Aller au contenu
Skill NovaCours en ligne

Oscillateurs mécaniques

Étudier le pendule élastique et le pendule simple.

Physique Terminale Chapitre 3 / 11 ⏱ 10 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Établir l'équation différentielle d'un oscillateur
  • Calculer une période propre
  • Réaliser un bilan énergétique d'oscillation

Un pendule d'horloge qui balance imperturbablement, un amortisseur de voiture qui absorbe les creux de la route, une corde de guitare qui vibre après avoir été pincée, un immeuble qui oscille doucement sous l'effet du vent ou d'une secousse sismique : tous ces systèmes ont un point commun. Écartés de leur position d'équilibre, ils y reviennent non pas d'un coup, mais en oscillant autour d'elle, dans un mouvement de va-et-vient qui se répète. C'est ce comportement, à la fois universel et d'une remarquable régularité mathématique, que tu vas étudier dans ce chapitre.

Jusqu'ici, tu as surtout décrit des mouvements : circulaire uniforme, chute libre, projectile. Ce chapitre change de registre : tu vas apprendre à établir, à partir de la deuxième loi de Newton, l'équation différentielle qui gouverne un oscillateur, puis à exploiter sa solution mathématique. C'est un pas important vers la physique de Terminale, où l'on ne se contente plus de décrire un mouvement : on le déduit rigoureusement des forces qui le produisent.

Deux systèmes serviront de fil conducteur : le pendule élastique (une masse accrochée à un ressort) et le pendule simple (une masse suspendue à un fil). Tu verras qu'en dépit de leur apparence différente, ils obéissent à la même famille d'équations et partagent une propriété étonnante, l'isochronisme des petites oscillations, découverte par Galilée en observant le lustre d'une cathédrale.

Tu termineras par une ouverture vers le monde réel : aucun oscillateur ne bat éternellement, les frottements finissent par l'arrêter — sauf si on l'entretient, ou si on le pousse à sa fréquence propre, avec le risque de résonance que tout ingénieur redoute. De l'horloge comtoise aux amortisseurs de taxi de Dakar, en passant par les ponts qui s'effondrent, ce chapitre très mathématique en apparence est partout dans ta vie quotidienne.

1Oscillateur harmonique : équation différentielle

Avant d'écrire la moindre équation, mettons-nous d'accord sur le vocabulaire : il va te servir pendant tout le chapitre, et bien au-delà.

Définition

Un oscillateur mécanique est un système matériel qui, écarté de sa position d'équilibre stable puis abandonné à lui-même, effectue autour de cette position un mouvement de va-et-vient périodique sous l'effet d'une force de rappel.

Les oscillations sont dites libres lorsque le système évolue seul après le lâcher ; amorties lorsque des frottements dissipent progressivement son énergie mécanique ; forcées lorsqu'une action extérieure périodique entretient le mouvement malgré les frottements.

Définition — grandeurs d'une oscillation

Pour une grandeur x(t)x(t) qui oscille périodiquement :

  • la période propre T0T_0 (en s\text{s}) est la durée d'une oscillation complète ;
  • la fréquence propre f0=1T0f_0 = \dfrac{1}{T_0} (en Hz\text{Hz}) est le nombre d'oscillations par seconde ;
  • l'amplitude Xm>0X_m > 0 est la valeur maximale de ∣x(t)∣|x(t)| ;
  • ω0t+φ\omega_0 t + \varphi (en rad\text{rad}) est la phase à l'instant tt, et φ\varphi la phase à l'origine (valeur à t=0t=0) ;
  • ω0=2πT0=2πf0\omega_0 = \dfrac{2\pi}{T_0} = 2\pi f_0 (en rad⋅s−1\text{rad·s}^{-1}) est la pulsation propre.

1.1  Mise en équation : la 2e loi de Newton

Prenons le système le plus simple : un solide (S)(S) de masse mm, assimilable à un point matériel, fixé à l'extrémité d'un ressort à spires non jointives de raideur kk (en N⋅m−1\text{N·m}^{-1}), l'autre extrémité étant fixée à un mur. (S)(S) coulisse sans frottement sur un support horizontal. On repère sa position par l'abscisse xx, mesurée à partir de la position d'équilibre OO sur un axe horizontal orienté dans le sens de l'allongement.

Pendule élastique horizontal : bilan des forces en x > 0 O m x T N P
Figure 1 — Le solide, écarté d'une longueur x>0x>0 de sa position d'équilibre OO, est soumis à son poids P⃗\vec{P}, à la réaction N⃗\vec{N} du support (qui se compensent) et à la force de rappel élastique T⃗\vec{T}, seule à posséder une composante horizontale.
Démonstration — équation différentielle du pendule élastique horizontal

Système : le solide (S)(S), de masse mm. Référentiel : terrestre, supposé galiléen. Bilan des forces à un instant où l'abscisse vaut xx : le poids P⃗\vec{P}, la réaction normale N⃗\vec{N}, et la force de rappel élastique T⃗=−kx ı⃗\vec{T} = -kx\,\vec{\imath} (loi de Hooke : elle s'oppose toujours à l'allongement).

  1. ma⃗=P⃗+N⃗+T⃗m\vec{a} = \vec{P} + \vec{N} + \vec{T}2e loi de Newton
  2. projection sur l'axe (Ox)(Ox)P⃗\vec{P} et N⃗\vec{N}, verticaux, se compensent : composante nulle sur (Ox)(Ox)
  3. ⇒\Rightarrowmx¨=−kxm\ddot{x} = -kx
  4. ⇒\Rightarrowx¨+kmx=0\ddot{x} + \dfrac{k}{m}x = 0

En posant ω02=km\omega_0^{2} = \dfrac{k}{m}, on obtient la forme canonique de l'équation différentielle d'un oscillateur harmonique : x¨+ω02x=0\ddot{x} + \omega_0^{2}x = 0.

Propriété — solution de l'oscillateur harmonique

La solution générale de x¨+ω02x=0\ddot{x} + \omega_0^{2}x = 0 est x(t)=Xmcos⁡(ω0t+φ)x(t) = X_m\cos(\omega_0 t + \varphi), où Xm>0X_m>0 et φ\varphi sont deux constantes fixées par les conditions initiales, et ω0=km\omega_0 = \sqrt{\dfrac{k}{m}} ne dépend, elle, que du système {\{ressort, masse}\}.

Vérifions-le en dérivant deux fois :

  1. x(t)=Xmcos⁡(ω0t+φ)x(t) = X_m\cos(\omega_0 t+\varphi)
  2. ⇒\Rightarrowx˙(t)=−Xmω0sin⁡(ω0t+φ)\dot{x}(t) = -X_m\omega_0\sin(\omega_0 t+\varphi)
  3. ⇒\Rightarrowx¨(t)=−Xmω02cos⁡(ω0t+φ)=−ω02x(t)\ddot{x}(t) = -X_m\omega_0^{2}\cos(\omega_0 t+\varphi) = -\omega_0^{2}x(t)

On a bien x¨+ω02x=0\ddot{x}+\omega_0^{2}x=0, quelles que soient les constantes XmX_m et φ\varphi : C.Q.F.D. La période propre s'en déduit :

T0=2πω0=2πmkT_0 = \dfrac{2\pi}{\omega_0} = 2\pi\sqrt{\dfrac{m}{k}}

Cette durée ne dépend que de mm et kk, jamais de l'amplitude XmX_m : c'est l'isochronisme des oscillations, une propriété que tu retrouveras avec le pendule simple.

1.2  Déterminer XmX_m et φ\varphi à partir des conditions initiales

Méthode — trouver XmX_m et φ\varphi

Deux inconnues, XmX_m et φ\varphi : il faut deux équations. On les obtient en écrivant x(0)x(0) et x˙(0)\dot{x}(0) d'après l'énoncé, puis en les identifiant à x(t)=Xmcos⁡(ω0t+φ)x(t)=X_m\cos(\omega_0t+\varphi) et x˙(t)=−Xmω0sin⁡(ω0t+φ)\dot{x}(t)=-X_m\omega_0\sin(\omega_0t+\varphi) pris en t=0t=0. On résout, en n'oubliant pas que Xm>0X_m>0.

Exemple — lâcher sans vitesse initiale

Un pendule élastique horizontal a une masse m=200 gm=200\ \text{g} et une raideur k=20 N⋅m−1k=20\ \text{N·m}^{-1}. On l'écarte de x0=5 cmx_0=5\ \text{cm} et on le lâche sans vitesse initiale à t=0t=0. Détermine x(t)x(t).

  1. ω0=km=200,200=100=10 rad⋅s−1\omega_0=\sqrt{\dfrac{k}{m}}=\sqrt{\dfrac{20}{0{,}200}}=\sqrt{100}=10\ \text{rad·s}^{-1}
  2. x(0)=Xmcos⁡φ=0,05x(0)=X_m\cos\varphi=0{,}05m
  3. x˙(0)=−Xmω0sin⁡φ=0⇒sin⁡φ=0\dot{x}(0)=-X_m\omega_0\sin\varphi=0 \Rightarrow \sin\varphi=0Xm≠0X_m\neq0, ω0≠0\omega_0\neq0
  4. ⇒\Rightarrowφ=0\varphi=0 ou φ=π\varphi=\pi
  5. si φ=π\varphi=\pi : Xmcos⁡π=−Xm=0,05X_m\cos\pi=-X_m=0{,}05donnerait Xm<0X_m<0 : impossible
  6. ⇒\Rightarrowφ=0\varphi=0 et Xm=0,05 m=5 cmX_m=0{,}05\ \text{m}=5\ \text{cm}

D'où x(t)=5cos⁡(10t)x(t)=5\cos(10t) (xx en cm, tt en s), de période T0=2π10≈0,63 sT_0=\dfrac{2\pi}{10}\approx0{,}63\ \text{s}.

Exemple — lancer depuis l'équilibre

Même pendule (ω0=10 rad⋅s−1\omega_0=10\ \text{rad·s}^{-1}), lancé depuis x(0)=0x(0)=0 avec une vitesse v0=0,4 m⋅s−1v_0=0{,}4\ \text{m·s}^{-1} dans le sens des xx positifs. Détermine x(t)x(t).

  1. x(0)=Xmcos⁡φ=0⇒cos⁡φ=0x(0)=X_m\cos\varphi=0 \Rightarrow \cos\varphi=0Xm≠0X_m\neq0
  2. ⇒\Rightarrowφ=π2\varphi=\dfrac{\pi}{2} ou φ=−π2\varphi=-\dfrac{\pi}{2}
  3. x˙(0)=−Xmω0sin⁡φ=v0=0,4>0⇒sin⁡φ<0\dot{x}(0)=-X_m\omega_0\sin\varphi=v_0=0{,}4>0 \Rightarrow \sin\varphi<0Xm,ω0>0X_m,\omega_0>0
  4. ⇒\Rightarrowφ=−π2\varphi=-\dfrac{\pi}{2} et Xmω0=0,4X_m\omega_0=0{,}4
  5. ⇒\RightarrowXm=0,410=0,04 m=4 cmX_m=\dfrac{0{,}4}{10}=0{,}04\ \text{m}=4\ \text{cm}

D'où x(t)=4cos⁡ ⁣(10t−π2)=4sin⁡(10t)x(t)=4\cos\!\left(10t-\dfrac{\pi}{2}\right)=4\sin(10t) (cm). Retiens ce cas : un départ écarté sans vitesse donne une solution en cosinus ; un départ de l'équilibre avec vitesse donne une solution en sinus.

Attention

Ne confonds jamais T0T_0 et XmX_m : la période propre ne dépend que de mm et kk (ou de ll et gg pour le pendule simple), jamais des conditions initiales. À l'inverse, XmX_m et φ\varphi dépendent uniquement de la façon dont on lance l'oscillateur. Autre piège classique : convertis les grammes en kilogrammes et les centimètres en mètres avant de calculer ω0\omega_0.

Physique & Co — L'anagramme de Hooke

En 1676, le savant anglais Robert Hooke énonce la loi qui porte son nom, mais la publie sous la forme d'une anagramme latine sibylline : ceiiinosssttuv. Deux ans plus tard, en 1678, il en révèle la clé : « Ut tensio, sic vis », « telle est l'extension, telle est la force » — la proportionnalité entre la force exercée par un ressort et son allongement, fondement même du pendule élastique.

Hooke, rival acharné d'Isaac Newton sur la théorie de la gravitation, cachait ainsi ses découvertes le temps de les approfondir : une pratique courante chez les savants du XVIIe siècle pour s'assurer la priorité d'une invention sans en dévoiler aussitôt le contenu.

2Pendule élastique horizontal et vertical

Tu viens d'établir l'équation du pendule élastique horizontal. Que se passe-t-il si on suspend le même ressort verticalement, la masse pendant sous l'effet de son poids ? Le poids ne disparaît plus des équations comme il le faisait à l'horizontale : reprenons la démonstration.

2.1  Rappel : le cas horizontal

Récapitulons les résultats de la section 1, qui vont te servir tout au long du chapitre :

GrandeurExpression
Équation différentiellex¨+kmx=0\ddot{x}+\dfrac{k}{m}x=0
Pulsation propreω0=km\omega_0=\sqrt{\dfrac{k}{m}}
Période propreT0=2πmkT_0=2\pi\sqrt{\dfrac{m}{k}}
Solutionx(t)=Xmcos⁡(ω0t+φ)x(t)=X_m\cos(\omega_0t+\varphi)

2.2  Le pendule élastique vertical

Accrochons le ressort, de raideur kk et de longueur à vide l0l_0, à un support fixe, et suspendons la masse mm à son extrémité inférieure. Sous l'effet du poids, le ressort s'étire d'une longueur supplémentaire Δleˊq\Delta l_{\text{éq}} avant de se stabiliser : c'est la nouvelle position d'équilibre O′O'.

Pendule élastique vertical : de la longueur à vide à l'équilibre l₀ à vide m Δl_éq T P à l'équilibre (avec la masse m)
Figure 2 — À vide, le ressort a pour longueur l0l_0. Avec la masse suspendue, il s'étire de Δleˊq\Delta l_{\text{éq}} jusqu'à ce que la tension T⃗\vec{T} équilibre exactement le poids P⃗\vec{P}.
Démonstration — position d'équilibre puis équation du mouvement

À l'équilibre, la masse est immobile : T⃗eˊq+P⃗=0⃗\vec{T}_{\text{éq}}+\vec{P}=\vec{0}. En projection sur un axe vertical descendant :

  1. k Δleˊq−mg=0k\,\Delta l_{\text{éq}} - mg = 0
  2. ⇒\RightarrowΔleˊq=mgk\Delta l_{\text{éq}} = \dfrac{mg}{k}

Repérons désormais la masse par l'abscisse XX, comptée à partir de cette nouvelle position d'équilibre O′O' (et non depuis le point d'attache). À un instant quelconque, le ressort a pour longueur l0+Δleˊq+Xl_0+\Delta l_{\text{éq}}+X, donc T⃗=−k(Δleˊq+X) k⃗\vec{T}=-k(\Delta l_{\text{éq}}+X)\,\vec{k} (axe vertical descendant k⃗\vec{k}). Deuxième loi de Newton, projetée sur cet axe :

  1. mX¨=mg−k(Δleˊq+X)m\ddot{X} = mg - k(\Delta l_{\text{éq}}+X)
  2. ==mg−kΔleˊq−kXmg - k\Delta l_{\text{éq}} - kX
  3. ==−kX-kXcar mg=kΔleˊqmg=k\Delta l_{\text{éq}} à l'équilibre
  4. ⇒\RightarrowX¨+kmX=0\ddot{X} + \dfrac{k}{m}X = 0

On retrouve exactement l'équation du cas horizontal, à condition de compter les positions depuis la nouvelle position d'équilibre. Le poids ne disparaît pas : il se contente de déplacer l'équilibre, sans changer la dynamique autour de lui.

Propriété

Le pendule élastique vertical oscille, autour de sa position d'équilibre, avec la même pulsation et la même période propre que le pendule horizontal : ω0=km\omega_0=\sqrt{\dfrac{k}{m}} et T0=2πmkT_0=2\pi\sqrt{\dfrac{m}{k}}. Seule la position d'équilibre change, décalée de Δleˊq=mgk\Delta l_{\text{éq}}=\dfrac{mg}{k}.

Exemple — ressort vertical

Un ressort de raideur k=80 N⋅m−1k=80\ \text{N·m}^{-1} porte une masse m=200 gm=200\ \text{g}. Calcule l'allongement à l'équilibre et la période propre (g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}).

  1. Δleˊq=mgk=0,200×9,880\Delta l_{\text{éq}}=\dfrac{mg}{k}=\dfrac{0{,}200\times9{,}8}{80}
  2. ==1,9680≈0,0245 m≈2,45 cm\dfrac{1{,}96}{80}\approx0{,}0245\ \text{m}\approx2{,}45\ \text{cm}
  3. ω0=km=800,200=400=20 rad⋅s−1\omega_0=\sqrt{\dfrac{k}{m}}=\sqrt{\dfrac{80}{0{,}200}}=\sqrt{400}=20\ \text{rad·s}^{-1}
  4. T0=2π20≈0,31 sT_0=\dfrac{2\pi}{20}\approx0{,}31\ \text{s}
Exemple — retrouver la raideur

Un ressort vertical s'allonge de Δleˊq=3,0 cm\Delta l_{\text{éq}}=3{,}0\ \text{cm} sous une masse m=150 gm=150\ \text{g}. Calcule la raideur kk.

  1. k Δleˊq=mg⇒k=mgΔleˊqk\,\Delta l_{\text{éq}}=mg \Rightarrow k=\dfrac{mg}{\Delta l_{\text{éq}}}
  2. ==0,150×9,80,030=1,470,030\dfrac{0{,}150\times9{,}8}{0{,}030}=\dfrac{1{,}47}{0{,}030}
  3. ≈\approx49 N⋅m−149\ \text{N·m}^{-1}
Attention

Dans un pendule élastique vertical, la variable XX se compte à partir de la nouvelle position d'équilibre O′O', jamais depuis le point d'attache ni la longueur à vide. Erreur fréquente au bac : écrire la loi de Newton avec l'allongement total l0+Δleˊq+Xl_0+\Delta l_{\text{éq}}+X sans faire disparaître le terme constant mg−kΔleˊqmg-k\Delta l_{\text{éq}}, qui s'annule par construction à l'équilibre.

3Période propre

Tu as rencontré, en section 1, la propriété d'isochronisme : la période propre T0T_0 ne dépend que des caractéristiques physiques de l'oscillateur (masse, raideur…), jamais de l'amplitude ni de la façon dont on l'a mis en mouvement. Approfondissons cette idée, et généralisons-la à un troisième oscillateur : le pendule de torsion.

3.1  Lecture graphique de XmX_m et T0T_0

La solution x(t)=Xmcos⁡(ω0t+φ)x(t)=X_m\cos(\omega_0t+\varphi) se représente par une sinusoïde. Sur un graphe expérimental, XmX_m et T0T_0 se lisent directement, sans calcul.

t x 0 1 2 3 4 4 2 -2 -4 Xm −Xm T0 x(t) = Xm cos(ω0t + φ) — exemple Xm = 4 cm, T0 = 2 s
Figure 3 — Représentation graphique de x(t)x(t) : l'amplitude XmX_m se lit sur l'axe vertical, la période propre T0T_0 est la durée séparant deux maximums consécutifs (ou deux passages par zéro consécutifs de même sens).
Méthode — lire XmX_m et T0T_0 sur un graphe x(t)x(t)

L'amplitude XmX_m est la distance entre l'axe des temps et un maximum de la courbe. La période T0T_0 est la durée séparant deux instants où la courbe repasse dans le même état — deux maximums consécutifs, par exemple. Pour limiter l'erreur de lecture, on mesure de préférence la durée de plusieurs périodes nT0nT_0 et on divise par nn.

Exemple — faire varier les paramètres

Un pendule élastique de période T0=2πm/kT_0=2\pi\sqrt{m/k}. Comment varie T0T_0 si l'on quadruple mm sans changer kk ? Si l'on quadruple kk sans changer mm ?

  1. masse 4m4m : T0′=2π4mk=2π×2mk=2T0T_0'=2\pi\sqrt{\dfrac{4m}{k}}=2\pi\times2\sqrt{\dfrac{m}{k}}=2T_0
  2. raideur 4k4k : T0′′=2πm4k=2π×12mk=T02T_0''=2\pi\sqrt{\dfrac{m}{4k}}=2\pi\times\dfrac{1}{2}\sqrt{\dfrac{m}{k}}=\dfrac{T_0}{2}

Quadrupler la masse double la période (l'oscillateur est plus lent) ; quadrupler la raideur la divise par deux (le ressort, plus « dur », impose un rythme plus rapide).

3.2  Généralisation : le pendule de torsion

Un pendule de torsion est un solide (souvent un disque) suspendu à un fil vertical ou monté sur un axe élastique. Écarté d'un angle θ\theta de sa position d'équilibre, le fil exerce un moment de rappel M=−CθM=-C\theta, où CC (en N⋅m⋅rad−1\text{N·m·rad}^{-1}) est la constante de torsion du fil.

Démonstration — équation du pendule de torsion, par analogie

Pour un solide en rotation autour d'un axe fixe, d'inertie JJ (en kg⋅m2\text{kg·m}^{2}), la relation fondamentale de la dynamique de rotation remplace mx¨=∑Fm\ddot{x}=\sum F par Jθ¨=∑MJ\ddot{\theta}=\sum M. Le seul moment appliqué est celui du fil :

  1. Jθ¨=−CθJ\ddot{\theta} = -C\theta
  2. ⇒\Rightarrowθ¨+CJθ=0\ddot{\theta} + \dfrac{C}{J}\theta = 0

On retrouve la forme canonique de l'oscillateur harmonique : la correspondance x↔θx\leftrightarrow\theta, m↔Jm\leftrightarrow J, k↔Ck\leftrightarrow C est exactement celle du pendule élastique.

Propriété

T0=2πJCT_0 = 2\pi\sqrt{\dfrac{J}{C}}

Exemple — balance de torsion

Un disque d'inertie J=4,0×10−4 kg⋅m2J=4{,}0\times10^{-4}\ \text{kg·m}^{2} est suspendu à un fil de constante de torsion C=9,0×10−3 N⋅m⋅rad−1C=9{,}0\times10^{-3}\ \text{N·m·rad}^{-1}. Calcule sa période propre.

  1. T0=2πJC=2π4,0×10−49,0×10−3T_0=2\pi\sqrt{\dfrac{J}{C}}=2\pi\sqrt{\dfrac{4{,}0\times10^{-4}}{9{,}0\times10^{-3}}}
  2. ==2π4,4×10−2≈2π×0,2112\pi\sqrt{4{,}4\times10^{-2}}\approx2\pi\times0{,}211
  3. ≈\approx1,3 s1{,}3\ \text{s}
Attention

Ne confonds pas la constante de torsion CC (en N⋅m⋅rad−1\text{N·m·rad}^{-1}) avec la raideur kk d'un ressort (en N⋅m−1\text{N·m}^{-1}) : le pendule de torsion mesure un angle, pas une longueur. De même, l'inertie JJ n'est pas une masse : elle dépend de la répartition de la matière autour de l'axe de rotation.

4Pendule simple et petites oscillations

Change totalement de dispositif : accroche une petite bille à un fil inextensible, et écarte-la de la verticale. Voici le pendule simple, sans doute l'oscillateur le plus ancien étudié scientifiquement — et le premier à avoir livré son secret à Galilée.

Définition

Un pendule simple est un point matériel de masse mm, suspendu à un fil inextensible et sans masse, de longueur ll, fixé en un point OO fixe. Écarté d'un angle θ\theta par rapport à la verticale puis lâché, il oscille dans un plan vertical.

4.1  Mise en équation

Repérons le pendule par l'angle θ\theta qu'il fait avec la verticale descendante. Plaçons-nous à l'instant où il atteint son écart angulaire maximal θm\theta_m : sa vitesse y est nulle.

Pendule simple à l'écart angulaire maximal θm (vitesse nulle) O θ l m P T Pt
Figure 4 — Le poids P⃗\vec{P} se décompose en une composante radiale (le long du fil, équilibrée par la tension T⃗\vec{T}) et une composante tangentielle Pt=mgsin⁡θP_t=mg\sin\theta, seule responsable du rappel vers la verticale.
Démonstration — équation différentielle du pendule simple

Système : le point matériel, de masse mm. Référentiel : terrestre galiléen. Forces : le poids P⃗\vec{P} et la tension T⃗\vec{T} du fil. On décompose le poids selon le fil (composante radiale mgcos⁡θmg\cos\theta) et selon la tangente à la trajectoire circulaire (composante tangentielle −mgsin⁡θ-mg\sin\theta, le signe −- traduisant son rôle de rappel vers θ=0\theta=0).

Le fil étant inextensible, le mouvement est circulaire de rayon ll : l'abscisse curviligne vaut s=lθs=l\theta, donc l'accélération tangentielle vaut s¨=lθ¨\ddot{s}=l\ddot{\theta}. En projection sur la tangente, seule la composante tangentielle du poids intervient (la tension est purement radiale) :

  1. m lθ¨=−mgsin⁡θm\,l\ddot{\theta} = -mg\sin\theta2e loi de Newton, projection tangentielle
  2. ⇒\Rightarrowθ¨+glsin⁡θ=0\ddot{\theta} + \dfrac{g}{l}\sin\theta = 0

Cette équation, contrairement à celle du pendule élastique, n'est pas linéaire à cause du terme sin⁡θ\sin\theta : elle n'a pas de solution simple pour une amplitude quelconque.

4.2  L'approximation des petites oscillations

Théorème — approximation des petits angles

Lorsque θ\theta est exprimé en radians et reste petit (en pratique θm≲20°\theta_m\lesssim20°, soit environ 0,35 rad0{,}35\ \text{rad}), on peut approximer sin⁡θ≈θ\sin\theta\approx\theta. L'équation devient linéaire :

θ¨+glθ=0\ddot{\theta} + \dfrac{g}{l}\theta = 0

C'est l'équation d'un oscillateur harmonique en θ\theta, de solution θ(t)=θmcos⁡(ω0t+φ)\theta(t)=\theta_m\cos(\omega_0t+\varphi), avec ω0=gl\omega_0=\sqrt{\dfrac{g}{l}}, donc :

T0=2πlgT_0 = 2\pi\sqrt{\dfrac{l}{g}}

Vérifie la qualité de l'approximation : pour θm=20°=0,349 rad\theta_m=20°=0{,}349\ \text{rad}, sin⁡θm≈0,342\sin\theta_m\approx0{,}342, soit un écart relatif inférieur à 2 %2\ \% — largement suffisant pour la précision d'un exercice de Terminale.

Attention

L'isochronisme du pendule simple n'est qu'approché : au-delà de 20°20° environ, T0T_0 augmente légèrement avec l'amplitude. Autre différence essentielle avec le pendule élastique : T0=2πl/gT_0=2\pi\sqrt{l/g} dépend de la pesanteur gg — un pendule simple ne bat pas le même tempo sur la Lune que sur Terre — alors que T0=2πm/kT_0=2\pi\sqrt{m/k} du pendule élastique en est indépendant.

Exemple — le pendule « à secondes »

Calcule la longueur ll d'un pendule simple dont la période propre vaut exactement T0=2,0 sT_0=2{,}0\ \text{s} (g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}).

  1. T0=2πlg⇒l=gT024π2T_0=2\pi\sqrt{\dfrac{l}{g}} \Rightarrow l=\dfrac{gT_0^{2}}{4\pi^{2}}
  2. ==9,8×2,024π2=39,239,48\dfrac{9{,}8\times2{,}0^{2}}{4\pi^{2}}=\dfrac{39{,}2}{39{,}48}
  3. ≈\approx0,99 m0{,}99\ \text{m}

Un pendule d'environ un mètre bat donc la seconde : c'est le principe des vieilles horloges comtoises, où chaque passage à la verticale marque un « tic » ou un « tac ».

Exemple — mesurer gg au laboratoire

Un élève chronomètre 2020 oscillations d'un pendule simple de longueur l=0,800 ml=0{,}800\ \text{m} : il mesure une durée totale Δt=36,0 s\Delta t=36{,}0\ \text{s}. Détermine la valeur de gg qu'il en déduit.

  1. T0=Δt20=36,020=1,80 sT_0=\dfrac{\Delta t}{20}=\dfrac{36{,}0}{20}=1{,}80\ \text{s}
  2. T0=2πlg⇒g=4π2lT02T_0=2\pi\sqrt{\dfrac{l}{g}} \Rightarrow g=\dfrac{4\pi^{2}l}{T_0^{2}}
  3. ==4π2×0,8001,802=31,583,24\dfrac{4\pi^{2}\times0{,}800}{1{,}80^{2}}=\dfrac{31{,}58}{3{,}24}
  4. ≈\approx9,75 m⋅s−29{,}75\ \text{m·s}^{-2}

Valeur cohérente avec g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2} (écart inférieur à 1 %1\ \%) : la méthode du pendule reste une manière simple et précise de mesurer gg.

Physique & Co — Le lustre de la cathédrale de Pise

En 1583, à dix-neuf ans, Galilée observerait, dit la légende, le balancement d'un lustre dans la cathédrale de Pise et en chronométrerait les oscillations avec son propre pouls — les montres n'existaient pas encore. Il remarque que la durée d'un aller-retour ne dépend pas de l'amplitude du balancement : c'est la découverte de l'isochronisme des petites oscillations, publiée bien plus tard, en 1638, dans ses Discours concernant deux sciences nouvelles.

C'est le physicien néerlandais Christian Huygens qui, en 1656, exploite cette propriété pour inventer l'horloge à pendule : en imposant un battement régulier à un mécanisme d'échappement, elle fait passer la précision des horloges de plusieurs dizaines de minutes par jour à quelques secondes — une révolution pour la navigation et l'astronomie.

5Énergie de l'oscillateur

Pendant qu'un pendule élastique oscille sans frottement, son énergie ne cesse de changer de forme : tantôt cinétique, tantôt potentielle élastique. Montrons que leur somme, elle, ne varie jamais.

5.1  Énergie potentielle élastique et énergie cinétique

Définition — rappel

Un ressort de raideur kk, allongé ou comprimé de xx, stocke une énergie potentielle élastique Ep=12kx2E_p=\dfrac{1}{2}kx^{2} (en J\text{J}, toujours positive ou nulle). Le solide de masse mm, animé de la vitesse v=x˙v=\dot{x}, possède une énergie cinétique Ec=12mv2=12mx˙2E_c=\dfrac{1}{2}mv^{2}=\dfrac{1}{2}m\dot{x}^{2}. L'énergie mécanique est leur somme : Em=Ec+EpE_m=E_c+E_p.

5.2  Conservation de l'énergie mécanique

Démonstration — conservation de l'énergie mécanique

Dérivons Em(t)E_m(t) par rapport au temps :

  1. Em=12mx˙2+12kx2E_m = \dfrac{1}{2}m\dot{x}^{2} + \dfrac{1}{2}kx^{2}
  2. ⇒\RightarrowdEmdt=mx˙x¨+kxx˙\dfrac{\mathrm{d}E_m}{\mathrm{d}t} = m\dot{x}\ddot{x} + kx\dot{x}dérivée d'un carré : ddt(u2)=2uu˙\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}(u^{2})=2u\dot{u}
  3. ==x˙(mx¨+kx)\dot{x}\left(m\ddot{x}+kx\right)
  4. ==x˙×0=0\dot{x}\times0 = 0car mx¨+kx=0m\ddot{x}+kx=0 : équation établie en section 1

EmE_m a une dérivée nulle à tout instant : elle est donc constante (en l'absence de frottement). Évaluons cette constante à l'instant où x=Xmx=X_m (élongation maximale, donc x˙=0\dot{x}=0) :

Em=12m×02+12kXm2=12kXm2E_m = \dfrac{1}{2}m\times0^{2} + \dfrac{1}{2}kX_m^{2} = \dfrac{1}{2}kX_m^{2}

Propriété — conservation de l'énergie mécanique

Ec(t)+Ep(t)=Em=12kXm2=constanteE_c(t) + E_p(t) = E_m = \dfrac{1}{2}kX_m^{2} = \text{constante}

EcE_c est maximale (=Em=E_m) à x=0x=0 (passage à l'équilibre, vitesse maximale) ; EpE_p est maximale (=Em=E_m) aux extrema x=±Xmx=\pm X_m (vitesse nulle). L'énergie se transforme continûment d'une forme à l'autre.

x (cm) E (mJ) -5-2,502,55 5101520 Em = 25 mJ Ep(x) Ec(x)
Figure 5 — Énergies en fonction de l'élongation, pour m=200 gm=200\ \text{g}, k=20 N⋅m−1k=20\ \text{N·m}^{-1}, Xm=5,0 cmX_m=5{,}0\ \text{cm}. Ep(x)=12kx2E_p(x)=\frac12kx^{2} (parabole croissante), Ec(x)=Em−Ep(x)E_c(x)=E_m-E_p(x) (parabole en dôme), et leur somme EmE_m constante.
Exemple — bilan énergétique complet

Reprends le pendule de la section 1 (m=200 gm=200\ \text{g}, k=20 N⋅m−1k=20\ \text{N·m}^{-1}, Xm=5,0 cmX_m=5{,}0\ \text{cm}). Calcule l'énergie mécanique, puis l'énergie cinétique et la vitesse lorsque x=3,0 cmx=3{,}0\ \text{cm}.

  1. Em=12kXm2=12×20×(0,050)2E_m=\dfrac{1}{2}kX_m^{2}=\dfrac{1}{2}\times20\times(0{,}050)^{2}
  2. ==0,025 J=25 mJ0{,}025\ \text{J} = 25\ \text{mJ}
  3. Ep=12kx2=12×20×(0,030)2=9,0 mJE_p=\dfrac{1}{2}kx^{2}=\dfrac{1}{2}\times20\times(0{,}030)^{2}=9{,}0\ \text{mJ}
  4. Ec=Em−Ep=25−9,0=16 mJE_c=E_m-E_p=25-9{,}0=16\ \text{mJ}
  5. Ec=12mv2⇒v=2Ecm=2×0,0160,200E_c=\dfrac{1}{2}mv^{2} \Rightarrow v=\sqrt{\dfrac{2E_c}{m}}=\sqrt{\dfrac{2\times0{,}016}{0{,}200}}
  6. ==0,16=0,40 m⋅s−1\sqrt{0{,}16} = 0{,}40\ \text{m·s}^{-1}
Exemple — à quelle élongation Ec=EpE_c=E_p ?

Pour quelle valeur de xx (en fonction de XmX_m) l'énergie cinétique est-elle égale à l'énergie potentielle élastique ?

  1. Ec=EpE_c=E_p et Ec+Ep=Em⇒2Ep=EmE_c+E_p=E_m \Rightarrow 2E_p=E_m
  2. 2×12kx2=12kXm22\times\dfrac{1}{2}kx^{2} = \dfrac{1}{2}kX_m^{2}
  3. ⇒\Rightarrowx2=Xm22x^{2} = \dfrac{X_m^{2}}{2}
  4. ⇒\Rightarrowx=±Xm2=±Xm22x = \pm\dfrac{X_m}{\sqrt{2}} = \pm\dfrac{X_m\sqrt{2}}{2}

Application numérique avec Xm=5,0 cmX_m=5{,}0\ \text{cm} : x≈±3,5 cmx\approx\pm3{,}5\ \text{cm}.

Attention

La conservation de l'énergie mécanique suppose l'absence de frottement. Ne l'utilise jamais telle quelle si l'énoncé mentionne un amortissement — tu verras en section 6 que EmE_m y diminue avec le temps. Autre piège : Ep=12kx2E_p=\frac12kx^{2} utilise l'élongation xx depuis la position d'équilibre, jamais l'allongement total du ressort dans le cas vertical.

6Amortissement et résonance

Tout ce que tu as étudié jusqu'ici décrit des oscillations libres non amorties, qui durent éternellement à amplitude constante. Dans la réalité, aucun système mécanique n'échappe aux frottements : l'énergie mécanique se dissipe peu à peu en chaleur, et le mouvement finit par s'arrêter — sauf si on l'entretient artificiellement.

6.1  Les trois régimes d'oscillations amorties

Lorsqu'on ajoute au bilan des forces un frottement (souvent modélisé par f⃗=−hv⃗\vec{f}=-h\vec{v}, h>0h>0), l'équation différentielle devient mx¨+hx˙+kx=0m\ddot{x}+h\dot{x}+kx=0 : un terme supplémentaire en x˙\dot{x} traduit la perte d'énergie. Selon l'importance de l'amortissement, trois régimes sont possibles.

Réponse à un lâcher sans vitesse depuis x = X0, pour trois amortissements t (s) x (cm) 123456 0 X02-2 pseudo-périodique critique apériodique
Figure 6 — Les trois régimes : pseudo-périodique (oscille en s'amortissant), critique (retour le plus rapide sans oscillation), apériodique (retour sans oscillation, mais plus lent que le régime critique).
Définition — les trois régimes
  • Régime pseudo-périodique (amortissement faible) : le système oscille toujours, mais l'amplitude décroît progressivement ; on parle de pseudo-période TT, légèrement supérieure à T0T_0 ;
  • Régime critique : cas limite où le système revient à l'équilibre le plus rapidement possible, sans jamais osciller ;
  • Régime apériodique (amortissement fort) : le système revient à l'équilibre sans osciller, mais plus lentement qu'en régime critique.
Exemple — amortisseur de taxi à Dakar

La suspension d'un taxi, modélisée par m=250 kgm=250\ \text{kg} (masse portée par une roue) et k=2,0×104 N⋅m−1k=2{,}0\times10^{4}\ \text{N·m}^{-1}, a pour coefficient de frottement critique hc=2kmh_c=2\sqrt{km}. Un amortisseur usé a un coefficient réel h=3,0×103 N⋅s⋅m−1h=3{,}0\times10^{3}\ \text{N·s·m}^{-1} : dans quel régime roule le taxi ?

  1. hc=2km=22,0×104×250h_c=2\sqrt{km}=2\sqrt{2{,}0\times10^{4}\times250}
  2. ==25,0×106≈2×2,24×1032\sqrt{5{,}0\times10^{6}}\approx2\times2{,}24\times10^{3}
  3. ≈\approx4,5×103 N⋅s⋅m−14{,}5\times10^{3}\ \text{N·s·m}^{-1}
  4. h=3,0×103<hc=4,5×103h=3{,}0\times10^{3} < h_c=4{,}5\times10^{3}

L'amortisseur usé est sous-critique : la caisse du taxi oscille (régime pseudo-périodique) après chaque bosse au lieu de se stabiliser aussitôt — signe qu'il doit être changé. Un bon amortisseur est réglé proche du régime critique : assez amorti pour ne pas osciller, assez souple pour rester confortable.

6.2  Oscillations forcées et résonance

Pour compenser les pertes dues aux frottements et entretenir un mouvement, il faut apporter de l'énergie périodiquement : c'est le principe des oscillations forcées. Un excitateur impose une force périodique de fréquence ff, en général différente de la fréquence propre f0f_0 du résonateur. En régime permanent, le système oscille à la fréquence ff de l'excitateur, avec une amplitude qui dépend fortement de l'écart entre ff et f0f_0.

f / f0 Amplitude 0,51,522,5 1234 f0 résonance
Figure 7 — Amplitude des oscillations forcées en fonction de la fréquence excitatrice ff, pour un amortissement faible : l'amplitude est maximale au voisinage de f0f_0.
Définition — résonance

La résonance est le phénomène par lequel l'amplitude des oscillations forcées devient maximale lorsque la fréquence excitatrice ff se rapproche de la fréquence propre f0f_0 du système. Plus l'amortissement est faible, plus cette amplitude à la résonance est grande — jusqu'à devenir destructrice si rien ne la limite.

Exemple — pousser une balançoire

Une balançoire se comporte comme un pendule simple de longueur l=2,5 ml=2{,}5\ \text{m}. À quelle fréquence faut-il la pousser pour l'entretenir efficacement, par résonance (g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}) ?

  1. T0=2πlg=2π2,59,8T_0=2\pi\sqrt{\dfrac{l}{g}}=2\pi\sqrt{\dfrac{2{,}5}{9{,}8}}
  2. ==2π0,255≈2π×0,505≈3,2 s2\pi\sqrt{0{,}255}\approx2\pi\times0{,}505\approx3{,}2\ \text{s}
  3. f0=1T0≈13,2≈0,31 Hzf_0=\dfrac{1}{T_0}\approx\dfrac{1}{3{,}2}\approx0{,}31\ \text{Hz}

Il faut donner une impulsion environ toutes les 3,2 s3{,}2\ \text{s}, au rythme naturel de la balançoire : c'est exactement ce que tu fais intuitivement, sans calcul, en te balançant — une résonance entretenue « à la main ».

La résonance n'est pas toujours recherchée. Un sismographe utilise au contraire un oscillateur dont la fréquence propre est très éloignée des fréquences des secousses sismiques à mesurer, afin que sa masse reste quasiment immobile dans le référentiel du sol tandis que le boîtier vibre avec lui : c'est cet écart relatif qui est enregistré. Un pont, en revanche, doit éviter à tout prix que sa fréquence propre coïncide avec celle d'une foule qui marche au pas ou d'un vent tourbillonnant.

Attention

Ne dis jamais qu'à la résonance, l'amplitude est infinie : dans un système réel, l'amortissement — même faible — la limite toujours à une valeur finie (mais parfois considérable). Ne confonds pas non plus fréquence propre f0f_0 (caractéristique du système seul) et fréquence excitatrice ff (imposée de l'extérieur) : la résonance correspond à f≈f0f\approx f_0, un rapprochement, pas une identité algébrique dans un système amorti réel.

Physique & Co — La catastrophe du pont d'Angers

Le 16 avril 1850, un bataillon d'environ 500 soldats français traverse au pas cadencé le pont suspendu de la Basse-Chaîne, sur la Maine, à Angers. Le rythme régulier de leurs pas se rapproche dangereusement de la fréquence propre du tablier métallique : l'amplitude des oscillations croît par résonance jusqu'à la rupture des câbles d'ancrage. Le pont s'effondre, causant la mort d'environ 220 soldats.

Ce drame, l'un des plus meurtriers de l'histoire du génie civil, popularise durablement une consigne encore donnée aujourd'hui aux troupes : rompre le pas pour traverser un pont. Il illustre pourquoi les ingénieurs calculent systématiquement les fréquences propres des ouvrages d'art, pour les tenir à l'écart des fréquences d'excitation prévisibles (vent, foule, trafic).

Fiche mémo

  • Oscillateur harmonique : x¨+ω02x=0\ddot{x}+\omega_0^{2}x=0, solution x(t)=Xmcos⁡(ω0t+φ)x(t)=X_m\cos(\omega_0t+\varphi) ; Xm,φX_m,\varphi ← conditions initiales, ω0\omega_0 ← le système seul.
  • Pendule élastique (horizontal ou vertical) : ω0=km\omega_0=\sqrt{\dfrac{k}{m}}, T0=2πmkT_0=2\pi\sqrt{\dfrac{m}{k}} ; au vertical, on compte XX depuis la nouvelle position d'équilibre, Δleˊq=mgk\Delta l_{\text{éq}}=\dfrac{mg}{k}.
  • Pendule de torsion : θ¨+CJθ=0\ddot\theta+\dfrac{C}{J}\theta=0, T0=2πJCT_0=2\pi\sqrt{\dfrac{J}{C}}.
  • Pendule simple : θ¨+glsin⁡θ=0\ddot\theta+\dfrac{g}{l}\sin\theta=0 ; aux petits angles (θm≲20°\theta_m\lesssim20°), sin⁡θ≈θ\sin\theta\approx\theta et T0=2πlgT_0=2\pi\sqrt{\dfrac{l}{g}}.
  • Isochronisme : T0T_0 ne dépend jamais de l'amplitude, seulement des caractéristiques du système (et de gg pour le pendule simple, pas pour le ressort).
  • Énergie mécanique (oscillations libres non amorties) : Em=Ec+Ep=12kXm2=constanteE_m=E_c+E_p=\dfrac12kX_m^{2}=\text{constante} ; EcE_c max (=Em=E_m) à x=0x=0, EpE_p max (=Em=E_m) à x=±Xmx=\pm X_m.
  • Amortissement : trois régimes selon hh comparé à hc=2kmh_c=2\sqrt{km} — pseudo-périodique (h<hch<h_c), critique (h=hch=h_c), apériodique (h>hch>h_c).
  • Oscillations forcées : le système suit la fréquence ff de l'excitateur ; résonance quand f≈f0f\approx f_0, amplitude alors maximale (finie si amortissement non nul).
  • g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2} (valeur à utiliser sauf indication contraire de l'énoncé).

7Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Un pendule élastique horizontal est constitué d'un solide de masse m=500 gm=500\ \text{g} fixé à un ressort de raideur k=50 N⋅m−1k=50\ \text{N·m}^{-1}. Calcule la pulsation propre ω0\omega_0 et la période propre T0T_0 de ce pendule.

Voir le corrigé détaillé
  1. ω0=km=500,500\omega_0=\sqrt{\dfrac{k}{m}}=\sqrt{\dfrac{50}{0{,}500}}
  2. ==100=10 rad⋅s−1\sqrt{100}=10\ \text{rad·s}^{-1}
  3. T0=2πω0=2π10T_0=\dfrac{2\pi}{\omega_0}=\dfrac{2\pi}{10}
  4. ≈\approx0,63 s0{,}63\ \text{s}
2

L'élongation d'un pendule élastique est donnée par x(t)=6cos⁡ ⁣(4t+π3)x(t)=6\cos\!\left(4t+\dfrac{\pi}{3}\right) (xx en cm, tt en s). Donne l'amplitude XmX_m, la pulsation ω0\omega_0, la phase à l'origine φ\varphi et la période T0T_0. Calcule x(0)x(0) et la vitesse v(0)v(0).

Voir le corrigé détaillé

Par identification avec x(t)=Xmcos⁡(ω0t+φ)x(t)=X_m\cos(\omega_0t+\varphi) : Xm=6 cmX_m=6\ \text{cm}, ω0=4 rad⋅s−1\omega_0=4\ \text{rad·s}^{-1}, φ=π3 rad\varphi=\dfrac{\pi}{3}\ \text{rad}, et T0=2π4≈1,57 sT_0=\dfrac{2\pi}{4}\approx1{,}57\ \text{s}.

  1. x(0)=6cos⁡ ⁣(π3)=6×0,5x(0)=6\cos\!\left(\dfrac{\pi}{3}\right)=6\times0{,}5
  2. ==3,0 cm3{,}0\ \text{cm}
  3. v(t)=x˙(t)=−24sin⁡ ⁣(4t+π3)v(t)=\dot{x}(t)=-24\sin\!\left(4t+\dfrac{\pi}{3}\right)
  4. v(0)=−24sin⁡ ⁣(π3)=−24×0,866v(0)=-24\sin\!\left(\dfrac{\pi}{3}\right)=-24\times0{,}866
  5. ≈\approx−20,8 cm⋅s−1-20{,}8\ \text{cm·s}^{-1}
3

Un ressort vertical de raideur k=60 N⋅m−1k=60\ \text{N·m}^{-1} porte une masse m=300 gm=300\ \text{g}. Calcule l'allongement à l'équilibre Δleˊq\Delta l_{\text{éq}} et la période propre T0T_0 des oscillations (g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}).

Voir le corrigé détaillé
  1. Δleˊq=mgk=0,300×9,860\Delta l_{\text{éq}}=\dfrac{mg}{k}=\dfrac{0{,}300\times9{,}8}{60}
  2. ==2,9460≈0,049 m=4,9 cm\dfrac{2{,}94}{60}\approx0{,}049\ \text{m}=4{,}9\ \text{cm}
  3. ω0=km=600,300=200≈14,14 rad⋅s−1\omega_0=\sqrt{\dfrac{k}{m}}=\sqrt{\dfrac{60}{0{,}300}}=\sqrt{200}\approx14{,}14\ \text{rad·s}^{-1}
  4. T0=2π14,14T_0=\dfrac{2\pi}{14{,}14}
  5. ≈\approx0,44 s0{,}44\ \text{s}
4

Un pendule simple a une longueur l=0,60 ml=0{,}60\ \text{m}. Calcule sa période propre T0T_0 (petites oscillations, g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}). Que devient T0T_0 si l'on quadruple la longueur du fil ?

Voir le corrigé détaillé
  1. T0=2πlg=2π0,609,8T_0=2\pi\sqrt{\dfrac{l}{g}}=2\pi\sqrt{\dfrac{0{,}60}{9{,}8}}
  2. ==2π0,0612≈2π×0,24742\pi\sqrt{0{,}0612}\approx2\pi\times0{,}2474
  3. ≈\approx1,55 s1{,}55\ \text{s}
  4. longueur 4l4l : T0′=2π4lg=2×T0T_0'=2\pi\sqrt{\dfrac{4l}{g}}=2\times T_0
  5. ≈\approx3,11 s3{,}11\ \text{s}

Quadrupler la longueur du fil double la période propre.

5

Un pendule élastique a une masse m=100 gm=100\ \text{g}, une raideur k=40 N⋅m−1k=40\ \text{N·m}^{-1} et une amplitude Xm=4,0 cmX_m=4{,}0\ \text{cm}. Calcule son énergie mécanique EmE_m. Calcule l'énergie cinétique EcE_c lorsque x=2,0 cmx=2{,}0\ \text{cm}.

Voir le corrigé détaillé
  1. Em=12kXm2=12×40×(0,040)2E_m=\dfrac{1}{2}kX_m^{2}=\dfrac{1}{2}\times40\times(0{,}040)^{2}
  2. ==0,032 J=32 mJ0{,}032\ \text{J}=32\ \text{mJ}
  3. Ep(2,0 cm)=12×40×(0,020)2=8,0 mJE_p(2{,}0\ \text{cm})=\dfrac{1}{2}\times40\times(0{,}020)^{2}=8{,}0\ \text{mJ}
  4. Ec=Em−Ep=32−8,0E_c=E_m-E_p=32-8{,}0
  5. ==24 mJ24\ \text{mJ}
Niveau 2 — Approfondissement
6

Un pendule élastique horizontal de masse m=250 gm=250\ \text{g} a une période propre mesurée T0=0,50 sT_0=0{,}50\ \text{s}.

  1. Calcule la raideur kk du ressort.
  2. On écarte le pendule de x0=3,0 cmx_0=3{,}0\ \text{cm} et on lui communique, au même instant, une vitesse initiale v0=20 cm⋅s−1v_0=20\ \text{cm·s}^{-1} dans le sens des xx positifs. Détermine XmX_m et φ\varphi.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. T0=2πmk⇒k=4π2mT02T_0=2\pi\sqrt{\dfrac{m}{k}} \Rightarrow k=\dfrac{4\pi^{2}m}{T_0^{2}}
  2. ==4π2×0,2500,502=4π2×0,2500,25\dfrac{4\pi^{2}\times0{,}250}{0{,}50^{2}}=\dfrac{4\pi^{2}\times0{,}250}{0{,}25}
  3. ==4π2≈39,5 N⋅m−14\pi^{2}\approx39{,}5\ \text{N·m}^{-1}

2. ω0=2πT0=4π≈12,57 rad⋅s−1\omega_0=\dfrac{2\pi}{T_0}=4\pi\approx12{,}57\ \text{rad·s}^{-1}. On combine x(0)=Xmcos⁡φ=x0x(0)=X_m\cos\varphi=x_0 et x˙(0)=−Xmω0sin⁡φ=v0\dot{x}(0)=-X_m\omega_0\sin\varphi=v_0 : en élevant au carré et en additionnant, Xm2=x02+(v0ω0)2X_m^{2}=x_0^{2}+\left(\dfrac{v_0}{\omega_0}\right)^{2}, et tan⁡φ=−v0ω0x0\tan\varphi=-\dfrac{v_0}{\omega_0x_0}.

  1. v0ω0=0,2012,57≈0,0159 m\dfrac{v_0}{\omega_0}=\dfrac{0{,}20}{12{,}57}\approx0{,}0159\ \text{m}
  2. Xm=0,0302+0,01592=9,0×10−4+2,53×10−4X_m=\sqrt{0{,}030^{2}+0{,}0159^{2}}=\sqrt{9{,}0\times10^{-4}+2{,}53\times10^{-4}}
  3. ==1,153×10−3≈0,034 m=3,4 cm\sqrt{1{,}153\times10^{-3}}\approx0{,}034\ \text{m}=3{,}4\ \text{cm}
  4. tan⁡φ=−0,01590,030≈−0,530\tan\varphi=-\dfrac{0{,}0159}{0{,}030}\approx-0{,}530
  5. ⇒\Rightarrowφ≈−0,49 rad (≈−28°)\varphi\approx-0{,}49\ \text{rad}\ (\approx-28°)cos⁡φ>0\cos\varphi>0 et sin⁡φ<0\sin\varphi<0 : φ\varphi dans le 4e quadrant
7

Un ressort vertical porte une masse m=400 gm=400\ \text{g} ; on mesure une période propre T0=0,45 sT_0=0{,}45\ \text{s}. Calcule la raideur kk du ressort, puis l'allongement à l'équilibre Δleˊq\Delta l_{\text{éq}} (g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}).

Voir le corrigé détaillé
  1. k=4π2mT02=4π2×0,4000,452k=\dfrac{4\pi^{2}m}{T_0^{2}}=\dfrac{4\pi^{2}\times0{,}400}{0{,}45^{2}}
  2. ==15,790,2025≈78,0 N⋅m−1\dfrac{15{,}79}{0{,}2025}\approx78{,}0\ \text{N·m}^{-1}
  3. Δleˊq=mgk=0,400×9,878,0\Delta l_{\text{éq}}=\dfrac{mg}{k}=\dfrac{0{,}400\times9{,}8}{78{,}0}
  4. ==3,9278,0≈0,0503 m\dfrac{3{,}92}{78{,}0}\approx0{,}0503\ \text{m}
  5. ≈\approx5,0 cm5{,}0\ \text{cm}
8

Un pendule élastique horizontal (masse mm, raideur kk) et un pendule simple (longueur ll) ont la même période propre. Exprime ll en fonction de mm, kk et gg. Application numérique : m=200 gm=200\ \text{g}, k=32 N⋅m−1k=32\ \text{N·m}^{-1}, g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}.

Voir le corrigé détaillé
  1. 2πmk=2πlg2\pi\sqrt{\dfrac{m}{k}} = 2\pi\sqrt{\dfrac{l}{g}}
  2. ⇒\Rightarrowmk=lg\dfrac{m}{k} = \dfrac{l}{g}
  3. ⇒\Rightarrowl=mgkl = \dfrac{mg}{k}
  4. l=0,200×9,832=1,9632l=\dfrac{0{,}200\times9{,}8}{32}=\dfrac{1{,}96}{32}
  5. ≈\approx0,0613 m=6,1 cm0{,}0613\ \text{m}=6{,}1\ \text{cm}
9

Un pendule élastique d'amplitude XmX_m oscille sans frottement. Pour quelle fraction de XmX_m la vitesse est-elle égale à la moitié de la vitesse maximale vmaxv_{max} ?

Voir le corrigé détaillé
  1. v=vmax2⇒Ec=12m(vmax2)2=14×12mvmax2=Em4v=\dfrac{v_{max}}{2} \Rightarrow E_c=\dfrac{1}{2}m\left(\dfrac{v_{max}}{2}\right)^{2}=\dfrac{1}{4}\times\dfrac{1}{2}mv_{max}^{2}=\dfrac{E_m}{4}vmaxv_{max} est atteinte à x=0x=0, où Ec=EmE_c=E_m
  2. Ep=Em−Ec=34EmE_p=E_m-E_c=\dfrac{3}{4}E_m
  3. 12kx2=34×12kXm2\dfrac{1}{2}kx^{2}=\dfrac{3}{4}\times\dfrac{1}{2}kX_m^{2}
  4. ⇒\Rightarrowx2=34Xm2x^{2}=\dfrac{3}{4}X_m^{2}
  5. ⇒\Rightarrowx=±32Xm≈±0,87 Xmx=\pm\dfrac{\sqrt{3}}{2}X_m\approx\pm0{,}87\,X_m
10

Un oscillateur amorti a pour masse m=2,0 kgm=2{,}0\ \text{kg}, raideur k=200 N⋅m−1k=200\ \text{N·m}^{-1} et coefficient de frottement h=50 N⋅s⋅m−1h=50\ \text{N·s·m}^{-1}. Calcule le coefficient critique hc=2kmh_c=2\sqrt{km} et détermine le régime d'oscillation.

Voir le corrigé détaillé
  1. hc=2km=2200×2,0h_c=2\sqrt{km}=2\sqrt{200\times2{,}0}
  2. ==2400=2×202\sqrt{400}=2\times20
  3. ==40 N⋅s⋅m−140\ \text{N·s·m}^{-1}
  4. h=50 N⋅s⋅m−1>hc=40 N⋅s⋅m−1h=50\ \text{N·s·m}^{-1} > h_c=40\ \text{N·s·m}^{-1}

Le régime est apériodique : l'oscillateur revient à l'équilibre sans osciller, plus lentement que dans le cas critique.

Niveau 3 — Type bac
11

Un solide (S)(S) de masse m=250 gm=250\ \text{g} est fixé à un ressort horizontal de raideur k=40 N⋅m−1k=40\ \text{N·m}^{-1}, l'ensemble reposant sans frottement sur un plan horizontal. On repère la position de (S)(S) par l'abscisse xx sur un axe d'origine OO, la position d'équilibre.

  1. En appliquant la deuxième loi de Newton, établis l'équation différentielle vérifiée par x(t)x(t).
  2. Calcule la pulsation propre ω0\omega_0 et la période propre T0T_0.
  3. À t=0t=0, on écarte (S)(S) de x0=4,0 cmx_0=4{,}0\ \text{cm} et on le lâche sans vitesse initiale. Détermine l'expression de x(t)x(t).
  4. Calcule l'énergie mécanique du système, puis la vitesse de (S)(S) lorsqu'il repasse par x=2,0 cmx=2{,}0\ \text{cm}.
Voir le corrigé détaillé

1. Système {(S)}\{(S)\}, référentiel terrestre galiléen. Forces : poids P⃗\vec P, réaction N⃗\vec N (verticales, se compensent), tension élastique T⃗=−kxı⃗\vec T=-kx\vec\imath.

  1. mx¨=−kxm\ddot{x}=-kx2e loi de Newton, projection sur (Ox)(Ox)
  2. ⇒\Rightarrowx¨+kmx=0\ddot{x}+\dfrac{k}{m}x=0

2.

  1. ω0=km=400,250=160≈12,65 rad⋅s−1\omega_0=\sqrt{\dfrac{k}{m}}=\sqrt{\dfrac{40}{0{,}250}}=\sqrt{160}\approx12{,}65\ \text{rad·s}^{-1}
  2. T0=2π12,65≈0,50 sT_0=\dfrac{2\pi}{12{,}65}\approx0{,}50\ \text{s}

3. Lâcher sans vitesse initiale : par la méthode de la section 1, φ=0\varphi=0 et Xm=x0X_m=x_0.

  1. x(t)=Xmcos⁡(ω0t)x(t)=X_m\cos(\omega_0t)
  2. ==4,0cos⁡(12,65 t)4{,}0\cos(12{,}65\,t)xx en cm, tt en s

4.

  1. Em=12kXm2=12×40×(0,040)2=0,032 JE_m=\dfrac{1}{2}kX_m^{2}=\dfrac{1}{2}\times40\times(0{,}040)^{2}=0{,}032\ \text{J}
  2. Ep(2,0 cm)=12×40×(0,020)2=8,0×10−3 JE_p(2{,}0\ \text{cm})=\dfrac{1}{2}\times40\times(0{,}020)^{2}=8{,}0\times10^{-3}\ \text{J}
  3. Ec=Em−Ep=0,032−0,0080=0,024 JE_c=E_m-E_p=0{,}032-0{,}0080=0{,}024\ \text{J}
  4. v=2Ecm=2×0,0240,250=0,192v=\sqrt{\dfrac{2E_c}{m}}=\sqrt{\dfrac{2\times0{,}024}{0{,}250}}=\sqrt{0{,}192}
  5. ≈\approx0,44 m⋅s−10{,}44\ \text{m·s}^{-1}
12

On étudie un pendule simple de longueur ll, constitué d'une bille de masse mm suspendue à un fil inextensible de masse négligeable.

  1. En appliquant la deuxième loi de Newton (projection tangentielle), établis l'équation différentielle vérifiée par l'angle θ(t)\theta(t).
  2. Justifie l'approximation sin⁡θ≈θ\sin\theta\approx\theta pour les petites oscillations et donne l'expression de la période propre T0T_0.
  3. Un élève mesure la durée de 1515 oscillations d'un pendule de longueur l=1,20 ml=1{,}20\ \text{m} : il trouve Δt=32,9 s\Delta t=32{,}9\ \text{s}. Calcule la valeur de gg qu'il en déduit.
  4. L'élève recommence en lâchant le pendule avec un angle initial de 45°45° au lieu de 15°15° : la période mesurée est alors légèrement plus grande que celle prévue par la formule. Explique pourquoi, en une phrase.
Voir le corrigé détaillé

1. Système {\{bille}\}, référentiel terrestre galiléen, forces P⃗\vec P et T⃗\vec T (tension du fil, radiale). Le mouvement étant circulaire de rayon ll, l'accélération tangentielle vaut lθ¨l\ddot\theta ; seule la composante tangentielle du poids, −mgsin⁡θ-mg\sin\theta, intervient.

  1. mlθ¨=−mgsin⁡θml\ddot{\theta}=-mg\sin\theta
  2. ⇒\Rightarrowθ¨+glsin⁡θ=0\ddot{\theta}+\dfrac{g}{l}\sin\theta=0

2. Pour θ\theta petit exprimé en radians, sin⁡θ≈θ\sin\theta\approx\theta (écart relatif inférieur à 2 %2\ \% jusqu'à 20°20°). L'équation devient θ¨+glθ=0\ddot\theta+\dfrac{g}{l}\theta=0, d'où T0=2πlgT_0=2\pi\sqrt{\dfrac{l}{g}}.

3.

  1. T0=Δt15=32,915≈2,193 sT_0=\dfrac{\Delta t}{15}=\dfrac{32{,}9}{15}\approx2{,}193\ \text{s}
  2. g=4π2lT02=4π2×1,202,1932g=\dfrac{4\pi^{2}l}{T_0^{2}}=\dfrac{4\pi^{2}\times1{,}20}{2{,}193^{2}}
  3. ==47,374,811\dfrac{47{,}37}{4{,}811}
  4. ≈\approx9,85 m⋅s−29{,}85\ \text{m·s}^{-2}

4. À 45°45°, l'angle n'est plus assez petit pour que sin⁡θ≈θ\sin\theta\approx\theta reste valable : l'équation exacte θ¨+glsin⁡θ=0\ddot\theta+\frac{g}{l}\sin\theta=0 donne alors une période réelle légèrement supérieure à 2πl/g2\pi\sqrt{l/g}, l'isochronisme n'étant qu'approché au-delà d'une vingtaine de degrés.

13

Une passerelle métallique se comporte comme un oscillateur mécanique de masse m=8,0×103 kgm=8{,}0\times10^{3}\ \text{kg} et de raideur équivalente k=5,0×106 N⋅m−1k=5{,}0\times10^{6}\ \text{N·m}^{-1}.

  1. Calcule la fréquence propre f0f_0 de la passerelle.
  2. Un amortissement de coefficient h=1,0×105 N⋅s⋅m−1h=1{,}0\times10^{5}\ \text{N·s·m}^{-1} est présent. Calcule le coefficient critique hc=2kmh_c=2\sqrt{km} et détermine le régime d'oscillation de la passerelle livrée à elle-même.
  3. Un groupe de coureurs traverse la passerelle au rythme de 2,02{,}0 foulées par seconde. Ce rythme est-il dangereusement proche de f0f_0 ? Justifie.
  4. Cite une conséquence historique d'un phénomène de résonance sur un ouvrage d'art, et propose une solution technique pour l'éviter.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. ω0=km=5,0×1068,0×103=625=25 rad⋅s−1\omega_0=\sqrt{\dfrac{k}{m}}=\sqrt{\dfrac{5{,}0\times10^{6}}{8{,}0\times10^{3}}}=\sqrt{625}=25\ \text{rad·s}^{-1}
  2. f0=ω02π=252πf_0=\dfrac{\omega_0}{2\pi}=\dfrac{25}{2\pi}
  3. ≈\approx4,0 Hz4{,}0\ \text{Hz}

2.

  1. hc=2km=25,0×106×8,0×103h_c=2\sqrt{km}=2\sqrt{5{,}0\times10^{6}\times8{,}0\times10^{3}}
  2. ==24,0×1010=2×2,0×1052\sqrt{4{,}0\times10^{10}}=2\times2{,}0\times10^{5}
  3. ==4,0×105 N⋅s⋅m−14{,}0\times10^{5}\ \text{N·s·m}^{-1}
  4. h=1,0×105<hc=4,0×105h=1{,}0\times10^{5} < h_c=4{,}0\times10^{5}

Régime pseudo-périodique : écartée de sa position d'équilibre, la passerelle oscillerait plusieurs fois avant de se stabiliser.

3. Le rythme des coureurs (2,0 Hz2{,}0\ \text{Hz}) est deux fois plus faible que f0≈4,0 Hzf_0\approx4{,}0\ \text{Hz} : ce n'est pas la résonance directe. Mais si le rythme se rapprochait de 4,0 Hz4{,}0\ \text{Hz} (foule plus rapide, ou synchronisation collective des pas), l'amplitude croîtrait fortement par résonance.

4. Le 16 avril 1850, la résonance provoquée par le pas cadencé d'un bataillon a fait s'effondrer le pont suspendu de la Basse-Chaîne, à Angers, causant environ 220 morts (voir l'encadré Physique & Co de la section 6). Solution technique : installer des amortisseurs dissipant l'énergie, ou concevoir l'ouvrage pour que sa fréquence propre reste éloignée des fréquences d'excitation prévisibles (et faire « rompre le pas » aux troupes qui le traversent).

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

Le métronome du conservatoire de Yaoundé. Un métronome mécanique fonctionne comme un pendule pesant dont on fait coulisser une masselotte le long d'une tige pour régler le tempo. Pour un réglage donné, il bat 120120 battements par minute (un battement = un demi-aller-retour, donc T0T_0 correspond à 22 battements).

  1. Calcule la période propre T0T_0 du métronome, en secondes.
  2. En assimilant le métronome à un pendule simple de longueur équivalente ll, calcule ll (g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}).
  3. Le musicien fait glisser la masselotte vers le haut, ce qui diminue ll. Le tempo augmente-t-il ou diminue-t-il ? Justifie sans calcul.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. 120120 battements/min =2,0=2{,}0 battements/s
  2. 22 battements =1=1 période T0T_0énoncé
  3. ⇒\Rightarrowf0=2,02=1,0 Hzf_0=\dfrac{2{,}0}{2}=1{,}0\ \text{Hz}
  4. ⇒\RightarrowT0=1f0=1,0 sT_0=\dfrac{1}{f_0}=1{,}0\ \text{s}

2.

  1. l=gT024π2=9,8×1,024π2l=\dfrac{gT_0^{2}}{4\pi^{2}}=\dfrac{9{,}8\times1{,}0^{2}}{4\pi^{2}}
  2. ==9,839,48\dfrac{9{,}8}{39{,}48}
  3. ≈\approx0,248 m≈25 cm0{,}248\ \text{m}\approx25\ \text{cm}

3. T0=2πl/gT_0=2\pi\sqrt{l/g} : si ll diminue, T0T_0 diminue (racine carrée croissante), donc il y a davantage de périodes — et donc de battements — par minute : le tempo augmente.

15

Le peson du marché de Ndjamena. Sur le marché central de Ndjamena, un peson à ressort sert à peser des sacs de mil. Un vendeur suspend un sac et lit un allongement de 12,0 cm12{,}0\ \text{cm} ; le ressort a une raideur connue k=250 N⋅m−1k=250\ \text{N·m}^{-1}.

  1. Calcule la masse mm du sac annoncée par le peson (g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}).
  2. Une cliente doute de la graduation. Elle écarte légèrement le sac et chronomètre 1010 oscillations verticales : elle mesure Δt=6,95 s\Delta t=6{,}95\ \text{s}. Quelle masse déduit-elle de cette mesure dynamique ?
  3. Les deux méthodes concordent-elles ? Laquelle te semble la plus fiable sur un marché bruyant et venteux, et pourquoi ?
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. k Δleˊq=mg⇒m=k Δleˊqgk\,\Delta l_{\text{éq}}=mg \Rightarrow m=\dfrac{k\,\Delta l_{\text{éq}}}{g}
  2. ==250×0,1209,8=30,09,8\dfrac{250\times0{,}120}{9{,}8}=\dfrac{30{,}0}{9{,}8}
  3. ≈\approx3,06 kg3{,}06\ \text{kg}

2.

  1. T0=Δt10=6,9510=0,695 sT_0=\dfrac{\Delta t}{10}=\dfrac{6{,}95}{10}=0{,}695\ \text{s}
  2. T0=2πmk⇒m=kT024π2T_0=2\pi\sqrt{\dfrac{m}{k}} \Rightarrow m=\dfrac{kT_0^{2}}{4\pi^{2}}
  3. ==250×0,69524π2=120,839,48\dfrac{250\times0{,}695^{2}}{4\pi^{2}}=\dfrac{120{,}8}{39{,}48}
  4. ≈\approx3,06 kg3{,}06\ \text{kg}

3. Les deux méthodes donnent la même masse (≈3,06 kg\approx3{,}06\ \text{kg}), ce qui valide le peson. Sur un marché bruyant et venteux, la mesure dynamique (chronométrage d'oscillations) est en général plus fiable que la lecture directe de la graduation, sensible au vent qui fait bouger le plateau et à l'erreur de parallaxe visuelle — alors qu'une mesure de temps au chronomètre reste précise.

16

Le sismographe de Douala. On souhaite concevoir un sismographe simplifié, à partir d'une masse suspendue à un ressort vertical, pour l'observatoire de Douala. Les séismes à détecter ont des fréquences de 0,5 Hz0{,}5\ \text{Hz} à 10 Hz10\ \text{Hz}. Pour que la masse reste quasiment immobile pendant que le boîtier vibre avec le sol, il faut f0⩽0,10 Hzf_0\leqslant0{,}10\ \text{Hz}.

  1. Calcule la période propre T0T_0 correspondant à f0=0,10 Hzf_0=0{,}10\ \text{Hz}.
  2. Avec une masse m=2,0 kgm=2{,}0\ \text{kg}, calcule la raideur kk nécessaire.
  3. Calcule l'allongement à l'équilibre Δleˊq\Delta l_{\text{éq}} de ce ressort (g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}) et explique pourquoi cela pose un problème pratique de conception.
Voir le corrigé détaillé

1. T0=1f0=10,10=10 sT_0=\dfrac{1}{f_0}=\dfrac{1}{0{,}10}=10\ \text{s}.

2.

  1. k=4π2mT02=4π2×2,0102k=\dfrac{4\pi^{2}m}{T_0^{2}}=\dfrac{4\pi^{2}\times2{,}0}{10^{2}}
  2. ==78,96100\dfrac{78{,}96}{100}
  3. ≈\approx0,79 N⋅m−10{,}79\ \text{N·m}^{-1}

3.

  1. Δleˊq=mgk=2,0×9,80,79\Delta l_{\text{éq}}=\dfrac{mg}{k}=\dfrac{2{,}0\times9{,}8}{0{,}79}
  2. ==19,60,79\dfrac{19{,}6}{0{,}79}
  3. ≈\approx24,8 m24{,}8\ \text{m}

Un allongement d'environ 25 m25\ \text{m} est totalement irréaliste pour un instrument de laboratoire ! C'est pourquoi les sismographes réels n'utilisent pas un simple ressort vertical librement suspendu : ils recourent à des dispositifs mécaniques (leviers, suspensions dites « porte de jardin ») ou électroniques à contre-réaction pour obtenir une très basse fréquence propre sans allongement démesuré.

Teste-toi gratuitement

📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

Coche une réponse par question, puis clique sur « Vérifier mes réponses » : tu obtiens ta note sur 20 avec la correction détaillée de chaque question.

Un oscillateur mécanique, écarté de sa position d'équilibre stable puis abandonné à lui-même, effectue :

Explication : C'est la définition même d'un oscillateur mécanique : le va-et-vient périodique est entretenu par une force de rappel qui ramène toujours le système vers sa position d'équilibre.

Pour une grandeur x(t)x(t) qui oscille avec une période propre T0T_0 et une pulsation propre ω0\omega_0, la relation correcte est :

Explication : Par définition, la pulsation propre vaut ω0=2πT0=2πf0\omega_0=\dfrac{2\pi}{T_0}=2\pi f_0, où f0f_0 est la fréquence propre.

Pour un pendule élastique horizontal sans frottement (masse mm, raideur kk), la deuxième loi de Newton, projetée sur l'axe (Ox)(Ox), donne l'équation différentielle :

Explication : Le poids et la réaction du support se compensent ; seule la force de rappel élastique T⃗=−kxı⃗\vec T=-kx\vec\imath intervient :
mx¨=−kxm\ddot{x} = -kx
⇒x¨+kmx=0\Rightarrow \ddot{x} + \dfrac{k}{m}x = 0.

La pulsation propre d'un pendule élastique horizontal, de masse mm et de raideur kk, est donnée par :

Explication : En posant ω02=km\omega_0^{2}=\dfrac{k}{m} dans l'équation x¨+ω02x=0\ddot x+\omega_0^2x=0, on obtient ω0=k/m\omega_0=\sqrt{k/m}.

La période propre T0=2πm/kT_0=2\pi\sqrt{m/k} d'un pendule élastique :

Explication : C'est la propriété d'isochronisme : T0T_0 est fixée par le système {\{ressort, masse}\} seul ; les conditions initiales ne déterminent que XmX_m et φ\varphi.

Pour déterminer les constantes XmX_m et φ\varphi de la solution x(t)=Xmcos⁡(ω0t+φ)x(t)=X_m\cos(\omega_0t+\varphi), on utilise :

Explication : On identifie x(0)x(0) et x˙(0)\dot x(0), donnés par l'énoncé, aux expressions Xmcos⁡φX_m\cos\varphi et −Xmω0sin⁡φ-X_m\omega_0\sin\varphi : deux équations pour deux inconnues.

Un pendule élastique horizontal a une masse m=500 gm=500\ \text{g} et une raideur k=50 N⋅m−1k=50\ \text{N·m}^{-1}. Sa pulsation propre vaut :

Explication : ω0=km=500,500=100\omega_0=\sqrt{\dfrac{k}{m}}=\sqrt{\dfrac{50}{0{,}500}}=\sqrt{100}
=10 rad⋅s−1=10\ \text{rad·s}^{-1}.

Toujours pour ce pendule (ω0=10 rad⋅s−1\omega_0=10\ \text{rad·s}^{-1}), la période propre vaut environ :

Explication : T0=2πω0=2π10T_0=\dfrac{2\pi}{\omega_0}=\dfrac{2\pi}{10}
≈0,63 s\approx 0{,}63\ \text{s}.

Un pendule élastique vertical, comparé au même ressort utilisé à l'horizontale, oscille avec :

Explication : En comptant la position XX depuis la nouvelle position d'équilibre O′O', le terme constant mg−kΔleˊqmg-k\Delta l_{\text{éq}} s'annule et l'on retrouve X¨+kmX=0\ddot X+\dfrac{k}{m}X=0 : même ω0\omega_0, même T0T_0. Seul l'équilibre est déplacé de Δleˊq=mgk\Delta l_{\text{éq}}=\dfrac{mg}{k}.

Un peson à ressort, utilisé sur un marché à Ndjamena, a une raideur k=100 N⋅m−1k=100\ \text{N·m}^{-1}. On y suspend un sac de mil de masse m=250 gm=250\ \text{g}. L'allongement à l'équilibre vaut environ (g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}) :

Explication : Δleˊq=mgk=0,250×9,8100=2,45100\Delta l_{\text{éq}}=\dfrac{mg}{k}=\dfrac{0{,}250\times 9{,}8}{100}=\dfrac{2{,}45}{100}
=0,0245 m=2,45 cm=0{,}0245\ \text{m}=2{,}45\ \text{cm}.

Pour un pendule de torsion d'inertie JJ et de constante de torsion CC, la période propre vaut :

Explication : L'équation Jθ¨+Cθ=0J\ddot\theta+C\theta=0 est l'analogue exact de mx¨+kx=0m\ddot x+kx=0, avec la correspondance m↔Jm\leftrightarrow J, k↔Ck\leftrightarrow C : donc T0=2πJ/CT_0=2\pi\sqrt{J/C}.

L'équation différentielle exacte du pendule simple, obtenue par projection tangentielle de la deuxième loi de Newton, s'écrit :

Explication : La projection tangentielle donne mlθ¨=−mgsin⁡θml\ddot\theta=-mg\sin\theta, soit θ¨+glsin⁡θ=0\ddot\theta+\dfrac{g}{l}\sin\theta=0 : une équation non linéaire, à cause du terme sin⁡θ\sin\theta.

Aux petits angles (θ\theta exprimé en radians, θm≲20°\theta_m\lesssim 20°), l'approximation utilisée pour linéariser l'équation du pendule simple est :

Explication : Pour un petit angle en radians, sin⁡θ≈θ\sin\theta\approx\theta (écart relatif inférieur à 2 %2\ \% jusqu'à 20°20°) : l'équation devient linéaire, θ¨+glθ=0\ddot\theta+\dfrac{g}{l}\theta=0.

Pour un pendule simple de longueur ll, en petites oscillations, la période propre vaut :

Explication : L'équation linéarisée θ¨+glθ=0\ddot\theta+\dfrac{g}{l}\theta=0 donne ω0=g/l\omega_0=\sqrt{g/l}, donc T0=2πω0=2πl/gT_0=\dfrac{2\pi}{\omega_0}=2\pi\sqrt{l/g}.

Un métronome de conservatoire, assimilé à un pendule simple de longueur l=1,0 ml=1{,}0\ \text{m}, a pour période propre environ (g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \text{m·s}^{-2}, petites oscillations) :

Explication : T0=2πlg=2π1,09,8≈2π×0,319T_0=2\pi\sqrt{\dfrac{l}{g}}=2\pi\sqrt{\dfrac{1{,}0}{9{,}8}}\approx 2\pi\times 0{,}319
≈2,0 s\approx 2{,}0\ \text{s}.

Contrairement au pendule élastique, la période propre du pendule simple :

Explication : T0=2πl/gT_0=2\pi\sqrt{l/g} fait intervenir gg, contrairement à T0=2πm/kT_0=2\pi\sqrt{m/k} du pendule élastique qui en est indépendant. La masse de la bille, elle, n'intervient dans aucun des deux cas.

Pendant les oscillations libres non amorties d'un pendule élastique, l'énergie mécanique Em=Ec+EpE_m=E_c+E_p :

Explication : En dérivant Em(t)E_m(t), on trouve dEmdt=x˙(mx¨+kx)=0\dfrac{\mathrm dE_m}{\mathrm dt}=\dot x(m\ddot x+kx)=0 : l'énergie mécanique est constante en l'absence de frottement, égale à 12kXm2\dfrac12kX_m^{2}.

Quand un pendule élastique passe par sa position d'équilibre (x=0x=0), son énergie cinétique vaut :

Explication : À x=0x=0, Ep=12kx2=0E_p=\dfrac12kx^{2}=0, donc Ec=Em−Ep=EmE_c=E_m-E_p=E_m : la vitesse y est maximale, c'est le piège inverse de x=±Xmx=\pm X_m où Ec=0E_c=0.

Un oscillateur amorti a un coefficient de frottement hh supérieur au coefficient critique hc=2kmh_c=2\sqrt{km}. Son régime est :

Explication : h>hch>h_c correspond au régime apériodique : le système retourne à l'équilibre sans osciller, mais plus lentement que dans le cas critique (h=hch=h_c).

La résonance d'un oscillateur soumis à des oscillations forcées correspond à :

Explication : Piège classique : l'amplitude à la résonance (f≈f0f\approx f_0) est maximale mais reste finie dès qu'il existe un amortissement, même faible — jamais infinie. C'est ce phénomène qui a provoqué l'effondrement du pont d'Angers en 1850, sous le pas cadencé d'un bataillon.
S'inscrire