Frotte un stylo en plastique sur ta manche et approche-le de petits morceaux de papier : ils sautent vers le stylo. Ce tour de magie tout simple, tu l'as sans doute déjà fait sans le savoir — et il porte un nom : l'électrisation. Derrière ce phénomène se cache l'une des quatre interactions fondamentales de la physique, celle qui tient les atomes assemblés, qui fait fonctionner ton téléphone, et qui, à très grande échelle, déclenche les éclairs pendant l'orage.
Jusqu'ici, en physique, tu as surtout manipulé des forces « de contact » (poussée, frottement, tension d'un fil). L'électrostatique t'ouvre un autre monde : celui des forces à distance, qui agissent sans qu'il y ait le moindre contact entre deux objets. Deux charges électriques se repoussent ou s'attirent même séparées par du vide — exactement comme deux masses s'attirent par gravitation, mais avec une intensité prodigieusement plus grande.
Ce chapitre pose les bases indispensables à toute l'électricité que tu étudieras ensuite : d'où vient une charge électrique, comment elle interagit avec une autre (loi de Coulomb), comment on décrit son influence dans l'espace autour d'elle (le champ électrique), et ce qui se passe dans le cas particulier — mais essentiel en pratique — d'un condensateur plan. Tu verras aussi que ces notions ne sont pas que théoriques : le paratonnerre qui protège les immeubles de Dakar pendant la saison des pluies, le photocopieur de ton lycée, ou encore les dispositifs qui dépoussièrent l'air des cimenteries fonctionnent tous grâce à l'électrostatique.
Prends ton temps sur la loi de Coulomb et sur la définition du champ électrique : elles sont le socle sur lequel repose tout le reste. Une fois ces deux notions bien comprises, le condensateur plan, la tension et l'énergie potentielle électrique s'enchaîneront naturellement.
1Charges électriques et électrisation
Tout objet est fait d'atomes, eux-mêmes constitués d'un noyau (protons et neutrons) entouré d'électrons. À l'état normal, un objet possède autant de charges positives que de charges négatives : il est électriquement neutre. Électriser un objet, c'est simplement rompre cet équilibre.
1.1 Les trois modes d'électrisation
Électriser un corps, c'est lui faire acquérir une charge électrique non nulle, en créant un déséquilibre entre charges positives et charges négatives. On distingue trois modes d'électrisation.
Par frottement : en frottant deux matériaux isolants différents (verre et laine, plastique et tissu…), des électrons sont arrachés à l'un pour se fixer sur l'autre. Le corps qui a perdu des électrons se charge positivement, celui qui en a gagné se charge négativement.
Par contact : lorsqu'un corps chargé touche un corps neutre (tous deux conducteurs), une partie des charges en excès se répartit sur les deux corps, qui se retrouvent chargés du même signe.
Par influence (ou induction) : un corps chargé, approché — sans contact — d'un conducteur neutre, repousse les charges de même signe et attire celles de signe opposé à l'intérieur du conducteur. La face proche du conducteur se charge du signe opposé, la face éloignée du même signe que le corps inducteur. C'est ce principe qu'exploite le pendule électrostatique : une petite boule légère (sureau, polystyrène recouvert de peinture conductrice), suspendue à un fil isolant, est attirée par une tige chargée approchée à proximité, avant tout contact.
Dans l'électrisation par influence, la boule reste globalement neutre : il n'y a eu aucun transfert de charge, seulement une redistribution interne. C'est uniquement si la boule touche ensuite la tige qu'elle acquiert une charge réelle (par contact) et sera alors repoussée.
1.2 La charge électrique : quantification et conservation
La charge électrique d'un corps mesure son excès (ou son déficit) d'électrons par rapport à la neutralité. Elle s'exprime en coulomb, de symbole . La plus petite charge que l'on puisse isoler est la charge élémentaire :
L'électron porte la charge , le proton la charge .
Toute charge portée par un corps est un multiple entier de la charge élémentaire :
où est le nombre algébrique d'électrons en excès () ou en défaut (). De plus, la charge électrique totale d'un système isolé se conserve : elle ne peut être ni créée ni détruite, seulement échangée d'un corps à l'autre.
Une règle en plastique frottée acquiert une charge . Combien d'électrons a-t-elle gagnés ?
- négatif : la règle a gagné des électrons
La règle a gagné électrons — un nombre énorme, mais une masse totale dérisoire, invisible à l'échelle macroscopique.
Une tige de verre frottée avec de la soie perd électrons. Quelle est sa charge finale ?
- : la tige a perdu des électrons, donc compte un déficit,
Dès le VIe siècle avant notre ère, le philosophe grec Thalès de Milet observe qu'un morceau d'ambre (résine fossilisée) frotté avec de la fourrure attire de petits objets légers — brins de paille, plumes. Il ne dispose d'aucune explication, mais l'observation traverse les siècles.
C'est bien plus tard, en 1600, que le médecin anglais William Gilbert forge le mot « électrique », du grec elektron (ambre), pour désigner cette propriété. Il faudra ensuite attendre le XVIIIe siècle et les travaux de Benjamin Franklin pour comprendre qu'il existe deux espèces de charges, qu'il baptise « positive » et « négative ».
2Loi de Coulomb
Deux charges électriques exercent l'une sur l'autre une force, même en l'absence de tout contact. En 1785, le physicien français Charles-Augustin de Coulomb parvient, grâce à une balance de torsion d'une extrême sensibilité, à mesurer précisément cette force et à établir la loi qui porte désormais son nom.
2.1 Énoncé de la loi de Coulomb
Deux charges ponctuelles et , immobiles dans le vide (ou l'air) et séparées d'une distance , exercent l'une sur l'autre des forces d'intensité :
avec la constante de Coulomb. Ces deux forces, opposées (troisième loi de Newton), sont dirigées selon la droite joignant les deux charges :
- si et sont de même signe, les charges se repoussent ;
- si et sont de signes opposés, les charges s'attirent.
Dans la formule , les valeurs absolues donnent uniquement l'intensité (toujours positive) de la force. Le signe du produit ne sert qu'à déterminer la nature — attractive ou répulsive — de l'interaction ; il ne s'introduit jamais directement dans un calcul d'intensité.
Deux charges ponctuelles et sont séparées de dans l'air. Calcule l'intensité de la force qui s'exerce entre elles.
- charges de signes opposés : force attractive
Deux charges identiques se repoussent avec une force . Quelle est la distance qui les sépare ?
2.2 Loi de Coulomb et loi de la gravitation universelle
La loi de Coulomb rappelle fortement la loi de la gravitation universelle : dans les deux cas, l'intensité de la force décroît comme l'inverse du carré de la distance. Mais deux différences majeures les séparent :
- la gravitation est toujours attractive (les masses sont toujours positives), alors que la force électrique peut être attractive ou répulsive ;
- la constante est immensément plus grande que : à l'échelle de l'atome, la force électrique domine la gravitation par un facteur proche de (voir l'exercice 9).
Charles-Augustin de Coulomb (1736-1806), officier du génie devenu physicien, met au point un instrument d'une précision inédite pour l'époque : une balance de torsion, où un fin fil de métal, en se tordant, mesure des forces minuscules par l'angle de rotation qu'elles provoquent.
En 1785, dans son mémoire Premier mémoire sur l'électricité et le magnétisme, il établit expérimentalement que la force entre deux petites sphères chargées varie comme l'inverse du carré de leur distance — exactement la même forme que la loi de gravitation de Newton, établie un siècle plus tôt. L'unité de charge électrique, le coulomb (C), est nommée en son honneur en 1881, lors du premier Congrès international des électriciens.
3Champ électrique et lignes de champ
La loi de Coulomb décrit une interaction entre deux charges. Mais on souhaite souvent décrire l'effet d'une charge (ou d'un ensemble de charges) en tout point de l'espace qui l'entoure, sans avoir à préciser à l'avance quelle charge « test » on y placera. C'est tout l'intérêt de la notion de champ électrique.
3.1 Définition du champ électrique
Une charge (ou un ensemble de charges) crée, en tout point de l'espace qui l'entoure, un champ électrique . Si une charge ponctuelle placée en subit une force électrique , le champ électrique en est défini par :
Le champ électrique s'exprime en volt par mètre (), unité équivalente au newton par coulomb ().
Le champ ne dépend que des charges qui le créent et de la position de — jamais de la charge qu'on y placerait éventuellement pour le « sonder ». Une fois connu, on retrouve immédiatement la force sur n'importe quelle charge placée en : .
Si est négative, la force est de sens opposé au champ . Ne confonds jamais la direction du champ en un point avec la direction de la force qui s'exercerait sur une charge négative placée en ce point.
3.2 Champ créé par une charge ponctuelle
Une charge ponctuelle crée, en un point situé à la distance , un champ électrique d'intensité :
dirigé selon la droite , en s'éloignant de si , et en pointant vers si .
Plaçons en une charge test , à la distance de . D'après la loi de Coulomb, la force qu'elle subit a pour intensité :
Or, par définition du champ électrique, (en intensité, ). En substituant :
- se simplifie : le résultat ne dépend plus de la charge test
Le champ ne dépend donc bien que de et de , jamais de la charge test utilisée pour le mesurer. C.Q.F.D.
Calcule le champ électrique créé par à .
étant positive, ce champ pointe en en s'éloignant radialement de .
Une charge est placée dans un champ uniforme . Calcule l'intensité de la force qu'elle subit.
- : la force est dans le sens du champ
3.3 Lignes de champ
Une ligne de champ est une courbe orientée, tangente en chaque point au vecteur champ électrique , et orientée dans le sens de ce vecteur. L'ensemble des lignes de champ forme le spectre du champ électrique.
Pour une charge ponctuelle, les lignes de champ sont des demi-droites radiales, dirigées vers l'extérieur si la charge est positive, vers l'intérieur si elle est négative. Pour un système de deux charges opposées — un dipôle — les lignes de champ s'incurvent : elles partent toutes de la charge positive et se referment toutes sur la charge négative.
- Les lignes de champ ne se croisent jamais (en un point donné, a une direction unique) ;
- elles vont toujours des charges positives vers les charges négatives (ou vers l'infini s'il n'y a pas de charge négative à proximité) ;
- plus les lignes sont resserrées, plus le champ y est intense.
3.4 Superposition de champs électriques
Lorsque plusieurs charges créent chacune un champ électrique en un même point , le champ électrique résultant en est la somme vectorielle des champs créés par chaque charge prise séparément :
1. Calcule séparément l'intensité (formule ) et la direction de chaque champ . 2. Place-les bout à bout, ou construis le parallélogramme dont et sont deux côtés : la diagonale issue de leur origine commune donne . 3. Si les deux champs sont colinéaires, additionne ou soustrais simplement leurs valeurs algébriques selon un axe orienté ; sinon, décompose en coordonnées ou utilise le théorème de Pythagore/la trigonométrie.
et (négative) créent chacune un champ en , avec et . est dirigé selon en s'éloignant de ; est dirigé selon en pointant vers .
En décomposant et sur les axes (grâce au triangle --, fait avec l'angle tel que , ) puis en additionnant les composantes, on obtient un champ résultant :
- incliné d'environ par rapport à l'horizontale
Il est faux d'additionner directement les intensités et sauf si les deux champs sont colinéaires et de même sens. En général, la superposition est une somme vectorielle : .
4Champ uniforme d'un condensateur plan
Le champ créé par une charge ponctuelle diminue avec la distance : ses lignes divergent. Il existe cependant une configuration très utile où le champ électrique garde, en tout point, la même intensité et la même direction : c'est le champ uniforme, réalisé entre les deux armatures d'un condensateur plan.
4.1 Le condensateur plan et son champ uniforme
Un condensateur plan est constitué de deux plaques conductrices planes, parallèles, appelées armatures, séparées d'une distance petite devant leurs dimensions, et portant des charges opposées et . L'espace entre elles (air ou isolant) est le diélectrique.
Entre les armatures d'un condensateur plan soumises à la tension , le champ électrique est uniforme : il a la même intensité et la même direction en tout point, perpendiculaire aux armatures et dirigé de l'armature positive vers l'armature négative. Son intensité vaut :
avec en volts (V), en mètres (m), en .
Une armature chargée, de grandes dimensions devant , crée au voisinage de sa surface (loin des bords) un champ dont on admet qu'il garde une intensité constante, quelle que soit la distance à la plaque (résultat qui se démontre rigoureusement en terminale à l'aide du théorème de Gauss). En superposant les champs créés par les deux armatures opposées, on obtient entre elles un champ uniforme qui s'ajoute (les deux contributions pointent dans le même sens), et à l'extérieur un champ quasi nul (les deux contributions s'annulent).
Un condensateur plan a ses armatures séparées de , soumises à une tension . Calcule .
À tension fixée, on rapproche les armatures de à . Comment évolue ?
Comme et que est constant, est inversement proportionnel à : en divisant par , on multiplie par . Rapprocher les armatures renforce le champ, à tension égale — un principe exploité dans de nombreux capteurs.
Ne confonds pas la tension (en volts) et le champ (en ) : dépend à la fois de et de l'écartement des armatures. Deux condensateurs soumis à la même tension peuvent avoir des champs très différents si leurs armatures ne sont pas espacées de la même façon.
4.2 Applications du champ électrique
Le paratonnerre exploite la concentration du champ au voisinage des pointes conductrices : lors d'un orage, le champ s'y renforce localement au point d'amorcer une décharge contrôlée vers le sol, évitant à la foudre de frapper le bâtiment. Le photocopieur charge un tambour selon l'image à reproduire, puis attire par force électrique les particules d'encre (toner), chargées de façon opposée, avant de les transférer sur la feuille. Le précipitateur électrostatique, utilisé dans les cimenteries, charge les particules de poussière en suspension dans un gaz puis les capture sur une électrode grâce à la force électrique — un procédé clé de dépollution industrielle. Enfin, la foudre résulte de l'accumulation de charges dans les nuages orageux : quand le champ entre nuage et sol dépasse le champ disruptif de l'air ( environ), l'air s'ionise brutalement et un arc électrique gigantesque — l'éclair — se produit.
En juin 1752, l'Américain Benjamin Franklin fait voler, pendant un orage, un cerf-volant muni d'une tige métallique relié au sol par un fil se terminant par une clé. En approchant la main de la clé, il observe des étincelles, prouvant que les nuages orageux sont électriquement chargés et que la foudre est une gigantesque décharge électrique.
Il en tire aussitôt une application salvatrice : le paratonnerre, tige pointue reliée au sol, installée dès 1752. Le principe protège encore aujourd'hui de nombreux édifices, y compris à Dakar, Abidjan ou Douala.
5Potentiel et tension
Le champ électrique décrit, en chaque point, une force potentielle par unité de charge. Une grandeur voisine, le potentiel électrique, permet quant à elle de décrire l'état électrique d'un point sans référence à une direction : c'est elle qui donne naissance à la notion, essentielle en électricité, de tension.
5.1 Potentiel électrique et tension
À tout point de l'espace où règne un champ électrique, on associe un nombre appelé potentiel électrique , exprimé en volt (V). La tension (différence de potentiel) entre deux points et est :
Elle s'exprime elle aussi en volts. Une tension se mesure toujours entre deux points : le potentiel d'un point isolé n'a de sens physique que par différence.
et ne désignent pas la même chose : . Le sens dans lequel on définit la tension doit toujours être précisé.
Entre les armatures (positive) et (négative) d'un condensateur, un voltmètre indique . Que vaut ?
Par définition, : la tension change de signe lorsqu'on inverse l'ordre des points.
5.2 Tension et champ dans le condensateur plan
Dans un condensateur plan d'armatures (positive) et (négative), espacées de , la relation établie au chapitre précédent relie directement le champ électrique — grandeur locale, vectorielle — et la tension — grandeur globale, entre les deux armatures :
Un condensateur plan crée un champ entre des armatures espacées de . Calcule la tension .
L'air ambiant devient conducteur (claquage disruptif) pour un champ . Quelle tension maximale un condensateur d'entrefer supporte-t-il avant qu'un arc électrique ne se forme dans l'air ?
Au-delà de V, une étincelle traverse cet entrefer.
En 1800, l'Italien Alessandro Volta invente la première pile électrique — la « pile voltaïque » — empilement de disques de zinc et de cuivre séparés par des rondelles imbibées d'acide. Pour la première fois, on dispose d'une source de tension continue et durable, alors que jusque-là on ne savait produire que des décharges brèves (bouteille de Leyde). En 1881, le Congrès international des électriciens honore cette invention en donnant son nom, le volt (V), à l'unité de tension et de potentiel électrique.
6Énergie potentielle électrique
Comme la pesanteur, la force électrique est une force conservative : le travail qu'elle effectue lorsqu'une charge se déplace ne dépend que des positions de départ et d'arrivée, jamais du chemin suivi. On peut donc, comme en mécanique, lui associer une énergie potentielle.
6.1 Travail de la force électrique
Lorsqu'une charge se déplace d'un point vers un point dans un champ électrique, le travail de la force électrique qu'elle subit vaut :
Ce travail ne dépend que de et de la tension , jamais de la trajectoire suivie entre et : la force électrique est conservative.
Dans un condensateur plan, la force électrique sur une charge a pour intensité , constante et parallèle au déplacement lorsque la charge va d'une armature à l'autre , séparées de . Le travail d'une force constante colinéaire au déplacement vaut :
- déplacement de vers , dans le sens du champ pour
- or
Ce résultat, établi ici pour un champ uniforme, se généralise à tout champ électrique. C.Q.F.D.
6.2 Énergie potentielle d'une charge
L'énergie potentielle électrique d'une charge placée en un point de potentiel est :
(définie à une constante additive près, comme tout potentiel). Sa variation entre deux points et est reliée au travail de la force électrique par :
Le signe de dépend à la fois du signe de la charge et du sens du déplacement. Une charge positive qui se déplace « en descendant » les potentiels () reçoit un travail moteur () : la force électrique l'accélère, exactement comme le poids accélère une masse qui descend.
Une charge se déplace d'un point vers un point tels que . Calcule le travail de la force électrique et la variation d'énergie potentielle.
- travail moteur, positif
L'énergie potentielle électrique de la charge diminue : elle est convertie, par exemple, en énergie cinétique si la charge est libre de se déplacer.
Une charge se déplace de vers , avec . Le travail de la force électrique est-il moteur ou résistant ?
- produit de deux nombres négatifs : positif
Le travail est positif : bien que et , le produit reste moteur pour la charge.
Fiche mémo
- Charge élémentaire ; quantification ; charge totale d'un système isolé conservée.
- Électrisation : par frottement (transfert d'électrons), par contact (même signe pour les deux corps), par influence (redistribution, sans transfert).
- Loi de Coulomb : , ; attraction si signes opposés, répulsion si signes identiques.
- Champ électrique : , unité ; champ d'une charge ponctuelle .
- Lignes de champ : tangentes à , de vers , jamais sécantes, resserrées où le champ est fort.
- Superposition : — somme vectorielle, pas somme des normes.
- Condensateur plan : champ uniforme , dirigé de l'armature vers l'armature .
- Tension : , en volts (V).
- Travail de la force électrique : , force conservative, indépendant du chemin suivi.
- Énergie potentielle : ; .
- Applications : paratonnerre (concentration du champ aux pointes), photocopieur (attraction du toner), précipitateur électrostatique (dépoussiérage), foudre (claquage de l'air à ).
7Exercices corrigés
Deux charges ponctuelles et sont séparées de dans l'air. Calcule l'intensité de la force qui s'exerce entre elles et précise sa nature.
Voir le corrigé détaillé
Les deux charges étant de même signe, la force est répulsive.
Un bâton d'ébonite frotté avec de la fourrure acquiert une charge . Combien d'électrons a-t-il gagnés ?
Voir le corrigé détaillé
Le bâton a gagné électrons (, cohérent avec une charge négative).
Une charge ponctuelle est placée en un point fixe. Calcule le champ électrique qu'elle crée à .
Voir le corrigé détaillé
Une charge est placée dans un champ électrique uniforme . Calcule l'intensité de la force électrique qu'elle subit.
Voir le corrigé détaillé
Un condensateur plan a ses armatures séparées de , soumises à une tension . Calcule le champ électrique entre les armatures.
Voir le corrigé détaillé
Deux charges positives et sont fixées sur un axe, distantes de . Détermine la position du point , situé entre elles, où le champ électrique résultant est nul.
Voir le corrigé détaillé
Notons la distance de à (donc sa distance à ). Entre les deux charges positives, et sont opposés : ils peuvent s'annuler.
Le champ résultant s'annule à de (donc à de ), plus proche de la charge la plus faible.
Deux charges identiques se repoussent avec une force . Calcule la distance qui les sépare.
Voir le corrigé détaillé
Un condensateur plan a ses armatures espacées de et créé un champ .
- Calcule la tension aux bornes du condensateur.
- Une charge est placée entre les armatures. Calcule la force électrique qu'elle subit.
- Calcule le travail de la force électrique lorsque la charge se déplace d'une armature à l'autre.
Voir le corrigé détaillé
1.
2.
3.
- on retrouve le même résultat via
Dans un atome d'hydrogène, l'électron (charge , masse ) orbite autour du proton (charge , masse ) à la distance (rayon de Bohr). Compare l'intensité de la force électrique et celle de la force gravitationnelle entre les deux particules ().
Voir le corrigé détaillé
La force électrique est environ fois plus intense que la force gravitationnelle : à l'échelle atomique, la gravitation est totalement négligeable devant l'interaction électrique.
Deux charges ponctuelles et sont fixées sur un axe, distantes de . Montre qu'il existe, en dehors du segment , un point où le champ résultant est nul, et détermine sa position.
Voir le corrigé détaillé
Entre les deux charges, et pointent dans le même sens (de vers ) : ils ne peuvent s'annuler nulle part sur ce segment. Le point cherché est donc à l'extérieur, du côté de la charge la plus faible , à une distance au-delà de .
Le champ s'annule à environ au-delà de , soit à de .
Une petite boule conductrice de masse , suspendue à un fil isolant, est placée dans une région où règne un champ électrique horizontal uniforme . À l'équilibre, le fil fait un angle avec la verticale ().
- Fais le bilan des forces appliquées à la boule et représente-les.
- Calcule l'intensité de la force électrique , puis celle de la tension du fil.
- En déduis la charge portée par la boule, puis le nombre d'électrons en excès ou en défaut.
Voir le corrigé détaillé
1. La boule est soumise à trois forces : son poids (vertical, vers le bas), la tension du fil (le long du fil, vers le support) et la force électrique (horizontale). À l'équilibre, leur somme vectorielle est nulle : .
2. Le triangle des forces est rectangle (), d'où .
3.
- la boule manque électrons : elle est chargée positivement
Une charge est placée en , une charge en , et est un point tel que le triangle soit rectangle en , avec et .
- Justifie que et sont perpendiculaires.
- Calcule les intensités et , puis l'intensité du champ résultant en et l'angle qu'il fait avec .
Voir le corrigé détaillé
1. est porté par la droite , par la droite . Le triangle étant rectangle en , ces deux droites sont perpendiculaires : donc .
2.
et étant perpendiculaires, le théorème de Pythagore s'applique directement à leur somme :
Un électron (, ) pénètre à la vitesse horizontale entre les plaques d'un dispositif de déviation, de longueur et distantes de , soumises à .
- Calcule le champ entre les plaques et l'accélération subie par l'électron.
- Calcule la durée de traversée, puis la déviation verticale à la sortie.
- Vérifie que l'électron ne heurte pas une plaque.
Voir le corrigé détaillé
1.
2. Le mouvement horizontal est uniforme ( constant), le mouvement vertical est uniformément accéléré à partir du repos vertical.
3. Le demi-espace disponible vaut . Comme , l'électron ressort bien sans heurter la plaque positive dont il se rapproche.
Orage à Dakar. Pendant la saison des pluies, un nuage orageux situé à au-dessus du sol accumule, par rapport à celui-ci, une différence de potentiel ( millions de volts).
- En modélisant grossièrement le système nuage-sol comme un condensateur plan, calcule le champ électrique moyen entre le nuage et le sol.
- Compare-le au champ disruptif de l'air, . L'air « claque »-t-il uniformément sur toute la hauteur ?
- Explique alors pourquoi un paratonnerre, simple tige métallique pointue reliée au sol, protège efficacement un immeuble.
Voir le corrigé détaillé
1.
2. On a : le champ moyen sur toute la hauteur est très en dessous du seuil de claquage. L'air ne « casse » donc pas de façon uniforme sur les m.
3. Le champ se concentre fortement au voisinage des pointes (lignes de champ resserrées). Une tige pointue reliée au sol y crée localement un champ très supérieur au champ moyen — suffisant pour amorcer un canal ionisé, qui offre à la décharge un chemin préférentiel et contrôlé vers la terre.
Photocopieur à Abidjan. Dans un photocopieur, le tambour crée un champ au voisinage de sa surface, qui attire les grains de toner (masse , charge ).
- Calcule l'intensité de la force électrique et celle du poids d'un grain de toner ().
- Compare ces deux forces et explique pourquoi le toner adhère facilement au tambour malgré la gravité.
Voir le corrigé détaillé
1.
2.
La force électrique est environ fois plus intense que le poids du grain : à cette échelle, elle domine très largement le mouvement, d'où l'efficacité du transfert du toner malgré sa masse.
Cimenterie à Ndjamena. Un précipitateur électrostatique dépoussière les fumées d'une cimenterie : les particules de poussière, chargées , traversent un champ sur une distance avant de se déposer sur l'électrode collectrice.
- Calcule l'intensité de la force électrique subie par une particule.
- Calcule le travail de cette force sur tout le trajet, jusqu'à la collecte.
Voir le corrigé détaillé
1.
2.
Minuscule pour une particule, ce travail se répète sur des milliards de grains chaque seconde : c'est ce qui rend le précipitateur efficace à l'échelle industrielle.