Le soleil chauffe le sable de Ndjamena, l'eau retenue par le barrage de Manantali fait tourner des turbines, la batterie de ton téléphone s'épuise au fil de la journée, un footballeur épuisé « n'a plus d'énergie » pour le dernier sprint. Dans tous ces exemples, un seul mot revient : énergie. C'est l'une des idées les plus puissantes de la physique, parce qu'elle relie des phénomènes qui semblent n'avoir rien en commun — la chute d'une pierre, la combustion de l'essence, l'éclairage d'une lampe — sous une seule et même grandeur, mesurable et toujours conservée.
Jusqu'ici, tu as étudié le mouvement (vitesse, trajectoire) et les forces qui le provoquent. Ce chapitre change de point de vue : au lieu de suivre comment un système se déplace, on va suivre combien d'énergie il possède, reçoit, transforme ou restitue. Tu vas apprendre à donner un nombre, en joules, à des situations très concrètes — un objet qui tombe, une centrale qui produit de l'électricité, un moteur qui chauffe — et à vérifier que ce nombre ne se perd jamais complètement : il se transforme, se transfère, mais ne disparaît pas.
Trois objectifs guident ce chapitre : savoir établir un bilan énergétique (repérer toutes les formes d'énergie en jeu dans une situation), savoir calculer un rendement (comparer ce qu'un dispositif reçoit à ce qu'il restitue réellement d'utile), et savoir analyser une chaîne énergétique réelle — celle d'un barrage, d'un panneau solaire ou d'un simple moteur.
Ce sont des outils que tu utiliseras dans presque tous les chapitres de physique qui suivent, et bien au-delà du lycée : ingénieurs, agriculteurs, économistes de l'énergie raisonnent tous, un jour ou l'autre, en joules et en watts. Munis-toi d'une calculatrice, d'un peu de rigueur sur les unités, et c'est parti.
1Énergie cinétique et potentielle
1.1 Les formes d'énergie
Avant de calculer quoi que ce soit, il faut savoir reconnaître l'énergie sous ses différents déguisements. Le tableau ci-dessous recense les principales formes rencontrées au lycée.
| Forme | Origine physique | Exemple |
|---|---|---|
| Cinétique | mouvement d'un corps | voiture qui roule, vent |
| Potentielle de pesanteur | altitude dans le champ de pesanteur | eau retenue par un barrage |
| Chimique | liaisons entre atomes | essence, aliments, pile électrique |
| Électrique | courant électrique | secteur, batterie en fonctionnement |
| Thermique (interne) | agitation des particules | eau chaude, four |
| Lumineuse | rayonnement électromagnétique | Soleil, ampoule LED |
| Nucléaire | noyau des atomes | centrale nucléaire, Soleil |
L'énergie d'un système est une grandeur physique qui mesure sa capacité à produire un effet : mettre en mouvement, chauffer, éclairer, déformer… Elle se note et s'exprime en joules, symbole , dans le Système International.
Deux de ces formes se calculent très simplement à partir de grandeurs que tu connais déjà : la vitesse et l'altitude. Ce sont l'énergie cinétique et l'énergie potentielle de pesanteur, objets de cette section.
1.2 Énergie cinétique
Un système de masse (en kg), animé d'une vitesse (en m·s⁻¹), possède une énergie cinétique :
s'exprime en joules (J) lorsque est en kg et en m·s⁻¹. Un système immobile a : il n'y a pas d'énergie cinétique sans mouvement.
Les vitesses routières sont données en km/h, mais la formule exige des m·s⁻¹. On divise par :
Une voiture de masse kg roule à km/h. Calcule son énergie cinétique.
- conversion km/h → m·s⁻¹
dépend du carré de la vitesse : doubler la vitesse quadruple l'énergie cinétique (et donc, comme tu le verras en cours de mécanique, la distance nécessaire pour arrêter un véhicule). C'est un des pièges classiques : ne confonds jamais « deux fois plus vite » avec « deux fois plus d'énergie ».
Un cycliste de masse kg roule d'abord à m·s⁻¹, puis à m·s⁻¹. Compare les deux énergies cinétiques.
- la vitesse a doublé, l'énergie a été multipliée par
1.3 Énergie potentielle de pesanteur
Un système de masse (en kg), situé à une altitude (en m) au-dessus d'un niveau de référence, possède une énergie potentielle de pesanteur :
où est l'intensité de la pesanteur, à la surface de la Terre. s'exprime en joules.
se mesure toujours par rapport à un niveau de référence choisi (), le plus souvent le sol. Ce choix ne change rien à un calcul de variation d'énergie, mais il faut toujours préciser la référence utilisée.
Une caisse de kg est posée sur une étagère à m du sol. Calcule son énergie potentielle de pesanteur (référence : le sol).
Un barrage retient un volume d'eau ; on isole une masse kg (un mètre cube) située m au-dessus des turbines. Quelle est son énergie potentielle de pesanteur ?
C'est précisément cette énergie, multipliée par le débit d'eau chaque seconde, qui alimente les turbines d'une centrale hydraulique — tu retrouveras ce calcul en section 6.
2Énergie interne et transfert thermique
2.1 Énergie interne
À l'échelle microscopique, un objet est constitué d'un très grand nombre de particules (atomes, molécules) en perpétuelle agitation désordonnée. L'énergie interne d'un système est la somme des énergies cinétiques (agitation) et potentielles (interactions) de toutes ces particules. Elle s'exprime en joules.
Plus l'agitation moyenne des particules est grande, plus l'énergie interne est élevée — et plus la température du système est élevée. La température est donc une mesure indirecte, à notre échelle, de cette agitation invisible.
Cette énergie interne n'apparaît pas au collège comme une grandeur calculable simplement (elle dépend de la nature du matériau et fait l'objet d'un chapitre dédié à la calorimétrie) ; ce qu'il faut retenir ici, c'est qu'elle constitue une forme d'énergie à part entière, stockée dans la matière elle-même, et qu'elle peut être échangée entre systèmes.
2.2 Transfert thermique (chaleur)
Le transfert thermique, ou chaleur, noté , est un transfert d'énergie entre deux systèmes qui sont à des températures différentes. Il s'exprime en joules.
Un transfert thermique se produit toujours spontanément du corps le plus chaud vers le corps le plus froid, jamais l'inverse. Il cesse lorsque les deux systèmes atteignent la même température (équilibre thermique).
Trois modes de transfert thermique existent : la conduction (de proche en proche, dans la matière, sans déplacement global — le manche d'une cuillère qui chauffe dans la marmite), la convection (par déplacement d'un fluide chaud — l'air chauffé qui monte au-dessus d'un feu), et le rayonnement (sans support matériel, même dans le vide — la chaleur du Soleil qui traverse l'espace).
Sur un marché de Bamako, une marmite de riz chauffe sur un réchaud. Identifie le mode de transfert thermique dans chaque cas : (a) la base métallique de la marmite s'échauffe au contact des braises ; (b) le riz remue et se réchauffe uniformément dans l'eau ; (c) une personne assise à un mètre sent la chaleur du réchaud sur son visage.
Réponse. (a) conduction : transfert de proche en proche dans le métal. (b) convection : l'eau chaude, moins dense, monte et brasse la chaleur dans toute la marmite. (c) rayonnement : la chaleur traverse l'air sans support matériel, comme la lumière.
Un glaçon à est plongé dans un verre d'eau à . Décris le transfert thermique jusqu'à ce que tout le glaçon ait fondu et que l'eau soit à température uniforme.
Réponse. L'eau (chaude) cède de l'énergie thermique au glaçon (froid) : le transfert se fait de l'eau vers le glaçon, jamais l'inverse. L'énergie interne du glaçon augmente (il fond), celle de l'eau diminue (sa température baisse), jusqu'à l'équilibre thermique final.
Pendant longtemps, les savants ont cru que la chaleur était un fluide invisible, le « calorique », qui passerait d'un corps à un autre. En 1798, le physicien Benjamin Thompson, comte de Rumford, dirige le forage de canons dans un arsenal de Munich. Il observe que le simple frottement de l'outil de forage échauffe indéfiniment le métal, sans limite et sans qu'aucune matière ne soit consommée — alors qu'un fluide « calorique » aurait fini par s'épuiser. Il en conclut que la chaleur n'est pas une substance, mais résulte du mouvement désordonné des particules de matière : une intuition qui annonce, un demi-siècle avant l'heure, la notion moderne d'énergie interne.
3Travail et chaleur
3.1 Travail d'une force
Lorsqu'une force constante, de même direction que le déplacement, agit sur un système qui se déplace d'une distance (en m), elle réalise un travail :
s'exprime en joules lorsque est en newtons (N) et en mètres. Le travail est dit moteur si la force agit dans le sens du déplacement (elle apporte de l'énergie), résistant si elle s'y oppose (elle en retire, comme un frottement).
Une grue soulève, à vitesse constante, un sac de ciment de kg sur une hauteur m. Calcule le travail moteur exercé par le câble.
- à vitesse constante, la force du câble compense le poids
On retrouve exactement la variation d'énergie potentielle du sac : J. Le travail moteur du câble a servi à augmenter l'énergie potentielle du sac.
Un enfant tire un chariot sur m ; la force de frottement du sol vaut N et s'oppose au déplacement. Calcule le travail résistant du frottement.
- le frottement s'oppose au mouvement : travail résistant, compté négativement
Cette énergie de J n'est pas perdue pour l'Univers : elle est transférée sous forme de chaleur au sol et aux roues, qui s'échauffent légèrement.
3.2 Deux modes de transfert, pas des formes de stockage
Le travail et la chaleur sont les deux façons dont l'énergie peut être transférée d'un système à un autre. Contrairement aux formes d'énergie de la section 1 (cinétique, potentielle, chimique…), qui décrivent ce qu'un système possède à un instant donné, et ne se « possèdent » pas : ils décrivent un échange, comme un versement bancaire n'est pas de l'argent que l'on garde mais un mouvement entre deux comptes.
Ne confonds pas travail (lié à une force et à un déplacement, en joules) et puissance (qui mesure la rapidité d'un transfert d'énergie, en watts) : la puissance sera définie précisément en section 7. Ne confonds pas non plus chaleur (transfert dû à une différence de température) et énergie interne (ce qui est stocké dans la matière) : la chaleur est ce qui fait varier l'énergie interne, elle n'est pas l'énergie interne elle-même.
Entre 1843 et 1845, le physicien anglais James Prescott Joule réalise une expérience restée célèbre : un poids qui descend fait tourner, par un système de poulies, des palettes plongées dans un récipient d'eau isolé. Il mesure très précisément le travail fourni par la chute du poids, et l'échauffement de l'eau qui en résulte. Il montre ainsi qu'une quantité fixe de travail produit toujours la même élévation de température, quel que soit le moyen employé pour la produire (frottement, électricité…). Cette équivalence — travail et chaleur sont deux manifestations d'une seule et même grandeur, l'énergie — vaut à Joule de donner son nom à l'unité d'énergie du Système International : le joule (J).
4Conservation de l'énergie
4.1 Le principe de conservation
L'énergie totale d'un système isolé (qui n'échange rien avec l'extérieur) reste constante au cours du temps. L'énergie ne peut être ni créée, ni détruite : elle peut seulement se transformer d'une forme à une autre, ou se transférer d'un système à un autre, par travail ou par chaleur.
Ce principe ne dit pas que « rien ne se perd » au sens où on l'entend souvent : une partie de l'énergie utile finit presque toujours dispersée sous forme de chaleur peu récupérable (frottements, effet Joule…). Mais si l'on additionne toutes les formes d'énergie, y compris cette chaleur perdue dans l'air ou dans le sol, le total ne varie pas.
Une pile alimente une lampe de poche. Décris les transformations d'énergie depuis la pile jusqu'à la pièce éclairée, et vérifie qualitativement la conservation.
Réponse. L'énergie chimique stockée dans la pile se transforme en énergie électrique (courant dans le circuit), qui se transforme à son tour en énergie lumineuse (le faisceau) et en énergie thermique (l'ampoule ou la LED s'échauffe légèrement). La somme « lumière reçue par la pièce + chaleur dégagée » égale, à chaque instant, l'énergie chimique consommée dans la pile : rien ne s'est perdu, une partie s'est seulement dispersée sous une forme moins utile.
4.2 Énergie mécanique et chute libre
L'énergie mécanique d'un système est la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle de pesanteur :
Lorsqu'un système est en chute libre (soumis à son seul poids, aucun frottement), son énergie mécanique se conserve :
Au cours de la chute, diminue exactement de ce que gagne : l'un se transforme en l'autre.
Un objet de masse tombe en chute libre, sans vitesse initiale, depuis une hauteur (référence : le sol). Après une chute de hauteur , la relation de la chute libre donne sa vitesse :
- résultat établi en cinématique de la chute libre
- indépendant de : constant
La somme vaut donc à tout instant de la chute : c'est bien l'énergie mécanique initiale, conservée. C.Q.F.D.
Reprends l'objet de la figure 1 : kg, lâché sans vitesse depuis m. Calcule , et à mi-chute ( m), puis la vitesse à cette position.
- énergie mécanique initiale, conservée
La conservation de suppose l'absence de frottement (chute « libre » au sens strict). Dans la réalité, l'air freine légèrement la chute : une partie de est alors transférée sous forme de chaleur à l'air, et la vitesse réellement mesurée au sol est toujours inférieure à la valeur théorique . C'est exactement la situation que tu retrouveras avec la notion de rendement, ci-dessous.
5Rendement
5.1 Calculer un rendement
Le rendement (lettre grecque « êta ») d'un convertisseur d'énergie compare l'énergie utile qu'il restitue à l'énergie totale qu'il a reçue :
est un nombre sans unité, compris entre et (ou exprimé en pourcentage, entre 0 % et 100 %).
Dans tout convertisseur réel, strictement : une partie de l'énergie reçue est toujours dispersée sous forme de chaleur (frottements mécaniques, effet Joule dans les fils, résistance de l'air…), non récupérable pour l'usage voulu. Un rendement de 100 % supposerait un convertisseur parfait, sans aucune perte : cela n'existe pas.
Une ampoule à incandescence reçoit J d'énergie électrique et restitue seulement J de lumière (le reste chauffe le filament). Une ampoule LED, pour la même énergie reçue, restitue J de lumière. Compare les deux rendements.
La LED restitue fois plus de lumière utile pour la même énergie électrique consommée — d'où l'intérêt, à Dakar comme ailleurs, de remplacer les ampoules à incandescence par des LED.
Un moteur électrique reçoit J et fournit un travail utile J. Calcule son rendement et l'énergie perdue.
- dispersée en chaleur (frottements, effet Joule)
5.2 Rendements en cascade
Lorsque l'énergie traverse plusieurs convertisseurs successifs (par exemple turbine puis alternateur), le rendement global est le produit des rendements de chaque étage :
car chaque étage perd une fraction de ce que l'étage précédent lui a transmis.
Dans une centrale hydraulique, la turbine a un rendement et l'alternateur un rendement . Calcule le rendement global de la chaîne turbine + alternateur.
Autrement dit, sur J d'énergie potentielle de l'eau, seuls J ressortent sous forme d'énergie électrique : le reste s'est dispersé en chaleur dans les deux convertisseurs successifs.
Le rendement global d'une chaîne est toujours inférieur ou égal au plus petit des rendements individuels : enchaîner les convertisseurs ne fait qu'accumuler les pertes, jamais les compenser.
6Chaînes énergétiques
6.1 Lire une chaîne énergétique
Une chaîne énergétique est un schéma normalisé qui représente, de la source jusqu'à l'utilisation finale, la succession des formes d'énergie et des convertisseurs qui les transforment. On la lit de gauche à droite : réservoir d'énergie → convertisseur(s) → utilisation, chaque flèche verticale vers le bas indiquant une perte (presque toujours thermique).
6.2 Exemples de chaînes énergétiques
Décris la chaîne énergétique d'une installation solaire domestique, du rayonnement du Soleil jusqu'à l'éclairage d'une pièce le soir.
Réponse. Réservoir : le Soleil (énergie lumineuse, par rayonnement). Convertisseur 1 : la cellule photovoltaïque transforme la lumière en énergie électrique (avec pertes thermiques — rendement typique à ). Convertisseur 2 : cette électricité charge une batterie, qui la stocke sous forme chimique (nouvelles pertes). Utilisation : la nuit, la batterie restitue de l'électricité qui alimente une lampe LED, convertie en énergie lumineuse utile (et un peu de chaleur).
Décris la chaîne énergétique d'une voiture à moteur thermique, de l'essence jusqu'au mouvement du véhicule.
Réponse. Réservoir : le carburant (énergie chimique). Convertisseur : le moteur brûle le carburant et transforme cette énergie chimique en énergie mécanique (rotation des roues), avec d'importantes pertes sous forme de chaleur évacuée par le pot d'échappement et le radiateur — le rendement d'un moteur essence classique dépasse rarement . Utilisation : énergie cinétique du véhicule en mouvement.
Construit entre 1982 et 1988 sur le fleuve Bafing, au Mali, dans le cadre de l'Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le barrage de Manantali a d'abord servi à réguler les crues et l'irrigation. Sa centrale hydroélectrique, mise en service en 2001-2002, développe une puissance installée d'environ 200 MW, répartie entre le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. C'est l'un des plus grands ouvrages hydroélectriques d'Afrique de l'Ouest, et un exemple concret de chaîne énergétique à grande échelle : l'énergie potentielle de l'eau retenue devient l'électricité qui alimente des millions de foyers.
7Puissance
7.1 Définir la puissance
La puissance mesure la rapidité avec laquelle un système reçoit, transfère ou convertit de l'énergie. Si une énergie (en J) est transférée pendant une durée (en s) :
s'exprime en watts, symbole : . On utilise aussi le kilowatt () et le mégawatt ().
Une lampe LED consomme Wh d'énergie électrique pendant h de fonctionnement. Quelle est sa puissance ?
Un moteur électrique de puissance kW fonctionne pendant h. Le kWh est facturé F CFA. Calcule l'énergie consommée et son coût.
- coût
7.2 Le kilowattheure
Le kilowattheure (kWh) est une unité pratique d'énergie (et non de puissance), utilisée pour facturer l'électricité : c'est l'énergie consommée par un appareil de puissance kW fonctionnant pendant h.
Ne confonds jamais puissance et énergie : la puissance (en W) indique à quel rythme l'énergie est consommée à un instant donné ; l'énergie (en J ou en kWh) est la quantité totale accumulée sur une durée. Un appareil de forte puissance allumé peu de temps peut consommer moins d'énergie qu'un appareil de faible puissance laissé allumé longtemps — c'est ce que mesure, et facture, ton compteur.
Fiche mémo
- Énergie cinétique : (J, kg, m·s⁻¹).
- Énergie potentielle de pesanteur : , avec .
- Énergie mécanique : ; conservée en chute libre sans frottement.
- Travail d'une force constante colinéaire au déplacement : (J, N, m).
- Transfert thermique : toujours du chaud vers le froid, jusqu'à l'équilibre.
- Principe de conservation : l'énergie totale d'un système isolé ne se crée ni ne se détruit, elle se transforme et se transfère.
- Rendement : , toujours (pertes thermiques inévitables).
- Rendements en cascade :
- Chaîne énergétique normalisée : réservoir → convertisseur(s) → utilisation, pertes en flèches vers le bas.
- Puissance : (W, J, s) ; .
- Kilowattheure : ; unité d'énergie, pas de puissance.
- Ne jamais confondre : doublée ⇒ quadruplée ; puissance (rythme) ≠ énergie (quantité totale).
8Exercices corrigés
Un cycliste de masse kg roule à , puis accélère jusqu'à . Calcule son énergie cinétique dans les deux cas. Que remarques-tu ?
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- la vitesse a doublé, l'énergie cinétique est multipliée par
Un livre de masse kg est posé sur une étagère à m du sol. Calcule son énergie potentielle de pesanteur (référence : le sol).
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Une ampoule reçoit J d'énergie électrique et restitue J de lumière. Calcule son rendement.
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Un moteur fournit une énergie J en s. Calcule sa puissance.
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Un appareil de puissance W fonctionne pendant h. Calcule l'énergie consommée en kWh, puis convertis-la en joules.
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Une chaîne énergétique : pile → moteur électrique → hélice d'un ventilateur. Identifie la forme d'énergie stockée dans la pile, la forme transmise entre le moteur et l'hélice, et la forme finalement utile.
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La pile stocke de l'énergie chimique. Le moteur la convertit en énergie électrique puis en énergie mécanique transmise à l'hélice (rotation). L'énergie finalement utile est l'énergie cinétique de l'air brassé par l'hélice ; une partie est dispersée en chaleur dans le moteur (effet Joule, frottements).
Un objet de masse kg est lâché sans vitesse initiale depuis m. En négligeant les frottements, calcule sa vitesse au moment où il touche le sol.
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Par conservation de l'énergie mécanique, l'énergie potentielle initiale devient intégralement cinétique au sol.
Dans une petite centrale, la turbine a un rendement et l'alternateur un rendement . Calcule le rendement global de la chaîne.
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Un réfrigérateur de puissance W fonctionne en continu, h/24, pendant jours. Le kWh coûte F CFA. Calcule l'énergie consommée et son coût.
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- coût
Une voiture de masse kg accélère de à en s. Calcule la variation d'énergie cinétique, puis la puissance moyenne développée par le moteur (on néglige les pertes).
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Un plongeur de masse kg saute, sans vitesse initiale, d'un plongeoir situé à m au-dessus de l'eau.
- Calcule son énergie mécanique au départ (référence : la surface de l'eau).
- En négligeant les frottements de l'air, calcule la vitesse théorique d'entrée dans l'eau.
- En réalité, sa vitesse mesurée à l'entrée dans l'eau est . Calcule l'énergie dissipée par les frottements de l'air pendant la chute.
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1. Au départ, donc : l'énergie mécanique se réduit à l'énergie potentielle.
2. Sans frottement, toute l'énergie mécanique initiale devient cinétique à l'arrivée dans l'eau ().
3. Avec la vitesse réellement mesurée, l'énergie cinétique réelle est plus faible que la valeur théorique : la différence a été transférée sous forme de chaleur à l'air.
Un barrage laisse passer un débit d'eau (masse volumique ) sur une hauteur de chute m. Le rendement global de la centrale (turbine + alternateur) vaut .
- Calcule la puissance hydraulique brute reçue par la turbine, sachant qu'en une seconde, la masse d'eau tombe de , fournissant une énergie .
- Calcule la puissance électrique effectivement produite.
- Calcule l'énergie électrique produite en une journée de fonctionnement continu.
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1. En une seconde, la masse d'eau qui tombe est , et l'énergie potentielle qu'elle libère est : c'est la puissance hydraulique brute.
2. La puissance électrique utile tient compte du rendement global.
3. Sur une journée, h.
Dans un foyer, une lampe LED ( W) fonctionne h/jour, un réfrigérateur ( W) fonctionne h/jour, et un téléviseur ( W) fonctionne h/jour. Le kWh coûte F CFA.
- Calcule l'énergie consommée par chaque appareil sur une journée.
- Calcule l'énergie totale journalière du foyer, et son coût.
- Calcule le coût sur un mois de jours.
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1. Pour chaque appareil, :
2. Énergie totale et coût journaliers :
- coût
3. Sur un mois :
- coût
Le barrage de Manantali. Fatoumata étudie en classe le barrage de Manantali (Mali), dont la puissance électrique installée vaut MW. En moyenne, la centrale fonctionne à pleine puissance pendant h par jour.
- Calcule l'énergie électrique produite en une journée.
- Calcule l'énergie électrique produite en une année (365 jours).
- Un foyer consomme en moyenne kWh par jour (voir exercice 13). Combien de foyers Manantali peut-il alimenter en une journée ?
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1.
2.
3.
Le barrage de Manantali peut donc, en théorie, alimenter environ 800 000 foyers pendant une journée — une illustration de l'ampleur d'une centrale hydroélectrique à l'échelle régionale (Mali, Mauritanie, Sénégal).
Panneau solaire à Abéché. Ibrahim installe à Abéché (Tchad) un panneau solaire de puissance crête W. L'ensoleillement effectif moyen est de h par jour, et les pertes (onduleur, câblage) ramènent le rendement global de l'installation à .
- Calcule l'énergie brute produite par le panneau en une journée.
- Calcule l'énergie réellement utile en une journée, puis sur une semaine.
- Si Ibrahim évite ainsi d'acheter de l'électricité à F CFA le kWh, calcule l'économie réalisée sur une semaine.
Voir le corrigé détaillé
1.
2. L'énergie utile tient compte du rendement global de l'installation.
3.
- économie
Le moto-taxi de Djibril, à Douala. Djibril conduit une moto-taxi ; sa moto et lui-même ont une masse totale kg. Il roule à km/h.
- Calcule son énergie cinétique.
- En zone dégagée, il accélère jusqu'à km/h, soit le double. Calcule la nouvelle énergie cinétique et compare-la à la précédente.
- À force de freinage égale, la distance de freinage est proportionnelle à l'énergie cinétique à dissiper. Que peux-tu en conclure sur le risque à rouler deux fois plus vite en ville ?
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1. Conversion puis calcul :
2.
- la vitesse a doublé, est multipliée par
3. Puisque la distance de freinage est proportionnelle à l'énergie cinétique à dissiper, rouler deux fois plus vite quadruple la distance nécessaire pour s'arrêter. C'est pourquoi une vitesse excessive, même modérément supérieure, augmente très rapidement le risque en circulation urbaine.