Étudier les vecteurs, leur somme et le lien avec les translations.
Mathématiques3èmeChapitre 14 / 16⏱ 8 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Construire une somme de vecteurs
Utiliser la relation de Chasles
Calculer les coordonnées d'un vecteur et d'un milieu
Comment décrire précisément un déplacement ? Dire « le bateau avance de 5 km » ne suffit pas : il faut aussi dire dans quelle direction et dans quel sens. C’est exactement le rôle du vecteur : une flèche mathématique qui transporte à elle seule ces trois informations. Une fois cet outil en main, additionner deux déplacements devient une simple mise bout à bout de flèches, et démontrer qu’un quadrilatère est un parallélogramme tient en une ligne.
1La translation et le vecteur qui la décrit
Définition — translation
Effectuer une translation, c’est faire glisser une figure sans la tourner, sans la retourner et sans la déformer. Tous les points de la figure se déplacent de la même manière : même direction, même sens, même longueur.
Figure 1 — Chaque point de la figure suit exactement le même déplacement. Les trois flèches oranges sont identiques : c’est ce déplacement commun qu’on appelle le vecteur de la translation.
Une translation est donc entièrement décrite par une seule flèche. Cette flèche porte un nom.
Définition — vecteur
Soient A et B deux points distincts. Le vecteurAB est caractérisé par trois données :
sa direction : celle de la droite (AB) ;
son sens : de A vers B ;
sa longueur (ou norme) : la distance AB.
La translation qui transforme A en B s’appelle la translation de vecteur AB.
Figure 2 — Le vecteur AB : une seule flèche, trois informations. La droite (AB) donne la direction, la pointe donne le sens, la distance AB donne la longueur.
Important : Ne confonds pas direction et sens. La direction, c’est l’inclinaison de la droite (« horizontale », « verticale », « celle de (AB) »). Le sens, c’est le côté vers lequel on va sur cette droite. Une même direction admet toujours deux sens opposés.
Attention
Les vecteurs AB et BA ne sont pas égaux : ils ont la même direction et la même longueur, mais des sens opposés. On écrit BA=−AB.
Définition — vecteur nul
Le vecteur AA est le vecteur nul, noté 0. Sa longueur est nulle : il correspond à la translation qui ne déplace rien.
2Égalité de deux vecteurs
Définition — vecteurs égaux
Deux vecteurs sont égaux lorsqu’ils ont la même direction, le même sens et la même longueur.
Autrement dit, ils représentent la même translation, même s’ils sont dessinés à deux endroits différents de la feuille.
C’est une idée nouvelle et puissante : un vecteur n’a pas de position. On peut le dessiner où l’on veut, il reste le même vecteur.
Théorème — égalité de vecteurs et parallélogramme
Soient A, B, C et D quatre points, trois d’entre eux n’étant jamais alignés. Alors :
AB=CD⟺ABDC est un paralleˊlogramme
Figure 3 — Si AB=CD, alors [AB] et [CD] sont parallèles et de même longueur : le quadrilatère ABDC est un parallélogramme, et ses diagonales [AD] et [BC] se coupent en leur milieu I.
Attention — attention à l’ordre des lettres
Le parallélogramme s’écrit ABDC, et nonABCD. On suit le contour du quadrilatère : A→B, puis B→D, puis D→C, puis C→A. Une lettre mal placée et le quadrilatère devient croisé.
Le réflexe qui sauve : dans ABDC, les diagonales sont [AD] et [BC] — ce sont les deux « sauts » d’une lettre sur deux.
Exemple — reconnaître un parallélogramme
On sait que MN=PQ, et que M, N, P ne sont pas alignés. Quel quadrilatère est un parallélogramme ?
On applique le théorème en remplaçant A par M, B par N, C par P et D par Q.
MN=PQ
⇒MNQP est un parallélogrammeon intercale les deux dernières lettres
Ses diagonales sont [MQ] et [NP].
Propriété — construire le quatrième point
Étant donné trois points A, B et C, il existe un unique point D tel que AB=CD : c’est l’image de C par la translation de vecteur AB.
3Additionner deux vecteurs
Enchaîner deux déplacements revient à en effectuer un seul, plus direct. Traduit en vecteurs, cela donne l’opération d’addition — et une relation qui porte le nom du mathématicien français Michel Chasles.
3.1 La relation de Chasles
Théorème — relation de Chasles
Pour tous points A, B et C :
AB+BC=AC
Figure 4 — Aller de A à B puis de B à C, c’est aller de A à C. La lettre intermédiaire B « disparaît » : c’est tout le mécanisme de la relation de Chasles.
Méthode — utiliser Chasles pour simplifier
On repère deux vecteurs qui s’enchaînent : la lettre d’arrivée du premier est la lettre de départ du second. On les remplace alors par le vecteur direct, en supprimant la lettre commune.
Exemple — simplifier des sommes
MN+NP=MPle N disparaît
RS+ST+TU
=RT+TUon regroupe les deux premiers
=RUle T disparaît à son tour
AB+BA
=AA
=0on revient au point de départ
3.2 La règle du parallélogramme
Chasles suppose que les deux vecteurs se suivent bout à bout. Que faire quand ils partent du même point ? On utilise alors la règle du parallélogramme, qui n’est rien d’autre que Chasles déguisé.
Théorème — règle du parallélogramme
Soient A, B et C trois points non alignés, et D le point tel que ABDC soit un parallélogramme. Alors :
AB+AC=AD
Figure 5 — Les deux vecteurs partent de A. Leur somme est portée par la diagonale issue de A du parallélogramme construit sur ces deux vecteurs.
Démonstration
Puisque ABDC est un parallélogramme, les côtés [AC] et [BD] sont parallèles et de même longueur, et orientés dans le même sens.
AC=BDcôtés opposés du parallélogramme
On remplace alors dans la somme :
AB+AC=AB+BD
=ADrelation de Chasles
La règle est démontrée. C.Q.F.D.
Important : Deux situations, deux outils : les vecteurs se suivent⇒ Chasles ; les vecteurs partent du même point⇒ parallélogramme. Dans les deux cas, le résultat est le même vecteur.
4Coordonnées d’un vecteur
On travaille désormais dans un repère. Chaque vecteur va pouvoir être remplacé par un couple de nombres, et les constructions géométriques deviendront de simples calculs.
Définition — coordonnées d’un vecteur
Dans un repère, les coordonnées d’un vecteur sont le déplacement horizontal (l’abscisse) et le déplacement vertical (l’ordonnée) qu’il fait effectuer. On note u(x;y).
Un déplacement vers la droite ou vers le haut compte positivement, vers la gauche ou vers le bas négativement.
Figure 6 — Pour aller de A à B, on avance de 4 vers la droite puis de 2 vers le haut : le vecteur AB a pour coordonnées (4;2).
Théorème — coordonnées de AB
Si A(xA;yA) et B(xB;yB), alors le vecteur AB a pour coordonnées :
AB(xB−xA;yB−yA)
Attention
C’est toujours l’arrivée moins le départ, jamais l’inverse. Si tu te trompes, tu obtiens le vecteur BA, exactement opposé.
Exemple — calculer des coordonnées
On donne A(−3;5) et B(2;−1). Calcule les coordonnées de AB, puis celles de BA.
Abscisse de AB :
xB−xA=2−(−3)
=2+3
=5
Ordonnée de AB :
yB−yA=−1−5
=−6
Donc AB(5;−6). Pour BA, il suffit de changer les deux signes :
BA(−5;6)car BA=−AB
Propriété — égalité et somme en coordonnées
Soient u(x;y) et v(x′;y′) deux vecteurs. Alors :
u=v si et seulement si x=x′ety=y′ ;
u+v a pour coordonnées (x+x′;y+y′).
Figure 7 — Somme en coordonnées : u(3;1) et v(1;2) donnent u+v(4;3). On additionne les abscisses entre elles, puis les ordonnées entre elles.
Exemple — trouver le quatrième point d’un parallélogramme
On donne A(1;2), B(5;3) et C(2;−1). Détermine les coordonnées du point D tel que ABDC soit un parallélogramme.
Dire que ABDC est un parallélogramme revient à dire que AB=CD.
Coordonnées de AB :
xB−xA=5−1=4
yB−yA=3−2=1
⇒AB(4;1)
Abscisse de D :
xD−xC=4égalité des abscisses
⇒xD−2=4
⇒xD=6
Ordonnée de D :
yD−yC=1
⇒yD−(−1)=1
⇒yD+1=1
⇒yD=0
Conclusion.D(6;0).
4.1 La longueur d’un vecteur
Théorème — norme d’un vecteur
Dans un repère orthonormé, si AB a pour coordonnées (x;y), alors sa longueur vaut :
AB=x2+y2
Figure 8 — Les deux déplacements, horizontal et vertical, forment un triangle rectangle dont le vecteur est l’hypoténuse.
Démonstration
On note H le point situé à la verticale de B et à l’horizontale de A. Le repère étant orthonormé, le triangle ABH est rectangle en H.
AH=∣x∣déplacement horizontal
HB=∣y∣déplacement vertical
Le théorème de Pythagore donne alors :
AB2=AH2+HB2
=x2+y2car ∣x∣2=x2
⇒AB=x2+y2une longueur est positive
C.Q.F.D.
Exemple — calculer une longueur
Avec AB(4;2) :
AB=42+22
=16+4
=20
=25car 20=4×5
≈4,47
5Vecteurs et milieux
Théorème — caractérisation vectorielle du milieu
Soient A et B deux points distincts et I un point. Alors :
I est le milieu de [AB]⟺AI=IB
Figure 9 — Les vecteurs AI et IB ont la même direction (celle de (AB)), le même sens et la même longueur : ils sont donc égaux.
En coordonnées, cette caractérisation redonne la formule du milieu que tu connais déjà.
Propriété — coordonnées du milieu
Si A(xA;yA) et B(xB;yB), le milieu I de [AB] a pour coordonnées :
I(2xA+xB;2yA+yB)
Exemple — calculer les coordonnées d’un milieu
Avec A(−3;5) et B(2;−1) :
xI=2−3+2
=2−1
=−0,5
yI=25+(−1)
=24
=2
Conclusion.I(−0,5;2).
Math & Co — Bellavitis, Hamilton et la naissance du mot « vecteur »
L’idée de flèche déplaçable est étonnamment récente. En 1835, le mathématicien italien Giusto Bellavitis (1803-1880) introduit la notion d’équipollence : deux segments orientés sont équipollents lorsqu’ils sont parallèles, de même longueur et de même sens. C’est mot pour mot notre égalité de vecteurs.
Le mot « vecteur », lui, vient de l’Irlandais William Rowan Hamilton (1805-1865). Le 16 octobre 1843, alors qu’il se promenait le long d’un canal de Dublin, il trouve la clé des quaternions et grave sa formule sur le parapet du pont de Brougham. Dans les travaux qui suivent, il appelle scalar la partie purement numérique et vector la partie qui « transporte » — du latin vehere, porter, transporter, la même racine que « véhicule ».
Presque au même moment, l’Allemand Hermann Grassmann (1809-1877) publie une théorie très générale des grandeurs orientées, si en avance sur son temps qu’elle restera longtemps incomprise. Ces trois travaux indépendants sont à l’origine du calcul vectoriel utilisé aujourd’hui en physique, en informatique graphique et en navigation.
Fiche mémo
Un vecteurAB = une direction, un sens, une longueur.
BA=−AB et AA=0.
AB=CD⟺ABDC est un parallélogramme (attention à l’ordre).
Chasles : AB+BC=AC — la lettre du milieu disparaît.
Parallélogramme : AB+AC=AD quand les vecteurs partent du même point.
Coordonnées : AB(xB−xA;yB−yA) — arrivée moins départ.
Somme : on additionne les abscisses entre elles, les ordonnées entre elles.
Longueur : AB=x2+y2 en repère orthonormé.
Milieu : I milieu de [AB]⟺AI=IB.
Niveau 1 — Application directe
1
Sur la figure, cinq vecteurs sont tracés. Lesquels sont égaux à AB ? Pour chacun des autres, explique ce qui cloche.
Figure 10 — Chaque carreau du quadrillage mesure une unité.
Voir le corrigé détaillé
On lit les coordonnées de chaque vecteur : abscisse d’abord, ordonnée ensuite.
AB(2;1)
CD(2;1)
EF(2;1)
GH(2;2)
IJ(−2;−1)
Vecteurs égaux à AB :CD et EF. Ils ont exactement les mêmes coordonnées, donc même direction, même sens et même longueur.
GH : ses coordonnées sont (2;2). Il n’a pas la même direction que AB : il monte plus vite.
IJ : ses coordonnées sont les opposées de celles de AB. Il a la même direction et la même longueur, mais le sens contraire : IJ=−AB.
2
Vrai ou faux ? Justifie.
AB=BA.
Si AB=CD, alors AB=CD.
Deux vecteurs de même longueur sont toujours égaux.
AB+BA=0.
Voir le corrigé détaillé
1. Faux. Ces deux vecteurs ont la même direction et la même longueur, mais des sens opposés. On a BA=−AB.
2. Vrai. Deux vecteurs égaux ont en particulier la même longueur, et la longueur de AB est la distance AB.
3. Faux. La longueur ne suffit pas : il faut aussi la même direction et le même sens. Deux flèches de 3 cm pointant dans des directions différentes ne sont pas égales.
4. Vrai. Par la relation de Chasles :
AB+BA=AA
=0
3
Simplifie chacune des sommes suivantes.
MN+NP
RS+ST+TU
EF+FE
AB+BC+CA
Voir le corrigé détaillé
1.
MN+NP=MPle N disparaît
2.
RS+ST+TU
=RT+TU
=RU
3.
EF+FE=EE
=0
4.
AB+BC+CA
=AC+CA
=AA
=0on est revenu au point de départ
4
Lis sur le graphique les coordonnées des vecteurs PQ et RS.
Figure 11 — Un carreau vaut une unité.
Voir le corrigé détaillé
Vecteur PQ. On part de P(1;1) et on arrive en Q(5;3).
x=5−1=44 carreaux vers la droite
y=3−1=22 carreaux vers le haut
⇒PQ(4;2)
Vecteur RS. On part de R(6;5) et on arrive en S(4;1).
x=4−6=−22 carreaux vers la gauche
y=1−5=−44 carreaux vers le bas
⇒RS(−2;−4)
5
Calcule les coordonnées de AB dans chaque cas.
A(2;−3) et B(7;1) ;
A(−4;6) et B(−1;−2) ;
A(0;5) et B(5;5).
Voir le corrigé détaillé
1.
x=7−2=5
y=1−(−3)=4
⇒AB(5;4)
2.
x=−1−(−4)=3
y=−2−6=−8
⇒AB(3;−8)
3.
x=5−0=5
y=5−5=0
⇒AB(5;0)le vecteur est horizontal
6
On donne u(3;−2) et v(−5;7). Calcule les coordonnées de u+v, puis sa longueur, arrondie au centième.
Voir le corrigé détaillé
x=3+(−5)=−2
y=−2+7=5
⇒u+v(−2;5)
Pour la longueur, on applique la formule issue de Pythagore :
∥u+v∥=(−2)2+52
=4+25
=29
≈5,39
Niveau 2 — Approfondissement
7
Sur le graphique, on a placé A(−2;1), B(4;3) et C(1;−2).
Figure 12 — Où placer le point D ?
Calcule les coordonnées de AB.
Détermine les coordonnées du point D tel que ABDC soit un parallélogramme.
Vérifie ton résultat en calculant les coordonnées de AC et de BD.
Voir le corrigé détaillé
1.
x=4−(−2)=6
y=3−1=2
⇒AB(6;2)
2.ABDC est un parallélogramme si et seulement si AB=CD.
xD−xC=6
⇒xD−1=6
⇒xD=7
yD−yC=2
⇒yD−(−2)=2
⇒yD+2=2
⇒yD=0
On obtient D(7;0).
3. Vérification par l’autre paire de côtés :
AC(1−(−2);−2−1)
=AC(3;−3)
BD(7−4;0−3)
=BD(3;−3)
⇒AC=BD
Les deux paires de côtés opposés sont bien égales : ABDC est un parallélogramme.
8
Sur la figure, trois vecteurs sont enchaînés. Exprime le plus simplement possible AB+BC+CD, puis AB+BC+DA… en réordonnant si besoin.
Figure 13 — Les quatre points A, B, C et D ne sont pas alignés.
Voir le corrigé détaillé
Première somme. Les vecteurs s’enchaînent parfaitement.
AB+BC+CD
=AC+CDle B disparaît
=ADle C disparaît
Seconde somme. L’addition de vecteurs peut se faire dans n’importe quel ordre ; on place DA en tête.
AB+BC+DA
=DA+AB+BCon réordonne
=DB+BC
=DC
9
On donne A(−1;4) et B(5;−4).
Calcule les coordonnées de AB.
Calcule la longueur AB.
Calcule les coordonnées du milieu I de [AB].
Voir le corrigé détaillé
1.
x=5−(−1)=6
y=−4−4=−8
⇒AB(6;−8)
2.
AB=62+(−8)2
=36+64
=100
=10
3.
xI=2−1+5
=2
yI=24+(−4)
=0
Le milieu est I(2;0).
10
On donne u(4;−1) et w(1;5). On sait de plus que u+v=w. Détermine les coordonnées de v.
Voir le corrigé détaillé
Notons v(x;y). L’égalité u+v=w se traduit coordonnée par coordonnée.
Abscisses :
4+x=1
⇒x=1−4
⇒x=−3
Ordonnées :
−1+y=5
⇒y=5+1
⇒y=6
Conclusion.v(−3;6).
11
Dans un repère, on donne E(1;2), F(4;4), G(6;1) et H(3;−1). Le quadrilatère EFGH est-il un parallélogramme ?
Voir le corrigé détaillé
Un quadrilatère EFGH est un parallélogramme si et seulement si EF=HG : on suit le contour, donc les côtés opposés sont [EF] et [HG].
EF(4−1;4−2)
=EF(3;2)
HG(6−3;1−(−1))
=HG(3;2)
Les deux vecteurs ont les mêmes coordonnées, donc ils sont égaux.
Le quadrilatère EFGH est bien un parallélogramme.
Niveau 3 — Défi
12
Soient A, B, C et D quatre points du plan. Démontre que :
AB=CD⟺AC=BD
Voir le corrigé détaillé
On démontre les deux implications, en passant par la relation de Chasles.
Sens direct. Supposons AB=CD.
AC=AB+BCChasles, en passant par B
=CD+BCon utilise l’hypothèse
=BC+CDl’addition est commutative
=BDChasles, le C disparaît
Réciproque. Supposons maintenant AC=BD. Le raisonnement est identique en échangeant les rôles.
AB=AC+CBChasles, en passant par C
=BD+CBhypothèse
=CB+BD
=CD
Les deux implications étant établies, l’équivalence est démontrée. Géométriquement, elle exprime simplement que le parallélogramme ABDC possède deux paires de côtés opposés. C.Q.F.D.
13
ABCD est un parallélogramme et I est le milieu de la diagonale [AC]. Démontre, en n’utilisant que des vecteurs, que I est aussi le milieu de [BD].
Figure 14 — Les diagonales d’un parallélogramme se coupent en leur milieu : à démontrer.
Voir le corrigé détaillé
Comme ABCD est un parallélogramme, ses côtés opposés [AB] et [DC] donnent :
AB=DCdéfinition du parallélogramme
Comme I est le milieu de [AC] :
AI=ICcaractérisation vectorielle du milieu
On décompose alors BI et ID avec Chasles.
BI=BA+AIChasles, en passant par A
ID=IC+CDChasles, en passant par C
Or AB=DC entraîne BA=CD (on change les deux sens à la fois).
BI=BA+AI
=CD+ICon remplace les deux termes
=IC+CDcommutativité
=ID
On a donc BI=ID : le point I est bien le milieu de [BD]. C.Q.F.D.
14
Dans un repère, on donne A(−2;3), B(4;1) et C(6;7). Soit M le milieu de [AB] et N le milieu de [AC].
Calcule les coordonnées de M et de N.
Calcule les coordonnées de MN et de BC.
Que peut-on en déduire pour les droites (MN) et (BC) ? Et pour les longueurs MN et BC ?
Voir le corrigé détaillé
1. Coordonnées de M, milieu de [AB] :
xM=2−2+4=1
yM=23+1=2
⇒M(1;2)
Coordonnées de N, milieu de [AC] :
xN=2−2+6=2
yN=23+7=5
⇒N(2;5)
2.
MN(2−1;5−2)
=MN(1;3)
BC(6−4;7−1)
=BC(2;6)
3. Les coordonnées de BC sont exactement le double de celles de MN : les deux vecteurs ont donc la même direction. Les droites (MN) et (BC) sont parallèles.
Pour les longueurs :
MN=12+32
=10
BC=22+62
=40
=210
On retrouve donc BC=2×MN : c’est le théorème des milieux, redémontré ici avec des coordonnées.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
15
Le drone de Dakar. Ousmane pilote un drone de cartographie au-dessus de la ville. Sur son écran, la position est repérée dans un quadrillage dont chaque unité vaut 100 m. Le drone décolle du point A(2;3).
Il effectue un premier déplacement de vecteur u(4;−1). Quelles sont les coordonnées du point B où il arrive ?
Il enchaîne un second déplacement de vecteur v(−1;5). Quelles sont les coordonnées du point C où il arrive ?
Quel est le vecteur du déplacement direct de A à C ?
Quelle distance à vol d’oiseau sépare A de C, arrondie au mètre ?
Voir le corrigé détaillé
1. Le vecteur AB est égal à u, donc :
xB−2=4
⇒xB=6
yB−3=−1
⇒yB=2
Le drone arrive en B(6;2).
2. De même avec BC=v :
xC=6+(−1)=5
yC=2+5=7
⇒C(5;7)
3. D’après la relation de Chasles, le déplacement direct est AC=AB+BC=u+v.
x=4+(−1)=3
y=−1+5=4
⇒AC(3;4)
On vérifie avec les points : 5−2=3 et 7−3=4. C’est cohérent.
4. La distance en unités du quadrillage :
AC=32+42
=9+16
=25
=5
5×100=500
Le drone se trouve à 500 m de son point de décollage, alors qu’il a parcouru bien davantage en réalité.
16
La pirogue sur le Chari (Ndjamena). Fatimé traverse le fleuve en pirogue. Elle maintient un cap perpendiculaire à la rive, ce qui correspond, en une heure, au vecteur p(0;6) (en kilomètres). Mais le courant l’entraîne vers l’aval : il correspond, en une heure, au vecteur c(2,5;0).
Figure 15 — Le trajet réellement suivi est la somme des deux vecteurs.
Détermine les coordonnées du vecteur r du trajet réel en une heure.
Quelle distance la pirogue parcourt-elle réellement en une heure ?
Le fleuve mesure 600 m de large. Combien de temps dure la traversée, et de combien de mètres Fatimé est-elle déportée vers l’aval ?
Voir le corrigé détaillé
1. Les deux déplacements se composent : on additionne les vecteurs.
x=0+2,5=2,5
y=6+0=6
⇒r(2,5;6)
2. On calcule la longueur du vecteur r.
∥r∥=2,52+62
=6,25+36
=42,25
=6,5
La pirogue parcourt réellement 6,5 km en une heure, alors qu’elle ne progresse que de 6 km vers l’autre rive.
3. La traversée, c’est le déplacement perpendiculaire à la rive : 600 m, soit 0,6 km, à la vitesse de 6 km/h.
t=60,6
=0,1 heure
=6 minutescar 0,1×60=6
Pendant ces 6 minutes, le courant l’a déportée de :
d=2,5×0,1
=0,25 km
=250 m
Fatimé accostera 250 m en aval du point qu’elle visait. C’est pourquoi les piroguiers visent toujours un point situé en amont de leur destination.
17
Le motif du pagne (Abidjan). Awa dessine un pagne dont le motif se répète par translation. Sur son plan quadrillé, une unité représente 5 cm. Le premier motif est centré au point M1(1;2), et chaque motif se déduit du précédent par la translation de vecteur u(3;1).
Donne les coordonnées des centres M2, M3 et M4.
Calcule les coordonnées du vecteur M1M4.
Quelle distance, en centimètres, sépare le centre du premier motif de celui du quatrième ? Arrondis au millimètre.
Voir le corrigé détaillé
1. À chaque motif, on ajoute 3 à l’abscisse et 1 à l’ordonnée.
M2(1+3;2+1)=M2(4;3)
M3(4+3;3+1)=M3(7;4)
M4(7+3;4+1)=M4(10;5)
2.
x=10−1=9
y=5−2=3
⇒M1M4(9;3)
C’est bien trois fois le vecteur u, ce qui est logique : on a appliqué trois fois la même translation.