Étudier rotations, homothéties et similitudes directes simples.
MathématiquesPremièreChapitre 11 / 13⏱ 7 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Déterminer l'image d'une figure
Composer deux transformations
Utiliser une transformation pour démontrer
Imagine un architecte qui agrandit le plan d'une façade sans en changer les proportions, ou un logiciel de dessin qui fait pivoter un logo de 90° : dans les deux cas, une figure se transforme en une autre, mais quelque chose d'essentiel est conservé — les proportions, les angles, la forme générale. Ce chapitre étudie précisément ces manipulations du plan : les rotations, qui font tourner une figure autour d'un point sans la déformer, et les homothéties, qui l'agrandissent ou la réduisent à partir d'un point.
Tu connais déjà les translations (déplacer une figure « en glissant », grâce à un vecteur) et la symétrie centrale (retourner une figure autour d'un point). Ce chapitre généralise cette dernière : tu verras que la symétrie centrale n'est qu'un cas particulier d'homothétie, et qu'une rotation de 180° lui correspond exactement. Les vecteurs, déjà indispensables dans le chapitre sur le barycentre, redeviennent ton outil principal : une homothétie se définit en une seule ligne vectorielle.
Ces transformations ne sont pas qu'un jeu géométrique. Elles interviennent dès qu'on change d'échelle (plans d'architecte, cartes, photographies), dès qu'un mécanisme tourne (roue, hélice, aiguille de montre), et elles annoncent les similitudes que tu étudieras en Terminale. Au bac, on te demandera souvent de reconnaître une transformation, de calculer l'image d'un point, ou — c'est le plus exigeant — de t'en servir comme outil de démonstration.
C'est justement la nouveauté de ce chapitre : au lieu de construire une figure au compas, tu vas apprendre à raisonner avec les transformations pour prouver qu'une droite est parallèle à une autre, que des points sont alignés, ou que des droites sont concourantes — sans jamais mesurer quoi que ce soit sur un dessin.
1Rotation : définition et propriétés
Commençons par la transformation qui fait « tourner » une figure autour d'un point fixe, sans jamais l'agrandir ni la déformer.
1.1 Définition de la rotation
Définition
Soit O un point du plan et θ un angle. La rotation de centre O et d'angle θ, notée r(O,θ), est la transformation qui :
laisse O invariant : r(O,θ)(O)=O ;
à tout point M=O associe le point M′ tel que OM′=OM et tel que l'angle orienté (OM,OM′) mesure θ.
Le signe de θ fixe le sens de la rotation : par convention, θ>0 correspond au sens direct (le sens inverse des aiguilles d'une montre), et θ<0 au sens indirect. Une rotation de 60° et une rotation de −60° tournent donc dans des sens opposés : ce ne sont pas les mêmes transformations.
Attention
Deux rotations de même centre ne diffèrent que par leur angle. Une rotation de 180° est un cas déjà connu : c'est exactement la symétrie centrale de centre O, car alors M, O et M′ sont alignés avec O milieu de [MM′]. Une rotation d'angle 0° (ou multiple de 360°) est l'identité : chaque point est son propre invariant.
1.2 Calculer les coordonnées de l'image
Propriété
Dans un repère orthonormé, soit r la rotation de centre O(a;b) et d'angle θ. L'image M′(x′;y′) d'un point M(x;y) est donnée par :
x′−a=(x−a)cosθ−(y−b)sinθy′−b=(x−a)sinθ+(y−b)cosθ
Méthode — calculer l'image d'un point par une rotation
On calcule x−a et y−b (coordonnées de M « vues depuis O »), on applique les formules de la propriété, puis on ajoute a et b pour revenir dans le repère de départ.
Exemple — image d'un point par une rotation de 90°
On cherche l'image de M(5;2) par la rotation de centre O(1;2) et d'angle 90°. On a cos90°=0 et sin90°=1.
x−a=5−1=4 et y−b=2−2=0
x′−a=4×0−0×1=0
⇒x′=1+0=1
y′−b=4×1+0×0=4
⇒y′=2+4=6
L'image de M est donc M′(1;6).
Exemple — image d'un cercle par une rotation
Soit (Ω;3cm) un cercle et r la rotation de centre O et d'angle 120°. L'image du cercle (Ω;3cm) par r est le cercle de même rayon3cm, centré au point Ω′=r(Ω) (dont les coordonnées se calculent avec les formules ci-dessus). Le rayon ne change jamais : une rotation ne change pas les distances.
Figure 1 — Image du triangle ABC par la rotation de centre O et d'angle 90° : le triangle A′B′C′ a les mêmes longueurs, tourné du même angle autour de O.
1.3 Propriétés de la rotation
Propriété
Une rotation r(O,θ) :
transforme un segment [AB] en un segment [A′B′] de même longueur : A′B′=AB ;
transforme une droite (d) en une droite (d′) faisant l'angle θ avec (d) ;
transforme un cercle (Ω;ρ) en le cercle (Ω′;ρ) de même rayon, où Ω′=r(Ω) ;
conserve les angles (orientés) et les aires.
Théorème
Une rotation est une isométrie : elle conserve les distances. Autrement dit, pour tous points M, N d'images M′, N′ par une même rotation, M′N′=MN.
Démonstration
Quitte à translater le repère, on peut supposer que le centre O est l'origine. Soit r la rotation d'angle θ et de centre O. Pour M(x;y) et N(x1;y1), notons M′(x′;y′) et N′(x1′;y1′) leurs images, et posons Δx=x−x1, Δy=y−y1.
x′−x1′=(x−x1)cosθ−(y−y1)sinθ=Δxcosθ−Δysinθ
y′−y1′=Δxsinθ+Δycosθ
M′N′2=(Δxcosθ−Δysinθ)2+(Δxsinθ+Δycosθ)2
=Δx2cos2θ−2ΔxΔysinθcosθ+Δy2sin2θ+Δx2sin2θ+2ΔxΔysinθcosθ+Δy2cos2θles termes croisés s'éliminent deux à deux
=Δx2(cos2θ+sin2θ)+Δy2(sin2θ+cos2θ)
=Δx2+Δy2cos2θ+sin2θ=1
=MN2
D'où M′N′=MN. C.Q.F.D.
Math & Co — Klein et le programme d'Erlangen
En 1872, à seulement 23 ans, le mathématicien allemand Felix Klein propose à l'université d'Erlangen une idée neuve : classer les géométries non plus par leurs figures, mais par les transformations qui en conservent les propriétés. La géométrie « ordinaire » (celle de ce chapitre) est ainsi définie comme l'étude de ce qui reste invariant par rotations, translations, homothéties et symétries.
Ce programme, resté célèbre sous le nom de programme d'Erlangen, a changé la façon même de faire de la géométrie : au lieu de mesurer une figure, on cherche la transformation qui la relie à une autre. C'est précisément la démarche que tu découvres dans ce chapitre.
1.4 Cas particuliers et détermination d'une rotation
Une rotation est entièrement déterminée par la donnée de son centre O et de son angle θ. Mais on peut aussi la retrouver à partir d'un point M et de son image M′ : si l'on connaît le centre O, l'angle θ est la mesure de l'angle orienté (OM,OM′). Deux cas particuliers reviennent très souvent :
θ=90° ou θ=−90° : quart de tour, très utile pour construire un carré ou un repère orthonormé ;
θ=180° : symétrie centrale, cas où M, O, M′ sont alignés.
Attention
Ne confonds jamais le centreO (le seul point invariant) avec un point quelconque de la figure. Et rappelle-toi que OM=OM′ ne suffit pas à définir une rotation : il faut aussi l'angle — sinon M′ pourrait être n'importe quel point du cercle de centre O et de rayon OM.
2Homothétie et rapport
La rotation conserve les longueurs. La transformation que nous étudions maintenant fait l'inverse : elle les multiplie toutes par un même nombre, à partir d'un point fixe.
2.1 Définition vectorielle
Définition
Soit O un point du plan et k un réel non nul. L'homothétie de centre O et de rapport k, notée h(O,k), est la transformation qui à tout point M associe le point M′ défini par :
OM′=kOM
Le point O est invariant : h(O,k)(O)=O.
Deux cas particuliers relient l'homothétie à des transformations déjà connues : si k=1, h(O,1) est l'identité (chaque point est son image) ; si k=−1, h(O,−1) est exactement la symétrie centrale de centre O, puisque OM′=−OM.
Propriété — signe et valeur absolue de k
si k>0 : M′ est sur la demi-droite[OM), du même côté de O que M ;
si k<0 : M′ est sur la demi-droite opposée, O est entreM et M′ ;
si ∣k∣>1 : h est un agrandissement (M′ plus loin de O que M) ;
si 0<∣k∣<1 : h est une réduction (M′ plus proche de O que M).
Méthode — calculer les coordonnées de l'image
Dans un repère, si O(a;b) et M(x;y), l'égalité vectorielle OM′=kOM se traduit par :
x′=a+k(x−a)y′=b+k(y−b)
Exemple — homothétie de rapport k=3
Image de M(3;2) par h(O,3) avec O(1;1).
x′=1+3(3−1)=1+6=7
y′=1+3(2−1)=1+3=4
D'où M′(7;4) : M′ est bien plus loin de O que M, du même côté (k>0).
Exemple — homothétie de rapport k=−2
Image de M(4;−1) par h(O,−2) avec O(0;0).
x′=0−2×4=−8
y′=0−2×(−1)=2
D'où M′(−8;2) : O est cette fois entre M et M′, car k<0.
Figure 2 — Homothétie de rapport k=2 : chaque point image est deux fois plus loin de O, du même côté que le point d'origine.Figure 3 — Homothétie de rapport k=−0,6 : le triangle est réduit (∣k∣<1) et retourné de l'autre côté de O (k<0).
2.2 Effet sur les figures usuelles
Théorème — image d'un segment
Soit h(O,k) une homothétie, A, B deux points et A′, B′ leurs images. Alors :
A′B′=kAB
Il en résulte que (A′B′) est parallèle à (AB), et que A′B′=∣k∣×AB.
Démonstration
OA′=kOA et OB′=kOBdéfinition de h(O,k)
A′B′=OB′−OA′
=kOB−kOA
=k(OB−OA)
=kAB
Les vecteurs A′B′ et AB sont donc colinéaires (et non nuls car k=0) : les droites (A′B′) et (AB) sont parallèles, et en passant aux normes, A′B′=∣k∣×AB. C.Q.F.D.
Propriété — images des figures usuelles
Une homothétie h(O,k) transforme une droite en une droite parallèle, un segment [AB] en un segment [A′B′] avec A′B′=∣k∣AB, et un cercle (Ω;ρ) en le cercle (Ω′;∣k∣ρ), où Ω′=h(Ω).
2.3 Retrouver Thalès par une homothétie
Le théorème précédent permet de retrouver, avec les vecteurs, la configuration de Thalès que tu connais depuis le collège. Considère un point O et deux points B, C non alignés avec O. Soit A l'image de B et A′ l'image de C par une même homothétie h(O,k) : A est donc sur la demi-droite (OB) (ou son opposée) et A′ sur (OC).
Théorème — configuration de Thalès
Avec les notations ci-dessus :
OBOA=OCOA′=BCAA′=∣k∣et(AA′)∥(BC)
Figure 4 — A et A′ sont les images de B et C par l'homothétie h(O,k) : on retrouve exactement la configuration de Thalès, avec en plus le sens donné par le signe de k.
Attention
Le théorème de Thalès « classique » ne donne qu'un rapport de longueurs, toujours positif. L'homothétie apporte une information en plus : le signe de k. Si k<0, O est entre A et B (et entre A′ et C) : on parle parfois de configuration papillon, car les deux triangles OAA′ et OBC sont « croisés » de part et d'autre de O.
Math & Co — de Thalès à Chasles
L'idée de figures « dans le même rapport » à partir d'un point remonte à Thalès de Milet (vers −600) et fut organisée en théorie rigoureuse par Euclide dans le livre VI des Éléments, vers −300, sous le nom de figures semblables. Mais le mot « homothétie », lui, est bien plus récent : c'est le géomètre français Michel Chasles qui le forge vers 1827, dans son Aperçu historique sur l'origine et le développement des méthodes en géométrie, à partir du grec homos (« même ») et thesis (« position »).
Chasles ne fait ainsi que nommer et formaliser avec des vecteurs une idée vieille de vingt-cinq siècles — exactement ce que tu viens de faire en retrouvant Thalès à partir de la définition vectorielle de l'homothétie.
3Composition de transformations
Que se passe-t-il si l'on applique successivement deux transformations ? On obtient encore une transformation du plan, appelée composée. C'est un outil puissant : il permet de comprendre l'effet global de deux opérations enchaînées sans reconstruire toute la figure à chaque étape.
3.1 Définition de la composée
Définition
Soit f et g deux transformations du plan. La composée de f et g, notée f∘g (lire « f rond g »), est la transformation qui à tout point M associe :
(f∘g)(M)=f(g(M))
On applique donc g en premier, puis f sur le résultat.
Attention
En général, f∘g=g∘f : l'ordre compte. Composer une translation puis une homothétie ne donne pas la même transformation que l'inverse (sauf cas particuliers, comme deux homothéties de même centre).
3.2 Composer des homothéties et des translations
Propriété — composée de deux homothéties de même centre
Soit h1=h(O,k1) et h2=h(O,k2) deux homothéties de même centreO. Alors h2∘h1=h(O,k1k2) : c'est une homothétie de centre O et de rapport k1k2.
En effet, pour tout point M : Oh1(M)=k1OM, puis Oh2(h1(M))=k2Oh1(M)=k2k1OM, ce qui est exactement la définition de h(O,k1k2).
Exemple — composée de deux homothéties de même centre
O(2;1), h1 de rapport k1=−3, h2 de rapport k2=2. Image de M(5;3) par h2∘h1, directement avec le rapport k1k2=−6 :
x′=2+(−6)(5−2)=2−18=−16
y′=1+(−6)(3−1)=1−12=−11
D'où (h2∘h1)(M)=(−16;−11) — on retrouve le même résultat qu'en appliquant h1 puis h2 séparément, mais en un seul calcul.
Le cas le plus riche est celui d'une translation suivie d'une homothétie de rapport k=1 : la composée reste une homothétie de même rapport k, mais son centre change.
Théorème
Soit t la translation de vecteur u et h=h(O,k) une homothétie avec k=1. Alors h∘t est l'homothétie de rapport k et de centre Ω tel que :
OΩ=1−kku
Démonstration
Pour tout point M, notons M1=t(M)=M+u, puis M2=h(M1). On cherche un point Ω tel que M2=Ω+k(M−Ω) pour toutM.
M2=O+k(M1−O)=O+k(M+u−O)
=O(1−k)+kM+ku
on veut M2=Ω(1−k)+kM pour tout M
⇒Ω(1−k)=O(1−k)+ku
⇒OΩ=Ω−O=1−kkuon divise par 1−k=0
Le point Ω ainsi défini vérifie bien M2=Ω+k(M−Ω) pour tout M : c'est le centre de l'homothétie composée. C.Q.F.D.
Exemple — centre de la composée
O(0;0), u(4;0), k=2. On calcule Ω :
OΩ=1−22u=−2u=(−8;0)
⇒Ω(−8;0)
Vérification sur M(x;y) : t(M)=(x+4;y), puis h(O,2)(t(M))=(2x+8;2y). Par ailleurs, h(Ω,2)(M)=(−8+2(x+8);2y)=(2x+8;2y) : les deux calculs coïncident.
Figure 5 — Le triangle noir subit d'abord la translation de vecteur u (triangle violet), puis l'homothétie de centre Ω (triangle vert). Le résultat global est une homothétie de rapport k, mais de centre Ω différent de O.
3.3 Composer des rotations
Propriété
La composée de deux rotations de même centreO et d'angles θ1, θ2 est la rotation de centre O et d'angle θ1+θ2 (modulo 360°).
La composée de deux rotations de centres distincts et d'angles θ1, θ2 est, lorsque θ1+θ2≡0(mod 360°), une rotation d'angle θ1+θ2 (de centre différent, admis) ; lorsque θ1+θ2≡0(mod 360°), c'est une translation.
Le premier point se justifie très simplement : tourner un vecteur de θ1 puis de θ2 revient à le tourner d'un seul coup de θ1+θ2, car les angles orientés s'additionnent (relation de Chasles sur les angles). Retiens surtout la logique commune à toute la section : pour une même famille de transformations (homothéties de même centre, rotations de même centre, translations), composer revient à additionner ou multiplier les paramètres — angles pour les rotations, rapports pour les homothéties, vecteurs pour les translations.
Math & Co — les mosaïques de l'Alhambra
Entre 1338 et 1390, les artisans de la dynastie nasride couvrent les murs du palais de l'Alhambra, à Grenade, de mosaïques géométriques d'une variété stupéfiante. Sans connaître la moindre formule, ils combinent intuitivement rotations et translations pour engendrer des motifs qui se répètent à l'infini sans jamais se chevaucher.
Il faudra attendre le mathématicien russe Evgraf Fedorov, en 1891, pour démontrer qu'il n'existe que dix-sept façons fondamentalement différentes de composer ainsi rotations, translations et symétries pour paver le plan : les dix-sept « groupes de papiers peints ». On les retrouve presque toutes dans les décors de l'Alhambra.
4Effet sur les longueurs, aires et angles
Rotation et homothétie n'ont pas le même effet sur les mesures d'une figure. Il est essentiel de bien distinguer les deux, car c'est l'un des pièges les plus fréquents du baccalauréat.
4.1 Tableau récapitulatif
Grandeur
Rotation r(O,θ)
Homothétie h(O,k)
Longueurs
conservées
multipliées par ∣k∣
Angles (orientés)
conservés
conservés (même si k<0)
Aires
conservées
multipliées par k2
Parallélisme, alignement
conservés
conservés
Attention
Piège classique du bac : une homothétie de rapport k multiplie les longueurs par ∣k∣, mais les aires par k2 — jamais par k tout seul, ni par ∣k∣. Comme k2 est toujours positif, l'aire de l'image est toujours positive, y compris quand k<0.
4.2 Pourquoi l'aire est multipliée par k2
Théorème
Une homothétie de rapport k multiplie toutes les aires par k2.
Démonstration
Considérons d'abord un triangle ABC et son image A′B′C′ par h(O,k). L'aire d'un triangle vaut Aire=21AB×AC×sinA.
A′B′=∣k∣AB et A′C′=∣k∣ACl'homothétie multiplie les longueurs par ∣k∣
A′=Ales angles sont conservés
Aire′=21×A′B′×A′C′×sinA′
=21×∣k∣AB×∣k∣AC×sinA
=k2×(21AB×AC×sinA)
=k2×Aire
Tout polygone se décompose en triangles ; le résultat se généralise donc à n'importe quelle figure polygonale, puis (par passage à la limite, admis) à toute figure du plan, en particulier au disque. C.Q.F.D.
Exemple — aire d'un triangle image
Un triangle a une aire de 15cm2. On lui applique une homothétie de rapport k=−4. L'aire de l'image vaut k2×15=16×15=240cm2 (et surtout pas−240 : une aire est toujours positive).
Exemple — cercle image
Un cercle de rayon 3cm subit une homothétie de rapport k=2,5. Le rayon de l'image vaut 2,5×3=7,5cm, et son aire est multipliée par 2,52=6,25 : elle passe de 9πcm2 à 56,25πcm2.
Un dernier point mérite d'être souligné, car il surprend souvent : contrairement à une symétrie axiale (qui « retourne » une figure comme un miroir), une homothétie — même de rapport négatif — conserve toujours l'orientation des angles. En effet, une homothétie de rapport k<0 peut s'écrire comme la composée d'une homothétie de rapport ∣k∣>0 et de la symétrie centrale de centre O (qui est une rotation de 180°) : ces deux transformations conservent l'orientation, donc leur composée aussi.
5Applications aux constructions et démonstrations
Voici l'objectif final de ce chapitre : te servir des transformations comme d'un véritable outil de démonstration, sans mesurer ni construire quoi que ce soit sur une figure.
5.1 Démontrer un alignement ou un parallélisme
Méthode — prouver un parallélisme ou un alignement par une transformation
Pour montrer que (A′B′)∥(AB), il suffit de montrer que A′ et B′ sont les images de A et B par une même homothétie (ou une même translation) : le théorème A′B′=kAB conclut aussitôt. Pour montrer que trois points P, Q, R sont alignés, on peut montrer que PQ et PR sont colinéaires — ce qui est automatique si Q et R sont tous deux images de points alignés avec P par une même homothétie de centre P.
Exemple — alignement avec le centre d'une homothétie
Soit h l'homothétie de centre A et de rapport 3. Soit M un point quelconque du plan et M′ son image. Montrons que A, M, M′ sont alignés.
Par définition de h, AM′=3AM : les vecteurs AM′ et AM sont colinéaires (l'un est le triple de l'autre), et ils ont la même origine A. Les points A, M, M′ sont donc alignés.
L'exemple le plus riche de cette méthode concerne un résultat que tu connais déjà par un autre chemin : la droite des milieux d'un triangle. Redémontrons-la avec une homothétie bien choisie.
Théorème — triangle médian
Soit ABC un triangle et G son centre de gravité (isobarycentre de A, B, C). L'homothétie h de centre G et de rapport −21 transforme A en le milieu de [BC], B en le milieu de [AC], et C en le milieu de [AB].
Démonstration
Notons I le milieu de [BC]. Rappelons deux résultats connus (chapitre barycentre) : GA+GB+GC=0, et pour tout milieu, GI=21(GB+GC).
GA+GB+GC=0
⇒GB+GC=−GA
GI=21(GB+GC)I milieu de [BC]
=21×(−GA)
=−21GA
C'est exactement dire que I=h(A) avec h l'homothétie de centre G et de rapport −21. Le même raisonnement, appliqué à B et C, donne les deux autres égalités. C.Q.F.D.
Conséquence immédiate : notant I le milieu de [BC] et J le milieu de [AC], le segment [IJ] est l'image de [AB] par cette même homothétie. D'après le théorème de la section précédente, (IJ)∥(AB) et IJ=−21×AB=2AB — on retrouve ainsi le théorème de la droite des milieux, démontré cette fois par une homothétie plutôt que par Thalès.
5.2 Problème de lieu géométrique
Un lieu géométrique est l'ensemble des positions que peut occuper un point M′ lorsqu'un autre point M, qui lui est lié par une règle fixe, parcourt un ensemble connu (droite, cercle...). Les transformations offrent une méthode redoutablement efficace pour les résoudre.
Méthode — résoudre un problème de lieu par une transformation
Identifier la transformation fixef telle que M′=f(M) (elle ne doit pas dépendre de la position de M) ;
Identifier l'ensemble E décrit par M (donné dans l'énoncé) ;
Conclure : le lieu de M′ est l'image f(E). Une droite reste une droite ; un cercle (Ω;ρ) devient le cercle (f(Ω);ρ) par une rotation, ou (f(Ω);∣k∣ρ) par une homothétie de rapport k.
Exemple — lieu par une homothétie
Soit (I;r) un cercle fixe et O un point fixe n'appartenant pas au cercle. Pour tout point M du cercle (I;r), on construit M′=h(O,k)(M). Déterminer le lieu de M′ lorsque M décrit le cercle (I;r).
L'homothétie h(O,k) est une transformation fixe (elle ne dépend pas de M). D'après la propriété de la section 2, l'image du cercle (I;r) par h(O,k) est le cercle (I′;∣k∣r), où I′=h(O,k)(I). Comme h est une bijection du plan et que M parcourt tout le cercle (I;r), son image M′ parcourt tout le cercle (I′;∣k∣r).
Conclusion : le lieu de M′ est le cercle de centre I′=h(O,k)(I) et de rayon ∣k∣r.
Figure 6 — Quand M parcourt le cercle (I;r) (noir), son image M′ par l'homothétie h(O,k) parcourt le cercle (I′;∣k∣r) (vert) : deux positions de M suffisent à s'en convaincre.
Attention
Dans une rédaction de bac, il ne suffit jamais d'écrire « le lieu est un cercle ». Il faut donner sa nature complète : le centre et le rayon (ou l'équation), sous peine de perdre l'essentiel des points de la question.
Triangle médian : h(G,−21) envoie chaque sommet sur le milieu du côté opposé — redonne la droite des milieux.
Lieu géométrique : identifier f fixe telle que M′=f(M), puis conclure via l'image de l'ensemble décrit par M (préciser centre et rayon si c'est un cercle).
6Exercices corrigés
Niveau 1 — Application directe
1
Soit O(2;−1) et M(5;3). Calcule les coordonnées de l'image de M par l'homothétie de centre O et de rapport : a)k=2 ; b)k=−3.
Voir le corrigé détaillé
a)
x′=2+2(5−2)=2+6=8
y′=−1+2(3−(−1))=−1+8=7
D'où M′(8;7).
b)
x′=2−3(5−2)=2−9=−7
y′=−1−3(3−(−1))=−1−12=−13
D'où M′(−7;−13).
2
Soit O(0;2) et M(3;5). Calcule les coordonnées de l'image de M par la rotation de centre O et d'angle : a)90° ; b)180°.
Voir le corrigé détaillé
a)cos90°=0, sin90°=1.
x′−0=3×0−3×1=−3⇒x′=−3
y′−2=3×1+3×0=3⇒y′=5
D'où M′(−3;5).
b)cos180°=−1, sin180°=0.
x′−0=3×(−1)−3×0=−3⇒x′=−3
y′−2=3×0+3×(−1)=−3⇒y′=−1
D'où M′(−3;−1).
3
Une homothétie de centre O(0;0) transforme A(2;3) en A′(6;9). a) Détermine son rapport k. b) Calcule l'image de B(1;−1).
Voir le corrigé détaillé
a)OA′=kOA, donc (6;9)=k(2;3).
6=2k⇒k=3
9=3k⇒k=3cohérent sur les deux coordonnées
D'où k=3.
b)
B′=3×B=3×(1;−1)
=(3;−3)
4
Un triangle a un périmètre de 18 cm et une aire de 24cm2. On lui applique une homothétie de rapport k=−2,5. Calcule le périmètre et l'aire de l'image.
Voir le corrigé détaillé
périmètre' =∣k∣×18=2,5×18
=45 cm
aire' =k2×24=6,25×24
=150cm2
Le signe de k ne joue aucun rôle sur ces deux résultats : seule sa valeur absolue (et son carré) compte.
5
Soit O(0;0) et M(4;0). On compose la rotation r(O,30°) suivie de la rotation r(O,60°). a) Quelle est la rotation composée ? b) Calcule l'image de M.
Voir le corrigé détaillé
a) Deux rotations de même centre O se composent en additionnant leurs angles : 30°+60°=90°. La composée est donc r(O,90°).
b)cos90°=0, sin90°=1.
x′=4×0−0×1=0
y′=4×1+0×0=4
D'où M′(0;4).
Niveau 2 — Approfondissement
6
Soit ABC avec A(0;0), B(8;0), C(0;6). a) Calcule le centre de gravité G. b) Vérifie que l'homothétie h(G,−21) transforme A en le milieu de [BC]. c) Sachant que le périmètre de ABC vaut 24 cm, déduis-en le périmètre du triangle médian (formé par les trois milieux).
Voir le corrigé détaillé
a)
G=(30+8+0;30+0+6)
=(38;2)
b) Milieu de [BC] : I=(28+0;20+6)=(4;3).
h(G,−21)(A)=G−21(A−G)
=(38;2)−21(−38;−2)
=(38+34;2+1)
=(4;3)=I
C'est bien le milieu de [BC], conformément au théorème du triangle médian.
c) Le rapport de l'homothétie est k=−21, donc chaque côté du triangle médian mesure la moitié du côté correspondant de ABC : périmètre =−21×24=12 cm.
Figure 7 — Le triangle médian (vert), formé des milieux des côtés, est l'image du triangle ABC par l'homothétie de centre G et de rapport −21.
7
Soit O(1;0), t la translation de vecteur u(3;1) et h=h(O,2). Pour M(2;4), calcule (h∘t)(M) et (t∘h)(M), et compare.
Voir le corrigé détaillé
h∘t : on translate d'abord.
t(M)=(2+3;4+1)=(5;5)
h(5;5)=(1+2(5−1);0+2(5−0))
=(9;10)
t∘h : on applique l'homothétie d'abord.
h(M)=(1+2(2−1);0+2(4−0))=(3;8)
t(3;8)=(3+3;8+1)
=(6;9)
(h∘t)(M)=(9;10)=(6;9)=(t∘h)(M) : les deux composées sont différentes, ce qui confirme que f∘g=g∘f en général.
8
O, B, C sont trois points non alignés avec OB=15 cm et BC=10 cm. A est le point de (OB) tel que OA=53OB, et A′ le point de (OC) tel que OA′=53OC. a) Justifie que (AA′)∥(BC). b) Calcule OA et AA′.
Voir le corrigé détaillé
a)A et A′ sont les images de B et C par l'homothétie h(O,53) : d'après le théorème sur l'image d'un segment, AA′=53BC, donc (AA′)∥(BC).
b)
OA=53×OB=53×15=9 cm
AA′=53×BC=53×10
=6 cm
9
Dans un repère, O(0;0), I(10;0) est le centre d'un cercle de rayon 4 cm. Pour tout point M de ce cercle, on pose M′=h(O,0,5)(M). Détermine le lieu du point M′ (nature, centre, rayon).
Voir le corrigé détaillé
h(O,0,5) transforme le cercle (I;4) en un cercle de centre I′=h(O,0,5)(I) et de rayon 0,5×4.
I′=0,5×(10;0)=(5;0)
rayon' =0,5×4=2 cm
Le lieu de M′ est donc le cercle de centre I′(5;0) et de rayon 2 cm.
Niveau 3 — Défi
10
(Type ROC). Soit ABC un triangle, I le milieu de [AB] et J le milieu de [AC].
Montre que l'homothétie de centre A et de rapport 21 transforme B en I et C en J.
Déduis-en que (IJ)∥(BC) et que IJ=2BC.
Voir le corrigé détaillé
1. Notons h l'homothétie de centre A et de rapport 21.
h(B)=A+21(B−A)
⇔Ah(B)=21AB
Or I est le milieu de [AB], donc AI=21AB également. Par unicité du point vérifiant cette égalité vectorielle, h(B)=I. Le même raisonnement sur [AC] donne h(C)=J.
2.I et J étant les images de B et C par la même homothétie h(A,21), le théorème sur l'image d'un segment donne :
IJ=21BC
Ce qui prouve à la fois que IJ et BC sont colinéaires, donc (IJ)∥(BC), et qu'en passant aux normes, IJ=2BC. C.Q.F.D.
11
Soit h1=h(O1,k1) et h2=h(O2,k2) deux homothéties de centres distincts, avec k1k2=1.
En s'inspirant de la démonstration du cours pour h∘t, montre que h2∘h1 est une homothétie de rapport k1k2, de centre Ω tel que O2Ω(1−k1k2)=O2O1(1−k2)+O1O2k2(1−k1) (formule admise, à ne pas retenir).
Calcule les coordonnées de Ω pour O1(0;0), k1=2, O2(6;0), k2=−2.
Vérifie le résultat sur le point M(2;0).
Voir le corrigé détaillé
1. Pour tout M : h1(M)=O1+k1(M−O1), puis
h2(h1(M))=O2+k2(h1(M)−O2)
=O2+k2(O1+k1(M−O1)−O2)
=[O2+k2(O1−O2)−k1k2O1]+k1k2M
Cette expression est bien de la forme Ω(1−k1k2)+k1k2M pour un certain point Ω : h2∘h1 est donc l'homothétie de rapport k1k2 et de centre Ω (formule admise ci-dessus).
3. Le milieu de [AJ] est (20+8;20+6)=(4;3)=I, qui est aussi le milieu de [BC]. Les diagonales [AJ] et [BC] du quadrilatère ABJC se coupent donc en leur milieu commun I : ABJC est un parallélogramme.
Figure 8 — J=h(A,2)(I) : les diagonales [AJ] et [BC] du quadrilatère ABJC se coupent en leur milieu commun I, donc ABJC est un parallélogramme.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13
Le jardin d'Aïssatou (Dakar). Aïssatou possède, à Dakar, un jardin triangulaire de périmètre 42 m et d'aire 78m2. Pour son nouveau terrain, elle fait tracer un jardin de forme identique mais agrandi selon un rapport k=1,4.
Calcule le périmètre du nouveau jardin.
Calcule son aire.
Le grillage coûte 4200 F CFA le mètre et l'engazonnement 1500 F CFA le m2. Calcule le coût total.
Voir le corrigé détaillé
1.
périmètre' =1,4×42
=58,8 m
2.
aire' =1,42×78=1,96×78
=152,88m2
3.
grillage =58,8×4200=246960 F CFA
engazonnement =152,88×1500≈229320 F CFA
coût total ≈246960+229320
≈476280 F CFA
14
La grande roue de N'Djamena. Le moyeu (centre) de la grande roue est situé à O(0;13), les coordonnées étant en mètres, l'axe des ordonnées donnant la hauteur au-dessus du sol. Le rayon de la roue est 12 m. Une cabine part de la position M(12;13) (à hauteur du moyeu) et la roue tourne de 150° dans le sens direct.
Exprime les coordonnées de M relatives à O, puis calcule celles de l'image M′ relatives à O (valeurs exactes).
Déduis-en la hauteur de la cabine au-dessus du sol après la rotation.
Voir le corrigé détaillé
1.M−O=(12;0). On utilise les valeurs usuelles cos150°=−23, sin150°=21.
x′−0=12×(−23)−0×21=−63
y′−0=12×21+0×(−23)=6
La position de M′ relative à O est donc (−63;6), soit environ (−10,4;6).
2.
hauteur =13+6
=19 m
Après cette rotation de 150°, la cabine se trouve à 19 m au-dessus du sol, à environ 10,4 m horizontalement de l'axe de la roue.
15
L'atelier de sérigraphie de Bamako. Sur un gabarit numérique, le coin de référence d'un logo est au point P(3;2) (coordonnées en cm), le logo mesurant 8 cm de large sur 5 cm de haut. Pour imprimer une grande affiche, l'atelier applique la translation de vecteur u(2;−1) cm (repositionnement), puis l'homothétie de centre O(0;0) et de rapport k=6 (agrandissement).
Calcule les coordonnées de l'image de P par h∘t.
Calcule les nouvelles dimensions du logo.
Le tissu d'affiche coûte 5500 F CFA le m2. Calcule le coût du logo imprimé (arrondi au franc).
Voir le corrigé détaillé
1.
t(P)=(3+2;2−1)=(5;1)
h(5;1)=6×(5;1)
=(30;6)
2. Seule l'homothétie change les dimensions (une translation les conserve) :
largeur' =6×8=48 cm
hauteur' =6×5=30 cm
3.
aire' =48×30=1440cm2=0,144m2
coût =0,144×5500
=792 F CFA
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8 questions
Second degré : discriminant et signe du trinôme
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La rotation de centre O et d'angle θ transforme M (M=O) en M′ tel que :
Explication : Par définition, une rotation conserve la distance au centre (OM′=OM) et fait tourner le point d'un angle orienté θ autour de O.
Une rotation d'angle 180° et de centre O est exactement :
Explication : Pour θ=180°, M, O, M′ sont alignés avec O milieu de [MM′] : c'est exactement la définition de la symétrie centrale de centre O.
Dans un repère orthonormé, O(1;2), M(5;2). Quelle est l'image M′ de M par la rotation de centre O et d'angle 90° ?
Une rotation est une isométrie, c'est-à-dire qu'elle :
Explication : C'est le théorème démontré en cours par le calcul de coordonnées : une rotation conserve toutes les distances, donc les longueurs, les angles et les aires.
L'homothétie de centre O et de rapport k (k=0) associe à tout point M le point M′ tel que :
Explication : C'est la définition vectorielle de l'homothétie : OM′=kOM, avec O invariant.
L'homothétie h(O,k) avec k=−1 est exactement :
Explication : Si k=−1, OM′=−OM, ce qui est exactement la définition de la symétrie centrale de centre O.
O(1;1), M(3;2). Quelle est l'image de M par l'homothétie h(O,3) ?
Explication :x′=1+3(3−1)=1+6=7 et y′=1+3(2−1)=1+3=4. D'où M′(7;4).
Si A′ et B′ sont les images de A et B par une homothétie de rapport k, alors :
Explication : C'est le théorème démontré en cours : A′B′=OB′−OA′=kOB−kOA=kAB, d'où le parallélisme et A′B′=∣k∣AB.
Une homothétie de rapport k multiplie les aires par :
Explication : Piège classique du bac : les longueurs sont multipliées par ∣k∣, mais les aires par k2 (jamais par k seul ni par ∣k∣) — c'est pourquoi une aire image reste toujours positive.
Un triangle a une aire de 15cm2. On lui applique une homothétie de rapport k=−4. Quelle est l'aire de l'image ?
Explication : L'aire est multipliée par k2=(−4)2=16, donc 16×15=240cm2. Une aire n'est jamais négative, même si k<0.
Deux homothéties de même centre O, de rapports k1 et k2, se composent en :
Explication : Pour deux homothéties de même centre, les rapports se multiplient : h2∘h1=h(O,k1k2).
La composée d'une translation suivie d'une homothétie de rapport k=1 est :
Explication : D'après le théorème du cours, h∘t reste une homothétie de même rapport k, mais son centre Ω vérifie OΩ=1−kku, généralement différent de O.
Deux rotations de même centre O, d'angles θ1 et θ2, se composent en une rotation de centre O et d'angle :
Explication : Tourner d'un angle θ1 puis d'un angle θ2 revient à tourner d'un seul coup de θ1+θ2 (relation de Chasles sur les angles orientés).
O(0;0), M(4;0). On compose la rotation r(O,30°) suivie de r(O,60°). Quelle est l'image de M ?
Explication : Les deux rotations de même centre se composent en r(O,90°). Avec cos90°=0, sin90°=1 : x′=4×0−0×1=0, y′=4×1+0×0=4, soit M′(0;4).
Soit G le centre de gravité d'un triangle ABC. L'homothétie h(G,−21) transforme A en :
Explication : C'est le théorème du triangle médian, démontré en cours à partir de GA+GB+GC=0 : h(G,−21) envoie chaque sommet sur le milieu du côté opposé.
Un cercle de centre I(10;0) et de rayon 4 cm subit l'homothétie h(O,0,5) avec O(0;0). Quel est le lieu de son image ?
Explication : L'image du cercle (I;r) par h(O,k) est le cercle (h(I);∣k∣r). Ici h(I)=0,5×(10;0)=(5;0), et le rayon devient 0,5×4=2 cm.
Grande roue de Ndjamena. Le moyeu est en O(0;13) (hauteur en mètres), de rayon 12 m. Une cabine part de M(12;13), à hauteur du moyeu, et la roue tourne de 150° dans le sens direct (cos150°=−23, sin150°=21). Quelle est la hauteur de la cabine après cette rotation ?
Explication :M−O=(12;0). y′−0=12×21+0×(−23)=6, donc la nouvelle ordonnée relative à O est 6, et la hauteur au sol vaut 13+6=19 m.
Jardin d'Aïssatou (Dakar). Son jardin triangulaire a un périmètre de 42 m et une aire de 78m2. Elle l'agrandit selon un rapport k=1,4. Quelle est l'aire du nouveau jardin ?
Explication : L'aire est multipliée par k2=1,42=1,96, donc 1,96×78=152,88m2. La valeur 109,2 correspondrait à une erreur consistant à multiplier par k au lieu de k2.
Atelier de sérigraphie (Bamako). Un logo de 8 cm ×5 cm subit une translation puis une homothétie de rapport k=6. Quelles sont les nouvelles dimensions du logo ?
Explication : Une translation conserve les dimensions ; seule l'homothétie les modifie, en les multipliant par ∣k∣=6 : 6×8=48 cm et 6×5=30 cm.
Une homothétie de rapport k<0 :
Explication : Même de rapport négatif, une homothétie s'écrit comme la composée d'une homothétie de rapport ∣k∣>0 et d'une symétrie centrale (rotation de 180°) : ces deux transformations conservent l'orientation, donc leur composée aussi — contrairement à une symétrie axiale.