Décrire précisément les mouvements avec les vecteurs position, vitesse et accélération.
PhysiquePremièreChapitre 1 / 9⏱ 10 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Établir les équations horaires d'un mouvement
Exploiter un graphique v = f(t)
Calculer une accélération normale et tangentielle
Une voiture qui double sur la route de Thiès, un satellite qui tourne autour de la Terre, une balle de tennis qui retombe après un service : dans chacun de ces cas, un objet occupe, à chaque instant, une position différente dans l'espace. Décrire ce mouvement de façon précise — dire où se trouve l'objet, à quelle vitesse il se déplace et comment cette vitesse change — c'est tout l'objet de la cinématique, du grec kinêma, « mouvement ».
Jusqu'ici, tu savais calculer une vitesse moyenne : distance divisée par durée. Ce chapitre va beaucoup plus loin. Le mouvement va être décrit avec des vecteurs — position, vitesse, accélération — qui portent une direction et un sens, pas seulement une valeur numérique. Tu vas aussi découvrir la vitesse instantanée, celle qu'indique le compteur d'une voiture à un instant précis, et qui se calcule par dérivation.
Cette rigueur nouvelle n'est pas un luxe : elle est indispensable pour aborder, l'an prochain, les lois de Newton et la dynamique. Un point mobile dont on sait écrire les équations horaires — c'est-à-dire x(t), v(t), a(t) — est un point mobile dont on peut prédire l'avenir. C'est exactement ce que fait un ingénieur qui calcule la distance de freinage d'un bus rapide à Dakar, ou un physicien qui place un satellite sur une orbite.
À la fin de ce chapitre, tu sauras établir les équations horaires d'un mouvement rectiligne ou circulaire, exploiter un graphique v=f(t), et calculer une accélération tangentielle et une accélération normale.
1Repérage et vecteur position
Avant de parler de vitesse, il faut savoir répondre à une question plus simple : « où est l'objet ? ». Répondre correctement suppose de préciser par rapport à quoi on observe le mouvement.
1.1 Référentiel et repère d'espace-temps
Définition
Un référentiel est un solide de référence (le sol, une voiture, le Soleil…) auquel on associe un repère d'espace — une origine O et des axes — et une horloge pour mesurer le temps t, en secondes (s).
Le mouvement d'un point n'a de sens que si l'on précise le référentiel choisi. Un passager assis dans un car qui roule est immobile par rapport au car (référentiel du car), mais il se déplace à 90km⋅h−1 par rapport à la route (référentiel terrestre). Les deux descriptions sont exactes : elles répondent simplement à deux questions différentes.
Attention
Il n'existe aucun mouvement absolu. Un exercice qui ne précise pas le référentiel est incomplet : toujours l'indiquer dans ta réponse, par exemple « dans le référentiel terrestre, supposé galiléen ».
Physique & Co — Le bateau de Galilée
En 1632, dans son Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, Galilée imagine un passager enfermé dans la cabine d'un bateau, sans hublot. Aucune expérience de mécanique menée dans cette cabine — laisser tomber une bille, observer le vol d'un papillon — ne permet de savoir si le bateau est immobile au port ou s'il avance en ligne droite à vitesse constante sur une mer calme. C'est le premier énoncé clair du principe de relativité du mouvement : le mouvement n'existe que relativement à un référentiel. Cette idée, reprise et généralisée par Newton puis par Einstein, reste un pilier de toute la physique.
1.2 Vecteur position et coordonnées
Définition
Dans un repère (O;,), la position d'un point mobile M à l'instant t est repérée par le vecteur positionOM(t). Ses coordonnées x(t) et y(t), exprimées en mètres (m), sont les équations horaires de la position :
OM(t)=x(t)+y(t)
Connaître OM(t) à chaque instant, c'est connaître tout du mouvement : la trajectoire, la vitesse et l'accélération s'en déduisent, comme tu vas le voir dans ce chapitre.
Exemple — position d'un robot mobile
Un petit robot se déplace dans un plan horizontal. Ses équations horaires, en mètres et secondes, sont x(t)=3t+2 et y(t)=0,5t2. Calculons sa position à t=2s.
x(2)=3×2+2
=8m
y(2)=0,5×22
=2m
À t=2s, le robot se trouve au point de coordonnées (8;2), soit OM(2)=8+2.
Figure 1 — Le vecteur position OM(t) repère le point mobile M à chaque instant ; ses coordonnées x(t) et y(t) sont les projections sur les axes. L'abscisse curviligne s (en vert) mesure la distance parcourue le long de la trajectoire depuis le point de départ M0.
1.3 Trajectoire et abscisse curviligne
Définition
La trajectoire d'un point mobile est l'ensemble des positions successives qu'il occupe au cours du temps, dans un référentiel donné. L'abscisse curvilignes(t) est la distance parcourue le long de la trajectoire depuis une origine M0 choisie ; elle s'exprime en mètres.
La trajectoire dépend, elle aussi, du référentiel : la valve d'une roue de vélo décrit un cercle par rapport au moyeu, mais une courbe en forme d'arches (une cycloïde) par rapport à la route. On classe les mouvements selon la forme de la trajectoire : rectiligne (droite), circulaire (cercle), ou curviligne quelconque.
Exemple — distance parcourue sur une piste
Un athlète part du point M0 d'une piste circulaire et atteint le point M après avoir parcouru un quart de cercle de rayon R=40m.
s=41×2πR
=2π×40
≈62,8mà ne pas confondre avec la distance en ligne droite M0M
2Vecteur vitesse et vecteur accélération
Le vecteur position dit où se trouve le mobile. Ses dérivées successives par rapport au temps disent comment il s'y déplace : c'est l'objet de cette section.
2.1 Vitesse moyenne
Définition
Entre deux instants t et t+Δt, le mobile passe du point M au point M′. Le vecteur vitesse moyenne est :
vm=ΔtMM′
Sa norme vm=ΔtMM′ s'exprime en mètres par seconde (m⋅s−1).
Exemple — vitesse moyenne d'un cycliste
Un cycliste parcourt 15km en 30min.
vm=Δtd=30×6015000
=8,3m⋅s−1soit 30km⋅h−1
2.2 Vecteur vitesse instantanée
Définition
Le vecteur vitesse instantanée à l'instant t est la limite du vecteur vitesse moyenne lorsque Δt tend vers 0 : c'est la dérivée du vecteur position par rapport au temps.
v(t)=Δt→0limΔtMM′=dtdOM
En coordonnées cartésiennes : vx=dtdx et vy=dtdy.
Propriété
Le vecteur vitesse v(t) est en tout point tangent à la trajectoire, orienté dans le sens du mouvement. Sa norme v(t)=vx2+vy2 est la vitesse instantanée, en m⋅s−1.
Figure 2 — Le vecteur vitesse moyenne MM′/Δt (orange, en pointillé) relie deux positions successives. Quand Δt tend vers 0, M′ se rapproche de M et ce vecteur devient le vecteur vitesse instantanée v(t) (bleu), tangent à la trajectoire.
Méthode — dériver les fonctions usuelles de la cinématique
Ce chapitre n'utilise que trois règles de dérivation, déjà rencontrées en mathématiques :
dtd(k)=0une constante k ne varie pas
dtd(kt)=k
dtd(kt2)=2kt
Exemple — calculer un vecteur vitesse
Reprenons le robot de la section 1 : x(t)=3t+2 et y(t)=0,5t2 (en mètres).
vx(t)=dtdx=3m⋅s−1constante
vy(t)=dtdy=tm⋅s−1
à t=2s : vx=3m⋅s−1 et vy=2m⋅s−1
v=32+22
=13≈3,6m⋅s−1
2.3 Vecteur accélération
Définition
Le vecteur accélérationa(t) est la dérivée du vecteur vitesse par rapport au temps :
a(t)=dtdv=dt2d2OM
Il s'exprime en mètres par seconde au carré (m⋅s−2) et en coordonnées : ax=dtdvx, ay=dtdvy.
Propriété — décomposition tangentielle et normale
Dans le repère mobile de Frenet, lié au point M, le vecteur accélération se décompose selon la tangente ut et la normale un à la trajectoire (dirigée vers le centre de courbure) :
a=atut+anunavecat=dtdvetan=Rv2
R est le rayon de courbure de la trajectoire au point M (le rayon du cercle si la trajectoire est circulaire). at traduit le changement de la norme de la vitesse ; an traduit le changement de direction de la vitesse.
Attention
Un mobile peut avoir une accélération non nulle tout en gardant une vitesse de norme constante : c'est le cas de tout mouvement circulaire uniforme (section 5), où at=0 mais an=v2/R=0. Accélération nulle signifie vconstant en norme ET en direction, donc un mouvement rectiligne uniforme.
Figure 3 — En un point M de la trajectoire, l'accélération a (rouge) se décompose en une composante tangentielle at (orange, colinéaire à v) et une composante normale an (verte, dirigée vers le centre de courbure). Les pointillés montrent la construction du vecteur somme a=atut+anun.
Méthode — calculer une accélération normale
On calcule an avec an=v2/R, v étant la vitesse (en m⋅s−1) et R le rayon de courbure (en m) au point considéré. Si la trajectoire est rectiligne, R→∞ donc an=0 : l'accélération est alors purement tangentielle.
Exemple — accélération normale d'un virage
Une voiture aborde un virage de rayon R=50m à la vitesse constante v=54km⋅h−1.
v=54÷3,6=15m⋅s−1
at=0vitesse constante en norme
an=Rv2=50152
=4,5m⋅s−2
Cette accélération, dirigée vers le centre du virage, est celle que « ressentent » les passagers plaqués vers l'extérieur.
3Mouvement rectiligne uniforme
Le mouvement le plus simple à décrire est aussi le plus fréquent dans les exercices : celui où le mobile va tout droit, à vitesse constante.
3.1 Définition
Définition
Un mouvement est rectiligne uniforme (MRU) si sa trajectoire est une droite et si le vecteur vitesse est constant (norme et direction inchangées) au cours du temps. Le vecteur accélération est alors nul : a=0.
On choisit toujours l'axe (Ox) confondu avec la trajectoire : le mouvement devient une simple fonction x(t), la vitesse se réduit à sa composante vx=v, constante.
3.2 Équation horaire
Théorème
Pour un mouvement rectiligne uniforme de vitesse v, partant de la position x0 à t=0 :
x(t)=vt+x0
Démonstration
Par définition du MRU, vx(t)=dtdx=v, une constante. On cherche une fonction x(t) dont la dérivée vaut v.
d'après la méthode 2.2, dtd(vt)=v
⇒x(t)=vt+CC constante, car la dérivée d'une constante est nulle
condition initiale : à t=0, x(0)=x0
v×0+C=x0
⇒C=x0
D'où x(t)=vt+x0. C.Q.F.D.
Exemple — position d'un cycliste
Un cycliste roule en ligne droite à vitesse constante v=15m⋅s−1 ; à t=0, il se trouve à x0=10m d'une borne kilométrique.
x(t)=15t+10
à t=5s : x(5)=15×5+10
=85m
Figure 4 — Diagrammes horaires d'un mouvement rectiligne uniforme (x0=10m, v=15m⋅s−1) : x(t) est une droite de pente v ; v(t) est une droite horizontale ; a(t) est confondue avec l'axe des temps. La surface colorée sous v(t) entre 0 et 3s vaut 45m, le déplacement pendant cette durée.
4Mouvement rectiligne uniformément varié
Dès qu'un véhicule démarre, freine ou prend un virage, sa vitesse change : le mouvement n'est plus uniforme. Le cas le plus simple — et le plus utile — est celui où l'accélération est constante.
4.1 Définition
Définition
Un mouvement est rectiligne uniformément varié (MRUV) si sa trajectoire est une droite et si le vecteur accélération est constant, non nul : a=cste.
Attention
« Uniformément varié » ne veut pas dire « uniforme » : c'est l'accélération qui est constante, pas la vitesse. Si a et v sont de même signe, le mouvement est accéléré (la vitesse augmente en norme) ; s'ils sont de signes opposés, le mouvement est décéléré (freinage).
4.2 Équations horaires
Théorème
Pour un MRUV d'accélération a, de vitesse initiale v0 et de position initiale x0 à t=0 :
v(t)=at+v0x(t)=21at2+v0t+x0
Démonstration
Vitesse. Par définition, ax(t)=dtdv=a, constante.
v(t)=at+C1car dtd(at)=a
à t=0 : v(0)=v0
⇒C1=v0
d'où v(t)=at+v0
Position. On cherche x(t) dont la dérivée vaut v(t)=at+v0.
dtd(21at2)=atrègle dtd(kt2)=2kt avec k=a/2
dtd(v0t)=v0
⇒x(t)=21at2+v0t+C2
à t=0 : x(0)=x0⇒C2=x0
D'où x(t)=21at2+v0t+x0. C.Q.F.D.
Exemple — voiture qui accélère
Une voiture roule à v0=5m⋅s−1 puis accélère avec a=4m⋅s−2 pendant 5s (on prend x0=0).
v(t)=4t+5
v(5)=4×5+5
=25m⋅s−1
x(t)=21×4t2+5t
x(5)=2×25+5×5
=75m
Figure 5 — Diagrammes horaires d'un mouvement rectiligne uniformément varié (v0=5m⋅s−1, a=4m⋅s−2) : x(t) est une parabole, v(t) une droite de pente a, a(t) une droite horizontale. La surface colorée sous v(t) entre 0 et 3s vaut 33m, conforme à x(3)=33m.
4.3 Relation indépendante du temps
Théorème
Pour un MRUV, on a la relation, valable pour n'importe quels instants :
v2−v02=2a(x−x0)
Démonstration
On élimine le temps t entre les deux équations horaires. De v=at+v0, on tire t=av−v0, que l'on reporte dans x−x0=v0t+21at2.
x−x0=v0av−v0+21a(av−v0)2
=av0(v−v0)+2a(v−v0)2
=2a2v0(v−v0)+(v−v0)2
=2a(v−v0)[2v0+(v−v0)]facteur commun (v−v0)
=2a(v−v0)(v+v0)
=2av2−v02identité (a−b)(a+b)=a2−b2
D'où 2a(x−x0)=v2−v02. C.Q.F.D.
Méthode — quand utiliser cette relation ?
Dès que le temps t n'apparaît pas dans l'énoncé ou dans la question (on te donne ou on te demande des vitesses et des positions, jamais une durée), c'est le signal qu'il faut utiliser v2−v02=2a(x−x0) plutôt que les équations horaires complètes.
Exemple — distance de freinage
Une voiture roulant à v0=20m⋅s−1 freine avec une décélération constante a=−4m⋅s−2 jusqu'à l'arrêt. Distance de freinage ?
v2−v02=2a(x−x0)
à l'arrêt, v=0
0−202=2×(−4)×(x−x0)
−400=−8(x−x0)
⇒x−x0=50m
5Mouvement circulaire uniforme
Une roue de vélo, les aiguilles d'une montre, un satellite en orbite basse : tous décrivent, en première approximation, un cercle à vitesse constante en norme. C'est le mouvement circulaire uniforme (MCU).
5.1 Période et fréquence
Définition
Dans un MCU, le mobile parcourt le cercle de rayon R à vitesse de norme v constante. La périodeT (en s) est la durée d'un tour complet ; la fréquencef (en hertz, Hz) est le nombre de tours par seconde :
f=T1
5.2 Vitesse angulaire
Définition
La vitesse angulaireω (en rad⋅s−1) mesure la rapidité de rotation de l'angle θ(t) balayé par le rayon OM :
ω=dtdθ=T2π=2πf
Théorème
v=Rω
Démonstration
L'abscisse curviligne le long du cercle vaut s=Rθ (arc = rayon × angle en radians). Or v=dtds et R est constant.
v=dtds=dtd(Rθ)
=RdtdθR constant, sort de la dérivée
=Rω
5.3 Accélération centripète
Propriété
En MCU, la norme de la vitesse est constante donc at=0 : l'accélération est purement normale, dirigée vers le centre O du cercle (on parle d'accélération centripète) :
an=Rv2=Rω2
Figure 6 — En mouvement circulaire uniforme, le point M parcourt le cercle de rayon R autour de O à vitesse angulaire ω constante ; le vecteur vitesse v (bleu) est tangent au cercle, l'accélération centripète an (verte) pointe vers le centre O.
Physique & Co — Huygens et la force centripète
C'est le savant hollandais Christiaan Huygens qui, dans son ouvrage Horologium Oscillatorium publié en 1673 — traité sur les horloges à pendule —, établit le premier la formule reliant l'accélération d'un mobile en trajectoire circulaire à sa vitesse et au rayon du cercle, ce qu'il appelle la « force centrifuge ». Ce résultat, obtenu quatorze ans avant les Principia de Newton (1687), sera un ingrédient essentiel de la découverte de la loi de la gravitation universelle : Newton s'en sert pour comparer l'accélération de la Lune sur son orbite à celle d'une pomme qui tombe.
Exemple — disque en rotation
Un disque tourne à N=300tr⋅min−1. Un point de son bord est à R=0,15m de l'axe.
f=60N=60300
=5Hz
T=f1=0,2s
ω=2πf=2π×5
≈31,4rad⋅s−1
v=Rω=0,15×31,4
≈4,7m⋅s−1
an=Rv2=0,154,72
≈148m⋅s−2
6Équations horaires
Les sections précédentes ont traité des cas particuliers (MRU, MRUV, MCU). Voici la démarche générale qui les englobe tous : à partir de l'accélération, on remonte à la vitesse, puis à la position.
6.1 Démarche générale
Méthode — établir les équations horaires d'un mouvement
Connaissant a(t), on procède en trois étapes :
On projette sur les axes du repère : ax(t) et ay(t).
On cherche une fonction vx(t) (respectivement vy(t)) dont la dérivée est ax(t) (resp. ay(t)), puis on fixe la constante avec la vitesse initialevx(0)=v0x.
On recommence : on cherche x(t) dont la dérivée est vx(t), et l'on fixe la constante avec la position initialex(0)=x0.
Chaque intégration fait apparaître une constante, déterminée par une condition initiale — c'est exactement ce qu'on a fait aux sections 3 et 4.
6.2 Mouvements plans : composition de deux mouvements
Définition
Un mouvement plan se décrit par deux équations horaires x(t) et y(t). Si les accélérations ax et ay sont chacune constantes (éventuellement nulles) et indépendantes l'une de l'autre, le mouvement selon (Ox) et le mouvement selon (Oy) sont chacun un MRU ou un MRUV : le mouvement plan est la composition de deux mouvements rectilignes.
Attention
Chaque axe se traite indépendamment de l'autre. Piège classique : croire que la composante horizontale de la vitesse diminue pendant une chute. Si ax=0, vx reste rigoureusement constante, même si vy varie fortement.
Exemple — bille lancée horizontalement
Une bille est lancée horizontalement à v0=4m⋅s−1 depuis une table de hauteur h=1,25m. On prend g=9,8m⋅s−2, origine au point de lancement, axe (Oy) vertical descendant.
Selon (Ox) : ax=0 (MRU), donc x(t)=v0t. Selon (Oy) : ay=g (MRUV, v0y=0), donc y(t)=21gt2.
la bille touche le sol quand y(t)=h
21×9,8×t2=1,25
t2=9,82×1,25
=0,255s2
⇒t≈0,50sdurée de chute
portée x(t)=v0t≈4×0,50
≈2,0m
La trajectoire obtenue, y=2v02gx2 (en éliminant t), est une parabole : c'est la signature de tout mouvement plan résultant de la composition d'un MRU et d'un MRUV perpendiculaires.
7Graphiques du mouvement
Un physicien lit un graphique comme un texte : chaque pente, chaque aire, chaque forme de courbe raconte une information précise sur le mouvement. Savoir les décoder, sans même connaître les équations horaires, est une compétence essentielle du bac.
7.1 Lire un graphique x(t)
Méthode — vitesse à partir de x(t)
La pente de la sécante entre deux points d'un graphique x(t) donne la vitesse moyenne entre ces deux instants. La pente de la tangente en un point donne la vitesse instantanée à cet instant précis. Une droite oblique traduit un MRU (pente constante = v) ; une parabole traduit un MRUV (pente croissante ou décroissante).
7.2 Lire un graphique v(t)
Méthode — accélération et déplacement à partir de v(t)
La pente d'un graphique v(t) donne l'accélérationa (constante si la droite est une droite, comme le montrent les figures 4 et 5). L'aire sous la courbe v(t), entre deux instants, donne le déplacementx(t2)−x(t1) effectué pendant cette durée — c'est ainsi qu'on a retrouvé, sur les figures 4 et 5, les valeurs 45m et 33m.
Attention
Ne confonds jamais la valeur lue sur l'axe des ordonnées à un instant donné avec la pente de la courbe en ce point : la première est une position ou une vitesse, la seconde est une vitesse ou une accélération. Vérifie toujours les unités et l'échelle des axes avant de conclure.
7.3 Reconnaître un mouvement à partir d'un graphique
Nature du mouvement
Graphique x(t)
Graphique v(t)
Graphique a(t)
Immobile
droite horizontale
confondu avec l'axe t
confondu avec l'axe t
MRU
droite oblique
droite horizontale
confondu avec l'axe t
MRUV
parabole
droite oblique
droite horizontale
quelconque
courbe quelconque
courbe quelconque
courbe quelconque
Une chronophotographie — succession de positions enregistrées à intervalles de temps Δt égaux — permet aussi de reconnaître un mouvement d'un simple coup d'œil, sans tracer aucun graphique : des points équidistants signent un MRU ; des points de plus en plus espacés signent un mouvement accéléré.
Figure 7 — Chronophotographies obtenues à intervalles de temps Δt égaux. En haut, mouvement uniforme : les écarts entre points successifs sont constants. En bas, mouvement uniformément varié depuis le repos : les écarts successifs sont dans le rapport 1:3:5:7:9:11 — la loi des nombres impairs découverte par Galilée sur le plan incliné en 1604.
Exemple — lecture d'un graphique v(t)
Un graphique v(t) montre une droite passant par les points (t=1s;v=6m⋅s−1) et (t=4s;v=18m⋅s−1).
a=ΔtΔv=4−118−6
=4m⋅s−2
la droite étant oblique, le mouvement est un MRUV
Fiche mémo
Toujours préciser le référentiel : aucun mouvement n'est absolu.
Vecteur position : OM(t)=x(t)+y(t) ; abscisse curviligne s(t) le long de la trajectoire.
Vecteur vitesse : v=dtdOM, tangent à la trajectoire, v=vx2+vy2.
Vecteur accélération : a=dtdv=atut+anun, avec at=dtdv et an=Rv2.
MRU (a=0) : x(t)=vt+x0.
MRUV (a constant) : v(t)=at+v0 ; x(t)=21at2+v0t+x0 ; v2−v02=2a(x−x0).
MCU : T période, f=1/T, ω=2π/T=2πf, v=Rω, at=0, an=v2/R=Rω2.
x(t) droite oblique ou v(t) horizontale ⇒ MRU ; x(t) parabole ou v(t) droite oblique ⇒ MRUV.
Mouvement plan = composition de deux mouvements indépendants selon (Ox) et (Oy) : chaque axe se traite séparément.
8Exercices corrigés
Niveau 1 — Application directe
1
Un taxi roule à vitesse constante v=72km⋅h−1 sur une route rectiligne pendant 15min. Calcule la distance parcourue, en mètres puis en kilomètres.
Voir le corrigé détaillé
v=72÷3,6=20m⋅s−1
Δt=15×60=900s
mouvement rectiligne uniforme : d=v×Δt
d=20×900
=18000m=18km
2
Un point mobile a pour équations horaires x(t)=4t+1 et y(t)=t2 (en mètres, t en secondes). Détermine vx(t), vy(t), puis la vitesse v à t=3s.
Voir le corrigé détaillé
vx(t)=dtdx=4m⋅s−1
vy(t)=dtdy=2tm⋅s−1
à t=3s : vx=4m⋅s−1 et vy=2×3=6m⋅s−1
v=vx2+vy2=42+62
=52≈7,2m⋅s−1
3
Un mobile part avec v0=2m⋅s−1 et x0=0 sur une trajectoire rectiligne, avec une accélération constante a=3m⋅s−2. Écris v(t) et x(t), puis calcule v et x à t=4s.
Voir le corrigé détaillé
v(t)=at+v0=3t+2
x(t)=21at2+v0t+x0=1,5t2+2t
v(4)=3×4+2
=14m⋅s−1
x(4)=1,5×16+2×4
=24+8=32m
4
Le ventilateur d'un bureau tourne à N=900tr⋅min−1. L'extrémité d'une pale se trouve à R=0,25m de l'axe. Calcule la période T, la fréquence f, la vitesse angulaire ω et la vitesse linéaire v de cette extrémité.
Voir le corrigé détaillé
f=60N=60900
=15Hz
T=f1≈0,067s
ω=2πf=2π×15
≈94,2rad⋅s−1
v=Rω=0,25×94,2
≈23,6m⋅s−1
5
Un graphique v(t) est une droite horizontale passant par les points (t=0;v=4m⋅s−1) et (t=5s;v=4m⋅s−1). Identifie la nature du mouvement, puis calcule la distance parcourue entre t=0 et t=5s.
Voir le corrigé détaillé
La droite v(t) est horizontale : la vitesse est constante, donc le mouvement est rectiligne uniforme.
la distance parcourue est l'aire du rectangle sous v(t)
d=v×Δt=4×5
=20m
Niveau 2 — Approfondissement
6
Une voiture roulant à v0=25m⋅s−1 freine avec une décélération constante a=−5m⋅s−2 jusqu'à l'arrêt complet. Calcule la durée du freinage puis la distance parcourue, par deux méthodes différentes.
Voir le corrigé détaillé
Durée. À l'arrêt, v=0.
v=at+v0=0
⇒t=−av0=−−525
=5s
Distance — méthode 1 (équation horaire).
x−x0=v0t+21at2
=25×5+0,5×(−5)×25
=125−62,5=62,5m
Distance — méthode 2 (relation indépendante du temps).
v2−v02=2a(x−x0)
0−252=2×(−5)×(x−x0)
⇒x−x0=−10−625
=62,5mles deux méthodes concordent
7
Un vélo roule sans glisser à v=9m⋅s−1. Une roue a un rayon R=0,33m : la vitesse linéaire d'un point du pneu au contact du sol se déplaçant avec la roue vaut v. Calcule la vitesse angulaire ω de la roue, puis sa fréquence de rotation N en tours par minute.
Voir le corrigé détaillé
v=Rω⇒ω=Rv=0,339
≈27,3rad⋅s−1
f=2πω=2π27,3
≈4,34Hz
N=f×60≈4,34×60
≈260tr⋅min−1
8
Une bille est lancée horizontalement à v0=6m⋅s−1 depuis une hauteur h=2m. On prend g=9,8m⋅s−2. Calcule la durée de la chute, la portée horizontale, et la norme de la vitesse à l'arrivée au sol.
Deux mobiles roulent sur le même axe rectiligne. Le mobile A part de xA=0 à t=0 avec vA=20m⋅s−1 ; le mobile B part de xB=300m à t=0 et se dirige vers A à 15m⋅s−1. À quel instant et en quel point se croisent-ils ?
Voir le corrigé détaillé
xA(t)=20t
xB(t)=300−15tB se rapproche de A, vitesse négative sur l'axe orienté de A vers B
rencontre : xA(t)=xB(t)
20t=300−15t
⇒35t=300
⇒t≈8,6s
xA(8,6)=20×8,6
≈171m
Les deux mobiles se croisent environ 8,6s après le départ, à 171m du point de départ de A.
Niveau 3 — Défi
10
Un TGV effectue un trajet en trois phases : il accélère uniformément depuis l'arrêt avec a1=0,5m⋅s−2 pendant t1=60s ; il roule ensuite à vitesse constante pendant t2=300s ; il freine enfin uniformément avec a3=−1m⋅s−2 jusqu'à l'arrêt.
Calcule la vitesse atteinte et la distance parcourue à la fin de la phase 1.
Calcule la distance parcourue pendant la phase 2.
Calcule la durée et la distance de la phase 3, puis la distance totale et la durée totale du trajet.
Voir le corrigé détaillé
1. Phase 1, MRUV depuis le repos (v0=0).
v1=a1t1=0,5×60
=30m⋅s−1
d1=21a1t12=0,5×0,5×602
=900m
2. Phase 2, MRU à v1=30m⋅s−1.
d2=v1×t2=30×300
=9000m
3. Phase 3, freinage de v1=30m⋅s−1 à l'arrêt.
t3=a30−v1=−1−30
=30s
0−v12=2a3d3
⇒d3=−2−900
=450m
distance totale =900+9000+450
=10350m=10,35km
durée totale =60+300+30
=390s=6min30s
11
Un petit satellite décrit une orbite circulaire de rayon R=6,8×106m autour de la Terre, avec une période T=5400s (90min).
Calcule la vitesse angulaire ω puis la vitesse v du satellite.
Calcule son accélération centripète an et compare-la à g=9,8m⋅s−2.
Le satellite « tombe »-t-il ? Commente brièvement.
Voir le corrigé détaillé
1.
ω=T2π=54002π
≈1,16×10−3rad⋅s−1
v=Rω≈6,8×106×1,16×10−3
≈7,91×103m⋅s−1soit environ 7,9km⋅s−1
2.
an=Rv2≈6,8×106(7,91×103)2
≈9,2m⋅s−2
gan≈9,89,2
≈0,94
3. Oui, en un sens : le satellite est constamment en « chute libre » vers la Terre, son accélération centripète étant très proche de la valeur de la pesanteur à cette altitude. Mais sa vitesse horizontale v est si grande que la trajectoire de chute « manque » la Terre en permanence et se referme sur elle-même : c'est le principe même de la mise en orbite, que tu approfondiras l'an prochain avec les lois de Newton.
12
Un point matériel se déplace dans un plan avec une accélération constante de composantes ax=2m⋅s−2 et ay=−3m⋅s−2. À t=0, sa vitesse est v0x=1m⋅s−1, v0y=4m⋅s−1 et sa position est l'origine (0;0).
Établis les équations horaires vx(t) et vy(t).
Établis les équations horaires x(t) et y(t).
Calcule la position et la vitesse (norme comprise) du point à t=2s.
Voir le corrigé détaillé
1. Selon chaque axe, l'accélération est constante : mouvement de type MRUV sur (Ox) et sur (Oy), indépendamment.
vx(t)=axt+v0x=2t+1
vy(t)=ayt+v0y=−3t+4
2.
x(t)=21axt2+v0xt=t2+t
y(t)=21ayt2+v0yt=−1,5t2+4t
3.
x(2)=22+2=6m
y(2)=−1,5×4+4×2=−6+8=2m
vx(2)=2×2+1=5m⋅s−1
vy(2)=−3×2+4=−2m⋅s−1
v=52+(−2)2=29
≈5,4m⋅s−1
À t=2s, le point est en (6;2) avec une vitesse de norme 5,4m⋅s−1.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13
Le BRT de Dakar. Sur une portion rectiligne du réseau, un bus rapide roule à vitesse constante v=45km⋅h−1 entre deux stations distantes de 6km. Il quitte la première station à 7h00.
Calcule la durée du trajet, en minutes.
Donne l'heure d'arrivée à la seconde station.
Voir le corrigé détaillé
Mouvement rectiligne uniforme : Δt=d/v.
v=45÷3,6=12,5m⋅s−1
d=6000m
Δt=12,56000
=480s=8min
Le bus parcourt cette portion en 8min : il arrive à la seconde station à 7h08.
14
Moto-taxi à Ndjamena. Une moto-taxi démarre à l'arrêt, accélère uniformément à a1=2,5m⋅s−2 pendant 6s, puis freine uniformément à a2=−4m⋅s−2 jusqu'à l'arrêt complet pour déposer un client.
Calcule la vitesse atteinte à la fin de la phase d'accélération, et la distance parcourue.
Calcule la durée et la distance de la phase de freinage.
Donne la distance totale parcourue et la durée totale du trajet.
Voir le corrigé détaillé
1.
v1=a1t1=2,5×6
=15m⋅s−1
d1=21a1t12=0,5×2,5×36
=45m
2.
t2=a2−v1=−4−15
=3,75s
0−v12=2a2d2⇒d2=−8−225
=28,1m
3.
distance totale =45+28,1
=73,1m
durée totale =6+3,75
=9,75s
15
Le grand manège d'Abidjan. Un enfant est assis à R=6m du centre d'un manège circulaire qui effectue un tour complet en T=24s, à vitesse angulaire constante.
Calcule la vitesse v de l'enfant.
Calcule son accélération centripète an et compare-la à g=9,8m⋅s−2.
Voir le corrigé détaillé
v=T2πR=242π×6
≈1,57m⋅s−1
an=Rv2=61,572
≈0,41m⋅s−2
gan≈9,80,41
≈0,042
L'accélération centripète ne représente que 4% environ de g : ce manège tourne doucement, sensation confortable — bien loin des manèges à sensations fortes, beaucoup plus rapides ou de plus petit rayon.
16
Départ du 100 m à Abéché. Un jeune athlète, lors d'une course de 100m, part du repos et accélère uniformément à a=4m⋅s−2 pendant 2,5s, avant de courir le reste de la distance à vitesse constante jusqu'à la ligne d'arrivée.
Calcule la vitesse de pointe atteinte et la distance parcourue pendant la phase d'accélération.
Calcule la durée de la phase à vitesse constante, puis la durée totale de la course.
Voir le corrigé détaillé
1.
vmax=at1=4×2,5
=10m⋅s−1
d1=21at12=0,5×4×2,52
=12,5m
2.
distance restante =100−12,5
=87,5m
t2=vmax87,5=1087,5
=8,75s
durée totale =2,5+8,75
=11,25s
11,25s est un temps honorable pour un athlète amateur — loin, bien sûr, du record du monde (9,58s), obtenu avec une accélération initiale bien plus forte et une vitesse de pointe bien supérieure.
📝 QCM de fin de leçon — 20 questions
Coche une réponse par question, puis clique sur « Vérifier mes réponses » : tu obtiens ta note sur 20 avec la correction détaillée de chaque question.
Un référentiel est constitué :
Explication : Un référentiel associe un solide de référence, un repère d'espace (origine et axes) et une horloge pour mesurer le temps. Il n'existe aucun mouvement absolu : le référentiel doit toujours être précisé.
Le vecteur position OM(t) d'un point mobile s'écrit, en coordonnées cartésiennes :
Explication : Le vecteur position se décompose sur les axes du repère à l'aide des équations horaires x(t) et y(t), exprimées en mètres.
Un robot a pour équations horaires x(t)=3t+2 et y(t)=0,5t2 (en mètres). Sa position à t=2s est :
Dans un mouvement circulaire uniforme (MCU) de rayon R et de vitesse angulaire ω, la vitesse linéaire vaut :
Explication : Comme s=Rθ le long du cercle et v=ds/dt, on obtient v=Rdθ/dt=Rω.
En mouvement circulaire uniforme, l'accélération centripète an est :
Explication : En MCU, at=0 (vitesse constante en norme) mais an=v2/R=Rω2, dirigée vers le centre : c'est l'accélération centripète, non nulle malgré une vitesse de norme constante.
Un disque tourne à N=300tr⋅min−1. Sa fréquence f et sa période T valent :
Explication :f=60N=60300=5Hz T=f1=0,2s.
Dans un mouvement plan résultant de la composition de deux mouvements rectilignes indépendants (chute avec vitesse horizontale initiale), la composante horizontale de la vitesse vx :
Explication : Chaque axe se traite indépendamment : piège classique, croire que vx diminue pendant une chute. Si ax=0, vx reste constante quelle que soit l'évolution de vy.
Une bille est lancée horizontalement à v0=4m⋅s−1 depuis une table de hauteur h=1,25m (g=9,8m⋅s−2). La portée horizontale au sol est environ :
Sur un graphique x(t), la pente de la tangente en un point donne :
Explication : La pente de la tangente à x(t) donne la vitesse instantanée ; une droite oblique traduit un MRU, une parabole un MRUV.
Sur un graphique v(t), l'aire sous la courbe entre deux instants donne :
Explication : L'aire sous v(t) entre deux instants correspond au déplacement x(t2)−x(t1) ; la pente de v(t), elle, donne l'accélération.
Un graphique v(t) est une droite oblique passant par (t=1s;v=6m⋅s−1) et (t=4s;v=18m⋅s−1). Le mouvement correspondant et son accélération sont :
Explication :a=ΔtΔv=4−118−6=4m⋅s−2 : une droite oblique sur v(t) signe un mouvement rectiligne uniformément varié.
Un petit satellite décrit une orbite circulaire à vitesse v≈7,9km⋅s−1, avec une accélération centripète très proche de g. On dit que le satellite est en « chute libre permanente » car :
Explication : Le satellite subit constamment une accélération centripète voisine de g, mais sa vitesse horizontale considérable fait que sa trajectoire de chute se referme sur elle-même : c'est le principe de la mise en orbite.