Maîtriser complètement le trinôme du second degré.
MathématiquesPremièreChapitre 1 / 13⏱ 10 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Résoudre toute équation du second degré
Étudier le signe d'un trinôme
Résoudre un problème d'optimisation par le second degré
Un architecte qui calcule la portée d’un arc, un ingénieur qui règle la trajectoire d’un jet d’eau, un commerçant de Dakar qui cherche le prix qui maximise sa recette : dans chacun de ces problèmes se cache la même courbe, la parabole, et la même expression algébrique, le trinôme du second degré. Ce chapitre te donne les outils complets pour le maîtriser : résoudre toute équation ax2+bx+c=0, factoriser le trinôme, étudier son signe, résoudre des inéquations, et exploiter tout cela pour trouver un maximum ou un minimum.
Tu connais déjà quelques cas particuliers : les identités remarquables t’ont permis de factoriser x2−9 ou x2−6x+9, et tu sais résoudre x2=a. Ce chapitre généralise complètement ces méthodes grâce à un nombre-clé, le discriminantΔ, qui te dira en un instant combien de solutions possède une équation, sans avoir à les chercher à tâtons.
C’est aussi un chapitre démonstratif : chaque théorème est établi rigoureusement à partir d’une seule idée, la forme canonique, qui consiste à faire apparaître un carré dans l’expression du trinôme. Une fois cette idée comprise, tout le reste — résolution, factorisation, signe, optimisation — en découle presque automatiquement.
1Forme canonique
Définition
Un trinôme du second degré est une expression de la forme
f(x)=ax2+bx+c
où a, b, c sont des nombres réels fixés, avec a=0. On dit que a est le coefficient dominant, b le coefficient du terme du premier degré, et c le terme constant.
Attention
La condition a=0 est essentielle : si a=0, l’expression bx+c n’est plus « du second degré », c’est une expression affine, et toutes les méthodes de ce chapitre (discriminant, parabole…) n’ont plus de sens.
L’objectif de cette première section est de transformer l’écriture ax2+bx+c en une forme où un seul carré apparaît : c’est la forme canonique. Toute la suite du chapitre en découle.
Théorème — forme canonique
Pour tout trinôme f(x)=ax2+bx+c avec a=0, on note Δ=b2−4ac (le discriminant). Alors, pour tout réel x :
f(x)=a(x+2ab)2−4aΔ
Autrement dit, f(x)=a(x−α)2+β, avec α=−2ab et β=−4aΔ.
Démonstration
On fait apparaître le début du carré (x+2ab)2 en mettant a en facteur dans les deux premiers termes.
f(x)=ax2+bx+c
=a(x2+abx)+ca mis en facteur (possible car a=0)
=a[(x+2ab)2−4a2b2]+cidentité u2+2uv=(u+v)2−v2 avec u=x, v=2ab
=a(x+2ab)2−4ab2+con distribue le a
=a(x+2ab)2+4a4ac−b2réduction au même dénominateur 4a
=a(x+2ab)2−4ab2−4ac
En posant Δ=b2−4ac, on obtient exactement f(x)=a(x+2ab)2−4aΔ. C.Q.F.D.
Exemple — deux mises sous forme canonique
1)f(x)=2x2−4x+5.
f(x)=2(x2−2x)+5
=2[(x−1)2−1]+5x2−2x=(x−1)2−1
=2(x−1)2−2+5
=2(x−1)2+3
2)g(x)=−3x2+6x−1.
g(x)=−3(x2−2x)−1
=−3[(x−1)2−1]−1
=−3(x−1)2+3−1
=−3(x−1)2+2
1.1 Sommet et axe de symétrie
La forme canonique f(x)=a(x−α)2+β se lit directement sur le graphique. Comme (x−α)2⩾0 pour tout x, et vaut 0 exactement quand x=α :
Propriété
Si a>0 : f(x)⩾β pour tout x, avec égalité en x=α. Le trinôme admet un minimumβ, atteint en α. La parabole est tournée vers le haut.
Si a<0 : f(x)⩽β pour tout x, avec égalité en x=α. Le trinôme admet un maximumβ, atteint en α. La parabole est tournée vers le bas.
Le point S(α;β) est le sommet de la parabole ; la droite verticale d’équation x=α est son axe de symétrie : la courbe est symétrique par rapport à cette droite.
Pour le premier exemple ci-dessus, f(x)=2(x−1)2+3 avec a=2>0 : le sommet est S(1;3), c’est un minimum. Pour g(x)=−3(x−1)2+2 avec a=−3<0 : le sommet S(1;2) est un maximum. Nous exploiterons systématiquement cette idée en section 7 pour résoudre des problèmes d’optimisation.
Math & Co — Pourquoi « parabole » ?
Le mot parabole vient du grec ancien parabolê, « application » ou « comparaison ». Il fut choisi par Apollonius de Perga (Asie Mineure, vers −262 à −190), qui étudia systématiquement les courbes obtenues en coupant un cône par un plan — les coniques : ellipse, parabole, hyperbole — dans son traité Les Coniques, l’un des sommets des mathématiques grecques.
Ironie de l’histoire : les Babyloniens résolvaient déjà des équations du second degré, par des méthodes géométriques équivalentes à notre forme canonique, près de 1800 ans avant notre ère — bien avant qu’Apollonius ne nomme la courbe elle-même ! Il faudra attendre René Descartes, en 1637, pour que la géométrie des coniques et l’algèbre du trinôme se rejoignent complètement grâce à la géométrie analytique (les coordonnées).
2Discriminant et racines
2.1 Le discriminant
Définition
Pour f(x)=ax2+bx+c avec a=0, on appelle discriminant de f le nombre
Δ=b2−4ac
C’est exactement le nombre apparu dans la forme canonique : f(x)=a(x+2ab)2−4aΔ. Son signe va « discriminer » — distinguer — trois situations pour les solutions de f(x)=0.
2.2 Résolution selon le signe de Δ
Théorème
Soit f(x)=ax2+bx+c, a=0, de discriminant Δ=b2−4ac. L’équation f(x)=0 admet :
si Δ>0 : deux solutions distinctes x1=2a−b−Δ et x2=2a−b+Δ ;
si Δ=0 : une seule solution (racine double) x0=−2ab ;
si Δ<0 : aucune solution réelle.
Démonstration
D’après le théorème de la forme canonique, en posant X=x+2ab :
f(x)=0⟺a(x+2ab)2−4aΔ=0
⟺aX2=4aΔ
⟺X2=4a2Δon divise par a=0
Cas Δ<0. Alors 4a2Δ<0 (car 4a2>0), et un carré X2 ne peut jamais être négatif : l’équation X2=4a2Δ n’a aucune solution, donc f(x)=0 non plus.
Cas Δ=0. Alors X2=0⟺X=0⟺x=−2ab : une unique solution.
Cas Δ>0. Alors 4a2Δ=(2aΔ)2 (ce carré ne dépend pas du signe de a, car il est déjà élevé au carré). L’équation X2=(2aΔ)2 équivaut à X=2aΔ ou X=−2aΔ (théorème x2=a vu antérieurement). En revenant à x=X−2ab, on obtient x=2a−b+Δ ou x=2a−b−Δ. C.Q.F.D.
Méthode — résoudre ax2+bx+c=0
1) Identifier a, b, c. 2) Calculer Δ=b2−4ac. 3) Conclure selon le signe de Δ, en appliquant le théorème ci-dessus.
Exemple — les trois cas
1)x2−5x+6=0 : a=1,b=−5,c=6.
Δ=(−5)2−4×1×6=25−24=1
Δ>0⇒x1=25−1=2 et x2=25+1=3
2)x2−6x+9=0 : a=1,b=−6,c=9.
Δ=36−36=0
Δ=0⇒x0=26=3racine double, cohérent avec x2−6x+9=(x−3)2
3)x2+2x+5=0 : a=1,b=2,c=5.
Δ=4−20=−16
Δ<0⇒aucune solution réelle
Attention
Deux pièges très fréquents au bac. D’abord, Δ=b2−4ac et pas(b−4ac)2 ni b2−4c : n’oublie jamais le facteur a. Ensuite, quand Δ>0, il y a deux solutions : oublier le signe ± devant Δ et n’écrire qu’une racine est une erreur classique et coûteuse.
Math & Co — Une formule vieille de 3800 ans
Des tablettes d’argile babyloniennes datées d’environ −1800 montrent déjà des procédures de résolution équivalentes à la formule du discriminant, pour des problèmes concrets de partage de terrains. Les savants arabes, en particulier Al-Khwarizmi à Bagdad vers 820, donnèrent les premières méthodes systématiques et classifiées dans son traité Kitab al-jabr wa al-muqabala — d’où vient le mot « algèbre ». Il ne connaissait toutefois que des solutions positives, les nombres négatifs n’étant pas encore acceptés.
La notation moderne et la prise en compte des racines négatives (voire l’absence de racine réelle) se mettent en place progressivement avec François Viète (1540−1603), Albert Girard (1629) et René Descartes (1637), jusqu’à la formule complète que tu utilises aujourd’hui.
2.3 Représentation graphique : parabole selon a et Δ
Le nombre de solutions de f(x)=0 correspond exactement au nombre de points où la courbe de f coupe l’axe des abscisses. Le signe de a fixe l’orientation de la parabole (vers le haut ou vers le bas), le signe de Δ fixe le nombre de points d’intersection avec cet axe : ce sont deux informations indépendantes, ce qui donne six positions possibles.
Figure 1 — Pour a>0, la parabole est tournée vers le haut. Selon le signe de Δ : deux points d’intersection avec l’axe des abscisses (noir), un seul point de contact — tangence — (violet), ou aucun point commun (orange).Figure 2 — Pour a<0, la parabole est tournée vers le bas : mêmes trois positions possibles, symétriques des précédentes par rapport à l’axe des abscisses.
Δ>0
Δ=0
Δ<0
a>0
coupe l’axe en 2 points, creux vers le haut
tangente à l’axe en 1 point, creux vers le haut
ne touche jamais l’axe, entièrement au-dessus
a<0
coupe l’axe en 2 points, creux vers le bas
tangente à l’axe en 1 point, creux vers le bas
ne touche jamais l’axe, entièrement en dessous
2.4 Équations bicarrées et changements de variable
Définition
Une équation bicarrée est une équation de la forme ax4+bx2+c=0, avec a=0. Elle ne contient que des puissances paires de x.
Méthode — résoudre une équation bicarrée
On pose X=x2 (donc X⩾0 obligatoirement). L’équation devient aX2+bX+c=0, un vrai second degré en X, que l’on résout avec Δ. On ne garde que les solutions X⩾0, puis on revient à x par x=X ou x=−X.
Exemple — équation bicarrée
1) Résoudre x4−5x2+4=0.
on pose X=x2
⇒X2−5X+4=0
Δ=25−16=9
⇒X1=25−3=1 et X2=25+3=4les deux valeurs sont ⩾0, donc valables
x2=1⇒x=−1 ou x=1
x2=4⇒x=−2 ou x=2
L’équation admet quatre solutions : −2;−1;1;2.
2) Résoudre x4+x2+1=0 : on pose X=x2, soit X2+X+1=0, de discriminant Δ=1−4=−3<0 : aucune solution en X, donc aucune solution réelle en x (et ce, sans même avoir besoin de discuter le signe de X).
Le même principe — poser une nouvelle inconnue pour faire apparaître un second degré déguisé — s’applique à d’autres équations : produits, quotients, ou expressions qui se répètent. Tu en verras un exemple travaillé dans les exercices « Défi ».
3Factorisation
Théorème — factorisation du trinôme
Soit f(x)=ax2+bx+c, a=0, de discriminant Δ.
Si Δ⩾0, f admet une (ou deux) racine(s) x1, x2 et, pour tout réel x :
f(x)=a(x−x1)(x−x2)
(si Δ=0, on a x1=x2=x0, et f(x)=a(x−x0)2).
Si Δ<0, f ne peut pas se factoriser par des expressions du premier degré à coefficients réels : on dit qu’il est irréductible dans R.
Démonstration
Supposons Δ⩾0, avec x1=2a−b−Δ et x2=2a−b+Δ (éventuellement égales). Calculons leur somme et leur produit.
Si Δ<0, une factorisation f(x)=a(x−r1)(x−r2) donnerait f(r1)=0, donc une racine réelle — ce qui contredit le théorème de résolution (aucune solution quand Δ<0). C.Q.F.D.
Méthode — factoriser un trinôme
1) Calculer Δ. 2) Si Δ<0 : non factorisable, on s’arrête là. 3) Sinon, calculer la ou les racines, puis écrire f(x)=a(x−x1)(x−x2) (ou a(x−x0)2).
Exemple — trois trinômes à factoriser
1)f(x)=2x2−3x−2.
Δ=9+16=25, Δ=5
x1=43−5=−21 et x2=43+5=2
⇒f(x)=2(x+21)(x−2)
=(2x+1)(x−2)on distribue le 2 dans le premier facteur
2)g(x)=x2−6x+9 : Δ=36−36=0, racine double x0=3, donc g(x)=(x−3)2.
3)h(x)=x2+x+1 : Δ=1−4=−3<0 : h est irréductible, aucune factorisation possible dans R.
4Signe du trinôme
Théorème — signe du trinôme
Soit f(x)=ax2+bx+c, a=0, de discriminant Δ.
Si Δ<0 : f(x) a le signe de a pour toutx∈R (jamais nul).
Si Δ=0 : f(x) a le signe de a pour tout x=x0, et f(x0)=0.
Si Δ>0 (racines x1<x2) : f(x) a le signe de aà l’extérieur des racines, et le signe de −a (contraire) entre les racines ; f(x1)=f(x2)=0.
Démonstration
Cas Δ<0. D’après la forme canonique, f(x)=a[(x+2ab)2−4a2Δ]. Comme Δ<0, le terme −4a2Δ est strictement positif ; il s’ajoute à un carré positif ou nul : le crochet est donc strictement positif pour tout x. Le signe de f(x) est alors exactement celui de a, sans jamais s’annuler.
Cas Δ=0.f(x)=a(x−x0)2 : le carré (x−x0)2 est strictement positif sauf en x0 où il est nul. Le signe de f(x) est donc celui de a, sauf en x0 où f s’annule.
Cas Δ>0.f(x)=a(x−x1)(x−x2) avec x1<x2. Étudions le signe du produit (x−x1)(x−x2) : si x<x1 ou x>x2, les deux facteurs sont de même signe, le produit est positif ; si x1<x<x2, les deux facteurs sont de signes contraires, le produit est négatif. Il suffit alors de multiplier par le signe de a pour conclure. C.Q.F.D.
x
−∞
x1
x2
+∞
signe de f(x)
signe de a
0
signe de −a
0
signe de a
Exemple — dresser un tableau de signe
1)f(x)=−x2+x+6.
Δ=1+24=25>0, Δ=5
x1=−2−1−5=3 et x2=−2−1+5=−2
Attention à l’ordre : les racines rangées dans l’ordre croissant sont −2 puis 3. Comme a=−1<0 : f(x) est du signe de −a (donc positif) entre −2 et 3, et du signe de a (donc négatif) à l’extérieur.
Figure 3 — Le trinôme f(x)=−x2+x+6=−(x−3)(x+2) est positif entre ses racines (segment vert) et négatif à l’extérieur (segments rouges) : ici a=−1<0.
2)g(x)=2x2+3 : ici b=0, Δ=0−24=−24<0, et a=2>0 : g(x)>0 pour tout réel x (ce qui est cohérent : un carré plus une constante positive).
Attention
L’erreur la plus fréquente : oublier d’inverser le signe entre les racines quand a<0. Retiens la règle par une phrase : « signe de a à l’extérieur, signe contraire à l’intérieur » — seulement siΔ>0. Si Δ⩽0, il n’y a pas d’« intérieur » : le trinôme garde un signe constant (à l’annulation éventuelle près).
5Inéquations du second degré
Méthode — résoudre ax2+bx+c≷0
1) Ramener l’inéquation à la forme f(x)≷0 (tout d’un côté). 2) Calculer Δ et les racines éventuelles. 3) Dresser le tableau de signe de f. 4) Lire l’ensemble des solutions dans la ligne des signes, en réunion d’intervalles.
Exemple — trois inéquations
1)2x2−3x−2⩾0. D’après la section 3, 2x2−3x−2=(2x+1)(x−2), racines −21 et 2, a=2>0.
signe de a à l’extérieur des racines : positif ou nul sur ]−∞;−21]∪[2;+∞[
S=]−∞;−21]∪[2;+∞[
2)−x2+x+6>0 : d’après l’exemple de la section 4, racines −2 et 3, positif strictement entre les racines.
S=]−2;3[
3)x2−4x+4⩽0.
Δ=16−16=0
x2−4x+4=(x−2)2
or un carré est toujours ⩾0
⇒(x−2)2⩽0 seulement si (x−2)2=0
S={2} : un cas limite où l’inéquation n’a qu’une seule solution.
5.1 Position d’une parabole et d’une droite
Comparer une parabole P:y=f(x) et une droite d:y=g(x) revient à étudier le signe de la différencef(x)−g(x), qui est encore un trinôme du second degré (ou une expression affine si les termes en x2 se compensent).
Exemple — parabole au-dessus ou en dessous d’une droite
Soit P:y=x2−1 et d:y=x+1. Étudions le signe de D(x)=(x2−1)−(x+1).
D(x)=x2−x−2
Δ=1+8=9, Δ=3
x1=21−3=−1 et x2=21+3=2
D(x)=(x+1)(x−2), a=1>0
Donc D(x)>0 (parabole au-dessus de la droite) sur ]−∞;−1[∪]2;+∞[ ; D(x)<0 (parabole en dessous) sur ]−1;2[ ; et D(x)=0 — les deux courbes se coupent — en x=−1 et x=2, c’est-à-dire aux points (−1;0) et (2;3).
Figure 4 — La parabole P:y=x2−1 et la droite d:y=x+1 se coupent aux points où x2−1=x+1, c’est-à-dire en (−1;0) et (2;3).
Attention
Pour résoudre une inéquation, ne jamais diviser les deux membres par une expression contenant x sans discuter son signe : x2>x n’équivaut pas à x>1 (on perd les solutions négatives, où x2>x est aussi vrai). La bonne méthode est toujours de tout ramener d’un seul côté et de factoriser.
6Somme et produit des racines
Propriété — relations entre coefficients et racines
Si f(x)=ax2+bx+c (a=0) admet deux racines x1 et x2 (distinctes ou confondues, c’est-à-dire Δ⩾0), alors
S=x1+x2=−abetP=x1×x2=ac
Ces deux égalités ont déjà été établies au passage dans la démonstration de la factorisation (section 3) : c’est exactement le calcul qui a permis de vérifier que a(x−x1)(x−x2) redonne ax2+bx+c. Elles sont extrêmement utiles pour vérifier un calcul de racines sans refaire tout le discriminant, ou pour résoudre le problème inverse.
Math & Co — Les relations de Viète
Ces formules portent le nom de relations de Viète, en hommage à François Viète (1540−1603), juriste et mathématicien français, conseiller du roi Henri IV. Il fut l’un des premiers à utiliser des lettres pour désigner à la fois les données connues d’un problème et les inconnues à trouver — une révolution qui a donné naissance à l’algèbre symbolique moderne, celle que tu utilises dans tout ce chapitre. Avant lui, chaque équation se résolvait par des méthodes rédigées entièrement en mots, ce qui rendait toute généralisation extrêmement laborieuse.
6.1 Trouver deux nombres connaissant leur somme et leur produit
Théorème
Deux nombres x1 et x2 ont pour somme S et pour produit P si et seulement si ils sont solutions de l’équation
X2−SX+P=0
Démonstration
Développons (X−x1)(X−x2), sachant x1+x2=S et x1x2=P :
(X−x1)(X−x2)=X2−(x1+x2)X+x1x2
=X2−SX+P
Donc x1 et x2 annulent X2−SX+P : ce sont ses racines. Réciproquement, les racines d’une équation du second degré unitaire X2−SX+P=0 ont, d’après la section 6 elle-même, pour somme S et produit P. C.Q.F.D.
Exemple — deux nombres connaissant S et P
Trouver deux nombres de somme 7 et de produit 12.
ils sont solutions de X2−7X+12=0
Δ=49−48=1
⇒X1=27−1=3 et X2=27+1=4
Les deux nombres cherchés sont 3 et 4 (on vérifie bien 3+4=7 et 3×4=12).
6.2 La méthode de la racine évidente
Propriété — racine évidente
Pour f(x)=ax2+bx+c :
si a+b+c=0, alors x=1 est racine, et l’autre racine vaut ac (produit P=ac, donc x2=P/1) ;
si a−b+c=0, alors x=−1 est racine, et l’autre racine vaut −ac.
Exemple — utiliser une racine évidente
Résoudre 3x2−5x+2=0 sans calculer Δ.
a+b+c=3−5+2=0
⇒x1=1 est racine évidente
P=ac=32
⇒x2=x1P=12/3=32
Vérification par le discriminant : Δ=25−24=1, x=65±1, soit 1 et 32. Cohérent, et beaucoup plus rapide !
7Problèmes d’optimisation
Méthode — optimiser une grandeur modélisée par un trinôme
1) Choisir une variable et exprimer la grandeur à optimiser en fonction d’elle, sous forme d’un trinôme f(x)=ax2+bx+c, en précisant l’intervalle de validité (contraintes physiques). 2) Mettre f sous forme canonique, ou calculer directement α=−2ab et β=f(α). 3) Conclure : si a>0, β est un minimum ; si a<0, β est un maximum, tous deux atteints en x=α (à condition que α appartienne à l’intervalle de validité).
Exemple — enclos rectangulaire d’aire maximale
On dispose de 40 m de grillage pour clôturer un enclos rectangulaire. On note x la longueur d’un côté, en mètres, avec x∈]0;20[.
périmètre =40⇒ l’autre côté mesure 20−x
aire A(x)=x(20−x)=−x2+20x
A(x)=−(x2−20x)=−[(x−10)2−100]
=−(x−10)2+100
Comme a=−1<0, A admet un maximum100 atteint en x=10, valeur qui appartient bien à ]0;20[. L’aire est donc maximale, égale à 100m2, lorsque x=10 m — c’est-à-dire lorsque l’enclos est un carré de côté 10 m.
Figure 5 — Aire A(x)=x(20−x) d’un enclos rectangulaire de périmètre 40 m : elle est maximale, 100m2, pour x=10 m, c’est-à-dire pour un enclos carré.
Exemple — bénéfice maximal d’un artisan
Un artisan de Ndjamena fabrique et vend x paniers par jour (0⩽x⩽70). Son bénéfice quotidien, en francs CFA, est modélisé par B(x)=−50x2+4000x−30000. Combien de paniers doit-il produire pour maximiser son bénéfice ?
B(x)=−50(x2−80x)−30000
=−50[(x−40)2−1600]−30000
=−50(x−40)2+80000−30000
=−50(x−40)2+50000
Comme a=−50<0, le bénéfice est maximal en x=40, valeur comprise dans [0;70]. L’artisan doit produire 40 paniers par jour, pour un bénéfice maximal de 50000 F CFA.
Attention
Le sommet α=−2ab n’est un maximum ou un minimum utilisable que s’il appartient à l’intervalle de validité du problème. Si α tombe hors de cet intervalle, l’extremum de la grandeur étudiée est atteint à l’une des bornes de l’intervalle : il faut alors comparer les valeurs aux bornes, et non appliquer aveuglément la formule du sommet.
Fiche mémo
Forme canonique : f(x)=a(x−α)2+β, avec α=−2ab et β=−4aΔ ; sommet S(α;β), minimum si a>0, maximum si a<0.
Factorisation : f(x)=a(x−x1)(x−x2) si Δ⩾0 ; irréductible si Δ<0.
Signe : hors des racines, signe de a ; entre les racines (si Δ>0), signe de −a ; signe constant de a si Δ⩽0.
Inéquation : tout ramener en f(x)≷0, dresser le tableau de signe, lire les intervalles.
Position parabole/droite : étudier le signe de f(x)−g(x), trinôme du second degré.
Somme et produit : S=x1+x2=−ab, P=x1x2=ac.
Connaissant S et P : x1, x2 racines de X2−SX+P=0.
Racine évidente : a+b+c=0⇒x=1 racine, autre =ac ; a−b+c=0⇒x=−1 racine, autre =−ac.
Équation bicarrée ax4+bx2+c=0 : poser X=x2⩾0, résoudre en X, revenir à x=±X.
Optimisation : extremum au sommet x=α=−2ab, à condition qu’il appartienne à l’intervalle d’étude ; sinon comparer les bornes.
8Exercices corrigés
Niveau 1 — Application directe
1
Résoudre dans R : a)x2−7x+10=0 ; b)4x2−4x+1=0 ; c)2x2−3x+5=0.
Voir le corrigé détaillé
a)
Δ=49−40=9
⇒x=27−3=2 ou x=27+3=5
b)
Δ=16−16=0
⇒x0=84=21racine double, cohérent avec (2x−1)2
c)
Δ=9−40=−31<0
⇒aucune solution réelle
2
Mettre sous forme canonique : a)f(x)=x2+6x+2 ; b)g(x)=−2x2+8x−3. Préciser dans chaque cas le sommet.
Voir le corrigé détaillé
a)
f(x)=(x+3)2−9+2
=(x+3)2−7
Sommet S(−3;−7), minimum (car a=1>0).
b)
g(x)=−2(x2−4x)−3
=−2[(x−2)2−4]−3
=−2(x−2)2+8−3
=−2(x−2)2+5
Sommet S(2;5), maximum (car a=−2<0).
3
Factoriser quand c’est possible : a)x2−2x−15 ; b)4x2−12x+9 ; c)3x2−2x+4.
Voir le corrigé détaillé
a)
Δ=4+60=64, Δ=8
racines 22−8=−3 et 22+8=5
⇒x2−2x−15=(x+3)(x−5)
b)
Δ=144−144=0, racine double 812=23
⇒4x2−12x+9=4(x−23)2=(2x−3)2
c)Δ=4−48=−44<0 : non factorisable dans R.
4
Dresser le tableau de signe de f(x)=2x2−8x+6.
Voir le corrigé détaillé
Δ=64−48=16, Δ=4
racines 48−4=1 et 48+4=3
Comme a=2>0 :
x
−∞
1
3
+∞
signe de f(x)
+
0
−
0
+
5
Donner S et P sans résoudre pour a)x2−9x+20=0 et b)3x2+5x−2=0. c) Utiliser une racine évidente pour résoudre 5x2−3x−2=0.
Voir le corrigé détaillé
a)S=−1−9=9, P=120=20.
b)S=−35, P=−32.
c)
a+b+c=5−3−2=0
⇒x1=1 racine évidente
x2=ac=−52
Niveau 2 — Approfondissement
6
Résoudre l’inéquation 3x2−5x−2⩽0.
Voir le corrigé détaillé
Δ=25+24=49, Δ=7
racines 65−7=−31 et 65+7=2
a=3>0 : négatif ou nul entre les racines
S=[−31;2]
7
Résoudre l’inéquation −2x2+5x−2>0.
Voir le corrigé détaillé
Δ=25−16=9, Δ=3
racines −4−5+3=21 et −4−5−3=2
a=−2<0 : positif strictement entre les racines
S=]21;2[
8
Résoudre l’équation bicarrée x4−13x2+36=0.
Voir le corrigé détaillé
on pose X=x2
⇒X2−13X+36=0
Δ=169−144=25, Δ=5
⇒X1=213−5=4 et X2=213+5=9les deux valeurs sont ⩾0
x2=4⇒x=±2 ; x2=9⇒x=±3
Quatre solutions : −3;−2;2;3.
9
Un rectangle a un périmètre de 34 cm et une aire de 60 cm². Déterminer ses dimensions.
Voir le corrigé détaillé
Les deux côtés x1, x2 vérifient x1+x2=17 (demi-périmètre) et x1x2=60 (aire) : ce sont les racines de X2−17X+60=0.
Δ=289−240=49, Δ=7
⇒X1=217−7=5 et X2=217+7=12
Le rectangle mesure 12 cm sur 5 cm.
10
Étudier la position relative de P:y=x2−4x+3 et d:y=−x+3, et déterminer leurs points d’intersection.
Voir le corrigé détaillé
D(x)=(x2−4x+3)−(−x+3)
=x2−3x
=x(x−3)racines 0 et 3
Comme a=1>0 : D(x)>0 (parabole au-dessus de la droite) sur ]−∞;0[∪]3;+∞[ ; D(x)<0 (parabole en dessous) sur ]0;3[. Intersections en x=0 (point (0;3)) et x=3 (point (3;0)).
Niveau 3 — Défi
11
On considère l’équation (Em):x2−2mx+m+2=0, d’inconnue réelle x, où m est un paramètre réel.
Exprimer le discriminant Δ(m) de (Em) en fonction de m, et le factoriser.
Déterminer selon les valeurs de m le nombre de solutions de (Em).
Résoudre (Em) pour m=3.
Voir le corrigé détaillé
1.
Δ(m)=(−2m)2−4×1×(m+2)
=4m2−4m−8
=4(m2−m−2)
=4(m−2)(m+1)m2−m−2 a pour racines 2 et −1 (somme 1, produit −2)
2.Δ(m) est un trinôme du second degré en m (coefficient 4>0), positif à l’extérieur de ses racines −1 et 2 :
m
−∞
−1
2
+∞
signe de Δ(m)
+
0
−
0
+
Donc (Em) a deux solutions distinctes si m<−1 ou m>2 ; une solution double si m=−1 ou m=2 ; aucune solution si −1<m<2.
3. Pour m=3 (qui vérifie bien m>2) : (E3):x2−6x+5=0.
Δ=36−20=16, Δ=4
⇒x=26−4=1 ou x=26+4=5
12
Soit f(x)=ax2+bx+c (a=0).
On suppose que f admet deux racines x1, x2 de signes contraires. Montrer que ac<0.
Réciproquement, montrer que si ac<0, alors Δ>0 et les deux racines sont de signes contraires.
Application : sans calculer Δ, justifier que 2x2+5x−7=0 a deux racines de signes contraires, puis les calculer.
Voir le corrigé détaillé
1. Si x1 et x2 sont de signes contraires, leur produit x1x2 est strictement négatif. Or x1x2=P=ac, donc ac<0, ce qui équivaut à ac<0 (un quotient est négatif si et seulement si le produit des deux termes l’est, car ac=a2ac et a2>0).
2.
ac<0⇒−4ac>0
Δ=b2−4ac⩾−4accar b2⩾0
⇒Δ>0strictement, car −4ac>0
Δ>0 donc f a deux racines réelles distinctes, et P=ac=a2ac<0 puisque ac<0 et a2>0 : leur produit est négatif, donc elles sont de signes contraires.
3. Pour 2x2+5x−7=0 : a=2, c=−7, donc ac=−14<0. D’après la question 2, l’équation a bien deux racines de signes contraires (inutile de calculer Δ pour le savoir).
Δ=25+56=81, Δ=9
⇒x=4−5−9=−27 ou x=4−5+9=1
Une racine négative, une positive : conforme à la prévision.
13
Résoudre dans R l’équation (x2−x)2−8(x2−x)+12=0.
Poser X=x2−x et écrire l’équation vérifiée par X.
Résoudre cette équation en X.
En déduire toutes les solutions en x.
Voir le corrigé détaillé
1. En posant X=x2−x, l’équation devient X2−8X+12=0.
2.
Δ=64−48=16, Δ=4
⇒X1=28−4=2 et X2=28+4=6
3. On revient à x en résolvant x2−x=2 puis x2−x=6.
x2−x−2=0 : Δ=1+8=9
⇒x=21−3=−1 ou x=21+3=2
x2−x−6=0 : Δ=1+24=25
⇒x=21−5=−2 ou x=21+5=3
Quatre solutions : −2;−1;2;3.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14
Le marché de Dakar. Une commerçante de Dakar vend des mangues au prix unitaire x F CFA (avec 50⩽x⩽300). L’expérience montre qu’elle en vend alors environ (400−x) par jour. Sa recette journalière est R(x)=x(400−x), en F CFA.
Écrire R(x) sous forme canonique.
Pour quel prix la recette est-elle maximale ? Quelle est cette recette maximale ?
Pour quels prix la recette dépasse-t-elle 37500 F CFA ?
Voir le corrigé détaillé
1.
R(x)=−x2+400x
=−(x2−400x)
=−[(x−200)2−40000]
=−(x−200)2+40000
2. Comme a=−1<0, R admet un maximum en x=200 (valeur bien comprise entre 50 et 300) : la recette est maximale, 40000F CFA, pour un prix de 200F CFA l’unité.
3.
−x2+400x>37500⟺x2−400x+37500<0
Δ=160000−150000=10000, Δ=100
racines 2400−100=150 et 2400+100=250
⇒négatif strictement entre les racines
La recette dépasse 37500 F CFA pour un prix compris strictement entre 150 et 250 F CFA.
15
Le champ d’Abéché. Un agriculteur d’Abéché possède un champ rectangulaire de périmètre 100 m et d’aire 600 m².
Déterminer les dimensions du champ.
Le mètre de clôture coûtant 2500 F CFA, calculer le coût total de la clôture.
Voir le corrigé détaillé
1. Les deux dimensions x1, x2 vérifient x1+x2=50 (demi-périmètre) et x1x2=600 (aire) : elles sont racines de X2−50X+600=0.
Δ=2500−2400=100, Δ=10
⇒X1=250−10=20 et X2=250+10=30
Le champ mesure 30 m sur 20 m.
2.
coût =100×2500
=250000 F CFA
16
Le coup franc d’Abidjan. Lors d’un entraînement à Abidjan, un joueur frappe un ballon depuis le sol. Sa hauteur h(x), en mètres, en fonction de la distance horizontale parcourue x, en mètres, est modélisée par h(x)=−0,04x2+1,2x, pour x∈[0;30].
À quelle distance le ballon retombe-t-il au sol ?
Quelle est la hauteur maximale atteinte, et à quelle distance ?
Sur quel intervalle de distances le ballon est-il à plus de 5 m de hauteur ?
Voir le corrigé détaillé
1.
h(x)=0⟺x(−0,04x+1,2)=0
⇒x=0 ou x=30
Le ballon retombe au sol à 30 m du point de frappe (x=0 correspond au départ).
2.
h(x)=−0,04(x2−30x)
=−0,04[(x−15)2−225]
=−0,04(x−15)2+9
Hauteur maximale : 9 m, atteinte à 15 m du point de frappe.
Figure 6 — Trajectoire du ballon : hauteur h(x)=−0,04x2+1,2x en fonction de la distance horizontale x, toutes deux en mètres.
3.
−0,04x2+1,2x>5⟺x2−30x+125<0on multiplie par −25, l’inégalité change de sens
Δ=900−500=400, Δ=20
racines 230−20=5 et 230+20=25
⇒négatif strictement entre les racines
Le ballon est à plus de 5 m de hauteur pour x∈]5;25[.
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8 questions
Second degré : discriminant et signe du trinôme
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La forme canonique d'un trinôme f(x)=ax2+bx+c (a=0) s'écrit f(x)=a(x−α)2+β, avec :
Explication : En faisant apparaître un carré dans ax2+bx+c, on obtient f(x)=a(x+2ab)2−4aΔ, soit α=−2ab et β=−4aΔ.
Pour un trinôme f(x)=ax2+bx+c, le discriminant Δ est défini par :
Explication : C'est la définition du discriminant : Δ=b2−4ac. Piège classique : oublier le facteur a ou inverser le signe.
Dans f(x)=ax2+bx+c, si a=0, alors :
Explication : La condition a=0 est essentielle à la définition même du trinôme du second degré : si a=0, on retombe sur une expression affine, et le discriminant n'a plus de sens.
Si Δ<0, l'équation ax2+bx+c=0 admet :
Explication : D'après la forme canonique, résoudre f(x)=0 revient à X2=4a2Δ. Si Δ<0, ce membre de droite est négatif, or un carré ne peut jamais être négatif : aucune solution.
Si a>0, le trinôme f(x)=a(x−α)2+β admet :
Explication : Comme (x−α)2⩾0, si a>0 alors f(x)⩾β pour tout x, avec égalité en x=α : c'est un minimum.
Si Δ<0, le trinôme f(x)=ax2+bx+c :
Explication : Une factorisation f(x)=a(x−r1)(x−r2) donnerait une racine réelle r1, ce qui contredit l'absence de solution quand Δ<0. Le trinôme reste donc irréductible dans R.
Calcule le discriminant de f(x)=x2−5x+6.
Explication :Δ=(−5)2−4×1×6 =25−24 =1.
Résous x2−2x−15=0.
Explication :Δ=4+60=64, Δ=8. x=22−8=−3 ou x=22+8=5.
Factorise f(x)=2x2−3x−2.
Explication :Δ=9+16=25, Δ=5, racines −21 et 2. f(x)=2(x+21)(x−2)=(2x+1)(x−2) en distribuant le 2 dans le premier facteur.
Le trinôme f(x)=−x2+x+6 a pour racines −2 et 3. Sur quel intervalle f(x) est-il positif ?
Explication : Comme a=−1<0, f(x) est du signe de −a (donc positif) entre les racines, et du signe de a (négatif) à l'extérieur. Piège classique : oublier d'inverser le signe car a<0.
Résous l'inéquation x2−4x+4⩽0.
Explication :Δ=16−16=0, donc x2−4x+4=(x−2)2. Or un carré est toujours ⩾0 : l'inégalité (x−2)2⩽0 n'est vraie que si (x−2)2=0, c'est-à-dire x=2.
Soit P:y=x2−1 et d:y=x+1. En posant D(x)=(x2−1)−(x+1)=x2−x−2=(x+1)(x−2), sur quel intervalle la parabole P est-elle strictement en dessous de la droite d ?
Explication :D(x)=(x+1)(x−2), a=1>0 : D(x)<0 (parabole en dessous de la droite) entre les racines, soit sur ]−1;2[.
Pour f(x)=3x2+5x−2, donne la somme S et le produit P de ses racines, sans les calculer.
Explication :S=x1+x2=−ab=−35 et P=x1x2=ac=3−2=−32.
Résous 3x2−5x+2=0 en utilisant une racine évidente.
Explication :a+b+c=3−5+2=0, donc x1=1 est racine évidente. L'autre racine vaut P=ac=32 (car x1×x2=P et x1=1).
L'équation bicarrée x4+x2+1=0 admet :
Explication : En posant X=x2, on obtient X2+X+1=0, de discriminant Δ=1−4=−3<0 : aucune solution en X, donc aucune solution réelle en x, sans même avoir besoin de discuter le signe de X.
Pour une grandeur modélisée par un trinôme sur un intervalle [m;n], si le sommet α=−2abn'appartient pas à [m;n], l'extremum de la grandeur sur cet intervalle est atteint :
Explication : La formule du sommet ne donne un extremum utilisable que si α est dans l'intervalle d'étude. Sinon, il faut comparer les valeurs de la grandeur aux bornes m et n.
Marché de Dakar. Une commerçante vend des mangues au prix x F CFA (50⩽x⩽300) ; sa recette journalière est R(x)=x(400−x). Pour quel prix la recette est-elle maximale, et quelle est cette recette ?
Explication :R(x)=−x2+400x=−(x−200)2+40000. Comme a=−1<0, le maximum 40000 est atteint en x=200, valeur bien comprise dans [50;300].
Artisan de Ndjamena. Le bénéfice quotidien d'un artisan qui vend x paniers (0⩽x⩽70) est B(x)=−50x2+4000x−30000 F CFA. Combien de paniers doit-il produire pour maximiser son bénéfice, et quel est ce bénéfice ?
Explication :B(x)=−50(x−40)2+50000. Comme a=−50<0, le maximum 50000 F CFA est atteint en x=40, valeur comprise dans [0;70].
Coup franc à Abidjan. La hauteur du ballon est h(x)=−0,04x2+1,2x (en mètres), pour x∈[0;30]. Quelle est la hauteur maximale atteinte, et à quelle distance ?
Explication :h(x)=−0,04[(x−15)2−225]=−0,04(x−15)2+9. Le maximum 9 m est atteint en x=15 m, valeur comprise dans [0;30].
Pour f(x)=ax2+bx+c (a=0), si ac<0, alors :
Explication : Si ac<0, alors −4ac>0, donc Δ=b2−4ac⩾−4ac>0 : deux racines réelles distinctes. Leur produit P=ac=a2ac<0 (car ac<0 et a2>0) : elles sont donc de signes contraires.