Comprendre comment une machine simple multiplie une force.
Physique3èmeChapitre 4 / 9⏱ 7 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Appliquer la condition d'équilibre d'un levier
Calculer le gain d'une poulie mobile
Résoudre un problème de levage
Un homme seul ne soulève pas un bloc de pierre de 500kg. Pourtant, avec une simple barre de fer et un caillou posé au bon endroit, il y arrive. Rien de magique là-dedans : la barre est une machine simple, un dispositif qui ne fabrique aucune énergie mais qui répartit autrement l’effort. Dans ce chapitre, tu vas comprendre pourquoi une poulie divise ta force par deux, pourquoi la brouette est plus maligne qu’un seau, et pourquoi la physique t’interdit malgré tout de gagner sur tous les tableaux.
1Qu’est-ce qu’une machine simple ?
Définition
Une machine simple est un dispositif mécanique sans moteur qui permet de modifier une force : sa valeur, sa direction ou son sens.
Les mécaniciens grecs en dénombraient cinq : le levier, la poulie, le treuil, le coin et la vis. Toutes les machines d’aujourd’hui, du sécateur au pont roulant, sont des assemblages de ces briques élémentaires.
Dans toute machine simple, on distingue deux forces :
la force motriceF1, celle que tu exerces (on l’appelle aussi l’effort) ;
la force résistanteF2, celle qu’il faut vaincre (le poids de la charge, la résistance d’une noix…).
Définition — multiplication de force
On appelle multiplication de force (ou avantage mécanique) le quotient :
m=F1F2
Si m>1, la machine multiplie la force : tu pousses moins fort que la charge ne pèse. Si m<1, elle la divise, mais elle fait alors gagner en vitesse ou en amplitude.
Rappel de 4ème : Le poidsP d’un corps de masse m vaut P=m×g, avec g≈10N/kg (valeur exacte proche de 9,8N/kg en France, un peu plus faible près de l’équateur). Une masse de 1kg pèse donc environ 10N.
Grandeur
Symbole
Unité
Symbole de l’unité
Force (effort, poids…)
F, P
newton
N
Masse
m
kilogramme
kg
Intensité de la pesanteur
g
newton par kilogramme
N/kg
Bras de levier, longueur, hauteur
d, L, h
mètre
m
Moment d’une force
M
newton-mètre
N⋅m
Travail d’une force
W
joule
J
2Le levier
Définition
Un levier est une barre rigide qui peut tourner autour d’un point fixe appelé point d’appui (ou pivot).
Le bras de levier d’une force est la distance d entre le point d’appui et la droite d’action de cette force.
Attention
Le bras de levier n’est pas la longueur de la barre, ni la distance jusqu’à ta main mesurée le long du bras. C’est la distance mesurée perpendiculairement à la direction de la force. Quand la force est verticale et la barre horizontale, les deux coïncident : c’est le cas de tous les exemples de ce chapitre.
2.1 Les trois genres de leviers
On classe les leviers selon la position relative du point d’appui, de l’effort et de la résistance.
Figure 1 — Levier du 1er genre : l’appui est au milieu. C’est la balançoire, mais aussi les ciseaux et la tenaille.
Sur une balançoire, si tu t’éloignes du pivot, tu appuies plus efficacement : d1 augmente, donc une force plus petite suffit.
Figure 2 — Levier du 2e genre : la charge est entre l’appui et l’effort. La brouette, le casse-noix, le décapsuleur.
Dans une brouette, l’effort est toujours plus loin de l’appui que la charge : d1>d2. La multiplication de force est donc toujours supérieure à 1. C’est ce qui te permet de transporter 60kg de sable en soulevant l’équivalent de 20kg.
Figure 3 — Levier du 3e genre : l’effort est entre l’appui et la charge. C’est l’avant-bras humain, la pince à épiler, la canne à pêche.
Ici d1<d2, donc m<1 : le biceps tire beaucoup plus fort que la charge ne pèse. Le corps humain a choisi la vitesse et l’amplitude plutôt que la force — une petite contraction du muscle fait parcourir un grand arc à la main.
Genre
Ordre le long de la barre
Exemple
Multiplication de force
1er
effort — appui — résistance
balançoire, ciseaux, tenaille
plus grande ou plus petite que 1
2e
appui — résistance — effort
brouette, casse-noix
toujours plus grande que 1
3e
appui — effort — résistance
avant-bras, pince à épiler
toujours plus petite que 1
2.2 La condition d’équilibre
Théorème — équilibre d’un levier
Un levier soumis à deux forces perpendiculaires à la barre est en équilibre lorsque :
F1×d1=F2×d2
Le produit F×d s’appelle le moment de la force par rapport au point d’appui. On le note M et il s’exprime en newton-mètre (N⋅m).
Autrement dit : le levier tourne dans le sens de la force dont le moment est le plus grand. Il ne bouge pas quand les deux moments se compensent exactement.
Méthode — résoudre un problème de levier
Repérer le point d’appui sur le schéma ;
convertir toutes les masses en poids avec P=m×g ;
mesurer les deux bras de levier à partir du point d’appui, dans la même unité ;
écrire F1×d1=F2×d2 ;
isoler l’inconnue, remplacer, conclure avec l’unité.
Exemple — la balançoire déséquilibrée
Awa a une masse de 40kg et s’assoit à 1,5m du pivot. Son petit frère Ousmane a une masse de 25kg. À quelle distance du pivot doit-il s’asseoir pour que la balançoire soit horizontale ? On prend g=10N/kg.
Poids d’Awa :
P1=m1×gformule littérale
=40kg×10N/kgon remplace par les valeurs
=400Nrésultat avec son unité
Poids d’Ousmane :
P2=m2×g
=25kg×10N/kg
=250N
Condition d’équilibre :
P1×d1=P2×d2les deux moments se compensent
⇒d2=P2P1×d1on isole l’inconnue
=250N400N×1,5mon remplace
=2,4mrésultat avec son unité
Ousmane doit s’asseoir à 2,4m du pivot. Plus léger, il doit être plus loin : c’est bien ce que dit le bon sens.
Exemple — activité expérimentale — vérifier la loi du levier
Matériel
une règle de bois graduée de 50cm, percée exactement en son milieu ;
un axe horizontal fixé sur un support (le point d’appui) ;
un jeu de masses marquées de 50g et 100g avec leurs crochets ;
un dynamomètre de 0 à 5N ;
du fil fin.
Protocole
Enfiler la règle sur l’axe et vérifier qu’elle reste horizontale à vide : le point d’appui est alors au centre de gravité, et le poids de la règle n’intervient plus.
Suspendre une masse de 200g à 10cm à gauche de l’axe.
Chercher, à droite, la position où une masse de 100g rétablit l’horizontale. Noter la distance.
Recommencer avec 50g, puis 250g, puis 400g.
Compléter le tableau et calculer les produits F×d de chaque côté.
Résultats obtenus
F1 à gauche
d1
Produit F1d1
F2 à droite
d2 mesuré
Produit F2d2
2N
0,10m
0,20N⋅m
1N
0,20m
0,20N⋅m
2N
0,10m
0,20N⋅m
0,5N
0,40m
0,20N⋅m
2N
0,10m
0,20N⋅m
2,5N
0,08m
0,20N⋅m
2N
0,10m
0,20N⋅m
4N
0,05m
0,20N⋅m
Observation
Ni F2 ni d2 ne sont constants d’une ligne à l’autre. En revanche, la dernière colonne donne toujours la même valeur, égale à celle de la troisième colonne.
Interprétation
La grandeur conservée n’est donc ni la force, ni la distance, mais leur produit : le moment. L’expérience confirme la relation F1×d1=F2×d2. Les petits écarts observés en classe (de l’ordre de 2%) viennent des frottements sur l’axe et de la précision de lecture de la règle.
Math & Co — Archimède et le levier
Archimède de Syracuse (vers −287 / −212) est le premier à donner une démonstration géométrique de la loi du levier, dans son traité De l’équilibre des figures planes. La formule qu’on lui prête — « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde » — n’apparaît toutefois dans aucun de ses écrits conservés : elle est rapportée bien plus tard par Pappus d’Alexandrie, au IVe siècle après J.-C.
Trois siècles après Archimède, Héron d’Alexandrie recense dans sa Mécanique les cinq machines simples de l’Antiquité : le levier, le treuil, la poulie, le coin et la vis. C’est encore la liste que l’on enseigne aujourd’hui.
3Les poulies et les palans
3.1 La poulie fixe
Définition
Une poulie fixe est une roue à gorge dont l’axe est immobile. La corde passe dans la gorge : la force est transmise sans être modifiée en valeur.
Figure 4 — La poulie fixe ne multiplie pas la force : elle change seulement sa direction. Tirer vers le bas est bien plus confortable que soulever à bout de bras.
Avec une poulie fixe, pour un poids P de la charge :
F=Paucune multiplication de force
L’intérêt est ailleurs : au bord d’un puits, tu peux tirer vers le bas et utiliser ton propre poids, ce qui est bien plus efficace que de hisser le seau à la force des bras.
3.2 La poulie mobile
Définition
Une poulie mobile a son axe accroché à la charge : elle se déplace avec elle. Un brin de corde est fixé au support, l’autre est tiré.
Figure 5 — Poulie mobile : la charge est portée par deux brins de corde, qui tirent chacun avec la même intensité.
Propriété
Avec une poulie mobile (corde et poulie de masse négligeable, frottements négligés) :
F=2P
Démonstration
La poulie mobile, avec la charge accrochée dessous, est en équilibre.
les deux brins de corde exercent chacun la même force Fc’est la même corde, qui glisse librement
les forces vers le haut valent F+Fsomme des deux brins
=2F
la force vers le bas vaut Ppoids de la charge
⇒2F=Pcondition d’équilibre
⇒F=2P
C.Q.F.D.
3.3 Le palan
Définition
Un palan est un assemblage de poulies fixes et de poulies mobiles reliées par une même corde. Il permet de tirer vers le bas et de diviser la force.
Figure 6 — Palan simple : la poulie fixe rend le geste confortable, la poulie mobile divise la force par 2.
Propriété
Si n brins de corde soutiennent la charge, alors :
F=nP
Attention : on compte les brins qui portent réellement l’ensemble mobile, pas le nombre total de poulies.
Exemple — hisser un moteur au garage
Un moteur de 180kg est suspendu à un palan à 4 brins. Quelle force le mécanicien doit-il exercer ? On prend g=10N/kg.
P=m×g
=180kg×10N/kg
=1800N
F=nP
=41800N
=450N
Il lui faut exercer 450N, soit l’équivalent du poids de 45kg : c’est faisable. En contrepartie, il devra tirer 4m de corde pour élever le moteur de 1m.
4Le plan incliné
Définition
Un plan incliné est une surface plane faisant un angle avec l’horizontale. On y fait monter une charge en la poussant le long de la pente au lieu de la soulever à la verticale.
Figure 7 — Plan incliné de hauteur h et de longueur L. La rampe d’accès d’un magasin, la route de montagne en lacets et la vis sont des plans inclinés.
Propriété
Sur un plan incliné parfaitement lisse (frottements négligés), la force à exercer parallèlement à la pente vérifie :
F×L=P×h
soit encore :
F=P×Lh
Exemple — monter un fût dans un camion
Un fût de 80kg doit être monté à 1,2m de hauteur sur une rampe de 4,8m de long. On prend g=10N/kg.
P=m×g
=80kg×10N/kg
=800N
F=P×Lhformule littérale
=800N×4,8m1,2mon remplace
=200Nrésultat avec son unité
La force est divisée par 4, exactement comme le rapport hL=4. Mais le fût parcourt 4,8m au lieu de 1,2m : le chemin est lui aussi multiplié par 4.
Important : Les frottements ne sont jamais nuls dans la réalité. La force réellement nécessaire est donc toujours un peu supérieure à la valeur théorique. C’est pourquoi on met des roulettes sous les caisses lourdes.
5La règle d’or de la mécanique
Définition
Le travail d’une force constante F dont le point d’application se déplace d’une longueur d dans la direction de la force vaut :
W=F×d
Il s’exprime en joules (J) : 1J=1N×1m.
Théorème — règle d’or de la mécanique
Aucune machine simple ne crée de travail. Ce que l’on gagne en force, on le perd en déplacement :
Wfourni=Wutile
Une machine simple redistribue le travail, elle n’en fabrique jamais.
Figure 8 — La poulie mobile divise la force par 2 et double la longueur de corde à tirer : le travail, lui, reste identique.
Démonstration — la règle d’or pour la poulie mobile
On élève une charge de poids P d’une hauteur h à l’aide d’une poulie mobile.
sans machine, W=P×htravail à fournir directement
avec la poulie, F=2Pdeux brins portent la charge
les deux brins raccourcissent chacun de hla poulie monte de h
⇒la longueur de corde tirée vaut d=2h
W′=F×d
=2P×2h
=P×h
⇒W′=Wle travail est bien conservé
C.Q.F.D.
Attention
Méfie-toi des publicités pour des « machines qui démultiplient l’énergie ». Une machine simple ne peut ni créer ni détruire du travail : dans la vraie vie, les frottements en dissipent même une partie sous forme de chaleur, et l’on récupère toujours un peu moins que ce que l’on a fourni.
Fiche mémo
Une machine simple modifie la valeur, la direction ou le sens d’une force, jamais le travail.
Multiplication de force : m=F1F2.
Levier : F1×d1=F2×d2 ; le produit F×d est le moment, en N⋅m.
1er genre : appui au milieu · 2e genre : charge au milieu · 3e genre : effort au milieu.
Poulie fixe : F=P, seule la direction change.
Poulie mobile : F=2P ; palan à n brins : F=nP.
Plan incliné : F×L=P×h.
Travail : W=F×d, en joules ; règle d’or : ce qui est gagné en force est perdu en déplacement.
Niveau 1 — Application directe
1
Indique le genre de chacun de ces leviers : une paire de ciseaux, un casse-noix, une pince à épiler, une brouette, un décapsuleur, un avant-bras.
Voir le corrigé détaillé
On repère à chaque fois ce qui se trouve au milieu.
Ciseaux : l’axe (appui) est au milieu ⇒1er genre.
Casse-noix : la noix (résistance) est au milieu ⇒2e genre.
Pince à épiler : les doigts (effort) sont au milieu ⇒3e genre.
Brouette : la charge est au milieu ⇒2e genre.
Décapsuleur : la capsule est au milieu ⇒2e genre.
Avant-bras : le biceps (effort) est au milieu ⇒3e genre.
2
Un levier est en équilibre. On a F1=30N, d1=0,80m et d2=0,20m. Calcule F2.
Voir le corrigé détaillé
F1×d1=F2×d2condition d’équilibre
⇒F2=d2F1×d1on isole F2
=0,20m30N×0,80mon remplace
=120Nrésultat avec son unité
Le levier multiplie la force par 4.
3
Calcule le poids d’un sac de ciment de masse 50kg, puis celui d’un seau d’eau de 12kg. On prend g=10N/kg.
Voir le corrigé détaillé
P=m×g
=50kg×10N/kg
=500N
P=m×g
=12kg×10N/kg
=120N
4
Une charge de 240N est suspendue à une poulie mobile. Quelle force faut-il exercer sur la corde ? Et si l’on utilisait une poulie fixe ?
Voir le corrigé détaillé
Avec la poulie mobile :
F=2P
=2240N
=120N
Avec la poulie fixe :
F=P
=240N
La poulie fixe ne fait gagner aucune force : elle rend seulement le geste plus commode.
5
Un palan comporte 3 brins soutenant la charge. Le fardeau pèse 600N. Quelle force faut-il exercer ?
Voir le corrigé détaillé
F=nP
=3600N
=200N
Il faut exercer 200N et tirer 3m de corde par mètre d’élévation.
6
Une caisse de poids 450N doit être hissée à 1,5m sur une rampe de 6m. Quelle force faut-il exercer, en négligeant les frottements ?
Voir le corrigé détaillé
F=P×Lh
=450N×6m1,5m
=112,5N
La rampe divise la force par 4.
7
On soulève une charge de 300N d’une hauteur de 2m. Calcule le travail fourni. Ce travail change-t-il si l’on utilise un palan ?
Voir le corrigé détaillé
W=F×d
=300N×2m
=600J
Non : d’après la règle d’or, le travail reste 600J (un peu plus en réalité, à cause des frottements). Le palan diminue la force, pas le travail.
Niveau 2 — Approfondissement
8
Une barre à mine de 1,80m sert à soulever une pierre. On place une cale à 0,20m de l’extrémité qui touche la pierre. La pierre a une masse de 150kg. Quelle force faut-il exercer à l’autre bout ? On prend g=10N/kg.
Voir le corrigé détaillé
Le bras de levier de la charge vaut d2=0,20m ; celui de l’effort vaut :
d1=1,80m−0,20m
=1,60m
Poids de la pierre :
P=m×g
=150kg×10N/kg
=1500N
F1=d1P×d2
=1,60m1500N×0,20m
=187,5N
Un adulte en est capable : la barre multiplie la force par 8.
9
Une brouette chargée de sable a une masse totale de 72kg. Le centre de la charge est à 0,50m de l’axe de la roue, les poignées à 1,50m. Calcule la force à exercer sur les poignées, puis la multiplication de force. On prend g=10N/kg.
Voir le corrigé détaillé
P=m×g
=72kg×10N/kg
=720N
F1=d1P×d2
=1,50m720N×0,50m
=240N
m=F1F2
=240N720N
=3
La brouette multiplie la force par 3 : on ne « porte » que l’équivalent de 24kg.
10
Avec un palan à 4 brins, on élève une charge de 2000N d’une hauteur de 3m. Calcule la force exercée, la longueur de corde tirée, puis vérifie la règle d’or.
Voir le corrigé détaillé
F=nP
=42000N
=500N
d=n×h
=4×3m
=12m
Travail fourni par l’ouvrier :
W=F×d
=500N×12m
=6000J
Travail utile (élévation de la charge) :
Wutile=P×h
=2000N×3m
=6000J
Les deux travaux sont égaux : la règle d’or est vérifiée.
11
Compare deux façons de monter un réfrigérateur de 900N à 0,90m de haut : à la verticale, ou sur une rampe de 3,60m. Compare les forces, les distances et les travaux.
Voir le corrigé détaillé
À la verticale : la force vaut 900N sur 0,90m.
W=900N×0,90m
=810J
Sur la rampe :
F=P×Lh
=900N×3,60m0,90m
=225N
W=225N×3,60m
=810J
La force est divisée par 4, la distance multipliée par 4, le travail est inchangé.
12
Le biceps de Léa s’insère à 4cm du coude. Elle tient une haltère de 5kg dans sa main, à 32cm du coude. Quelle force le biceps doit-il exercer ? Que vaut la multiplication de force ? On prend g=10N/kg.
Voir le corrigé détaillé
P=m×g
=5kg×10N/kg
=50N
F1=d1P×d2
=4cm50N×32cm
=400N
m=400N50N
=0,125
La multiplication de force vaut 0,125, soit 81 : le muscle tire huit fois plus fort que l’haltère ne pèse. Mais quand le biceps se raccourcit de 1cm, la main monte de 8cm.
13
Sur une barre en équilibre, on suspend à gauche 2N à 15cm et 3N à 20cm du pivot. À droite, on suspend une seule masse à 30cm. Quel doit être son poids ?
Voir le corrigé détaillé
Les moments à gauche s’additionnent.
Ma=2N×0,15m
=0,30N⋅m
Mb=3N×0,20m
=0,60N⋅m
Mgauche=0,30N⋅m+0,60N⋅m
=0,90N⋅m
F=dMgauche
=0,30m0,90N⋅m
=3N
Niveau 3 — Défi
14
Une planche homogène de 4m et de masse 10kg repose sur un pivot placé à 1m de son extrémité gauche. Où faut-il poser une masse de 30kg pour équilibrer la planche ? On prend g=10N/kg.
Voir le corrigé détaillé
La planche étant homogène, son poids s’applique en son milieu, à 2m de l’extrémité gauche, donc à 1m à droite du pivot.
Pplanche=10kg×10N/kg
=100N
Mdroite=100N×1m
=100N⋅m
Il faut donc créer 100N⋅m à gauche du pivot.
Pmasse=30kg×10N/kg
=300N
d=PmasseMdroite
=300N100N⋅m
≈0,33m
Il faut la poser à environ 33cm à gauche du pivot. Comme le pivot est à 1m du bord, c’est possible : la position convient.
15
Un ouvrier tire sur la corde d’un palan avec une force de 250N et doit tirer 10m de corde pour élever une charge de 2m. a) Combien de brins soutiennent la charge ? b) Quel est le poids théorique de la charge ? c) La charge pèse en réalité 1100N. Calcule le rendement du palan.
Voir le corrigé détaillé
a) La longueur de corde tirée vaut n fois la hauteur d’élévation.
n=hd
=2m10m
=5
b) Poids théorique :
P=n×F
=5×250N
=1250N
c) Travail fourni par l’ouvrier :
Wfourni=250N×10m
=2500J
Travail réellement utile :
Wutile=1100N×2m
=2200J
η=WfourniWutile
=2500J2200J
=0,88
Le rendement vaut 88% : 12% du travail part en frottements et en chaleur dans les gorges des poulies.
16
On veut monter une caisse de 600N à 1,5m de haut. On dispose d’une rampe de 5m, mais la force de frottement le long de la rampe vaut 40N. a) Quelle force faut-il réellement exercer ? b) Quel est le rendement de la rampe ?
Voir le corrigé détaillé
a) La force sert à deux choses : monter la caisse et vaincre le frottement.
Ftheˊorique=P×Lh
=600N×5m1,5m
=180N
Freˊelle=180N+40N
=220N
b) Travail fourni :
Wfourni=220N×5m
=1100J
Travail utile :
Wutile=600N×1,5m
=900J
η=1100J900J
≈0,82
Le rendement est d’environ 82%.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
17
Le puits du quartier Chagoua, à Ndjamena. Moussa remonte l’eau d’un puits de 14m de profondeur. Le seau plein a une masse de 18kg. Le puits est équipé d’une simple poulie fixe accrochée à une potence. On prend g=10N/kg.
Quel est le poids du seau plein ?
Quelle force Moussa doit-il exercer sur la corde ?
Quel est l’intérêt de la poulie, puisqu’elle ne diminue pas la force ?
Quel travail Moussa fournit-il pour remonter un seau ?
Le réservoir de la maison contient 200L, soit 200kg d’eau. Combien de seaux de 16L faut-il remonter pour le remplir ?
Voir le corrigé détaillé
1. Poids du seau plein :
P=m×g
=18kg×10N/kg
=180N
2. Avec une poulie fixe :
F=P
=180N
3. La poulie change la direction de la force. Moussa tire vers le bas : il peut s’aider de tout le poids de son corps et garder les pieds bien calés, au lieu de hisser la corde à bout de bras au-dessus du vide. Le geste est plus sûr et beaucoup moins fatigant.
4. Travail fourni pour un seau :
W=F×d
=180N×14m
=2520J
5. Nombre de seaux :
N=16L200L
=12,5
Il faut donc 13 seaux (on ne remonte pas un demi-seau). Le travail total dépasse 32000J : on comprend pourquoi une poulie mobile, ou mieux un treuil, serait la bienvenue.
18
Le chantier de Kouassi, à Abidjan. Kouassi transporte du gravier avec une brouette. La caisse pleine et son contenu représentent une masse de 90kg. Le centre de la charge est à 0,45m de l’axe de la roue, et les poignées à 1,35m. On prend g=10N/kg.
De quel genre de levier s’agit-il ? Justifie.
Quelle force Kouassi exerce-t-il sur les poignées ?
Quelle est la multiplication de force de sa brouette ?
Son collègue lui propose une brouette dont les brancards mesurent 1,80m, la charge restant à 0,45m de la roue. Quelle force faudrait-il alors ? Cette brouette est-elle meilleure ?
Voir le corrigé détaillé
1. L’appui est l’axe de la roue, la charge est au milieu, l’effort est aux poignées : appui — résistance — effort. C’est un levier du 2e genre.
2. Poids de l’ensemble :
P=m×g
=90kg×10N/kg
=900N
F1=d1P×d2
=1,35m900N×0,45m
=300N
3. Multiplication de force :
m=300N900N
=3
4. Avec des brancards de 1,80m :
F1=1,80m900N×0,45m
=225N
La force baisse de 300N à 225N : c’est mieux pour le dos. En revanche, la brouette est plus longue, donc plus difficile à manœuvrer dans les allées étroites du chantier, et les poignées montent plus haut quand on soulève. Le choix est un compromis, pas un gain gratuit.
19
Le déménagement d’Émilie, à Bruxelles. Émilie doit charger un piano droit de 220kg dans une camionnette dont le plancher est à 0,80m du sol. Elle loue une rampe de 3,20m. On prend g=10N/kg.
Quel est le poids du piano ?
Quelle force faudrait-il exercer sans la rampe ?
Quelle force théorique faut-il sur la rampe, sans frottement ?
Les frottements ajoutent 130N. Quelle force faut-il réellement ? À deux personnes poussant chacune 250N, est-ce possible ?
Calcule le rendement de la rampe.
Voir le corrigé détaillé
1. Poids du piano :
P=m×g
=220kg×10N/kg
=2200N
2. Sans rampe, il faudrait soulever tout le poids, soit 2200N : c’est hors de portée de deux personnes.
3. Force théorique sur la rampe :
F=P×Lh
=2200N×3,20m0,80m
=550N
4. Force réelle :
Freˊelle=550N+130N
=680N
À deux, elles fournissent :
Fdisponible=2×250N
=500N
500N ne suffisent pas face à 680N : il faut une troisième personne, ou une rampe plus longue, ou un chariot à roulettes pour réduire les frottements.