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Polynômes et fractions rationnelles

Factoriser un polynôme de degré 3 et simplifier une fraction rationnelle.

Mathématiques Première Chapitre 2 / 13 ⏱ 9 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Factoriser un polynôme connaissant une racine évidente
  • Simplifier une fraction rationnelle
  • Résoudre une inéquation quotient

Depuis la Seconde, tu sais résoudre une équation du second degré et factoriser à l'aide des identités remarquables. Ce chapitre te fait franchir une marche : tu vas apprendre à factoriser des polynômes de degré 3, à diviser deux polynômes comme on divise deux entiers, et à manipuler des fractions rationnelles — des quotients de polynômes qui, comme les fractions numériques, exigent un dénominateur non nul.

Ces objets ne sont pas de simples exercices d'entraînement. Un ingénieur qui calcule le volume d'une caisse en fonction de l'épaisseur retirée aux coins obtient un polynôme de degré 3 ; un économiste qui étudie un coût moyen obtient une fraction rationnelle ; un physicien qui combine deux résistances en parallèle retrouve exactement ce type de quotient. Savoir factoriser une racine « évidente » et diviser proprement, c'est se donner les moyens de résoudre des problèmes concrets que les identités remarquables, à elles seules, ne suffisent plus à traiter.

Trois outils neufs structurent ce chapitre : la division euclidienne des polynômes, qui généralise celle des entiers ; le schéma de Horner, qui organise ce calcul de façon rapide et fiable ; et l'étude du signe d'une expression factorisée ou d'un quotient, indispensable pour résoudre une inéquation. À la fin du chapitre, factoriser un polynôme de degré 3 et résoudre une inéquation rationnelle seront pour toi des automatismes.

1Degré, racine, division euclidienne des polynômes

Avant de factoriser quoi que ce soit, il faut poser un vocabulaire précis. Cette section fixe les définitions de base, puis présente l'outil central du chapitre : la division d'un polynôme par un autre.

1.1  Définition et degré d'un polynôme

Définition

Un polynôme à une indéterminée xx est une expression de la forme

P(x)=anxn+an−1xn−1+⋯+a1x+a0P(x) = a_n x^{n} + a_{n-1} x^{n-1} + \cdots + a_1 x + a_0

où nn est un entier naturel et a0,a1,…,ana_0, a_1, \ldots, a_n sont des nombres réels, appelés coefficients de PP. Si an≠0a_n \neq 0, l'entier nn s'appelle le degré de PP, noté deg⁡P\deg P. Le terme anxna_n x^{n} est le terme dominant, et a0a_0 le terme constant.

Un polynôme de degré 00 est une constante non nulle ; le polynôme nul (tous les coefficients égaux à 00) n'a pas de degré défini. Tu connais déjà les polynômes de degré 11 (fonctions affines) et de degré 22 (fonctions trinômes) : ce chapitre les prolonge au degré 33, et parfois plus.

Propriété — égalité de deux polynômes

Deux polynômes sont égaux si, et seulement si, ils ont le même degré et les mêmes coefficients, terme à terme. Autrement dit, si pour tout xx réel :

anxn+⋯+a0=bnxn+⋯+b0a_n x^{n} + \cdots + a_0 = b_n x^{n} + \cdots + b_0

alors ak=bka_k = b_k pour tout kk. On dit qu'on identifie les coefficients.

Attention

Le principe d'identification n'a de sens que si les deux écritures sont déjà développées et ordonnées selon les puissances de xx. N'oublie jamais d'écrire un coefficient 00 pour une puissance manquante : dans x3−5x+6x^{3} - 5x + 6, le coefficient de x2x^{2} est 00, pas « rien ».

Exemple — degré et coefficients

Soit P(x)=4x3−x2+7P(x) = 4x^{3} - x^{2} + 7 et Q(x)=(x−2)(x+1)2Q(x) = (x-2)(x+1)^{2}. Donne le degré et les coefficients de chacun.

  1. P(x)=4x3−x2+0⋅x+7P(x) = 4x^{3} - x^{2} + 0 \cdot x + 7on rend visible le coefficient manquant
  2. deg⁡P=3\deg P = 3, coefficients (4, −1, 0, 7)(4,\,-1,\,0,\,7)
  3. Q(x)=(x−2)(x2+2x+1)Q(x) = (x-2)(x^{2}+2x+1)on développe (x+1)2(x+1)^{2}
  4. ==x3+2x2+x−2x2−4x−2x^{3}+2x^{2}+x-2x^{2}-4x-2
  5. ==x3−3x−2x^{3} - 3x - 2on réduit
  6. deg⁡Q=3\deg Q = 3, coefficients (1, 0, −3, −2)(1,\,0,\,-3,\,-2)
Math & Co — le mot « algèbre » et la naissance des polynômes

Le mot algèbre vient de l'arabe al-jabr (« la réunion des morceaux »), titre d'un traité écrit vers 820820 à Bagdad par Muhammad al-Khwârizmî, dont le nom latinisé a aussi donné le mot « algorithme ». Al-Khwârizmî résolvait déjà des équations du second degré, mais entièrement en mots : aucun symbole xx, aucun exposant.

Il faudra attendre le mathématicien français François Viète, à la fin du XVIᵉ siècle, pour voir apparaître un calcul littéral proche du nôtre, avec des lettres pour désigner aussi bien les inconnues que les coefficients connus. C'est cette notation, perfectionnée ensuite par René Descartes vers 16371637 (qui impose l'usage des dernières lettres de l'alphabet pour les inconnues), qui permet enfin d'écrire un polynôme comme tu le fais aujourd'hui.

1.2  Opérations et racine d'un polynôme

Comme les nombres, les polynômes s'additionnent et se multiplient. On additionne les coefficients de même degré ; on multiplie en distribuant chaque terme, comme pour un double produit.

Propriété — degré d'une somme, d'un produit

Pour deux polynômes non nuls PP et QQ :

  • deg⁡(P+Q)⩽max⁡(deg⁡P,deg⁡Q)\deg(P+Q) \leqslant \max(\deg P, \deg Q)  (avec égalité sauf si les termes dominants s'annulent) ;
  • deg⁡(P×Q)=deg⁡P+deg⁡Q\deg(P \times Q) = \deg P + \deg Q.
Définition — racine d'un polynôme

Un nombre réel aa est une racine (ou un zéro) du polynôme PP lorsque

P(a)=0P(a) = 0

Trouver les racines de PP, c'est donc résoudre l'équation P(x)=0P(x) = 0.

Exemple — tester une racine

Le nombre 11 est-il racine de P(x)=x3−2x2−5x+6P(x) = x^{3} - 2x^{2} - 5x + 6 ? Et le nombre 22 ?

  1. P(1)=13−2×12−5×1+6P(1) = 1^{3} - 2 \times 1^{2} - 5 \times 1 + 6
  2. ==1−2−5+61 - 2 - 5 + 6
  3. ==00donc 11 est racine de PP
  4. P(2)=8−8−10+6P(2) = 8 - 8 - 10 + 6
  5. ==−4≠0-4 \neq 0donc 22 n'est pas racine de PP
Méthode — trouver une racine « évidente »

Pour un polynôme à coefficients entiers, on teste d'abord les petits entiers −2,−1,0,1,2-2, -1, 0, 1, 2, puis les diviseurs du terme constant a0a_0. Astuce rapide : si la somme des coefficients vaut 00, alors 11 est racine ; si la somme des coefficients de rang pair moins ceux de rang impair vaut 00, alors −1-1 est racine.

1.3  Division euclidienne des polynômes

Tu sais diviser 3737 par 44 : on trouve un quotient 99 et un reste 11, avec 37=4×9+137 = 4 \times 9 + 1 et le reste strictement inférieur au diviseur. Les polynômes obéissent à la même logique, en remplaçant « la valeur du reste » par « son degré ».

Théorème — division euclidienne des polynômes

Soient AA et BB deux polynômes, BB non nul. Il existe un unique couple de polynômes (Q,R)(Q, R) tel que

A=B×Q+Ravec R=0 ou deg⁡R<deg⁡BA = B \times Q + R \qquad \text{avec } R = 0 \text{ ou } \deg R < \deg B

QQ s'appelle le quotient et RR le reste de la division euclidienne de AA par BB.

Démonstration (idée)

Existence. On construit QQ terme par terme. On divise le terme dominant de AA par celui de BB : cela donne le premier terme de QQ. On multiplie BB par ce terme et on le soustrait à AA : le degré du polynôme obtenu a strictement diminué. On répète l'opération sur ce nouveau reste, jusqu'à obtenir un polynôme de degré strictement inférieur à deg⁡B\deg B : c'est exactement l'algorithme de la division posée présenté ci-dessous, et il s'arrête forcément puisque le degré diminue à chaque étape.

Unicité. Si A=BQ1+R1=BQ2+R2A = BQ_1 + R_1 = BQ_2 + R_2 avec les deux restes de degré <deg⁡B< \deg B, alors B(Q1−Q2)=R2−R1B(Q_1 - Q_2) = R_2 - R_1. Si Q1≠Q2Q_1 \neq Q_2, le membre de gauche a un degré supérieur ou égal à deg⁡B\deg B (propriété du degré d'un produit), alors que le membre de droite a un degré strictement inférieur à deg⁡B\deg B : contradiction. Donc Q1=Q2Q_1 = Q_2, puis R1=R2R_1 = R_2. C.Q.F.D.

Méthode — poser une division de polynômes

On ordonne les deux polynômes par puissances décroissantes (en écrivant les coefficients nuls manquants). À chaque étape : diviser le terme dominant du reste courant par le terme dominant du diviseur ; écrire ce quotient partiel ; multiplier le diviseur par ce quotient partiel et soustraire le résultat au reste courant ; recommencer avec le nouveau reste tant que son degré est supérieur ou égal à celui du diviseur.

Division posée de x³ − 2x² − 5x + 6 par x − 1 x³ − 2x² − 5x + 6 − ( x³ − x² ) −x² − 5x + 6 − ( −x² + x ) −6x + 6 − ( −6x + 6 ) 0 (reste) Diviseur x − 1 Quotient x² − x − 6 Reste 0
Figure 1 — Division posée de P(x)=x3−2x2−5x+6P(x) = x^{3} - 2x^{2} - 5x + 6 par x−1x - 1 : à chaque étape, on multiplie le diviseur par le quotient partiel et on soustrait, jusqu'à obtenir un reste de degré inférieur à celui du diviseur.
Exemple — effectuer la division en détail

Divisons A(x)=x3−2x2−5x+6A(x) = x^{3} - 2x^{2} - 5x + 6 par B(x)=x−1B(x) = x - 1, en détaillant chaque soustraction (voir Figure 1).

  1. x3÷x=x2x^{3} \div x = x^{2}1ᵉʳ terme du quotient
  2. x2(x−1)=x3−x2x^{2}(x-1) = x^{3} - x^{2}
  3. (x3−2x2−5x+6)−(x3−x2)=−x2−5x+6(x^{3}-2x^{2}-5x+6) - (x^{3}-x^{2}) = -x^{2} - 5x + 61ᵉʳ reste partiel
  4. −x2÷x=−x-x^{2} \div x = -x2ᵉ terme du quotient
  5. −x(x−1)=−x2+x-x(x-1) = -x^{2} + x
  6. (−x2−5x+6)−(−x2+x)=−6x+6(-x^{2}-5x+6) - (-x^{2}+x) = -6x + 62ᵉ reste partiel
  7. −6x÷x=−6-6x \div x = -63ᵉ terme du quotient
  8. −6(x−1)=−6x+6-6(x-1) = -6x + 6
  9. (−6x+6)−(−6x+6)=0(-6x+6) - (-6x+6) = 0le reste est nul : la division est exacte
  10. ⇒\RightarrowA(x)=(x−1)(x2−x−6)A(x) = (x-1)(x^{2}-x-6)quotient x2−x−6x^{2}-x-6, reste 00
Exemple — division avec reste non nul

Divisons A(x)=2x3+3x2−4A(x) = 2x^{3} + 3x^{2} - 4 par B(x)=x+2B(x) = x + 2.

  1. 2x3÷x=2x22x^{3} \div x = 2x^{2}
  2. 2x2(x+2)=2x3+4x22x^{2}(x+2) = 2x^{3} + 4x^{2}
  3. (2x3+3x2+0x−4)−(2x3+4x2)=−x2+0x−4(2x^{3}+3x^{2}+0x-4) - (2x^{3}+4x^{2}) = -x^{2} + 0x - 4
  4. −x2÷x=−x-x^{2} \div x = -x
  5. −x(x+2)=−x2−2x-x(x+2) = -x^{2} - 2x
  6. (−x2+0x−4)−(−x2−2x)=2x−4(-x^{2}+0x-4) - (-x^{2}-2x) = 2x - 4
  7. 2x÷x=22x \div x = 2
  8. 2(x+2)=2x+42(x+2) = 2x + 4
  9. (2x−4)−(2x+4)=−8(2x-4) - (2x+4) = -8degré 0<0 < degré du diviseur (=1)(=1) : on s'arrête
  10. ⇒\RightarrowA(x)=(x+2)(2x2−x+2)−8A(x) = (x+2)(2x^{2}-x+2) - 8quotient 2x2−x+22x^{2}-x+2, reste −8-8
Attention

Deux erreurs reviennent sans cesse dans une division posée : oublier un coefficient nul (un polynôme comme 2x3+3x2−42x^{3}+3x^{2}-4 doit être écrit 2x3+3x2+0x−42x^{3}+3x^{2}+0x-4 avant de commencer), et se tromper de signe en soustrayant (soustraire, c'est changer le signe de chaque terme du produit avant d'additionner). Vérifie toujours ta division en développant B(x)Q(x)+R(x)B(x)Q(x)+R(x) : tu dois retrouver A(x)A(x).

2Factorisation par (x − a)

La division euclidienne que tu viens d'apprendre porte en elle un résultat remarquable : quand le reste est nul, elle factorise le polynôme. C'est tout l'enjeu de cette section, qui te donne la méthode-clé du chapitre pour résoudre une équation de degré 3.

2.1  Théorème du reste et théorème de factorisation

Théorème du reste

Le reste de la division euclidienne d'un polynôme PP par x−ax - a est égal à P(a)P(a).

Démonstration

La division euclidienne de PP par x−ax-a s'écrit P(x)=(x−a)Q(x)+RP(x) = (x-a)Q(x) + R, où RR est de degré strictement inférieur à deg⁡(x−a)=1\deg(x-a) = 1 : RR est donc une constante. En évaluant l'égalité en x=ax = a :

  1. P(a)=(a−a)Q(a)+RP(a) = (a-a)Q(a) + R
  2. ==0×Q(a)+R0 \times Q(a) + R
  3. ==RR

Donc R=P(a)R = P(a). C.Q.F.D.

Théorème de factorisation

Soit PP un polynôme et aa un nombre réel. Les trois propositions suivantes sont équivalentes :

  • aa est une racine de PP  (P(a)=0P(a) = 0) ;
  • le polynôme x−ax - a divise PP ;
  • il existe un polynôme QQ, avec deg⁡Q=deg⁡P−1\deg Q = \deg P - 1, tel que P(x)=(x−a) Q(x)P(x) = (x-a)\,Q(x).
Démonstration

C'est une conséquence immédiate du théorème du reste : le reste de la division de PP par x−ax-a vaut P(a)P(a). Or, dire que x−ax-a divise PP signifie exactement que ce reste est nul. Donc « x−ax-a divise PP » équivaut à « P(a)=0P(a) = 0 », c'est-à-dire à « aa est racine de PP ». Dans ce cas, la division euclidienne s'écrit P(x)=(x−a)Q(x)+0P(x) = (x-a)Q(x) + 0, ce qui donne la troisième proposition. C.Q.F.D.

2.2  Méthode : factoriser connaissant une racine évidente

Méthode — factoriser un polynôme de degré 3
  1. Chercher une racine « évidente » aa (petit entier ou diviseur du terme constant) telle que P(a)=0P(a) = 0.
  2. Diviser P(x)P(x) par (x−a)(x-a), soit en posant la division, soit par identification des coefficients : on écrit P(x)=(x−a)(bx2+cx+d)P(x) = (x-a)(bx^{2}+cx+d), on développe le membre de droite, puis on identifie avec les coefficients de PP.
  3. Si le quotient bx2+cx+dbx^{2}+cx+d se factorise à son tour (discriminant, identité remarquable), on obtient la factorisation complète de PP en produit de facteurs du premier degré.
  4. Pour résoudre P(x)=0P(x) = 0, on utilise la règle du produit nul : un produit de facteurs est nul si, et seulement si, l'un au moins des facteurs est nul.
Exemple — factoriser par identification

Factorise entièrement P(x)=x3−2x2−5x+6P(x) = x^{3} - 2x^{2} - 5x + 6, sachant que 11 est racine (vérifié en section 1).

  1. on pose P(x)=(x−1)(x2+bx+c)P(x) = (x-1)(x^{2}+bx+c)le quotient est de degré 2, coefficient dominant 1
  2. (x−1)(x2+bx+c)=x3+bx2+cx−x2−bx−c(x-1)(x^{2}+bx+c) = x^{3}+bx^{2}+cx-x^{2}-bx-c
  3. ==x3+(b−1)x2+(c−b)x−cx^{3}+(b-1)x^{2}+(c-b)x-c
  4. par identification avec x3−2x2−5x+6x^{3}-2x^{2}-5x+6 : b−1=−2b-1=-2, c−b=−5c-b=-5, −c=6-c=6
  5. ⇒\Rightarrowb=−1b=-1 et c=−6c=-6les trois équations sont cohérentes : bon signe de vérifier
  6. P(x)=(x−1)(x2−x−6)P(x) = (x-1)(x^{2}-x-6)
  7. Δ=(−1)2−4×1×(−6)=25\Delta = (-1)^{2}-4\times1\times(-6) = 25discriminant du quotient
  8. racines du quotient : 1−52=−2\dfrac{1-5}{2}=-2 et 1+52=3\dfrac{1+5}{2}=3
  9. ⇒\Rightarrowx2−x−6=(x+2)(x−3)x^{2}-x-6 = (x+2)(x-3)
  10. ⇒\RightarrowP(x)=(x−1)(x+2)(x−3)P(x) = (x-1)(x+2)(x-3)factorisation complète
-2-1123 -6-33690 xy maximum local ≈ 8,2 minimum local ≈ −4,06 y = P(x)
Figure 2 — Courbe de P(x)=x3−2x2−5x+6P(x) = x^{3} - 2x^{2} - 5x + 6. Les points rouges sont les trois racines −2-2, 11 et 33 : ce sont exactement les points où la courbe coupe l'axe des abscisses, en cohérence avec la factorisation P(x)=(x−1)(x+2)(x−3)P(x) = (x-1)(x+2)(x-3).
Exemple — résoudre une équation de degré 3

Résous x3+x2−4x−4=0x^{3} + x^{2} - 4x - 4 = 0.

  1. test de −1-1 : (−1)3+(−1)2−4(−1)−4=−1+1+4−4=0(-1)^{3}+(-1)^{2}-4(-1)-4 = -1+1+4-4 = 0−1-1 est racine évidente
  2. on pose x3+x2−4x−4=(x+1)(x2+bx+c)x^{3}+x^{2}-4x-4 = (x+1)(x^{2}+bx+c)
  3. (x+1)(x2+bx+c)=x3+(b+1)x2+(c+b)x+c(x+1)(x^{2}+bx+c) = x^{3}+(b+1)x^{2}+(c+b)x+c
  4. identification : b+1=1b+1=1, c+b=−4c+b=-4, c=−4c=-4
  5. ⇒\Rightarrowb=0b=0, c=−4c=-4cohérent avec c+b=−4c+b=-4
  6. x3+x2−4x−4=(x+1)(x2−4)x^{3}+x^{2}-4x-4 = (x+1)(x^{2}-4)
  7. x2−4=(x−2)(x+2)x^{2}-4 = (x-2)(x+2)identité remarquable a2−b2a^{2}-b^{2}
  8. ⇒\Rightarrow(x+1)(x−2)(x+2)=0(x+1)(x-2)(x+2) = 0
  9. ⇔\Leftrightarrowx=−1x=-1 ou x=2x=2 ou x=−2x=-2règle du produit nul

L'ensemble des solutions est S={−2 ; −1 ; 2}S = \{-2\,;\,-1\,;\,2\}.

Attention

Un polynôme de degré 3 admet au moins une racine réelle (sa courbe part de −∞-\infty et va vers +∞+\infty, ou l'inverse, elle traverse donc forcément l'axe des abscisses), mais pas nécessairement trois : si le quotient du second degré a un discriminant strictement négatif, il ne se factorise pas dans R\mathbb{R}, et PP n'a qu'une seule racine réelle. Vérifie toujours ton résultat en développant le produit final : tu dois retrouver le polynôme de départ.

Math & Co — le duel des équations du troisième degré

À Bologne, au début du XVIᵉ siècle, Scipione del Ferro découvre une méthode pour résoudre certaines équations de degré 3, mais la garde secrète : à l'époque, les professeurs italiens se défiaient en public par « cartelli di matematica », et un tel résultat était une arme. Le secret passe à son élève Antonio Fior.

En 1535, le mathématicien Nicolo Fontana, dit Tartaglia (« le bègue »), retrouve la méthode de son côté et écrase Fior lors d'un concours public. Jérôme Cardan le supplie alors de lui confier la formule, jurant de ne jamais la publier — puis la publie en 1545 dans son Ars Magna, déclenchant une querelle de priorité restée célèbre. C'est ce même ouvrage qui contient, pour la première fois, l'usage de racines de nombres négatifs : la porte vers les nombres complexes, que tu étudieras plus tard.

3Schéma de Horner

La division posée fonctionne, mais elle prend de la place et multiplie les occasions d'erreur de signe. Le schéma de Horner organise le même calcul dans un tableau compact, en ne manipulant que des nombres : c'est l'outil que tu utiliseras le plus souvent en pratique.

3.1  Écriture et schéma de Horner

Définition — forme de Horner

Tout polynôme peut s'écrire sous forme imbriquée : pour P(x)=a3x3+a2x2+a1x+a0P(x) = a_3x^{3}+a_2x^{2}+a_1x+a_0,

P(x)=((a3 x+a2) x+a1)x+a0P(x) = \bigl( (a_3\,x + a_2)\,x + a_1 \bigr) x + a_0

Cette écriture ne demande que des multiplications et des additions, sans jamais calculer de puissance séparément : c'est la façon la plus rapide d'évaluer un polynôme, à la main comme sur machine.

Propriété — le schéma de Horner divise par (x−a)(x-a)

Pour évaluer P(a)P(a), on construit une ligne de nombres b2,b1,b0,rb_2, b_1, b_0, r à partir des coefficients a3,a2,a1,a0a_3,a_2,a_1,a_0 de PP :

b2=a3b1=a2+a b2b0=a1+a b1r=a0+a b0b_2 = a_3 \qquad b_1 = a_2 + a\,b_2 \qquad b_0 = a_1 + a\,b_1 \qquad r = a_0 + a\,b_0

Alors r=P(a)r = P(a), et si r=0r = 0, les nombres b2,b1,b0b_2, b_1, b_0 sont exactement les coefficients du quotient de PP par (x−a)(x-a) : P(x)=(x−a)(b2x2+b1x+b0)P(x) = (x-a)(b_2x^{2}+b_1x+b_0). C'est le même résultat que la division posée, obtenu plus vite.

a = 1 1 −2 −5 6 1 −1 −6 0 copie × 1 × 1 × 1 + + + P(1) = 0 donc 1 est racine ; quotient x² − x − 6, reste 0
Figure 3 — Schéma de Horner pour P(x)=x3−2x2−5x+6P(x)=x^{3}-2x^{2}-5x+6 et a=1a=1 : on descend le premier coefficient, puis on multiplie par aa et on ajoute au coefficient suivant, jusqu'au reste P(1)P(1).

3.2  Deux exemples d'application

Exemple — retrouver la factorisation de P par Horner

Applique le schéma de Horner à P(x)=x3−2x2−5x+6P(x)=x^{3}-2x^{2}-5x+6 avec a=1a=1 (voir Figure 3).

  1. b2=1b_2 = 1on recopie le premier coefficient
  2. b1=−2+1×1=−1b_1 = -2 + 1 \times 1 = -1
  3. b0=−5+1×(−1)=−6b_0 = -5 + 1 \times (-1) = -6
  4. r=6+1×(−6)=0r = 6 + 1 \times (-6) = 0reste nul : 11 est bien racine
  5. ⇒\RightarrowP(x)=(x−1)(x2−x−6)P(x) = (x-1)(x^{2}-x-6)on retrouve exactement le résultat de la section 2
Exemple — vérifier une racine avec un tableau de Horner

Reprends Q(x)=x3+x2−4x−4Q(x) = x^{3}+x^{2}-4x-4 et a=−1a=-1 : retrouve par Horner la factorisation obtenue par identification.

a = −111−4−4
Horner10−40
  1. 11 (copié), puis 1+(−1)×1=01+(-1)\times1=0, puis −4+(−1)×0=−4-4+(-1)\times0=-4, puis −4+(−1)×(−4)=0-4+(-1)\times(-4)=0
  2. ⇒\RightarrowQ(x)=(x+1)(x2+0x−4)=(x+1)(x2−4)Q(x) = (x+1)(x^{2}+0x-4) = (x+1)(x^{2}-4)reste nul, on retrouve la Section 2
Math & Co — une méthode chinoise, italienne… et anglaise

Le « schéma de Horner » doit son nom au mathématicien britannique William George Horner, qui le publie en 1819. Mais la méthode est bien plus ancienne : le mathématicien italien Paolo Ruffini l'avait déjà décrite en 1804, si bien que les pays francophones parlent souvent de « méthode de Ruffini-Horner ».

Plus étonnant encore : en Chine, le mathématicien Qin Jiushao utilisait un algorithme rigoureusement équivalent dès 1247, dans son traité Shùshū Jiǔzhāng (« Traité mathématique en neuf chapitres »), pour résoudre des équations polynomiales de degré élevé — près de six siècles avant Ruffini et Horner.

4Fractions rationnelles et domaine

Une fraction numérique comme 25\dfrac{2}{5} exige un dénominateur non nul. Il en va exactement de même quand le numérateur et le dénominateur sont des polynômes : c'est ce qu'on appelle une fraction rationnelle, et son domaine de définition demande la même vigilance qu'un dénominateur numérique — en plus délicat, puisqu'il faut d'abord résoudre une équation pour le trouver.

4.1  Définition et domaine de définition

Définition

Une fraction rationnelle est une expression de la forme f(x)=A(x)B(x)f(x) = \dfrac{A(x)}{B(x)}, où AA et BB sont deux polynômes, BB n'étant pas le polynôme nul. Le domaine de définition de ff, noté DfD_f, est l'ensemble des réels xx pour lesquels B(x)≠0B(x) \neq 0 :

Df=R∖{x∣B(x)=0}D_f = \mathbb{R} \setminus \{x \mid B(x) = 0\}

Les valeurs exclues sont appelées valeurs interdites.

Méthode — déterminer un domaine de définition

On résout l'équation B(x)=0B(x) = 0 (en factorisant si BB est de degré ⩾2\geqslant 2, avec les techniques des sections précédentes). DfD_f est alors R\mathbb{R} privé de ces solutions.

Exemple — domaine avec deux valeurs interdites

Détermine le domaine de définition de k(x)=2x−1x2−1k(x) = \dfrac{2x-1}{x^{2}-1}.

  1. x2−1=0x^{2}-1 = 0
  2. ⇔\Leftrightarrow(x−1)(x+1)=0(x-1)(x+1) = 0identité remarquable a2−b2a^{2}-b^{2}
  3. ⇔\Leftrightarrowx=1x=1 ou x=−1x=-1
  4. ⇒\RightarrowDk=R∖{−1 ; 1}=]−∞;−1[∪]−1;1[∪]1;+∞[D_k = \mathbb{R}\setminus\{-1\,;\,1\} = \left]-\infty;-1\right[\cup\left]-1;1\right[\cup\left]1;+\infty\right[
Exemple — domaine égal à R\mathbb{R}

Détermine le domaine de définition de m(x)=x+5x2+1m(x) = \dfrac{x+5}{x^{2}+1}.

  1. pour tout réel xx, x2⩾0x^{2} \geqslant 0
  2. ⇒\Rightarrowx2+1⩾1>0x^{2}+1 \geqslant 1 > 0une somme de deux termes positifs, dont un strictement
  3. ⇒\Rightarrowx2+1x^{2}+1 ne s'annule jamais
  4. ⇒\RightarrowDm=RD_m = \mathbb{R}

4.2  Simplifier une fraction rationnelle

Propriété — simplification

Si A(x)=(x−a)A1(x)A(x) = (x-a)A_1(x) et B(x)=(x−a)B1(x)B(x) = (x-a)B_1(x), alors, pour tout x≠ax \neq a :

A(x)B(x)=A1(x)B1(x)\frac{A(x)}{B(x)} = \frac{A_1(x)}{B_1(x)}

On factorise donc entièrement numérateur et dénominateur, puis on simplifie par les facteurs communs.

Attention — le piège du domaine

Simplifier une fraction rationnelle ne change jamais son domaine de définition. Après simplification, l'expression obtenue peut sembler définie en une valeur qui était pourtant interdite au départ : il faut conserver toutes les valeurs interdites initiales à côté du résultat simplifié.

Exemple — simplifier en gardant le bon domaine

Simplifie h(x)=x2−4x2−5x+6h(x) = \dfrac{x^{2}-4}{x^{2}-5x+6}.

  1. x2−5x+6=0x^{2}-5x+6 = 0
  2. Δ=25−24=1\Delta = 25 - 24 = 1
  3. racines : 5−12=2\dfrac{5-1}{2}=2 et 5+12=3\dfrac{5+1}{2}=3
  4. ⇒\RightarrowDh=R∖{2 ; 3}D_h = \mathbb{R}\setminus\{2\,;\,3\}
  5. x2−4=(x−2)(x+2)x^{2}-4 = (x-2)(x+2)
  6. x2−5x+6=(x−2)(x−3)x^{2}-5x+6 = (x-2)(x-3)
  7. h(x)=(x−2)(x+2)(x−2)(x−3)h(x) = \dfrac{(x-2)(x+2)}{(x-2)(x-3)}
  8. ==x+2x−3\dfrac{x+2}{x-3}simplification par (x−2)(x-2), valable car x≠2x\neq 2

On écrit donc h(x)=x+2x−3h(x) = \dfrac{x+2}{x-3} pour x∈R∖{2 ; 3}x \in \mathbb{R}\setminus\{2\,;\,3\} : l'expression simplifiée semble définie en 22, mais 22 reste exclu du domaine.

4.3  Décomposition simple d'une fraction rationnelle

Méthode — décomposer A(x)x−a\dfrac{A(x)}{x-a}

Quand le dénominateur est de degré 11, la division euclidienne de AA par (x−a)(x-a) donne A(x)=(x−a)Q(x)+RA(x) = (x-a)Q(x) + R, avec RR une constante. On en déduit, pour x≠ax \neq a :

A(x)x−a=Q(x)+Rx−a\frac{A(x)}{x-a} = Q(x) + \frac{R}{x-a}

C'est la décomposition simple : une partie polynomiale (souvent constante quand deg⁡A=1\deg A = 1) et une partie en 1x−a\dfrac{1}{x-a}, qui pilote le comportement de la courbe près de la valeur interdite.

Exemple — décomposer et lire le résultat

Décompose g(x)=x+3x−2g(x) = \dfrac{x+3}{x-2}.

  1. division de x+3x+3 par x−2x-2 : x+3=1×(x−2)+5x+3 = 1\times(x-2) + 5
  2. ⇒\Rightarrowg(x)=(x−2)+5x−2g(x) = \dfrac{(x-2)+5}{x-2}
  3. ==1+5x−21 + \dfrac{5}{x-2}pour x≠2x \neq 2

Cette écriture explique la forme de la courbe (Figure 4). Quand xx devient très grand, 5x−2\dfrac{5}{x-2} devient très petit : g(x)g(x) se rapproche de 11, on note lim⁡x→+∞g(x)=1\displaystyle\lim_{x \to +\infty} g(x) = 1. Quand xx se rapproche de 22, x−2x-2 devient un tout petit nombre : 5x−2\dfrac{5}{x-2} devient très grand en valeur absolue, et g(x)g(x) explose.

-3-2-11234567 -6-4-22468 xy x = 2 interdit y = 1 y = (x+3)/(x−2)
Figure 4 — Courbe de g(x)=x+3x−2=1+5x−2g(x) = \dfrac{x+3}{x-2} = 1 + \dfrac{5}{x-2}. En pointillés : l'asymptote verticale x=2x=2 (valeur interdite) et l'asymptote horizontale y=1y=1, toutes deux lisibles directement dans la décomposition simple.
Math & Co — le mot « asymptote »

Le mot asymptote vient du grec asumptôtos, « qui ne tombe pas ensemble », c'est-à-dire qui ne rencontre jamais la courbe qu'elle approche. On doit l'étude systématique de ces droites au mathématicien grec Apollonios de Perge (vers −200-200), dans son traité Coniques, où il étudie déjà les asymptotes de l'hyperbole — exactement la forme que dessine la courbe d'une fraction rationnelle comme gg ci-dessus.

5Signe et résolution d'inéquations

Toute la difficulté d'une inéquation polynomiale ou rationnelle tient en une règle : on ne peut étudier un signe qu'à partir d'un produit ou d'un quotient de facteurs déjà factorisés. Cette dernière section réunit tout ce que tu as appris pour construire un tableau de signes et en tirer un ensemble de solutions.

5.1  Signe d'un polynôme factorisé

Propriété — signe d'un produit de facteurs affines

Un facteur affine x−rx - r est négatif pour x<rx < r, nul en x=rx=r, positif pour x>rx>r. Le signe d'un produit de plusieurs facteurs se lit en appliquant la règle des signes (produit de nombres positifs et négatifs) sur chaque intervalle délimité par les racines.

Exemple — tableau de signes de P

Étudie le signe de P(x)=(x−1)(x+2)(x−3)P(x) = (x-1)(x+2)(x-3) sur R\mathbb{R}.

xx−∞-\infty−2-21133+∞+\infty
x+2x+2−0+
x−1x-1−0+
x−3x-3−0+
P(x)P(x)−0+0−0+

On lit directement : P(x)⩾0P(x) \geqslant 0 sur [−2 ; 1]∪[3 ; +∞[\left[-2\,;\,1\right] \cup \left[3\,;\,+\infty\right[.

5.2  Signe d'une fraction rationnelle

Méthode — tableau de signes d'un quotient

On étudie séparément le signe du numérateur et celui du dénominateur, puis on applique la règle des signes du quotient — exactement comme pour un produit. À la valeur interdite, on place une double barre ∥\parallel : le quotient n'est pas défini, quel que soit son signe autour.

Exemple — tableau de signes de g

Étudie le signe de g(x)=x+3x−2g(x) = \dfrac{x+3}{x-2}.

xx−∞-\infty−3-322+∞+\infty
x+3x+3−0+
x−2x-2−∥+
g(x)g(x)+0−∥+

5.3  Résoudre une inéquation

Méthode — résoudre une inéquation polynomiale ou rationnelle
  1. Tout ramener d'un seul côté : l'inéquation doit être comparée à 00.
  2. Factoriser entièrement le membre non nul (racine évidente, identités, discriminant).
  3. Construire le tableau de signes complet.
  4. Lire l'ensemble des solutions en respectant le sens de l'inégalité, et en excluant les valeurs interdites du domaine.
Attention — l'erreur la plus fréquente

On ne multiplie jamais les deux membres d'une inéquation par une expression dont on ne connaît pas le signe (comme x−2x-2) : suivant le signe de cette expression, l'inégalité change de sens ou non. Pour résoudre x+3x−2⩽0\dfrac{x+3}{x-2} \leqslant 0, il ne faut donc surtout pas écrire « x+3⩽0x+3 \leqslant 0 » en multipliant par x−2x-2 : on utilise le tableau de signes du quotient.

Exemple — résoudre une inéquation quotient

Résous x+3x−2⩽0\dfrac{x+3}{x-2} \leqslant 0.

  1. domaine : x≠2x \neq 2
  2. d'après le tableau de signes (5.2), g(x)<0g(x) < 0 sur ]−3;2[\left]-3;2\right[ et g(−3)=0g(-3)=0
  3. ⇒\Rightarrowg(x)⩽0g(x) \leqslant 0 sur [−3;2[\left[-3;2\right[22 est exclu du domaine

L'ensemble des solutions est S=[−3 ; 2[S = \left[-3\,;\,2\right[ (voir Figure 5).

Signe de (x+3)/(x−2) et solution de (x+3)/(x−2) ≤ 0 + 0 − + −302 (interdit) S = [ −3 ; 2 [
Figure 5 — Ligne de signes de g(x)=x+3x−2g(x) = \dfrac{x+3}{x-2} et ensemble solution de g(x)⩽0g(x) \leqslant 0 : point plein en −3-3 (inclus), point creux en 22 (exclu du domaine).

Fiche mémo

  • Degré nn : plus grand exposant à coefficient non nul ; deux polynômes égaux ont les mêmes coefficients (identification).
  • aa racine de PP ⇔\Leftrightarrow P(a)=0P(a)=0 ⇔\Leftrightarrow le reste de la division de PP par (x−a)(x-a) est nul ⇔\Leftrightarrow (x−a)(x-a) divise PP.
  • Division euclidienne : A=BQ+RA = BQ+R, R=0R=0 ou deg⁡R<deg⁡B\deg R < \deg B (unique).
  • Factoriser un cubique : racine évidente aa →\to diviser par (x−a)(x-a) (division posée, identification, ou Horner) →\to factoriser le quotient de degré 22.
  • Schéma de Horner : b2=a3b_2=a_3, puis bk−1=ak+a bkb_{k-1} = a_k + a\,b_k ; le dernier nombre est P(a)P(a).
  • Fraction rationnelle A(x)B(x)\dfrac{A(x)}{B(x)} : domaine =R∖{x∣B(x)=0}= \mathbb{R}\setminus\{x \mid B(x)=0\}.
  • Simplifier une fraction : factoriser, annuler les facteurs communs, mais garder le domaine de départ.
  • Décomposition simple : A(x)x−a=Q(x)+Rx−a\dfrac{A(x)}{x-a} = Q(x) + \dfrac{R}{x-a} (division euclidienne) — pilote les asymptotes.
  • Signe d'un produit ou d'un quotient de facteurs affines : alterne à chaque racine simple ; double barre ∥\parallel à une valeur interdite.
  • Résoudre une inéquation : tout ramener à 00, factoriser, tableau de signes — jamais multiplier par une expression de signe inconnu.

6Exercices corrigés

Seize exercices, du plus direct au plus exigeant, pour t'entraîner sur l'ensemble du chapitre. Cherche chaque exercice avant de dérouler le corrigé.

Niveau 1 — Application directe
1

Soit P(x)=2x3−3x2+x−5P(x) = 2x^{3} - 3x^{2} + x - 5. Donne son degré et ses coefficients, puis calcule P(0)P(0) et P(−1)P(-1).

Voir le corrigé détaillé
  1. deg⁡P=3\deg P = 3, coefficients (2, −3, 1, −5)(2,\,-3,\,1,\,-5)
  2. P(0)=−5P(0) = -5seul le terme constant subsiste
  3. P(−1)=2(−1)3−3(−1)2+(−1)−5P(-1) = 2(-1)^{3} - 3(-1)^{2} + (-1) - 5
  4. ==−2−3−1−5-2 - 3 - 1 - 5
  5. ==−11-11
2

Vérifie que 22 est racine de Q(x)=x3−4x2+x+6Q(x) = x^{3} - 4x^{2} + x + 6, puis factorise entièrement QQ par identification.

Voir le corrigé détaillé
  1. Q(2)=8−16+2+6=0Q(2) = 8 - 16 + 2 + 6 = 022 est bien racine
  2. on pose Q(x)=(x−2)(x2+bx+c)Q(x) = (x-2)(x^{2}+bx+c)
  3. (x−2)(x2+bx+c)=x3+(b−2)x2+(c−2b)x−2c(x-2)(x^{2}+bx+c) = x^{3}+(b-2)x^{2}+(c-2b)x-2c
  4. identification : b−2=−4b-2=-4, c−2b=1c-2b=1, −2c=6-2c=6
  5. ⇒\Rightarrowb=−2b=-2, c=−3c=-3les trois équations concordent
  6. Q(x)=(x−2)(x2−2x−3)Q(x) = (x-2)(x^{2}-2x-3)
  7. Δ=4+12=16\Delta = 4+12 = 16discriminant du quotient
  8. racines : 2−42=−1\dfrac{2-4}{2}=-1 et 2+42=3\dfrac{2+4}{2}=3
  9. ⇒\RightarrowQ(x)=(x−2)(x−3)(x+1)Q(x) = (x-2)(x-3)(x+1)
3

Utilise un schéma de Horner pour calculer R(3)R(3), où R(x)=x3−6x2+11x−6R(x) = x^{3} - 6x^{2} + 11x - 6, et donne le quotient de RR par (x−3)(x-3).

Voir le corrigé détaillé
a = 31−611−6
Horner1−320
  1. 11 (copié) ; −6+3×1=−3-6+3\times1=-3 ; 11+3×(−3)=211+3\times(-3)=2 ; −6+3×2=0-6+3\times2=0
  2. ⇒\RightarrowR(3)=0R(3)=0, quotient x2−3x+2x^{2}-3x+2
  3. x2−3x+2=(x−1)(x−2)x^{2}-3x+2=(x-1)(x-2)Δ=9−8=1\Delta=9-8=1, racines 11 et 22
  4. ⇒\RightarrowR(x)=(x−3)(x−1)(x−2)R(x)=(x-3)(x-1)(x-2)
4

Détermine le domaine de définition de f(x)=3x+1x2−9f(x)=\dfrac{3x+1}{x^{2}-9} et de h(x)=x−4x2+4h(x)=\dfrac{x-4}{x^{2}+4}.

Voir le corrigé détaillé
  1. x2−9=0⇔(x−3)(x+3)=0⇔x=3x^{2}-9=0 \Leftrightarrow (x-3)(x+3)=0 \Leftrightarrow x=3 ou x=−3x=-3
  2. ⇒\RightarrowDf=R∖{−3 ; 3}D_f = \mathbb{R}\setminus\{-3\,;\,3\}
  3. pour tout xx, x2+4⩾4>0x^{2}+4 \geqslant 4 > 0ne s'annule jamais
  4. ⇒\RightarrowDh=RD_h = \mathbb{R}
5

Résous l'inéquation (x−2)(x+5)⩽0(x-2)(x+5) \leqslant 0 à l'aide d'un tableau de signes.

Voir le corrigé détaillé
xx−∞-\infty−5-522+∞+\infty
x+5x+5−0+
x−2x-2−0+
produit+0−0+

L'ensemble des solutions est S=[−5 ; 2]S = \left[-5\,;\,2\right].

Niveau 2 — Approfondissement
6

Résous x3−7x+6=0x^{3} - 7x + 6 = 0.

Voir le corrigé détaillé
  1. test de 11 : 1−7+6=01-7+6=0racine évidente
  2. on pose x3−7x+6=(x−1)(x2+bx+c)x^{3}-7x+6=(x-1)(x^{2}+bx+c)
  3. (x−1)(x2+bx+c)=x3+(b−1)x2+(c−b)x−c(x-1)(x^{2}+bx+c)=x^{3}+(b-1)x^{2}+(c-b)x-c
  4. identification (coeff. de x2x^{2} nul) : b−1=0b-1=0, c−b=−7c-b=-7, −c=6-c=6
  5. ⇒\Rightarrowb=1b=1, c=−6c=-6
  6. x2+x−6=(x−2)(x+3)x^{2}+x-6=(x-2)(x+3)Δ=1+24=25\Delta=1+24=25
  7. ⇒\Rightarrow(x−1)(x−2)(x+3)=0(x-1)(x-2)(x+3)=0

L'ensemble des solutions est S={−3 ; 1 ; 2}S=\{-3\,;\,1\,;\,2\}.

7

Simplifie F(x)=x2+x−6x2−4F(x)=\dfrac{x^{2}+x-6}{x^{2}-4} en précisant son domaine de définition.

Voir le corrigé détaillé
  1. x2−4=(x−2)(x+2)x^{2}-4=(x-2)(x+2)
  2. ⇒\RightarrowDF=R∖{−2 ; 2}D_F = \mathbb{R}\setminus\{-2\,;\,2\}
  3. x2+x−6=(x−2)(x+3)x^{2}+x-6=(x-2)(x+3)Δ=1+24=25\Delta=1+24=25
  4. F(x)=(x−2)(x+3)(x−2)(x+2)F(x)=\dfrac{(x-2)(x+3)}{(x-2)(x+2)}
  5. ==x+3x+2\dfrac{x+3}{x+2}simplification par (x−2)(x-2), valable car x≠2x\neq2

F(x)=x+3x+2F(x)=\dfrac{x+3}{x+2} pour x∈R∖{−2 ; 2}x\in\mathbb{R}\setminus\{-2\,;\,2\} : le domaine garde les deux valeurs interdites de départ.

8

Décompose g(x)=2x−1x+1g(x)=\dfrac{2x-1}{x+1}, donne ses asymptotes, puis calcule g(10)g(10) de deux façons pour vérifier.

Voir le corrigé détaillé
  1. 2x−1=2(x+1)−32x-1 = 2(x+1) - 3division de 2x−12x-1 par x+1x+1
  2. ⇒\Rightarrowg(x)=2−3x+1g(x) = 2 - \dfrac{3}{x+1}pour x≠−1x\neq -1
  3. asymptote verticale x=−1x=-1 ; asymptote horizontale y=2y=2
  4. g(10)=1911g(10) = \dfrac{19}{11}calcul direct
  5. g(10)=2−311=22−311=1911g(10) = 2 - \dfrac{3}{11} = \dfrac{22-3}{11} = \dfrac{19}{11}forme décomposée : même résultat
9

Résous x3−x2−4x+4⩾0x^{3} - x^{2} - 4x + 4 \geqslant 0.

Voir le corrigé détaillé
  1. test de 11 : 1−1−4+4=01-1-4+4=0
  2. identification donne x3−x2−4x+4=(x−1)(x2−4)x^{3}-x^{2}-4x+4=(x-1)(x^{2}-4)
  3. x2−4=(x−2)(x+2)x^{2}-4=(x-2)(x+2)
  4. ⇒\Rightarrow(x−1)(x−2)(x+2)(x-1)(x-2)(x+2)
xx−∞-\infty−2-21122+∞+\infty
signe−0+0−0+

L'ensemble des solutions est S=[−2 ; 1]∪[2 ; +∞[S = \left[-2\,;\,1\right] \cup \left[2\,;\,+\infty\right[.

10

Résous x−32x+4<0\dfrac{x-3}{2x+4} < 0.

Voir le corrigé détaillé
  1. domaine : 2x+4≠0⇔x≠−22x+4\neq0 \Leftrightarrow x\neq-2
xx−∞-\infty−2-233+∞+\infty
x−3x-3−0+
2x+42x+4−∥+
quotient+∥−0+

L'ensemble des solutions est S=]−2 ; 3[S = \left]-2\,;\,3\right[.

Niveau 3 — Défi
11

Soit P(x)=2x3−3x2−11x+6P(x) = 2x^{3} - 3x^{2} - 11x + 6.

  1. Montre que 33 est racine de PP.
  2. Détermine bb et cc tels que P(x)=(x−3)(2x2+bx+c)P(x) = (x-3)(2x^{2}+bx+c).
  3. Résous P(x)=0P(x) = 0, puis P(x)>0P(x) > 0.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. P(3)=2×27−3×9−33+6P(3) = 2\times27 - 3\times9 - 33 + 6
  2. ==54−27−33+6=054-27-33+6=033 est bien racine

2.

  1. (x−3)(2x2+bx+c)=2x3+(b−6)x2+(c−3b)x−3c(x-3)(2x^{2}+bx+c) = 2x^{3}+(b-6)x^{2}+(c-3b)x-3c
  2. identification : b−6=−3b-6=-3, c−3b=−11c-3b=-11, −3c=6-3c=6
  3. ⇒\Rightarrowb=3b=3, c=−2c=-2

3.

  1. 2x2+3x−22x^{2}+3x-2 : Δ=9+16=25\Delta = 9+16=25
  2. racines −3−54=−2\dfrac{-3-5}{4}=-2 et −3+54=12\dfrac{-3+5}{4}=\dfrac{1}{2}
  3. ⇒\RightarrowP(x)=(x−3)(x+2)(2x−1)P(x) = (x-3)(x+2)(2x-1)
  4. ⇒\RightarrowP(x)=0⇔x∈{−2 ; 12 ; 3}P(x)=0 \Leftrightarrow x\in\left\{-2\,;\,\dfrac{1}{2}\,;\,3\right\}

Le coefficient dominant 22 est positif : le signe de PP alterne en partant de « négatif » avant la plus petite racine. D'où P(x)>0P(x)>0 sur ]−2 ; 12[∪]3 ; +∞[\left]-2\,;\,\dfrac12\right[ \cup \left]3\,;\,+\infty\right[.

12

Soit f(x)=x2−x−6x−1f(x) = \dfrac{x^{2}-x-6}{x-1}.

  1. Détermine le domaine de définition de ff.
  2. Effectue la décomposition simple de ff et donne l'équation de son asymptote.
  3. Étudie le signe de ff et résous f(x)⩾0f(x) \geqslant 0.
Voir le corrigé détaillé

1. Df=R∖{1}D_f = \mathbb{R}\setminus\{1\}.

2.

  1. x2−x−6=(x−1)×x+(−6)x^{2}-x-6 = (x-1)\times x + (-6)division euclidienne : (x−1)×x=x2−x(x-1)\times x = x^{2}-x
  2. ⇒\Rightarrowf(x)=x−6x−1f(x) = x - \dfrac{6}{x-1}pour x≠1x\neq1

Ici le quotient xx n'est pas constant : la courbe de ff se rapproche de la droite oblique y=xy=x quand xx devient très grand (et de l'asymptote verticale x=1x=1 près de la valeur interdite) — une généralisation naturelle de la décomposition simple vue en cours.

3. x2−x−6=(x−3)(x+2)x^{2}-x-6=(x-3)(x+2), donc f(x)=(x−3)(x+2)x−1f(x)=\dfrac{(x-3)(x+2)}{x-1}.

xx−∞-\infty−2-21133+∞+\infty
x+2x+2−0+
x−1x-1−∥+
x−3x-3−0+
f(x)f(x)−0+∥−0+

L'ensemble des solutions est S=[−2 ; 1[∪[3 ; +∞[S = \left[-2\,;\,1\right[ \cup \left[3\,;\,+\infty\right[.

13

Soit PP un polynôme de degré 3, de coefficient dominant 33, tel que P(1)=P(−1)=0P(1)=P(-1)=0 et P(0)=6P(0)=6.

  1. Justifie que P(x)=3(x−1)(x+1)(x−r)P(x) = 3(x-1)(x+1)(x-r) pour un certain réel rr.
  2. Utilise P(0)=6P(0)=6 pour déterminer rr.
  3. Résous P(x)<0P(x) < 0.
Voir le corrigé détaillé

1. Puisque 11 et −1-1 sont racines de PP, les facteurs (x−1)(x-1) et (x+1)(x+1) divisent PP (théorème de factorisation, appliqué deux fois). Le produit (x−1)(x+1)(x-1)(x+1) est de degré 22 ; comme deg⁡P=3\deg P = 3, le facteur restant est de degré 11, donc de la forme k(x−r)k(x-r). Le coefficient dominant de PP est alors kk, qui vaut 33 par hypothèse : P(x)=3(x−1)(x+1)(x−r)P(x) = 3(x-1)(x+1)(x-r).

2.

  1. P(0)=3(0−1)(0+1)(0−r)P(0) = 3(0-1)(0+1)(0-r)
  2. ==3×(−1)×1×(−r)3\times(-1)\times1\times(-r)
  3. ==3r3r
  4. 3r=63r = 6
  5. ⇒\Rightarrowr=2r=2

3. P(x)=3(x−1)(x+1)(x−2)P(x) = 3(x-1)(x+1)(x-2), racines −1-1, 11, 22, coefficient dominant positif : le signe part négatif avant −1-1.

D'où P(x)<0P(x)<0 sur ]−∞ ; −1[∪]1 ; 2[\left]-\infty\,;\,-1\right[ \cup \left]1\,;\,2\right[.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

La caisse de Modou (Dakar). Modou découpe, à chaque coin d'une plaque de carton carrée de côté 66 cm, un petit carré de côté xx cm (0<x<30<x<3), puis replie les bords pour former une caisse sans couvercle. Le volume de la caisse est V(x)=x(6−2x)2V(x) = x(6-2x)^{2} cm³.

  1. Développe et vérifie que V(x)=4x3−24x2+36xV(x) = 4x^{3}-24x^{2}+36x.
  2. Modou veut une caisse de volume 1616 cm³. Montre que cela revient à résoudre x3−6x2+9x−4=0x^{3}-6x^{2}+9x-4=0, vérifie que 11 est solution, puis factorise entièrement.
  3. Donne la (les) valeur(s) de xx qui conviennent, dans ]0 ; 3[\left]0\,;\,3\right[.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. (6−2x)2=36−24x+4x2(6-2x)^{2} = 36-24x+4x^{2}
  2. V(x)=x(36−24x+4x2)V(x) = x(36-24x+4x^{2})
  3. ==4x3−24x2+36x4x^{3}-24x^{2}+36x

2.

  1. V(x)=16⇔4x3−24x2+36x−16=0V(x)=16 \Leftrightarrow 4x^{3}-24x^{2}+36x-16=0
  2. ⇔\Leftrightarrowx3−6x2+9x−4=0x^{3}-6x^{2}+9x-4=0on divise par 44
  3. test de 11 : 1−6+9−4=01-6+9-4=0racine évidente
  4. identification : x3−6x2+9x−4=(x−1)(x2+bx+c)x^{3}-6x^{2}+9x-4=(x-1)(x^{2}+bx+c) donne b=−5b=-5, c=4c=4
  5. x2−5x+4=(x−1)(x−4)x^{2}-5x+4=(x-1)(x-4)Δ=25−16=9\Delta=25-16=9
  6. ⇒\Rightarrow(x−1)2(x−4)=0(x-1)^{2}(x-4)=0

3. Les solutions sont x=1x=1 (racine double) et x=4x=4. Seul x=1x=1 appartient à ]0 ; 3[\left]0\,;\,3\right[ : Modou doit découper des carrés de 11 cm de côté.

15

Le mil d'Abakar (N'Djamena). Une coopérative agricole de N'Djamena, dirigée par Abakar, produit xx tonnes de mil par mois (x>0x>0). Le coût total mensuel, en milliers de francs CFA, est C(x)=x2+9x+20C(x) = x^{2}+9x+20, et le coût moyen par tonne est Cm(x)=C(x)xC_m(x) = \dfrac{C(x)}{x}.

  1. Écris Cm(x)C_m(x) sous forme décomposée.
  2. Résous Cm(x)=18C_m(x)=18.
  3. La coopérative ne peut cultiver que 4,54{,}5 tonnes au maximum ce mois-ci. Quelle production choisir ?
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. C(x)=x(x+9)+20C(x) = x(x+9)+20
  2. ⇒\RightarrowCm(x)=x+9+20xC_m(x) = x+9+\dfrac{20}{x}pour x≠0x\neq0

2.

  1. x+9+20x=18x+9+\dfrac{20}{x}=18
  2. ⇔\Leftrightarrowx+20x=9x+\dfrac{20}{x}=9
  3. ⇔\Leftrightarrowx2−9x+20=0x^{2}-9x+20=0on multiplie par x>0x>0
  4. Δ=81−80=1\Delta = 81-80=1
  5. ⇒\Rightarrowx=9−12=4x=\dfrac{9-1}{2}=4 ou x=9+12=5x=\dfrac{9+1}{2}=5

3. Seule x=4x=4 tonnes respecte la limite de 4,54{,}5 tonnes : Abakar doit produire 44 tonnes de mil.

16

L'huilerie de Bamako. Une usine de Bamako produit xx centaines de bidons d'huile par jour, xx entier avec 0⩽x⩽100 \leqslant x \leqslant 10. Le bénéfice journalier, en centaines de milliers de F CFA, est B(x)=−x3+7x2−4x−12B(x) = -x^{3}+7x^{2}-4x-12.

  1. Vérifie que 66 est solution de B(x)=0B(x)=0.
  2. Factorise entièrement B(x)B(x) (indication : −1-1 est aussi racine).
  3. Résous B(x)⩾0B(x)\geqslant0 sur [0 ; 10]\left[0\,;\,10\right] et conclus sur la production rentable.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. B(6)=−216+7×36−24−12B(6) = -216+7\times36-24-12
  2. ==−216+252−24−12=0-216+252-24-12=0

2.

  1. B(x)=−(x3−7x2+4x+12)B(x) = -(x^{3}-7x^{2}+4x+12)
  2. (−1)(-1) est racine du polynôme entre parenthèses : −1−7−4+12=0-1-7-4+12=0
  3. on pose x3−7x2+4x+12=(x+1)(x2+bx+c)x^{3}-7x^{2}+4x+12=(x+1)(x^{2}+bx+c), identification donne b=−8b=-8, c=12c=12
  4. x2−8x+12=(x−2)(x−6)x^{2}-8x+12=(x-2)(x-6)Δ=64−48=16\Delta=64-48=16
  5. ⇒\RightarrowB(x)=−(x+1)(x−2)(x−6)B(x) = -(x+1)(x-2)(x-6)

3. Sur [0 ; 10]\left[0\,;\,10\right], le facteur (x+1)(x+1) est toujours strictement positif. Le signe de B(x)B(x) est donc l'opposé de celui de (x−2)(x−6)(x-2)(x-6) : négatif avant 22, positif entre 22 et 66, négatif après 66.

Donc B(x)⩾0B(x)\geqslant0 sur [2 ; 6]\left[2\,;\,6\right] : l'usine est rentable pour une production comprise entre 200 et 600 bidons par jour.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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Dans un polynôme P(x)=anxn+⋯+a0P(x)=a_nx^{n}+\dots+a_0, avec an≠0a_n\neq0, le degré de PP est :

Explication : Le degré est l'exposant de la plus grande puissance de xx dont le coefficient est non nul : c'est nn, à condition que an≠0a_n\neq0.

Deux polynômes sont égaux si, et seulement si :

Explication : C'est le principe d'identification des coefficients : deux polynômes (déjà développés et ordonnés) sont égaux exactement quand chaque coefficient coïncide, degré par degré.

Un nombre réel aa est une racine du polynôme PP lorsque :

Explication : Trouver les racines de PP, c'est résoudre l'équation P(x)=0P(x)=0 : aa est racine exactement quand P(a)=0P(a)=0.

Le théorème de la division euclidienne des polynômes affirme que, pour AA et BB (BB non nul), il existe un unique couple (Q,R)(Q,R) tel que :

Explication : C'est exactement la même logique que la division euclidienne des entiers : un quotient QQ, et un reste RR strictement plus « petit » (de degré inférieur) que le diviseur BB.

Le théorème du reste affirme que le reste de la division euclidienne d'un polynôme PP par (x−a)(x-a) est égal à :

Explication : En écrivant P(x)=(x−a)Q(x)+RP(x)=(x-a)Q(x)+R (avec RR constant, car deg⁡(x−a)=1\deg(x-a)=1) puis en évaluant en x=ax=a, il reste P(a)=RP(a)=R.

D'après le théorème de factorisation, aa est une racine de PP si, et seulement si :

Explication : Conséquence directe du théorème du reste : (x−a)(x-a) divise PP signifie que le reste P(a)P(a) est nul, c'est-à-dire exactement que aa est racine de PP.

Le nombre 11 est-il racine de P(x)=x3−2x2−5x+6P(x)=x^{3}-2x^{2}-5x+6 ?

Explication : P(1)=13−2×12−5×1+6=1−2−5+6=0P(1) = 1^{3}-2\times1^{2}-5\times1+6 = 1-2-5+6=0 : le nombre 11 est bien racine de PP.

En divisant A(x)=x3−2x2−5x+6A(x)=x^{3}-2x^{2}-5x+6 par B(x)=x−1B(x)=x-1, on obtient un quotient et un reste égaux à :

Explication : En posant la division (ou en identifiant), on trouve A(x)=(x−1)(x2−x−6)A(x)=(x-1)(x^{2}-x-6) : le reste est nul, puisque 11 est racine de AA.

Dans le schéma de Horner appliqué à P(x)=a3x3+a2x2+a1x+a0P(x)=a_3x^{3}+a_2x^{2}+a_1x+a_0 pour évaluer P(a)P(a), la formule utilisée pour chaque nouveau nombre bk−1b_{k-1} est :

Explication : Le schéma de Horner évalue P(a)P(a) en n'utilisant que des multiplications et des additions : chaque nombre s'obtient en ajoutant au coefficient courant le produit de aa par le nombre précédent.

Applique le schéma de Horner à P(x)=x3−2x2−5x+6P(x)=x^{3}-2x^{2}-5x+6 avec a=1a=1. Que vaut le dernier nombre rr, et qu'en déduit-on ?

Explication : b2=1b_2=1 ; b1=−2+1×1=−1b_1=-2+1\times1=-1 ; b0=−5+1×(−1)=−6b_0=-5+1\times(-1)=-6 ; r=6+1×(−6)=0r=6+1\times(-6)=0. Le reste étant nul, 11 est bien racine de PP.

La factorisation complète de P(x)=x3−2x2−5x+6P(x)=x^{3}-2x^{2}-5x+6 est :

Explication : On sait déjà que P(x)=(x−1)(x2−x−6)P(x)=(x-1)(x^{2}-x-6). Le quotient a pour discriminant Δ=1+24=25\Delta=1+24=25, et pour racines −2-2 et 33 : x2−x−6=(x+2)(x−3)x^{2}-x-6=(x+2)(x-3), d'où P(x)=(x−1)(x+2)(x−3)P(x)=(x-1)(x+2)(x-3).

Quel est le domaine de définition de k(x)=2x−1x2−1k(x)=\dfrac{2x-1}{x^{2}-1} ?

Explication : x2−1=0  ⟺  (x−1)(x+1)=0  ⟺  x=1x^{2}-1=0 \iff (x-1)(x+1)=0 \iff x=1 ou x=−1x=-1 : ces deux valeurs sont exclues du domaine.

Après simplification, h(x)=x2−4x2−5x+6h(x)=\dfrac{x^{2}-4}{x^{2}-5x+6} s'écrit x+2x−3\dfrac{x+2}{x-3}. Quel est le domaine de définition de hh ?

Explication : Piège classique : simplifier une fraction ne change jamais son domaine. Le dénominateur initial x2−5x+6=(x−2)(x−3)x^{2}-5x+6=(x-2)(x-3) s'annule en 22 et 33 : ces deux valeurs restent interdites, même si 22 « disparaît » de l'écriture simplifiée.

La décomposition simple de g(x)=x+3x−2g(x)=\dfrac{x+3}{x-2} est :

Explication : La division de x+3x+3 par x−2x-2 donne x+3=1×(x−2)+5x+3 = 1\times(x-2)+5, donc g(x)=(x−2)+5x−2=1+5x−2g(x) = \dfrac{(x-2)+5}{x-2} = 1+\dfrac{5}{x-2} pour x≠2x\neq2.

Soit P(x)=(x−1)(x+2)(x−3)P(x)=(x-1)(x+2)(x-3). Quel est le signe de P(x)P(x) sur l'intervalle ]−2 ; 1[\left]-2\,;\,1\right[ ?

Explication : Sur ]−2 ; 1[\left]-2\,;\,1\right[, on a x+2>0x+2>0, x−1<0x-1<0 et x−3<0x-3<0 : le produit de deux facteurs négatifs et d'un facteur positif est positif.

Résous x+3x−2⩽0\dfrac{x+3}{x-2}\leqslant0.

Explication : D'après le tableau de signes du quotient, il est négatif sur ]−3;2[\left]-3;2\right[ et nul en −3-3 : donc ⩽0\leqslant0 sur [−3;2[\left[-3;2\right[, avec 22 exclu car hors du domaine.

Pour résoudre x+3x−2⩽0\dfrac{x+3}{x-2}\leqslant0, quelle méthode est correcte ?

Explication : On ne multiplie jamais une inéquation par une expression dont on ne connaît pas le signe : selon que x−2x-2 est positif ou négatif, l'inégalité changerait de sens ou non. Le tableau de signes évite ce piège.

Un polynôme de degré 3 (à coefficients réels) admet toujours :

Explication : Sa courbe part de −∞-\infty et va vers +∞+\infty (ou l'inverse) : elle traverse forcément l'axe des abscisses au moins une fois. Mais si le quotient de degré 2, après factorisation de cette première racine, a un discriminant strictement négatif, il n'y a qu'une seule racine réelle en tout.

La caisse de Modou (Dakar). Modou découpe des carrés de côté xx cm aux coins d'une plaque carrée de côté 66 cm ; le volume obtenu est V(x)=x(6−2x)2V(x)=x(6-2x)^{2}. Pour un volume de 1616 cm³, l'équation à résoudre se ramène à x3−6x2+9x−4=0x^{3}-6x^{2}+9x-4=0, qui se factorise en (x−1)2(x−4)=0(x-1)^{2}(x-4)=0. Quelle valeur de xx, dans ]0 ; 3[\left]0\,;\,3\right[, convient ?

Explication : Les solutions de (x−1)2(x−4)=0(x-1)^{2}(x-4)=0 sont x=1x=1 (racine double) et x=4x=4. Seul x=1x=1 appartient à l'intervalle ]0 ; 3[\left]0\,;\,3\right[ autorisé par le découpage : Modou doit découper des carrés de 11 cm de côté.

L'huilerie de Bamako. Le bénéfice journalier d'une usine est B(x)=−x3+7x2−4x−12=−(x+1)(x−2)(x−6)B(x)=-x^{3}+7x^{2}-4x-12=-(x+1)(x-2)(x-6), où xx est le nombre de centaines de bidons produits, 0⩽x⩽100\leqslant x\leqslant10. Pour quelles valeurs de xx l'usine est-elle rentable (B(x)⩾0B(x)\geqslant0) ?

Explication : Sur [0;10]\left[0;10\right], le facteur (x+1)(x+1) est toujours strictement positif : le signe de B(x)B(x) est l'opposé de celui de (x−2)(x−6)(x-2)(x-6), qui est négatif entre 22 et 66. Donc B(x)⩾0B(x)\geqslant0 sur [2 ; 6]\left[2\,;\,6\right], soit entre 200 et 600 bidons.
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