Une goutte d’eau posée sur une feuille grossit les lettres. Une paire de lunettes rend le tableau net. Un téléphone tient un paysage entier dans un capteur de deux centimètres. Derrière ces trois situations, un seul objet : la lentille. Dans ce chapitre, on apprend à reconnaître les lentilles, à construire l’image qu’elles donnent d’un objet, et à comprendre le plus perfectionné des instruments d’optique — ton œil, ainsi que la façon dont on corrige ses défauts.
1Reconnaître une lentille
Une lentille est un morceau de matière transparente (verre ou plastique) limité par deux surfaces dont l’une au moins est courbe. Elle dévie les rayons lumineux qui la traversent.
Il existe deux familles de lentilles, que l’on distingue de deux façons : au toucher et à l’effet qu’elles produisent.
1.1 La lentille convergente
- Au toucher : son centre est plus épais que ses bords. On dit qu’elle est à bords minces.
- À l’effet : un faisceau de rayons parallèles qui la traverse se resserre et se rassemble en un point.
- Au regard : posée sur un texte puis soulevée doucement, elle grossit les lettres.
1.2 La lentille divergente
- Au toucher : son centre est plus mince que ses bords. On dit qu’elle est à bords épais.
- À l’effet : un faisceau de rayons parallèles qui la traverse s’écarte.
- Au regard : posée sur un texte, elle rapetisse toujours les lettres, quelle que soit la distance.
Ne regarde jamais le Soleil à travers une lentille, une loupe ou des jumelles : la lentille concentre toute la lumière reçue sur un point minuscule de ta rétine, qui serait brûlée irréversiblement en une fraction de seconde. C’est d’ailleurs ce même effet qui permet d’enflammer une feuille de papier avec une loupe : ne laisse jamais une loupe au soleil sur une table de travail.
Matériel
- trois lentilles montées sur support, dont au moins une divergente ;
- un écran blanc sur support, un banc d’optique ou une simple règle d’un mètre ;
- une fenêtre donnant sur un bâtiment ou un arbre éloigné (au moins ).
Protocole
- Classer d’abord les lentilles au toucher : bords minces ou bords épais ?
- Poser chaque lentille sur un texte et la soulever lentement : noter ce que deviennent les lettres.
- Prendre une lentille à bords minces. La placer face à la fenêtre, l’écran derrière elle.
- Déplacer l’écran d’avant en arrière jusqu’à obtenir une image parfaitement nette.
- Mesurer la distance entre le centre de la lentille et l’écran. Recommencer trois fois et faire la moyenne.
Observations
- Les lentilles à bords minces grossissent le texte ; celles à bords épais le rapetissent toujours.
- Sur l’écran apparaît une image nette du bâtiment : elle est renversée et très petite.
- Avec la lentille à bords épais, aucune image nette ne se forme sur l’écran, où qu’on le place.
- Pour la lentille étudiée, on mesure une distance de ; ; .
Interprétation
Le bâtiment est si loin que les rayons qui en proviennent arrivent pratiquement parallèles sur la lentille. Or les rayons parallèles à l’axe se rassemblent au foyer image . La distance mesurée est donc la distance focale de la lentille.
- moyenne des trois mesures
La lentille divergente, elle, ne donne jamais d’image sur un écran : c’est la marque des images virtuelles.
2Le vocabulaire de la lentille convergente
Le centre optique est le point situé au milieu de la lentille. Tout rayon qui passe par traverse la lentille sans être dévié.
L’axe optique est la droite qui passe par perpendiculairement à la lentille.
Le foyer image est le point de l’axe où se rassemblent tous les rayons arrivés parallèlement à l’axe optique.
Le foyer objet est le symétrique de par rapport à .
La distance focale est la distance . Elle s’exprime en mètres.
2.1 La vergence
Plus une lentille est bombée, plus elle fait converger les rayons, et plus sa distance focale est courte. Pour mesurer directement ce « pouvoir de convergence », on définit la vergence.
La vergence d’une lentille est l’inverse de sa distance focale :
avec en mètres et en dioptries, de symbole .
La distance focale doit impérativement être en mètres. Une lentille de n’a pas une vergence de : il faut d’abord écrire .
Une lentille a pour distance focale . Calculons sa vergence.
- conversion obligatoire
- formule littérale
- on remplace par sa valeur
Par convention, la vergence d’une lentille convergente est positive, celle d’une lentille divergente est négative. C’est ce nombre, précédé de son signe, que l’ophtalmologue inscrit sur une ordonnance de lunettes.
| Grandeur | Symbole | Unité (symbole) | Remarque |
|---|---|---|---|
| Distance focale | mètre () | distance | |
| Vergence | dioptrie () | si convergente, si divergente | |
| Position de l’objet | mètre () | négative : l’objet est à gauche de | |
| Position de l’image | mètre () | positive : image réelle ; négative : image virtuelle | |
| Taille de l’objet | mètre () | comptée positivement vers le haut | |
| Taille de l’image | mètre () | négative si l’image est renversée | |
| Grandissement | sans unité | : image agrandie |
3Construire l’image d’un objet
D’un objet, il part une infinité de rayons dans toutes les directions. Heureusement, trois d’entre eux suffisent : ce sont les rayons dont on connaît d’avance le trajet après la lentille.
- Le rayon parallèle à l’axe optique ressort en passant par le foyer image .
- Le rayon qui passe par le centre optique n’est pas dévié.
- Le rayon qui passe par le foyer objet ressort parallèle à l’axe optique.
- Tracer l’axe optique, placer la lentille, puis , et à la règle.
- Placer l’objet perpendiculairement à l’axe, le point sur l’axe.
- Tracer deux des trois rayons particuliers issus de (le troisième sert de vérification).
- Leur point d’intersection après la lentille est .
- Descendre la perpendiculaire de à l’axe : le pied est . L’image est le segment .
3.1 Les caractéristiques de l’image
Selon la position de l’objet, l’image change complètement de nature. On la décrit toujours par trois mots.
| Position de l’objet | Image réelle ou virtuelle ? | Droite ou renversée ? | Agrandie ou réduite ? |
|---|---|---|---|
| au-delà de | réelle | renversée | réduite |
| en | réelle | renversée | même taille |
| entre et | réelle | renversée | agrandie |
| en | pas d’image | — | les rayons ressortent parallèles |
| entre et | virtuelle | droite | agrandie (c’est la loupe) |
Une image est réelle lorsque les rayons lumineux se croisent réellement : on peut la recueillir sur un écran.
Une image est virtuelle lorsque ce sont seulement les prolongements des rayons qui se croisent : elle se voit à l’œil, mais ne se recueille jamais sur un écran.
3.2 Calculer au lieu de dessiner
En comptant toutes les distances à partir de , positivement vers la droite (le sens de la lumière) et vers le haut :
et le grandissement vaut :
Données : , , .
Position de l’image.
- relation de conjugaison réarrangée
- on remplace
- même dénominateur
- on prend l’inverse
est positif : l’image est réelle, à derrière la lentille.
Taille de l’image.
- formule littérale
- on remplace
- formule littérale
- on remplace
Le signe indique que l’image est renversée, et sa hauteur est de : elle est deux fois plus petite que l’objet.
4L’œil, un instrument d’optique vivant
L’œil est une petite sphère d’environ de diamètre remplie de liquides transparents. Pour le physicien, on peut le réduire à trois éléments seulement.
| Élément de l’œil | Rôle | Équivalent dans un appareil photo |
|---|---|---|
| Cornée et cristallin | font converger la lumière : ce sont la lentille | objectif |
| Iris et pupille | règlent la quantité de lumière qui entre | diaphragme |
| Rétine | reçoit l’image et la convertit en signal nerveux | capteur |
| Nerf optique | transmet le signal au cerveau | carte électronique |
| Paupière | protège et obture | obturateur |
4.1 L’accommodation
Dans un appareil photo, on fait la mise au point en déplaçant l’objectif : la distance lentille-capteur change. Dans l’œil, c’est impossible : la distance cristallin-rétine est fixée une fois pour toutes par la forme du globe oculaire.
L’accommodation est la déformation du cristallin, commandée par de petits muscles, qui modifie sa vergence afin que l’image se forme toujours exactement sur la rétine.
- Pour regarder au loin, le cristallin se relâche et s’aplatit : sa vergence diminue. L’œil ne fatigue pas.
- Pour regarder de près, le cristallin se bombe : sa vergence augmente. Les muscles travaillent, l’œil se fatigue.
4.2 La myopie
L’œil myope est trop convergent, souvent parce que le globe oculaire est un peu trop long. L’image d’un objet lointain se forme avant la rétine : sur la rétine elle-même, il ne reste qu’une tache floue.
Pour corriger, il faut retirer de la convergence : on place devant l’œil une lentille divergente, de vergence négative.
4.3 L’hypermétropie
L’œil hypermétrope n’est pas assez convergent, souvent parce que le globe oculaire est un peu trop court. L’image se formerait derrière la rétine ; l’œil doit accommoder en permanence, même pour regarder au loin, ce qui provoque une fatigue et des maux de tête.
Pour corriger, il faut ajouter de la convergence : on place devant l’œil une lentille convergente, de vergence positive.
Vers l’an 1020, le savant Ibn al-Haytham — connu en Europe sous le nom d’Alhazen — rédige au Caire son Kitāb al-Manāẓir, le « Livre de l’optique ». Il y démontre, contre l’opinion des Grecs, que la vision ne vient pas de rayons émis par l’œil, mais de la lumière qui entre dans l’œil depuis les objets. Il décrit aussi la chambre noire et impose une méthode fondée sur l’expérience contrôlée. Traduit en latin, son ouvrage nourrira toute l’optique européenne pendant cinq siècles.
Huit cents ans plus tard, l’ingénieur français Augustin Fresnel (1788-1827) établit que la lumière se comporte comme une onde. Chargé du service des phares, il invente en 1822 une lentille faite d’anneaux concentriques taillés en escalier : à convergence égale, elle est bien plus légère et bien moins épaisse qu’une lentille pleine. La lentille de Fresnel équipe encore aujourd’hui les phares, les feux de véhicules et les rétroprojecteurs.
5Deux instruments d’optique
5.1 L’appareil photographique
Un appareil photo est un boîtier étanche à la lumière, muni d’un objectif (une lentille convergente) à l’avant et d’un capteur au fond. Le sujet photographié est toujours très loin devant le foyer objet : l’image obtenue sur le capteur est donc réelle, renversée et beaucoup plus petite que le sujet.
Comme le sujet est très éloigné, l’image se forme presque exactement dans le plan focal : la distance objectif-capteur est donc à peine supérieure à . C’est pourquoi un objectif « » désigne simplement une lentille de distance focale .
5.2 La loupe
Une loupe est une simple lentille convergente, mais utilisée autrement : on place l’objet entre le foyer et le centre optique , c’est-à-dire plus près de la lentille que sa distance focale.
Les rayons ressortent alors en divergeant : ils ne se croisent jamais. Ce sont leurs prolongements qui se coupent, du même côté que l’objet. L’image est virtuelle, droite et agrandie.
Si tu éloignes trop l’objet et qu’il passe au-delà de , la lentille cesse de fonctionner comme une loupe : l’image redevient réelle et renversée. C’est exactement ce que tu observes quand tu écartes trop une loupe d’un texte et que les lettres se retournent brusquement.
Fiche mémo
- Convergente : bords minces, elle rassemble les rayons parallèles en . Divergente : bords épais, elle les écarte.
- Vergence : , avec en mètres et en dioptries (). si convergente.
- Rayon 1 : parallèle à l’axe ressort par .
- Rayon 2 : par non dévié.
- Rayon 3 : par ressort parallèle à l’axe.
- Objet au-delà de : image réelle et renversée. Objet entre et : image virtuelle, droite et agrandie — la loupe.
- Une image réelle se recueille sur un écran ; une image virtuelle, jamais.
- Œil : cristallin = lentille de vergence réglable, rétine = écran. L’accommodation bombe le cristallin pour voir de près.
- Myopie : œil trop convergent, image avant la rétine, corrigée par une lentille divergente ().
- Hypermétropie : œil pas assez convergent, image derrière la rétine, corrigée par une lentille convergente ().
Pour chaque cas, indique s’il s’agit d’une lentille convergente ou divergente, et justifie.
- Une lentille dont le centre est nettement plus épais que les bords.
- Une lentille qui transforme un faisceau de rayons parallèles en faisceau qui s’écarte.
- Le verre correcteur d’une personne myope.
- Une loupe de bijoutier.
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- 1. Convergente : elle est à bords minces, c’est le critère du toucher.
- 2. Divergente : elle écarte les rayons, c’est le critère de l’effet.
- 3. Divergente : l’œil myope est trop convergent, il faut lui retirer de la convergence.
- 4. Convergente : seule une lentille convergente peut donner une image virtuelle agrandie.
Une lentille a pour distance focale : calcule sa vergence. Une autre lentille a pour vergence : calcule sa distance focale et précise sa nature.
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Première lentille.
- conversion en mètres
- formule littérale
- on remplace
Seconde lentille.
- formule littérale
- on remplace
La vergence est négative : cette lentille est divergente, et sa distance focale mesure .
Complète les trois phrases qui décrivent les rayons particuliers d’une lentille convergente, puis explique pourquoi on n’en a besoin que de deux pour construire une image.
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- Un rayon parallèle à l’axe optique ressort en passant par le foyer image .
- Un rayon qui passe par le centre optique n’est pas dévié.
- Un rayon qui passe par le foyer objet ressort parallèle à l’axe optique.
Deux droites sécantes se coupent en un seul point : deux rayons suffisent donc à déterminer . Le troisième n’est pas inutile pour autant — il sert de vérification, car il doit passer exactement par le même point.
On observe le sommet d’une montagne à travers une lentille convergente de distance focale . Où faut-il placer l’écran pour recueillir une image nette ? Quelles seront les caractéristiques de cette image ?
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La montagne est extrêmement éloignée : les rayons qui en proviennent arrivent parallèles sur la lentille.
Or les rayons parallèles à l’axe se rassemblent au foyer image . L’écran doit donc être placé dans le plan focal image, c’est-à-dire à derrière la lentille.
L’image obtenue est réelle (elle se forme sur un écran), renversée et extrêmement réduite.
Une lentille convergente a une distance focale . Sans calcul, donne les trois caractéristiques de l’image dans chacun de ces trois cas :
- l’objet est à de la lentille ;
- l’objet est à de la lentille ;
- l’objet est à de la lentille.
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On repère d’abord les points clés : est à et à de la lentille.
- 1. : l’objet est au-delà de . L’image est réelle, renversée et réduite.
- 2. : l’objet est entre et . L’image est réelle, renversée et agrandie.
- 3. : l’objet est entre et . L’image est virtuelle, droite et agrandie : la lentille fonctionne en loupe.
Associe chaque élément de l’œil à l’élément d’un appareil photographique qui joue le même rôle : cristallin, iris, rétine, paupière.
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| Œil | Appareil photo | Rôle commun |
|---|---|---|
| cristallin | objectif | faire converger la lumière |
| iris (et pupille) | diaphragme | régler la quantité de lumière |
| rétine | capteur | recevoir l’image |
| paupière | obturateur | ouvrir et fermer le passage de la lumière |
Une différence essentielle demeure : l’appareil photo fait le point en déplaçant son objectif, alors que l’œil déforme son cristallin.
Deux ordonnances d’ophtalmologue portent : pour Salif, ; pour Nadia, . Pour chacun, indique le défaut de vision, la nature du verre et la distance focale du verre.
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Salif. La vergence est négative : le verre est divergent, il corrige la myopie.
Nadia. La vergence est positive : le verre est convergent, il corrige l’hypermétropie.
Une lentille convergente a pour distance focale . Un objet de de haut est placé à devant elle. Détermine par le calcul la position de l’image, son sens et sa taille, puis décris la construction graphique qui le confirme.
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Données : , , .
L’image est réelle (), située à derrière la lentille, renversée () et réduite de moitié : elle mesure .
Vérification graphique. L’objet est à , or est à : l’objet est bien au-delà de , ce qui donne une image réelle, renversée et réduite. Le rayon parallèle à l’axe issu de ressort par ; le rayon passant par n’est pas dévié ; ils se coupent à de , sous l’axe.
Une loupe a pour distance focale . On place un timbre de de haut à de la lentille. Détermine la position, la nature et la taille de l’image.
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Données : , , .
est négatif : l’image est virtuelle, située devant la lentille, du même côté que le timbre. Le grandissement est positif : l’image est droite, et elle est agrandie fois. C’est bien le comportement d’une loupe.
Un objectif d’appareil photo a une distance focale . On photographie un objet situé à . À quelle distance du capteur faut-il régler l’objectif ? Compare cette distance à et commente.
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On travaille en mètres : et .
Il faut donc placer le capteur à environ de l’objectif, soit à peine de plus que la distance focale.
C’est pour cette raison qu’un objectif ne se déplace que de quelques millimètres lors de la mise au point : dès que le sujet est à plusieurs mètres, l’image se forme pratiquement dans le plan focal.
Un œil au repos peut être modélisé par une lentille placée à de la rétine, qui donne une image nette d’un objet situé à l’infini. Calcule la vergence de ce « cristallin modèle ». Que devient cette vergence quand l’œil regarde un livre tenu à ?
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Œil au repos. L’objet est à l’infini : l’image se forme dans le plan focal image, donc sur la rétine.
Œil accommodant. L’image doit toujours tomber à , donc , avec .
Pour lire, le cristallin doit donc gagner environ : c’est exactement l’accommodation. Cet effort musculaire permanent explique la fatigue oculaire après une longue séance de lecture ou d’écran.
Explique pourquoi une image virtuelle ne peut jamais être recueillie sur un écran, alors qu’on la voit très bien à l’œil. Illustre par le cas de la loupe.
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Un écran ne devient lumineux que si de la lumière arrive réellement sur lui. Or, dans le cas d’une image virtuelle, les rayons qui sortent de la lentille divergent : ils ne se croisent jamais après elle. Ce sont seulement leurs prolongements, tracés en pointillés vers l’arrière, qui se coupent. Aucune énergie lumineuse ne passe par le point image : un écran placé là ne recevrait qu’un éclairage diffus.
L’œil, en revanche, est lui-même un système convergent. Il reçoit le faisceau divergent qui sort de la loupe et le rassemble sur sa rétine. Le cerveau interprète alors ce faisceau comme s’il provenait du point d’où les rayons semblent venir : c’est ainsi qu’on « voit » l’image virtuelle, grande et droite, derrière la loupe.
Un élève affirme : « Ma lentille convergente donne toujours une image renversée. » A-t-il raison ? Précise dans quel cas il se trompe et pourquoi.
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Il a raison dans le cas le plus fréquent, mais pas toujours.
Tant que l’objet est au-delà du foyer objet , les rayons se recroisent après la lentille : l’image est réelle et renversée. C’est le cas de l’appareil photo, du projecteur et de l’œil.
Mais si l’objet est placé entre et , les rayons ressortent en divergeant. L’image devient alors virtuelle et droite : c’est le fonctionnement de la loupe. L’élève oublie ce second cas.
Enfin, si l’objet est exactement en , les rayons ressortent parallèles : il n’y a pas d’image du tout.
On accole deux lentilles minces : l’une convergente de vergence , l’autre divergente de vergence . Les vergences de deux lentilles accolées s’ajoutent. Détermine la vergence de l’ensemble, sa nature et sa distance focale. Où faudrait-il placer un écran pour recueillir l’image du Soleil ?
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- formule littérale
- on remplace
La vergence est positive : l’ensemble se comporte comme une lentille convergente.
Le Soleil est à l’infini : son image se forme dans le plan focal image. Il faudrait donc placer l’écran à environ derrière l’ensemble.
Attention : cette expérience ne se fait jamais en visant le Soleil à l’œil. On projette l’image sur l’écran sans jamais regarder à travers les lentilles.
Un objet et un écran sont fixes, distants de . On glisse entre eux une lentille convergente de distance focale . On affirme qu’il existe deux positions de la lentille donnant une image nette sur l’écran : à et à de l’écran.
- Vérifie par le calcul que la première position convient.
- Vérifie que la seconde convient également.
- Calcule le grandissement dans chaque cas et commente.
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1. Première position. L’image est à , donc l’objet est à .
Or . L’égalité est vérifiée : cette position convient.
2. Seconde position. Cette fois et .
La somme est la même : la seconde position convient aussi. Les deux positions sont symétriques l’une de l’autre par rapport au milieu du dispositif.
3. Grandissements.
Dans les deux cas l’image est renversée. La première position donne une image réduite, la seconde une image agrandie. On remarque que : les deux grandissements sont inverses l’un de l’autre.
L’œil de Bintou est myope : sans lunettes, elle ne voit net que jusqu’à au maximum (c’est son punctum remotum). Un verre correcteur doit donner, d’un objet situé à l’infini, une image virtuelle placée exactement en ce point, que l’œil saura ensuite rendre nette. Détermine la distance focale, puis la vergence du verre nécessaire.
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L’objet est à l’infini : les rayons arrivent parallèles à l’axe. Le verre doit donc en faire une image située à devant lui, c’est-à-dire du même côté que l’objet.
Cette image se situe donc au foyer image du verre :
- objet à l’infini
- image virtuelle, à gauche de la lentille
Il faut donc des verres de , effectivement divergents, ce qui confirme la règle : la myopie se corrige par une lentille divergente.
On retiendra la règle pratique : la vergence du verre correcteur d’un myope est l’opposé de l’inverse de la distance de son punctum remotum exprimée en mètres.
Les lunettes d’Aïcha (Yaoundé). Aïcha, élève de 3ème au lycée général Leclerc, ne parvient plus à lire le tableau depuis le fond de la classe. L’ophtalmologue lui prescrit des verres de pour les deux yeux.
- Ses verres sont-ils convergents ou divergents ? Justifie.
- Calcule leur distance focale.
- De quel défaut de vision Aïcha souffre-t-elle ? Explique en une phrase ce qui se passe dans son œil sans lunettes.
- À quelle distance maximale voit-elle net sans ses lunettes ?
- Pourquoi arrive-t-elle pourtant à lire son cahier sans difficulté ?
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1. La vergence est négative, donc les verres sont divergents.
2. Distance focale :
- formule littérale
- on remplace
Soit environ , le signe rappelant que le foyer image est virtuel.
3. Un verre divergent corrige la myopie. Sans lunettes, l’œil d’Aïcha est trop convergent : l’image du tableau se forme avant sa rétine, et sur la rétine elle-même il ne reste qu’une tache floue.
4. Son punctum remotum se déduit de la distance focale du verre correcteur :
Aïcha voit donc net jusqu’à environ : le tableau, à plusieurs mètres, est bien au-delà.
5. Parce qu’elle tient son cahier à environ, soit bien en deçà de . Dans cette zone, son œil trop convergent forme l’image exactement sur la rétine : elle voit parfaitement net. C’est la signature du myope, qui voit mal de loin mais très bien de près.
La photo de Mathieu (Bruxelles). Mathieu veut photographier son ami Lucas, qui mesure , à une distance de . Son appareil a un objectif de distance focale et un capteur qui mesure de hauteur.
- Calcule la distance entre l’objectif et le capteur pour que la photo soit nette.
- Calcule le grandissement, puis la hauteur de l’image de Lucas sur le capteur.
- Lucas tient-il entièrement dans la photo ? Justifie.
- À quelle distance minimale Mathieu doit-il se placer pour que Lucas tienne dans le cadre ?
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1. On convertit tout en mètres : et .
Le capteur doit être à environ de l’objectif.
2. Grandissement :
Hauteur de l’image :
L’image mesure donc , et le signe rappelle qu’elle est renversée sur le capteur.
3. Le capteur ne mesure que de haut, or l’image en réclame . Lucas ne tient pas entièrement : la photo lui coupera la tête ou les pieds.
4. Il faut que l’image ne dépasse pas , soit .
Comme l’image se forme quasiment dans le plan focal, on peut prendre .
Mathieu doit donc reculer d’environ un demi-mètre, jusqu’à , pour que Lucas tienne confortablement dans le cadre.
La loupe de Fatou (Dakar). La grand-mère de Fatou n’arrive plus à lire les petits caractères du journal. Fatou lui achète au marché Sandaga une loupe de distance focale .
- Fatou tient d’abord la loupe à du journal. Détermine la position, la nature, le sens et le grandissement de l’image.
- Elle éloigne ensuite la loupe jusqu’à du journal. Refais le calcul et explique ce que voit sa grand-mère.
- Énonce la règle d’or à respecter pour qu’une lentille convergente serve de loupe.
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1. Loupe à . Données : , .
L’image est virtuelle (position négative), située devant la loupe, du même côté que le journal. Elle est droite () et agrandie fois. La grand-mère lit sans peine.
2. Loupe à . Cette fois .
L’image est devenue réelle et renversée, agrandie fois. La grand-mère voit brusquement le texte à l’envers et très flou, car son œil n’est pas placé où l’image se forme. La loupe ne remplit plus son rôle.
3. Règle d’or. Pour qu’une lentille convergente serve de loupe, l’objet doit toujours être placé entre le foyer objet et le centre optique , c’est-à-dire à une distance inférieure à la distance focale. Ici, il fallait rester à moins de du journal.