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Énergie : formes, transferts et conservation

Recenser les formes d'énergie et appliquer la conservation.

Physique Seconde Chapitre 6 / 8 ⏱ 7 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Établir un bilan énergétique
  • Calculer un rendement
  • Analyser une chaîne énergétique réelle

Le soleil chauffe le sable de Ndjamena, l'eau retenue par le barrage de Manantali fait tourner des turbines, la batterie de ton téléphone s'épuise au fil de la journée, un footballeur épuisé « n'a plus d'énergie » pour le dernier sprint. Dans tous ces exemples, un seul mot revient : énergie. C'est l'une des idées les plus puissantes de la physique, parce qu'elle relie des phénomènes qui semblent n'avoir rien en commun — la chute d'une pierre, la combustion de l'essence, l'éclairage d'une lampe — sous une seule et même grandeur, mesurable et toujours conservée.

Jusqu'ici, tu as étudié le mouvement (vitesse, trajectoire) et les forces qui le provoquent. Ce chapitre change de point de vue : au lieu de suivre comment un système se déplace, on va suivre combien d'énergie il possède, reçoit, transforme ou restitue. Tu vas apprendre à donner un nombre, en joules, à des situations très concrètes — un objet qui tombe, une centrale qui produit de l'électricité, un moteur qui chauffe — et à vérifier que ce nombre ne se perd jamais complètement : il se transforme, se transfère, mais ne disparaît pas.

Trois objectifs guident ce chapitre : savoir établir un bilan énergétique (repérer toutes les formes d'énergie en jeu dans une situation), savoir calculer un rendement (comparer ce qu'un dispositif reçoit à ce qu'il restitue réellement d'utile), et savoir analyser une chaîne énergétique réelle — celle d'un barrage, d'un panneau solaire ou d'un simple moteur.

Ce sont des outils que tu utiliseras dans presque tous les chapitres de physique qui suivent, et bien au-delà du lycée : ingénieurs, agriculteurs, économistes de l'énergie raisonnent tous, un jour ou l'autre, en joules et en watts. Munis-toi d'une calculatrice, d'un peu de rigueur sur les unités, et c'est parti.

1Énergie cinétique et potentielle

1.1  Les formes d'énergie

Avant de calculer quoi que ce soit, il faut savoir reconnaître l'énergie sous ses différents déguisements. Le tableau ci-dessous recense les principales formes rencontrées au lycée.

FormeOrigine physiqueExemple
Cinétiquemouvement d'un corpsvoiture qui roule, vent
Potentielle de pesanteuraltitude dans le champ de pesanteureau retenue par un barrage
Chimiqueliaisons entre atomesessence, aliments, pile électrique
Électriquecourant électriquesecteur, batterie en fonctionnement
Thermique (interne)agitation des particuleseau chaude, four
Lumineuserayonnement électromagnétiqueSoleil, ampoule LED
Nucléairenoyau des atomescentrale nucléaire, Soleil
Définition

L'énergie d'un système est une grandeur physique qui mesure sa capacité à produire un effet : mettre en mouvement, chauffer, éclairer, déformer… Elle se note EE et s'exprime en joules, symbole J\text{J}, dans le Système International.

Deux de ces formes se calculent très simplement à partir de grandeurs que tu connais déjà : la vitesse et l'altitude. Ce sont l'énergie cinétique et l'énergie potentielle de pesanteur, objets de cette section.

1.2  Énergie cinétique

Définition

Un système de masse mm (en kg), animé d'une vitesse vv (en m·s⁻¹), possède une énergie cinétique :

Ec=12mv2E_c = \dfrac{1}{2} m v^{2}

EcE_c s'exprime en joules (J) lorsque mm est en kg et vv en m·s⁻¹. Un système immobile a Ec=0E_c = 0 : il n'y a pas d'énergie cinétique sans mouvement.

Méthode — convertir une vitesse en m·s⁻¹

Les vitesses routières sont données en km/h, mais la formule exige des m·s⁻¹. On divise par 3,63{,}6 :

v (m⋅s−1)=v (km/h)3,6v\ (\text{m·s}^{-1}) = \dfrac{v\ (\text{km/h})}{3{,}6}

Exemple — énergie cinétique d'une voiture

Une voiture de masse m=1 200m = 1\,200 kg roule à 7272 km/h. Calcule son énergie cinétique.

  1. v=723,6v = \dfrac{72}{3{,}6}conversion km/h → m·s⁻¹
  2. ==20 m⋅s−120\ \text{m·s}^{-1}
  3. Ec=12×1 200×202E_c = \dfrac{1}{2} \times 1\,200 \times 20^{2}
  4. ==12×1 200×400\dfrac{1}{2} \times 1\,200 \times 400
  5. ==240 000 J=240 kJ240\,000\ \text{J} = 240\ \text{kJ}
Attention

EcE_c dépend du carré de la vitesse : doubler la vitesse quadruple l'énergie cinétique (et donc, comme tu le verras en cours de mécanique, la distance nécessaire pour arrêter un véhicule). C'est un des pièges classiques : ne confonds jamais « deux fois plus vite » avec « deux fois plus d'énergie ».

Exemple — comparer deux vitesses

Un cycliste de masse m=70m = 70 kg roule d'abord à v1=5v_1 = 5 m·s⁻¹, puis à v2=10v_2 = 10 m·s⁻¹. Compare les deux énergies cinétiques.

  1. Ec1=12×70×52=875 JE_{c1} = \dfrac{1}{2} \times 70 \times 5^{2} = 875\ \text{J}
  2. Ec2=12×70×102=3 500 JE_{c2} = \dfrac{1}{2} \times 70 \times 10^{2} = 3\,500\ \text{J}
  3. ⇒\RightarrowEc2=4×Ec1E_{c2} = 4 \times E_{c1}la vitesse a doublé, l'énergie a été multipliée par 22=42^2 = 4

1.3  Énergie potentielle de pesanteur

Définition

Un système de masse mm (en kg), situé à une altitude hh (en m) au-dessus d'un niveau de référence, possède une énergie potentielle de pesanteur :

Epp=mghE_{pp} = m g h

où gg est l'intensité de la pesanteur, g=9,8 m⋅s−2g = 9{,}8\ \text{m·s}^{-2} à la surface de la Terre. EppE_{pp} s'exprime en joules.

Attention

EppE_{pp} se mesure toujours par rapport à un niveau de référence choisi (h=0h = 0), le plus souvent le sol. Ce choix ne change rien à un calcul de variation d'énergie, mais il faut toujours préciser la référence utilisée.

Exemple — énergie potentielle d'une caisse

Une caisse de m=25m = 25 kg est posée sur une étagère à h=1,8h = 1{,}8 m du sol. Calcule son énergie potentielle de pesanteur (référence : le sol).

  1. Epp=mghE_{pp} = m g h
  2. ==25×9,8×1,825 \times 9{,}8 \times 1{,}8
  3. ==441 J441\ \text{J}
Exemple — l'eau retenue par un barrage

Un barrage retient un volume d'eau ; on isole une masse m=1 000m = 1\,000 kg (un mètre cube) située h=30h = 30 m au-dessus des turbines. Quelle est son énergie potentielle de pesanteur ?

  1. Epp=1 000×9,8×30E_{pp} = 1\,000 \times 9{,}8 \times 30
  2. ==294 000 J=294 kJ294\,000\ \text{J} = 294\ \text{kJ}

C'est précisément cette énergie, multipliée par le débit d'eau chaque seconde, qui alimente les turbines d'une centrale hydraulique — tu retrouveras ce calcul en section 6.

2Énergie interne et transfert thermique

2.1  Énergie interne

Définition

À l'échelle microscopique, un objet est constitué d'un très grand nombre de particules (atomes, molécules) en perpétuelle agitation désordonnée. L'énergie interne UU d'un système est la somme des énergies cinétiques (agitation) et potentielles (interactions) de toutes ces particules. Elle s'exprime en joules.

Propriété

Plus l'agitation moyenne des particules est grande, plus l'énergie interne est élevée — et plus la température du système est élevée. La température est donc une mesure indirecte, à notre échelle, de cette agitation invisible.

Cette énergie interne n'apparaît pas au collège comme une grandeur calculable simplement (elle dépend de la nature du matériau et fait l'objet d'un chapitre dédié à la calorimétrie) ; ce qu'il faut retenir ici, c'est qu'elle constitue une forme d'énergie à part entière, stockée dans la matière elle-même, et qu'elle peut être échangée entre systèmes.

2.2  Transfert thermique (chaleur)

Définition

Le transfert thermique, ou chaleur, noté QQ, est un transfert d'énergie entre deux systèmes qui sont à des températures différentes. Il s'exprime en joules.

Propriété — sens spontané

Un transfert thermique se produit toujours spontanément du corps le plus chaud vers le corps le plus froid, jamais l'inverse. Il cesse lorsque les deux systèmes atteignent la même température (équilibre thermique).

Trois modes de transfert thermique existent : la conduction (de proche en proche, dans la matière, sans déplacement global — le manche d'une cuillère qui chauffe dans la marmite), la convection (par déplacement d'un fluide chaud — l'air chauffé qui monte au-dessus d'un feu), et le rayonnement (sans support matériel, même dans le vide — la chaleur du Soleil qui traverse l'espace).

Exemple — identifier les modes de transfert

Sur un marché de Bamako, une marmite de riz chauffe sur un réchaud. Identifie le mode de transfert thermique dans chaque cas : (a) la base métallique de la marmite s'échauffe au contact des braises ; (b) le riz remue et se réchauffe uniformément dans l'eau ; (c) une personne assise à un mètre sent la chaleur du réchaud sur son visage.

Réponse. (a) conduction : transfert de proche en proche dans le métal. (b) convection : l'eau chaude, moins dense, monte et brasse la chaleur dans toute la marmite. (c) rayonnement : la chaleur traverse l'air sans support matériel, comme la lumière.

Exemple — sens du transfert

Un glaçon à 0 °C0\ °\text{C} est plongé dans un verre d'eau à 25 °C25\ °\text{C}. Décris le transfert thermique jusqu'à ce que tout le glaçon ait fondu et que l'eau soit à température uniforme.

Réponse. L'eau (chaude) cède de l'énergie thermique au glaçon (froid) : le transfert se fait de l'eau vers le glaçon, jamais l'inverse. L'énergie interne du glaçon augmente (il fond), celle de l'eau diminue (sa température baisse), jusqu'à l'équilibre thermique final.

Physique & Co — Le canon de Rumford

Pendant longtemps, les savants ont cru que la chaleur était un fluide invisible, le « calorique », qui passerait d'un corps à un autre. En 1798, le physicien Benjamin Thompson, comte de Rumford, dirige le forage de canons dans un arsenal de Munich. Il observe que le simple frottement de l'outil de forage échauffe indéfiniment le métal, sans limite et sans qu'aucune matière ne soit consommée — alors qu'un fluide « calorique » aurait fini par s'épuiser. Il en conclut que la chaleur n'est pas une substance, mais résulte du mouvement désordonné des particules de matière : une intuition qui annonce, un demi-siècle avant l'heure, la notion moderne d'énergie interne.

3Travail et chaleur

3.1  Travail d'une force

Définition

Lorsqu'une force F⃗\vec F constante, de même direction que le déplacement, agit sur un système qui se déplace d'une distance dd (en m), elle réalise un travail :

W=F×dW = F \times d

WW s'exprime en joules lorsque FF est en newtons (N) et dd en mètres. Le travail est dit moteur si la force agit dans le sens du déplacement (elle apporte de l'énergie), résistant si elle s'y oppose (elle en retire, comme un frottement).

Exemple — travail du poids lors d'un levage

Une grue soulève, à vitesse constante, un sac de ciment de m=50m = 50 kg sur une hauteur d=3d = 3 m. Calcule le travail moteur exercé par le câble.

  1. à vitesse constante, la force du câble compense le poids
  2. F=mg=50×9,8=490 NF = mg = 50 \times 9{,}8 = 490\ \text{N}
  3. W=F×dW = F \times d
  4. ==490×3490 \times 3
  5. ==1 470 J1\,470\ \text{J}

On retrouve exactement la variation d'énergie potentielle du sac : ΔEpp=mgd=1 470\Delta E_{pp} = mgd = 1\,470 J. Le travail moteur du câble a servi à augmenter l'énergie potentielle du sac.

Exemple — travail résistant du frottement

Un enfant tire un chariot sur d=8d = 8 m ; la force de frottement du sol vaut f=15f = 15 N et s'oppose au déplacement. Calcule le travail résistant du frottement.

  1. le frottement s'oppose au mouvement : travail résistant, compté négativement
  2. Wf=−f×dW_f = -f \times d
  3. ==−15×8-15 \times 8
  4. ==−120 J-120\ \text{J}

Cette énergie de 120120 J n'est pas perdue pour l'Univers : elle est transférée sous forme de chaleur au sol et aux roues, qui s'échauffent légèrement.

3.2  Deux modes de transfert, pas des formes de stockage

Propriété

Le travail WW et la chaleur QQ sont les deux façons dont l'énergie peut être transférée d'un système à un autre. Contrairement aux formes d'énergie de la section 1 (cinétique, potentielle, chimique…), qui décrivent ce qu'un système possède à un instant donné, WW et QQ ne se « possèdent » pas : ils décrivent un échange, comme un versement bancaire n'est pas de l'argent que l'on garde mais un mouvement entre deux comptes.

Attention

Ne confonds pas travail (lié à une force et à un déplacement, en joules) et puissance (qui mesure la rapidité d'un transfert d'énergie, en watts) : la puissance sera définie précisément en section 7. Ne confonds pas non plus chaleur (transfert dû à une différence de température) et énergie interne (ce qui est stocké dans la matière) : la chaleur est ce qui fait varier l'énergie interne, elle n'est pas l'énergie interne elle-même.

Physique & Co — L'expérience des palettes de Joule

Entre 1843 et 1845, le physicien anglais James Prescott Joule réalise une expérience restée célèbre : un poids qui descend fait tourner, par un système de poulies, des palettes plongées dans un récipient d'eau isolé. Il mesure très précisément le travail fourni par la chute du poids, et l'échauffement de l'eau qui en résulte. Il montre ainsi qu'une quantité fixe de travail produit toujours la même élévation de température, quel que soit le moyen employé pour la produire (frottement, électricité…). Cette équivalence — travail et chaleur sont deux manifestations d'une seule et même grandeur, l'énergie — vaut à Joule de donner son nom à l'unité d'énergie du Système International : le joule (J).

4Conservation de l'énergie

4.1  Le principe de conservation

Théorème — principe de conservation de l'énergie

L'énergie totale d'un système isolé (qui n'échange rien avec l'extérieur) reste constante au cours du temps. L'énergie ne peut être ni créée, ni détruite : elle peut seulement se transformer d'une forme à une autre, ou se transférer d'un système à un autre, par travail ou par chaleur.

Ce principe ne dit pas que « rien ne se perd » au sens où on l'entend souvent : une partie de l'énergie utile finit presque toujours dispersée sous forme de chaleur peu récupérable (frottements, effet Joule…). Mais si l'on additionne toutes les formes d'énergie, y compris cette chaleur perdue dans l'air ou dans le sol, le total ne varie pas.

Exemple — bilan d'une lampe de poche

Une pile alimente une lampe de poche. Décris les transformations d'énergie depuis la pile jusqu'à la pièce éclairée, et vérifie qualitativement la conservation.

Réponse. L'énergie chimique stockée dans la pile se transforme en énergie électrique (courant dans le circuit), qui se transforme à son tour en énergie lumineuse (le faisceau) et en énergie thermique (l'ampoule ou la LED s'échauffe légèrement). La somme « lumière reçue par la pièce + chaleur dégagée » égale, à chaque instant, l'énergie chimique consommée dans la pile : rien ne s'est perdu, une partie s'est seulement dispersée sous une forme moins utile.

4.2  Énergie mécanique et chute libre

Définition

L'énergie mécanique EmE_m d'un système est la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle de pesanteur :

Em=Ec+EppE_m = E_c + E_{pp}

Théorème — conservation de l'énergie mécanique

Lorsqu'un système est en chute libre (soumis à son seul poids, aucun frottement), son énergie mécanique se conserve :

Em=Ec+Epp=constanteE_m = E_c + E_{pp} = \text{constante}

Au cours de la chute, EppE_{pp} diminue exactement de ce que EcE_c gagne : l'un se transforme en l'autre.

Démonstration — idée de preuve

Un objet de masse mm tombe en chute libre, sans vitesse initiale, depuis une hauteur h0h_0 (référence : le sol). Après une chute de hauteur (h0−h)(h_0 - h), la relation de la chute libre donne sa vitesse :

  1. v2=2g(h0−h)v^{2} = 2g(h_0 - h)résultat établi en cinématique de la chute libre
  2. Ec=12mv2=12m×2g(h0−h)E_c = \dfrac{1}{2}mv^{2} = \dfrac{1}{2}m \times 2g(h_0-h)
  3. ==mgh0−mghmg h_0 - mgh
  4. Epp=mghE_{pp} = mgh
  5. ⇒\RightarrowEc+Epp=mgh0−mgh+mgh=mgh0E_c + E_{pp} = mgh_0 - mgh + mgh = mgh_0indépendant de hh : constant

La somme Ec+EppE_c + E_{pp} vaut donc mgh0mgh_0 à tout instant de la chute : c'est bien l'énergie mécanique initiale, conservée. C.Q.F.D.

Chute libre — m = 2 kg, lâché sans vitesse depuis h = 20 m A B C h = 20 m, v = 0 h = 10 m, v = 14,0 m·s⁻¹ h = 0 (sol), v = 19,8 m·s⁻¹ sol (h = 0) E (J) 0 100 200 300 400 392 0 196 196 0 392 A (h=20 m) B (h=10 m) C (h=0) Epp Ec
Figure 1 — Chute libre d'un objet de masse m=2m = 2 kg depuis h0=20h_0 = 20 m (sans frottement) : à chaque position, Em=Ec+Epp=392E_m = E_c + E_{pp} = 392 J reste constante — l'énergie potentielle se transforme intégralement en énergie cinétique.
Exemple — vérifier la conservation (calcul complet)

Reprends l'objet de la figure 1 : m=2m = 2 kg, lâché sans vitesse depuis h0=20h_0 = 20 m. Calcule EcE_c, EppE_{pp} et EmE_m à mi-chute (h=10h = 10 m), puis la vitesse à cette position.

  1. Epp=mgh=2×9,8×10=196 JE_{pp} = mgh = 2 \times 9{,}8 \times 10 = 196\ \text{J}
  2. Em=mgh0=2×9,8×20=392 JE_m = mgh_0 = 2 \times 9{,}8 \times 20 = 392\ \text{J}énergie mécanique initiale, conservée
  3. Ec=Em−Epp=392−196E_c = E_m - E_{pp} = 392 - 196
  4. ==196 J196\ \text{J}
  5. Ec=12mv2⇒v=2EcmE_c = \dfrac{1}{2}mv^{2} \Rightarrow v = \sqrt{\dfrac{2E_c}{m}}
  6. ==2×1962=196\sqrt{\dfrac{2 \times 196}{2}} = \sqrt{196}
  7. ==14,0 m⋅s−114{,}0\ \text{m·s}^{-1}
Attention

La conservation de EmE_m suppose l'absence de frottement (chute « libre » au sens strict). Dans la réalité, l'air freine légèrement la chute : une partie de EmE_m est alors transférée sous forme de chaleur à l'air, et la vitesse réellement mesurée au sol est toujours inférieure à la valeur théorique v=2gh0v = \sqrt{2gh_0}. C'est exactement la situation que tu retrouveras avec la notion de rendement, ci-dessous.

5Rendement

5.1  Calculer un rendement

Définition

Le rendement η\eta (lettre grecque « êta ») d'un convertisseur d'énergie compare l'énergie utile qu'il restitue à l'énergie totale qu'il a reçue :

η=EutileErec\cue\eta = \dfrac{E_{utile}}{E_{reçue}}

η\eta est un nombre sans unité, compris entre 00 et 11 (ou exprimé en pourcentage, entre 0 % et 100 %).

Propriété

Dans tout convertisseur réel, η<1\eta < 1 strictement : une partie de l'énergie reçue est toujours dispersée sous forme de chaleur (frottements mécaniques, effet Joule dans les fils, résistance de l'air…), non récupérable pour l'usage voulu. Un rendement de 100 % supposerait un convertisseur parfait, sans aucune perte : cela n'existe pas.

Schéma de rendement d'un moteur électrique E reçue = 100 J Convertisseur (moteur) η = 70 % E utile = 70 J Pertes = 30 J (chaleur, frottements)
Figure 2 — Schéma de rendement : la largeur des flèches est proportionnelle à l'énergie qu'elles transportent. Ici, η=70100=0,70=70 %\eta = \dfrac{70}{100} = 0{,}70 = 70\ \%.
Exemple — ampoule à incandescence contre LED

Une ampoule à incandescence reçoit Erec\cue=100E_{reçue} = 100 J d'énergie électrique et restitue seulement Eutile=5E_{utile} = 5 J de lumière (le reste chauffe le filament). Une ampoule LED, pour la même énergie reçue, restitue 9090 J de lumière. Compare les deux rendements.

  1. ηincand.=5100=0,05=5 %\eta_{incand.} = \dfrac{5}{100} = 0{,}05 = 5\ \%
  2. ηLED=90100=0,90=90 %\eta_{LED} = \dfrac{90}{100} = 0{,}90 = 90\ \%

La LED restitue 1818 fois plus de lumière utile pour la même énergie électrique consommée — d'où l'intérêt, à Dakar comme ailleurs, de remplacer les ampoules à incandescence par des LED.

Exemple — moteur électrique

Un moteur électrique reçoit Erec\cue=500E_{reçue} = 500 J et fournit un travail utile Eutile=425E_{utile} = 425 J. Calcule son rendement et l'énergie perdue.

  1. η=425500\eta = \dfrac{425}{500}
  2. ==0,85=85 %0{,}85 = 85\ \%
  3. Eperdue=Erec\cue−Eutile=500−425E_{perdue} = E_{reçue} - E_{utile} = 500 - 425
  4. ==75 J75\ \text{J}dispersée en chaleur (frottements, effet Joule)

5.2  Rendements en cascade

Méthode — rendement global d'une chaîne de convertisseurs

Lorsque l'énergie traverse plusieurs convertisseurs successifs (par exemple turbine puis alternateur), le rendement global est le produit des rendements de chaque étage :

ηglobal=η1×η2×⋯\eta_{global} = \eta_1 \times \eta_2 \times \cdots

car chaque étage perd une fraction de ce que l'étage précédent lui a transmis.

Exemple — turbine puis alternateur

Dans une centrale hydraulique, la turbine a un rendement η1=0,90\eta_1 = 0{,}90 et l'alternateur un rendement η2=0,95\eta_2 = 0{,}95. Calcule le rendement global de la chaîne turbine + alternateur.

  1. ηglobal=η1×η2\eta_{global} = \eta_1 \times \eta_2
  2. ==0,90×0,950{,}90 \times 0{,}95
  3. ==0,855=85,5 %0{,}855 = 85{,}5\ \%

Autrement dit, sur 100100 J d'énergie potentielle de l'eau, seuls 85,585{,}5 J ressortent sous forme d'énergie électrique : le reste s'est dispersé en chaleur dans les deux convertisseurs successifs.

Attention

Le rendement global d'une chaîne est toujours inférieur ou égal au plus petit des rendements individuels : enchaîner les convertisseurs ne fait qu'accumuler les pertes, jamais les compenser.

6Chaînes énergétiques

6.1  Lire une chaîne énergétique

Définition

Une chaîne énergétique est un schéma normalisé qui représente, de la source jusqu'à l'utilisation finale, la succession des formes d'énergie et des convertisseurs qui les transforment. On la lit de gauche à droite : réservoir d'énergie → convertisseur(s) → utilisation, chaque flèche verticale vers le bas indiquant une perte (presque toujours thermique).

Chaîne énergétique d'une centrale hydraulique (barrage de Manantali) énergie potentielle énergie mécanique énergie électrique Réservoir (eau retenue) Turbine Alternateur Réseau électrique pertes (frottements) pertes (effet Joule)
Figure 3 — Chaîne énergétique normalisée : l'eau retenue (énergie potentielle) fait tourner la turbine (énergie mécanique), qui entraîne l'alternateur produisant l'énergie électrique injectée dans le réseau ; chaque convertisseur perd une partie de l'énergie sous forme de chaleur.

6.2  Exemples de chaînes énergétiques

Exemple — panneau solaire au Sahel

Décris la chaîne énergétique d'une installation solaire domestique, du rayonnement du Soleil jusqu'à l'éclairage d'une pièce le soir.

Réponse. Réservoir : le Soleil (énergie lumineuse, par rayonnement). Convertisseur 1 : la cellule photovoltaïque transforme la lumière en énergie électrique (avec pertes thermiques — rendement typique 1515 à 20 %20\ \%). Convertisseur 2 : cette électricité charge une batterie, qui la stocke sous forme chimique (nouvelles pertes). Utilisation : la nuit, la batterie restitue de l'électricité qui alimente une lampe LED, convertie en énergie lumineuse utile (et un peu de chaleur).

Exemple — moteur d'une voiture

Décris la chaîne énergétique d'une voiture à moteur thermique, de l'essence jusqu'au mouvement du véhicule.

Réponse. Réservoir : le carburant (énergie chimique). Convertisseur : le moteur brûle le carburant et transforme cette énergie chimique en énergie mécanique (rotation des roues), avec d'importantes pertes sous forme de chaleur évacuée par le pot d'échappement et le radiateur — le rendement d'un moteur essence classique dépasse rarement 30 %30\ \%. Utilisation : énergie cinétique du véhicule en mouvement.

Physique & Co — Le barrage de Manantali

Construit entre 1982 et 1988 sur le fleuve Bafing, au Mali, dans le cadre de l'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le barrage de Manantali a d'abord servi à réguler les crues et l'irrigation. Sa centrale hydroélectrique, mise en service en 2001-2002, développe une puissance installée d'environ 200 MW, répartie entre le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. C'est l'un des plus grands ouvrages hydroélectriques d'Afrique de l'Ouest, et un exemple concret de chaîne énergétique à grande échelle : l'énergie potentielle de l'eau retenue devient l'électricité qui alimente des millions de foyers.

7Puissance

7.1  Définir la puissance

Définition

La puissance PP mesure la rapidité avec laquelle un système reçoit, transfère ou convertit de l'énergie. Si une énergie EE (en J) est transférée pendant une durée tt (en s) :

P=EtP = \dfrac{E}{t}

PP s'exprime en watts, symbole W\text{W} : 1 W=1 J⋅s−11\ \text{W} = 1\ \text{J·s}^{-1}. On utilise aussi le kilowatt (1 kW=1 000 W1\ \text{kW} = 1\,000\ \text{W}) et le mégawatt (1 MW=106 W1\ \text{MW} = 10^{6}\ \text{W}).

Exemple — puissance d'une lampe LED

Une lampe LED consomme E=50E = 50 Wh d'énergie électrique pendant t=5t = 5 h de fonctionnement. Quelle est sa puissance ?

  1. P=EtP = \dfrac{E}{t}
  2. ==505\dfrac{50}{5}
  3. ==10 W10\ \text{W}
Exemple — de la puissance à l'énergie et au coût

Un moteur électrique de puissance P=2P = 2 kW fonctionne pendant t=3t = 3 h. Le kWh est facturé 100100 F CFA. Calcule l'énergie consommée et son coût.

  1. E=P×tE = P \times t
  2. ==2×32 \times 3
  3. ==6 kWh6\ \text{kWh}
  4. coût =6×100= 6 \times 100
  5. ==600 F CFA600\ \text{F CFA}

7.2  Le kilowattheure

Propriété

Le kilowattheure (kWh) est une unité pratique d'énergie (et non de puissance), utilisée pour facturer l'électricité : c'est l'énergie consommée par un appareil de puissance 11 kW fonctionnant pendant 11 h.

1 kWh=1 000 W×3 600 s=3,6×106 J1\ \text{kWh} = 1\,000\ \text{W} \times 3\,600\ \text{s} = 3{,}6 \times 10^{6}\ \text{J}

Le compteur électrique mesure une énergie, pas une puissance Réseau électrique P Compteur d'énergie 012457 kWh (énergie cumulée) DEL : clignote plus vite si P est grande P Installation domestique E = P × t 1 kWh = 3,6 × 10⁶ J
Figure 4 — Le compteur électrique intègre la puissance appelée au cours du temps : son affichage augmente de E=P×tE = P \times t, en kWh.
Attention

Ne confonds jamais puissance et énergie : la puissance (en W) indique à quel rythme l'énergie est consommée à un instant donné ; l'énergie (en J ou en kWh) est la quantité totale accumulée sur une durée. Un appareil de forte puissance allumé peu de temps peut consommer moins d'énergie qu'un appareil de faible puissance laissé allumé longtemps — c'est ce que mesure, et facture, ton compteur.

Fiche mémo

  • Énergie cinétique : Ec=12mv2E_c = \dfrac{1}{2}mv^{2} (J, kg, m·s⁻¹).
  • Énergie potentielle de pesanteur : Epp=mghE_{pp} = mgh, avec g=9,8 m⋅s−2g = 9{,}8\ \text{m·s}^{-2}.
  • Énergie mécanique : Em=Ec+EppE_m = E_c + E_{pp} ; conservée en chute libre sans frottement.
  • Travail d'une force constante colinéaire au déplacement : W=F×dW = F \times d (J, N, m).
  • Transfert thermique QQ : toujours du chaud vers le froid, jusqu'à l'équilibre.
  • Principe de conservation : l'énergie totale d'un système isolé ne se crée ni ne se détruit, elle se transforme et se transfère.
  • Rendement : η=EutileErec\cue<1\eta = \dfrac{E_{utile}}{E_{reçue}} < 1, toujours (pertes thermiques inévitables).
  • Rendements en cascade : ηglobal=η1×η2×⋯\eta_{global} = \eta_1 \times \eta_2 \times \cdots
  • Chaîne énergétique normalisée : réservoir → convertisseur(s) → utilisation, pertes en flèches vers le bas.
  • Puissance : P=EtP = \dfrac{E}{t} (W, J, s) ; 1 W=1 J⋅s−11\ \text{W} = 1\ \text{J·s}^{-1}.
  • Kilowattheure : 1 kWh=3,6×106 J1\ \text{kWh} = 3{,}6 \times 10^{6}\ \text{J} ; unité d'énergie, pas de puissance.
  • Ne jamais confondre : vv doublée ⇒ EcE_c quadruplée ; puissance (rythme) ≠ énergie (quantité totale).

8Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Un cycliste de masse m=70m = 70 kg roule à v=6 m⋅s−1v = 6\ \text{m·s}^{-1}, puis accélère jusqu'à v′=12 m⋅s−1v' = 12\ \text{m·s}^{-1}. Calcule son énergie cinétique dans les deux cas. Que remarques-tu ?

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  1. Ec=12×70×62=1 260 JE_c = \dfrac{1}{2} \times 70 \times 6^{2} = 1\,260\ \text{J}
  2. Ec′=12×70×122=5 040 JE_c' = \dfrac{1}{2} \times 70 \times 12^{2} = 5\,040\ \text{J}
  3. ⇒\RightarrowEc′=4×EcE_c' = 4 \times E_cla vitesse a doublé, l'énergie cinétique est multipliée par 22=42^{2}=4
2

Un livre de masse m=0,8m = 0{,}8 kg est posé sur une étagère à h=1,6h = 1{,}6 m du sol. Calcule son énergie potentielle de pesanteur (référence : le sol).

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  1. Epp=mghE_{pp} = mgh
  2. ==0,8×9,8×1,60{,}8 \times 9{,}8 \times 1{,}6
  3. ==12,5 J12{,}5\ \text{J}
3

Une ampoule reçoit 6060 J d'énergie électrique et restitue 99 J de lumière. Calcule son rendement.

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  1. η=EutileErec\cue=960\eta = \dfrac{E_{utile}}{E_{reçue}} = \dfrac{9}{60}
  2. ==0,15=15 %0{,}15 = 15\ \%
4

Un moteur fournit une énergie E=3 600E = 3\,600 J en t=6t = 6 s. Calcule sa puissance.

Voir le corrigé détaillé
  1. P=Et=3 6006P = \dfrac{E}{t} = \dfrac{3\,600}{6}
  2. ==600 W600\ \text{W}
5

Un appareil de puissance P=1 500P = 1\,500 W fonctionne pendant t=2t = 2 h. Calcule l'énergie consommée en kWh, puis convertis-la en joules.

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  1. E=P×t=1,5×2E = P \times t = 1{,}5 \times 2
  2. ==3 kWh3\ \text{kWh}
  3. E=3×3,6×106E = 3 \times 3{,}6 \times 10^{6}
  4. ==1,08×107 J1{,}08 \times 10^{7}\ \text{J}
6

Une chaîne énergétique : pile → moteur électrique → hélice d'un ventilateur. Identifie la forme d'énergie stockée dans la pile, la forme transmise entre le moteur et l'hélice, et la forme finalement utile.

Voir le corrigé détaillé

La pile stocke de l'énergie chimique. Le moteur la convertit en énergie électrique puis en énergie mécanique transmise à l'hélice (rotation). L'énergie finalement utile est l'énergie cinétique de l'air brassé par l'hélice ; une partie est dispersée en chaleur dans le moteur (effet Joule, frottements).

Niveau 2 — Approfondissement
7

Un objet de masse m=0,5m = 0{,}5 kg est lâché sans vitesse initiale depuis h=5h = 5 m. En négligeant les frottements, calcule sa vitesse au moment où il touche le sol.

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Par conservation de l'énergie mécanique, l'énergie potentielle initiale devient intégralement cinétique au sol.

  1. mgh=12mv2mgh = \dfrac{1}{2}mv^{2}
  2. ⇒\Rightarrowv2=2ghv^{2} = 2gh
  3. ==2×9,8×5=982 \times 9{,}8 \times 5 = 98
  4. ⇒\Rightarrowv=98v = \sqrt{98}
  5. ≈\approx9,9 m⋅s−19{,}9\ \text{m·s}^{-1}
8

Dans une petite centrale, la turbine a un rendement η1=0,85\eta_1 = 0{,}85 et l'alternateur un rendement η2=0,92\eta_2 = 0{,}92. Calcule le rendement global de la chaîne.

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  1. ηglobal=η1×η2\eta_{global} = \eta_1 \times \eta_2
  2. ==0,85×0,920{,}85 \times 0{,}92
  3. ==0,782=78,2 %0{,}782 = 78{,}2\ \%
9

Un réfrigérateur de puissance P=150P = 150 W fonctionne en continu, 2424 h/24, pendant 3030 jours. Le kWh coûte 100100 F CFA. Calcule l'énergie consommée et son coût.

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  1. t=24×30=720 ht = 24 \times 30 = 720\ \text{h}
  2. E=P×t=0,150×720E = P \times t = 0{,}150 \times 720
  3. ==108 kWh108\ \text{kWh}
  4. coût =108×100= 108 \times 100
  5. ==10 800 F CFA10\,800\ \text{F CFA}
10

Une voiture de masse m=1 000m = 1\,000 kg accélère de v1=0v_1 = 0 à v2=20 m⋅s−1v_2 = 20\ \text{m·s}^{-1} en t=10t = 10 s. Calcule la variation d'énergie cinétique, puis la puissance moyenne développée par le moteur (on néglige les pertes).

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  1. ΔEc=12mv22−12mv12\Delta E_c = \dfrac{1}{2}mv_2^{2} - \dfrac{1}{2}mv_1^{2}
  2. ==12×1 000×202−0\dfrac{1}{2} \times 1\,000 \times 20^{2} - 0
  3. ==200 000 J=200 kJ200\,000\ \text{J} = 200\ \text{kJ}
  4. Pmoy=ΔEct=200 00010P_{moy} = \dfrac{\Delta E_c}{t} = \dfrac{200\,000}{10}
  5. ==20 000 W=20 kW20\,000\ \text{W} = 20\ \text{kW}
Niveau 3 — Défi
11

Un plongeur de masse m=60m = 60 kg saute, sans vitesse initiale, d'un plongeoir situé à h=10h = 10 m au-dessus de l'eau.

  1. Calcule son énergie mécanique au départ (référence : la surface de l'eau).
  2. En négligeant les frottements de l'air, calcule la vitesse théorique d'entrée dans l'eau.
  3. En réalité, sa vitesse mesurée à l'entrée dans l'eau est vreˊel=13 m⋅s−1v_{réel} = 13\ \text{m·s}^{-1}. Calcule l'énergie dissipée par les frottements de l'air pendant la chute.
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1. Au départ, v=0v = 0 donc Ec=0E_c = 0 : l'énergie mécanique se réduit à l'énergie potentielle.

  1. Em=Epp=mghE_m = E_{pp} = mgh
  2. ==60×9,8×1060 \times 9{,}8 \times 10
  3. ==5 880 J5\,880\ \text{J}

2. Sans frottement, toute l'énergie mécanique initiale devient cinétique à l'arrivée dans l'eau (h=0h=0).

  1. 12mv2=Em\dfrac{1}{2}mv^{2} = E_m
  2. ⇒\Rightarrowv=2Emm=2×5 88060=196v = \sqrt{\dfrac{2 E_m}{m}} = \sqrt{\dfrac{2 \times 5\,880}{60}} = \sqrt{196}
  3. ==14,0 m⋅s−114{,}0\ \text{m·s}^{-1}

3. Avec la vitesse réellement mesurée, l'énergie cinétique réelle est plus faible que la valeur théorique : la différence a été transférée sous forme de chaleur à l'air.

  1. Ec,reˊel=12×60×132E_{c,réel} = \dfrac{1}{2} \times 60 \times 13^{2}
  2. ==5 070 J5\,070\ \text{J}
  3. Edissipeˊe=Em−Ec,reˊel=5 880−5 070E_{dissipée} = E_m - E_{c,réel} = 5\,880 - 5\,070
  4. ==810 J810\ \text{J}
12

Un barrage laisse passer un débit Q=50 m3⋅s−1Q = 50\ \text{m}^{3}\text{·s}^{-1} d'eau (masse volumique ρ=1 000 kg⋅m−3\rho = 1\,000\ \text{kg·m}^{-3}) sur une hauteur de chute h=20h = 20 m. Le rendement global de la centrale (turbine + alternateur) vaut η=80 %\eta = 80\ \%.

  1. Calcule la puissance hydraulique brute reçue par la turbine, sachant qu'en une seconde, la masse d'eau m=ρ×Qm = \rho \times Q tombe de hh, fournissant une énergie mghmgh.
  2. Calcule la puissance électrique effectivement produite.
  3. Calcule l'énergie électrique produite en une journée de fonctionnement continu.
Voir le corrigé détaillé

1. En une seconde, la masse d'eau qui tombe est m=ρQm = \rho Q, et l'énergie potentielle qu'elle libère est mghmgh : c'est la puissance hydraulique brute.

  1. m=ρ×Q=1 000×50=50 000 kg (par seconde)m = \rho \times Q = 1\,000 \times 50 = 50\,000\ \text{kg (par seconde)}
  2. Phyd=mgh=50 000×9,8×20P_{hyd} = m g h = 50\,000 \times 9{,}8 \times 20
  3. ==9 800 000 W=9,8 MW9\,800\,000\ \text{W} = 9{,}8\ \text{MW}

2. La puissance électrique utile tient compte du rendement global.

  1. Pelec=η×PhydP_{elec} = \eta \times P_{hyd}
  2. ==0,80×9,80{,}80 \times 9{,}8
  3. ==7,84 MW7{,}84\ \text{MW}

3. Sur une journée, t=24t = 24 h.

  1. E=Pelec×t=7,84×24E = P_{elec} \times t = 7{,}84 \times 24
  2. ==188,16 MWh=188 160 kWh188{,}16\ \text{MWh} = 188\,160\ \text{kWh}
13

Dans un foyer, une lampe LED (P=10P = 10 W) fonctionne 55 h/jour, un réfrigérateur (P=150P = 150 W) fonctionne 2424 h/jour, et un téléviseur (P=120P = 120 W) fonctionne 44 h/jour. Le kWh coûte 100100 F CFA.

  1. Calcule l'énergie consommée par chaque appareil sur une journée.
  2. Calcule l'énergie totale journalière du foyer, et son coût.
  3. Calcule le coût sur un mois de 3030 jours.
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1. Pour chaque appareil, E=P×tE = P \times t :

  1. Elampe=0,010×5=0,05 kWhE_{lampe} = 0{,}010 \times 5 = 0{,}05\ \text{kWh}
  2. Efrigo=0,150×24=3,6 kWhE_{frigo} = 0{,}150 \times 24 = 3{,}6\ \text{kWh}
  3. Etv=0,120×4=0,48 kWhE_{tv} = 0{,}120 \times 4 = 0{,}48\ \text{kWh}

2. Énergie totale et coût journaliers :

  1. Ejour=0,05+3,6+0,48E_{jour} = 0{,}05 + 3{,}6 + 0{,}48
  2. ==4,13 kWh4{,}13\ \text{kWh}
  3. coût =4,13×100= 4{,}13 \times 100
  4. ==413 F CFA413\ \text{F CFA}

3. Sur un mois :

  1. coût mois=413×30_{mois} = 413 \times 30
  2. ==12 390 F CFA12\,390\ \text{F CFA}
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

Le barrage de Manantali. Fatoumata étudie en classe le barrage de Manantali (Mali), dont la puissance électrique installée vaut P=200P = 200 MW. En moyenne, la centrale fonctionne à pleine puissance pendant 1616 h par jour.

  1. Calcule l'énergie électrique produite en une journée.
  2. Calcule l'énergie électrique produite en une année (365 jours).
  3. Un foyer consomme en moyenne 44 kWh par jour (voir exercice 13). Combien de foyers Manantali peut-il alimenter en une journée ?
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1.

  1. Ejour=P×t=200×16E_{jour} = P \times t = 200 \times 16
  2. ==3 200 MWh=3 200 000 kWh3\,200\ \text{MWh} = 3\,200\,000\ \text{kWh}

2.

  1. Ean=Ejour×365E_{an} = E_{jour} \times 365
  2. ==3 200 000×3653\,200\,000 \times 365
  3. ==1 168 000 000 kWh≈1 168 GWh1\,168\,000\,000\ \text{kWh} \approx 1\,168\ \text{GWh}

3.

  1. nfoyers=Ejour4n_{foyers} = \dfrac{E_{jour}}{4}
  2. ==3 200 0004\dfrac{3\,200\,000}{4}
  3. ==800 000 foyers800\,000\ \text{foyers}

Le barrage de Manantali peut donc, en théorie, alimenter environ 800 000 foyers pendant une journée — une illustration de l'ampleur d'une centrale hydroélectrique à l'échelle régionale (Mali, Mauritanie, Sénégal).

15

Panneau solaire à Abéché. Ibrahim installe à Abéché (Tchad) un panneau solaire de puissance crête Pc=300P_c = 300 W. L'ensoleillement effectif moyen est de 66 h par jour, et les pertes (onduleur, câblage) ramènent le rendement global de l'installation à 80 %80\ \%.

  1. Calcule l'énergie brute produite par le panneau en une journée.
  2. Calcule l'énergie réellement utile en une journée, puis sur une semaine.
  3. Si Ibrahim évite ainsi d'acheter de l'électricité à 100100 F CFA le kWh, calcule l'économie réalisée sur une semaine.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. Ebrute=Pc×t=0,300×6E_{brute} = P_c \times t = 0{,}300 \times 6
  2. ==1,8 kWh1{,}8\ \text{kWh}

2. L'énergie utile tient compte du rendement global de l'installation.

  1. Eutile,jour=η×Ebrute=0,80×1,8E_{utile,jour} = \eta \times E_{brute} = 0{,}80 \times 1{,}8
  2. ==1,44 kWh1{,}44\ \text{kWh}
  3. Eutile,semaine=1,44×7E_{utile,semaine} = 1{,}44 \times 7
  4. ==10,08 kWh10{,}08\ \text{kWh}

3.

  1. économie =10,08×100= 10{,}08 \times 100
  2. ==1 008 F CFA par semaine1\,008\ \text{F CFA par semaine}
16

Le moto-taxi de Djibril, à Douala. Djibril conduit une moto-taxi ; sa moto et lui-même ont une masse totale m=150m = 150 kg. Il roule à v=54v = 54 km/h.

  1. Calcule son énergie cinétique.
  2. En zone dégagée, il accélère jusqu'à v′=108v' = 108 km/h, soit le double. Calcule la nouvelle énergie cinétique et compare-la à la précédente.
  3. À force de freinage égale, la distance de freinage est proportionnelle à l'énergie cinétique à dissiper. Que peux-tu en conclure sur le risque à rouler deux fois plus vite en ville ?
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1. Conversion puis calcul :

  1. v=543,6=15 m⋅s−1v = \dfrac{54}{3{,}6} = 15\ \text{m·s}^{-1}
  2. Ec=12×150×152E_c = \dfrac{1}{2} \times 150 \times 15^{2}
  3. ==16 875 J≈16,9 kJ16\,875\ \text{J} \approx 16{,}9\ \text{kJ}

2.

  1. v′=1083,6=30 m⋅s−1v' = \dfrac{108}{3{,}6} = 30\ \text{m·s}^{-1}
  2. Ec′=12×150×302E_c' = \dfrac{1}{2} \times 150 \times 30^{2}
  3. ==67 500 J≈67,5 kJ67\,500\ \text{J} \approx 67{,}5\ \text{kJ}
  4. ⇒\RightarrowEc′=4×EcE_c' = 4 \times E_cla vitesse a doublé, EcE_c est multipliée par 22=42^{2}=4

3. Puisque la distance de freinage est proportionnelle à l'énergie cinétique à dissiper, rouler deux fois plus vite quadruple la distance nécessaire pour s'arrêter. C'est pourquoi une vitesse excessive, même modérément supérieure, augmente très rapidement le risque en circulation urbaine.

📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

Coche une réponse par question, puis clique sur « Vérifier mes réponses » : tu obtiens ta note sur 20 avec la correction détaillée de chaque question.

Qu'est-ce que l'énergie d'un système, au sens de la physique ?

Explication : L'énergie EE mesure la capacité d'un système à produire un effet : mise en mouvement, échauffement, éclairage, déformation… Elle s'exprime en joules (J), pas en newtons (unité de force).

L'eau retenue en altitude par un barrage possède principalement quelle forme d'énergie ?

Explication : L'altitude dans le champ de pesanteur est la signature de l'énergie potentielle de pesanteur — c'est elle qui, convertie en énergie mécanique, fait tourner les turbines d'un barrage comme celui de Manantali.

Quelle est l'expression de l'énergie cinétique d'un système de masse mm et de vitesse vv ?

Explication : L'énergie cinétique d'un système de masse mm animé d'une vitesse vv vaut Ec=12mv2E_c = \dfrac{1}{2}mv^{2}, en joules lorsque mm est en kg et vv en m·s⁻¹.

Quelle est l'expression de l'énergie potentielle de pesanteur d'un système de masse mm à l'altitude hh ?

Explication : Epp=mghE_{pp} = mgh, avec g=9,8 m⋅s−2g = 9{,}8\ \text{m·s}^{-2} et hh mesurée par rapport à un niveau de référence choisi (souvent le sol).

L'énergie interne UU d'un système correspond à :

Explication : À l'échelle microscopique, les particules d'un système sont en agitation désordonnée : l'énergie interne UU est la somme de leurs énergies cinétiques et potentielles d'interaction. Plus l'agitation est grande, plus UU — et la température — sont élevées.

Un transfert thermique QQ entre deux systèmes à des températures différentes se produit toujours :

Explication : Un transfert thermique se produit spontanément du chaud vers le froid, jamais l'inverse, et cesse lorsque les deux systèmes atteignent la même température (équilibre thermique).

Une mobylette de masse m=80m = 80 kg roule à v=54v = 54 km/h. Quelle est son énergie cinétique ?

Explication : On convertit d'abord la vitesse :
v=543,6=15 m⋅s−1v = \dfrac{54}{3{,}6} = 15\ \text{m·s}^{-1}
puis Ec=12×80×152=12×80×225E_c = \dfrac{1}{2} \times 80 \times 15^{2} = \dfrac{1}{2} \times 80 \times 225
=9 000 J= 9\,000\ \text{J}.

Un sac de riz de masse m=40m = 40 kg est posé sur une étagère à h=2h = 2 m du sol (g=9,8 m⋅s−2g = 9{,}8\ \text{m·s}^{-2}). Son énergie potentielle de pesanteur (référence : le sol) vaut :

Explication : Epp=mgh=40×9,8×2E_{pp} = m g h = 40 \times 9{,}8 \times 2
=784 J= 784\ \text{J}.

Un enfant tire un chariot ; la force de frottement du sol s'oppose au déplacement. Le travail de cette force est dit :

Explication : Une force qui s'oppose au déplacement réalise un travail résistant (compté négativement) : elle retire de l'énergie mécanique au système, qui se retrouve dispersée en chaleur.

Le principe de conservation de l'énergie affirme que, pour un système isolé :

Explication : L'énergie totale d'un système isolé reste constante : elle ne se crée ni ne se détruit, elle se transforme (entre formes) ou se transfère (par travail ou chaleur) — même si une partie finit dispersée sous une forme moins utile.

Un objet de masse m=3m = 3 kg est lâché sans vitesse initiale depuis h0=10h_0 = 10 m (référence : le sol, chute libre sans frottement). Quelle est sa vitesse en arrivant au sol (g=9,8 m⋅s−2g = 9{,}8\ \text{m·s}^{-2}) ?

Explication : Par conservation de l'énergie mécanique, EppE_{pp} initiale devient intégralement cinétique au sol :
mgh0=12mv2⇒v2=2gh0mgh_0 = \dfrac{1}{2}mv^{2} \Rightarrow v^{2} = 2gh_0
=2×9,8×10=196= 2 \times 9{,}8 \times 10 = 196
v=196=14 m⋅s−1v = \sqrt{196} = 14\ \text{m·s}^{-1}.

Le rendement η\eta d'un convertisseur d'énergie est défini par :

Explication : Le rendement compare l'énergie utile restituée à l'énergie totale reçue : η=EutileErec\cue\eta = \dfrac{E_{utile}}{E_{reçue}}, toujours compris entre 0 et 1 (ou 0 % et 100 %).

Un moteur électrique reçoit Erec\cue=800E_{reçue} = 800 J et fournit un travail utile Eutile=600E_{utile} = 600 J. Son rendement vaut :

Explication : η=EutileErec\cue=600800\eta = \dfrac{E_{utile}}{E_{reçue}} = \dfrac{600}{800}
=0,75=75 %= 0{,}75 = 75\ \%.

Dans une centrale, la turbine a un rendement η1=0,80\eta_1 = 0{,}80 et l'alternateur η2=0,90\eta_2 = 0{,}90. Le rendement global de la chaîne turbine + alternateur vaut :

Explication : Le rendement global d'une chaîne est le produit des rendements de chaque étage, pas leur moyenne ni leur somme :
ηglobal=η1×η2=0,80×0,90\eta_{global} = \eta_1 \times \eta_2 = 0{,}80 \times 0{,}90
=0,72=72 %= 0{,}72 = 72\ \%.

Dans une chaîne énergétique normalisée (réservoir → convertisseur(s) → utilisation), une flèche verticale orientée vers le bas représente en général :

Explication : Dans une chaîne énergétique, les flèches horizontales suivent l'énergie utile d'un convertisseur à l'autre ; les flèches verticales vers le bas signalent une perte, presque toujours thermique (frottements, effet Joule…).

La puissance PP d'un système qui transfère une énergie EE pendant une durée tt est donnée par :

Explication : La puissance mesure la rapidité d'un transfert d'énergie : P=EtP = \dfrac{E}{t}, exprimée en watts (1 W=1 J⋅s−11\ \text{W} = 1\ \text{J·s}^{-1}).

Combien de joules représente 11 kWh ?

Explication : 1 kWh=1 000 W×3 600 s=3,6×106 J1\ \text{kWh} = 1\,000\ \text{W} \times 3\,600\ \text{s} = 3{,}6 \times 10^{6}\ \text{J}. Le kWh est une unité pratique d'énergie, pas de puissance.

Une voiture de masse m=1 000m = 1\,000 kg roule d'abord à v1=10 m⋅s−1v_1 = 10\ \text{m·s}^{-1}, puis à v2=20 m⋅s−1v_2 = 20\ \text{m·s}^{-1} (vitesse doublée). Comment évolue son énergie cinétique ?

Explication : Ec1=12×1 000×102=50 000 JE_{c1} = \dfrac{1}{2} \times 1\,000 \times 10^{2} = 50\,000\ \text{J}
Ec2=12×1 000×202=200 000 JE_{c2} = \dfrac{1}{2} \times 1\,000 \times 20^{2} = 200\,000\ \text{J}
La vitesse a doublé, l'énergie cinétique est multipliée par 22=42^{2} = 4 : c'est le piège classique à ne jamais oublier.

Un plongeur saute sans vitesse initiale d'un plongeoir situé à h=5h = 5 m au-dessus de l'eau. En négligeant les frottements de l'air, sa vitesse théorique d'entrée dans l'eau vaut environ (g=9,8 m⋅s−2g = 9{,}8\ \text{m·s}^{-2}) :

Explication : Sans frottement, toute l'énergie potentielle initiale devient cinétique à l'arrivée :
mgh=12mv2⇒v2=2gh=2×9,8×5=98mgh = \dfrac{1}{2}mv^{2} \Rightarrow v^{2} = 2gh = 2 \times 9{,}8 \times 5 = 98
v=98≈9,9 m⋅s−1v = \sqrt{98} \approx 9{,}9\ \text{m·s}^{-1}. Remarque : ce résultat ne dépend pas de la masse du plongeur.

La puissance hydraulique brute reçue par une turbine vaut Phyd=5P_{hyd} = 5 MW. Le rendement global de la centrale (turbine + alternateur) est η=0,75\eta = 0{,}75. Quelle est la puissance électrique effectivement produite ?

Explication : La puissance électrique utile tient compte du rendement global :
Pelec=η×Phyd=0,75×5P_{elec} = \eta \times P_{hyd} = 0{,}75 \times 5
=3,75 MW= 3{,}75\ \text{MW}.
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