Définir le nombre dérivé et calculer des fonctions dérivées.
MathématiquesPremièreChapitre 5 / 13⏱ 11 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Calculer la dérivée d'une fonction usuelle
Écrire l'équation d'une tangente
Déduire les variations d'une fonction du signe de sa dérivée
Lâche une pierre depuis un pont, mesure la distance qu'elle parcourt chaque dixième de seconde : tu obtiendras une vitesse moyenne. Mais quelle est sa vitesse à l'instant précis où elle touche l'eau ? Cette question, en apparence anodine, est restée sans réponse rigoureuse pendant des siècles — jusqu'à ce que la notion de dérivée vienne y répondre, au XVIIe siècle.
La dérivation est l'outil qui permet de mesurer une variation instantanée : vitesse d'un mobile, taux de croissance d'une population, pente d'une route en un point précis, bénéfice marginal d'une entreprise. Tu l'utiliseras dans toutes les disciplines scientifiques, et elle est au cœur du programme de Terminale.
Jusqu'ici, tu savais calculer un taux de variation moyen d'une fonction entre deux points (comme le coefficient directeur d'une droite). La nouveauté de ce chapitre est de faire tendre l'écart entre ces deux points vers zéro, à l'aide d'une limite : c'est le passage du moyen à l'instantané, et c'est ce qui donne naissance au nombre dérivé, puis à la fonction dérivée.
Ce chapitre est fondateur : toute l'étude des fonctions en Terminale (variations, extremums, convexité, primitives) repose sur la dérivation. Prends le temps de bien comprendre chaque définition — la suite du programme s'appuie entièrement dessus.
1Taux de variation et nombre dérivé
1.1 Taux de variation d'une fonction
Définition
Soit f une fonction définie sur un intervalle I, a un réel de I, et h un réel non nul tel que a+h∈I. Le taux de variation de f entre a et a+h est le nombre :
τ(h)=hf(a+h)−f(a)
C'est le coefficient directeur de la droite (AM), où A(a;f(a)) et M(a+h;f(a+h)) sont deux points de la courbe représentative de f.
Tu connais déjà cette formule : c'est exactement xM−xAyM−yA, le coefficient directeur d'une droite passant par deux points. Rien de nouveau ici — la nouveauté arrive au paragraphe suivant.
Exemple — calculer et simplifier un taux de variation
Soit f(x)=x2−3x+1. Calculons le taux de variation de f entre 2 et 2+h.
τ(h)=hf(2+h)−f(2)
f(2)=22−3×2+1=−1
f(2+h)=(2+h)2−3(2+h)+1
=4+4h+h2−6−3h+1
=h2+h−1
f(2+h)−f(2)=(h2+h−1)−(−1)=h2+h
=h(h+1)on factorise par h
⇒τ(h)=hh(h+1)=h+1h=0, on simplifie
Remarque essentielle : la factorisation par h au numérateur, suivie de la simplification, est systématique dans ce chapitre — elle seule permet d'éviter la forme 00 lorsque h se rapproche de 0.
1.2 Nombre dérivé en un point
Que se passe-t-il si, dans l'exemple précédent, on fait tendre h vers 0 ? Le point M se rapproche indéfiniment du point A le long de la courbe, et le taux de variation τ(h)=h+1 tend vers 1. C'est cette valeur limite qui porte le nom de nombre dérivé.
Définition
Soit f une fonction définie sur un intervalle I contenant a. On dit que f est dérivable en a lorsque le taux de variation τ(h) admet une limite finie quand h tend vers 0. Cette limite s'appelle le nombre dérivé de f en a, noté f′(a) :
f′(a)=h→0limhf(a+h)−f(a)
De façon équivalente, en posant x=a+h (donc x→a lorsque h→0) :
f′(a)=x→alimx−af(x)−f(a)
Méthode — calculer un nombre dérivé avec la définition
1. Former le taux de variation τ(h)=hf(a+h)−f(a). 2. Développer et factoriser par h au numérateur, puis simplifier la fraction. 3. Faire tendre h vers 0 dans l'expression simplifiée : la limite obtenue est f′(a).
Exemple — nombre dérivé de f(x)=x2 en a=3
τ(h)=hf(3+h)−f(3)
=h(3+h)2−32
=h9+6h+h2−9
=h6h+h2
=hh(6+h)on factorise par h
=6+hh=0
h→0lim(6+h)=6
⇒f est dérivable en 3, et f′(3)=6
Exemple — nombre dérivé de f(x)=2x2+x en a=−1
f(−1)=2×(−1)2+(−1)=1
f(−1+h)=2(−1+h)2+(−1+h)
=2(1−2h+h2)−1+h
=2h2−3h+1
f(−1+h)−f(−1)=2h2−3h
=h(2h−3)
⇒τ(h)=2h−3h=0
h→0lim(2h−3)=−3
Donc f est dérivable en −1 et f′(−1)=−3.
Attention
Ne remplace jamaish par 0 directement dans τ(h) avant d'avoir simplifié : tu obtiendrais 00, une forme totalement indéterminée. La factorisation par h au numérateur n'est pas une astuce optionnelle, c'est l'étape obligatoire qui élimine le h gênant du dénominateur avant de passer à la limite.
Que représente géométriquement ce nombre f′(a) ? C'est le coefficient directeur de la droite (AM)lorsque M devient infiniment proche de A. La figure suivante fige trois positions successives de M pour que tu voies cette convergence.
Figure 1 — Pour f(x)=x2 et A d'abscisse 1, les sécantes (AM1), (AM2), (AM3) ont pour coefficients directeurs 3,3;2,75;2,3 : elles se rapprochent de la tangente en A, de coefficient directeur f′(1)=2.
Math & Co — La naissance de la dérivée
Dès les années 1630, le magistrat toulousain Pierre de Fermat invente une méthode pour trouver les tangentes et les maximums d'une courbe : il compare f(a) et f(a+e), néglige les termes en e2, puis pose e=0 — une manipulation qu'il appelle l'adégalité, sans disposer encore de la notion rigoureuse de limite.
Une génération plus tard, Isaac Newton (vers 1665-1666) et Gottfried Wilhelm Leibniz (vers 1675-1684) développent chacun de leur côté un calcul différentiel complet — Newton parle de « fluxions », Leibniz invente la notation dxdy que l'on utilise encore aujourd'hui. Une querelle de priorité, restée célèbre, opposera longtemps les deux savants et leurs partisans.
Il faudra attendre Augustin-Louis Cauchy, dans les années 1820, pour que la notion de limite soit enfin définie avec toute la rigueur nécessaire, donnant au nombre dérivé la définition précise que tu étudies dans ce chapitre.
2Tangente à une courbe
2.1 De la sécante à la tangente
La figure 1 vient de te le montrer : quand M se rapproche de A le long de la courbe, la sécante (AM) pivote autour de A et se rapproche d'une position limite. C'est cette droite limite que l'on appelle la tangente.
Définition
Soit f une fonction dérivable en a, et Cf sa courbe représentative. La tangente à Cf au point A(a;f(a)) est la droite passant par A, position limite des sécantes (AM) lorsque M tend vers A le long de Cf. Son coefficient directeur est le nombre dérivéf′(a).
2.2 Équation de la tangente en un point
Théorème
Soit f une fonction dérivable en a. La tangente à la courbe de f au point d'abscisse a a pour équation :
y=f′(a)(x−a)+f(a)
Démonstration
Toute droite non verticale passant par un point A(a;f(a)) et de coefficient directeur m a pour équation y=m(x−a)+f(a) (propriété connue depuis la Seconde : une droite est entièrement déterminée par un point et son coefficient directeur).
Or, par définition, la tangente en A est précisément la droite passant par A dont le coefficient directeur vaut f′(a). Il suffit donc de remplacer m par f′(a) dans l'équation ci-dessus pour obtenir y=f′(a)(x−a)+f(a). C.Q.F.D.
Exemple — tangente à f(x)=x2 au point d'abscisse 2
Calculons d'abord f′(2) avec la définition.
hf(2+h)−f(2)=h(2+h)2−4=h4h+h2
=4+hh=0
⇒f′(2)=h→0lim(4+h)=4
On a aussi f(2)=4. L'équation de la tangente en a=2 est donc :
y=f′(2)(x−2)+f(2)
=4(x−2)+4
=4x−4
Exemple — tangente à f(x)=x3 au point d'abscisse 1
On utilise l'identité (1+h)3=1+3h+3h2+h3.
f(1+h)−f(1)=(1+3h+3h2+h3)−1
=3h+3h2+h3
=h(3+3h+h2)
⇒τ(h)=3+3h+h2h=0
h→0lim(3+3h+h2)=3⇒f′(1)=3
Comme f(1)=1, l'équation de la tangente au point d'abscisse 1 est y=3(x−1)+1=3x−2.
Attention
La tangente en A ne coupe pas forcément la courbe seulement en A : elle peut la retraverser ailleurs (c'est le cas au voisinage d'un point d'inflexion, que tu étudieras en Terminale). Ne confonds jamais « la tangente touche la courbe en un seul point » (souvent faux) avec « la tangente a le même coefficient directeur que la courbe en ce point » (toujours vrai, c'est la définition).
Une fonction n'est pas toujours dérivable partout : si la courbe présente un point anguleux (par exemple f(x)=∣x∣ en 0, où la courbe forme un « V »), il existe deux demi-tangentes de pentes différentes et f n'est pas dérivable en ce point. De même, une tangente peut être verticale (cas de x en 0) : le coefficient directeur n'existe alors pas, et f n'est pas dérivable en ce point non plus.
Le coefficient directeur de la tangente change évidemment de point en point. Calculons-le en un point quelconque d'abscisse a pour f(x)=0,5x2 :
f(a+h)−f(a)=0,5(a+h)2−0,5a2
=0,5(a2+2ah+h2)−0,5a2
=ah+0,5h2
=h(a+0,5h)
⇒τ(h)=a+0,5hh=0
h→0lim(a+0,5h)=a
Ainsi f′(a)=apour tout réel a : la pente de la tangente vaut exactement l'abscisse du point ! La figure 2 le montre en trois points : la tangente descend là où a<0, est horizontale en a=0, et remonte là où a>0.
Figure 2 — Courbe de f(x)=0,5x2 et ses tangentes aux points d'abscisses −2, 0 et 2. Le coefficient directeur de la tangente, ici égal à l'abscisse a, change de signe exactement là où la courbe change de sens de variation.
3Fonction dérivée
3.1 Définition de la fonction dérivée
Dans la section précédente, tu as vu que pour f(x)=0,5x2, le nombre f′(a) valait a, quel que soit le réel a choisi. Rien n'empêche alors de considérer f′ elle-même comme une fonction, qui à chaque abscisse associe le nombre dérivé correspondant.
Définition
Soit f une fonction dérivable en tout point d'un intervalle I (on dit que f est dérivable sur I). La fonction qui, à tout réel x de I, associe le nombre dérivé f′(x), s'appelle la fonction dérivée de f sur I, notée f′.
Exemple — fonction dérivée de f(x)=−x2+2x
f(a+h)−f(a)=[−(a+h)2+2(a+h)]−[−a2+2a]
=−a2−2ah−h2+2a+2h+a2−2a
=−2ah−h2+2h
=h(−2a−h+2)
⇒τ(h)=−2a−h+2h=0
h→0lim(−2a−h+2)=−2a+2
Ce résultat est valable pour tout réel a : on écrit donc f′(x)=−2x+2 pour tout x∈R.
Exemple — une fonction affine a une dérivée constante
Soit g(x)=3x+5. Pour tout réel a et tout h=0 :
τ(h)=hg(a+h)−g(a)=h[3(a+h)+5]−[3a+5]
=h3h
=3
Le taux de variation vaut 3 quel que soit h : la limite est donc 3 elle-même. On retrouve un fait que tu connaissais déjà sous une autre forme : g′(x)=3, le coefficient directeur de la droite. Une droite est sa propre tangente en chacun de ses points !
3.2 Ensemble de dérivabilité
L'ensemble sur lequel f′ est définie s'appelle l'ensemble de dérivabilité de f. Il peut être plus petit que l'ensemble de définition de f : tu verras dans la section suivante que x est définie en 0, mais n'y est pas dérivable (tangente verticale).
Méthode — trouver la fonction dérivée avec la définition
La démarche est la même qu'en section 1, mais on garde aquelconque (on ne remplace jamais a par une valeur numérique). On forme τ(h), on factorise par h, on simplifie, puis on calcule la limite quand h→0 : le résultat, valable pour tout a, devient f′(x) en renommant a en x.
4Dérivées usuelles
Refaire à chaque fois le calcul avec la définition serait fastidieux. On démontre une fois pour toutes la dérivée des fonctions de référence, puis on les retient dans un tableau.
4.1 Tableau des dérivées usuelles
Fonction f
Dérivée f′
Ensemble de dérivabilité
f(x)=k (constante)
f′(x)=0
R
f(x)=x
f′(x)=1
R
f(x)=x2
f′(x)=2x
R
f(x)=x3
f′(x)=3x2
R
f(x)=xn (n entier, n⩾1)
f′(x)=nxn−1
R
f(x)=x1
f′(x)=−x21
R∗
f(x)=x
f′(x)=2x1
]0;+∞[
Attention
x est définie sur [0;+∞[ mais n'est dérivable que sur ]0;+∞[ : en 0, la tangente à la courbe est verticale, donc son « coefficient directeur » n'existe pas. De même, x1 n'est ni définie ni dérivable en 0. Vérifie toujours le domaine avant d'appliquer une formule.
4.2 Démonstrations des formules
Démonstration — dérivées de x2 et x3
Cas de f(x)=x2. Soit a un réel quelconque.
f(a+h)−f(a)=(a+h)2−a2
=2ah+h2
=h(2a+h)
⇒τ(h)=2a+hh=0
h→0lim(2a+h)=2a
Donc f′(x)=2x pour tout x∈R.
Cas de g(x)=x3. On utilise l'identité (a+h)3=a3+3a2h+3ah2+h3.
g(a+h)−g(a)=3a2h+3ah2+h3
=h(3a2+3ah+h2)
⇒τ(h)=3a2+3ah+h2h=0
h→0lim(3a2+3ah+h2)=3a2
Donc g′(x)=3x2 pour tout x∈R. C.Q.F.D. (On admet, sans la redémontrer, la généralisation à tout exposant entier : (xn)′=nxn−1.)
Démonstration — dérivées de x1 et x
Cas de f(x)=x1, avec a=0.
f(a+h)−f(a)=a+h1−a1
=a(a+h)a−(a+h)même dénominateur
=a(a+h)−h
⇒τ(h)=a(a+h)−1h=0, on divise par h
h→0lima(a+h)−1=−a21
Donc f′(x)=−x21 pour tout x=0.
Cas de f(x)=x, avec a>0. On multiplie par l'expression conjuguée.
τ(h)=ha+h−a
=h(a+h+a)(a+h−a)(a+h+a)
=h(a+h+a)(a+h)−aidentité (x−y)(x+y)=x2−y2
=h(a+h+a)h
=a+h+a1
h→0lima+h+a1=2a1
Donc f′(x)=2x1 pour tout x>0. C.Q.F.D.
Exemple — lecture directe du tableau
si f(x)=x7, alors f′(x)=7x6
si f(x)=x1, alors f′(2)=−221=−41
si f(x)=x, alors f′(9)=291=61
Exemple — combiner plusieurs formules du tableau
Soit f(x)=x3−x1+x, dérivable sur ]0;+∞[. En dérivant terme à terme (voir section 5.1) :
Pour dériver une fonction plus complexe (somme, produit, quotient de fonctions usuelles), on n'utilise jamais la définition directement : on décompose la fonction et on applique des règles de calcul, exactement comme pour les identités remarquables en algèbre.
5.1 Somme et multiple par un réel
Propriété
Soient u et v deux fonctions dérivables sur un intervalle I, et k un réel. Alors u+v, u−v et ku sont dérivables sur I, et :
(u+v)′=u′+v′(u−v)′=u′−v′(ku)′=ku′
Exemple
Soit f(x)=3x2−5x+2.
f′(x)=3×(2x)−5×1+0
=6x−5
D'où f′(1)=6×1−5=1.
5.2 Produit de deux fonctions
Théorème
Soient u et v deux fonctions dérivables sur un intervalle I. Alors uv est dérivable sur I, et :
(uv)′=u′v+uv′
Démonstration
Soit a∈I. On admet qu'une fonction dérivable en a y est continue, c'est-à-dire que u(a+h)→u(a) quand h→0. On écrit le taux de variation de uv en ajoutant et en retranchant le terme u(a+h)v(a) :
τuv(h)=hu(a+h)v(a+h)−u(a)v(a)
=hu(a+h)v(a+h)−u(a+h)v(a)+u(a+h)v(a)−u(a)v(a)
=u(a+h)×hv(a+h)−v(a)+v(a)×hu(a+h)−u(a)
=u(a+h)τv(h)+v(a)τu(h)
Quand h→0 : u(a+h)→u(a) (continuité), τv(h)→v′(a) et τu(h)→u′(a) (dérivabilité de u et v). Par somme et produit de limites :
τuv(h)h→0u(a)v′(a)+v(a)u′(a)
Donc (uv)′(a)=u′(a)v(a)+u(a)v′(a), pour tout a∈I. C.Q.F.D.
Exemple — dériver un produit
Soit f(x)=(x2+1)(3x−2). On pose u(x)=x2+1, v(x)=3x−2, donc u′(x)=2x et v′(x)=3.
f′(x)=2x(3x−2)+(x2+1)×3
=6x2−4x+3x2+3
=9x2−4x+3
5.3 Quotient de deux fonctions
Propriété (admise)
Soient u et v deux fonctions dérivables sur un intervalle I, avec v(x)=0 pour tout x∈I. Alors vu est dérivable sur I, et :
(vu)′=v2u′v−uv′
Exemple — dériver un quotient
Soit f(x)=x−13x+1, définie et dérivable sur R∖{1}. On pose u(x)=3x+1, v(x)=x−1, donc u′(x)=3, v′(x)=1.
f′(x)=(x−1)23(x−1)−(3x+1)×1
=(x−1)23x−3−3x−1
=(x−1)2−4
5.4 Dérivée de x↦f(ax+b) (composée simple)
Propriété
Soient f une fonction dérivable sur un intervalle J, et a, b deux réels (a=0). Si, pour tout x d'un intervalle I, ax+b∈J, alors la fonction g(x)=f(ax+b) est dérivable sur I et :
g′(x)=a×f′(ax+b)
Retiens l'idée : on dérive f « normalement », on l'évalue en ax+b au lieu de x, puis on multiplie par a — le coefficient devant x. C'est un cas particulier (et le seul exigible cette année) de la dérivation des fonctions composées, que tu généraliseras en Terminale.
Exemple — trois composées simples
g(x)=(3x−2)2 : ici f(t)=t2, f′(t)=2t, a=3
⇒g′(x)=3×2(3x−2)=18x−12
h(x)=2x+11 : ici f(t)=t1, f′(t)=−t21, a=2
⇒h′(x)=2×(−(2x+1)21)=−(2x+1)22
k(x)=4x−1 : ici f(t)=t, f′(t)=2t1, a=4
⇒k′(x)=4×24x−11=4x−12
Vérification sur le premier exemple : en développant, g(x)=(3x−2)2=9x2−12x+4, donc g′(x)=18x−12. Cohérent avec le résultat trouvé par la formule.
Attention — trois pièges classiques du bac
1.(uv)′=u′v′ : il ne faut jamais dériver un produit terme à terme. 2. Dans (vu)′, n'oublie pas le carré au dénominateur ni le signe « moins » au numérateur : u′v−uv′, pas u′v+uv′. 3. Pour f(ax+b), n'oublie jamais de multiplier par a : c'est l'erreur la plus fréquente sur ce type de calcul.
6Dérivée et sens de variation
Tu sais désormais calculer la dérivée de n'importe quelle fonction usuelle. Reste la question la plus utile : à quoi cela sert-il concrètement ? Réponse : le signe de f′ donne instantanément le sens de variation de f, sans qu'il soit nécessaire de comparer des valeurs deux à deux comme tu le faisais avant ce chapitre.
6.1 Signe de la dérivée et sens de variation
Théorème (admis)
Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I.
Si f′(x)>0 pour tout x∈I (sauf éventuellement en un nombre fini de points isolés où f′(x)=0), alors f est strictement croissante sur I.
Si f′(x)<0 sur I (sous la même réserve), alors f est strictement décroissante sur I.
Si f′(x)=0 pour tout x∈I, alors f est constante sur I.
Idée de preuve (théorème admis en Première)
Le nombre f′(x) est le coefficient directeur de la tangente au point d'abscisse x. Si f′(x)>0, cette tangente « monte » ; comme la courbe se confond localement avec sa tangente (c'est tout le sens de la section 2), la courbe monte elle aussi au voisinage de x. Le théorème affirme que ce comportement local, répété en tout point de l'intervalle, se propage en un comportement global : la fonction croît sur l'intervalle tout entier. La démonstration rigoureuse de ce passage du local au global (le théorème des accroissements finis) est au programme de Terminale ; regarde la figure 3, qui illustre parfaitement cette correspondance sur un exemple complet.
Figure 3 — En vis-à-vis : là où f′ (courbe du bas) est positive, f (courbe du haut) croît ; là où f′ est négative, fdécroît. Les zéros de f′ correspondent exactement aux extremums locaux de f.
6.2 Extremums locaux
Définition
Soit f une fonction définie sur un intervalle I, et a∈I. On dit que f admet un maximum local en a s'il existe un intervalle ouvert autour de a sur lequel f(x)⩽f(a) pour tout x. On définit de même un minimum local. Un maximum ou un minimum local s'appelle un extremum local.
Propriété
Si f est dérivable sur un intervalle ouvert contenant a, et si f admet un extremum local en a, alors f′(a)=0.
Réciproquement, si f′ s'annule en changeant de signe en a, alors f admet un extremum local en a (maximum si f′ passe de + à −, minimum si f′ passe de − à +).
Attention — la réciproque simple est fausse
f′(a)=0 ne suffit pas à garantir un extremum : il faut en plus que f′change de signe en a. Contre-exemple classique : f(x)=x3 a pour dérivée f′(x)=3x2, qui s'annule en 0 mais reste positive de part et d'autre (elle ne change pas de signe). La fonction cube est strictement croissante sur R tout entier : 0 n'est pas un extremum, seulement un point où la tangente est horizontale.
6.3 Dresser un tableau de variations
Méthode
1. Déterminer l'ensemble de définition (et de dérivabilité) de f, puis calculer f′(x). 2. Étudier le signe de f′(x) (factoriser si besoin, comme pour un trinôme). 3. En déduire le sens de variation de f sur chaque intervalle, et construire le tableau (flèches ↗ et ↘). 4. Calculer les valeurs de f aux bornes et aux points où f′ s'annule : ce sont les extremums locaux.
Exemple complet — tableau de variations de f(x)=x3−3x
f est dérivable sur R (polynôme). Calculons sa dérivée et factorisons-la.
f′(x)=3x2−3
=3(x2−1)
=3(x−1)(x+1)identité a2−b2
f′(x) est un produit de trois facteurs dont un est toujours positif (3) : son signe est celui du trinôme, positif à l'extérieur des racines −1 et 1, négatif entre les deux.
x
−∞
−1
1
+∞
signe de f′(x)
+
0
−
0
+
variations de f
↗
2
↘
−2
↗
On lit directement sur ce tableau : f admet un maximum local égal à 2 en x=−1, et un minimum local égal à −2 en x=1 — exactement ce que montre la figure 3.
6.4 Application : un problème d'optimisation
C'est là que la dérivation devient un outil puissant : elle permet de trouver, par le calcul et sans tâtonner, la valeur qui rend une quantité maximale ou minimale.
Exemple — un enclos d'aire maximale
Un fermier dispose de 40 m de grillage pour clôturer un enclos rectangulaire. Quelles dimensions donnent l'aire maximale ?
Notons x la largeur de l'enclos, en mètres. Le périmètre valant 40, la somme largeur + longueur vaut 20 ; la longueur est donc 20−x, avec x∈]0;20[. L'aire, en m², est :
A(x)=x(20−x)=20x−x2
A′(x)=20−2x
A′(x)>0⟺20−2x>0⟺x<10
A′(x)<0⟺x>10
x
0
10
20
signe de A′(x)
+
0
−
variations de A
0
↗
100
↘
0
L'aire est maximale en x=10 : l'enclos doit donc être un carré de 10 m de côté, pour une aire maximale de 100 m².
Figure 4 — La courbe de A(x)=x(20−x) admet un unique maximum en x=10, là où la tangente est horizontale, c'est-à-dire là où A′(x)=0.
Fiche mémo
Taux de variation entre a et a+h : τ(h)=hf(a+h)−f(a).
Nombre dérivé : f′(a)=h→0limτ(h), s'il existe (sinon f n'est pas dérivable en a).
Équation de la tangente au point d'abscisse a : y=f′(a)(x−a)+f(a).
Dérivées usuelles : (k)′=0 ; (x)′=1 ; (xn)′=nxn−1 ; (x1)′=−x21 sur R∗ ; (x)′=2x1 sur ]0;+∞[.
Somme et multiple : (u+v)′=u′+v′ ; (ku)′=ku′.
Produit : (uv)′=u′v+uv′ (jamais u′v′ !).
Quotient : (vu)′=v2u′v−uv′ (là où v=0).
Composée simple : [f(ax+b)]′=a×f′(ax+b) — ne pas oublier le facteur a.
f′>0 sur I⇒f strictement croissante sur I ; f′<0⇒f strictement décroissante.
Extremum local en a⇒f′(a)=0, mais la réciproque exige un changement de signe (contre-exemple : x3 en 0).
Méthode du tableau de variations : calculer f′, étudier son signe, en déduire les variations et les extremums.
En optimisation : la quantité à optimiser est maximale (ou minimale) là où sa dérivée s'annule en changeant de signe.
7Exercices corrigés
Niveau 1 — Application directe
1
Calcule le taux de variation de f(x)=x2+2x entre 3 et 3+h, puis simplifie l'expression obtenue.
Voir le corrigé détaillé
f(3)=32+2×3=15
f(3+h)=(3+h)2+2(3+h)
=9+6h+h2+6+2h
=h2+8h+15
f(3+h)−f(3)=h2+8h+15−15=h2+8h
=h(h+8)
⇒τ(h)=hh(h+8)=h+8h=0
2
En utilisant la définition, calcule le nombre dérivé de f(x)=x2−5x+4 en a=1.
Voir le corrigé détaillé
f(1)=1−5+4=0
f(1+h)=(1+h)2−5(1+h)+4
=1+2h+h2−5−5h+4
=h2−3h
f(1+h)−f(1)=h2−3h
=h(h−3)
⇒τ(h)=h−3h=0
h→0lim(h−3)=−3
Donc f′(1)=−3.
3
Donne, à l'aide du tableau des dérivées usuelles, la dérivée de chacune des fonctions suivantes : x6 ; x1 ; x ; 4x3−2x ; la fonction constante égale à 7.
Voir le corrigé détaillé
(x6)′=6x5
(x1)′=−x21sur R∗
(x)′=2x1sur ]0;+∞[
(4x3−2x)′=12x2−2
(7)′=0
4
Détermine une équation de la tangente à la courbe de f(x)=x2 au point d'abscisse a=−1.
Voir le corrigé détaillé
On sait (démontré section 4) que pour f(x)=x2, f′(x)=2x pour tout x.
f(−1)=(−1)2=1
f′(−1)=2×(−1)=−2
y=f′(−1)(x−(−1))+f(−1)
=−2(x+1)+1
=−2x−1
5
Calcule la fonction dérivée de f(x)=5x2−4x+7, puis évalue f′(−1).
Voir le corrigé détaillé
f′(x)=5×(2x)−4×1+0
=10x−4
f′(−1)=10×(−1)−4
=−14
Niveau 2 — Approfondissement
6
Calcule la dérivée de f(x)=(2x−1)(x+3) avec la formule du produit, puis vérifie le résultat en développant f(x) au préalable.
Voir le corrigé détaillé
On pose u(x)=2x−1, v(x)=x+3, donc u′(x)=2, v′(x)=1.
f′(x)=u′(x)v(x)+u(x)v′(x)
=2(x+3)+(2x−1)×1
=2x+6+2x−1
=4x+5
Vérification : f(x)=2x2+5x−3, donc f′(x)=4x+5. Les deux méthodes concordent.
7
Détermine l'ensemble de définition de f(x)=x−2x+1, puis calcule f′(x).
Voir le corrigé détaillé
f est définie et dérivable sur R∖{2}. On pose u(x)=x+1, v(x)=x−2, donc u′(x)=1, v′(x)=1.
f′(x)=(v(x))2u′(x)v(x)−u(x)v′(x)
=(x−2)21×(x−2)−(x+1)×1
=(x−2)2x−2−x−1
=(x−2)2−3
8
Calcule la dérivée de f(x)=2x+3, en précisant son ensemble de dérivabilité.
Voir le corrigé détaillé
f est définie sur [−23;+∞[ et dérivable sur ]−23;+∞[. On applique la formule de la composée simple avec t↦t, a=2, b=3 :
f′(x)=2×22x+31
=2x+31
9
Détermine une équation de la tangente à la courbe de f(x)=x3−2x+1 au point d'abscisse a=1.
Voir le corrigé détaillé
f(1)=1−2+1=0
f′(x)=3x2−2
f′(1)=3−2=1
y=f′(1)(x−1)+f(1)
=1×(x−1)+0
=x−1
10
Dresse le tableau de variations de f(x)=−x2+4x−3 sur R.
Voir le corrigé détaillé
f′(x)=−2x+4
=−2(x−2)
f′(x)>0⟺−2(x−2)>0⟺x<2
Comme −2<0, f′ est positive avant 2 et négative après. De plus f(2)=−4+8−3=1.
x
−∞
2
+∞
signe de f′(x)
+
0
−
variations de f
↗
1
↘
f admet un maximum local (ici global) égal à 1 en x=2.
Niveau 3 — Défi
11
On considère f(x)=x3−3x2+2, définie sur R.
Calculer f′(x) et l'écrire sous forme factorisée.
Dresser le tableau de variations de f sur R (préciser les limites en −∞ et +∞).
Déterminer une équation de la tangente à la courbe au point d'abscisse 1.
Voir le corrigé détaillé
1.
f′(x)=3x2−6x
=3x(x−2)
2.f′(x)=3x(x−2) est positive à l'extérieur de [0;2], négative entre les deux racines. f est un polynôme de degré 3 à coefficient dominant positif, donc f(x)→−∞ en −∞ et f(x)→+∞ en +∞. De plus f(0)=2 et f(2)=8−12+2=−2.
x
−∞
0
2
+∞
signe de f′(x)
+
0
−
0
+
variations de f
−∞
↗
2
↘
−2
↗
+∞
3.f(1)=1−3+2=0 et f′(1)=3−6=−3.
y=f′(1)(x−1)+f(1)
=−3(x−1)+0
=−3x+3
Figure 5 — La courbe de f(x)=x3−3x2+2, ses deux extremums locaux, et la tangente (en violet) au point d'inflexion d'abscisse 1.
12
On considère f(x)=x+x1, définie sur R∗.
Calculer f′(x) en mettant au même dénominateur.
Étudier le signe de f′(x) sur R∗.
Dresser le tableau de variations de f (limites en 0 et en ±∞ admises : ±∞ partout).
Voir le corrigé détaillé
1.
f′(x)=1−x21
=x2x2−1
2. Le dénominateur x2 est strictement positif sur R∗ : le signe de f′(x) est celui du numérateur x2−1=(x−1)(x+1), positif à l'extérieur de [−1;1], négatif entre les deux (sauf en 0, exclu du domaine).
3.f(−1)=−1−1=−2 et f(1)=1+1=2.
x
−∞
−1
0
1
+∞
signe de f′(x)
+
0
−
∥
−
0
+
variations de f
−∞
↗
−2
↘
∥
↘
2
↗
+∞
f admet un maximum local −2 en x=−1 et un minimum local 2 en x=1 : le minimum local dépasse le maximum local, ce qui est possible ici car les deux branches sont séparées par la valeur interdite x=0.
13
Soit f(x)=x3−3x (celle de la figure 3). Détermine les points de la courbe de f où la tangente est parallèle à la droite d'équation y=9x−1.
Voir le corrigé détaillé
Deux droites sont parallèles si, et seulement si, elles ont le même coefficient directeur. On cherche donc les abscisses x telles que f′(x)=9.
f′(x)=3x2−3
f′(x)=9⟺3x2−3=9
⟺3x2=12
⟺x2=4
⟺x=2 ou x=−2
On calcule les ordonnées : f(2)=8−6=2 et f(−2)=−8+6=−2. Il y a donc deux points, A(2;2) et B(−2;−2), en lesquels la tangente est parallèle à y=9x−1. Ces deux tangentes ont pour équations y=9(x−2)+2=9x−16 en A, et y=9(x+2)−2=9x+16 en B.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14
L'enclos du maraîcher (Ndjamena). Un maraîcher de Ndjamena clôture, contre le mur de son compound, un enclos rectangulaire pour ses poules avec 60 m de grillage (le mur tient lieu de quatrième côté).
En notant x la largeur des deux côtés perpendiculaires au mur, exprime l'aire A(x) de l'enclos.
Étudie les variations de A sur ]0;30[ et détermine la valeur de x qui maximise l'aire.
Donne les dimensions de l'enclos optimal et l'aire maximale obtenue.
Voir le corrigé détaillé
1. Le grillage sert pour les deux largeurs x et une longueur L : 2x+L=60, donc L=60−2x, avec x∈]0;30[ (pour que L>0).
A(x)=x×L=x(60−2x)=60x−2x2
2.
A′(x)=60−4x
A′(x)=0⟺x=15
A′(x)>0⟺x<15
x
0
15
30
signe de A′(x)
+
0
−
variations de A
0
↗
450
↘
0
3. L'aire est maximale pour x=15 m, avec L=60−30=30 m. L'enclos optimal mesure donc 15 m×30 m, pour une aire maximale de 450 m².
Figure 6 — L'aire A(x)=60x−2x2 de l'enclos est maximale en x=15 m, là où la tangente à la courbe est horizontale.
15
Bénéfice d'un atelier (Dakar). Un atelier de vannerie de Dakar réalise, pour la vente de x centaines de paniers, un bénéfice (en milliers de francs CFA) modélisé par B(x)=−2x2+120x−800, pour x∈[0;60].
Calcule B′(x).
Étudie le signe de B′(x) et dresse le tableau de variations de B.
Détermine le nombre de paniers à vendre pour un bénéfice maximal, et calcule ce bénéfice.
Voir le corrigé détaillé
1.B′(x)=−4x+120.
2.B′(x)=0⟺x=30 ; B′(x)>0 pour x<30, B′(x)<0 pour x>30. Et B(0)=−800, B(30)=1000, B(60)=−800.
x
0
30
60
signe de B′(x)
+
0
−
variations de B
−800
↗
1000
↘
−800
3. Le bénéfice est maximal pour x=30, c'est-à-dire pour 3000 paniers vendus, et vaut alors 1000 milliers de F CFA, soit 1000000 F CFA.
16
Une boîte en carton (Douala). Un atelier de Douala fabrique des boîtes sans couvercle à partir de feuilles de carton carrées de 30 cm de côté : on retire un carré de côté x (en cm) à chaque coin, puis on relève les bords.
Exprime le volume V(x) de la boîte, en précisant l'ensemble de définition de x.
Développe V(x), calcule V′(x) et factorise-le.
Dresse le tableau de variations de V sur ]0;15[ et détermine le volume maximal.
Voir le corrigé détaillé
1. La base de la boîte est un carré de côté 30−2x, et sa hauteur vaut x : V(x)=x(30−2x)2, pour x∈]0;15[ (il faut 30−2x>0).
2.
(30−2x)2=900−120x+4x2
V(x)=x(900−120x+4x2)
=4x3−120x2+900x
V′(x)=12x2−240x+900
=12(x2−20x+75)
=12(x−5)(x−15)racines 5 et 15
3. Sur ]0;15[, V′(x) est positive avant 5 et négative après (racines 5 et 15, coefficient 12>0). Et V(5)=5×400=2000.
x
0
5
15
signe de V′(x)
+
0
−
variations de V
↗
2000
↘
Le volume est maximal pour des carrés découpés de 5 cm de côté, et vaut alors 2000 cm³.
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Second degré : discriminant et signe du trinôme
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Le taux de variation de f entre a et a+h est défini par :
Explication : Le taux de variation est le coefficient directeur de la droite (AM), avec A(a;f(a)) et M(a+h;f(a+h)), soit τ(h)=hf(a+h)−f(a).
Le nombre dérivé f′(a) est, par définition :
Explication :f′(a)=h→0limτ(h), lorsque cette limite existe et est finie : on dit alors que f est dérivable en a.
Pourquoi factorise-t-on systématiquement par h au numérateur de τ(h) avant de faire tendre h vers 0 ?
Explication : Remplacer directement h=0 dans τ(h) donne 00, une forme indéterminée. La factorisation par h au numérateur, suivie de la simplification, élimine ce h gênant avant de passer à la limite.
Pour f(x)=x2, le nombre dérivé f′(3) vaut :
Explication :τ(h)=h(3+h)2−9=h6h+h2=6+h, qui tend vers 6 quand h→0. Donc f′(3)=6.
L'équation de la tangente à la courbe de f au point d'abscisse a est :
Explication : La tangente passe par A(a;f(a)) et a pour coefficient directeur f′(a) : son équation est y=f′(a)(x−a)+f(a).
La tangente à la courbe de f(x)=x2 au point d'abscisse 2 a pour équation :
Explication :f(2)=4 et f′(2)=4 (car f′(x)=2x). L'équation est y=4(x−2)+4=4x−4.
Concernant la tangente à une courbe en un point A, l'affirmation correcte est :
Explication : Ne confonds jamais « la tangente touche la courbe en un seul point » (souvent faux) avec « elle a le même coefficient directeur que la courbe en ce point » (toujours vrai). Au voisinage d'un point d'inflexion, la tangente retraverse effectivement la courbe.
La fonction x, définie sur [0;+∞[, n'est pas dérivable en 0 car :
Explication :x est bien définie en 0, mais la tangente y est verticale : une droite verticale n'a pas de coefficient directeur, donc f′(0) n'existe pas.
Si f est dérivable en tout point d'un intervalle I, la fonction qui à chaque x de I associe f′(x) s'appelle :
Explication : C'est la définition de la fonction dérivée f′ : à chaque réel x de I, elle associe le nombre dérivé f′(x).
Si f(x)=x7, alors f′(x) vaut :
Explication : D'après la formule (xn)′=nxn−1, avec n=7 : f′(x)=7x6.
Pour f(x)=x1, le nombre dérivé f′(2) vaut :
Explication :f′(x)=−x21, donc f′(2)=−221=−41.
Pour f(x)=x, le nombre dérivé f′(9) vaut :
Explication :f′(x)=2x1, donc f′(9)=291=2×31=61.
La dérivée de f(x)=3x2−5x+2 est :
Explication : On dérive terme à terme : (3x2)′=6x, (−5x)′=−5, (2)′=0. D'où f′(x)=6x−5.
Soit f(x)=(x2+1)(3x−2), avec u(x)=x2+1 et v(x)=3x−2. En utilisant (uv)′=u′v+uv′, f′(x) vaut :
Concernant la dérivée d'un produit de deux fonctions u et v, l'affirmation correcte est :
Explication : C'est un piège classique du bac : il ne faut jamais dériver un produit terme à terme. La formule correcte est (uv)′=u′v+uv′.
La dérivée du quotient vu (avec v ne s'annulant pas) est donnée par :
Explication : N'oublie ni le carré au dénominateur, ni le signe « moins » au numérateur : (vu)′=v2u′v−uv′.
Pour g(x)=(3x−2)2, en utilisant [f(ax+b)]′=a×f′(ax+b) avec f(t)=t2, la dérivée g′(x) vaut :
Explication :f′(t)=2t, a=3, donc g′(x)=3×2(3x−2)=18x−12. Vérification : g(x)=9x2−12x+4, donc g′(x)=18x−12.
Si f′(x)>0 pour tout x d'un intervalle I, alors f est :
Explication : Le signe de la dérivée donne le sens de variation : f′>0 sur I entraîne que f est strictement croissante sur I.
Pour f(x)=x3, on a f′(x)=3x2, qui s'annule en x=0 sans changer de signe (positif de part et d'autre). On en déduit que :
Explication :f′(a)=0 ne garantit pas un extremum : il faut en plus que f′ change de signe en a. Ici f′ reste positive de part et d'autre de 0 : f est strictement croissante sur R, et 0 est seulement un point à tangente horizontale.
Un fermier dispose de 40 m de grillage pour un enclos rectangulaire de largeur x (et de longueur 20−x). L'aire A(x)=x(20−x) est maximale pour :
Explication :A′(x)=20−2x, qui s'annule et change de signe (de + à −) en x=10 : c'est un maximum. A(10)=10×10=100m2, l'enclos est alors un carré.