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Courant alternatif sinusoïdal et circuit RLC forcé

Étudier le régime forcé et la résonance.

Physique Terminale Chapitre 8 / 11 ⏱ 11 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Construire un diagramme de Fresnel
  • Calculer une impédance et un déphasage
  • Déterminer les conditions de résonance

Ouvre les yeux sur n'importe quelle prise électrique, à Dakar, à Ndjamena ou à Abidjan : le courant qui en sort n'est jamais constant. Il oscille, cinquante fois par seconde, entre un sens et l'autre — c'est le courant alternatif sinusoïdal, celui que produisent et distribuent SENELEC, la SNE ou la CIE. Jusqu'ici, en électricité, tu as surtout raisonné en régime continu (piles, résistances, charge d'un condensateur) : des grandeurs qui, une fois le régime permanent atteint, ne bougent plus. Ce chapitre change de monde.

Tu as aussi étudié les oscillateurs mécaniques : un ressort qui rappelle une masse, un pendule qui balance. Ce chapitre te réserve une surprise agréable : un circuit contenant une bobine et un condensateur oscille exactement de la même façon, avec les mêmes mots — amplitude, pulsation propre, résonance. La bobine joue le rôle de la masse, qui s'oppose aux variations de vitesse (ici, de courant) ; le condensateur celui du ressort, qui emmagasine puis restitue l'énergie. Ce que tu sais déjà des oscillations mécaniques va t'aider à comprendre les oscillations électriques.

La nouveauté, c'est le régime forcé : on n'abandonne plus le circuit à lui-même, on l'alimente en permanence par un générateur basse fréquence (GBF) ou par le secteur, à une fréquence qu'on impose. Pour décrire ce régime sans résoudre d'équation différentielle à chaque fois, tu vas apprendre un outil géométrique redoutablement efficace : la construction de Fresnel, qui représente chaque tension et chaque courant par un simple vecteur. Avec elle, additionner des grandeurs sinusoïdales devient un problème... de géométrie plane.

À la fin de ce chapitre, tu sauras construire un diagramme de Fresnel, calculer une impédance et un déphasage, et déterminer les conditions de résonance d'un circuit RLC — des compétences directement exigibles au baccalauréat, et qui expliquent aussi bien le réglage d'un poste de radio que la facture d'électricité d'un atelier industriel.

1Grandeurs sinusoïdales : valeurs efficaces, phase

Une grandeur électrique alternative sinusoïdale varie dans le temps comme une fonction cosinus (ou sinus, ce qui revient au même à un décalage près). C'est la forme la plus simple — et, pour cette raison, la plus fondamentale — qu'une grandeur périodique puisse prendre : tout signal périodique plus compliqué peut d'ailleurs s'écrire comme une somme de sinusoïdes (on l'admet ici).

1.1  Tension et intensité sinusoïdales

Définition

Une tension sinusoïdale est une tension de la forme :

u(t)=Umcos⁡(ωt+φ)u(t) = U_m \cos(\omega t + \varphi)

où :

  • UmU_m est l'amplitude (valeur maximale), en volts (V) ;
  • ω\omega est la pulsation, en radians par seconde (rad⋅s−1\text{rad}\cdot\text{s}^{-1}) ;
  • (ωt+φ)(\omega t + \varphi) est la phase instantanée, en radians ;
  • φ\varphi est la phase à l'origine (valeur de la phase à t=0t=0), en radians.

Une intensité sinusoïdale s'écrit de la même manière : i(t)=Imcos⁡(ωt+φ′)i(t) = I_m \cos(\omega t + \varphi').

La pulsation ω\omega est liée à la période TT (durée d'un motif complet, en secondes) et à la fréquence ff (nombre de périodes par seconde, en hertz) par :

ω=2πT=2πf\omega = \dfrac{2\pi}{T} = 2\pi f

Au Sénégal comme au Tchad, le réseau de distribution électrique (SENELEC, SNE) délivre une tension sinusoïdale de fréquence f=50 Hzf = 50\ \text{Hz}, donc de période T=20 msT = 20\ \text{ms} et de pulsation ω≈314 rad⋅s−1\omega \approx 314\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}. Un générateur basse fréquence (GBF) de laboratoire, lui, permet de choisir librement ff — c'est ce qui rendra possible, plus loin, l'étude de la résonance.

GrandeurSymboleUnité SI
Tension (instantanée / efficace)u(t)u(t) / UUvolt (V)\text{volt}\ (\text{V})
Intensité (instantanée / efficace)i(t)i(t) / IIampeˋre (A)\text{ampère}\ (\text{A})
Pulsationω\omegarad⋅s−1\text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
Fréquenceffhertz (Hz)\text{hertz}\ (\text{Hz})
PériodeTTseconde (s)\text{seconde}\ (\text{s})
Phase, déphasageφ\varphiradian (rad)\text{radian}\ (\text{rad})
Physique & Co — La guerre des courants

À la fin des années 1880, une bataille commerciale et technique féroce oppose, aux États-Unis, Thomas Edison, partisan du courant continu, à George Westinghouse et à l'ingénieur serbo-américain Nikola Tesla, qui défendent le courant alternatif. Edison, pour discréditer l'alternatif, va jusqu'à financer des démonstrations publiques mettant en scène sa dangerosité.

Le courant alternatif l'emporte pourtant, pour une raison purement physique que tu comprendras entièrement à la fin de ce chapitre : une tension alternative se transforme facilement (on l'élève ou on l'abaisse à l'aide d'un transformateur, hors programme ici), ce qui permet de transporter l'énergie sur de longues distances à haute tension — donc avec de faibles pertes par effet Joule — puis de l'abaisser près des habitations. En 1896, la première grande centrale hydroélectrique en courant alternatif entre en service aux chutes du Niagara. Tous les réseaux électriques du monde, y compris SENELEC et la SNE aujourd'hui, distribuent du courant alternatif.

1.2  Déphasage entre deux grandeurs sinusoïdales

Dans un même circuit, la tension u(t)u(t) aux bornes d'un dipôle et l'intensité i(t)i(t) qui le traverse ont la même pulsation ω\omega (imposée par le générateur), mais pas nécessairement la même phase à l'origine.

Définition — déphasage

Soit u(t)=Umcos⁡(ωt+φu)u(t) = U_m \cos(\omega t + \varphi_u) et i(t)=Imcos⁡(ωt+φi)i(t) = I_m \cos(\omega t + \varphi_i) deux grandeurs sinusoïdales de même pulsation. On appelle déphasage de uu par rapport à ii la quantité :

φ=φu−φi\varphi = \varphi_u - \varphi_i

Ce déphasage ne dépend pas du temps : à tout instant tt, la différence des phases instantanées (ωt+φu)−(ωt+φi)=φu−φi(\omega t+\varphi_u)-(\omega t + \varphi_i)=\varphi_u-\varphi_i reste constante. C'est cette constance qui rendra possible la représentation de Fresnel (section 3).

Dans toute la suite de ce chapitre, on choisit l'intensité i(t)i(t) comme origine des phases : i(t)=Imcos⁡(ωt)i(t) = I_m \cos(\omega t), et l'on note simplement φ\varphi le déphasage de uu par rapport à ii, si bien que u(t)=Umcos⁡(ωt+φ)u(t) = U_m \cos(\omega t + \varphi). Ce choix n'est pas arbitraire : dans un circuit série, l'intensité est la même en tout point du circuit, ce qui en fait une référence naturelle et commode.

  • si φ>0\varphi > 0 : uu est en avance sur ii (ou ii est en retard sur uu) ;
  • si φ<0\varphi < 0 : uu est en retard sur ii ;
  • si φ=0\varphi = 0 : uu et ii sont en phase ;
  • si φ=π\varphi = \pi : uu et ii sont en opposition de phase ;
  • si φ=±π2\varphi = \pm\dfrac{\pi}{2} : uu et ii sont en quadrature.
Deux grandeurs sinusoïdales déphasées 0T2Tt u(t)i(t) Δt = T/6
Figure 1 — Les tensions u(t)u(t) et i(t)i(t), de même pulsation ω\omega, mais déphasées : uu atteint son maximum une durée Δt=T/6\Delta t = T/6 avant ii (le pic bleu précède le pic vert), ce qui correspond à φ=2π ΔtT=π3 rad>0\varphi = \dfrac{2\pi\,\Delta t}{T} = \dfrac{\pi}{3}\ \text{rad} > 0 : uu est en avance sur ii.
Méthode — mesurer un déphasage sur un graphe ou un oscillogramme

On repère le décalage temporel Δt\Delta t entre deux évènements homologues des deux courbes (deux maximums consécutifs, par exemple). Comme une période TT correspond à un déphasage de 2π2\pi :

∣φ∣=2π ΔtT  (en radians),∣φ∣=360 ΔtT  (en degreˊs)|\varphi| = \dfrac{2\pi\,\Delta t}{T}\ \ (\text{en radians}), \qquad |\varphi| = \dfrac{360\,\Delta t}{T}\ \ (\text{en degrés})

Le signe se lit directement : si la courbe de uu atteint son maximum avant celle de ii, alors uu est en avance, donc φ>0\varphi > 0.

Oscillogramme : mesure d'un déphasage 1 div voie 1 : u(t)voie 2 : i(t) Base de temps : 0,5 ms/div → T = 8 div = 4 ms (f = 250 Hz) ; décalage lu : 1 div = 0,5 ms
Figure 2 — Sur cet oscillogramme, la voie 1 (uu) est décalée d'une division vers la gauche par rapport à la voie 2 (ii) : uu est en avance. Avec T=8T = 8 div et un décalage de 11 div, φ=2π×18=π4 rad=45°\varphi = \dfrac{2\pi\times 1}{8} = \dfrac{\pi}{4}\ \text{rad} = 45°.
Exemple — lire un déphasage

Deux tensions ont pour expressions u1(t)=5cos⁡ ⁣(ωt+π3)u_1(t) = 5\cos\!\left(\omega t + \dfrac{\pi}{3}\right) et u2(t)=3cos⁡ ⁣(ωt−π6)u_2(t) = 3\cos\!\left(\omega t - \dfrac{\pi}{6}\right). Quel est le déphasage de u1u_1 par rapport à u2u_2 ?

  1. φ=φ1−φ2\varphi = \varphi_1 - \varphi_2
  2. ==π3−(−π6)\dfrac{\pi}{3} - \left(-\dfrac{\pi}{6}\right)
  3. ==2π6+π6\dfrac{2\pi}{6} + \dfrac{\pi}{6}
  4. ==π2\dfrac{\pi}{2}quadrature : u1u_1 est en avance de π2\dfrac{\pi}{2} sur u2u_2

1.3  Valeur efficace

Un voltmètre ou un ampèremètre en position « alternatif » n'affiche ni l'amplitude UmU_m, ni une moyenne (qui serait nulle !), mais la valeur efficace. C'est elle qui figure sur les appareils électroménagers et sur les factures : « secteur 230 V » signifie 230 V efficaces.

Propriété

La valeur efficace UU d'une tension sinusoïdale d'amplitude UmU_m vaut :

U=Um2U = \dfrac{U_m}{\sqrt{2}}

De même pour une intensité : I=Im2I = \dfrac{I_m}{\sqrt{2}}. La valeur efficace a la même unité que la grandeur instantanée (volt ou ampère).

Démonstration — pourquoi diviser par 2\sqrt{2} ?

La valeur efficace II d'un courant est définie comme l'intensité du courant continu qui, traversant le même résistor RR, y dissiperait la même puissance moyenne par effet Joule. C'est cette exigence physique qui va fixer sa valeur.

Un résistor traversé par i(t)=Imcos⁡(ωt)i(t) = I_m\cos(\omega t) reçoit à chaque instant la puissance p(t)=R i(t)2=R Im2cos⁡2(ωt)p(t) = R\,i(t)^{2} = R\,I_m^{2}\cos^{2}(\omega t). On linéarise à l'aide de cos⁡2θ=1+cos⁡(2θ)2\cos^{2}\theta = \dfrac{1+\cos(2\theta)}{2} :

  1. p(t)=R Im2×1+cos⁡(2ωt)2p(t) = R\,I_m^{2}\times\dfrac{1+\cos(2\omega t)}{2}
  2. ==R Im22+R Im22cos⁡(2ωt)\dfrac{R\,I_m^{2}}{2} + \dfrac{R\,I_m^{2}}{2}\cos(2\omega t)

Le second terme oscille, à la pulsation double 2ω2\omega, symétriquement autour de 00 : sa valeur moyenne sur une période est nulle. Il ne reste, en moyenne, que le premier terme :

  1. Pmoy=⟨p(t)⟩=R Im22P_{moy} = \left\langle p(t) \right\rangle = \dfrac{R\,I_m^{2}}{2}

Or, en régime continu, un courant constant II dissipe dans RR la puissance P=R I2P = R\,I^{2}. En identifiant P=PmoyP = P_{moy} :

  1. R I2=R Im22R\,I^{2} = \dfrac{R\,I_m^{2}}{2}
  2. ⇒\RightarrowI2=Im22I^{2} = \dfrac{I_m^{2}}{2}
  3. ⇒\RightarrowI=Im2I = \dfrac{I_m}{\sqrt{2}}II est positive, comme ImI_m

Le même raisonnement, mené avec une tension aux bornes d'un résistor, donne U=Um2U = \dfrac{U_m}{\sqrt{2}}. C.Q.F.D.

Exemple — tension du secteur

Le secteur SENELEC délivre une tension efficace U=230 VU = 230\ \text{V}, de fréquence f=50 Hzf = 50\ \text{Hz}. Calculer l'amplitude UmU_m, la pulsation ω\omega et la période TT.

  1. Um=U2U_m = U\sqrt{2}
  2. ==2302230\sqrt{2}
  3. ≈\approx325,3 V325{,}3\ \text{V}
  4. ω=2πf=2π×50\omega = 2\pi f = 2\pi\times 50
  5. ≈\approx314,2 rad⋅s−1314{,}2\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
  6. T=1f=150T = \dfrac{1}{f} = \dfrac{1}{50}
  7. ==0,020 s=20 ms0{,}020\ \text{s} = 20\ \text{ms}
Exemple — identifier les paramètres

Une tension a pour expression u(t)=21,2cos⁡ ⁣(100πt−π4)u(t) = 21{,}2\cos\!\left(100\pi t - \dfrac{\pi}{4}\right) (en volts, tt en secondes). Identifier UmU_m, ω\omega, ff, φ\varphi, puis calculer UU.

  1. par identification : Um=21,2 VU_m = 21{,}2\ \text{V} ; ω=100π rad⋅s−1\omega = 100\pi\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1} ; φ=−π4 rad\varphi = -\dfrac{\pi}{4}\ \text{rad}
  2. f=ω2π=100π2πf = \dfrac{\omega}{2\pi} = \dfrac{100\pi}{2\pi}
  3. ==50 Hz50\ \text{Hz}
  4. U=Um2=21,22U = \dfrac{U_m}{\sqrt{2}} = \dfrac{21{,}2}{\sqrt{2}}
  5. ≈\approx15,0 V15{,}0\ \text{V}
Attention

Ne confonds jamais valeur efficace et amplitude : un multimètre en position « AC » (alternatif) affiche toujours la valeur efficace, jamais l'amplitude. Pour une tension secteur affichée « 230 V », l'amplitude réellement atteinte à chaque alternance est 2302≈325 V230\sqrt{2}\approx 325\ \text{V} — c'est cette valeur, et non 230 V, qu'il faut utiliser pour un calcul de tenue en tension d'un isolant, par exemple.

2Impédance d'un dipôle

Soumets un dipôle quelconque à une tension sinusoïdale u(t)=Umcos⁡(ωt+φ)u(t)=U_m\cos(\omega t+\varphi) ; en régime permanent, il est traversé par un courant sinusoïdal de même pulsation ω\omega (résultat général qu'on admet, et qu'on retrouve ci-dessous pour la bobine et le condensateur). Reste à savoir avec quelle amplitude, et avec quel déphasage : cela dépend de la nature du dipôle.

2.1  Le résistor

Propriété

Un résistor de résistance RR, parcouru par i(t)=Imcos⁡(ωt)i(t) = I_m\cos(\omega t), a pour tension instantanée à ses bornes (loi d'Ohm, valable à chaque instant) :

uR(t)=R i(t)=R Imcos⁡(ωt)u_R(t) = R\,i(t) = R\,I_m\cos(\omega t)

La tension aux bornes d'un résistor est donc en phase avec le courant qui le traverse (φR=0\varphi_R = 0), à tout instant et pour toute fréquence.

2.2  La bobine

On considère une bobine idéale (résistance interne négligeable), d'inductance LL, parcourue par i(t)=Imcos⁡(ωt)i(t) = I_m\cos(\omega t).

Démonstration

Aux bornes d'une bobine, la tension est reliée au courant par uL(t)=L didtu_L(t) = L\,\dfrac{\mathrm{d}i}{\mathrm{d}t}. On dérive i(t)i(t) par rapport au temps :

  1. uL(t)=L ddt ⁣[Imcos⁡(ωt)]u_L(t) = L\,\dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\!\left[I_m\cos(\omega t)\right]
  2. ==−L ω Imsin⁡(ωt)-L\,\omega\,I_m\sin(\omega t)
  3. ==L ω Imcos⁡ ⁣(ωt+π2)L\,\omega\,I_m\cos\!\left(\omega t + \dfrac{\pi}{2}\right)car −sin⁡θ=cos⁡ ⁣(θ+π2)-\sin\theta = \cos\!\left(\theta+\dfrac{\pi}{2}\right)

La tension aux bornes d'une bobine est donc sinusoïdale, de même pulsation que le courant, d'amplitude ULm=LωImU_{Lm} = L\omega I_m, et en avance de π2\dfrac{\pi}{2} sur le courant.

Propriété — réactance inductive

UL=Lω IφL=+π2U_L = L\omega\,I \qquad \varphi_L = +\dfrac{\pi}{2}

Le rapport ULI=Lω\dfrac{U_L}{I} = L\omega, homogène à une résistance, est appelé réactance inductive et se note ZL=LωZ_L = L\omega (en ohms, si LL est en henrys et ω\omega en rad⋅s−1\text{rad}\cdot\text{s}^{-1}). Elle croît avec la fréquence : une bobine s'oppose d'autant plus au passage du courant que celui-ci varie vite.

Exemple — tension aux bornes d'une bobine

Une bobine d'inductance L=0,50 HL = 0{,}50\ \text{H} est parcourue par un courant efficace I=0,20 AI = 0{,}20\ \text{A} de fréquence f=50 Hzf = 50\ \text{Hz}. Calculer la réactance ZLZ_L puis la tension efficace ULU_L à ses bornes.

  1. ZL=Lω=L×2πfZ_L = L\omega = L\times 2\pi f
  2. ==0,50×2π×500{,}50\times 2\pi\times 50
  3. ≈\approx157,1 Ω157{,}1\ \Omega
  4. UL=ZL I=157,1×0,20U_L = Z_L\,I = 157{,}1\times 0{,}20
  5. ≈\approx31,4 V31{,}4\ \text{V}

2.3  Le condensateur

On considère un condensateur de capacité CC, parcouru par i(t)=Imcos⁡(ωt)i(t) = I_m\cos(\omega t), portant la charge q(t)q(t) sur l'armature reliée au sens positif de ii.

Démonstration

La charge et le courant sont liés par i(t)=dqdti(t) = \dfrac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t}, et la tension par uC(t)=q(t)Cu_C(t) = \dfrac{q(t)}{C}. On intègre :

  1. q(t)=∫i(t) dt=∫Imcos⁡(ωt) dtq(t) = \displaystyle\int i(t)\,\mathrm{d}t = \int I_m\cos(\omega t)\,\mathrm{d}t
  2. ==Imωsin⁡(ωt)\dfrac{I_m}{\omega}\sin(\omega t)pas de terme constant : qq oscille autour de 00 en régime établi
  3. uC(t)=q(t)C=ImCωsin⁡(ωt)u_C(t) = \dfrac{q(t)}{C} = \dfrac{I_m}{C\omega}\sin(\omega t)
  4. ==ImCωcos⁡ ⁣(ωt−π2)\dfrac{I_m}{C\omega}\cos\!\left(\omega t - \dfrac{\pi}{2}\right)car sin⁡θ=cos⁡ ⁣(θ−π2)\sin\theta = \cos\!\left(\theta-\dfrac{\pi}{2}\right)

La tension aux bornes d'un condensateur est donc sinusoïdale, d'amplitude UCm=ImCωU_{Cm} = \dfrac{I_m}{C\omega}, et en retard de π2\dfrac{\pi}{2} sur le courant.

Propriété — réactance capacitive

UC=ICωφC=−π2U_C = \dfrac{I}{C\omega} \qquad \varphi_C = -\dfrac{\pi}{2}

Le rapport UCI=1Cω\dfrac{U_C}{I} = \dfrac{1}{C\omega} est la réactance capacitive, notée ZC=1CωZ_C = \dfrac{1}{C\omega} (en ohms, si CC est en farads). Elle décroît avec la fréquence : un condensateur laisse d'autant mieux passer le courant que celui-ci varie vite ; en continu (ω→0\omega\to0), ZC→∞Z_C\to\infty : le condensateur bloque le courant, ce que tu savais déjà.

Exemple — tension aux bornes d'un condensateur

Un condensateur de capacité C=10 μFC = 10\ \mu\text{F} est parcouru par un courant efficace I=0,20 AI = 0{,}20\ \text{A} de fréquence f=50 Hzf = 50\ \text{Hz}. Calculer ZCZ_C puis UCU_C.

  1. ZC=1Cω=1C×2πfZ_C = \dfrac{1}{C\omega} = \dfrac{1}{C\times 2\pi f}
  2. ==110×10−6×2π×50\dfrac{1}{10\times10^{-6}\times 2\pi\times 50}
  3. ≈\approx318,3 Ω318{,}3\ \Omega
  4. UC=ZC I=318,3×0,20U_C = Z_C\,I = 318{,}3\times 0{,}20
  5. ≈\approx63,7 V63{,}7\ \text{V}

2.4  Impédance et loi d'Ohm généralisée

Définition — impédance

Pour un dipôle quelconque, parcouru par un courant efficace II et soumis à une tension efficace UU de même fréquence, on appelle impédance le rapport :

Z=UIZ = \dfrac{U}{I}

L'impédance s'exprime en ohms (Ω)(\Omega), comme une résistance. C'est une grandeur toujours positive.

DipôleImpédanceDéphasage φ\varphi de uu / ii
Résistor RRZR=RZ_R = R00
Bobine (idéale) LLZL=LωZ_L = L\omega+π2+\dfrac{\pi}{2}
Condensateur CCZC=1CωZ_C = \dfrac{1}{C\omega}−π2-\dfrac{\pi}{2}

La relation U=Z IU = Z\,I généralise la loi d'Ohm au régime sinusoïdal : on l'appelle parfois loi d'Ohm en valeurs efficaces. Elle relie les amplitudes (ou les valeurs efficaces, ce qui revient au même) ; l'impédance, à elle seule, ne dit rien sur le déphasage — il faut le préciser séparément, comme dans le tableau ci-dessus.

Attention

Sauf pour un résistor pur, la relation U=ZIU=ZI ne s'applique jamais aux valeurs instantanées : on n'a pas u(t)=Z i(t)u(t) = Z\,i(t) en général, puisque uu et ii sont déphasés. ZZ relie uniquement les amplitudes (ou les valeurs efficaces) entre elles, jamais les fonctions du temps directement.

3Construction de Fresnel

Additionner deux fonctions cosinus de même pulsation mais de phases différentes, à la main, est fastidieux : il faudrait linéariser, regrouper... Fresnel a proposé, dès 1823, un raccourci purement géométrique : représenter chaque grandeur sinusoïdale par un vecteur.

3.1  Principe : le vecteur tournant

Définition — vecteur de Fresnel

À une grandeur sinusoïdale x(t)=Xmcos⁡(ωt+φ)x(t) = X_m\cos(\omega t+\varphi), on associe le vecteur de Fresnel OM→\overrightarrow{OM} : un vecteur tournant, de norme XmX_m (ou, selon la convention choisie, la valeur efficace XX), qui fait avec un axe de référence fixe un angle égal à la phase instantanée (ωt+φ)(\omega t+\varphi), compté positivement dans le sens trigonométrique. La valeur instantanée x(t)x(t) est alors la projection de ce vecteur sur l'axe de référence.

Comme tous les vecteurs de Fresnel d'un même circuit tournent à la même vitesse angulaire ω\omega, leurs positions relatives (les angles qu'ils font entre eux) restent figées au cours du temps — ce sont exactement les déphasages définis en section 1. On peut donc « arrêter le film » à l'instant t=0t=0 et ne dessiner qu'une photographie du diagramme, sans perdre aucune information utile : c'est ce qu'on appelle construire le diagramme de Fresnel.

Démonstration — pourquoi additionner des vecteurs revient à additionner des sinusoïdes

Soit deux grandeurs sinusoïdales de même pulsation ω\omega, x1(t)x_1(t) et x2(t)x_2(t), représentées par les vecteurs de Fresnel X1⃗(t)\vec{X_1}(t) et X2⃗(t)\vec{X_2}(t) : par définition, la projection de X1⃗(t)\vec{X_1}(t) sur l'axe de référence vaut x1(t)x_1(t), et celle de X2⃗(t)\vec{X_2}(t) vaut x2(t)x_2(t).

La projection sur un axe est une opération linéaire : la projection d'une somme de vecteurs est la somme des projections. Le vecteur somme X⃗(t)=X1⃗(t)+X2⃗(t)\vec{X}(t) = \vec{X_1}(t)+\vec{X_2}(t) a donc pour projection :

  1. proj ⁣(X⃗(t))=proj ⁣(X1⃗(t))+proj ⁣(X2⃗(t))\text{proj}\!\left(\vec{X}(t)\right) = \text{proj}\!\left(\vec{X_1}(t)\right) + \text{proj}\!\left(\vec{X_2}(t)\right)
  2. ==x1(t)+x2(t)x_1(t) + x_2(t)

De plus, X1⃗\vec{X_1} et X2⃗\vec{X_2} tournent tous deux à la vitesse angulaire ω\omega en gardant un angle constant entre eux (leur déphasage) : leur somme X⃗\vec{X} est donc, elle aussi, un vecteur de norme constante qui tourne à la vitesse ω\omega — c'est le vecteur de Fresnel d'une grandeur sinusoïdale x(t)=x1(t)+x2(t)x(t)=x_1(t)+x_2(t), de pulsation ω\omega.

Conclusion : la somme de deux grandeurs sinusoïdales de même pulsation est une grandeur sinusoïdale de même pulsation, dont le vecteur de Fresnel est la somme (vectorielle) des deux vecteurs de Fresnel. Additionner des fonctions du temps devient un problème de géométrie plane.

3.2  Règles de construction et d'addition

Méthode — construire un diagramme de Fresnel
  1. On choisit une échelle et un axe de référence horizontal (souvent l'axe de l'intensité I⃗\vec I, puisque c'est la grandeur commune à tout un circuit série).
  2. Chaque grandeur sinusoïdale est représentée par un vecteur dont la norme est son amplitude (ou sa valeur efficace, à condition d'être cohérent pour tout le diagramme), et dont l'angle avec l'axe de référence est son déphasage par rapport à cette référence.
  3. Pour sommer plusieurs grandeurs, on place les vecteurs bout à bout (relation de Chasles) : le vecteur résultant va de l'origine du premier vecteur à l'extrémité du dernier.

Sur le papier, on représente donc, à l'instant t=0t=0, chaque grandeur sinusoïdale par un vecteur d'origine OO, de norme son amplitude XmX_m et faisant avec l'axe de référence un angle égal à sa phase à l'origine φ\varphi — c'est le diagramme de Fresnel.

Exemple — additionner deux vecteurs de Fresnel

Deux grandeurs sinusoïdales de même pulsation ont pour vecteurs de Fresnel A⃗\vec{A}, de norme 33 et porté par l'axe de référence, et B⃗\vec{B}, de norme 44, perpendiculaire à A⃗\vec{A} (déphasé de π2\dfrac{\pi}{2}). Déterminer la norme et l'angle du vecteur somme C⃗=A⃗+B⃗\vec{C} = \vec{A}+\vec{B}.

  1. A⃗\vec{A} et B⃗\vec{B} sont perpendiculaires : le triangle formé est rectangle
  2. C2=A2+B2C^{2} = A^{2}+B^{2}théorème de Pythagore
  3. ==32+42=253^{2}+4^{2} = 25
  4. ⇒\RightarrowC=5C = 5
  5. tan⁡(A⃗,C⃗^)=BA=43\tan(\widehat{\vec{A},\vec{C}}) = \dfrac{B}{A} = \dfrac{4}{3}
  6. ⇒\Rightarrowl'angle vaut ≈53,1°\approx 53{,}1°
Attention

La construction de Fresnel ne s'applique qu'à des grandeurs de même pulsation ω\omega. On ne peut pas placer sur un même diagramme, par exemple, un signal et son harmonique : leurs vecteurs tourneraient à des vitesses différentes, et l'angle entre eux ne resterait pas constant.

4Circuit RLC série en régime forcé

4.1  Le montage

On associe en série un résistor de résistance RR, une bobine idéale d'inductance LL et un condensateur de capacité CC, le tout alimenté par un générateur qui impose une tension sinusoïdale u(t)=Umcos⁡(ωt+φ)u(t) = U_m\cos(\omega t+\varphi) de pulsation ω\omega réglable : c'est le régime sinusoïdal forcé, la pulsation étant imposée par le générateur et non plus choisie par le circuit lui-même.

Circuit RLC série en régime forcé A ∼ uR uL uC u i RLC
Figure 3 — Circuit RLC série alimenté par un générateur de tension sinusoïdale u(t)u(t) ; un ampèremètre (A) mesure l'intensité efficace II, commune aux trois dipôles.

Le circuit étant série, un seul et même courant i(t)=Imcos⁡(ωt)i(t) = I_m\cos(\omega t) traverse les trois dipôles : c'est donc lui, comme annoncé en section 1, que l'on choisit comme origine des phases. À chaque instant, la loi des mailles donne :

u(t)=uR(t)+uL(t)+uC(t)u(t) = u_R(t) + u_L(t) + u_C(t)

Chacune des tensions uRu_R, uLu_L, uCu_C est sinusoïdale de pulsation ω\omega (section 2) : leur somme u(t)u(t) l'est donc aussi (section 3), mais calculer son amplitude et sa phase directement, à coups de formules de trigonométrie, serait pénible. Le diagramme de Fresnel va faire le travail à notre place.

4.2  Diagramme de Fresnel du circuit RLC

Méthode — construire le Fresnel d'un RLC série

On porte, à partir de l'origine et le long de l'axe de référence (celui de I⃗\vec I) :

  1. le vecteur UR⃗\vec{U_R}, de norme RIRI, colinéaire à I⃗\vec I (en phase) ;
  2. puis, à partir de son extrémité, le vecteur UL⃗\vec{U_L}, de norme LωIL\omega I, tourné de +π2+\dfrac{\pi}{2} (en avance) ;
  3. puis, à partir de la nouvelle extrémité, le vecteur UC⃗\vec{U_C}, de norme ICω\dfrac{I}{C\omega}, tourné de −π2-\dfrac{\pi}{2} (en retard) — donc vers le bas si UL⃗\vec{U_L} pointait vers le haut.

Le vecteur U⃗\vec U, somme des trois, va de l'origine à l'extrémité finale.

Pour un même dipôle RLC série, de résistance R=20 ΩR=20\ \Omega, parcouru par un courant efficace I=2,0 AI=2{,}0\ \text{A}, le diagramme obtenu change d'allure selon la fréquence ff du générateur, comparée à la fréquence de résonance f0f_0 (définie en section 5) :

Diagramme de Fresnel du circuit RLC série Cas (a)Cas (b)Cas (c) I URULUCUφ≈36,9° f > f₀ : inductif I URULUCUφ≈-36,9° f < f₀ : capacitif I ULUCU = URφ = 0 f = f₀ : résonance
Figure 4 — Construction de Fresnel d'un même circuit RLC série (R=20 ΩR=20\ \Omega, I=2,0 AI=2{,}0\ \text{A}) pour trois fréquences : (a) f>f0f>f_0, le circuit est inductif ; (b) f<f0f<f_0, il est capacitif ; (c) f=f0f=f_0, ULU_L et UCU_C s'annulent exactement et U=URU=U_R : c'est la résonance, étudiée en section 5.

Dans les trois cas, UL⃗\vec{U_L} et UC⃗\vec{U_C}, colinéaires et de sens opposés, se combinent en un vecteur unique UL⃗−UC⃗\vec{U_L}-\vec{U_C}, perpendiculaire à UR⃗\vec{U_R} : le triangle formé par UR⃗\vec{U_R}, (UL⃗−UC⃗)(\vec{U_L}-\vec{U_C}) et U⃗\vec U est donc toujours rectangle. C'est ce triangle rectangle qui va livrer, par Pythagore, la formule de l'impédance.

4.3  Impédance et déphasage

Théorème — impédance du circuit RLC série

Z=R2+(Lω−1Cω)2tan⁡φ=Lω−1CωRZ = \sqrt{R^{2} + \left(L\omega - \dfrac{1}{C\omega}\right)^{2}} \qquad\qquad \tan\varphi = \dfrac{L\omega - \dfrac{1}{C\omega}}{R}

où φ\varphi est le déphasage de uu par rapport à ii. L'intensité efficace s'obtient par la loi d'Ohm généralisée : I=UZI = \dfrac{U}{Z}.

Démonstration

Dans le triangle rectangle du diagramme de Fresnel (figure 4), l'hypoténuse est UU, et les deux côtés de l'angle droit sont UR=RIU_R = RI et UL−UC=(Lω−1Cω)IU_L-U_C = \left(L\omega-\dfrac{1}{C\omega}\right)I. Le théorème de Pythagore donne :

  1. U2=UR2+(UL−UC)2U^{2} = U_R^{2} + (U_L-U_C)^{2}
  2. ==R2I2+(Lω−1Cω)2I2R^{2}I^{2} + \left(L\omega-\dfrac{1}{C\omega}\right)^{2}I^{2}
  3. ==I2[R2+(Lω−1Cω)2]I^{2}\left[R^{2} + \left(L\omega-\dfrac{1}{C\omega}\right)^{2}\right]

Or Z=UIZ = \dfrac{U}{I} ; en divisant l'égalité précédente par I2I^{2} puis en prenant la racine carrée (toutes les grandeurs sont positives) :

  1. Z2=R2+(Lω−1Cω)2Z^{2} = R^{2} + \left(L\omega-\dfrac{1}{C\omega}\right)^{2}
  2. ⇒\RightarrowZ=R2+(Lω−1Cω)2Z = \sqrt{R^{2} + \left(L\omega-\dfrac{1}{C\omega}\right)^{2}}

Dans ce même triangle, φ\varphi est l'angle entre l'hypoténuse U⃗\vec U et le côté UR⃗\vec{U_R} ; sa tangente est le rapport du côté opposé sur le côté adjacent :

  1. tan⁡φ=UL−UCUR=(Lω−1Cω)IRI\tan\varphi = \dfrac{U_L-U_C}{U_R} = \dfrac{\left(L\omega-\dfrac{1}{C\omega}\right)I}{RI}
  2. ==Lω−1CωR\dfrac{L\omega-\dfrac{1}{C\omega}}{R}

C.Q.F.D.

Propriété — nature du circuit
  • si Lω>1CωL\omega > \dfrac{1}{C\omega} : φ>0\varphi>0, le circuit est inductif (uu en avance sur ii) ;
  • si Lω<1CωL\omega < \dfrac{1}{C\omega} : φ<0\varphi<0, le circuit est capacitif (uu en retard sur ii) ;
  • si Lω=1CωL\omega = \dfrac{1}{C\omega} : φ=0\varphi=0, le circuit se comporte comme un résistor pur — c'est la résonance, étudiée en section 5.
Exemple — calculer Z, I et φ

Un dipôle RLC série a pour résistance R=40 ΩR = 40\ \Omega ; à la pulsation étudiée, la réactance de la bobine vaut Lω=110 ΩL\omega = 110\ \Omega et celle du condensateur 1Cω=140 Ω\dfrac{1}{C\omega} = 140\ \Omega. Il est alimenté sous une tension efficace U=100 VU = 100\ \text{V}. Calculer ZZ, II et φ\varphi.

  1. Z=R2+(Lω−1Cω)2=402+(110−140)2Z = \sqrt{R^{2}+\left(L\omega-\dfrac1{C\omega}\right)^{2}} = \sqrt{40^{2}+(110-140)^{2}}
  2. ==1 600+900=2 500\sqrt{1\,600+900} = \sqrt{2\,500}
  3. ==50 Ω50\ \Omega
  4. I=UZ=10050I = \dfrac{U}{Z} = \dfrac{100}{50}
  5. ==2,0 A2{,}0\ \text{A}
  6. tan⁡φ=110−14040=−3040=−0,75\tan\varphi = \dfrac{110-140}{40} = \dfrac{-30}{40} = -0{,}75
  7. ⇒\Rightarrowφ=arctan⁡(−0,75)≈−0,644 rad\varphi = \arctan(-0{,}75) \approx -0{,}644\ \text{rad}soit environ −36,9°-36,9° : circuit capacitif, ii en avance sur uu

On vérifie que ces réactances correspondent par exemple à f=50 Hzf = 50\ \text{Hz}, avec L≈0,350 HL \approx 0{,}350\ \text{H} et C≈22,7 μFC \approx 22{,}7\ \mu\text{F}.

Exemple — second circuit

Un autre dipôle RLC série a R=100 ΩR = 100\ \Omega, Lω=80 ΩL\omega = 80\ \Omega, 1Cω=200 Ω\dfrac{1}{C\omega} = 200\ \Omega. Calculer ZZ et φ\varphi, et préciser la nature du circuit.

  1. Z=1002+(80−200)2Z = \sqrt{100^{2}+(80-200)^{2}}
  2. ==10 000+14 400=24 400\sqrt{10\,000+14\,400} = \sqrt{24\,400}
  3. ≈\approx156,2 Ω156{,}2\ \Omega
  4. tan⁡φ=80−200100=−1,2\tan\varphi = \dfrac{80-200}{100} = -1{,}2
  5. ⇒\Rightarrowφ≈−50,2°\varphi \approx -50{,}2°Lω<1CωL\omega < \dfrac1{C\omega} : circuit capacitif
Attention

Ne te trompe pas de sens : un circuit où la bobine « domine » (LωL\omega grand) est inductif, avec φ>0\varphi>0 — c'est uu qui est en avance, pas ii. Le moyen le plus sûr reste de repartir du diagramme de Fresnel : UL⃗\vec{U_L} pointe vers le haut, donc si UL>UCU_L>U_C, le vecteur résultant U⃗\vec U est au-dessus de l'axe I⃗\vec I, donc φ>0\varphi>0.

5Résonance d'intensité

Fais varier la fréquence ff du générateur, tout en maintenant sa tension efficace UU constante : l'intensité efficace I=UZI = \dfrac{U}{Z} varie elle aussi, puisque ZZ dépend de ω\omega. Existe-t-il une fréquence pour laquelle le courant est maximal ? C'est tout l'objet de ce paragraphe : la résonance d'intensité.

5.1  Condition de résonance

Définition

On dit qu'un circuit RLC série est à la résonance d'intensité lorsque l'intensité efficace II est maximale, à tension efficace UU fixée, lorsqu'on fait varier la pulsation ω\omega du générateur.

Démonstration — la pulsation de résonance ω0\omega_0

D'après la loi d'Ohm généralisée, I(ω)=UZ(ω)I(\omega) = \dfrac{U}{Z(\omega)}, à UU fixée. II est donc maximale exactement quand ZZ est minimale.

  1. Z(ω)=R2+(Lω−1Cω)2Z(\omega) = \sqrt{R^{2}+\left(L\omega-\dfrac1{C\omega}\right)^{2}}
  2. le terme R2R^{2} ne dépend pas de ω\omega ; ZZ est donc minimale quand (Lω−1Cω)2\left(L\omega-\dfrac1{C\omega}\right)^{2} est minimal
  3. un carré est minimal, et vaut 00, quand la quantité élevée au carré s'annule
  4. ⇒\RightarrowZZ est minimale (et vaut alors RR) lorsque Lω0=1Cω0L\omega_0 = \dfrac{1}{C\omega_0}
  5. ⇒\Rightarrowω02=1LC\omega_0^{2} = \dfrac{1}{LC}
  6. ⇒\Rightarrowω0=1LC\omega_0 = \dfrac{1}{\sqrt{LC}}ω0>0\omega_0>0

À cette pulsation, Zmin=RZ_{min}=R (l'impédance est purement résistive : cas (c) de la figure 4) et l'intensité est maximale, Imax=URI_{max} = \dfrac{U}{R}.

Propriété — pulsation propre

ω0=1LCf0=12πLC\omega_0 = \dfrac{1}{\sqrt{LC}} \qquad f_0 = \dfrac{1}{2\pi\sqrt{LC}}

ω0\omega_0 (ou f0f_0) ne dépend que de LL et CC : c'est une caractéristique du circuit LCLC lui-même, indépendante de RR et du générateur — on l'appelle la pulsation propre (ou fréquence propre) du circuit. C'est exactement la pulsation à laquelle un circuit LCLC sans générateur oscillerait librement (tu retrouves ici le vocabulaire des oscillateurs mécaniques).

Exemple — calculer une fréquence propre

Un circuit comporte une bobine L=1,0 HL = 1{,}0\ \text{H} et un condensateur C=4,0 μFC = 4{,}0\ \mu\text{F}. Calculer ω0\omega_0 et f0f_0.

  1. ω0=1LC=11,0×4,0×10−6\omega_0 = \dfrac{1}{\sqrt{LC}} = \dfrac{1}{\sqrt{1{,}0\times 4{,}0\times10^{-6}}}
  2. ==14,0×10−6=12,0×10−3\dfrac{1}{\sqrt{4{,}0\times10^{-6}}} = \dfrac{1}{2{,}0\times10^{-3}}
  3. ==500 rad⋅s−1500\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
  4. f0=ω02π=5002πf_0 = \dfrac{\omega_0}{2\pi} = \dfrac{500}{2\pi}
  5. ≈\approx79,6 Hz79{,}6\ \text{Hz}

5.2  Courbe de résonance et bande passante

Traçons I(f)I(f), à UU fixée, pour un circuit RLC série de pulsation propre ω0=1LC\omega_0 = \dfrac{1}{\sqrt{LC}} — ici L=0,10 HL=0{,}10\ \text{H}, C=10 μFC=10\ \mu\text{F}, soit ω0=1 000 rad⋅s−1\omega_0 = 1\,000\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1} (f0≈159,2 Hzf_0 \approx 159{,}2\ \text{Hz}) — pour deux valeurs de RR, le générateur délivrant U=9,0 VU = 9{,}0\ \text{V} efficaces.

Courbe de résonance I(f) pour deux valeurs de R 0 100 200 300 400 f₀≈159,2 Hz Imax1 = 0,60 A Δf₁ ≈ 23,9 Hz Imax2 = 0,20 A Δf₂ ≈ 71,6 Hz I (A)f (Hz) R₁ = 15 Ω R₂ = 45 Ω
Figure 5 — Intensité efficace II en fonction de la fréquence ff, pour un circuit RLC série (L=0,10 HL=0{,}10\ \text{H}, C=10 μFC=10\ \mu\text{F}, donc f0≈159,2 Hzf_0\approx159{,}2\ \text{Hz}) alimenté sous U=9,0 VU=9{,}0\ \text{V}, pour deux résistances : R1=15 ΩR_1=15\ \Omega (résonance aiguë, Q1≈6,7Q_1\approx6{,}7) et R2=45 ΩR_2=45\ \Omega (résonance floue, Q2≈2,2Q_2\approx2{,}2). Les deux courbes culminent à la même fréquence f0f_0.

Les deux courbes culminent à la même fréquence f0f_0 (qui ne dépend que de LL et CC), mais avec des hauteurs et des largeurs très différentes : plus RR est petite, plus le pic est haut et étroit — la résonance est dite aiguë ; plus RR est grande, plus le pic est bas et large — la résonance est dite floue.

Définition — bande passante

La bande passante à 12\dfrac1{\sqrt2} est l'intervalle de pulsations [ω1;ω2][\omega_1;\omega_2] pour lesquelles l'intensité efficace reste supérieure ou égale à Imax2\dfrac{I_{max}}{\sqrt2} — c'est-à-dire pour lesquelles la puissance reçue (proportionnelle à I2I^{2}) reste supérieure à la moitié de la puissance maximale. Sa largeur est notée Δω=ω2−ω1\Delta\omega = \omega_2-\omega_1 (ou Δf\Delta f en hertz).

Démonstration — Δω=RL\Delta\omega = \dfrac{R}{L}

Les bornes de la bande passante vérifient I=Imax2I=\dfrac{I_{max}}{\sqrt2}, c'est-à-dire Z=R2Z = R\sqrt2 (car I=UZI=\frac{U}{Z} et Imax=URI_{max}=\frac{U}{R}) :

  1. Z2=2R2  ⟺  R2+(Lω−1Cω)2=2R2Z^{2}=2R^{2} \iff R^{2}+\left(L\omega-\dfrac1{C\omega}\right)^{2}=2R^{2}
  2.   ⟺  \iff(Lω−1Cω)2=R2\left(L\omega-\dfrac1{C\omega}\right)^{2}=R^{2}
  3.   ⟺  \iffLω−1Cω=±RL\omega-\dfrac1{C\omega}=\pm R

En multipliant chaque cas par ωL\dfrac{\omega}{L} (avec ω02=1LC\omega_0^{2}=\dfrac1{LC}), on obtient deux équations du second degré en ω\omega :

  1. ω2−RL ω−ω02=0\omega^{2}-\dfrac{R}{L}\,\omega-\omega_0^{2}=0cas +R+R, racine positive notée ω2\omega_2
  2. ω2+RL ω−ω02=0\omega^{2}+\dfrac{R}{L}\,\omega-\omega_0^{2}=0cas −R-R, racine positive notée ω1\omega_1

La résolution (discriminant) donne ω2=RL+(RL)2+4ω022\omega_2 = \dfrac{\frac RL+\sqrt{\left(\frac RL\right)^{2}+4\omega_0^{2}}}{2} et ω1=−RL+(RL)2+4ω022\omega_1 = \dfrac{-\frac RL+\sqrt{\left(\frac RL\right)^{2}+4\omega_0^{2}}}{2} : le radical, identique dans les deux expressions, disparaît par soustraction.

  1. Δω=ω2−ω1\Delta\omega = \omega_2-\omega_1
  2. ==RL\dfrac{R}{L}les deux racines carrées identiques s'éliminent
Propriété — facteur de qualité

On définit le facteur de qualité (sans unité) du circuit :

Q=Lω0R=ω0Δω=f0ΔfQ = \dfrac{L\omega_0}{R} = \dfrac{\omega_0}{\Delta\omega} = \dfrac{f_0}{\Delta f}

Plus QQ est grand, plus la résonance est aiguë et sélective : c'est QQ qui mesure objectivement la « finesse » du pic observé sur la figure 5.

Attention

La largeur de la bande passante Δω=RL\Delta\omega = \dfrac{R}{L} ne dépend que de RR et LL — pas de CC ! C'est une erreur fréquente de vouloir y faire apparaître CC. En revanche, CC intervient bien dans ω0\omega_0 (donc dans la position du pic) et dans QQ (par l'intermédiaire de ω0\omega_0).

5.3  Surtension aux bornes de L et C

À la résonance, I=Imax=URI=I_{max}=\dfrac{U}{R}. Or les tensions efficaces aux bornes de la bobine et du condensateur valent UL=Lω0 ImaxU_L = L\omega_0\,I_{max} et UC=1Cω0ImaxU_C = \dfrac1{C\omega_0}I_{max} — et l'on a vu que Lω0=1Cω0L\omega_0=\dfrac1{C\omega_0} à la résonance, donc UL=UCU_L=U_C.

Démonstration — surtension UL=UC=QUU_L=U_C=QU
  1. UL=Lω0 Imax=Lω0×URU_L = L\omega_0\,I_{max} = L\omega_0\times\dfrac{U}{R}
  2. ==Lω0R×U\dfrac{L\omega_0}{R}\times U
  3. ==Q UQ\,Upar définition de Q=Lω0RQ=\dfrac{L\omega_0}{R}

Et UC=ULU_C=U_L à la résonance, donc UC=QUU_C=QU également.

Attention — la surtension est réelle !

Dès que Q>1Q>1, les tensions efficaces ULU_L et UCU_C, individuellement, dépassent la tension d'alimentation UU — parfois très largement. Ce n'est pas une violation de la loi des mailles : uL(t)u_L(t) et uC(t)u_C(t) restent en opposition de phase à chaque instant (car ZL=ZCZ_L=Z_C à la résonance et leurs phases sont opposées), si bien que uL(t)+uC(t)=0u_L(t)+u_C(t)=0 à tout instant, et u(t)=uR(t)u(t)=u_R(t) : les tensions instantanées s'annulent, mais leurs valeurs efficaces prises séparément peuvent, elles, très largement dépasser UU. Un condensateur ou une bobine mal dimensionnés peuvent donc être endommagés à la résonance, même si la tension du générateur semble raisonnable.

Exemple — résonance et surtension

Pour le circuit de la figure 5 (L=0,10 HL=0{,}10\ \text{H}, C=10 μFC=10\ \mu\text{F}, R=15 ΩR=15\ \Omega, U=9,0 VU=9{,}0\ \text{V}), calculer QQ, Δf\Delta f et la surtension ULU_L à la résonance.

  1. Q=Lω0R=0,10×1 00015Q = \dfrac{L\omega_0}{R} = \dfrac{0{,}10\times1\,000}{15}
  2. ==10015≈6,7\dfrac{100}{15} \approx 6{,}7
  3. Δf=Δω2π=R2πL=152π×0,10\Delta f = \dfrac{\Delta\omega}{2\pi} = \dfrac{R}{2\pi L} = \dfrac{15}{2\pi\times0{,}10}
  4. ≈\approx23,9 Hz23{,}9\ \text{Hz}
  5. UL=Q U=6,7×9,0U_L = Q\,U = 6{,}7\times 9{,}0
  6. ≈\approx60 V60\ \text{V}plus de 66 fois la tension du générateur !

6Puissance et facteur de puissance

Un circuit alimenté en alternatif reçoit, à chaque instant, une puissance p(t)=u(t) i(t)p(t) = u(t)\,i(t). Mais c'est la puissance moyenne, celle que facture SENELEC ou la SNE, qui compte pour l'utilisateur — et elle dépend, on va le voir, non seulement de UU et de II, mais aussi du déphasage φ\varphi.

6.1  Puissance instantanée et puissance moyenne

Définition

La puissance instantanée reçue par un dipôle est p(t)=u(t) i(t)p(t) = u(t)\,i(t). La puissance moyenne (ou puissance active) est sa valeur moyenne sur une période, P=⟨p(t)⟩P = \langle p(t)\rangle, exprimée en watts (W).

Démonstration — P=UIcos⁡φP = UI\cos\varphi

Avec i(t)=Imcos⁡(ωt)i(t) = I_m\cos(\omega t) et u(t)=Umcos⁡(ωt+φ)u(t) = U_m\cos(\omega t+\varphi) :

  1. p(t)=UmImcos⁡(ωt+φ)cos⁡(ωt)p(t) = U_m I_m \cos(\omega t+\varphi)\cos(\omega t)
  2. ==UmIm2[cos⁡φ+cos⁡(2ωt+φ)]\dfrac{U_mI_m}{2}\left[\cos\varphi + \cos(2\omega t+\varphi)\right]formule cos⁡acos⁡b=12[cos⁡(a−b)+cos⁡(a+b)]\cos a\cos b=\frac12[\cos(a-b)+\cos(a+b)], avec a=ωt+φ, b=ωta=\omega t+\varphi,\ b=\omega t

Le second terme oscille à la pulsation double 2ω2\omega, symétriquement autour de 00 : sa moyenne sur une période est nulle (même argument qu'en section 1.3). Il ne reste que le premier terme, constant :

  1. P=⟨p(t)⟩=UmIm2cos⁡φP = \langle p(t)\rangle = \dfrac{U_mI_m}{2}\cos\varphi
  2. ==Um2×Im2×cos⁡φ\dfrac{U_m}{\sqrt2}\times\dfrac{I_m}{\sqrt2}\times\cos\varphi
  3. ==U I cos⁡φU\,I\,\cos\varphivaleurs efficaces, section 1.3

C.Q.F.D.

Propriété

P=U I cos⁡φP = U\,I\,\cos\varphi

Pour un résistor pur (φ=0\varphi=0), on retrouve P=UI=RI2P=UI=RI^{2} : toute la puissance est dissipée. Pour une bobine ou un condensateur idéaux (φ=±π2\varphi=\pm\dfrac\pi2), cos⁡φ=0\cos\varphi=0 : aucune puissance n'est consommée en moyenne — l'énergie est empruntée puis intégralement restituée au générateur à chaque quart de période.

6.2  Facteur de puissance et triangle des puissances

Définition

On appelle puissance apparente le produit S=U IS = U\,I, exprimé en volt-ampères (VA) — c'est la puissance que « voit » le générateur, indépendamment du déphasage. Le rapport :

k=cos⁡φ=PSk = \cos\varphi = \dfrac{P}{S}

est appelé facteur de puissance : c'est la fraction de la puissance apparente réellement convertie en puissance active. On a toujours 0⩽k⩽10 \leqslant k \leqslant 1.

Propriété — triangle des puissances

On définit aussi la puissance réactive Q=U I sin⁡φQ = U\,I\,\sin\varphi (en vars, var). Comme cos⁡2φ+sin⁡2φ=1\cos^{2}\varphi+\sin^{2}\varphi=1 :

S2=P2+Q2S^{2} = P^{2}+Q^{2}

PP, QQ et SS forment donc un triangle rectangle — le triangle des puissances — en tout point semblable au triangle des tensions de Fresnel (URU_R, UL−UCU_L-U_C, UU) et à celui des impédances (RR, Lω−1CωL\omega-\frac1{C\omega}, ZZ) : les trois sont liés par le même facteur II ou I2I^{2}.

Triangle des puissances φ P Q S P = 800 W · Q = 600 var · S = 1 000 VA · cos φ = 0,80
Figure 6 — Triangle des puissances : P=UIcos⁡φP=UI\cos\varphi (active), Q=UIsin⁡φQ=UI\sin\varphi (réactive), S=UIS=UI (apparente), avec S2=P2+Q2S^{2}=P^{2}+Q^{2}. Exemple représenté : U=200 VU=200\ \text{V}, I=5,0 AI=5{,}0\ \text{A}, φ≈36,9°\varphi\approx36{,}9°.
Exemple — calculer P, S et Q

Une installation est alimentée sous U=200 VU=200\ \text{V}, traversée par I=5,0 AI=5{,}0\ \text{A}, avec un déphasage φ≈36,9°\varphi\approx36{,}9° (cos⁡φ=0,80\cos\varphi=0{,}80, sin⁡φ=0,60\sin\varphi=0{,}60). Calculer PP, SS et QQ.

  1. P=UIcos⁡φ=200×5,0×0,80P = UI\cos\varphi = 200\times5{,}0\times0{,}80
  2. ==800 W800\ \text{W}
  3. S=UI=200×5,0S = UI = 200\times5{,}0
  4. ==1 000 VA1\,000\ \text{VA}
  5. Q=UIsin⁡φ=1 000×0,60Q = UI\sin\varphi = 1\,000\times0{,}60
  6. ==600 var600\ \text{var}
Attention

La puissance apparente SS n'est pas une puissance réellement consommée : c'est PP (en watts) qui correspond à l'énergie effectivement transformée (chaleur, travail...) et facturée en kilowattheures. SS fixe cependant le dimensionnement des câbles et des générateurs, qui doivent supporter l'intensité I=SUI=\dfrac{S}{U} — d'où l'intérêt, pour un distributeur comme SENELEC, d'un facteur de puissance proche de 11.

6.3  Relèvement du facteur de puissance

Les moteurs électriques, très répandus dans l'industrie, sont des charges inductives (φ>0\varphi>0) : leur facteur de puissance est souvent médiocre (0,60{,}6 à 0,80{,}8). Beaucoup de distributeurs, dont SENELEC, pénalisent financièrement les gros clients dont cos⁡φ\cos\varphi est trop faible, car cela les oblige à dimensionner un réseau capable de transporter une intensité II plus grande que nécessaire pour la même puissance utile PP.

Méthode — relever le facteur de puissance

On place un condensateur en dérivation aux bornes de l'installation. Il consomme une puissance réactive négative (il en fournit), ce qui réduit la puissance réactive totale sans changer PP (un condensateur ne consomme aucune puissance active). Pour passer d'un facteur cos⁡φ1\cos\varphi_1 à un facteur cible cos⁡φ2\cos\varphi_2 (avec φ2<φ1\varphi_2<\varphi_1), à PP inchangée :

  1. Qc=Ptan⁡φ1−Ptan⁡φ2=P(tan⁡φ1−tan⁡φ2)Q_c = P\tan\varphi_1 - P\tan\varphi_2 = P(\tan\varphi_1-\tan\varphi_2)puissance réactive à compenser
  2. Qc=U2CωQ_c = U^{2}C\omegapuissance réactive fournie par un condensateur sous tension UU
  3. ⇒\RightarrowC=P(tan⁡φ1−tan⁡φ2)U2ωC = \dfrac{P(\tan\varphi_1-\tan\varphi_2)}{U^{2}\omega}
Exemple — dimensionner un condensateur de compensation

Un moteur, sous U=230 VU=230\ \text{V}, f=50 Hzf=50\ \text{Hz}, a une puissance active P=1 500 WP=1\,500\ \text{W} et un facteur de puissance cos⁡φ1=0,70\cos\varphi_1=0{,}70. On veut le relever à cos⁡φ2=0,90\cos\varphi_2=0{,}90. Calculer la capacité CC à installer en parallèle.

  1. φ1=arccos⁡(0,70)≈45,6°\varphi_1=\arccos(0{,}70)\approx45{,}6°donc tan⁡φ1≈1,020\tan\varphi_1\approx1{,}020
  2. φ2=arccos⁡(0,90)≈25,8°\varphi_2=\arccos(0{,}90)\approx25{,}8°donc tan⁡φ2≈0,484\tan\varphi_2\approx0{,}484
  3. Qc=P(tan⁡φ1−tan⁡φ2)=1 500×(1,020−0,484)Q_c = P(\tan\varphi_1-\tan\varphi_2) = 1\,500\times(1{,}020-0{,}484)
  4. ≈\approx804 var804\ \text{var}
  5. C=QcU2ω=8042302×314,2C = \dfrac{Q_c}{U^{2}\omega} = \dfrac{804}{230^{2}\times314{,}2}
  6. ≈\approx48,4×10−6 F=48,4 μF48{,}4\times10^{-6}\ \text{F} = 48{,}4\ \mu\text{F}

6.4  Applications

Ces notions ne sont pas que théoriques : elles gouvernent une bonne partie du réseau électrique qui t'entoure.

  • Distribution SENELEC / SNE : le facteur de puissance conditionne le dimensionnement des lignes ; les gros abonnés industriels sont facturés à la fois sur l'énergie active (kWh) et, au-delà d'un certain seuil, pénalisés sur un cos⁡φ\cos\varphi trop faible.
  • Compteur électrique : qu'il soit électromécanique (à disque tournant) ou électronique, il intègre dans le temps la puissance active p(t)p(t), et non la puissance apparente — c'est bien P=UIcos⁡φP=UI\cos\varphi qui détermine ta facture, en kilowattheures.
  • Filtre passe-bande radio : un circuit RLC branché en antenne d'un poste de radio ne laisse passer efficacement que les fréquences proches de sa fréquence propre f0f_0 (section 5) : en ajustant CC (le « bouton d'accord »), on choisit la station à recevoir ; un facteur de qualité QQ élevé permet de bien séparer deux stations proches.
Physique & Co — Galileo Ferraris et le compteur à disque

En 1885, l'ingénieur italien Galileo Ferraris découvre le principe du champ magnétique tournant, produit par des courants alternatifs déphasés — un principe qu'il ne brevette pas, convaincu, à tort, que le courant alternatif n'aurait pas d'avenir industriel. Ce même principe permet à Nikola Tesla de mettre au point, la même année, le moteur asynchrone, aujourd'hui le moteur électrique le plus répandu au monde.

Ferraris applique aussi son principe, en 1888, à un dispositif de mesure : le compteur à induction (« compteur Ferraris »), où un disque d'aluminium tourne à une vitesse proportionnelle à la puissance active consommée, ses rotations, comptées par un jeu d'engrenages, donnant directement l'énergie en kilowattheures. Ce compteur électromécanique équipera, pendant plus d'un siècle, l'immense majorité des foyers du monde — Afrique francophone comprise — avant d'être progressivement remplacé par les compteurs électroniques.

Fiche mémo

  • u(t)=Umcos⁡(ωt+φ)u(t)=U_m\cos(\omega t+\varphi) ; ω=2πT=2πf\omega=\dfrac{2\pi}{T}=2\pi f ; U=Um2U=\dfrac{U_m}{\sqrt2} (idem pour II).
  • Déphasage φ=φu−φi\varphi=\varphi_u-\varphi_i constant : en phase (00), en avance/retard, quadrature (±π2\pm\frac\pi2), opposition (π\pi).
  • Résistor : ZR=RZ_R=R, φ=0\varphi=0. Bobine : ZL=LωZ_L=L\omega, φ=+π2\varphi=+\dfrac\pi2. Condensateur : ZC=1CωZ_C=\dfrac1{C\omega}, φ=−π2\varphi=-\dfrac\pi2.
  • Fresnel : vecteur de norme = amplitude (ou valeur efficace), d'angle = phase ; on additionne bout à bout (Chasles).
  • RLC série : Z=R2+(Lω−1Cω)2Z=\sqrt{R^{2}+\left(L\omega-\frac1{C\omega}\right)^{2}} ; tan⁡φ=Lω−1CωR\tan\varphi=\dfrac{L\omega-\frac1{C\omega}}{R} ; U=ZIU=ZI.
  • Lω>1CωL\omega>\frac1{C\omega} : inductif (φ>0\varphi>0). Lω<1CωL\omega<\frac1{C\omega} : capacitif (φ<0\varphi<0). Lω=1CωL\omega=\frac1{C\omega} : résonance (φ=0\varphi=0).
  • Résonance : ω0=1LC\omega_0=\dfrac1{\sqrt{LC}} ; f0=12πLCf_0=\dfrac1{2\pi\sqrt{LC}} ; Imax=URI_{max}=\dfrac UR.
  • Bande passante Δω=RL\Delta\omega=\dfrac RL (indépendante de CC) ; facteur de qualité Q=Lω0R=ω0Δω=f0ΔfQ=\dfrac{L\omega_0}R=\dfrac{\omega_0}{\Delta\omega}=\dfrac{f_0}{\Delta f}.
  • Surtension à la résonance : UL=UC=Q UU_L=U_C=Q\,U, qui peut très largement dépasser UU si Q>1Q>1.
  • Puissances : active P=UIcos⁡φP=UI\cos\varphi (W), apparente S=UIS=UI (VA), réactive Q=UIsin⁡φQ=UI\sin\varphi (var) ; S2=P2+Q2S^{2}=P^{2}+Q^{2}.
  • Facteur de puissance k=cos⁡φ=PSk=\cos\varphi=\dfrac PS ; relèvement par condensateur en parallèle : C=P(tan⁡φ1−tan⁡φ2)U2ωC=\dfrac{P(\tan\varphi_1-\tan\varphi_2)}{U^{2}\omega}.

7Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Une tension a pour expression u(t)=20cos⁡ ⁣(100πt+π6)u(t) = 20\cos\!\left(100\pi t + \dfrac\pi6\right) (en volts, tt en secondes). Déterminer UmU_m, ω\omega, ff, TT, φ\varphi, puis calculer la valeur efficace UU.

Voir le corrigé détaillé
  1. par identification : Um=20 VU_m=20\ \text{V} ; ω=100π rad⋅s−1≈314,2 rad⋅s−1\omega=100\pi\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}\approx314{,}2\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1} ; φ=π6 rad=30°\varphi=\dfrac\pi6\ \text{rad} = 30°
  2. f=ω2π=100π2πf=\dfrac\omega{2\pi}=\dfrac{100\pi}{2\pi}
  3. ==50 Hz50\ \text{Hz}
  4. T=1f=150T=\dfrac1f=\dfrac1{50}
  5. ==0,020 s=20 ms0{,}020\ \text{s}=20\ \text{ms}
  6. U=Um2=202U=\dfrac{U_m}{\sqrt2}=\dfrac{20}{\sqrt2}
  7. ≈\approx14,1 V14{,}1\ \text{V}
2

Le secteur SENELEC délivre U=230 VU=230\ \text{V} efficaces, f=50 Hzf=50\ \text{Hz}. Calculer l'amplitude UmU_m. Un radiateur électrique, indiqué « 230 V ~ 50 Hz — 1000 W », se comporte comme un résistor (cos⁡φ=1\cos\varphi=1). Calculer l'intensité efficace II qu'il appelle, puis l'amplitude ImI_m.

Voir le corrigé détaillé
  1. Um=U2=2302U_m=U\sqrt2=230\sqrt2
  2. ≈\approx325,3 V325{,}3\ \text{V}
  3. résistor : P=UI⇒I=PU=1 000230P=UI \Rightarrow I=\dfrac PU=\dfrac{1\,000}{230}
  4. ≈\approx4,3 A4{,}3\ \text{A}
  5. Im=I2≈4,3×2I_m=I\sqrt2\approx4{,}3\times\sqrt2
  6. ≈\approx6,1 A6{,}1\ \text{A}
3

Une bobine L=50 mHL=50\ \text{mH} et un condensateur C=20 μFC=20\ \mu\text{F} sont étudiés séparément. Calculer ZLZ_L et ZCZ_C pour f=50 Hzf=50\ \text{Hz}, puis pour f=1 000 Hzf=1\,000\ \text{Hz}. Commenter l'évolution de chaque réactance avec la fréquence.

Voir le corrigé détaillé
  1. à f=50 Hzf=50\ \text{Hz} : ZL=Lω=0,050×2π×50Z_L=L\omega=0{,}050\times2\pi\times50
  2. ≈\approx15,7 Ω15{,}7\ \Omega
  3. ZC=1Cω=120×10−6×2π×50Z_C=\dfrac1{C\omega}=\dfrac1{20\times10^{-6}\times2\pi\times50}
  4. ≈\approx159,2 Ω159{,}2\ \Omega
  5. à f=1 000 Hzf=1\,000\ \text{Hz} : ZL=0,050×2π×1 000Z_L=0{,}050\times2\pi\times1\,000
  6. ≈\approx314,2 Ω314{,}2\ \Omega
  7. ZC=120×10−6×2π×1 000Z_C=\dfrac1{20\times10^{-6}\times2\pi\times1\,000}
  8. ≈\approx8,0 Ω8{,}0\ \Omega

Quand la fréquence est multipliée par 2020, ZLZ_L est multipliée par 2020 (elle est proportionnelle à ff), tandis que ZCZ_C est divisée par 2020 (elle est inversement proportionnelle à ff) : la bobine s'oppose de plus en plus au courant quand ff augmente, le condensateur de moins en moins.

4

Un dipôle RLC série a R=40 ΩR=40\ \Omega, L=0,20 HL=0{,}20\ \text{H}, C=20 μFC=20\ \mu\text{F}, et il est alimenté sous U=100 VU=100\ \text{V} efficaces, f=50 Hzf=50\ \text{Hz}. Calculer ZZ, φ\varphi et II.

Voir le corrigé détaillé
  1. ω=2πf=2π×50≈314,2 rad⋅s−1\omega=2\pi f=2\pi\times50\approx314{,}2\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
  2. Lω=0,20×314,2≈62,8 ΩL\omega=0{,}20\times314{,}2\approx62{,}8\ \Omega
  3. 1Cω=120×10−6×314,2≈159,2 Ω\dfrac1{C\omega}=\dfrac1{20\times10^{-6}\times314{,}2}\approx159{,}2\ \Omega
  4. Z=R2+(Lω−1Cω)2=402+(62,8−159,2)2Z=\sqrt{R^{2}+\left(L\omega-\frac1{C\omega}\right)^{2}}=\sqrt{40^{2}+(62{,}8-159{,}2)^{2}}
  5. ≈\approx104,3 Ω104{,}3\ \Omega
  6. tan⁡φ=62,8−159,240≈−2,41\tan\varphi=\dfrac{62{,}8-159{,}2}{40}\approx-2{,}41
  7. ⇒\Rightarrowφ≈−67,5°\varphi\approx-67{,}5°circuit capacitif : Lω<1CωL\omega<\frac1{C\omega}
  8. I=UZ=100104,3I=\dfrac UZ=\dfrac{100}{104{,}3}
  9. ≈\approx0,96 A0{,}96\ \text{A}
5

Un dipôle est soumis à U=48 VU=48\ \text{V}, traversé par I=2,5 AI=2{,}5\ \text{A}, avec un déphasage φ=25°\varphi=25° de uu par rapport à ii. Calculer la puissance active PP, la puissance apparente SS et la puissance réactive QQ.

Voir le corrigé détaillé
  1. cos⁡(25°)≈0,906\cos(25°)\approx0{,}906 et sin⁡(25°)≈0,423\sin(25°)\approx0{,}423
  2. P=UIcos⁡φ=48×2,5×0,906P=UI\cos\varphi=48\times2{,}5\times0{,}906
  3. ≈\approx108,8 W108{,}8\ \text{W}
  4. S=UI=48×2,5S=UI=48\times2{,}5
  5. ==120 VA120\ \text{VA}
  6. Q=UIsin⁡φ=120×0,423Q=UI\sin\varphi=120\times0{,}423
  7. ≈\approx50,7 var50{,}7\ \text{var}
Niveau 2 — Approfondissement
6

Un dipôle RLC série, de résistance R=25 ΩR=25\ \Omega, est parcouru par un courant efficace I=2,0 AI=2{,}0\ \text{A}. On donne UL=170 VU_L=170\ \text{V} et UC=50 VU_C=50\ \text{V}. En construisant le diagramme de Fresnel, déterminer la tension efficace UU aux bornes du dipôle et le déphasage φ\varphi de uu par rapport à ii.

Voir le corrigé détaillé

On place UR⃗\vec{U_R} le long de l'axe de I⃗\vec I, puis UL⃗\vec{U_L} (vers le haut) et UC⃗\vec{U_C} (vers le bas) à sa suite ; U⃗\vec U va de l'origine à l'extrémité finale.

  1. UR=RI=25×2,0=50 VU_R=RI=25\times2{,}0=50\ \text{V}
  2. UL−UC=170−50=120 VU_L-U_C=170-50=120\ \text{V}
  3. U=UR2+(UL−UC)2=502+1202U=\sqrt{U_R^{2}+(U_L-U_C)^{2}}=\sqrt{50^{2}+120^{2}}
  4. ==2 500+14 400=16 900\sqrt{2\,500+14\,400}=\sqrt{16\,900}
  5. ==130 V130\ \text{V}
  6. tan⁡φ=UL−UCUR=12050=2,4\tan\varphi=\dfrac{U_L-U_C}{U_R}=\dfrac{120}{50}=2{,}4
  7. ⇒\Rightarrowφ≈67,4°\varphi\approx67{,}4°circuit inductif, UL>UCU_L>U_C
7

En t'aidant de la figure 2 (oscillogramme, section 1.2), avec une base de temps de 0,5 ms/div0{,}5\ \text{ms/div}, détermine la période TT, la fréquence ff, puis le déphasage φ\varphi de uu (voie 1) par rapport à ii (voie 2). Le circuit correspondant est-il plutôt inductif ou capacitif ?

Voir le corrigé détaillé
  1. sur la figure, un motif complet occupe 88 divisions : T=8×0,5=4,0 msT=8\times0{,}5=4{,}0\ \text{ms}
  2. f=1T=14,0×10−3f=\dfrac1T=\dfrac1{4{,}0\times10^{-3}}
  3. ==250 Hz250\ \text{Hz}
  4. le décalage entre les deux courbes vaut 11 division, soit Δt=0,5 ms\Delta t=0{,}5\ \text{ms}
  5. φ=2π ΔtT=2π×18\varphi=\dfrac{2\pi\,\Delta t}T=\dfrac{2\pi\times1}{8}
  6. ==π4 rad=45°\dfrac\pi4\ \text{rad}=45°

La voie 1 (uu) est en avance sur la voie 2 (ii) : φ>0\varphi>0, le circuit est inductif.

8

Un circuit RLC série comprend L=0,80 HL=0{,}80\ \text{H} et C=5,0 μFC=5{,}0\ \mu\text{F}, avec R=40 ΩR=40\ \Omega, alimenté sous U=6,0 VU=6{,}0\ \text{V} efficaces. Calculer la fréquence de résonance f0f_0, le facteur de qualité QQ, la bande passante Δf\Delta f, puis la tension efficace ULU_L aux bornes de la bobine à la résonance.

Voir le corrigé détaillé
  1. ω0=1LC=10,80×5,0×10−6\omega_0=\dfrac1{\sqrt{LC}}=\dfrac1{\sqrt{0{,}80\times5{,}0\times10^{-6}}}
  2. ==14,0×10−6=12,0×10−3=500 rad⋅s−1\dfrac1{\sqrt{4{,}0\times10^{-6}}}=\dfrac1{2{,}0\times10^{-3}}=500\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
  3. f0=ω02π=5002πf_0=\dfrac{\omega_0}{2\pi}=\dfrac{500}{2\pi}
  4. ≈\approx79,6 Hz79{,}6\ \text{Hz}
  5. Q=Lω0R=0,80×50040Q=\dfrac{L\omega_0}R=\dfrac{0{,}80\times500}{40}
  6. ==10,010{,}0
  7. Δf=f0Q=79,610,0\Delta f=\dfrac{f_0}Q=\dfrac{79{,}6}{10{,}0}
  8. ≈\approx8,0 Hz8{,}0\ \text{Hz}
  9. UL=Q U=10,0×6,0U_L=Q\,U=10{,}0\times6{,}0
  10. ==60 V60\ \text{V}soit 1010 fois la tension d'alimentation !
9

En observant la figure 5 (courbe de résonance I(f)I(f) pour R1=15 ΩR_1=15\ \Omega et R2=45 ΩR_2=45\ \Omega) :
a) laquelle des deux courbes correspond à R1R_1 ? Justifier sans calcul.
b) lire graphiquement f0f_0, Imax,1I_{max,1} et Imax,2I_{max,2}.
c) calculer Q1Q_1 et Q2Q_2, et relier leurs valeurs à l'allure des deux courbes.

Voir le corrigé détaillé

a) À la résonance, Imax=URI_{max}=\dfrac UR : la résistance la plus petite donne le courant maximal le plus grand. La courbe bleue (la plus haute et la plus étroite) correspond donc à R1=15 ΩR_1=15\ \Omega, la courbe rouge à R2=45 ΩR_2=45\ \Omega.

b) Lecture graphique : f0≈159 Hzf_0\approx159\ \text{Hz} (commune aux deux courbes) ; Imax,1≈0,60 AI_{max,1}\approx0{,}60\ \text{A} ; Imax,2≈0,20 AI_{max,2}\approx0{,}20\ \text{A}.

  1. ω0=2πf0≈2π×159,2≈1 000 rad⋅s−1\omega_0=2\pi f_0\approx2\pi\times159{,}2\approx1\,000\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
  2. Q1=ω0Δω1Q_1=\dfrac{\omega_0}{\Delta\omega_1}avec Δω1=R1/L\Delta\omega_1=R_1/L, L=0,10 HL=0{,}10\ \text{H}
  3. ==1 00015/0,10=1 000150≈6,7\dfrac{1\,000}{15/0{,}10}=\dfrac{1\,000}{150}\approx6{,}7
  4. Q2=1 00045/0,10=1 000450Q_2=\dfrac{1\,000}{45/0{,}10}=\dfrac{1\,000}{450}
  5. ≈\approx2,22{,}2

Q1>Q2Q_1>Q_2 : conforme à la courbe 1, plus haute et plus étroite (résonance plus sélective) que la courbe 2.

10

Un atelier, sous U=230 VU=230\ \text{V}, f=50 Hzf=50\ \text{Hz}, consomme P=4 400 WP=4\,400\ \text{W} avec un facteur de puissance cos⁡φ1=0,65\cos\varphi_1=0{,}65. On veut le relever à cos⁡φ2=0,93\cos\varphi_2=0{,}93 à l'aide d'une batterie de condensateurs en parallèle. Calculer la puissance réactive à compenser QcQ_c, puis la capacité CC nécessaire.

Voir le corrigé détaillé
  1. φ1=arccos⁡(0,65)≈49,5°\varphi_1=\arccos(0{,}65)\approx49{,}5°tan⁡φ1≈1,17\tan\varphi_1\approx1{,}17
  2. φ2=arccos⁡(0,93)≈21,6°\varphi_2=\arccos(0{,}93)\approx21{,}6°tan⁡φ2≈0,40\tan\varphi_2\approx0{,}40
  3. Qc=P(tan⁡φ1−tan⁡φ2)=4 400×(1,17−0,40)Q_c=P(\tan\varphi_1-\tan\varphi_2)=4\,400\times(1{,}17-0{,}40)
  4. ≈\approx3 405 var3\,405\ \text{var}
  5. C=QcU2ω=3 4052302×314,2C=\dfrac{Q_c}{U^{2}\omega}=\dfrac{3\,405}{230^{2}\times314{,}2}
  6. ≈\approx205 μF205\ \mu\text{F}
Niveau 3 — Type bac
11

Un circuit RLC série comprend un résistor R=60 ΩR=60\ \Omega, une bobine idéale L=0,30 HL=0{,}30\ \text{H} et un condensateur C=10 μFC=10\ \mu\text{F}. Il est alimenté par un GBF de tension efficace U=120 VU=120\ \text{V}, de fréquence réglée à f=80 Hzf=80\ \text{Hz}.

  1. Calculer la pulsation ω\omega, puis les réactances LωL\omega et 1Cω\dfrac1{C\omega}.
  2. En déduire l'impédance ZZ du dipôle et l'intensité efficace II.
  3. Calculer le déphasage φ\varphi de uu par rapport à ii. Préciser la nature du circuit à cette fréquence.
  4. Calculer la fréquence propre f0f_0 du circuit. Ce résultat est-il cohérent avec la question 3 ?
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. ω=2πf=2π×80\omega=2\pi f=2\pi\times80
  2. ≈\approx502,7 rad⋅s−1502{,}7\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
  3. Lω=0,30×502,7L\omega=0{,}30\times502{,}7
  4. ≈\approx150,8 Ω150{,}8\ \Omega
  5. 1Cω=110×10−6×502,7\dfrac1{C\omega}=\dfrac1{10\times10^{-6}\times502{,}7}
  6. ≈\approx198,9 Ω198{,}9\ \Omega

2.

  1. Z=R2+(Lω−1Cω)2=602+(150,8−198,9)2Z=\sqrt{R^{2}+\left(L\omega-\frac1{C\omega}\right)^{2}}=\sqrt{60^{2}+(150{,}8-198{,}9)^{2}}
  2. ≈\approx76,9 Ω76{,}9\ \Omega
  3. I=UZ=12076,9I=\dfrac UZ=\dfrac{120}{76{,}9}
  4. ≈\approx1,56 A1{,}56\ \text{A}

3.

  1. tan⁡φ=150,8−198,960≈−0,80\tan\varphi=\dfrac{150{,}8-198{,}9}{60}\approx-0{,}80
  2. ⇒\Rightarrowφ≈−38,8°\varphi\approx-38{,}8°

φ<0\varphi<0 : uu est en retard sur ii, le circuit est capacitif à f=80 Hzf=80\ \text{Hz}.

4.

  1. f0=12πLC=12π0,30×10×10−6f_0=\dfrac1{2\pi\sqrt{LC}}=\dfrac1{2\pi\sqrt{0{,}30\times10\times10^{-6}}}
  2. ≈\approx91,9 Hz91{,}9\ \text{Hz}

f=80 Hz<f0≈91,9 Hzf=80\ \text{Hz} < f_0\approx91{,}9\ \text{Hz} : on se trouve en dessous de la résonance, donc en régime capacitif — cohérent avec la question 3.

12

Restitution organisée de connaissances.

  1. Démontrer que, dans un circuit RLC série alimenté sous tension efficace UU constante, l'intensité efficace I(ω)I(\omega) est maximale lorsque ω=ω0=1LC\omega=\omega_0=\dfrac1{\sqrt{LC}}.
  2. Un circuit RLC série a L=0,15 HL=0{,}15\ \text{H}, C=15 μFC=15\ \mu\text{F}, R=25 ΩR=25\ \Omega, alimenté sous U=15 VU=15\ \text{V} efficaces. Calculer f0f_0, ImaxI_{max}, QQ et Δf\Delta f.
  3. Calculer ULU_L et UCU_C à la résonance. Commenter.
Voir le corrigé détaillé

1. I(ω)=UZ(ω)I(\omega)=\dfrac U{Z(\omega)}, à UU fixée : II est maximale quand ZZ est minimale.

  1. Z(ω)=R2+(Lω−1Cω)2Z(\omega)=\sqrt{R^{2}+\left(L\omega-\frac1{C\omega}\right)^{2}}
  2. R2R^{2} est constant ; ZZ est minimale quand (Lω−1Cω)2\left(L\omega-\frac1{C\omega}\right)^{2} est minimal, c'est-à-dire nul (un carré est toujours ⩾0\geqslant0)
  3. ⇒\RightarrowZZ minimale lorsque Lω=1CωL\omega=\dfrac1{C\omega}
  4. ⇒\Rightarrowω2=1LC\omega^{2}=\dfrac1{LC}
  5. ⇒\Rightarrowω0=1LC\omega_0=\dfrac1{\sqrt{LC}}racine positive

2.

  1. ω0=10,15×15×10−6≈666,7 rad⋅s−1\omega_0=\dfrac1{\sqrt{0{,}15\times15\times10^{-6}}}\approx666{,}7\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
  2. f0=666,72π≈106,1 Hzf_0=\dfrac{666{,}7}{2\pi}\approx106{,}1\ \text{Hz}
  3. Imax=UR=1525=0,60 AI_{max}=\dfrac UR=\dfrac{15}{25}=0{,}60\ \text{A}
  4. Q=Lω0R=0,15×666,725≈4,0Q=\dfrac{L\omega_0}R=\dfrac{0{,}15\times666{,}7}{25}\approx4{,}0
  5. Δf=f0Q=106,14,0≈26,5 Hz\Delta f=\dfrac{f_0}Q=\dfrac{106{,}1}{4{,}0}\approx26{,}5\ \text{Hz}

3.

  1. UL=UC=Q U=4,0×15U_L=U_C=Q\,U=4{,}0\times15
  2. ==60 V60\ \text{V}

Bien que U=15 VU=15\ \text{V} seulement, chacune des tensions ULU_L et UCU_C atteint 60 V60\ \text{V} : c'est le phénomène de surtension, ici multiplié par Q=4Q=4.

13

Une installation industrielle, alimentée sous U=400 VU=400\ \text{V}, absorbe une puissance active P=15 000 WP=15\,000\ \text{W} avec un facteur de puissance cos⁡φ1=0,72\cos\varphi_1=0{,}72.

  1. Calculer l'intensité efficace I1I_1 en ligne, la puissance apparente S1S_1 et la puissance réactive Q1Q_1.
  2. Le fournisseur d'électricité pénalise financièrement les installations dont cos⁡φ<0,80\cos\varphi<0{,}80. Cette installation est-elle concernée ?
  3. On installe une batterie de condensateurs pour porter cos⁡φ\cos\varphi à 0,930{,}93. Calculer la puissance réactive QcQ_c à compenser, puis la capacité CC (on prendra ω≈314 rad⋅s−1\omega\approx314\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}).
  4. Calculer la nouvelle intensité efficace I2I_2 en ligne et le pourcentage de réduction par rapport à I1I_1. Conclure.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. S1=Pcos⁡φ1=15 0000,72S_1=\dfrac{P}{\cos\varphi_1}=\dfrac{15\,000}{0{,}72}
  2. ≈\approx20 833 VA≈20,8 kVA20\,833\ \text{VA}\approx20{,}8\ \text{kVA}
  3. I1=S1U=20 833400I_1=\dfrac{S_1}U=\dfrac{20\,833}{400}
  4. ≈\approx52,1 A52{,}1\ \text{A}
  5. φ1=arccos⁡(0,72)≈44,0°\varphi_1=\arccos(0{,}72)\approx44{,}0°tan⁡φ1≈0,964\tan\varphi_1\approx0{,}964
  6. Q1=Ptan⁡φ1=15 000×0,964Q_1=P\tan\varphi_1=15\,000\times0{,}964
  7. ≈\approx14 460 var14\,460\ \text{var}

2. cos⁡φ1=0,72<0,80\cos\varphi_1=0{,}72<0{,}80 : l'installation est bien pénalisée.

3.

  1. φ2=arccos⁡(0,93)≈21,6°\varphi_2=\arccos(0{,}93)\approx21{,}6°tan⁡φ2≈0,395\tan\varphi_2\approx0{,}395
  2. Qc=P(tan⁡φ1−tan⁡φ2)=15 000×(0,964−0,395)Q_c=P(\tan\varphi_1-\tan\varphi_2)=15\,000\times(0{,}964-0{,}395)
  3. ≈\approx8 530 var8\,530\ \text{var}
  4. C=QcU2ω=8 5304002×314C=\dfrac{Q_c}{U^{2}\omega}=\dfrac{8\,530}{400^{2}\times314}
  5. ≈\approx170 μF170\ \mu\text{F}

4.

  1. S2=Pcos⁡φ2=15 0000,93≈16 129 VAS_2=\dfrac{P}{\cos\varphi_2}=\dfrac{15\,000}{0{,}93}\approx16\,129\ \text{VA}
  2. I2=S2U=16 129400≈40,3 AI_2=\dfrac{S_2}U=\dfrac{16\,129}{400}\approx40{,}3\ \text{A}
  3. réduction =I1−I2I1=52,1−40,352,1=\dfrac{I_1-I_2}{I_1}=\dfrac{52{,}1-40{,}3}{52{,}1}
  4. ≈\approx23 %23\ \%

L'intensité en ligne chute d'environ un quart : les pertes par effet Joule dans les câbles (proportionnelles à I2I^{2}) sont, elles, réduites d'environ 41 %41\ \% — d'où l'intérêt économique du relèvement du facteur de puissance.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

L'atelier de Fatou (Dakar). Fatou dirige un atelier de couture équipé de machines à coudre électriques (moteurs asynchrones). Sous U=230 VU=230\ \text{V}, f=50 Hzf=50\ \text{Hz}, l'atelier absorbe une puissance active P=6 000 WP=6\,000\ \text{W} avec un facteur de puissance cos⁡φ1=0,68\cos\varphi_1=0{,}68. SENELEC pénalise les abonnés dont cos⁡φ<0,80\cos\varphi<0{,}80.

  1. Fatou risque-t-elle une pénalité ? Calculer S1S_1 et l'intensité I1I_1 appelée.
  2. Un technicien propose des condensateurs en parallèle pour porter cos⁡φ\cos\varphi à 0,950{,}95. Calculer la capacité CC nécessaire (ω≈314 rad⋅s−1\omega\approx314\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}).
  3. Calculer la nouvelle intensité I2I_2 et le pourcentage de réduction obtenu.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. 0,68<0,800{,}68<0{,}80 : Fatou est bien exposée à une pénalité
  2. S1=Pcos⁡φ1=6 0000,68≈8 824 VAS_1=\dfrac P{\cos\varphi_1}=\dfrac{6\,000}{0{,}68}\approx8\,824\ \text{VA}
  3. I1=S1U=8 824230I_1=\dfrac{S_1}U=\dfrac{8\,824}{230}
  4. ≈\approx38,4 A38{,}4\ \text{A}

2.

  1. φ1=arccos⁡(0,68)≈47,2°\varphi_1=\arccos(0{,}68)\approx47{,}2°tan⁡φ1≈1,080\tan\varphi_1\approx1{,}080
  2. φ2=arccos⁡(0,95)≈18,2°\varphi_2=\arccos(0{,}95)\approx18{,}2°tan⁡φ2≈0,329\tan\varphi_2\approx0{,}329
  3. Qc=P(tan⁡φ1−tan⁡φ2)=6 000×(1,080−0,329)Q_c=P(\tan\varphi_1-\tan\varphi_2)=6\,000\times(1{,}080-0{,}329)
  4. ≈\approx4 500 var4\,500\ \text{var}
  5. C=QcU2ω=4 5002302×314C=\dfrac{Q_c}{U^{2}\omega}=\dfrac{4\,500}{230^{2}\times314}
  6. ≈\approx271 μF271\ \mu\text{F}

3.

  1. S2=Pcos⁡φ2=6 0000,95≈6 316 VAS_2=\dfrac P{\cos\varphi_2}=\dfrac{6\,000}{0{,}95}\approx6\,316\ \text{VA}
  2. I2=6 316230≈27,5 AI_2=\dfrac{6\,316}{230}\approx27{,}5\ \text{A}
  3. réduction ≈38,4−27,538,4≈28 %\approx\dfrac{38{,}4-27{,}5}{38{,}4}\approx28\ \%

En installant les condensateurs, Fatou évite la pénalité et réduit l'intensité appelée de près de 28 %28\ \%.

15

Le poste radio d'Ibrahim (N'Djamena). Ibrahim construit un récepteur radio simple dont le circuit d'accord comporte une bobine L=200 μHL=200\ \mu\text{H} et un condensateur variable CC, en série avec une résistance de pertes r=5,0 Ωr=5{,}0\ \Omega (résistance interne de la bobine). Il veut capter une station émettant à f0=630 kHzf_0=630\ \text{kHz}.

  1. Calculer la capacité CC à régler pour que le circuit résonne à 630 kHz630\ \text{kHz}.
  2. Calculer le facteur de qualité QQ de ce circuit, puis sa bande passante Δf\Delta f.
  3. Une station concurrente émet à 640 kHz640\ \text{kHz}, soit 10 kHz10\ \text{kHz} plus haut. Sera-t-elle correctement séparée de la première par ce montage ?
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. ω0=2πf0=2π×630×103\omega_0=2\pi f_0=2\pi\times630\times10^{3}
  2. ≈\approx3,96×106 rad⋅s−13{,}96\times10^{6}\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
  3. ω0=1LC⇒C=1Lω02\omega_0=\dfrac1{\sqrt{LC}}\Rightarrow C=\dfrac1{L\omega_0^{2}}
  4. C=1200×10−6×(3,96×106)2C=\dfrac1{200\times10^{-6}\times(3{,}96\times10^{6})^{2}}
  5. ≈\approx3,19×10−10 F=319 pF3{,}19\times10^{-10}\ \text{F}=319\ \text{pF}

2.

  1. Q=Lω0r=200×10−6×3,96×1065,0Q=\dfrac{L\omega_0}r=\dfrac{200\times10^{-6}\times3{,}96\times10^{6}}{5{,}0}
  2. ≈\approx158158
  3. Δf=f0Q=630158\Delta f=\dfrac{f_0}Q=\dfrac{630}{158}
  4. ≈\approx4,0 kHz4{,}0\ \text{kHz}

3. La demi-largeur de la bande passante vaut Δf2≈2,0 kHz\dfrac{\Delta f}2\approx2{,}0\ \text{kHz} : le montage laisse donc passer, autour de 630 kHz630\ \text{kHz}, les fréquences comprises approximativement entre 628628 et 632 kHz632\ \text{kHz}. La station à 640 kHz640\ \text{kHz} se trouve à 10 kHz10\ \text{kHz} du pic, bien au-delà de cette demi-largeur (2,0 kHz2{,}0\ \text{kHz}) : elle sera donc efficacement rejetée, grâce au facteur de qualité élevé de ce circuit.

16

La pompe d'irrigation de Kwame (près de Douala). Kwame alimente une pompe d'irrigation immergée sous U=230 VU=230\ \text{V}, f=50 Hzf=50\ \text{Hz}. La plaque signalétique indique P=1 800 WP=1\,800\ \text{W}, cos⁡φ=0,80\cos\varphi=0{,}80.

  1. Calculer l'intensité efficace II appelée en fonctionnement normal.
  2. Calculer l'énergie active consommée pour une saison de 250 h250\ \text{h} de pompage, puis son coût, sachant que l'électricité est facturée 100 F CFA/kWh100\ \text{F CFA/kWh}.
  3. Le moteur asynchrone appelle, au démarrage, un courant égal à 55 fois l'intensité nominale. Calculer ce courant de démarrage. Parmi les calibres commerciaux 16 A16\ \text{A}, 20 A20\ \text{A}, 25 A25\ \text{A}, 32 A32\ \text{A}, 40 A40\ \text{A}, 50 A50\ \text{A}, 63 A63\ \text{A}, quel est le calibre minimal du disjoncteur à choisir ?
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. P=UIcos⁡φ⇒I=PUcos⁡φP=UI\cos\varphi\Rightarrow I=\dfrac{P}{U\cos\varphi}
  2. I=1 800230×0,80I=\dfrac{1\,800}{230\times0{,}80}
  3. ≈\approx9,8 A9{,}8\ \text{A}

2.

  1. E=P×t=1,8×250E=P\times t=1{,}8\times250
  2. ==450 kWh450\ \text{kWh}
  3. coût =450×100=450\times100
  4. ==45 000 F CFA45\,000\ \text{F CFA}

3.

  1. Idemarrage=5×I=5×9,8I_{demarrage}=5\times I=5\times9{,}8
  2. ≈\approx48,9 A48{,}9\ \text{A}

Le disjoncteur doit supporter, sans déclencher, 48,9 A48{,}9\ \text{A} : parmi les calibres proposés, le premier à dépasser cette valeur est 50 A50\ \text{A} — c'est le calibre minimal à installer (un calibre de 40 A40\ \text{A} déclencherait à chaque démarrage).

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📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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Dans l'écriture u(t)=Umcos⁡(ωt+φ)u(t) = U_m \cos(\omega t + \varphi), la grandeur ω\omega est appelée :

Explication : ω\omega est la pulsation, en rad⋅s−1\text{rad}\cdot\text{s}^{-1} ; elle est liée à la période TT et à la fréquence ff par ω=2πT=2πf\omega = \dfrac{2\pi}{T} = 2\pi f.

La pulsation ω\omega d'une grandeur sinusoïdale de période TT vérifie :

Explication : Une période TT correspond à un tour complet, soit un angle de 2π2\pi radians parcouru en un temps TT : ω=2πT\omega = \dfrac{2\pi}{T}. C'est aussi ω=2πf\omega = 2\pi f, avec f=1Tf = \dfrac{1}{T}.

Un multimètre placé en position « alternatif » (AC) affiche toujours :

Explication : Un appareil en position alternatif affiche la valeur efficace. La valeur moyenne d'une sinusoïde pure est nulle, ce qui en ferait une mesure inutile.

Le secteur SENELEC délivre une tension d'amplitude Um≈325 VU_m \approx 325\ \text{V}. Sa valeur efficace UU vaut environ :

Explication : U=Um2U = \dfrac{U_m}{\sqrt2}
U=3252U = \dfrac{325}{\sqrt2}
U≈230 VU \approx 230\ \text{V}, la valeur nominale bien connue du secteur.

Soit φ=φu−φi\varphi = \varphi_u - \varphi_i le déphasage de uu par rapport à ii. Si φ>0\varphi > 0, alors :

Explication : Par définition, φ>0\varphi>0 signifie que la phase instantanée de uu dépasse celle de ii : uu atteint son maximum avant ii, donc uu est en avance.

Aux bornes d'un résistor RR parcouru par un courant sinusoïdal, le déphasage de la tension par rapport au courant vaut :

Explication : La loi d'Ohm instantanée uR(t)=R i(t)u_R(t) = R\,i(t) est valable à chaque instant : uRu_R et ii sont donc en phase, quelle que soit la fréquence.

Une bobine idéale d'inductance L=0,20 HL = 0{,}20\ \text{H} est parcourue par un courant efficace I=0,50 AI = 0{,}50\ \text{A} de fréquence f=50 Hzf = 50\ \text{Hz}. La tension efficace ULU_L à ses bornes vaut environ :

Explication : ZL=Lω=0,20×2π×50Z_L = L\omega = 0{,}20\times2\pi\times50
ZL≈62,8 ΩZ_L \approx 62{,}8\ \Omega
UL=ZL I=62,8×0,50U_L = Z_L\,I = 62{,}8\times0{,}50
UL≈31,4 VU_L \approx 31{,}4\ \text{V}.

Un condensateur de capacité C=20 μFC = 20\ \mu\text{F} est traversé par un courant de fréquence f=50 Hzf = 50\ \text{Hz}. Sa réactance capacitive ZCZ_C vaut environ :

Explication : ZC=1Cω=120×10−6×2π×50Z_C = \dfrac{1}{C\omega} = \dfrac{1}{20\times10^{-6}\times2\pi\times50}
ZC≈159 ΩZ_C \approx 159\ \Omega.

Aux bornes d'un condensateur, la tension uCu_C est en retard de π2\dfrac{\pi}{2} sur le courant ii. Autrement dit, le courant ii est :

Explication : Le déphasage est réciproque : si uCu_C est en retard de π2\dfrac{\pi}{2} sur ii, c'est équivalent à dire que ii est en avance de π2\dfrac{\pi}{2} sur uCu_C.

Dans une construction de Fresnel, tous les vecteurs associés aux grandeurs d'un même circuit tournent :

Explication : Toutes les grandeurs d'un circuit alimenté à la pulsation ω\omega ont cette même pulsation ; leurs vecteurs de Fresnel tournent donc tous à la vitesse ω\omega, ce qui fige les angles entre eux.

La somme de deux grandeurs sinusoïdales de même pulsation se construit, sur un diagramme de Fresnel, en effectuant :

Explication : La projection sur l'axe de référence étant une opération linéaire, la projection de la somme des vecteurs est la somme des projections : on place donc les vecteurs bout à bout (relation de Chasles).

Un circuit RLC série a pour résistance R=30 ΩR = 30\ \Omega ; à la pulsation étudiée, Lω=90 ΩL\omega = 90\ \Omega et 1Cω=50 Ω\dfrac{1}{C\omega} = 50\ \Omega. Son impédance ZZ vaut :

Explication : Z=R2+(Lω−1Cω)2=302+(90−50)2Z = \sqrt{R^{2} + (L\omega-\frac1{C\omega})^{2}} = \sqrt{30^{2}+(90-50)^{2}}
=900+1 600=2 500= \sqrt{900+1\,600} = \sqrt{2\,500}
Z=50 ΩZ = 50\ \Omega.

Pour ce même circuit (R=30 ΩR=30\ \Omega, Lω=90 ΩL\omega=90\ \Omega, 1Cω=50 Ω\frac1{C\omega}=50\ \Omega), le déphasage φ\varphi de uu par rapport à ii et la nature du circuit sont :

Explication : tan⁡φ=Lω−1CωR=90−5030=4030≈1,33\tan\varphi = \dfrac{L\omega-\frac1{C\omega}}{R} = \dfrac{90-50}{30} = \dfrac{40}{30}\approx1{,}33
φ≈53°>0\varphi\approx53°>0
comme Lω>1CωL\omega>\frac1{C\omega}, le circuit est inductif.

Un circuit RLC série comporte L=0,50 HL = 0{,}50\ \text{H} et C=2,0 μFC = 2{,}0\ \mu\text{F}. Sa fréquence propre f0f_0 vaut environ :

Explication : ω0=1LC=10,50×2,0×10−6\omega_0 = \dfrac1{\sqrt{LC}} = \dfrac1{\sqrt{0{,}50\times2{,}0\times10^{-6}}}
ω0=110−3=1 000 rad⋅s−1\omega_0 = \dfrac1{10^{-3}} = 1\,000\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}
f0=ω02π≈159 Hzf_0 = \dfrac{\omega_0}{2\pi} \approx 159\ \text{Hz}.

La largeur de la bande passante à 12\dfrac1{\sqrt2} d'un circuit RLC série, Δω=RL\Delta\omega = \dfrac{R}{L}, dépend :

Explication : La formule Δω=RL\Delta\omega = \dfrac{R}{L} ne fait intervenir ni CC ni ω0\omega_0 : c'est un piège classique de vouloir y faire apparaître CC, qui n'intervient, lui, que dans la position ω0\omega_0 du pic.

Un circuit RLC série a une fréquence propre f0=200 Hzf_0 = 200\ \text{Hz} et une bande passante Δf=25 Hz\Delta f = 25\ \text{Hz}. Son facteur de qualité QQ vaut :

Explication : Q=f0Δf=20025Q = \dfrac{f_0}{\Delta f} = \dfrac{200}{25}
Q=8Q = 8.

À la résonance, un circuit RLC série a un facteur de qualité Q=5,0Q = 5{,}0 et est alimenté sous U=10 VU = 10\ \text{V} efficaces. La tension efficace ULU_L aux bornes de la bobine vaut alors :

Explication : À la résonance, UL=Q U=5,0×10U_L = Q\,U = 5{,}0\times10
UL=50 VU_L = 50\ \text{V}.
Cette « surtension », très supérieure à UU, n'est pas contradictoire : uL(t)u_L(t) et uC(t)u_C(t) restent en opposition de phase à chaque instant et s'annulent, si bien que u(t)=uR(t)u(t)=u_R(t) malgré des valeurs efficaces individuelles élevées.

Un dipôle est soumis à une tension efficace U=220 VU = 220\ \text{V}, traversé par un courant efficace I=10 AI = 10\ \text{A}, avec un déphasage φ=60°\varphi = 60° (cos⁡60°=0,5\cos60°=0{,}5). Sa puissance active PP vaut :

Explication : P=U I cos⁡φ=220×10×0,5P = U\,I\,\cos\varphi = 220\times10\times0{,}5
P=1 100 WP = 1\,100\ \text{W}.
220×10=2 200 VA220\times10 = 2\,200\ \text{VA} est la puissance apparente SS, pas la puissance active : oublier cos⁡φ\cos\varphi est le piège classique.

Pour relever le facteur de puissance d'une installation à charge inductive (moteurs), on installe une batterie de condensateurs :

Explication : Un condensateur placé en dérivation fournit de la puissance réactive, ce qui compense celle consommée par les moteurs, sans changer la puissance active PP : le facteur de puissance cos⁡φ\cos\varphi se rapproche de 11.

Un atelier, sous U=230 VU = 230\ \text{V}, consomme une puissance active P=5 000 WP = 5\,000\ \text{W} avec un facteur de puissance cos⁡φ1=0,70\cos\varphi_1 = 0{,}70. Sa puissance apparente S1S_1 vaut environ :

Explication : S1=Pcos⁡φ1=5 0000,70S_1 = \dfrac{P}{\cos\varphi_1} = \dfrac{5\,000}{0{,}70}
S1≈7 143 VAS_1 \approx 7\,143\ \text{VA}.
Cette puissance apparente, supérieure à PP, conditionne le dimensionnement des câbles : c'est pourquoi SENELEC pénalise un cos⁡φ\cos\varphi trop faible.
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