Compter efficacement et calculer des probabilités conditionnelles simples.
MathématiquesPremièreChapitre 13 / 13⏱ 9 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Choisir le bon outil de dénombrement
Calculer une probabilité d'événements composés
Construire et exploiter un arbre pondéré
Combien de codes à quatre chiffres existe-t-il ? Combien de comités différents peut-on former avec dix candidats ? Quelle est la probabilité de gagner à une grille de loto ? Toutes ces questions ont un point commun : il faut compter, mais un comptage à la main devient vite impossible dès que les nombres grandissent. C'est tout l'objet de ce chapitre.
En Seconde, tu savais déjà calculer une probabilité en dénombrant « à la main » les issues d'une expérience, et tu avais rencontré les arbres pondérés. En Première, tu vas disposer d'outils généraux de dénombrement — arrangements, permutations, combinaisons, formule du binôme — qui permettent de compter des ensembles gigantesques sans en dresser la liste complète. Tu vas aussi enrichir ta boîte à outils probabiliste avec les variables aléatoires, la probabilité conditionnelle et le schéma de Bernoulli, qui modélise la répétition d'une même épreuve.
Ces notions sont partout : jeux de hasard, codes bancaires, tirages au sort, plans d'expérience, génétique, sondages, contrôle qualité en usine. Elles sont aussi au cœur des exercices de bac, où l'on te demandera souvent de choisir le bon outil de dénombrement avant même de calculer une probabilité — c'est souvent là que se joue la réussite de l'exercice.
1Rappels de probabilités
1.1 Vocabulaire probabiliste
Définition
On appelle univers d'une expérience aléatoire, noté Ω, l'ensemble de toutes ses issues possibles. Un événement est une partie de Ω. Lorsque Ω est fini et que toutes les issues ont la même probabilité (situation d'équiprobabilité), la probabilité d'un événement A vaut :
L'événement contraire de A, noté A, est réalisé exactement quand A ne l'est pas ; on a p(A)=1−p(A). Deux événements A et B sont incompatibles lorsque A∩B=∅ : ils ne peuvent pas se produire en même temps.
Propriété — probabilité d'une réunion
Pour deux événements A et B quelconques d'un même univers :
p(A∪B)=p(A)+p(B)−p(A∩B)
En particulier, si A et B sont incompatibles, p(A∩B)=0 donc p(A∪B)=p(A)+p(B).
Exemple — une carte tirée dans un jeu de 32 cartes
On tire une carte au hasard dans un jeu de 32 cartes. Soit A : « la carte est rouge » et B : « la carte est une figure » (valet, dame, roi). On compte 16 cartes rouges, 12 figures, et 6 figures rouges.
p(A)=3216=21
p(B)=3212=83
p(A∩B)=326=163
p(A∪B)=21+83−163
=168+166−163
=1611on retrouve bien les 11 cartes rouges ou figures
Math & Co — 1654, la naissance du calcul des probabilités
En 1654, le chevalier de Méré, joueur passionné, soumet à Blaise Pascal un problème qui le tracasse : comment répartir équitablement les mises d'une partie de dés interrompue avant son terme (le « problème des partis ») ? Pascal en discute par lettres avec Pierre de Fermat, magistrat toulousain et mathématicien amateur de génie.
Leur correspondance, échelonnée entre juillet et octobre 1654, pose pour la première fois les bases rigoureuses du calcul des probabilités : espérance de gain, dénombrement des cas possibles, raisonnement par symétrie. Cette correspondance est aujourd'hui considérée comme l'acte de naissance de la théorie des probabilités.
Une variable aléatoireX est une fonction qui, à chaque issue de l'univers Ω, associe un nombre réel. On note {X=xi} l'événement « X prend la valeur xi ». La loi de probabilité de X est le tableau qui donne, pour chaque valeur xi prise par X, la probabilité pi=p(X=xi). On a toujours i∑pi=1.
Définition — espérance, variance, écart-type
Soit X une variable aléatoire prenant les valeurs x1,x2,…,xn avec les probabilités p1,p2,…,pn.
E(X) est la valeur « moyenne » attendue de X si l'on répète l'expérience un grand nombre de fois. V(X) et σ(X) mesurent la dispersion des valeurs de X autour de E(X).
Propriété — formule de König-Huygens
V(X)=E(X2)−(E(X))2
où E(X2)=i∑pixi2. Cette formule est presque toujours plus rapide que la définition pour calculer une variance.
Démonstration
On développe le carré dans la définition de V(X), en utilisant que E(X) est une constante :
V(X)=i∑pi(xi2−2xiE(X)+(E(X))2)
=i∑pixi2−2E(X)i∑pixi+(E(X))2i∑pi
=E(X2)−2E(X)×E(X)+(E(X))2×1∑pixi=E(X) et ∑pi=1
=E(X2)−(E(X))2
Exemple — un jeu de dé
On lance un dé équilibré et l'on note X le gain algébrique en points : +10 si l'on obtient 6 ; +2 si l'on obtient 4 ou 5 ; −3 si l'on obtient 1, 2 ou 3.
xi
−3
2
10
p(X=xi)
21
31
61
On vérifie d'abord que c'est bien une loi de probabilité : 21+31+61=63+62+61=1. On calcule ensuite E(X) et V(X).
E(X)=(−3)×21+2×31+10×61
=6−9+4+10=65≈0,83
E(X2)=9×21+4×31+100×61=627+8+100=6135=22,5
V(X)=22,5−(65)2=22,5−3625≈21,81
⇒σ(X)≈4,67écart-type en points
En moyenne, le joueur gagne environ 0,83 point par partie, avec une forte dispersion (σ≈4,67) : le jeu est risqué.
Figure 1 — Diagramme en bâtons de la loi de X : à chaque valeur xi correspond un bâton de hauteur p(X=xi).
Propriété — linéarité de l'espérance
Pour tous réels a et b : E(aX+b)=aE(X)+b. En effet, aX+b prend la valeur axi+b avec la probabilité pi, donc E(aX+b)=∑pi(axi+b)=a∑pixi+b∑pi=aE(X)+b.
Attention
E(X) n'est pas forcément une valeur que X peut prendre : dans l'exemple ci-dessus, X ne vaut jamais 65 ! L'espérance est une moyenne théorique, pas une issue possible.
2Arrangements, permutations, combinaisons
2.1 Le principe multiplicatif
Propriété — principe multiplicatif
Si une situation se décompose en k étapes successives, la première offrant n1 possibilités, la deuxième n2 possibilités (quel que soit le choix fait à la première étape), …, la k-ième nk possibilités, alors le nombre total de situations possibles est :
n1×n2×⋯×nk
C'est l'outil de base de tout le chapitre : chaque fois qu'une situation se construit par une suite de choix indépendants les uns des autres, on multiplie les nombres de possibilités. Un arbre de dénombrement permet de visualiser ce principe : chaque niveau de l'arbre correspond à une étape, et le nombre de feuilles de l'arbre est exactement le produit cherché.
Figure 2 — Arbre de dénombrement : 3 couleurs puis 2 tailles donnent 3×2=6 tee-shirts possibles, un par feuille de l'arbre.
Exemple — un code à 4 chiffres
Un cadenas à code comporte 4 roues, chacune graduée de 0 à 9. Combien de codes différents peut-on former ?
chaque roue offre 10 choix, indépendamment des autres
⇒10×10×10×10=104=10000 codes
Exemple — un menu de restaurant
Un menu propose 5 entrées, 4 plats et 3 desserts. Combien de menus complets (une entrée, un plat, un dessert) peut-on composer ?
5×4×3=60 menus différents
2.2 Permutations
Définition — factorielle et permutation
Pour un entier n⩾1, on note n! (lire « factorielle n ») le produit des entiers de 1 à n :
n!=n×(n−1)×(n−2)×⋯×2×1
Par convention, 0!=1. Une permutation de n objets distincts est un rangement ordonné de ces n objets. Le nombre de permutations de n objets distincts est n!.
Démonstration
Ranger n objets en ligne, c'est choisir successivement l'objet qui occupe la 1ère place, puis celui qui occupe la 2ème, etc. Pour la 1ère place, n objets sont disponibles ; une fois ce choix fait, il en reste n−1 pour la 2ème place ; puis n−2 pour la 3ème ; …; il n'en reste qu'1 pour la dernière. D'après le principe multiplicatif, le nombre de rangements est n×(n−1)×⋯×1=n!.
n
1
2
3
4
5
6
7
n!
1
2
6
24
120
720
5040
Exemple — anagrammes du mot PARIS
Le mot PARIS comporte 5 lettres toutes distinctes. Chaque anagramme (avec ou sans sens) correspond à un rangement ordonné de ces 5 lettres.
nombre d'anagrammes =5!
=5×4×3×2×1=120
Attention
Si des lettres se répètent (comme dans « MATH » non, mais dans « ANANAS »), il faut divisern! par les factorielles des effectifs de chaque lettre répétée, sinon on compte plusieurs fois le même mot. Ce raffinement, hors programme strict, est traité en exercice.
2.3 Arrangements
Définition — arrangement
Soit E un ensemble de n objets distincts et p un entier tel que 1⩽p⩽n. Un arrangement de p éléments de E est un choix ordonné de p objets distincts pris parmi les n. On note Anp leur nombre :
Anp=n×(n−1)×⋯×(n−p+1)=(n−p)!n!
Démonstration
On choisit successivement les p objets, dans l'ordre où ils sont placés. Pour le 1er objet, n choix ; pour le 2ème, n−1 choix (un objet déjà pris) ; … ; pour le p-ième, n−p+1 choix. Le principe multiplicatif donne Anp=n(n−1)⋯(n−p+1), produit de p facteurs. En multipliant et divisant par (n−p)!, ce produit s'écrit aussi (n−p)!n!, car les facteurs de (n−p)! « complètent » n(n−1)⋯(n−p+1) pour reconstituer n!.
On remarque que Ann=n! : un arrangement de tous les objets de E est exactement une permutation.
Méthode — reconnaître un arrangement
On utilise un arrangement dès que l'énoncé demande un choix de p objets distincts parmi n, dans lequel l'ordre compte (podium, tiercé, code sans répétition de chiffres, mot de passe sans lettre répétée…).
Exemple — un podium
Une course rassemble 8 athlètes. De combien de podiums (1er, 2ème, 3ème) différents dispose-t-on ?
on choisit 3 athlètes parmi 8, dans un ordre précis
⇒A83=8×7×6
=336 podiums possibles
Exemple — un code sans répétition
Combien de codes de 4 chiffres tous différents peut-on former avec les chiffres 0 à 9 ?
A104=10×9×8×7
=5040 codes
2.4 Combinaisons
Définition — combinaison
Soit E un ensemble de n objets distincts et p un entier tel que 0⩽p⩽n. Une combinaison de p éléments de E est un choix de p objets pris parmi les n, sans tenir compte de l'ordre. On note (pn) leur nombre (on lit « p parmi n »).
La différence avec un arrangement est essentielle : dans une combinaison, seul l'ensemble des objets choisis compte, pas l'ordre dans lequel on les a pris. {Awa, Boubacar} et {Boubacar, Awa} forment la même combinaison, mais deux arrangements différents.
Théorème — formule des combinaisons
(pn)=p!Anp=p!(n−p)!n!
Démonstration
Fabriquons un arrangement de p objets en deux temps : on choisit d'abord l'ensemble des p objets (une combinaison, il y en a (pn)), puis on les ordonne (une permutation de ces p objets, il y a p! façons de le faire). Par le principe multiplicatif :
Anp=(pn)×p!
⇒(pn)=p!Anp=(n−p)!p!n!
Méthode — arrangement ou combinaison ?
Pose-toi la question : si je permute les objets choisis, ai-je une situation différente ? Si oui (podium, mot de passe) → arrangement. Si non (comité, tirage simultané, grille de loto) → combinaison.
Exemple — un comité
Une association de 10 membres doit élire un comité de 3 personnes (sans rôle distinct entre elles). Combien de comités différents sont possibles ?
l'ordre des 3 personnes ne compte pas ⇒ combinaison
(310)=3!7!10!=3×2×110×9×8
=6720=120 comités
Exemple — une grille de loto
Une grille de loto consiste à cocher 5 numéros parmi 49, sans ordre. Combien de grilles distinctes existe-t-il, et quelle est la probabilité de cocher exactement les 5 bons numéros ?
(549)=5×4×3×2×149×48×47×46×45
=2118760 grilles possibles
une seule grille est gagnante, par équiprobabilité
⇒p(gagner)=21187601≈4,7×10−7
Propriété — symétrie
Pour tout entier n et tout p tel que 0⩽p⩽n :
(pn)=(n−pn)
Démonstration
Par le calcul.(n−pn)=(n−p)!(n−(n−p))!n!=(n−p)!p!n!=(pn).
Par un argument combinatoire. Choisir p objets à garder parmi n revient exactement à choisir les n−p objets qu'on écarte : à chaque choix de p éléments correspond un unique choix des n−p éléments restants, donc les deux ensembles de choix sont en bijection et ont le même cardinal.
Théorème — relation de Pascal
Pour tous entiers n et p tels que 0⩽p⩽n−1 :
(pn)+(p+1n)=(p+1n+1)
Démonstration — argument combinatoire
On veut choisir p+1 objets parmi n+1, c'est-à-dire parmi n objets « ordinaires » plus un objet particulier X. On sépare les choix en deux catégories incompatibles :
les choix qui ne contiennent pasX : on prend alors les p+1 objets parmi les n objets ordinaires, ce qui donne (p+1n) possibilités ;
les choix qui contiennentX : il reste à choisir les p objets restants parmi les n objets ordinaires, ce qui donne (pn) possibilités.
Ces deux catégories recouvrent tous les choix possibles sans se chevaucher, donc (p+1n+1)=(pn)+(p+1n). C.Q.F.D.
Cette relation permet de construire, de proche en proche, le triangle de Pascal : chaque nombre est la somme des deux nombres situés juste au-dessus de lui.
Figure 3 — Triangle de Pascal : la ligne n contient les (pn) pour p=0,…,n. En bordures, uniquement des 1 ; à l'intérieur, chaque nombre est la somme des deux au-dessus de lui, ici (26)=(15)+(25)=5+10=15.
Math & Co — un triangle bien plus vieux que Pascal
Malgré son nom, le triangle de Pascal est connu bien avant Blaise Pascal (1623-1662). Le mathématicien chinois Yang Hui le publie dès 1261, qui le rattache lui-même à des travaux plus anciens ; le Persan Omar Khayyam l'utilise vers 1100 pour développer les puissances d'un binôme ; en Europe, l'Italien Niccolò Tartaglia le publie en 1556.
Le nom « triangle de Pascal » vient de son Traité du triangle arithmétique, rédigé en 1654 (la même année que sa correspondance avec Fermat !) : Pascal y systématise pour la première fois toutes les propriétés du triangle et leurs démonstrations rigoureuses, notamment par récurrence — c'est ce travail de synthèse qui lui vaut, en Occident, d'en garder le nom.
Les coefficients (kn) qui apparaissent sont exactement ceux de la ligne n du triangle de Pascal : c'est pourquoi on les appelle aussi coefficients binomiaux.
Démonstration — par récurrence
Initialisation. Pour n=1 : (a+b)1=a+b=(01)a+(11)b, car (01)=(11)=1. La formule est vraie.
Hérédité. Supposons la formule vraie à un rang n⩾1 : (a+b)n=k=0∑n(kn)an−kbk. Montrons qu'elle est vraie au rang n+1.
(a+b)n+1=(a+b)×(a+b)n
=(a+b)k=0∑n(kn)an−kbk
=k=0∑n(kn)an+1−kbk+k=0∑n(kn)an−kbk+1on distribue a puis b
dans la 2ème somme, on pose j=k+1 : elle devient j=1∑n+1(j−1n)an+1−jbj
=an+1+k=1∑n[(kn)+(k−1n)]an+1−kbk+bn+1on regroupe les termes de même puissance
=k=0∑n+1(kn+1)an+1−kbkrelation de Pascal : (kn)+(k−1n)=(kn+1)
La formule est donc vraie au rang n+1. Par le principe de récurrence, elle est vraie pour tout entier n⩾1. C.Q.F.D.
Exemple — développer (a+b)4
La ligne n=4 du triangle de Pascal donne les coefficients 1,4,6,4,1.
Pour x « petit », on peut approcher (1+x)n en ne gardant que les deux ou trois premiers termes du développement : les termes suivants deviennent vite négligeables.
Exemple — approcher (1,02)5
(1,02)5=(1+0,02)5
≈(05)+(15)(0,02)+(25)(0,02)2on néglige les termes en 0,023 et au-delà
=1+0,1+10×0,0004
=1,104
La valeur exacte est (1,02)5≈1,10408 : l'approximation est déjà très bonne avec seulement trois termes.
Attention
(a+b)n n'est presque jamais égal à an+bn ! C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre. Pour n=2 déjà, (a+b)2=a2+2ab+b2=a2+b2 dès que ab=0.
4Probabilité conditionnelle
Définition — probabilité conditionnelle
Soit B un événement de probabilité non nulle. Pour tout événement A, on appelle probabilité de A sachant B, notée pB(A), le nombre :
pB(A)=p(B)p(A∩B)
pB(A) mesure la probabilité que A se réalise, sachant que l'on sait déjà que B s'est réalisé : on « recentre » l'univers sur B.
Propriété — formule du produit
Si p(B)=0 : p(A∩B)=p(B)×pB(A).
Méthode — lire un arbre pondéré
Sur chaque nœud, la somme des probabilités des branches qui en partent vaut 1.
La probabilité d'un chemin (une suite de branches) s'obtient en multipliant les probabilités inscrites sur ce chemin.
La probabilité d'un événement s'obtient en additionnant les probabilités de tous les chemins qui y mènent.
Attention
pB(A) et pA(B) sont en général différents ! « La probabilité de pleuvoir sachant que le ciel est gris » n'a rien à voir avec « la probabilité que le ciel soit gris sachant qu'il pleut ». Toujours identifier précisément qui est l'événement déjà réalisé (celui qui suit « sachant que »).
Exemple — un tableau croisé
Dans un lycée de 400 élèves, 180 sont des filles. Parmi les filles, 120 étudient l'anglais renforcé ; parmi les garçons, 88 étudient l'anglais renforcé. On choisit un élève au hasard. Soit F : « c'est une fille » et E : « il étudie l'anglais renforcé ».
p(F)=400180=0,45
p(F∩E)=400120=0,30
pF(E)=p(F)p(F∩E)=0,450,30
=32≈0,667parmi les filles, environ 66,7% étudient l'anglais renforcé
Exemple — une urne sans remise
Une urne contient 4 boules rouges et 6 boules vertes. On tire une boule, on note sa couleur, on ne la remet pas, puis on tire une seconde boule. Construisons l'arbre pondéré et calculons p(R2), la probabilité que la 2ème boule soit rouge.
Figure 4 — Arbre pondéré du tirage sans remise. Les probabilités du 2ème tirage dépendent de la couleur obtenue au 1er : c'est la probabilité conditionnelle en action.
L'événement R2 est réalisé par deux chemins incompatibles : « rouge puis rouge » ou « verte puis rouge ». On additionne leurs probabilités : c'est la formule des probabilités totales, appliquée à la partition {R1,V1} de l'univers.
p(R2)=p(R1∩R2)+p(V1∩R2)
=152+154
=156=52
Propriété — formule des probabilités totales (cas d'une partition en deux)
Si B est un événement tel que 0<p(B)<1, alors pour tout événement A :
p(A)=p(B)×pB(A)+p(B)×pB(A)
car B et B forment une partition de l'univers : tout chemin menant à A passe soit par B, soit par B, jamais les deux à la fois.
Remarque frappante sur l'exemple précédent : p(R2)=52=p(R1). Malgré l'absence de remise, la probabilité de tirer rouge au 2ème tirage est identique à celle du 1er tirage — un résultat de symétrie que l'on peut démontrer en toute généralité, mais qui surprend toujours à la première rencontre.
5Indépendance
Définition — événements indépendants
Deux événements A et B (de probabilités non nulles) sont indépendants lorsque :
p(A∩B)=p(A)×p(B)
Intuitivement : savoir que B s'est réalisé ne change rien à la probabilité de A.
Propriété — caractérisation par la probabilité conditionnelle
Si p(B)=0, A et B sont indépendants si et seulement si pB(A)=p(A).
Démonstration
Si A et B sont indépendants, pB(A)=p(B)p(A∩B)=p(B)p(A)×p(B)=p(A). Réciproquement, si pB(A)=p(A), alors p(A∩B)=p(B)×pB(A)=p(B)×p(A), qui est bien la définition de l'indépendance.
Exemple — un seul dé peut suffire
On lance un dé équilibré. Soit A : « le résultat est pair » ({2,4,6}) et B : « le résultat est un multiple de 3 » ({3,6}).
p(A)=21, p(B)=31, A∩B={6} donc p(A∩B)=61
p(A)×p(B)=21×31=61
⇒p(A∩B)=p(A)×p(B) : A et B sont indépendants
L'indépendance n'exige pas deux expériences séparées : elle peut se produire au sein d'une seule expérience, par pur hasard arithmétique.
Attention — indépendant ≠ incompatible
Deux événements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants ! En effet, si A∩B=∅, alors p(A∩B)=0, alors que p(A)×p(B)>0 : l'égalité d'indépendance échoue. Ces deux notions sont même, en un sens, opposées : l'incompatibilité dit que la réalisation de BinterditA, l'indépendance dit qu'elle n'a aucune influence sur A.
Exemple — un cas de dépendance
Toujours avec un dé, soit A : « obtenir 6 » et B : « obtenir un nombre pair ». Comme 6 est pair, A∩B=A={6}.
p(A∩B)=p(A)=61
p(A)×p(B)=61×21=121
⇒61=121 : A et B sont dépendants
Ici pourtant A et B sont compatibles (A∩B=∅) : la dépendance et la compatibilité sont bien deux notions distinctes.
Propriété — indépendance et événement contraire
Si A et B sont indépendants, alors A et B le sont aussi.
Démonstration
Les événements A∩B et A∩B forment une partition de A, donc p(A)=p(A∩B)+p(A∩B).
p(A∩B)=p(A)−p(A∩B)
=p(A)−p(A)p(B)indépendance de A et B
=p(A)(1−p(B))
=p(A)×p(B)
6Épreuves répétées
Définition — épreuve et schéma de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire à deux issues : un succès, de probabilité p, et un échec, de probabilité q=1−p. Un schéma de Bernoulli de paramètres n et p consiste à répéter n fois, de façon identique et indépendante, une même épreuve de Bernoulli de paramètre p.
Définition — loi binomiale
Dans un schéma de Bernoulli de paramètres n et p, on note X le nombre de succès obtenus. X suit la loi binomiale de paramètres n et p, notée B(n,p).
Théorème — loi de X
Pour tout entier k tel que 0⩽k⩽n :
p(X=k)=(kn)pkqn−k=(kn)pk(1−p)n−k
Démonstration — approche par l'arbre
Représentons le schéma par un arbre à n niveaux, chaque niveau ayant deux branches (S succès, E échec). Un chemin de cet arbre correspond à un résultat précis des n épreuves, par exemple SSEES…
Un chemin comportant exactement k succès (et donc n−k échecs) a pour probabilité, par indépendance, p×p×⋯×q×q⋯=pkqn−k : peu importe l'ordre des succès et des échecs sur ce chemin, le produit est toujours le même.
Combien y a-t-il de tels chemins ? Autant que de façons de choisir, parmi les n épreuves, les k épreuves où l'on place un succès : c'est exactement (kn), une combinaison.
L'événement {X=k} est la réunion de ces (kn) chemins, deux à deux incompatibles (des issues différentes de l'expérience). On additionne donc leurs probabilités, toutes égales à pkqn−k :
p(X=k)=(kn)termespkqn−k+⋯+pkqn−k=(kn)pkqn−k
Figure 5 — Arbre de Bernoulli pour n=3 : les (k3) chemins à k succès (même couleur) ont tous la même probabilité pkq3−k, et l'on retrouve les coefficients 1,3,3,1 du triangle de Pascal.
Propriété — espérance et variance de la loi binomiale
Si X suit la loi B(n,p) :
E(X)=npV(X)=np(1−p)σ(X)=np(1−p)
(admis dans le cas général ; démonstration hors-programme de Première).
Vérification sur le cas n = 3
Sur l'arbre ci-dessus, E(X)=0×q3+1×3pq2+2×3p2q+3×p3.
E(X)=3pq2+6p2q+3p3
=3p(q2+2pq+p2)
=3p(p+q)2
=3p×12=3pcar p+q=1
On retrouve bien E(X)=np avec n=3, ce qui rend la formule générale très crédible.
Exemple — un tireur de basket
Un joueur réussit ses tirs à 3 points avec une probabilité p=0,4, de façon indépendante d'un tir à l'autre. Il tente 5 tirs ; X est le nombre de tirs réussis. X suit la loi B(5;0,4).
p(X=2)=(25)(0,4)2(0,6)3
=10×0,16×0,216
=0,346
Figure 6 — Diagramme en bâtons de la loi B(5;0,4) : p(X=k)=(k5)(0,4)k(0,6)5−k.
Exemple — au moins 3 réussites
p(X⩾3)=p(X=3)+p(X=4)+p(X=5)
=0,230+0,077+0,010
=0,317
et E(X)=np=5×0,4=2 tirs réussis en moyenne, avec V(X)=np(1−p)=5×0,4×0,6=1,2 donc σ(X)≈1,095.
Math & Co — Jacques Bernoulli et l'Ars Conjectandi
Le mathématicien suisse Jacques Bernoulli (1655-1705) consacre les dernières années de sa vie à un traité de probabilités resté inachevé à sa mort. Publié à titre posthume en 1713 par son neveu Nicolas sous le titre Ars Conjectandi (« l'art de conjecturer »), l'ouvrage formalise pour la première fois la répétition d'épreuves identiques et indépendantes — ce que l'on appelle depuis un schéma de Bernoulli en son honneur.
Bernoulli y démontre aussi la première version de la loi des grands nombres : plus on répète l'expérience, plus la fréquence des succès se rapproche de la probabilité théorique p — un résultat fondateur pour toutes les applications statistiques des probabilités.
Combien d'anagrammes (mots, avec ou sans sens) peut-on former avec les lettres du mot ARBRE ?
Voir le corrigé détaillé
ARBRE compte 5 lettres, mais la lettre R apparaît deux fois. Si toutes les lettres étaient distinctes, il y aurait 5! rangements ; mais échanger les deux R entre eux ne change pas le mot obtenu : chaque anagramme est donc compté deux fois (2! façons d'ordonner les deux R entre eux).
nombre d'anagrammes =2!5!
=2120=60
9
Une urne U1 (choisie avec probabilité 0,4) contient 3 boules rouges et 2 vertes ; une urne U2 (choisie avec probabilité 0,6) contient 1 boule rouge et 4 vertes. On choisit une urne au hasard puis on y tire une boule. Calcule p(R), puis pR(U1).
Sachant que la boule tirée est rouge, il devient plus probable qu'elle vienne de U1 (66,7%) que de sa probabilité de départ (40%) : l'information « rouge » a fait remonter la probabilité de U1.
10
X suit la loi B(4;0,3). Calcule p(X=2) puis p(X⩽1).
Voir le corrigé détaillé
p(X=2)=(24)(0,3)2(0,7)2=6×0,09×0,49
=0,2646
p(X=0)=(0,7)4=0,2401
p(X=1)=(14)(0,3)(0,7)3=4×0,3×0,343=0,4116
⇒p(X⩽1)=0,2401+0,4116=0,6517
Niveau 3 — Défi
11
Une urne contient 3 boules rouges et 5 boules vertes. On en tire simultanément2. Soit X le nombre de boules rouges obtenues.
Détermine la loi de probabilité de X.
Calcule E(X).
Voir le corrigé détaillé
1. Le tirage étant simultané, on utilise des combinaisons. Le nombre total de tirages est (28)=28. X prend les valeurs 0, 1 et 2.
p(X=0)=(28)(03)(25)=281×10=2810=145
p(X=1)=28(13)(15)=283×5=2815
p(X=2)=28(23)(05)=283×1=283
vérification : 2810+15+3=2828=1c'est bien une loi de probabilité
2.
E(X)=0×2810+1×2815+2×283
=2815+6=2821=43=0,75
12
Dans une usine, une pièce fabriquée est défectueuse avec une probabilité p=0,25, indépendamment des autres. On prélève 6 pièces. Soit X le nombre de pièces défectueuses.
Justifie que X suit une loi binomiale, et précise ses paramètres.
Calcule p(X=0), puis p(X⩾1).
Calcule E(X) et V(X).
Voir le corrigé détaillé
1. Chaque prélèvement est une épreuve de Bernoulli (défectueuse ou non), répétée 6 fois de façon identique et indépendante : X suit la loi B(6;0,25).
2.
p(X=0)=(0,75)6
=(0,753)2=(0,421875)2≈0,1780
p(X⩾1)=1−p(X=0)événement contraire
≈1−0,1780=0,8220
3.
E(X)=np=6×0,25=1,5 pièce défectueuse en moyenne
V(X)=np(1−p)=6×0,25×0,75=1,125
13
Un jury de 12 personnes doit désigner, parmi elles, un président, un secrétaire (deux rôles distincts) puis 3 membres ordinaires du bureau (sans rôle particulier), tous différents.
Combien de bureaux différents peut-on constituer ?
Fatou fait partie des 12 personnes. Quelle est la probabilité qu'elle soit désignée présidente ?
Voir le corrigé détaillé
1. On procède en deux étapes indépendantes du principe multiplicatif.
président puis secrétaire : l'ordre compte ⇒ arrangement A122=12×11=132
3 membres parmi les 10 personnes restantes, sans ordre ⇒ combinaison (310)=610×9×8=120
⇒nombre total de bureaux =132×120=15840
2. On suppose l'équiprobabilité sur les 15840 bureaux. Comptons ceux où Fatou est présidente : il reste alors à choisir le secrétaire parmi les 11 autres personnes, puis 3 membres parmi les 10 restantes.
bureaux avec Fatou présidente =11×(310)=11×120=1320
⇒p(Fatou preˊsidente)=158401320=121
On retrouve, sans surprise, 121 : par symétrie, chacune des 12 personnes a la même chance d'être désignée présidente.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14
La tombola du lycée (Dakar). Pour financer un voyage scolaire, le lycée de Dakar vend 200 billets de tombola numérotés, dont 5 sont gagnants. Aminata achète 3 billets au hasard.
Calcule la probabilité qu'aucun de ses billets ne soit gagnant.
En déduis la probabilité qu'Aminata gagne au moins un lot.
Voir le corrigé détaillé
1. Le tirage des 3 billets est simultané (l'ordre n'a pas d'importance) : on utilise des combinaisons.
(3200)=6200×199×198=1313400 tirages possibles
« aucun billet gagnant » : les 3 billets sont pris parmi les 195 perdants
(3195)=6195×194×193=1216865
⇒p(aucun gagnant)=13134001216865≈0,9265
2.
p(au moins un gagnant)=1−0,9265
≈0,0735soit environ 7,35 %
Malgré 3 billets achetés, Aminata n'a qu'environ 7% de chances de repartir avec un lot.
15
Le taxi-brousse Abéché–Ndjamena. Sur la liaison Abéché–Ndjamena, un jour donné est « sec » avec une probabilité 0,7 et « pluvieux » avec une probabilité 0,3. Le taxi-brousse arrive à l'heure avec une probabilité 0,9 les jours secs, et seulement 0,55 les jours pluvieux.
Calcule la probabilité que le taxi-brousse arrive à l'heure un jour choisi au hasard.
Sachant qu'un jour donné le taxi est arrivé en retard, calcule la probabilité que ce jour ait été pluvieux.
Voir le corrigé détaillé
Notons S : « jour sec », P=S : « jour pluvieux », H : « arrivée à l'heure ».
1.
p(H)=p(S)×pS(H)+p(P)×pP(H)
=0,7×0,9+0,3×0,55
=0,63+0,165=0,795
2. On cherche pH(P), avec p(H)=1−0,795=0,205.
p(P∩H)=p(P)×pP(H)=0,3×(1−0,55)=0,3×0,45=0,135
pH(P)=p(H)p(P∩H)=0,2050,135
≈0,659soit environ 65,9 %
Un retard rend donc un jour pluvieux nettement plus probable (65,9%) que sa probabilité de départ (30%).
16
Championnat de football (Abidjan–Bamako–Douala). Une équipe basée à Abidjan gagne chacun de ses matchs de championnat avec une probabilité 0,55, indépendamment d'un match à l'autre (adversaires de Bamako, Douala, etc.). Sur les 4 prochains matchs, soit X le nombre de victoires.
Justifie que X suit une loi binomiale et donne ses paramètres.
Calcule la probabilité que l'équipe gagne au moins 3 de ses 4 prochains matchs.
Calcule le nombre moyen de victoires attendu sur ces 4 matchs.
Voir le corrigé détaillé
1. Chaque match est une épreuve de Bernoulli (victoire/non-victoire) de probabilité de succès p=0,55, répétée 4 fois de façon indépendante : X suit B(4;0,55).
2.
p(X=3)=(34)(0,55)3(0,45)1=4×0,166375×0,45
≈0,2995
p(X=4)=(0,55)4≈0,0915
⇒p(X⩾3)=p(X=3)+p(X=4)≈0,2995+0,0915
≈0,391soit environ 39,1 %
3.
E(X)=np=4×0,55=2,2 victoires en moyenne sur les 4 matchs
Teste-toi gratuitement
8 questions
Second degré : discriminant et signe du trinôme
Commencer →
📝 QCM de fin de leçon — 20 questions
Coche une réponse par question, puis clique sur « Vérifier mes réponses » : tu obtiens ta note sur 20 avec la correction détaillée de chaque question.
On appelle univers d'une expérience aléatoire, noté Ω :
Explication : L'univers Ω rassemble toutes les issues possibles d'une expérience aléatoire ; un événement est une partie de Ω.
Dans une situation d'équiprobabilité, la probabilité d'un événement A vaut :
Explication : Quand toutes les issues sont équiprobables, p(A)=nombre d’issues possiblesnombre d’issues favorables=card(Ω)card(A).
L'événement contraire de A, noté A, vérifie :
Explication :A est réalisé exactement quand A ne l'est pas ; comme A et A se partagent tout l'univers, p(A)+p(A)=1.
Pour deux événements A et B quelconques d'un même univers, p(A∪B) est égal à :
Explication : On additionne p(A) et p(B), mais p(A∩B) a été comptée deux fois (dans A et dans B) : il faut donc la retrancher une fois. La formule p(A)+p(B) seule n'est valable que si A et B sont incompatibles.
Soit X une variable aléatoire prenant les valeurs x1,…,xn avec les probabilités p1,…,pn. L'espérance E(X) est définie par :
Explication : L'espérance est la moyenne pondérée des valeurs de X par leurs probabilités : c'est la valeur « moyenne » attendue si l'on répète l'expérience un grand nombre de fois.
La formule de König-Huygens permet de calculer la variance V(X) par :
Explication : Cette formule, obtenue en développant (xi−E(X))2 dans la définition de la variance, est presque toujours plus rapide à utiliser que la définition directe.
D'après le principe multiplicatif, si une situation se décompose en k étapes offrant respectivement n1,n2,…,nk possibilités, le nombre total de situations possibles est :
Explication : Chaque fois qu'une situation se construit par une suite de choix indépendants les uns des autres, on multiplie les nombres de possibilités à chaque étape.
Que vaut 5! ?
Explication :5!=5×4×3×2×1=120 : c'est le nombre de façons de ranger 5 objets distincts en ligne.
Un arrangement de p éléments parmi n objets distincts est :
Explication : Un arrangement retient l'ordre du choix, contrairement à une combinaison. On l'utilise dès que l'énoncé implique un rôle distinct pour chaque position (podium, mot de passe…).
Une course rassemble 8 athlètes. Combien de podiums (1er, 2e, 3e) différents existe-t-il ?
Explication : L'ordre compte (1er ≠ 2e ≠ 3e) : c'est un arrangement. A83=8×7×6=336.
Une combinaison de p éléments parmi n objets distincts est :
Explication : Seul l'ensemble des objets choisis compte dans une combinaison, pas l'ordre dans lequel on les a pris : on l'utilise pour un comité, un tirage simultané, une grille de loto.
Une association de 10 membres élit un comité de 3 personnes, sans rôle distinct entre elles. Combien de comités différents sont possibles ?
Explication : L'ordre des 3 personnes ne compte pas : c'est une combinaison. (310)=3×2×110×9×8=6720=120.
Pour tout entier n et tout p tel que 0⩽p⩽n :
Explication : Choisir p objets à garder revient exactement à choisir les n−p objets qu'on écarte : c'est la propriété de symétrie des combinaisons.
La relation de Pascal s'écrit :
Explication : En séparant les choix de p+1 objets parmi n+1 selon qu'ils contiennent ou non un objet particulier, on obtient exactement cette somme : c'est ce qui construit le triangle de Pascal.
Piège classique : pour tous réels a, b (avec ab=0) et tout entier n⩾2, (a+b)n est-il égal à an+bn ?
Explication : C'est l'erreur la plus fréquente du chapitre. Dès n=2, (a+b)2=a2+2ab+b2=a2+b2 dès que ab=0 : il manque les termes croisés du binôme de Newton.
Soit B un événement de probabilité non nulle. La probabilité de Asachant B, notée pB(A), est définie par :
Explication :pB(A) « recentre » l'univers sur B : c'est la proportion de A∩B au sein de B, soit p(B)p(A∩B).
Deux événements incompatibles de probabilités non nulles sont-ils indépendants ?
Explication : Incompatibilité et indépendance sont deux notions distinctes, presque opposées : l'incompatibilité dit que B interdit A, l'indépendance dit que B n'a aucune influence sur A. Deux événements incompatibles de probabilités non nulles ne peuvent jamais être indépendants.
Dans un schéma de Bernoulli de paramètres n et p, la probabilité d'obtenir exactement k succès est :
Explication : Chaque chemin de l'arbre à k succès a pour probabilité pk(1−p)n−k, et il y a (kn) façons de placer ces k succès parmi les n épreuves.
La tombola du lycée (Dakar). Sur 200 billets, 5 sont gagnants. Aminata achète 3 billets au hasard. La probabilité qu'aucun de ses billets ne soit gagnant vaut (3200)(3195)≈0,9265. Quelle est alors la probabilité qu'elle gagne au moins un lot ?
Explication : « Au moins un lot » est l'événement contraire de « aucun lot » : p(au moins un)=1−0,9265≈0,0735, soit environ 7,35% de chances.
Championnat de football (Abidjan). Une équipe gagne chacun de ses matchs avec une probabilité 0,55, indépendamment d'un match à l'autre. Sur les 4 prochains matchs, quel est le nombre moyen de victoires attendu ?
Explication : Le nombre de victoires X suit la loi binomiale B(4;0,55), et pour une loi binomiale, E(X)=np. Ici E(X)=4×0,55=2,2 victoires en moyenne.