Maîtriser la configuration de Thalès, y compris dans la configuration papillon.
Mathématiques3èmeChapitre 12 / 16⏱ 9 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Rédiger une application de Thalès sans erreur de rapport
Démontrer un parallélisme
Traiter un problème de mesure indirecte
Comment mesurer la hauteur d’un baobab sans y grimper, la largeur d’un fleuve sans le traverser, ou la hauteur de la pyramide de Khéops sans échelle ? La réponse tient en un seul théorème, vieux de vingt-six siècles : le théorème de Thalès. Son idée est simple — quand deux droites parallèles coupent deux autres droites, elles découpent des longueurs proportionnelles — mais sa puissance est immense. Dans ce chapitre, tu vas apprendre à le reconnaître, à l’écrire sans erreur, et à t’en servir dans les deux sens : pour calculer une longueur, et pour démontrer un parallélisme.
1Reconnaître une configuration de Thalès
Tout commence avec deux droites sécantes — appelons A leur point d’intersection — et deux droites parallèles qui les coupent. Selon la position des points, la figure obtenue prend deux allures très différentes. Ce sont les deux seules configurations que tu rencontreras en 3ème.
1.1 La configuration « triangle emboîté »
Les points M et N sont du même côté de A que B et C. Le petit triangle AMN est alors emboîté dans le grand triangle ABC, comme une poupée russe.
Figure 1 — Configuration « triangle emboîté » : M∈[AB], N∈[AC] et (MN) est parallèle à (BC). Les deux chevrons codent le parallélisme.
Le repère visuel est infaillible : on voit deux triangles, l’un dans l’autre, avec un sommet commun.
1.2 La configuration « papillon »
Cette fois, M et N sont de l’autre côté de A : le point A se retrouve entreB et M, et entreC et N. La figure ressemble alors à un nœud papillon, ou à un sablier.
Figure 2 — Configuration « papillon » : A appartient à [BM] et à [CN], et (MN) est parallèle à (BC). Les deux triangles sont symétriques par rapport à A… en apparence seulement.
Définition — configuration de Thalès
On est dans une configuration de Thalès lorsque :
deux droites (d) et (d′) se coupent en un point A ;
B et M sont deux points de (d), distincts de A ;
C et N sont deux points de (d′), distincts de A ;
les droites (BC) et (MN) sont parallèles.
Important : Les deux configurations obéissent exactement au même théorème. Il n’y a donc rien de plus à apprendre pour le papillon : seule l’allure du dessin change, pas les calculs.
2Le théorème de Thalès
Théorème — théorème de Thalès
Soient (d) et (d′) deux droites sécantes en A. Soient B et M deux points de (d) distincts de A, et C et N deux points de (d′) distincts de A.
Si les droites (BC) et (MN) sont parallèles, alors :
ABAM=ACAN=BCMN
Cette triple égalité est le cœur du chapitre. Elle dit que le petit triangle est une réduction du grand : toutes ses longueurs sont multipliées par un même nombre, appelé coefficient de réduction.
Méthode — écrire la triple égalité sans se tromper
Il y a une règle d’or : au numérateur, les longueurs du petit triangle ; au dénominateur, celles du grand triangle, et toujours dans le même ordre de lecture.
Repère le sommet commun aux deux triangles : c’est A.
Repère les deux triangles : le petit AMN, le grand ABC.
Écris grandpetit trois fois, en respectant la correspondance A↔A, M↔B, N↔C.
Attention
La correspondance des lettres n’est pas décorative. Écrire ABAM=ANAC est faux : le petit triangle est passé au dénominateur dans le second rapport. Une seule inversion et tout le calcul s’effondre.
2.1 Calculer une longueur : la rédaction attendue
Méthode — calculer une longueur avec Thalès
Justifier : nommer la configuration et rappeler l’hypothèse de parallélisme.
Citer le théorème de Thalès.
Écrire la triple égalité complète.
Remplacer par les valeurs numériques connues.
Isoler l’inconnue par un produit en croix.
Conclure par une phrase, avec l’unité.
Exemple — un calcul complet dans un triangle emboîté
Sur la figure ci-dessous, M∈[AB], N∈[AC] et (MN) est parallèle à (BC). On donne AM=4 cm, AB=6 cm, AN=5 cm et BC=9 cm. Calcule MN et AC.
Figure 3 — Les données de l’exemple. Attention : AB=6 cm est la longueur totale, pas seulement MB.
Justification. Les points A, M, B sont alignés, les points A, N, C aussi, et (MN) est parallèle à (BC) : on est bien dans une configuration de Thalès.
Le théorème donne :
ABAM=ACAN=BCMNthéorème de Thalès
⇒64=AC5=9MNon remplace par les valeurs
Calcul de MN — on utilise le premier et le troisième rapport :
64=9MN
⇒6×MN=4×9produit en croix
⇒6×MN=36
⇒MN=636
⇒MN=6
Calcul de AC — on utilise le premier et le deuxième rapport :
64=AC5
⇒4×AC=6×5produit en croix
⇒4×AC=30
⇒AC=430
⇒AC=7,5
Conclusion.MN=6 cm et AC=7,5 cm.
Important : Le coefficient de réduction vaut ici 64=32. Toutes les longueurs du petit triangle valent donc les 32 de celles du grand : 32×9=6, ce qui confirme MN=6 cm.
2.2 Le même calcul dans un papillon
Exemple — calcul dans la configuration papillon
Les droites (BM) et (CN) se coupent en A, et (BC) est parallèle à (MN). On donne AB=3 cm, AC=4 cm, AM=4,5 cm et BC=5 cm. Calcule AN et MN.
Figure 4 — Configuration papillon : ici le « petit » triangle est ABC et le « grand » est AMN. Rien ne change dans la méthode.
Justification.A appartient à [BM] et à [CN], et (BC) est parallèle à (MN) : c’est une configuration de Thalès.
AMAB=ANAC=MNBCthéorème de Thalès
⇒4,53=AN4=MN5
Calcul de AN :
4,53=AN4
⇒3×AN=4,5×4produit en croix
⇒3×AN=18
⇒AN=6
Calcul de MN :
4,53=MN5
⇒3×MN=4,5×5
⇒3×MN=22,5
⇒MN=7,5
Conclusion.AN=6 cm et MN=7,5 cm.
3La réciproque : démontrer un parallélisme
Jusqu’ici, on savait que deux droites étaient parallèles et on en déduisait des longueurs. On va maintenant faire le chemin inverse : à partir de longueurs, démontrer que deux droites sont parallèles. C’est le rôle de la réciproque.
Théorème — réciproque du théorème de Thalès
Soient (d) et (d′) deux droites sécantes en A, B et M deux points de (d) distincts de A, C et N deux points de (d′) distincts de A.
Si les points A, M, B d’une part et A, N, C d’autre part sont dans le même ordre, et si :
ABAM=ACAN
alors les droites (MN) et (BC) sont parallèles.
Attention — la condition d’ordre n’est pas facultative
Deux rapports égaux ne suffisent pas. Il faut aussi que les points se suivent dans le même ordre sur les deux droites : M et N doivent être du même côté de A, comme B et C.
Figure 5 — Le piège de la réciproque. N et N′ sont à la même distance de A, donc ACAN=ACAN′ ; pourtant seule (MN) est parallèle à (BC). La condition d’ordre élimine N′.
Sur une figure codée ou décrite dans l’énoncé (« M appartient au segment [AB] »), la condition d’ordre est en général évidente : il faut simplement penser à l’écrire dans la rédaction.
Méthode — démontrer que deux droites sont parallèles
Vérifier et écrire que les points sont alignés dans le même ordre.
Calculer séparément les deux rapports, sous forme décimale ou de fraction irréductible.
Comparer : si les deux résultats sont égaux, conclure par la réciproque du théorème de Thalès.
Exemple — démontrer que (MN) est parallèle à (BC)
Sur la figure, M∈[AB] et N∈[AC], avec AM=3 cm, MB=4,5 cm, AN=4 cm et NC=6 cm. Les droites (MN) et (BC) sont-elles parallèles ?
Figure 6 — On ne code pas le parallélisme sur cette figure : c’est justement ce que l’on cherche à démontrer.
Attention : l’énoncé donne MB et NC, pas AB ni AC. On commence donc par les reconstituer.
AB=AM+MBcar M∈[AB]
=3+4,5
=7,5
AC=AN+NCcar N∈[AC]
=4+6
=10
Premier rapport :
ABAM=7,53
=0,4
Second rapport :
ACAN=104
=0,4
Conclusion. Les points A, M, B et A, N, C sont alignés dans le même ordre, et ABAM=ACAN. D’après la réciproque du théorème de Thalès, les droites (MN) et (BC) sont parallèles.
Important : Quand les nombres ne tombent pas juste, ne calcule surtout pas des valeurs approchées : compare les produits en croix. Ici 3×10=30 et 7,5×4=30 : les produits sont égaux, donc les rapports le sont aussi.
4La contraposée : démontrer un non-parallélisme
Que se passe-t-il si les deux rapports ne sont pas égaux ? On peut alors affirmer que les droites ne sont pas parallèles. C’est ce qu’on appelle la contraposée du théorème de Thalès.
Théorème — contraposée du théorème de Thalès
Avec les mêmes notations, si :
ABAM=ACAN
alors les droites (MN) et (BC) ne sont pas parallèles.
Démonstration — pourquoi la contraposée est-elle vraie ?
On raisonne par l’absurde : supposons que (MN) et (BC) soient parallèles.
(MN)∥(BC)hypothèse de l’absurde
⇒ABAM=ACANthéorème de Thalès
Or on sait que ces deux rapports sont différents : c’est une contradiction.
L’hypothèse de départ est donc fausse : les droites (MN) et (BC) ne sont pas parallèles. C.Q.F.D.
Exemple — montrer que deux droites ne sont pas parallèles
On donne AM=3 cm, MB=5 cm, AN=4 cm et NC=6 cm, avec M∈[AB] et N∈[AC].
Figure 7 — En pointillé, la position qu’aurait dû occuper M pour que (MN) soit parallèle à (BC) : elle ne coïncide pas avec la position réelle.
AB=3+5
=8
AC=4+6
=10
On compare les deux rapports par les produits en croix :
ABAM=83
ACAN=104
3×10=30
8×4=32
⇒30=32
⇒83=104
Conclusion. D’après la contraposée du théorème de Thalès, les droites (MN) et (BC) ne sont pas parallèles.
Attention
On ne conclut jamais un parallélisme « parce que ça en a l’air sur le dessin ». Un dessin n’est pas une démonstration : 83=0,375 et 104=0,4 sont si proches que l’œil ne voit pas la différence.
5Mesurer l’inaccessible
Math & Co — Thalès et la pyramide de Khéops
Thalès de Milet (vers −625 / −547) est le premier savant grec dont l’histoire ait retenu le nom. Marchand devenu philosophe, il voyage en Égypte, où les prêtres possèdent depuis des siècles des recettes de calcul… mais aucune démonstration.
L’anecdote la plus célèbre est rapportée par Plutarque dans le Banquet des sept sages : Thalès aurait déterminé la hauteur de la Grande Pyramide en plantant un bâton au sol et en comparant l’ombre de la pyramide à celle du bâton. Le principe est exactement celui de ce chapitre : les rayons du Soleil étant parallèles, les longueurs sont proportionnelles.
Curiosité : le résultat que nous appelons « théorème de Thalès » ne porte ce nom qu’en France et dans quelques pays voisins. En Allemagne, le Satz des Thales désigne un tout autre résultat — celui du triangle rectangle inscrit dans un demi-cercle — et notre théorème s’y appelle le Strahlensatz, le « théorème des rayons ».
Méthode — mesurer une hauteur grâce à une ombre
Planter verticalement un objet de hauteur connue (bâton, règle, personne) à côté de l’objet à mesurer.
Mesurer au même moment les deux ombres au sol.
Écrire l’égalité de Thalès : ombre du baˆtonhauteur du baˆton=ombre de l’objethauteur chercheˊe.
Résoudre par un produit en croix.
Exemple — la hauteur d’un baobab
Aminata plante un bâton de 1,50 m au pied d’un baobab. À 16 h, l’ombre du bâton mesure 2,40 m et celle du baobab 16 m. Quelle est la hauteur du baobab ?
Figure 8 — Les deux rayons du Soleil sont parallèles : les deux triangles rectangles forment une configuration de Thalès.
Le bâton et le baobab sont verticaux, le sol est horizontal, et les rayons du Soleil sont parallèles. Notons h la hauteur du baobab.
1,50h=2,4016théorème de Thalès
⇒2,40×h=1,50×16produit en croix
⇒2,40×h=24
⇒h=2,4024
⇒h=10
Conclusion. Le baobab mesure environ 10 mètres de haut.
Important : Les deux mesures d’ombre doivent être prises au même instant : le Soleil bouge, et un quart d’heure d’écart suffit à fausser complètement le résultat.
Fiche mémo
Deux configurations, un seul théorème : le triangle emboîté et le papillon.
Thalès : si (MN)∥(BC), alors ABAM=ACAN=BCMN.
Règle d’écriture : petit triangle au numérateur, grand triangle au dénominateur.
Réciproque : si les points sont dans le même ordre etABAM=ACAN, alors (MN)∥(BC).
Contraposée : si ABAM=ACAN, alors (MN) et (BC) ne sont pas parallèles.
Pour comparer deux rapports : produits en croix, jamais de valeurs approchées.
Ombres au même instant⇒ hauteur inaccessible par Thalès.
Niveau 1 — Application directe
1
Sur la figure ci-dessous, (VW) est parallèle à (TU). Écris la triple égalité de Thalès correspondante.
Figure 9 — Les droites (ST) et (SU) se coupent en S.
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Le sommet commun est S. Le petit triangle est SVW, le grand triangle est STU. La correspondance est S↔S, V↔T, W↔U.
STSV=SUSW=TUVWpetit sur grand, dans l’ordre
2
Dans un triangle ABC, M∈[AB] et N∈[AC] avec (MN) parallèle à (BC). On donne AM=2 cm, AB=5 cm et BC=15 cm. Calcule MN.
Voir le corrigé détaillé
Les points A, M, B sont alignés, les points A, N, C aussi, et (MN)∥(BC) : c’est une configuration de Thalès.
ABAM=BCMNthéorème de Thalès
⇒52=15MN
⇒5×MN=2×15
⇒5×MN=30
⇒MN=6
On obtient MN=6 cm.
3
Sur la figure, (RS) est parallèle à (TU) et les droites (RT) et (SU) se coupent en O. Calcule OU puis TU.
Figure 10 — Configuration papillon : O∈[RT] et O∈[SU].
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Le point O appartient à [RT] et à [SU], et (RS)∥(TU) : configuration de Thalès.
OTOR=OUOS=TURSthéorème de Thalès
⇒96=OU4=TU7
Calcul de OU :
96=OU4
⇒6×OU=9×4
⇒6×OU=36
⇒OU=6
Calcul de TU :
96=TU7
⇒6×TU=9×7
⇒6×TU=63
⇒TU=10,5
Donc OU=6 cm et TU=10,5 cm.
4
Karim a écrit : « Comme (MN)∥(BC), on a ABAM=ANAC=MNBC. » Repère les erreurs et corrige.
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Il y a deux erreurs, et c’est la même : deux rapports ont été retournés.
Dans ANAC, le grand triangle est au numérateur alors que le premier rapport commence par le petit.
Dans MNBC, même inversion.
La règle « petit sur grand » doit être respectée dans les trois rapports. L’écriture correcte est :
ABAM=ACAN=BCMN
On pourrait aussi tout retourner : AMAB=ANAC=MNBC est également correct, car les trois rapports sont alors « grand sur petit ». Ce qui est interdit, c’est de mélanger les deux sens.
5
Sur la figure, M∈[AB] et N∈[AC]. Les droites (MN) et (BC) sont-elles parallèles ? Justifie.
Figure 11 — Le parallélisme n’est pas codé : c’est ce qu’il faut décider.
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AB=2,2+2,8
=5
AC=3,3+4,2
=7,5
On compare les deux rapports par les produits en croix :
ABAM=52,2
ACAN=7,53,3
2,2×7,5=16,5
5×3,3=16,5
⇒les deux produits sont égaux
⇒ABAM=ACAN
Les points A, M, B et A, N, C sont alignés dans le même ordre, et les rapports sont égaux. D’après la réciproque du théorème de Thalès, (MN) et (BC) sont parallèles.
6
Dans un triangle ABC, M∈[AB] et N∈[AC] avec AM=4 cm, AB=9 cm, AN=5 cm et AC=12 cm. Démontre que (MN) et (BC) ne sont pas parallèles.
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ABAM=94
ACAN=125
4×12=48
9×5=45
⇒48=45
⇒94=125
D’après la contraposée du théorème de Thalès, les droites (MN) et (BC) ne sont pas parallèles.
Niveau 2 — Approfondissement
7
Dans un triangle ABC, M∈[AB] et N∈[AC] avec (MN)∥(BC). On donne AM=5,4 cm, MB=3,6 cm, AN=7,2 cm et MN=6,3 cm. Calcule AC puis BC.
Figure 12 — Attention : c’est MB qui est donné, pas AB.
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On reconstitue d’abord AB :
AB=AM+MB
=5,4+3,6
=9
La configuration est celle de Thalès, donc :
ABAM=ACAN=BCMN
⇒95,4=AC7,2=BC6,3
Calcul de AC :
95,4=AC7,2
⇒5,4×AC=9×7,2
⇒5,4×AC=64,8
⇒AC=12
Calcul de BC :
95,4=BC6,3
⇒5,4×BC=9×6,3
⇒5,4×BC=56,7
⇒BC=10,5
On obtient AC=12 cm et BC=10,5 cm.
8
Les droites (AE) et (BD) se coupent en C. On sait que (AB)∥(DE), CA=4 cm, CB=6 cm, CD=9 cm et AB=5 cm. Calcule CE et DE.
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Le point C appartient à [AE] et à [BD], et (AB)∥(DE) : c’est une configuration papillon de Thalès. La correspondance est C↔C, A↔E, B↔D.
CECA=CDCB=EDAB
⇒CE4=96=ED5
Calcul de CE :
CE4=96
⇒6×CE=4×9
⇒6×CE=36
⇒CE=6
Calcul de DE :
96=ED5
⇒6×ED=9×5
⇒6×ED=45
⇒ED=7,5
Donc CE=6 cm et DE=7,5 cm.
9
Les droites (JL) et (KM) se coupent en I. On donne IJ=4,5 cm, IL=6 cm, IK=3 cm et IM=4 cm. Les droites (JK) et (LM) sont-elles parallèles ?
Figure 13 — Configuration papillon : le point I est entre J et L, et entre K et M.
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Les points J, I, L sont alignés dans cet ordre, et les points K, I, M également : la condition d’ordre de la réciproque est vérifiée.
ILIJ=64,5
IMIK=43
4,5×4=18
6×3=18
⇒les produits en croix sont égaux
⇒ILIJ=IMIK
D’après la réciproque du théorème de Thalès, les droites (JK) et (LM) sont parallèles.
10
Dans un triangle ABC, M est le point de [AB] tel que AM=52AB, et N est le point de [AC] tel que AN=52AC. Le périmètre du triangle ABC vaut 30 cm. Calcule le périmètre du triangle AMN.
Voir le corrigé détaillé
Par construction, ABAM=52 et ACAN=52, et les points sont dans le même ordre.
D’après la réciproque du théorème de Thalès, (MN)∥(BC).
Le théorème de Thalès donne alors la troisième égalité :
BCMN=52
⇒MN=52BC
Les trois côtés du petit triangle valent donc les 52 de ceux du grand :
AM+AN+MN=52AB+52AC+52BC
=52(AB+AC+BC)on factorise
=52×30
=12
Le périmètre du triangle AMN vaut 12 cm.
11
Dans un triangle ABC, M∈[AB] et N∈[AC] avec (MN)∥(BC). On donne AM=6 cm, MB=4 cm et AN=9 cm. Calcule NC.
Coup de pouce : NC n’apparaît pas directement dans la triple égalité.
Voir le corrigé détaillé
On calcule d’abord AB, puis AC, et on termine par une soustraction.
AB=6+4
=10
ABAM=ACANthéorème de Thalès
⇒106=AC9
⇒6×AC=10×9
⇒6×AC=90
⇒AC=15
NC=AC−ANcar N∈[AC]
=15−9
=6
On obtient NC=6 cm.
Niveau 3 — Défi
12
Soit ABC un triangle. I est le milieu de [AB] et J est le milieu de [AC].
Démontre que (IJ) est parallèle à (BC).
Démontre que IJ=21BC.
Figure 14 — Le théorème des milieux, redémontré avec Thalès. Les traits rouges codent l’égalité des longueurs.
Voir le corrigé détaillé
1. Puisque I est le milieu de [AB] :
AI=21AB
⇒ABAI=21
De même, puisque J est le milieu de [AC] :
ACAJ=21
Les points A, I, B et A, J, C sont alignés dans le même ordre, et les deux rapports valent tous deux 21.
D’après la réciproque du théorème de Thalès, (IJ) est parallèle à (BC). C.Q.F.D.
2. On peut maintenant appliquer le théorème de Thalès direct :
ABAI=ACAJ=BCIJcar (IJ)∥(BC)
⇒BCIJ=21
⇒IJ=21BC
On retrouve ainsi le théorème des milieux, vu en 4ème : il n’est qu’un cas particulier du théorème de Thalès. C.Q.F.D.
13
Sur une droite (d), on place les points A, M, P, B dans cet ordre. Sur une autre droite (d′) sécante à (d) en A, on place N, Q, C dans cet ordre à partir de A. On suppose que (MN)∥(BC) et (PQ)∥(BC).
On donne AM=3 cm, AP=5 cm, AB=12 cm et AC=8 cm. Calcule NQ.
Voir le corrigé détaillé
On applique Thalès deux fois, dans deux configurations emboîtées différentes.
Première application avec (MN)∥(BC) :
ABAM=ACAN
⇒123=8AN
⇒12×AN=3×8
⇒12×AN=24
⇒AN=2
Deuxième application avec (PQ)∥(BC) :
ABAP=ACAQ
⇒125=8AQ
⇒12×AQ=5×8
⇒12×AQ=40
⇒AQ=1240
=310
Comme N est entre A et Q (car M est entre A et P) :
NQ=AQ−AN
=310−2
=310−36
=34
On obtient NQ=34 cm, soit environ 1,33 cm.
14
Dans un triangle ABC, M est un point de [AB] et N un point de [AC] tels que (MN)∥(BC). Démontre que :
ABMB=ACNC
Voir le corrigé détaillé
On part du théorème de Thalès :
ABAM=ACANcar (MN)∥(BC)
Comme M∈[AB], on a AM=AB−MB ; de même AN=AC−NC. On remplace :
ABAB−MB=ACAC−NC
⇒ABAB−ABMB=ACAC−ACNCon sépare les fractions
⇒1−ABMB=1−ACNC
⇒−ABMB=−ACNCon retranche 1 de chaque côté
⇒ABMB=ACNCon multiplie par −1
L’égalité est démontrée. Elle est très utile : elle permet de travailler directement avec les « bouts » MB et NC. C.Q.F.D.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
15
Le pylône de Ndjamena. Moussa doit estimer la hauteur d’un pylône de téléphonie installé près de son quartier. À 15 h, il plante verticalement un bâton de 1,80 m et mesure les deux ombres au sol : celle du bâton fait 3 m, celle du pylône 22,5 m.
Figure 15 — Le bâton et le pylône sont verticaux, le sol est horizontal : les rayons du Soleil créent une configuration de Thalès.
Explique pourquoi on est dans une configuration de Thalès.
Calcule la hauteur H du pylône.
Le lendemain à 9 h, l’ombre du bâton mesure 4,50 m. Quelle sera la longueur de l’ombre du pylône ?
Voir le corrigé détaillé
1. Le bâton et le pylône sont tous les deux verticaux, donc les droites qui les portent sont parallèles. Les rayons du Soleil arrivant sur le sommet du bâton et sur celui du pylône sont eux aussi parallèles. On obtient deux triangles rectangles semblables, sommet commun au point où les rayons rencontrent le sol : c’est une configuration de Thalès.
2. Notons H la hauteur du pylône.
1,80H=322,5théorème de Thalès
⇒3×H=1,80×22,5produit en croix
⇒3×H=40,5
⇒H=340,5
⇒H=13,5
Le pylône mesure 13,5 m de haut.
3. Notons L la longueur cherchée. Le rapport hauteur / ombre est le même pour les deux objets :
L13,5=4,501,80théorème de Thalès
⇒1,80×L=13,5×4,50
⇒1,80×L=60,75
⇒L=1,8060,75
⇒L=33,75
L’ombre du pylône mesurera 33,75 m. C’est logique : le Soleil est plus bas à 9 h, donc les ombres s’allongent.
16
La rampe d’accès de Genève. Le hall d’un centre sportif possède une porte dont le seuil est à 0,60 m au-dessus du trottoir. Sophie, chargée de l’accessibilité, fait construire une rampe rectiligne partant d’un point S du trottoir situé à 7,20 m du pied D de la porte.
Figure 16 — Vue de profil. Le poteau [QR] et le montant [DT] sont tous les deux verticaux, donc parallèles.
Un poteau de soutien vertical est planté en Q, à 3 m de S. Calcule sa hauteur h.
La norme suisse impose une pente d’au plus 6%, c’est-à-dire une montée d’au plus 6 cm par mètre parcouru horizontalement. Cette rampe est-elle conforme ?
Voir le corrigé détaillé
1. Les segments [QR] et [DT] sont verticaux, donc (QR)∥(DT). Les points S, Q, D sont alignés et les points S, R, T aussi : c’est une configuration de Thalès de sommet S.
SDSQ=DTQRthéorème de Thalès
⇒7,203=0,60h
⇒7,20×h=3×0,60produit en croix
⇒7,20×h=1,8
⇒h=7,201,8
⇒h=0,25
Le poteau mesure 0,25 m, soit 25 cm.
2. On calcule la montée par mètre parcouru :
pente=7,200,60
=0,083…
≈8,3%
8,3%>6%
⇒la rampe n’est pas conforme.
Pour respecter la norme, il faudrait une longueur horizontale ℓ telle que ℓ0,60=0,06, soit ℓ=10 m : la rampe devrait démarrer 10 m avant la porte.
17
L’ombre chinoise de Bruxelles. Pour la fête de son école, Léa installe une lampe ponctuelle L et un drap tendu contre le mur, à 2,40 m de la lampe. Elle place une figurine de 9 cm de haut, verticale, à 0,60 m de la lampe, entre la lampe et le drap.
Quelle est la hauteur de l’ombre de la figurine sur le drap ?
Léa veut une ombre de 54 cm exactement. À quelle distance de la lampe doit-elle poser la figurine ?
Voir le corrigé détaillé
1. La figurine et le drap sont tous les deux verticaux, donc parallèles. Les rayons issus de la lampe forment une configuration de Thalès de sommet L. Notons H la hauteur de l’ombre.
2,400,60=H9théorème de Thalès
⇒0,60×H=2,40×9produit en croix
⇒0,60×H=21,6
⇒H=0,6021,6
⇒H=36
L’ombre mesure 36 cm de haut : la figurine est agrandie 4 fois.
2. Notons d la distance cherchée, en mètres.
2,40d=549théorème de Thalès
⇒54×d=2,40×9
⇒54×d=21,6
⇒d=5421,6
⇒d=0,4
Léa doit placer la figurine à 0,40 m de la lampe. Plus l’objet est proche de la lampe, plus son ombre est grande.