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Étude et représentation de fonctions

Mener une étude complète et tracer une courbe.

Mathématiques Première Chapitre 6 / 13 ⏱ 10 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Conduire un plan d'étude complet
  • Dresser un tableau de variations argumenté
  • Tracer une courbe avec ses asymptotes et ses tangentes

Depuis la classe de Seconde, tu apprends à connaître les fonctions une par une : la fonction affine, la fonction carré, la fonction inverse, puis les fonctions racine carrée, cube, et enfin les fonctions dérivables du chapitre précédent. Ce chapitre change de posture : il ne s'agit plus d'apprendre une nouvelle fonction, mais de bâtir la méthode générale qui permet d'étudier n'importe quelle fonction et d'en tracer la courbe avec assurance, asymptotes et tangentes comprises.

Cette méthode, tu la retrouveras partout : en physique pour décrire la position d'un mobile au cours du temps, en économie pour représenter un coût ou un bénéfice, en géographie pour lire un profil altimétrique. Elle est aussi, très concrètement, ce qu'on attend de toi au baccalauréat dans la quasi-totalité des exercices d'analyse.

Ce qui change par rapport aux années précédentes : tu vas désormais enchaîner six étapes dans un ordre précis — domaine, parité, limites, dérivée, points remarquables, tracé — au lieu de les traiter séparément ; et tu vas apprendre à déduire la courbe d'une fonction composée (f+kf+k, kfkf, ∣f∣|f|…) de celle d'une fonction plus simple, sans tout recalculer.

1Domaine, parité, périodicité

1.1  Domaine de définition

Définition

Le domaine de définition d'une fonction ff, noté DfD_f, est l'ensemble des réels xx pour lesquels le nombre f(x)f(x) existe.

Deux situations interdisent l'existence de f(x)f(x), et deux seulement, au niveau de la Première : un dénominateur nul, et une racine carrée d'un nombre strictement négatif. Repérer DfD_f est donc affaire de bon sens, à condition d'être systématique.

Méthode — déterminer un domaine de définition

On liste les opérations effectuées sur xx dans l'expression de f(x)f(x), dans l'ordre. Pour chaque quotient, on écarte les valeurs qui annulent le dénominateur ; pour chaque racine carrée, on résout l'inéquation « radicande ⩾0\geqslant 0 ». Le domaine DfD_f est l'intersection de toutes ces conditions.

Exemple — fonction rationnelle

Soit k(x)=x+2x2−4k(x) = \dfrac{x+2}{x^{2}-4}.

  1. k(x)k(x) existe   ⟺  x2−4≠0\iff x^{2} - 4 \neq 0
  2.   ⟺  \iff(x−2)(x+2)≠0(x-2)(x+2) \neq 0
  3.   ⟺  \iffx≠2x \neq 2 et x≠−2x \neq -2

D'où Dk=R∖{−2 ;2}=  ]−∞;−2[ ∪ ]−2;2[ ∪ ]2;+∞[D_k = \mathbb{R} \setminus \{-2\,;2\} = \;]-\infty;-2[\,\cup\,]-2;2[\,\cup\,]2;+\infty[.

Exemple — fonction avec racine carrée

Soit h(x)=x2−1h(x) = \sqrt{x^{2}-1}.

  1. h(x)h(x) existe   ⟺  x2−1⩾0\iff x^{2} - 1 \geqslant 0
  2.   ⟺  \iff(x−1)(x+1)⩾0(x-1)(x+1) \geqslant 0
  3. produit de deux facteurs qui s'annulent en 11 et −1-1un produit est positif « à l'extérieur des racines »
  4.   ⟺  \iffx⩽−1x \leqslant -1 ou x⩾1x \geqslant 1

D'où Dh=  ]−∞;−1]∪[1;+∞[D_h = \;]-\infty;-1] \cup [1;+\infty[. Nous reviendrons sur cette fonction en fin de chapitre pour une étude complète.

Attention

DfD_f est presque toujours une réunion d'intervalles, pas un seul intervalle : n'oublie jamais le symbole ∪\cup, et vérifie que chaque borne est ouverte (valeur exclue) ou fermée (valeur incluse) à bon escient.

1.2  Parité d'une fonction

Définition

Soit ff une fonction dont le domaine DfD_f est symétrique par rapport à 0 (c'est-à-dire : x∈Df  ⟺  −x∈Dfx \in D_f \iff -x \in D_f). On dit que ff est :

  • paire si, pour tout x∈Dfx \in D_f, f(−x)=f(x)f(-x) = f(x) ;
  • impaire si, pour tout x∈Dfx \in D_f, f(−x)=−f(x)f(-x) = -f(x).
Propriété — interprétation géométrique

Dans un repère orthogonal, la courbe d'une fonction paire est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées (Oy)(Oy) ; la courbe d'une fonction impaire est symétrique par rapport à l'origine OO du repère.

Démonstration

Notons M(a ;f(a))M(a\,;f(a)) un point de Cf\mathcal{C}_f, et M′M' son symétrique par rapport à (Oy)(Oy) : M′M' a pour coordonnées (−a ;f(a))(-a\,;f(a)).

Cas pair. Si ff est paire, f(−a)=f(a)f(-a) = f(a), donc M′(−a ;f(−a))M'(-a\,;f(-a)) : M′M' appartient bien à Cf\mathcal{C}_f. Le symétrique de tout point de la courbe par rapport à (Oy)(Oy) est encore sur la courbe : Cf\mathcal{C}_f est globalement invariante par cette symétrie.

Cas impair. Soit N′N' le symétrique de M(a ;f(a))M(a\,;f(a)) par rapport à OO : N′(−a ;−f(a))N'(-a\,;-f(a)). Si ff est impaire, f(−a)=−f(a)f(-a) = -f(a), donc N′(−a ;f(−a))N'(-a\,;f(-a)) appartient à Cf\mathcal{C}_f. La courbe est globalement invariante par la symétrie de centre OO. C.Q.F.D.

Exemple — fonction paire

Soit f(x)=0,5x2−2f(x) = 0{,}5x^{2} - 2, définie sur R\mathbb{R} (symétrique par rapport à 00).

  1. f(−x)=0,5(−x)2−2f(-x) = 0{,}5(-x)^{2} - 2
  2. ==0,5x2−20{,}5x^{2} - 2car (−x)2=x2(-x)^{2} = x^{2}
  3. ==f(x)f(x)

Pour tout x∈Rx \in \mathbb{R}, f(−x)=f(x)f(-x) = f(x) : ff est paire. Sa courbe est symétrique par rapport à (Oy)(Oy) (figure 1).

-3 -1 1 3 -2 1 3 O x y Courbe paire de f(x) = 0,5x² − 2 M M’ f(−a) = f(a)
Figure 1 — La courbe de f(x)=0,5x2−2f(x) = 0{,}5x^{2} - 2, fonction paire, est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées (Oy)(Oy) : M(a ;f(a))M(a\,;f(a)) et M’(−a ;f(a))M’(-a\,;f(a)) sont à la même hauteur.
Exemple — fonction impaire

Soit g(x)=0,42x3−1,3xg(x) = 0{,}42x^{3} - 1{,}3x, définie sur R\mathbb{R}.

  1. g(−x)=0,42(−x)3−1,3(−x)g(-x) = 0{,}42(-x)^{3} - 1{,}3(-x)
  2. ==−0,42x3+1,3x-0{,}42x^{3} + 1{,}3xcar (−x)3=−x3(-x)^{3} = -x^{3}
  3. ==−(0,42x3−1,3x)-\left(0{,}42x^{3} - 1{,}3x\right)
  4. ==−g(x)-g(x)

gg est impaire : sa courbe est symétrique par rapport à l'origine OO (figure 2).

-2 2 -2 2 O x y Courbe impaire de g(x) = 0,42x³ − 1,3x N N’ O
Figure 2 — La courbe de g(x)=0,42x3−1,3xg(x) = 0{,}42x^{3} - 1{,}3x, fonction impaire, est symétrique par rapport à l’origine OO : NN, OO et N’N’ sont alignés, avec g(−a)=−g(a)g(-a) = -g(a).
Attention

Une fonction peut n'être ni paire ni impaire (par exemple f(x)=x2+xf(x) = x^{2} + x) : c'est même le cas le plus fréquent. Vérifie toujours d'abord que DfD_f est symétrique par rapport à 00 avant de calculer f(−x)f(-x) : sans cette symétrie, la question de la parité ne se pose même pas.

Math & Co — Nicole Oresme et la naissance du graphique

Bien avant Descartes, un évêque normand, Nicole Oresme (vers 1320-1382), invente l'idée de représenter une grandeur variable par un dessin : dans son Tractatus de configurationibus qualitatum et motuum (vers 1350), il porte en abscisse le temps et en ordonnée l'intensité d'une qualité — une vitesse, une chaleur — sous forme de segments dont les sommets dessinent une ligne, la toute première « courbe » de l'histoire des mathématiques. Il faudra attendre Descartes, trois siècles plus tard, pour relier ce dessin à l'algèbre ; mais l'intuition d'Oresme — voir une fonction plutôt que seulement la calculer — reste, aujourd'hui encore, tout l'enjeu de ce chapitre.

1.3  Périodicité d'une fonction

Définition

Une fonction ff, définie sur R\mathbb{R}, est dite périodique de période TT (T>0T > 0) si, pour tout réel xx :

f(x+T)=f(x)f(x+T) = f(x)

Géométriquement, la courbe entière se reconstitue par translations successives de vecteur Tı⃗T\vec{\imath} : il suffit d'étudier ff sur un intervalle de longueur TT, puis de répéter le motif obtenu. Les fonctions trigonométriques cos⁡\cos et sin⁡\sin, déjà rencontrées, sont périodiques de période 2π2\pi ; la fonction x↦cos⁡(2x)x \mapsto \cos(2x) est, elle, périodique de période π\pi, puisque cos⁡(2(x+π))=cos⁡(2x+2π)=cos⁡(2x)\cos(2(x+\pi)) = \cos(2x+2\pi) = \cos(2x).

Attention

Les fonctions étudiées dans ce chapitre (rationnelles, avec racine carrée) ne sont jamais périodiques : seule une fonction dont le domaine est R\mathbb{R} tout entier, et qui se répète indéfiniment, peut l'être. Ne cherche une période que pour des fonctions construites à partir de cos⁡\cos et sin⁡\sin.

2Limites et asymptotes

2.1  Limites aux bornes du domaine

Étudier une fonction, c'est d'abord savoir ce qu'elle devient aux bords de son domaine : en +∞+\infty, en −∞-\infty, et près de chaque valeur interdite. Tu connais déjà les limites de référence.

Propriété — limites usuelles
fonctionlimite en +∞+\inftylimite en −∞-\inftylimite en 00
x↦xnx \mapsto x^{n} (nn pair)+∞+\infty+∞+\infty00
x↦xnx \mapsto x^{n} (nn impair)+∞+\infty−∞-\infty00
x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x}0000±∞\pm\infty
x↦xx \mapsto \sqrt{x}+∞+\infty—00

Pour une somme ou un quotient de termes de degrés différents en +∞+\infty ou −∞-\infty, la règle est constante : seul le terme de plus haut degré impose la limite.

Méthode — lever une forme indéterminée en ±∞\pm\infty

On factorise par le terme de plus haut degré, au numérateur comme au dénominateur : les termes restants tendent alors vers 11, et seul le rapport des puissances dominantes détermine la limite.

Exemple — limite en +∞+\infty d'un quotient

Déterminons lim⁡x→+∞3x2−xx2+5\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{3x^{2}-x}{x^{2}+5}.

  1. 3x2−xx2+5=x2(3−1x)x2(1+5x2)\dfrac{3x^{2}-x}{x^{2}+5} = \dfrac{x^{2}\left(3 - \frac{1}{x}\right)}{x^{2}\left(1+\frac{5}{x^{2}}\right)}on factorise par x2x^2, terme dominant
  2. ==3−1x1+5x2\dfrac{3-\frac{1}{x}}{1+\frac{5}{x^{2}}}
  3. or 1x→0\dfrac{1}{x} \to 0 et 5x2→0\dfrac{5}{x^{2}} \to 0 quand x→+∞x \to +\infty
  4. ⇒\Rightarrowlim⁡x→+∞3x2−xx2+5=31=3\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{3x^{2}-x}{x^{2}+5} = \dfrac{3}{1} = 3

2.2  Asymptotes verticales et horizontales

Définition

Soit Cf\mathcal{C}_f la courbe de ff.

  • Si lim⁡x→af(x)=±∞\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = \pm\infty (avec a∉Dfa \notin D_f), la droite d'équation x=ax = a est asymptote verticale à Cf\mathcal{C}_f.
  • Si lim⁡x→+∞f(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = \ell (ou en −∞-\infty), la droite d'équation y=ℓy = \ell est asymptote horizontale à Cf\mathcal{C}_f.

Dans les deux cas, la distance entre la courbe et la droite tend vers 00 : la droite devient la meilleure approximation rectiligne du comportement de la courbe, loin du centre ou près de la valeur interdite.

Exemple — deux asymptotes

Soit f(x)=3+1x−2f(x) = 3 + \dfrac{1}{x-2}, de domaine Df=R∖{2}D_f = \mathbb{R} \setminus \{2\}.

  1. quand x→2x \to 2, x−2→0x - 2 \to 0 donc 1x−2→±∞\dfrac{1}{x-2} \to \pm\infty
  2. ⇒\Rightarrowla droite x=2x = 2 est asymptote verticale à Cf\mathcal{C}_f
  3. quand x→±∞x \to \pm\infty, 1x−2→0\dfrac{1}{x-2} \to 0
  4. ⇒\Rightarrowla droite y=3y = 3 est asymptote horizontale à Cf\mathcal{C}_f

2.3  Asymptotes obliques

Définition

La droite d'équation y=ax+by = ax+b (avec a≠0a \neq 0) est asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty (ou en −∞-\infty) si :

lim⁡x→+∞[f(x)−(ax+b)]=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left[f(x) - (ax+b)\right] = 0

Méthode — mettre en évidence une asymptote oblique

On écrit f(x)f(x) sous la forme f(x)=ax+b+ε(x)f(x) = ax + b + \varepsilon(x), avec lim⁡x→±∞ε(x)=0\displaystyle\lim_{x\to\pm\infty}\varepsilon(x) = 0. La droite y=ax+by = ax+b est alors asymptote, et le signe de ε(x)\varepsilon(x) indique si la courbe est au-dessus (ε>0\varepsilon > 0) ou au-dessous (ε<0\varepsilon < 0) de l'asymptote.

Démonstration — asymptote oblique de f(x)=x+1xf(x) = x + \frac{1}{x}

Posons f(x)=x+1xf(x) = x + \dfrac{1}{x}, définie sur R∗\mathbb{R}^{*}, et ε(x)=f(x)−x=1x\varepsilon(x) = f(x) - x = \dfrac{1}{x}.

  1. lim⁡x→+∞ε(x)=lim⁡x→+∞1x=0\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \varepsilon(x) = \lim_{x \to +\infty} \dfrac{1}{x} = 0
  2. de même lim⁡x→−∞ε(x)=0\displaystyle\lim_{x \to -\infty} \varepsilon(x) = 0

La droite y=xy = x est donc asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f, à la fois en +∞+\infty et en −∞-\infty. De plus, ε(x)=1x>0\varepsilon(x) = \frac{1}{x} > 0 pour x>0x>0 : la courbe est au-dessus de l'asymptote sur ]0;+∞[]0;+\infty[, et en dessous sur ]−∞;0[]-\infty;0[. C.Q.F.D.

Attention

Une courbe peut tout à fait couper son asymptote oblique un nombre fini de fois près du centre du repère — l'important est que l'écart tende vers 00 uniquement à l'infini. Ne confonds pas non plus asymptote (droite qui encadre le comportement global) et tangente (droite qui approche la courbe localement, en un seul point) : ce sont deux notions indépendantes, étudiées section 4.

Math & Co — l'origine grecque du mot « asymptote »

Le mot vient du grec ancien asumptôtos, « qui ne tombe pas avec », littéralement « qui ne se rencontre pas ». Il est déjà employé par Apollonios de Perge (vers -262 à -190), dans son traité Coniques, pour décrire les deux droites vers lesquelles se rapprochent indéfiniment les branches d'une hyperbole sans jamais les toucher. Vingt-trois siècles plus tard, le mot n'a pas changé : chaque asymptote d'une fonction homographique retrouve exactement la géométrie que les Grecs avaient découverte sur le cône.

3Dérivée et tableau de variations

3.1  Rappel : taux d'accroissement et dérivée

Définition (rappel)

Pour a∈Dfa \in D_f et h≠0h \neq 0 tel que a+h∈Dfa+h \in D_f, le taux d'accroissement de ff entre aa et a+ha+h est :

τ(h)=f(a+h)−f(a)h\tau(h) = \dfrac{f(a+h)-f(a)}{h}

Si τ(h)\tau(h) admet une limite finie quand h→0h \to 0, cette limite est le nombre dérivé f′(a)f'(a).

Avant même de calculer une dérivée, on peut souvent établir le sens de variation d'une fonction en étudiant directement le signe du quotient f(b)−f(a)b−a\dfrac{f(b)-f(a)}{b-a} pour deux réels quelconques a<ba < b d'un intervalle : c'est la méthode historique, celle que tu as déjà pratiquée sur x2x^2, 1x\frac{1}{x} ou x\sqrt{x}.

Démonstration — variations de f(x)=x2f(x)=x^{2} sur [0;+∞[[0;+\infty[ par le taux d'accroissement

Soient aa et bb deux réels tels que 0⩽a<b0 \leqslant a < b.

  1. f(b)−f(a)=b2−a2f(b)-f(a) = b^{2}-a^{2}
  2. ==(b−a)(b+a)(b-a)(b+a)identité remarquable
  3. or b−a>0b-a>0 (hypothèse) et b+a>0b+a>0 (car 0⩽a<b0 \leqslant a < b)
  4. ⇒\Rightarrow(b−a)(b+a)>0(b-a)(b+a) > 0
  5. ⇒\Rightarrowf(b)>f(a)f(b) > f(a)

Pour tous a,ba,b de [0;+∞[[0;+\infty[ avec a<ba<b, on a f(a)<f(b)f(a)<f(b) : ff est strictement croissante sur [0;+∞[[0;+\infty[. C.Q.F.D.

3.2  Signe de la dérivée et sens de variation

Théorème

Soit ff une fonction dérivable sur un intervalle II.

  • Si f′(x)>0f'(x) > 0 pour tout xx de II (sauf éventuellement en un nombre fini de points), alors ff est strictement croissante sur II.
  • Si f′(x)<0f'(x) < 0 pour tout xx de II (sauf éventuellement en un nombre fini de points), alors ff est strictement décroissante sur II.
  • Si f′(x)=0f'(x) = 0 pour tout xx de II, alors ff est constante sur II.
Idée de preuve

Ce théorème généralise la démonstration précédente : f′(a)f'(a) est la limite du taux d'accroissement τ(h)\tau(h) quand h→0h \to 0. Si f′f' reste strictement positive sur tout II, le taux d'accroissement entre deux points suffisamment proches de II garde ce même signe positif — un résultat, l'inégalité des accroissements finis, qui sera établi rigoureusement en Terminale. Nous l'admettons ici : c'est l'outil le plus efficace pour étudier les variations d'une fonction dérivable quelconque.

Exemple — tableau de variations par la dérivée

Soit f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3} - 3x + 1, définie et dérivable sur R\mathbb{R}.

  1. f′(x)=3x2−3f'(x) = 3x^{2} - 3
  2. ==3(x2−1)3(x^{2}-1)
  3. ==3(x−1)(x+1)3(x-1)(x+1)

Un trinôme du second degré de racines −1-1 et 11, de coefficient dominant positif, est négatif entre ses racines et positif à l'extérieur. On en déduit : ff croissante sur ]−∞;−1]]-\infty;-1], décroissante sur [−1;1][-1;1], croissante sur [1;+∞[[1;+\infty[, avec f(−1)=3f(-1)=3 (maximum local) et f(1)=−1f(1)=-1 (minimum local).

3.3  Opérations sur les fonctions et sens de variation

Quand une fonction se construit à partir de fonctions plus simples déjà étudiées, il est souvent inutile de redériver : ces quatre théorèmes suffisent à conclure directement.

Théorème — somme u+vu+v

Si uu et vv sont toutes deux croissantes (resp. toutes deux décroissantes) sur un intervalle II, alors u+vu+v est croissante (resp. décroissante) sur II.

Démonstration

Soient a,b∈Ia,b \in I avec a<ba<b, uu et vv croissantes sur II.

  1. u(a)⩽u(b)u(a) \leqslant u(b)uu croissante
  2. v(a)⩽v(b)v(a) \leqslant v(b)vv croissante
  3. ⇒\Rightarrowu(a)+v(a)⩽u(b)+v(b)u(a)+v(a) \leqslant u(b)+v(b)on additionne deux inégalités de même sens

Donc (u+v)(a)⩽(u+v)(b)(u+v)(a) \leqslant (u+v)(b) : u+vu+v est croissante sur II. Le cas décroissant se traite de façon identique. C.Q.F.D.

Théorème — multiple kuku

Soit uu croissante sur II et kk un réel non nul. Si k>0k>0, kuku est croissante sur II ; si k<0k<0, kuku est décroissante sur II.

Démonstration

Pour a<ba<b dans II, u(a)⩽u(b)u(a) \leqslant u(b) car uu est croissante. Multiplier une inégalité par un réel positif conserve son sens : si k>0k>0, ku(a)⩽ku(b)ku(a) \leqslant ku(b), donc kuku croissante. Multiplier par un réel négatif inverse son sens : si k<0k<0, ku(a)⩾ku(b)ku(a) \geqslant ku(b), donc kuku décroissante. C.Q.F.D.

Théorème — racine u\sqrt{u}

Si uu est positive et croissante sur II, alors u\sqrt{u} est croissante sur II. (De même, si uu est positive et décroissante, u\sqrt{u} est décroissante.)

Démonstration

Pour a<ba<b dans II, 0⩽u(a)⩽u(b)0 \leqslant u(a) \leqslant u(b) car uu est positive et croissante. Or la fonction racine carrée est strictement croissante sur [0;+∞[[0;+\infty[ (chapitre sur les racines carrées) : elle conserve donc l'ordre entre deux nombres positifs.

  1. 0⩽u(a)⩽u(b)0 \leqslant u(a) \leqslant u(b)
  2. ⇒\Rightarrowu(a)⩽u(b)\sqrt{u(a)} \leqslant \sqrt{u(b)}x\sqrt{\phantom{x}} croissante sur R+\mathbb{R}^{+}

Donc u\sqrt{u} est croissante sur II. C.Q.F.D.

Théorème — inverse 1u\frac{1}{u}

Si uu est strictement positive (ou strictement négative) et croissante sur II, alors 1u\dfrac{1}{u} est décroissante sur II.

Démonstration

Supposons uu strictement positive et croissante. Pour a<ba<b dans II, 0<u(a)⩽u(b)0 < u(a) \leqslant u(b).

  1. 1u(a)−1u(b)=u(b)−u(a)u(a) u(b)\dfrac{1}{u(a)} - \dfrac{1}{u(b)} = \dfrac{u(b)-u(a)}{u(a)\,u(b)}
  2. le numérateur u(b)−u(a)⩾0u(b)-u(a) \geqslant 0uu croissante
  3. le dénominateur u(a) u(b)>0u(a)\,u(b) > 0uu strictement positive
  4. ⇒\Rightarrow1u(a)−1u(b)⩾0\dfrac{1}{u(a)} - \dfrac{1}{u(b)} \geqslant 0
  5. ⇒\Rightarrow1u(a)⩾1u(b)\dfrac{1}{u(a)} \geqslant \dfrac{1}{u(b)}

La fonction 1u\frac{1}{u} prend une valeur plus petite en bb qu'en aa : elle est décroissante sur II. C.Q.F.D.

Attention

Aucun théorème simple ne donne le sens de variation de u+vu+v si uu et vv varient en sens contraires : il faut alors dériver, ou étudier le signe de u(b)+v(b)−u(a)−v(a)u(b)+v(b)-u(a)-v(a) au cas par cas. Et pour 1u\frac{1}{u}, n'oublie jamais de vérifier que uu garde un signe constant sur II : sinon, 1u\frac{1}{u} n'est même pas définie sur tout II.

Exemple — combiner les théorèmes

Étudions le sens de variation de f(x)=x2+1f(x) = \sqrt{x^{2}+1} sur [0;+∞[[0;+\infty[, sans dériver.

  1. on pose u(x)=x2+1u(x) = x^{2}+1
  2. uu est strictement positive et croissante sur [0;+∞[[0;+\infty[somme de x↦x2x \mapsto x^2 (croissante sur R+\mathbb{R}^+) et de la constante 11
  3. ⇒\Rightarrowu\sqrt{u} est croissante sur [0;+∞[[0;+\infty[théorème de la racine

Donc f=uf = \sqrt{u} est croissante sur [0;+∞[[0;+\infty[, sans qu'aucune dérivée n'ait été calculée.

3.4  Dresser un tableau de variations

Méthode — construire un tableau de variations complet

Sur la première ligne, place DfD_f et ses bornes (avec doubles barres ∥\parallel pour une valeur interdite). Sur la deuxième ligne, place le signe de f′f' (ou la conclusion des théorèmes de variation). Sur la troisième ligne, trace les flèches ↗\nearrow/↘\searrow et indique les valeurs (ou limites) prises par ff à chaque changement de sens.

xx−∞-\infty−1-111+∞+\infty
signe de f′(x)f'(x)++0−-0++
variations de ff↗\nearrow3↘\searrow−1↗\nearrow

Ce tableau résume exactement l'exemple f(x)=x3−3x+1f(x)=x^{3}-3x+1 étudié plus haut : c'est la traduction directe, en une image, de tout le travail sur le signe de f′f'.

4Points remarquables et tangentes

4.1  Équation de la tangente en un point

Propriété (rappel)

Si ff est dérivable en aa, la tangente à Cf\mathcal{C}_f au point A(a ;f(a))A(a\,;f(a)) a pour équation :

y=f′(a)(x−a)+f(a)y = f'(a)(x-a) + f(a)

Cette droite passe par AA, et son coefficient directeur f′(a)f'(a) est précisément la limite des coefficients directeurs des sécantes (AM)(AM) quand MM se rapproche de AA le long de la courbe : elle en est la meilleure approximation rectiligne locale, au voisinage immédiat de aa.

Exemple — équation d'une tangente

Reprenons f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3}-3x+1, et cherchons la tangente en a=2a=2.

  1. f(2)=8−6+1=3f(2) = 8-6+1 = 3
  2. f′(x)=3x2−3⇒f′(2)=12−3=9f'(x) = 3x^{2}-3 \Rightarrow f'(2) = 12-3 = 9
  3. y=f′(2)(x−2)+f(2)y = f'(2)(x-2)+f(2)
  4. ==9(x−2)+39(x-2)+3
  5. ==9x−159x-15

La tangente en A(2 ;3)A(2\,;3) a pour équation y=9x−15y = 9x-15.

4.2  Points remarquables : extrema et intersections

Théorème

Si ff est dérivable sur un intervalle ouvert II et admet un extremum local en x0∈Ix_0 \in I, alors f′(x0)=0f'(x_0) = 0 : la tangente en ce point est horizontale.

Idée de preuve

Si ff admet un maximum local en x0x_0, alors pour hh petit, f(x0+h)⩽f(x0)f(x_0+h) \leqslant f(x_0). Le taux d'accroissement τ(h)=f(x0+h)−f(x0)h\tau(h) = \frac{f(x_0+h)-f(x_0)}{h} est donc négatif ou nul pour h>0h>0, et positif ou nul pour h<0h<0. À la limite quand h→0h \to 0, ces deux constats ne peuvent coexister que si f′(x0)=0f'(x_0) = 0.

La réciproque est fausse : f′(x0)=0f'(x_0)=0 n'entraîne pas forcément un extremum (pense à f(x)=x3f(x)=x^{3} en 00, où la tangente est horizontale sans qu'il y ait de maximum ni de minimum). C'est le changement de signe de f′f' autour de x0x_0, lu dans le tableau de variations, qui confirme un extremum.

Méthode — repérer tous les points remarquables avant de tracer

Avant le tracé, détermine systématiquement : les extrema locaux (où f′f' s'annule en changeant de signe), les intersections avec (Ox)(Ox) (résoudre f(x)=0f(x)=0) et avec (Oy)(Oy) (calculer f(0)f(0) s'il existe), et un ou deux points supplémentaires bien choisis (souvent là où le calcul est simple) pour guider le tracé.

Exemple — points remarquables complets

Pour f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3}-3x+1 (étudiée depuis la section 3) :

  • extrema : maximum local (−1 ;3)(-1\,;3), minimum local (1 ;−1)(1\,;-1) — tangentes horizontales en ces deux points ;
  • intersection avec (Oy)(Oy) : f(0)=1f(0) = 1, donc le point (0 ;1)(0\,;1) ;
  • intersections avec (Ox)(Ox) : f(x)=0f(x)=0 n'a pas de solution simple ici (elle en a trois, non entières) — on se contente de situer approximativement les changements de signe grâce au tableau de variations.

4.3  Tracer une tangente à partir de son équation

Méthode — construire une tangente sur le graphique

Une fois l'équation y=f′(a)(x−a)+f(a)y=f'(a)(x-a)+f(a) obtenue, place le point A(a ;f(a))A(a\,;f(a)), puis un second point en te déplaçant, par exemple, d'une unité en abscisse et de f′(a)f'(a) unités en ordonnée (le coefficient directeur). Relie les deux points par une droite : c'est la tangente. Une tangente horizontale (f′(a)=0f'(a)=0) se trace simplement, parallèle à (Ox)(Ox).

Attention

Une tangente n'est jamais confondue avec la courbe, même au point de contact : ne la prolonge pas sur toute la largeur du repère si la courbe s'en écarte visiblement — trace-la sur un petit segment autour du point AA, assez long pour lire clairement sa pente.

5Tracé de la courbe

5.1  Plan d'étude d'une fonction

Méthode — le plan d'étude complet, dans l'ordre

Pour étudier puis tracer la courbe d'une fonction ff, enchaîne systématiquement six étapes : 1. domaine de définition DfD_f, parité et périodicité éventuelles ; 2. limites aux bornes de DfD_f et équations des asymptotes ; 3. dérivée f′f', étude de son signe, tableau de variations ; 4. points remarquables (extrema, intersections avec les axes) et une ou deux tangentes utiles ; 5. tracé, en plaçant d'abord les asymptotes en pointillés, puis les points remarquables, puis la courbe elle-même ; 6. exploitation graphique si la question le demande.

Réduire le nombre de calculs, c'est souvent reconnaître qu'une fonction se déduit d'une autre, déjà étudiée, par une transformation simple. Les quatre transformations suivantes sont à connaître parfaitement : elles évitent de refaire toute l'étude à chaque fois.

5.2  Fonctions associées : translations, dilatation, valeur absolue

Théorème — translations de Cf\mathcal{C}_f

Soit ff une fonction et kk un réel. Dans un repère (O ;ı⃗,ȷ⃗)(O\,;\vec{\imath},\vec{\jmath}) :

  • la courbe de x↦f(x)+kx \mapsto f(x)+k est l’image de Cf\mathcal{C}_f par la translation de vecteur kȷ⃗k\vec{\jmath} ;
  • la courbe de x↦f(x−k)x \mapsto f(x-k) est l’image de Cf\mathcal{C}_f par la translation de vecteur kı⃗k\vec{\imath}.
Démonstration

Translation verticale. Soit g(x)=f(x)+kg(x) = f(x)+k, et M(x ;y)M(x\,;y) un point du plan.

  1. M∈Cg  ⟺  y=f(x)+kM \in \mathcal{C}_g \iff y = f(x)+k
  2.   ⟺  \iffy−k=f(x)y-k = f(x)
  3.   ⟺  \iffle point P(x ;y−k)P(x\,;y-k) appartient à Cf\mathcal{C}_f

Or MM est l’image de PP par la translation de vecteur kȷ⃗k\vec{\jmath} (elle ajoute kk à l’ordonnée, laisse l’abscisse inchangée). Donc Cg\mathcal{C}_g est bien l’image de Cf\mathcal{C}_f par cette translation.

Translation horizontale. Soit h(x)=f(x−k)h(x) = f(x-k), et M(x ;y)M(x\,;y) un point du plan.

  1. M∈Ch  ⟺  y=f(x−k)M \in \mathcal{C}_h \iff y = f(x-k)
  2.   ⟺  \iffle point P(x−k ;y)P(x-k\,;y) appartient à Cf\mathcal{C}_f

Or MM est l’image de PP par la translation de vecteur kı⃗k\vec{\imath} (elle ajoute kk à l’abscisse). Donc Ch\mathcal{C}_h est bien l’image de Cf\mathcal{C}_f par cette translation. C.Q.F.D.

-3 -1 1 3 5 -1 2 4 O x y Translations de Cf : f(x) + 2 et f(x − 2) +2 +2 Cf Cf+2 Cf(x−2)
Figure 3 — Deux translations de la courbe de f(x)=0,4x2−1f(x) = 0{,}4x^{2}-1 (en noir) : en violet, x↦f(x)+2x \mapsto f(x)+2, translation de vecteur 2ȷ⃗2\vec{\jmath} ; en vert, x↦f(x−2)x \mapsto f(x-2), translation de vecteur 2ı⃗2\vec{\imath}.
Propriété — dilatation kf(x)kf(x)

Pour k>0k>0, la courbe de x↦k f(x)x \mapsto k\,f(x) s’obtient en multipliant par kk chaque ordonnée de Cf\mathcal{C}_f (l’abscisse ne change pas) : c’est une dilatation verticale de rapport kk (un « écrasement » si 0<k<10<k<1). Pour k<0k<0, on combine cette dilatation avec une symétrie par rapport à (Ox)(Ox).

Théorème — courbe de ∣f∣|f|

La courbe de ∣f∣|f| coïncide avec Cf\mathcal{C}_f là où f(x)⩾0f(x) \geqslant 0, et en est le symétrique par rapport à (Ox)(Ox) là où f(x)<0f(x) < 0.

Démonstration

Soit x∈Dfx \in D_f.

  1. si f(x)⩾0f(x) \geqslant 0 : ∣f(x)∣=f(x)|f(x)| = f(x)le point (x ;∣f(x)∣)(x\,;|f(x)|) est celui de Cf\mathcal{C}_f
  2. si f(x)<0f(x) < 0 : ∣f(x)∣=−f(x)|f(x)| = -f(x)le point (x ;−f(x))(x\,;-f(x)) est le symétrique de (x ;f(x))(x\,;f(x)) par rapport à (Ox)(Ox)

Sur toute partie où ff est négative, la courbe de ∣f∣|f| est donc le « reflet » vers le haut de Cf\mathcal{C}_f. C.Q.F.D.

-3 -1 1 3 -2 1 3 O x y De f(x) = 0,6x² − 1,8 à |f(x)| Cf C|f| la partie négative se replie
Figure 4 — La courbe de ∣f∣|f| (en violet) coïncide avec celle de ff (en noir) là où f⩾0f \geqslant 0, et en est le symétrique par rapport à (Ox)(Ox) là où f<0f < 0.
Attention

Piège classique du bac : la courbe de x↦f(x+k)x \mapsto f(x+k) se déplace vers la gauche quand k>0k>0, et vers la droite quand k<0k<0 — le sens est inversé par rapport à l’intuition. Retiens-le en repérant où va le zéro : si f(0)f(0) est remarquable, g(x)=f(x+k)g(x)=f(x+k) place ce même comportement en x=−kx=-k, donc décalé « à reculons » de kk.

5.3  Exemple complet 1 — une fonction homographique

Appliquons le plan d’étude, sans en sauter une étape, à f(x)=2+1x−1f(x) = 2 + \dfrac{1}{x-1}.

Étude complète de f(x)=2+1x−1f(x) = 2 + \dfrac{1}{x-1}

1. Domaine et parité. Df=R∖{1}D_f = \mathbb{R} \setminus \{1\}, non symétrique par rapport à 00 : la parité ne se pose pas.

2. Limites et asymptotes.

  1. quand x→1−x \to 1^{-}, x−1→0−x-1 \to 0^{-} donc f(x)→−∞f(x) \to -\infty ; quand x→1+x \to 1^{+}, f(x)→+∞f(x) \to +\infty
  2. ⇒\Rightarrowasymptote verticale x=1x=1
  3. quand x→±∞x \to \pm\infty, 1x−1→0\dfrac{1}{x-1} \to 0 donc f(x)→2f(x) \to 2
  4. ⇒\Rightarrowasymptote horizontale y=2y=2

3. Dérivée et variations.

  1. f′(x)=−1(x−1)2f'(x) = -\dfrac{1}{(x-1)^{2}}dérivée de u↦1uu \mapsto \frac{1}{u} composée avec x↦x−1x \mapsto x-1
  2. (x−1)2>0(x-1)^{2} > 0 pour tout x≠1x \neq 1
  3. ⇒\Rightarrowf′(x)<0f'(x) < 0 sur chaque intervalle de DfD_f

ff est donc strictement décroissante sur ]−∞;1[]-\infty;1[ et sur ]1;+∞[]1;+\infty[ (mais pas sur DfD_f tout entier : ce sont deux branches distinctes, séparées par la valeur interdite).

4. Points remarquables. f(0)=2−1=1f(0) = 2 - 1 = 1 (intersection avec (Oy)(Oy)) ; f(x)=0  ⟺  1x−1=−2  ⟺  x=0,5f(x)=0 \iff \frac{1}{x-1} = -2 \iff x = 0{,}5 (intersection avec (Ox)(Ox)) ; tangente en A(2 ;3)A(2\,;3) d’équation y=−x+5y=-x+5 (calculée section 4).

5. Tracé. Voir figure 5 : les deux branches, l’asymptote verticale x=1x=1, l’asymptote horizontale y=2y=2, et la tangente en AA.

-3 -1 1 3 -3 -1 1 3 5 7 O x y Étude complète de f(x) = 2 + 1/(x − 1) x = 1 y = 2 A(2 ; 3) tangente en A
Figure 5 — Courbe complète de la fonction homographique f(x)=2+1x−1f(x) = 2 + \dfrac{1}{x-1} : deux branches séparées par l’asymptote verticale x=1x=1, asymptote horizontale y=2y=2, tangente tracée au point A(2 ;3)A(2\,;3).

5.4  Exemple complet 2 — la fonction x↦x+1xx \mapsto x + \frac{1}{x}

Reprenons f(x)=x+1xf(x) = x + \dfrac{1}{x}, dont l’asymptote oblique y=xy=x a déjà été établie section 2.3.

Étude complète de f(x)=x+1xf(x) = x + \dfrac{1}{x}

1. Domaine et parité. Df=R∗D_f = \mathbb{R}^{*}, symétrique par rapport à 00. f(−x)=−x−1x=−f(x)f(-x) = -x - \frac{1}{x} = -f(x) : ff est impaire (courbe symétrique par rapport à OO).

2. Limites et asymptotes. lim⁡x→0+f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} f(x) = +\infty et lim⁡x→0−f(x)=−∞\displaystyle\lim_{x \to 0^{-}} f(x) = -\infty : asymptote verticale x=0x=0. Asymptote oblique y=xy=x (démontrée section 2.3).

3. Dérivée et variations.

  1. f′(x)=1−1x2=x2−1x2f'(x) = 1 - \dfrac{1}{x^{2}} = \dfrac{x^{2}-1}{x^{2}}
  2. x2>0x^{2}>0 sur R∗\mathbb{R}^{*}, donc f′(x)f'(x) a le signe de x2−1=(x−1)(x+1)x^{2}-1 = (x-1)(x+1)
  3. ⇒\Rightarrowf′(x)>0f'(x)>0 sur ]−∞;−1[]-\infty;-1[ et ]1;+∞[]1;+\infty[ ; f′(x)<0f'(x)<0 sur ]−1;0[]-1;0[ et ]0;1[]0;1[

ff est donc croissante sur ]−∞;−1]]-\infty;-1], décroissante sur [−1;0[[-1;0[ puis sur ]0;1]]0;1], croissante sur [1;+∞[[1;+\infty[.

4. Points remarquables. Maximum local en (−1 ;−2)(-1\,;-2) ; minimum local en (1 ;2)(1\,;2) ; aucune intersection avec (Oy)(Oy) (0∉Df0 \notin D_f) ni avec (Ox)(Ox) (f(x)=0f(x)=0 donnerait x2=−1x^{2}=-1, impossible).

5. Tracé. Deux branches symétriques par rapport à OO (fonction impaire), chacune tangente à l’asymptote oblique y=xy=x à l’infini et fuyant vers l’asymptote verticale x=0x=0 près du centre.

6Résolution graphique

6.1  Résoudre f(x)=kf(x)=k et f(x)⩽kf(x) \leqslant k graphiquement

Méthode — résoudre f(x)=kf(x)=k sur un graphique

Trace la droite horizontale d'équation y=ky=k. Les solutions de f(x)=kf(x)=k sont les abscisses des points d'intersection de Cf\mathcal{C}_f avec cette droite. Pour f(x)⩽kf(x) \leqslant k, les solutions sont les abscisses des points de Cf\mathcal{C}_f situés sur ou en dessous de la droite y=ky=k : lis l'intervalle correspondant directement sur l'axe des abscisses.

-3 -1 1 3 -1 1 2 O x y Résoudre f(x) = k graphiquement (k = 1,2) y = k x₂ x₁
Figure 6 — Les solutions de f(x)=kf(x)=k sont les abscisses des points d’intersection de Cf\mathcal{C}_f avec la droite horizontale y=ky=k : ici x1≈−2,35x_1 \approx -2{,}35 et x2≈2,35x_2 \approx 2{,}35.
Exemple — lecture graphique

Sur la figure 6, la courbe de f(x)=0,4x2−1f(x)=0{,}4x^{2}-1 coupe la droite y=1,2y=1{,}2 en deux points. Pour f(x)⩽1,2f(x) \leqslant 1{,}2, la réponse se lit directement : c'est l'intervalle [x1 ;x2][x_1\,;x_2], là où la courbe reste sous la droite.

  1. f(x)=1,2  ⟺  0,4x2−1=1,2f(x) = 1{,}2 \iff 0{,}4x^{2}-1 = 1{,}2
  2.   ⟺  \iffx2=5,5x^{2} = 5{,}5
  3.   ⟺  \iffx=−5,5x = -\sqrt{5{,}5} ou x=5,5x = \sqrt{5{,}5}
  4. ⇒\Rightarrowx1≈−2,345x_1 \approx -2{,}345 et x2≈2,345x_2 \approx 2{,}345

Le calcul confirme la lecture graphique : f(x)⩽1,2f(x) \leqslant 1{,}2 sur [−5,5 ;5,5]\left[-\sqrt{5{,}5}\,;\sqrt{5{,}5}\right].

6.2  Comparer deux courbes : résoudre f(x)⩽g(x)f(x) \leqslant g(x)

Méthode — comparer ff et gg graphiquement

Trace Cf\mathcal{C}_f et Cg\mathcal{C}_g dans le même repère. L'ensemble des solutions de f(x)⩽g(x)f(x) \leqslant g(x) est l'ensemble des abscisses pour lesquelles Cf\mathcal{C}_f est en dessous ou confondue avec Cg\mathcal{C}_g ; les abscisses des points d'intersection des deux courbes bornent ces intervalles.

Attention

Une lecture graphique donne des valeurs approchées, précises à la finesse du quadrillage près. Dès que l'énoncé le permet (équation ou inéquation qui se résout par le calcul), vérifie ou complète ta lecture par une résolution algébrique exacte, comme dans l'exemple ci-dessus : au bac, une réponse purement graphique sans justification calculatoire est rarement acceptée seule.

Fiche mémo

  • Domaine : exclure dénominateurs nuls et radicandes négatifs ; DfD_f est presque toujours une réunion d'intervalles.
  • Parité : f(−x)=f(x)f(-x)=f(x) (paire, symétrie (Oy)(Oy)) ou f(−x)=−f(x)f(-x)=-f(x) (impaire, symétrie OO) — domaine symétrique par rapport à 00 requis.
  • Asymptote verticale x=ax=a : lim⁡x→af(x)=±∞\displaystyle\lim_{x\to a}f(x)=\pm\infty. Horizontale y=ℓy=\ell : lim⁡x→±∞f(x)=ℓ\displaystyle\lim_{x\to\pm\infty}f(x)=\ell. Oblique y=ax+by=ax+b : lim⁡x→±∞[f(x)−(ax+b)]=0\displaystyle\lim_{x\to\pm\infty}\left[f(x)-(ax+b)\right]=0.
  • Signe de f′f' sur II ⇒\Rightarrow variations de ff sur II (croissante si f′>0f'>0, décroissante si f′<0f'<0).
  • u,vu,v croissantes ⇒u+v\Rightarrow u+v croissante ; k>0k>0 ⇒ku\Rightarrow ku même sens, k<0k<0 ⇒\Rightarrow sens contraire ; u⩾0u\geqslant0 croissante ⇒u\Rightarrow \sqrt{u} croissante ; uu strictement positive croissante ⇒1u\Rightarrow \frac{1}{u} décroissante.
  • Tangente en aa : y=f′(a)(x−a)+f(a)y=f'(a)(x-a)+f(a). Extremum local en x0x_0 (dérivable, II ouvert) ⇒f′(x0)=0\Rightarrow f'(x_0)=0 (réciproque fausse).
  • Translation : f(x)+kf(x)+k → vecteur kȷ⃗k\vec{\jmath} ; f(x−k)f(x-k) → vecteur kı⃗k\vec{\imath} (attention au signe inversé pour f(x+k)f(x+k)).
  • ∣f∣|f| : identique à ff où f⩾0f\geqslant0 ; symétrique par rapport à (Ox)(Ox) où f<0f<0.
  • Plan d'étude : domaine/parité → limites/asymptotes → dérivée/variations → points remarquables/tangentes → tracé → exploitation graphique.
  • Résolution graphique : f(x)=kf(x)=k → intersections avec y=ky=k ; f(x)⩽g(x)f(x)\leqslant g(x) → intervalles où Cf\mathcal{C}_f est sous Cg\mathcal{C}_g. Toujours confirmer par le calcul si possible.

7Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Détermine le domaine de définition de f(x)=x−3x2−9f(x) = \dfrac{x-3}{x^{2}-9} et de g(x)=2x−6g(x) = \sqrt{2x-6}.

Voir le corrigé détaillé

Pour ff.

  1. f(x)f(x) existe   ⟺  x2−9≠0\iff x^{2}-9 \neq 0
  2.   ⟺  \iff(x−3)(x+3)≠0(x-3)(x+3) \neq 0
  3.   ⟺  \iffx≠3x \neq 3 et x≠−3x \neq -3

Df=R∖{−3 ;3}D_f = \mathbb{R} \setminus \{-3\,;3\} (le numérateur s'annule aussi en 33, mais c'est le dénominateur qui commande le domaine).

Pour gg.

  1. g(x)g(x) existe   ⟺  2x−6⩾0\iff 2x-6 \geqslant 0
  2.   ⟺  \iffx⩾3x \geqslant 3

Dg=[3;+∞[D_g = [3;+\infty[.

2

Étudie la parité de f(x)=x4−2x2f(x) = x^{4}-2x^{2} puis de g(x)=x3+xg(x) = x^{3}+x.

Voir le corrigé détaillé

Les deux domaines sont R\mathbb{R}, symétrique par rapport à 00.

  1. f(−x)=(−x)4−2(−x)2=x4−2x2=f(x)f(-x) = (-x)^{4}-2(-x)^{2} = x^{4}-2x^{2} = f(x)
  2. ⇒\Rightarrowff est paire
  3. g(−x)=(−x)3+(−x)=−x3−x=−(x3+x)=−g(x)g(-x) = (-x)^{3}+(-x) = -x^{3}-x = -(x^{3}+x) = -g(x)
  4. ⇒\Rightarrowgg est impaire
3

Soit f(x)=5−2x+1f(x) = 5 - \dfrac{2}{x+1}. Donne les équations des asymptotes de Cf\mathcal{C}_f.

Voir le corrigé détaillé
  1. quand x→−1x \to -1, x+1→0x+1 \to 0 donc 2x+1→±∞\dfrac{2}{x+1} \to \pm\infty
  2. ⇒\Rightarrowasymptote verticale x=−1x=-1
  3. quand x→±∞x \to \pm\infty, 2x+1→0\dfrac{2}{x+1} \to 0
  4. ⇒\Rightarrowasymptote horizontale y=5y=5
4

Dresse le tableau de variations de f(x)=−x2+4x−1f(x) = -x^{2}+4x-1 sur R\mathbb{R}.

Voir le corrigé détaillé
  1. f′(x)=−2x+4f'(x) = -2x+4
  2. f′(x)=0  ⟺  x=2f'(x) = 0 \iff x=2 ; f′(x)>0f'(x)>0 pour x<2x<2 ; f′(x)<0f'(x)<0 pour x>2x>2
  3. f(2)=−4+8−1=3f(2) = -4+8-1 = 3
xx−∞-\infty22+∞+\infty
signe de f′(x)f'(x)++0−-
variations de ff↗\nearrow3↘\searrow
5

Soit f(x)=x2−5x+2f(x) = x^{2}-5x+2. Détermine l'équation de la tangente à Cf\mathcal{C}_f au point d'abscisse 11.

Voir le corrigé détaillé
  1. f(1)=1−5+2=−2f(1) = 1-5+2 = -2
  2. f′(x)=2x−5⇒f′(1)=2−5=−3f'(x) = 2x-5 \Rightarrow f'(1) = 2-5 = -3
  3. y=f′(1)(x−1)+f(1)y = f'(1)(x-1)+f(1)
  4. ==−3(x−1)−2-3(x-1)-2
  5. ==−3x+1-3x+1
Niveau 2 — Approfondissement
6

Sans dériver, étudie le sens de variation de f(x)=4−x2f(x) = \sqrt{4-x^{2}} sur [−2;2][-2;2].

Voir le corrigé détaillé

Posons u(x)=4−x2u(x) = 4-x^{2}, positive sur [−2;2][-2;2].

  1. uu est croissante sur [−2;0][-2;0] et décroissante sur [0;2][0;2]somme de −x2-x^2 (opposé de x2x^2) et de la constante 44
  2. ⇒\Rightarrowu\sqrt{u} est croissante sur [−2;0][-2;0]théorème de la racine, uu positive et croissante
  3. ⇒\Rightarrowu\sqrt{u} est décroissante sur [0;2][0;2]théorème de la racine, uu positive et décroissante

ff est donc croissante sur [−2;0][-2;0], décroissante sur [0;2][0;2] — sans avoir calculé une seule dérivée.

7

Soit f(x)=x3f(x)=x^{3}. Vérifie que f′(0)=0f'(0)=0, puis montre que ff est pourtant strictement croissante sur R\mathbb{R} (donc sans extremum en 00).

Voir le corrigé détaillé
  1. f′(x)=3x2f'(x) = 3x^{2} donc f′(0)=0f'(0) = 0
  2. pour a<ba<b, f(b)−f(a)=b3−a3=(b−a)(a2+ab+b2)f(b)-f(a) = b^{3}-a^{3} = (b-a)(a^{2}+ab+b^{2})
  3. a2+ab+b2=(a+b2)2+3b24⩾0a^{2}+ab+b^{2} = \left(a+\frac{b}{2}\right)^{2}+\frac{3b^{2}}{4} \geqslant 0, nul seulement si a=b=0a=b=0
  4. or a<ba<b donc aa et bb ne sont pas tous deux nuls
  5. ⇒\Rightarrowa2+ab+b2>0a^{2}+ab+b^{2}>0, et b−a>0b-a>0, donc f(b)−f(a)>0f(b)-f(a)>0

ff est donc strictement croissante sur R\mathbb{R} tout entier : la tangente horizontale en 00 (f′(0)=0f'(0)=0) ne signale aucun extremum, exactement comme annoncé section 4.2 (la réciproque du théorème est fausse).

8

Soit f(x)=x+3x−2f(x) = x + \dfrac{3}{x-2}. Détermine l'asymptote oblique de Cf\mathcal{C}_f et précise la position de la courbe par rapport à cette asymptote.

Voir le corrigé détaillé
  1. ε(x)=f(x)−x=3x−2\varepsilon(x) = f(x)-x = \dfrac{3}{x-2}
  2. lim⁡x→±∞ε(x)=0\displaystyle\lim_{x\to\pm\infty}\varepsilon(x) = 0
  3. ⇒\Rightarrowla droite y=xy=x est asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f

Pour x>2x>2, ε(x)=3x−2>0\varepsilon(x)=\frac{3}{x-2}>0 : la courbe est au-dessus de l'asymptote. Pour x<2x<2, ε(x)<0\varepsilon(x)<0 : la courbe est en dessous.

9

Soit f(x)=1xf(x) = \dfrac{1}{x}, d'asymptotes x=0x=0 et y=0y=0. Sans recalculer de limite, donne les asymptotes de g(x)=f(x)+3g(x) = f(x)+3 puis de h(x)=f(x−2)h(x) = f(x-2).

Voir le corrigé détaillé

gg s'obtient à partir de ff par translation de vecteur 3ȷ⃗3\vec{\jmath} (théorème section 5.2) : ses asymptotes sont celles de ff, translatées de 33 verticalement. x=0x=0 reste inchangée (translation verticale), y=0y=0 devient y=3y=3.

hh s'obtient par translation de vecteur 2ı⃗2\vec{\imath} : x=0x=0 devient x=2x=2, y=0y=0 reste inchangée (translation horizontale).

Asymptotes de Cg\mathcal{C}_g : x=0x=0 et y=3y=3. Asymptotes de Ch\mathcal{C}_h : x=2x=2 et y=0y=0.

10

Soit f(x)=x2−9f(x) = x^{2}-9. Exprime ∣f(x)∣|f(x)| sans valeur absolue, en distinguant les intervalles nécessaires.

Voir le corrigé détaillé
  1. f(x)=(x−3)(x+3)f(x) = (x-3)(x+3), négatif entre les racines, positif à l'extérieur
  2. ⇒\Rightarrowf(x)⩾0f(x) \geqslant 0 sur ]−∞;−3]∪[3;+∞[]-\infty;-3]\cup[3;+\infty[ ; f(x)<0f(x)<0 sur ]−3;3[]-3;3[

Donc :

  • ∣f(x)∣=x2−9|f(x)| = x^{2}-9 pour x∈  ]−∞;−3]∪[3;+∞[x \in \;]-\infty;-3]\cup[3;+\infty[ ;
  • ∣f(x)∣=9−x2|f(x)| = 9-x^{2} pour x∈  ]−3;3[x \in \;]-3;3[.

Le domaine de ∣f∣|f| reste R\mathbb{R} tout entier : seul le signe change, jamais l'existence.

Niveau 3 — Défi
11

Soit f(x)=3x−1x+2f(x) = \dfrac{3x-1}{x+2}.

  1. Détermine DfD_f, et montre que f(x)=3−7x+2f(x) = 3 - \dfrac{7}{x+2}.
  2. Détermine les limites de ff aux bornes de DfD_f et donne les équations des asymptotes.
  3. Calcule f′(x)f'(x) et dresse le tableau de variations de ff.
  4. Détermine les coordonnées des points d'intersection de Cf\mathcal{C}_f avec les axes, puis l'équation de la tangente au point d'abscisse 00.
Voir le corrigé détaillé

1. Df=R∖{−2}D_f = \mathbb{R}\setminus\{-2\}.

  1. 3−7x+2=3(x+2)−7x+23 - \dfrac{7}{x+2} = \dfrac{3(x+2)-7}{x+2}
  2. ==3x+6−7x+2\dfrac{3x+6-7}{x+2}
  3. ==3x−1x+2=f(x)\dfrac{3x-1}{x+2} = f(x)

2. Sous cette forme, 7x+2→±∞\dfrac{7}{x+2} \to \pm\infty quand x→−2x\to-2 : asymptote verticale x=−2x=-2. Quand x→±∞x\to\pm\infty, 7x+2→0\dfrac{7}{x+2}\to0 donc f(x)→3f(x)\to3 : asymptote horizontale y=3y=3.

3.

  1. f′(x)=7(x+2)2f'(x) = \dfrac{7}{(x+2)^{2}}dérivée de −7x+2-\frac{7}{x+2}
  2. (x+2)2>0(x+2)^{2}>0 sur DfD_f donc f′(x)>0f'(x)>0

ff est strictement croissante sur ]−∞;−2[]-\infty;-2[ et sur ]−2;+∞[]-2;+\infty[.

4. f(0)=3−72=−0,5f(0) = 3-\frac{7}{2} = -0{,}5 : point (0 ;−0,5)(0\,;-0{,}5). f(x)=0  ⟺  3x−1=0  ⟺  x=13f(x)=0 \iff 3x-1=0 \iff x=\frac13 : point (13 ;0)\left(\frac13\,;0\right). Tangente en 00 : f′(0)=74=1,75f'(0)=\frac{7}{4}=1{,}75, donc y=1,75x−0,5y = 1{,}75x - 0{,}5.

12

Soit f(x)=x2−1f(x) = \sqrt{x^{2}-1}.

  1. Détermine DfD_f et la parité de ff.
  2. Montre que la droite y=xy=x est asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty (indication : multiplie par la quantité conjuguée).
  3. Calcule f′(x)f'(x) et dresse le tableau de variations de ff sur DfD_f.
  4. Trace l'allure de Cf\mathcal{C}_f.
Voir le corrigé détaillé

1. Df=  ]−∞;−1]∪[1;+∞[D_f = \;]-\infty;-1]\cup[1;+\infty[ (établi section 1.1). DfD_f est symétrique par rapport à 00, et f(−x)=(−x)2−1=x2−1=f(x)f(-x)=\sqrt{(-x)^{2}-1}=\sqrt{x^{2}-1}=f(x) : ff est paire.

2.

  1. f(x)−x=x2−1−xf(x)-x = \sqrt{x^{2}-1}-x
  2. ==(x2−1−x)(x2−1+x)x2−1+x\dfrac{\left(\sqrt{x^{2}-1}-x\right)\left(\sqrt{x^{2}-1}+x\right)}{\sqrt{x^{2}-1}+x}on multiplie par la quantité conjuguée
  3. ==(x2−1)−x2x2−1+x\dfrac{(x^{2}-1)-x^{2}}{\sqrt{x^{2}-1}+x}
  4. ==−1x2−1+x\dfrac{-1}{\sqrt{x^{2}-1}+x}

Quand x→+∞x\to+\infty, le dénominateur tend vers +∞+\infty, donc f(x)−x→0f(x)-x \to 0 : y=xy=x est bien asymptote oblique en +∞+\infty. Par parité, y=−xy=-x est asymptote oblique en −∞-\infty.

3.

  1. f′(x)=2x2x2−1=xx2−1f'(x) = \dfrac{2x}{2\sqrt{x^{2}-1}} = \dfrac{x}{\sqrt{x^{2}-1}}
  2. pour x>1x>1, f′(x)>0f'(x)>0 ; pour x<−1x<-1, f′(x)<0f'(x)<0

ff est décroissante sur ]−∞;−1]]-\infty;-1] (de +∞+\infty à 00), croissante sur [1;+∞[[1;+\infty[ (de 00 à +∞+\infty) ; f(±1)=0f(\pm1)=0, avec tangente verticale en ces deux points.

4. Deux branches symétriques par rapport à (Oy)(Oy) (fonction paire), chacune tangente verticalement en ±1\pm1 puis se rapprochant des asymptotes y=xy=x (à droite) et y=−xy=-x (à gauche) : la courbe ressemble à un grand « V » évasé, dont les branches redressent vers les deux droites obliques.

13

Soit f(x)=x3−3x2+2f(x) = x^{3}-3x^{2}+2.

  1. Dresse le tableau de variations de ff sur R\mathbb{R}.
  2. Vérifie que f(1)=0f(1)=0, puis factorise f(x)f(x) sous la forme (x−1)(x2−2x−2)(x-1)(x^{2}-2x-2).
  3. Résous f(x)=0f(x)=0 et retrouve, en les comparant au tableau de variations, le nombre de solutions attendu.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. f′(x)=3x2−6x=3x(x−2)f'(x) = 3x^{2}-6x = 3x(x-2)
  2. racines 00 et 22, signe positif à l'extérieur, négatif entre les deux
  3. f(0)=2f(0)=2 (maximum local) ; f(2)=8−12+2=−2f(2)=8-12+2=-2 (minimum local)

ff croissante sur ]−∞;0]]-\infty;0], décroissante sur [0;2][0;2], croissante sur [2;+∞[[2;+\infty[.

2. f(1)=1−3+2=0f(1) = 1-3+2 = 0, donc 11 est racine et (x−1)(x-1) divise f(x)f(x).

  1. (x−1)(x2−2x−2)=x3−2x2−2x−x2+2x+2(x-1)(x^{2}-2x-2) = x^{3}-2x^{2}-2x-x^{2}+2x+2
  2. ==x3−3x2+2=f(x)x^{3}-3x^{2}+2 = f(x)l'identité est vérifiée

3.

  1. f(x)=0  ⟺  x=1f(x)=0 \iff x=1 ou x2−2x−2=0x^{2}-2x-2=0
  2. Δ=4+8=12\Delta = 4+8=12, Δ=23\sqrt{\Delta}=2\sqrt{3}
  3. x=2±232=1±3x = \dfrac{2\pm2\sqrt{3}}{2} = 1\pm\sqrt{3}

Trois solutions : 1−3≈−0,731-\sqrt{3}\approx-0{,}73, 11, 1+3≈2,731+\sqrt{3}\approx2{,}73. Cela concorde avec le tableau : comme ff passe d'un maximum local positif (f(0)=2f(0)=2) à un minimum local négatif (f(2)=−2f(2)=-2) en changeant deux fois de sens, la courbe traverse nécessairement l'axe (Ox)(Ox) exactement trois fois.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

L'atelier de couture d'Aminata (Bamako). Le bénéfice mensuel de l'atelier, en centaines de milliers de francs CFA, est modélisé par B(x)=−0,5x2+6x−10B(x) = -0{,}5x^{2}+6x-10, où xx est le nombre de tenues vendues, en centaines.

  1. Calcule B(0)B(0) et interprète ce résultat.
  2. Dresse le tableau de variations de BB sur [0;12][0;12] et donne le bénéfice maximal.
  3. Résous B(x)=0B(x)=0, puis donne l'intervalle de rentabilité de l'atelier (en nombre de tenues).
Voir le corrigé détaillé

1. B(0)=−10B(0) = -10 : sans aucune vente, l'atelier perd 1010 centaines de milliers de francs, soit 1 000 0001\,000\,000 F CFA (charges fixes).

2.

  1. B′(x)=−x+6B'(x) = -x+6, nulle en x=6x=6, positive avant, négative après
  2. B(6)=−18+36−10=8B(6) = -18+36-10 = 8

BB croissante sur [0;6][0;6], décroissante sur [6;12][6;12] : bénéfice maximal de 88 centaines de milliers de F CFA (800 000800\,000 F CFA) pour 600600 tenues vendues.

3.

  1. −0,5x2+6x−10=0  ⟺  x2−12x+20=0-0{,}5x^{2}+6x-10=0 \iff x^{2}-12x+20=0
  2. Δ=144−80=64\Delta = 144-80=64, Δ=8\sqrt{\Delta}=8
  3. x=12±82x = \dfrac{12\pm8}{2}
  4. ⇒\Rightarrowx=2x=2 ou x=10x=10

L'atelier est rentable (B(x)⩾0B(x)\geqslant0) pour x∈[2;10]x\in[2;10], soit entre 200200 et 1 0001\,000 tenues vendues par mois.

15

Transport de marchandises (Ndjamena). Pour un trajet de xx km (x⩾50x\geqslant50), un transporteur facture un tarif unitaire C(x)=5 000+200 000xC(x) = 5\,000 + \dfrac{200\,000}{x} (en F CFA par km).

  1. Sans dériver, justifie que CC est décroissante sur [50;+∞[[50;+\infty[.
  2. Calcule C(50)C(50) et C(500)C(500), et interprète leur écart.
  3. Le tarif unitaire peut-il un jour descendre en dessous de 5 0005\,000 F CFA/km ? Justifie à l'aide d'une limite.
Voir le corrigé détaillé

1. Posons u(x)=xu(x)=x, strictement positive et croissante sur [50;+∞[[50;+\infty[.

  1. 1u\dfrac{1}{u} est décroissantethéorème de l'inverse : uu strictement positive et croissante
  2. 200 000×1u200\,000 \times \dfrac{1}{u} est décroissantek=200 000>0k=200\,000>0, même sens que 1u\frac1u
  3. ⇒\RightarrowC=5 000+200 000×1uC = 5\,000 + 200\,000\times\frac1u est décroissanteune constante ajoutée ne change pas le sens de variation

2. C(50)=5 000+200 00050=5 000+4 000=9 000C(50) = 5\,000+\frac{200\,000}{50} = 5\,000+4\,000 = 9\,000 F CFA/km. C(500)=5 000+200 000500=5 000+400=5 400C(500) = 5\,000+\frac{200\,000}{500} = 5\,000+400 = 5\,400 F CFA/km. Pour un trajet dix fois plus long, le tarif au kilomètre a presque diminué de moitié : les frais fixes se répartissent sur davantage de kilomètres.

3. Quand x→+∞x\to+\infty, 200 000x→0\frac{200\,000}{x}\to0 donc C(x)→5 000C(x)\to5\,000 : le tarif se rapproche de 5 0005\,000 F CFA/km sans jamais l'atteindre (200 000x\frac{200\,000}{x} reste strictement positif). Il ne peut donc jamais descendre en dessous de ce seuil : y=5 000y=5\,000 est une asymptote horizontale.

16

Le pont suspendu de Douala. La hauteur du câble porteur au-dessus du tablier, à xx mètres du pilier gauche, est modélisée par h(x)=0,002x2−0,4x+25h(x) = 0{,}002x^{2}-0{,}4x+25 pour x∈[0;200]x\in[0;200].

  1. Dresse le tableau de variations de hh et donne la hauteur minimale du câble.
  2. Calcule h(0)h(0) et h(200)h(200) ; que représentent ces valeurs ?
  3. Détermine, au mètre près, les positions où le câble est à 2020 m au-dessus du tablier.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. h′(x)=0,004x−0,4h'(x) = 0{,}004x-0{,}4, nulle en x=100x=100
  2. h(100)=0,002×10 000−40+25=20−40+25=5h(100) = 0{,}002\times10\,000-40+25 = 20-40+25 = 5

hh décroissante sur [0;100][0;100], croissante sur [100;200][100;200] : hauteur minimale de 55 m, au centre du pont.

2. h(0)=25h(0)=25 et h(200)=0,002×40 000−80+25=80−80+25=25h(200)=0{,}002\times40\,000-80+25=80-80+25=25 : aux deux piliers, le câble est accroché à 2525 m au-dessus du tablier — cohérent avec la symétrie du câble autour de son point le plus bas.

3.

  1. 0,002x2−0,4x+25=20  ⟺  0,002x2−0,4x+5=00{,}002x^{2}-0{,}4x+25=20 \iff 0{,}002x^{2}-0{,}4x+5=0
  2.   ⟺  x2−200x+2 500=0\iff x^{2}-200x+2\,500=0on multiplie par 500500
  3. Δ=40 000−10 000=30 000\Delta = 40\,000-10\,000 = 30\,000, Δ≈173,2\sqrt{\Delta}\approx173{,}2
  4. x≈200±173,22x \approx \dfrac{200\pm173{,}2}{2}

Le câble est à 2020 m de hauteur à environ x≈13x\approx13 m et x≈187x\approx187 m du pilier gauche — deux points symétriques par rapport au centre du pont, comme attendu.

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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Le domaine de définition d'une fonction ff, noté DfD_f, est :

Explication : DfD_f est l'ensemble des réels xx pour lesquels le calcul de f(x)f(x) est possible, quel que soit le signe de ce nombre.

Au niveau de la Première, quelles sont les deux seules situations qui interdisent l'existence de f(x)f(x) ?

Explication : Un quotient n'existe pas si son dénominateur s'annule, et une racine carrée n'existe pas pour un radicande strictement négatif : ce sont les deux seules interdictions au programme de Première.

Soit ff une fonction dont le domaine DfD_f est symétrique par rapport à 00. On dit que ff est impaire lorsque, pour tout x∈Dfx \in D_f :

Explication : Par définition, ff est impaire sur DfD_f (symétrique par rapport à 00) si f(−x)=−f(x)f(-x) = -f(x) pour tout x∈Dfx \in D_f. La condition a) est celle de la parité.

Dans un repère orthogonal, la courbe d'une fonction paire est symétrique par rapport à :

Explication : Si M(a ;f(a))M(a\,;f(a)) est un point de Cf\mathcal{C}_f, son symétrique par rapport à (Oy)(Oy) est M′(−a ;f(a))M'(-a\,;f(a)), et f(−a)=f(a)f(-a)=f(a) place bien M′M' sur la courbe.

Une fonction ff, définie sur R\mathbb{R}, est dite périodique de période TT (T>0T>0) si, pour tout réel xx :

Explication : C'est la définition même de la périodicité : la courbe entière se reconstitue par translations successives de vecteur Tı⃗T\vec{\imath}.

La droite d'équation y=ax+by=ax+b (avec a≠0a \neq 0) est asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty si :

Explication : C'est la distance entre la courbe et la droite, mesurée par f(x)−(ax+b)f(x)-(ax+b), qui doit tendre vers 00 à l'infini.

Quel est le domaine de définition de k(x)=x+2x2−4k(x) = \dfrac{x+2}{x^{2}-4} ?

Explication : k(x)k(x) existe   ⟺  x2−4≠0\iff x^{2}-4 \neq 0
  ⟺  (x−2)(x+2)≠0\iff (x-2)(x+2) \neq 0
  ⟺  x≠2\iff x \neq 2 et x≠−2x \neq -2.
On exclut les deux valeurs interdites, même si le numérateur s'annule aussi en x=−2x=-2 : le dénominateur commande le domaine.

Quel est le domaine de définition de h(x)=x2−1h(x) = \sqrt{x^{2}-1} ?

Explication : h(x)h(x) existe   ⟺  x2−1⩾0\iff x^{2}-1 \geqslant 0
  ⟺  (x−1)(x+1)⩾0\iff (x-1)(x+1) \geqslant 0
Un produit de deux facteurs qui s'annulent en −1-1 et 11 est positif « à l'extérieur des racines » : x⩽−1x \leqslant -1 ou x⩾1x \geqslant 1.

Quelle est la limite lim⁡x→+∞3x2−xx2+5\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{3x^{2}-x}{x^{2}+5} ?

Explication : On factorise par x2x^{2}, terme dominant au numérateur comme au dénominateur :
3x2−xx2+5=3−1x1+5x2\dfrac{3x^{2}-x}{x^{2}+5} = \dfrac{3-\frac{1}{x}}{1+\frac{5}{x^{2}}}
Or 1x→0\frac{1}{x} \to 0 et 5x2→0\frac{5}{x^{2}} \to 0 quand x→+∞x \to +\infty, donc la limite vaut 31=3\dfrac{3}{1}=3.

Soit f(x)=3+1x−2f(x) = 3 + \dfrac{1}{x-2}, de domaine Df=R∖{2}D_f = \mathbb{R}\setminus\{2\}. Quelles sont les équations des asymptotes de Cf\mathcal{C}_f ?

Explication : Quand x→2x \to 2, 1x−2→±∞\dfrac{1}{x-2} \to \pm\infty : la droite x=2x=2 est asymptote verticale.
Quand x→±∞x \to \pm\infty, 1x−2→0\dfrac{1}{x-2} \to 0 : la droite y=3y=3 est asymptote horizontale.

Soit ff une fonction dérivable sur un intervalle II. Si f′(x)>0f'(x) > 0 pour tout xx de II, alors :

Explication : C'est le théorème fondamental reliant signe de la dérivée et sens de variation : f′>0f'>0 sur II entraîne ff strictement croissante sur II.

Si uu et vv sont toutes deux croissantes sur un intervalle II, alors :

Explication : Pour a<ba<b dans II, u(a)⩽u(b)u(a)\leqslant u(b) et v(a)⩽v(b)v(a)\leqslant v(b) ; en additionnant ces deux inégalités de même sens, (u+v)(a)⩽(u+v)(b)(u+v)(a)\leqslant(u+v)(b).

Pour étudier, sans dériver, le sens de variation de f(x)=x2+1f(x) = \sqrt{x^{2}+1} sur [0;+∞[[0;+\infty[, on pose u(x)=x2+1u(x)=x^{2}+1. Comme uu est positive et croissante sur [0;+∞[[0;+\infty[, on en déduit que f=uf=\sqrt{u} est :

Explication : Le théorème de la racine dit que si uu est positive et croissante sur II, alors u\sqrt{u} est croissante sur II : c'est directement le cas ici.

Soit f(x)=x3−3x+1f(x) = x^{3}-3x+1. Quelle est l'équation de la tangente à Cf\mathcal{C}_f au point d'abscisse a=2a=2 ?

Explication : f(2)=8−6+1=3f(2) = 8-6+1 = 3
f′(x)=3x2−3⇒f′(2)=12−3=9f'(x) = 3x^{2}-3 \Rightarrow f'(2) = 12-3 = 9
y=f′(2)(x−2)+f(2)=9(x−2)+3=9x−15y = f'(2)(x-2)+f(2) = 9(x-2)+3 = 9x-15.

Si uu est strictement positive et croissante sur un intervalle II, alors 1u\dfrac{1}{u} est :

Explication : Piège classique : passer à l'inverse d'une fonction strictement positive inverse le sens de variation. Pour a<ba<b, 0<u(a)⩽u(b)0<u(a)\leqslant u(b) donne 1u(a)⩾1u(b)\frac{1}{u(a)} \geqslant \frac{1}{u(b)} : 1u\frac{1}{u} est décroissante.

Soit f(x)=x3f(x)=x^{3}. On a f′(0)=0f'(0)=0, mais ff est strictement croissante sur R\mathbb{R} tout entier (tangente horizontale en 00 sans extremum). Que peut-on en conclure sur la réciproque du théorème « extremum local ⇒\Rightarrow tangente horizontale » ?

Explication : f(x)=x3f(x)=x^{3} est le contre-exemple classique : f′(0)=0f'(0)=0 sans que 00 soit un extremum. Seul le changement de signe de f′f' autour d'un point confirme un extremum.

Piège classique du bac : pour k>0k>0, la courbe de x↦f(x+k)x \mapsto f(x+k) se déplace, par rapport à Cf\mathcal{C}_f :

Explication : Le sens est inversé par rapport à l'intuition : si f(0)f(0) est remarquable, g(x)=f(x+k)g(x)=f(x+k) place ce même comportement en x=−kx=-k, donc la courbe se décale « à reculons », vers la gauche.

La courbe de ∣f∣|f|, comparée à Cf\mathcal{C}_f, est :

Explication : Là où f(x)⩾0f(x)\geqslant0, ∣f(x)∣=f(x)|f(x)|=f(x) : la courbe ne change pas. Là où f(x)<0f(x)<0, ∣f(x)∣=−f(x)|f(x)|=-f(x) : le point (x ;−f(x))(x\,;-f(x)) est le symétrique de (x ;f(x))(x\,;f(x)) par rapport à (Ox)(Ox).

L'atelier de couture d'Aminata (Bamako) a un bénéfice mensuel, en centaines de milliers de francs CFA, modélisé par B(x)=−0,5x2+6x−10B(x) = -0{,}5x^{2}+6x-10, où xx est le nombre de tenues vendues (en centaines). Quel est le bénéfice maximal, et pour combien de tenues vendues ?

Explication : B′(x)=−x+6B'(x) = -x+6, nulle en x=6x=6, positive avant, négative après : maximum en x=6x=6.
B(6)=−18+36−10=8B(6) = -18+36-10 = 8.
x=6x=6 centaines correspond à 600600 tenues vendues.

La hauteur du câble porteur du pont suspendu de Douala, à xx mètres du pilier gauche, est h(x)=0,002x2−0,4x+25h(x) = 0{,}002x^{2}-0{,}4x+25 pour x∈[0;200]x\in[0;200]. Quelle est la hauteur minimale du câble, et à quelle distance du pilier gauche est-elle atteinte ?

Explication : h′(x)=0,004x−0,4h'(x) = 0{,}004x-0{,}4, nulle en x=100x=100, négative avant, positive après : minimum en x=100x=100.
h(100)=0,002×10 000−40+25=20−40+25=5h(100) = 0{,}002\times10\,000-40+25 = 20-40+25 = 5.
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