Étudier une corrélation et ajuster un nuage de points.
MathématiquesPremièreChapitre 12 / 13⏱ 7 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Construire un nuage de points et son point moyen
Déterminer une droite d'ajustement
Faire une prévision et en discuter la validité
Jusqu'ici, en statistique, tu as toujours étudié une seule grandeur à la fois : la taille des élèves d'une classe, les notes d'un contrôle, la durée d'un trajet. Ce chapitre change de perspective : il s'agit désormais d'observer deux grandeurs simultanément sur les mêmes individus, et de se demander si elles varient ensemble. Le rendement d'un champ dépend-il de la pluviométrie ? La réussite à un devoir dépend-elle du temps de travail ? Le chiffre d'affaires d'une boutique dépend-il du nombre de clients ? Ce sont exactement les questions auxquelles répondent les statistiques à deux variables.
Tu croises ce type de raisonnement dès que tu quittes la salle de classe : un agronome de Bamako ajuste ses conseils de semis à la pluviométrie prévue, un commerçant de Dakar anticipe ses achats selon l'affluence, un ingénieur relie la résistance d'un matériau à sa température. Dans chaque cas, on dispose d'un nuage de points expérimental, et l'on cherche la droite qui lui « ressemble » le mieux — pour comprendre le phénomène, et surtout pour prévoir.
Ce chapitre introduit trois outils nouveaux, qui te suivront jusqu'au baccalauréat : le point moyen du nuage, le coefficient de corrélation qui mesure la force d'un lien linéaire, et la droite d'ajustement, obtenue soit « à l'œil », soit par la méthode de Mayer, soit — la plus rigoureuse — par la méthode des moindres carrés. Tu apprendras aussi à distinguer une prévision raisonnable, l'interpolation, d'une prévision hasardeuse, l'extrapolation.
Comme toujours, chaque notion est illustrée par un exemple chiffré complet, calculs détaillés à l'appui. Munis-toi d'une feuille, d'un crayon et d'une règle : ce chapitre se pratique autant qu'il se lit.
1Nuage de points et point moyen
1.1 Série statistique double et nuage de points
Définition
On étudie simultanément deux caractèresx et y sur une même population de n individus. Les résultats forment une série statistique double, notée (xi;yi)1⩽i⩽n.
Dans un repère du plan, le nuage de points associé est l'ensemble des n points Mi(xi;yi).
Fil rouge de ce chapitre : un agronome de la région de Bamako a relevé, sur six campagnes agricoles successives, la pluviométrie annuelle xi (en mm) reçue par une parcelle et le rendement yi obtenu (en tonnes de mil par hectare).
Campagne
1
2
3
4
5
6
Pluviométrie xi (mm)
400
500
600
700
800
900
Rendement yi (t/ha)
1,7
2,3
2,5
3,1
3,3
3,9
Placés dans un repère, ces six couples forment le nuage de points de la Figure 1 : plus la pluviométrie augmente, plus le rendement semble augmenter — une tendance linéaire se dessine à l'œil nu. Formaliser cette impression est tout l'objet de ce chapitre.
1.2 Le point moyen G
Définition
Le point moyen du nuage est le point G(x;y), où x et y sont les moyennes des deux séries :
x=nx1+x2+⋯+xn=n1i=1∑nxiy=n1i=1∑nyi
Propriété
Le point G est le centre du nuage : si l'on place une masse identique en chaque point Mi, G en est le centre de gravité (le barycentre). Cette propriété, admise ici, redeviendra essentielle en section 3 pour justifier la méthode de Mayer.
Exemple — point moyen du nuage pluie/rendement
Calculons G pour les six campagnes du tableau ci-dessus.
x=6400+500+600+700+800+900
=63900
=650mm
y=61,7+2,3+2,5+3,1+3,3+3,9
=616,8
=2,8t/ha
Le point moyen du nuage est donc G(650;2,8) — voir sa position sur la Figure 1.
Exemple — un second contexte, notes et heures de travail
Cinq élèves d'une même classe ont indiqué leur temps de travail personnel hebdomadaire xi (en heures) et la note yi obtenue au devoir suivant (sur 20) : (2;8), (4;11), (6;12), (8;15), (10;17).
x=52+4+6+8+10=530=6heures
y=58+11+12+15+17=563=12,6sur 20
D'où G(6;12,6). Nous reviendrons sur cette série en section 2.
Figure 1 — Nuage de points « pluviométrie / rendement » et son point moyen G(650;2,8). La tendance croissante est visible à l'œil, mais reste à préciser.
Math & Co — L'homme moyen de Quetelet
C'est l'astronome et statisticien belge Adolphe Quetelet qui, en 1835, popularise dans son ouvrage Sur l'homme et le développement de ses facultés l'idée qu'un ensemble de mesures peut être résumé par un individu fictif, l'« homme moyen », doté des caractéristiques moyennes de la population étudiée.
L'idée paraît aujourd'hui évidente, mais elle a fondé toute une discipline : en ramenant un nuage de milliers de points à un seul point représentatif, Quetelet ouvre la voie à la statistique sociale moderne, et prépare — sans le savoir encore — les outils de corrélation que Francis Galton développera un demi-siècle plus tard.
2Covariance et coefficient de corrélation
Le point moyen G situe le centre du nuage, mais ne dit rien sur sa forme : le nuage est-il étiré le long d'une droite, ou au contraire dispersé sans direction privilégiée ? Deux nouveaux outils vont répondre à cette question : la covariance, puis le coefficient de corrélation qui s'en déduit.
2.1 Variance et covariance
Définition
On appelle variance de la série (xi) et covariance des deux séries les nombres :
On note souvent la covariance Sxy. L'écart-type de x est σx=V(x) (et de même σy=V(y) pour y).
Méthode — calculer Sxy et V(x) avec un tableau d'écarts
On dresse un tableau à cinq lignes : xi, yi, les écarts xi−x, les écarts yi−y, puis leurs produits et leurs carrés. On additionne chaque colonne, puis on divise par n.
Exemple — série notes/heures de travail
Reprenons les cinq élèves de la section 1 : x=6, y=12,6.
xi
2
4
6
8
10
Somme
yi
8
11
12
15
17
—
xi−x
−4
−2
0
2
4
0
yi−y
−4,6
−1,6
−0,6
2,4
4,4
0
produit
18,4
3,2
0
4,8
17,6
44,0
(xi−x)2
16
4
0
4
16
40
Sxy=544,0
=8,8
V(x)=540
=8
Remarque : la somme des écarts xi−x (et celle des yi−y) vaut toujours 0 — c'est une conséquence directe de la définition de la moyenne, et un excellent moyen de vérifier un tableau de calcul.
Propriété — formule pratique (König-Huygens)
On évite parfois le tableau d'écarts en utilisant les sommes brutes :
V(x)=n1∑xi2−x2Sxy=n1∑xiyi−xy
Démonstration (formule de Sxy)
On développe le produit sous la somme, puis on sépare les termes.
Sxy=n1∑(xi−x)(yi−y)
=n1∑(xiyi−xiy−xyi+xy)développement
=n1∑xiyi−y⋅n1∑xi−x⋅n1∑yi+xyx,y sont des constantes
=n1∑xiyi−yx−xy+xypar définition de x et y
=n1∑xiyi−xyC.Q.F.D.
Le même calcul, avec yi=xi, donne la formule analogue pour V(x).
2.2 Coefficient de corrélation
Définition
Le coefficient de corrélation linéaire de x et y est le nombre :
r=σxσySxy=V(x)×V(y)Cov(x,y)
Propriété (admise)
Pour toute série statistique double, −1⩽r⩽1.
Si ∣r∣ est proche de 1 (disons ∣r∣⩾0,9), les points sont presque alignés : la corrélation linéaire est forte.
Si r est proche de 0, le nuage n'a aucune tendance linéaire nette.
Le signe de r indique le sens de la tendance : positif si y croît globalement avec x, négatif si y décroît globalement quand x croît.
Exemple — corrélation forte (pluie/rendement)
Sxy=121,67=6730, calculé comme en 1.2
V(x)=29166,67 et V(y)=0,517
σx=29166,67≈170,8 et σy=0,517≈0,719
r≈170,8×0,719121,67
≈0,991corrélation linéaire très forte, et positive
Exemple — nuage sans corrélation
Dans une classe de Première de Douala, huit élèves ont indiqué leur jour de naissance dans le moisxi et la note yi obtenue à un devoir de mathématiques (sur 20) : aucune raison, a priori, que ces deux grandeurs soient liées. Le calcul donne x=15,5, y≈12,1, Sxy≈−0,56, σx≈8,53, σy≈2,59, d'où :
r≈8,53×2,59−0,56
≈−0,02quasiment nul
Ce r proche de 0 confirme ce que la Figure 2 montre déjà à l'œil : le nuage est dispersé sans direction privilégiée. Aucun ajustement affine ne serait pertinent ici.
Figure 2 — Nuage « jour de naissance / note » : r≈−0,02. L'absence de structure linéaire est visible autant sur le graphique que dans le calcul de r.
Attention — corrélation n'est pas causalité
Un coefficient r proche de 1 prouve seulement l'existence d'une relation linéaire statistique entre x et y — jamais un lien de cause à effet. Deux grandeurs peuvent être fortement corrélées parce qu'une troisième les influence toutes les deux, ou par pur hasard sur un petit échantillon. Ne conclus donc jamais « x cause y » à partir du seul calcul de r : c'est un piège classique, et une erreur de raisonnement, pas seulement de calcul.
Math & Co — Galton, Pearson et la naissance de la corrélation
Le mot « régression » vient d'une observation surprenante du savant britannique Francis Galton, cousin de Darwin : en 1886, étudiant la taille des fils selon celle de leurs pères, il remarque que les fils de pères très grands sont, en moyenne, un peu moins grands que leur père — la taille « régresse » vers la moyenne de la population. Il baptise ce phénomène regression toward mediocrity.
C'est son collaborateur Karl Pearson qui, en 1896, donne au coefficient r sa formule mathématique moderne. Ironiquement, le terme « régression », né d'une observation biologique aujourd'hui bien comprise, est resté pour désigner — dans tous les domaines — la recherche d'une droite d'ajustement.
3Ajustement affine par les moindres carrés
Le nuage de la Figure 1 suggère une tendance linéaire. Il reste à choisir une droite qui la représente au mieux — c'est ce qu'on appelle un ajustement affine du nuage. Trois méthodes, de la plus rapide à la plus rigoureuse, sont au programme.
3.1 Ajustement à l'œil
Méthode — ajuster « à l'œil »
À la règle, on trace une droite qui passe au plus près de l'ensemble des points, en laissant à peu près autant de points au-dessus qu'en-dessous. On veille à ce qu'elle passe par (ou très près de) le point moyen G, qui est le centre du nuage.
Cette méthode est rapide et donne une bonne intuition, mais elle dépend de la main de celui qui trace : deux élèves obtiennent rarement exactement la même droite. Il faut donc une méthode de calcul, reproductible. La méthode de Mayer est la première étape vers cette rigueur.
3.2 La méthode de Mayer (deux points moyens)
Définition
On partage le nuage, dans l'ordre des xi croissants, en deux groupes de tailles n1 et n2 aussi égales que possible (n1+n2=n). On calcule le point moyen G1 du premier groupe et le point moyen G2 du second. La droite de Mayer est la droite (G1G2).
Théorème
La droite de Mayer (G1G2) passe par le point moyen G du nuage entier.
Démonstration
Notons x1(1),…,xn1(1) les abscisses du premier groupe et x1(2),…,xn2(2) celles du second, de sorte que x est la moyenne des n=n1+n2 valeurs réunies.
nx=i=1∑nxi=i=1∑n1xi(1)+i=1∑n2xi(2)on scinde la somme en deux groupes
=n1x1+n2x2définition de x1 et x2
⇒x=n1+n2n1x1+n2x2
Le même raisonnement, appliqué aux ordonnées, donne y=n1+n2n1y1+n2y2.
Or ces deux égalités signifient exactement que G(x;y) est le barycentre des points G1 affecté du coefficient n1 et G2 affecté du coefficient n2. Comme n1>0 et n2>0, ce barycentre appartient au segment [G1G2], donc à la droite (G1G2). C.Q.F.D.
Exemple — droite de Mayer du nuage pluie/rendement
On partage les six campagnes, dans l'ordre des xi, en deux groupes de trois.
La droite de Mayer a pour équation y≈0,00422x+0,0556. Vérification : pour x=650, elle donne y≈0,00422×650+0,0556≈2,80 — on retombe bien sur y : la droite passe par G, conformément au théorème. Voir Figure 3.
Figure 3 — La droite de Mayer relie les points moyens G1 et G2 des deux moitiés du nuage ; elle passe par G, comme démontré ci-dessus.
3.3 Principe des moindres carrés
La méthode de Mayer a un défaut : elle ignore la position individuelle de chaque point à l'intérieur de son groupe — seuls comptent G1 et G2. La méthode des moindres carrés corrige ce défaut en utilisant tous les points.
Pour une droite quelconque d'équation y=ax+b, on appelle résidu au point i l'écart vertical ei=yi−(axi+b) entre le point observé Mi et la droite. On cherche la droite qui rend ces écarts globalement les plus petits possible, en minimisant la somme de leurs carrés (le carré évite que des écarts positifs et négatifs ne s'annulent, et pénalise davantage les grands écarts) :
i=1∑nei2=i=1∑n(yi−(axi+b))2minimale
Théorème — droite des moindres carrés
Il existe une unique droite qui minimise cette somme, appelée droite de régression de y en x (ou droite des moindres carrés). Son équation est y=ax+b avec :
a=V(x)Sxyb=y−ax
Attention — un résultat admis
La démonstration de ce théorème demande de minimiser une fonction de deux variables a et b (une fonction polynomiale du second degré en chacune), à l'aide d'outils d'analyse — dérivées partielles — hors programme de Première. On admet donc les formules de a et b, mais on peut en retenir l'esprit : la somme ∑ei2 est une expression du second degré en a (à b fixé) et en b (à a fixé) — exactement comme les fonctions polynômes du second degré que tu sais minimiser depuis le chapitre correspondant.
Propriété
La droite des moindres carrés passe, elle aussi, par le point moyen G.
Démonstration
Il suffit de remplacer x par x dans l'équation de la droite :
ax+b=ax+(y−ax)par définition de b
=yles termes en ax s'annulent
Le point (x;y)=G vérifie donc l'équation de la droite. C.Q.F.D.
4Droite de régression
4.1 Calcul des coefficients a et b
Méthode — déterminer la droite de régression
Calculer x, y (point moyen G).
Calculer Sxy et V(x) (tableau d'écarts ou formule de König).
En déduire a=V(x)Sxy, puis b=y−ax.
Écrire l'équation y=ax+b et vérifier qu'elle contient bien G.
Exemple — droite de régression du nuage pluie/rendement
Les valeurs Sxy=121,67 et V(x)=29166,67 ont été calculées en section 2.
a=29166,67121,67
≈0,00417t/ha par mm, arrondi
b=2,8−0,00417×650
≈0,089
La droite de régression de y en x a pour équation :
y≈0,00417x+0,089
Elle est très proche de la droite de Mayer (aM≈0,00422) — rassurant, mais elle seule est optimale au sens des moindres carrés. Voir Figure 4.
Figure 4 — Droite des moindres carrés du nuage pluie/rendement, d'équation y≈0,00417x+0,089.
4.2 Un exemple de corrélation négative
Toutes les corrélations ne sont pas positives. Dans une boutique de Ndjamena, on a relevé sur cinq semaines la durée d'ensoleillement quotidien moyen xi (en heures) et le nombre de bougies vendues yi par semaine (moins il y a de soleil, plus les coupures d'électricité pèsent, et plus on achète de bougies) :
Ensoleillement xi (h/j)
4
6
8
10
12
Bougies vendues yi
38
30
25
18
14
Exemple — régression à pente négative
x=54+6+8+10+12=8 et y=538+30+25+18+14=25
Sxy=5(−4)(13)+(−2)(5)+0×0+2×(−7)+4×(−11)écarts à x=8 et y=25
=5−52−10+0−14−44=5−120=−24
V(x)=516+4+0+4+16=540=8
a=8−24=−3
b=25−(−3)×8=25+24=49
La droite de régression est y=−3x+49 : le coefficient directeur est négatif, comme le coefficient de corrélation r≈−0,994 (calcul analogue à celui de la section 2). Le signe de a est toujours celui de r — et celui de Sxy, puisque V(x)>0.
4.3 Comparer Mayer et moindres carrés
Reprenons le nuage pluie/rendement et superposons ses deux ajustements : la droite de Mayer y≈0,00422x+0,0556 et la droite des moindres carrés y≈0,00417x+0,089 (Figure 5).
Figure 5 — Les deux ajustements sont très proches, mais seule la droite des moindres carrés (verte) est optimale au sens de la minimisation des carrés des écarts.
Les deux méthodes donnent des droites presque confondues : c'est le signe d'un nuage bien aligné (r≈0,991). Sur un nuage plus dispersé, l'écart entre les deux ajustements serait plus visible — et seule la méthode des moindres carrés garantirait la meilleure droite possible.
Attention — quelle variable explique quelle variable ?
La droite de régression de y en x (celle du programme, avec a=Sxy/V(x)) n'est pas la même droite que la droite de régression de x en y (qui utiliserait a′=Sxy/V(y)). Elles ne coïncident que si les points sont parfaitement alignés (∣r∣=1). Avant de calculer, identifie clairement quelle variable tu veux prévoir (y) à partir de quelle variable tu connais (x) — c'est toujours y que l'on exprime en fonction de x.
5Interpolation et extrapolation
Une droite de régression n'est pas un simple exercice de calcul : son intérêt est de prévoir une valeur de y pour une valeur de x qui n'a pas été observée. Encore faut-il savoir jusqu'où une telle prévision reste raisonnable.
5.1 Interpolation
Définition
Estimer y pour une valeur de xcomprise entre la plus petite et la plus grande des valeurs xi observées est une interpolation.
Exemple — prévoir un rendement par interpolation
Pour une pluviométrie de 750 mm — comprise entre 400 et 900, les bornes observées — la droite de régression y≈0,00417x+0,089 donne :
y≈0,00417×750+0,089
≈3,13+0,089
≈3,22t/ha
Cette prévision est fiable : 750 mm est une pluviométrie du même ordre que celles déjà observées, et rien n'indique que la tendance linéaire cesse de s'appliquer entre 400 et 900 mm.
5.2 Extrapolation et limites de validité
Définition
Estimer y pour une valeur de xen dehors de l'intervalle des xi observés est une extrapolation.
Attention — l'extrapolation est risquée
Rien ne garantit qu'une tendance linéaire, valable sur l'intervalle observé, se poursuive au-delà. En pratique, de nombreux phénomènes changent de comportement loin des valeurs mesurées : saturation, seuil, retournement de tendance. Plus on s'éloigne de l'intervalle [minxi;maxxi], moins la prévision est fiable — et à un moment, elle devient absurde.
Exemple — une extrapolation qui devient absurde
Extrapolons, bien au-delà des 900 mm observés, pour une pluviométrie hypothétique de 2000 mm :
y≈0,00417×2000+0,089
≈8,34+0,089
≈8,43t/ha
Un rendement de 8,43 t/ha — plus du double du meilleur rendement observé (3,9 t/ha) — est agronomiquement invraisemblable : au-delà d'un certain seuil, un excès de pluie noie les cultures au lieu de les faire progresser. La relation cesse clairement d'être linéaire. Ce calcul, arithmétiquement correct, est donc scientifiquement absurde : c'est tout le danger de l'extrapolation.
Le même principe s'applique à une seconde série : à Abéché, un test agronomique relie la quantité d'engrais épandue xi (kg/ha, de 50 à 250) au rendement de sorgho yi (t/ha). Le calcul (mêmes méthodes qu'en section 4) donne x=150, y=1,64, Sxy=32, V(x)=5000, d'où la droite de régression :
a=500032=0,0064
b=1,64−0,0064×150=0,68
soit y=0,0064x+0,68. La Figure 6 compare une interpolation raisonnable (x=175 kg/ha, à l'intérieur du domaine observé) à une extrapolation risquée (x=320 kg/ha, bien au-delà du maximum testé, 250 kg/ha) : au-delà d'un certain apport, l'engrais brûle les racines et le rendement chute au lieu de continuer à croître, contrairement à ce que prédit — à tort — le prolongement de la droite.
Figure 6 — La prévision à 175 kg/ha (à l'intérieur du domaine observé, en vert) est fiable ; celle à 320 kg/ha (extrapolation, en rouge) ne l'est pas.
Retiens la règle : une droite de régression se lit avec confiance à l'intérieur du nuage qui l'a produite, et avec une prudence croissante à mesure qu'on s'en éloigne. Au bac, une question du type « peut-on faire confiance à cette prévision ? » attend précisément cette distinction entre interpolation et extrapolation, justifiée par l'intervalle des valeurs observées.
Fiche mémo
Point moyen : G(x;y), avec x=n1∑xi et y=n1∑yi — le centre du nuage.
Coefficient de corrélation : r=V(x)V(y)Sxy∈[−1;1] ; ∣r∣ proche de 1 = corrélation linéaire forte, proche de 0 = aucune tendance linéaire. Corrélation = causalité.
Droite de Mayer : on partage le nuage en deux groupes (ordre des xi), on relie leurs points moyens G1 et G2 ; cette droite passe toujours par G (barycentre de G1 et G2).
Droite des moindres carrés (droite de régression de y en x) : y=ax+b avec a=V(x)Sxy et b=y−ax ; elle minimise ∑(yi−(axi+b))2 et passe par G.
Le signe de a est toujours celui de Sxy et de r.
Régression de y en x= régression de x en y : toujours exprimer la grandeur à prévoir en fonction de celle qu'on connaît.
Interpolation : prévision pour x entre minxi et maxxi — fiable. Extrapolation : prévision pour x hors de cet intervalle — à manier avec prudence, voire à rejeter si le résultat est physiquement absurde.
6Exercices corrigés
Niveau 1 — Application directe
1
Un club sportif relève, pour six athlètes, le nombre xi de séances d'entraînement hebdomadaires et le temps yi (en secondes) réalisé sur 1000 m : (10;4), (20;7), (30;9), (40;11), (50;12), (60;17) — les yi représentent ici un score de progression. Calcule le point moyen G de ce nuage.
Voir le corrigé détaillé
x=610+20+30+40+50+60
=6210=35
y=64+7+9+11+12+17
=660=10
Le point moyen est G(35;10).
2
Soit la série double xi : 0;2;4;6 et yi : 1;3;4;8. Calcule Sxy et V(x) à l'aide d'un tableau d'écarts.
Voir le corrigé détaillé
x=40+2+4+6=3
y=41+3+4+8=4
xi
0
2
4
6
Somme
xi−x
−3
−1
1
3
0
yi−y
−3
−1
0
4
0
produit
9
1
0
12
22
(xi−x)2
9
1
1
9
20
Sxy=422
=5,5
V(x)=420
=5
3
Pour une série double, on donne Sxy=18, V(x)=9 et V(y)=64. Calcule le coefficient de corrélation r et interprète-le.
Voir le corrigé détaillé
σx=9=3 et σy=64=8
r=3×818
=2418
=0,75
r=0,75 est positif et assez proche de 1 : la corrélation linéaire entre x et y est positive et assez forte, sans être parfaite.
4
Une série double, observée pour x entre 10 et 30, a pour caractéristiques x=20, y=50, Sxy=30, V(x)=15. Détermine l'équation de la droite de régression de y en x, puis calcule la valeur prévue pour x=25.
Voir le corrigé détaillé
a=1530=2
b=50−2×20=10
⇒y=2x+10
pour x=25 : y=2×25+10
=60
x=25 est compris entre 10 et 30 : il s'agit d'une interpolation, la prévision y=60 est fiable.
5
Pour chacune des affirmations suivantes, indique si elle est vraie ou fausse et justifie.
Le point moyen G appartient toujours au nuage de points.
La droite de Mayer passe toujours par le point moyen G.
Le coefficient de corrélation r peut valoir 1,5.
Si r est négatif, alors le coefficient directeur a de la droite de régression est aussi négatif.
Une extrapolation est en général moins fiable qu'une interpolation.
Voir le corrigé détaillé
1. Faux.G est le centre du nuage ; rien n'impose qu'un point observé coïncide exactement avec lui (c'est même rarement le cas).
2. Vrai. C'est le théorème démontré en section 3 : G est le barycentre de G1 (coefficient n1) et G2 (coefficient n2), donc appartient à (G1G2).
3. Faux. On a toujours −1⩽r⩽1 (propriété admise) : r=1,5 est impossible.
4. Vrai.a=Sxy/V(x) avec V(x)>0, donc a a toujours le même signe que Sxy — qui est aussi celui de r.
5. Vrai. Une extrapolation prévoit y hors du domaine des xi observés : rien ne garantit que la tendance linéaire constatée s'y prolonge, alors qu'une interpolation reste dans la zone où elle a été vérifiée.
Niveau 2 — Approfondissement
6
Un glacier note, sur six journées, la température xi (°C) et le nombre de glaces vendues yi : (24;20), (26;25), (28;29), (30;35), (32;38), (34;45). Calcule x, y, Sxy, V(x), V(y), puis r, et interprète.
Voir le corrigé détaillé
x=624+26+28+30+32+34=6174=29
y=620+25+29+35+38+45=6192=32
xi
24
26
28
30
32
34
Somme
xi−x
−5
−3
−1
1
3
5
0
yi−y
−12
−7
−3
3
6
13
0
produit
60
21
3
3
18
65
170
(xi−x)2
25
9
1
1
9
25
70
(yi−y)2
144
49
9
9
36
169
416
Sxy=6170≈28,33
V(x)=670≈11,67 ; V(y)=6416≈69,33
σx≈3,42 ; σy≈8,33
r≈3,42×8,3328,33
≈0,996
r≈0,996 est très proche de 1 : la corrélation entre température et ventes de glaces est quasi parfaite et positive. (Ces valeurs seront réutilisées dans les exercices 7 et 8.)
7
Avec les données de l'exercice 6, détermine l'équation de la droite de Mayer.
Voir le corrigé détaillé
Groupe 1 (3 premières journées) : G1(324+26+28;320+25+29)=G1(26;24,67)
Groupe 2 (3 dernières journées) : G2(330+32+34;335+38+45)=G2(32;39,33)
aM=32−2639,33−24,67
=614,67≈2,44
bM=24,67−2,44×26
≈−38,89
Droite de Mayer : y≈2,44x−38,89.
8
Toujours avec les données de l'exercice 6, détermine l'équation de la droite des moindres carrés, puis compare les prévisions de vente données par les deux méthodes (exercices 7 et 8) pour une température de 31°C.
Voir le corrigé détaillé
a=V(x)Sxy=11,6728,33
≈2,43
b=32−2,43×29
≈−38,43
Droite des moindres carrés : y≈2,43x−38,43.
Mayer, pour x=31 : y≈2,44×31−38,89≈36,9
Moindres carrés, pour x=31 : y≈2,43×31−38,43≈36,9
Les deux méthodes donnent une prévision quasiment identique (≈37 glaces) — cohérent avec le r≈0,996 très proche de 1 : plus le nuage est aligné, plus les deux ajustements se rapprochent.
9
Une droite de régression y=2,5x+3 a été établie à partir d'observations pour x compris entre 5 et 20. Calcule la valeur prévue pour x=12, puis pour x=50, et discute la fiabilité de chacune de ces deux prévisions.
Voir le corrigé détaillé
pour x=12 : y=2,5×12+3=33
pour x=50 : y=2,5×50+3=128
x=12 appartient à [5;20] : c'est une interpolation, la valeur y=33 est fiable. En revanche, x=50 est très largement au-delà de 20 : c'est une extrapolation lointaine, et rien ne garantit que la tendance linéaire observée entre 5 et 20 reste valable si loin — la valeur y=128 doit être considérée avec la plus grande prudence, voire rejetée sans confirmation par de nouvelles données.
Niveau 3 — Défi
10
Sur n=8 mois, une entreprise a relevé sa production xi (en milliers d'unités) et son coût de production yi (en milliers de F CFA), avec∑xi=80, ∑yi=400, ∑xiyi=4120, ∑xi2=848.
Calcule x et y.
À l'aide de la formule de König, calcule Sxy et V(x), puis détermine l'équation de la droite de régression.
Les observations couvrent des productions comprises entre 6 et 14 milliers d'unités. Prévois le coût pour une production de 14000 unités, et précise s'il s'agit d'une interpolation ou d'une extrapolation.
Voir le corrigé détaillé
1.
x=880=10
y=8400=50
2.
Sxy=84120−10×50
=515−500=15
V(x)=8848−102
=106−100=6
a=615=2,5
b=50−2,5×10=25
Droite de régression : y=2,5x+25.
3.
y=2,5×14+25
=35+25=60
Le coût prévu pour 14000 unités est de 60000 F CFA. Comme x=14 est la borne supérieure de l'intervalle observé [6;14], il s'agit d'une interpolation (limite), donc d'une prévision raisonnablement fiable.
11
Un taxi a mesuré, pour six courses, la distance xi (km) et la durée yi (min) : (5;12), (10;18), (15;24), (20;29), (25;36), (30;43).
Calcule le point moyen G.
Détermine l'équation de la droite de Mayer (deux groupes de trois).
Détermine l'équation de la droite des moindres carrés (on donne Sxy≈89,17 et V(x)≈72,92), puis compare, pour une distance de 22 km, la prévision de durée obtenue par chacune des deux méthodes.
Voir le corrigé détaillé
1.
x=65+10+15+20+25+30=6105=17,5
y=612+18+24+29+36+43=6162=27
G(17,5;27).
2.
G1(35+10+15;312+18+24)=G1(10;18)
G2(320+25+30;329+36+43)=G2(25;36)
aM=25−1036−18=1518=1,2
bM=18−1,2×10=6
Droite de Mayer : y=1,2x+6.
3.
a=72,9289,17≈1,22
b=27−1,22×17,5≈5,6
Droite des moindres carrés : y≈1,22x+5,6.
Mayer, pour x=22 : y=1,2×22+6=32,4
Moindres carrés, pour x=22 : y≈1,22×22+5,6≈32,5
Les deux méthodes prévoient une durée quasi identique, environ 32 à 33 minutes — la corrélation est en effet très forte ici (r≈0,998).
12
L'autonomie yi (en % de charge) d'une batterie de smartphone a été relevée en fonction de la durée d'utilisation xi (en minutes) : (10;82), (20;68), (30;55), (40;41), (50;29).
Calcule x, y, Sxy et V(x).
En déduire l'équation de la droite de régression de y en x.
Détermine, en résolvant une équation, la durée théorique t0 au bout de laquelle le modèle prévoit une batterie à 0%. Cette valeur constitue-t-elle une extrapolation ? Discute de sa fiabilité.
Voir le corrigé détaillé
1.
x=510+20+30+40+50=30
y=582+68+55+41+29=5275=55
xi
10
20
30
40
50
Somme
xi−x
−20
−10
0
10
20
0
yi−y
27
13
0
−14
−26
0
produit
−540
−130
0
−140
−520
−1330
(xi−x)2
400
100
0
100
400
1000
Sxy=5−1330=−266
V(x)=51000=200
2.
a=200−266=−1,33
b=55−(−1,33)×30
=55+39,9=94,9
Droite de régression : y=−1,33x+94,9.
3. On cherche t0 tel que −1,33t0+94,9=0.
−1,33t0=−94,9
⇒t0=1,3394,9
≈71,4min, soit environ 1 h 11 min
Les observations couvrent x∈[10;50] : t0≈71 min est hors de cet intervalle, donc une extrapolation. Elle est de plus physiquement fragile : la décharge d'une batterie n'est pas rigoureusement linéaire jusqu'à 0% (le système ralentit souvent la consommation en fin de charge pour la préserver) ; t0 donne un ordre de grandeur, pas une prévision garantie.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13
Boutique de tissus, Dakar. Fatou tient une boutique de tissus à Dakar. Sur six jours, elle a relevé le nombre de clients xi reçus et son chiffre d'affaires yi (en milliers de F CFA) : (15;45), (20;58), (25;66), (30;80), (35;90), (40;101).
Calcule le point moyen G.
Détermine l'équation de la droite de régression de y en x (on pourra utiliser Sxy=162,5 et V(x)≈72,92).
Prévois le chiffre d'affaires pour 32 clients, puis discute la prévision pour 55 clients — nombre jamais observé, mais que Fatou espère atteindre pour les fêtes.
Voir le corrigé détaillé
1.
x=615+20+25+30+35+40=6165=27,5
y=645+58+66+80+90+101=6440≈73,33
G(27,5;73,33).
2.
a=72,92162,5≈2,23
b=73,33−2,23×27,5
≈12,05
Droite de régression : y≈2,23x+12,05.
3.
pour x=32 : y≈2,23×32+12,05≈83,4
pour x=55 : y≈2,23×55+12,05≈134,7
Pour 32 clients (compris entre 15 et 40), 83400 F CFA est une interpolation fiable. Pour 55 clients — jamais observé, très au-delà du maximum de 40 — les 134700 F CFA annoncés par le modèle relèvent de l'extrapolation : la boutique de Fatou pourrait tout simplement ne pas avoir la place ou le stock pour servir autant de clients à la même vitesse, et le lien pourrait cesser d'être linéaire.
14
Vente de bougies, Ndjamena. Dans une boutique de Ndjamena, on a relevé sur cinq semaines la durée d'ensoleillement quotidien moyen xi (h/jour) et le nombre de bougies vendues yi par semaine : (4;38), (6;30), (8;25), (10;18), (12;14).
Représente le nuage de points et le point moyen G.
Détermine l'équation de la droite de régression de y en x.
Prévois les ventes pour un ensoleillement de 5 h/jour, puis pour 20 h/jour, et commente ce second résultat.
Voir le corrigé détaillé
1. Voir la Figure 7 ci-dessous.
2.
x=54+6+8+10+12=8 ; y=538+30+25+18+14=25
Sxy=5(−4)(13)+(−2)(5)+0+2(−7)+4(−11)=5−120=−24
V(x)=516+4+0+4+16=8
a=8−24=−3
b=25−(−3)×8=49
Droite de régression : y=−3x+49.
3.
pour x=5 : y=−3×5+49=34interpolation, dans [4;12]
pour x=20 : y=−3×20+49=−11extrapolation, hors [4;12]
Pour 5 h d'ensoleillement, on prévoit raisonnablement 34 bougies vendues. Mais pour 20 h — bien au-delà du maximum observé (12 h) — le modèle prédit −11 bougies, ce qui est impossible : un nombre de ventes ne peut pas être négatif. Cette absurdité confirme que la droite ne doit jamais être utilisée hors de son domaine de validité (voir Figure 7, où le prolongement en pointillés franchit l'axe des abscisses).
Figure 7 — Le prolongement en pointillés de la droite de régression franchit y=0 : au-delà de 16,3 h d'ensoleillement, le modèle devient absurde.
15
Vente de jus de bissap, Bamako. Une vendeuse ambulante de jus de bissap à Bamako a noté, sur cinq journées, la température xi (°C) et sa recette yi (en milliers de F CFA) : (28;15), (30;18), (32;22), (34;25), (36;29).
Calcule le point moyen G.
Détermine l'équation de la droite de régression de y en x.
Prévois la recette pour une température de 33°C, puis discute la prévision pour 45°C, température exceptionnelle jamais observée.
Voir le corrigé détaillé
1.
x=528+30+32+34+36=32
y=515+18+22+25+29=5109=21,8
G(32;21,8).
2.
xi−x
−4
−2
0
2
4
Somme
yi−y
−6,8
−3,8
0,2
3,2
7,2
0
produit
27,2
7,6
0
6,4
28,8
70,0
Sxy=570=14
V(x)=516+4+0+4+16=8
a=814=1,75
b=21,8−1,75×32
=−34,2
Droite de régression : y=1,75x−34,2.
3.
pour x=33 : y=1,75×33−34,2=23,55
pour x=45 : y=1,75×45−34,2=44,55
À 33°C (interpolation, dans [28;36]), on prévoit une recette d'environ 23550 F CFA, ce qui est cohérent. À 45°C, en revanche — température jamais observée, largement extrapolée — le modèle annonce 44550 F CFA : séduisant, mais peu fiable. À une chaleur aussi extrême, d'autres facteurs entrent en jeu (moins de clients dans la rue aux heures les plus chaudes, rupture de stock de glaçons…) qui pourraient tout aussi bien faire chuter la recette. La prudence s'impose.
16
Transport en taxi-brousse, Douala–Abidjan. Une compagnie de taxi-brousse a relevé, pour six trajets, la distance xi (km) et le prix yi (F CFA) : (50;2000), (100;3500), (150;5000), (200;6800), (250;8200), (300;9800).
Calcule le point moyen G.
Détermine l'équation de la droite de régression de y en x (on donne Sxy=228750 et V(x)≈7291,67), et interprète b comme un tarif fixe.
Prévois le prix pour un trajet de 220 km, puis discute la prévision pour un trajet de 800 km.
Voir le corrigé détaillé
1.
x=650+100+150+200+250+300=61050=175
y=62000+3500+5000+6800+8200+9800=635300≈5883,3
G(175;5883,3).
2.
a=7291,67228750
≈31,37
b=5883,3−31,37×175
≈393,3
Droite de régression : y≈31,37x+393,3. Le terme b≈393 F CFA s'interprète comme un tarif fixe (frais de gare routière, par exemple), auquel s'ajoutent environ 31,4 F CFA par kilomètre parcouru.
3.
pour x=220 : y≈31,37×220+393,3≈7295
pour x=800 : y≈31,37×800+393,3≈25490
Pour 220 km — dans l'intervalle observé [50;300] —, un prix voisin de 7300 F CFA est une interpolation fiable. Pour 800 km, en revanche, on sort très largement du domaine étudié : sur une distance aussi longue, la structure tarifaire change souvent (autre transporteur, avion, tarifs dégressifs pour longue distance) et rien ne garantit que le modèle linéaire, construit sur des trajets régionaux de 50 à 300 km, reste pertinent.
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Second degré : discriminant et signe du trinôme
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Le point moyen G d'un nuage de points (xi;yi) est le point de coordonnées :
Explication : Par définition, G(x;y) où x=n1∑xi et y=n1∑yi : c'est le centre du nuage, aussi appelé barycentre des points Mi.
La covariance Sxy de deux séries x et y est définie par :
Explication : La covariance est la moyenne des produits des écarts à la moyenne de chaque série : Sxy=n1∑(xi−x)(yi−y).
Un agronome de Bamako relève, sur six campagnes, les pluviométries 400;500;600;700;800;900 (en mm). Quelle est la moyenne x ?
Explication :x=6400+500+600+700+800+900=63900=650 mm. La réponse d oublie de diviser par l'effectif n=6.
Le coefficient de corrélation linéaire r vérifie toujours :
Explication : C'est une propriété admise du programme : le coefficient de corrélation linéaire est toujours compris entre −1 et 1, bornes incluses.
Si le coefficient de corrélation r est proche de 0, on peut en conclure que :
Explication : Un r proche de 0 signifie que le nuage est dispersé sans direction privilégiée : aucun ajustement affine ne serait pertinent.
Un coefficient de corrélation r proche de 1 prouve :
Explication : Corrélation n'est pas causalité : un r élevé peut provenir d'une troisième variable qui influence les deux grandeurs, ou d'un pur hasard sur un petit échantillon.
Pour cinq élèves (heures de travail / note), la somme des produits des écarts ∑(xi−x)(yi−y) vaut 44,0. Quelle est la covariance Sxy ?
Explication :Sxy=n44,0=544,0=8,8, n=5 étant l'effectif de la série.
La formule pratique de König-Huygens pour la variance de x s'écrit :
Explication : C'est la formule pratique, équivalente à V(x)=n1∑(xi−x)2 mais souvent plus rapide à calculer avec les sommes brutes.
Comment construit-on la droite de Mayer d'un nuage de points ?
Explication : On partage le nuage, dans l'ordre des xi croissants, en deux groupes de tailles aussi égales que possible ; la droite de Mayer est la droite (G1G2) reliant leurs points moyens.
D'après le théorème vu en cours, la droite de Mayer (G1G2) :
Explication :G est le barycentre de G1 affecté du coefficient n1 et de G2 affecté du coefficient n2 : il appartient donc au segment [G1G2], donc à la droite (G1G2).
La droite des moindres carrés y=ax+b a pour coefficients :
Explication : Ce sont les formules admises de la droite de régression de y en x : a=V(x)Sxy, puis b se déduit du fait que la droite passe par G(x;y).
Pour le nuage pluie/rendement, Sxy=121,67 et V(x)=29166,67. Quel est le coefficient directeur a de la droite de régression, arrondi ?
Explication :a=V(x)Sxy=29166,67121,67≈0,00417.
Dans une boutique de Ndjamena, la série ensoleillement/bougies vendues donne Sxy=−24 et V(x)=8. Quel est le coefficient directeur a de la droite de régression ?
Explication :a=V(x)Sxy=8−24=−3 : moins il y a de soleil, plus on vend de bougies, d'où un coefficient négatif.
Le signe du coefficient directeur a de la droite de régression est toujours celui de :
Explication : Comme a=V(x)Sxy et que V(x)>0 toujours (sauf cas dégénéré), le signe de a est celui de Sxy — et le coefficient de corrélation r a aussi ce même signe.
Estimer y pour une valeur de xcomprise entre le minimum et le maximum des xi observés s'appelle :
Explication : C'est la définition de l'interpolation, une prévision généralement fiable car elle reste à l'intérieur du domaine observé.
Avec la droite y≈0,00417x+0,089, quelle prévision de rendement (t/ha) donne-t-elle pour une pluviométrie de 750 mm (comprise entre 400 et 900 mm observés) ?
Explication :y≈0,00417×750+0,089≈3,13+0,089≈3,22 t/ha. C'est une interpolation fiable, 750 mm étant dans l'intervalle observé.
Pour la même droite, une pluviométrie hypothétique de 2000 mm (bien au-delà du maximum observé de 900 mm) donne un rendement calculé d'environ 8,43 t/ha. Que peut-on en conclure ?
Explication :2000 mm est très en dehors du domaine observé [400;900] : c'est une extrapolation. Un rendement double du maximum observé est agronomiquement absurde — au-delà d'un seuil, l'excès de pluie noie les cultures.
À Abéché, le domaine observé pour l'apport d'engrais est [50;250] kg/ha. Une prévision de rendement à x=320 kg/ha est :
Explication :320 kg/ha dépasse le maximum observé de 250 kg/ha : c'est une extrapolation. Or au-delà d'un certain apport, l'engrais brûle les racines et le rendement chute, contrairement à ce que prédirait le prolongement de la droite.
La droite de régression de y en x (celle du programme, a=Sxy/V(x)) coïncide avec la droite de régression de x en y :
Explication : La droite de régression de y en x utilise a=Sxy/V(x), celle de x en y utilise a′=Sxy/V(y) : ce sont deux droites différentes en général, qui ne coïncident que dans le cas extrême d'un alignement parfait.
Un ingénieur de Kigali étudie x= durée d'ensoleillement (en heures) et y= production d'un panneau solaire (en kWh). La droite de régression obtenue est y=0,45x+0,2, et la série a pour moyenne x=6. Quelle est alors la moyenne y de la production ?
Explication : La droite de régression passe toujours par le point moyen G(x;y) : y=0,45×6+0,2=2,7+0,2=2,9 kWh.