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Polynômes du second degré

Découvrir la forme canonique et résoudre les premières équations du second degré.

Mathématiques Seconde Chapitre 7 / 15 ⏱ 9 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Mettre un trinôme sous forme canonique
  • Résoudre une équation du second degré
  • Étudier le signe d'un trinôme

Un jet d'eau qui retombe, la trajectoire d'un ballon de football, le câble d'un pont suspendu, la parabole d'une antenne satellite : toutes ces courbes ont la même signature mathématique. Depuis le collège, tu sais résoudre des équations où l'inconnue apparaît « au premier degré », c'est-à-dire seule, sans être élevée au carré. Ce chapitre franchit une étape décisive : l'inconnue xx va maintenant apparaître avec x2x^{2}, et cela change tout — une équation du second degré peut avoir zéro, une ou deux solutions, et non plus toujours exactement une.

Tu vas apprendre à réécrire une expression comme 2x2−8x+32x^{2}-8x+3 sous une forme équivalente, la forme canonique, qui révèle instantanément le point le plus bas (ou le plus haut) de la courbe associée : son sommet. Cette forme canonique est l'outil central du chapitre : elle permet de résoudre les équations, d'étudier le signe du trinôme et de résoudre des problèmes concrets d'optimisation — trouver la aire maximale d'un enclos, le bénéfice maximal d'un commerce, la hauteur maximale d'un projectile.

C'est un chapitre exigeant mais gratifiant : chaque nouvelle notion (forme canonique, discriminant, factorisation) s'appuie sur la précédente, et tu retrouveras ces outils dans toutes les années qui suivent, jusqu'au baccalauréat. Prends le temps de bien maîtriser la complétion du carré dès la section 2 : c'est elle qui débloque tout le reste.

1Trinôme du second degré

Définition

Un trinôme du second degré est une expression de la forme

ax2+bx+cax^{2}+bx+c

où aa, bb et cc sont des nombres réels fixés, appelés coefficients, avec la condition a≠0a \neq 0.

La fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c s'appelle une fonction polynôme du second degré (ou fonction trinôme). Sa représentation graphique dans un repère est une courbe appelée parabole.

Le mot « trinôme » signifie simplement « trois termes » : le terme du second degré ax2ax^{2}, le terme du premier degré bxbx, et le terme constant cc. Certains de ces termes peuvent être absents (leur coefficient vaut alors 00), mais le terme en x2x^{2} doit toujours être présent : c'est la condition a≠0a \neq 0 qui garantit que le trinôme est bien « du second degré » et pas d'un degré inférieur.

Attention

Si a=0a = 0, l'expression bx+cbx+c est une fonction affine (degré 11 au plus), pas un trinôme du second degré. Avant tout calcul, vérifie toujours que le coefficient de x2x^{2} est bien non nul.

1.1  Identifier les coefficients

Reconnaître aa, bb et cc est le premier réflexe à acquérir. Il faut parfois développer et réduire l'expression avant de pouvoir les lire directement.

Exemple — identifier aa, bb, cc

Pour f(x)=−3x2+5x−7f(x) = -3x^{2}+5x-7 : on lit directement a=−3a=-3, b=5b=5, c=−7c=-7.

Pour g(x)=4x2−9g(x) = 4x^{2}-9 : il n'y a pas de terme en xx, donc b=0b=0. On a a=4a=4, b=0b=0, c=−9c=-9.

Pour h(x)=2x(x−3)+1h(x) = 2x(x-3)+1, il faut d'abord développer :

  1. h(x)=2x2−6x+1h(x) = 2x^{2}-6x+1on développe 2x(x−3)=2x2−6x2x(x-3)=2x^{2}-6x

D'où a=2a=2, b=−6b=-6, c=1c=1.

Exemple — calculer une image

Soit f(x)=2x2−3x−5f(x)=2x^{2}-3x-5. Calculons f(−2)f(-2).

  1. f(−2)=2×(−2)2−3×(−2)−5f(-2) = 2\times(-2)^{2}-3\times(-2)-5
  2. ==2×4+6−52\times4+6-5
  3. ==8+6−58+6-5
  4. ==99

On a donc f(−2)=9f(-2)=9 : le point de coordonnées (−2 ; 9)(-2\,;\,9) appartient à la parabole représentant ff.

1.2  Allure de la parabole selon le signe de aa

Propriété (admise à ce stade)

La représentation graphique d'une fonction trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c est une parabole. Cette parabole possède un point extrémal appelé sommet :

  • si a>0a>0, la parabole « s'ouvre vers le haut » et le sommet est le point le plus bas de la courbe ;
  • si a<0a<0, la parabole « s'ouvre vers le bas » et le sommet est le point le plus haut de la courbe.

Toute parabole est symétrique par rapport à une droite verticale passant par son sommet. Nous justifierons précisément ces faits dans les sections 2 et 3, grâce à la forme canonique.

Le signe de a commande le sens d'ouverture de la parabole x y O -2 -1 2 3 4 -4 4 S₁(1 ; -4) a = 1 > 0 S₂(1 ; 4) a = -1 < 0 axe x = 1
Figure 1 — Deux paraboles associées aux trinômes f(x)=(x−1)2−4f(x)=(x-1)^{2}-4 (a=1>0a=1>0, sommet le plus bas) et g(x)=−(x−1)2+4g(x)=-(x-1)^{2}+4 (a=−1<0a=-1<0, sommet le plus haut). Les deux courbes sont symétriques par rapport à la droite verticale x=1x=1.
Math & Co — Des tablettes d'argile à l'algèbre

Bien avant l'invention de l'écriture algébrique, les scribes babyloniens résolvaient déjà, vers −1800-1800, des problèmes revenant à nos équations du second degré. Sur des tablettes d'argile cunéiformes, ils décrivaient des procédures de calcul pas à pas (« ajoute ceci au carré de cela… ») pour trouver deux nombres connaissant leur somme et leur produit — sans jamais écrire la moindre lettre xx, ni même concevoir de nombres négatifs.

Il faudra attendre plus de deux millénaires, et l'usage systématique des lettres pour désigner des nombres inconnus (notamment chez François Viète, à la fin du XVIᵉ siècle), pour que l'écriture ax2+bx+cax^{2}+bx+c que tu utilises aujourd'hui devienne possible.

2Forme canonique

La forme développée ax2+bx+cax^{2}+bx+c est pratique pour calculer une image, mais elle cache l'information la plus utile : où se situe le sommet de la parabole ? La forme canonique répond exactement à cette question.

Définition

La forme canonique d'un trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c est son écriture sous la forme

f(x)=a(x−α)2+βf(x) = a(x-\alpha)^{2}+\beta

où α\alpha et β\beta sont deux nombres réels (le même aa que dans la forme développée).

Pour l'obtenir, on utilise une technique appelée complétion du carré : on fait apparaître de force une identité remarquable (x+k)2=x2+2kx+k2(x+k)^{2}=x^{2}+2kx+k^{2} à l'intérieur du trinôme. Commençons par deux exemples numériques avant d'énoncer la méthode générale.

2.1  Compléter le carré : cas a=1a=1

Exemple — forme canonique de f(x)=x2−6x+5f(x)=x^{2}-6x+5

On veut faire apparaître (x−3)2(x-3)^{2}, car le double produit de l'identité (x−3)2=x2−6x+9(x-3)^{2}=x^{2}-6x+9 donne bien −6x-6x.

  1. f(x)=x2−6x+5f(x) = x^{2}-6x+5
  2. ==(x2−6x+9)−9+5\left(x^{2}-6x+9\right)-9+5on ajoute et on retranche 99 pour faire apparaître (x−3)2(x-3)^2
  3. ==(x−3)2−4(x-3)^{2}-4identité remarquable (x−k)2=x2−2kx+k2(x-k)^2=x^2-2kx+k^2

La forme canonique de ff est donc f(x)=(x−3)2−4f(x)=(x-3)^{2}-4, avec α=3\alpha=3 et β=−4\beta=-4.

2.2  Compléter le carré : cas a≠1a\neq1

Exemple — forme canonique de g(x)=2x2+8x+3g(x)=2x^{2}+8x+3

Ici a=2≠1a=2\neq1 : il faut d'abord factoriser aa dans les deux premiers termes avant de compléter le carré.

  1. g(x)=2x2+8x+3g(x) = 2x^{2}+8x+3
  2. ==2(x2+4x)+32\left(x^{2}+4x\right)+3on factorise a=2a=2 dans les termes en x2x^2 et xx
  3. ==2[(x+2)2−4]+32\left[(x+2)^{2}-4\right]+3(x+2)2=x2+4x+4(x+2)^2=x^2+4x+4, donc x2+4x=(x+2)2−4x^2+4x=(x+2)^2-4
  4. ==2(x+2)2−8+32(x+2)^{2}-8+3on distribue le 22
  5. ==2(x+2)2−52(x+2)^{2}-5

La forme canonique de gg est g(x)=2(x+2)2−5=2(x−(−2))2−5g(x)=2(x+2)^{2}-5=2\big(x-(-2)\big)^{2}-5, avec α=−2\alpha=-2 et β=−5\beta=-5.

Attention

L'erreur la plus fréquente : oublier de redistribuer le facteur aa après avoir complété le carré à l'intérieur des crochets. Dans l'exemple ci-dessus, 2[(x+2)2−4]2\left[(x+2)^{2}-4\right] donne 2(x+2)2−82(x+2)^{2}-8, et pas 2(x+2)2−42(x+2)^{2}-4.

2.3  Cas général

Démonstration — forme canonique dans le cas général

Soit f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c avec a≠0a\neq0. On factorise aa dans les deux premiers termes, comme dans l'exemple précédent.

  1. f(x)=a(x2+bax)+cf(x) = a\left(x^{2}+\dfrac{b}{a}x\right)+c
  2. ==a[(x+b2a)2−b24a2]+ca\left[\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2}-\dfrac{b^{2}}{4a^{2}}\right]+con pose k=b2ak=\dfrac{b}{2a} : (x+k)2=x2+2kx+k2\left(x+k\right)^{2}=x^{2}+2kx+k^{2}, donc x2+bax=(x+k)2−k2x^{2}+\frac{b}{a}x=\left(x+k\right)^{2}-k^{2}
  3. ==a(x+b2a)2−b24a+ca\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2}-\dfrac{b^{2}}{4a}+con distribue aa
  4. ==a(x+b2a)2+(c−b24a)a\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2}+\left(c-\dfrac{b^{2}}{4a}\right)

En posant α=−b2a\alpha=-\dfrac{b}{2a} et β=c−b24a\beta=c-\dfrac{b^{2}}{4a}, on obtient bien f(x)=a(x−α)2+βf(x)=a(x-\alpha)^{2}+\beta, avec β=f(α)\beta=f(\alpha) puisque (α−α)2=0(\alpha-\alpha)^2=0. C.Q.F.D.

Propriété

Pour tout trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c avec a≠0a\neq0, la forme canonique est f(x)=a(x−α)2+βf(x)=a(x-\alpha)^{2}+\beta avec

α=−b2aetβ=f(α)\alpha=-\dfrac{b}{2a} \qquad\text{et}\qquad \beta=f(\alpha)

Méthode — mettre un trinôme sous forme canonique

1) Factoriser aa dans les termes en x2x^{2} et xx. 2) Repérer la moitié du coefficient de xx restant : c'est le kk de l'identité (x+k)2(x+k)^{2}. 3) Ajouter et retrancher k2k^{2} à l'intérieur des crochets. 4) Redistribuer aa, puis réduire les constantes.

Passer de y = x² à y = (x-2)² + 1 : une translation x y O -1 1 3 4 2 4 O(0 ; 0) S(2 ; 1) translation y = x² y = (x-2)² + 1
Figure 2 — Cas particulier a=1a=1 : la courbe de f(x)=(x−2)2+1f(x)=(x-2)^{2}+1 s'obtient à partir de celle de y=x2y=x^{2} par la translation qui envoie l'origine O(0 ; 0)O(0\,;\,0) sur le sommet S(2 ; 1)S(2\,;\,1). Le (α,β)(\alpha,\beta) de la forme canonique donne exactement les coordonnées de ce vecteur de translation.

3Sommet et axe de symétrie

La forme canonique f(x)=a(x−α)2+βf(x)=a(x-\alpha)^{2}+\beta va maintenant révéler tout son intérêt : elle donne directement, sans aucun calcul supplémentaire, les coordonnées du sommet de la parabole et les variations de ff.

Théorème

Soit f(x)=ax2+bx+c=a(x−α)2+βf(x)=ax^{2}+bx+c=a(x-\alpha)^{2}+\beta sa forme canonique, avec α=−b2a\alpha=-\dfrac{b}{2a}. La parabole représentant ff admet :

  • pour sommet le point S(α ; β)S(\alpha\,;\,\beta) ;
  • pour axe de symétrie la droite verticale d'équation x=αx=\alpha.
Démonstration — symétrie

Pour tout nombre réel hh, comparons f(α+h)f(\alpha+h) et f(α−h)f(\alpha-h).

  1. f(α+h)=a((α+h)−α)2+β=ah2+βf(\alpha+h) = a\big((\alpha+h)-\alpha\big)^{2}+\beta = ah^{2}+\beta
  2. f(α−h)=a((α−h)−α)2+β=a(−h)2+β=ah2+βf(\alpha-h) = a\big((\alpha-h)-\alpha\big)^{2}+\beta = a(-h)^{2}+\beta = ah^{2}+\beta

Donc f(α+h)=f(α−h)f(\alpha+h)=f(\alpha-h) pour tout hh : les points de la courbe situés à égale distance de x=αx=\alpha ont la même image. La courbe est bien symétrique par rapport à la droite x=αx=\alpha, et comme f(α)=βf(\alpha)=\beta, le point S(α ; β)S(\alpha\,;\,\beta) est sur cet axe. C.Q.F.D.

Propriété — variations

Puisque (x−α)2⩾0(x-\alpha)^{2}\geqslant0 pour tout xx, et que ce carré vaut 00 uniquement en x=αx=\alpha, le nombre a(x−α)2a(x-\alpha)^{2} s'écarte de 00 de plus en plus, dans le sens de aa, à mesure que xx s'éloigne de α\alpha. Il en résulte :

  • si a>0a>0 : ff est décroissante sur ]−∞ ; α]\left]-\infty\,;\,\alpha\right] puis croissante sur [α ; +∞[\left[\alpha\,;\,+\infty\right[ ; β\beta est le minimum de ff sur R\mathbb{R} ;
  • si a<0a<0 : ff est croissante sur ]−∞ ; α]\left]-\infty\,;\,\alpha\right] puis décroissante sur [α ; +∞[\left[\alpha\,;\,+\infty\right[ ; β\beta est le maximum de ff sur R\mathbb{R}.
Cas a>0a>0
xx−∞-\inftyα\alpha+∞+\infty
f(x)f(x)↘  β\beta  ↗
Cas a<0a<0
xx−∞-\inftyα\alpha+∞+\infty
f(x)f(x)↗  β\beta  ↘
Sommet et axe de symétrie de f(x) = 0,5(x-2)² - 4 x y O -1 1 3 4 5 -2 4 A B S(2 ; -4) axe x = 2
Figure 3 — La parabole de f(x)=0,5(x−2)2−4f(x)=0{,}5(x-2)^{2}-4 : sommet S(2 ; −4)S(2\,;\,-4), axe de symétrie x=2x=2, et deux points AA, BB symétriques de même image.
Exemple — sommet et tableau de variations

Soit f(x)=−2x2+8x−3f(x)=-2x^{2}+8x-3. Mettons-la sous forme canonique.

  1. f(x)=−2(x2−4x)−3f(x) = -2\left(x^{2}-4x\right)-3
  2. ==−2[(x−2)2−4]−3-2\left[(x-2)^{2}-4\right]-3
  3. ==−2(x−2)2+8−3-2(x-2)^{2}+8-3
  4. ==−2(x−2)2+5-2(x-2)^{2}+5

D'où α=2\alpha=2, β=5\beta=5 : le sommet est S(2 ; 5)S(2\,;\,5), l'axe de symétrie est x=2x=2. Comme a=−2<0a=-2<0, ff est croissante sur ]−∞ ; 2]\left]-\infty\,;\,2\right] puis décroissante sur [2 ; +∞[\left[2\,;\,+\infty\right[, et 55 est le maximum de ff sur R\mathbb{R}.

3.3  Application : optimiser une aire

Le sommet d'une parabole n'est pas qu'une curiosité graphique : il permet de résoudre des problèmes d'optimisation, très fréquents en économie, en agriculture ou en ingénierie.

Méthode — optimiser à l'aide du sommet

1) Choisir une variable xx et écrire la grandeur à optimiser comme un trinôme f(x)f(x), en précisant le domaine de validité de xx. 2) Mettre ff sous forme canonique. 3) Lire le maximum (si a<0a<0) ou le minimum (si a>0a>0) au sommet S(α ; β)S(\alpha\,;\,\beta).

Exemple — l'enclos rectangulaire

Un éleveur dispose de 4040 m de grillage pour clôturer un enclos rectangulaire, en s'appuyant sur un mur déjà existant sur l'un des côtés (pas de grillage nécessaire le long du mur). On note xx la longueur, en mètres, de chacun des deux côtés perpendiculaires au mur.

mur existant Enclos Aire = x(40 - 2x) x x 40 - 2x
Figure 4 — L'enclos s'appuie sur le mur ; seuls les trois autres côtés (deux de longueur xx, un de longueur 40−2x40-2x) sont grillagés.

Les deux côtés perpendiculaires au mur mesurent chacun xx et consomment donc 2x2x mètres de grillage à eux deux. Comme il ne reste que 4040 m de grillage au total, le côté restant — parallèle au mur, en face de lui — mesure 40−2x40-2x mètres. L'aire de l'enclos, en fonction de xx, est :

  1. A(x)=x(40−2x)A(x) = x(40-2x)
  2. ==−2x2+40x-2x^{2}+40xdomaine : x∈]0 ; 20[x\in\left]0\,;\,20\right[

Mettons AA sous forme canonique pour trouver son maximum.

  1. A(x)=−2(x2−20x)A(x) = -2\left(x^{2}-20x\right)
  2. ==−2[(x−10)2−100]-2\left[(x-10)^{2}-100\right]
  3. ==−2(x−10)2+200-2(x-10)^{2}+200

Comme a=−2<0a=-2<0, le sommet S(10 ; 200)S(10\,;\,200) donne le maximum de AA. L'aire est donc maximale pour x=10x=10 m, et elle vaut alors 200200 m² (l'enclos mesure 1010 m sur 2020 m).

Aire de l'enclos A(x) = x(40 - 2x) x (m) A (m²) 5 10 15 20 50 100 150 200 maximum : 200 m²
Figure 5 — La parabole A(x)=−2(x−10)2+200A(x)=-2(x-10)^{2}+200 : le sommet donne l'aire maximale, atteinte pour x=10x=10 m.

4Discriminant

Résoudre f(x)=0f(x)=0, c'est chercher les points où la parabole coupe l'axe des abscisses. Combien y en a-t-il : zéro, un ou deux ? La forme canonique, une fois encore, donne la réponse — à travers un nombre clé appelé le discriminant.

Définition

Le discriminant du trinôme ax2+bx+cax^{2}+bx+c (a≠0a\neq0) est le nombre réel, noté Δ\Delta (lettre grecque « delta » majuscule), défini par :

Δ=b2−4ac\Delta = b^{2}-4ac

Démonstration — Δ pilote le nombre de solutions

On a vu (section 2) que β=c−b24a=4ac−b24a=−Δ4a\beta=c-\dfrac{b^{2}}{4a}=\dfrac{4ac-b^{2}}{4a}=-\dfrac{\Delta}{4a}. L'équation f(x)=0f(x)=0 s'écrit, avec la forme canonique :

  1. a(x−α)2+β=0a(x-\alpha)^{2}+\beta=0
  2.   ⟺  \iffa(x−α)2=−βa(x-\alpha)^{2}=-\beta
  3.   ⟺  \iff(x−α)2=−βa=Δ4a2(x-\alpha)^{2}=-\dfrac{\beta}{a}=\dfrac{\Delta}{4a^{2}}

Comme 4a2>04a^{2}>0 toujours, le nombre Δ4a2\dfrac{\Delta}{4a^{2}} a le même signe que Δ\Delta. Or un carré (x−α)2(x-\alpha)^{2} est toujours positif ou nul, et ne peut jamais être strictement négatif : l'équation (x−α)2=Δ4a2(x-\alpha)^{2}=\dfrac{\Delta}{4a^{2}} n'a donc de solution que si le membre de droite est positif ou nul. C.Q.F.D. (la suite, avec les formules explicites, fait l'objet de la section 5).

Théorème — nombre de solutions

L'équation ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0 (a≠0a\neq0), de discriminant Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac, admet :

  • si Δ>0\Delta>0 : deux solutions distinctes ;
  • si Δ=0\Delta=0 : une seule solution (dite « double ») ;
  • si Δ<0\Delta<0 : aucune solution réelle.
Δ > 0 2 solutions x²-2x-3 = 0 Δ = 0 1 solution double x²-2x+1 = 0 Δ < 0 aucune solution x²-2x+3 = 0
Figure 6 — Les trois cas selon le signe de Δ\Delta : la parabole coupe l'axe des abscisses en deux points, le touche en un seul, ou reste entièrement au-dessus.
Exemple — calculer un discriminant et conclure
  1. 3x2−2x−5=03x^{2}-2x-5=0 : Δ=(−2)2−4×3×(−5)=4+60=64>0\Delta = (-2)^{2}-4\times3\times(-5) = 4+60 = 64>0deux solutions
  2. x2+4x+4=0x^{2}+4x+4=0 : Δ=42−4×1×4=16−16=0\Delta = 4^{2}-4\times1\times4 = 16-16=0une solution double
  3. 2x2+x+3=02x^{2}+x+3=0 : Δ=12−4×2×3=1−24=−23<0\Delta = 1^{2}-4\times2\times3 = 1-24=-23<0aucune solution réelle
Exemple — un paramètre

Pour quelles valeurs de mm l'équation x2−4x+m=0x^{2}-4x+m=0 admet-elle une solution double ?

  1. Δ=(−4)2−4×1×m=16−4m\Delta = (-4)^{2}-4\times1\times m = 16-4m
  2. solution double   ⟺  Δ=0\iff\Delta=0
  3.   ⟺  \iff16−4m=016-4m=0
  4.   ⟺  \iffm=4m=4
Attention

Le discriminant se calcule avec un signe moins : Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}\mathbf{-}4ac, et non b2+4acb^{2}+4ac. Une erreur de signe sur Δ\Delta fait basculer d'un cas à l'autre (deux solutions au lieu d'aucune, par exemple) : vérifie toujours ton calcul, surtout quand aa ou cc est négatif.

5Résolution de ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0

Il ne reste plus qu'à rendre explicites les solutions annoncées à la section précédente. On retrouve les trois mêmes trinômes-témoins : leurs racines vont confirmer, avec des nombres, ce que la théorie a prédit.

Démonstration — les formules de résolution

Soit ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0, avec a≠0a\neq0. On multiplie l'équation par 4a4a (ce qui ne change pas ses solutions, car 4a≠04a\neq0), pour faire apparaître un carré parfait.

  1. 4a2x2+4abx+4ac=04a^{2}x^{2}+4abx+4ac=0
  2.   ⟺  \iff(2ax)2+2×(2ax)×b+b2=b2−4ac(2ax)^{2}+2\times(2ax)\times b+b^{2}=b^{2}-4acon ajoute b2b^2 des deux côtés pour compléter le carré (2ax+b)2(2ax+b)^2
  3.   ⟺  \iff(2ax+b)2=Δ(2ax+b)^{2}=\Delta

Un carré ne peut être négatif : si Δ<0\Delta<0, aucune solution. Sinon, on peut prendre la racine carrée.

  1. si Δ=0\Delta=0 :2ax+b=02ax+b=0
  2.   ⟺  \iffx=−b2ax=-\dfrac{b}{2a}solution unique
  3. si Δ>0\Delta>0 :2ax+b=Δ2ax+b=\sqrt{\Delta} ou 2ax+b=−Δ2ax+b=-\sqrt{\Delta}
  4.   ⟺  \iffx=−b+Δ2ax=\dfrac{-b+\sqrt{\Delta}}{2a} ou x=−b−Δ2ax=\dfrac{-b-\sqrt{\Delta}}{2a}

C.Q.F.D.

Théorème — formules de résolution

Soit ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0 (a≠0a\neq0), de discriminant Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac. L'ensemble des solutions SS est :

  • si Δ>0\Delta>0 : S={−b−Δ2a ; −b+Δ2a}S=\left\{\dfrac{-b-\sqrt{\Delta}}{2a}\,;\,\dfrac{-b+\sqrt{\Delta}}{2a}\right\} ;
  • si Δ=0\Delta=0 : S={−b2a}S=\left\{-\dfrac{b}{2a}\right\} ;
  • si Δ<0\Delta<0 : S=∅S=\varnothing.
Méthode — résoudre ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0

1) Vérifier que l'équation est bien sous la forme ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0 (au besoin, développer et tout regrouper d'un côté). 2) Identifier aa, bb, cc, puis calculer Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac. 3) Appliquer la formule correspondant au signe de Δ\Delta.

Exemple — les trois cas résolus

Cas Δ>0\Delta>0 : x2−2x−3=0x^{2}-2x-3=0.

  1. Δ=(−2)2−4×1×(−3)=4+12=16\Delta = (-2)^{2}-4\times1\times(-3) = 4+12=16
  2. Δ=16=4\sqrt{\Delta}=\sqrt{16}=4
  3. x1=2−42=−1x_{1}=\dfrac{2-4}{2}=-1  et  x2=2+42=3x_{2}=\dfrac{2+4}{2}=3

Cas Δ=0\Delta=0 : x2−2x+1=0x^{2}-2x+1=0.

  1. Δ=(−2)2−4×1×1=4−4=0\Delta = (-2)^{2}-4\times1\times1 = 4-4=0
  2. x0=−(−2)2×1=1x_{0}=\dfrac{-(-2)}{2\times1}=1solution double

Cas Δ<0\Delta<0 : x2−2x+3=0x^{2}-2x+3=0.

  1. Δ=(−2)2−4×1×3=4−12=−8<0\Delta = (-2)^{2}-4\times1\times3 = 4-12=-8<0
  2. ⇒\RightarrowS=∅S=\varnothingaucune solution réelle
Exemple — équation à réduire d'abord

Résolvons (x−1)(x+3)=2x+9(x-1)(x+3)=2x+9.

  1. x2+2x−3=2x+9x^{2}+2x-3=2x+9
  2.   ⟺  \iffx2−12=0x^{2}-12=0on regroupe tout à gauche
  3. Δ=02−4×1×(−12)=48\Delta = 0^{2}-4\times1\times(-12)=48
  4. Δ=48=43\sqrt{\Delta}=\sqrt{48}=4\sqrt{3}
  5. x1=0−432=−23x_{1}=\dfrac{0-4\sqrt{3}}{2}=-2\sqrt{3}  et  x2=23x_{2}=2\sqrt{3}
Attention

Trois pièges classiques : oublier le double signe ±\pm devant Δ\sqrt{\Delta} quand Δ>0\Delta>0 ; oublier les parenthèses qui protègent −b±Δ-b\pm\sqrt{\Delta} au numérateur entier ; conclure trop vite « pas de solution » si Δ<0\Delta<0 sans avoir vérifié a≠0a\neq0.

Math & Co — Al-Khwarizmi et la naissance de l'« algèbre »

Vers 820820, à Bagdad, le savant Al-Khwarizmi écrit un traité intitulé Kitāb al-jabr wa al-muqābala. Il y résout, en langage courant et à l'aide de figures géométriques (sans aucun symbole !), tous les types d'équations du second degré alors connus — les nombres négatifs n'étant pas encore acceptés, chaque cas de signe était traité séparément.

Le mot arabe al-jabr a donné en français le mot « algèbre ». Il faudra encore huit siècles, et les travaux de Viète puis de Descartes, pour que l'écriture symbolique ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0 remplace les longues phrases d'Al-Khwarizmi.

6Factorisation et signe du trinôme

Connaître les racines d'un trinôme permet d'aller plus loin que la simple résolution d'équation : cela permet de le factoriser (l'écrire comme un produit), puis d'en étudier le signe — une question essentielle dès qu'on doit résoudre une inéquation ou justifier qu'une grandeur reste positive.

Théorème — factorisation

Soit f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c (a≠0a\neq0), de discriminant Δ\Delta.

  • si Δ>0\Delta>0, de racines x1x_{1} et x2x_{2} : f(x)=a(x−x1)(x−x2)f(x)=a(x-x_{1})(x-x_{2}) ;
  • si Δ=0\Delta=0, de racine double x0x_{0} : f(x)=a(x−x0)2f(x)=a(x-x_{0})^{2} ;
  • si Δ<0\Delta<0 : ff ne se factorise pas en produit de facteurs du premier degré (elle est dite irréductible sur R\mathbb{R}).
Démonstration — cas Δ>0\Delta>0

Reprenons la forme canonique f(x)=a(x−α)2+βf(x)=a(x-\alpha)^{2}+\beta avec β=−Δ4a\beta=-\dfrac{\Delta}{4a}, et Δ>0\Delta>0.

  1. f(x)=a[(x−α)2−Δ4a2]f(x) = a\left[(x-\alpha)^{2}-\dfrac{\Delta}{4a^{2}}\right]
  2. ==a[(x−α)2−(Δ2a)2]a\left[(x-\alpha)^{2}-\left(\dfrac{\sqrt{\Delta}}{2a}\right)^{2}\right]Δ>0\Delta>0 donc Δ\sqrt{\Delta} existe, et (Δ2a)2=Δ4a2\left(\frac{\sqrt\Delta}{2a}\right)^2=\frac{\Delta}{4a^2}
  3. ==a(x−α−Δ2a)(x−α+Δ2a)a\left(x-\alpha-\dfrac{\sqrt{\Delta}}{2a}\right)\left(x-\alpha+\dfrac{\sqrt{\Delta}}{2a}\right)identité remarquable u2−v2=(u−v)(u+v)u^{2}-v^{2}=(u-v)(u+v)

Comme α=−b2a\alpha=-\dfrac{b}{2a}, les deux facteurs entre parenthèses valent exactement x−x2x-x_{2} et x−x1x-x_{1} (les racines trouvées en section 5). D'où f(x)=a(x−x1)(x−x2)f(x)=a(x-x_{1})(x-x_{2}). C.Q.F.D.

Exemple — factoriser

Factorisons f(x)=x2−2x−3f(x)=x^{2}-2x-3, déjà résolue en section 5 : Δ=16\Delta=16, x1=−1x_{1}=-1, x2=3x_{2}=3.

  1. f(x)=1×(x−(−1))(x−3)f(x) = 1\times(x-(-1))(x-3)
  2. ==(x+1)(x−3)(x+1)(x-3)

Vérification par développement : (x+1)(x−3)=x2−3x+x−3=x2−2x−3(x+1)(x-3)=x^{2}-3x+x-3=x^{2}-2x-3. ✓

6.1  Signe du trinôme

Propriété — signe du trinôme

Soit f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c (a≠0a\neq0), de discriminant Δ\Delta.

  • si Δ>0\Delta>0, de racines x1<x2x_{1}<x_{2} : f(x)f(x) est du signe de aa à l'extérieur des racines, du signe opposé à aa entre les racines, et nul en x1x_{1} et x2x_{2} ;
  • si Δ=0\Delta=0, de racine x0x_{0} : f(x)f(x) est du signe de aa pour tout x≠x0x\neq x_{0}, et nul en x0x_{0} ;
  • si Δ<0\Delta<0 : f(x)f(x) est du signe de aa pour tout xx réel (jamais nul).

Cette règle découle directement de la factorisation : quand Δ>0\Delta>0, f(x)=a(x−x1)(x−x2)f(x)=a(x-x_{1})(x-x_{2}) est un produit de trois facteurs. Le signe d'un produit se lit terme à terme, exactement comme tu l'as appris avec les inéquations produit : chaque facteur (x−x1)(x-x_{1}) et (x−x2)(x-x_{2}) change de signe en passant par sa racine, ce qui inverse le signe du produit à chaque passage.

xx−∞-\inftyx1x_{1}x2x_{2}+∞+\infty
x−x1x-x_{1}−00++
x−x2x-x_{2}−00+
f(x)f(x)signe de aa00signe de −a-a00signe de aa
Signe de f(x) = x² - 2x - 3 = (x+1)(x-3) x y -2 2 4 x₁ = -1 x₂ = 3 f(x) > 0 f(x) < 0 f(x) > 0
Figure 7 — Lecture graphique du signe : la courbe est au-dessus de l'axe (f(x)>0f(x)>0, zone verte) à l'extérieur des racines, et en dessous (f(x)<0f(x)<0, zone rouge) entre les racines, car ici a=1>0a=1>0.
Exemple — signe sans racine réelle

Étudions le signe de h(x)=2x2+3x+5h(x)=2x^{2}+3x+5.

  1. Δ=32−4×2×5=9−40=−31<0\Delta = 3^{2}-4\times2\times5 = 9-40=-31<0

Comme Δ<0\Delta<0, hh ne s'annule jamais et garde un signe constant, celui de a=2>0a=2>0. On conclut : h(x)>0h(x)>0 pour tout x∈Rx\in\mathbb{R}, sans avoir besoin de factoriser.

Méthode — étudier le signe d'un trinôme

1) Calculer Δ\Delta. 2) Si Δ<0\Delta<0 : conclure directement, signe constant de aa. 3) Si Δ⩾0\Delta\geqslant0 : calculer la ou les racines, les ranger dans l'ordre croissant, puis appliquer la règle « signe de aa à l'extérieur, signe opposé entre les racines » (tableau de signes).

Attention

Sans racine réelle (Δ<0\Delta<0) ne signifie pas que le trinôme est nul ou indéterminé : il garde simplement un signe constant, égal au signe de aa, sur R\mathbb{R} tout entier. C'est une conclusion à part entière, pas une absence de réponse.

Propriété — relations entre coefficients et racines

Si Δ⩾0\Delta\geqslant0, et si x1x_{1}, x2x_{2} désignent les racines de ax2+bx+cax^{2}+bx+c (éventuellement confondues), alors :

x1+x2=−baetx1×x2=cax_{1}+x_{2}=-\dfrac{b}{a} \qquad\text{et}\qquad x_{1}\times x_{2}=\dfrac{c}{a}

Ces relations se vérifient en développant a(x−x1)(x−x2)=ax2−a(x1+x2)x+ax1x2a(x-x_{1})(x-x_{2})=ax^{2}-a(x_{1}+x_{2})x+ax_{1}x_{2} et en identifiant avec ax2+bx+cax^{2}+bx+c. Elles sont très utiles pour vérifier rapidement des racines trouvées, sans refaire tout le calcul de Δ\Delta.

Math & Co — François Viète, le père de l'algèbre symbolique

François Viète (1540-1603), juriste et mathématicien français au service d'Henri IV, est le premier à utiliser systématiquement des lettres pour désigner aussi bien les inconnues que les données connues d'un problème — une révolution qui rend enfin possible l'écriture générale ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0. C'est dans son ouvrage In Artem Analyticem Isagoge (1591) qu'apparaissent les relations portant aujourd'hui son nom, entre la somme, le produit des racines et les coefficients.

Curieusement, Viète lui-même refusait encore les racines négatives ou complexes, qu'il jugeait dépourvues de sens géométrique : il faudra attendre encore deux siècles pour que les mathématiciens les acceptent pleinement.

Fiche mémo

  • Trinôme : f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c, a≠0a\neq0. Courbe : une parabole.
  • Forme canonique : f(x)=a(x−α)2+βf(x)=a(x-\alpha)^{2}+\beta, avec α=−b2a\alpha=-\dfrac{b}{2a} et β=f(α)\beta=f(\alpha).
  • Sommet S(α ; β)S(\alpha\,;\,\beta), axe de symétrie la droite x=αx=\alpha.
  • Si a>0a>0 : ff décroît puis croît, β\beta est un minimum. Si a<0a<0 : ff croît puis décroît, β\beta est un maximum.
  • Discriminant : Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac.
  • Δ>0\Delta>0 : deux solutions ; Δ=0\Delta=0 : une solution double ; Δ<0\Delta<0 : aucune solution réelle.
  • Formules : x=−b±Δ2ax=\dfrac{-b\pm\sqrt{\Delta}}{2a} (si Δ⩾0\Delta\geqslant0).
  • Factorisation : a(x−x1)(x−x2)a(x-x_{1})(x-x_{2}) si Δ>0\Delta>0 ; a(x−x0)2a(x-x_{0})^{2} si Δ=0\Delta=0 ; impossible si Δ<0\Delta<0.
  • Signe : signe de aa à l'extérieur des racines, signe opposé entre les racines (si Δ>0\Delta>0) ; signe de aa partout si Δ⩽0\Delta\leqslant0 (nul seulement en cas de racine double).
  • Relations de Viète : x1+x2=−bax_{1}+x_{2}=-\dfrac{b}{a} et x1x2=cax_{1}x_{2}=\dfrac{c}{a}.
  • Optimisation : le sommet donne directement le maximum (a<0a<0) ou le minimum (a>0a>0) de la grandeur étudiée.

7Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Pour chacune des expressions suivantes, donne les coefficients aa, bb, cc du trinôme associé (développe si nécessaire) : a) f(x)=5x2−3x+2f(x)=5x^{2}-3x+2 ; b) g(x)=−x2+7g(x)=-x^{2}+7 ; c) h(x)=3x(x+2)−5h(x)=3x(x+2)-5 ; d) k(x)=(x−1)(x+4)k(x)=(x-1)(x+4).

Voir le corrigé détaillé
  1. a) f(x)=5x2−3x+2f(x)=5x^{2}-3x+2 : a=5a=5, b=−3b=-3, c=2c=2
  2. b) g(x)=−x2+7g(x)=-x^{2}+7 : a=−1a=-1, b=0b=0, c=7c=7
  3. c) h(x)=3x2+6x−5h(x)=3x^{2}+6x-5on développe 3x(x+2)=3x2+6x3x(x+2)=3x^2+6x
  4. donc a=3a=3, b=6b=6, c=−5c=-5
  5. d) k(x)=x2+3x−4k(x)=x^{2}+3x-4on développe (x−1)(x+4)=x2+4x−x−4(x-1)(x+4)=x^2+4x-x-4
  6. donc a=1a=1, b=3b=3, c=−4c=-4
2

Mets f(x)=x2−8x+10f(x)=x^{2}-8x+10 sous forme canonique, puis donne les coordonnées de son sommet.

Voir le corrigé détaillé
  1. f(x)=(x2−8x+16)−16+10f(x) = \left(x^{2}-8x+16\right)-16+10
  2. ==(x−4)2−6(x-4)^{2}-6

La forme canonique est f(x)=(x−4)2−6f(x)=(x-4)^{2}-6 ; le sommet est S(4 ; −6)S(4\,;\,-6).

3

Soit g(x)=3(x+2)2−7g(x)=3(x+2)^{2}-7. Donne le sommet, l'axe de symétrie, et dresse le tableau de variations de gg.

Voir le corrigé détaillé

On identifie g(x)=3(x−(−2))2+(−7)g(x)=3(x-(-2))^{2}+(-7) : α=−2\alpha=-2, β=−7\beta=-7, a=3a=3.

Sommet S(−2 ; −7)S(-2\,;\,-7), axe de symétrie x=−2x=-2. Comme a=3>0a=3>0 :

xx−∞-\infty−2-2+∞+\infty
g(x)g(x)↘  −7-7  ↗
4

Calcule le discriminant de chaque équation et indique combien de solutions elle admet : a) 2x2−5x+3=02x^{2}-5x+3=0 ; b) x2+6x+9=0x^{2}+6x+9=0 ; c) x2−x+1=0x^{2}-x+1=0.

Voir le corrigé détaillé
  1. a) Δ=(−5)2−4×2×3=25−24=1>0\Delta = (-5)^{2}-4\times2\times3 = 25-24=1>0deux solutions
  2. b) Δ=62−4×1×9=36−36=0\Delta = 6^{2}-4\times1\times9 = 36-36=0une solution double
  3. c) Δ=(−1)2−4×1×1=1−4=−3<0\Delta = (-1)^{2}-4\times1\times1 = 1-4=-3<0aucune solution réelle
5

Résous l'équation 2x2−3x−2=02x^{2}-3x-2=0.

Voir le corrigé détaillé
  1. Δ=(−3)2−4×2×(−2)=9+16=25\Delta = (-3)^{2}-4\times2\times(-2) = 9+16=25
  2. Δ=5\sqrt{\Delta}=5
  3. x1=3−54=−12x_{1}=\dfrac{3-5}{4}=-\dfrac{1}{2}  et  x2=3+54=2x_{2}=\dfrac{3+5}{4}=2

S={−12 ; 2}S=\left\{-\dfrac{1}{2}\,;\,2\right\}.

Niveau 2 — Approfondissement
6

Mets f(x)=−3x2+12x−5f(x)=-3x^{2}+12x-5 sous forme canonique, puis donne son sens de variation.

Voir le corrigé détaillé
  1. f(x)=−3(x2−4x)−5f(x) = -3\left(x^{2}-4x\right)-5
  2. ==−3[(x−2)2−4]−5-3\left[(x-2)^{2}-4\right]-5
  3. ==−3(x−2)2+12−5-3(x-2)^{2}+12-5
  4. ==−3(x−2)2+7-3(x-2)^{2}+7

Sommet S(2 ; 7)S(2\,;\,7). Comme a=−3<0a=-3<0, ff est croissante sur ]−∞ ; 2]\left]-\infty\,;\,2\right] puis décroissante sur [2 ; +∞[\left[2\,;\,+\infty\right[ ; 77 est le maximum de ff.

7

Résous (2x−3)(x+1)=x2−1(2x-3)(x+1)=x^{2}-1.

Voir le corrigé détaillé
  1. 2x2−x−3=x2−12x^{2}-x-3=x^{2}-1on développe (2x−3)(x+1)=2x2+2x−3x−3(2x-3)(x+1)=2x^2+2x-3x-3
  2.   ⟺  \iffx2−x−2=0x^{2}-x-2=0on regroupe tout à gauche
  3. Δ=(−1)2−4×1×(−2)=1+8=9\Delta=(-1)^{2}-4\times1\times(-2)=1+8=9
  4. Δ=3\sqrt{\Delta}=3
  5. x1=1−32=−1x_{1}=\dfrac{1-3}{2}=-1  et  x2=1+32=2x_{2}=\dfrac{1+3}{2}=2

S={−1 ; 2}S=\{-1\,;\,2\}.

8

Factorise f(x)=x2−5x+6f(x)=x^{2}-5x+6, étudie son signe, puis résous l'inéquation x2−5x+6⩽0x^{2}-5x+6\leqslant0.

Voir le corrigé détaillé
  1. Δ=(−5)2−4×1×6=25−24=1\Delta = (-5)^{2}-4\times1\times6 = 25-24=1
  2. Δ=1\sqrt{\Delta}=1
  3. x1=5−12=2x_{1}=\dfrac{5-1}{2}=2  et  x2=5+12=3x_{2}=\dfrac{5+1}{2}=3
  4. ⇒\Rightarrowf(x)=(x−2)(x−3)f(x)=(x-2)(x-3)

Comme a=1>0a=1>0 : f(x)>0f(x)>0 sur ]−∞ ; 2[∪]3 ; +∞[\left]-\infty\,;\,2\right[\cup\left]3\,;\,+\infty\right[, et f(x)<0f(x)<0 sur ]2 ; 3[\left]2\,;\,3\right[.

L'inéquation f(x)⩽0f(x)\leqslant0 est donc vérifiée sur [2 ; 3]\left[2\,;\,3\right] (les racines sont incluses, car ⩽\leqslant).

9

Détermine la valeur du paramètre réel mm pour laquelle l'équation x2−6x+m=0x^{2}-6x+m=0 admet une solution double, puis donne cette solution.

Voir le corrigé détaillé
  1. Δ=(−6)2−4×1×m=36−4m\Delta = (-6)^{2}-4\times1\times m = 36-4m
  2. solution double   ⟺  Δ=0\iff\Delta=0
  3.   ⟺  \iff36−4m=036-4m=0
  4.   ⟺  \iffm=9m=9

Pour m=9m=9, la solution double vaut x0=−b2a=62=3x_{0}=-\dfrac{b}{2a}=\dfrac{6}{2}=3.

Niveau 3 — Défi
10

On considère, pour mm réel, la fonction fm(x)=(m−2)x2+2x−1f_{m}(x)=(m-2)x^{2}+2x-1.

  1. Pour quelle valeur de mm l'expression fm(x)f_{m}(x) n'est-elle pas un trinôme du second degré ? Que devient alors l'équation fm(x)=0f_{m}(x)=0 ?
  2. On suppose désormais m≠2m\neq2. Exprime le discriminant Δ(m)\Delta(m) de fmf_{m} en fonction de mm, puis étudie son signe selon les valeurs de mm.
  3. Déduis-en, selon les valeurs de mm, le nombre de solutions de l'équation fm(x)=0f_{m}(x)=0.
Voir le corrigé détaillé

1. fmf_{m} est un trinôme du second degré si et seulement si le coefficient de x2x^{2} est non nul, c'est-à-dire m≠2m\neq2. Pour m=2m=2, f2(x)=2x−1f_{2}(x)=2x-1 est affine ; l'équation f2(x)=0f_{2}(x)=0 équivaut à x=12x=\dfrac{1}{2} : une unique solution, obtenue sans discriminant.

2. Pour m≠2m\neq2, on identifie a=m−2a=m-2, b=2b=2, c=−1c=-1.

  1. Δ(m)=22−4(m−2)×(−1)\Delta(m) = 2^{2}-4(m-2)\times(-1)
  2. ==4+4(m−2)4+4(m-2)
  3. ==4m−44m-4

Le signe de Δ(m)=4m−4\Delta(m)=4m-4 est celui de m−1m-1 : Δ(m)>0  ⟺  m>1\Delta(m)>0\iff m>1 ; Δ(m)=0  ⟺  m=1\Delta(m)=0\iff m=1 ; Δ(m)<0  ⟺  m<1\Delta(m)<0\iff m<1.

3. En combinant les deux points :

  • si m<1m<1 : Δ(m)<0\Delta(m)<0, aucune solution ;
  • si m=1m=1 : Δ(m)=0\Delta(m)=0, une solution double (et m=1≠2m=1\neq2, le trinôme est bien du second degré) ;
  • si 1<m1<m, m≠2m\neq2 : Δ(m)>0\Delta(m)>0, deux solutions ;
  • si m=2m=2 : cas particulier affine, une solution x=12x=\dfrac{1}{2}.
11

Soit f(x)=x2−4x+3f(x)=x^{2}-4x+3, représentée par une parabole (P)(P).

  1. Détermine les coordonnées du sommet SS de (P)(P) et l'équation de son axe de symétrie.
  2. Démontre que, pour tout réel xx, f(x)⩾−1f(x)\geqslant-1.
  3. La droite d'équation y=3y=3 coupe-t-elle (P)(P) ? Si oui, précise en quel(s) point(s).
Voir le corrigé détaillé

1. Forme canonique :

  1. f(x)=(x2−4x+4)−4+3f(x) = \left(x^{2}-4x+4\right)-4+3
  2. ==(x−2)2−1(x-2)^{2}-1

Sommet S(2 ; −1)S(2\,;\,-1), axe de symétrie x=2x=2.

2. Pour tout réel xx, (x−2)2⩾0(x-2)^{2}\geqslant0, donc f(x)=(x−2)2−1⩾0−1=−1f(x)=(x-2)^{2}-1\geqslant0-1=-1. L'inégalité est démontrée, avec égalité uniquement en x=2x=2.

3. On résout f(x)=3f(x)=3 :

  1. x2−4x+3=3x^{2}-4x+3=3
  2.   ⟺  \iffx2−4x=0x^{2}-4x=0
  3.   ⟺  \iffx(x−4)=0x(x-4)=0
  4.   ⟺  \iffx=0x=0 ou x=4x=4

La droite y=3y=3 coupe donc (P)(P) en deux points : (0 ; 3)(0\,;\,3) et (4 ; 3)(4\,;\,3).

12

Un rectangle a un périmètre fixé de 2424 cm. On note xx la longueur, en cm, de l'un de ses côtés.

  1. Exprime l'aire A(x)A(x) du rectangle en fonction de xx, en précisant le domaine de définition.
  2. Mets AA sous forme canonique et donne son sens de variation.
  3. Quelle est l'aire maximale possible, et pour quelle forme de rectangle est-elle atteinte ?
Voir le corrigé détaillé

1. Si un côté mesure xx, l'autre mesure LL avec 2(x+L)=242(x+L)=24, donc L=12−xL=12-x.

  1. A(x)=x(12−x)A(x) = x(12-x)
  2. ==−x2+12x-x^{2}+12xdomaine : x∈]0 ; 12[x\in\left]0\,;\,12\right[

2.

  1. A(x)=−(x2−12x)A(x) = -\left(x^{2}-12x\right)
  2. ==−[(x−6)2−36]-\left[(x-6)^{2}-36\right]
  3. ==−(x−6)2+36-(x-6)^{2}+36

Comme a=−1<0a=-1<0, AA est croissante sur ]0 ; 6]\left]0\,;\,6\right] puis décroissante sur [6 ; 12[\left[6\,;\,12\right[.

3. L'aire maximale est 3636 cm², atteinte pour x=6x=6 : alors L=12−6=6L=12-6=6 également. Le rectangle d'aire maximale, à périmètre fixé, est donc un carré de côté 66 cm.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13

Commerce à Dakar. Mariama tient un étal de riz au marché Sandaga. Si elle fixe son prix de vente à xx milliers de F CFA le sac, son bénéfice quotidien, en milliers de F CFA, est modélisé par B(x)=−2x2+40x−150B(x)=-2x^{2}+40x-150, pour x∈[2 ; 18]x\in\left[2\,;\,18\right].

  1. Quel prix de vente maximise le bénéfice quotidien de Mariama, et quel est ce bénéfice maximal ?
  2. Pour quelles valeurs de xx le commerce est-il bénéficiaire, c'est-à-dire B(x)>0B(x)>0 ?
Voir le corrigé détaillé

1. On met BB sous forme canonique.

  1. B(x)=−2(x2−20x)−150B(x) = -2\left(x^{2}-20x\right)-150
  2. ==−2[(x−10)2−100]−150-2\left[(x-10)^{2}-100\right]-150
  3. ==−2(x−10)2+200−150-2(x-10)^{2}+200-150
  4. ==−2(x−10)2+50-2(x-10)^{2}+50

Comme a=−2<0a=-2<0, le sommet S(10 ; 50)S(10\,;\,50) donne le maximum : Mariama doit vendre le sac à 10 00010\,000 F CFA, pour un bénéfice quotidien maximal de 50 00050\,000 F CFA.

2. On résout B(x)=0B(x)=0 pour trouver les bornes du signe.

  1. −2x2+40x−150=0-2x^{2}+40x-150=0
  2.   ⟺  \iffx2−20x+75=0x^{2}-20x+75=0on divise par −2-2
  3. Δ=(−20)2−4×1×75=400−300=100\Delta = (-20)^{2}-4\times1\times75 = 400-300=100
  4. Δ=10\sqrt{\Delta}=10
  5. x1=20−102=5x_{1}=\dfrac{20-10}{2}=5  et  x2=20+102=15x_{2}=\dfrac{20+10}{2}=15

Comme a=−2<0a=-2<0 (coefficient de la forme développée initiale), B(x)>0B(x)>0 entre les racines : le commerce est bénéficiaire pour x∈]5 ; 15[x\in\left]5\,;\,15\right[, soit un prix de vente strictement compris entre 5 0005\,000 et 15 00015\,000 F CFA.

14

Élevage près de Ndjamena. Boubacar veut clôturer un enclos rectangulaire avec 6060 m de grillage, sur les quatre côtés (pas de mur cette fois). On note xx la largeur de l'enclos, en mètres.

  1. Exprime l'aire A(x)A(x) de l'enclos en fonction de xx.
  2. Détermine l'aire maximale possible, et les dimensions de l'enclos correspondant.
  3. Le grillage coûte 2 5002\,500 F CFA le mètre. Calcule le coût total du grillage pour cet enclos.
Voir le corrigé détaillé

1. Le périmètre vaut 6060 m, donc la longueur vaut 30−x30-x.

  1. A(x)=x(30−x)A(x) = x(30-x)
  2. ==−x2+30x-x^{2}+30xdomaine x∈]0 ; 30[x\in\left]0\,;\,30\right[

2.

  1. A(x)=−(x2−30x)A(x) = -\left(x^{2}-30x\right)
  2. ==−[(x−15)2−225]-\left[(x-15)^{2}-225\right]
  3. ==−(x−15)2+225-(x-15)^{2}+225

L'aire maximale est 225225 m², atteinte pour x=15x=15 m (l'enclos est alors un carré de 1515 m de côté).

3. Le coût du grillage ne dépend que de sa longueur totale, fixée à 6060 m, quelle que soit la forme choisie :

  1. coût =60×2 500= 60\times2\,500
  2. ==150 000150\,000 F CFA
15

Fontaine à Abidjan. Sur une place publique, un jet d'eau ornemental suit une trajectoire modélisée par h(x)=−x2+4xh(x)=-x^{2}+4x, où xx est la distance horizontale et h(x)h(x) la hauteur, toutes deux en mètres, pour x∈[0 ; 4]x\in\left[0\,;\,4\right].

  1. Détermine la hauteur maximale atteinte par le jet d'eau, et la distance horizontale correspondante.
  2. À quelle distance horizontale le jet retombe-t-il au niveau du sol ?
  3. À quelle(s) distance(s) horizontale(s) le jet atteint-il une hauteur de 33 m ?
Voir le corrigé détaillé

1. Forme canonique :

  1. h(x)=−(x2−4x)h(x) = -\left(x^{2}-4x\right)
  2. ==−[(x−2)2−4]-\left[(x-2)^{2}-4\right]
  3. ==−(x−2)2+4-(x-2)^{2}+4

Comme a=−1<0a=-1<0, le sommet S(2 ; 4)S(2\,;\,4) donne le maximum : le jet atteint une hauteur maximale de 44 m, à 22 m de distance horizontale.

2. Le jet touche le sol quand h(x)=0h(x)=0 :

  1. −x2+4x=0-x^{2}+4x=0
  2.   ⟺  \iffx(4−x)=0x(4-x)=0
  3.   ⟺  \iffx=0x=0 ou x=4x=4

Le jet retombe au sol à 44 m du point de départ (x=0x=0 correspond au départ).

3. On résout h(x)=3h(x)=3 :

  1. −x2+4x=3-x^{2}+4x=3
  2.   ⟺  \iffx2−4x+3=0x^{2}-4x+3=0
  3. Δ=(−4)2−4×1×3=16−12=4\Delta = (-4)^{2}-4\times1\times3=16-12=4
  4. Δ=2\sqrt{\Delta}=2
  5. x1=4−22=1x_{1}=\dfrac{4-2}{2}=1  et  x2=4+22=3x_{2}=\dfrac{4+2}{2}=3

Le jet passe par une hauteur de 33 m à deux reprises : à 11 m (en montant) et à 33 m de distance horizontale (en redescendant).

Trajectoire du jet d'eau h(x) = -x² + 4x x (m) h (m) 1 2 3 4 3 4 max : 4 m
Figure 8 — Trajectoire du jet d'eau : hauteur maximale de 44 m atteinte à 22 m, hauteur de 33 m atteinte deux fois (à 11 m et à 33 m), retour au sol à 44 m.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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Pour qu'une expression ax2+bx+cax^{2}+bx+c soit un trinôme du second degré, quelle condition est nécessaire ?

Explication : C'est la condition a≠0a \neq 0 qui garantit la présence du terme en x2x^{2} : sans elle, l'expression bx+cbx+c est seulement affine.

La représentation graphique d'une fonction trinôme du second degré est appelée :

Explication : Toute fonction f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c (a≠0a\neq0) se représente par une courbe appelée parabole.

Si a<0a<0, le sommet de la parabole associée à f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c est :

Explication : Quand a<0a<0, la parabole s'ouvre vers le bas : son sommet est donc le point le plus haut de la courbe, et β\beta est un maximum.

La forme canonique d'un trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c s'écrit :

Explication : La forme canonique met en évidence le sommet (α ; β)(\alpha\,;\,\beta) de la parabole, avec le même coefficient aa que dans la forme développée.

Pour h(x)=2x(x−3)+1h(x)=2x(x-3)+1, une fois développée et réduite, les coefficients sont :

Explication : h(x)=2x(x−3)+1=2x2−6x+1h(x)=2x(x-3)+1=2x^{2}-6x+1, d'où a=2a=2, b=−6b=-6, c=1c=1.

La forme canonique de f(x)=x2−6x+5f(x)=x^{2}-6x+5 est :

Explication : f(x)=(x2−6x+9)−9+5=(x−3)2−4f(x)=(x^{2}-6x+9)-9+5=(x-3)^{2}-4, en ajoutant et retranchant 99 pour faire apparaître le carré.

La forme canonique de g(x)=2x2+8x+3g(x)=2x^{2}+8x+3 est :

Explication : g(x)=2(x2+4x)+3=2[(x+2)2−4]+3=2(x+2)2−8+3=2(x+2)2−5g(x)=2(x^{2}+4x)+3=2[(x+2)^{2}-4]+3=2(x+2)^{2}-8+3=2(x+2)^{2}-5. Il ne faut pas oublier de redistribuer le 22 sur le −4-4.

Le sommet de la parabole associée à f(x)=3(x−1)2+4f(x)=3(x-1)^{2}+4 est le point :

Explication : Dans la forme canonique a(x−α)2+βa(x-\alpha)^{2}+\beta, le sommet est S(α ; β)S(\alpha\,;\,\beta). Ici α=1\alpha=1 et β=4\beta=4.

Soit f(x)=−2(x−5)2+7f(x)=-2(x-5)^{2}+7. Quel est le sens de variation de ff ?

Explication : Comme a=−2<0a=-2<0, ff est croissante avant le sommet x=5x=5, puis décroissante après ; 77 est le maximum de ff.

Le discriminant du trinôme ax2+bx+cax^{2}+bx+c est défini par :

Explication : Par définition, Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac — attention au signe moins, piège classique quand aa ou cc est négatif.

Si Δ<0\Delta<0, l'équation ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0 (a≠0a\neq0) admet :

Explication : Un carré ne peut jamais être strictement négatif : quand Δ<0\Delta<0, l'équation (x−α)2=Δ4a2(x-\alpha)^{2}=\dfrac{\Delta}{4a^{2}} n'a aucune solution réelle.

Pour l'équation 3x2−2x−5=03x^{2}-2x-5=0, le discriminant vaut :

Explication : Δ=(−2)2−4×3×(−5)=4+60=64\Delta=(-2)^{2}-4\times3\times(-5)=4+60=64.

Les solutions de x2−2x−3=0x^{2}-2x-3=0 sont :

Explication : Δ=(−2)2−4×1×(−3)=16\Delta=(-2)^{2}-4\times1\times(-3)=16, Δ=4\sqrt{\Delta}=4. x1=2−42=−1x_{1}=\dfrac{2-4}{2}=-1 et x2=2+42=3x_{2}=\dfrac{2+4}{2}=3.

Si Δ>0\Delta>0, de racines x1x_{1} et x2x_{2}, le trinôme ax2+bx+cax^{2}+bx+c se factorise en :

Explication : Dès que Δ>0\Delta>0, la forme canonique se transforme, via l'identité u2−v2=(u−v)(u+v)u^{2}-v^{2}=(u-v)(u+v), en a(x−x1)(x−x2)a(x-x_{1})(x-x_{2}).

Pour Δ>0\Delta>0 et x1<x2x_{1}<x_{2}, le trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c est du signe de aa :

Explication : Le trinôme se factorise en a(x−x1)(x−x2)a(x-x_{1})(x-x_{2}), un produit dont le signe s'obtient facteur par facteur : signe de aa à l'extérieur des racines, signe opposé entre elles.

Si x1x_{1} et x2x_{2} sont les racines de ax2+bx+cax^{2}+bx+c (avec Δ⩾0\Delta\geqslant0), alors :

Explication : Ce sont les relations de Viète, obtenues en identifiant a(x−x1)(x−x2)a(x-x_{1})(x-x_{2}) avec ax2+bx+cax^{2}+bx+c.

Un maraîcher dispose de 5050 m de grillage pour clôturer un enclos rectangulaire adossé à un mur (pas de grillage le long du mur). En notant xx la longueur de chacun des deux côtés perpendiculaires au mur, l'aire de l'enclos vaut A(x)=x(50−2x)A(x)=x(50-2x). Pour quelle valeur de xx l'aire est-elle maximale ?

Explication : A(x)=−2x2+50x=−2(x2−25x)=−2[(x−12,5)2−156,25]=−2(x−12,5)2+312,5A(x)=-2x^{2}+50x=-2\left(x^{2}-25x\right)=-2\left[(x-12{,}5)^{2}-156{,}25\right]=-2(x-12{,}5)^{2}+312{,}5.
Le sommet, en x=12,5x=12{,}5, donne l'aire maximale.

Pour h(x)=2x2+3x+5h(x)=2x^{2}+3x+5, on calcule Δ=−31\Delta=-31. Que peut-on en conclure ?

Explication : Sans racine réelle, hh garde un signe constant sur R\mathbb{R}, égal au signe de aa. Ici a=2>0a=2>0, donc h(x)>0h(x)>0 pour tout xx : c'est une conclusion complète, pas une absence de réponse.

Un vendeur de mangues à Bouaké modélise son bénéfice quotidien (en milliers de F CFA) par B(x)=−x2+20x−51B(x)=-x^{2}+20x-51, où xx est le prix de vente en centaines de F CFA. Pour quel prix le bénéfice est-il maximal, et quel est ce bénéfice ?

Explication : B(x)=−(x2−20x)−51=−[(x−10)2−100]−51=−(x−10)2+49B(x)=-(x^{2}-20x)-51=-\left[(x-10)^{2}-100\right]-51=-(x-10)^{2}+49.
Le sommet S(10 ; 49)S(10\,;\,49) donne le bénéfice maximal : prix de 1 0001\,000 F CFA, bénéfice de 49 00049\,000 F CFA.

Pour résoudre correctement l'équation (x−2)(x+5)=3x+1(x-2)(x+5)=3x+1, la première étape est :

Explication : Le discriminant ne s'applique qu'à une équation déjà mise sous la forme ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0 : il faut d'abord développer (x−2)(x+5)(x-2)(x+5), puis tout regrouper à gauche avant de calculer Δ\Delta.
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