Étudier chute libre et tir oblique par la dynamique newtonienne.
PhysiqueTerminaleChapitre 1 / 11⏱ 11 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Établir l'équation de la trajectoire d'un projectile
Calculer portée et flèche
Traiter un tir avec conditions initiales quelconques
Un attaquant frappe le ballon aux abords de la surface de réparation, à Abidjan. Un lanceur de poids explose son geste avant de relâcher l’engin, lors d’un meeting à Yaoundé. Un pilote largue un colis de vivres au-dessus d’Abéché, en espérant qu’il atterrisse au bon endroit. Trois situations, un seul phénomène physique : dans les trois cas, un objet est lancé puis abandonné à lui-même — et sa trajectoire obéit exactement aux mêmes lois. C’est ce phénomène, le mouvement dans un champ de pesanteur uniforme, que tu vas maintenant savoir décrire, prévoir et calculer avec précision.
Tu connais déjà les grandes lignes : en classe de première, tu as étudié le mouvement rectiligne uniformément accéléré et énoncé qualitativement les lois de Newton. Ce chapitre change de dimension, au sens propre du terme. Le mouvement d’un projectile lancé obliquement n’est plus rectiligne : il se déroule dans un plan, et sa description exige de manier des vecteurs. La méthode que tu vas apprendre — poser un repère, projeter la relation fondamentale de la dynamique, intégrer deux fois, éliminer le temps — est la méthode générale de toute la mécanique newtonienne. Tu la retrouveras, presque inchangée, l’an prochain pour l’étude des satellites et des mouvements circulaires.
Le programme attend de toi trois compétences précises, que ce chapitre construit pas à pas : établir l’équation de la trajectoire d’un projectile à partir de ses équations horaires, calculer sa portée et sa flèche, et traiter un tir dans des conditions initiales quelconques — vitesse, angle et hauteur de lancement variables. Ce sont exactement les questions que se pose, sans les formuler ainsi, tout artilleur, tout joueur et tout ingénieur qui règle la vitesse d’éjection d’un jet d’eau.
Une dernière remarque avant de commencer : tout ce chapitre repose sur une idée simple, déjà présente dans la chute libre que tu connais depuis la troisième — un objet soumis au seul poids accélère toujours de la même façon, quelle que soit sa masse. Garde cette idée en tête : elle explique, à elle seule, pourquoi un boulet de canon et une goutte de pluie suivent la même famille de trajectoires.
1Chute libre verticale
Avant d’étudier un tir oblique, reprenons le cas le plus simple : un objet qui tombe ou qui est lancé verticalement. Cette étude, déjà abordée en troisième de façon descriptive, va maintenant être fondée rigoureusement sur les lois de Newton — la même démarche qui, étendue à deux dimensions, te donnera la trajectoire d’un projectile.
1.1 Référentiel galiléen et lois de Newton
Définition
Un référentiel galiléen (ou référentiel d’inertie) est un référentiel dans lequel le principe d’inertie est vérifié : tout solide isolé ou pseudo-isolé (soumis à des forces qui se compensent) est soit au repos, soit en mouvement rectiligne uniforme.
Pour les mouvements étudiés dans ce chapitre — durée de quelques secondes, à l’échelle du sol — le référentiel terrestre, lié au sol du laboratoire, est considéré comme galiléen avec une excellente approximation.
Propriété — deuxième loi de Newton
Dans un référentiel galiléen, pour un solide de masse m (en kg) assimilé à un point matériel, la somme vectorielle des forces extérieures appliquées est égale au produit de la masse par le vecteur accélération a de son centre d’inertie (en m·s⁻²) :
∑Fext=ma
Si la masse reste constante au cours du mouvement — ce qui est toujours le cas dans ce chapitre — cette relation devient a=m1∑Fext : le vecteur accélération est colinéaire à la résultante des forces, et de même sens qu’elle.
Attention
Ne confonds jamais la massem (en kg, une propriété de l’objet, identique partout dans l’Univers) et le poidsP=mg (une force, en newtons, qui dépend du lieu). C’est le poids qui varie avec l’altitude ou la planète — jamais la masse.
1.2 Le champ de pesanteur uniforme
Au voisinage de la surface terrestre, tout corps est soumis à son poidsP, force verticale dirigée vers le bas, de valeur P=mg.
Définition
Un champ de pesanteur uniforme est une région de l’espace dans laquelle le vecteur g — vertical, dirigé vers le bas, de valeur constante g — est le même en tout point. Sur une zone limitée proche du sol (quelques kilomètres d’altitude au plus), c’est une excellente approximation ; on retient la valeur
g=9,8m⋅s−2
Définition
Un solide est en chute libre lorsqu’il n’est soumis qu’à son poids — c’est-à-dire lorsque toutes les autres forces (frottements de l’air, poussée d’Archimède…) sont négligées. C’est une excellente approximation pour un corps compact et dense, sur une courte durée.
1.3 Mise en équation de la chute libre
Démonstration — le vecteur accélération d’une chute libre vaut g
Un solide de masse m est en chute libre : la seule force appliquée est son poids P=mg. La deuxième loi de Newton s’écrit :
∑Fext=ma
⇒mg=maseule force appliquée : le poids
⇒a=gon simplifie par m=0
Le vecteur accélération d’un corps en chute libre est donc égal à g : constant, vertical, vers le bas, de valeur g. Il ne dépend ni de la masse ni de la forme de l’objet — c’est le principe d’équivalence, déjà pressenti par Galilée (voir l’encadré ci-dessous).
Physique & Co — Galilée et la chute des corps
La tradition rapporte qu’en 1589, jeune professeur à l’université de Pise, Galilée aurait laissé tomber deux boulets de masses différentes du sommet de la tour penchée pour prouver qu’ils touchaient le sol ensemble — contredisant Aristote, qui affirmait depuis près de deux mille ans qu’un corps deux fois plus lourd tombe deux fois plus vite. Cette expérience précise n’est probablement qu’une légende, forgée par son élève Vincenzo Viviani ; mais Galilée a bel et bien mené, entre 1604 et 1609, de véritables expériences avec des plans inclinés, qui ralentissent la chute et la rendent mesurable avec les moyens de l’époque — une horloge à eau.
Sa conclusion, publiée dans les Discours concernant deux sciences nouvelles (1638), est exactement celle que tu viens de démontrer : dans le vide, tous les corps tombent avec la même accélération, indépendante de leur masse. Il faudra attendre Newton, un demi-siècle plus tard, pour comprendre pourquoi : la masse intervient deux fois, dans le poids (P=mg) et dans l’accélération (a=F/m) — et ces deux masses se compensent exactement.
1.4 Équations horaires et vitesse d’impact
On choisit un axe (Oz), vertical et orienté vers le bas — dans le sens du mouvement —, d’origine O confondue avec la position du solide à l’instant t=0. On note vz0 la vitesse initiale, comptée positivement vers le bas, et z0 la position initiale sur cet axe (le plus souvent z0=0 si l’origine est prise au point de départ).
Démonstration — équations horaires de la chute libre
Sur l’axe (Oz), orienté vers le bas, la relation a=g se projette en az(t)=g, une constante. La vitesse est une primitive de l’accélération ; la position, une primitive de la vitesse.
az(t)=g
⇒vz(t)=gt+C1primitive de az
à t=0 : vz(0)=vz0
⇒C1=vz0
⇒vz(t)=gt+vz0
⇒z(t)=21gt2+vz0t+C2primitive de vz
à t=0 : z(0)=z0
⇒C2=z0
D’où, pour tout t⩾0 :
vz(t)=gt+vz0etz(t)=21gt2+vz0t+z0
Théorème — relation vitesse-position
En éliminant t entre les deux équations horaires, on obtient une relation directe entre vitesse et position :
vz2=vz02+2g(z−z0)
Démonstration
On tire t=gvz−vz0 de l’équation de la vitesse, et on le substitue dans z(t)−z0 :
z−z0=21g(gvz−vz0)2+vz0(gvz−vz0)
=2g(vz−vz0)2+2vz0(vz−vz0)
=2gvz2−2vzvz0+vz02+2vzvz0−2vz02
=2gvz2−vz02
⇒vz2=vz02+2g(z−z0)
Exemple — chute sans vitesse initiale
On laisse tomber une pierre, sans vitesse initiale, du sommet d’un pont haut de 19,6m, qui enjambe le Chari à Ndjamena. Calcule la durée de chute et la vitesse d’impact.
z(t)=21gt2vz0=0, z0=0
chute jusqu’au sol : z(t)=19,6
⇒t=9,82×19,6=4
=2,00s
vz=gt=9,8×2,00
=19,6m⋅s−1
Exemple — lancer vers le haut au-dessus d’un puits
On lance une pierre verticalement vers le haut, à 8,0m⋅s−1, depuis la margelle d’un puits profond de 12m. Au bout de combien de temps atteint-elle le fond, et avec quelle vitesse ?
L’axe (Oz) est orienté vers le bas ; la pierre est lancée vers le haut, donc contre le sens de l’axe : vz0=−8,0m⋅s−1 (négative).
z(t)=4,9t2−8,0t
fond du puits : z(t)=12
⇒4,9t2−8,0t−12=0
Δ=8,02+4×4,9×12=299,2
⇒t=9,88,0+299,2≈9,88,0+17,30
≈2,58son écarte la racine négative
vz=gt+vz0≈9,8×2,58−8,0
≈17,3m⋅s−1positive : la pierre descend bien à l’impact
Attention
Le signe de vz0 dépend du sens choisi pour l’axe, jamais du sens réel du mouvement. Dans l’exemple ci-dessus, la pierre est lancée « vers le haut », mais comme l’axe pointe vers le bas, sa vitesse initiale doit être comptée négativement. Une erreur de signe ici fausse tout le reste du calcul.
1.5 Mouvement sur un plan incliné sans frottement
Une situation voisine de la chute libre, très fréquente au programme, est celle d’un solide qui glisse sans frottement sur un plan incliné faisant un angle θ avec l’horizontale. Deux forces s’exercent alors sur le solide : son poids P, et la réaction normaleN du plan, perpendiculaire à la surface de contact — l’absence de frottement signifie précisément que N n’a aucune composante le long du plan.
Figure 1 — Bilan des forces sur un solide glissant sans frottement le long d’un plan incliné d’angle θ. Le poids P (noir) se décompose en une composante P∥=mgsinθ le long du plan (rouge, seule responsable du mouvement) et une composante P⊥=mgcosθ perpendiculaire au plan, exactement compensée par la réaction normale N (verte).
Méthode — étudier un glissement sur un plan incliné
On choisit un axe (Ox′)le long du plan, orienté dans le sens de la descente, d’origine le point de départ du solide. On projette la deuxième loi de Newton à la fois sur cet axe et sur la direction perpendiculaire au plan.
Démonstration — l’accélération vaut gsinθ
La deuxième loi de Newton, P+N=ma, projetée sur les deux axes de la Figure 1 :
selon (Ox′), le long du plan : mgsinθ−0=maN n’a pas de composante le long du plan
⇒a=gsinθaccélération constante
selon la perpendiculaire au plan : N−mgcosθ=0le solide reste sur la surface : pas d’accélération perpendiculaire
⇒N=mgcosθ
Le mouvement est donc rectiligne uniformément accéléré, d’accélération constante a=gsinθ — une chute libre « ralentie » par l’angle θ. En intégrant deux fois, comme au paragraphe précédent, avec un solide lancé à v0 le long du plan depuis l’origine :
v(t)=gsinθ⋅t+v0etx′(t)=21gsinθ⋅t2+v0t
Exemple — un toboggan sans frottement
Un enfant part sans vitesse initiale du sommet d’un toboggan incliné de θ=25° sur l’horizontale, de longueur L=4,0m. Quelle est sa vitesse en bas du toboggan ?
a=gsin25°=9,8×0,4226
≈4,14m⋅s−2
L=21atbas2v0=0
⇒tbas=a2L=4,142×4,0
≈1,39s
vbas=atbas≈4,14×1,39
≈5,76m⋅s−1
Nous retrouverons ce résultat par une méthode différente — le bilan d’énergie, sans passer par l’accélération — à la section 5.
2Tir oblique : équations horaires et trajectoire
Un projectile n’est plus lâché à la verticale : il est lancé avec une vitesse initiale v0 faisant un angle α avec l’horizontale. Le mouvement devient plan, et la méthode de la section précédente — projeter la deuxième loi de Newton, puis intégrer deux fois — va se généraliser à deux dimensions pour livrer l’un des résultats les plus utiles de toute la mécanique : l’équation de la trajectoire.
2.1 Conditions initiales d’un tir oblique
On étudie un projectile assimilé à un point matériel M, lancé à l’instant t=0 depuis un point O avec une vitesse initiale v0 de valeur v0, faisant un angle α avec l’horizontale (0<α⩽90°). On choisit le repère (O;;k), avec horizontal dans le sens du mouvement et k vertical vers le haut — orientation opposée à celle de la section 1, car ici c’est vers le haut que le mobile s’élève d’abord.
Définition — conditions initiales
Dans ce repère, à l’instant t=0 :
OM0=0l’origine est prise au point de lancement
v0x=v0cosαcomposante horizontale de v0
v0z=v0sinαcomposante verticale de v0
Exemple — un coup de pied à Abidjan
Tout au long de cette section, les calculs seront illustrés par l’exemple d’un ballon frappé avec une vitesse initiale v0=25m⋅s−1 sous un angle α tel que cosα=0,60 et sinα=0,80 (soit α≈53,1° — un triangle 3-4-5, choisi pour la clarté des calculs).
v0x=25×0,60
=15m⋅s−1
v0z=25×0,80
=20m⋅s−1
2.2 Vecteur accélération
On suppose le mouvement sans frottement (l’influence de l’air sera discutée qualitativement en section 6) : le projectile est en chute libre, comme en section 1. La deuxième loi de Newton donne à nouveau a=g. Mais g est cette fois projeté sur un repère dont l’axe vertical pointe vers le haut : ses composantes changent de signe par rapport à la section 1.
ax(t)=0g est purement vertical
az(t)=−gg pointe vers le bas, l’axe (Oz) vers le haut
Attention
C’est l’erreur la plus fréquente du chapitre : le signe de az dépend du sens choisi pour l’axe (Oz), pas d’une règle universelle. Ici, (Oz) pointe vers le haut et g vers le bas, donc az=−g ; en section 1, l’axe pointait vers le bas et az=+g. Redéfinis toujours le signe à chaque nouveau problème, en fonction de l’orientation choisie.
2.3 Vecteur vitesse par intégration
Démonstration — équations de la vitesse
Chaque composante de la vitesse est une primitive de la composante correspondante de l’accélération, avec les conditions initiales vx(0)=v0cosα et vz(0)=v0sinα.
ax(t)=0
⇒vx(t)=C1primitive d’une fonction nulle : une constante
vx(0)=v0cosα
⇒vx(t)=v0cosαvalable pour tout t
az(t)=−g
⇒vz(t)=−gt+C2
vz(0)=v0sinα
⇒vz(t)=−gt+v0sinα
La composante horizontale de la vitesse est donc constante tout au long du vol : rien ne vient la modifier, puisque le poids est purement vertical. Seule la composante verticale varie, uniformément — exactement comme dans une chute libre.
Pour notre exemple : vx(t)=15m⋅s−1 (constante) et vz(t)=−9,8t+20. La Figure 2 représente le vecteur vitesse, décomposé en vx et vz, à cinq instants régulièrement espacés du vol : observe comme la flèche horizontale garde toujours la même longueur, tandis que la flèche verticale rétrécit, s’annule au sommet, puis repart en sens inverse.
Figure 2 — Décomposition du vecteur vitesse v=vx+vzk à cinq instants du vol (t=0;1,02;2,04;3,06;4,08s). La composante vx (pointillés) est constante ; vz diminue linéairement, s’annule au sommet, puis devient négative. Le vecteur résultant v (violet) reste tangent à la trajectoire.
2.4 Équations horaires de la position
Démonstration — équations horaires de la position
On intègre une seconde fois, avec les conditions initiales x(0)=0 et z(0)=0.
vx(t)=v0cosα
⇒x(t)=v0cosα⋅t+C3
x(0)=0⇒C3=0
vz(t)=−gt+v0sinα
⇒z(t)=−21gt2+v0sinα⋅t+C4
z(0)=0⇒C4=0
D’où les équations horaires du mouvement, valables tant que z(t)⩾0 :
x(t)=v0cosα⋅tetz(t)=−21gt2+v0sinα⋅t
Pour notre exemple : x(t)=15t et z(t)=−4,9t2+20t (en mètres, t en secondes).
2.5 Équation de la trajectoire
Les équations horaires donnent x et z séparément, en fonction du temps. La trajectoire, elle, est la courbe géométrique décrite par M dans le plan : c’est la relation entre z et x, obtenue en éliminant le temps.
Théorème — équation de la trajectoire
Dans un champ de pesanteur uniforme, la trajectoire d’un projectile lancé avec une vitesse v0 sous un angle α (0<α<90°) depuis l’origine du repère est un arc de parabole d’équation :
z(x)=−2v02cos2αgx2+tanα⋅x
C’est une fonction du second degré en x, de la forme z=Ax2+Bx avec A=−2v02cos2αg<0 : la parabole est tournée vers le bas. Elle passe par l’origine O (le point de lancement) et par un second point d’ordonnée nulle, le point de chute, étudié en section 3.
Démonstration
De x(t)=v0cosα⋅t, et puisque cosα=0 pour α=90°, on tire t en fonction de x :
t=v0cosαx
on substitue dans z(t)=−21gt2+v0sinα⋅t
⇒z(x)=−21g(v0cosαx)2+v0sinα⋅v0cosαx
=−2v02cos2αgx2+cosαsinαx
=−2v02cos2αgx2+tanα⋅xtanα=sinα/cosα
Exemple — trajectoire du ballon
Avec v0=25m⋅s−1, cosα=0,60, sinα=0,80 (donc v02cos2α=625×0,36=225) :
A=−2×2259,8=−4509,8
≈−0,0218m−1
tanα=0,600,80=34
≈1,333
d’où z(x)≈−0,0218x2+1,333x, la parabole tracée en Figure 3.
Figure 3 — Trajectoire parabolique du ballon (v0=25m⋅s−1, α≈53,1°), calculée point par point à partir des équations horaires. Le vecteur v0 (violet) est tangent à la courbe à l’origine ; g (noir) reste constant, vertical, vers le bas, tout au long du vol.
2.6 Cas particulier : le tir horizontal
Lorsque α=0, le vecteur v0 est horizontal : v0x=v0, v0z=0. C’est le cas d’un colis largué depuis un avion en vol horizontal, ou d’un objet qui quitte une table sans être poussé vers le haut. Il faut alors lancer le mobile depuis une hauteur H au-dessus du sol, sinon le mouvement n’a pas lieu. On place l’origine O au point de lancement, le sol correspondant à z=−H :
x(t)=v0t
z(t)=−21gt2
Le mobile touche le sol lorsque z(t)=−H, soit au bout d’une durée tsol=g2H — exactement la durée d’une chute libre verticale sans vitesse initiale depuis la même hauteur (section 1.4) : la composante horizontale du mouvement n’a aucune influence sur la durée de la chute.
Attention
Beaucoup pensent qu’un objet lancé horizontalement met plus de temps à tomber qu’un objet simplement lâché. C’est faux : les deux touchent le sol au même instant, car le mouvement vertical (az=−g) est totalement indépendant du mouvement horizontal. Seule la distance parcourue horizontalement diffère.
Exemple — tir horizontal
Un objet est lancé horizontalement à v0=40m⋅s−1 depuis une hauteur H=80m. Calcule la distance horizontale parcourue avant l’impact.
tsol=g2H=9,82×80
≈4,04s
x=v0×tsol=40×4,04
≈161,6m
3Portée, flèche et durée du vol
La trajectoire donne la forme du mouvement ; trois grandeurs en résument les caractères essentiels, pour un tir lancé et reçu au même niveau (z=0 au départ et à l’arrivée) : la durée du vol, la portée (distance horizontale parcourue) et la flèche (hauteur maximale atteinte).
3.1 Durée du vol
Démonstration — durée du vol tv
Le projectile retombe au niveau du sol lorsque z(t)=0, pour t>0.
z(t)=t(−21gt+v0sinα)=0
⇒t=0le départ
ou −21gt+v0sinα=0
⇒tv=g2v0sinαsolution non nulle : l’arrivée
3.2 Portée
Théorème — portée
D=x(tv)=v0cosα⋅g2v0sinα=gv02sin(2α)
en utilisant l’identité 2sinαcosα=sin(2α).
3.3 Flèche et vitesse au sommet
Au sommet, la vitesse verticale s’annule : vz=0, soit ts=gv0sinα=2tv — le sommet est atteint à mi-vol, par symétrie de la parabole.
Figure 4 — Portée D et flèche H de la trajectoire du ballon (v0=25m⋅s−1, α≈53,1°), valeurs calculées ci-dessus.
3.4 Cas général : arrivée à une altitude différente
Les formules ci-dessus supposent un départ et une arrivée au même niveau. Si ce n’est pas le cas — cible en contrebas ou en surplomb —, il faut revenir directement aux équations horaires : on résout z(t)=zf, une équation du second degré en t. C’est aussi de cette façon que l’on traite un tir avec des conditions initiales quelconques, y compris une hauteur de lancement non nulle.
Méthode — altitude d’arrivée différente
Pose z(t)=−21gt2+v0sinα⋅t=zf, avec zf l’altitude (éventuellement négative) du point d’arrivée par rapport à O. Résous cette équation du second degré ; ne garde que la racine positive ; calcule ensuite x=v0cosα⋅t et, si besoin, la vitesse à l’arrivée à partir de vx et vz(t).
Exemple — un archer sur un rempart
Un archer, posté au sommet d’un rempart haut de H=15m, tire une flèche à v0=30m⋅s−1 sous α=20° (sinα≈0,342, cosα≈0,940), vers la plaine horizontale au pied du rempart. Où et quand touche-t-elle le sol ?
v0x≈28,2m⋅s−1 ; v0z≈10,26m⋅s−1
sol : z(t)=−H, soit 4,9t2−10,26t−15=0
Δ=10,262+4×4,9×15≈399,3
⇒t=9,810,26+399,3≈3,09son écarte la racine négative
x=28,2×3,09
≈87,0m
La flèche touche le sol à 87,0m du pied du rempart, 3,09s après le tir.
4Influence de l’angle de tir
À vitesse initiale v0 fixée, portée et flèche ne dépendent plus que de l’angle α. Cette section répond à une question que tout sportif se pose intuitivement : quel angle donne le tir le plus loin ?
4.1 Portée maximale : l’angle de 45°
Théorème — portée maximale
À v0 fixé, la portée D(α)=gv02sin(2α) est maximale pour α=45°, et vaut alors Dmax=gv02.
Démonstration
La fonction sinus atteint son maximum, 1, lorsque son argument vaut 90°.
D(α) maximale ⟺sin(2α) maximal
⟺2α=90°pour α∈]0°;90°[, 2α∈]0°;180°[
⟺α=45°
alors sin(2α)=sin90°=1
⇒Dmax=gv02
4.2 Angles complémentaires
Propriété — angles complémentaires
Deux angles de tir complémentaires, α et 90°−α, donnent la même portée (mais des flèches et des durées de vol différentes) :
sin(2(90°−α))=sin(180°−2α)
=sin(2α)sin(180°−θ)=sinθ
⇒D(90°−α)=D(α)
4.3 Faisceau de trajectoires
Le tableau et la Figure 5 comparent des tirs de même vitesse initiale v0=25m⋅s−1, sous des angles différents.
α
15°
30°
45°
60°
75°
90°
sin(2α)
0,500
0,866
1,000
0,866
0,500
0,000
portée (m)
31,9
55,2
63,8
55,2
31,9
0,0
flèche (m)
2,1
8,0
15,9
23,9
29,8
31,9
Le tableau confirme la propriété : 15°/75°, comme 30°/60°, donnent la même portée, mais des flèches très différentes. Le cas α=90° est limite : tir purement vertical, portée nulle, flèche maximale.
Figure 5 — Faisceau de trajectoires pour v0=25m⋅s−1 et α∈{30°,45°,60°,75°}. Les tirs à 30° et 60° atteignent la même portée (mais pas la même flèche) ; le tir à 45° (violet) va le plus loin ; le tir à 75° (rouge) monte très haut mais retombe court — le piège classique du « tir qui monte fort ».
Attention
Un tir « qui monte très haut » n’est pas forcément un tir « qui va très loin » : la Figure 5 le montre clairement. Ne confonds jamais flèche maximale (α=90°) et portée maximale (α=45°).
Physique & Co — le boulet de Newton
Dans son Traité du système du monde (rédigé vers 1685, publié en français en 1728), Isaac Newton imagine un canon posté au sommet d’une haute montagne, tirant des boulets de plus en plus vite, horizontalement. Plus la vitesse initiale augmente, plus la portée s’allonge — jusqu’au moment où la courbure de la trajectoire égale celle de la Terre elle-même : le boulet ne retombe plus jamais. Il est en orbite.
Cette expérience de pensée, restée célèbre sous le nom de canon de Newton, montre qu’un satellite en orbite basse est, physiquement, un projectile en chute libre perpétuelle : il tombe sans cesse vers la Terre, mais sa vitesse horizontale est si grande que le sol se dérobe sous lui aussi vite qu’il chute. Tu retrouveras cette idée, formalisée, dans le chapitre sur les mouvements dans un champ de gravitation.
5Étude énergétique
Une seconde méthode, indépendante de la géométrie de la trajectoire, permet de retrouver certains résultats précédents — et d’en obtenir de nouveaux. Elle utilise deux outils déjà rencontrés en physique : le théorème de l’énergie cinétique et la conservation de l’énergie mécanique.
5.1 Travail du poids
Propriété — travail du poids
Le travail du poids entre un point de départ A et un point d’arrivée B ne dépend que des altitudes zA et zB, jamais du chemin suivi :
WAB(P)=mg(zA−zB)
Une force dont le travail ne dépend que des positions de départ et d’arrivée est dite conservative — le poids en est l’exemple le plus important du programme.
5.2 Théorème de l’énergie cinétique
Théorème de l’énergie cinétique (rappel)
Dans un référentiel galiléen, la variation d’énergie cinétique d’un solide entre deux instants est égale à la somme des travaux des forces extérieures qui s’exercent sur lui :
Ec(B)−Ec(A)=∑WAB(Fext)avecEc=21mv2
Exemple — vitesse à l’arrivée, par l’énergie
Le ballon (v0=25m⋅s−1), tiré depuis le sol, y retombe (zB=zA=0). Seul le poids travaille. Quelle est sa vitesse à l’arrivée ?
Ec(B)−Ec(A)=WAB(P)=mg(zA−zB)=0zA=zB=0
⇒Ec(B)=Ec(A)
⇒vB=vA=v0=25m⋅s−1
Le ballon retombe avec la même valeur de vitesse qu’au départ — seule sa direction a changé, par symétrie de la parabole.
5.3 Conservation de l’énergie mécanique
Théorème — conservation de l’énergie mécanique
Lorsque seules des forces conservatives travaillent, l’énergie mécanique Em=Ec+Epp (avec Epp=mgz, z comptée vers le haut) se conserve au cours du mouvement :
Em=21mv2+mgz=constante
Démonstration
Ec(B)−Ec(A)=WAB(P)=mgzA−mgzBTEC, seul le poids travaille
⇒Ec(B)+mgzB=Ec(A)+mgzA
⇒Em(B)=Em(A)
Ceci étant vrai entre deux instants quelconques, Em reste constante tout au long du mouvement. C.Q.F.D.
La Figure 6 représente l’évolution de Ec(t), Epp(t) et Em(t) pour le ballon (m=0,45kg) : l’une croît quand l’autre décroît, mais leur somme ne bouge jamais.
Figure 6 — Énergie cinétique Ec (violet), énergie potentielle de pesanteur Epp (verte) et énergie mécanique Em (pointillés, constante) du ballon au cours du vol. Ec est minimale au sommet, Epp y est maximale : leur somme reste égale à 140,6J.
Exemple — vitesse au sommet, par l’énergie
Vérifions la vitesse au sommet (z=H=20,4m) sans repasser par les équations horaires.
21v02=21vs2+gHconservation de Em (par unité de masse), départ au sol
⇒vs2=v02−2gH=625−2×9,8×20,4
≈625−399,8≈225,2
⇒vs≈15,0m⋅s−1
On retrouve vs=v0cosα=25×0,60=15m⋅s−1 : les méthodes cinématique et énergétique s’accordent, comme il se doit.
5.4 Retour sur le plan incliné : vérification énergétique
Exemple — le toboggan, revisité
Reprenons le toboggan de la section 1.5 (θ=25°, L=4,0m, v0=0) : retrouvons la vitesse en bas par la conservation de l’énergie, sans passer par l’accélération.
dénivelée : h=Lsin25°=4,0×0,4226
≈1,69m
21vbas2=ghEm conservée, v0=0, N ne travaille pas
⇒vbas=2gh=2×9,8×1,69
≈5,76m⋅s−1
Exactement la valeur trouvée en section 1.5 par la dynamique : les deux méthodes se recoupent, une excellente façon de vérifier un résultat le jour du bac.
Attention
La réaction normale N ne travaille jamais lorsqu’elle est perpendiculaire au déplacement (glissement sans frottement) : c’est ce qui autorise la conservation directe de Em sur un plan incliné, exactement comme pour un projectile en l’air.
6Rôle des frottements
Tout ce chapitre suppose le mouvement sans frottement. Cette hypothèse, souvent excellente, cesse de l’être dès que la vitesse ou la surface frontale de l’objet augmentent. Cette dernière section en présente les effets, qualitativement : la résolution complète du mouvement avec frottement dépasse le programme de terminale.
6.1 Origine physique des frottements
Définition
Un objet en mouvement dans l’air subit une force de résistance de l’air (traînée), opposée à son vecteur vitesse v, dont la valeur croît avec la vitesse — le plus souvent selon f=kv2 aux vitesses usuelles d’un projectile. Elle dépend de la vitesse, de la forme de l’objet, de sa surface frontale et de la masse volumique de l’air.
La chute libre néglige cette force. C’est justifié pour un objet compact et dense (boule de pétanque, boulet), et de moins en moins justifié pour un objet léger et étendu (plume, ballon de baudruche, parachute) ou lancé à très grande vitesse (obus, service au tennis).
6.2 Conséquences sur la trajectoire
Trois effets qualitatifs, communs à toute résistance de l’air, se dégagent :
la trajectoire n’est plus une parabole ; elle perd sa symétrie : la branche descendante est plus raide que la branche montante ;
la portée et la flèche sont toutes deux réduites par rapport au cas idéal ;
le sommet de la trajectoire réelle est atteint plus tôt, pour une distance horizontale plus courte.
La Figure 7 compare, pour le même ballon lancé dans les mêmes conditions initiales (v0=25m⋅s−1, α≈53°), la trajectoire idéale (sans frottement, pointillés) et une trajectoire simulée numériquement avec une traînée réaliste (f≈0,013mv2) : la portée chute d’environ 61m à moins de 38m.
Figure 7 — Même ballon, mêmes conditions de lancement : trajectoire idéale (pointillés) contre trajectoire simulée numériquement avec résistance de l’air quadratique (rouge). La portée, la flèche et la symétrie de la courbe sont toutes affectées.
Physique & Co — le marteau et la plume sur la Lune
Le 2 août 1971, le commandant David Scott, de la mission Apollo 15, réalise en direct devant les caméras une expérience restée célèbre : il lâche simultanément un marteau et une plume de faucon, à la même hauteur, à la surface de la Lune. Sans atmosphère, donc sans aucune résistance de l’air, les deux objets touchent le sol lunaire exactement au même instant — la démonstration la plus spectaculaire jamais filmée du principe d’équivalence pressenti par Galilée.
Sur Terre, la même expérience donnerait un résultat très différent : la plume, freinée par l’air, tomberait bien plus lentement que le marteau. La chute libre parfaite n’existe, en toute rigueur, que dans le vide.
6.3 Quand peut-on négliger les frottements ?
Exemple — deux objets, deux comportements
Une boule de pétanque (compacte, dense, quelques mètres par seconde) : le poids l’emporte très largement sur la résistance de l’air ; la chute libre est une excellente approximation.
Un volant de badminton (léger, très étendu, jusqu’à 100km/h au service) : la résistance de l’air domine presque instantanément le mouvement, qui s’écarte radicalement d’une parabole — c’est d’ailleurs la forme même du volant qui est conçue pour cela, afin de le stabiliser et de le freiner rapidement.
En pratique : frottements négligeables pour un objet massif, compact, à vitesse modérée, sur une courte durée de vol ; frottements déterminants dans le cas contraire.
Fiche mémo
Chute libre : seule force = poids ; a=g, indépendant de la masse (principe d’équivalence).
Chute verticale (axe vers le bas) : vz(t)=gt+vz0 ; z(t)=21gt2+vz0t+z0 ; vz2=vz02+2g(z−z0).
Plan incliné sans frottement : a=gsinθ (même méthode que la chute libre).
Tir oblique (axe vertical vers le haut, origine au lancement) : ax=0, az=−g ; vx=v0cosα (constante), vz=−gt+v0sinα.
Équation de la trajectoire (parabole) : z(x)=−2v02cos2αgx2+tanαx.
Départ = arrivée au sol : tv=g2v0sinα ; D=gv02sin(2α) ; H=2gv02sin2α ; vitesse au sommet =v0cosα (horizontale).
Altitude d’arrivée différente : pas de formule toute faite — résoudre z(t)=zf (second degré).
Portée maximale à α=45° (Dmax=v02/g) ; α et 90°−α donnent la même portée.
TEC : Ec(B)−Ec(A)=∑WAB ; énergie mécanique Em=21mv2+mgz conservée si seul le poids travaille.
Frottements de l’air : trajectoire asymétrique, portée et flèche réduites — négligeables pour un objet dense et compact, déterminants sinon.
7Exercices corrigés
Niveau 1 — Application directe
1
Une noix tombe d’un cocotier, sans vitesse initiale, d’une hauteur h=13m. Calcule la durée de chute et la vitesse d’impact.
Voir le corrigé détaillé
t=g2h=9,82×13
≈1,63s
v=2gh=2×9,8×13
≈16,0m⋅s−1
2
Un sac est lâché avec une vitesse initiale de 4,0m⋅s−1 vers le bas, depuis un balcon haut de 15m. Calcule la durée de chute et la vitesse d’impact.
Voir le corrigé détaillé
z(t)=4,9t2+4,0t=15
Δ=4,02+4×4,9×15=310,0
⇒t=9,8−4,0+310,0
≈1,39s
v=v0+gt≈4,0+9,8×1,39
≈17,6m⋅s−1
3
Un projectile est lancé à v0=16m⋅s−1 sous α=30°. Calcule v0x et v0z, puis sa position et sa vitesse à t=1,0s.
Voir le corrigé détaillé
v0x=16cos30°≈13,9m⋅s−1 ; v0z=16sin30°=8,0m⋅s−1
x(1)=13,9×1,0≈13,9m
z(1)=−4,9×1,02+8,0×1,0
=3,1m
vz(1)=−9,8+8,0=−1,8m⋅s−1
v(1)=13,92+1,82
≈14,0m⋅s−1
4
Un projectile est lancé à v0=12m⋅s−1 sous α=35°, depuis et vers le même niveau. Calcule sa portée et sa flèche.
Voir le corrigé détaillé
D=gv02sin(2α)=9,8144×sin70°
≈13,8m
H=2gv02sin2α=19,6144×sin235°
≈2,42m
5
Un sauteur en longueur décolle à v0=8,5m⋅s−1 sous α=20° (modèle simplifié : centre de masse ponctuel). Calcule la durée de son saut et sa vitesse au sommet de la trajectoire.
Voir le corrigé détaillé
tv=g2v0sinα=9,82×8,5×sin20°
≈0,593s
vsommet=v0cosα=8,5×cos20°
≈8,0m⋅s−1
Soit une portée théorique D≈4,74m — cohérente avec une performance de bon niveau.
Niveau 2 — Approfondissement
6
Un projectile a pour équations horaires x(t)=10t et z(t)=20t−4,9t2 (m, s).
Établis l’équation de sa trajectoire.
Le point A(20;15) appartient-il à cette trajectoire ?
Voir le corrigé détaillé
t=10x
⇒z(x)=20×10x−4,9(10x)2
=2x−0,049x2
Pour x=20 : z=2×20−0,049×202=40−19,6=20,4m=15m. Le point A n’appartient pas à la trajectoire : à x=20m, le projectile passe à 20,4m de haut, pas à 15m.
7
Avec quel(s) angle(s) α faut-il lancer un projectile à v0=20m⋅s−1 pour atteindre une portée de 25m (même niveau) ?
Voir le corrigé détaillé
sin(2α)=v02Dg=40025×9,8
=0,6125
⇒2α≈37,8° ou 2α≈180°−37,8°=142,2°
⇒α≈18,9° ou α≈71,1°
Deux angles complémentaires (18,9°+71,1°=90°) conviennent, conformément à la propriété de la section 4.2.
8
Un skieur part sans vitesse initiale du sommet d’une piste rectiligne inclinée de θ=18°, longue de L=25m, assimilée à un plan sans frottement. Calcule son accélération, la durée de la descente et sa vitesse en bas.
Voir le corrigé détaillé
a=gsin18°=9,8×0,309
≈3,03m⋅s−2
t=a2L=3,032×25
≈4,06s
v=at≈3,03×4,06
≈12,3m⋅s−1
9
Une balle de masse m=0,20kg est lancée à v0=18m⋅s−1 sous α=40°, depuis le sol. Calcule son énergie mécanique, puis sa vitesse lorsqu’elle atteint la moitié de sa flèche maximale.
Voir le corrigé détaillé
Em=21mv02=21×0,20×182
=32,4J
H=2gv02sin2α≈6,83mflèche
z=2H≈3,42m
21mv2=Em−mgzconservation de Em
⇒v=v02−2gz=324−2×9,8×3,42
≈16,0m⋅s−1
Niveau 3 — Type bac
10
Coup franc. Un coup franc est tiré à v0=23,1m⋅s−1 sous α=17,6°. Un mur de joueurs, haut de 2,00m, est placé à la distance réglementaire de 9,15m du ballon ; le but, dont la barre transversale est à 2,44m, se trouve 20,0m plus loin.
2. Équation de la trajectoire : z(x)≈0,318x−0,01012x2.
z(9,15)≈0,318×9,15−0,01012×9,152
≈2,06m
2,06m>2,00m : le ballon franchit le mur, de justesse (6cm).
z(20,0)≈0,318×20,0−0,01012×20,02
≈2,31m
2,31m<2,44m : le ballon passe sous la barre — c’est but, à 13cm près (Figure 8).
Figure 8 — Trajectoire du coup franc (violet) : le ballon passe à 2,06m au-dessus du mur (point rouge, juste au-dessus de 2,00m) puis à 2,31m sous la barre transversale (point rouge, juste sous 2,44m).
11
Artillerie. Un obusier, posté au sommet d’une colline dominant une plaine 80m en contrebas, tire un obus à v0=250m⋅s−1 sous α=15°.
Détermine la durée de vol jusqu’à l’impact dans la plaine.
Calcule la distance horizontale parcourue.
Calcule la vitesse d’impact.
Voir le corrigé détaillé
v0x≈241,5m⋅s−1 ; v0z≈64,7m⋅s−1
z(t)=−80 : 4,9t2−64,7t−80=0
Δ=64,72+4×4,9×80≈5754,7
⇒t=9,864,7+5754,7
≈14,3s
x=241,5×14,3
≈3464m
vz=64,7−9,8×14,3≈−75,9m⋅s−1
v=241,52+75,92
≈253,1m⋅s−1
12
Restitution organisée de connaissances.
Démontre que, pour un tir oblique lancé et reçu au même niveau, la portée est maximale pour α=45°.
Démontre que deux angles complémentaires donnent la même portée.
Un lanceur dispose de v0=40m⋅s−1. Calcule sa portée maximale, puis les deux angles permettant d’atteindre 120m.
Voir le corrigé détaillé
1. et 2. Démonstrations : voir sections 4.1 et 4.2 du cours — D(α)=gv02sin(2α) est maximale quand sin(2α)=1, soit α=45° ; et sin(2(90°−α))=sin(180°−2α)=sin(2α), donc D(90°−α)=D(α).
3.
Dmax=gv02=9,81600
≈163,3m
sin(2α)=1600120×9,8=0,735
⇒2α≈47,3° ou 2α≈132,7°
⇒α≈23,7° ou α≈66,3°
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13
Lancer de poids à Yaoundé. Lors d’un meeting d’athlétisme, une athlète lance le poids à v0=13m⋅s−1 sous α=40°, relâché à h0=2,1m au-dessus du sol. Calcule la portée réelle du lancer, et compare-la à celle que donnerait la formule simplifiée (sans tenir compte de h0).
Voir le corrigé détaillé
v0x≈9,96m⋅s−1 ; v0z≈8,36m⋅s−1
z(t)=−h0 : 4,9t2−8,36t−2,1=0
Δ≈111,0
⇒t≈1,93s
x≈9,96×1,93
≈19,2m
La formule simplifiée (h0=0) donnerait tv≈1,71s et D≈17,0m : la hauteur de lâcher allonge le lancer réel de plus d’un mètre (+13%) — elle ne doit jamais être négligée pour ce type de discipline.
14
Largage humanitaire à Abéché. Un avion vole horizontalement à v0=55m⋅s−1 à une altitude H=250m et largue un colis de vivres (α=0). Calcule la durée de chute, la distance horizontale parcourue et la vitesse d’impact.
Voir le corrigé détaillé
t=g2H=9,82×250
≈7,14s
x=v0t≈55×7,14
≈392,9m
vz=gt=9,8×7,14=70,0m⋅s−1
v=552+70,02
≈89,0m⋅s−1
Le colis doit donc être largué environ 393mavant la verticale de la zone visée — un calcul vital pour que l’aide humanitaire arrive au bon endroit.
15
Fontaine à Dakar. Un jet d’eau ornemental est réglé pour sortir à v0=6,0m⋅s−1. Compare la portée et la flèche obtenues pour α=50° et pour α=40°.
50° et 40° sont complémentaires : même portée (≈3,62m), mais le jet à 50° monte nettement plus haut (1,08m contre 0,76m) — l’illustration miniature de la propriété de la section 4.2.
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Un champ de pesanteur uniforme est caractérisé par un vecteur g qui est :
Explication : Sur une zone limitée proche du sol, g est le même en tout point : vertical, vers le bas, de valeur constante g=9,8m⋅s−2.
Un référentiel galiléen est un référentiel dans lequel :
Explication : C'est la définition même du référentiel galiléen. Le référentiel terrestre est considéré comme galiléen avec une excellente approximation pour les mouvements de ce chapitre.
Laquelle de ces affirmations distingue correctement masse et poids ?
Explication :P=mg : c'est le poids qui varie avec le lieu (via g), jamais la masse.
Un solide est en chute libre lorsque :
Explication : La chute libre suppose que seul le poids agit ; la vitesse initiale peut être quelconque, nulle ou non.
Un solide de masse m, en chute libre, n'est soumis qu'à son poids P=mg. D'après la deuxième loi de Newton, son vecteur accélération vaut :
Explication : La deuxième loi de Newton donne : mg=ma ⇒a=g en simplifiant par m=0. C'est le principe d'équivalence pressenti par Galilée.
Un solide glisse sans frottement sur un plan incliné faisant un angle θ avec l'horizontale. Son accélération, le long du plan, vaut :
Explication : En projetant la deuxième loi de Newton le long du plan, seule la composante mgsinθ du poids intervient (N n'a pas de composante le long du plan) : a=gsinθ.
Sur un axe (Oz) vertical orienté vers le bas, avec vz0 la vitesse initiale et z0 la position initiale, l'équation horaire de la vitesse en chute libre s'écrit :
Explication :az(t)=g est constant ; la vitesse est une primitive de l'accélération, avec la condition initiale vz(0)=vz0, d'où vz(t)=gt+vz0.
Toujours sur cet axe, l'équation horaire de la position s'écrit :
Explication : La position est une primitive de vz(t)=gt+vz0, avec z(0)=z0 : z(t)=21gt2+vz0t+z0.
Une pierre est lâchée sans vitesse initiale du haut d'une falaise haute de 44,1m, près de Kindia. Sa vitesse d'impact au sol vaut environ (g=9,8m⋅s−2) :
Un enfant part sans vitesse initiale du sommet d'un toboggan sans frottement, incliné de 30° sur l'horizontale et long de 5,0m. Sa vitesse en bas vaut environ (g=9,8m⋅s−2, sin30°=0,5) :
Un projectile est lancé avec une vitesse initiale v0 faisant un angle α avec l'horizontale. Ses composantes initiales, dans le repère usuel du tir oblique, sont :
Explication :v0x est la projection de v0 sur l'horizontale, v0z sur la verticale : v0x=v0cosα et v0z=v0sinα.
Pendant tout le vol d'un projectile en chute libre, sans frottement, la composante horizontale de sa vitesse :
Explication :ax(t)=0 puisque g est purement vertical, donc vx(t)=v0cosα reste constante tout au long du vol.
L'équation de la trajectoire d'un projectile lancé avec une vitesse v0 sous un angle α depuis l'origine du repère (axe (Oz) vers le haut) est :
Explication : On tire t=v0cosαx de x(t), et on substitue dans z(t) : c'est une parabole tournée vers le bas, passant par l'origine.
Un gardien de but dégage le ballon à v0=18m⋅s−1 sous un angle α tel que sinα=0,60, vers un point situé au même niveau. La durée du vol vaut environ (g=9,8m⋅s−2) :
Pour étudier un tir oblique, on choisit un repère où l'axe vertical (Oz) est orienté vers le haut. Dans ce repère, la composante verticale de l'accélération du projectile vaut :
Explication : Piège classique : le signe de az dépend de l'orientation choisie pour l'axe, jamais d'une règle universelle. Ici l'axe pointe vers le haut et g vers le bas, donc az=−g.
Au même instant, un objet est lâché sans vitesse initiale depuis une table, tandis qu'un objet identique est lancé horizontalement depuis la même hauteur. Lequel touche le sol en premier ?
Explication : Piège classique du chapitre : le mouvement vertical (az=−g) est totalement indépendant du mouvement horizontal ; seule la distance horizontale parcourue diffère.
Lors d'un concours à Lomé, un athlète lance un objet à v0=14m⋅s−1 sous un angle α=45°, depuis et vers le même niveau. Sa portée vaut environ (g=9,8m⋅s−2) :
Explication :D=gv02sin(2α)=gv02 car sin90°=1 =9,8142=9,8196=20m.
Toujours avec v0=14m⋅s−1 et α=45°, la flèche (hauteur maximale) atteinte vaut environ :
Deux tirs de même vitesse initiale v0, effectués sous des angles de 20° et de 70°, respectivement :
Explication :20° et 70° sont complémentaires (20°+70°=90°), donc sin(2×20°)=sin(2×70°) : même portée. Mais sin2α diffère, donc les flèches sont différentes.
Un ballon est tiré depuis le sol et y retombe (même altitude de départ et d'arrivée). Seul le poids travaille pendant le vol. D'après la conservation de l'énergie mécanique, sa vitesse à l'arrivée :
Explication :Em se conserve et zA=zB, donc Ec(B)=Ec(A), d'où vB=vA : seule la direction de la vitesse a changé, par symétrie de la parabole.