Étudier le pendule élastique et le pendule simple.
PhysiqueTerminaleChapitre 3 / 11⏱ 10 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Établir l'équation différentielle d'un oscillateur
Calculer une période propre
Réaliser un bilan énergétique d'oscillation
Un pendule d'horloge qui balance imperturbablement, un amortisseur de voiture qui absorbe les creux de la route, une corde de guitare qui vibre après avoir été pincée, un immeuble qui oscille doucement sous l'effet du vent ou d'une secousse sismique : tous ces systèmes ont un point commun. Écartés de leur position d'équilibre, ils y reviennent non pas d'un coup, mais en oscillant autour d'elle, dans un mouvement de va-et-vient qui se répète. C'est ce comportement, à la fois universel et d'une remarquable régularité mathématique, que tu vas étudier dans ce chapitre.
Jusqu'ici, tu as surtout décrit des mouvements : circulaire uniforme, chute libre, projectile. Ce chapitre change de registre : tu vas apprendre à établir, à partir de la deuxième loi de Newton, l'équation différentielle qui gouverne un oscillateur, puis à exploiter sa solution mathématique. C'est un pas important vers la physique de Terminale, où l'on ne se contente plus de décrire un mouvement : on le déduit rigoureusement des forces qui le produisent.
Deux systèmes serviront de fil conducteur : le pendule élastique (une masse accrochée à un ressort) et le pendule simple (une masse suspendue à un fil). Tu verras qu'en dépit de leur apparence différente, ils obéissent à la même famille d'équations et partagent une propriété étonnante, l'isochronisme des petites oscillations, découverte par Galilée en observant le lustre d'une cathédrale.
Tu termineras par une ouverture vers le monde réel : aucun oscillateur ne bat éternellement, les frottements finissent par l'arrêter — sauf si on l'entretient, ou si on le pousse à sa fréquence propre, avec le risque de résonance que tout ingénieur redoute. De l'horloge comtoise aux amortisseurs de taxi de Dakar, en passant par les ponts qui s'effondrent, ce chapitre très mathématique en apparence est partout dans ta vie quotidienne.
1Oscillateur harmonique : équation différentielle
Avant d'écrire la moindre équation, mettons-nous d'accord sur le vocabulaire : il va te servir pendant tout le chapitre, et bien au-delà.
Définition
Un oscillateur mécanique est un système matériel qui, écarté de sa position d'équilibre stable puis abandonné à lui-même, effectue autour de cette position un mouvement de va-et-vient périodique sous l'effet d'une force de rappel.
Les oscillations sont dites libres lorsque le système évolue seul après le lâcher ; amorties lorsque des frottements dissipent progressivement son énergie mécanique ; forcées lorsqu'une action extérieure périodique entretient le mouvement malgré les frottements.
Définition — grandeurs d'une oscillation
Pour une grandeur x(t) qui oscille périodiquement :
la période propreT0 (en s) est la durée d'une oscillation complète ;
la fréquence propref0=T01 (en Hz) est le nombre d'oscillations par seconde ;
l'amplitudeXm>0 est la valeur maximale de ∣x(t)∣ ;
ω0t+φ (en rad) est la phase à l'instant t, et φ la phase à l'origine (valeur à t=0) ;
ω0=T02π=2πf0 (en rad⋅s−1) est la pulsation propre.
1.1 Mise en équation : la 2e loi de Newton
Prenons le système le plus simple : un solide (S) de masse m, assimilable à un point matériel, fixé à l'extrémité d'un ressort à spires non jointives de raideur k (en N⋅m−1), l'autre extrémité étant fixée à un mur. (S) coulisse sans frottement sur un support horizontal. On repère sa position par l'abscisse x, mesurée à partir de la position d'équilibre O sur un axe horizontal orienté dans le sens de l'allongement.
Figure 1 — Le solide, écarté d'une longueur x>0 de sa position d'équilibre O, est soumis à son poids P, à la réaction N du support (qui se compensent) et à la force de rappel élastique T, seule à posséder une composante horizontale.
Démonstration — équation différentielle du pendule élastique horizontal
Système : le solide (S), de masse m. Référentiel : terrestre, supposé galiléen. Bilan des forces à un instant où l'abscisse vaut x : le poids P, la réaction normale N, et la force de rappel élastique T=−kx (loi de Hooke : elle s'oppose toujours à l'allongement).
ma=P+N+T2e loi de Newton
projection sur l'axe (Ox)P et N, verticaux, se compensent : composante nulle sur (Ox)
⇒mx¨=−kx
⇒x¨+mkx=0
En posant ω02=mk, on obtient la forme canonique de l'équation différentielle d'un oscillateur harmonique : x¨+ω02x=0.
Propriété — solution de l'oscillateur harmonique
La solution générale de x¨+ω02x=0 est x(t)=Xmcos(ω0t+φ), où Xm>0 et φ sont deux constantes fixées par les conditions initiales, et ω0=mk ne dépend, elle, que du système {ressort, masse}.
Vérifions-le en dérivant deux fois :
x(t)=Xmcos(ω0t+φ)
⇒x˙(t)=−Xmω0sin(ω0t+φ)
⇒x¨(t)=−Xmω02cos(ω0t+φ)=−ω02x(t)
On a bien x¨+ω02x=0, quelles que soient les constantes Xm et φ : C.Q.F.D. La période propre s'en déduit :
T0=ω02π=2πkm
Cette durée ne dépend que de m et k, jamais de l'amplitude Xm : c'est l'isochronisme des oscillations, une propriété que tu retrouveras avec le pendule simple.
1.2 Déterminer Xm et φ à partir des conditions initiales
Méthode — trouver Xm et φ
Deux inconnues, Xm et φ : il faut deux équations. On les obtient en écrivant x(0) et x˙(0) d'après l'énoncé, puis en les identifiant à x(t)=Xmcos(ω0t+φ) et x˙(t)=−Xmω0sin(ω0t+φ) pris en t=0. On résout, en n'oubliant pas que Xm>0.
Exemple — lâcher sans vitesse initiale
Un pendule élastique horizontal a une masse m=200g et une raideur k=20N⋅m−1. On l'écarte de x0=5cm et on le lâche sans vitesse initiale à t=0. Détermine x(t).
ω0=mk=0,20020=100=10rad⋅s−1
x(0)=Xmcosφ=0,05m
x˙(0)=−Xmω0sinφ=0⇒sinφ=0Xm=0, ω0=0
⇒φ=0 ou φ=π
si φ=π : Xmcosπ=−Xm=0,05donnerait Xm<0 : impossible
⇒φ=0 et Xm=0,05m=5cm
D'où x(t)=5cos(10t) (x en cm, t en s), de période T0=102π≈0,63s.
Exemple — lancer depuis l'équilibre
Même pendule (ω0=10rad⋅s−1), lancé depuis x(0)=0 avec une vitesse v0=0,4m⋅s−1 dans le sens des x positifs. Détermine x(t).
x(0)=Xmcosφ=0⇒cosφ=0Xm=0
⇒φ=2π ou φ=−2π
x˙(0)=−Xmω0sinφ=v0=0,4>0⇒sinφ<0Xm,ω0>0
⇒φ=−2π et Xmω0=0,4
⇒Xm=100,4=0,04m=4cm
D'où x(t)=4cos(10t−2π)=4sin(10t) (cm). Retiens ce cas : un départ écarté sans vitesse donne une solution en cosinus ; un départ de l'équilibre avec vitesse donne une solution en sinus.
Attention
Ne confonds jamais T0 et Xm : la période propre ne dépend que de m et k (ou de l et g pour le pendule simple), jamais des conditions initiales. À l'inverse, Xm et φ dépendent uniquement de la façon dont on lance l'oscillateur. Autre piège classique : convertis les grammes en kilogrammes et les centimètres en mètres avant de calculer ω0.
Physique & Co — L'anagramme de Hooke
En 1676, le savant anglais Robert Hooke énonce la loi qui porte son nom, mais la publie sous la forme d'une anagramme latine sibylline : ceiiinosssttuv. Deux ans plus tard, en 1678, il en révèle la clé : « Ut tensio, sic vis », « telle est l'extension, telle est la force » — la proportionnalité entre la force exercée par un ressort et son allongement, fondement même du pendule élastique.
Hooke, rival acharné d'Isaac Newton sur la théorie de la gravitation, cachait ainsi ses découvertes le temps de les approfondir : une pratique courante chez les savants du XVIIe siècle pour s'assurer la priorité d'une invention sans en dévoiler aussitôt le contenu.
2Pendule élastique horizontal et vertical
Tu viens d'établir l'équation du pendule élastique horizontal. Que se passe-t-il si on suspend le même ressort verticalement, la masse pendant sous l'effet de son poids ? Le poids ne disparaît plus des équations comme il le faisait à l'horizontale : reprenons la démonstration.
2.1 Rappel : le cas horizontal
Récapitulons les résultats de la section 1, qui vont te servir tout au long du chapitre :
Grandeur
Expression
Équation différentielle
x¨+mkx=0
Pulsation propre
ω0=mk
Période propre
T0=2πkm
Solution
x(t)=Xmcos(ω0t+φ)
2.2 Le pendule élastique vertical
Accrochons le ressort, de raideur k et de longueur à vide l0, à un support fixe, et suspendons la masse m à son extrémité inférieure. Sous l'effet du poids, le ressort s'étire d'une longueur supplémentaire Δleˊq avant de se stabiliser : c'est la nouvelle position d'équilibreO′.
Figure 2 — À vide, le ressort a pour longueur l0. Avec la masse suspendue, il s'étire de Δleˊq jusqu'à ce que la tension T équilibre exactement le poids P.
Démonstration — position d'équilibre puis équation du mouvement
À l'équilibre, la masse est immobile : Teˊq+P=0. En projection sur un axe vertical descendant :
kΔleˊq−mg=0
⇒Δleˊq=kmg
Repérons désormais la masse par l'abscisse X, comptée à partir de cette nouvelle position d'équilibre O′ (et non depuis le point d'attache). À un instant quelconque, le ressort a pour longueur l0+Δleˊq+X, donc T=−k(Δleˊq+X)k (axe vertical descendant k). Deuxième loi de Newton, projetée sur cet axe :
mX¨=mg−k(Δleˊq+X)
=mg−kΔleˊq−kX
=−kXcar mg=kΔleˊq à l'équilibre
⇒X¨+mkX=0
On retrouve exactement l'équation du cas horizontal, à condition de compter les positions depuis la nouvelle position d'équilibre. Le poids ne disparaît pas : il se contente de déplacer l'équilibre, sans changer la dynamique autour de lui.
Propriété
Le pendule élastique vertical oscille, autour de sa position d'équilibre, avec la même pulsation et la même période propre que le pendule horizontal : ω0=mk et T0=2πkm. Seule la position d'équilibre change, décalée de Δleˊq=kmg.
Exemple — ressort vertical
Un ressort de raideur k=80N⋅m−1 porte une masse m=200g. Calcule l'allongement à l'équilibre et la période propre (g=9,8m⋅s−2).
Δleˊq=kmg=800,200×9,8
=801,96≈0,0245m≈2,45cm
ω0=mk=0,20080=400=20rad⋅s−1
T0=202π≈0,31s
Exemple — retrouver la raideur
Un ressort vertical s'allonge de Δleˊq=3,0cm sous une masse m=150g. Calcule la raideur k.
kΔleˊq=mg⇒k=Δleˊqmg
=0,0300,150×9,8=0,0301,47
≈49N⋅m−1
Attention
Dans un pendule élastique vertical, la variable X se compte à partir de la nouvelle position d'équilibreO′, jamais depuis le point d'attache ni la longueur à vide. Erreur fréquente au bac : écrire la loi de Newton avec l'allongement total l0+Δleˊq+X sans faire disparaître le terme constant mg−kΔleˊq, qui s'annule par construction à l'équilibre.
3Période propre
Tu as rencontré, en section 1, la propriété d'isochronisme : la période propre T0 ne dépend que des caractéristiques physiques de l'oscillateur (masse, raideur…), jamais de l'amplitude ni de la façon dont on l'a mis en mouvement. Approfondissons cette idée, et généralisons-la à un troisième oscillateur : le pendule de torsion.
3.1 Lecture graphique de Xm et T0
La solution x(t)=Xmcos(ω0t+φ) se représente par une sinusoïde. Sur un graphe expérimental, Xm et T0 se lisent directement, sans calcul.
Figure 3 — Représentation graphique de x(t) : l'amplitude Xm se lit sur l'axe vertical, la période propre T0 est la durée séparant deux maximums consécutifs (ou deux passages par zéro consécutifs de même sens).
Méthode — lire Xm et T0 sur un graphe x(t)
L'amplitude Xm est la distance entre l'axe des temps et un maximum de la courbe. La période T0 est la durée séparant deux instants où la courbe repasse dans le même état — deux maximums consécutifs, par exemple. Pour limiter l'erreur de lecture, on mesure de préférence la durée de plusieurs périodes nT0 et on divise par n.
Exemple — faire varier les paramètres
Un pendule élastique de période T0=2πm/k. Comment varie T0 si l'on quadruple m sans changer k ? Si l'on quadruple k sans changer m ?
masse 4m : T0′=2πk4m=2π×2km=2T0
raideur 4k : T0′′=2π4km=2π×21km=2T0
Quadrupler la masse double la période (l'oscillateur est plus lent) ; quadrupler la raideur la divise par deux (le ressort, plus « dur », impose un rythme plus rapide).
3.2 Généralisation : le pendule de torsion
Un pendule de torsion est un solide (souvent un disque) suspendu à un fil vertical ou monté sur un axe élastique. Écarté d'un angle θ de sa position d'équilibre, le fil exerce un moment de rappelM=−Cθ, où C (en N⋅m⋅rad−1) est la constante de torsion du fil.
Démonstration — équation du pendule de torsion, par analogie
Pour un solide en rotation autour d'un axe fixe, d'inertie J (en kg⋅m2), la relation fondamentale de la dynamique de rotation remplace mx¨=∑F par Jθ¨=∑M. Le seul moment appliqué est celui du fil :
Jθ¨=−Cθ
⇒θ¨+JCθ=0
On retrouve la forme canonique de l'oscillateur harmonique : la correspondance x↔θ, m↔J, k↔C est exactement celle du pendule élastique.
Propriété
T0=2πCJ
Exemple — balance de torsion
Un disque d'inertie J=4,0×10−4kg⋅m2 est suspendu à un fil de constante de torsion C=9,0×10−3N⋅m⋅rad−1. Calcule sa période propre.
T0=2πCJ=2π9,0×10−34,0×10−4
=2π4,4×10−2≈2π×0,211
≈1,3s
Attention
Ne confonds pas la constante de torsion C (en N⋅m⋅rad−1) avec la raideur k d'un ressort (en N⋅m−1) : le pendule de torsion mesure un angle, pas une longueur. De même, l'inertie J n'est pas une masse : elle dépend de la répartition de la matière autour de l'axe de rotation.
4Pendule simple et petites oscillations
Change totalement de dispositif : accroche une petite bille à un fil inextensible, et écarte-la de la verticale. Voici le pendule simple, sans doute l'oscillateur le plus ancien étudié scientifiquement — et le premier à avoir livré son secret à Galilée.
Définition
Un pendule simple est un point matériel de masse m, suspendu à un fil inextensible et sans masse, de longueur l, fixé en un point O fixe. Écarté d'un angle θ par rapport à la verticale puis lâché, il oscille dans un plan vertical.
4.1 Mise en équation
Repérons le pendule par l'angle θ qu'il fait avec la verticale descendante. Plaçons-nous à l'instant où il atteint son écart angulaire maximal θm : sa vitesse y est nulle.
Figure 4 — Le poids P se décompose en une composante radiale (le long du fil, équilibrée par la tension T) et une composante tangentielle Pt=mgsinθ, seule responsable du rappel vers la verticale.
Démonstration — équation différentielle du pendule simple
Système : le point matériel, de masse m. Référentiel : terrestre galiléen. Forces : le poids P et la tension T du fil. On décompose le poids selon le fil (composante radiale mgcosθ) et selon la tangente à la trajectoire circulaire (composante tangentielle −mgsinθ, le signe − traduisant son rôle de rappel vers θ=0).
Le fil étant inextensible, le mouvement est circulaire de rayon l : l'abscisse curviligne vaut s=lθ, donc l'accélération tangentielle vaut s¨=lθ¨. En projection sur la tangente, seule la composante tangentielle du poids intervient (la tension est purement radiale) :
mlθ¨=−mgsinθ2e loi de Newton, projection tangentielle
⇒θ¨+lgsinθ=0
Cette équation, contrairement à celle du pendule élastique, n'est pas linéaire à cause du terme sinθ : elle n'a pas de solution simple pour une amplitude quelconque.
4.2 L'approximation des petites oscillations
Théorème — approximation des petits angles
Lorsque θ est exprimé en radians et reste petit (en pratique θm≲20°, soit environ 0,35rad), on peut approximer sinθ≈θ. L'équation devient linéaire :
θ¨+lgθ=0
C'est l'équation d'un oscillateur harmonique en θ, de solution θ(t)=θmcos(ω0t+φ), avec ω0=lg, donc :
T0=2πgl
Vérifie la qualité de l'approximation : pour θm=20°=0,349rad, sinθm≈0,342, soit un écart relatif inférieur à 2% — largement suffisant pour la précision d'un exercice de Terminale.
Attention
L'isochronisme du pendule simple n'est qu'approché : au-delà de 20° environ, T0 augmente légèrement avec l'amplitude. Autre différence essentielle avec le pendule élastique : T0=2πl/g dépend de la pesanteur g — un pendule simple ne bat pas le même tempo sur la Lune que sur Terre — alors que T0=2πm/k du pendule élastique en est indépendant.
Exemple — le pendule « à secondes »
Calcule la longueur l d'un pendule simple dont la période propre vaut exactement T0=2,0s (g=9,8m⋅s−2).
T0=2πgl⇒l=4π2gT02
=4π29,8×2,02=39,4839,2
≈0,99m
Un pendule d'environ un mètre bat donc la seconde : c'est le principe des vieilles horloges comtoises, où chaque passage à la verticale marque un « tic » ou un « tac ».
Exemple — mesurer g au laboratoire
Un élève chronomètre 20 oscillations d'un pendule simple de longueur l=0,800m : il mesure une durée totale Δt=36,0s. Détermine la valeur de g qu'il en déduit.
T0=20Δt=2036,0=1,80s
T0=2πgl⇒g=T024π2l
=1,8024π2×0,800=3,2431,58
≈9,75m⋅s−2
Valeur cohérente avec g=9,8m⋅s−2 (écart inférieur à 1%) : la méthode du pendule reste une manière simple et précise de mesurer g.
Physique & Co — Le lustre de la cathédrale de Pise
En 1583, à dix-neuf ans, Galilée observerait, dit la légende, le balancement d'un lustre dans la cathédrale de Pise et en chronométrerait les oscillations avec son propre pouls — les montres n'existaient pas encore. Il remarque que la durée d'un aller-retour ne dépend pas de l'amplitude du balancement : c'est la découverte de l'isochronisme des petites oscillations, publiée bien plus tard, en 1638, dans ses Discours concernant deux sciences nouvelles.
C'est le physicien néerlandais Christian Huygens qui, en 1656, exploite cette propriété pour inventer l'horloge à pendule : en imposant un battement régulier à un mécanisme d'échappement, elle fait passer la précision des horloges de plusieurs dizaines de minutes par jour à quelques secondes — une révolution pour la navigation et l'astronomie.
5Énergie de l'oscillateur
Pendant qu'un pendule élastique oscille sans frottement, son énergie ne cesse de changer de forme : tantôt cinétique, tantôt potentielle élastique. Montrons que leur somme, elle, ne varie jamais.
5.1 Énergie potentielle élastique et énergie cinétique
Définition — rappel
Un ressort de raideur k, allongé ou comprimé de x, stocke une énergie potentielle élastiqueEp=21kx2 (en J, toujours positive ou nulle). Le solide de masse m, animé de la vitesse v=x˙, possède une énergie cinétiqueEc=21mv2=21mx˙2. L'énergie mécanique est leur somme : Em=Ec+Ep.
5.2 Conservation de l'énergie mécanique
Démonstration — conservation de l'énergie mécanique
Dérivons Em(t) par rapport au temps :
Em=21mx˙2+21kx2
⇒dtdEm=mx˙x¨+kxx˙dérivée d'un carré : dtd(u2)=2uu˙
=x˙(mx¨+kx)
=x˙×0=0car mx¨+kx=0 : équation établie en section 1
Em a une dérivée nulle à tout instant : elle est donc constante (en l'absence de frottement). Évaluons cette constante à l'instant où x=Xm (élongation maximale, donc x˙=0) :
Em=21m×02+21kXm2=21kXm2
Propriété — conservation de l'énergie mécanique
Ec(t)+Ep(t)=Em=21kXm2=constante
Ec est maximale (=Em) à x=0 (passage à l'équilibre, vitesse maximale) ; Ep est maximale (=Em) aux extrema x=±Xm (vitesse nulle). L'énergie se transforme continûment d'une forme à l'autre.
Figure 5 — Énergies en fonction de l'élongation, pour m=200g, k=20N⋅m−1, Xm=5,0cm. Ep(x)=21kx2 (parabole croissante), Ec(x)=Em−Ep(x) (parabole en dôme), et leur somme Em constante.
Exemple — bilan énergétique complet
Reprends le pendule de la section 1 (m=200g, k=20N⋅m−1, Xm=5,0cm). Calcule l'énergie mécanique, puis l'énergie cinétique et la vitesse lorsque x=3,0cm.
Em=21kXm2=21×20×(0,050)2
=0,025J=25mJ
Ep=21kx2=21×20×(0,030)2=9,0mJ
Ec=Em−Ep=25−9,0=16mJ
Ec=21mv2⇒v=m2Ec=0,2002×0,016
=0,16=0,40m⋅s−1
Exemple — à quelle élongation Ec=Ep ?
Pour quelle valeur de x (en fonction de Xm) l'énergie cinétique est-elle égale à l'énergie potentielle élastique ?
Ec=Ep et Ec+Ep=Em⇒2Ep=Em
2×21kx2=21kXm2
⇒x2=2Xm2
⇒x=±2Xm=±2Xm2
Application numérique avec Xm=5,0cm : x≈±3,5cm.
Attention
La conservation de l'énergie mécanique suppose l'absence de frottement. Ne l'utilise jamais telle quelle si l'énoncé mentionne un amortissement — tu verras en section 6 que Em y diminue avec le temps. Autre piège : Ep=21kx2 utilise l'élongation xdepuis la position d'équilibre, jamais l'allongement total du ressort dans le cas vertical.
6Amortissement et résonance
Tout ce que tu as étudié jusqu'ici décrit des oscillations libres non amorties, qui durent éternellement à amplitude constante. Dans la réalité, aucun système mécanique n'échappe aux frottements : l'énergie mécanique se dissipe peu à peu en chaleur, et le mouvement finit par s'arrêter — sauf si on l'entretient artificiellement.
6.1 Les trois régimes d'oscillations amorties
Lorsqu'on ajoute au bilan des forces un frottement (souvent modélisé par f=−hv, h>0), l'équation différentielle devient mx¨+hx˙+kx=0 : un terme supplémentaire en x˙ traduit la perte d'énergie. Selon l'importance de l'amortissement, trois régimes sont possibles.
Figure 6 — Les trois régimes : pseudo-périodique (oscille en s'amortissant), critique (retour le plus rapide sans oscillation), apériodique (retour sans oscillation, mais plus lent que le régime critique).
Définition — les trois régimes
Régime pseudo-périodique (amortissement faible) : le système oscille toujours, mais l'amplitude décroît progressivement ; on parle de pseudo-périodeT, légèrement supérieure à T0 ;
Régime critique : cas limite où le système revient à l'équilibre le plus rapidement possible, sans jamais osciller ;
Régime apériodique (amortissement fort) : le système revient à l'équilibre sans osciller, mais plus lentement qu'en régime critique.
Exemple — amortisseur de taxi à Dakar
La suspension d'un taxi, modélisée par m=250kg (masse portée par une roue) et k=2,0×104N⋅m−1, a pour coefficient de frottement critique hc=2km. Un amortisseur usé a un coefficient réel h=3,0×103N⋅s⋅m−1 : dans quel régime roule le taxi ?
hc=2km=22,0×104×250
=25,0×106≈2×2,24×103
≈4,5×103N⋅s⋅m−1
h=3,0×103<hc=4,5×103
L'amortisseur usé est sous-critique : la caisse du taxi oscille (régime pseudo-périodique) après chaque bosse au lieu de se stabiliser aussitôt — signe qu'il doit être changé. Un bon amortisseur est réglé proche du régime critique : assez amorti pour ne pas osciller, assez souple pour rester confortable.
6.2 Oscillations forcées et résonance
Pour compenser les pertes dues aux frottements et entretenir un mouvement, il faut apporter de l'énergie périodiquement : c'est le principe des oscillations forcées. Un excitateur impose une force périodique de fréquence f, en général différente de la fréquence propre f0 du résonateur. En régime permanent, le système oscille à la fréquence f de l'excitateur, avec une amplitude qui dépend fortement de l'écart entre f et f0.
Figure 7 — Amplitude des oscillations forcées en fonction de la fréquence excitatrice f, pour un amortissement faible : l'amplitude est maximale au voisinage de f0.
Définition — résonance
La résonance est le phénomène par lequel l'amplitude des oscillations forcées devient maximale lorsque la fréquence excitatrice f se rapproche de la fréquence propre f0 du système. Plus l'amortissement est faible, plus cette amplitude à la résonance est grande — jusqu'à devenir destructrice si rien ne la limite.
Exemple — pousser une balançoire
Une balançoire se comporte comme un pendule simple de longueur l=2,5m. À quelle fréquence faut-il la pousser pour l'entretenir efficacement, par résonance (g=9,8m⋅s−2) ?
T0=2πgl=2π9,82,5
=2π0,255≈2π×0,505≈3,2s
f0=T01≈3,21≈0,31Hz
Il faut donner une impulsion environ toutes les 3,2s, au rythme naturel de la balançoire : c'est exactement ce que tu fais intuitivement, sans calcul, en te balançant — une résonance entretenue « à la main ».
La résonance n'est pas toujours recherchée. Un sismographe utilise au contraire un oscillateur dont la fréquence propre est très éloignée des fréquences des secousses sismiques à mesurer, afin que sa masse reste quasiment immobile dans le référentiel du sol tandis que le boîtier vibre avec lui : c'est cet écart relatif qui est enregistré. Un pont, en revanche, doit éviter à tout prix que sa fréquence propre coïncide avec celle d'une foule qui marche au pas ou d'un vent tourbillonnant.
Attention
Ne dis jamais qu'à la résonance, l'amplitude est infinie : dans un système réel, l'amortissement — même faible — la limite toujours à une valeur finie (mais parfois considérable). Ne confonds pas non plus fréquence propre f0 (caractéristique du système seul) et fréquence excitatrice f (imposée de l'extérieur) : la résonance correspond à f≈f0, un rapprochement, pas une identité algébrique dans un système amorti réel.
Physique & Co — La catastrophe du pont d'Angers
Le 16 avril 1850, un bataillon d'environ 500 soldats français traverse au pas cadencé le pont suspendu de la Basse-Chaîne, sur la Maine, à Angers. Le rythme régulier de leurs pas se rapproche dangereusement de la fréquence propre du tablier métallique : l'amplitude des oscillations croît par résonance jusqu'à la rupture des câbles d'ancrage. Le pont s'effondre, causant la mort d'environ 220 soldats.
Ce drame, l'un des plus meurtriers de l'histoire du génie civil, popularise durablement une consigne encore donnée aujourd'hui aux troupes : rompre le pas pour traverser un pont. Il illustre pourquoi les ingénieurs calculent systématiquement les fréquences propres des ouvrages d'art, pour les tenir à l'écart des fréquences d'excitation prévisibles (vent, foule, trafic).
Fiche mémo
Oscillateur harmonique : x¨+ω02x=0, solution x(t)=Xmcos(ω0t+φ) ; Xm,φ ← conditions initiales, ω0 ← le système seul.
Pendule élastique (horizontal ou vertical) : ω0=mk, T0=2πkm ; au vertical, on compte X depuis la nouvelle position d'équilibre, Δleˊq=kmg.
Pendule de torsion : θ¨+JCθ=0, T0=2πCJ.
Pendule simple : θ¨+lgsinθ=0 ; aux petits angles (θm≲20°), sinθ≈θ et T0=2πgl.
Isochronisme : T0 ne dépend jamais de l'amplitude, seulement des caractéristiques du système (et de g pour le pendule simple, pas pour le ressort).
Énergie mécanique (oscillations libres non amorties) : Em=Ec+Ep=21kXm2=constante ; Ec max (=Em) à x=0, Ep max (=Em) à x=±Xm.
Amortissement : trois régimes selon h comparé à hc=2km — pseudo-périodique (h<hc), critique (h=hc), apériodique (h>hc).
Oscillations forcées : le système suit la fréquence f de l'excitateur ; résonance quand f≈f0, amplitude alors maximale (finie si amortissement non nul).
g=9,8m⋅s−2 (valeur à utiliser sauf indication contraire de l'énoncé).
7Exercices corrigés
Niveau 1 — Application directe
1
Un pendule élastique horizontal est constitué d'un solide de masse m=500g fixé à un ressort de raideur k=50N⋅m−1. Calcule la pulsation propre ω0 et la période propre T0 de ce pendule.
Voir le corrigé détaillé
ω0=mk=0,50050
=100=10rad⋅s−1
T0=ω02π=102π
≈0,63s
2
L'élongation d'un pendule élastique est donnée par x(t)=6cos(4t+3π) (x en cm, t en s). Donne l'amplitude Xm, la pulsation ω0, la phase à l'origine φ et la période T0. Calcule x(0) et la vitesse v(0).
Voir le corrigé détaillé
Par identification avec x(t)=Xmcos(ω0t+φ) : Xm=6cm, ω0=4rad⋅s−1, φ=3πrad, et T0=42π≈1,57s.
x(0)=6cos(3π)=6×0,5
=3,0cm
v(t)=x˙(t)=−24sin(4t+3π)
v(0)=−24sin(3π)=−24×0,866
≈−20,8cm⋅s−1
3
Un ressort vertical de raideur k=60N⋅m−1 porte une masse m=300g. Calcule l'allongement à l'équilibre Δleˊq et la période propre T0 des oscillations (g=9,8m⋅s−2).
Voir le corrigé détaillé
Δleˊq=kmg=600,300×9,8
=602,94≈0,049m=4,9cm
ω0=mk=0,30060=200≈14,14rad⋅s−1
T0=14,142π
≈0,44s
4
Un pendule simple a une longueur l=0,60m. Calcule sa période propre T0 (petites oscillations, g=9,8m⋅s−2). Que devient T0 si l'on quadruple la longueur du fil ?
Voir le corrigé détaillé
T0=2πgl=2π9,80,60
=2π0,0612≈2π×0,2474
≈1,55s
longueur 4l : T0′=2πg4l=2×T0
≈3,11s
Quadrupler la longueur du fil double la période propre.
5
Un pendule élastique a une masse m=100g, une raideur k=40N⋅m−1 et une amplitude Xm=4,0cm. Calcule son énergie mécanique Em. Calcule l'énergie cinétique Ec lorsque x=2,0cm.
Voir le corrigé détaillé
Em=21kXm2=21×40×(0,040)2
=0,032J=32mJ
Ep(2,0cm)=21×40×(0,020)2=8,0mJ
Ec=Em−Ep=32−8,0
=24mJ
Niveau 2 — Approfondissement
6
Un pendule élastique horizontal de masse m=250g a une période propre mesurée T0=0,50s.
Calcule la raideur k du ressort.
On écarte le pendule de x0=3,0cm et on lui communique, au même instant, une vitesse initiale v0=20cm⋅s−1 dans le sens des x positifs. Détermine Xm et φ.
Voir le corrigé détaillé
1.
T0=2πkm⇒k=T024π2m
=0,5024π2×0,250=0,254π2×0,250
=4π2≈39,5N⋅m−1
2.ω0=T02π=4π≈12,57rad⋅s−1. On combine x(0)=Xmcosφ=x0 et x˙(0)=−Xmω0sinφ=v0 : en élevant au carré et en additionnant, Xm2=x02+(ω0v0)2, et tanφ=−ω0x0v0.
ω0v0=12,570,20≈0,0159m
Xm=0,0302+0,01592=9,0×10−4+2,53×10−4
=1,153×10−3≈0,034m=3,4cm
tanφ=−0,0300,0159≈−0,530
⇒φ≈−0,49rad(≈−28°)cosφ>0 et sinφ<0 : φ dans le 4e quadrant
7
Un ressort vertical porte une masse m=400g ; on mesure une période propre T0=0,45s. Calcule la raideur k du ressort, puis l'allongement à l'équilibre Δleˊq (g=9,8m⋅s−2).
Voir le corrigé détaillé
k=T024π2m=0,4524π2×0,400
=0,202515,79≈78,0N⋅m−1
Δleˊq=kmg=78,00,400×9,8
=78,03,92≈0,0503m
≈5,0cm
8
Un pendule élastique horizontal (masse m, raideur k) et un pendule simple (longueur l) ont la même période propre. Exprime l en fonction de m, k et g. Application numérique : m=200g, k=32N⋅m−1, g=9,8m⋅s−2.
Voir le corrigé détaillé
2πkm=2πgl
⇒km=gl
⇒l=kmg
l=320,200×9,8=321,96
≈0,0613m=6,1cm
9
Un pendule élastique d'amplitude Xm oscille sans frottement. Pour quelle fraction de Xm la vitesse est-elle égale à la moitié de la vitesse maximale vmax ?
Voir le corrigé détaillé
v=2vmax⇒Ec=21m(2vmax)2=41×21mvmax2=4Emvmax est atteinte à x=0, où Ec=Em
Ep=Em−Ec=43Em
21kx2=43×21kXm2
⇒x2=43Xm2
⇒x=±23Xm≈±0,87Xm
10
Un oscillateur amorti a pour masse m=2,0kg, raideur k=200N⋅m−1 et coefficient de frottement h=50N⋅s⋅m−1. Calcule le coefficient critique hc=2km et détermine le régime d'oscillation.
Voir le corrigé détaillé
hc=2km=2200×2,0
=2400=2×20
=40N⋅s⋅m−1
h=50N⋅s⋅m−1>hc=40N⋅s⋅m−1
Le régime est apériodique : l'oscillateur revient à l'équilibre sans osciller, plus lentement que dans le cas critique.
Niveau 3 — Type bac
11
Un solide (S) de masse m=250g est fixé à un ressort horizontal de raideur k=40N⋅m−1, l'ensemble reposant sans frottement sur un plan horizontal. On repère la position de (S) par l'abscisse x sur un axe d'origine O, la position d'équilibre.
En appliquant la deuxième loi de Newton, établis l'équation différentielle vérifiée par x(t).
Calcule la pulsation propre ω0 et la période propre T0.
À t=0, on écarte (S) de x0=4,0cm et on le lâche sans vitesse initiale. Détermine l'expression de x(t).
Calcule l'énergie mécanique du système, puis la vitesse de (S) lorsqu'il repasse par x=2,0cm.
Voir le corrigé détaillé
1. Système {(S)}, référentiel terrestre galiléen. Forces : poids P, réaction N (verticales, se compensent), tension élastique T=−kx.
mx¨=−kx2e loi de Newton, projection sur (Ox)
⇒x¨+mkx=0
2.
ω0=mk=0,25040=160≈12,65rad⋅s−1
T0=12,652π≈0,50s
3. Lâcher sans vitesse initiale : par la méthode de la section 1, φ=0 et Xm=x0.
x(t)=Xmcos(ω0t)
=4,0cos(12,65t)x en cm, t en s
4.
Em=21kXm2=21×40×(0,040)2=0,032J
Ep(2,0cm)=21×40×(0,020)2=8,0×10−3J
Ec=Em−Ep=0,032−0,0080=0,024J
v=m2Ec=0,2502×0,024=0,192
≈0,44m⋅s−1
12
On étudie un pendule simple de longueur l, constitué d'une bille de masse m suspendue à un fil inextensible de masse négligeable.
En appliquant la deuxième loi de Newton (projection tangentielle), établis l'équation différentielle vérifiée par l'angle θ(t).
Justifie l'approximation sinθ≈θ pour les petites oscillations et donne l'expression de la période propre T0.
Un élève mesure la durée de 15 oscillations d'un pendule de longueur l=1,20m : il trouve Δt=32,9s. Calcule la valeur de g qu'il en déduit.
L'élève recommence en lâchant le pendule avec un angle initial de 45° au lieu de 15° : la période mesurée est alors légèrement plus grande que celle prévue par la formule. Explique pourquoi, en une phrase.
Voir le corrigé détaillé
1. Système {bille}, référentiel terrestre galiléen, forces P et T (tension du fil, radiale). Le mouvement étant circulaire de rayon l, l'accélération tangentielle vaut lθ¨ ; seule la composante tangentielle du poids, −mgsinθ, intervient.
mlθ¨=−mgsinθ
⇒θ¨+lgsinθ=0
2. Pour θ petit exprimé en radians, sinθ≈θ (écart relatif inférieur à 2% jusqu'à 20°). L'équation devient θ¨+lgθ=0, d'où T0=2πgl.
3.
T0=15Δt=1532,9≈2,193s
g=T024π2l=2,19324π2×1,20
=4,81147,37
≈9,85m⋅s−2
4. À 45°, l'angle n'est plus assez petit pour que sinθ≈θ reste valable : l'équation exacte θ¨+lgsinθ=0 donne alors une période réelle légèrement supérieure à 2πl/g, l'isochronisme n'étant qu'approché au-delà d'une vingtaine de degrés.
13
Une passerelle métallique se comporte comme un oscillateur mécanique de masse m=8,0×103kg et de raideur équivalente k=5,0×106N⋅m−1.
Calcule la fréquence propre f0 de la passerelle.
Un amortissement de coefficient h=1,0×105N⋅s⋅m−1 est présent. Calcule le coefficient critique hc=2km et détermine le régime d'oscillation de la passerelle livrée à elle-même.
Un groupe de coureurs traverse la passerelle au rythme de 2,0 foulées par seconde. Ce rythme est-il dangereusement proche de f0 ? Justifie.
Cite une conséquence historique d'un phénomène de résonance sur un ouvrage d'art, et propose une solution technique pour l'éviter.
Voir le corrigé détaillé
1.
ω0=mk=8,0×1035,0×106=625=25rad⋅s−1
f0=2πω0=2π25
≈4,0Hz
2.
hc=2km=25,0×106×8,0×103
=24,0×1010=2×2,0×105
=4,0×105N⋅s⋅m−1
h=1,0×105<hc=4,0×105
Régime pseudo-périodique : écartée de sa position d'équilibre, la passerelle oscillerait plusieurs fois avant de se stabiliser.
3. Le rythme des coureurs (2,0Hz) est deux fois plus faible que f0≈4,0Hz : ce n'est pas la résonance directe. Mais si le rythme se rapprochait de 4,0Hz (foule plus rapide, ou synchronisation collective des pas), l'amplitude croîtrait fortement par résonance.
4. Le 16 avril 1850, la résonance provoquée par le pas cadencé d'un bataillon a fait s'effondrer le pont suspendu de la Basse-Chaîne, à Angers, causant environ 220 morts (voir l'encadré Physique & Co de la section 6). Solution technique : installer des amortisseurs dissipant l'énergie, ou concevoir l'ouvrage pour que sa fréquence propre reste éloignée des fréquences d'excitation prévisibles (et faire « rompre le pas » aux troupes qui le traversent).
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14
Le métronome du conservatoire de Yaoundé. Un métronome mécanique fonctionne comme un pendule pesant dont on fait coulisser une masselotte le long d'une tige pour régler le tempo. Pour un réglage donné, il bat 120 battements par minute (un battement = un demi-aller-retour, donc T0 correspond à 2 battements).
Calcule la période propre T0 du métronome, en secondes.
En assimilant le métronome à un pendule simple de longueur équivalente l, calcule l (g=9,8m⋅s−2).
Le musicien fait glisser la masselotte vers le haut, ce qui diminue l. Le tempo augmente-t-il ou diminue-t-il ? Justifie sans calcul.
Voir le corrigé détaillé
1.
120 battements/min =2,0 battements/s
2 battements =1 période T0énoncé
⇒f0=22,0=1,0Hz
⇒T0=f01=1,0s
2.
l=4π2gT02=4π29,8×1,02
=39,489,8
≈0,248m≈25cm
3.T0=2πl/g : si l diminue, T0 diminue (racine carrée croissante), donc il y a davantage de périodes — et donc de battements — par minute : le tempo augmente.
15
Le peson du marché de Ndjamena. Sur le marché central de Ndjamena, un peson à ressort sert à peser des sacs de mil. Un vendeur suspend un sac et lit un allongement de 12,0cm ; le ressort a une raideur connue k=250N⋅m−1.
Calcule la masse m du sac annoncée par le peson (g=9,8m⋅s−2).
Une cliente doute de la graduation. Elle écarte légèrement le sac et chronomètre 10 oscillations verticales : elle mesure Δt=6,95s. Quelle masse déduit-elle de cette mesure dynamique ?
Les deux méthodes concordent-elles ? Laquelle te semble la plus fiable sur un marché bruyant et venteux, et pourquoi ?
Voir le corrigé détaillé
1.
kΔleˊq=mg⇒m=gkΔleˊq
=9,8250×0,120=9,830,0
≈3,06kg
2.
T0=10Δt=106,95=0,695s
T0=2πkm⇒m=4π2kT02
=4π2250×0,6952=39,48120,8
≈3,06kg
3. Les deux méthodes donnent la même masse (≈3,06kg), ce qui valide le peson. Sur un marché bruyant et venteux, la mesure dynamique (chronométrage d'oscillations) est en général plus fiable que la lecture directe de la graduation, sensible au vent qui fait bouger le plateau et à l'erreur de parallaxe visuelle — alors qu'une mesure de temps au chronomètre reste précise.
16
Le sismographe de Douala. On souhaite concevoir un sismographe simplifié, à partir d'une masse suspendue à un ressort vertical, pour l'observatoire de Douala. Les séismes à détecter ont des fréquences de 0,5Hz à 10Hz. Pour que la masse reste quasiment immobile pendant que le boîtier vibre avec le sol, il faut f0⩽0,10Hz.
Calcule la période propre T0 correspondant à f0=0,10Hz.
Avec une masse m=2,0kg, calcule la raideur k nécessaire.
Calcule l'allongement à l'équilibre Δleˊq de ce ressort (g=9,8m⋅s−2) et explique pourquoi cela pose un problème pratique de conception.
Voir le corrigé détaillé
1.T0=f01=0,101=10s.
2.
k=T024π2m=1024π2×2,0
=10078,96
≈0,79N⋅m−1
3.
Δleˊq=kmg=0,792,0×9,8
=0,7919,6
≈24,8m
Un allongement d'environ 25m est totalement irréaliste pour un instrument de laboratoire ! C'est pourquoi les sismographes réels n'utilisent pas un simple ressort vertical librement suspendu : ils recourent à des dispositifs mécaniques (leviers, suspensions dites « porte de jardin ») ou électroniques à contre-réaction pour obtenir une très basse fréquence propre sans allongement démesuré.
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Radioactivité et décroissance
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Un oscillateur mécanique, écarté de sa position d'équilibre stable puis abandonné à lui-même, effectue :
Explication : C'est la définition même d'un oscillateur mécanique : le va-et-vient périodique est entretenu par une force de rappel qui ramène toujours le système vers sa position d'équilibre.
Pour une grandeur x(t) qui oscille avec une période propre T0 et une pulsation propre ω0, la relation correcte est :
Explication : Par définition, la pulsation propre vaut ω0=T02π=2πf0, où f0 est la fréquence propre.
Pour un pendule élastique horizontal sans frottement (masse m, raideur k), la deuxième loi de Newton, projetée sur l'axe (Ox), donne l'équation différentielle :
Explication : Le poids et la réaction du support se compensent ; seule la force de rappel élastique T=−kx intervient : mx¨=−kx ⇒x¨+mkx=0.
La pulsation propre d'un pendule élastique horizontal, de masse m et de raideur k, est donnée par :
Explication : En posant ω02=mk dans l'équation x¨+ω02x=0, on obtient ω0=k/m.
La période propre T0=2πm/k d'un pendule élastique :
Explication : C'est la propriété d'isochronisme : T0 est fixée par le système {ressort, masse} seul ; les conditions initiales ne déterminent que Xm et φ.
Pour déterminer les constantes Xm et φ de la solution x(t)=Xmcos(ω0t+φ), on utilise :
Explication : On identifie x(0) et x˙(0), donnés par l'énoncé, aux expressions Xmcosφ et −Xmω0sinφ : deux équations pour deux inconnues.
Un pendule élastique horizontal a une masse m=500g et une raideur k=50N⋅m−1. Sa pulsation propre vaut :
Explication :ω0=mk=0,50050=100 =10rad⋅s−1.
Toujours pour ce pendule (ω0=10rad⋅s−1), la période propre vaut environ :
Explication :T0=ω02π=102π ≈0,63s.
Un pendule élastique vertical, comparé au même ressort utilisé à l'horizontale, oscille avec :
Explication : En comptant la position X depuis la nouvelle position d'équilibre O′, le terme constant mg−kΔleˊq s'annule et l'on retrouve X¨+mkX=0 : même ω0, même T0. Seul l'équilibre est déplacé de Δleˊq=kmg.
Un peson à ressort, utilisé sur un marché à Ndjamena, a une raideur k=100N⋅m−1. On y suspend un sac de mil de masse m=250g. L'allongement à l'équilibre vaut environ (g=9,8m⋅s−2) :
Contrairement au pendule élastique, la période propre du pendule simple :
Explication :T0=2πl/g fait intervenir g, contrairement à T0=2πm/k du pendule élastique qui en est indépendant. La masse de la bille, elle, n'intervient dans aucun des deux cas.
Pendant les oscillations libres non amorties d'un pendule élastique, l'énergie mécanique Em=Ec+Ep :
Explication : En dérivant Em(t), on trouve dtdEm=x˙(mx¨+kx)=0 : l'énergie mécanique est constante en l'absence de frottement, égale à 21kXm2.
Quand un pendule élastique passe par sa position d'équilibre (x=0), son énergie cinétique vaut :
Explication : À x=0, Ep=21kx2=0, donc Ec=Em−Ep=Em : la vitesse y est maximale, c'est le piège inverse de x=±Xm où Ec=0.
Un oscillateur amorti a un coefficient de frottement h supérieur au coefficient critique hc=2km. Son régime est :
Explication :h>hc correspond au régime apériodique : le système retourne à l'équilibre sans osciller, mais plus lentement que dans le cas critique (h=hc).
La résonance d'un oscillateur soumis à des oscillations forcées correspond à :
Explication : Piège classique : l'amplitude à la résonance (f≈f0) est maximale mais reste finie dès qu'il existe un amortissement, même faible — jamais infinie. C'est ce phénomène qui a provoqué l'effondrement du pont d'Angers en 1850, sous le pas cadencé d'un bataillon.