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Forces et principe d'inertie

Relier les forces au mouvement par le principe d'inertie.

Physique Seconde Chapitre 3 / 8 ⏱ 8 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Faire un bilan des forces complet
  • Appliquer le principe d'inertie
  • Relier la variation de vitesse à une force résultante

Pousser un caddie, tenir un seau d'eau à bout de bras, sentir le vent freiner ton vélo : depuis l'enfance, tu manipules des forces sans les nommer. Au collège, tu savais déjà qu'un objet posé sur une table « ne tombe pas parce que la table le retient », ou qu'une balle lancée finit par retomber. Ce chapitre te donne les outils pour rendre ces intuitions rigoureuses : chaque force sera décrite par un vecteur, avec un point d'application, une direction, un sens et une valeur en newtons.

Tu rencontreras ces notions partout : dans les transports (pourquoi la ceinture de sécurité est vitale lors d'un freinage brusque), dans le sport (l'équilibre d'un plongeoir, la tension d'une corde d'escalade), dans la construction (le calcul des câbles d'une grue ou d'un pont suspendu). C'est aussi la porte d'entrée vers la dynamique, que tu approfondiras en Première et Terminale.

La nouveauté par rapport au collège tient en trois mots : vecteur, bilan et principe d'inertie. Tu vas apprendre à représenter une force par une flèche à l'échelle, à faire l'inventaire complet des forces qui agissent sur un système (le « bilan des forces »), puis à relier ce bilan au mouvement de l'objet grâce à un principe fondamental énoncé par Galilée puis formalisé par Newton.

1Actions mécaniques et forces

Avant de dessiner la moindre flèche, il faut savoir reconnaître qu'une force s'exerce, et distinguer les différents types d'actions mécaniques que subit un objet.

Définition

Une action mécanique est ce qu'exerce un objet (ou un phénomène) sur un autre lorsqu'il peut le déformer, modifier son mouvement, ou le maintenir en équilibre. Quand elle peut être modélisée par un vecteur unique, on l'appelle une force, notée F⃗\vec{F}. Son intensité (ou valeur) se mesure en newtons, symbole N\text{N}, en hommage à Isaac Newton.

1.1  Actions de contact et actions à distance

On classe les actions mécaniques selon deux critères indépendants.

Propriété
  • Action de contact : les deux objets se touchent (une main qui pousse une porte, l'eau qui porte un bateau, l'air qui freine un cycliste).
  • Action à distance : aucun contact n'est nécessaire (la gravitation terrestre qui attire un objet vers le sol, un aimant qui attire un trombone).
  • Action localisée : elle s'exerce en un point précis, ou sur une très petite surface (le doigt qui appuie sur un bouton, un fil qui tire un objet).
  • Action répartie : elle s'exerce sur toute une surface ou tout un volume (la pression de l'eau sur la coque d'un bateau, le poids qui agit sur chaque parcelle de matière).
Exemple — quatre forces à connaître par cœur
Poids P⃗\vec{P}à distance, répartieattraction de la Terre sur l'objet
Réaction du support N⃗\vec{N}contact, répartiele support empêche l'objet de s'enfoncer
Tension d'un fil T⃗\vec{T}contact, localiséele fil tendu retient ou tire l'objet
Frottement f⃗\vec{f}contact, réparties'oppose au glissement entre deux surfaces

Le poids mérite un mot de plus : il est proportionnel à la masse mm de l'objet (en kg) et à l'intensité de la pesanteur gg.

Propriété — relation poids-masse

P=m×gavecg=9,8 N⋅kg−1 (aˋ la surface de la Terre)P = m \times g \qquad \text{avec}\quad g = 9{,}8\ \text{N·kg}^{-1}\ \text{(à la surface de la Terre)}

Attention : la masse (en kg) mesure la quantité de matière et ne change jamais ; le poids (en N) est une force qui dépend du lieu (sur la Lune, g≈1,6 N⋅kg−1g \approx 1{,}6\ \text{N·kg}^{-1}).

Exemple — poids d'un sac de riz

Un sac de riz vendu au marché a une masse m=25 kgm = 25\ \text{kg}. Quelle est l'intensité de son poids ?

  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==25×9,825 \times 9{,}8
  3. ==245 N245\ \text{N}le poids se mesure toujours en newtons

1.2  Le dynamomètre : mesurer une force

Comment savoir si une force vaut 3 N3\ \text{N} ou 30 N30\ \text{N} ? On utilise un dynamomètre : un ressort taré, gradué directement en newtons. Plus la force accrochée est intense, plus le ressort s'allonge — et cet allongement est proportionnel à l'intensité de la force, tant qu'on ne dépasse pas la limite du ressort.

Le dynamomètre : mesurer l'intensité d'une force 0 1 2 3 4 5 N 3,5 N objet P = 3,5 N
Figure 1 — Le dynamomètre : l'objet accroché étire le ressort jusqu'au repère 3,5 N ; à l'équilibre, cette lecture donne directement l'intensité du poids de l'objet.
Physique & Co — la loi du ressort

En 1676, le savant anglais Robert Hooke publie sous forme d'anagramme latine « ceiiinosssttuv » la loi qui porte aujourd'hui son nom ; il en révèle le sens deux ans plus tard : « ut tensio, sic vis » — « telle extension, telle force ». Il vient de démontrer que l'allongement d'un ressort est proportionnel à la force qui l'étire, tant que le ressort n'est pas déformé de façon permanente. C'est exactement le principe du dynamomètre que tu utilises en travaux pratiques.

Attention

Un dynamomètre mesure toujours l'intensité d'une force alignée avec son axe. S'il est incliné ou si l'objet touche autre chose, la lecture ne correspond plus au poids seul. Et surtout : ne confonds jamais la masse (que l'on pèse avec une balance, en kg) et le poids (que l'on mesure avec un dynamomètre, en N) !

2Représentation vectorielle

Dire « une force de 5 N5\ \text{N} s'exerce sur le livre » ne suffit pas : encore faut-il savoir où elle s'applique, vers où elle pousse ou tire, et dans quel sens. C'est pourquoi une force se représente par un vecteur.

Définition

Une force est modélisée par un vecteur force, noté F⃗\vec{F}, caractérisé par quatre éléments indissociables :

  • son point d'application : l'endroit où la force s'exerce ;
  • sa direction : la droite le long de laquelle elle agit (on parle de « droite d'action ») ;
  • son sens : vers où elle pousse ou tire, le long de cette droite ;
  • sa valeur (ou intensité, ou norme), notée FF, en newtons : c'est la longueur de la flèche, à une échelle choisie.

2.1  Les quatre caractéristiques d'un vecteur force

Change un seul de ces quatre éléments, et tu obtiens une force différente, même si l'intensité reste identique. Deux forces de 10 N10\ \text{N}, l'une vers le haut et l'autre vers le bas, n'ont clairement pas le même effet !

Méthode — représenter une force à l'échelle
  1. Choisir une échelle adaptée, par exemple 1 cm↔2 N1\ \text{cm} \leftrightarrow 2\ \text{N}.
  2. Placer l'origine de la flèche au point d'application réel de la force.
  3. Tracer la flèche le long de la direction et dans le sens corrects.
  4. Ajuster la longueur pour qu'elle soit exactement proportionnelle à l'intensité, d'après l'échelle choisie.

Dans toutes les figures de ce chapitre, on adopte la même convention de couleur : rouge pour le poids P⃗\vec{P}, bleu pour la réaction du support N⃗\vec{N}, vert pour une tension T⃗\vec{T}, orange pour un frottement f⃗\vec{f}.

2.2  Trois exemples du quotidien

Exemple — un livre posé sur une table

Le livre est immobile. Il subit son poids P⃗\vec{P}, appliqué en son centre de gravité GG, vertical vers le bas ; et la réaction normale N⃗\vec{N} de la table, appliquée au point de contact CC, verticale vers le haut. Comme le livre reste immobile, ces deux forces ont la même droite d'action (la verticale passant par GG et CC) et la même valeur — nous le démontrerons en section 5.

Livre au repos sur une table : deux forces se compensent livre G C P = 5,0 N N = 5,0 N
Figure 2 — Bilan des forces sur un livre immobile : le poids P⃗\vec{P} (rouge, appliqué en GG) et la réaction N⃗\vec{N} (bleu, appliquée en CC) partagent la même verticale, sont de sens opposés et de même valeur — représentées ici légèrement décalées pour la lisibilité.
Exemple — une lampe suspendue à un fil

La lampe est immobile, accrochée à un unique fil. Elle subit son poids P⃗\vec{P}, vertical vers le bas, et la tension T⃗\vec{T} du fil, verticale vers le haut. Là encore, à l'équilibre, T⃗\vec T et P⃗\vec P ont la même droite d'action, des sens opposés, et la même valeur.

Lampe suspendue à un fil : équilibre sous deux forces T = 2,0 N P = 2,0 N
Figure 3 — Lampe de masse m≈204 gm \approx 204\ \text{g} suspendue à un fil : la tension T⃗\vec{T} (vert) équilibre exactement le poids P⃗\vec{P} (rouge).
Exemple — une brique tirée sur le sol à vitesse constante

On tire une brique à l'aide d'une corde, à vitesse constante, sur un sol horizontal rugueux. Quatre forces s'exercent : le poids P⃗\vec{P}, la réaction normale N⃗\vec{N} du sol, la tension T⃗\vec{T} de la corde (horizontale, dans le sens du mouvement) et le frottement f⃗\vec{f} du sol sur la brique (horizontal, qui s'oppose toujours au mouvement).

Brique tirée à vitesse constante : quatre forces se compensent mouvement brique P = 8,0 N N = 8,0 N T = 3,0 N f = 3,0 N
Figure 4 — Bilan complet des forces sur une brique en mouvement rectiligne uniforme : verticalement P⃗\vec P et N⃗\vec N se compensent, horizontalement T⃗\vec T et f⃗\vec f se compensent.
Attention

Un vecteur force n'est pas localisé « où on veut » : son point d'application est un fait physique (centre de gravité pour le poids, point de contact pour une réaction ou un frottement). Ne déplace jamais une force sur ton schéma sans justification, et n'oublie jamais son échelle : une flèche sans échelle ne représente rien de quantitatif.

3Bilan des forces

Représenter une force isolée, c'est bien ; mais un objet réel subit presque toujours plusieurs forces à la fois. Faire le bilan des forces, c'est dresser la liste complète — sans en oublier une seule, et sans en inventer — de toutes les forces qui s'exercent sur le système étudié.

Méthode — dresser un bilan des forces
  1. Définir le système étudié : l'objet précis dont on étudie les forces (le livre, la brique, la lampe…).
  2. Définir le référentiel dans lequel on observe le mouvement (le plus souvent, le référentiel terrestre).
  3. Recenser les contacts du système avec son environnement (support, fil, air, autre objet…) : chacun donne une force de contact.
  4. Recenser les actions à distance : le poids est presque toujours présent ; parfois une force magnétique ou électrique.
  5. Pour chaque force retenue, préciser son nom, son point d'application, sa direction, son sens, et si possible sa valeur.

3.1  La méthode en pratique

Exemple — bilan complet pour le livre sur la table (Figure 2)
ForceTypePoint d'applicationDirection / sens
Poids P⃗\vec Pà distance, répartiecentre de gravité GGverticale, vers le bas
Réaction N⃗\vec Ncontact, répartiesurface de contact CCverticale, vers le haut

Le livre étant immobile, ces deux forces se compensent exactement (section 5).

Exemple — bilan complet pour la brique tirée (Figure 4)
ForceTypePoint d'applicationDirection / sens
Poids P⃗\vec Pà distancecentre de gravitéverticale, vers le bas
Réaction N⃗\vec Ncontactsurface de contact avec le solverticale, vers le haut
Tension T⃗\vec Tcontact, localiséepoint d'attache de la cordehorizontale, sens du mouvement
Frottement f⃗\vec fcontact, répartiesurface de contact avec le solhorizontale, sens opposé au mouvement

3.2  Pièges classiques

Attention

Trois erreurs reviennent sans cesse dans les bilans des forces :

  • Oublier une force, en particulier une réaction ou un frottement peu visibles. Vérifie systématiquement chaque contact du système.
  • Inventer une force : il n'existe pas de « force du mouvement » ou de « force qui pousse en avant » une fois l'objet lancé — c'est précisément l'objet du principe d'inertie (section 4).
  • Confondre l'action et la réaction : la force qu'exerce le livre sur la table n'appartient pas au bilan des forces subies par le livre. Le bilan ne recense que les forces reçues par le système étudié, jamais celles qu'il exerce sur les autres.

4Principe d'inertie

Une fois le bilan des forces établi, une question naturelle se pose : que peut-on en déduire sur le mouvement de l'objet ? La réponse, appelée principe d'inertie, est l'un des plus grands renversements de l'histoire des sciences.

4.1  De Galilée à Newton

Physique & Co — le plan incliné de Galilée

Pendant près de deux mille ans, on a cru, avec Aristote, qu'un objet en mouvement s'arrête « naturellement » dès qu'on cesse de le pousser. En 1638, dans ses Discorsi e dimostrazioni matematiche, Galilée imagine une bille lâchée sur un plan incliné puis roulant sur un plan horizontal parfaitement lisse : en l'absence de tout frottement, rien ne devrait plus jamais l'arrêter. Il en conclut que ce n'est pas le mouvement qui a besoin d'une cause, mais son changement.

Physique & Co — la première loi de Newton

C'est Isaac Newton qui, en 1687, dans ses Philosophiæ Naturalis Principia Mathematica, donne à l'idée de Galilée sa forme définitive : sa première loi du mouvement énonce qu'un corps persévère dans son état de repos ou de mouvement rectiligne uniforme, sauf si des forces le contraignent à en changer. C'est cette loi que l'on appelle aujourd'hui le principe d'inertie.

4.2  Énoncé et exemples

Théorème — principe d'inertie

Dans le référentiel terrestre, si les forces qui s'exercent sur un système se compensent (leur somme vectorielle est nulle), alors :

  • soit le système est au repos, et il le reste ;
  • soit le système est en mouvement rectiligne uniforme (trajectoire une droite, vitesse constante), et il le reste.

Inversement, un système au repos ou en mouvement rectiligne uniforme est nécessairement soumis à des forces qui se compensent.

Exemple — freinage brusque d'un car

Le car roule en ligne droite à vitesse constante : le passager, non attaché, avance avec lui à cette même vitesse. Quand le chauffeur freine brusquement, le car ralentit — mais rien ne freine directement le passager : par inertie, son corps « veut » continuer tout droit, à peu près à la vitesse initiale, et il est projeté vers l'avant si rien ne le retient.

Freinage brusque d'un car : le passager continue tout droit par inertie v₀ : vitesse commune avant freinage v₁ : le car, après freinage le passager tend à garder v₀ (inertie) attaché ⚠sans ceinture
Figure 5 — Au freinage, la vitesse du car chute de v0v_0 à v1v_1 (bleu) ; le passager non attaché, par inertie, tend à conserver v0v_0 (rouge) : il est projeté vers l'avant, d'où le rôle vital de la ceinture de sécurité.
Exemple — un palet de hockey sur glace

Sur la glace, les frottements sont quasiment nuls. Un palet lancé glisse alors en ligne droite, à vitesse quasi constante, sur une longue distance : les forces qui s'exercent sur lui (poids et réaction de la glace) se compensent verticalement, et aucune force horizontale ne s'exerce plus une fois le palet lancé. C'est une belle illustration directe du principe d'inertie.

4.3  La réciproque : mouvement varié ⇒\Rightarrow forces non compensées

Propriété — contraposée du principe d'inertie

Si la trajectoire d'un système n'est pas rectiligne, ou si sa vitesse varie (en valeur), alors les forces qui s'exercent sur lui ne se compensent pas : leur somme vectorielle, appelée résultante, n'est pas nulle.

C'est cette réciproque qui explique, par exemple, pourquoi une voiture qui prend un virage à vitesse constante subit malgré tout des forces non compensées : sa trajectoire n'est pas une droite, donc son vecteur vitesse change de direction à chaque instant. Nous approfondirons ce lien entre variation de vitesse et forces en section 6.

5Équilibre et mouvement rectiligne uniforme

Le principe d'inertie affirme que des forces compensées entraînent le repos ou le mouvement rectiligne uniforme. Reste à savoir reconnaître, sur un bilan de deux ou trois forces, si elles se compensent réellement.

5.1  Équilibre sous l'action de deux forces

Démonstration

Soit un système au repos (ou en mouvement rectiligne uniforme), soumis à exactement deux forces F1⃗\vec{F_1} et F2⃗\vec{F_2}. D'après le principe d'inertie, leur somme vectorielle est nulle.

  1. F1⃗+F2⃗=0⃗\vec{F_1} + \vec{F_2} = \vec{0}
  2. ⇒\RightarrowF2⃗=−F1⃗\vec{F_2} = -\vec{F_1}on isole F2⃗\vec{F_2}

Or deux vecteurs opposés F2⃗\vec{F_2} et −F1⃗-\vec{F_1} partagent nécessairement la même droite d'action, ont des sens opposés, et la même valeur F1=F2F_1 = F_2. C.Q.F.D.

Théorème — condition d'équilibre sous deux forces

Un système soumis à exactement deux forces F1⃗\vec{F_1} et F2⃗\vec{F_2} est en équilibre (au repos ou en mouvement rectiligne uniforme) si et seulement si :

  • F1⃗\vec{F_1} et F2⃗\vec{F_2} ont la même droite d'action ;
  • elles sont de sens opposés ;
  • elles ont la même valeur : F1=F2F_1 = F_2.

5.2  Équilibre sous l'action de trois forces concourantes

Quand un système subit trois forces dont les droites d'action se coupent en un même point (on dit qu'elles sont concourantes), le raisonnement précédent ne suffit plus : il n'y a pas de « droite commune » unique. On utilise alors une construction graphique.

Méthode — construire le triangle des forces
  1. Choisir une échelle commune pour les trois forces.
  2. Tracer F1⃗\vec{F_1} à partir d'un point de départ quelconque.
  3. À partir de l'extrémité de F1⃗\vec{F_1}, tracer F2⃗\vec{F_2} (bout à bout, sans changer sa direction ni son sens).
  4. À partir de l'extrémité de F2⃗\vec{F_2}, tracer F3⃗\vec{F_3}.
  5. Si le système est à l'équilibre, l'extrémité de F3⃗\vec{F_3} revient exactement au point de départ : le triangle est fermé. C'est la traduction graphique de F1⃗+F2⃗+F3⃗=0⃗\vec{F_1}+\vec{F_2}+\vec{F_3}=\vec 0.
Panneau suspendu par deux câbles : trois forces concourantes ≈36,9°≈36,9° T₁ = 5,0 N T₂ = 5,0 N P = 8,0 N Triangle des forces (fermé) PT₁T₂ ΣF = 0 → triangle fermé
Figure 6 — Un panneau de poids P=8,0 NP = 8{,}0\ \text{N} est retenu par deux câbles symétriques inclinés de 36,9°36{,}9° sur la verticale, chacun de tension 5,0 N5{,}0\ \text{N} (triangle 33–44–55) : mis bout à bout à l'échelle, P⃗\vec{P}, T1⃗\vec{T_1} et T2⃗\vec{T_2} forment un triangle fermé.
Attention

Le triangle des forces se construit avec les vecteurs mis bout à bout (l'origine du deuxième vecteur à l'extrémité du premier), sans changer leur direction ni leur sens : ce n'est pas un simple triangle géométrique dessiné au hasard entre les trois droites d'action.

5.3  Le mouvement rectiligne uniforme

Définition

Un système est en mouvement rectiligne uniforme (MRU) dans un référentiel donné si sa trajectoire est une droite et si sa vitesse (en valeur) reste constante au cours du temps.

Exemple — un train sur une voie rectiligne

Un TGV lancé à 300 km⋅h−1300\ \text{km·h}^{-1} sur une voie parfaitement rectiligne, à vitesse affichée constante, est en MRU dans le référentiel terrestre. D'après le principe d'inertie, les forces qui s'exercent sur lui — poids, réaction des rails, force motrice, frottements de l'air — se compensent exactement, comme pour la brique de la Figure 4.

6Variation du vecteur vitesse

Le principe d'inertie et sa réciproque relient qualitativement forces et mouvement. On peut aller plus loin en étudiant précisément comment varie le vecteur vitesse lorsque les forces ne se compensent pas.

6.1  Direction de la variation de vitesse

Définition

Entre deux instants proches, on appelle vecteur variation de vitesse, noté Δv⃗\Delta\vec{v}, le vecteur défini par :

Δv⃗=vapreˋs⃗−vavant⃗\Delta\vec{v} = \vec{v_{\text{après}}} - \vec{v_{\text{avant}}}

Pour le construire, on place vavant⃗\vec{v_{\text{avant}}} et vapreˋs⃗\vec{v_{\text{après}}} à la même origine : Δv⃗\Delta\vec{v} va alors de l'extrémité de vavant⃗\vec{v_{\text{avant}}} à l'extrémité de vapreˋs⃗\vec{v_{\text{après}}}.

Exemple — une voiture qui accélère en ligne droite

La trajectoire est une droite, et la vitesse augmente : vapreˋs⃗\vec{v_{\text{après}}} est plus long que vavant⃗\vec{v_{\text{avant}}}, dans la même direction et le même sens. Le vecteur Δv⃗\Delta\vec{v} pointe donc lui aussi vers l'avant, dans le sens du mouvement.

Exemple — la même voiture qui freine

La trajectoire reste une droite, mais la vitesse diminue : vapreˋs⃗\vec{v_{\text{après}}} est plus court que vavant⃗\vec{v_{\text{avant}}}, toujours dans la même direction. Cette fois, Δv⃗\Delta\vec{v} pointe vers l'arrière — dans le sens opposé au mouvement.

6.2  Lien avec la résultante des forces

Propriété

Le vecteur variation de vitesse Δv⃗\Delta\vec{v} a la même direction et le même sens que la résultante des forces (la somme vectorielle de toutes les forces du bilan). Plus les forces sont déséquilibrées, plus Δv⃗\Delta\vec{v} est grand.

Cette propriété permet, sans calcul, de prédire le sens de la résultante des forces à partir de la seule observation du mouvement — c'est le lien annoncé en introduction entre bilan des forces et trajectoire, et c'est aussi la première marche vers la deuxième loi de Newton, que tu étudieras en Première.

Exemple — un cycliste qui prend un virage à vitesse constante

La valeur de la vitesse ne change pas, mais sa direction change à chaque instant : vapreˋs⃗\vec{v_{\text{après}}} et vavant⃗\vec{v_{\text{avant}}} ont la même longueur mais ne pointent pas dans la même direction, donc Δv⃗≠0⃗\Delta\vec{v} \neq \vec 0. D'après la propriété précédente, une résultante des forces non nulle, dirigée vers l'intérieur du virage, doit donc s'exercer sur le cycliste (elle est fournie par l'adhérence des pneus sur la route).

Attention

« Vitesse constante » ne veut pas dire « forces compensées » : seul un mouvement rectiligne et uniforme correspond à des forces compensées. Un virage à vitesse constante n'est pas un équilibre.

Fiche mémo

  • Force F⃗\vec F : quatre caractéristiques — point d'application, direction, sens, valeur en N\text{N}.
  • Poids : P=m×gP = m \times g, avec g=9,8 N⋅kg−1g = 9{,}8\ \text{N·kg}^{-1} sur Terre ; masse (kg) ≠ poids (N).
  • Dynamomètre : mesure une force par l'allongement d'un ressort, proportionnel à l'intensité.
  • Bilan des forces : système + référentiel + tous les contacts + toutes les actions à distance.
  • Principe d'inertie (Galilée 1638, Newton 1687) : forces compensées ⇔\Leftrightarrow repos ou mouvement rectiligne uniforme (MRU).
  • Réciproque : trajectoire non rectiligne ou vitesse non constante ⇒\Rightarrow forces non compensées.
  • Équilibre à deux forces : même droite d'action, sens opposés, même valeur (F2⃗=−F1⃗\vec{F_2}=-\vec{F_1}).
  • Équilibre à trois forces concourantes : construction du triangle des forces — fermé si et seulement si l'équilibre est vérifié.
  • MRU : trajectoire rectiligne + vitesse constante, dans le référentiel terrestre.
  • Δv⃗=vapreˋs⃗−vavant⃗\Delta\vec v = \vec{v_{\text{après}}} - \vec{v_{\text{avant}}} : même direction et sens que la résultante des forces.
  • Accélère en ligne droite ⇒\Rightarrow Δv⃗\Delta\vec v vers l'avant. Freine ⇒\Rightarrow Δv⃗\Delta\vec v vers l'arrière. Vire à vitesse constante ⇒\Rightarrow Δv⃗\Delta\vec v vers l'intérieur du virage.

7Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Classe chacune des actions mécaniques suivantes selon qu'elle est de contact ou à distance : (a) un aimant attire un trombone ; (b) une main pousse un chariot ; (c) la Terre attire la Lune ; (d) l'eau porte un bateau ; (e) le vent gonfle une voile.

Voir le corrigé détaillé
ActionType
(a) aimant / tromboneà distance (magnétique)
(b) main / chariotcontact
(c) Terre / Luneà distance (gravitationnelle)
(d) eau / bateaucontact
(e) vent / voilecontact
2

Sur la Figure 1, quelle est l'intensité du poids indiquée par le dynamomètre ? En déduire la masse de l'objet accroché (g=9,8 N⋅kg−1g = 9{,}8\ \text{N·kg}^{-1}).

Voir le corrigé détaillé

La lecture du dynamomètre donne P=3,5 NP = 3{,}5\ \text{N}. À l'équilibre, cette force est égale au poids de l'objet.

  1. P=m×g⇒m=PgP = m \times g \Rightarrow m = \dfrac{P}{g}
  2. m=3,59,8m = \dfrac{3{,}5}{9{,}8}
  3. ≈\approx0,357 kg≈357 g0{,}357\ \text{kg} \approx 357\ \text{g}
3

Calcule l'intensité du poids d'objets de masses m1=2,0 kgm_1 = 2{,}0\ \text{kg}, m2=500 gm_2 = 500\ \text{g} et m3=12 kgm_3 = 12\ \text{kg}.

Voir le corrigé détaillé
  1. P1=2,0×9,8=19,6 NP_1 = 2{,}0 \times 9{,}8 = 19{,}6\ \text{N}
  2. m2=500 g=0,500 kgm_2 = 500\ \text{g} = 0{,}500\ \text{kg}conversion obligatoire avant le calcul
  3. P2=0,500×9,8=4,9 NP_2 = 0{,}500 \times 9{,}8 = 4{,}9\ \text{N}
  4. P3=12×9,8=117,6 NP_3 = 12 \times 9{,}8 = 117{,}6\ \text{N}
4

Un vase, de poids P=6,0 NP = 6{,}0\ \text{N}, est immobile sur une étagère horizontale. 1) Dresse le bilan des forces. 2) Que peut-on dire de la réaction N⃗\vec N de l'étagère ?

Voir le corrigé détaillé

1. Le vase, immobile, subit deux forces : son poids P⃗\vec P (vertical, vers le bas) et la réaction N⃗\vec N de l'étagère (verticale, vers le haut).

2. Le vase est à l'équilibre sous deux forces : d'après le théorème de la section 5, N⃗\vec N et P⃗\vec P ont la même droite d'action (la verticale), des sens opposés, et la même valeur.

  1. N=PN = P
  2. ==6,0 N6{,}0\ \text{N}
5

Vrai ou faux ? Justifie chaque réponse à l'aide du principe d'inertie. (a) Si un objet est immobile, aucune force ne s'exerce sur lui. (b) Si les forces qui s'exercent sur un objet se compensent, il est nécessairement immobile. (c) Un palet lancé sur une glace sans frottement continuerait indéfiniment en ligne droite. (d) Une voiture qui prend un virage à vitesse constante est à l'équilibre. (e) Galilée est le premier à avoir eu l'intuition du principe d'inertie.

Voir le corrigé détaillé
  • (a) Faux. Un objet immobile peut subir plusieurs forces, à condition qu'elles se compensent (comme le vase de l'exercice 4).
  • (b) Faux. Des forces compensées entraînent le repos ou le mouvement rectiligne uniforme.
  • (c) Vrai. C'est exactement l'expérience de pensée de Galilée (1638) : sans frottement, rien n'arrête un mouvement rectiligne uniforme.
  • (d) Faux. La trajectoire n'étant pas rectiligne, les forces ne se compensent pas (voir section 6).
  • (e) Vrai. Galilée l'imagine dès 1638 ; Newton le formalise en 1687 dans sa première loi.
Niveau 2 — Approfondissement
6

Une lampe de masse m=350 gm = 350\ \text{g} est suspendue à un fil, immobile. 1) Dresse le bilan des forces. 2) Calcule l'intensité de son poids. 3) En déduis la tension du fil.

Voir le corrigé détaillé

1. Deux forces : le poids P⃗\vec P (vertical, vers le bas, appliqué au centre de gravité) et la tension T⃗\vec T du fil (verticale, vers le haut, appliquée au point d'accroche) — comme sur la Figure 3.

  1. P=m×g=0,350×9,8P = m \times g = 0{,}350 \times 9{,}8
  2. ==3,43 N3{,}43\ \text{N}
  3. équilibre sous deux forces ⇒T=P\Rightarrow T = P
  4. ==3,43 N3{,}43\ \text{N}
7

Un conteneur de masse m=40 kgm = 40\ \text{kg} est tiré à vitesse constante sur un quai horizontal ; la tension du câble vaut T=90 NT = 90\ \text{N}. 1) Dresse le bilan des forces (4 forces). 2) Calcule PP et déduis-en NN. 3) Que vaut le frottement ff ?

Voir le corrigé détaillé

1. Comme pour la brique de la Figure 4 : poids P⃗\vec P, réaction N⃗\vec N, tension T⃗\vec T et frottement f⃗\vec f.

  1. P=40×9,8=392 NP = 40 \times 9{,}8 = 392\ \text{N}
  2. mouvement rectiligne uniforme ⇒\Rightarrow forces compensées
  3. ⇒\Rightarrowverticalement : N=P=392 NN = P = 392\ \text{N}
  4. ⇒\Rightarrowhorizontalement : f=T=90 Nf = T = 90\ \text{N}
8

Pour chaque situation, indique si le système est en mouvement rectiligne uniforme et si les forces qu'il subit se compensent : (a) un ascenseur qui monte à vitesse constante ; (b) un train qui freine en entrant en gare ; (c) une voiture qui démarre à un feu ; (d) un satellite en orbite circulaire à vitesse constante.

Voir le corrigé détaillé
  • (a) Trajectoire rectiligne (verticale), vitesse constante ⇒\Rightarrow MRU ⇒\Rightarrow forces compensées.
  • (b) Trajectoire rectiligne mais vitesse diminue ⇒\Rightarrow pas un MRU ⇒\Rightarrow forces non compensées.
  • (c) Trajectoire rectiligne mais vitesse augmente ⇒\Rightarrow pas un MRU ⇒\Rightarrow forces non compensées.
  • (d) Vitesse constante mais trajectoire circulaire, donc non rectiligne ⇒\Rightarrow pas un MRU ⇒\Rightarrow forces non compensées (résultante dirigée vers le centre).
9

On pousse horizontalement un colis de masse 20 kg20\ \text{kg} avec une force F=15 NF = 15\ \text{N} ; il ne bouge pas. 1) Dresse le bilan des forces (poids, réaction, poussée, frottement). 2) Le colis étant immobile, que vaut la somme des forces ? 3) Déduis-en l'intensité du frottement statique. 4) Calcule NN.

Voir le corrigé détaillé

1. Quatre forces : P⃗\vec P, N⃗\vec N, la poussée F⃗\vec F (horizontale) et le frottement statique f⃗\vec f (horizontal, opposé au mouvement tendanciel).

2. Le colis est immobile : d'après le principe d'inertie, la somme des forces est nulle.

  1. horizontalement : f=Ff = F
  2. ==15 N15\ \text{N}
  3. verticalement : N=P=m×g=20×9,8N = P = m \times g = 20 \times 9{,}8
  4. ==196 N196\ \text{N}
10

Un système ponctuel subit F1⃗\vec{F_1}, horizontale vers la droite, de valeur 6,0 N6{,}0\ \text{N}, et F2⃗\vec{F_2}, horizontale vers la gauche, de valeur 6,0 N6{,}0\ \text{N}. 1) Ces deux forces réalisent-elles un équilibre ? 2) On ajoute une troisième force F3⃗\vec{F_3}, verticale, de valeur 4,0 N4{,}0\ \text{N} : le système est-il encore à l'équilibre avec ces trois seules forces ? Justifie.

Voir le corrigé détaillé

1. F1⃗\vec{F_1} et F2⃗\vec{F_2} ont la même droite d'action (l'horizontale), des sens opposés et la même valeur 6,0 N6{,}0\ \text{N} : elles réalisent bien un équilibre à deux forces (F1⃗+F2⃗=0⃗\vec{F_1} + \vec{F_2} = \vec 0).

2. En ajoutant F3⃗\vec{F_3}, la somme devient F1⃗+F2⃗+F3⃗=0⃗+F3⃗=F3⃗≠0⃗\vec{F_1} + \vec{F_2} + \vec{F_3} = \vec 0 + \vec{F_3} = \vec{F_3} \neq \vec 0 puisque F3=4,0 N≠0F_3 = 4{,}0\ \text{N} \neq 0. Le système n'est plus à l'équilibre : il faudrait une quatrième force verticale de 4,0 N4{,}0\ \text{N}, de sens opposé à F3⃗\vec{F_3}, pour rétablir l'équilibre.

Niveau 3 — Défi
11

Une benne de poids P=24 NP = 24\ \text{N} est suspendue au plafond par deux chaînes symétriques, chacune faisant un angle θ\theta avec la verticale tel que tan⁡θ=512\tan\theta = \dfrac{5}{12} (Figure 7).

  1. Dresse le bilan des forces sur la benne. Sont-elles concourantes ?
  2. Calcule l'angle θ\theta, arrondi au dixième de degré.
  3. On admet qu'à l'équilibre, la somme des composantes verticales des deux tensions égale PP, soit 2 Tcos⁡θ=P2\,T\cos\theta = P. Sachant que cos⁡θ=1213\cos\theta = \dfrac{12}{13}, calcule la tension TT dans chaque chaîne.
  4. Construis le triangle des forces correspondant et vérifie qu'il se ferme.
Benne suspendue par deux chaînes θθ P = 24 N
Figure 7 — Énoncé : la benne, son angle θ\theta et son poids connu.
Voir le corrigé détaillé

1. Trois forces : le poids P⃗\vec P et les deux tensions T1⃗\vec{T_1}, T2⃗\vec{T_2}. Leurs trois droites d'action se coupent toutes au point d'accroche de la benne : elles sont bien concourantes.

2. Calcul de l'angle :

  1. tan⁡θ=512\tan\theta = \dfrac{5}{12}
  2. ⇒\Rightarrowθ=arctan⁡(512)\theta = \arctan\left(\dfrac{5}{12}\right)
  3. ≈\approx22,6°22{,}6°

3. Calcul de la tension :

  1. 2 Tcos⁡θ=P2\,T\cos\theta = P
  2. ⇒\RightarrowT=P2cos⁡θ=242×1213T = \dfrac{P}{2\cos\theta} = \dfrac{24}{2 \times \frac{12}{13}}
  3. ==24×1324\dfrac{24 \times 13}{24}
  4. ==13 N13\ \text{N}

4. Avec T1=T2=13 NT_1=T_2=13\ \text{N}, les composantes horizontales valent 13×513=5 N13 \times \frac{5}{13}=5\ \text{N} chacune (elles s'annulent) et les composantes verticales 13×1213=12 N13 \times \frac{12}{13}=12\ \text{N} chacune, soit 12+12=24 N=P12+12=24\ \text{N}=P : le triangle se ferme bien, comme le montre la Figure 8.

Triangle des forces (solution) P = 24 N T₁ = 13 N T₂ = 13 N tan θ = 5/12 → θ ≈ 22,6° T₁ = T₂ = 13 N
Figure 8 — Le triangle des forces se ferme : P⃗+T1⃗+T2⃗=0⃗\vec P + \vec{T_1} + \vec{T_2} = \vec 0.
12

Une voiture roule en ligne droite à v0=90 km⋅h−1v_0 = 90\ \text{km·h}^{-1}, puis freine jusqu'à v1=54 km⋅h−1v_1 = 54\ \text{km·h}^{-1}.

  1. Convertis v0v_0 et v1v_1 en m⋅s−1\text{m·s}^{-1}.
  2. La trajectoire étant rectiligne, calcule Δv=v1−v0\Delta v = v_1 - v_0 et précise le sens de Δv⃗\Delta\vec v.
  3. Que peut-on en déduire sur la résultante des forces exercées sur la voiture pendant le freinage ?
Voir le corrigé détaillé

1. Conversion (diviser par 3,63{,}6) :

  1. v0=903,6=25 m⋅s−1v_0 = \dfrac{90}{3{,}6} = 25\ \text{m·s}^{-1}
  2. v1=543,6=15 m⋅s−1v_1 = \dfrac{54}{3{,}6} = 15\ \text{m·s}^{-1}

2. Le mouvement restant rectiligne, on peut travailler directement sur les valeurs algébriques (mouvement vers l'avant compté positivement) :

  1. Δv=v1−v0\Delta v = v_1 - v_0
  2. ==15−2515 - 25
  3. ==−10 m⋅s−1-10\ \text{m·s}^{-1}

Le signe négatif indique que Δv⃗\Delta\vec v pointe vers l'arrière, dans le sens opposé au mouvement.

3. D'après la propriété de la section 6, la résultante des forces a la même direction et le même sens que Δv⃗\Delta\vec v : elle est donc dirigée vers l'arrière du véhicule pendant le freinage (freins et frottements l'emportent sur toute force motrice).

13

Une caisse de poids P=100 NP = 100\ \text{N} est immobile sur un plan incliné sans frottement, faisant un angle α=30°\alpha = 30° avec l'horizontale ; elle est retenue par un câble parallèle au plan incliné.

  1. Dresse le bilan des forces (P⃗\vec P, réaction N⃗\vec N perpendiculaire au plan, tension T⃗\vec T parallèle au plan). Sont-elles concourantes ?
  2. On admet qu'à l'équilibre, projetées sur les axes du plan incliné, T=Psin⁡αT = P\sin\alpha et N=Pcos⁡αN = P\cos\alpha. Calcule TT et NN.
Voir le corrigé détaillé

1. Trois forces concourantes au centre de gravité de la caisse : le poids P⃗\vec P (vertical), la réaction N⃗\vec N (perpendiculaire au plan incliné) et la tension T⃗\vec T (parallèle au plan, vers le haut de la pente).

2. Avec sin⁡30°=0,5\sin 30° = 0{,}5 et cos⁡30°≈0,866\cos 30° \approx 0{,}866 :

  1. T=Psin⁡α=100×0,5T = P\sin\alpha = 100 \times 0{,}5
  2. ==50 N50\ \text{N}
  3. N=Pcos⁡α=100×0,866N = P\cos\alpha = 100 \times 0{,}866
  4. ≈\approx86,6 N86{,}6\ \text{N}
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

La pirogue de Dakar. Un pêcheur tire sa pirogue, de masse 150 kg150\ \text{kg}, sur le sable, à vitesse constante, à l'aide d'une corde horizontale. Le frottement du sable sur la coque vaut f=220 Nf = 220\ \text{N}.

  1. Dresse le bilan des forces sur la pirogue.
  2. Que vaut la tension de la corde ?
  3. Calcule le poids de la pirogue et la réaction du sable.
Voir le corrigé détaillé

1. Quatre forces, comme sur la Figure 4 : poids P⃗\vec P, réaction N⃗\vec N du sable, tension T⃗\vec T de la corde, frottement f⃗\vec f du sable.

2. Vitesse constante sur trajectoire rectiligne ⇒\Rightarrow MRU ⇒\Rightarrow forces compensées horizontalement :

  1. T=fT = f
  2. ==220 N220\ \text{N}

3. Verticalement :

  1. P=m×g=150×9,8P = m \times g = 150 \times 9{,}8
  2. ==1 470 N1\,470\ \text{N}
  3. N=PN = P
  4. ==1 470 N1\,470\ \text{N}
15

La charrette d'Abéché. Un âne tire, à vitesse constante, une charrette chargée sur une route de terre à Abéché. Un dynamomètre placé sur le harnais indique une tension T=180 NT = 180\ \text{N}.

  1. Que peut-on dire du frottement exercé par la route sur les roues ?
  2. La charrette et son chargement ont une masse totale de 210 kg210\ \text{kg} : calcule leur poids et la réaction totale du sol.
Voir le corrigé détaillé

1. Vitesse constante, trajectoire rectiligne ⇒\Rightarrow MRU ⇒\Rightarrow forces horizontales compensées : le frottement vaut donc f=T=180 Nf = T = 180\ \text{N}, dirigé vers l'arrière.

2.

  1. P=210×9,8P = 210 \times 9{,}8
  2. ==2 058 N2\,058\ \text{N}
  3. N=PN = P
  4. ==2 058 N2\,058\ \text{N}
16

La grue d'Abidjan. Sur un chantier, une grue soulève une charge de béton de masse 800 kg800\ \text{kg}, à vitesse verticale constante.

  1. Dresse le bilan des forces sur la charge (deux forces).
  2. Sont-elles à l'équilibre ? Justifie à l'aide du principe d'inertie.
  3. Calcule la tension du câble de levage.
Voir le corrigé détaillé

1. Deux forces : le poids P⃗\vec P (vertical, vers le bas) et la tension T⃗\vec T du câble (verticale, vers le haut).

2. La charge monte à vitesse constante sur une trajectoire rectiligne (verticale) : c'est un MRU. D'après le principe d'inertie, les forces sont donc compensées.

3.

  1. P=800×9,8P = 800 \times 9{,}8
  2. ==7 840 N7\,840\ \text{N}
  3. équilibre ⇒T=P\Rightarrow T = P
  4. ==7 840 N7\,840\ \text{N}

📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

Coche une réponse par question, puis clique sur « Vérifier mes réponses » : tu obtiens ta note sur 20 avec la correction détaillée de chaque question.

Qu'est-ce qu'une force, au sens de la physique ?

Explication : Une action mécanique se modélise par un vecteur force F⃗\vec F lorsqu'elle peut déformer un objet, modifier son mouvement, ou le maintenir en équilibre. Son intensité se mesure en newtons.

Dans quelle unité mesure-t-on l'intensité d'une force ?

Explication : L'intensité d'une force se mesure en newtons, symbole N, en hommage à Isaac Newton. Le kg est l'unité de masse, le J celle d'énergie, le W celle de puissance.

La gravitation terrestre, qui attire un objet vers le sol sans qu'il y ait contact, est un exemple typique :

Explication : Une action à distance ne nécessite aucun contact entre les deux objets — c'est le cas de la gravitation (comme de l'attraction magnétique). Le poids qui en résulte est d'ailleurs une action répartie, pas localisée.

Quelle est la relation entre le poids PP et la masse mm d'un objet ?

Explication : Le poids est proportionnel à la masse : P=m×gP = m \times g, avec g=9,8 N⋅kg−1g = 9{,}8\ \text{N·kg}^{-1} à la surface de la Terre.

Que peut-on affirmer sur la masse et le poids d'un objet ?

Explication : La masse mesure la quantité de matière et ne change jamais ; le poids est une force qui dépend de gg, donc du lieu (sur la Lune, g≈1,6 N⋅kg−1g \approx 1{,}6\ \text{N·kg}^{-1}, bien plus faible que sur Terre).

Un sac de riz de masse m=15m = 15 kg a un poids d'intensité (g=9,8 N⋅kg−1g = 9{,}8\ \text{N·kg}^{-1}) :

Explication : P=m×g=15×9,8P = m \times g = 15 \times 9{,}8
=147 N= 147\ \text{N}.

Le principe du dynamomètre repose sur le fait que :

Explication : Robert Hooke a montré en 1676-1678 que l'allongement d'un ressort est proportionnel à la force qui l'étire (« telle extension, telle force »), tant qu'il n'est pas déformé de façon permanente. C'est ce principe qui permet au dynamomètre de mesurer des newtons.

Un vecteur force F⃗\vec F est caractérisé par quatre éléments indissociables. Lesquels ?

Explication : Un vecteur force est défini par son point d'application, sa direction (la droite d'action), son sens le long de cette droite, et sa valeur en newtons. Changer un seul de ces éléments donne une force différente.

Un livre est posé sur une table. Le bilan des forces subies par le livre doit-il inclure la force que le livre exerce sur la table ?

Explication : C'est un piège classique. Le bilan des forces subies par le livre recense uniquement ce que le livre reçoit (son poids, la réaction de la table) — jamais la force qu'il exerce lui-même sur la table.

Le principe d'inertie, formalisé par Newton en 1687 dans ses Principia, prolonge une intuition proposée dès 1638 par :

Explication : En 1638, Galilée imagine une bille roulant sans frottement sur un plan horizontal : rien ne l'arrêterait jamais. Newton donne à cette idée sa forme définitive en 1687, dans sa première loi du mouvement.

D'après le principe d'inertie, si les forces qui s'exercent sur un système se compensent, alors ce système est :

Explication : Le principe d'inertie prévoit deux possibilités, pas une seule : forces compensées ⇔\Leftrightarrow repos ou mouvement rectiligne uniforme. Attention à ne pas oublier la seconde possibilité.

Si la trajectoire d'un système n'est pas rectiligne, ou si sa vitesse varie, que peut-on en conclure sur les forces qu'il subit ?

Explication : C'est la réciproque (contraposée) du principe d'inertie : trajectoire non rectiligne ou vitesse non constante implique que les forces ne se compensent pas.

Un système est soumis à exactement deux forces F1⃗\vec{F_1} et F2⃗\vec{F_2} et reste à l'équilibre. Que peut-on affirmer ?

Explication : À l'équilibre sous deux forces, F1⃗+F2⃗=0⃗\vec{F_1}+\vec{F_2}=\vec 0 donc F2⃗=−F1⃗\vec{F_2}=-\vec{F_1} : les deux vecteurs partagent la même droite d'action, ont des sens opposés et la même valeur F1=F2F_1=F_2.

Un vase de poids P=6,0P = 6{,}0 N est immobile sur une étagère horizontale. Quelle est l'intensité de la réaction NN de l'étagère ?

Explication : Le vase est à l'équilibre sous deux forces (P⃗\vec P et N⃗\vec N) : elles ont donc la même valeur, N=P=6,0 NN = P = 6{,}0\ \text{N}.

Un panneau est suspendu par deux câbles inclinés (trois forces concourantes : le poids et deux tensions). Comment vérifier graphiquement que le système est à l'équilibre ?

Explication : Pour trois forces concourantes, on trace les vecteurs bout à bout (sans changer direction ni sens) : si le triangle formé se ferme, alors F1⃗+F2⃗+F3⃗=0⃗\vec{F_1}+\vec{F_2}+\vec{F_3}=\vec 0 et le système est à l'équilibre.

Un système est en mouvement rectiligne uniforme (MRU) si :

Explication : Le MRU exige les deux conditions à la fois : trajectoire rectiligne et vitesse constante. Manque l'une des deux, et ce n'est plus un MRU.

Le vecteur variation de vitesse Δv⃗\Delta\vec v entre deux instants proches est défini par :

Explication : Attention à l'ordre : Δv⃗=vapreˋs⃗−vavant⃗\Delta\vec v = \vec{v_{\text{après}}} - \vec{v_{\text{avant}}}, et non l'inverse — inverser l'ordre inverserait le sens du vecteur.

Le vecteur Δv⃗\Delta\vec v a toujours :

Explication : Δv⃗\Delta\vec v a la même direction et le même sens que la résultante des forces (somme vectorielle du bilan) : plus les forces sont déséquilibrées, plus Δv⃗\Delta\vec v est grand.

Une voiture prend un virage à vitesse constante (en valeur). Peut-on dire qu'elle est à l'équilibre, forces compensées ?

Explication : « Vitesse constante » ne veut pas dire « forces compensées » : il faut aussi une trajectoire rectiligne. Dans un virage, la direction du vecteur vitesse change, donc Δv⃗≠0⃗\Delta\vec v \neq \vec 0 et la résultante des forces n'est pas nulle.

Une moto roule en ligne droite à v0=72v_0 = 72 km/h, puis accélère jusqu'à v1=108v_1 = 108 km/h. Dans quel sens pointe Δv⃗\Delta\vec v ?

Explication : v0=723,6=20 m⋅s−1v_0 = \dfrac{72}{3{,}6} = 20\ \text{m·s}^{-1}, v1=1083,6=30 m⋅s−1v_1 = \dfrac{108}{3{,}6} = 30\ \text{m·s}^{-1}.
La vitesse augmente sur une trajectoire rectiligne : vapreˋs⃗\vec{v_{\text{après}}} est plus long que vavant⃗\vec{v_{\text{avant}}}, dans le même sens, donc Δv⃗\Delta\vec v pointe vers l'avant.
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