Depuis la classe de Seconde, tu apprends à connaître les fonctions une par une : la fonction affine, la fonction carré, la fonction inverse, puis les fonctions racine carrée, cube, et enfin les fonctions dérivables du chapitre précédent. Ce chapitre change de posture : il ne s'agit plus d'apprendre une nouvelle fonction, mais de bâtir la méthode générale qui permet d'étudier n'importe quelle fonction et d'en tracer la courbe avec assurance, asymptotes et tangentes comprises.
Cette méthode, tu la retrouveras partout : en physique pour décrire la position d'un mobile au cours du temps, en économie pour représenter un coût ou un bénéfice, en géographie pour lire un profil altimétrique. Elle est aussi, très concrètement, ce qu'on attend de toi au baccalauréat dans la quasi-totalité des exercices d'analyse.
Ce qui change par rapport aux années précédentes : tu vas désormais enchaîner six étapes dans un ordre précis — domaine, parité, limites, dérivée, points remarquables, tracé — au lieu de les traiter séparément ; et tu vas apprendre à déduire la courbe d'une fonction composée (, , …) de celle d'une fonction plus simple, sans tout recalculer.
1Domaine, parité, périodicité
1.1 Domaine de définition
Le domaine de définition d'une fonction , noté , est l'ensemble des réels pour lesquels le nombre existe.
Deux situations interdisent l'existence de , et deux seulement, au niveau de la Première : un dénominateur nul, et une racine carrée d'un nombre strictement négatif. Repérer est donc affaire de bon sens, à condition d'être systématique.
On liste les opérations effectuées sur dans l'expression de , dans l'ordre. Pour chaque quotient, on écarte les valeurs qui annulent le dénominateur ; pour chaque racine carrée, on résout l'inéquation « radicande ». Le domaine est l'intersection de toutes ces conditions.
Soit .
- existe
- et
D'où .
Soit .
- existe
- produit de deux facteurs qui s'annulent en et un produit est positif « à l'extérieur des racines »
- ou
D'où . Nous reviendrons sur cette fonction en fin de chapitre pour une étude complète.
est presque toujours une réunion d'intervalles, pas un seul intervalle : n'oublie jamais le symbole , et vérifie que chaque borne est ouverte (valeur exclue) ou fermée (valeur incluse) à bon escient.
1.2 Parité d'une fonction
Soit une fonction dont le domaine est symétrique par rapport à 0 (c'est-à-dire : ). On dit que est :
- paire si, pour tout , ;
- impaire si, pour tout , .
Dans un repère orthogonal, la courbe d'une fonction paire est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées ; la courbe d'une fonction impaire est symétrique par rapport à l'origine du repère.
Notons un point de , et son symétrique par rapport à : a pour coordonnées .
Cas pair. Si est paire, , donc : appartient bien à . Le symétrique de tout point de la courbe par rapport à est encore sur la courbe : est globalement invariante par cette symétrie.
Cas impair. Soit le symétrique de par rapport à : . Si est impaire, , donc appartient à . La courbe est globalement invariante par la symétrie de centre . C.Q.F.D.
Soit , définie sur (symétrique par rapport à ).
- car
Pour tout , : est paire. Sa courbe est symétrique par rapport à (figure 1).
Soit , définie sur .
- car
est impaire : sa courbe est symétrique par rapport à l'origine (figure 2).
Une fonction peut n'être ni paire ni impaire (par exemple ) : c'est même le cas le plus fréquent. Vérifie toujours d'abord que est symétrique par rapport à avant de calculer : sans cette symétrie, la question de la parité ne se pose même pas.
Bien avant Descartes, un évêque normand, Nicole Oresme (vers 1320-1382), invente l'idée de représenter une grandeur variable par un dessin : dans son Tractatus de configurationibus qualitatum et motuum (vers 1350), il porte en abscisse le temps et en ordonnée l'intensité d'une qualité — une vitesse, une chaleur — sous forme de segments dont les sommets dessinent une ligne, la toute première « courbe » de l'histoire des mathématiques. Il faudra attendre Descartes, trois siècles plus tard, pour relier ce dessin à l'algèbre ; mais l'intuition d'Oresme — voir une fonction plutôt que seulement la calculer — reste, aujourd'hui encore, tout l'enjeu de ce chapitre.
1.3 Périodicité d'une fonction
Une fonction , définie sur , est dite périodique de période () si, pour tout réel :
Géométriquement, la courbe entière se reconstitue par translations successives de vecteur : il suffit d'étudier sur un intervalle de longueur , puis de répéter le motif obtenu. Les fonctions trigonométriques et , déjà rencontrées, sont périodiques de période ; la fonction est, elle, périodique de période , puisque .
Les fonctions étudiées dans ce chapitre (rationnelles, avec racine carrée) ne sont jamais périodiques : seule une fonction dont le domaine est tout entier, et qui se répète indéfiniment, peut l'être. Ne cherche une période que pour des fonctions construites à partir de et .
2Limites et asymptotes
2.1 Limites aux bornes du domaine
Étudier une fonction, c'est d'abord savoir ce qu'elle devient aux bords de son domaine : en , en , et près de chaque valeur interdite. Tu connais déjà les limites de référence.
| fonction | limite en | limite en | limite en |
|---|---|---|---|
| ( pair) | |||
| ( impair) | |||
| — |
Pour une somme ou un quotient de termes de degrés différents en ou , la règle est constante : seul le terme de plus haut degré impose la limite.
On factorise par le terme de plus haut degré, au numérateur comme au dénominateur : les termes restants tendent alors vers , et seul le rapport des puissances dominantes détermine la limite.
Déterminons .
- on factorise par , terme dominant
- or et quand
2.2 Asymptotes verticales et horizontales
Soit la courbe de .
- Si (avec ), la droite d'équation est asymptote verticale à .
- Si (ou en ), la droite d'équation est asymptote horizontale à .
Dans les deux cas, la distance entre la courbe et la droite tend vers : la droite devient la meilleure approximation rectiligne du comportement de la courbe, loin du centre ou près de la valeur interdite.
Soit , de domaine .
- quand , donc
- la droite est asymptote verticale à
- quand ,
- la droite est asymptote horizontale à
2.3 Asymptotes obliques
La droite d'équation (avec ) est asymptote oblique à en (ou en ) si :
On écrit sous la forme , avec . La droite est alors asymptote, et le signe de indique si la courbe est au-dessus () ou au-dessous () de l'asymptote.
Posons , définie sur , et .
- de même
La droite est donc asymptote oblique à , à la fois en et en . De plus, pour : la courbe est au-dessus de l'asymptote sur , et en dessous sur . C.Q.F.D.
Une courbe peut tout à fait couper son asymptote oblique un nombre fini de fois près du centre du repère — l'important est que l'écart tende vers uniquement à l'infini. Ne confonds pas non plus asymptote (droite qui encadre le comportement global) et tangente (droite qui approche la courbe localement, en un seul point) : ce sont deux notions indépendantes, étudiées section 4.
Le mot vient du grec ancien asumptôtos, « qui ne tombe pas avec », littéralement « qui ne se rencontre pas ». Il est déjà employé par Apollonios de Perge (vers -262 à -190), dans son traité Coniques, pour décrire les deux droites vers lesquelles se rapprochent indéfiniment les branches d'une hyperbole sans jamais les toucher. Vingt-trois siècles plus tard, le mot n'a pas changé : chaque asymptote d'une fonction homographique retrouve exactement la géométrie que les Grecs avaient découverte sur le cône.
3Dérivée et tableau de variations
3.1 Rappel : taux d'accroissement et dérivée
Pour et tel que , le taux d'accroissement de entre et est :
Si admet une limite finie quand , cette limite est le nombre dérivé .
Avant même de calculer une dérivée, on peut souvent établir le sens de variation d'une fonction en étudiant directement le signe du quotient pour deux réels quelconques d'un intervalle : c'est la méthode historique, celle que tu as déjà pratiquée sur , ou .
Soient et deux réels tels que .
- identité remarquable
- or (hypothèse) et (car )
Pour tous de avec , on a : est strictement croissante sur . C.Q.F.D.
3.2 Signe de la dérivée et sens de variation
Soit une fonction dérivable sur un intervalle .
- Si pour tout de (sauf éventuellement en un nombre fini de points), alors est strictement croissante sur .
- Si pour tout de (sauf éventuellement en un nombre fini de points), alors est strictement décroissante sur .
- Si pour tout de , alors est constante sur .
Ce théorème généralise la démonstration précédente : est la limite du taux d'accroissement quand . Si reste strictement positive sur tout , le taux d'accroissement entre deux points suffisamment proches de garde ce même signe positif — un résultat, l'inégalité des accroissements finis, qui sera établi rigoureusement en Terminale. Nous l'admettons ici : c'est l'outil le plus efficace pour étudier les variations d'une fonction dérivable quelconque.
Soit , définie et dérivable sur .
Un trinôme du second degré de racines et , de coefficient dominant positif, est négatif entre ses racines et positif à l'extérieur. On en déduit : croissante sur , décroissante sur , croissante sur , avec (maximum local) et (minimum local).
3.3 Opérations sur les fonctions et sens de variation
Quand une fonction se construit à partir de fonctions plus simples déjà étudiées, il est souvent inutile de redériver : ces quatre théorèmes suffisent à conclure directement.
Si et sont toutes deux croissantes (resp. toutes deux décroissantes) sur un intervalle , alors est croissante (resp. décroissante) sur .
Soient avec , et croissantes sur .
- croissante
- croissante
- on additionne deux inégalités de même sens
Donc : est croissante sur . Le cas décroissant se traite de façon identique. C.Q.F.D.
Soit croissante sur et un réel non nul. Si , est croissante sur ; si , est décroissante sur .
Pour dans , car est croissante. Multiplier une inégalité par un réel positif conserve son sens : si , , donc croissante. Multiplier par un réel négatif inverse son sens : si , , donc décroissante. C.Q.F.D.
Si est positive et croissante sur , alors est croissante sur . (De même, si est positive et décroissante, est décroissante.)
Pour dans , car est positive et croissante. Or la fonction racine carrée est strictement croissante sur (chapitre sur les racines carrées) : elle conserve donc l'ordre entre deux nombres positifs.
- croissante sur
Donc est croissante sur . C.Q.F.D.
Si est strictement positive (ou strictement négative) et croissante sur , alors est décroissante sur .
Supposons strictement positive et croissante. Pour dans , .
- le numérateur croissante
- le dénominateur strictement positive
La fonction prend une valeur plus petite en qu'en : elle est décroissante sur . C.Q.F.D.
Aucun théorème simple ne donne le sens de variation de si et varient en sens contraires : il faut alors dériver, ou étudier le signe de au cas par cas. Et pour , n'oublie jamais de vérifier que garde un signe constant sur : sinon, n'est même pas définie sur tout .
Étudions le sens de variation de sur , sans dériver.
- on pose
- est strictement positive et croissante sur somme de (croissante sur ) et de la constante
- est croissante sur théorème de la racine
Donc est croissante sur , sans qu'aucune dérivée n'ait été calculée.
3.4 Dresser un tableau de variations
Sur la première ligne, place et ses bornes (avec doubles barres pour une valeur interdite). Sur la deuxième ligne, place le signe de (ou la conclusion des théorèmes de variation). Sur la troisième ligne, trace les flèches / et indique les valeurs (ou limites) prises par à chaque changement de sens.
| signe de | 0 | 0 | |||||
| variations de | 3 | −1 |
Ce tableau résume exactement l'exemple étudié plus haut : c'est la traduction directe, en une image, de tout le travail sur le signe de .
4Points remarquables et tangentes
4.1 Équation de la tangente en un point
Si est dérivable en , la tangente à au point a pour équation :
Cette droite passe par , et son coefficient directeur est précisément la limite des coefficients directeurs des sécantes quand se rapproche de le long de la courbe : elle en est la meilleure approximation rectiligne locale, au voisinage immédiat de .
Reprenons , et cherchons la tangente en .
La tangente en a pour équation .
4.2 Points remarquables : extrema et intersections
Si est dérivable sur un intervalle ouvert et admet un extremum local en , alors : la tangente en ce point est horizontale.
Si admet un maximum local en , alors pour petit, . Le taux d'accroissement est donc négatif ou nul pour , et positif ou nul pour . À la limite quand , ces deux constats ne peuvent coexister que si .
La réciproque est fausse : n'entraîne pas forcément un extremum (pense à en , où la tangente est horizontale sans qu'il y ait de maximum ni de minimum). C'est le changement de signe de autour de , lu dans le tableau de variations, qui confirme un extremum.
Avant le tracé, détermine systématiquement : les extrema locaux (où s'annule en changeant de signe), les intersections avec (résoudre ) et avec (calculer s'il existe), et un ou deux points supplémentaires bien choisis (souvent là où le calcul est simple) pour guider le tracé.
Pour (étudiée depuis la section 3) :
- extrema : maximum local , minimum local — tangentes horizontales en ces deux points ;
- intersection avec : , donc le point ;
- intersections avec : n'a pas de solution simple ici (elle en a trois, non entières) — on se contente de situer approximativement les changements de signe grâce au tableau de variations.
4.3 Tracer une tangente à partir de son équation
Une fois l'équation obtenue, place le point , puis un second point en te déplaçant, par exemple, d'une unité en abscisse et de unités en ordonnée (le coefficient directeur). Relie les deux points par une droite : c'est la tangente. Une tangente horizontale () se trace simplement, parallèle à .
Une tangente n'est jamais confondue avec la courbe, même au point de contact : ne la prolonge pas sur toute la largeur du repère si la courbe s'en écarte visiblement — trace-la sur un petit segment autour du point , assez long pour lire clairement sa pente.
5Tracé de la courbe
5.1 Plan d'étude d'une fonction
Pour étudier puis tracer la courbe d'une fonction , enchaîne systématiquement six étapes : 1. domaine de définition , parité et périodicité éventuelles ; 2. limites aux bornes de et équations des asymptotes ; 3. dérivée , étude de son signe, tableau de variations ; 4. points remarquables (extrema, intersections avec les axes) et une ou deux tangentes utiles ; 5. tracé, en plaçant d'abord les asymptotes en pointillés, puis les points remarquables, puis la courbe elle-même ; 6. exploitation graphique si la question le demande.
Réduire le nombre de calculs, c'est souvent reconnaître qu'une fonction se déduit d'une autre, déjà étudiée, par une transformation simple. Les quatre transformations suivantes sont à connaître parfaitement : elles évitent de refaire toute l'étude à chaque fois.
5.2 Fonctions associées : translations, dilatation, valeur absolue
Soit une fonction et un réel. Dans un repère :
- la courbe de est l’image de par la translation de vecteur ;
- la courbe de est l’image de par la translation de vecteur .
Translation verticale. Soit , et un point du plan.
- le point appartient à
Or est l’image de par la translation de vecteur (elle ajoute à l’ordonnée, laisse l’abscisse inchangée). Donc est bien l’image de par cette translation.
Translation horizontale. Soit , et un point du plan.
- le point appartient à
Or est l’image de par la translation de vecteur (elle ajoute à l’abscisse). Donc est bien l’image de par cette translation. C.Q.F.D.
Pour , la courbe de s’obtient en multipliant par chaque ordonnée de (l’abscisse ne change pas) : c’est une dilatation verticale de rapport (un « écrasement » si ). Pour , on combine cette dilatation avec une symétrie par rapport à .
La courbe de coïncide avec là où , et en est le symétrique par rapport à là où .
Soit .
- si : le point est celui de
- si : le point est le symétrique de par rapport à
Sur toute partie où est négative, la courbe de est donc le « reflet » vers le haut de . C.Q.F.D.
Piège classique du bac : la courbe de se déplace vers la gauche quand , et vers la droite quand — le sens est inversé par rapport à l’intuition. Retiens-le en repérant où va le zéro : si est remarquable, place ce même comportement en , donc décalé « à reculons » de .
5.3 Exemple complet 1 — une fonction homographique
Appliquons le plan d’étude, sans en sauter une étape, à .
1. Domaine et parité. , non symétrique par rapport à : la parité ne se pose pas.
2. Limites et asymptotes.
- quand , donc ; quand ,
- asymptote verticale
- quand , donc
- asymptote horizontale
3. Dérivée et variations.
- dérivée de composée avec
- pour tout
- sur chaque intervalle de
est donc strictement décroissante sur et sur (mais pas sur tout entier : ce sont deux branches distinctes, séparées par la valeur interdite).
4. Points remarquables. (intersection avec ) ; (intersection avec ) ; tangente en d’équation (calculée section 4).
5. Tracé. Voir figure 5 : les deux branches, l’asymptote verticale , l’asymptote horizontale , et la tangente en .
5.4 Exemple complet 2 — la fonction
Reprenons , dont l’asymptote oblique a déjà été établie section 2.3.
1. Domaine et parité. , symétrique par rapport à . : est impaire (courbe symétrique par rapport à ).
2. Limites et asymptotes. et : asymptote verticale . Asymptote oblique (démontrée section 2.3).
3. Dérivée et variations.
- sur , donc a le signe de
- sur et ; sur et
est donc croissante sur , décroissante sur puis sur , croissante sur .
4. Points remarquables. Maximum local en ; minimum local en ; aucune intersection avec () ni avec ( donnerait , impossible).
5. Tracé. Deux branches symétriques par rapport à (fonction impaire), chacune tangente à l’asymptote oblique à l’infini et fuyant vers l’asymptote verticale près du centre.
6Résolution graphique
6.1 Résoudre et graphiquement
Trace la droite horizontale d'équation . Les solutions de sont les abscisses des points d'intersection de avec cette droite. Pour , les solutions sont les abscisses des points de situés sur ou en dessous de la droite : lis l'intervalle correspondant directement sur l'axe des abscisses.
Sur la figure 6, la courbe de coupe la droite en deux points. Pour , la réponse se lit directement : c'est l'intervalle , là où la courbe reste sous la droite.
- ou
- et
Le calcul confirme la lecture graphique : sur .
6.2 Comparer deux courbes : résoudre
Trace et dans le même repère. L'ensemble des solutions de est l'ensemble des abscisses pour lesquelles est en dessous ou confondue avec ; les abscisses des points d'intersection des deux courbes bornent ces intervalles.
Une lecture graphique donne des valeurs approchées, précises à la finesse du quadrillage près. Dès que l'énoncé le permet (équation ou inéquation qui se résout par le calcul), vérifie ou complète ta lecture par une résolution algébrique exacte, comme dans l'exemple ci-dessus : au bac, une réponse purement graphique sans justification calculatoire est rarement acceptée seule.
Fiche mémo
- Domaine : exclure dénominateurs nuls et radicandes négatifs ; est presque toujours une réunion d'intervalles.
- Parité : (paire, symétrie ) ou (impaire, symétrie ) — domaine symétrique par rapport à requis.
- Asymptote verticale : . Horizontale : . Oblique : .
- Signe de sur variations de sur (croissante si , décroissante si ).
- croissantes croissante ; même sens, sens contraire ; croissante croissante ; strictement positive croissante décroissante.
- Tangente en : . Extremum local en (dérivable, ouvert) (réciproque fausse).
- Translation : → vecteur ; → vecteur (attention au signe inversé pour ).
- : identique à où ; symétrique par rapport à où .
- Plan d'étude : domaine/parité → limites/asymptotes → dérivée/variations → points remarquables/tangentes → tracé → exploitation graphique.
- Résolution graphique : → intersections avec ; → intervalles où est sous . Toujours confirmer par le calcul si possible.
7Exercices corrigés
Détermine le domaine de définition de et de .
Voir le corrigé détaillé
Pour .
- existe
- et
(le numérateur s'annule aussi en , mais c'est le dénominateur qui commande le domaine).
Pour .
- existe
.
Étudie la parité de puis de .
Voir le corrigé détaillé
Les deux domaines sont , symétrique par rapport à .
- est paire
- est impaire
Soit . Donne les équations des asymptotes de .
Voir le corrigé détaillé
- quand , donc
- asymptote verticale
- quand ,
- asymptote horizontale
Dresse le tableau de variations de sur .
Voir le corrigé détaillé
- ; pour ; pour
| signe de | 0 | ||||
| variations de | 3 |
Soit . Détermine l'équation de la tangente à au point d'abscisse .
Voir le corrigé détaillé
Sans dériver, étudie le sens de variation de sur .
Voir le corrigé détaillé
Posons , positive sur .
- est croissante sur et décroissante sur somme de (opposé de ) et de la constante
- est croissante sur théorème de la racine, positive et croissante
- est décroissante sur théorème de la racine, positive et décroissante
est donc croissante sur , décroissante sur — sans avoir calculé une seule dérivée.
Soit . Vérifie que , puis montre que est pourtant strictement croissante sur (donc sans extremum en ).
Voir le corrigé détaillé
- donc
- pour ,
- , nul seulement si
- or donc et ne sont pas tous deux nuls
- , et , donc
est donc strictement croissante sur tout entier : la tangente horizontale en () ne signale aucun extremum, exactement comme annoncé section 4.2 (la réciproque du théorème est fausse).
Soit . Détermine l'asymptote oblique de et précise la position de la courbe par rapport à cette asymptote.
Voir le corrigé détaillé
- la droite est asymptote oblique à
Pour , : la courbe est au-dessus de l'asymptote. Pour , : la courbe est en dessous.
Soit , d'asymptotes et . Sans recalculer de limite, donne les asymptotes de puis de .
Voir le corrigé détaillé
s'obtient à partir de par translation de vecteur (théorème section 5.2) : ses asymptotes sont celles de , translatées de verticalement. reste inchangée (translation verticale), devient .
s'obtient par translation de vecteur : devient , reste inchangée (translation horizontale).
Asymptotes de : et . Asymptotes de : et .
Soit . Exprime sans valeur absolue, en distinguant les intervalles nécessaires.
Voir le corrigé détaillé
- , négatif entre les racines, positif à l'extérieur
- sur ; sur
Donc :
- pour ;
- pour .
Le domaine de reste tout entier : seul le signe change, jamais l'existence.
Soit .
- Détermine , et montre que .
- Détermine les limites de aux bornes de et donne les équations des asymptotes.
- Calcule et dresse le tableau de variations de .
- Détermine les coordonnées des points d'intersection de avec les axes, puis l'équation de la tangente au point d'abscisse .
Voir le corrigé détaillé
1. .
2. Sous cette forme, quand : asymptote verticale . Quand , donc : asymptote horizontale .
3.
- dérivée de
- sur donc
est strictement croissante sur et sur .
4. : point . : point . Tangente en : , donc .
Soit .
- Détermine et la parité de .
- Montre que la droite est asymptote oblique à en (indication : multiplie par la quantité conjuguée).
- Calcule et dresse le tableau de variations de sur .
- Trace l'allure de .
Voir le corrigé détaillé
1. (établi section 1.1). est symétrique par rapport à , et : est paire.
2.
- on multiplie par la quantité conjuguée
Quand , le dénominateur tend vers , donc : est bien asymptote oblique en . Par parité, est asymptote oblique en .
3.
- pour , ; pour ,
est décroissante sur (de à ), croissante sur (de à ) ; , avec tangente verticale en ces deux points.
4. Deux branches symétriques par rapport à (fonction paire), chacune tangente verticalement en puis se rapprochant des asymptotes (à droite) et (à gauche) : la courbe ressemble à un grand « V » évasé, dont les branches redressent vers les deux droites obliques.
Soit .
- Dresse le tableau de variations de sur .
- Vérifie que , puis factorise sous la forme .
- Résous et retrouve, en les comparant au tableau de variations, le nombre de solutions attendu.
Voir le corrigé détaillé
1.
- racines et , signe positif à l'extérieur, négatif entre les deux
- (maximum local) ; (minimum local)
croissante sur , décroissante sur , croissante sur .
2. , donc est racine et divise .
- l'identité est vérifiée
3.
- ou
- ,
Trois solutions : , , . Cela concorde avec le tableau : comme passe d'un maximum local positif () à un minimum local négatif () en changeant deux fois de sens, la courbe traverse nécessairement l'axe exactement trois fois.
L'atelier de couture d'Aminata (Bamako). Le bénéfice mensuel de l'atelier, en centaines de milliers de francs CFA, est modélisé par , où est le nombre de tenues vendues, en centaines.
- Calcule et interprète ce résultat.
- Dresse le tableau de variations de sur et donne le bénéfice maximal.
- Résous , puis donne l'intervalle de rentabilité de l'atelier (en nombre de tenues).
Voir le corrigé détaillé
1. : sans aucune vente, l'atelier perd centaines de milliers de francs, soit F CFA (charges fixes).
2.
- , nulle en , positive avant, négative après
croissante sur , décroissante sur : bénéfice maximal de centaines de milliers de F CFA ( F CFA) pour tenues vendues.
3.
- ,
- ou
L'atelier est rentable () pour , soit entre et tenues vendues par mois.
Transport de marchandises (Ndjamena). Pour un trajet de km (), un transporteur facture un tarif unitaire (en F CFA par km).
- Sans dériver, justifie que est décroissante sur .
- Calcule et , et interprète leur écart.
- Le tarif unitaire peut-il un jour descendre en dessous de F CFA/km ? Justifie à l'aide d'une limite.
Voir le corrigé détaillé
1. Posons , strictement positive et croissante sur .
- est décroissantethéorème de l'inverse : strictement positive et croissante
- est décroissante, même sens que
- est décroissanteune constante ajoutée ne change pas le sens de variation
2. F CFA/km. F CFA/km. Pour un trajet dix fois plus long, le tarif au kilomètre a presque diminué de moitié : les frais fixes se répartissent sur davantage de kilomètres.
3. Quand , donc : le tarif se rapproche de F CFA/km sans jamais l'atteindre ( reste strictement positif). Il ne peut donc jamais descendre en dessous de ce seuil : est une asymptote horizontale.
Le pont suspendu de Douala. La hauteur du câble porteur au-dessus du tablier, à mètres du pilier gauche, est modélisée par pour .
- Dresse le tableau de variations de et donne la hauteur minimale du câble.
- Calcule et ; que représentent ces valeurs ?
- Détermine, au mètre près, les positions où le câble est à m au-dessus du tablier.
Voir le corrigé détaillé
1.
- , nulle en
décroissante sur , croissante sur : hauteur minimale de m, au centre du pont.
2. et : aux deux piliers, le câble est accroché à m au-dessus du tablier — cohérent avec la symétrie du câble autour de son point le plus bas.
3.
- on multiplie par
- ,
Le câble est à m de hauteur à environ m et m du pilier gauche — deux points symétriques par rapport au centre du pont, comme attendu.