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Systèmes d'équations et droites

Résoudre un système et l'interpréter comme intersection de deux droites.

Mathématiques Seconde Chapitre 8 / 15 ⏱ 6 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Résoudre un système 2×2
  • Interpréter géométriquement le résultat
  • Modéliser un problème économique simple

Depuis la Troisième, tu sais qu’une égalité comme 2x+3y=122x+3y=12 possède une infinité de solutions : tous les couples (x ;y)(x\,;y) qui la vérifient, et que ces couples, placés dans un repère, dessinent une droite. Ce chapitre franchit une étape décisive : on impose à un couple (x ;y)(x\,;y) de vérifier deux équations à la fois. On parle alors de système, et le résoudre revient, comme tu vas le découvrir, à repérer le point commun à deux droites — quand il existe.

Cette question n’a rien d’abstrait. Comparer deux tarifs de transport, répartir une somme entre deux prix de sacs au marché, retrouver l’âge de deux personnes à partir de deux indices, mélanger deux produits pour obtenir une quantité et un coût donnés : toutes ces situations se traduisent par un système de deux équations à deux inconnues. Savoir le poser, puis le résoudre proprement, est l’une des compétences les plus utiles de toute l’algèbre du lycée.

Par rapport à la Troisième, trois choses changent. D’abord, tu vas disposer de deux méthodes de résolution systématiques — substitution et combinaison — au lieu de tâtonnements. Ensuite, l’interprétation graphique devient un outil à part entière : sécantes, parallèles ou confondues, la position relative de deux droites se lit directement sur les coefficients de leurs équations, grâce à un nombre appelé déterminant. Enfin, tu apprendras à traiter des inéquations à deux inconnues, dont la solution n’est plus un point mais toute une région du plan.

À la fin du chapitre, tu sauras résoudre un système par les deux méthodes, l’interpréter géométriquement, discuter du nombre de solutions sans calcul superflu, représenter un système d’inéquations, et modéliser un problème concret de la vie courante par un système.

1Résolution par substitution et combinaison

1.1  Écriture d’un système linéaire 2×22\times2

Définition

Soient aa, bb, cc, a′a', b′b', c′c' des nombres réels. Un système de deux équations à deux inconnues xx et yy s’écrit :

{ax+by=ca′x+b′y=c′\begin{cases} ax+by=c \\ a'x+b'y=c' \end{cases}

Résoudre ce système, c’est trouver l’ensemble SS de tous les couples (x ;y)(x\,;y) qui vérifient simultanément les deux équations. Un tel couple s’appelle une solution du système.

Chaque équation, prise isolément, est celle d’une droite (sauf cas dégénéré où a=b=0a=b=0). Résoudre le système, c’est donc chercher les points communs à ces deux droites — nous y reviendrons en détail dans la section 2. Retiens dès maintenant un outil de diagnostic rapide, que nous justifierons complètement en section 3.

Propriété — le déterminant, en ouverture

On appelle déterminant du système le nombre :

d=ab′−a′bd = ab'-a'b

Si d≠0d\neq0, le système possède une unique solution : c’est le cas le plus fréquent, celui que traitent les méthodes ci-dessous. Si d=0d=0, il faut approfondir l’étude : c’est l’objet de la section 3.

Exemple — calculer un déterminant

Pour le système {2x+3y=135x−2y=4\begin{cases} 2x+3y=13 \\ 5x-2y=4 \end{cases}, on a a=2a=2, b=3b=3, a′=5a'=5, b′=−2b'=-2.

  1. d=ab′−a′bd = ab'-a'b
  2. ==2×(−2)−5×32\times(-2) - 5\times3
  3. ==−4−15-4-15
  4. ==−19-19d≠0d\neq0 : une unique solution existe

1.2  La méthode par substitution

Méthode — résoudre par substitution

1. Dans l’une des deux équations, on isole une inconnue (celle dont le coefficient est le plus simple, souvent 11).

2. On remplace cette inconnue par son expression dans l’autre équation : on obtient une équation à une seule inconnue.

3. On résout cette équation, puis on revient calculer la seconde inconnue.

4. On vérifie le couple obtenu dans les deux équations de départ.

Exemple 1 — substitution simple

Résolvons {x+y=5(1)x−y=−1(2)\begin{cases} x+y=5 \quad(1)\\ x-y=-1 \quad(2) \end{cases}.

  1. de (1) : y=5−xy = 5-xon isole yy
  2. on remplace dans (2) : x−(5−x)=−1x-(5-x)=-1
  3. ⇔\Leftrightarrowx−5+x=−1x-5+x=-1
  4. ⇔\Leftrightarrow2x=42x=4
  5. ⇔\Leftrightarrowx=2x=2
  6. on revient à y=5−xy=5-x : y=5−2=3y=5-2=3

Vérification dans (2) : 2−3=−12-3=-1. ✓ D’où S={(2 ;3)}S=\{(2\,;3)\}.

Exemple 2 — quand isoler xx est plus simple

Résolvons {3x−2y=8(1)x+y=1(2)\begin{cases} 3x-2y=8 \quad(1)\\ x+y=1 \quad(2) \end{cases}.

  1. de (2) : x=1−yx=1-ycoefficient 11 devant xx dans (2)
  2. on remplace dans (1) : 3(1−y)−2y=83(1-y)-2y=8
  3. ⇔\Leftrightarrow3−3y−2y=83-3y-2y=8
  4. ⇔\Leftrightarrow−5y=5-5y=5
  5. ⇔\Leftrightarrowy=−1y=-1
  6. d’où x=1−(−1)=2x=1-(-1)=2

Vérification dans (1) : 3×2−2×(−1)=6+2=83\times2-2\times(-1)=6+2=8. ✓ D’où S={(2 ;−1)}S=\{(2\,;-1)\}.

Attention

La substitution se fait toujours dans l’équation qui n’a pas servi à isoler l’inconnue. Remplacer dans la même équation donne une identité 0=00=0 qui ne renseigne sur rien : c’est l’erreur la plus fréquente en début d’apprentissage.

1.3  La méthode par combinaison linéaire

Méthode — résoudre par combinaison

1. On choisit une inconnue à éliminer. On multiplie chaque équation par un nombre bien choisi (le second membre compris !) pour que cette inconnue ait des coefficients opposés dans les deux équations.

2. On additionne les deux équations membre à membre : l’inconnue choisie disparaît.

3. On résout l’équation à une inconnue restante, puis on substitue pour obtenir la seconde.

Exemple 1 — combinaison après multiplication

Résolvons {2x+3y=13(1)5x−2y=4(2)\begin{cases} 2x+3y=13 \quad(1)\\ 5x-2y=4 \quad(2) \end{cases} en éliminant yy.

  1. (1)×2(1)\times2 : 4x+6y=264x+6y=26
  2. (2)×3(2)\times3 : 15x−6y=1215x-6y=12coefficients de yy opposés : 66 et −6-6
  3. on additionne : 19x=3819x=38
  4. ⇔\Leftrightarrowx=2x=2
  5. dans (1) : 2×2+3y=132\times2+3y=13
  6. ⇔\Leftrightarrow3y=93y=9
  7. ⇔\Leftrightarrowy=3y=3

D’où S={(2 ;3)}S=\{(2\,;3)\} — on retrouve, sans surprise, le déterminant d=−19≠0d=-19\neq0 calculé plus haut.

Méthode par combinaison : éliminer y 2x + 3y = 13 5x − 2y = 4 × 2 × 3 4x + 6y = 26 15x − 6y = 12 + 19x = 38 ⇒ x = 2 puis, dans l’équation (1) : y = 3
Figure 1 — La combinaison élimine yy : on multiplie chaque équation pour rendre ses coefficients opposés, on additionne, il ne reste plus qu’une inconnue.
Exemple 2 — combinaison directe

Résolvons {x+y=9x−y=3\begin{cases} x+y=9 \\ x-y=3 \end{cases} : les coefficients de yy sont déjà opposés (11 et −1-1), on additionne directement.

  1. (1)+(2)(1)+(2) : 2x=122x=12
  2. ⇔\Leftrightarrowx=6x=6
  3. dans (1) : 6+y=96+y=9
  4. ⇔\Leftrightarrowy=3y=3

D’où S={(6 ;3)}S=\{(6\,;3)\}.

Math & Co — des systèmes vieux de quatre mille ans

Bien avant l’écriture algébrique moderne, les scribes babyloniens résolvaient déjà des systèmes de deux équations à deux inconnues. Des tablettes d’argile datées d’environ −1800-1800, conservées aujourd’hui au British Museum, posent des problèmes du type : « la somme de deux longueurs vaut tant, leur produit ou une combinaison vaut tant » — et donnent une méthode de résolution rédigée en langage courant, sans aucun symbole.

Il faudra attendre le mathématicien grec Diophante d’Alexandrie, vers 250250, pour voir apparaître un embryon de notation symbolique dans son traité Arithmetica. La méthode de substitution que tu utilises aujourd’hui est, dans son principe, exactement celle des scribes babyloniens : seule l’écriture a changé.

2Interprétation graphique

Une équation de droite peut s’écrire sous deux formes, et savoir passer de l’une à l’autre est indispensable pour tout ce chapitre.

2.1  Forme réduite et forme cartésienne

Définition

Toute droite non parallèle à l’axe des ordonnées admet une équation réduite :

y=mx+py = mx+p

où mm est le coefficient directeur (la pente) et pp l’ordonnée à l’origine (l’image de 00). Toute droite du plan, sans exception, admet aussi une équation cartésienne :

ax+by+c=0avec (a ;b)≠(0 ;0)ax+by+c=0 \qquad \text{avec } (a\,;b)\neq(0\,;0)

Méthode — passer de la forme cartésienne à la forme réduite

Si b≠0b\neq0, on isole yy dans ax+by+c=0ax+by+c=0 :

  1. by=−ax−cby = -ax-c
  2. ⇔\Leftrightarrowy=−abx−cby = -\dfrac{a}{b}x-\dfrac{c}{b}

D’où m=−abm=-\dfrac{a}{b} et p=−cbp=-\dfrac{c}{b}. Si b=0b=0, la droite est verticale d’équation x=−cax=-\dfrac{c}{a} : elle n’a pas d’équation réduite y=mx+py=mx+p.

Exemple — conversion

La droite 3x+2y−8=03x+2y-8=0 a pour équation réduite :

  1. 2y=−3x+82y=-3x+8
  2. ⇔\Leftrightarrowy=−32x+4y=-\dfrac{3}{2}x+4m=−32m=-\dfrac{3}{2}, p=4p=4

2.2  Résoudre un système graphiquement

Propriété

Résoudre le système {y=mx+py=m′x+p′\begin{cases} y=mx+p \\ y=m'x+p' \end{cases}, c’est chercher les points communs aux droites dd et d′d' qu’elles représentent. Le couple solution est constitué des coordonnées du (ou des) point(s) d’intersection.

Reprenons le système {x+y=5x−y=−1\begin{cases} x+y=5 \\ x-y=-1 \end{cases} résolu par substitution en 1.2, de solution (2 ;3)(2\,;3). Sous forme réduite, il s’écrit {y=−x+5y=x+1\begin{cases} y=-x+5 \\ y=x+1 \end{cases} : deux droites de pentes opposées −1-1 et 11, donc sécantes (pentes différentes).

Système { x + y = 5 ; x − y = −1 } -2-1123456 -2-11234567 Oxy A(2 ; 3) d₁ : y = −x + 5 d₂ : y = x + 1
Figure 2 — Les droites d1d_1 et d2d_2 sont sécantes (pentes −1-1 et 11, différentes) : elles ont un unique point commun, A(2 ;3)A(2\,;3) — les pointillés lisent ses coordonnées sur les axes.
Méthode — résoudre graphiquement

1. On met chaque équation sous forme réduite y=mx+py=mx+p. 2. On trace les deux droites dans un même repère (deux points suffisent pour chacune). 3. On lit les coordonnées du point d’intersection. 4. On vérifie ce résultat par le calcul : une lecture graphique ne donne, en général, qu’une valeur approchée.

Attention

Une lecture graphique n’a jamais la précision d’un calcul. Si les coordonnées lues ne sont pas des nombres « ronds », c’est le signal qu’il faut résoudre algébriquement (substitution ou combinaison) pour obtenir la valeur exacte.

3Systèmes sans solution ou à une infinité de solutions

Tous les systèmes n’ont pas une unique solution. Reprenons le déterminant d=ab′−a′bd=ab'-a'b annoncé en ouverture du chapitre, et allons jusqu’au bout de la discussion.

3.1  Trois cas possibles

Théorème

Soit le système {ax+by=ca′x+b′y=c′\begin{cases} ax+by=c \\ a'x+b'y=c' \end{cases}, de droites associées dd et d′d', et de déterminant d=ab′−a′bd=ab'-a'b.

  • Si d≠0d\neq0 : les droites sont sécantes, le système a une unique solution.
  • Si d=0d=0 et les deux équations ne sont pas proportionnelles : les droites sont strictement parallèles, le système n’a aucune solution.
  • Si d=0d=0 et les deux équations sont proportionnelles : les droites sont confondues, le système a une infinité de solutions.
Démonstration

Plaçons-nous dans le cas où b≠0b\neq0 et b′≠0b'\neq0 (le cas des droites verticales se traite de façon analogue). Les formes réduites sont y=mx+py=mx+p avec m=−abm=-\dfrac{a}{b}, et y=m′x+p′y=m'x+p' avec m′=−a′b′m'=-\dfrac{a'}{b'}.

  1. d=0  ⟺  ab′=a′bd=0 \iff ab'=a'b
  2.   ⟺  \iffab=a′b′\dfrac{a}{b}=\dfrac{a'}{b'}b≠0b\neq0, b′≠0b'\neq0
  3.   ⟺  \iff−ab=−a′b′-\dfrac{a}{b}=-\dfrac{a'}{b'}
  4.   ⟺  \iffm=m′m=m'

Donc d=0d=0 équivaut à même coefficient directeur : les droites sont parallèles, au sens large (ce qui inclut le cas confondu). Deux droites parallèles distinctes (p≠p′p\neq p') n’ont, par définition, aucun point commun. Deux droites parallèles confondues (p=p′p=p') ont tous leurs points en commun. Réciproquement, si m≠m′m\neq m', les droites ne sont pas parallèles : elles sont sécantes, en un unique point. C.Q.F.D.

3.2  Reconnaître les deux cas particuliers

Exemple 1 — droites strictement parallèles

Étudions {2x−y=3(1)2x−y=−2(2)\begin{cases} 2x-y=3 \quad(1)\\ 2x-y=-2 \quad(2) \end{cases}, soit {y=2x−3y=2x+2\begin{cases} y=2x-3 \\ y=2x+2 \end{cases} : même coefficient directeur m=m′=2m=m'=2, mais p=−3≠2=p′p=-3\neq2=p'.

  1. (1)−(2)(1)-(2) : (2x−y)−(2x−y)=3−(−2)(2x-y)-(2x-y)=3-(-2)
  2. ⇔\Leftrightarrow0=50=5égalité fausse : impossible

La combinaison mène à une égalité fausse : le système n’a aucune solution, S=∅S=\varnothing. Les droites sont strictement parallèles.

Exemple 2 — droites confondues

Étudions {2x−y−4=0(1)4x−2y−8=0(2)\begin{cases} 2x-y-4=0 \quad(1)\\ 4x-2y-8=0 \quad(2) \end{cases}. On remarque que (2) =2×=2\times(1).

  1. (2)−2×(1)(2)-2\times(1) : (4x−2y−8)−2(2x−y−4)(4x-2y-8)-2(2x-y-4)
  2. ==4x−2y−8−4x+2y+84x-2y-8-4x+2y+8
  3. ==00
  4. ⇒\Rightarrow0=00=0égalité toujours vraie : identité

La combinaison donne une identité : les deux équations décrivent la même droite. Le système a une infinité de solutions, tous les couples (x ;2x−4)(x\,;2x-4) avec x∈Rx\in\mathbb{R}.

Cas 1 — parallèles distinctes 0 (0;−3) (0;2) d₁d₂ m = m' = 2, p ≠ p' — aucun point commun Cas 2 — confondues 0 (0;−4) 2x−y−4=0 et 4x−2y−8=0 : même droite
Figure 3 — À gauche, deux droites de même pente mais d’ordonnées à l’origine différentes : aucun point commun. À droite, deux équations proportionnelles : la même droite, tracée deux fois.
Attention

Obtenir 0=00=0 en combinant deux équations ne signifie pas que « xx et yy peuvent être n’importe quels réels » ! Cela signifie que les deux équations sont équivalentes : les solutions sont tous les couples (x ;y)(x\,;y) vérifiant l’une des deux équations (elles disent la même chose). xx est libre, mais yy reste lié à xx par l’équation de la droite.

Math & Co — Cramer et la règle des déterminants

Le mathématicien genevois Gabriel Cramer publie en 17501750, dans son Introduction à l’analyse des lignes courbes algébriques, une méthode générale pour résoudre un système d’équations linéaires à l’aide de rapports de déterminants — ce que l’on appelle aujourd’hui la règle de Cramer. Le nombre ab′−a′bab'-a'b que tu utilises dans ce chapitre en est le cas le plus simple, pour deux équations à deux inconnues.

Cramer n’a pas inventé seul cette idée : des traces d’un raisonnement analogue apparaissent chez le mathématicien japonais Seki Takakazu dès 16831683, de façon totalement indépendante. La théorie complète des déterminants ne sera développée qu’au XIXe siècle, notamment par Cauchy.

4Systèmes d’inéquations

Une inéquation à deux inconnues n’a plus, en général, une solution unique ni même un ensemble fini de solutions : sa solution est une région entière du plan.

4.1  Inéquation linéaire à deux inconnues

Définition

Une inéquation linéaire à deux inconnues xx et yy est une inégalité du type ax+by+c⩽0ax+by+c\leqslant0 (ou <<, ⩾\geqslant, >>). L’ensemble des couples solutions se représente par un demi-plan, délimité par la droite frontière d’équation ax+by+c=0ax+by+c=0.

Méthode — représenter une inéquation

1. On trace la droite frontière : en trait plein si l’inégalité est large (⩽\leqslant ou ⩾\geqslant, frontière incluse), en pointillé si elle est stricte (<< ou >>, frontière exclue). 2. On choisit un point test n’appartenant pas à la droite (souvent l’origine OO, si elle convient). 3. Si ses coordonnées vérifient l’inégalité, on hachure le demi-plan qui le contient ; sinon, l’autre demi-plan.

Exemple — un seul demi-plan

Représentons 2x+y⩽62x+y\leqslant6. Frontière : y=−2x+6y=-2x+6, en trait plein. Test en O(0 ;0)O(0\,;0) :

  1. 2×0+0=02\times0+0=0
  2. 0⩽60\leqslant6vrai

OO vérifie l’inégalité : on hachure le demi-plan qui contient l’origine, sous la droite.

Attention

Pour isoler yy dans une inéquation, on divise parfois par un nombre négatif : dans ce cas, et dans ce cas seulement, le sens de l’inégalité s’inverse. Par exemple −2y⩽4  ⟺  y⩾−2-2y\leqslant4 \iff y\geqslant-2 (on a divisé par −2-2).

4.2  Système de deux inéquations : intersection de demi-plans

Propriété

La solution d’un système de plusieurs inéquations est l’intersection des demi-plans solutions de chaque inéquation. Graphiquement, on hachure chaque demi-plan (ou l’on éclaircit la zone rejetée) : la région restée doublement (ou triplement…) hachurée est la solution du système.

Exemple — région triangulaire

Représentons {y⩽−x+5y⩾x+1x⩾−1\begin{cases} y\leqslant-x+5 \\ y\geqslant x+1 \\ x\geqslant-1 \end{cases} — on reconnaît les droites d1d_1 et d2d_2 de la section 2.

Testons le point (1 ;3)(1\,;3) : 3⩽43\leqslant4 ✓, 3⩾23\geqslant2 ✓, 1⩾−11\geqslant-1 ✓ — les trois inégalités sont vraies, (1 ;3)(1\,;3) appartient à la région solution. Testons (1 ;1)(1\,;1) : 1⩽41\leqslant4 ✓ mais 1⩾21\geqslant2 est faux — ce point est rejeté.

{ y ⩽ −x+5 ; y ⩾ x+1 ; x ⩾ −1 } -2-1123456 236O A(2;3) B(−1;6) C(−1;0) d₁d₂x=−1
Figure 4 — La région solution (teintée) est l’intersection des trois demi-plans : le triangle ABCABC, frontières incluses (traits pleins car inégalités larges).

La région solution est ici le triangle plein ABCABC, sommets compris : les trois frontières sont en trait plein car les trois inégalités sont larges (⩽\leqslant ou ⩾\geqslant). Si l’une d’elles avait été stricte, le côté correspondant aurait été tracé en pointillé et exclu de la solution.

5Problèmes de modélisation

C’est ici que tout le chapitre prend son sens : transformer une situation racontée en mots en un système que l’on sait désormais résoudre, puis revenir au contexte de départ pour répondre à la question posée.

5.1  La méthode de mise en équation

Méthode — modéliser un problème par un système

1. On choisit clairement les deux inconnues, en précisant leur nature et leur unité (« soit xx le nombre de… », « soit yy le prix en F CFA de… »). 2. On traduit chaque information de l’énoncé par une équation. 3. On résout le système par substitution ou combinaison. 4. On vérifie que la solution est cohérente avec le contexte (un âge, une quantité, un prix ne sont jamais négatifs), puis on conclut par une phrase répondant à la question posée.

5.2  Problème de tarifs — le marché Sandaga

Exemple — comparer deux fournisseurs

Au marché Sandaga, à Dakar, une couturière hésite entre deux fournisseurs de tissu. Le fournisseur A facture 2 5002\,500 F CFA le mètre, sans frais. Le fournisseur B facture 1 5001\,500 F CFA le mètre, plus 4 0004\,000 F CFA de frais de livraison fixes. À partir de combien de mètres le fournisseur B devient-il plus avantageux ?

Soit xx le nombre de mètres achetés, et yy le coût total en F CFA. On modélise :

{y=2 500x(A)y=1 500x+4 000(B)\begin{cases} y=2\,500x \quad(A)\\ y=1\,500x+4\,000 \quad(B) \end{cases}

  1. on égalise : 2 500x=1 500x+4 0002\,500x=1\,500x+4\,000
  2. ⇔\Leftrightarrow1 000x=4 0001\,000x=4\,000
  3. ⇔\Leftrightarrowx=4x=4
  4. y=2 500×4=10 000y=2\,500\times4=10\,000

Les deux fournisseurs coûtent le même prix pour 44 mètres (10 00010\,000 F CFA). Comme 2 500x<1 500x+4 000  ⟺  x<42\,500x<1\,500x+4\,000 \iff x<4, le fournisseur A est le moins cher en dessous de 44 m ; au-delà, c’est le fournisseur B qui devient avantageux.

Coût du tissu au marché Sandaga (Dakar) 012345678 048121620 mètres de tissu (x)coût (milliers F CFA) 4 m ; 10 000 F livraison : 4 000 F A : y = 2500xB : y = 1500x + 4000
Figure 5 — Deux offres tarifaires : sous x=4x=4 m, la droite AA (sans frais fixes) reste en dessous de BB ; au-delà, c’est l’inverse.

5.3  Problème d’âges

Exemple — retrouver deux âges

Aujourd’hui, l’âge d’Awa est le triple de celui de son frère Ibrahima. Dans 88 ans, il ne sera plus que le double. Quels sont leurs âges actuels ?

Soit xx l’âge actuel d’Ibrahima et yy celui d’Awa (en années).

  1. aujourd’hui : y=3xy=3x (1)(1)
  2. dans 88 ans : y+8=2(x+8)y+8=2(x+8) (2)(2)
  3. on développe (2) : y+8=2x+16y+8=2x+16
  4. ⇔\Leftrightarrowy=2x+8y=2x+8 (2′)(2')
  5. on substitue (1) dans (2′)(2') : 3x=2x+83x=2x+8
  6. ⇔\Leftrightarrowx=8x=8
  7. d’où y=3×8=24y=3\times8=24

Vérification : dans 88 ans, Ibrahima aura 1616 ans et Awa 3232 ans, et 32=2×1632=2\times16. ✓ Les âges (88 et 2424 ans) sont positifs et vraisemblables : Ibrahima a 8 ans et Awa 24 ans.

5.4  Problème de mélange

Exemple — mélanger deux engrais, à Bamako

Un producteur veut obtenir 1010 kg d’un mélange de deux engrais coûtant au total 52 00052\,000 F CFA. L’engrais A coûte 4 0004\,000 F CFA le kg, l’engrais B coûte 6 0006\,000 F CFA le kg. Quelle masse de chaque engrais faut-il mélanger ?

Soit xx la masse (en kg) d’engrais A, yy celle d’engrais B.

  1. masse totale : x+y=10x+y=10 (1)(1)
  2. coût total : 4 000x+6 000y=52 0004\,000x+6\,000y=52\,000, soit 2x+3y=262x+3y=26 (2)(2)
  3. de (1) : x=10−yx=10-y
  4. dans (2) : 2(10−y)+3y=262(10-y)+3y=26
  5. ⇔\Leftrightarrow20+y=2620+y=26
  6. ⇔\Leftrightarrowy=6y=6
  7. d’où x=10−6=4x=10-6=4

Il faut mélanger 4 kg d’engrais A et 6 kg d’engrais B (coût : 4×4 000+6×6 000=52 0004\times4\,000+6\times6\,000=52\,000 F CFA ✓).

Fiche mémo

  • Système 2×22\times2 : {ax+by=ca′x+b′y=c′\begin{cases} ax+by=c \\ a'x+b'y=c' \end{cases} ; une solution est un couple (x ;y)(x\,;y) vérifiant les deux équations.
  • Substitution : isoler une inconnue dans une équation, remplacer dans l’autre, résoudre, puis revenir.
  • Combinaison : multiplier pour rendre les coefficients d’une inconnue opposés, additionner, résoudre, puis substituer.
  • Déterminant d=ab′−a′bd=ab'-a'b.
  • d≠0d\neq0 : droites sécantes, solution unique. d=0d=0 : droites parallèles (au sens large).
  • Si d=0d=0 : combinaison ⇒ égalité fausse ⇒∅\Rightarrow\varnothing (parallèles distinctes) ; égalité toujours vraie 0=0⇒0=0\Rightarrow infinité de solutions (confondues).
  • Forme réduite y=mx+py=mx+p : mm pente, pp ordonnée à l’origine. Forme cartésienne ax+by+c=0ax+by+c=0, avec m=−abm=-\dfrac{a}{b}, p=−cbp=-\dfrac{c}{b} si b≠0b\neq0.
  • Deux droites : mêmes pentes m=m′m=m' ⟺ parallèles ; m=m′m=m' et p=p′p=p' ⟺ confondues ; m≠m′m\neq m' ⟺ sécantes.
  • Inéquation ax+by+c⩽0ax+by+c\leqslant0 : demi-plan. Trait plein si ⩽\leqslant ou ⩾\geqslant ; pointillé si << ou >>.
  • Pour choisir le demi-plan : tester un point hors de la droite (souvent OO).
  • Système d’inéquations : la solution est l’intersection des demi-plans.
  • Diviser une inéquation par un nombre négatif inverse son sens.
  • Modéliser : choisir les inconnues avec unité, traduire chaque donnée, résoudre, vérifier le contexte, conclure par une phrase.

6Exercices corrigés

Quinze exercices, du plus direct au plus exigeant, pour t’entraîner sur toutes les notions du chapitre. Cherche d’abord seul, rédige ta réponse, puis compare avec le corrigé.

Niveau 1 — Application directe
1

Résous par substitution : {x+y=7x−y=1\begin{cases} x+y=7 \\ x-y=1 \end{cases}.

Voir le corrigé détaillé
  1. de la 2e : x=1+yx=1+y
  2. dans la 1re : (1+y)+y=7(1+y)+y=7
  3. ⇔\Leftrightarrow2y=62y=6
  4. ⇔\Leftrightarrowy=3y=3
  5. x=1+3=4x=1+3=4

Vérification : 4+3=74+3=7 et 4−3=14-3=1. ✓ S={(4 ;3)}S=\{(4\,;3)\}.

2

Résous par combinaison : {3x+y=11x−y=1\begin{cases} 3x+y=11 \\ x-y=1 \end{cases}.

Voir le corrigé détaillé

Les coefficients de yy sont déjà opposés (11 et −1-1).

  1. on additionne : 4x=124x=12
  2. ⇔\Leftrightarrowx=3x=3
  3. dans la 2e : 3−y=13-y=1
  4. ⇔\Leftrightarrowy=2y=2

Vérification : 3×3+2=113\times3+2=11. ✓ S={(3 ;2)}S=\{(3\,;2)\}.

3

Donne le coefficient directeur et l’ordonnée à l’origine de la droite 4x−3y+6=04x-3y+6=0.

Voir le corrigé détaillé
  1. −3y=−4x−6-3y=-4x-6
  2. ⇔\Leftrightarrowy=43x+2y=\dfrac{4}{3}x+2

D’où m=43m=\dfrac{4}{3} et p=2p=2.

4

Calcule le déterminant de {2x+5y=14x+10y=3\begin{cases} 2x+5y=1 \\ 4x+10y=3 \end{cases} et précise la position relative des deux droites.

Voir le corrigé détaillé
  1. d=2×10−4×5d=2\times10-4\times5
  2. ==20−20=020-20=0

d=0d=0 : les droites sont parallèles au sens large. Or 42=2\dfrac{4}{2}=2 et 105=2\dfrac{10}{5}=2 mais 31=3≠2\dfrac{3}{1}=3\neq2 : les équations ne sont pas proportionnelles. Les droites sont strictement parallèles : S=∅S=\varnothing.

5

Le couple (2 ;−3)(2\,;-3) est-il solution de {5x+2y=43x−y=9\begin{cases} 5x+2y=4 \\ 3x-y=9 \end{cases} ?

Voir le corrigé détaillé
  1. 5×2+2×(−3)=10−6=45\times2+2\times(-3)=10-6=41re équation vérifiée
  2. 3×2−(−3)=6+3=93\times2-(-3)=6+3=92e équation vérifiée

Les deux équations sont vérifiées : oui, (2 ;−3)(2\,;-3) est solution du système.

Niveau 2 — Approfondissement
6

Résous {2x−y=1x+y=8\begin{cases} 2x-y=1 \\ x+y=8 \end{cases}, puis vérifie ta solution sur la Figure 6.

Voir le corrigé détaillé
  1. (1)+(2)(1)+(2) : 3x=93x=9on élimine yy directement
  2. ⇔\Leftrightarrowx=3x=3
  3. dans (2) : 3+y=83+y=8
  4. ⇔\Leftrightarrowy=5y=5

S={(3 ;5)}S=\{(3\,;5)\}, ce que confirme le point d’intersection lu sur la figure ci-dessous.

{ 2x − y = 1 ; x + y = 8 } -11234567 2468O A(3 ; 5) 2x−y=1x+y=8
Figure 6 — Les deux droites se coupent en A(3 ;5)A(3\,;5), conforme au calcul.
7

Résous {x3+y=3x−y2=2\begin{cases} \dfrac{x}{3}+y=3 \\ x-\dfrac{y}{2}=2 \end{cases}.

Voir le corrigé détaillé

On chasse d’abord les dénominateurs.

  1. (1)×3(1)\times3 : x+3y=9x+3y=9
  2. (2)×2(2)\times2 : 2x−y=42x-y=4soit y=2x−4y=2x-4
  3. on substitue : x+3(2x−4)=9x+3(2x-4)=9
  4. ⇔\Leftrightarrow7x−12=97x-12=9
  5. ⇔\Leftrightarrowx=3x=3
  6. y=2×3−4=2y=2\times3-4=2

S={(3 ;2)}S=\{(3\,;2)\}.

8

Résous {3(x+1)−2y=7x−(y−2)=5\begin{cases} 3(x+1)-2y=7 \\ x-(y-2)=5 \end{cases}.

Voir le corrigé détaillé

On développe d’abord chaque équation.

  1. (1)(1) : 3x+3−2y=7⇒3x−2y=43x+3-2y=7 \Rightarrow 3x-2y=4
  2. (2)(2) : x−y+2=5⇒x−y=3x-y+2=5 \Rightarrow x-y=3soit y=x−3y=x-3
  3. on substitue : 3x−2(x−3)=43x-2(x-3)=4
  4. ⇔\Leftrightarrowx+6=4x+6=4
  5. ⇔\Leftrightarrowx=−2x=-2
  6. y=−2−3=−5y=-2-3=-5

Vérification : 3(−2+1)−2(−5)=−3+10=73(-2+1)-2(-5)=-3+10=7. ✓ S={(−2 ;−5)}S=\{(-2\,;-5)\}.

9

Pour quelle valeur de mm les droites y=mx+3y=mx+3 et y=2x−1y=2x-1 sont-elles parallèles ? Le système a-t-il alors une solution ?

Voir le corrigé détaillé

Deux droites sont parallèles lorsqu’elles ont le même coefficient directeur : il faut m=2m=2. Les ordonnées à l’origine, p=3p=3 et p′=−1p'=-1, sont différentes quelle que soit la valeur de mm : pour m=2m=2, les droites sont donc strictement parallèles, et le système n’a aucune solution.

Niveau 3 — Défi
10

On considère, pour mm réel, le système {x+my=3mx+4y=6\begin{cases} x+my=3 \\ mx+4y=6 \end{cases}.

  1. Exprime le déterminant dd en fonction de mm.
  2. Pour quelles valeurs de mm le système a-t-il une unique solution ?
  3. Étudie les cas m=2m=2 et m=−2m=-2.
Voir le corrigé détaillé

1. Ici a=1a=1, b=mb=m, a′=ma'=m, b′=4b'=4.

  1. d=ab′−a′bd=ab'-a'b
  2. ==1×4−m×m1\times4-m\times m
  3. ==4−m24-m^{2}

2. Le système a une unique solution si et seulement si d≠0d\neq0 :

  1. 4−m2≠04-m^{2}\neq0
  2. ⇔\Leftrightarrowm2≠4m^{2}\neq4
  3. ⇔\Leftrightarrowm≠2m\neq2 et m≠−2m\neq-2

3. Si m=2m=2 : le système devient {x+2y=32x+4y=6\begin{cases} x+2y=3 \\ 2x+4y=6 \end{cases}. La 2e équation vaut 2×2\times(1re) : les droites sont confondues, infinité de solutions. Si m=−2m=-2 : {x−2y=3−2x+4y=6\begin{cases} x-2y=3 \\ -2x+4y=6 \end{cases}. En multipliant (1) par −2-2 : −2x+4y=−6-2x+4y=-6, qui contredit −2x+4y=6-2x+4y=6 : les droites sont strictement parallèles, S=∅S=\varnothing.

11

On reprend le triangle ABCABC solution du système {y⩽−x+5y⩾x+1x⩾−1\begin{cases} y\leqslant-x+5 \\ y\geqslant x+1 \\ x\geqslant-1 \end{cases} (Figure 4).

  1. Donne les coordonnées des sommets AA, BB, CC.
  2. Calcule la longueur BCBC.
  3. En déduire l’aire du triangle ABCABC.
Voir le corrigé détaillé

1. AA est l’intersection de y=−x+5y=-x+5 et y=x+1y=x+1, soit A(2 ;3)A(2\,;3). BB est l’intersection de y=−x+5y=-x+5 et x=−1x=-1, soit B(−1 ;6)B(-1\,;6). CC est l’intersection de y=x+1y=x+1 et x=−1x=-1, soit C(−1 ;0)C(-1\,;0).

2. BB et CC ont la même abscisse −1-1 : [BC][BC] est vertical.

  1. BC=∣yB−yC∣BC=|y_B-y_C|
  2. ==∣6−0∣=6|6-0|=6

3. [BC][BC] est la base du triangle ; la hauteur issue de AA est la distance horizontale entre AA et la droite x=−1x=-1.

  1. h=∣xA−(−1)∣=∣2+1∣=3h=|x_A-(-1)|=|2+1|=3
  2. Aire =BC×h2=\dfrac{BC\times h}{2}
  3. ==6×32=9\dfrac{6\times3}{2}=9

L’aire du triangle ABCABC vaut 99 unités d’aire.

12

La somme des âges d’Aïcha et de Mariam est 5454 ans. Il y a 33 ans, Aïcha avait le double de l’âge de Mariam.

  1. Pose le système modélisant la situation.
  2. Résous-le.
  3. Vérifie et conclus.
Voir le corrigé détaillé

1. Soit xx l’âge actuel d’Aïcha et yy celui de Mariam.

{x+y=54(1)x−3=2(y−3)(2)\begin{cases} x+y=54 \quad(1)\\ x-3=2(y-3) \quad(2) \end{cases}

2.

  1. (2) développée : x−3=2y−6x-3=2y-6
  2. ⇔\Leftrightarrowx=2y−3x=2y-3
  3. dans (1) : (2y−3)+y=54(2y-3)+y=54
  4. ⇔\Leftrightarrow3y=573y=57
  5. ⇔\Leftrightarrowy=19y=19
  6. x=2×19−3=35x=2\times19-3=35

3. Il y a 33 ans : Aïcha avait 3232 ans, Mariam 1616 ans, et 32=2×1632=2\times16. ✓ Les âges sont positifs et cohérents : Aïcha a 35 ans et Mariam 19 ans.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13

Location de vélos à Bamako. Le loueur A facture 500500 F CFA par heure, sans forfait. Le loueur B facture un forfait de 1 5001\,500 F CFA plus 250250 F CFA par heure.

  1. Écris le système donnant le coût yy (en F CFA) en fonction de la durée xx (en heures) pour chaque loueur.
  2. Résous-le : à partir de combien d’heures les deux loueurs coûtent-ils le même prix ?
  3. Qui est le moins cher pour une location de 33 heures ?
Voir le corrigé détaillé

1. {y=500x(A)y=250x+1 500(B)\begin{cases} y=500x \quad(A)\\ y=250x+1\,500 \quad(B) \end{cases}

2.

  1. 500x=250x+1 500500x=250x+1\,500
  2. ⇔\Leftrightarrow250x=1 500250x=1\,500
  3. ⇔\Leftrightarrowx=6x=6
  4. y=500×6=3 000y=500\times6=3\,000

À partir de 6 heures, les deux loueurs coûtent 3 0003\,000 F CFA.

3. Pour x=3x=3 : AA coûte 1 5001\,500 F CFA, BB coûte 250×3+1 500=2 250250\times3+1\,500=2\,250 F CFA. Le loueur A est le moins cher pour 33 heures (en dessous de 66 h).

Location de vélos à Bamako 0246810 0246 durée (h)coût (milliers F) 6 h ; 3 000 F A : 500xB : 250x+1500
Figure 7 — Sous 66 h, l’offre AA (sans forfait) reste la moins chère.
14

Citerne à Ndjamena. Deux robinets, de débits constants aa et bb (en litres par minute), remplissent ensemble un bassin de 1 2001\,200 L en 1010 minutes. Si le premier fonctionne seul 1515 min et le second seul 55 min, ils versent 1 1001\,100 L au total.

  1. Écris le système vérifié par aa et bb.
  2. Résous-le.
Voir le corrigé détaillé

1. {10(a+b)=1 20015a+5b=1 100\begin{cases} 10(a+b)=1\,200 \\ 15a+5b=1\,100 \end{cases}, soit après simplification {a+b=120(1)3a+b=220(2)\begin{cases} a+b=120 \quad(1)\\ 3a+b=220 \quad(2) \end{cases}

2.

  1. (2)−(1)(2)-(1) : 2a=1002a=100
  2. ⇔\Leftrightarrowa=50a=50
  3. dans (1) : b=120−50=70b=120-50=70

Le premier robinet a un débit de 50 L/min, le second de 70 L/min.

15

Marché d’Abéché. Aminata achète 33 sacs de mil et 22 sacs de sorgho pour 8 5008\,500 F CFA. Fatimé achète 22 sacs de mil et 55 sacs de sorgho pour 13 00013\,000 F CFA. Quel est le prix d’un sac de chaque céréale ?

Voir le corrigé détaillé

Soit xx le prix (F CFA) d’un sac de mil, yy celui d’un sac de sorgho : {3x+2y=8 500(1)2x+5y=13 000(2)\begin{cases} 3x+2y=8\,500 \quad(1)\\ 2x+5y=13\,000 \quad(2) \end{cases}

  1. (1)×5(1)\times5 : 15x+10y=42 50015x+10y=42\,500
  2. (2)×2(2)\times2 : 4x+10y=26 0004x+10y=26\,000
  3. on soustrait : 11x=16 50011x=16\,500
  4. ⇔\Leftrightarrowx=1 500x=1\,500
  5. dans (1) : 3×1 500+2y=8 5003\times1\,500+2y=8\,500
  6. ⇔\Leftrightarrow2y=4 0002y=4\,000
  7. ⇔\Leftrightarrowy=2 000y=2\,000

Un sac de mil coûte 1 500 F CFA, un sac de sorgho 2 000 F CFA.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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Résoudre un système de deux équations à deux inconnues xx et yy, c'est trouver :

Explication : Une solution du système est un couple (x ;y)(x\,;y) qui vérifie les deux équations à la fois, pas une seule.

Le déterminant du système {ax+by=ca′x+b′y=c′\begin{cases} ax+by=c \\ a'x+b'y=c' \end{cases} est défini par :

Explication : Le déterminant se calcule en « croisant » les coefficients de xx et de yy : d=ab′−a′bd=ab'-a'b.

Après avoir isolé yy dans la première équation d'un système, on doit substituer cette expression :

Explication : Substituer dans la même équation donne une identité 0=00=0 qui ne renseigne sur rien : c'est l'erreur la plus fréquente en début d'apprentissage.

Pour le système {x+y=9x−y=3\begin{cases} x+y=9 \\ x-y=3 \end{cases}, les coefficients de yy sont déjà opposés. La méthode par combinaison, en additionnant les deux équations, donne directement :

Explication : (x+y)+(x−y)=9+3(x+y)+(x-y)=9+3, soit 2x=122x=12 : le yy a disparu par addition, il ne reste que xx.

La droite d'équation cartésienne 3x+2y−8=03x+2y-8=0 a pour équation réduite :

Explication : 2y=−3x+8  ⟺  y=−32x+42y=-3x+8 \iff y=-\dfrac{3}{2}x+4 : on isole yy en divisant par le coefficient 22.

Résoudre graphiquement un système {y=mx+py=m′x+p′\begin{cases} y=mx+p \\ y=m'x+p' \end{cases}, c'est chercher :

Explication : Les solutions du système sont exactement les couples (x ;y)(x\,;y) correspondant aux points communs aux deux droites représentées.

Si le déterminant d=ab′−a′bd=ab'-a'b d'un système est nul, on peut affirmer que les deux droites associées sont :

Explication : d=0d=0 équivaut à des coefficients directeurs égaux (m=m′m=m') : les droites sont parallèles au sens large, ce qui inclut aussi bien le cas distinct que le cas confondu — il faut approfondir pour trancher entre les deux.

Si d≠0d\neq0, le système {ax+by=ca′x+b′y=c′\begin{cases} ax+by=c \\ a'x+b'y=c' \end{cases} admet :

Explication : d≠0d\neq0 signifie que les droites ont des pentes différentes : elles sont sécantes, en un unique point.

En combinant {2x−y=32x−y=−2\begin{cases} 2x-y=3 \\ 2x-y=-2 \end{cases} (en soustrayant), on obtient l'égalité 0=50=5. On en conclut que le système :

Explication : Une égalité fausse comme 0=50=5 signale une contradiction : aucun couple ne peut vérifier les deux équations. Les droites, de même pente mais d'ordonnées différentes, ne se coupent jamais.

Pour {2x−y−4=04x−2y−8=0\begin{cases} 2x-y-4=0 \\ 4x-2y-8=0 \end{cases}, la combinaison (2)−2×(1)(2)-2\times(1) donne 0=00=0. Que peut-on en conclure ?

Explication : 0=00=0 est une identité toujours vraie : les deux équations sont équivalentes, donc les deux droites sont confondues. xx reste libre, mais yy est toujours lié à xx par l'équation de la droite.

L'ensemble des solutions d'une inéquation linéaire ax+by+c⩽0ax+by+c\leqslant0 à deux inconnues se représente par :

Explication : Une inéquation linéaire à deux inconnues n'a pas une solution unique : sa solution est toute une région du plan, le demi-plan situé d'un côté de la droite frontière ax+by+c=0ax+by+c=0.

Pour tracer la droite frontière d'une inéquation, on utilise un trait pointillé lorsque :

Explication : Un trait plein signale une frontière incluse (inégalité large) ; un trait pointillé signale une frontière exclue (inégalité stricte).

Pour représenter 2x+y⩽62x+y\leqslant6, on teste le point O(0 ;0)O(0\,;0) : 0⩽60\leqslant6 est vrai. On en conclut qu'il faut hachurer :

Explication : Puisque les coordonnées du point test vérifient l'inégalité, on hachure le demi-plan qui contient ce point.

La solution d'un système de plusieurs inéquations à deux inconnues est :

Explication : Un couple (x ;y)(x\,;y) doit vérifier toutes les inéquations à la fois : la région solution est donc l'intersection de tous les demi-plans, chacun hachuré séparément.

Pour isoler yy dans l'inéquation −2y⩽4-2y\leqslant4, on divise les deux membres par −2-2. Que devient l'inégalité ?

Explication : On divise par un nombre négatif : le sens de l'inégalité s'inverse. −2y⩽4  ⟺  y⩾−2-2y\leqslant4 \iff y\geqslant-2.

Un loueur A facture 500500 F CFA par heure, sans forfait. Un loueur B facture un forfait de 1 5001\,500 F CFA plus 250250 F CFA par heure. À partir de combien d'heures les deux loueurs coûtent-ils le même prix ?

Explication : 500x=250x+1 500  ⟺  250x=1 500  ⟺  x=6500x=250x+1\,500 \iff 250x=1\,500 \iff x=6. À 66 h, les deux loueurs coûtent 3 0003\,000 F CFA.

La somme des âges de deux sœurs est 4040 ans. Il y a 55 ans, l'aînée avait le triple de l'âge de la cadette. En notant xx l'âge actuel de l'aînée et yy celui de la cadette, quel système modélise la situation ?

Explication : La somme des âges actuels donne x+y=40x+y=40. Il y a 55 ans, les âges étaient x−5x-5 et y−5y-5, et l'aînée avait le triple de la cadette : x−5=3(y−5)x-5=3(y-5).

Un producteur veut obtenir 88 kg d'un mélange de deux engrais coûtant 38 00038\,000 F CFA au total. L'engrais A coûte 4 0004\,000 F CFA le kg, l'engrais B coûte 5 5005\,500 F CFA le kg. En notant xx la masse d'engrais A et yy celle d'engrais B, quel système faut-il résoudre ?

Explication : La masse totale donne x+y=8x+y=8 ; le coût total, en additionnant le prix de chaque engrais, donne 4 000x+5 500y=38 0004\,000x+5\,500y=38\,000.

En résolvant le système précédent (mélange de 88 kg à 38 00038\,000 F CFA), on trouve :

Explication : De x=8−yx=8-y, on substitue : 4 000(8−y)+5 500y=38 0004\,000(8-y)+5\,500y=38\,000
  ⟺  32 000+1 500y=38 000\iff 32\,000+1\,500y=38\,000
  ⟺  y=4\iff y=4
d'où x=8−4=4x=8-4=4 : 44 kg de chaque engrais.

Pour le système {x+my=3mx+4y=6\begin{cases} x+my=3 \\ mx+4y=6 \end{cases}, le déterminant vaut d=4−m2d=4-m^{2}. Pour quelles valeurs de mm le système admet-il une unique solution ?

Explication : Le système a une unique solution si et seulement si d≠0d\neq0, c'est-à-dire 4−m2≠0  ⟺  m2≠4  ⟺  m≠24-m^{2}\neq0 \iff m^{2}\neq4 \iff m\neq2 et m≠−2m\neq-2.
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