Quand tu gonfles un pneu de vélo, quand tes oreilles « claquent » en plongeant au fond d’une piscine, quand tu bois avec une paille ou quand tu regardes flotter une pirogue chargée de poissons sur le fleuve, tu es en contact direct avec un phénomène physique universel : la pression. Un liquide ou un gaz au repos pousse sur tout ce qui le touche — les parois d’un barrage, la peau d’un plongeur, la coque d’un bateau — et cette poussée obéit à des lois précises, que tu vas maintenant apprendre à calculer.
Jusqu’ici, tu as étudié des forces ponctuelles, appliquées en un point (le poids d’un objet, la tension d’un fil). Avec les fluides — les liquides et les gaz — tu découvres une force répartie sur toute une surface : c’est cette répartition qui définit la pression, . Ce chapitre te fait passer de cette définition simple à des résultats redoutablement efficaces : pourquoi un barrage est plus épais à sa base, pourquoi un ballon de baudruche gonfle en altitude, pourquoi un énorme pétrolier en acier flotte alors qu’une pièce de monnaie coule.
À la fin du chapitre, tu sauras : calculer une pression à une profondeur donnée dans un liquide, appliquer la loi de Boyle-Mariotte pour décrire un gaz que l’on comprime ou que l’on détend, et résoudre un problème de flottaison à l’aide de la poussée d’Archimède. Ce sont des outils que tu retrouveras en plongée, en météorologie, en génie hydraulique — et bien sûr dans la suite de tes études scientifiques.
1Pression : définition et unités
Pose un livre sur une table : il exerce sur elle une force verticale, son poids. Mais ce qui « écrase » réellement la table, ce n’est pas seulement cette force : c’est la façon dont elle se répartit sur la surface de contact. Une même force peut être anodine ou redoutable selon qu’elle s’applique sur une grande ou une petite surface — c’est exactement ce qu’exprime la pression.
La pression exercée par une force , répartie uniformément et perpendiculairement sur une surface d’aire , est le quotient :
avec en newtons (N), en mètres carrés (m²) et en pascals (Pa), unité SI de pression : .
Le pascal porte le nom du savant français Blaise Pascal (1623–1662), pionnier de l’étude des fluides. Un pascal est une pression minuscule à notre échelle (à peu près la pression qu’exerce une feuille de papier posée à plat) : dans la vie courante, on utilise plutôt l’hectopascal (, unité des bulletins météo) ou le bar (, unité des manomètres de pneus).
1.1 Unités et ordres de grandeur
| Situation | Pression approximative |
|---|---|
| Pression atmosphérique normale | |
| Pneu de voiture bien gonflé | (2 bar) |
| Fond d’une piscine à m | |
| Cocotte-minute en fonctionnement | |
| Fosse des Mariannes ( m) |
À force égale, la surface d’application change tout. C’est ce que montre le célèbre paradoxe du talon aiguille et du pied d’éléphant.
Une élégante de masse kg prend appui, un court instant en marchant, sur tout son poids par un seul talon aiguille de surface . Un éléphant de kg répartit son poids sur ses quatre pattes, chacune de surface .
- poids porté par le talon
- poids réparti sur une seule patte
Résultat surprenant : le talon aiguille exerce une pression vingt-quatre fois plus grande que le pied de l’éléphant, alors que la force qu’il porte est près de cent fois plus faible ! C’est la petitesse de la surface qui fait toute la différence — les talons aiguilles peuvent abîmer un parquet là où un éléphant ne laisse aucune trace.
Un manomètre de garage indique une pression de bar dans un pneu. Exprime cette pression en pascals puis en hectopascals.
1.2 Pression, force répartie et force ponctuelle
La pression est un nombre positif (un scalaire) : elle n’a pas de direction propre. La force qu’elle produit, en revanche, est un vecteur toujours perpendiculaire à la surface considérée et dirigé vers l’extérieur du fluide (le fluide pousse, il ne tire jamais). Sur une petite surface , cette force a pour norme : c’est la formule de définition, réécrite pour calculer une force à partir d’une pression connue.
Ne confonds jamais pression et force. N appliquée sur donne Pa ; la même force sur ne donne plus que Pa. La force seule ne dit rien des dégâts qu’elle peut causer : c’est toujours la pression, c’est-à-dire la force rapportée à la surface, qui compte.
2Loi fondamentale de l’hydrostatique
Un plongeur qui descend sent la pression augmenter dans ses oreilles à chaque mètre gagné. Ce n’est pas une impression : dans un liquide au repos (on parle de statique des fluides, ou hydrostatique), la pression croît régulièrement avec la profondeur, car chaque couche de liquide doit soutenir le poids de toutes les couches situées au-dessus d’elle.
La masse volumique d’un liquide est le quotient de sa masse par son volume : , exprimée en . Pour l’eau pure : .
Dans un liquide homogène au repos, de masse volumique , entre deux points et situés respectivement aux profondeurs et sous la surface libre (avec ) :
En particulier, si l’on note la pression à la surface libre (), la pression à la profondeur vaut :
On isole, par la pensée, une tranche de liquide cylindrique de section , comprise entre les profondeurs (en haut) et (en bas), avec (figure 2). Cette tranche est immobile : la somme des forces qui s’exercent sur elle est donc nulle.
Trois forces verticales agissent sur elle : la force de pression exercée par le liquide situé au-dessus (dirigée vers le bas), la force de pression exercée par le liquide situé en dessous (dirigée vers le haut, elle « soutient » la tranche) et le poids de la tranche elle-même (vers le bas).
- équilibre vertical :
- volume de la tranche
- on divise par (non nul)
- C.Q.F.D.
D’après la loi précédente, la pression en un point d’un liquide au repos ne dépend que de la profondeur , et absolument pas de la forme du récipient, ni de la quantité totale de liquide. Conséquence directe : dans des vases communicants contenant le même liquide, la surface libre s’établit exactement à la même hauteur dans tous les vases, quelle que soit leur forme.
2.1 Applications
Cette loi explique plusieurs faits que tu as sans doute déjà observés. Un barrage doit être bien plus épais à sa base qu’à son sommet : la pression de l’eau qu’il retient croît avec la profondeur, donc la force qu’il subit par unité de surface est maximale tout en bas. Un château d’eau, comme celui qui alimente certains quartiers de N’Djaména, est construit en hauteur non pas pour « stocker de l’altitude », mais parce que la différence de hauteur entre le réservoir et le robinet crée, par la loi , une surpression suffisante pour faire couler l’eau sans aucune pompe au moment du puisage.
1. Repérer la pression à la surface libre (souvent la pression atmosphérique). 2. Identifier la masse volumique du liquide et la profondeur du point étudié, comptée depuis la surface libre. 3. Appliquer , en vérifiant que toutes les grandeurs sont en unités SI (kg·m⁻³, m·s⁻², m) avant de calculer en pascals.
Un plongeur descend à m sous la surface d’un lac. La pression atmosphérique vaut , et . Calcule la pression subie par le plongeur.
- soit environ bar
À m de profondeur, le plongeur subit déjà plus du double de la pression atmosphérique.
Un château d’eau est situé m au-dessus d’un robinet. Calcule la surpression, due à la seule hauteur d’eau, que reçoit ce robinet.
- soit environ bar de surpression
Cette surpression, ajoutée à la pression atmosphérique, suffit largement à faire jaillir l’eau au robinet sans aucune pompe.
Dans la formule , la profondeur se compte depuis la surface libre vers le bas, jamais depuis le fond du récipient. Deux points à la même profondeur, même dans des vases de formes différentes, sont toujours à la même pression : la quantité de liquide au-dessus ne joue aucun rôle, seule la hauteur compte.
En 1646, Blaise Pascal réalise une expérience restée célèbre pour illustrer que la pression ne dépend que de la hauteur, pas du volume de liquide. Il fixe un tonneau rempli d’eau et y insère, par le haut, un tube très fin et très long, vertical. En versant seulement quelques verres d’eau dans ce tube étroit, il fait monter le niveau de plusieurs mètres au-dessus du tonneau — et le tonneau, pourtant robuste, finit par éclater sous la pression, alors que la masse d’eau ajoutée est dérisoire. La démonstration est spectaculaire : ce qui compte, c’est la hauteur de la colonne d’eau dans le tube fin, pas la quantité de liquide versée.
3Pression atmosphérique
Tu vis au fond d’un océan d’air. L’atmosphère qui enveloppe la Terre a un poids, comme n’importe quel fluide, et ce poids s’exerce sur toi, sur les objets, sur le sol : c’est la pression atmosphérique. Invisible et silencieuse, elle est pourtant considérable — environ tonnes sur chaque mètre carré de ton corps — et tu ne la remarques que lorsqu’elle varie brutalement (oreilles qui « bouchent » en avion) ou lorsqu’on la supprime localement (ventouse, seringue bouchée).
La pression atmosphérique normale, notée , est la pression exercée par l’air au niveau de la mer, dans des conditions standard :
Elle fluctue en réalité de quelques hPa selon la météo (zones de « hautes » et « basses » pressions) et diminue nettement avec l’altitude.
Pendant des siècles, on croyait qu’un vide total ne pouvait pas exister, et l’on peinait à expliquer pourquoi les pompes aspirantes des mineurs italiens ne pouvaient jamais faire monter l’eau au-delà de mètres environ. En 1643, le physicien italien Evangelista Torricelli, élève de Galilée, a l’idée de refaire l’expérience avec du mercure, bien plus dense que l’eau, dans un tube fermé à une extrémité. Il remplit le tube de mercure, le retourne dans une cuve de mercure sans laisser entrer d’air : le mercure redescend puis se stabilise, laissant un espace vide en haut du tube. Torricelli comprend que ce n’est pas le vide qui « aspire » le mercure vers le haut : c’est le poids de l’atmosphère, en appuyant sur la surface libre de la cuve, qui pousse le mercure et le maintient à cette hauteur précise. Il vient d’inventer le baromètre.
3.1 Le baromètre à mercure
Dans le tube de Torricelli, la colonne de mercure est en équilibre : la pression au pied de la colonne, à l’intérieur du tube, est égale à la pression atmosphérique qui règne à la même hauteur, à l’extérieur, à la surface de la cuve (loi des vases communicants). Au sommet du tube règne le vide, où la pression est nulle. En appliquant la loi fondamentale de l’hydrostatique à la colonne de mercure entre le sommet (pression nulle) et la base (pression ) :
Calcule la hauteur de mercure soutenue par la pression atmosphérique normale, sachant .
C’est précisément la valeur trouvée par Torricelli, aujourd’hui encore utilisée comme unité de pression usuelle (le millimètre de mercure, mmHg, avec ).
« Le vide aspire » est une expression trompeuse : le vide ne tire sur rien, il n’exerce aucune force. C’est la pression atmosphérique, en poussant sur le liquide depuis l’extérieur, qui le fait monter dans une zone où la pression est plus faible. C’est aussi ce qui explique la limite des pompes aspirantes classiques : elles ne peuvent créer qu’un vide partiel, et la pression atmosphérique ne peut soutenir une colonne d’eau ( bien plus faible que le mercure) que jusqu’à environ mètres de hauteur.
3.2 Variation de la pression atmosphérique avec l’altitude
Plus on monte en altitude, moins il reste d’air au-dessus de nous : le « poids d’air » à supporter diminue, donc la pression atmosphérique diminue elle aussi. Près du niveau de la mer, elle baisse d’environ hPa tous les mètres ; en haute montagne, la baisse est plus rapide (l’air y est moins dense). C’est ce principe qu’exploite l’altimètre barométrique d’un avion ou d’un randonneur : il mesure une pression et en déduit une altitude.
Au pied d’une montagne, un randonneur relève hPa. Au sommet, m plus haut, en admettant une baisse moyenne de hPa tous les m, quelle pression peut-il attendre ?
- baisse
- soit Pa, environ de moins qu’au pied
4Poussée d’Archimède
Soulève une pierre dans l’air, puis la même pierre sous l’eau : elle te semble bien plus légère. Rien n’a changé à son poids — c’est l’eau qui, en la repoussant vers le haut, compense une partie de ce poids. Cette force, exercée par tout fluide sur tout corps qui y est immergé, s’appelle la poussée d’Archimède.
Tout corps totalement ou partiellement immergé dans un fluide au repos subit, de la part de ce fluide, une force verticale dirigée vers le haut, appelée poussée d’Archimède , dont l’intensité est égale au poids du volume de fluide déplacé :
avec la masse volumique du fluide, le volume de la partie du corps immergée dans ce fluide, et l’intensité de pesanteur.
Considérons un cube d’arête , de section horizontale , totalement immergé dans un liquide de masse volumique . Sa face supérieure est à la profondeur , sa face inférieure à la profondeur (figure 5).
Les forces de pression sur les quatre faces latérales se compensent exactement deux à deux, par symétrie du cube : elles n’ont aucun effet sur la résultante verticale. Restent les forces sur les faces horizontales.
- face du haut, pression , force dirigée vers le bas
- face du bas, pression , force dirigée vers le haut
- résultante verticale
- loi fondamentale de l’hydrostatique
- est le volume du cube, donc du liquide déplacé
On retrouve exactement , le poids du volume de liquide déplacé. C.Q.F.D.
La poussée d’Archimède ne dépend ni de la masse ni de la nature de l’objet immergé : seuls comptent le volume immergé et la masse volumique du fluide. Une boule de pétanque en acier et une boule de bois de même volume, totalement immergées dans l’eau, subissent exactement la même poussée d’Archimède — ce qui ne les empêche pas d’avoir des sorts très différents, l’une coule, l’autre flotte, à cause de leur poids très différent.
4.1 Flottaison
1. Calculer le poids de l’objet (masse totale, y compris chargement éventuel). 2. Écrire la condition d’équilibre : à l’équilibre, un corps qui flotte a une poussée d’Archimède exactement égale à son poids, . 3. En déduire le volume immergé , puis comparer ce volume au volume total de l’objet pour savoir s’il flotte réellement (il faut ).
Un morceau de bois, de masse volumique , flotte sur l’eau (). Quelle fraction de son volume est immergée ?
- à l’équilibre,
- soit du volume, sous l’eau
Seuls du volume du bois émergent : c’est cohérent avec ce que l’on observe pour un tronc flottant.
4.2 Applications : iceberg, densimètre
Un iceberg flotte selon exactement le même principe que le morceau de bois : la glace () est moins dense que l’eau de mer (), si bien qu’environ de son volume reste sous la surface — d’où l’expression « la partie visible de l’iceberg ». Un densimètre (ou aréomètre) utilise le principe inverse : c’est un flotteur lesté, gradué, qui s’enfonce plus ou moins profondément selon la masse volumique du liquide où on le plonge (plus le liquide est dense, moins le densimètre s’enfonce) — c’est ainsi que l’on mesure la teneur en sucre d’un moût ou la concentration d’une saumure.
Vers , à Syracuse, le roi Hiéron II charge le savant grec Archimède de vérifier, sans l’endommager, si sa couronne est en or pur ou contient un alliage moins précieux. La légende — rapportée bien plus tard par l’architecte romain Vitruve — raconte qu’Archimède aurait trouvé la solution en entrant dans son bain, en observant l’eau déborder et monter selon le volume de son corps immergé : il aurait alors couru nu dans les rues en criant « Eurêka ! » (« J’ai trouvé ! »). L’idée : comparer le volume d’eau déplacé par la couronne à celui déplacé par une masse égale d’or pur permet de démasquer une fraude, sans fondre ni abîmer l’objet précieux. Vraie ou enjolivée, cette anecdote a immortalisé le principe qui porte son nom.
5Loi de Boyle-Mariotte
Un liquide se laisse à peine comprimer : son volume est presque fixe. Un gaz, au contraire, est très compressible — appuie sur le piston d’une seringue bouchée, et tu sens l’air se laisser tasser. Cette compressibilité obéit, elle aussi, à une loi précise, découverte indépendamment par l’Irlandais Robert Boyle (1662) et le Français Edme Mariotte (1676).
Une transformation d’un gaz est dite isotherme lorsqu’elle s’effectue à température constante. On considère ici une quantité fixée de gaz (aucune fuite, aucun ajout), enfermée dans une enceinte dont on peut faire varier le volume (piston, seringue, poumon…).
Pour une quantité fixée de gaz, à température constante, le produit de la pression par le volume est constant :
où et sont respectivement la pression et le volume du gaz dans un premier état, puis dans un second état, à la même température.
Un gaz est constitué d’un très grand nombre de molécules en mouvement incessant et désordonné, qui bombardent sans cesse les parois du récipient : c’est ce bombardement qui, à l’échelle macroscopique, se traduit par la pression. À température constante, les molécules gardent en moyenne la même vitesse. Si l’on réduit le volume de moitié, en gardant le même nombre de molécules, celles-ci se retrouvent deux fois plus « serrées » : elles heurtent les parois deux fois plus souvent. La pression est donc multipliée par deux quand le volume est divisé par deux — ce qui correspond bien à un produit constant. Ce raisonnement, non chiffré, donne l’intuition physique du résultat ; la loi elle-même a été établie expérimentalement par Boyle et par Mariotte.
5.1 Utiliser la loi de Boyle-Mariotte
1. Vérifier que la température est bien constante entre les deux états (sinon la loi ne s’applique pas telle quelle). 2. Repérer les deux couples et , en unités cohérentes. 3. Écrire et isoler l’inconnue demandée.
Une seringue bouchée contient mL d’air à la pression Pa. On pousse le piston jusqu’à mL, à température constante. Calcule la nouvelle pression .
- soit bar
Un plongeur relâche une bulle d’air de volume mL à une profondeur où la pression vaut Pa. Elle remonte jusqu’à la surface, où la pression est Pa. Calcule son volume en surface.
Le volume de la bulle triple en remontant : c’est exactement pour cette raison qu’un plongeur ne doit jamais bloquer sa respiration en remontant — l’air contenu dans ses poumons se dilaterait dangereusement.
La loi de Boyle-Mariotte ne s’applique qu’à température constante. Si le gaz est aussi chauffé ou refroidi entre les deux états, le produit n’est plus conservé : il faut alors une loi plus générale, hors programme de Seconde. Vérifie toujours, dans l’énoncé, que la transformation est bien isotherme avant d’utiliser .
6Applications (plongée, baromètre, hydraulique)
Les trois lois que tu viens d’étudier — hydrostatique, pression atmosphérique et loi de Boyle-Mariotte — ne sont pas de simples curiosités théoriques : elles gouvernent des technologies et des pratiques que tu croises tous les jours, de la plongée sous-marine au cric qui soulève une voiture au garage.
6.1 La plongée sous-marine
Un plongeur combine, à chaque instant, deux des lois de ce chapitre. D’une part, la pression qu’il subit augmente avec la profondeur (loi fondamentale de l’hydrostatique) : environ bar supplémentaire tous les m d’eau. D’autre part, l’air comprimé qu’il respire, une fois dans ses poumons, subit les variations de pression selon la loi de Boyle-Mariotte : c’est pourquoi les moniteurs de plongée insistent tant sur la consigne « ne jamais bloquer sa respiration » en remontant.
Un plongeur est à m de profondeur ( Pa, ). Calcule la pression qu’il subit, puis le facteur par lequel se dilaterait une bulle d’air de ses poumons en remontant jusqu’à la surface.
- avec
Le volume d’air triple presque entre m de profondeur et la surface : une remontée doit toujours être lente, en expirant, jamais en apnée bloquée.
6.2 Le baromètre anéroïde
Le baromètre à mercure de Torricelli est précis mais fragile et encombrant. Les baromètres modernes (stations météo, altimètres) utilisent le plus souvent un baromètre anéroïde (« sans liquide ») : une petite boîte métallique scellée, partiellement vidée d’air, dont les parois flexibles se déforment très légèrement selon la pression atmosphérique extérieure — elles s’enfoncent quand la pression augmente, se relâchent quand elle diminue. Un système de leviers amplifie ce minuscule déplacement et l’affiche sur un cadran gradué en hPa. Compact, robuste et sans mercure toxique, il équipe aujourd’hui la quasi-totalité des baromètres et des altimètres.
6.3 La presse hydraulique
Dans un liquide incompressible en équilibre, toute variation de pression appliquée en un point se transmet intégralement et instantanément à tous les points du liquide. C’est une conséquence directe de la loi fondamentale de l’hydrostatique : si l’on augmente à la surface, la relation montre que la pression augmente de la même quantité , à toute profondeur.
La presse (ou vérin) hydraulique exploite ce principe pour démultiplier une force. Un petit piston, de surface , et un grand piston, de surface , sont reliés par un même liquide incompressible. Une force appliquée sur le petit piston y crée une pression , transmise intégralement au grand piston, qui produit alors une force .
Un cric hydraulique a un petit piston de surface et un grand piston de surface . Un mécanicien exerce une force N sur le petit piston. Calcule la force disponible sur le grand piston.
- soit environ une masse de kg soulevée
Avec une force d’entrée modeste, la presse hydraulique soulève une charge cinquante fois plus grande : c’est la surface, et non l’énergie, qui est ici « gratuite » à démultiplier.
| Unité | Équivalence en pascals |
|---|---|
| bar | |
| hPa | |
| atm | |
| mmHg |
Dans un problème pratique, les données arrivent souvent dans des unités différentes (bar, hPa, mmHg, cm²…) : convertis systématiquement toutes les grandeurs en unités SI (Pa, m², m) avant de calculer, sous peine d’une erreur d’un facteur , ou (attention en particulier aux cm² à convertir en m², facteur ).
Fiche mémo
- Pression : , en pascals () ; , .
- Loi fondamentale de l’hydrostatique : , avec compté depuis la surface libre.
- Vases communicants : même liquide, même hauteur de surface libre, quelle que soit la forme des récipients.
- Pression atmosphérique normale : ; elle diminue avec l’altitude.
- Baromètre de Torricelli : , mm de mercure au niveau de la mer.
- Poussée d’Archimède : , toujours verticale vers le haut.
- Condition de flottaison à l’équilibre : (poids).
- La poussée d’Archimède ne dépend que du fluide et du volume immergé, jamais de la masse de l’objet.
- Loi de Boyle-Mariotte (température constante) : .
- Principe de Pascal : une variation de pression se transmet intégralement dans tout le liquide ⇒ presse hydraulique, .
- En plongée : bar de plus tous les m d’eau ; ne jamais bloquer sa respiration en remontant (Boyle-Mariotte).
- Toujours convertir en unités SI (Pa, m², m, kg·m⁻³) avant de calculer.
7Exercices corrigés
Une caisse de masse kg repose sur le sol par une surface . Calcule la pression exercée sur le sol, en pascals puis en hectopascals.
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Convertis : bar en Pa ; hPa en Pa ; Pa en bar.
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Calcule la pression à m de profondeur dans un lac ( Pa, ).
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Une bille est totalement immergée dans l’eau (). Son volume est . Calcule la poussée d’Archimède qu’elle subit.
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Un gaz occupe mL sous la pression Pa. On le comprime, à température constante, jusqu’à Pa. Calcule le nouveau volume .
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Un tube en U contient de l’eau (), initialement au même niveau dans les deux branches. On verse dans une branche de l’huile () non miscible, formant une colonne de hauteur cm. Calcule la dénivellation du niveau d’eau qui apparaît entre les deux branches à l’équilibre.
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À l’équilibre, la pression est la même au point le plus bas commun aux deux branches (fond du U).
- côté huile :
- côté eau :
- égalité des pressions :
L’huile étant moins dense que l’eau, une colonne d’huile de cm ne fait monter le niveau d’eau côté opposé que de cm.
Un cube de glace () est déposé délicatement à la surface d’une huile de moteur usagée (). Flotte-t-il ? Justifie, puis conclus sur son mouvement.
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Comparons la masse volumique de la glace à celle de l’huile.
- même totalement immergé,
- or
Même totalement immergé, la poussée d’Archimède maximale que peut fournir l’huile ne compense jamais le poids du glaçon : celui-ci coule dans l’huile, contrairement à ce qu’il fait dans l’eau. Un objet ne flotte que si sa masse volumique est inférieure à celle du fluide.
Un barrage retient un lac. Sur une portion rectangulaire de largeur m, entre la surface () et la profondeur m, calcule la surpression moyenne due à l’eau, puis la force totale exercée par l’eau sur cette portion.
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La surpression due à l’eau (par rapport à l’atmosphère, qui pousse aussi de l’autre côté) vaut ; elle est nulle en surface et maximale au pied.
- variation linéaire avec la profondeur
Cette force considérable, presque tonnes, explique pourquoi la base d’un barrage doit être massive.
Un vérin hydraulique a et . On applique N sur le petit piston, en l’enfonçant de cm. Calcule , puis le déplacement du grand piston (le volume de liquide déplacé est le même des deux côtés : ).
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La force est multipliée par , mais le déplacement est divisé par : la presse hydraulique ne crée pas d’énergie, elle échange force contre déplacement.
Un plongeur descend jusqu’à m dans l’eau de mer (, Pa).
- Calcule la pression subie à cette profondeur.
- Un ballon de baudruche fermé, rempli de L d’air en surface, est descendu jusqu’à m avec le plongeur. Calcule son volume à cette profondeur (température constante).
- Calcule la diminution relative de son volume, en pourcentage.
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1.
2. En surface, Pa.
3.
- diminution
- soit de diminution
Un iceberg () flotte sur l’eau de mer () et a un volume total .
- Établis l’expression littérale de la fraction immergée de l’iceberg.
- Calcule le volume immergé, puis le volume émergé.
- Calcule la masse totale de l’iceberg.
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1. À l’équilibre , soit , d’où .
2.
- soit environ du volume, hors de l’eau
3.
- soit environ million de tonnes
Un manomètre à mercure en U mesure la pression d’un gaz dans une cuve : une branche est reliée à la cuve, l’autre est ouverte à l’air libre ( Pa). Le mercure est plus haut de mm du côté ouvert (le gaz est donc en surpression).
- Exprime la pression du gaz en fonction de , , et .
- Calcule cette pression, avec .
- Exprime le résultat en bar et compare-le à la pression atmosphérique.
Voir le corrigé détaillé
1. Le point le plus bas du tube en U est à la même pression, calculée depuis chaque branche : (le gaz, plus pressurisé, repousse le mercure vers le côté ouvert).
2.
3.
Le gaz de la cuve est environ plus pressurisé que l’atmosphère.
Le château d’eau de Moussa (N’Djaména). Le château d’eau du quartier de Moussa culmine à m au-dessus des robinets. On considère Pa et .
- Calcule la surpression apportée au robinet par la seule hauteur d’eau.
- Un bon débit exige, au robinet, une pression totale supérieure à Pa. Cette hauteur de château d’eau est-elle suffisante ?
Voir le corrigé détaillé
1.
2.
: la hauteur du château d’eau est largement suffisante pour garantir un bon débit, sans aucune pompe au moment du puisage.
La pirogue d’Awa (fleuve Niger, Bamako). Awa, pêcheuse, dispose d’une pirogue en bois qui, chargée au maximum, ne peut déplacer plus de d’eau sans risquer de couler (). La pirogue vide pèse kg.
- Calcule la masse totale maximale (pirogue + chargement) que la poussée d’Archimède peut supporter.
- Awa embarque pêcheurs de kg en moyenne. Combien de sacs de poisson de kg chacun peut-elle encore transporter sans risquer de couler ?
Voir le corrigé détaillé
1. À la limite de la flottaison, .
2.
- charge disponible
- masse des pêcheurs
- reste pour le poisson
- nombre de sacs
Awa peut embarquer jusqu’à sacs de poisson en plus de son équipage, sans risquer de couler.
Le puits de Fatimé (Abéché). Fatimé veut équiper son puits, profond de m, d’une pompe aspirante installée en surface ( Pa, ).
- Calcule la hauteur maximale théorique à laquelle la pression atmosphérique peut, à elle seule, soutenir une colonne d’eau.
- Une simple pompe aspirante en surface pourra-t-elle faire remonter l’eau depuis le fond du puits ? Justifie, puis propose une solution technique.
Voir le corrigé détaillé
1. Comme pour le mercure de Torricelli, la hauteur maximale correspond à .
2. Le puits est profond de m, ce qui dépasse la hauteur maximale de m que la pression atmosphérique peut soutenir. Une pompe aspirante simple, installée en surface, ne pourra donc pas faire remonter l’eau depuis le fond : au-delà de m, il se formerait du vide dans le tuyau sans que l’eau ne suive. Fatimé doit installer une pompe immergée (pompe refoulante), placée directement dans le puits, qui pousse l’eau vers le haut au lieu de l’aspirer depuis la surface.
Le cric de Serge (garage à Douala). Serge, mécanicien, doit soulever une voiture de masse kg avec un cric hydraulique. Son petit piston a une surface et il peut exercer, à la main, une force maximale N. Quelle doit être la surface minimale du grand piston pour soulever la voiture ?
Voir le corrigé détaillé
Serge doit choisir un cric dont le grand piston mesure au moins de section — soit un piston circulaire d’environ cm de diamètre.