Courant alternatif sinusoïdal et circuit RLC forcé
Étudier le régime forcé et la résonance.
PhysiqueTerminaleChapitre 8 / 11⏱ 11 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Construire un diagramme de Fresnel
Calculer une impédance et un déphasage
Déterminer les conditions de résonance
Ouvre les yeux sur n'importe quelle prise électrique, à Dakar, à Ndjamena ou à Abidjan : le courant qui en sort n'est jamais constant. Il oscille, cinquante fois par seconde, entre un sens et l'autre — c'est le courant alternatif sinusoïdal, celui que produisent et distribuent SENELEC, la SNE ou la CIE. Jusqu'ici, en électricité, tu as surtout raisonné en régime continu (piles, résistances, charge d'un condensateur) : des grandeurs qui, une fois le régime permanent atteint, ne bougent plus. Ce chapitre change de monde.
Tu as aussi étudié les oscillateurs mécaniques : un ressort qui rappelle une masse, un pendule qui balance. Ce chapitre te réserve une surprise agréable : un circuit contenant une bobine et un condensateur oscille exactement de la même façon, avec les mêmes mots — amplitude, pulsation propre, résonance. La bobine joue le rôle de la masse, qui s'oppose aux variations de vitesse (ici, de courant) ; le condensateur celui du ressort, qui emmagasine puis restitue l'énergie. Ce que tu sais déjà des oscillations mécaniques va t'aider à comprendre les oscillations électriques.
La nouveauté, c'est le régime forcé : on n'abandonne plus le circuit à lui-même, on l'alimente en permanence par un générateur basse fréquence (GBF) ou par le secteur, à une fréquence qu'on impose. Pour décrire ce régime sans résoudre d'équation différentielle à chaque fois, tu vas apprendre un outil géométrique redoutablement efficace : la construction de Fresnel, qui représente chaque tension et chaque courant par un simple vecteur. Avec elle, additionner des grandeurs sinusoïdales devient un problème... de géométrie plane.
À la fin de ce chapitre, tu sauras construire un diagramme de Fresnel, calculer une impédance et un déphasage, et déterminer les conditions de résonance d'un circuit RLC — des compétences directement exigibles au baccalauréat, et qui expliquent aussi bien le réglage d'un poste de radio que la facture d'électricité d'un atelier industriel.
Une grandeur électrique alternative sinusoïdale varie dans le temps comme une fonction cosinus (ou sinus, ce qui revient au même à un décalage près). C'est la forme la plus simple — et, pour cette raison, la plus fondamentale — qu'une grandeur périodique puisse prendre : tout signal périodique plus compliqué peut d'ailleurs s'écrire comme une somme de sinusoïdes (on l'admet ici).
1.1 Tension et intensité sinusoïdales
Définition
Une tension sinusoïdale est une tension de la forme :
u(t)=Umcos(ωt+φ)
où :
Um est l'amplitude (valeur maximale), en volts (V) ;
ω est la pulsation, en radians par seconde (rad⋅s−1) ;
(ωt+φ) est la phase instantanée, en radians ;
φ est la phase à l'origine (valeur de la phase à t=0), en radians.
Une intensité sinusoïdale s'écrit de la même manière : i(t)=Imcos(ωt+φ′).
La pulsation ω est liée à la périodeT (durée d'un motif complet, en secondes) et à la fréquencef (nombre de périodes par seconde, en hertz) par :
ω=T2π=2πf
Au Sénégal comme au Tchad, le réseau de distribution électrique (SENELEC, SNE) délivre une tension sinusoïdale de fréquence f=50Hz, donc de période T=20ms et de pulsation ω≈314rad⋅s−1. Un générateur basse fréquence (GBF) de laboratoire, lui, permet de choisir librement f — c'est ce qui rendra possible, plus loin, l'étude de la résonance.
Grandeur
Symbole
Unité SI
Tension (instantanée / efficace)
u(t) / U
volt(V)
Intensité (instantanée / efficace)
i(t) / I
ampeˋre(A)
Pulsation
ω
rad⋅s−1
Fréquence
f
hertz(Hz)
Période
T
seconde(s)
Phase, déphasage
φ
radian(rad)
Physique & Co — La guerre des courants
À la fin des années 1880, une bataille commerciale et technique féroce oppose, aux États-Unis, Thomas Edison, partisan du courant continu, à George Westinghouse et à l'ingénieur serbo-américain Nikola Tesla, qui défendent le courant alternatif. Edison, pour discréditer l'alternatif, va jusqu'à financer des démonstrations publiques mettant en scène sa dangerosité.
Le courant alternatif l'emporte pourtant, pour une raison purement physique que tu comprendras entièrement à la fin de ce chapitre : une tension alternative se transforme facilement (on l'élève ou on l'abaisse à l'aide d'un transformateur, hors programme ici), ce qui permet de transporter l'énergie sur de longues distances à haute tension — donc avec de faibles pertes par effet Joule — puis de l'abaisser près des habitations. En 1896, la première grande centrale hydroélectrique en courant alternatif entre en service aux chutes du Niagara. Tous les réseaux électriques du monde, y compris SENELEC et la SNE aujourd'hui, distribuent du courant alternatif.
1.2 Déphasage entre deux grandeurs sinusoïdales
Dans un même circuit, la tension u(t) aux bornes d'un dipôle et l'intensité i(t) qui le traverse ont la même pulsationω (imposée par le générateur), mais pas nécessairement la même phase à l'origine.
Définition — déphasage
Soit u(t)=Umcos(ωt+φu) et i(t)=Imcos(ωt+φi) deux grandeurs sinusoïdales de même pulsation. On appelle déphasage de u par rapport à i la quantité :
φ=φu−φi
Ce déphasage ne dépend pas du temps : à tout instant t, la différence des phases instantanées (ωt+φu)−(ωt+φi)=φu−φi reste constante. C'est cette constance qui rendra possible la représentation de Fresnel (section 3).
Dans toute la suite de ce chapitre, on choisit l'intensité i(t) comme origine des phases : i(t)=Imcos(ωt), et l'on note simplement φ le déphasage de u par rapport à i, si bien que u(t)=Umcos(ωt+φ). Ce choix n'est pas arbitraire : dans un circuit série, l'intensité est la même en tout point du circuit, ce qui en fait une référence naturelle et commode.
si φ>0 : u est en avance sur i (ou i est en retard sur u) ;
si φ<0 : u est en retard sur i ;
si φ=0 : u et i sont en phase ;
si φ=π : u et i sont en opposition de phase ;
si φ=±2π : u et i sont en quadrature.
Figure 1 — Les tensions u(t) et i(t), de même pulsation ω, mais déphasées : u atteint son maximum une durée Δt=T/6avanti (le pic bleu précède le pic vert), ce qui correspond à φ=T2πΔt=3πrad>0 : u est en avance sur i.
Méthode — mesurer un déphasage sur un graphe ou un oscillogramme
On repère le décalage temporel Δt entre deux évènements homologues des deux courbes (deux maximums consécutifs, par exemple). Comme une période T correspond à un déphasage de 2π :
∣φ∣=T2πΔt(en radians),∣φ∣=T360Δt(en degreˊs)
Le signe se lit directement : si la courbe de u atteint son maximum avant celle de i, alors u est en avance, donc φ>0.
Figure 2 — Sur cet oscillogramme, la voie 1 (u) est décalée d'une division vers la gauche par rapport à la voie 2 (i) : u est en avance. Avec T=8 div et un décalage de 1 div, φ=82π×1=4πrad=45°.
Exemple — lire un déphasage
Deux tensions ont pour expressions u1(t)=5cos(ωt+3π) et u2(t)=3cos(ωt−6π). Quel est le déphasage de u1 par rapport à u2 ?
φ=φ1−φ2
=3π−(−6π)
=62π+6π
=2πquadrature : u1 est en avance de 2π sur u2
1.3 Valeur efficace
Un voltmètre ou un ampèremètre en position « alternatif » n'affiche ni l'amplitude Um, ni une moyenne (qui serait nulle !), mais la valeur efficace. C'est elle qui figure sur les appareils électroménagers et sur les factures : « secteur 230 V » signifie 230 V efficaces.
Propriété
La valeur efficace U d'une tension sinusoïdale d'amplitude Um vaut :
U=2Um
De même pour une intensité : I=2Im. La valeur efficace a la même unité que la grandeur instantanée (volt ou ampère).
Démonstration — pourquoi diviser par 2 ?
La valeur efficace I d'un courant est définie comme l'intensité du courant continu qui, traversant le même résistor R, y dissiperait la même puissance moyenne par effet Joule. C'est cette exigence physique qui va fixer sa valeur.
Un résistor traversé par i(t)=Imcos(ωt) reçoit à chaque instant la puissance p(t)=Ri(t)2=RIm2cos2(ωt). On linéarise à l'aide de cos2θ=21+cos(2θ) :
p(t)=RIm2×21+cos(2ωt)
=2RIm2+2RIm2cos(2ωt)
Le second terme oscille, à la pulsation double 2ω, symétriquement autour de 0 : sa valeur moyenne sur une période est nulle. Il ne reste, en moyenne, que le premier terme :
Pmoy=⟨p(t)⟩=2RIm2
Or, en régime continu, un courant constant I dissipe dans R la puissance P=RI2. En identifiant P=Pmoy :
RI2=2RIm2
⇒I2=2Im2
⇒I=2ImI est positive, comme Im
Le même raisonnement, mené avec une tension aux bornes d'un résistor, donne U=2Um. C.Q.F.D.
Exemple — tension du secteur
Le secteur SENELEC délivre une tension efficace U=230V, de fréquence f=50Hz. Calculer l'amplitude Um, la pulsation ω et la période T.
Um=U2
=2302
≈325,3V
ω=2πf=2π×50
≈314,2rad⋅s−1
T=f1=501
=0,020s=20ms
Exemple — identifier les paramètres
Une tension a pour expression u(t)=21,2cos(100πt−4π) (en volts, t en secondes). Identifier Um, ω, f, φ, puis calculer U.
par identification : Um=21,2V ; ω=100πrad⋅s−1 ; φ=−4πrad
f=2πω=2π100π
=50Hz
U=2Um=221,2
≈15,0V
Attention
Ne confonds jamais valeur efficace et amplitude : un multimètre en position « AC » (alternatif) affiche toujours la valeur efficace, jamais l'amplitude. Pour une tension secteur affichée « 230 V », l'amplitude réellement atteinte à chaque alternance est 2302≈325V — c'est cette valeur, et non 230 V, qu'il faut utiliser pour un calcul de tenue en tension d'un isolant, par exemple.
2Impédance d'un dipôle
Soumets un dipôle quelconque à une tension sinusoïdale u(t)=Umcos(ωt+φ) ; en régime permanent, il est traversé par un courant sinusoïdal de même pulsationω (résultat général qu'on admet, et qu'on retrouve ci-dessous pour la bobine et le condensateur). Reste à savoir avec quelle amplitude, et avec quel déphasage : cela dépend de la nature du dipôle.
2.1 Le résistor
Propriété
Un résistor de résistance R, parcouru par i(t)=Imcos(ωt), a pour tension instantanée à ses bornes (loi d'Ohm, valable à chaque instant) :
uR(t)=Ri(t)=RImcos(ωt)
La tension aux bornes d'un résistor est donc en phase avec le courant qui le traverse (φR=0), à tout instant et pour toute fréquence.
2.2 La bobine
On considère une bobine idéale (résistance interne négligeable), d'inductance L, parcourue par i(t)=Imcos(ωt).
Démonstration
Aux bornes d'une bobine, la tension est reliée au courant par uL(t)=Ldtdi. On dérive i(t) par rapport au temps :
uL(t)=Ldtd[Imcos(ωt)]
=−LωImsin(ωt)
=LωImcos(ωt+2π)car −sinθ=cos(θ+2π)
La tension aux bornes d'une bobine est donc sinusoïdale, de même pulsation que le courant, d'amplitude ULm=LωIm, et en avance de 2π sur le courant.
Propriété — réactance inductive
UL=LωIφL=+2π
Le rapport IUL=Lω, homogène à une résistance, est appelé réactance inductive et se note ZL=Lω (en ohms, si L est en henrys et ω en rad⋅s−1). Elle croît avec la fréquence : une bobine s'oppose d'autant plus au passage du courant que celui-ci varie vite.
Exemple — tension aux bornes d'une bobine
Une bobine d'inductance L=0,50H est parcourue par un courant efficace I=0,20A de fréquence f=50Hz. Calculer la réactance ZL puis la tension efficace UL à ses bornes.
ZL=Lω=L×2πf
=0,50×2π×50
≈157,1Ω
UL=ZLI=157,1×0,20
≈31,4V
2.3 Le condensateur
On considère un condensateur de capacité C, parcouru par i(t)=Imcos(ωt), portant la charge q(t) sur l'armature reliée au sens positif de i.
Démonstration
La charge et le courant sont liés par i(t)=dtdq, et la tension par uC(t)=Cq(t). On intègre :
q(t)=∫i(t)dt=∫Imcos(ωt)dt
=ωImsin(ωt)pas de terme constant : q oscille autour de 0 en régime établi
uC(t)=Cq(t)=CωImsin(ωt)
=CωImcos(ωt−2π)car sinθ=cos(θ−2π)
La tension aux bornes d'un condensateur est donc sinusoïdale, d'amplitude UCm=CωIm, et en retard de 2π sur le courant.
Propriété — réactance capacitive
UC=CωIφC=−2π
Le rapport IUC=Cω1 est la réactance capacitive, notée ZC=Cω1 (en ohms, si C est en farads). Elle décroît avec la fréquence : un condensateur laisse d'autant mieux passer le courant que celui-ci varie vite ; en continu (ω→0), ZC→∞ : le condensateur bloque le courant, ce que tu savais déjà.
Exemple — tension aux bornes d'un condensateur
Un condensateur de capacité C=10μF est parcouru par un courant efficace I=0,20A de fréquence f=50Hz. Calculer ZC puis UC.
ZC=Cω1=C×2πf1
=10×10−6×2π×501
≈318,3Ω
UC=ZCI=318,3×0,20
≈63,7V
2.4 Impédance et loi d'Ohm généralisée
Définition — impédance
Pour un dipôle quelconque, parcouru par un courant efficace I et soumis à une tension efficace U de même fréquence, on appelle impédance le rapport :
Z=IU
L'impédance s'exprime en ohms(Ω), comme une résistance. C'est une grandeur toujours positive.
Dipôle
Impédance
Déphasage φ de u / i
Résistor R
ZR=R
0
Bobine (idéale) L
ZL=Lω
+2π
Condensateur C
ZC=Cω1
−2π
La relation U=ZI généralise la loi d'Ohm au régime sinusoïdal : on l'appelle parfois loi d'Ohm en valeurs efficaces. Elle relie les amplitudes (ou les valeurs efficaces, ce qui revient au même) ; l'impédance, à elle seule, ne dit rien sur le déphasage — il faut le préciser séparément, comme dans le tableau ci-dessus.
Attention
Sauf pour un résistor pur, la relation U=ZI ne s'applique jamais aux valeurs instantanées : on n'a pasu(t)=Zi(t) en général, puisque u et i sont déphasés. Z relie uniquement les amplitudes (ou les valeurs efficaces) entre elles, jamais les fonctions du temps directement.
3Construction de Fresnel
Additionner deux fonctions cosinus de même pulsation mais de phases différentes, à la main, est fastidieux : il faudrait linéariser, regrouper... Fresnel a proposé, dès 1823, un raccourci purement géométrique : représenter chaque grandeur sinusoïdale par un vecteur.
3.1 Principe : le vecteur tournant
Définition — vecteur de Fresnel
À une grandeur sinusoïdale x(t)=Xmcos(ωt+φ), on associe le vecteur de FresnelOM : un vecteur tournant, de norme Xm (ou, selon la convention choisie, la valeur efficace X), qui fait avec un axe de référence fixe un angle égal à la phase instantanée (ωt+φ), compté positivement dans le sens trigonométrique. La valeur instantanée x(t) est alors la projection de ce vecteur sur l'axe de référence.
Comme tous les vecteurs de Fresnel d'un même circuit tournent à la même vitesse angulaireω, leurs positions relatives (les angles qu'ils font entre eux) restent figées au cours du temps — ce sont exactement les déphasages définis en section 1. On peut donc « arrêter le film » à l'instant t=0 et ne dessiner qu'une photographie du diagramme, sans perdre aucune information utile : c'est ce qu'on appelle construire le diagramme de Fresnel.
Démonstration — pourquoi additionner des vecteurs revient à additionner des sinusoïdes
Soit deux grandeurs sinusoïdales de même pulsation ω, x1(t) et x2(t), représentées par les vecteurs de Fresnel X1(t) et X2(t) : par définition, la projection de X1(t) sur l'axe de référence vaut x1(t), et celle de X2(t) vaut x2(t).
La projection sur un axe est une opération linéaire : la projection d'une somme de vecteurs est la somme des projections. Le vecteur somme X(t)=X1(t)+X2(t) a donc pour projection :
proj(X(t))=proj(X1(t))+proj(X2(t))
=x1(t)+x2(t)
De plus, X1 et X2 tournent tous deux à la vitesse angulaire ω en gardant un angle constant entre eux (leur déphasage) : leur somme X est donc, elle aussi, un vecteur de norme constante qui tourne à la vitesse ω — c'est le vecteur de Fresnel d'une grandeur sinusoïdale x(t)=x1(t)+x2(t), de pulsation ω.
Conclusion : la somme de deux grandeurs sinusoïdales de même pulsation est une grandeur sinusoïdale de même pulsation, dont le vecteur de Fresnel est la somme (vectorielle) des deux vecteurs de Fresnel. Additionner des fonctions du temps devient un problème de géométrie plane.
3.2 Règles de construction et d'addition
Méthode — construire un diagramme de Fresnel
On choisit une échelle et un axe de référence horizontal (souvent l'axe de l'intensité I, puisque c'est la grandeur commune à tout un circuit série).
Chaque grandeur sinusoïdale est représentée par un vecteur dont la norme est son amplitude (ou sa valeur efficace, à condition d'être cohérent pour tout le diagramme), et dont l'angle avec l'axe de référence est son déphasage par rapport à cette référence.
Pour sommer plusieurs grandeurs, on place les vecteurs bout à bout (relation de Chasles) : le vecteur résultant va de l'origine du premier vecteur à l'extrémité du dernier.
Sur le papier, on représente donc, à l'instant t=0, chaque grandeur sinusoïdale par un vecteur d'origine O, de norme son amplitude Xm et faisant avec l'axe de référence un angle égal à sa phase à l'origine φ — c'est le diagramme de Fresnel.
Exemple — additionner deux vecteurs de Fresnel
Deux grandeurs sinusoïdales de même pulsation ont pour vecteurs de Fresnel A, de norme 3 et porté par l'axe de référence, et B, de norme 4, perpendiculaire à A (déphasé de 2π). Déterminer la norme et l'angle du vecteur somme C=A+B.
A et B sont perpendiculaires : le triangle formé est rectangle
C2=A2+B2théorème de Pythagore
=32+42=25
⇒C=5
tan(A,C)=AB=34
⇒l'angle vaut ≈53,1°
Attention
La construction de Fresnel ne s'applique qu'à des grandeurs de même pulsationω. On ne peut pas placer sur un même diagramme, par exemple, un signal et son harmonique : leurs vecteurs tourneraient à des vitesses différentes, et l'angle entre eux ne resterait pas constant.
4Circuit RLC série en régime forcé
4.1 Le montage
On associe en série un résistor de résistance R, une bobine idéale d'inductance L et un condensateur de capacité C, le tout alimenté par un générateur qui impose une tension sinusoïdale u(t)=Umcos(ωt+φ) de pulsation ω réglable : c'est le régime sinusoïdal forcé, la pulsation étant imposée par le générateur et non plus choisie par le circuit lui-même.
Figure 3 — Circuit RLC série alimenté par un générateur de tension sinusoïdale u(t) ; un ampèremètre (A) mesure l'intensité efficace I, commune aux trois dipôles.
Le circuit étant série, un seul et même courant i(t)=Imcos(ωt) traverse les trois dipôles : c'est donc lui, comme annoncé en section 1, que l'on choisit comme origine des phases. À chaque instant, la loi des mailles donne :
u(t)=uR(t)+uL(t)+uC(t)
Chacune des tensions uR, uL, uC est sinusoïdale de pulsation ω (section 2) : leur somme u(t) l'est donc aussi (section 3), mais calculer son amplitude et sa phase directement, à coups de formules de trigonométrie, serait pénible. Le diagramme de Fresnel va faire le travail à notre place.
4.2 Diagramme de Fresnel du circuit RLC
Méthode — construire le Fresnel d'un RLC série
On porte, à partir de l'origine et le long de l'axe de référence (celui de I) :
le vecteur UR, de norme RI, colinéaire à I (en phase) ;
puis, à partir de son extrémité, le vecteur UL, de norme LωI, tourné de +2π (en avance) ;
puis, à partir de la nouvelle extrémité, le vecteur UC, de norme CωI, tourné de −2π (en retard) — donc vers le bas si UL pointait vers le haut.
Le vecteur U, somme des trois, va de l'origine à l'extrémité finale.
Pour un même dipôle RLC série, de résistance R=20Ω, parcouru par un courant efficace I=2,0A, le diagramme obtenu change d'allure selon la fréquence f du générateur, comparée à la fréquence de résonance f0 (définie en section 5) :
Figure 4 — Construction de Fresnel d'un même circuit RLC série (R=20Ω, I=2,0A) pour trois fréquences : (a) f>f0, le circuit est inductif ; (b) f<f0, il est capacitif ; (c) f=f0, UL et UC s'annulent exactement et U=UR : c'est la résonance, étudiée en section 5.
Dans les trois cas, UL et UC, colinéaires et de sens opposés, se combinent en un vecteur unique UL−UC, perpendiculaire à UR : le triangle formé par UR, (UL−UC) et U est donc toujours rectangle. C'est ce triangle rectangle qui va livrer, par Pythagore, la formule de l'impédance.
4.3 Impédance et déphasage
Théorème — impédance du circuit RLC série
Z=R2+(Lω−Cω1)2tanφ=RLω−Cω1
où φ est le déphasage de u par rapport à i. L'intensité efficace s'obtient par la loi d'Ohm généralisée : I=ZU.
Démonstration
Dans le triangle rectangle du diagramme de Fresnel (figure 4), l'hypoténuse est U, et les deux côtés de l'angle droit sont UR=RI et UL−UC=(Lω−Cω1)I. Le théorème de Pythagore donne :
U2=UR2+(UL−UC)2
=R2I2+(Lω−Cω1)2I2
=I2[R2+(Lω−Cω1)2]
Or Z=IU ; en divisant l'égalité précédente par I2 puis en prenant la racine carrée (toutes les grandeurs sont positives) :
Z2=R2+(Lω−Cω1)2
⇒Z=R2+(Lω−Cω1)2
Dans ce même triangle, φ est l'angle entre l'hypoténuse U et le côté UR ; sa tangente est le rapport du côté opposé sur le côté adjacent :
tanφ=URUL−UC=RI(Lω−Cω1)I
=RLω−Cω1
C.Q.F.D.
Propriété — nature du circuit
si Lω>Cω1 : φ>0, le circuit est inductif (u en avance sur i) ;
si Lω<Cω1 : φ<0, le circuit est capacitif (u en retard sur i) ;
si Lω=Cω1 : φ=0, le circuit se comporte comme un résistor pur — c'est la résonance, étudiée en section 5.
Exemple — calculer Z, I et φ
Un dipôle RLC série a pour résistance R=40Ω ; à la pulsation étudiée, la réactance de la bobine vaut Lω=110Ω et celle du condensateur Cω1=140Ω. Il est alimenté sous une tension efficace U=100V. Calculer Z, I et φ.
Z=R2+(Lω−Cω1)2=402+(110−140)2
=1600+900=2500
=50Ω
I=ZU=50100
=2,0A
tanφ=40110−140=40−30=−0,75
⇒φ=arctan(−0,75)≈−0,644radsoit environ −36,9° : circuit capacitif, i en avance sur u
On vérifie que ces réactances correspondent par exemple à f=50Hz, avec L≈0,350H et C≈22,7μF.
Exemple — second circuit
Un autre dipôle RLC série a R=100Ω, Lω=80Ω, Cω1=200Ω. Calculer Z et φ, et préciser la nature du circuit.
Z=1002+(80−200)2
=10000+14400=24400
≈156,2Ω
tanφ=10080−200=−1,2
⇒φ≈−50,2°Lω<Cω1 : circuit capacitif
Attention
Ne te trompe pas de sens : un circuit où la bobine « domine » (Lω grand) est inductif, avec φ>0 — c'est u qui est en avance, pas i. Le moyen le plus sûr reste de repartir du diagramme de Fresnel : UL pointe vers le haut, donc si UL>UC, le vecteur résultant U est au-dessus de l'axe I, donc φ>0.
5Résonance d'intensité
Fais varier la fréquence f du générateur, tout en maintenant sa tension efficace U constante : l'intensité efficace I=ZU varie elle aussi, puisque Z dépend de ω. Existe-t-il une fréquence pour laquelle le courant est maximal ? C'est tout l'objet de ce paragraphe : la résonance d'intensité.
5.1 Condition de résonance
Définition
On dit qu'un circuit RLC série est à la résonance d'intensité lorsque l'intensité efficace I est maximale, à tension efficace U fixée, lorsqu'on fait varier la pulsation ω du générateur.
Démonstration — la pulsation de résonance ω0
D'après la loi d'Ohm généralisée, I(ω)=Z(ω)U, à U fixée. I est donc maximale exactement quand Z est minimale.
Z(ω)=R2+(Lω−Cω1)2
le terme R2 ne dépend pas de ω ; Z est donc minimale quand (Lω−Cω1)2 est minimal
un carré est minimal, et vaut 0, quand la quantité élevée au carré s'annule
⇒Z est minimale (et vaut alors R) lorsque Lω0=Cω01
⇒ω02=LC1
⇒ω0=LC1ω0>0
À cette pulsation, Zmin=R (l'impédance est purement résistive : cas (c) de la figure 4) et l'intensité est maximale, Imax=RU.
Propriété — pulsation propre
ω0=LC1f0=2πLC1
ω0 (ou f0) ne dépend que de L et C : c'est une caractéristique du circuit LC lui-même, indépendante de R et du générateur — on l'appelle la pulsation propre (ou fréquence propre) du circuit. C'est exactement la pulsation à laquelle un circuit LC sans générateur oscillerait librement (tu retrouves ici le vocabulaire des oscillateurs mécaniques).
Exemple — calculer une fréquence propre
Un circuit comporte une bobine L=1,0H et un condensateur C=4,0μF. Calculer ω0 et f0.
ω0=LC1=1,0×4,0×10−61
=4,0×10−61=2,0×10−31
=500rad⋅s−1
f0=2πω0=2π500
≈79,6Hz
5.2 Courbe de résonance et bande passante
Traçons I(f), à U fixée, pour un circuit RLC série de pulsation propre ω0=LC1 — ici L=0,10H, C=10μF, soit ω0=1000rad⋅s−1 (f0≈159,2Hz) — pour deux valeurs de R, le générateur délivrant U=9,0V efficaces.
Figure 5 — Intensité efficace I en fonction de la fréquence f, pour un circuit RLC série (L=0,10H, C=10μF, donc f0≈159,2Hz) alimenté sous U=9,0V, pour deux résistances : R1=15Ω (résonance aiguë, Q1≈6,7) et R2=45Ω (résonance floue, Q2≈2,2). Les deux courbes culminent à la même fréquence f0.
Les deux courbes culminent à la même fréquence f0 (qui ne dépend que de L et C), mais avec des hauteurs et des largeurs très différentes : plus R est petite, plus le pic est haut et étroit — la résonance est dite aiguë ; plus R est grande, plus le pic est bas et large — la résonance est dite floue.
Définition — bande passante
La bande passante à 21 est l'intervalle de pulsations [ω1;ω2] pour lesquelles l'intensité efficace reste supérieure ou égale à 2Imax — c'est-à-dire pour lesquelles la puissance reçue (proportionnelle à I2) reste supérieure à la moitié de la puissance maximale. Sa largeur est notée Δω=ω2−ω1 (ou Δf en hertz).
Démonstration — Δω=LR
Les bornes de la bande passante vérifient I=2Imax, c'est-à-dire Z=R2 (car I=ZU et Imax=RU) :
Z2=2R2⟺R2+(Lω−Cω1)2=2R2
⟺(Lω−Cω1)2=R2
⟺Lω−Cω1=±R
En multipliant chaque cas par Lω (avec ω02=LC1), on obtient deux équations du second degré en ω :
ω2−LRω−ω02=0cas +R, racine positive notée ω2
ω2+LRω−ω02=0cas −R, racine positive notée ω1
La résolution (discriminant) donne ω2=2LR+(LR)2+4ω02 et ω1=2−LR+(LR)2+4ω02 : le radical, identique dans les deux expressions, disparaît par soustraction.
Δω=ω2−ω1
=LRles deux racines carrées identiques s'éliminent
Propriété — facteur de qualité
On définit le facteur de qualité (sans unité) du circuit :
Q=RLω0=Δωω0=Δff0
Plus Q est grand, plus la résonance est aiguë et sélective : c'est Q qui mesure objectivement la « finesse » du pic observé sur la figure 5.
Attention
La largeur de la bande passante Δω=LR ne dépend que de R et L — pas de C ! C'est une erreur fréquente de vouloir y faire apparaître C. En revanche, C intervient bien dans ω0 (donc dans la position du pic) et dans Q (par l'intermédiaire de ω0).
5.3 Surtension aux bornes de L et C
À la résonance, I=Imax=RU. Or les tensions efficaces aux bornes de la bobine et du condensateur valent UL=Lω0Imax et UC=Cω01Imax — et l'on a vu que Lω0=Cω01 à la résonance, donc UL=UC.
Démonstration — surtension UL=UC=QU
UL=Lω0Imax=Lω0×RU
=RLω0×U
=QUpar définition de Q=RLω0
Et UC=UL à la résonance, donc UC=QU également.
Attention — la surtension est réelle !
Dès que Q>1, les tensions efficaces UL et UC, individuellement, dépassent la tension d'alimentation U — parfois très largement. Ce n'est pas une violation de la loi des mailles : uL(t) et uC(t) restent en opposition de phase à chaque instant (car ZL=ZC à la résonance et leurs phases sont opposées), si bien que uL(t)+uC(t)=0 à tout instant, et u(t)=uR(t) : les tensions instantanées s'annulent, mais leurs valeurs efficaces prises séparément peuvent, elles, très largement dépasser U. Un condensateur ou une bobine mal dimensionnés peuvent donc être endommagés à la résonance, même si la tension du générateur semble raisonnable.
Exemple — résonance et surtension
Pour le circuit de la figure 5 (L=0,10H, C=10μF, R=15Ω, U=9,0V), calculer Q, Δf et la surtension UL à la résonance.
Q=RLω0=150,10×1000
=15100≈6,7
Δf=2πΔω=2πLR=2π×0,1015
≈23,9Hz
UL=QU=6,7×9,0
≈60Vplus de 6 fois la tension du générateur !
6Puissance et facteur de puissance
Un circuit alimenté en alternatif reçoit, à chaque instant, une puissance p(t)=u(t)i(t). Mais c'est la puissance moyenne, celle que facture SENELEC ou la SNE, qui compte pour l'utilisateur — et elle dépend, on va le voir, non seulement de U et de I, mais aussi du déphasage φ.
6.1 Puissance instantanée et puissance moyenne
Définition
La puissance instantanée reçue par un dipôle est p(t)=u(t)i(t). La puissance moyenne (ou puissance active) est sa valeur moyenne sur une période, P=⟨p(t)⟩, exprimée en watts (W).
Démonstration — P=UIcosφ
Avec i(t)=Imcos(ωt) et u(t)=Umcos(ωt+φ) :
p(t)=UmImcos(ωt+φ)cos(ωt)
=2UmIm[cosφ+cos(2ωt+φ)]formule cosacosb=21[cos(a−b)+cos(a+b)], avec a=ωt+φ,b=ωt
Le second terme oscille à la pulsation double 2ω, symétriquement autour de 0 : sa moyenne sur une période est nulle (même argument qu'en section 1.3). Il ne reste que le premier terme, constant :
P=⟨p(t)⟩=2UmImcosφ
=2Um×2Im×cosφ
=UIcosφvaleurs efficaces, section 1.3
C.Q.F.D.
Propriété
P=UIcosφ
Pour un résistor pur (φ=0), on retrouve P=UI=RI2 : toute la puissance est dissipée. Pour une bobine ou un condensateur idéaux (φ=±2π), cosφ=0 : aucune puissance n'est consommée en moyenne — l'énergie est empruntée puis intégralement restituée au générateur à chaque quart de période.
6.2 Facteur de puissance et triangle des puissances
Définition
On appelle puissance apparente le produit S=UI, exprimé en volt-ampères (VA) — c'est la puissance que « voit » le générateur, indépendamment du déphasage. Le rapport :
k=cosφ=SP
est appelé facteur de puissance : c'est la fraction de la puissance apparente réellement convertie en puissance active. On a toujours 0⩽k⩽1.
Propriété — triangle des puissances
On définit aussi la puissance réactiveQ=UIsinφ (en vars, var). Comme cos2φ+sin2φ=1 :
S2=P2+Q2
P, Q et S forment donc un triangle rectangle — le triangle des puissances — en tout point semblable au triangle des tensions de Fresnel (UR, UL−UC, U) et à celui des impédances (R, Lω−Cω1, Z) : les trois sont liés par le même facteur I ou I2.
Figure 6 — Triangle des puissances : P=UIcosφ (active), Q=UIsinφ (réactive), S=UI (apparente), avec S2=P2+Q2. Exemple représenté : U=200V, I=5,0A, φ≈36,9°.
Exemple — calculer P, S et Q
Une installation est alimentée sous U=200V, traversée par I=5,0A, avec un déphasage φ≈36,9° (cosφ=0,80, sinφ=0,60). Calculer P, S et Q.
P=UIcosφ=200×5,0×0,80
=800W
S=UI=200×5,0
=1000VA
Q=UIsinφ=1000×0,60
=600var
Attention
La puissance apparente S n'est pas une puissance réellement consommée : c'est P (en watts) qui correspond à l'énergie effectivement transformée (chaleur, travail...) et facturée en kilowattheures. S fixe cependant le dimensionnement des câbles et des générateurs, qui doivent supporter l'intensité I=US — d'où l'intérêt, pour un distributeur comme SENELEC, d'un facteur de puissance proche de 1.
6.3 Relèvement du facteur de puissance
Les moteurs électriques, très répandus dans l'industrie, sont des charges inductives (φ>0) : leur facteur de puissance est souvent médiocre (0,6 à 0,8). Beaucoup de distributeurs, dont SENELEC, pénalisent financièrement les gros clients dont cosφ est trop faible, car cela les oblige à dimensionner un réseau capable de transporter une intensité I plus grande que nécessaire pour la même puissance utile P.
Méthode — relever le facteur de puissance
On place un condensateur en dérivation aux bornes de l'installation. Il consomme une puissance réactive négative (il en fournit), ce qui réduit la puissance réactive totale sans changer P (un condensateur ne consomme aucune puissance active). Pour passer d'un facteur cosφ1 à un facteur cible cosφ2 (avec φ2<φ1), à P inchangée :
Qc=Ptanφ1−Ptanφ2=P(tanφ1−tanφ2)puissance réactive à compenser
Qc=U2Cωpuissance réactive fournie par un condensateur sous tension U
⇒C=U2ωP(tanφ1−tanφ2)
Exemple — dimensionner un condensateur de compensation
Un moteur, sous U=230V, f=50Hz, a une puissance active P=1500W et un facteur de puissance cosφ1=0,70. On veut le relever à cosφ2=0,90. Calculer la capacité C à installer en parallèle.
φ1=arccos(0,70)≈45,6°donc tanφ1≈1,020
φ2=arccos(0,90)≈25,8°donc tanφ2≈0,484
Qc=P(tanφ1−tanφ2)=1500×(1,020−0,484)
≈804var
C=U2ωQc=2302×314,2804
≈48,4×10−6F=48,4μF
6.4 Applications
Ces notions ne sont pas que théoriques : elles gouvernent une bonne partie du réseau électrique qui t'entoure.
Distribution SENELEC / SNE : le facteur de puissance conditionne le dimensionnement des lignes ; les gros abonnés industriels sont facturés à la fois sur l'énergie active (kWh) et, au-delà d'un certain seuil, pénalisés sur un cosφ trop faible.
Compteur électrique : qu'il soit électromécanique (à disque tournant) ou électronique, il intègre dans le temps la puissance activep(t), et non la puissance apparente — c'est bien P=UIcosφ qui détermine ta facture, en kilowattheures.
Filtre passe-bande radio : un circuit RLC branché en antenne d'un poste de radio ne laisse passer efficacement que les fréquences proches de sa fréquence propre f0 (section 5) : en ajustant C (le « bouton d'accord »), on choisit la station à recevoir ; un facteur de qualité Q élevé permet de bien séparer deux stations proches.
Physique & Co — Galileo Ferraris et le compteur à disque
En 1885, l'ingénieur italien Galileo Ferraris découvre le principe du champ magnétique tournant, produit par des courants alternatifs déphasés — un principe qu'il ne brevette pas, convaincu, à tort, que le courant alternatif n'aurait pas d'avenir industriel. Ce même principe permet à Nikola Tesla de mettre au point, la même année, le moteur asynchrone, aujourd'hui le moteur électrique le plus répandu au monde.
Ferraris applique aussi son principe, en 1888, à un dispositif de mesure : le compteur à induction (« compteur Ferraris »), où un disque d'aluminium tourne à une vitesse proportionnelle à la puissance active consommée, ses rotations, comptées par un jeu d'engrenages, donnant directement l'énergie en kilowattheures. Ce compteur électromécanique équipera, pendant plus d'un siècle, l'immense majorité des foyers du monde — Afrique francophone comprise — avant d'être progressivement remplacé par les compteurs électroniques.
Fiche mémo
u(t)=Umcos(ωt+φ) ; ω=T2π=2πf ; U=2Um (idem pour I).
Déphasage φ=φu−φi constant : en phase (0), en avance/retard, quadrature (±2π), opposition (π).
Facteur de puissance k=cosφ=SP ; relèvement par condensateur en parallèle : C=U2ωP(tanφ1−tanφ2).
7Exercices corrigés
Niveau 1 — Application directe
1
Une tension a pour expression u(t)=20cos(100πt+6π) (en volts, t en secondes). Déterminer Um, ω, f, T, φ, puis calculer la valeur efficace U.
Voir le corrigé détaillé
par identification : Um=20V ; ω=100πrad⋅s−1≈314,2rad⋅s−1 ; φ=6πrad=30°
f=2πω=2π100π
=50Hz
T=f1=501
=0,020s=20ms
U=2Um=220
≈14,1V
2
Le secteur SENELEC délivre U=230V efficaces, f=50Hz. Calculer l'amplitude Um. Un radiateur électrique, indiqué « 230 V ~ 50 Hz — 1000 W », se comporte comme un résistor (cosφ=1). Calculer l'intensité efficace I qu'il appelle, puis l'amplitude Im.
Voir le corrigé détaillé
Um=U2=2302
≈325,3V
résistor : P=UI⇒I=UP=2301000
≈4,3A
Im=I2≈4,3×2
≈6,1A
3
Une bobine L=50mH et un condensateur C=20μF sont étudiés séparément. Calculer ZL et ZC pour f=50Hz, puis pour f=1000Hz. Commenter l'évolution de chaque réactance avec la fréquence.
Voir le corrigé détaillé
à f=50Hz : ZL=Lω=0,050×2π×50
≈15,7Ω
ZC=Cω1=20×10−6×2π×501
≈159,2Ω
à f=1000Hz : ZL=0,050×2π×1000
≈314,2Ω
ZC=20×10−6×2π×10001
≈8,0Ω
Quand la fréquence est multipliée par 20, ZL est multipliée par 20 (elle est proportionnelle à f), tandis que ZC est divisée par 20 (elle est inversement proportionnelle à f) : la bobine s'oppose de plus en plus au courant quand f augmente, le condensateur de moins en moins.
4
Un dipôle RLC série a R=40Ω, L=0,20H, C=20μF, et il est alimenté sous U=100V efficaces, f=50Hz. Calculer Z, φ et I.
Voir le corrigé détaillé
ω=2πf=2π×50≈314,2rad⋅s−1
Lω=0,20×314,2≈62,8Ω
Cω1=20×10−6×314,21≈159,2Ω
Z=R2+(Lω−Cω1)2=402+(62,8−159,2)2
≈104,3Ω
tanφ=4062,8−159,2≈−2,41
⇒φ≈−67,5°circuit capacitif : Lω<Cω1
I=ZU=104,3100
≈0,96A
5
Un dipôle est soumis à U=48V, traversé par I=2,5A, avec un déphasage φ=25° de u par rapport à i. Calculer la puissance active P, la puissance apparente S et la puissance réactive Q.
Voir le corrigé détaillé
cos(25°)≈0,906 et sin(25°)≈0,423
P=UIcosφ=48×2,5×0,906
≈108,8W
S=UI=48×2,5
=120VA
Q=UIsinφ=120×0,423
≈50,7var
Niveau 2 — Approfondissement
6
Un dipôle RLC série, de résistance R=25Ω, est parcouru par un courant efficace I=2,0A. On donne UL=170V et UC=50V. En construisant le diagramme de Fresnel, déterminer la tension efficace U aux bornes du dipôle et le déphasage φ de u par rapport à i.
Voir le corrigé détaillé
On place UR le long de l'axe de I, puis UL (vers le haut) et UC (vers le bas) à sa suite ; U va de l'origine à l'extrémité finale.
UR=RI=25×2,0=50V
UL−UC=170−50=120V
U=UR2+(UL−UC)2=502+1202
=2500+14400=16900
=130V
tanφ=URUL−UC=50120=2,4
⇒φ≈67,4°circuit inductif, UL>UC
7
En t'aidant de la figure 2 (oscillogramme, section 1.2), avec une base de temps de 0,5ms/div, détermine la période T, la fréquence f, puis le déphasage φ de u (voie 1) par rapport à i (voie 2). Le circuit correspondant est-il plutôt inductif ou capacitif ?
Voir le corrigé détaillé
sur la figure, un motif complet occupe 8 divisions : T=8×0,5=4,0ms
f=T1=4,0×10−31
=250Hz
le décalage entre les deux courbes vaut 1 division, soit Δt=0,5ms
φ=T2πΔt=82π×1
=4πrad=45°
La voie 1 (u) est en avance sur la voie 2 (i) : φ>0, le circuit est inductif.
8
Un circuit RLC série comprend L=0,80H et C=5,0μF, avec R=40Ω, alimenté sous U=6,0V efficaces. Calculer la fréquence de résonance f0, le facteur de qualité Q, la bande passante Δf, puis la tension efficace UL aux bornes de la bobine à la résonance.
Voir le corrigé détaillé
ω0=LC1=0,80×5,0×10−61
=4,0×10−61=2,0×10−31=500rad⋅s−1
f0=2πω0=2π500
≈79,6Hz
Q=RLω0=400,80×500
=10,0
Δf=Qf0=10,079,6
≈8,0Hz
UL=QU=10,0×6,0
=60Vsoit 10 fois la tension d'alimentation !
9
En observant la figure 5 (courbe de résonance I(f) pour R1=15Ω et R2=45Ω) : a) laquelle des deux courbes correspond à R1 ? Justifier sans calcul. b) lire graphiquement f0, Imax,1 et Imax,2. c) calculer Q1 et Q2, et relier leurs valeurs à l'allure des deux courbes.
Voir le corrigé détaillé
a) À la résonance, Imax=RU : la résistance la plus petite donne le courant maximal le plus grand. La courbe bleue (la plus haute et la plus étroite) correspond donc à R1=15Ω, la courbe rouge à R2=45Ω.
b) Lecture graphique : f0≈159Hz (commune aux deux courbes) ; Imax,1≈0,60A ; Imax,2≈0,20A.
ω0=2πf0≈2π×159,2≈1000rad⋅s−1
Q1=Δω1ω0avec Δω1=R1/L, L=0,10H
=15/0,101000=1501000≈6,7
Q2=45/0,101000=4501000
≈2,2
Q1>Q2 : conforme à la courbe 1, plus haute et plus étroite (résonance plus sélective) que la courbe 2.
10
Un atelier, sous U=230V, f=50Hz, consomme P=4400W avec un facteur de puissance cosφ1=0,65. On veut le relever à cosφ2=0,93 à l'aide d'une batterie de condensateurs en parallèle. Calculer la puissance réactive à compenser Qc, puis la capacité C nécessaire.
Voir le corrigé détaillé
φ1=arccos(0,65)≈49,5°tanφ1≈1,17
φ2=arccos(0,93)≈21,6°tanφ2≈0,40
Qc=P(tanφ1−tanφ2)=4400×(1,17−0,40)
≈3405var
C=U2ωQc=2302×314,23405
≈205μF
Niveau 3 — Type bac
11
Un circuit RLC série comprend un résistor R=60Ω, une bobine idéale L=0,30H et un condensateur C=10μF. Il est alimenté par un GBF de tension efficace U=120V, de fréquence réglée à f=80Hz.
Calculer la pulsation ω, puis les réactances Lω et Cω1.
En déduire l'impédance Z du dipôle et l'intensité efficace I.
Calculer le déphasage φ de u par rapport à i. Préciser la nature du circuit à cette fréquence.
Calculer la fréquence propre f0 du circuit. Ce résultat est-il cohérent avec la question 3 ?
Voir le corrigé détaillé
1.
ω=2πf=2π×80
≈502,7rad⋅s−1
Lω=0,30×502,7
≈150,8Ω
Cω1=10×10−6×502,71
≈198,9Ω
2.
Z=R2+(Lω−Cω1)2=602+(150,8−198,9)2
≈76,9Ω
I=ZU=76,9120
≈1,56A
3.
tanφ=60150,8−198,9≈−0,80
⇒φ≈−38,8°
φ<0 : u est en retard sur i, le circuit est capacitif à f=80Hz.
4.
f0=2πLC1=2π0,30×10×10−61
≈91,9Hz
f=80Hz<f0≈91,9Hz : on se trouve en dessous de la résonance, donc en régime capacitif — cohérent avec la question 3.
12
Restitution organisée de connaissances.
Démontrer que, dans un circuit RLC série alimenté sous tension efficace U constante, l'intensité efficace I(ω) est maximale lorsque ω=ω0=LC1.
Un circuit RLC série a L=0,15H, C=15μF, R=25Ω, alimenté sous U=15V efficaces. Calculer f0, Imax, Q et Δf.
Calculer UL et UC à la résonance. Commenter.
Voir le corrigé détaillé
1.I(ω)=Z(ω)U, à U fixée : I est maximale quand Z est minimale.
Z(ω)=R2+(Lω−Cω1)2
R2 est constant ; Z est minimale quand (Lω−Cω1)2 est minimal, c'est-à-dire nul (un carré est toujours ⩾0)
⇒Z minimale lorsque Lω=Cω1
⇒ω2=LC1
⇒ω0=LC1racine positive
2.
ω0=0,15×15×10−61≈666,7rad⋅s−1
f0=2π666,7≈106,1Hz
Imax=RU=2515=0,60A
Q=RLω0=250,15×666,7≈4,0
Δf=Qf0=4,0106,1≈26,5Hz
3.
UL=UC=QU=4,0×15
=60V
Bien que U=15V seulement, chacune des tensions UL et UC atteint 60V : c'est le phénomène de surtension, ici multiplié par Q=4.
13
Une installation industrielle, alimentée sous U=400V, absorbe une puissance active P=15000W avec un facteur de puissance cosφ1=0,72.
Calculer l'intensité efficace I1 en ligne, la puissance apparente S1 et la puissance réactive Q1.
Le fournisseur d'électricité pénalise financièrement les installations dont cosφ<0,80. Cette installation est-elle concernée ?
On installe une batterie de condensateurs pour porter cosφ à 0,93. Calculer la puissance réactive Qc à compenser, puis la capacité C (on prendra ω≈314rad⋅s−1).
Calculer la nouvelle intensité efficace I2 en ligne et le pourcentage de réduction par rapport à I1. Conclure.
Voir le corrigé détaillé
1.
S1=cosφ1P=0,7215000
≈20833VA≈20,8kVA
I1=US1=40020833
≈52,1A
φ1=arccos(0,72)≈44,0°tanφ1≈0,964
Q1=Ptanφ1=15000×0,964
≈14460var
2.cosφ1=0,72<0,80 : l'installation est bien pénalisée.
3.
φ2=arccos(0,93)≈21,6°tanφ2≈0,395
Qc=P(tanφ1−tanφ2)=15000×(0,964−0,395)
≈8530var
C=U2ωQc=4002×3148530
≈170μF
4.
S2=cosφ2P=0,9315000≈16129VA
I2=US2=40016129≈40,3A
réduction =I1I1−I2=52,152,1−40,3
≈23%
L'intensité en ligne chute d'environ un quart : les pertes par effet Joule dans les câbles (proportionnelles à I2) sont, elles, réduites d'environ 41% — d'où l'intérêt économique du relèvement du facteur de puissance.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14
L'atelier de Fatou (Dakar). Fatou dirige un atelier de couture équipé de machines à coudre électriques (moteurs asynchrones). Sous U=230V, f=50Hz, l'atelier absorbe une puissance active P=6000W avec un facteur de puissance cosφ1=0,68. SENELEC pénalise les abonnés dont cosφ<0,80.
Fatou risque-t-elle une pénalité ? Calculer S1 et l'intensité I1 appelée.
Un technicien propose des condensateurs en parallèle pour porter cosφ à 0,95. Calculer la capacité C nécessaire (ω≈314rad⋅s−1).
Calculer la nouvelle intensité I2 et le pourcentage de réduction obtenu.
Voir le corrigé détaillé
1.
0,68<0,80 : Fatou est bien exposée à une pénalité
S1=cosφ1P=0,686000≈8824VA
I1=US1=2308824
≈38,4A
2.
φ1=arccos(0,68)≈47,2°tanφ1≈1,080
φ2=arccos(0,95)≈18,2°tanφ2≈0,329
Qc=P(tanφ1−tanφ2)=6000×(1,080−0,329)
≈4500var
C=U2ωQc=2302×3144500
≈271μF
3.
S2=cosφ2P=0,956000≈6316VA
I2=2306316≈27,5A
réduction ≈38,438,4−27,5≈28%
En installant les condensateurs, Fatou évite la pénalité et réduit l'intensité appelée de près de 28%.
15
Le poste radio d'Ibrahim (N'Djamena). Ibrahim construit un récepteur radio simple dont le circuit d'accord comporte une bobine L=200μH et un condensateur variable C, en série avec une résistance de pertes r=5,0Ω (résistance interne de la bobine). Il veut capter une station émettant à f0=630kHz.
Calculer la capacité C à régler pour que le circuit résonne à 630kHz.
Calculer le facteur de qualité Q de ce circuit, puis sa bande passante Δf.
Une station concurrente émet à 640kHz, soit 10kHz plus haut. Sera-t-elle correctement séparée de la première par ce montage ?
Voir le corrigé détaillé
1.
ω0=2πf0=2π×630×103
≈3,96×106rad⋅s−1
ω0=LC1⇒C=Lω021
C=200×10−6×(3,96×106)21
≈3,19×10−10F=319pF
2.
Q=rLω0=5,0200×10−6×3,96×106
≈158
Δf=Qf0=158630
≈4,0kHz
3. La demi-largeur de la bande passante vaut 2Δf≈2,0kHz : le montage laisse donc passer, autour de 630kHz, les fréquences comprises approximativement entre 628 et 632kHz. La station à 640kHz se trouve à 10kHz du pic, bien au-delà de cette demi-largeur (2,0kHz) : elle sera donc efficacement rejetée, grâce au facteur de qualité élevé de ce circuit.
16
La pompe d'irrigation de Kwame (près de Douala). Kwame alimente une pompe d'irrigation immergée sous U=230V, f=50Hz. La plaque signalétique indique P=1800W, cosφ=0,80.
Calculer l'intensité efficace I appelée en fonctionnement normal.
Calculer l'énergie active consommée pour une saison de 250h de pompage, puis son coût, sachant que l'électricité est facturée 100F CFA/kWh.
Le moteur asynchrone appelle, au démarrage, un courant égal à 5 fois l'intensité nominale. Calculer ce courant de démarrage. Parmi les calibres commerciaux 16A, 20A, 25A, 32A, 40A, 50A, 63A, quel est le calibre minimal du disjoncteur à choisir ?
Voir le corrigé détaillé
1.
P=UIcosφ⇒I=UcosφP
I=230×0,801800
≈9,8A
2.
E=P×t=1,8×250
=450kWh
coût =450×100
=45000F CFA
3.
Idemarrage=5×I=5×9,8
≈48,9A
Le disjoncteur doit supporter, sans déclencher, 48,9A : parmi les calibres proposés, le premier à dépasser cette valeur est 50A — c'est le calibre minimal à installer (un calibre de 40A déclencherait à chaque démarrage).
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8 questions
Radioactivité et décroissance
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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions
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Dans l'écriture u(t)=Umcos(ωt+φ), la grandeur ω est appelée :
Explication :ω est la pulsation, en rad⋅s−1 ; elle est liée à la période T et à la fréquence f par ω=T2π=2πf.
La pulsation ω d'une grandeur sinusoïdale de période T vérifie :
Explication : Une période T correspond à un tour complet, soit un angle de 2π radians parcouru en un temps T : ω=T2π. C'est aussi ω=2πf, avec f=T1.
Un multimètre placé en position « alternatif » (AC) affiche toujours :
Explication : Un appareil en position alternatif affiche la valeur efficace. La valeur moyenne d'une sinusoïde pure est nulle, ce qui en ferait une mesure inutile.
Le secteur SENELEC délivre une tension d'amplitude Um≈325V. Sa valeur efficace U vaut environ :
Explication :U=2Um U=2325 U≈230V, la valeur nominale bien connue du secteur.
Soit φ=φu−φi le déphasage de u par rapport à i. Si φ>0, alors :
Explication : Par définition, φ>0 signifie que la phase instantanée de u dépasse celle de i : u atteint son maximum avant i, donc u est en avance.
Aux bornes d'un résistor R parcouru par un courant sinusoïdal, le déphasage de la tension par rapport au courant vaut :
Explication : La loi d'Ohm instantanée uR(t)=Ri(t) est valable à chaque instant : uR et i sont donc en phase, quelle que soit la fréquence.
Une bobine idéale d'inductance L=0,20H est parcourue par un courant efficace I=0,50A de fréquence f=50Hz. La tension efficace UL à ses bornes vaut environ :
Un condensateur de capacité C=20μF est traversé par un courant de fréquence f=50Hz. Sa réactance capacitive ZC vaut environ :
Explication :ZC=Cω1=20×10−6×2π×501 ZC≈159Ω.
Aux bornes d'un condensateur, la tension uC est en retard de 2π sur le courant i. Autrement dit, le courant i est :
Explication : Le déphasage est réciproque : si uC est en retard de 2π sur i, c'est équivalent à dire que i est en avance de 2π sur uC.
Dans une construction de Fresnel, tous les vecteurs associés aux grandeurs d'un même circuit tournent :
Explication : Toutes les grandeurs d'un circuit alimenté à la pulsation ω ont cette même pulsation ; leurs vecteurs de Fresnel tournent donc tous à la vitesse ω, ce qui fige les angles entre eux.
La somme de deux grandeurs sinusoïdales de même pulsation se construit, sur un diagramme de Fresnel, en effectuant :
Explication : La projection sur l'axe de référence étant une opération linéaire, la projection de la somme des vecteurs est la somme des projections : on place donc les vecteurs bout à bout (relation de Chasles).
Un circuit RLC série a pour résistance R=30Ω ; à la pulsation étudiée, Lω=90Ω et Cω1=50Ω. Son impédance Z vaut :
La largeur de la bande passante à 21 d'un circuit RLC série, Δω=LR, dépend :
Explication : La formule Δω=LR ne fait intervenir ni C ni ω0 : c'est un piège classique de vouloir y faire apparaître C, qui n'intervient, lui, que dans la position ω0 du pic.
Un circuit RLC série a une fréquence propre f0=200Hz et une bande passante Δf=25Hz. Son facteur de qualité Q vaut :
Explication :Q=Δff0=25200 Q=8.
À la résonance, un circuit RLC série a un facteur de qualité Q=5,0 et est alimenté sous U=10V efficaces. La tension efficace UL aux bornes de la bobine vaut alors :
Explication : À la résonance, UL=QU=5,0×10 UL=50V. Cette « surtension », très supérieure à U, n'est pas contradictoire : uL(t) et uC(t) restent en opposition de phase à chaque instant et s'annulent, si bien que u(t)=uR(t) malgré des valeurs efficaces individuelles élevées.
Un dipôle est soumis à une tension efficace U=220V, traversé par un courant efficace I=10A, avec un déphasage φ=60° (cos60°=0,5). Sa puissance active P vaut :
Explication :P=UIcosφ=220×10×0,5 P=1100W. 220×10=2200VA est la puissance apparenteS, pas la puissance active : oublier cosφ est le piège classique.
Pour relever le facteur de puissance d'une installation à charge inductive (moteurs), on installe une batterie de condensateurs :
Explication : Un condensateur placé en dérivation fournit de la puissance réactive, ce qui compense celle consommée par les moteurs, sans changer la puissance active P : le facteur de puissance cosφ se rapproche de 1.
Un atelier, sous U=230V, consomme une puissance active P=5000W avec un facteur de puissance cosφ1=0,70. Sa puissance apparente S1 vaut environ :
Explication :S1=cosφ1P=0,705000 S1≈7143VA. Cette puissance apparente, supérieure à P, conditionne le dimensionnement des câbles : c'est pourquoi SENELEC pénalise un cosφ trop faible.