mention explicite contraire. Ne confonds pas y(0)=5 (« la fonction vaut 5 en 0 ») avec y′(0)=5 (« la pente vaut 5 en 0 »), qui donnerait une équation différente pour déterminer C. Pour les équations du second ordre (section 3), il faudra même connaître les deux conditions à la fois.
3y′′+ω2y=0 et y′′−ω2y=0
Ces deux équations sont du second ordre : elles font intervenir la dérivée seconde y′′. Bien qu’elles ne diffèrent que par un signe, leurs solutions ont des comportements radicalement opposés — l’une oscille indéfiniment, l’autre s’emballe. Comprendre pourquoi est l’objet de cette section.
3.1 L’équation y′′+ω2y=0
Théorème
Soit ω un réel strictement positif. Les solutions sur R de l’équation différentielle y′′+ω2y=0 sont exactement les fonctions
f(t)=Acos(ωt)+Bsin(ωt),(A,B)∈R2.
Démonstration (vérification)
Soit (A,B)∈R2 et f(t)=Acos(ωt)+Bsin(ωt).
f′(t)=−Aωsin(ωt)+Bωcos(ωt)
f′′(t)=−Aω2cos(ωt)−Bω2sin(ωt)
=−ω2(Acos(ωt)+Bsin(ωt))
=−ω2f(t)
On a bien f′′+ω2f=0 : chaque fonction de cette famille est solution. Réciproquement, on admet (la preuve complète repose sur un argument d’unicité analogue à celui de la section 1, appliqué à un système du premier ordre) que ce sont les seules : une équation du second ordre possède une famille de solutions à deux constantes arbitraires A et B, tout comme une équation du premier ordre en possédait une à une seule constante C.
Les solutions de y′′+ω2y=0 sont donc périodiques, de période T=ω2π : elles décrivent une oscillation qui ne s’amortit jamais. Cette écriture cache une information précieuse — l’amplitude réelle de l’oscillation. On préfère souvent une seconde forme.
Méthode — passer à la forme Rcos(ωt−φ)
On cherche R>0 et φ tels que Acos(ωt)+Bsin(ωt)=Rcos(ωt−φ) pour tout t.
Démonstration — formules de R et φ
On développe le second membre grâce à la formule d’addition du cosinus :
Rcos(ωt−φ)=Rcos(ωt)cosφ+Rsin(ωt)sinφ
=(Rcosφ)cos(ωt)+(Rsinφ)sin(ωt)
Cette expression coïncide avec Acos(ωt)+Bsin(ωt) pour toutt si et seulement si les coefficients sont égaux :
Rcosφ=AetRsinφ=B
En élevant au carré et en additionnant, R2cos2φ+R2sin2φ=A2+B2, soit R2=A2+B2 (car cos2φ+sin2φ=1). D’où :
R=A2+B2,cosφ=RA,sinφ=RB
Exemple — y(t)=3cos(2t)+4sin(2t)
Ici ω=2, A=3, B=4.
R=32+42=25=5
cosφ=53=0,6etsinφ=54=0,8
⇒φ≈0,927 rad (soit environ 53,1°)
⇒y(t)=5cos(2t−φ)
Figure 4 — La fonction t↦3cos(2t)+4sin(2t), solution de y′′+4y=0, s’écrit aussi 5cos(2t−φ) : amplitude R=5 et période T=ω2π=π.
Math & Co — Le pendule qui a mesuré le temps
En 1656, le savant néerlandais Christiaan Huygens construit la première horloge à pendule, capable de mesurer le temps avec une précision inédite pour l’époque (l’erreur passe de quinze minutes par jour à quinze secondes). Le mouvement du pendule, pour de petites oscillations, est modélisé par une équation du type y′′+ω2y=0.
Quelques décennies plus tôt, en 1660, le physicien anglais Robert Hooke avait énoncé la loi qui porte son nom : la force de rappel d’un ressort est proportionnelle à son allongement. Combinée à la deuxième loi de Newton (Principia, 1687), cette loi conduit très exactement à la même équation différentielle — c’est ce que tu retrouveras en section 4.5 avec l’oscillateur masse-ressort.
3.2 L’équation y′′−ω2y=0
Un unique changement de signe transforme complètement la nature des solutions.
Théorème
Soit ω un réel strictement positif. Les solutions sur R de l’équation différentielle y′′−ω2y=0 sont exactement les fonctions
f(t)=Aeωt+Be−ωt,(A,B)∈R2.
Démonstration (vérification)
f(t)=Aeωt+Be−ωt
f′(t)=Aωeωt−Bωe−ωt
f′′(t)=Aω2eωt+Bω2e−ωt
=ω2(Aeωt+Be−ωt)
=ω2f(t)
On a bien f′′−ω2f=0. Comme pour l’équation précédente, on admet que ce sont là toutes les solutions (deux constantes arbitraires, pour une équation d’ordre 2).
Attention — ne confonds jamais les deux équations !
Un seul signe change tout : y′′+ω2y=0 donne des solutions bornées et périodiques (elles oscillent indéfiniment entre −R et R) ; y′′−ω2y=0 donne, sauf cas particulier A=B=0, des solutions non bornées qui divergent vers +∞ ou −∞ (dominées par le terme Aeωt quand t→+∞, ou par Be−ωt quand t→−∞). Sur ta copie, demande-toi : « le phénomène décrit oscille-t-il, ou s’emballe-t-il ? » Cela te dira immédiatement quel signe attendre.
3.3 Problème de Cauchy d’ordre 2
Une équation du second ordre possède deux constantes arbitraires : une seule condition initiale ne suffit plus à les déterminer. Il faut connaître à la fois la position et la vitesse à un instant donné.
Propriété — existence et unicité (ordre 2)
Pour tout ω>0 et tous réels t0,y0,v0, l’équation y′′+ω2y=0 admet une unique solution f sur R vérifiant simultanément f(t0)=y0 et f′(t0)=v0. (Résultat analogue pour y′′−ω2y=0.)
Méthode — déterminer A et B
Écrire f(t)=Acos(ωt)+Bsin(ωt) et f′(t)=−Aωsin(ωt)+Bωcos(ωt).
Remplacer t par t0 dans f et dans f′ : on obtient deux équations.
Résoudre ce système à deux inconnues A,B (souvent immédiat si t0=0, car cos0=1 et sin0=0).
Exemple — problème de Cauchy y′′+4y=0, y(0)=3, y′(0)=8
Ici ω=2 (car ω2=4).
f(t)=Acos(2t)+Bsin(2t)
f(0)=A=3condition initiale sur la position
f′(t)=−2Asin(2t)+2Bcos(2t)
f′(0)=2B=8⇒B=4condition initiale sur la vitesse
⇒f(t)=3cos(2t)+4sin(2t)
On retrouve exactement l’exemple de la section 3.1 (Figure 4) : cette solution s’écrit aussi f(t)=5cos(2t−φ) avec φ≈0,927 rad.
Cette dernière section rassemble six situations physiques classiques, toutes modélisées par une équation du chapitre. Dans chaque cas, la démarche est la même : traduire une loi physique en équation différentielle, la résoudre grâce aux théorèmes déjà démontrés, puis interpréter le résultat.
4.1 Décroissance radioactive
Définition — loi de décroissance radioactive
Un noyau radioactif se désintègre spontanément, de façon aléatoire mais avec une probabilité constante par unité de temps. Si N(t) désigne le nombre de noyaux radioactifs présents à l’instant t, la vitesse de désintégration est proportionnelle au nombre de noyaux restants :
N′(t)=−λN(t)
où λ>0 est la constante radioactive (en s−1), caractéristique de l’isotope. On appelle demi-viet1/2 la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initiaux ont disparu.
D’après le théorème de la section 1.2 (avec a=−λ), la solution vérifiant N(0)=N0 est N(t)=N0e−λt. La demi-vie se calcule en résolvant N(t1/2)=2N0 :
N0e−λt1/2=2N0
⇒e−λt1/2=21
⇒−λt1/2=ln(21)=−ln2
⇒t1/2=λln2
Exemple — l’iode 131 en médecine nucléaire
L’iode 131, utilisé en scintigraphie thyroïdienne, a une demi-vie t1/2=8 jours.
λ=t1/2ln2=8ln2≈0,0866j−1
après t=40 jours (soit 5 demi-vies) : N(40)=N0e−0,0866×40
≈N0×(21)5≈0,03125N0soit environ 3,1% de la quantité initiale
Figure 5 — Décroissance radioactive de l’iode 131 : N(t)=N0e−λt. La quantité restante est divisée par 2 à chaque demi-vie t1/2=8 jours.
4.2 Circuit RC : charge et décharge d’un condensateur
Figure 6 — Montage de charge d’un condensateur : générateur de f.é.m. E, résistor R, interrupteur K, condensateur de capacité C. Une fois K fermé, le courant i circule dans le sens indiqué.
Propriété — mise en équation
On ferme l’interrupteur K à l’instant t=0 d’un circuit comportant un générateur de f.é.m. E, un résistor de résistance R et un condensateur de capacité C, initialement déchargé. La loi des mailles donne E=Ri(t)+uC(t) ; comme i(t)=CdtduC(t), on obtient l’équation différentielle :
uC′(t)=−RC1uC(t)+RCE
C’est une équation du type y′=ay+b avec a=−RC1 et b=RCE. La solution vérifiant uC(0)=0 est :
uC(t)=E(1−e−t/τ),τ=RC
τ est la constante de temps du circuit, homogène à une durée (en secondes si R est en ohms et C en farads).
Exemple — charge d’un condensateur
Un circuit RC comporte E=6 V, R=2000Ω, C=1000μF.
τ=RC=2000×1,0×10−3=2 s
à t=τ : uC(τ)=6(1−e−1)≈6×0,632
≈3,79 Vsoit 63% de E, quelle que soit la valeur de τ
Figure 7 — Charge d’un condensateur : uC(t)=E(1−e−t/τ), avec τ=RC. À t=τ, la tension atteint déjà 63% de E.
Pour la décharge (condensateur initialement chargé sous E, générateur remplacé par un simple fil), l’équation devient homogène : uC′=−RC1uC, de solution uC(t)=Ee−t/τ — une décroissance exponentielle vers 0, avec la même constante de temps τ.
Attention
Ne confonds pas la constante de temps τ=RC d’un circuit avec la demi-vie t1/2 d’un noyau radioactif : les deux mesurent une « vitesse » de variation exponentielle, mais τ correspond à 63% de variation accomplie (facteur 1−e−1), tandis que t1/2 correspond à 50% (facteur 21). La relation exacte est t1/2=τln2≈0,693τ.
4.3 Circuit RL : établissement du courant
Propriété — mise en équation
Dans un circuit comportant un générateur E, un résistor R et une bobine d’inductance L, la loi des mailles s’écrit E=Ri(t)+Li′(t), soit :
i′(t)=−LRi(t)+LE
Même structure que le circuit RC : la solution vérifiant i(0)=0 est i(t)=Imax(1−e−t/τ), avec Imax=RE et τ=RL.
Exemple — établissement du courant
E=12 V, R=6Ω, L=3 H.
τ=RL=63=0,5 s ; Imax=RE=2 A
à t=τ=0,5 s : i(0,5)=2(1−e−1)≈1,26 A
à t=2,5 s (soit 5τ) : i(2,5)≈1,99 Ale régime permanent est quasiment atteint
4.4 Loi de refroidissement de Newton
Propriété — mise en équation
La température θ(t) d’un corps plongé dans un milieu ambiant de température constante θext évolue selon la loi de Newton : la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l’écart de température avec le milieu.
θ′(t)=−k(θ(t)−θext),k>0
En posant φ(t)=θ(t)−θext, on retrouve φ′=−kφ, donc φ(t)=φ(0)e−kt, soit :
θ(t)=θext+(θ0−θext)e−kt
Exemple — refroidissement d’une pièce métallique
Une pièce sortie d’un four à θ0=150°C refroidit dans un atelier à θext=20°C, avec k=0,05min−1.
θ(t)=20+130e−0,05t
à t=20 min : θ(20)=20+130e−1
≈67,8°C
4.5 Oscillateur harmonique
Propriété — mise en équation
Une masse m accrochée à un ressort de raideur k (loi de Hooke : force de rappel −kx) glisse sans frottement le long d’un axe horizontal. La deuxième loi de Newton, appliquée à l’écart x(t) par rapport à la position d’équilibre, donne mx′′(t)=−kx(t), soit :
x′′(t)+ω2x(t)=0,ω=mk
C’est exactement l’équation de la section 3.1 : le mouvement est périodique, de période T=ω2π=2πkm, indépendante de l’amplitude.
Exemple — masse-ressort
Un ressort de raideur k=18 N/m soutient une masse m=2 kg. On l’écarte de x0=5 cm de sa position d’équilibre et on la lance avec une vitesse initiale v0=36 cm/s.
Un corps de masse m tombe verticalement dans un fluide qui exerce une force de frottement proportionnelle à la vitesse, −kv(t) (modèle linéaire). La deuxième loi de Newton, projetée sur la verticale descendante, donne mv′(t)=mg−kv(t), soit une équation y′=ay+b :
v′(t)=−mkv(t)+g
La solution vérifiant v(0)=v0 tend vers la vitesse limitevlim=kmg (solution particulière constante) :
En 1896, Henri Becquerel découvre par hasard, en laissant des sels d’uranium sur une plaque photographique, que ces cristaux émettent un rayonnement spontané : c’est la naissance de la radioactivité. Pierre et Marie Curie poursuivent l’étude et isolent le polonium et le radium en 1898 ; Marie Curie recevra deux prix Nobel (physique en 1903, chimie en 1911).
Il faut attendre 1902 pour qu’Ernest Rutherford et Frederick Soddy établissent la loi mathématique de la décroissance radioactive — exactement l’équation N′=−λN étudiée plus haut — et introduisent la notion de demi-vie. Cette loi est aujourd’hui la base de la datation au carbone 14, que tu retrouveras dans les exercices.
Newton (refroidissement) : θ(t)=θext+(θ0−θext)e−kt.
Oscillateur masse-ressort : ω=mk, T=2πkm.
Chute avec frottement : v(t)=vlim+(v0−vlim)e−kt/m, vlim=kmg.
5Exercices corrigés
Niveau 1 — Application directe
1
Résoudre sur R : y′=4y puis y′=−1,5y.
Voir le corrigé détaillé
y′=4y⇒y(x)=Ce4x,C∈R
y′=−1,5y⇒y(x)=Ce−1,5x,C∈R
2
Résoudre sur R : y′=2y−8 puis y′=−3y+6.
Voir le corrigé détaillé
y′=2y−8 : solution particulière k=28=4
⇒y(x)=Ce2x+4,C∈R
y′=−3y+6 : solution particulière k=36=2
⇒y(x)=Ce−3x+2,C∈R
3
Déterminer la solution de y′=−0,1y vérifiant y(0)=50.
Voir le corrigé détaillé
y(x)=Ce−0,1x
y(0)=C=50
⇒y(x)=50e−0,1x
4
Résoudre sur R : y′′+9y=0 puis y′′−9y=0.
Voir le corrigé détaillé
y′′+9y=0 : ω2=9⇒ω=3
⇒y(t)=Acos(3t)+Bsin(3t),(A,B)∈R2
y′′−9y=0 : même ω=3
⇒y(t)=Ae3t+Be−3t,(A,B)∈R2
5
Écrire y(t)=cos(t)+3sin(t) sous la forme Rcos(t−φ).
Voir le corrigé détaillé
A=1,B=3
R=12+(3)2=4=2
cosφ=21,sinφ=23
⇒φ=3π
⇒y(t)=2cos(t−3π)
6
Vérifier que f(x)=5e−2x est solution de y′+2y=0, puis donner sa condition initiale en 0.
Voir le corrigé détaillé
f′(x)=5×(−2)e−2x=−10e−2x
f′(x)+2f(x)=−10e−2x+2×5e−2x
=−10e−2x+10e−2x=0
f est bien solution. Sa condition initiale est f(0)=5.
Niveau 2 — Approfondissement
7
Résoudre le problème de Cauchy y′′+9y=0, y(0)=2, y′(0)=−6, puis écrire la solution sous forme Rcos(3t−φ).
Voir le corrigé détaillé
y(t)=Acos(3t)+Bsin(3t)
y(0)=A=2
y′(t)=−3Asin(3t)+3Bcos(3t)
y′(0)=3B=−6⇒B=−2
⇒y(t)=2cos(3t)−2sin(3t)
R=22+(−2)2=8=22
cosφ=222=22,sinφ=22−2=−22
⇒φ=−4π, donc y(t)=22cos(3t+4π)
8
On applique la méthode d’Euler à y′=−0,5y, y(0)=8, avec un pas h=0,4. Calculer y1,y2,y3 (jusqu’à x=1,2), puis comparer à la valeur exacte et donner l’erreur commise.
Voir le corrigé détaillé
yn+1=yn+h×(−0,5)yn=0,8yn
y1=0,8×8=6,4
y2=0,8×6,4=5,12
y3=0,8×5,12=4,096
Solution exacte : y(x)=8e−0,5x, donc y(1,2)=8e−0,6≈4,390.
erreur =∣4,390−4,096∣
≈0,294soit environ 6,7% de la valeur exacte
9
Soit y′=−4y+8, y(0)=1. Déterminer y(x), puis calculer x→+∞limy(x) et interpréter.
Voir le corrigé détaillé
solution particulière : k=48=2
y(x)=Ce−4x+2
y(0)=C+2=1⇒C=−1
⇒y(x)=−e−4x+2
x→+∞lime−4x=0
⇒x→+∞limy(x)=2
Quelle que soit la constante C, toute solution de y′=−4y+8 tend vers 2=−ab : c’est la position d’équilibre du système.
10
Un canot de masse m=200 kg part du repos. Son moteur exerce une force constante F=800 N ; l’eau exerce une résistance −kv(t) avec k=40 kg/s. On admet mv′(t)=F−kv(t).
Écrire l’équation différentielle vérifiée par v, et calculer la vitesse limite vlim.
Résoudre, sachant v(0)=0.
Au bout de combien de temps le canot atteint-il 90% de vlim ?
Voir le corrigé détaillé
1.
v′(t)=−mkv(t)+mF=−0,2v(t)+4
vlim=kF=40800=20 m/s
2.
v(t)=Ce−0,2t+20
v(0)=C+20=0⇒C=−20
⇒v(t)=20(1−e−0,2t)
3.
20(1−e−0,2t)=0,9×20
⇒e−0,2t=0,1
⇒t=0,2ln10
≈11,5 s
Niveau 3 — Type bac
11
Restitution organisée de connaissances. Soit a∈R. On admet que les fonctions x↦Ceax sont solutions de y′=ay. Le but est de démontrer que ce sont les seules.
Soit f une solution de y′=ay sur R. On pose g(x)=f(x)e−ax. Justifier que g est dérivable sur R et calculer g′(x).
En utilisant f′=af, montrer que g′ est nulle sur R.
En déduire que g est constante, puis conclure.
Voir le corrigé détaillé
1.f et x↦e−ax sont dérivables sur R, donc g, produit de deux fonctions dérivables, est dérivable sur R.
g′(x)=f′(x)e−ax+f(x)×(−a)e−ax
=(f′(x)−af(x))e−ax
2.
f solution de y′=ay⇒f′(x)=af(x)
⇒f′(x)−af(x)=0
⇒g′(x)=0×e−ax=0
3.g est dérivable, de dérivée nulle sur l’intervalle R : elle est donc constante. Il existe C∈R tel que g(x)=C, soit f(x)e−ax=C, c’est-à-dire f(x)=Ceax. Toute solution de y′=ay s’écrit donc Ceax : ce sont bien les seules.
12
Datation au carbone 14. Le carbone 14 se désintègre selon N′(t)=−λN(t), avec une demi-vie de 5730 ans.
Exprimer N(t) en fonction de N0 et λ, puis calculer λ (en an−1).
Exprimer l’âge t d’un échantillon en fonction du rapport N0N(t) et de λ.
Un fragment d’os retrouvé à Abéché contient 40% de son carbone 14 initial. Calculer son âge, arrondi à la centaine d’années.
Voir le corrigé détaillé
1.
N(t)=N0e−λt
λ=5730ln2
≈1,21×10−4an−1
2.
N0N(t)=e−λt
⇒ln(N0N(t))=−λt
⇒t=−λ1ln(N0N(t))
3.
t=−λ1ln(0,40)
=ln25730×ln(0,401)
≈7600 ans
13
La courbe C ci-dessous représente une solution f de l’équation y′=ay sur [0;6], ainsi que sa tangente au point A(0;2).
Voir le corrigé détaillé
Figure 8 — Courbe C représentant une solution de y′=ay, et sa tangente au point A(0;2) (construction en pointillés).
1. Lecture graphique : f(0)=2 (ordonnée de A). La tangente passe par A(0;2) et coupe l’axe des abscisses en x=310≈3,33, donc son coefficient directeur vaut 10/3−00−2=−0,6.
2. Or f est solution de y′=ay, donc f′(0)=af(0), c’est-à-dire le coefficient directeur de la tangente en A vaut a×2.
2a=−0,6
⇒a=−0,3
3.
f(x)=Ce−0,3x
f(0)=C=2
⇒f(x)=2e−0,3x
4.
f(3)=2e−0,9
≈0,813
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14
Croissance urbaine à Ndjamena. En 2020, la population de Ndjamena est estimée à P0=1200000 habitants, avec un taux de croissance continu de 3,5% par an. On modélise la population par P(t)=P0eat, t en années depuis 2020.
Justifier que P est solution d’une équation P′=aP, et donner la valeur de a.
Estimer la population en 2030.
Déterminer, par le calcul, au bout de combien d’années la population double.
Voir le corrigé détaillé
1.P(t)=P0eat⇒P′(t)=aP0eat=aP(t) : P est bien solution de P′=aP, avec a=0,035.
2.
P(10)=1200000×e0,035×10
=1200000×e0,35
≈1702900 habitants
3.
P0e0,035t=2P0
⇒e0,035t=2
⇒t=0,035ln2
≈19,8 ansla population double vers 2040
15
Défibrillateur à l’hôpital de Dakar. Un défibrillateur stocke l’énergie dans un condensateur de capacité C=32μF, chargé sous une tension U=5000 V.
Calculer l’énergie Ec=21CU2 stockée (en joules).
Le condensateur se charge à travers un résistor R=10000Ω. Calculer la constante de temps τ=RC.
Sachant que la charge atteint 99% de sa valeur finale au bout de t=τln(100), calculer ce temps.
Voir le corrigé détaillé
1.
Ec=21×32×10−6×50002
=21×32×10−6×25×106
=400 J
2.
τ=RC=10000×32×10−6
=0,32 s
3.
t=0,32×ln(100)
≈1,47 s
Cette rapidité de charge est essentielle : elle permet de délivrer le choc électrique salvateur quelques secondes après la mise sous tension de l’appareil.
16
Un plat qui refroidit à Bamako. Un plat sort du four à θ0=90°C, dans une cuisine à θext=25°C. Après 5 minutes, sa température est de 70°C.
Établir θ(t)=25+65e−kt, puis calculer k à l’aide de la donnée à 5 minutes.
En déduire la température du plat après 15 minutes.
Au bout de combien de temps le plat atteint-il 40°C ?
Voir le corrigé détaillé
1.
70=25+65e−5k
⇒e−5k=6545≈0,692
⇒k=−51ln(0,692)
≈0,0735min−1
2.
θ(15)=25+65e−0,0735×15
≈25+65×0,332
≈46,6°C
3.
40=25+65e−0,0735t
⇒e−0,0735t=6515≈0,231
⇒t≈−0,0735ln(0,231)
≈19,9 min
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Une équation différentielle est une équation dont l'inconnue est :
Explication : Une équation différentielle relie une fonction inconnue y à une ou plusieurs de ses dérivées, contrairement aux équations usuelles où l'inconnue est un nombre.
Les solutions sur R de l'équation y′=ay (avec a∈R) sont exactement les fonctions :
Explication : Le théorème donne une famille de solutions à un paramètre C∈R quelconque. Oublier la constante C (répondre juste eax) est l'erreur la plus fréquente.
Résous y′=4y sur R.
Explication : Avec a=4, les solutions de y′=ay sont y(x)=Ce4x, C∈R.
Les solutions sur R de l'équation y′=ay+b (avec a=0) sont exactement les fonctions :
Explication : La solution générale est la somme d'une solution particulière constante −b/a et de la solution homogène Ceax.
Pour trouver la solution particulière constante de y′=ay+b, on résout :
Explication : Une solution particulière constante yp(x)=k vérifie yp′=0, donc 0=ak+b, d'où k=−b/a (défini seulement si a=0).
Si a=0 dans l'équation y′=ay+b, c'est-à-dire y′=b, les solutions sont :
Explication : Quand a=0, la formule −b/a n'a plus de sens ; il s'agit alors de trouver une primitive de la constante b, soit y(x)=bx+K, une droite.
Dans la méthode d'Euler, la relation de récurrence pour approcher la solution de y′=f(x,y) avec un pas h est :
Explication : C'est la formule d'Euler : on avance de xn à xn+h en suivant la tangente, de pente f(xn,yn), sur cette petite distance h.
Une « condition initiale » pour une équation du premier ordre s'écrit :
Explication : Une condition initiale précise la valeur de la fonction y (pas de sa dérivée) en un point x0 donné, ce qui permet de déterminer l'unique valeur de la constante C.
On cherche la solution de y′=−0,2y vérifiant y(0)=100. Le résultat est :
Explication : Solution générale y(x)=Ce−0,2x ; y(0)=C=100, donc y(x)=100e−0,2x.
Les solutions sur R de l'équation du second ordre y′′+ω2y=0 (ω>0) sont exactement :
Explication : C'est le théorème sur l'équation y′′+ω2y=0 : les solutions sont des combinaisons de cosinus et sinus, avec deux constantes arbitraires A,B.
Les solutions de y′′+ω2y=0 sont :
Explication : Ces solutions oscillent indéfiniment entre −R et R (où R=A2+B2), avec une période T=2π/ω : elles ne s'amortissent jamais, contrairement à celles de y′′−ω2y=0.
Pour écrire Acos(ωt)+Bsin(ωt) sous la forme Rcos(ωt−φ), on a :
Explication : En identifiant les coefficients, Rcosφ=A et Rsinφ=B ; en élevant au carré et en ajoutant, R2=A2+B2, soit R=A2+B2.
Les solutions sur R de l'équation y′′−ω2y=0 (ω>0) sont exactement :
Explication : C'est le théorème sur y′′−ω2y=0 : un seul changement de signe transforme les solutions oscillantes en combinaisons d'exponentielles.
Contrairement aux solutions de y′′+ω2y=0, celles de y′′−ω2y=0 sont, en général :
Explication : Sauf cas particulier A=B=0, les solutions de y′′−ω2y=0 s'emballent, dominées par Aeωt en +∞, alors que celles de y′′+ω2y=0 oscillent indéfiniment sans jamais diverger.
Pour une équation du second ordre, un problème de Cauchy nécessite de connaître :
Explication : Une équation d'ordre 2 possède deux constantes arbitraires A et B : il faut donc deux conditions, typiquement la position y(t0) et la vitesse y′(t0), pour les déterminer toutes les deux.
Pour le problème de Cauchy y′′+4y=0, y(0)=3, y′(0)=8, on trouve (avec ω=2) :
Explication :f(0)=A=3. f′(t)=−2Asin(2t)+2Bcos(2t), donc f′(0)=2B=8⇒B=4. D'où f(t)=3cos(2t)+4sin(2t).
La loi de décroissance radioactive s'écrit N′(t)=−λN(t), avec λ>0. La demi-vie t1/2 vaut :
Explication : En résolvant N0e−λt1/2=N0/2, on obtient −λt1/2=−ln2, soit t1/2=λln2.
Dans un circuit RC en charge, l'équation différentielle sur uC(t) est uC′(t)=−RC1uC(t)+RCE. Avec uC(0)=0, la solution est :
Explication : C'est une équation du type y′=ay+b avec a=−1/(RC), b=E/(RC) ; la condition uC(0)=0 donne uC(t)=E(1−e−t/τ), avec τ=RC la constante de temps du circuit.
Dans le circuit RC précédent, au bout d'une durée t=τ, la tension uC atteint :
Explication :uC(τ)=E(1−e−1)≈E×0,632, soit environ 63% de E, quelle que soit la valeur numérique de τ=RC.