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Statistiques descriptives

Résumer et comparer des séries à l'aide d'indicateurs de position et de dispersion.

Mathématiques Seconde Chapitre 9 / 15 ⏱ 7 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Calculer les indicateurs d'une série
  • Construire un diagramme en boîte
  • Interpréter et comparer deux distributions

Chaque jour, les journaux annoncent la pluviométrie du mois, un commerçant calcule sa recette moyenne, un club sportif compare les temps de ses athlètes, un État publie le salaire médian des ménages. Toutes ces informations reposent sur la même démarche : recueillir des données, les résumer par quelques nombres, puis les comparer. C'est l'objet de la statistique descriptive.

Tu connais déjà, depuis le collège, les effectifs, les fréquences et quelques diagrammes. Ce chapitre reprend brièvement ces notions, puis va plus loin : tu vas apprendre à situer une valeur dans une série grâce aux quartiles, à mesurer la dispersion d'une série avec l'écart type, et à représenter tout cela d'un seul coup d'œil grâce au diagramme en boîte. Ce sont des outils que tu retrouveras dans toutes les filières scientifiques, économiques et médicales.

La difficulté de ce chapitre n'est pas le calcul — les formules sont simples — mais le sens à donner aux nombres obtenus. Une moyenne de 1313 sur 2020 peut cacher une classe très homogène ou une classe très hétérogène : seuls les indicateurs de dispersion permettent de trancher. C'est cette lecture critique des chiffres, plus que le calcul lui-même, que ce chapitre veut t'apprendre.

1Effectifs, fréquences, cumuls

1.1  Vocabulaire de base

Définition

On étudie un ensemble d'individus appelé population (une classe, un village, une récolte…). Sur chaque individu, on observe un caractère (ou variable statistique), qui peut être :

  • qualitatif : ses valeurs ne sont pas des nombres (la qualité d'un cacao : A, B, C) ;
  • quantitatif discret : ses valeurs sont des nombres isolés, en quantité limitée (une note sur 2020) ;
  • quantitatif continu : ses valeurs remplissent un intervalle (une hauteur de pluie, une durée).

Pour chaque valeur xix_i du caractère, on appelle effectif nin_i le nombre d'individus qui présentent cette valeur. La somme de tous les effectifs est l'effectif total, noté NN.

Définition — fréquence

La fréquence de la valeur xix_i est la proportion d'individus qui présentent cette valeur :

fi=niNf_i = \dfrac{n_i}{N}

On l'exprime souvent en pourcentage (fi×100f_i \times 100). La somme de toutes les fréquences vaut toujours 11, soit 100 %100\ \%.

Attention

Ne confonds pas l'effectif total NN avec le nombre de valeurs distinctes du caractère. Dans une classe de 2525 élèves notés de 88 à 1919, il y a N=25N = 25 élèves mais seulement 1212 notes différentes : ce sont les 1212 effectifs nin_i qui, additionnés, redonnent 2525.

Voici l'exemple qui va nous accompagner tout au long de ce chapitre : les notes sur 2020 obtenues par les 2525 élèves de la classe de 2nde C du lycée Blaise Diagne, à Dakar, lors d'un devoir de mathématiques.

Exemple — les notes de la 2nde C (Dakar)

Notes relevées, déjà triées dans l'ordre croissant :

8 ;9 ;9 ;10 ;10 ;10 ;11 ;11 ;12 ;12 ;12 ;12 ;13 ;13 ;13 ;14 ;14 ;14 ;15 ;15 ;16 ;16 ;17 ;18 ;198\,;9\,;9\,;10\,;10\,;10\,;11\,;11\,;12\,;12\,;12\,;12\,;13\,;13\,;13\,;14\,;14\,;14\,;15\,;15\,;16\,;16\,;17\,;18\,;19

On organise ces 2525 notes en tableau, avec les effectifs, les fréquences, et l'effectif cumulé croissant (ECC), c'est-à-dire le nombre d'élèves ayant une note inférieure ou égale à chaque valeur.

Note xix_i88991010111112121313141415151616171718181919
Effectif nin_i112233224433332222111111
Fréquence fif_i4 %4\ \%8 %8\ \%12 %12\ \%8 %8\ \%16 %16\ \%12 %12\ \%12 %12\ \%8 %8\ \%8 %8\ \%4 %4\ \%4 %4\ \%4 %4\ \%
ECC1133668812121515181820202222232324242525
Définition — effectifs et fréquences cumulés

L'effectif cumulé croissant d'une valeur xix_i est le nombre d'individus dont la valeur du caractère est ⩽xi\leqslant x_i. La fréquence cumulée croissante s'obtient en divisant par NN (ou en additionnant les fréquences). On définit de même l'effectif (ou la fréquence) cumulé décroissant, avec « ⩾\geqslant ».

Exemple — lire un tableau cumulé

D'après le tableau, l'ECC de la valeur 1515 vaut 2020. Cela signifie que 2020 élèves sur 2525 ont eu une note inférieure ou égale à 1515, soit une fréquence cumulée de :

  1. 2025=0,8\dfrac{20}{25} = 0{,}8
  2. ==80 %80\ \%

80 %80\ \% des élèves de la classe ont eu 1515 ou moins ; autrement dit, seuls 20 %20\ \% ont dépassé 1515.

Notes de la 2nde C au devoir de mathématiques (Dakar) 0 1 2 3 4 eff. 18 29 310 211 412 313 314 215 216 117 118 119 note obtenue
Figure 1 — Diagramme en bâtons des notes de la 2nde C : la hauteur de chaque bâton est l'effectif de la note correspondante.

1.2  Le diagramme circulaire

Quand on veut montrer comment un total se répartit entre plusieurs catégories, le diagramme circulaire (« camembert ») est bien adapté : chaque catégorie devient un secteur dont l'angle est proportionnel à son effectif.

Méthode — calculer l'angle d'un secteur

Une catégorie d'effectif nin_i, dans une population d'effectif total NN, occupe une fraction niN\dfrac{n_i}{N} du disque complet (360°360°). Son angle vaut donc :

αi=niN×360°\alpha_i = \dfrac{n_i}{N}\times 360°

Exemple — récolte d'une coopérative de Bamako

Une coopérative agricole de Bamako a récolté 120120 tonnes de céréales et légumineuses, réparties ainsi : mil 4545 t, sorgho 3030 t, arachide 2525 t, niébé 1515 t, coton 55 t.

  1. angle du mil =45120×360°= \dfrac{45}{120}\times 360°
  2. ==135°135°
  3. angle du sorgho =30120×360°=90°= \dfrac{30}{120}\times 360° = 90°
  4. angle de l'arachide =25120×360°=75°= \dfrac{25}{120}\times 360° = 75°
  5. angle du niébé =15120×360°=45°= \dfrac{15}{120}\times 360° = 45°
  6. angle du coton =5120×360°=15°= \dfrac{5}{120}\times 360° = 15°
  7. ⇒\Rightarrow135°+90°+75°+45°+15°=360°135°+90°+75°+45°+15° = 360°vérification indispensable : la somme doit toujours faire 360°360°
Attention

Après avoir calculé tous les angles d'un diagramme circulaire, vérifie toujours que leur somme fait 360°360°. Une erreur d'arrondi ou de calcul se repère immédiatement de cette façon.

Récolte d'une coopérative de Bamako (120 t) 135° 90° 75° 45° Mil — 45 t (135°) Sorgho — 30 t (90°) Arachide — 25 t (75°) Niébé — 15 t (45°) Coton — 5 t (15°)
Figure 2 — Diagramme circulaire de la récolte : l'angle de chaque secteur est proportionnel au tonnage de la catégorie.

1.3  L'histogramme et les classes d'amplitudes inégales

Définition

Un histogramme représente une série quantitative continue, regroupée en classes. Sur chaque classe [ai ;bi[[a_i\,;b_i[, on construit un rectangle dont l'aire est proportionnelle à l'effectif nin_i de la classe.

Attention

Si toutes les classes ont la même amplitude, la hauteur peut être prise égale à l'effectif : les aires restent proportionnelles. Mais dès qu'une classe est plus large qu'une autre, prendre la hauteur égale à l'effectif fausse le dessin — la classe large paraît plus « importante » qu'elle ne l'est.

Méthode — hauteur d'une classe d'amplitude quelconque

On appelle amplitude de la classe [ai ;bi[[a_i\,;b_i[ le nombre ai amp=bi−aia_i^{\,\text{amp}} = b_i - a_i. La hauteur correcte du rectangle est la densité d'effectif :

hi=nibi−aih_i = \dfrac{n_i}{b_i - a_i}

Exemple — pluviométrie de Ndjamena

On a relevé la hauteur de pluie (en mm) tombée lors de 6060 jours de pluie observés pendant une saison des pluies à Ndjamena, regroupée en classes d'amplitudes inégales :

Classe (mm)[0;5[[0;5[[5;10[[5;10[[10;20[[10;20[[20;40[[20;40[[40;80[[40;80[
Effectif nin_i1818141416169933
Amplitude5555101020204040
Hauteur hih_i3,63{,}62,82{,}81,61{,}60,450{,}450,0750{,}075
  1. classe [10;20[[10;20[ : h=1620−10h = \dfrac{16}{20-10}
  2. ==1610=1,6\dfrac{16}{10} = 1{,}6
  3. classe [40;80[[40;80[ : h=380−40h = \dfrac{3}{80-40}
  4. ==340=0,075\dfrac{3}{40} = 0{,}075très large, très basse : ce jour de pluie exceptionnelle reste rare
Histogramme des hauteurs de pluie quotidiennes — Ndjamena (60 jours) 0 1 2 3 4 densité 3,6 2,8 1,6 0,45 0,075 0 5 10 20 40 80 pluie du jour (mm)
Figure 3 — Histogramme des hauteurs de pluie journalières à Ndjamena : les classes ont des amplitudes différentes, la hauteur affichée est la densité hi=ni/aih_i = n_i / a_i, pas l'effectif brut.
Math & Co — La naissance de la statistique

En 16621662, à Londres, le drapier John Graunt publie Natural and Political Observations upon the Bills of Mortality : il dépouille des années de registres de naissances et de décès paroissiaux, les classe par cause, par âge, par saison — et en tire les premières lois régulières sur la mortalité humaine. C'est l'un des tout premiers travaux de statistique descriptive de l'histoire.

Le mot « statistique » lui-même vient du latin status (l'état) : il est forgé au XVIIIe siècle par l'Allemand Gottfried Achenwall, en 17491749, pour désigner la « science de l'État », c'est-à-dire l'ensemble des données chiffrées utiles à son gouvernement — population, récoltes, impôts. Aujourd'hui, la statistique dépasse largement les États : météorologie, agriculture, médecine, sport, tout se mesure et se résume par des nombres.

2Moyenne, médiane, mode

Une série statistique peut compter des centaines de valeurs : impossible de la garder telle quelle en tête. On cherche donc un ou plusieurs nombres qui la résument. On les appelle indicateurs de position, car ils indiquent « où se situe » la série sur l'axe des valeurs. Les trois plus classiques sont la moyenne, la médiane et le mode.

2.1  La moyenne simple

Définition

Soit une série de valeurs x1,x2,…,xkx_1, x_2, \ldots, x_k d'effectifs respectifs n1,n2,…,nkn_1, n_2, \ldots, n_k, et d'effectif total N=n1+n2+⋯+nkN = n_1+n_2+\cdots+n_k. La moyenne de la série est :

xˉ=n1x1+n2x2+⋯+nkxkN=1N∑i=1knixi\bar{x} = \dfrac{n_1 x_1 + n_2 x_2 + \cdots + n_k x_k}{N} = \dfrac{1}{N}\sum_{i=1}^{k} n_i x_i

Exemple — moyenne de la 2nde C

Reprenons le tableau d'effectifs de la section précédente (N=25N = 25).

  1. ∑nixi=1×8+2×9+3×10+2×11+4×12+3×13+3×14+2×15+2×16+1×17+1×18+1×19\displaystyle\sum n_i x_i = 1{\times}8 + 2{\times}9 + 3{\times}10 + 2{\times}11 + 4{\times}12 + 3{\times}13 + 3{\times}14 + 2{\times}15 + 2{\times}16 + 1{\times}17 + 1{\times}18 + 1{\times}19
  2. ==323323
  3. xˉ=32325\bar{x} = \dfrac{323}{25}
  4. ==12,9212{,}92

La moyenne de la classe est xˉ=12,92\bar{x} = 12{,}92.

2.2  Propriétés de linéarité de la moyenne

Propriété

Soit une série de moyenne xˉ\bar{x}, et deux nombres réels aa et bb.

  • Si l'on ajoute bb à toutes les valeurs, la nouvelle moyenne est xˉ+b\bar{x} + b.
  • Si l'on multiplie toutes les valeurs par aa, la nouvelle moyenne est a xˉa\,\bar{x}.
Démonstration

Notons yi=axi+by_i = a x_i + b la nouvelle valeur associée à l'ancienne valeur xix_i, d'effectif nin_i inchangé. L'effectif total reste NN.

  1. yˉ=1N∑i=1kniyi\bar{y} = \dfrac{1}{N}\displaystyle\sum_{i=1}^{k} n_i y_i
  2. ==1N∑i=1kni(axi+b)\dfrac{1}{N}\displaystyle\sum_{i=1}^{k} n_i (a x_i + b)
  3. ==1N(a∑i=1knixi+b∑i=1kni)\dfrac{1}{N}\left(a\displaystyle\sum_{i=1}^{k} n_i x_i + b\displaystyle\sum_{i=1}^{k} n_i\right)on distribue puis on sépare la somme
  4. ==aN∑i=1knixi+bN∑i=1kni\dfrac{a}{N}\displaystyle\sum_{i=1}^{k} n_i x_i + \dfrac{b}{N}\displaystyle\sum_{i=1}^{k} n_i
  5. ==a xˉ+b×NNa\,\bar{x} + \dfrac{b \times N}{N}car ∑nixi=Nxˉ\sum n_i x_i = N\bar{x} et ∑ni=N\sum n_i = N
  6. ==a xˉ+ba\,\bar{x} + b

En prenant a=1a=1 on retrouve la première règle, et en prenant b=0b=0 la seconde. C.Q.F.D.

Exemple — bonus et changement de barème

La moyenne de la 2nde C est xˉ=12,92\bar{x} = 12{,}92.

  • Le professeur décide d'ajouter 11 point bonus à toutes les copies : la nouvelle moyenne est 12,92+1=13,9212{,}92 + 1 = 13{,}92.
  • Les notes sont recalculées sur 100100 au lieu de 2020 (on multiplie par 55) : la nouvelle moyenne est 12,92×5=64,612{,}92 \times 5 = 64{,}6.

2.3  Moyenne pondérée et moyenne de données groupées

Définition — moyenne pondérée

Quand chaque valeur xix_i est affectée d'un coefficient (ou poids) cic_i qui traduit son importance relative, la moyenne pondérée est :

xˉ=c1x1+c2x2+⋯+ckxkc1+c2+⋯+ck\bar{x} = \dfrac{c_1 x_1 + c_2 x_2 + \cdots + c_k x_k}{c_1 + c_2 + \cdots + c_k}

C'est la même formule que la moyenne simple, en remplaçant les effectifs par des coefficients.

Exemple — bulletin de Fatima (Bamako)

Fatima obtient, au 1er trimestre : Mathématiques 1414 (coefficient 44), Français 1212 (coefficient 33), SVT 1616 (coefficient 22), EPS 1818 (coefficient 11).

  1. somme des coefficients =4+3+2+1=10= 4+3+2+1 = 10
  2. xˉ=14×4+12×3+16×2+18×110\bar{x} = \dfrac{14{\times}4 + 12{\times}3 + 16{\times}2 + 18{\times}1}{10}
  3. ==56+36+32+1810\dfrac{56+36+32+18}{10}
  4. ==14210=14,2\dfrac{142}{10} = 14{,}2

La moyenne générale de Fatima est 14,214{,}2.

Méthode — moyenne d'une série groupée en classes

Quand les données sont regroupées en classes (comme les jours de pluie de Ndjamena), on ne connaît pas les valeurs exactes. On les remplace par le centre de chaque classe ai+bi2\dfrac{a_i+b_i}{2}, puis on calcule une moyenne pondérée par les effectifs : c'est une valeur approchée de la vraie moyenne.

Exemple — pluviométrie moyenne d'un jour de pluie à Ndjamena
Classe (mm)[0;5[[0;5[[5;10[[5;10[[10;20[[10;20[[20;40[[20;40[[40;80[[40;80[
Centre2,52{,}57,57{,}5151530306060
Effectif nin_i1818141416169933
  1. ∑ni×centrei=2,5×18+7,5×14+15×16+30×9+60×3\displaystyle\sum n_i \times \text{centre}_i = 2{,}5{\times}18 + 7{,}5{\times}14 + 15{\times}16 + 30{\times}9 + 60{\times}3
  2. ==45+105+240+270+180=84045+105+240+270+180 = 840
  3. xˉ≈84060\bar{x} \approx \dfrac{840}{60}
  4. ==1414 mm

Un jour de pluie, à Ndjamena, apporte en moyenne environ 1414 mm d'eau.

Attention

La moyenne calculée sur des données groupées en classes n'est qu'une estimation : en remplaçant chaque valeur réelle par le centre de sa classe, on perd un peu de précision. Plus les classes sont larges, plus l'approximation est grossière.

2.4  La médiane

Définition

On trie la série dans l'ordre croissant. La médiane Me\mathrm{Me} est la valeur qui partage la série triée en deux groupes de même effectif : au moins la moitié des valeurs sont ⩽Me\leqslant \mathrm{Me}, et au moins la moitié sont ⩾Me\geqslant \mathrm{Me}.

Méthode — calculer la médiane d'une série triée de longueur NN
  • Si NN est impair, la médiane est la valeur de rang N+12\dfrac{N+1}{2}.
  • Si NN est pair, la médiane est la demi-somme des valeurs de rangs N2\dfrac{N}{2} et N2+1\dfrac{N}{2}+1.
Exemple — médiane de la 2nde C (effectif impair)

N=25N = 25 est impair ; la médiane est la valeur de rang 25+12=13\dfrac{25+1}{2} = 13.

  1. ECC : 8→1 ;9→3 ;10→6 ;11→8 ;12→12 ;13→158{\to}1\,;9{\to}3\,;10{\to}6\,;11{\to}8\,;12{\to}12\,;13{\to}15
  2. ⇒\Rightarrowle rang 1313 tombe dans le groupe des 1313car l'ECC passe de 1212 à 1515 sur la valeur 1313
  3. ⇒\RightarrowMe=13\mathrm{Me} = 13
Exemple — médiane d'un effectif pair

Moussa, à Abéché, met les temps suivants (en min) pour rejoindre son lycée sur 66 jours : 12 ;15 ;10 ;18 ;14 ;1612\,;15\,;10\,;18\,;14\,;16.

  1. série triée : 10 ;12 ;14 ;15 ;16 ;1810\,;12\,;14\,;15\,;16\,;18
  2. N=6N=6 pair, rangs 33 et 44 : valeurs 1414 et 1515
  3. Me=14+152\mathrm{Me} = \dfrac{14+15}{2}
  4. ==14,514{,}5 min

2.5  Le mode

Définition

Le mode d'une série (quand le caractère est discret ou qualitatif) est la valeur qui a le plus grand effectif. Pour une série groupée en classes, on parle de classe modale : celle de plus grande densité.

Exemple

Dans la 2nde C, la note 1212 a l'effectif le plus élevé (44 élèves) : le mode est 1212. Dans la récolte de la coopérative de Bamako (section 1), la catégorie la plus récoltée est le mil : c'est le mode de la répartition par culture.

Attention

Une série peut avoir plusieurs modes (on dit qu'elle est bimodale, trimodale…), ou aucun mode évident si tous les effectifs sont proches. Contrairement à la moyenne et à la médiane, le mode n'utilise aucun calcul : c'est une simple lecture du tableau.

3Quartiles et écart interquartile

La médiane coupe la série triée en deux. Les quartiles vont plus loin : ils la coupent en quatre parties de même effectif, et permettent de mesurer où se concentre le « cœur » de la série.

3.1  Définition des quartiles

Définition

Soit une série triée dans l'ordre croissant, d'effectif total NN.

  • Le premier quartile Q1Q_1 est la plus petite valeur de la série telle qu'au moins 25 %25\ \% des données lui soient inférieures ou égales.
  • Le troisième quartile Q3Q_3 est la plus petite valeur de la série telle qu'au moins 75 %75\ \% des données lui soient inférieures ou égales.
Méthode — calculer un quartile par les rangs

On calcule le rang théorique (0,25×N0{,}25 \times N pour Q1Q_1, 0,75×N0{,}75\times N pour Q3Q_3). Si ce nombre n'est pas entier, on l'arrondit à l'entier supérieur ; s'il est entier, on le garde tel quel. Q1Q_1 (resp. Q3Q_3) est alors la valeur de la série triée qui a ce rang, c'est-à-dire la première valeur dont l'effectif cumulé atteint ce rang.

Exemple — quartiles de la 2nde C
  1. rang de Q1Q_1 : 0,25×25=6,250{,}25\times 25 = 6{,}25, non entier ⇒\Rightarrow rang 77
  2. ECC : …;10→6 ;11→8\ldots ; 10{\to}6\,;11{\to}8
  3. ⇒\Rightarrowle rang 77 tombe sur la valeur 1111 ⇒\Rightarrow Q1=11Q_1 = 11
  4. rang de Q3Q_3 : 0,75×25=18,750{,}75\times 25 = 18{,}75, non entier ⇒\Rightarrow rang 1919
  5. ECC : …;14→18 ;15→20\ldots ; 14{\to}18\,;15{\to}20
  6. ⇒\Rightarrowle rang 1919 tombe sur la valeur 1515 ⇒\Rightarrow Q3=15Q_3 = 15

Au moins 25 %25\ \% des élèves ont une note ⩽11\leqslant 11, et au moins 75 %75\ \% ont une note ⩽15\leqslant 15.

Exemple — quartiles des temps de trajet de Moussa

Série triée (N=6N=6) : 10 ;12 ;14 ;15 ;16 ;1810\,;12\,;14\,;15\,;16\,;18.

  1. rang de Q1Q_1 : 0,25×6=1,5⇒0{,}25\times 6 = 1{,}5 \Rightarrow rang 22 ⇒\Rightarrow Q1=12Q_1 = 12
  2. rang de Q3Q_3 : 0,75×6=4,5⇒0{,}75\times 6 = 4{,}5 \Rightarrow rang 55 ⇒\Rightarrow Q3=16Q_3 = 16

3.2  L'écart interquartile

Définition

L'écart interquartile est l'étendue de l'intervalle [Q1;Q3][Q_1;Q_3] :

EIQ=Q3−Q1\mathrm{EIQ} = Q_3 - Q_1

Il contient la moitié « centrale » des valeurs de la série.

Propriété

L'écart interquartile est peu sensible aux valeurs extrêmes : une valeur exceptionnellement grande ou petite peut faire bouger le minimum ou le maximum sans changer ni Q1Q_1 ni Q3Q_3. C'est l'un des grands intérêts des quartiles par rapport à l'étendue (section suivante).

Exemple

Pour la 2nde C : EIQ=Q3−Q1=15−11=4\mathrm{EIQ} = Q_3 - Q_1 = 15 - 11 = 4. Pour les trajets de Moussa : EIQ=16−12=4\mathrm{EIQ} = 16-12 = 4 min : la moitié de ses trajets durent entre 1212 et 1616 minutes.

Attention

Ne confonds pas écart interquartile (Q3−Q1Q_3-Q_1, utilise les quartiles) et étendue (max −- min, utilise les valeurs extrêmes) : ce sont deux mesures de dispersion très différentes, la seconde beaucoup plus sensible aux valeurs exceptionnelles. On l'étudie dans la section suivante.

4Étendue et écart type

Deux séries peuvent avoir exactement la même moyenne et pourtant être très différentes : l'une resserrée autour de sa moyenne, l'autre très dispersée. Les indicateurs de dispersion mesurent cet écartement.

4.1  L'étendue

Définition

L'étendue d'une série est la différence entre sa plus grande et sa plus petite valeur :

e=xmax⁡−xmin⁡e = x_{\max} - x_{\min}

Exemple

Pour la 2nde C : xmax⁡=19x_{\max}=19, xmin⁡=8x_{\min}=8, donc e=19−8=11e = 19-8 = 11.

Attention

L'étendue ne dépend que de deux valeurs de la série (le minimum et le maximum) : elle est donc extrêmement sensible à une seule valeur exceptionnelle, et ignore tout ce qui se passe entre les deux. C'est un indicateur de dispersion très fruste, à toujours compléter par l'écart interquartile ou l'écart type.

4.2  Variance et écart type

Définition

La variance d'une série de moyenne xˉ\bar{x} est la moyenne des carrés des écarts à la moyenne :

V=1N∑i=1kni(xi−xˉ)2V = \dfrac{1}{N}\sum_{i=1}^{k} n_i\left(x_i - \bar{x}\right)^{2}

L'écart type est la racine carrée de la variance : σ=V\sigma = \sqrt{V}. Il s'exprime dans la même unité que les données (contrairement à la variance, exprimée dans l'unité au carré).

Propriété — formule pratique

On démontre (programme de Première) que la variance se calcule aussi par :

V=(1N∑i=1knixi2)−xˉ2V = \left(\dfrac{1}{N}\sum_{i=1}^{k} n_i x_i^{2}\right) - \bar{x}^{2}

« moyenne des carrés moins carré de la moyenne » : c'est souvent la formule la plus rapide en pratique, car elle évite de calculer chaque écart xi−xˉx_i-\bar x séparément.

Méthode — tableau de calcul

On ajoute une ligne xi2x_i^{2} au tableau d'effectifs, on calcule ∑nixi2\displaystyle\sum n_i x_i^{2}, on divise par NN, puis on soustrait xˉ2\bar{x}^{2} : c'est la variance. On termine par une racine carrée pour obtenir σ\sigma.

Exemple — écart type de la 2nde C

On a déjà xˉ=12,92\bar{x} = 12{,}92. Calculons ∑nixi2\displaystyle\sum n_i x_i^{2} :

  1. ∑nixi2=1×82+2×92+3×102+2×112+4×122+3×132+3×142+2×152+2×162+1×172+1×182+1×192\displaystyle\sum n_i x_i^{2} = 1{\times}8^{2}+2{\times}9^{2}+3{\times}10^{2}+2{\times}11^{2}+4{\times}12^{2}+3{\times}13^{2}+3{\times}14^{2}+2{\times}15^{2}+2{\times}16^{2}+1{\times}17^{2}+1{\times}18^{2}+1{\times}19^{2}
  2. ==4 3754\,375
  3. moyenne des carrés =4 37525=175= \dfrac{4\,375}{25} = 175
  4. V=175−12,922V = 175 - 12{,}92^{2}
  5. ==175−166,9264175 - 166{,}9264
  6. ==8,07368{,}0736
  7. σ=8,0736\sigma = \sqrt{8{,}0736}
  8. ≈\approx2,842{,}84

L'écart type de la classe est σ≈2,84\sigma \approx 2{,}84 points.

Exemple — écart type des trajets de Moussa

Série : 10 ;12 ;14 ;15 ;16 ;1810\,;12\,;14\,;15\,;16\,;18, N=6N=6.

  1. xˉ=10+12+14+15+16+186=856≈14,17\bar{x} = \dfrac{10+12+14+15+16+18}{6} = \dfrac{85}{6} \approx 14{,}17
  2. ∑xi2=100+144+196+225+256+324=1 245\displaystyle\sum x_i^{2} = 100+144+196+225+256+324 = 1\,245
  3. moyenne des carrés =1 2456≈207,5= \dfrac{1\,245}{6} \approx 207{,}5
  4. V≈207,5−14,172≈207,5−200,69V \approx 207{,}5 - 14{,}17^{2} \approx 207{,}5-200{,}69
  5. ==6,816{,}81
  6. σ≈6,81\sigma \approx \sqrt{6{,}81}
  7. ≈\approx2,612{,}61 min
Attention

L'écart type est toujours positif ou nul (c'est une racine carrée). Il vaut 00 uniquement si toutes les valeurs de la série sont égales. N'oublie jamais la racine carrée finale : la variance, elle, est dans l'unité au carré et ne se compare pas directement aux données.

Math & Co — Qui a inventé l'écart type ?

Le terme anglais standard deviation (écart type) est introduit en 18931893 par le statisticien britannique Karl Pearson, dans un article sur la variation des populations biologiques. Avant lui, les astronomes et les géomètres utilisaient déjà des sommes de carrés d'écarts — notamment Carl Friedrich Gauss, au début du XIXe siècle, pour évaluer la précision de mesures astronomiques — mais sans nom unifié ni symbole standard.

Le symbole σ\sigma (sigma minuscule) s'est imposé peu après, et reste aujourd'hui la notation universelle de l'écart type, aussi bien en statistique qu'en physique des mesures.

5Diagramme en boîte

Comment résumer une série entière — sa position et sa dispersion — en une seule image ? Le diagramme en boîte (ou « boîte à moustaches ») répond à cette question : il condense cinq nombres clés en un schéma lisible d'un coup d'œil.

5.1  Les cinq indicateurs du diagramme

Définition

Le diagramme en boîte d'une série repose sur cinq valeurs, appelées son résumé à cinq chiffres : le minimum xmin⁡x_{\min}, le premier quartile Q1Q_1, la médiane Me\mathrm{Me}, le troisième quartile Q3Q_3, et le maximum xmax⁡x_{\max}.

Méthode — construire un diagramme en boîte

Sur un axe gradué représentant les valeurs de la série :

  • on trace un rectangle (la « boîte ») de Q1Q_1 à Q3Q_3 ;
  • on trace un trait vertical à l'intérieur, à la médiane Me\mathrm{Me} ;
  • on prolonge la boîte par deux segments (les « moustaches »), de Q1Q_1 à xmin⁡x_{\min}, et de Q3Q_3 à xmax⁡x_{\max}.
Exemple — diagramme en boîte de la 2nde C

On a déjà calculé, pour les notes de la 2nde C : xmin⁡=8x_{\min}=8, Q1=11Q_1=11, Me=13\mathrm{Me}=13, Q3=15Q_3=15, xmax⁡=19x_{\max}=19.

Diagramme en boîte des notes de la 2nde C 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 note obtenue min = 8 Q1 = 11 Me = 13 Q3 = 15 max = 19
Figure 4 — Diagramme en boîte des notes de la 2nde C. La boîte contient la moitié centrale des notes ([11 ; 15]) ; les moustaches rejoignent les valeurs extrêmes.
Propriété — lire la forme d'un diagramme en boîte

Si la médiane est proche du centre de la boîte et les deux moustaches de longueurs comparables, la série est plutôt symétrique. Si la médiane est décalée vers un bord de la boîte, ou si une moustache est nettement plus longue que l'autre, la série est asymétrique (étalée d'un côté).

Attention

Le diagramme en boîte ne montre ni la moyenne, ni le mode, et ne dit rien du nombre exact de valeurs dans chaque partie au-delà de leur égalité approximative (chaque « quart » de la boîte contient environ un quart des données, jamais visible directement). Il complète les autres indicateurs, il ne les remplace pas.

6Comparaison de séries

Comparer deux séries, c'est répondre à deux questions distinctes : « laquelle est globalement plus grande ? » (position) et « laquelle est la plus régulière ? » (dispersion). Il faut toujours répondre aux deux, car l'une ne renseigne jamais sur l'autre.

6.1  Deux classes, deux profils

Comparons la 2nde C à une autre classe du même lycée de Dakar, la 2nde D, qui a composé sur le même devoir. Voici ses 2424 notes, déjà triées :

3 ;5 ;9 ;10 ;10 ;11 ;12 ;12 ;12 ;13 ;13 ;13 ;13 ;14 ;14 ;14 ;15 ;15 ;16 ;16 ;17 ;18 ;19 ;203\,;5\,;9\,;10\,;10\,;11\,;12\,;12\,;12\,;13\,;13\,;13\,;13\,;14\,;14\,;14\,;15\,;15\,;16\,;16\,;17\,;18\,;19\,;20

Indicateur2nde C2nde D
Effectif NN25252424
Moyenne xˉ\bar{x}12,9212{,}9213,0813{,}08
Médiane Me\mathrm{Me}13131313
Q1Q_1 ; Q3Q_31111 ; 15151111 ; 1515
Écart interquartile4444
Étendue11111717
Écart type σ\sigma2,842{,}843,873{,}87
Exemple — lecture du tableau

La moyenne (13,0813{,}08) et la médiane (1313) de la 2nde D sont très proches de celles de la 2nde C : les deux classes ont, en position, un niveau comparable. En revanche, la 2nde D a un écart type nettement plus grand (3,873{,}87 contre 2,842{,}84) et une étendue presque double (1717 contre 1111) : elle est beaucoup moins homogène. Cela s'explique par un seul élève noté 33, très en dessous du reste de la classe.

Remarque importante : l'écart interquartile, lui, reste identique (44 dans les deux classes) — l'élève à 33 ne modifie ni Q1Q_1 ni Q3Q_3, preuve que l'écart interquartile résiste bien mieux aux valeurs extrêmes que l'étendue ou l'écart type.

Comparaison des notes : 2nde C et 2nde D (Dakar) 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 note obtenue C D
Figure 5 — Diagrammes en boîte comparés : même boîte centrale (Q1=11Q_1=11, Q3=15Q_3=15) pour les deux classes, mais une moustache beaucoup plus longue pour la 2nde D, à cause d'un élève à 33.

6.2  Même moyenne, dispersions très différentes

Propriété — comparer, c'est croiser position et dispersion

Deux séries de moyennes (ou médianes) presque égales peuvent avoir des dispersions très différentes. Comparer deux séries exige donc de croiser toujours les deux familles d'indicateurs : jamais la position seule, jamais la dispersion seule.

Exemple — deux coopératives, une récolte plus fiable que l'autre

Deux coopératives récoltent du mil (en tonnes) sur 55 parcelles chacune :

Coopérative A : 12 ;13 ;12 ;14 ;1312\,;13\,;12\,;14\,;13 — Coopérative B : 8 ;20 ;9 ;21 ;78\,;20\,;9\,;21\,;7

  1. xˉA=12+13+12+14+135=645=12,8\bar{x}_A = \dfrac{12+13+12+14+13}{5} = \dfrac{64}{5} = 12{,}8 t
  2. xˉB=8+20+9+21+75=655=13\bar{x}_B = \dfrac{8+20+9+21+7}{5} = \dfrac{65}{5} = 13 t
  3. σA≈0,75\sigma_A \approx 0{,}75 t  (calcul identique aux exemples précédents)
  4. σB≈6,16\sigma_B \approx 6{,}16 t

Les deux coopératives récoltent presque la même moyenne (12,812{,}8 et 1313 tonnes), mais la coopérative A est huit fois plus régulière (σA≈0,75\sigma_A \approx 0{,}75) que la coopérative B (σB≈6,16\sigma_B \approx 6{,}16), dont les parcelles alternent très bonnes et très mauvaises récoltes. Pour un acheteur qui a besoin d'un approvisionnement fiable, la coopérative A est le choix le plus sûr, malgré une moyenne presque identique.

Attention

Ne dis jamais « la série A est meilleure que la série B » sans préciser selon quel critère : une moyenne plus haute, une meilleure régularité, une médiane plus favorable ? Une comparaison statistique rigoureuse nomme toujours l'indicateur utilisé.

Math & Co — L'homme moyen de Quetelet

En 18351835, l'astronome et statisticien belge Adolphe Quetelet publie Sur l'homme et le développement de ses facultés, où il introduit la notion d'« homme moyen » (l'homme moyen) : il applique aux mesures humaines — taille, poids, âge au mariage — les mêmes méthodes que les astronomes utilisaient pour combiner leurs observations d'étoiles.

Quetelet est aussi l'inventeur de l'indice de masse corporelle (IMC), qu'il définit dans ce même ouvrage comme le rapport entre le poids et le carré de la taille — un indicateur encore utilisé aujourd'hui en santé publique, deux siècles plus tard.

Fiche mémo

  • Effectif nin_i, fréquence fi=ni/Nf_i = n_i/N, effectif cumulé croissant (ECC) : nombre de valeurs ⩽xi\leqslant x_i.
  • Diagramme circulaire : angle d'un secteur =niN×360°= \dfrac{n_i}{N}\times 360° — vérifier que la somme des angles fait 360°360°.
  • Histogramme, amplitudes inégales : hauteur =nibi−ai= \dfrac{n_i}{b_i-a_i} (densité), jamais l'effectif brut.
  • Moyenne xˉ=1N∑nixi\bar{x} = \dfrac{1}{N}\displaystyle\sum n_i x_i ; linéarité : ax+b‾=axˉ+b\overline{ax+b} = a\bar{x}+b.
  • Moyenne pondérée =∑cixi∑ci= \dfrac{\sum c_i x_i}{\sum c_i} ; moyenne par classes : remplacer chaque classe par son centre (valeur approchée).
  • Médiane : rang N+12\dfrac{N+1}{2} si NN impair ; demi-somme des rangs N2\dfrac{N}{2} et N2+1\dfrac{N}{2}+1 si NN pair.
  • Mode : valeur (ou classe) d'effectif maximal — simple lecture, sans calcul.
  • Quartiles Q1Q_1, Q3Q_3 : plus petite valeur telle qu'au moins 25 %25\ \% (resp. 75 %75\ \%) des données lui soient ⩽\leqslant.
  • Écart interquartile EIQ=Q3−Q1\mathrm{EIQ} = Q_3-Q_1 : peu sensible aux valeurs extrêmes.
  • Étendue e=xmax⁡−xmin⁡e = x_{\max}-x_{\min} : très sensible aux valeurs extrêmes.
  • Variance V=(1N∑nixi2)−xˉ2V = \left(\dfrac{1}{N}\displaystyle\sum n_i x_i^{2}\right) - \bar{x}^{2} ; écart type σ=V\sigma = \sqrt{V}, même unité que les données.
  • Diagramme en boîte : boîte de Q1Q_1 à Q3Q_3, trait à Me\mathrm{Me}, moustaches jusqu'à xmin⁡x_{\min} et xmax⁡x_{\max}.
  • Comparer deux séries : toujours croiser position (moyenne, médiane) et dispersion (étendue, EIQ, écart type).

7Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Une boutique de Yaoundé a vendu 2020 paires de chaussures en une journée. Voici les pointures et leurs effectifs : 38→2 ;39→3 ;40→6 ;41→5 ;42→3 ;43→138\to 2\,;39\to 3\,;40\to 6\,;41\to 5\,;42\to 3\,;43\to 1. Calcule la fréquence de chaque pointure (en %\%), puis l'effectif cumulé croissant. Quel pourcentage des paires vendues fait au plus 4040 ?

Voir le corrigé détaillé

L'effectif total est N=2+3+6+5+3+1=20N = 2+3+6+5+3+1 = 20.

Pointure383839394040414142424343
Effectif223366553311
Fréquence10 %10\ \%15 %15\ \%30 %30\ \%25 %25\ \%15 %15\ \%5 %5\ \%
ECC22551111161619192020
  1. paires de pointure ⩽40\leqslant 40 : ECC(40)=11(40) = 11
  2. proportion =1120= \dfrac{11}{20}
  3. ==0,55=55 %0{,}55 = 55\ \%

55 %55\ \% des paires vendues font au plus 4040.

2

Une équipe de football d'Abidjan a marqué, lors de 88 matchs : 1 ;2 ;0 ;3 ;1 ;2 ;4 ;11\,;2\,;0\,;3\,;1\,;2\,;4\,;1 buts. Calcule le nombre moyen de buts marqués par match.

Voir le corrigé détaillé
  1. somme des buts =1+2+0+3+1+2+4+1= 1+2+0+3+1+2+4+1
  2. ==1414
  3. xˉ=148\bar{x} = \dfrac{14}{8}
  4. ==1,751{,}75 but par match
3

Les âges de 77 enfants inscrits à un club de basket à Douala sont : 12 ;14 ;11 ;13 ;15 ;12 ;1412\,;14\,;11\,;13\,;15\,;12\,;14. Détermine l'âge médian.

Voir le corrigé détaillé
  1. série triée : 11 ;12 ;12 ;13 ;14 ;14 ;1511\,;12\,;12\,;13\,;14\,;14\,;15
  2. N=7N=7 impair, rang 7+12=4\dfrac{7+1}{2} = 4
  3. ⇒\RightarrowMe=13\mathrm{Me} = 13 ans4e valeur de la série triée
4

Un marché de Bamako a vendu 66 sacs de riz de poids (en kg) : 25 ;27 ;25 ;26 ;28 ;2525\,;27\,;25\,;26\,;28\,;25. Détermine la médiane et le mode de cette série.

Voir le corrigé détaillé
  1. série triée : 25 ;25 ;25 ;26 ;27 ;2825\,;25\,;25\,;26\,;27\,;28
  2. N=6N=6 pair, rangs 33 et 44 : 2525 et 2626
  3. Me=25+262\mathrm{Me} = \dfrac{25+26}{2}
  4. ==25,525{,}5 kg

Le poids 2525 apparaît 33 fois, plus souvent que les autres : le mode est 2525 kg.

5

Voici 88 notes sur 1010, déjà triées : 4 ;6 ;6 ;7 ;8 ;8 ;9 ;104\,;6\,;6\,;7\,;8\,;8\,;9\,;10. Calcule l'étendue, puis Q1Q_1 et Q3Q_3.

Voir le corrigé détaillé
  1. étendue e=10−4e = 10-4
  2. ==66
  3. rang de Q1Q_1 : 0,25×8=20{,}25\times 8 = 2 (entier) ⇒\Rightarrow rang 22
  4. ⇒\RightarrowQ1=6Q_1 = 62e valeur de la série triée
  5. rang de Q3Q_3 : 0,75×8=60{,}75\times 8 = 6 (entier) ⇒\Rightarrow rang 66
  6. ⇒\RightarrowQ3=8Q_3 = 86e valeur de la série triée
6

Les températures maximales relevées pendant 44 jours à Abéché sont (en °C) : 40 ;42 ;38 ;4040\,;42\,;38\,;40. Calcule l'écart type de cette série.

Voir le corrigé détaillé
  1. xˉ=40+42+38+404=1604\bar{x} = \dfrac{40+42+38+40}{4} = \dfrac{160}{4}
  2. ==4040
  3. ∑xi2=1 600+1 764+1 444+1 600\displaystyle\sum x_i^{2} = 1\,600+1\,764+1\,444+1\,600
  4. ==6 4086\,408
  5. V=6 4084−402V = \dfrac{6\,408}{4} - 40^{2}
  6. ==1 602−1 600=21\,602-1\,600 = 2
  7. σ=2\sigma = \sqrt{2}
  8. ≈\approx1,411{,}41 °C
Niveau 2 — Approfondissement
7

Une classe de 2020 élèves a obtenu les notes 8 ;12 ;16 ;188\,;12\,;16\,;18, d'effectifs respectifs 4 ;a ;b ;34\,;a\,;b\,;3. On sait que la fréquence de la note 1616 est 30 %30\ \%. Détermine aa et bb, puis calcule la moyenne de la classe.

Voir le corrigé détaillé
  1. b=30 %×20b = 30\ \% \times 20
  2. ==66
  3. effectif total : 4+a+6+3=204+a+6+3 = 20
  4. ⇒\Rightarrowa=20−13a = 20-13
  5. ==77
  6. xˉ=8×4+12×7+16×6+18×320\bar{x} = \dfrac{8{\times}4+12{\times}7+16{\times}6+18{\times}3}{20}
  7. ==32+84+96+5420=26620\dfrac{32+84+96+54}{20} = \dfrac{266}{20}
  8. ==13,313{,}3
8

Le relevé de notes de Koffi (Abidjan) comporte : Mathématiques 1515 (coefficient 44), Français 1111 (coefficient 33), Anglais 1313 (coefficient 22), EPS 1616 (coefficient 11). Calcule sa moyenne pondérée.

Voir le corrigé détaillé
  1. somme des coefficients =4+3+2+1=10= 4+3+2+1 = 10
  2. xˉ=15×4+11×3+13×2+16×110\bar{x} = \dfrac{15{\times}4+11{\times}3+13{\times}2+16{\times}1}{10}
  3. ==60+33+26+1610=13510\dfrac{60+33+26+16}{10} = \dfrac{135}{10}
  4. ==13,513{,}5
9

Les salaires mensuels (en milliers de F CFA) de 5050 employés d'une entreprise de Dakar se répartissent ainsi : [100;150[→10[100;150[\to 10, [150;200[→20[150;200[\to 20, [200;300[→15[200;300[\to 15, [300;500[→5[300;500[\to 5. Estime le salaire moyen.

Voir le corrigé détaillé

On remplace chaque classe par son centre.

Classe[100;150[[100;150[[150;200[[150;200[[200;300[[200;300[[300;500[[300;500[
Centre125125175175250250400400
Effectif10102020151555
  1. ∑ni centrei=125×10+175×20+250×15+400×5\displaystyle\sum n_i\,\text{centre}_i = 125{\times}10+175{\times}20+250{\times}15+400{\times}5
  2. ==1 250+3 500+3 750+2 000=10 5001\,250+3\,500+3\,750+2\,000 = 10\,500
  3. xˉ≈10 50050\bar{x} \approx \dfrac{10\,500}{50}
  4. ==210210 milliers de F CFA, soit 210 000210\,000 F CFA
10

Les temps (en minutes) de 1616 coureurs à une course d'Abéché, triés : 22 ;23 ;24 ;24 ;25 ;25 ;26 ;26 ;27 ;27 ;28 ;29 ;30 ;31 ;33 ;3622\,;23\,;24\,;24\,;25\,;25\,;26\,;26\,;27\,;27\,;28\,;29\,;30\,;31\,;33\,;36. Calcule Q1Q_1, Q3Q_3, et l'écart interquartile.

Voir le corrigé détaillé
  1. rang de Q1Q_1 : 0,25×16=40{,}25\times 16 = 4 (entier)
  2. ⇒\RightarrowQ1=24Q_1 = 244e valeur de la série triée
  3. rang de Q3Q_3 : 0,75×16=120{,}75\times 16 = 12 (entier)
  4. ⇒\RightarrowQ3=29Q_3 = 2912e valeur de la série triée
  5. EIQ=29−24\mathrm{EIQ} = 29-24
  6. ==55 min

La moitié « centrale » des coureurs a mis entre 2424 et 2929 minutes.

Niveau 3 — Défi
11

Un club sportif de Ndjamena a relevé, sur 2020 coureurs, la distance parcourue (en km) lors d'un entraînement : 5→2 ;6→3 ;7→4 ;8→5 ;9→3 ;10→2 ;12→15\to 2\,;6\to 3\,;7\to 4\,;8\to 5\,;9\to 3\,;10\to 2\,;12\to 1.

  1. Calcule la moyenne, la médiane et le mode de cette série.
  2. Détermine Q1Q_1, Q3Q_3, l'écart interquartile, l'étendue, puis l'écart type.
  3. Construis (décris) le diagramme en boîte correspondant.
Voir le corrigé détaillé

1. N=2+3+4+5+3+2+1=20N = 2+3+4+5+3+2+1 = 20. ECC : 5→2 ;6→5 ;7→9 ;8→14 ;9→17 ;10→19 ;12→205{\to}2\,;6{\to}5\,;7{\to}9\,;8{\to}14\,;9{\to}17\,;10{\to}19\,;12{\to}20.

  1. ∑nixi=5×2+6×3+7×4+8×5+9×3+10×2+12×1\displaystyle\sum n_i x_i = 5{\times}2+6{\times}3+7{\times}4+8{\times}5+9{\times}3+10{\times}2+12{\times}1
  2. ==10+18+28+40+27+20+12=15510+18+28+40+27+20+12 = 155
  3. xˉ=15520\bar{x} = \dfrac{155}{20}
  4. ==7,757{,}75 km
  5. N=20N=20 pair, rangs 1010 et 1111 : tous deux tombent dans la classe 88ECC passe de 99 à 1414 sur la valeur 88
  6. ⇒\RightarrowMe=8\mathrm{Me} = 8 km

Le mode est 88 (effectif 55, le plus grand).

2.

  1. rang de Q1Q_1 : 0,25×20=50{,}25\times 20 = 5 (entier) ⇒\Rightarrow Q1=6Q_1 = 6ECC atteint 55 exactement sur la valeur 66
  2. rang de Q3Q_3 : 0,75×20=150{,}75\times 20 = 15 ⇒\Rightarrow Q3=9Q_3 = 9ECC passe de 1414 à 1717 sur la valeur 99
  3. EIQ=9−6=3\mathrm{EIQ} = 9-6 = 3 km ; étendue e=12−5=7e = 12-5 = 7 km
  4. ∑nixi2=52×2+62×3+72×4+82×5+92×3+102×2+122×1\displaystyle\sum n_i x_i^{2} = 5^2{\times}2+6^2{\times}3+7^2{\times}4+8^2{\times}5+9^2{\times}3+10^2{\times}2+12^2{\times}1
  5. ==50+108+196+320+243+200+144=1 26150+108+196+320+243+200+144 = 1\,261
  6. V=1 26120−7,752=63,05−60,0625V = \dfrac{1\,261}{20} - 7{,}75^{2} = 63{,}05-60{,}0625
  7. ==2,98752{,}9875
  8. σ=2,9875\sigma = \sqrt{2{,}9875}
  9. ≈\approx1,731{,}73 km

3. Résumé à cinq chiffres : xmin⁡=5x_{\min}=5, Q1=6Q_1=6, Me=8\mathrm{Me}=8, Q3=9Q_3=9, xmax⁡=12x_{\max}=12.

Diagramme en boîte — entraînement du club de Ndjamena 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 5 6 8 9 12
Figure 6 — Diagramme en boîte de l'entraînement du club sportif de Ndjamena.
12

Deux stations, l'une à Abéché, l'autre à Ndjamena, ont mesuré leurs précipitations mensuelles (en mm) sur les 66 mois de la saison des pluies 20242024. Abéché : 5 ;45 ;80 ;120 ;60 ;105\,;45\,;80\,;120\,;60\,;10. Ndjamena : 40 ;90 ;150 ;180 ;100 ;3040\,;90\,;150\,;180\,;100\,;30.

  1. Calcule la moyenne, la médiane et l'étendue de chaque station.
  2. Calcule l'écart type de chaque station.
  3. Compare les deux stations : laquelle reçoit le plus de pluie ? Laquelle est la plus régulière ?
Voir le corrigé détaillé

1. Abéché — série triée : 5 ;10 ;45 ;60 ;80 ;1205\,;10\,;45\,;60\,;80\,;120.

  1. xˉ=5+45+80+120+60+106=3206\bar{x} = \dfrac{5+45+80+120+60+10}{6} = \dfrac{320}{6}
  2. ≈\approx53,353{,}3 mm
  3. Me=45+602\mathrm{Me} = \dfrac{45+60}{2}
  4. ==52,552{,}5 mm
  5. étendue =120−5=115= 120-5 = 115 mm

Ndjamena — série triée : 30 ;40 ;90 ;100 ;150 ;18030\,;40\,;90\,;100\,;150\,;180.

  1. xˉ=5906\bar{x} = \dfrac{590}{6}
  2. ≈\approx98,398{,}3 mm
  3. Me=90+1002\mathrm{Me} = \dfrac{90+100}{2}
  4. ==9595 mm
  5. étendue =180−30=150= 180-30 = 150 mm

2.

  1. Abéché : ∑xi2=26 550\displaystyle\sum x_i^2 = 26\,550, V=26 5506−53,32≈4 425−2 844,4V = \dfrac{26\,550}{6}-53{,}3^2 \approx 4\,425-2\,844{,}4
  2. ≈\approx1 580,61\,580{,}6  ⇒ σ≈39,8\Rightarrow\ \sigma \approx 39{,}8 mm
  3. Ndjamena : ∑xi2=75 500\displaystyle\sum x_i^2 = 75\,500, V=75 5006−98,32≈12 583,3−9 669,4V = \dfrac{75\,500}{6}-98{,}3^2 \approx 12\,583{,}3-9\,669{,}4
  4. ≈\approx2 913,92\,913{,}9  ⇒ σ≈54,0\Rightarrow\ \sigma \approx 54{,}0 mm

3. Ndjamena reçoit nettement plus de pluie en moyenne (98,398{,}3 mm contre 53,353{,}3 mm), et sa médiane confirme cet écart. Mais Ndjamena est aussi moins régulière : son écart type (54,054{,}0) et son étendue (150150) sont plus grands que ceux d'Abéché (39,839{,}8 et 115115) : les mois y sont plus contrastés, entre mois secs et mois très pluvieux.

13

Une série de 1010 valeurs prend les valeurs 10 ;12 ;14 ;1610\,;12\,;14\,;16, avec les effectifs cumulés croissants suivants : ECC(10)=3(10)=3, ECC(12)=7(12)=7, ECC(14)=9(14)=9, ECC(16)=10(16)=10. Retrouve l'effectif de chaque valeur, puis calcule la moyenne de la série.

Voir le corrigé détaillé

L'effectif d'une valeur est la différence entre son ECC et celui de la valeur précédente.

  1. n(10)=ECC(10)=3n(10) = \text{ECC}(10) = 3
  2. n(12)=7−3n(12) = 7-3
  3. ==44
  4. n(14)=9−7n(14) = 9-7
  5. ==22
  6. n(16)=10−9n(16) = 10-9
  7. ==11
  8. vérification : 3+4+2+1=10=N3+4+2+1 = 10 = N
  1. xˉ=10×3+12×4+14×2+16×110\bar{x} = \dfrac{10{\times}3+12{\times}4+14{\times}2+16{\times}1}{10}
  2. ==30+48+28+1610=12210\dfrac{30+48+28+16}{10} = \dfrac{122}{10}
  3. ==12,212{,}2
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

Aminata, commerçante à Dakar. Aminata a noté ses ventes journalières de tissu (en mètres) sur 1010 jours : 12 ;15 ;10 ;40 ;14 ;13 ;11 ;16 ;12 ;1412\,;15\,;10\,;40\,;14\,;13\,;11\,;16\,;12\,;14 (le jour à 4040 m correspond à une commande de mariage exceptionnelle).

  1. Calcule la moyenne et la médiane de ses ventes.
  2. Recalcule la moyenne en excluant le jour exceptionnel.
  3. Pour prévoir son stock d'un « jour normal », Aminata doit-elle utiliser la moyenne des 1010 jours, ou la médiane ? Justifie.
Voir le corrigé détaillé

1. Série triée : 10 ;11 ;12 ;12 ;13 ;14 ;14 ;15 ;16 ;4010\,;11\,;12\,;12\,;13\,;14\,;14\,;15\,;16\,;40.

  1. ∑xi=12+15+10+40+14+13+11+16+12+14\displaystyle\sum x_i = 12+15+10+40+14+13+11+16+12+14
  2. ==157157
  3. xˉ=15710\bar{x} = \dfrac{157}{10}
  4. ==15,715{,}7 m
  5. N=10N=10 pair, rangs 55 et 66 : 1313 et 1414
  6. Me=13+142\mathrm{Me} = \dfrac{13+14}{2}
  7. ==13,513{,}5 m

2.

  1. somme sans le jour exceptionnel =157−40= 157-40
  2. ==117117
  3. xˉ′=1179\bar{x}' = \dfrac{117}{9}
  4. ==1313 m

3. Sans le jour exceptionnel, la moyenne (1313 m) est très proche de la médiane (13,513{,}5 m) : c'est bien la médiane, peu sensible à la valeur extrême de 4040 m, qui représente le mieux un jour de vente ordinaire. La moyenne des 1010 jours (15,715{,}7 m) est artificiellement gonflée par la commande exceptionnelle : elle risquerait de faire surestimer le stock nécessaire un jour normal.

15

Cacao à Douala. Une coopérative a récolté 88 tonnes de cacao, réparties en trois qualités : A (45 %45\ \%), B (35 %35\ \%), C (20 %20\ \%). Elle vend la qualité A à 1 5001\,500 F CFA/kg, la B à 1 2001\,200 F CFA/kg, la C à 900900 F CFA/kg.

  1. Calcule le tonnage de chaque qualité, puis l'angle de son secteur dans un diagramme circulaire.
  2. Calcule la recette totale de la coopérative.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. qualité A : 45 %×8=3,645\ \% \times 8 = 3{,}6 t  ;  angle =45 %×360°=162°= 45\ \%\times 360° = 162°
  2. qualité B : 35 %×8=2,835\ \% \times 8 = 2{,}8 t  ;  angle =35 %×360°=126°= 35\ \%\times 360° = 126°
  3. qualité C : 20 %×8=1,620\ \% \times 8 = 1{,}6 t  ;  angle =20 %×360°=72°= 20\ \%\times 360° = 72°
  4. vérification : 162+126+72=360°162+126+72 = 360°

2. On convertit les tonnages en kilogrammes (11 t =1 000=1\,000 kg).

  1. recette A =3 600×1 500= 3\,600\times 1\,500
  2. ==5 400 0005\,400\,000 F CFA
  3. recette B =2 800×1 200= 2\,800\times 1\,200
  4. ==3 360 0003\,360\,000 F CFA
  5. recette C =1 600×900= 1\,600\times 900
  6. ==1 440 0001\,440\,000 F CFA
  7. recette totale =5 400 000+3 360 000+1 440 000= 5\,400\,000+3\,360\,000+1\,440\,000
  8. ==10 200 00010\,200\,000 F CFA
16

Bus ou taxi-moto à Bamako ? Pour se rendre chaque matin au marché central, un vendeur chronomètre 66 trajets en bus (en minutes) : 25 ;28 ;26 ;24 ;27 ;2625\,;28\,;26\,;24\,;27\,;26, puis 66 trajets en taxi-moto : 15 ;40 ;12 ;45 ;10 ;3815\,;40\,;12\,;45\,;10\,;38.

  1. Calcule la durée moyenne de chaque mode de transport.
  2. Calcule l'écart type de chaque série.
  3. Le vendeur a un rendez-vous important : quel mode de transport lui conseilles-tu, et pourquoi ?
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. xˉbus=25+28+26+24+27+266=1566\bar{x}_{\text{bus}} = \dfrac{25+28+26+24+27+26}{6} = \dfrac{156}{6}
  2. ==2626 min
  3. xˉmoto=15+40+12+45+10+386=1606\bar{x}_{\text{moto}} = \dfrac{15+40+12+45+10+38}{6} = \dfrac{160}{6}
  4. ≈\approx26,726{,}7 min

2.

  1. bus : ∑xi2=4 066\displaystyle\sum x_i^2 = 4\,066, V=4 0666−262≈677,7−676V = \dfrac{4\,066}{6}-26^2 \approx 677{,}7-676
  2. ≈\approx1,671{,}67  ⇒ σbus≈1,29\Rightarrow\ \sigma_{\text{bus}} \approx 1{,}29 min
  3. moto : ∑xi2=5 538\displaystyle\sum x_i^2 = 5\,538, V=5 5386−26,72≈923−711,1V = \dfrac{5\,538}{6}-26{,}7^2 \approx 923-711{,}1
  4. ≈\approx211,9211{,}9  ⇒ σmoto≈14,6\Rightarrow\ \sigma_{\text{moto}} \approx 14{,}6 min

3. Les deux modes de transport ont une durée moyenne presque identique (2626 et 26,726{,}7 min), mais le bus est beaucoup plus régulier (σ≈1,3\sigma \approx 1{,}3 min) que le taxi-moto (σ≈14,6\sigma \approx 14{,}6 min), dont les trajets varient énormément selon la circulation. Pour un rendez-vous où l'heure d'arrivée compte, le bus est le choix le plus sûr, malgré une moyenne comparable.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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La fréquence fif_i d'une valeur xix_i, d'effectif nin_i dans une population d'effectif total NN, est définie par :

Explication : La fréquence est la proportion d'individus présentant la valeur xix_i, soit son effectif divisé par l'effectif total.

L'effectif cumulé croissant (ECC) d'une valeur xix_i est :

Explication : L'ECC compte tous les individus dont la valeur est inférieure ou égale à xix_i, pas seulement ceux qui présentent exactement cette valeur.

Dans un diagramme circulaire, l'angle du secteur associé à une catégorie d'effectif nin_i, sur un total NN, est :

Explication : La catégorie occupe une fraction niN\dfrac{n_i}{N} du disque complet de 360°360° : son angle est donc niN×360°\dfrac{n_i}{N}\times 360°. La somme de tous les angles doit toujours redonner 360°360°.

Pour un histogramme à classes d'amplitudes inégales, la hauteur correcte du rectangle représentant une classe [ai ;bi[[a_i\,;b_i[ d'effectif nin_i est :

Explication : C'est la densité d'effectif. Prendre la hauteur égale à l'effectif brut fausserait le dessin dès que les classes ont des amplitudes différentes.

La moyenne d'une série de valeurs xix_i d'effectifs nin_i, d'effectif total NN, est donnée par :

Explication : La moyenne pondère chaque valeur par son effectif avant de diviser par l'effectif total NN.

Une classe a une moyenne xˉ=11\bar{x}=11. Le professeur ajoute 22 points bonus à toutes les copies. La nouvelle moyenne est :

Explication : Ajouter un même nombre bb à toutes les valeurs ajoute exactement bb à la moyenne : 11+2=1311+2=13.

Amadou obtient : Mathématiques 1616 (coefficient 33), Français 1010 (coefficient 22), EPS 1414 (coefficient 11). Sa moyenne pondérée vaut :

Explication : xˉ=16×3+10×2+14×13+2+1=48+20+146=826≈13,67\bar{x}=\dfrac{16{\times}3+10{\times}2+14{\times}1}{3+2+1}=\dfrac{48+20+14}{6}=\dfrac{82}{6}\approx13{,}67.

Pour calculer la moyenne d'une série de valeurs groupées en classes, on remplace chaque classe par :

Explication : Faute de connaître les valeurs exactes à l'intérieur de chaque classe, on les approche par le centre de la classe, ce qui donne une valeur approchée de la moyenne.

Une série triée compte N=9N=9 valeurs. Quel est le rang de sa médiane ?

Explication : Pour NN impair, la médiane est la valeur de rang N+12=9+12=5\dfrac{N+1}{2}=\dfrac{9+1}{2}=5.

Série triée de N=10N=10 valeurs : 4 ;5 ;6 ;7 ;8 ;9 ;10 ;11 ;12 ;134\,;5\,;6\,;7\,;8\,;9\,;10\,;11\,;12\,;13. Quelle est la médiane ?

Explication : N=10N=10 est pair : la médiane est la demi-somme des valeurs de rangs 55 et 66, soit 8+92=8,5\dfrac{8+9}{2}=8{,}5.

Le mode d'une série statistique est :

Explication : Le mode se lit directement dans le tableau d'effectifs, sans aucun calcul : c'est la valeur la plus fréquente.

Pour une série triée de N=40N=40 valeurs, le rang théorique de Q1Q_1 est 0,25×40=100{,}25\times40=10, un nombre entier. Que fait-on alors ?

Explication : On n'arrondit à l'entier supérieur que lorsque le rang théorique n'est pas entier. Ici 1010 est déjà entier : Q1Q_1 est la valeur de rang 1010.

L'écart interquartile EIQ\mathrm{EIQ} d'une série est défini par :

Explication : L'écart interquartile est l'étendue de l'intervalle [Q1 ;Q3][Q_1\,;Q_3], qui contient la moitié centrale de la série.

Pourquoi l'écart interquartile est-il souvent préféré à l'étendue pour mesurer la dispersion d'une série ?

Explication : Une valeur exceptionnellement grande ou petite peut faire bouger le minimum ou le maximum (donc l'étendue) sans changer ni Q1Q_1 ni Q3Q_3 : l'écart interquartile résiste bien mieux aux valeurs extrêmes.

La variance VV d'une série de moyenne xˉ\bar{x} peut se calculer par la formule pratique :

Explication : C'est la formule « moyenne des carrés moins carré de la moyenne », souvent plus rapide que de calculer chaque écart xi−xˉx_i-\bar x séparément.

L'écart type σ\sigma d'une série :

Explication : σ=V\sigma=\sqrt{V} est une racine carrée, donc toujours positive ou nulle, et cette racine ramène l'unité de la variance (au carré) à l'unité initiale des données.

Le diagramme en boîte d'une série repose sur cinq valeurs, appelées son résumé à cinq chiffres :

Explication : Le diagramme en boîte trace une boîte de Q1Q_1 à Q3Q_3, un trait à la médiane, et deux moustaches jusqu'aux valeurs extrêmes xmin⁡x_{\min} et xmax⁡x_{\max}.

Pour les notes de la 2nde C, on a trouvé Q1=11Q_1=11 et Q3=15Q_3=15. L'écart interquartile vaut :

Explication : EIQ=Q3−Q1=15−11=4\mathrm{EIQ}=Q_3-Q_1=15-11=4.

Deux coopératives récoltent en moyenne presque la même quantité de mil, mais la coopérative B a un écart type bien plus grand que la coopérative A. Que peut-on en conclure ?

Explication : Une moyenne comparable ne dit rien de la dispersion : un écart type plus petit signale une série plus homogène, donc une récolte plus régulière et plus fiable.

Deux classes ont exactement la même médiane et le même écart interquartile, mais une étendue très différente. Que peut-on en déduire ?

Explication : L'écart interquartile identique montre que la moitié centrale des deux séries se ressemble ; l'étendue, très sensible aux valeurs extrêmes, révèle que l'une des deux séries a des valeurs bien plus éloignées du centre.
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