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Second degré : équations, factorisation et signe

Maîtriser complètement le trinôme du second degré.

Mathématiques Première Chapitre 1 / 13 ⏱ 10 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Résoudre toute équation du second degré
  • Étudier le signe d'un trinôme
  • Résoudre un problème d'optimisation par le second degré

Un architecte qui calcule la portée d’un arc, un ingénieur qui règle la trajectoire d’un jet d’eau, un commerçant de Dakar qui cherche le prix qui maximise sa recette : dans chacun de ces problèmes se cache la même courbe, la parabole, et la même expression algébrique, le trinôme du second degré. Ce chapitre te donne les outils complets pour le maîtriser : résoudre toute équation ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0, factoriser le trinôme, étudier son signe, résoudre des inéquations, et exploiter tout cela pour trouver un maximum ou un minimum.

Tu connais déjà quelques cas particuliers : les identités remarquables t’ont permis de factoriser x2−9x^{2}-9 ou x2−6x+9x^{2}-6x+9, et tu sais résoudre x2=ax^{2}=a. Ce chapitre généralise complètement ces méthodes grâce à un nombre-clé, le discriminant Δ\Delta, qui te dira en un instant combien de solutions possède une équation, sans avoir à les chercher à tâtons.

C’est aussi un chapitre démonstratif : chaque théorème est établi rigoureusement à partir d’une seule idée, la forme canonique, qui consiste à faire apparaître un carré dans l’expression du trinôme. Une fois cette idée comprise, tout le reste — résolution, factorisation, signe, optimisation — en découle presque automatiquement.

1Forme canonique

Définition

Un trinôme du second degré est une expression de la forme

f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax^{2} + bx + c

où aa, bb, cc sont des nombres réels fixés, avec a≠0a \neq 0. On dit que aa est le coefficient dominant, bb le coefficient du terme du premier degré, et cc le terme constant.

Attention

La condition a≠0a \neq 0 est essentielle : si a=0a = 0, l’expression bx+cbx+c n’est plus « du second degré », c’est une expression affine, et toutes les méthodes de ce chapitre (discriminant, parabole…) n’ont plus de sens.

L’objectif de cette première section est de transformer l’écriture ax2+bx+cax^{2}+bx+c en une forme où un seul carré apparaît : c’est la forme canonique. Toute la suite du chapitre en découle.

Théorème — forme canonique

Pour tout trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax^{2}+bx+c avec a≠0a \neq 0, on note Δ=b2−4ac\Delta = b^{2}-4ac (le discriminant). Alors, pour tout réel xx :

f(x)=a(x+b2a)2−Δ4af(x) = a\left(x + \dfrac{b}{2a}\right)^{2} - \dfrac{\Delta}{4a}

Autrement dit, f(x)=a(x−α)2+βf(x) = a(x-\alpha)^{2}+\beta, avec α=−b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a} et β=−Δ4a\beta = -\dfrac{\Delta}{4a}.

Démonstration

On fait apparaître le début du carré (x+b2a)2\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2} en mettant aa en facteur dans les deux premiers termes.

  1. f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax^{2}+bx+c
  2. ==a(x2+bax)+ca\left(x^{2} + \dfrac{b}{a}x\right) + caa mis en facteur (possible car a≠0a \neq 0)
  3. ==a[(x+b2a)2−b24a2]+ca\left[\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2} - \dfrac{b^{2}}{4a^{2}}\right] + cidentité u2+2u v=(u+v)2−v2u^{2}+2u\,v = (u+v)^{2}-v^{2} avec u=xu=x, v=b2av=\dfrac{b}{2a}
  4. ==a(x+b2a)2−b24a+ca\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2} - \dfrac{b^{2}}{4a} + con distribue le aa
  5. ==a(x+b2a)2+4ac−b24aa\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2} + \dfrac{4ac-b^{2}}{4a}réduction au même dénominateur 4a4a
  6. ==a(x+b2a)2−b2−4ac4aa\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2} - \dfrac{b^{2}-4ac}{4a}

En posant Δ=b2−4ac\Delta = b^{2}-4ac, on obtient exactement f(x)=a(x+b2a)2−Δ4af(x) = a\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2} - \dfrac{\Delta}{4a}. C.Q.F.D.

Exemple — deux mises sous forme canonique

1) f(x)=2x2−4x+5f(x) = 2x^{2}-4x+5.

  1. f(x)=2(x2−2x)+5f(x) = 2(x^{2}-2x)+5
  2. ==2[(x−1)2−1]+52\left[(x-1)^{2}-1\right]+5x2−2x=(x−1)2−1x^{2}-2x = (x-1)^{2}-1
  3. ==2(x−1)2−2+52(x-1)^{2}-2+5
  4. ==2(x−1)2+32(x-1)^{2}+3

2) g(x)=−3x2+6x−1g(x) = -3x^{2}+6x-1.

  1. g(x)=−3(x2−2x)−1g(x) = -3(x^{2}-2x)-1
  2. ==−3[(x−1)2−1]−1-3\left[(x-1)^{2}-1\right]-1
  3. ==−3(x−1)2+3−1-3(x-1)^{2}+3-1
  4. ==−3(x−1)2+2-3(x-1)^{2}+2

1.1  Sommet et axe de symétrie

La forme canonique f(x)=a(x−α)2+βf(x)=a(x-\alpha)^{2}+\beta se lit directement sur le graphique. Comme (x−α)2⩾0(x-\alpha)^{2} \geqslant 0 pour tout xx, et vaut 00 exactement quand x=αx=\alpha :

Propriété
  • Si a>0a>0 : f(x)⩾βf(x) \geqslant \beta pour tout xx, avec égalité en x=αx=\alpha. Le trinôme admet un minimum β\beta, atteint en α\alpha. La parabole est tournée vers le haut.
  • Si a<0a<0 : f(x)⩽βf(x) \leqslant \beta pour tout xx, avec égalité en x=αx=\alpha. Le trinôme admet un maximum β\beta, atteint en α\alpha. La parabole est tournée vers le bas.

Le point S(α ;β)S(\alpha\,;\beta) est le sommet de la parabole ; la droite verticale d’équation x=αx=\alpha est son axe de symétrie : la courbe est symétrique par rapport à cette droite.

Pour le premier exemple ci-dessus, f(x)=2(x−1)2+3f(x)=2(x-1)^{2}+3 avec a=2>0a=2>0 : le sommet est S(1 ;3)S(1\,;3), c’est un minimum. Pour g(x)=−3(x−1)2+2g(x)=-3(x-1)^{2}+2 avec a=−3<0a=-3<0 : le sommet S(1 ;2)S(1\,;2) est un maximum. Nous exploiterons systématiquement cette idée en section 7 pour résoudre des problèmes d’optimisation.

Math & Co — Pourquoi « parabole » ?

Le mot parabole vient du grec ancien parabolê, « application » ou « comparaison ». Il fut choisi par Apollonius de Perga (Asie Mineure, vers −262-262 à −190-190), qui étudia systématiquement les courbes obtenues en coupant un cône par un plan — les coniques : ellipse, parabole, hyperbole — dans son traité Les Coniques, l’un des sommets des mathématiques grecques.

Ironie de l’histoire : les Babyloniens résolvaient déjà des équations du second degré, par des méthodes géométriques équivalentes à notre forme canonique, près de 1 8001\,800 ans avant notre ère — bien avant qu’Apollonius ne nomme la courbe elle-même ! Il faudra attendre René Descartes, en 16371637, pour que la géométrie des coniques et l’algèbre du trinôme se rejoignent complètement grâce à la géométrie analytique (les coordonnées).

2Discriminant et racines

2.1  Le discriminant

Définition

Pour f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c avec a≠0a \neq 0, on appelle discriminant de ff le nombre

Δ=b2−4ac\Delta = b^{2}-4ac

C’est exactement le nombre apparu dans la forme canonique : f(x)=a(x+b2a)2−Δ4af(x) = a\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2} - \dfrac{\Delta}{4a}. Son signe va « discriminer » — distinguer — trois situations pour les solutions de f(x)=0f(x)=0.

2.2  Résolution selon le signe de Δ\Delta

Théorème

Soit f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c, a≠0a\neq0, de discriminant Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac. L’équation f(x)=0f(x)=0 admet :

  • si Δ>0\Delta > 0 : deux solutions distinctes x1=−b−Δ2ax_{1} = \dfrac{-b-\sqrt{\Delta}}{2a} et x2=−b+Δ2ax_{2} = \dfrac{-b+\sqrt{\Delta}}{2a} ;
  • si Δ=0\Delta = 0 : une seule solution (racine double) x0=−b2ax_{0} = -\dfrac{b}{2a} ;
  • si Δ<0\Delta < 0 : aucune solution réelle.
Démonstration

D’après le théorème de la forme canonique, en posant X=x+b2aX = x+\dfrac{b}{2a} :

  1. f(x)=0  ⟺  a(x+b2a)2−Δ4a=0f(x)=0 \iff a\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2} - \dfrac{\Delta}{4a} = 0
  2.   ⟺  \iffaX2=Δ4aa X^{2} = \dfrac{\Delta}{4a}
  3.   ⟺  \iffX2=Δ4a2X^{2} = \dfrac{\Delta}{4a^{2}}on divise par a≠0a \neq 0

Cas Δ<0\Delta<0. Alors Δ4a2<0\dfrac{\Delta}{4a^{2}}<0 (car 4a2>04a^{2}>0), et un carré X2X^{2} ne peut jamais être négatif : l’équation X2=Δ4a2X^{2}=\dfrac{\Delta}{4a^{2}} n’a aucune solution, donc f(x)=0f(x)=0 non plus.

Cas Δ=0\Delta=0. Alors X2=0  ⟺  X=0  ⟺  x=−b2aX^{2}=0 \iff X=0 \iff x=-\dfrac{b}{2a} : une unique solution.

Cas Δ>0\Delta>0. Alors Δ4a2=(Δ2a)2\dfrac{\Delta}{4a^{2}} = \left(\dfrac{\sqrt{\Delta}}{2a}\right)^{2} (ce carré ne dépend pas du signe de aa, car il est déjà élevé au carré). L’équation X2=(Δ2a)2X^{2}=\left(\dfrac{\sqrt{\Delta}}{2a}\right)^{2} équivaut à X=Δ2aX=\dfrac{\sqrt{\Delta}}{2a} ou X=−Δ2aX=-\dfrac{\sqrt{\Delta}}{2a} (théorème x2=ax^{2}=a vu antérieurement). En revenant à x=X−b2ax = X - \dfrac{b}{2a}, on obtient x=−b+Δ2ax=\dfrac{-b+\sqrt{\Delta}}{2a} ou x=−b−Δ2ax=\dfrac{-b-\sqrt{\Delta}}{2a}. C.Q.F.D.

Méthode — résoudre ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0

1) Identifier aa, bb, cc. 2) Calculer Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac. 3) Conclure selon le signe de Δ\Delta, en appliquant le théorème ci-dessus.

Exemple — les trois cas

1) x2−5x+6=0x^{2}-5x+6=0 : a=1,b=−5,c=6a=1,b=-5,c=6.

  1. Δ=(−5)2−4×1×6=25−24=1\Delta = (-5)^{2}-4\times1\times6 = 25-24 = 1
  2. Δ>0⇒\Delta>0\Rightarrowx1=5−12=2x_{1}=\dfrac{5-1}{2}=2 et x2=5+12=3x_{2}=\dfrac{5+1}{2}=3

2) x2−6x+9=0x^{2}-6x+9=0 : a=1,b=−6,c=9a=1,b=-6,c=9.

  1. Δ=36−36=0\Delta = 36-36=0
  2. Δ=0⇒\Delta=0\Rightarrowx0=62=3x_{0}=\dfrac{6}{2}=3racine double, cohérent avec x2−6x+9=(x−3)2x^2-6x+9=(x-3)^2

3) x2+2x+5=0x^{2}+2x+5=0 : a=1,b=2,c=5a=1,b=2,c=5.

  1. Δ=4−20=−16\Delta = 4-20=-16
  2. Δ<0⇒\Delta<0\Rightarrowaucune solution réelle
Attention

Deux pièges très fréquents au bac. D’abord, Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac et pas (b−4ac)2(b-4ac)^{2} ni b2−4cb^{2}-4c : n’oublie jamais le facteur aa. Ensuite, quand Δ>0\Delta>0, il y a deux solutions : oublier le signe ±\pm devant Δ\sqrt{\Delta} et n’écrire qu’une racine est une erreur classique et coûteuse.

Math & Co — Une formule vieille de 3 8003\,800 ans

Des tablettes d’argile babyloniennes datées d’environ −1 800-1\,800 montrent déjà des procédures de résolution équivalentes à la formule du discriminant, pour des problèmes concrets de partage de terrains. Les savants arabes, en particulier Al-Khwarizmi à Bagdad vers 820820, donnèrent les premières méthodes systématiques et classifiées dans son traité Kitab al-jabr wa al-muqabala — d’où vient le mot « algèbre ». Il ne connaissait toutefois que des solutions positives, les nombres négatifs n’étant pas encore acceptés.

La notation moderne et la prise en compte des racines négatives (voire l’absence de racine réelle) se mettent en place progressivement avec François Viète (1540−16031540-1603), Albert Girard (16291629) et René Descartes (16371637), jusqu’à la formule complète que tu utilises aujourd’hui.

2.3  Représentation graphique : parabole selon aa et Δ\Delta

Le nombre de solutions de f(x)=0f(x)=0 correspond exactement au nombre de points où la courbe de ff coupe l’axe des abscisses. Le signe de aa fixe l’orientation de la parabole (vers le haut ou vers le bas), le signe de Δ\Delta fixe le nombre de points d’intersection avec cet axe : ce sont deux informations indépendantes, ce qui donne six positions possibles.

-2-11234-448110Δ>0Δ=0Δ<0a > 0 : trois positions possibles de la parabole
Figure 1 — Pour a>0a>0, la parabole est tournée vers le haut. Selon le signe de Δ\Delta : deux points d’intersection avec l’axe des abscisses (noir), un seul point de contact — tangence — (violet), ou aucun point commun (orange).
-2-11234-11-8-440Δ>0Δ=0Δ<0a < 0 : trois positions possibles de la parabole
Figure 2 — Pour a<0a<0, la parabole est tournée vers le bas : mêmes trois positions possibles, symétriques des précédentes par rapport à l’axe des abscisses.
Δ>0\Delta>0Δ=0\Delta=0Δ<0\Delta<0
a>0a>0coupe l’axe en 2 points, creux vers le hauttangente à l’axe en 1 point, creux vers le hautne touche jamais l’axe, entièrement au-dessus
a<0a<0coupe l’axe en 2 points, creux vers le bastangente à l’axe en 1 point, creux vers le basne touche jamais l’axe, entièrement en dessous

2.4  Équations bicarrées et changements de variable

Définition

Une équation bicarrée est une équation de la forme ax4+bx2+c=0ax^{4}+bx^{2}+c=0, avec a≠0a\neq0. Elle ne contient que des puissances paires de xx.

Méthode — résoudre une équation bicarrée

On pose X=x2X=x^{2} (donc X⩾0X \geqslant 0 obligatoirement). L’équation devient aX2+bX+c=0aX^{2}+bX+c=0, un vrai second degré en XX, que l’on résout avec Δ\Delta. On ne garde que les solutions X⩾0X \geqslant 0, puis on revient à xx par x=Xx=\sqrt{X} ou x=−Xx=-\sqrt{X}.

Exemple — équation bicarrée

1) Résoudre x4−5x2+4=0x^{4}-5x^{2}+4=0.

  1. on pose X=x2X=x^{2}
  2. ⇒\RightarrowX2−5X+4=0X^{2}-5X+4=0
  3. Δ=25−16=9\Delta = 25-16=9
  4. ⇒\RightarrowX1=5−32=1X_{1}=\dfrac{5-3}{2}=1 et X2=5+32=4X_{2}=\dfrac{5+3}{2}=4les deux valeurs sont ⩾0\geqslant 0, donc valables
  5. x2=1⇒x=−1x^{2}=1 \Rightarrow x=-1 ou x=1x=1
  6. x2=4⇒x=−2x^{2}=4 \Rightarrow x=-2 ou x=2x=2

L’équation admet quatre solutions : −2 ;−1 ;1 ;2-2\,;-1\,;1\,;2.

2) Résoudre x4+x2+1=0x^{4}+x^{2}+1=0 : on pose X=x2X=x^{2}, soit X2+X+1=0X^{2}+X+1=0, de discriminant Δ=1−4=−3<0\Delta=1-4=-3<0 : aucune solution en XX, donc aucune solution réelle en xx (et ce, sans même avoir besoin de discuter le signe de XX).

Le même principe — poser une nouvelle inconnue pour faire apparaître un second degré déguisé — s’applique à d’autres équations : produits, quotients, ou expressions qui se répètent. Tu en verras un exemple travaillé dans les exercices « Défi ».

3Factorisation

Théorème — factorisation du trinôme

Soit f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c, a≠0a\neq0, de discriminant Δ\Delta.

  • Si Δ⩾0\Delta \geqslant 0, ff admet une (ou deux) racine(s) x1x_{1}, x2x_{2} et, pour tout réel xx :

f(x)=a(x−x1)(x−x2)f(x) = a(x-x_{1})(x-x_{2})

(si Δ=0\Delta=0, on a x1=x2=x0x_{1}=x_{2}=x_{0}, et f(x)=a(x−x0)2f(x)=a(x-x_{0})^{2}).

  • Si Δ<0\Delta<0, ff ne peut pas se factoriser par des expressions du premier degré à coefficients réels : on dit qu’il est irréductible dans R\mathbb{R}.
Démonstration

Supposons Δ⩾0\Delta \geqslant 0, avec x1=−b−Δ2ax_{1}=\dfrac{-b-\sqrt{\Delta}}{2a} et x2=−b+Δ2ax_{2}=\dfrac{-b+\sqrt{\Delta}}{2a} (éventuellement égales). Calculons leur somme et leur produit.

  1. x1+x2=(−b−Δ)+(−b+Δ)2a=−2b2a=−bax_{1}+x_{2} = \dfrac{(-b-\sqrt{\Delta})+(-b+\sqrt{\Delta})}{2a} = \dfrac{-2b}{2a} = -\dfrac{b}{a}
  2. x1×x2=(−b−Δ)(−b+Δ)4a2=b2−Δ4a2x_{1}\times x_{2} = \dfrac{(-b-\sqrt{\Delta})(-b+\sqrt{\Delta})}{4a^{2}} = \dfrac{b^{2}-\Delta}{4a^{2}}identité (u−v)(u+v)=u2−v2(u-v)(u+v)=u^2-v^2
  3. ==b2−(b2−4ac)4a2=4ac4a2=ca\dfrac{b^{2}-(b^{2}-4ac)}{4a^{2}} = \dfrac{4ac}{4a^{2}} = \dfrac{c}{a}

Développons alors a(x−x1)(x−x2)a(x-x_{1})(x-x_{2}) :

  1. a(x−x1)(x−x2)=a[x2−(x1+x2)x+x1x2]a(x-x_{1})(x-x_{2}) = a\left[x^{2}-(x_{1}+x_{2})x+x_{1}x_{2}\right]
  2. ==a[x2−(−ba)x+ca]a\left[x^{2}-\left(-\dfrac{b}{a}\right)x+\dfrac{c}{a}\right]
  3. ==ax2+bx+c=f(x)ax^{2}+bx+c = f(x)

Si Δ<0\Delta<0, une factorisation f(x)=a(x−r1)(x−r2)f(x)=a(x-r_1)(x-r_2) donnerait f(r1)=0f(r_1)=0, donc une racine réelle — ce qui contredit le théorème de résolution (aucune solution quand Δ<0\Delta<0). C.Q.F.D.

Méthode — factoriser un trinôme

1) Calculer Δ\Delta. 2) Si Δ<0\Delta<0 : non factorisable, on s’arrête là. 3) Sinon, calculer la ou les racines, puis écrire f(x)=a(x−x1)(x−x2)f(x)=a(x-x_{1})(x-x_{2}) (ou a(x−x0)2a(x-x_{0})^{2}).

Exemple — trois trinômes à factoriser

1) f(x)=2x2−3x−2f(x)=2x^{2}-3x-2.

  1. Δ=9+16=25\Delta = 9+16 = 25, Δ=5\sqrt{\Delta}=5
  2. x1=3−54=−12x_{1}=\dfrac{3-5}{4}=-\dfrac{1}{2} et x2=3+54=2x_{2}=\dfrac{3+5}{4}=2
  3. ⇒\Rightarrowf(x)=2(x+12)(x−2)f(x)=2\left(x+\dfrac12\right)(x-2)
  4. ==(2x+1)(x−2)(2x+1)(x-2)on distribue le 22 dans le premier facteur

2) g(x)=x2−6x+9g(x)=x^{2}-6x+9 : Δ=36−36=0\Delta=36-36=0, racine double x0=3x_{0}=3, donc g(x)=(x−3)2g(x)=(x-3)^{2}.

3) h(x)=x2+x+1h(x)=x^{2}+x+1 : Δ=1−4=−3<0\Delta=1-4=-3<0 : hh est irréductible, aucune factorisation possible dans R\mathbb{R}.

4Signe du trinôme

Théorème — signe du trinôme

Soit f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c, a≠0a \neq 0, de discriminant Δ\Delta.

  • Si Δ<0\Delta<0 : f(x)f(x) a le signe de aa pour tout x∈Rx \in \mathbb{R} (jamais nul).
  • Si Δ=0\Delta=0 : f(x)f(x) a le signe de aa pour tout x≠x0x \neq x_{0}, et f(x0)=0f(x_{0})=0.
  • Si Δ>0\Delta>0 (racines x1<x2x_{1}<x_{2}) : f(x)f(x) a le signe de aa à l’extérieur des racines, et le signe de −a-a (contraire) entre les racines ; f(x1)=f(x2)=0f(x_1)=f(x_2)=0.
Démonstration

Cas Δ<0\Delta<0. D’après la forme canonique, f(x)=a[(x+b2a)2−Δ4a2]f(x)=a\left[\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2}-\dfrac{\Delta}{4a^{2}}\right]. Comme Δ<0\Delta<0, le terme −Δ4a2-\dfrac{\Delta}{4a^{2}} est strictement positif ; il s’ajoute à un carré positif ou nul : le crochet est donc strictement positif pour tout xx. Le signe de f(x)f(x) est alors exactement celui de aa, sans jamais s’annuler.

Cas Δ=0\Delta=0. f(x)=a(x−x0)2f(x)=a(x-x_{0})^{2} : le carré (x−x0)2(x-x_{0})^{2} est strictement positif sauf en x0x_0 où il est nul. Le signe de f(x)f(x) est donc celui de aa, sauf en x0x_0 où ff s’annule.

Cas Δ>0\Delta>0. f(x)=a(x−x1)(x−x2)f(x)=a(x-x_{1})(x-x_{2}) avec x1<x2x_1<x_2. Étudions le signe du produit (x−x1)(x−x2)(x-x_1)(x-x_2) : si x<x1x<x_1 ou x>x2x>x_2, les deux facteurs sont de même signe, le produit est positif ; si x1<x<x2x_1<x<x_2, les deux facteurs sont de signes contraires, le produit est négatif. Il suffit alors de multiplier par le signe de aa pour conclure. C.Q.F.D.

xx−∞-\inftyx1x_{1}x2x_{2}+∞+\infty
signe de f(x)f(x)signe de aa00signe de −a-a00signe de aa
Exemple — dresser un tableau de signe

1) f(x)=−x2+x+6f(x)=-x^{2}+x+6.

  1. Δ=1+24=25>0\Delta = 1+24=25>0, Δ=5\sqrt{\Delta}=5
  2. x1=−1−5−2=3x_{1}=\dfrac{-1-5}{-2}=3 et x2=−1+5−2=−2x_{2}=\dfrac{-1+5}{-2}=-2

Attention à l’ordre : les racines rangées dans l’ordre croissant sont −2-2 puis 33. Comme a=−1<0a=-1<0 : f(x)f(x) est du signe de −a-a (donc positif) entre −2-2 et 33, et du signe de aa (donc négatif) à l’extérieur.

-3-2-11234-6-3360-23f(x)<0f(x)>0f(x)<0Signe de f(x) = −x² + x + 6
Figure 3 — Le trinôme f(x)=−x2+x+6=−(x−3)(x+2)f(x)=-x^{2}+x+6=-(x-3)(x+2) est positif entre ses racines (segment vert) et négatif à l’extérieur (segments rouges) : ici a=−1<0a=-1<0.

2) g(x)=2x2+3g(x)=2x^{2}+3 : ici b=0b=0, Δ=0−24=−24<0\Delta=0-24=-24<0, et a=2>0a=2>0 : g(x)>0g(x)>0 pour tout réel xx (ce qui est cohérent : un carré plus une constante positive).

Attention

L’erreur la plus fréquente : oublier d’inverser le signe entre les racines quand a<0a<0. Retiens la règle par une phrase : « signe de aa à l’extérieur, signe contraire à l’intérieur » — seulement si Δ>0\Delta>0. Si Δ⩽0\Delta \leqslant 0, il n’y a pas d’« intérieur » : le trinôme garde un signe constant (à l’annulation éventuelle près).

5Inéquations du second degré

Méthode — résoudre ax2+bx+c≷0ax^{2}+bx+c \gtrless 0

1) Ramener l’inéquation à la forme f(x)≷0f(x) \gtrless 0 (tout d’un côté). 2) Calculer Δ\Delta et les racines éventuelles. 3) Dresser le tableau de signe de ff. 4) Lire l’ensemble des solutions dans la ligne des signes, en réunion d’intervalles.

Exemple — trois inéquations

1) 2x2−3x−2⩾02x^{2}-3x-2 \geqslant 0. D’après la section 3, 2x2−3x−2=(2x+1)(x−2)2x^{2}-3x-2=(2x+1)(x-2), racines −12-\dfrac12 et 22, a=2>0a=2>0.

  1. signe de aa à l’extérieur des racines : positif ou nul sur ]−∞ ;−12]∪[2 ;+∞[\left]-\infty\,;-\dfrac12\right]\cup[2\,;+\infty[

S=]−∞ ;−12]∪[2 ;+∞[\mathcal{S} = \left]-\infty\,;-\dfrac12\right]\cup[2\,;+\infty[

2) −x2+x+6>0-x^{2}+x+6>0 : d’après l’exemple de la section 4, racines −2-2 et 33, positif strictement entre les racines.

S=]−2 ;3[\mathcal{S} = \left]-2\,;3\right[

3) x2−4x+4⩽0x^{2}-4x+4 \leqslant 0.

  1. Δ=16−16=0\Delta=16-16=0
  2. x2−4x+4=(x−2)2x^{2}-4x+4=(x-2)^{2}
  3. or un carré est toujours ⩾0\geqslant 0
  4. ⇒\Rightarrow(x−2)2⩽0(x-2)^{2}\leqslant 0 seulement si (x−2)2=0(x-2)^{2}=0

S={2}\mathcal{S} = \{2\} : un cas limite où l’inéquation n’a qu’une seule solution.

5.1  Position d’une parabole et d’une droite

Comparer une parabole P:y=f(x)P: y=f(x) et une droite d:y=g(x)d: y=g(x) revient à étudier le signe de la différence f(x)−g(x)f(x)-g(x), qui est encore un trinôme du second degré (ou une expression affine si les termes en x2x^2 se compensent).

Exemple — parabole au-dessus ou en dessous d’une droite

Soit P:y=x2−1P: y=x^{2}-1 et d:y=x+1d: y=x+1. Étudions le signe de D(x)=(x2−1)−(x+1)D(x)=(x^{2}-1)-(x+1).

  1. D(x)=x2−x−2D(x) = x^{2}-x-2
  2. Δ=1+8=9\Delta = 1+8=9, Δ=3\sqrt{\Delta}=3
  3. x1=1−32=−1x_{1}=\dfrac{1-3}{2}=-1 et x2=1+32=2x_{2}=\dfrac{1+3}{2}=2
  4. D(x)=(x+1)(x−2)D(x)=(x+1)(x-2), a=1>0a=1>0

Donc D(x)>0D(x)>0 (parabole au-dessus de la droite) sur ]−∞ ;−1[∪]2 ;+∞[]-\infty\,;-1[\cup]2\,;+\infty[ ; D(x)<0D(x)<0 (parabole en dessous) sur ]−1 ;2[]-1\,;2[ ; et D(x)=0D(x)=0 — les deux courbes se coupent — en x=−1x=-1 et x=2x=2, c’est-à-dire aux points (−1 ;0)(-1\,;0) et (2 ;3)(2\,;3).

-2-112324680(−1;0)(2;3)P : y = x²−1d : y = x+1
Figure 4 — La parabole P:y=x2−1P: y=x^{2}-1 et la droite d:y=x+1d: y=x+1 se coupent aux points où x2−1=x+1x^{2}-1=x+1, c’est-à-dire en (−1;0)(-1;0) et (2;3)(2;3).
Attention

Pour résoudre une inéquation, ne jamais diviser les deux membres par une expression contenant xx sans discuter son signe : x2>xx^{2}>x n’équivaut pas à x>1x>1 (on perd les solutions négatives, où x2>xx^2>x est aussi vrai). La bonne méthode est toujours de tout ramener d’un seul côté et de factoriser.

6Somme et produit des racines

Propriété — relations entre coefficients et racines

Si f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c (a≠0a\neq0) admet deux racines x1x_{1} et x2x_{2} (distinctes ou confondues, c’est-à-dire Δ⩾0\Delta \geqslant 0), alors

S=x1+x2=−baetP=x1×x2=caS = x_{1}+x_{2} = -\dfrac{b}{a} \qquad\text{et}\qquad P = x_{1}\times x_{2} = \dfrac{c}{a}

Ces deux égalités ont déjà été établies au passage dans la démonstration de la factorisation (section 3) : c’est exactement le calcul qui a permis de vérifier que a(x−x1)(x−x2)a(x-x_1)(x-x_2) redonne ax2+bx+cax^2+bx+c. Elles sont extrêmement utiles pour vérifier un calcul de racines sans refaire tout le discriminant, ou pour résoudre le problème inverse.

Math & Co — Les relations de Viète

Ces formules portent le nom de relations de Viète, en hommage à François Viète (1540−16031540-1603), juriste et mathématicien français, conseiller du roi Henri IV. Il fut l’un des premiers à utiliser des lettres pour désigner à la fois les données connues d’un problème et les inconnues à trouver — une révolution qui a donné naissance à l’algèbre symbolique moderne, celle que tu utilises dans tout ce chapitre. Avant lui, chaque équation se résolvait par des méthodes rédigées entièrement en mots, ce qui rendait toute généralisation extrêmement laborieuse.

6.1  Trouver deux nombres connaissant leur somme et leur produit

Théorème

Deux nombres x1x_{1} et x2x_{2} ont pour somme SS et pour produit PP si et seulement si ils sont solutions de l’équation

X2−SX+P=0X^{2}-SX+P=0

Démonstration

Développons (X−x1)(X−x2)(X-x_1)(X-x_2), sachant x1+x2=Sx_1+x_2=S et x1x2=Px_1x_2=P :

  1. (X−x1)(X−x2)=X2−(x1+x2)X+x1x2(X-x_1)(X-x_2) = X^{2}-(x_1+x_2)X+x_1x_2
  2. ==X2−SX+PX^{2}-SX+P

Donc x1x_1 et x2x_2 annulent X2−SX+PX^2-SX+P : ce sont ses racines. Réciproquement, les racines d’une équation du second degré unitaire X2−SX+P=0X^2-SX+P=0 ont, d’après la section 6 elle-même, pour somme SS et produit PP. C.Q.F.D.

Exemple — deux nombres connaissant SS et PP

Trouver deux nombres de somme 77 et de produit 1212.

  1. ils sont solutions de X2−7X+12=0X^{2}-7X+12=0
  2. Δ=49−48=1\Delta = 49-48=1
  3. ⇒\RightarrowX1=7−12=3X_{1}=\dfrac{7-1}{2}=3 et X2=7+12=4X_{2}=\dfrac{7+1}{2}=4

Les deux nombres cherchés sont 33 et 44 (on vérifie bien 3+4=73+4=7 et 3×4=123\times4=12).

6.2  La méthode de la racine évidente

Propriété — racine évidente

Pour f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c :

  • si a+b+c=0a+b+c=0, alors x=1x=1 est racine, et l’autre racine vaut ca\dfrac{c}{a} (produit P=caP=\frac{c}{a}, donc x2=P/1x_2 = P / 1) ;
  • si a−b+c=0a-b+c=0, alors x=−1x=-1 est racine, et l’autre racine vaut −ca-\dfrac{c}{a}.
Exemple — utiliser une racine évidente

Résoudre 3x2−5x+2=03x^{2}-5x+2=0 sans calculer Δ\Delta.

  1. a+b+c=3−5+2=0a+b+c = 3-5+2=0
  2. ⇒\Rightarrowx1=1x_{1}=1 est racine évidente
  3. P=ca=23P = \dfrac{c}{a} = \dfrac{2}{3}
  4. ⇒\Rightarrowx2=Px1=2/31=23x_{2} = \dfrac{P}{x_1} = \dfrac{2/3}{1} = \dfrac{2}{3}

Vérification par le discriminant : Δ=25−24=1\Delta = 25-24=1, x=5±16x=\dfrac{5\pm1}{6}, soit 11 et 23\dfrac23. Cohérent, et beaucoup plus rapide !

7Problèmes d’optimisation

Méthode — optimiser une grandeur modélisée par un trinôme

1) Choisir une variable et exprimer la grandeur à optimiser en fonction d’elle, sous forme d’un trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^2+bx+c, en précisant l’intervalle de validité (contraintes physiques). 2) Mettre ff sous forme canonique, ou calculer directement α=−b2a\alpha=-\dfrac{b}{2a} et β=f(α)\beta=f(\alpha). 3) Conclure : si a>0a>0, β\beta est un minimum ; si a<0a<0, β\beta est un maximum, tous deux atteints en x=αx=\alpha (à condition que α\alpha appartienne à l’intervalle de validité).

Exemple — enclos rectangulaire d’aire maximale

On dispose de 4040 m de grillage pour clôturer un enclos rectangulaire. On note xx la longueur d’un côté, en mètres, avec x∈]0 ;20[x \in ]0\,;20[.

  1. périmètre =40⇒=40 \Rightarrow l’autre côté mesure 20−x20-x
  2. aire A(x)=x(20−x)=−x2+20xA(x) = x(20-x) = -x^{2}+20x
  3. A(x)=−(x2−20x)=−[(x−10)2−100]A(x) = -(x^{2}-20x) = -\left[(x-10)^{2}-100\right]
  4. ==−(x−10)2+100-(x-10)^{2}+100

Comme a=−1<0a=-1<0, AA admet un maximum 100100 atteint en x=10x=10, valeur qui appartient bien à ]0 ;20[]0\,;20[. L’aire est donc maximale, égale à 100 m2100\ \text{m}^{2}, lorsque x=10x=10 m — c’est-à-dire lorsque l’enclos est un carré de côté 1010 m.

51015202550751000maximum (10 ; 100)Aire A(x) = x(20−x), x longueur en mètresA (m²)x (m)
Figure 5 — Aire A(x)=x(20−x)A(x)=x(20-x) d’un enclos rectangulaire de périmètre 4040 m : elle est maximale, 100 m2100\ \text{m}^{2}, pour x=10x=10 m, c’est-à-dire pour un enclos carré.
Exemple — bénéfice maximal d’un artisan

Un artisan de Ndjamena fabrique et vend xx paniers par jour (0⩽x⩽700 \leqslant x \leqslant 70). Son bénéfice quotidien, en francs CFA, est modélisé par B(x)=−50x2+4 000x−30 000B(x) = -50x^{2}+4\,000x-30\,000. Combien de paniers doit-il produire pour maximiser son bénéfice ?

  1. B(x)=−50(x2−80x)−30 000B(x) = -50(x^{2}-80x)-30\,000
  2. ==−50[(x−40)2−1 600]−30 000-50\left[(x-40)^{2}-1\,600\right]-30\,000
  3. ==−50(x−40)2+80 000−30 000-50(x-40)^{2}+80\,000-30\,000
  4. ==−50(x−40)2+50 000-50(x-40)^{2}+50\,000

Comme a=−50<0a=-50<0, le bénéfice est maximal en x=40x=40, valeur comprise dans [0 ;70][0\,;70]. L’artisan doit produire 4040 paniers par jour, pour un bénéfice maximal de 50 00050\,000 F CFA.

Attention

Le sommet α=−b2a\alpha=-\dfrac{b}{2a} n’est un maximum ou un minimum utilisable que s’il appartient à l’intervalle de validité du problème. Si α\alpha tombe hors de cet intervalle, l’extremum de la grandeur étudiée est atteint à l’une des bornes de l’intervalle : il faut alors comparer les valeurs aux bornes, et non appliquer aveuglément la formule du sommet.

Fiche mémo

  • Forme canonique : f(x)=a(x−α)2+βf(x)=a(x-\alpha)^{2}+\beta, avec α=−b2a\alpha=-\dfrac{b}{2a} et β=−Δ4a\beta=-\dfrac{\Delta}{4a} ; sommet S(α ;β)S(\alpha\,;\beta), minimum si a>0a>0, maximum si a<0a<0.
  • Discriminant : Δ=b2−4ac\Delta = b^{2}-4ac.
  • Δ>0\Delta>0 : deux racines x1,2=−b±Δ2ax_{1,2}=\dfrac{-b\pm\sqrt{\Delta}}{2a}  •  Δ=0\Delta=0 : racine double x0=−b2ax_{0}=-\dfrac{b}{2a}  •  Δ<0\Delta<0 : aucune racine réelle.
  • Factorisation : f(x)=a(x−x1)(x−x2)f(x)=a(x-x_1)(x-x_2) si Δ⩾0\Delta\geqslant0 ; irréductible si Δ<0\Delta<0.
  • Signe : hors des racines, signe de aa ; entre les racines (si Δ>0\Delta>0), signe de −a-a ; signe constant de aa si Δ⩽0\Delta \leqslant 0.
  • Inéquation : tout ramener en f(x)≷0f(x)\gtrless0, dresser le tableau de signe, lire les intervalles.
  • Position parabole/droite : étudier le signe de f(x)−g(x)f(x)-g(x), trinôme du second degré.
  • Somme et produit : S=x1+x2=−baS=x_1+x_2=-\dfrac{b}{a}, P=x1x2=caP=x_1x_2=\dfrac{c}{a}.
  • Connaissant SS et PP : x1x_1, x2x_2 racines de X2−SX+P=0X^2-SX+P=0.
  • Racine évidente : a+b+c=0⇒x=1a+b+c=0 \Rightarrow x=1 racine, autre =ca=\dfrac{c}{a} ; a−b+c=0⇒x=−1a-b+c=0 \Rightarrow x=-1 racine, autre =−ca=-\dfrac{c}{a}.
  • Équation bicarrée ax4+bx2+c=0ax^4+bx^2+c=0 : poser X=x2⩾0X=x^2\geqslant0, résoudre en XX, revenir à x=±Xx=\pm\sqrt{X}.
  • Optimisation : extremum au sommet x=α=−b2ax=\alpha=-\dfrac{b}{2a}, à condition qu’il appartienne à l’intervalle d’étude ; sinon comparer les bornes.

8Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Résoudre dans R\mathbb{R} : a) x2−7x+10=0x^{2}-7x+10=0 ; b) 4x2−4x+1=04x^{2}-4x+1=0 ; c) 2x2−3x+5=02x^{2}-3x+5=0.

Voir le corrigé détaillé

a)

  1. Δ=49−40=9\Delta = 49-40=9
  2. ⇒\Rightarrowx=7−32=2x=\dfrac{7-3}{2}=2 ou x=7+32=5x=\dfrac{7+3}{2}=5

b)

  1. Δ=16−16=0\Delta = 16-16=0
  2. ⇒\Rightarrowx0=48=12x_{0}=\dfrac{4}{8}=\dfrac12racine double, cohérent avec (2x−1)2(2x-1)^2

c)

  1. Δ=9−40=−31<0\Delta = 9-40=-31<0
  2. ⇒\Rightarrowaucune solution réelle
2

Mettre sous forme canonique : a) f(x)=x2+6x+2f(x)=x^{2}+6x+2 ; b) g(x)=−2x2+8x−3g(x)=-2x^{2}+8x-3. Préciser dans chaque cas le sommet.

Voir le corrigé détaillé

a)

  1. f(x)=(x+3)2−9+2f(x) = (x+3)^{2}-9+2
  2. ==(x+3)2−7(x+3)^{2}-7

Sommet S(−3 ;−7)S(-3\,;-7), minimum (car a=1>0a=1>0).

b)

  1. g(x)=−2(x2−4x)−3g(x) = -2(x^{2}-4x)-3
  2. ==−2[(x−2)2−4]−3-2\left[(x-2)^{2}-4\right]-3
  3. ==−2(x−2)2+8−3-2(x-2)^{2}+8-3
  4. ==−2(x−2)2+5-2(x-2)^{2}+5

Sommet S(2 ;5)S(2\,;5), maximum (car a=−2<0a=-2<0).

3

Factoriser quand c’est possible : a) x2−2x−15x^{2}-2x-15 ; b) 4x2−12x+94x^{2}-12x+9 ; c) 3x2−2x+43x^{2}-2x+4.

Voir le corrigé détaillé

a)

  1. Δ=4+60=64\Delta=4+60=64, Δ=8\sqrt{\Delta}=8
  2. racines 2−82=−3\dfrac{2-8}{2}=-3 et 2+82=5\dfrac{2+8}{2}=5
  3. ⇒\Rightarrowx2−2x−15=(x+3)(x−5)x^{2}-2x-15=(x+3)(x-5)

b)

  1. Δ=144−144=0\Delta=144-144=0, racine double 128=32\dfrac{12}{8}=\dfrac32
  2. ⇒\Rightarrow4x2−12x+9=4(x−32)2=(2x−3)24x^{2}-12x+9=4\left(x-\dfrac32\right)^{2}=(2x-3)^{2}

c) Δ=4−48=−44<0\Delta=4-48=-44<0 : non factorisable dans R\mathbb{R}.

4

Dresser le tableau de signe de f(x)=2x2−8x+6f(x)=2x^{2}-8x+6.

Voir le corrigé détaillé
  1. Δ=64−48=16\Delta = 64-48=16, Δ=4\sqrt{\Delta}=4
  2. racines 8−44=1\dfrac{8-4}{4}=1 et 8+44=3\dfrac{8+4}{4}=3

Comme a=2>0a=2>0 :

xx−∞-\infty1133+∞+\infty
signe de f(x)f(x)++00−-00++
5

Donner SS et PP sans résoudre pour a) x2−9x+20=0x^{2}-9x+20=0 et b) 3x2+5x−2=03x^{2}+5x-2=0. c) Utiliser une racine évidente pour résoudre 5x2−3x−2=05x^{2}-3x-2=0.

Voir le corrigé détaillé

a) S=−−91=9S=-\dfrac{-9}{1}=9, P=201=20P=\dfrac{20}{1}=20.

b) S=−53S=-\dfrac{5}{3}, P=−23P=-\dfrac{2}{3}.

c)

  1. a+b+c=5−3−2=0a+b+c=5-3-2=0
  2. ⇒\Rightarrowx1=1x_{1}=1 racine évidente
  3. x2=ca=−25x_{2}=\dfrac{c}{a}=-\dfrac{2}{5}
Niveau 2 — Approfondissement
6

Résoudre l’inéquation 3x2−5x−2⩽03x^{2}-5x-2 \leqslant 0.

Voir le corrigé détaillé
  1. Δ=25+24=49\Delta=25+24=49, Δ=7\sqrt{\Delta}=7
  2. racines 5−76=−13\dfrac{5-7}{6}=-\dfrac13 et 5+76=2\dfrac{5+7}{6}=2
  3. a=3>0a=3>0 : négatif ou nul entre les racines

S=[−13 ;2]\mathcal{S} = \left[-\dfrac13\,;2\right]

7

Résoudre l’inéquation −2x2+5x−2>0-2x^{2}+5x-2 > 0.

Voir le corrigé détaillé
  1. Δ=25−16=9\Delta=25-16=9, Δ=3\sqrt{\Delta}=3
  2. racines −5+3−4=12\dfrac{-5+3}{-4}=\dfrac12 et −5−3−4=2\dfrac{-5-3}{-4}=2
  3. a=−2<0a=-2<0 : positif strictement entre les racines

S=]12 ;2[\mathcal{S} = \left]\dfrac12\,;2\right[

8

Résoudre l’équation bicarrée x4−13x2+36=0x^{4}-13x^{2}+36=0.

Voir le corrigé détaillé
  1. on pose X=x2X=x^{2}
  2. ⇒\RightarrowX2−13X+36=0X^{2}-13X+36=0
  3. Δ=169−144=25\Delta=169-144=25, Δ=5\sqrt{\Delta}=5
  4. ⇒\RightarrowX1=13−52=4X_{1}=\dfrac{13-5}{2}=4 et X2=13+52=9X_{2}=\dfrac{13+5}{2}=9les deux valeurs sont ⩾0\geqslant0
  5. x2=4⇒x=±2x^{2}=4\Rightarrow x=\pm2 ; x2=9⇒x=±3x^{2}=9\Rightarrow x=\pm3

Quatre solutions : −3 ;−2 ;2 ;3-3\,;-2\,;2\,;3.

9

Un rectangle a un périmètre de 3434 cm et une aire de 6060 cm². Déterminer ses dimensions.

Voir le corrigé détaillé

Les deux côtés x1x_{1}, x2x_{2} vérifient x1+x2=17x_{1}+x_{2}=17 (demi-périmètre) et x1x2=60x_{1}x_{2}=60 (aire) : ce sont les racines de X2−17X+60=0X^{2}-17X+60=0.

  1. Δ=289−240=49\Delta = 289-240=49, Δ=7\sqrt{\Delta}=7
  2. ⇒\RightarrowX1=17−72=5X_{1}=\dfrac{17-7}{2}=5 et X2=17+72=12X_{2}=\dfrac{17+7}{2}=12

Le rectangle mesure 1212 cm sur 55 cm.

10

Étudier la position relative de P:y=x2−4x+3P: y=x^{2}-4x+3 et d:y=−x+3d: y=-x+3, et déterminer leurs points d’intersection.

Voir le corrigé détaillé
  1. D(x)=(x2−4x+3)−(−x+3)D(x) = (x^{2}-4x+3)-(-x+3)
  2. ==x2−3xx^{2}-3x
  3. ==x(x−3)x(x-3)racines 00 et 33

Comme a=1>0a=1>0 : D(x)>0D(x)>0 (parabole au-dessus de la droite) sur ]−∞ ;0[∪]3 ;+∞[]-\infty\,;0[\cup]3\,;+\infty[ ; D(x)<0D(x)<0 (parabole en dessous) sur ]0 ;3[]0\,;3[. Intersections en x=0x=0 (point (0 ;3)(0\,;3)) et x=3x=3 (point (3 ;0)(3\,;0)).

Niveau 3 — Défi
11

On considère l’équation (Em):x2−2mx+m+2=0(E_{m}) : x^{2}-2mx+m+2=0, d’inconnue réelle xx, où mm est un paramètre réel.

  1. Exprimer le discriminant Δ(m)\Delta(m) de (Em)(E_m) en fonction de mm, et le factoriser.
  2. Déterminer selon les valeurs de mm le nombre de solutions de (Em)(E_m).
  3. Résoudre (Em)(E_m) pour m=3m=3.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. Δ(m)=(−2m)2−4×1×(m+2)\Delta(m) = (-2m)^{2}-4\times1\times(m+2)
  2. ==4m2−4m−84m^{2}-4m-8
  3. ==4(m2−m−2)4(m^{2}-m-2)
  4. ==4(m−2)(m+1)4(m-2)(m+1)m2−m−2m^2-m-2 a pour racines 22 et −1-1 (somme 11, produit −2-2)

2. Δ(m)\Delta(m) est un trinôme du second degré en mm (coefficient 4>04>0), positif à l’extérieur de ses racines −1-1 et 22 :

mm−∞-\infty−1-122+∞+\infty
signe de Δ(m)\Delta(m)++00−-00++

Donc (Em)(E_m) a deux solutions distinctes si m<−1m<-1 ou m>2m>2 ; une solution double si m=−1m=-1 ou m=2m=2 ; aucune solution si −1<m<2-1<m<2.

3. Pour m=3m=3 (qui vérifie bien m>2m>2) : (E3):x2−6x+5=0(E_3): x^{2}-6x+5=0.

  1. Δ=36−20=16\Delta = 36-20=16, Δ=4\sqrt{\Delta}=4
  2. ⇒\Rightarrowx=6−42=1x=\dfrac{6-4}{2}=1 ou x=6+42=5x=\dfrac{6+4}{2}=5
12

Soit f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c (a≠0a\neq0).

  1. On suppose que ff admet deux racines x1x_1, x2x_2 de signes contraires. Montrer que ac<0ac<0.
  2. Réciproquement, montrer que si ac<0ac<0, alors Δ>0\Delta>0 et les deux racines sont de signes contraires.
  3. Application : sans calculer Δ\Delta, justifier que 2x2+5x−7=02x^{2}+5x-7=0 a deux racines de signes contraires, puis les calculer.
Voir le corrigé détaillé

1. Si x1x_1 et x2x_2 sont de signes contraires, leur produit x1x2x_1x_2 est strictement négatif. Or x1x2=P=cax_1x_2=P=\dfrac{c}{a}, donc ca<0\dfrac{c}{a}<0, ce qui équivaut à ac<0ac<0 (un quotient est négatif si et seulement si le produit des deux termes l’est, car ca=aca2\dfrac{c}{a}=\dfrac{ac}{a^{2}} et a2>0a^{2}>0).

2.

  1. ac<0⇒−4ac>0ac<0 \Rightarrow -4ac>0
  2. Δ=b2−4ac⩾−4ac\Delta = b^{2}-4ac \geqslant -4accar b2⩾0b^2 \geqslant 0
  3. ⇒\RightarrowΔ>0\Delta > 0strictement, car −4ac>0-4ac>0

Δ>0\Delta>0 donc ff a deux racines réelles distinctes, et P=ca=aca2<0P=\dfrac{c}{a}=\dfrac{ac}{a^{2}}<0 puisque ac<0ac<0 et a2>0a^{2}>0 : leur produit est négatif, donc elles sont de signes contraires.

3. Pour 2x2+5x−7=02x^{2}+5x-7=0 : a=2a=2, c=−7c=-7, donc ac=−14<0ac=-14<0. D’après la question 2, l’équation a bien deux racines de signes contraires (inutile de calculer Δ\Delta pour le savoir).

  1. Δ=25+56=81\Delta = 25+56=81, Δ=9\sqrt{\Delta}=9
  2. ⇒\Rightarrowx=−5−94=−72x=\dfrac{-5-9}{4}=-\dfrac72 ou x=−5+94=1x=\dfrac{-5+9}{4}=1

Une racine négative, une positive : conforme à la prévision.

13

Résoudre dans R\mathbb{R} l’équation (x2−x)2−8(x2−x)+12=0(x^{2}-x)^{2}-8(x^{2}-x)+12=0.

  1. Poser X=x2−xX=x^{2}-x et écrire l’équation vérifiée par XX.
  2. Résoudre cette équation en XX.
  3. En déduire toutes les solutions en xx.
Voir le corrigé détaillé

1. En posant X=x2−xX=x^{2}-x, l’équation devient X2−8X+12=0X^{2}-8X+12=0.

2.

  1. Δ=64−48=16\Delta = 64-48=16, Δ=4\sqrt{\Delta}=4
  2. ⇒\RightarrowX1=8−42=2X_{1}=\dfrac{8-4}{2}=2 et X2=8+42=6X_{2}=\dfrac{8+4}{2}=6

3. On revient à xx en résolvant x2−x=2x^{2}-x=2 puis x2−x=6x^{2}-x=6.

  1. x2−x−2=0x^{2}-x-2=0 : Δ=1+8=9\Delta=1+8=9
  2. ⇒\Rightarrowx=1−32=−1x=\dfrac{1-3}{2}=-1 ou x=1+32=2x=\dfrac{1+3}{2}=2
  3. x2−x−6=0x^{2}-x-6=0 : Δ=1+24=25\Delta=1+24=25
  4. ⇒\Rightarrowx=1−52=−2x=\dfrac{1-5}{2}=-2 ou x=1+52=3x=\dfrac{1+5}{2}=3

Quatre solutions : −2 ;−1 ;2 ;3-2\,;-1\,;2\,;3.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

Le marché de Dakar. Une commerçante de Dakar vend des mangues au prix unitaire xx F CFA (avec 50⩽x⩽30050 \leqslant x \leqslant 300). L’expérience montre qu’elle en vend alors environ (400−x)(400-x) par jour. Sa recette journalière est R(x)=x(400−x)R(x)=x(400-x), en F CFA.

  1. Écrire R(x)R(x) sous forme canonique.
  2. Pour quel prix la recette est-elle maximale ? Quelle est cette recette maximale ?
  3. Pour quels prix la recette dépasse-t-elle 37 50037\,500 F CFA ?
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. R(x)=−x2+400xR(x) = -x^{2}+400x
  2. ==−(x2−400x)-(x^{2}-400x)
  3. ==−[(x−200)2−40 000]-\left[(x-200)^{2}-40\,000\right]
  4. ==−(x−200)2+40 000-(x-200)^{2}+40\,000

2. Comme a=−1<0a=-1<0, RR admet un maximum en x=200x=200 (valeur bien comprise entre 5050 et 300300) : la recette est maximale, 40 000\boldsymbol{40\,000} F CFA, pour un prix de 200\boldsymbol{200} F CFA l’unité.

3.

  1. −x2+400x>37 500  ⟺  x2−400x+37 500<0-x^{2}+400x>37\,500 \iff x^{2}-400x+37\,500<0
  2. Δ=160 000−150 000=10 000\Delta = 160\,000-150\,000=10\,000, Δ=100\sqrt{\Delta}=100
  3. racines 400−1002=150\dfrac{400-100}{2}=150 et 400+1002=250\dfrac{400+100}{2}=250
  4. ⇒\Rightarrownégatif strictement entre les racines

La recette dépasse 37 50037\,500 F CFA pour un prix compris strictement entre 150150 et 250250 F CFA.

15

Le champ d’Abéché. Un agriculteur d’Abéché possède un champ rectangulaire de périmètre 100100 m et d’aire 600600 m².

  1. Déterminer les dimensions du champ.
  2. Le mètre de clôture coûtant 2 5002\,500 F CFA, calculer le coût total de la clôture.
Voir le corrigé détaillé

1. Les deux dimensions x1x_1, x2x_2 vérifient x1+x2=50x_1+x_2=50 (demi-périmètre) et x1x2=600x_1x_2=600 (aire) : elles sont racines de X2−50X+600=0X^{2}-50X+600=0.

  1. Δ=2 500−2 400=100\Delta = 2\,500-2\,400=100, Δ=10\sqrt{\Delta}=10
  2. ⇒\RightarrowX1=50−102=20X_{1}=\dfrac{50-10}{2}=20 et X2=50+102=30X_{2}=\dfrac{50+10}{2}=30

Le champ mesure 3030 m sur 2020 m.

2.

  1. coût =100×2 500= 100 \times 2\,500
  2. ==250 000250\,000 F CFA
16

Le coup franc d’Abidjan. Lors d’un entraînement à Abidjan, un joueur frappe un ballon depuis le sol. Sa hauteur h(x)h(x), en mètres, en fonction de la distance horizontale parcourue xx, en mètres, est modélisée par h(x)=−0,04x2+1,2xh(x) = -0{,}04x^{2}+1{,}2x, pour x∈[0 ;30]x \in [0\,;30].

  1. À quelle distance le ballon retombe-t-il au sol ?
  2. Quelle est la hauteur maximale atteinte, et à quelle distance ?
  3. Sur quel intervalle de distances le ballon est-il à plus de 55 m de hauteur ?
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. h(x)=0  ⟺  x(−0,04x+1,2)=0h(x)=0 \iff x(-0{,}04x+1{,}2)=0
  2. ⇒\Rightarrowx=0x=0 ou x=30x=30

Le ballon retombe au sol à 3030 m du point de frappe (x=0x=0 correspond au départ).

2.

  1. h(x)=−0,04(x2−30x)h(x) = -0{,}04(x^{2}-30x)
  2. ==−0,04[(x−15)2−225]-0{,}04\left[(x-15)^{2}-225\right]
  3. ==−0,04(x−15)2+9-0{,}04(x-15)^{2}+9

Hauteur maximale : 99 m, atteinte à 1515 m du point de frappe.

1020303690sommet (15 ; 9)30Trajectoire h(x) = −0,04x² + 1,2xh (m)x (m)
Figure 6 — Trajectoire du ballon : hauteur h(x)=−0,04x2+1,2xh(x)=-0{,}04x^{2}+1{,}2x en fonction de la distance horizontale xx, toutes deux en mètres.

3.

  1. −0,04x2+1,2x>5  ⟺  x2−30x+125<0-0{,}04x^{2}+1{,}2x>5 \iff x^{2}-30x+125<0on multiplie par −25-25, l’inégalité change de sens
  2. Δ=900−500=400\Delta = 900-500=400, Δ=20\sqrt{\Delta}=20
  3. racines 30−202=5\dfrac{30-20}{2}=5 et 30+202=25\dfrac{30+20}{2}=25
  4. ⇒\Rightarrownégatif strictement entre les racines

Le ballon est à plus de 55 m de hauteur pour x∈]5 ;25[x \in \left]5\,;25\right[.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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La forme canonique d'un trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c (a≠0a\neq0) s'écrit f(x)=a(x−α)2+βf(x)=a(x-\alpha)^{2}+\beta, avec :

Explication : En faisant apparaître un carré dans ax2+bx+cax^{2}+bx+c, on obtient f(x)=a(x+b2a)2−Δ4af(x)=a\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2}-\dfrac{\Delta}{4a}, soit α=−b2a\alpha=-\dfrac{b}{2a} et β=−Δ4a\beta=-\dfrac{\Delta}{4a}.

Pour un trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c, le discriminant Δ\Delta est défini par :

Explication : C'est la définition du discriminant : Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac. Piège classique : oublier le facteur aa ou inverser le signe.

Dans f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c, si a=0a=0, alors :

Explication : La condition a≠0a\neq0 est essentielle à la définition même du trinôme du second degré : si a=0a=0, on retombe sur une expression affine, et le discriminant n'a plus de sens.

Si Δ<0\Delta<0, l'équation ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0 admet :

Explication : D'après la forme canonique, résoudre f(x)=0f(x)=0 revient à X2=Δ4a2X^{2}=\dfrac{\Delta}{4a^{2}}. Si Δ<0\Delta<0, ce membre de droite est négatif, or un carré ne peut jamais être négatif : aucune solution.

Si a>0a>0, le trinôme f(x)=a(x−α)2+βf(x)=a(x-\alpha)^{2}+\beta admet :

Explication : Comme (x−α)2⩾0(x-\alpha)^{2}\geqslant0, si a>0a>0 alors f(x)⩾βf(x)\geqslant\beta pour tout xx, avec égalité en x=αx=\alpha : c'est un minimum.

Si Δ<0\Delta<0, le trinôme f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c :

Explication : Une factorisation f(x)=a(x−r1)(x−r2)f(x)=a(x-r_1)(x-r_2) donnerait une racine réelle r1r_1, ce qui contredit l'absence de solution quand Δ<0\Delta<0. Le trinôme reste donc irréductible dans R\mathbb{R}.

Calcule le discriminant de f(x)=x2−5x+6f(x)=x^{2}-5x+6.

Explication : Δ=(−5)2−4×1×6\Delta = (-5)^{2}-4\times1\times6
=25−24=25-24
=1=1.

Résous x2−2x−15=0x^{2}-2x-15=0.

Explication : Δ=4+60=64\Delta = 4+60=64, Δ=8\sqrt{\Delta}=8.
x=2−82=−3x=\dfrac{2-8}{2}=-3 ou x=2+82=5x=\dfrac{2+8}{2}=5.

Factorise f(x)=2x2−3x−2f(x)=2x^{2}-3x-2.

Explication : Δ=9+16=25\Delta=9+16=25, Δ=5\sqrt{\Delta}=5, racines −12-\dfrac12 et 22.
f(x)=2(x+12)(x−2)=(2x+1)(x−2)f(x)=2\left(x+\dfrac12\right)(x-2)=(2x+1)(x-2) en distribuant le 22 dans le premier facteur.

Le trinôme f(x)=−x2+x+6f(x)=-x^{2}+x+6 a pour racines −2-2 et 33. Sur quel intervalle f(x)f(x) est-il positif ?

Explication : Comme a=−1<0a=-1<0, f(x)f(x) est du signe de −a-a (donc positif) entre les racines, et du signe de aa (négatif) à l'extérieur. Piège classique : oublier d'inverser le signe car a<0a<0.

Résous l'inéquation x2−4x+4⩽0x^{2}-4x+4 \leqslant 0.

Explication : Δ=16−16=0\Delta=16-16=0, donc x2−4x+4=(x−2)2x^{2}-4x+4=(x-2)^{2}. Or un carré est toujours ⩾0\geqslant0 : l'inégalité (x−2)2⩽0(x-2)^{2}\leqslant0 n'est vraie que si (x−2)2=0(x-2)^{2}=0, c'est-à-dire x=2x=2.

Soit P:y=x2−1P: y=x^{2}-1 et d:y=x+1d: y=x+1. En posant D(x)=(x2−1)−(x+1)=x2−x−2=(x+1)(x−2)D(x)=(x^{2}-1)-(x+1)=x^{2}-x-2=(x+1)(x-2), sur quel intervalle la parabole PP est-elle strictement en dessous de la droite dd ?

Explication : D(x)=(x+1)(x−2)D(x)=(x+1)(x-2), a=1>0a=1>0 : D(x)<0D(x)<0 (parabole en dessous de la droite) entre les racines, soit sur ]−1 ;2[]-1\,;2[.

Pour f(x)=3x2+5x−2f(x)=3x^{2}+5x-2, donne la somme SS et le produit PP de ses racines, sans les calculer.

Explication : S=x1+x2=−ba=−53S=x_1+x_2=-\dfrac{b}{a}=-\dfrac53 et P=x1x2=ca=−23=−23P=x_1x_2=\dfrac{c}{a}=\dfrac{-2}{3}=-\dfrac23.

Résous 3x2−5x+2=03x^{2}-5x+2=0 en utilisant une racine évidente.

Explication : a+b+c=3−5+2=0a+b+c=3-5+2=0, donc x1=1x_1=1 est racine évidente. L'autre racine vaut P=ca=23P=\dfrac{c}{a}=\dfrac{2}{3} (car x1×x2=Px_1\times x_2=P et x1=1x_1=1).

L'équation bicarrée x4+x2+1=0x^{4}+x^{2}+1=0 admet :

Explication : En posant X=x2X=x^{2}, on obtient X2+X+1=0X^{2}+X+1=0, de discriminant Δ=1−4=−3<0\Delta=1-4=-3<0 : aucune solution en XX, donc aucune solution réelle en xx, sans même avoir besoin de discuter le signe de XX.

Pour une grandeur modélisée par un trinôme sur un intervalle [m ;n][m\,;n], si le sommet α=−b2a\alpha=-\dfrac{b}{2a} n'appartient pas à [m ;n][m\,;n], l'extremum de la grandeur sur cet intervalle est atteint :

Explication : La formule du sommet ne donne un extremum utilisable que si α\alpha est dans l'intervalle d'étude. Sinon, il faut comparer les valeurs de la grandeur aux bornes mm et nn.

Marché de Dakar. Une commerçante vend des mangues au prix xx F CFA (50⩽x⩽30050\leqslant x\leqslant300) ; sa recette journalière est R(x)=x(400−x)R(x)=x(400-x). Pour quel prix la recette est-elle maximale, et quelle est cette recette ?

Explication : R(x)=−x2+400x=−(x−200)2+40 000R(x)=-x^{2}+400x=-(x-200)^{2}+40\,000. Comme a=−1<0a=-1<0, le maximum 40 00040\,000 est atteint en x=200x=200, valeur bien comprise dans [50 ;300][50\,;300].

Artisan de Ndjamena. Le bénéfice quotidien d'un artisan qui vend xx paniers (0⩽x⩽700\leqslant x\leqslant70) est B(x)=−50x2+4 000x−30 000B(x)=-50x^{2}+4\,000x-30\,000 F CFA. Combien de paniers doit-il produire pour maximiser son bénéfice, et quel est ce bénéfice ?

Explication : B(x)=−50(x−40)2+50 000B(x)=-50(x-40)^{2}+50\,000. Comme a=−50<0a=-50<0, le maximum 50 00050\,000 F CFA est atteint en x=40x=40, valeur comprise dans [0 ;70][0\,;70].

Coup franc à Abidjan. La hauteur du ballon est h(x)=−0,04x2+1,2xh(x)=-0{,}04x^{2}+1{,}2x (en mètres), pour x∈[0 ;30]x\in[0\,;30]. Quelle est la hauteur maximale atteinte, et à quelle distance ?

Explication : h(x)=−0,04[(x−15)2−225]=−0,04(x−15)2+9h(x)=-0{,}04\left[(x-15)^{2}-225\right]=-0{,}04(x-15)^{2}+9. Le maximum 99 m est atteint en x=15x=15 m, valeur comprise dans [0 ;30][0\,;30].

Pour f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^{2}+bx+c (a≠0a\neq0), si ac<0ac<0, alors :

Explication : Si ac<0ac<0, alors −4ac>0-4ac>0, donc Δ=b2−4ac⩾−4ac>0\Delta=b^{2}-4ac \geqslant -4ac>0 : deux racines réelles distinctes. Leur produit P=ca=aca2<0P=\dfrac{c}{a}=\dfrac{ac}{a^{2}}<0 (car ac<0ac<0 et a2>0a^{2}>0) : elles sont donc de signes contraires.
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