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Machines simples : leviers et poulies

Comprendre comment une machine simple multiplie une force.

Physique 3ème Chapitre 4 / 9 ⏱ 7 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Appliquer la condition d'équilibre d'un levier
  • Calculer le gain d'une poulie mobile
  • Résoudre un problème de levage

Un homme seul ne soulève pas un bloc de pierre de 500 kg500\ \mathrm{kg}. Pourtant, avec une simple barre de fer et un caillou posé au bon endroit, il y arrive. Rien de magique là-dedans : la barre est une machine simple, un dispositif qui ne fabrique aucune énergie mais qui répartit autrement l’effort. Dans ce chapitre, tu vas comprendre pourquoi une poulie divise ta force par deux, pourquoi la brouette est plus maligne qu’un seau, et pourquoi la physique t’interdit malgré tout de gagner sur tous les tableaux.

1Qu’est-ce qu’une machine simple ?

Définition

Une machine simple est un dispositif mécanique sans moteur qui permet de modifier une force : sa valeur, sa direction ou son sens.

Les mécaniciens grecs en dénombraient cinq : le levier, la poulie, le treuil, le coin et la vis. Toutes les machines d’aujourd’hui, du sécateur au pont roulant, sont des assemblages de ces briques élémentaires.

Dans toute machine simple, on distingue deux forces :

  • la force motrice F1F_1, celle que tu exerces (on l’appelle aussi l’effort) ;
  • la force résistante F2F_2, celle qu’il faut vaincre (le poids de la charge, la résistance d’une noix…).
Définition — multiplication de force

On appelle multiplication de force (ou avantage mécanique) le quotient :

m=F2F1m = \dfrac{F_2}{F_1}

Si m>1m > 1, la machine multiplie la force : tu pousses moins fort que la charge ne pèse. Si m<1m < 1, elle la divise, mais elle fait alors gagner en vitesse ou en amplitude.

Rappel de 4ème : Le poids PP d’un corps de masse mm vaut P=m×gP = m \times g, avec g10 N/kgg \approx 10\ \mathrm{N/kg} (valeur exacte proche de 9,8 N/kg9{,}8\ \mathrm{N/kg} en France, un peu plus faible près de l’équateur). Une masse de 1 kg1\ \mathrm{kg} pèse donc environ 10 N10\ \mathrm{N}.
GrandeurSymboleUnitéSymbole de l’unité
Force (effort, poids…)FF, PPnewtonN\mathrm{N}
Massemmkilogrammekg\mathrm{kg}
Intensité de la pesanteurggnewton par kilogrammeN/kg\mathrm{N/kg}
Bras de levier, longueur, hauteurdd, LL, hhmètrem\mathrm{m}
Moment d’une forceMMnewton-mètreNm\mathrm{N}\cdot\mathrm{m}
Travail d’une forceWWjouleJ\mathrm{J}

2Le levier

Définition

Un levier est une barre rigide qui peut tourner autour d’un point fixe appelé point d’appui (ou pivot).

Le bras de levier d’une force est la distance dd entre le point d’appui et la droite d’action de cette force.

Attention

Le bras de levier n’est pas la longueur de la barre, ni la distance jusqu’à ta main mesurée le long du bras. C’est la distance mesurée perpendiculairement à la direction de la force. Quand la force est verticale et la barre horizontale, les deux coïncident : c’est le cas de tous les exemples de ce chapitre.

2.1  Les trois genres de leviers

On classe les leviers selon la position relative du point d’appui, de l’effort et de la résistance.

1er genre : le point d’appui est ENTRE les deux forcespoint d’appuiF₁ (effort)F₂ (résistance)d₁d₂balançoire · ciseaux · tenailles · balance Roberval
Figure 1 — Levier du 1er genre : l’appui est au milieu. C’est la balançoire, mais aussi les ciseaux et la tenaille.

Sur une balançoire, si tu t’éloignes du pivot, tu appuies plus efficacement : d1d_1 augmente, donc une force plus petite suffit.

2e genre : la résistance est ENTRE l’appui et l’effortappui : l’axe de la rouechargeF₂ (charge)F₁ (effort)d₂d₁brouette · casse-noix · décapsuleur
Figure 2 — Levier du 2e genre : la charge est entre l’appui et l’effort. La brouette, le casse-noix, le décapsuleur.

Dans une brouette, l’effort est toujours plus loin de l’appui que la charge : d1>d2d_1 > d_2. La multiplication de force est donc toujours supérieure à 11. C’est ce qui te permet de transporter 60 kg60\ \mathrm{kg} de sable en soulevant l’équivalent de 20 kg20\ \mathrm{kg}.

3e genre : l’effort est ENTRE l’appui et la résistancebrascoude(appui)F₁ (biceps)F₂ (charge)d₁d₂ici d₁ est bien plus petit que d₂ : le biceps tire fort, mais la main va vite
Figure 3 — Levier du 3e genre : l’effort est entre l’appui et la charge. C’est l’avant-bras humain, la pince à épiler, la canne à pêche.

Ici d1<d2d_1 < d_2, donc m<1m < 1 : le biceps tire beaucoup plus fort que la charge ne pèse. Le corps humain a choisi la vitesse et l’amplitude plutôt que la force — une petite contraction du muscle fait parcourir un grand arc à la main.

GenreOrdre le long de la barreExempleMultiplication de force
1ereffort — appui — résistancebalançoire, ciseaux, tenailleplus grande ou plus petite que 11
2eappui — résistance — effortbrouette, casse-noixtoujours plus grande que 11
3eappui — effort — résistanceavant-bras, pince à épilertoujours plus petite que 11

2.2  La condition d’équilibre

Théorème — équilibre d’un levier

Un levier soumis à deux forces perpendiculaires à la barre est en équilibre lorsque :

F1×d1=F2×d2F_1 \times d_1 = F_2 \times d_2

Le produit F×dF \times d s’appelle le moment de la force par rapport au point d’appui. On le note MM et il s’exprime en newton-mètre (Nm\mathrm{N}\cdot\mathrm{m}).

Autrement dit : le levier tourne dans le sens de la force dont le moment est le plus grand. Il ne bouge pas quand les deux moments se compensent exactement.

Méthode — résoudre un problème de levier
  1. Repérer le point d’appui sur le schéma ;
  2. convertir toutes les masses en poids avec P=m×gP = m \times g ;
  3. mesurer les deux bras de levier à partir du point d’appui, dans la même unité ;
  4. écrire F1×d1=F2×d2F_1 \times d_1 = F_2 \times d_2 ;
  5. isoler l’inconnue, remplacer, conclure avec l’unité.
Exemple — la balançoire déséquilibrée

Awa a une masse de 40 kg40\ \mathrm{kg} et s’assoit à 1,5 m1{,}5\ \mathrm{m} du pivot. Son petit frère Ousmane a une masse de 25 kg25\ \mathrm{kg}. À quelle distance du pivot doit-il s’asseoir pour que la balançoire soit horizontale ? On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

Poids d’Awa :

  1. P1=m1×gP_1 = m_1 \times gformule littérale
  2. ==40 kg×10 N/kg40\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}on remplace par les valeurs
  3. ==400 N400\ \mathrm{N}résultat avec son unité

Poids d’Ousmane :

  1. P2=m2×gP_2 = m_2 \times g
  2. ==25 kg×10 N/kg25\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==250 N250\ \mathrm{N}

Condition d’équilibre :

  1. P1×d1=P2×d2P_1 \times d_1 = P_2 \times d_2les deux moments se compensent
  2. \Rightarrowd2=P1×d1P2d_2 = \dfrac{P_1 \times d_1}{P_2}on isole l’inconnue
  3. ==400 N×1,5 m250 N\dfrac{400\ \mathrm{N} \times 1{,}5\ \mathrm{m}}{250\ \mathrm{N}}on remplace
  4. ==2,4 m2{,}4\ \mathrm{m}résultat avec son unité

Ousmane doit s’asseoir à 2,4 m2{,}4\ \mathrm{m} du pivot. Plus léger, il doit être plus loin : c’est bien ce que dit le bon sens.

Exemple — activité expérimentale — vérifier la loi du levier

Matériel

  • une règle de bois graduée de 50 cm50\ \mathrm{cm}, percée exactement en son milieu ;
  • un axe horizontal fixé sur un support (le point d’appui) ;
  • un jeu de masses marquées de 50 g50\ \mathrm{g} et 100 g100\ \mathrm{g} avec leurs crochets ;
  • un dynamomètre de 00 à 5 N5\ \mathrm{N} ;
  • du fil fin.

Protocole

  1. Enfiler la règle sur l’axe et vérifier qu’elle reste horizontale à vide : le point d’appui est alors au centre de gravité, et le poids de la règle n’intervient plus.
  2. Suspendre une masse de 200 g200\ \mathrm{g} à 10 cm10\ \mathrm{cm} à gauche de l’axe.
  3. Chercher, à droite, la position où une masse de 100 g100\ \mathrm{g} rétablit l’horizontale. Noter la distance.
  4. Recommencer avec 50 g50\ \mathrm{g}, puis 250 g250\ \mathrm{g}, puis 400 g400\ \mathrm{g}.
  5. Compléter le tableau et calculer les produits F×dF \times d de chaque côté.

Résultats obtenus

F1F_1 à gauched1d_1Produit F1d1F_1 d_1F2F_2 à droited2d_2 mesuréProduit F2d2F_2 d_2
2 N2\ \mathrm{N}0,10 m0{,}10\ \mathrm{m}0,20 Nm0{,}20\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}1 N1\ \mathrm{N}0,20 m0{,}20\ \mathrm{m}0,20 Nm0{,}20\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}
2 N2\ \mathrm{N}0,10 m0{,}10\ \mathrm{m}0,20 Nm0{,}20\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}0,5 N0{,}5\ \mathrm{N}0,40 m0{,}40\ \mathrm{m}0,20 Nm0{,}20\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}
2 N2\ \mathrm{N}0,10 m0{,}10\ \mathrm{m}0,20 Nm0{,}20\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}2,5 N2{,}5\ \mathrm{N}0,08 m0{,}08\ \mathrm{m}0,20 Nm0{,}20\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}
2 N2\ \mathrm{N}0,10 m0{,}10\ \mathrm{m}0,20 Nm0{,}20\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}4 N4\ \mathrm{N}0,05 m0{,}05\ \mathrm{m}0,20 Nm0{,}20\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}

Observation

Ni F2F_2 ni d2d_2 ne sont constants d’une ligne à l’autre. En revanche, la dernière colonne donne toujours la même valeur, égale à celle de la troisième colonne.

Interprétation

La grandeur conservée n’est donc ni la force, ni la distance, mais leur produit : le moment. L’expérience confirme la relation F1×d1=F2×d2F_1 \times d_1 = F_2 \times d_2. Les petits écarts observés en classe (de l’ordre de 2 %2\ \%) viennent des frottements sur l’axe et de la précision de lecture de la règle.

Math & Co — Archimède et le levier

Archimède de Syracuse (vers 287-287 / 212-212) est le premier à donner une démonstration géométrique de la loi du levier, dans son traité De l’équilibre des figures planes. La formule qu’on lui prête — « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde » — n’apparaît toutefois dans aucun de ses écrits conservés : elle est rapportée bien plus tard par Pappus d’Alexandrie, au IVe siècle après J.-C.

Trois siècles après Archimède, Héron d’Alexandrie recense dans sa Mécanique les cinq machines simples de l’Antiquité : le levier, le treuil, la poulie, le coin et la vis. C’est encore la liste que l’on enseigne aujourd’hui.

3Les poulies et les palans

3.1  La poulie fixe

Définition

Une poulie fixe est une roue à gorge dont l’axe est immobile. La corde passe dans la gorge : la force est transmise sans être modifiée en valeur.

Poulie FIXE : l’axe est accroché au plafondchargePF(on tire vers le bas)l’axe ne se déplace pasF = Pla force est inchangée
Figure 4 — La poulie fixe ne multiplie pas la force : elle change seulement sa direction. Tirer vers le bas est bien plus confortable que soulever à bout de bras.

Avec une poulie fixe, pour un poids PP de la charge :

  1. F=PF = Paucune multiplication de force

L’intérêt est ailleurs : au bord d’un puits, tu peux tirer vers le bas et utiliser ton propre poids, ce qui est bien plus efficace que de hisser le seau à la force des bras.

3.2  La poulie mobile

Définition

Une poulie mobile a son axe accroché à la charge : elle se déplace avec elle. Un brin de corde est fixé au support, l’autre est tiré.

Poulie MOBILE : l’axe descend avec la chargebrin fixéFchargePles DEUX brins portent la chargeF = P ÷ 2la force est divisée par 2
Figure 5 — Poulie mobile : la charge est portée par deux brins de corde, qui tirent chacun avec la même intensité.
Propriété

Avec une poulie mobile (corde et poulie de masse négligeable, frottements négligés) :

F=P2F = \dfrac{P}{2}

Démonstration

La poulie mobile, avec la charge accrochée dessous, est en équilibre.

  1. les deux brins de corde exercent chacun la même force FFc’est la même corde, qui glisse librement
  2. les forces vers le haut valent F+FF + Fsomme des deux brins
  3. ==2F2F
  4. la force vers le bas vaut PPpoids de la charge
  5. \Rightarrow2F=P2F = Pcondition d’équilibre
  6. \RightarrowF=P2F = \dfrac{P}{2}

C.Q.F.D.

3.3  Le palan

Définition

Un palan est un assemblage de poulies fixes et de poulies mobiles reliées par une même corde. Il permet de tirer vers le bas et de diviser la force.

Palan simple : une poulie fixe + une poulie mobilecharge Pbrin fixépoulie fixepouliemobileF = P ÷ 22 brins soutiennentla poulie mobile
Figure 6 — Palan simple : la poulie fixe rend le geste confortable, la poulie mobile divise la force par 22.
Propriété

Si nn brins de corde soutiennent la charge, alors :

F=PnF = \dfrac{P}{n}

Attention : on compte les brins qui portent réellement l’ensemble mobile, pas le nombre total de poulies.

Exemple — hisser un moteur au garage

Un moteur de 180 kg180\ \mathrm{kg} est suspendu à un palan à 44 brins. Quelle force le mécanicien doit-il exercer ? On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==180 kg×10 N/kg180\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==1800 N1\,800\ \mathrm{N}
  1. F=PnF = \dfrac{P}{n}
  2. ==1800 N4\dfrac{1\,800\ \mathrm{N}}{4}
  3. ==450 N450\ \mathrm{N}

Il lui faut exercer 450 N450\ \mathrm{N}, soit l’équivalent du poids de 45 kg45\ \mathrm{kg} : c’est faisable. En contrepartie, il devra tirer 4 m4\ \mathrm{m} de corde pour élever le moteur de 1 m1\ \mathrm{m}.

4Le plan incliné

Définition

Un plan incliné est une surface plane faisant un angle avec l’horizontale. On y fait monter une charge en la poussant le long de la pente au lieu de la soulever à la verticale.

Plan incliné : monter en poussant le long de la penteFP (poids)hlongueur L de la penteF × L = P × hF est bien plus petite que Pplus la pente est longue, plus la force à exercer est petite
Figure 7 — Plan incliné de hauteur hh et de longueur LL. La rampe d’accès d’un magasin, la route de montagne en lacets et la vis sont des plans inclinés.
Propriété

Sur un plan incliné parfaitement lisse (frottements négligés), la force à exercer parallèlement à la pente vérifie :

F×L=P×hF \times L = P \times h

soit encore :

F=P×hLF = P \times \dfrac{h}{L}

Exemple — monter un fût dans un camion

Un fût de 80 kg80\ \mathrm{kg} doit être monté à 1,2 m1{,}2\ \mathrm{m} de hauteur sur une rampe de 4,8 m4{,}8\ \mathrm{m} de long. On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==80 kg×10 N/kg80\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==800 N800\ \mathrm{N}
  1. F=P×hLF = P \times \dfrac{h}{L}formule littérale
  2. ==800 N×1,2 m4,8 m800\ \mathrm{N} \times \dfrac{1{,}2\ \mathrm{m}}{4{,}8\ \mathrm{m}}on remplace
  3. ==200 N200\ \mathrm{N}résultat avec son unité

La force est divisée par 44, exactement comme le rapport Lh=4\dfrac{L}{h} = 4. Mais le fût parcourt 4,8 m4{,}8\ \mathrm{m} au lieu de 1,2 m1{,}2\ \mathrm{m} : le chemin est lui aussi multiplié par 44.

Important : Les frottements ne sont jamais nuls dans la réalité. La force réellement nécessaire est donc toujours un peu supérieure à la valeur théorique. C’est pourquoi on met des roulettes sous les caisses lourdes.

5La règle d’or de la mécanique

Définition

Le travail d’une force constante FF dont le point d’application se déplace d’une longueur dd dans la direction de la force vaut :

W=F×dW = F \times d

Il s’exprime en joules (J\mathrm{J}) : 1 J=1 N×1 m1\ \mathrm{J} = 1\ \mathrm{N} \times 1\ \mathrm{m}.

Théorème — règle d’or de la mécanique

Aucune machine simple ne crée de travail. Ce que l’on gagne en force, on le perd en déplacement :

Wfourni=WutileW_{\text{fourni}} = W_{\text{utile}}

Une machine simple redistribue le travail, elle n’en fabrique jamais.

Règle d’or : soulever une charge de 200 N sur 1 mÀ la mainAvec une poulie mobileForce exercée200 N÷ 2100 NLongueur tirée1 m× 22 mTravail fourni200 J=200 JLe travail, lui, ne diminue jamais : aucune machine ne le crée.
Figure 8 — La poulie mobile divise la force par 22 et double la longueur de corde à tirer : le travail, lui, reste identique.
Démonstration — la règle d’or pour la poulie mobile

On élève une charge de poids PP d’une hauteur hh à l’aide d’une poulie mobile.

  1. sans machine, W=P×hW = P \times htravail à fournir directement
  2. avec la poulie, F=P2F = \dfrac{P}{2}deux brins portent la charge
  3. les deux brins raccourcissent chacun de hhla poulie monte de hh
  4. \Rightarrowla longueur de corde tirée vaut d=2hd = 2h
  5. W=F×dW' = F \times d
  6. ==P2×2h\dfrac{P}{2} \times 2h
  7. ==P×hP \times h
  8. \RightarrowW=WW' = Wle travail est bien conservé

C.Q.F.D.

Attention

Méfie-toi des publicités pour des « machines qui démultiplient l’énergie ». Une machine simple ne peut ni créer ni détruire du travail : dans la vraie vie, les frottements en dissipent même une partie sous forme de chaleur, et l’on récupère toujours un peu moins que ce que l’on a fourni.

Fiche mémo

  • Une machine simple modifie la valeur, la direction ou le sens d’une force, jamais le travail.
  • Multiplication de force : m=F2F1m = \dfrac{F_2}{F_1}.
  • Levier : F1×d1=F2×d2F_1 \times d_1 = F_2 \times d_2 ; le produit F×dF \times d est le moment, en Nm\mathrm{N}\cdot\mathrm{m}.
  • 1er genre : appui au milieu · 2e genre : charge au milieu · 3e genre : effort au milieu.
  • Poulie fixe : F=PF = P, seule la direction change.
  • Poulie mobile : F=P2F = \dfrac{P}{2} ; palan à nn brins : F=PnF = \dfrac{P}{n}.
  • Plan incliné : F×L=P×hF \times L = P \times h.
  • Travail : W=F×dW = F \times d, en joules ; règle d’or : ce qui est gagné en force est perdu en déplacement.
Niveau 1 — Application directe
1

Indique le genre de chacun de ces leviers : une paire de ciseaux, un casse-noix, une pince à épiler, une brouette, un décapsuleur, un avant-bras.

Voir le corrigé détaillé

On repère à chaque fois ce qui se trouve au milieu.

  • Ciseaux : l’axe (appui) est au milieu \Rightarrow 1er genre.
  • Casse-noix : la noix (résistance) est au milieu \Rightarrow 2e genre.
  • Pince à épiler : les doigts (effort) sont au milieu \Rightarrow 3e genre.
  • Brouette : la charge est au milieu \Rightarrow 2e genre.
  • Décapsuleur : la capsule est au milieu \Rightarrow 2e genre.
  • Avant-bras : le biceps (effort) est au milieu \Rightarrow 3e genre.
2

Un levier est en équilibre. On a F1=30 NF_1 = 30\ \mathrm{N}, d1=0,80 md_1 = 0{,}80\ \mathrm{m} et d2=0,20 md_2 = 0{,}20\ \mathrm{m}. Calcule F2F_2.

Voir le corrigé détaillé
  1. F1×d1=F2×d2F_1 \times d_1 = F_2 \times d_2condition d’équilibre
  2. \RightarrowF2=F1×d1d2F_2 = \dfrac{F_1 \times d_1}{d_2}on isole F2F_2
  3. ==30 N×0,80 m0,20 m\dfrac{30\ \mathrm{N} \times 0{,}80\ \mathrm{m}}{0{,}20\ \mathrm{m}}on remplace
  4. ==120 N120\ \mathrm{N}résultat avec son unité

Le levier multiplie la force par 44.

3

Calcule le poids d’un sac de ciment de masse 50 kg50\ \mathrm{kg}, puis celui d’un seau d’eau de 12 kg12\ \mathrm{kg}. On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

Voir le corrigé détaillé
  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==50 kg×10 N/kg50\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==500 N500\ \mathrm{N}
  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==12 kg×10 N/kg12\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==120 N120\ \mathrm{N}
4

Une charge de 240 N240\ \mathrm{N} est suspendue à une poulie mobile. Quelle force faut-il exercer sur la corde ? Et si l’on utilisait une poulie fixe ?

Voir le corrigé détaillé

Avec la poulie mobile :

  1. F=P2F = \dfrac{P}{2}
  2. ==240 N2\dfrac{240\ \mathrm{N}}{2}
  3. ==120 N120\ \mathrm{N}

Avec la poulie fixe :

  1. F=PF = P
  2. ==240 N240\ \mathrm{N}

La poulie fixe ne fait gagner aucune force : elle rend seulement le geste plus commode.

5

Un palan comporte 33 brins soutenant la charge. Le fardeau pèse 600 N600\ \mathrm{N}. Quelle force faut-il exercer ?

Voir le corrigé détaillé
  1. F=PnF = \dfrac{P}{n}
  2. ==600 N3\dfrac{600\ \mathrm{N}}{3}
  3. ==200 N200\ \mathrm{N}

Il faut exercer 200 N200\ \mathrm{N} et tirer 3 m3\ \mathrm{m} de corde par mètre d’élévation.

6

Une caisse de poids 450 N450\ \mathrm{N} doit être hissée à 1,5 m1{,}5\ \mathrm{m} sur une rampe de 6 m6\ \mathrm{m}. Quelle force faut-il exercer, en négligeant les frottements ?

Voir le corrigé détaillé
  1. F=P×hLF = P \times \dfrac{h}{L}
  2. ==450 N×1,5 m6 m450\ \mathrm{N} \times \dfrac{1{,}5\ \mathrm{m}}{6\ \mathrm{m}}
  3. ==112,5 N112{,}5\ \mathrm{N}

La rampe divise la force par 44.

7

On soulève une charge de 300 N300\ \mathrm{N} d’une hauteur de 2 m2\ \mathrm{m}. Calcule le travail fourni. Ce travail change-t-il si l’on utilise un palan ?

Voir le corrigé détaillé
  1. W=F×dW = F \times d
  2. ==300 N×2 m300\ \mathrm{N} \times 2\ \mathrm{m}
  3. ==600 J600\ \mathrm{J}

Non : d’après la règle d’or, le travail reste 600 J600\ \mathrm{J} (un peu plus en réalité, à cause des frottements). Le palan diminue la force, pas le travail.

Niveau 2 — Approfondissement
8

Une barre à mine de 1,80 m1{,}80\ \mathrm{m} sert à soulever une pierre. On place une cale à 0,20 m0{,}20\ \mathrm{m} de l’extrémité qui touche la pierre. La pierre a une masse de 150 kg150\ \mathrm{kg}. Quelle force faut-il exercer à l’autre bout ? On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

Voir le corrigé détaillé

Le bras de levier de la charge vaut d2=0,20 md_2 = 0{,}20\ \mathrm{m} ; celui de l’effort vaut :

  1. d1=1,80 m0,20 md_1 = 1{,}80\ \mathrm{m} - 0{,}20\ \mathrm{m}
  2. ==1,60 m1{,}60\ \mathrm{m}

Poids de la pierre :

  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==150 kg×10 N/kg150\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==1500 N1\,500\ \mathrm{N}
  1. F1=P×d2d1F_1 = \dfrac{P \times d_2}{d_1}
  2. ==1500 N×0,20 m1,60 m\dfrac{1\,500\ \mathrm{N} \times 0{,}20\ \mathrm{m}}{1{,}60\ \mathrm{m}}
  3. ==187,5 N187{,}5\ \mathrm{N}

Un adulte en est capable : la barre multiplie la force par 88.

9

Une brouette chargée de sable a une masse totale de 72 kg72\ \mathrm{kg}. Le centre de la charge est à 0,50 m0{,}50\ \mathrm{m} de l’axe de la roue, les poignées à 1,50 m1{,}50\ \mathrm{m}. Calcule la force à exercer sur les poignées, puis la multiplication de force. On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

Voir le corrigé détaillé
  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==72 kg×10 N/kg72\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==720 N720\ \mathrm{N}
  1. F1=P×d2d1F_1 = \dfrac{P \times d_2}{d_1}
  2. ==720 N×0,50 m1,50 m\dfrac{720\ \mathrm{N} \times 0{,}50\ \mathrm{m}}{1{,}50\ \mathrm{m}}
  3. ==240 N240\ \mathrm{N}
  1. m=F2F1m = \dfrac{F_2}{F_1}
  2. ==720 N240 N\dfrac{720\ \mathrm{N}}{240\ \mathrm{N}}
  3. ==33

La brouette multiplie la force par 33 : on ne « porte » que l’équivalent de 24 kg24\ \mathrm{kg}.

10

Avec un palan à 44 brins, on élève une charge de 2000 N2\,000\ \mathrm{N} d’une hauteur de 3 m3\ \mathrm{m}. Calcule la force exercée, la longueur de corde tirée, puis vérifie la règle d’or.

Voir le corrigé détaillé
  1. F=PnF = \dfrac{P}{n}
  2. ==2000 N4\dfrac{2\,000\ \mathrm{N}}{4}
  3. ==500 N500\ \mathrm{N}
  1. d=n×hd = n \times h
  2. ==4×3 m4 \times 3\ \mathrm{m}
  3. ==12 m12\ \mathrm{m}

Travail fourni par l’ouvrier :

  1. W=F×dW = F \times d
  2. ==500 N×12 m500\ \mathrm{N} \times 12\ \mathrm{m}
  3. ==6000 J6\,000\ \mathrm{J}

Travail utile (élévation de la charge) :

  1. Wutile=P×hW_{\text{utile}} = P \times h
  2. ==2000 N×3 m2\,000\ \mathrm{N} \times 3\ \mathrm{m}
  3. ==6000 J6\,000\ \mathrm{J}

Les deux travaux sont égaux : la règle d’or est vérifiée.

11

Compare deux façons de monter un réfrigérateur de 900 N900\ \mathrm{N} à 0,90 m0{,}90\ \mathrm{m} de haut : à la verticale, ou sur une rampe de 3,60 m3{,}60\ \mathrm{m}. Compare les forces, les distances et les travaux.

Voir le corrigé détaillé

À la verticale : la force vaut 900 N900\ \mathrm{N} sur 0,90 m0{,}90\ \mathrm{m}.

  1. W=900 N×0,90 mW = 900\ \mathrm{N} \times 0{,}90\ \mathrm{m}
  2. ==810 J810\ \mathrm{J}

Sur la rampe :

  1. F=P×hLF = P \times \dfrac{h}{L}
  2. ==900 N×0,90 m3,60 m900\ \mathrm{N} \times \dfrac{0{,}90\ \mathrm{m}}{3{,}60\ \mathrm{m}}
  3. ==225 N225\ \mathrm{N}
  1. W=225 N×3,60 mW = 225\ \mathrm{N} \times 3{,}60\ \mathrm{m}
  2. ==810 J810\ \mathrm{J}

La force est divisée par 44, la distance multipliée par 44, le travail est inchangé.

12

Le biceps de Léa s’insère à 4 cm4\ \mathrm{cm} du coude. Elle tient une haltère de 5 kg5\ \mathrm{kg} dans sa main, à 32 cm32\ \mathrm{cm} du coude. Quelle force le biceps doit-il exercer ? Que vaut la multiplication de force ? On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

Voir le corrigé détaillé
  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==5 kg×10 N/kg5\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==50 N50\ \mathrm{N}
  1. F1=P×d2d1F_1 = \dfrac{P \times d_2}{d_1}
  2. ==50 N×32 cm4 cm\dfrac{50\ \mathrm{N} \times 32\ \mathrm{cm}}{4\ \mathrm{cm}}
  3. ==400 N400\ \mathrm{N}
  1. m=50 N400 Nm = \dfrac{50\ \mathrm{N}}{400\ \mathrm{N}}
  2. ==0,1250{,}125

La multiplication de force vaut 0,1250{,}125, soit 18\dfrac{1}{8} : le muscle tire huit fois plus fort que l’haltère ne pèse. Mais quand le biceps se raccourcit de 1 cm1\ \mathrm{cm}, la main monte de 8 cm8\ \mathrm{cm}.

13

Sur une barre en équilibre, on suspend à gauche 2 N2\ \mathrm{N} à 15 cm15\ \mathrm{cm} et 3 N3\ \mathrm{N} à 20 cm20\ \mathrm{cm} du pivot. À droite, on suspend une seule masse à 30 cm30\ \mathrm{cm}. Quel doit être son poids ?

Voir le corrigé détaillé

Les moments à gauche s’additionnent.

  1. Ma=2 N×0,15 mM_a = 2\ \mathrm{N} \times 0{,}15\ \mathrm{m}
  2. ==0,30 Nm0{,}30\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}
  1. Mb=3 N×0,20 mM_b = 3\ \mathrm{N} \times 0{,}20\ \mathrm{m}
  2. ==0,60 Nm0{,}60\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}
  1. Mgauche=0,30 Nm+0,60 NmM_{\text{gauche}} = 0{,}30\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m} + 0{,}60\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}
  2. ==0,90 Nm0{,}90\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}
  1. F=MgauchedF = \dfrac{M_{\text{gauche}}}{d}
  2. ==0,90 Nm0,30 m\dfrac{0{,}90\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}}{0{,}30\ \mathrm{m}}
  3. ==3 N3\ \mathrm{N}
Niveau 3 — Défi
14

Une planche homogène de 4 m4\ \mathrm{m} et de masse 10 kg10\ \mathrm{kg} repose sur un pivot placé à 1 m1\ \mathrm{m} de son extrémité gauche. Où faut-il poser une masse de 30 kg30\ \mathrm{kg} pour équilibrer la planche ? On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

Voir le corrigé détaillé

La planche étant homogène, son poids s’applique en son milieu, à 2 m2\ \mathrm{m} de l’extrémité gauche, donc à 1 m1\ \mathrm{m} à droite du pivot.

  1. Pplanche=10 kg×10 N/kgP_{\text{planche}} = 10\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  2. ==100 N100\ \mathrm{N}
  1. Mdroite=100 N×1 mM_{\text{droite}} = 100\ \mathrm{N} \times 1\ \mathrm{m}
  2. ==100 Nm100\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}

Il faut donc créer 100 Nm100\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m} à gauche du pivot.

  1. Pmasse=30 kg×10 N/kgP_{\text{masse}} = 30\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  2. ==300 N300\ \mathrm{N}
  1. d=MdroitePmassed = \dfrac{M_{\text{droite}}}{P_{\text{masse}}}
  2. ==100 Nm300 N\dfrac{100\ \mathrm{N}\cdot\mathrm{m}}{300\ \mathrm{N}}
  3. \approx0,33 m0{,}33\ \mathrm{m}

Il faut la poser à environ 33 cm33\ \mathrm{cm} à gauche du pivot. Comme le pivot est à 1 m1\ \mathrm{m} du bord, c’est possible : la position convient.

15

Un ouvrier tire sur la corde d’un palan avec une force de 250 N250\ \mathrm{N} et doit tirer 10 m10\ \mathrm{m} de corde pour élever une charge de 2 m2\ \mathrm{m}. a) Combien de brins soutiennent la charge ? b) Quel est le poids théorique de la charge ? c) La charge pèse en réalité 1100 N1\,100\ \mathrm{N}. Calcule le rendement du palan.

Voir le corrigé détaillé

a) La longueur de corde tirée vaut nn fois la hauteur d’élévation.

  1. n=dhn = \dfrac{d}{h}
  2. ==10 m2 m\dfrac{10\ \mathrm{m}}{2\ \mathrm{m}}
  3. ==55

b) Poids théorique :

  1. P=n×FP = n \times F
  2. ==5×250 N5 \times 250\ \mathrm{N}
  3. ==1250 N1\,250\ \mathrm{N}

c) Travail fourni par l’ouvrier :

  1. Wfourni=250 N×10 mW_{\text{fourni}} = 250\ \mathrm{N} \times 10\ \mathrm{m}
  2. ==2500 J2\,500\ \mathrm{J}

Travail réellement utile :

  1. Wutile=1100 N×2 mW_{\text{utile}} = 1\,100\ \mathrm{N} \times 2\ \mathrm{m}
  2. ==2200 J2\,200\ \mathrm{J}
  1. η=WutileWfourni\eta = \dfrac{W_{\text{utile}}}{W_{\text{fourni}}}
  2. ==2200 J2500 J\dfrac{2\,200\ \mathrm{J}}{2\,500\ \mathrm{J}}
  3. ==0,880{,}88

Le rendement vaut 88 %88\ \% : 12 %12\ \% du travail part en frottements et en chaleur dans les gorges des poulies.

16

On veut monter une caisse de 600 N600\ \mathrm{N} à 1,5 m1{,}5\ \mathrm{m} de haut. On dispose d’une rampe de 5 m5\ \mathrm{m}, mais la force de frottement le long de la rampe vaut 40 N40\ \mathrm{N}. a) Quelle force faut-il réellement exercer ? b) Quel est le rendement de la rampe ?

Voir le corrigé détaillé

a) La force sert à deux choses : monter la caisse et vaincre le frottement.

  1. Ftheˊorique=P×hLF_{\text{théorique}} = P \times \dfrac{h}{L}
  2. ==600 N×1,5 m5 m600\ \mathrm{N} \times \dfrac{1{,}5\ \mathrm{m}}{5\ \mathrm{m}}
  3. ==180 N180\ \mathrm{N}
  1. Freˊelle=180 N+40 NF_{\text{réelle}} = 180\ \mathrm{N} + 40\ \mathrm{N}
  2. ==220 N220\ \mathrm{N}

b) Travail fourni :

  1. Wfourni=220 N×5 mW_{\text{fourni}} = 220\ \mathrm{N} \times 5\ \mathrm{m}
  2. ==1100 J1\,100\ \mathrm{J}

Travail utile :

  1. Wutile=600 N×1,5 mW_{\text{utile}} = 600\ \mathrm{N} \times 1{,}5\ \mathrm{m}
  2. ==900 J900\ \mathrm{J}
  1. η=900 J1100 J\eta = \dfrac{900\ \mathrm{J}}{1\,100\ \mathrm{J}}
  2. \approx0,820{,}82

Le rendement est d’environ 82 %82\ \%.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
17

Le puits du quartier Chagoua, à Ndjamena. Moussa remonte l’eau d’un puits de 14 m14\ \mathrm{m} de profondeur. Le seau plein a une masse de 18 kg18\ \mathrm{kg}. Le puits est équipé d’une simple poulie fixe accrochée à une potence. On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

  1. Quel est le poids du seau plein ?
  2. Quelle force Moussa doit-il exercer sur la corde ?
  3. Quel est l’intérêt de la poulie, puisqu’elle ne diminue pas la force ?
  4. Quel travail Moussa fournit-il pour remonter un seau ?
  5. Le réservoir de la maison contient 200 L200\ \mathrm{L}, soit 200 kg200\ \mathrm{kg} d’eau. Combien de seaux de 16 L16\ \mathrm{L} faut-il remonter pour le remplir ?
Voir le corrigé détaillé

1. Poids du seau plein :

  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==18 kg×10 N/kg18\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==180 N180\ \mathrm{N}

2. Avec une poulie fixe :

  1. F=PF = P
  2. ==180 N180\ \mathrm{N}

3. La poulie change la direction de la force. Moussa tire vers le bas : il peut s’aider de tout le poids de son corps et garder les pieds bien calés, au lieu de hisser la corde à bout de bras au-dessus du vide. Le geste est plus sûr et beaucoup moins fatigant.

4. Travail fourni pour un seau :

  1. W=F×dW = F \times d
  2. ==180 N×14 m180\ \mathrm{N} \times 14\ \mathrm{m}
  3. ==2520 J2\,520\ \mathrm{J}

5. Nombre de seaux :

  1. N=200 L16 LN = \dfrac{200\ \mathrm{L}}{16\ \mathrm{L}}
  2. ==12,512{,}5

Il faut donc 13 seaux (on ne remonte pas un demi-seau). Le travail total dépasse 32000 J32\,000\ \mathrm{J} : on comprend pourquoi une poulie mobile, ou mieux un treuil, serait la bienvenue.

18

Le chantier de Kouassi, à Abidjan. Kouassi transporte du gravier avec une brouette. La caisse pleine et son contenu représentent une masse de 90 kg90\ \mathrm{kg}. Le centre de la charge est à 0,45 m0{,}45\ \mathrm{m} de l’axe de la roue, et les poignées à 1,35 m1{,}35\ \mathrm{m}. On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

  1. De quel genre de levier s’agit-il ? Justifie.
  2. Quelle force Kouassi exerce-t-il sur les poignées ?
  3. Quelle est la multiplication de force de sa brouette ?
  4. Son collègue lui propose une brouette dont les brancards mesurent 1,80 m1{,}80\ \mathrm{m}, la charge restant à 0,45 m0{,}45\ \mathrm{m} de la roue. Quelle force faudrait-il alors ? Cette brouette est-elle meilleure ?
Voir le corrigé détaillé

1. L’appui est l’axe de la roue, la charge est au milieu, l’effort est aux poignées : appui — résistance — effort. C’est un levier du 2e genre.

2. Poids de l’ensemble :

  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==90 kg×10 N/kg90\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==900 N900\ \mathrm{N}
  1. F1=P×d2d1F_1 = \dfrac{P \times d_2}{d_1}
  2. ==900 N×0,45 m1,35 m\dfrac{900\ \mathrm{N} \times 0{,}45\ \mathrm{m}}{1{,}35\ \mathrm{m}}
  3. ==300 N300\ \mathrm{N}

3. Multiplication de force :

  1. m=900 N300 Nm = \dfrac{900\ \mathrm{N}}{300\ \mathrm{N}}
  2. ==33

4. Avec des brancards de 1,80 m1{,}80\ \mathrm{m} :

  1. F1=900 N×0,45 m1,80 mF_1 = \dfrac{900\ \mathrm{N} \times 0{,}45\ \mathrm{m}}{1{,}80\ \mathrm{m}}
  2. ==225 N225\ \mathrm{N}

La force baisse de 300 N300\ \mathrm{N} à 225 N225\ \mathrm{N} : c’est mieux pour le dos. En revanche, la brouette est plus longue, donc plus difficile à manœuvrer dans les allées étroites du chantier, et les poignées montent plus haut quand on soulève. Le choix est un compromis, pas un gain gratuit.

19

Le déménagement d’Émilie, à Bruxelles. Émilie doit charger un piano droit de 220 kg220\ \mathrm{kg} dans une camionnette dont le plancher est à 0,80 m0{,}80\ \mathrm{m} du sol. Elle loue une rampe de 3,20 m3{,}20\ \mathrm{m}. On prend g=10 N/kgg = 10\ \mathrm{N/kg}.

  1. Quel est le poids du piano ?
  2. Quelle force faudrait-il exercer sans la rampe ?
  3. Quelle force théorique faut-il sur la rampe, sans frottement ?
  4. Les frottements ajoutent 130 N130\ \mathrm{N}. Quelle force faut-il réellement ? À deux personnes poussant chacune 250 N250\ \mathrm{N}, est-ce possible ?
  5. Calcule le rendement de la rampe.
Voir le corrigé détaillé

1. Poids du piano :

  1. P=m×gP = m \times g
  2. ==220 kg×10 N/kg220\ \mathrm{kg} \times 10\ \mathrm{N/kg}
  3. ==2200 N2\,200\ \mathrm{N}

2. Sans rampe, il faudrait soulever tout le poids, soit 2200 N2\,200\ \mathrm{N} : c’est hors de portée de deux personnes.

3. Force théorique sur la rampe :

  1. F=P×hLF = P \times \dfrac{h}{L}
  2. ==2200 N×0,80 m3,20 m2\,200\ \mathrm{N} \times \dfrac{0{,}80\ \mathrm{m}}{3{,}20\ \mathrm{m}}
  3. ==550 N550\ \mathrm{N}

4. Force réelle :

  1. Freˊelle=550 N+130 NF_{\text{réelle}} = 550\ \mathrm{N} + 130\ \mathrm{N}
  2. ==680 N680\ \mathrm{N}

À deux, elles fournissent :

  1. Fdisponible=2×250 NF_{\text{disponible}} = 2 \times 250\ \mathrm{N}
  2. ==500 N500\ \mathrm{N}

500 N500\ \mathrm{N} ne suffisent pas face à 680 N680\ \mathrm{N} : il faut une troisième personne, ou une rampe plus longue, ou un chariot à roulettes pour réduire les frottements.

5. Rendement :

  1. Wutile=2200 N×0,80 mW_{\text{utile}} = 2\,200\ \mathrm{N} \times 0{,}80\ \mathrm{m}
  2. ==1760 J1\,760\ \mathrm{J}
  1. Wfourni=680 N×3,20 mW_{\text{fourni}} = 680\ \mathrm{N} \times 3{,}20\ \mathrm{m}
  2. ==2176 J2\,176\ \mathrm{J}
  1. η=1760 J2176 J\eta = \dfrac{1\,760\ \mathrm{J}}{2\,176\ \mathrm{J}}
  2. \approx0,810{,}81

Le rendement vaut environ 81 %81\ \%.

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