Étudier les formes d'énergie mécanique et leur conservation.
Physique3èmeChapitre 3 / 9⏱ 8 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Calculer une énergie cinétique et une énergie potentielle
Appliquer la conservation de l'énergie mécanique
Interpréter une distance de freinage
Une bille lâchée d’un mètre de haut arrive au sol à près de 16km/h ; un pendule qui oscille remonte toujours exactement à la même hauteur ; une voiture qui roule deux fois plus vite met quatre fois plus de distance pour s’arrêter. Ces trois phénomènes, qui semblent sans rapport, s’expliquent par une seule et même idée : l’énergie mécanique se transforme en permanence d’une forme à l’autre, mais elle ne se crée ni ne se perd — elle se conserve, sauf quand les frottements la dissipent.
1L’énergie cinétique
Définition
Un objet en mouvement possède, du seul fait de son mouvement, une énergie appelée énergie cinétique, notée Ec :
Ec=21mv2
Ec : énergie cinétique, en joules (J) ;
m : masse de l’objet, en kilogrammes (kg) ;
v : vitesse, en mètres par seconde (m/s).
Attention
La vitesse doit obligatoirement être en mètres par seconde. C’est l’erreur la plus fréquente de tout le chapitre. Pour convertir des km/h en m/s, on divise par 3,6 :
v=3,690une vitesse de 90km/h
=25m/s
Exemple — énergie cinétique d’une voiture
Une voiture de masse 1000kg roule à 36km/h.
On convertit d’abord la vitesse :
v=3,636
=10m/s
Puis on applique la formule :
Ec=21mv2formule littérale
Ec=21×1000×102on remplace par les valeurs
=50000Jrésultat avec son unité
1.1 Doubler la vitesse quadruple l’énergie
Dans la formule, la masse intervient au premier degré mais la vitesse est au carré. Les deux ne jouent donc pas du tout le même rôle.
Exemple — la même voiture à 72 km/h
v=3,672
=20m/s
Ec=21×1000×202
=200000J
La vitesse a été multipliée par 2, l’énergie cinétique par 4.
Propriété — à retenir absolument
vitesse ×2⇒ énergie cinétique ×4 ;
vitesse ×3⇒ énergie cinétique ×9 ;
masse ×2⇒ énergie cinétique ×2 seulement.
Rouler plus vite est beaucoup plus dangereux que transporter une charge plus lourde.
2Vitesse, freinage et sécurité routière
Pour arrêter un véhicule, les freins doivent « détruire » toute son énergie cinétique en la transformant en chaleur. Si la force de freinage F reste constante, le travail résistant des freins sur la distance d doit compenser exactement Ec.
Propriété — distance de freinage
F×d=Ecles freins dissipent toute l’énergie cinétique
d=FEcon isole la distance
=2Fmv2on remplace Ec par son expression
La distance de freinage est donc proportionnelle au carré de la vitesse.
Figure 1 — La courbe n’est pas une droite : c’est une parabole. En passant de 50 à 100km/h, la distance de freinage passe de 12,5 à 50m — elle est quadruplée.
Important : La distance de freinage n’est pas la distance d’arrêt. Il faut y ajouter la distance de réaction, parcourue pendant la seconde où le conducteur réalise qu’il doit freiner. À 50km/h, cette seconde représente déjà près de 14m !
Attention
C’est la raison physique des limitations de vitesse aux abords des écoles. Le passage de 50 à 30km/h ne divise pas l’énergie cinétique par 1,7 mais par 1,72, soit environ par 3. La distance d’arrêt est plus que divisée par deux.
3L’énergie potentielle de pesanteur
Définition
Un objet situé en hauteur possède une énergie en réserve, appelée énergie potentielle de pesanteur, notée Epp :
Epp=m×g×h
Epp : énergie potentielle de pesanteur, en joules (J) ;
m : masse, en kilogrammes (kg) ;
g : intensité de la pesanteur, en newtons par kilogramme (N/kg) ;
h : hauteur au-dessus d’un niveau de référence choisi, en mètres (m).
Tu reconnais la formule du travail du poids : c’est normal ! L’énergie potentielle de pesanteur d’un objet, c’est exactement le travail que son poids pourra fournir en le laissant descendre jusqu’au niveau de référence.
Important : Le niveau de référence est un choix libre : le sol, le plancher, la surface d’un lac… Ce qui compte n’est jamais la valeur de Epp toute seule, mais sa variation entre deux positions. Une fois le choix fait, on ne le change plus au milieu de l’exercice.
Exemple — un sac de ciment au troisième étage
Un sac de 35kg est posé sur une plateforme à 9,0m au-dessus du sol, pris comme référence.
Epp=m×g×hformule littérale
Epp=35×9,8×9,0on remplace par les valeurs
=3087Jrésultat avec son unité
4L’énergie mécanique et sa conservation
Définition
L’énergie mécanique d’un objet est la somme de son énergie cinétique et de son énergie potentielle de pesanteur :
Em=Ec+Epp
Elle s’exprime elle aussi en joules.
Théorème — conservation de l’énergie mécanique
En l’absence de frottements, l’énergie mécanique d’un objet soumis à son seul poids reste constante au cours du mouvement :
Em=Ec+Epp=constante
L’énergie n’est ni créée ni détruite : elle se convertit d’une forme à l’autre. Ce que l’objet perd en énergie potentielle, il le gagne exactement en énergie cinétique — et réciproquement.
Figure 2 — Pendant la chute, la barre bleue diminue et la barre orange augmente exactement d’autant : la somme des deux ne change jamais.
Exemple — la bille lâchée de 1,80 m
Une bille de 200g est lâchée sans vitesse initiale d’une hauteur de 1,80m. On néglige les frottements de l’air et on prend le sol comme référence.
Au départ
Ec=0Jla bille est lâchée sans vitesse
Epp=0,200×9,8×1,80
=3,53J
Em=0+3,53
=3,53J
Juste avant le sol
Epp=0Jla bille est au niveau de référence
Ec=Em−Eppl’énergie mécanique s’est conservée
Ec=3,53−0
=3,53J
Vitesse d’arrivée
Ec=21mv2formule littérale
v2=m2Econ isole v2
v2=0,2002×3,53on remplace par les valeurs
=35,3
v=35,3
=5,94m/ssoit environ 21km/h
4.1 Le pendule : un aller-retour d’énergie
Figure 3 — Aux points extrêmes A et B, la bille est immobile : toute l’énergie est potentielle. Au point le plus bas O, elle est la plus rapide : toute l’énergie est cinétique.
C’est ce qui explique une expérience spectaculaire : si l’on lâche une lourde bille suspendue contre son propre nez, elle revient s’arrêter juste avant de le toucher. Sans frottements, elle ne peut pas remonter plus haut que son point de départ ; avec les frottements, elle remonte toujours un peu moins haut.
Figure 4 — Sur des montagnes russes, chaque descente convertit Epp en Ec, chaque montée fait l’inverse. Aucune bosse ne peut être plus haute que le point de départ.
Exemple — activité expérimentale — la bille remonte-t-elle à la même hauteur ?
Matériel
une gouttière souple ou un rail courbe formant une cuvette ;
une bille d’acier et une bille de bois de même diamètre ;
une règle graduée fixée verticalement, une potence ;
une feuille de papier de verre (pour augmenter les frottements).
Protocole
Fixer la gouttière en cuvette et repérer le point le plus bas.
Lâcher la bille d’acier sans vitesse depuis une hauteur h mesurée à la règle.
Repérer la hauteur maximale h’ atteinte de l’autre côté.
Recommencer pour h=10, 20 et 30cm.
Recommencer enfin après avoir collé le papier de verre dans la cuvette.
Observations
Hauteur de départ h
Hauteur de retour h’ (rail lisse)
Hauteur de retour h’ (rail rugueux)
10cm
9,5cm
6,0cm
20cm
19,0cm
11,5cm
30cm
28,0cm
16,5cm
Interprétation
Sur le rail lisse, la bille remonte presque à sa hauteur de départ : l’énergie mécanique est quasiment conservée, et le petit écart mesure les frottements résiduels. Sur le rail rugueux, la perte est bien plus grande.
La bille ne remonte jamais plus haut que son point de départ : cela confirme qu’aucune énergie n’apparaît de nulle part.
5La dissipation par frottements
Dans la vraie vie, les frottements sont partout : entre l’objet et le support, entre l’objet et l’air. Ils exercent un travail résistant, qui retire de l’énergie mécanique au système.
Propriété
En présence de frottements, l’énergie mécanique diminue :
Edissipeˊe=Em(deˊpart)−Em(arriveˊe)
Cette énergie n’a pas disparu : elle a été transférée au support et à l’air sous forme de chaleur (et un peu de bruit). L’énergie totale, elle, se conserve toujours.
Figure 5 — Avec des frottements, la bille remonte moins haut qu’elle n’est partie. La différence de hauteur mesure directement l’énergie dissipée.
Exemple — calcul de l’énergie dissipée
Une bille de 50g est lâchée d’une hauteur de 1,00m et remonte à 0,78m de l’autre côté.
Em(deˊpart)=0,050×9,8×1,00
=0,49J
Em(arriveˊe)=0,050×9,8×0,78
=0,38J
Edissipeˊe=0,49−0,38
=0,11Jsoit environ 22% de l’énergie de départ
Grandeur
Symbole
Formule
Unité
Énergie cinétique
Ec
21mv2
joule (J)
Énergie potentielle de pesanteur
Epp
m×g×h
joule (J)
Énergie mécanique
Em
Ec+Epp
joule (J)
Masse
m
—
kilogramme (kg)
Vitesse
v
—
mètre par seconde (m/s)
Hauteur
h
—
mètre (m)
Intensité de la pesanteur
g
—
newton par kilogramme (N/kg)
Math & Co — James Prescott Joule et l’équivalent mécanique de la chaleur
James Prescott Joule (1818-1889) n’était pas professeur d’université : il dirigeait la brasserie familiale de Salford, près de Manchester, et faisait de la physique le reste du temps. Au début du XIXe siècle, on croyait encore que la chaleur était une substance invisible, le « calorique », indépendante du mouvement.
Joule construit alors une expérience d’une précision inouïe pour l’époque : une masse qui descend fait tourner une roue à aubes plongée dans un récipient d’eau calorifugé. En mesurant à la fois la hauteur de chute et l’élévation de température de l’eau, il montre en 1845 qu’une quantité donnée de travail produit toujours la même quantité de chaleur. C’est l’équivalent mécanique de la chaleur.
Ses valeurs, proches de 4,15 joules par calorie, sont remarquablement voisines de la valeur admise aujourd’hui (4,186). Ce travail ouvre la voie au principe de conservation de l’énergie. L’unité d’énergie du Système international porte son nom : le joule.
Fiche mémo
Énergie cinétique : Ec=21mv2, avec ven m/s (diviser les km/h par 3,6).
Vitesse ×2⇒Ec×4 ; vitesse ×3⇒Ec×9.
La distance de freinage est proportionnelle au carré de la vitesse : d=2Fmv2.
Énergie potentielle de pesanteur : Epp=m×g×h, avec un niveau de référence choisi.
Énergie mécanique : Em=Ec+Epp.
Sans frottements, Em est constante : ce qui est perdu en Epp est gagné en Ec.
Avec frottements, Em diminue ; la différence est dissipée sous forme de chaleur.
Vitesse après une chute libre d’une hauteur h : v=2×g×h, indépendante de la masse.
Niveau 1 — Application directe
1
Calcule l’énergie cinétique d’un objet de masse 4kg animé d’une vitesse de 6m/s.
Voir le corrigé détaillé
Ec=21mv2formule littérale
Ec=21×4×62on remplace par les valeurs
=72Jrésultat avec son unité
2
Un cycliste et son vélo ont une masse totale de 80kg et roulent à 18km/h. Calcule leur énergie cinétique.
Voir le corrigé détaillé
On convertit d’abord la vitesse en m/s :
v=3,618
=5m/s
Ec=21mv2
Ec=21×80×52
=1000J
3
Le même cycliste roule maintenant à 36km/h. a. Calcule sa nouvelle énergie cinétique. b. Par combien a-t-elle été multipliée ? Explique.
Voir le corrigé détaillé
a. Conversion et calcul :
v=3,636
=10m/s
Ec=21×80×102
=4000J
b. Comparaison :
10004000=4
⇒l’énergie a été multipliée par 4.
La vitesse a doublé et elle intervient au carré dans la formule : 22=4.
4
Calcule l’énergie potentielle de pesanteur d’un objet de 1,5kg situé à 4m au-dessus du sol, pris comme référence.
Voir le corrigé détaillé
Epp=m×g×hformule littérale
Epp=1,5×9,8×4on remplace par les valeurs
=58,8Jrésultat avec son unité
5
Un objet possède une énergie cinétique de 120J et une énergie potentielle de pesanteur de 250J. Quelle est son énergie mécanique ?
Voir le corrigé détaillé
Em=Ec+Eppformule littérale
Em=120+250on remplace par les valeurs
=370Jrésultat avec son unité
6
Un objet de masse 5kg possède une énergie cinétique de 90J. Quelle est sa vitesse ?
Voir le corrigé détaillé
Ec=21mv2formule littérale
v2=m2Econ isole v2
v2=52×90on remplace par les valeurs
=36
v=36
=6m/s
7
Un sac de 3kg possède une énergie potentielle de pesanteur de 147J. À quelle hauteur se trouve-t-il ?
Voir le corrigé détaillé
Epp=m×g×hformule littérale
h=m×gEppon isole la hauteur
h=3×9,8147on remplace par les valeurs
=5mrésultat avec son unité
Niveau 2 — Approfondissement
8
Une bille de 100g est lâchée sans vitesse d’une hauteur de 2,0m. On néglige les frottements. a. Calcule son énergie mécanique au départ. b. Quelle est son énergie cinétique juste avant le sol ? c. Quelle est alors sa vitesse ?
Voir le corrigé détaillé
a. Au départ, la bille est immobile, donc Ec=0.
Epp=0,100×9,8×2,0
=1,96J
Em=0+1,96
=1,96J
b. Juste avant le sol, h=0 donc Epp=0. L’énergie mécanique s’étant conservée :
Ec=Em−Epp
Ec=1,96−0
=1,96J
c. Vitesse d’arrivée :
v2=m2Ec
v2=0,1002×1,96
=39,2
v=39,2
=6,26m/s
9
Le pendule d’une horloge porte une masse de 200g. On l’écarte de sa position d’équilibre en l’élevant de 25cm, puis on le lâche. Les frottements sont négligés. a. Calcule son énergie mécanique. b. Quelle est sa vitesse au point le plus bas ? c. Jusqu’à quelle hauteur remonte-t-il de l’autre côté ?
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a. On convertit : 25cm=0,25m. Au départ, le pendule est immobile.
Em=Epp
Em=0,200×9,8×0,25
=0,49J
b. Au point le plus bas, Epp=0 donc Ec=0,49J.
v2=0,2002×0,49
=4,9
v=4,9
=2,21m/s
c. Sans frottements, l’énergie mécanique se conserve : au point le plus haut de l’autre côté, la bille est de nouveau immobile, donc toute l’énergie est redevenue potentielle. La hauteur atteinte est donc exactement 25cm.
10
Compare l’énergie cinétique d’une moto de 250kg roulant à 90km/h et celle d’un camion de 12000kg roulant à 54km/h. Commente.
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La moto, après conversion 90÷3,6=25m/s :
Ec=21×250×252
=78125J
Le camion, après conversion 54÷3,6=15m/s :
Ec=21×12000×152
=1350000J
781251350000=17,3
⇒le camion possède environ 17 fois plus d’énergie cinétique.
Bien qu’il roule moins vite, sa masse considérable l’emporte : à force de freinage égale, il lui faudrait 17 fois plus de distance pour s’arrêter.
11
Sur route sèche, la distance de freinage d’une voiture est de 12,5m à 50km/h. a. Quelle sera-t-elle à 100km/h ? b. Et à 150km/h ? Justifie sans refaire tout le calcul.
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La distance de freinage est proportionnelle au carré de la vitesse.
a. La vitesse est multipliée par 2 :
d=12,5×22
=50m
b. La vitesse est multipliée par 3 :
d=12,5×32
=112,5m
Soit plus d’un terrain de football, rien que pour freiner.
12
Un chariot de 30kg descend une pente et perd 1,2m de hauteur. En bas, sa vitesse est de 4,0m/s. a. Calcule l’énergie potentielle perdue. b. Calcule l’énergie cinétique acquise. c. Quelle énergie a été dissipée par les frottements ?
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a. Énergie potentielle perdue :
Epp=m×g×h
Epp=30×9,8×1,2
=352,8J
b. Énergie cinétique acquise :
Ec=21×30×4,02
=240J
c. Énergie dissipée :
Edissipeˊe=352,8−240
=112,8J
Soit environ 32% de l’énergie de départ, transformée en chaleur dans les roues et l’air.
13
À l’aide de la figure de la distance de freinage, réponds : a. quelle est la distance de freinage à 80km/h ? b. À quelle vitesse la distance de freinage atteint-elle 72m ? c. Pourquoi la courbe n’est-elle pas une droite ?
Voir le corrigé détaillé
a. La relation lue sur le graphique est d=200v2 avec v en km/h.
d=200802
d=2006400
=32m
b. On cherche la vitesse correspondante :
v2=200×72
=14400
v=14400
=120km/h
c. Parce que la distance de freinage est proportionnelle au carré de la vitesse, et non à la vitesse elle-même : la représentation graphique d’une telle relation est une parabole, pas une droite.
Niveau 3 — Défi
14
Un objet de masse m est lâché sans vitesse initiale d’une hauteur h. Les frottements sont négligés.
Démontre que sa vitesse d’arrivée au sol vaut v=2×g×h.
Que remarques-tu concernant la masse ?
Applique : quelle est la vitesse, en km/h, d’un objet tombé du deuxième étage, à 6,0m ?
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1. L’objet part immobile, donc son énergie mécanique initiale est uniquement potentielle. Au sol, elle est uniquement cinétique. Comme il n’y a pas de frottements, elle se conserve.
Em(deˊpart)=m×g×hcar Ec=0 au départ
Em(sol)=21mv2car Epp=0 au sol
21mv2=m×g×hconservation de l’énergie mécanique
21v2=g×hon simplifie par m, non nulle
v2=2×g×h
⇒v=2×g×hcar v est positive
2. La masse m a été simplifiée : elle n’apparaît plus dans le résultat. Deux objets de masses très différentes, lâchés de la même hauteur, arrivent donc à la même vitesse — à condition de pouvoir négliger les frottements de l’air. C’est exactement ce que montre l’expérience du marteau et de la plume réalisée sur la Lune.
3. Application numérique :
v=2×9,8×6,0
v=117,6
=10,8m/s
v=10,8×3,6conversion en km/h
=39km/h
15
Un wagon de montagnes russes de 500kg est lâché sans vitesse du sommet, à 30m de hauteur. Les frottements sont négligés dans tout l’exercice.
Calcule son énergie mécanique, le sol étant la référence.
Quelle est sa vitesse tout en bas ?
Il aborde ensuite une bosse et la franchit à 12m/s. Quelle est la hauteur de cette bosse ?
Pourrait-il franchir une bosse de 35m ? Justifie.
Voir le corrigé détaillé
1. Au sommet, le wagon est immobile :
Em=m×g×h
Em=500×9,8×30
=147000J
2. En bas, Epp=0 donc Ec=147000J :
v2=5002×147000
=588
v=588
=24,2m/ssoit environ 87km/h
3. Sur la bosse, l’énergie cinétique vaut :
Ec=21×500×122
=36000J
Epp=Em−Ecconservation de l’énergie mécanique
Epp=147000−36000
=111000J
h=m×gEpp
h=500×9,8111000
=22,7m
4. Une bosse de 35m exigerait une énergie potentielle de :
Epp=500×9,8×35
=171500J
171500>147000
⇒c’est impossible.
Le wagon ne peut jamais dépasser la hauteur de son point de départ : il s’arrêterait avant le sommet, puis redescendrait. C’est pourquoi, sur un circuit réel, chaque bosse est plus basse que la précédente.
16
Une voiture de 1200kg roule à 90km/h. Elle freine et s’arrête sur 45m.
Calcule son énergie cinétique initiale.
Déduis-en la force de freinage moyenne.
Avec la même force de freinage, quelle serait la distance d’arrêt à 45km/h ?
Où est passée l’énergie cinétique ?
Voir le corrigé détaillé
1. Conversion puis calcul :
v=3,690
=25m/s
Ec=21×1200×252
=375000J
2. Les freins doivent dissiper toute cette énergie sur 45m :
F×d=Ec
F=dEc
F=45375000
=8333N
3. À 45km/h, soit 12,5m/s :
Ec=21×1200×12,52
=93750J
d=833393750
=11,25m
La vitesse a été divisée par 2, la distance par 4 : on retrouve bien la loi du carré.
4. L’énergie cinétique a été dissipée sous forme de chaleur dans les disques et les plaquettes de frein, ainsi que dans les pneus et l’air. C’est pourquoi des freins sollicités longuement deviennent brûlants — et perdent alors de leur efficacité.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
17
Le taxi d’Aya, à Abidjan. Aya conduit un taxi de 1100kg (passagers compris) sur le boulevard Valéry-Giscard-d’Estaing. Elle roule à 72km/h. La force de freinage de son véhicule vaut 6600N.
Calcule l’énergie cinétique du taxi.
Calcule sa distance de freinage.
Un enfant traverse à 20m devant elle. Peut-elle s’arrêter à temps, en supposant qu’elle freine instantanément ?
Reprends les questions 1 à 3 si Aya roulait à 36km/h. Conclus.
Voir le corrigé détaillé
1. Conversion, puis énergie cinétique :
v=3,672
=20m/s
Ec=21×1100×202
=220000J
2. Distance de freinage :
d=FEc
d=6600220000
=33,3m
3. Comparaison :
33,3>20
⇒Aya ne peut pas s’arrêter à temps : elle percuterait l’enfant.
4. À 36km/h, soit 10m/s :
Ec=21×1100×102
=55000J
d=660055000
=8,3m
8,3<20
⇒Aya s’arrête largement à temps.
En divisant sa vitesse par 2, Aya a divisé son énergie cinétique par 4 et sa distance de freinage par 4. C’est toute la justification physique des limitations de vitesse en ville.
18
La zone scolaire de la Médina, à Dakar. Devant l’école, la vitesse est limitée à 30km/h au lieu de 50km/h. Ousmane conduit une voiture de 1000kg. On admet que la distance de freinage vaut d=200v2 (avec v en km/h et d en mètres) et que le temps de réaction du conducteur est de 1,0s.
Calcule l’énergie cinétique de la voiture à 50km/h, puis à 30km/h. Par combien est-elle divisée ?
Calcule la distance de réaction dans les deux cas.
Calcule la distance d’arrêt totale dans les deux cas.
Que gagne-t-on en roulant à 30 plutôt qu’à 50km/h ?
Voir le corrigé détaillé
1. À 50km/h, soit 13,9m/s :
Ec=21×1000×13,92
=96605J
À 30km/h, soit 8,33m/s :
Ec=21×1000×8,332
=34694J
3469496605=2,8
⇒l’énergie est divisée par environ 2,8.
2. Distance parcourue pendant la seconde de réaction :
dreˊaction=13,9×1,0à 50km/h
=13,9m
dreˊaction=8,33×1,0à 30km/h
=8,3m
3. Distances de freinage, puis distances d’arrêt :
dfreinage=200502
=12,5m
darreˆt=13,9+12,5
=26,4mà 50km/h
dfreinage=200302
=4,5m
darreˆt=8,3+4,5
=12,8mà 30km/h
4. Gain sur la distance d’arrêt :
26,4−12,8=13,6
⇒plus de 13 mètres gagnés, soit la largeur de trois voies.
À 30km/h, Ousmane s’arrête en moins de la moitié de la distance, et l’énergie du choc éventuel est presque trois fois plus faible. C’est la différence entre une frayeur et un accident grave.
19
Le toboggan du jardin public de Yaoundé. Clarisse, de masse 32kg, se laisse glisser du haut d’un toboggan de 2,4m de hauteur, en partant sans vitesse.
Calcule son énergie potentielle de pesanteur en haut, le sol servant de référence.
Quelle serait sa vitesse en bas s’il n’y avait aucun frottement ?
En réalité, elle arrive en bas à 5,0m/s. Calcule son énergie cinétique réelle, puis l’énergie dissipée.
Quel pourcentage de l’énergie de départ a été dissipé ? Où est-elle passée ?
Voir le corrigé détaillé
1. Énergie potentielle en haut :
Epp=m×g×h
Epp=32×9,8×2,4
=752,6J
2. Sans frottements, toute cette énergie deviendrait cinétique :
v=2×g×h
v=2×9,8×2,4
v=47,04
=6,86m/s
3. Énergie cinétique réelle :
Ec=21×32×5,02
=400J
Edissipeˊe=752,6−400
=352,6J
4. Pourcentage dissipé :
752,6352,6=0,47
=47%
Près de la moitié de l’énergie a été dissipée sous forme de chaleur par le frottement du short de Clarisse sur la tôle du toboggan et par la résistance de l’air. C’est exactement pour cela que la glissade réchauffe le toboggan… et parfois un peu trop les jambes.