Pousser un caddie, tenir un seau d'eau à bout de bras, sentir le vent freiner ton vélo : depuis l'enfance, tu manipules des forces sans les nommer. Au collège, tu savais déjà qu'un objet posé sur une table « ne tombe pas parce que la table le retient », ou qu'une balle lancée finit par retomber. Ce chapitre te donne les outils pour rendre ces intuitions rigoureuses : chaque force sera décrite par un vecteur, avec un point d'application, une direction, un sens et une valeur en newtons.
Tu rencontreras ces notions partout : dans les transports (pourquoi la ceinture de sécurité est vitale lors d'un freinage brusque), dans le sport (l'équilibre d'un plongeoir, la tension d'une corde d'escalade), dans la construction (le calcul des câbles d'une grue ou d'un pont suspendu). C'est aussi la porte d'entrée vers la dynamique, que tu approfondiras en Première et Terminale.
La nouveauté par rapport au collège tient en trois mots : vecteur, bilan et principe d'inertie. Tu vas apprendre à représenter une force par une flèche à l'échelle, à faire l'inventaire complet des forces qui agissent sur un système (le « bilan des forces »), puis à relier ce bilan au mouvement de l'objet grâce à un principe fondamental énoncé par Galilée puis formalisé par Newton.
1Actions mécaniques et forces
Avant de dessiner la moindre flèche, il faut savoir reconnaître qu'une force s'exerce, et distinguer les différents types d'actions mécaniques que subit un objet.
Une action mécanique est ce qu'exerce un objet (ou un phénomène) sur un autre lorsqu'il peut le déformer, modifier son mouvement, ou le maintenir en équilibre. Quand elle peut être modélisée par un vecteur unique, on l'appelle une force, notée . Son intensité (ou valeur) se mesure en newtons, symbole , en hommage à Isaac Newton.
1.1 Actions de contact et actions à distance
On classe les actions mécaniques selon deux critères indépendants.
- Action de contact : les deux objets se touchent (une main qui pousse une porte, l'eau qui porte un bateau, l'air qui freine un cycliste).
- Action à distance : aucun contact n'est nécessaire (la gravitation terrestre qui attire un objet vers le sol, un aimant qui attire un trombone).
- Action localisée : elle s'exerce en un point précis, ou sur une très petite surface (le doigt qui appuie sur un bouton, un fil qui tire un objet).
- Action répartie : elle s'exerce sur toute une surface ou tout un volume (la pression de l'eau sur la coque d'un bateau, le poids qui agit sur chaque parcelle de matière).
| Poids | à distance, répartie | attraction de la Terre sur l'objet |
| Réaction du support | contact, répartie | le support empêche l'objet de s'enfoncer |
| Tension d'un fil | contact, localisée | le fil tendu retient ou tire l'objet |
| Frottement | contact, répartie | s'oppose au glissement entre deux surfaces |
Le poids mérite un mot de plus : il est proportionnel à la masse de l'objet (en kg) et à l'intensité de la pesanteur .
Attention : la masse (en kg) mesure la quantité de matière et ne change jamais ; le poids (en N) est une force qui dépend du lieu (sur la Lune, ).
Un sac de riz vendu au marché a une masse . Quelle est l'intensité de son poids ?
- le poids se mesure toujours en newtons
1.2 Le dynamomètre : mesurer une force
Comment savoir si une force vaut ou ? On utilise un dynamomètre : un ressort taré, gradué directement en newtons. Plus la force accrochée est intense, plus le ressort s'allonge — et cet allongement est proportionnel à l'intensité de la force, tant qu'on ne dépasse pas la limite du ressort.
En 1676, le savant anglais Robert Hooke publie sous forme d'anagramme latine « ceiiinosssttuv » la loi qui porte aujourd'hui son nom ; il en révèle le sens deux ans plus tard : « ut tensio, sic vis » — « telle extension, telle force ». Il vient de démontrer que l'allongement d'un ressort est proportionnel à la force qui l'étire, tant que le ressort n'est pas déformé de façon permanente. C'est exactement le principe du dynamomètre que tu utilises en travaux pratiques.
Un dynamomètre mesure toujours l'intensité d'une force alignée avec son axe. S'il est incliné ou si l'objet touche autre chose, la lecture ne correspond plus au poids seul. Et surtout : ne confonds jamais la masse (que l'on pèse avec une balance, en kg) et le poids (que l'on mesure avec un dynamomètre, en N) !
2Représentation vectorielle
Dire « une force de s'exerce sur le livre » ne suffit pas : encore faut-il savoir où elle s'applique, vers où elle pousse ou tire, et dans quel sens. C'est pourquoi une force se représente par un vecteur.
Une force est modélisée par un vecteur force, noté , caractérisé par quatre éléments indissociables :
- son point d'application : l'endroit où la force s'exerce ;
- sa direction : la droite le long de laquelle elle agit (on parle de « droite d'action ») ;
- son sens : vers où elle pousse ou tire, le long de cette droite ;
- sa valeur (ou intensité, ou norme), notée , en newtons : c'est la longueur de la flèche, à une échelle choisie.
2.1 Les quatre caractéristiques d'un vecteur force
Change un seul de ces quatre éléments, et tu obtiens une force différente, même si l'intensité reste identique. Deux forces de , l'une vers le haut et l'autre vers le bas, n'ont clairement pas le même effet !
- Choisir une échelle adaptée, par exemple .
- Placer l'origine de la flèche au point d'application réel de la force.
- Tracer la flèche le long de la direction et dans le sens corrects.
- Ajuster la longueur pour qu'elle soit exactement proportionnelle à l'intensité, d'après l'échelle choisie.
Dans toutes les figures de ce chapitre, on adopte la même convention de couleur : rouge pour le poids , bleu pour la réaction du support , vert pour une tension , orange pour un frottement .
2.2 Trois exemples du quotidien
Le livre est immobile. Il subit son poids , appliqué en son centre de gravité , vertical vers le bas ; et la réaction normale de la table, appliquée au point de contact , verticale vers le haut. Comme le livre reste immobile, ces deux forces ont la même droite d'action (la verticale passant par et ) et la même valeur — nous le démontrerons en section 5.
La lampe est immobile, accrochée à un unique fil. Elle subit son poids , vertical vers le bas, et la tension du fil, verticale vers le haut. Là encore, à l'équilibre, et ont la même droite d'action, des sens opposés, et la même valeur.
On tire une brique à l'aide d'une corde, à vitesse constante, sur un sol horizontal rugueux. Quatre forces s'exercent : le poids , la réaction normale du sol, la tension de la corde (horizontale, dans le sens du mouvement) et le frottement du sol sur la brique (horizontal, qui s'oppose toujours au mouvement).
Un vecteur force n'est pas localisé « où on veut » : son point d'application est un fait physique (centre de gravité pour le poids, point de contact pour une réaction ou un frottement). Ne déplace jamais une force sur ton schéma sans justification, et n'oublie jamais son échelle : une flèche sans échelle ne représente rien de quantitatif.
3Bilan des forces
Représenter une force isolée, c'est bien ; mais un objet réel subit presque toujours plusieurs forces à la fois. Faire le bilan des forces, c'est dresser la liste complète — sans en oublier une seule, et sans en inventer — de toutes les forces qui s'exercent sur le système étudié.
- Définir le système étudié : l'objet précis dont on étudie les forces (le livre, la brique, la lampe…).
- Définir le référentiel dans lequel on observe le mouvement (le plus souvent, le référentiel terrestre).
- Recenser les contacts du système avec son environnement (support, fil, air, autre objet…) : chacun donne une force de contact.
- Recenser les actions à distance : le poids est presque toujours présent ; parfois une force magnétique ou électrique.
- Pour chaque force retenue, préciser son nom, son point d'application, sa direction, son sens, et si possible sa valeur.
3.1 La méthode en pratique
| Force | Type | Point d'application | Direction / sens |
|---|---|---|---|
| Poids | à distance, répartie | centre de gravité | verticale, vers le bas |
| Réaction | contact, répartie | surface de contact | verticale, vers le haut |
Le livre étant immobile, ces deux forces se compensent exactement (section 5).
| Force | Type | Point d'application | Direction / sens |
|---|---|---|---|
| Poids | à distance | centre de gravité | verticale, vers le bas |
| Réaction | contact | surface de contact avec le sol | verticale, vers le haut |
| Tension | contact, localisée | point d'attache de la corde | horizontale, sens du mouvement |
| Frottement | contact, répartie | surface de contact avec le sol | horizontale, sens opposé au mouvement |
3.2 Pièges classiques
Trois erreurs reviennent sans cesse dans les bilans des forces :
- Oublier une force, en particulier une réaction ou un frottement peu visibles. Vérifie systématiquement chaque contact du système.
- Inventer une force : il n'existe pas de « force du mouvement » ou de « force qui pousse en avant » une fois l'objet lancé — c'est précisément l'objet du principe d'inertie (section 4).
- Confondre l'action et la réaction : la force qu'exerce le livre sur la table n'appartient pas au bilan des forces subies par le livre. Le bilan ne recense que les forces reçues par le système étudié, jamais celles qu'il exerce sur les autres.
4Principe d'inertie
Une fois le bilan des forces établi, une question naturelle se pose : que peut-on en déduire sur le mouvement de l'objet ? La réponse, appelée principe d'inertie, est l'un des plus grands renversements de l'histoire des sciences.
4.1 De Galilée à Newton
Pendant près de deux mille ans, on a cru, avec Aristote, qu'un objet en mouvement s'arrête « naturellement » dès qu'on cesse de le pousser. En 1638, dans ses Discorsi e dimostrazioni matematiche, Galilée imagine une bille lâchée sur un plan incliné puis roulant sur un plan horizontal parfaitement lisse : en l'absence de tout frottement, rien ne devrait plus jamais l'arrêter. Il en conclut que ce n'est pas le mouvement qui a besoin d'une cause, mais son changement.
C'est Isaac Newton qui, en 1687, dans ses Philosophiæ Naturalis Principia Mathematica, donne à l'idée de Galilée sa forme définitive : sa première loi du mouvement énonce qu'un corps persévère dans son état de repos ou de mouvement rectiligne uniforme, sauf si des forces le contraignent à en changer. C'est cette loi que l'on appelle aujourd'hui le principe d'inertie.
4.2 Énoncé et exemples
Dans le référentiel terrestre, si les forces qui s'exercent sur un système se compensent (leur somme vectorielle est nulle), alors :
- soit le système est au repos, et il le reste ;
- soit le système est en mouvement rectiligne uniforme (trajectoire une droite, vitesse constante), et il le reste.
Inversement, un système au repos ou en mouvement rectiligne uniforme est nécessairement soumis à des forces qui se compensent.
Le car roule en ligne droite à vitesse constante : le passager, non attaché, avance avec lui à cette même vitesse. Quand le chauffeur freine brusquement, le car ralentit — mais rien ne freine directement le passager : par inertie, son corps « veut » continuer tout droit, à peu près à la vitesse initiale, et il est projeté vers l'avant si rien ne le retient.
Sur la glace, les frottements sont quasiment nuls. Un palet lancé glisse alors en ligne droite, à vitesse quasi constante, sur une longue distance : les forces qui s'exercent sur lui (poids et réaction de la glace) se compensent verticalement, et aucune force horizontale ne s'exerce plus une fois le palet lancé. C'est une belle illustration directe du principe d'inertie.
4.3 La réciproque : mouvement varié forces non compensées
Si la trajectoire d'un système n'est pas rectiligne, ou si sa vitesse varie (en valeur), alors les forces qui s'exercent sur lui ne se compensent pas : leur somme vectorielle, appelée résultante, n'est pas nulle.
C'est cette réciproque qui explique, par exemple, pourquoi une voiture qui prend un virage à vitesse constante subit malgré tout des forces non compensées : sa trajectoire n'est pas une droite, donc son vecteur vitesse change de direction à chaque instant. Nous approfondirons ce lien entre variation de vitesse et forces en section 6.
5Équilibre et mouvement rectiligne uniforme
Le principe d'inertie affirme que des forces compensées entraînent le repos ou le mouvement rectiligne uniforme. Reste à savoir reconnaître, sur un bilan de deux ou trois forces, si elles se compensent réellement.
5.1 Équilibre sous l'action de deux forces
Soit un système au repos (ou en mouvement rectiligne uniforme), soumis à exactement deux forces et . D'après le principe d'inertie, leur somme vectorielle est nulle.
- on isole
Or deux vecteurs opposés et partagent nécessairement la même droite d'action, ont des sens opposés, et la même valeur . C.Q.F.D.
Un système soumis à exactement deux forces et est en équilibre (au repos ou en mouvement rectiligne uniforme) si et seulement si :
- et ont la même droite d'action ;
- elles sont de sens opposés ;
- elles ont la même valeur : .
5.2 Équilibre sous l'action de trois forces concourantes
Quand un système subit trois forces dont les droites d'action se coupent en un même point (on dit qu'elles sont concourantes), le raisonnement précédent ne suffit plus : il n'y a pas de « droite commune » unique. On utilise alors une construction graphique.
- Choisir une échelle commune pour les trois forces.
- Tracer à partir d'un point de départ quelconque.
- À partir de l'extrémité de , tracer (bout à bout, sans changer sa direction ni son sens).
- À partir de l'extrémité de , tracer .
- Si le système est à l'équilibre, l'extrémité de revient exactement au point de départ : le triangle est fermé. C'est la traduction graphique de .
Le triangle des forces se construit avec les vecteurs mis bout à bout (l'origine du deuxième vecteur à l'extrémité du premier), sans changer leur direction ni leur sens : ce n'est pas un simple triangle géométrique dessiné au hasard entre les trois droites d'action.
5.3 Le mouvement rectiligne uniforme
Un système est en mouvement rectiligne uniforme (MRU) dans un référentiel donné si sa trajectoire est une droite et si sa vitesse (en valeur) reste constante au cours du temps.
Un TGV lancé à sur une voie parfaitement rectiligne, à vitesse affichée constante, est en MRU dans le référentiel terrestre. D'après le principe d'inertie, les forces qui s'exercent sur lui — poids, réaction des rails, force motrice, frottements de l'air — se compensent exactement, comme pour la brique de la Figure 4.
6Variation du vecteur vitesse
Le principe d'inertie et sa réciproque relient qualitativement forces et mouvement. On peut aller plus loin en étudiant précisément comment varie le vecteur vitesse lorsque les forces ne se compensent pas.
6.1 Direction de la variation de vitesse
Entre deux instants proches, on appelle vecteur variation de vitesse, noté , le vecteur défini par :
Pour le construire, on place et à la même origine : va alors de l'extrémité de à l'extrémité de .
La trajectoire est une droite, et la vitesse augmente : est plus long que , dans la même direction et le même sens. Le vecteur pointe donc lui aussi vers l'avant, dans le sens du mouvement.
La trajectoire reste une droite, mais la vitesse diminue : est plus court que , toujours dans la même direction. Cette fois, pointe vers l'arrière — dans le sens opposé au mouvement.
6.2 Lien avec la résultante des forces
Le vecteur variation de vitesse a la même direction et le même sens que la résultante des forces (la somme vectorielle de toutes les forces du bilan). Plus les forces sont déséquilibrées, plus est grand.
Cette propriété permet, sans calcul, de prédire le sens de la résultante des forces à partir de la seule observation du mouvement — c'est le lien annoncé en introduction entre bilan des forces et trajectoire, et c'est aussi la première marche vers la deuxième loi de Newton, que tu étudieras en Première.
La valeur de la vitesse ne change pas, mais sa direction change à chaque instant : et ont la même longueur mais ne pointent pas dans la même direction, donc . D'après la propriété précédente, une résultante des forces non nulle, dirigée vers l'intérieur du virage, doit donc s'exercer sur le cycliste (elle est fournie par l'adhérence des pneus sur la route).
« Vitesse constante » ne veut pas dire « forces compensées » : seul un mouvement rectiligne et uniforme correspond à des forces compensées. Un virage à vitesse constante n'est pas un équilibre.
Fiche mémo
- Force : quatre caractéristiques — point d'application, direction, sens, valeur en .
- Poids : , avec sur Terre ; masse (kg) ≠ poids (N).
- Dynamomètre : mesure une force par l'allongement d'un ressort, proportionnel à l'intensité.
- Bilan des forces : système + référentiel + tous les contacts + toutes les actions à distance.
- Principe d'inertie (Galilée 1638, Newton 1687) : forces compensées repos ou mouvement rectiligne uniforme (MRU).
- Réciproque : trajectoire non rectiligne ou vitesse non constante forces non compensées.
- Équilibre à deux forces : même droite d'action, sens opposés, même valeur ().
- Équilibre à trois forces concourantes : construction du triangle des forces — fermé si et seulement si l'équilibre est vérifié.
- MRU : trajectoire rectiligne + vitesse constante, dans le référentiel terrestre.
- : même direction et sens que la résultante des forces.
- Accélère en ligne droite vers l'avant. Freine vers l'arrière. Vire à vitesse constante vers l'intérieur du virage.
7Exercices corrigés
Classe chacune des actions mécaniques suivantes selon qu'elle est de contact ou à distance : (a) un aimant attire un trombone ; (b) une main pousse un chariot ; (c) la Terre attire la Lune ; (d) l'eau porte un bateau ; (e) le vent gonfle une voile.
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| Action | Type |
|---|---|
| (a) aimant / trombone | à distance (magnétique) |
| (b) main / chariot | contact |
| (c) Terre / Lune | à distance (gravitationnelle) |
| (d) eau / bateau | contact |
| (e) vent / voile | contact |
Sur la Figure 1, quelle est l'intensité du poids indiquée par le dynamomètre ? En déduire la masse de l'objet accroché ().
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La lecture du dynamomètre donne . À l'équilibre, cette force est égale au poids de l'objet.
Calcule l'intensité du poids d'objets de masses , et .
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- conversion obligatoire avant le calcul
Un vase, de poids , est immobile sur une étagère horizontale. 1) Dresse le bilan des forces. 2) Que peut-on dire de la réaction de l'étagère ?
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1. Le vase, immobile, subit deux forces : son poids (vertical, vers le bas) et la réaction de l'étagère (verticale, vers le haut).
2. Le vase est à l'équilibre sous deux forces : d'après le théorème de la section 5, et ont la même droite d'action (la verticale), des sens opposés, et la même valeur.
Vrai ou faux ? Justifie chaque réponse à l'aide du principe d'inertie. (a) Si un objet est immobile, aucune force ne s'exerce sur lui. (b) Si les forces qui s'exercent sur un objet se compensent, il est nécessairement immobile. (c) Un palet lancé sur une glace sans frottement continuerait indéfiniment en ligne droite. (d) Une voiture qui prend un virage à vitesse constante est à l'équilibre. (e) Galilée est le premier à avoir eu l'intuition du principe d'inertie.
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- (a) Faux. Un objet immobile peut subir plusieurs forces, à condition qu'elles se compensent (comme le vase de l'exercice 4).
- (b) Faux. Des forces compensées entraînent le repos ou le mouvement rectiligne uniforme.
- (c) Vrai. C'est exactement l'expérience de pensée de Galilée (1638) : sans frottement, rien n'arrête un mouvement rectiligne uniforme.
- (d) Faux. La trajectoire n'étant pas rectiligne, les forces ne se compensent pas (voir section 6).
- (e) Vrai. Galilée l'imagine dès 1638 ; Newton le formalise en 1687 dans sa première loi.
Une lampe de masse est suspendue à un fil, immobile. 1) Dresse le bilan des forces. 2) Calcule l'intensité de son poids. 3) En déduis la tension du fil.
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1. Deux forces : le poids (vertical, vers le bas, appliqué au centre de gravité) et la tension du fil (verticale, vers le haut, appliquée au point d'accroche) — comme sur la Figure 3.
- équilibre sous deux forces
Un conteneur de masse est tiré à vitesse constante sur un quai horizontal ; la tension du câble vaut . 1) Dresse le bilan des forces (4 forces). 2) Calcule et déduis-en . 3) Que vaut le frottement ?
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1. Comme pour la brique de la Figure 4 : poids , réaction , tension et frottement .
- mouvement rectiligne uniforme forces compensées
- verticalement :
- horizontalement :
Pour chaque situation, indique si le système est en mouvement rectiligne uniforme et si les forces qu'il subit se compensent : (a) un ascenseur qui monte à vitesse constante ; (b) un train qui freine en entrant en gare ; (c) une voiture qui démarre à un feu ; (d) un satellite en orbite circulaire à vitesse constante.
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- (a) Trajectoire rectiligne (verticale), vitesse constante MRU forces compensées.
- (b) Trajectoire rectiligne mais vitesse diminue pas un MRU forces non compensées.
- (c) Trajectoire rectiligne mais vitesse augmente pas un MRU forces non compensées.
- (d) Vitesse constante mais trajectoire circulaire, donc non rectiligne pas un MRU forces non compensées (résultante dirigée vers le centre).
On pousse horizontalement un colis de masse avec une force ; il ne bouge pas. 1) Dresse le bilan des forces (poids, réaction, poussée, frottement). 2) Le colis étant immobile, que vaut la somme des forces ? 3) Déduis-en l'intensité du frottement statique. 4) Calcule .
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1. Quatre forces : , , la poussée (horizontale) et le frottement statique (horizontal, opposé au mouvement tendanciel).
2. Le colis est immobile : d'après le principe d'inertie, la somme des forces est nulle.
- horizontalement :
- verticalement :
Un système ponctuel subit , horizontale vers la droite, de valeur , et , horizontale vers la gauche, de valeur . 1) Ces deux forces réalisent-elles un équilibre ? 2) On ajoute une troisième force , verticale, de valeur : le système est-il encore à l'équilibre avec ces trois seules forces ? Justifie.
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1. et ont la même droite d'action (l'horizontale), des sens opposés et la même valeur : elles réalisent bien un équilibre à deux forces ().
2. En ajoutant , la somme devient puisque . Le système n'est plus à l'équilibre : il faudrait une quatrième force verticale de , de sens opposé à , pour rétablir l'équilibre.
Une benne de poids est suspendue au plafond par deux chaînes symétriques, chacune faisant un angle avec la verticale tel que (Figure 7).
- Dresse le bilan des forces sur la benne. Sont-elles concourantes ?
- Calcule l'angle , arrondi au dixième de degré.
- On admet qu'à l'équilibre, la somme des composantes verticales des deux tensions égale , soit . Sachant que , calcule la tension dans chaque chaîne.
- Construis le triangle des forces correspondant et vérifie qu'il se ferme.
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1. Trois forces : le poids et les deux tensions , . Leurs trois droites d'action se coupent toutes au point d'accroche de la benne : elles sont bien concourantes.
2. Calcul de l'angle :
3. Calcul de la tension :
4. Avec , les composantes horizontales valent chacune (elles s'annulent) et les composantes verticales chacune, soit : le triangle se ferme bien, comme le montre la Figure 8.
Une voiture roule en ligne droite à , puis freine jusqu'à .
- Convertis et en .
- La trajectoire étant rectiligne, calcule et précise le sens de .
- Que peut-on en déduire sur la résultante des forces exercées sur la voiture pendant le freinage ?
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1. Conversion (diviser par ) :
2. Le mouvement restant rectiligne, on peut travailler directement sur les valeurs algébriques (mouvement vers l'avant compté positivement) :
Le signe négatif indique que pointe vers l'arrière, dans le sens opposé au mouvement.
3. D'après la propriété de la section 6, la résultante des forces a la même direction et le même sens que : elle est donc dirigée vers l'arrière du véhicule pendant le freinage (freins et frottements l'emportent sur toute force motrice).
Une caisse de poids est immobile sur un plan incliné sans frottement, faisant un angle avec l'horizontale ; elle est retenue par un câble parallèle au plan incliné.
- Dresse le bilan des forces (, réaction perpendiculaire au plan, tension parallèle au plan). Sont-elles concourantes ?
- On admet qu'à l'équilibre, projetées sur les axes du plan incliné, et . Calcule et .
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1. Trois forces concourantes au centre de gravité de la caisse : le poids (vertical), la réaction (perpendiculaire au plan incliné) et la tension (parallèle au plan, vers le haut de la pente).
2. Avec et :
La pirogue de Dakar. Un pêcheur tire sa pirogue, de masse , sur le sable, à vitesse constante, à l'aide d'une corde horizontale. Le frottement du sable sur la coque vaut .
- Dresse le bilan des forces sur la pirogue.
- Que vaut la tension de la corde ?
- Calcule le poids de la pirogue et la réaction du sable.
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1. Quatre forces, comme sur la Figure 4 : poids , réaction du sable, tension de la corde, frottement du sable.
2. Vitesse constante sur trajectoire rectiligne MRU forces compensées horizontalement :
3. Verticalement :
La charrette d'Abéché. Un âne tire, à vitesse constante, une charrette chargée sur une route de terre à Abéché. Un dynamomètre placé sur le harnais indique une tension .
- Que peut-on dire du frottement exercé par la route sur les roues ?
- La charrette et son chargement ont une masse totale de : calcule leur poids et la réaction totale du sol.
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1. Vitesse constante, trajectoire rectiligne MRU forces horizontales compensées : le frottement vaut donc , dirigé vers l'arrière.
2.
La grue d'Abidjan. Sur un chantier, une grue soulève une charge de béton de masse , à vitesse verticale constante.
- Dresse le bilan des forces sur la charge (deux forces).
- Sont-elles à l'équilibre ? Justifie à l'aide du principe d'inertie.
- Calcule la tension du câble de levage.
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1. Deux forces : le poids (vertical, vers le bas) et la tension du câble (verticale, vers le haut).
2. La charge monte à vitesse constante sur une trajectoire rectiligne (verticale) : c'est un MRU. D'après le principe d'inertie, les forces sont donc compensées.
3.
- équilibre