Depuis la classe de Seconde, tu sais qu'une réaction chimique peut échanger des protons — c'est la réaction acide-base. Ce chapitre t'ouvre une deuxième grande famille de réactions, tout aussi présente dans ton quotidien : celles où deux espèces chimiques s'échangent des électrons. On les appelle réactions d'oxydoréduction, ou réactions rédox.
Tu en croises les traces partout, sans toujours le savoir : la rouille qui ronge une carrosserie ou une grille en fer, la pile qui alimente une lampe torche, le permanganate de potassium violet qu'on utilise pour désinfecter une eau de puits trop riche en fer, la soudure des rails de chemin de fer par la réaction « thermite »… Toutes ces transformations reposent sur le même principe : un transfert d'électrons d'une espèce vers une autre.
La grande nouveauté par rapport à tes années précédentes, c'est de raisonner en termes de couples oxydant/réducteur et de demi-équations électroniques : chaque transformation se découpe en deux « moitiés » — l'une où une espèce perd des électrons, l'autre où une espèce en gagne — que l'on recombine ensuite pour écrire l'équation-bilan. C'est une méthode rigoureuse, presque mécanique une fois maîtrisée, et c'est elle qui te permettra, en fin de chapitre, d'exploiter un dosage rédox pour déterminer la concentration d'une solution inconnue.
1Oxydant, réducteur, couple rédox
1.1 Mise en évidence expérimentale
Plongeons une lame de zinc, grise et brillante, dans un bécher contenant une solution de sulfate de cuivre (II) (ions et ), reconnaissable à sa belle couleur bleue. Observons ce qui se passe au bout de quelques heures.
Deux observations s'imposent. D'une part, la lame de zinc se recouvre d'un dépôt rouge-brun : c'est du cuivre métallique. D'autre part, la solution se décolore progressivement : elle contient de moins en moins d'ions . Si l'on pèse la lame après l'expérience et qu'on dose les ions restants, on constate même qu'un peu de zinc a disparu, et que des ions , incolores, sont apparus en solution.
1.2 Interprétation : un transfert d'électrons
Ces observations s'expliquent par un unique phénomène : chaque atome de zinc de la lame cède deux électrons à un ion cuivre (II) présent en solution.
Un oxydant est une espèce chimique capable de capter un ou plusieurs électrons. Un réducteur est une espèce chimique capable de céder un ou plusieurs électrons.
Une oxydation est une perte d'électrons ; une réduction est un gain d'électrons.
Dans notre expérience, le zinc métallique cède deux électrons : c'est le réducteur, il subit une oxydation. L'ion cuivre (II) capte ces deux électrons : c'est l'oxydant, il subit une réduction.
Ne confonds pas le nom de la transformation et le nom de l'espèce. Le zinc s'oxyde (il subit une oxydation), mais le zinc est le réducteur du couple : c'est lui qui fait perdre des électrons à l'autre espèce. À l'inverse, se réduit, mais est l'oxydant. Retiens la phrase : « le réducteur s'oxyde, l'oxydant se réduit ».
1.3 Couples oxydant/réducteur usuels
Dans l'exemple précédent, est l'oxydant et le réducteur correspondant : on dit qu'ils forment un couple oxydant/réducteur, noté . De même, et forment le couple .
Un couple oxydant/réducteur, noté , est formé d'un oxydant et du réducteur qui lui correspond : on passe de l'un à l'autre en échangeant un nombre entier d'électrons.
Tu rencontreras trois grandes familles de couples cette année.
- Couples métalliques : , , , , …
- Le couple de l'hydrogène , mis en jeu quand un acide attaque un métal.
- Le couple du permanganate , un oxydant puissant et violet, très utilisé en dosage (section 6).
Le couple intervient dans de nombreuses réactions. L'ion est l'oxydant : en captant un électron, il devient . L'ion est le réducteur : il peut céder un électron pour redevenir .
Quand une lame d'argent noircit au contact de l'air sulfuré, l'argent métallique se transforme en ions (dans le sulfure d'argent noir) : chaque atome perd un électron, c'est une oxydation. Symétriquement, le soufre de l'air, en captant ces électrons, subit une réduction.
Le mot « oxydation » vient du grec oxus (acide) : à la fin du XVIIIe siècle, le chimiste français Antoine Lavoisier avait remarqué que la combustion des métaux s'accompagnait d'une fixation d'oxygène, et il appela ce phénomène « oxydation ». Pendant plus d'un siècle, on définit ainsi l'oxydation comme un gain d'oxygène, et la réduction comme une perte d'oxygène.
Il fallut attendre la découverte de l'électron par le physicien britannique Joseph John Thomson, en 1897, pour comprendre ce qui se cachait réellement derrière ces échanges d'oxygène : un transfert de charges électriques élémentaires. La définition moderne, en termes d'électrons échangés, englobe alors des réactions bien plus nombreuses que celles qui font intervenir l'oxygène — comme celle du zinc et du cuivre, où aucun atome d'oxygène n'est impliqué.
2Demi-équations électroniques
Pour écrire proprement ce qui se passe au niveau de chaque couple, on introduit une écriture spécifique : la demi-équation électronique.
2.1 Écrire une demi-équation simple
La demi-équation électronique d'un couple relie l'oxydant, le réducteur et les électrons échangés :
où est le nombre entier d'électrons échangés. Lue de gauche à droite, c'est une réduction ; lue de droite à gauche, c'est une oxydation.
Pour un couple simple , il suffit d'équilibrer les charges électriques : l'ion porte charges positives, il faut donc lui apporter électrons pour obtenir l'atome , neutre.
- 2 charges + à neutraliser
- ici l'oxydant et le réducteur sont deux ions, pas un métal
Deux ions captent chacun un électron pour former une molécule de dihydrogène .
- 2 ions H⁺, donc 2 électrons, pour former 1 molécule H₂
2.2 Vers des couples plus complexes
Certains oxydants, comme l'ion permanganate , contiennent des atomes d'oxygène : il faudra alors équilibrer aussi la matière (oxygène et hydrogène), en plus des charges. C'est l'objet de la section suivante.
3Équilibrage en milieu acide et basique
Pour les couples simples de la section précédente, équilibrer les charges suffisait. Dès qu'un oxydant contient de l'oxygène — comme ou — il faut aussi équilibrer la matière. Voici la méthode à appliquer, toujours dans le même ordre.
3.1 Méthode en quatre étapes (milieu acide)
- Équilibrer l'élément principal de l'oxydant (autre que O et H).
- Équilibrer l'oxygène en ajoutant des molécules .
- Équilibrer l'hydrogène en ajoutant des ions (le milieu est acide, ils sont disponibles).
- Équilibrer les charges électriques en ajoutant des électrons .
Appliquons la méthode pas à pas.
- 1 atome de manganèse de chaque côté : déjà équilibré
- 4 atomes O à gauche : on ajoute 4 H₂O à droite
- 8 atomes H à droite (dans 4 H₂O) : on ajoute 8 H⁺ à gauche
- charge à gauche ; charge à droite il manque 5 charges positives à droite : on ajoute 5 e⁻ à gauche
- ⇒charge : , égale bien celle de droite
Chaque étape conserve soit la matière (étapes 1 à 3), soit la charge (étape 4) : la demi-équation finale respecte donc les deux lois de conservation. C.Q.F.D.
- 2 atomes de chrome à droite comme à gauche
- 7 atomes O à équilibrer
- 14 atomes H (dans 7 H₂O) à équilibrer
- ⇒charge gauche , droite : il manque 6 charges +, donc 6 e⁻
3.2 Passage en milieu basique
En milieu basique, il n'y a pas d'ions libres en quantité notable : on ne peut donc pas les utiliser directement. On établit d'abord la demi-équation en milieu acide (comme ci-dessus), puis on l'adapte.
On ajoute, dans les deux membres, autant d'ions qu'il y a d'ions à éliminer. Chaque paire se combine en une molécule , que l'on simplifie ensuite si elle apparaît des deux côtés.
- demi-équation établie en milieu acide (méthode en 4 étapes)
- on ajoute 4 HO⁻ dans chaque membre
- 4 H⁺ + 4 HO⁻ = 4 H₂O
- ⇒on simplifie 2 H₂O communs aux deux membres
3.3 Combiner deux demi-équations : l'équation-bilan
Une demi-équation, seule, ne décrit qu'une moitié de la réalité. Pour écrire l'équation-bilan d'une réaction rédox, il faut combiner la demi-équation de l'oxydant qui réagit et celle du réducteur qui réagit.
- Repérer l'oxydant qui réagit (demi-équation utilisée dans le sens de la réduction) et le réducteur qui réagit (demi-équation utilisée dans le sens de l'oxydation, donc lue à l'envers).
- Multiplier chaque demi-équation par le plus petit entier nécessaire pour que le nombre d'électrons échangés soit le même dans les deux.
- Additionner membre à membre les deux demi-équations.
- Simplifier : les électrons disparaissent toujours ; on simplifie aussi toute espèce commune aux deux membres.
Reprenons l'expérience de la section 1 : le zinc (réducteur) réagit avec les ions cuivre (II) (oxydant).
- réduction de l'oxydant Cu²⁺ (×1)
- oxydation du réducteur Zn (×1), demi-équation lue à l'envers
- +on additionne membre à membre : 2 e⁻ échangés dans les deux cas
- ⇒les 2 e⁻ se simplifient : c'est bien l'équation-bilan observée en 1.1
Cette réaction, très utilisée en dosage (section 6), demande de multiplier une des deux demi-équations.
- réduction de l'oxydant MnO₄⁻ (×1) : 5 électrons
- oxydation du réducteur Fe²⁺, multipliée par 5 pour avoir 5 électrons
- ⇒les 5 électrons se simplifient
4Classification des couples
Tous les oxydants ne se valent pas : certains captent les électrons avec avidité, d'autres beaucoup moins. Comment prévoir, avant de mélanger deux espèces, si une réaction va se produire ? C'est tout l'enjeu de cette section.
4.1 Pouvoir oxydant, pouvoir réducteur
Le pouvoir oxydant d'une espèce mesure sa capacité à capter des électrons : plus il est grand, plus l'espèce oxyde facilement les réducteurs qu'elle rencontre. Le pouvoir réducteur d'une espèce mesure, symétriquement, sa capacité à céder des électrons.
4.2 Expériences croisées de déplacement
Pour comparer le pouvoir réducteur de plusieurs métaux, on réalise des expériences croisées : on plonge chaque métal (zinc, fer, cuivre) dans chacune des trois solutions d'ions métalliques (, , ), et l'on note s'il se forme, ou non, un dépôt métallique.
Le tableau révèle une hiérarchie claire. Le zinc réagit avec les ions et avec les ions : c'est le réducteur le plus fort des trois. Le fer réagit avec mais pas avec : il est plus réducteur que le cuivre, mais moins que le zinc. Le cuivre ne réagit avec aucune des deux autres solutions : c'est le réducteur le plus faible. On établit ainsi l'ordre de pouvoir réducteur croissant :
4.3 L'échelle qualitative et la règle du gamma
En généralisant ce type d'expériences à de nombreux couples, on établit une échelle de classification qualitative : on range verticalement tous les couples , l'oxydant le plus fort tout en haut, le réducteur le plus fort tout en bas.
Sur une échelle de classification, une réaction d'oxydoréduction est possible entre l'oxydant d'un couple et le réducteur d'un couple situé plus bas sur l'échelle — jamais l'inverse. En traçant, à partir de l'oxydant, une ligne verticale vers le bas puis un trait horizontal jusqu'au réducteur, on dessine la lettre grecque gamma (γ) : d'où le nom de la règle.
Place les deux espèces sur l'échelle, dans leurs couples respectifs. Si l'oxydant du couple situé le plus haut peut « descendre » jusqu'au réducteur du couple le plus bas en dessinant un gamma, la réaction est possible dans ce sens ; sinon, elle ne se produit pas.
Sur l'échelle, est situé au-dessus de : l'oxydant est plus fort que . La règle du gamma prédit une réaction entre (en haut) et (en bas) :
Sur l'échelle, est situé au-dessous de : l'oxydant est plus faible que . La règle du gamma ne prédit aucune réaction dans le sens « oxyde » — ce qui confirme l'expérience croisée de la figure 4 : le cuivre plongé dans le sulfate de zinc ne réagit pas.
5Prévision des réactions
La règle du gamma permet de prévoir si une réaction va se produire avant même de faire l'expérience. Appliquons-la à un cas très classique : l'attaque des métaux par les acides — puis à quelques applications qui touchent ta vie quotidienne.
5.1 Réaction des acides sur les métaux
Un acide en solution aqueuse libère des ions , oxydant du couple . Sur l'échelle de classification (figure 3), ce couple occupe une place précise, entre et .
Un métal réagit avec un acide, en dégageant du dihydrogène, si et seulement si le couple est situé au-dessous du couple sur l'échelle de classification.
- réduction de l'oxydant H⁺ (×1)
- oxydation du réducteur Zn (×1)
- ⇒Zn²⁺/Zn est bien sous H⁺/H₂ sur l'échelle : réaction possible
Le couple est situé au-dessus de sur l'échelle : le cuivre est un réducteur trop faible pour être oxydé par . C'est pourquoi une pièce de monnaie en cuivre ne « fond » pas dans le vinaigre ou l'acide chlorhydrique dilué, contrairement à un clou en fer.
5.2 Applications : corrosion, décapage, thermite
La corrosion du fer (la rouille) est une oxydation lente : au contact du dioxygène dissous et de l'eau, le fer cède des électrons () tandis que le dioxygène se réduit. Les ions formés s'oxydent ensuite à l'air en oxyde de fer hydraté, la rouille. Pour protéger une pièce en fer, on peut la recouvrir de peinture (barrière physique), ou la galvaniser : on la recouvre d'une fine couche de zinc. D'après la règle du gamma, le zinc est plus réducteur que le fer ; en cas de rayure, c'est donc le zinc qui s'oxyde à la place du fer (« anode sacrificielle »), le protégeant tant qu'il en reste.
Avant soudure ou galvanisation, on pratique souvent un décapage : un bain acide dissout la couche d'oxyde qui recouvre naturellement la surface d'un métal, pour retrouver un métal « à nu » et permettre un bon contact.
La réaction thermite combine l'aluminium, très réducteur, à l'oxyde de fer (III) :
- oxydation de l'aluminium (×2)
- réduction du fer (III), présent dans Fe₂O₃ (×2)
- ⇒réaction extrêmement exothermique (∼2500 °C), fer obtenu liquide
C'est le chimiste allemand Hans Goldschmidt qui met au point, en 1895, le procédé « aluminothermie », breveté l'année suivante. La réaction entre poudre d'aluminium et oxyde de fer libère une chaleur telle que le fer produit est liquide, à plus de 2500 °C. Le procédé est utilisé dès le début du XXe siècle pour souder sur site les rails de chemin de fer bout à bout, sans avoir à les transporter jusqu'à un atelier : une méthode toujours employée aujourd'hui.
5.3 Vers la pile électrochimique
Dans l'expérience du zinc et du sulfate de cuivre, les électrons se transfèrent directement au contact de la lame et de la solution. Mais si l'on sépare physiquement l'oxydant et le réducteur — dans deux compartiments reliés par un fil conducteur et un pont salin — les électrons sont obligés d'emprunter le fil externe pour aller de l'un à l'autre : on obtient alors un courant électrique. C'est le principe de la pile électrochimique, que tu approfondiras dans un chapitre dédié à l'électricité.
En 1780, le médecin italien Luigi Galvani observe qu'une cuisse de grenouille se contracte au contact de deux métaux différents, et l'attribue à une mystérieuse « électricité animale ». Son compatriote Alessandro Volta conteste cette explication : selon lui, l'électricité vient du contact entre les deux métaux, la grenouille ne servant que de détecteur.
Pour le prouver, Volta empile en 1800 des disques de zinc et de cuivre séparés par des tissus imbibés d'eau salée acidifiée : c'est la pile voltaïque, premier générateur de courant électrique continu de l'histoire. Elle repose exactement sur le couple et le couple que tu viens d'étudier.
6Dosages d'oxydoréduction
Un dosage permet de déterminer la concentration inconnue d'une espèce en solution, en la faisant réagir totalement avec une solution titrante de concentration connue. Une réaction d'oxydoréduction rapide et totale, comme celle entre et , s'y prête parfaitement.
6.1 Principe d'un dosage rédox
L'équivalence d'un dosage est atteinte lorsque les réactifs ont été mélangés dans les proportions stœchiométriques exactes de l'équation-bilan : ils ont alors entièrement réagi, sans excès d'aucun des deux.
Le permanganate de potassium a un avantage précieux : sa couleur violette permet un dosage « auto-indicateur ». Tant qu'il reste des ions à réduire, le versé est aussitôt consommé et la solution reste incolore ou jaune pâle (couleur des ions ). La première goutte versée après l'équivalence n'a plus rien à réduire : elle colore durablement la solution en rose pâle, ce qui signale l'équivalence.
Pour acidifier le milieu, on utilise toujours de l'acide sulfurique dilué. Jamais l'acide chlorhydrique : les ions seraient eux-mêmes oxydés par , faussant le résultat. Jamais l'acide nitrique non plus : c'est lui-même un oxydant, qui interférerait avec le dosage.
6.2 Exploiter un dosage : la méthode
- Écrire l'équation-bilan équilibrée de la réaction de dosage.
- À l'équivalence, les quantités de matière introduites sont dans le rapport des coefficients stœchiométriques de l'équation.
- En déduire la concentration inconnue.
On dose un volume mL d'une solution de sulfate de fer (II), acidifiée par de l'acide sulfurique dilué, par une solution de permanganate de potassium à mol/L. L'équivalence est repérée pour un volume versé mL.
L'équation-bilan (établie en 3.3) donne, à l'équivalence : .
- =
- =
- =
La solution de fer (II) a pour concentration mol/L.
Quel serait pour doser mL d'une solution de à mol/L par la même solution de permanganate ( mol/L) ?
- =
- =
- =
Fiche mémo
- Oxydant : capte des e⁻. Réducteur : cède des e⁻. Oxydation = perte d'e⁻ ; réduction = gain d'e⁻. « Le réducteur s'oxyde, l'oxydant se réduit ».
- Couple : demi-équation .
- Équilibrage en milieu acide (4 étapes) : 1) élément principal, 2) O avec , 3) H avec , 4) charges avec .
- Milieu basique : ajouter autant de que de à éliminer, puis .
- Équation-bilan : multiplier les 2 demi-équations pour égaliser le nombre d'e⁻, additionner, simplifier.
- Règle du gamma : l'oxydant du haut de l'échelle réagit avec le réducteur du bas — jamais l'inverse.
- Un métal M réagit avec un acide (dégage ) ssi est sous sur l'échelle.
- Corrosion = oxydation lente d'un métal ; protection par peinture ou galvanisation (zinc, anode sacrificielle).
- Thermite : (très exothermique).
- Dosage rédox : à l'équivalence, , avec .
- Couple du permanganate : — auto-indicateur (violet → rose pâle).
7Exercices corrigés
Pour chacun des couples suivants, indique l'oxydant et le réducteur, puis écris la demi-équation électronique associée : ; ; .
Voir le corrigé détaillé
est l'oxydant, le réducteur : .
est l'oxydant, le réducteur : .
est l'oxydant, le réducteur : .
Écris la demi-équation électronique des couples , et .
Voir le corrigé détaillé
En milieu acide, équilibre la demi-équation du couple (ion nitrate / monoxyde d'azote), en détaillant chaque étape de la méthode.
Voir le corrigé détaillé
- 1 atome N de chaque côté
- 3 O à gauche, 1 O dans NO : il manque 2 O, donc 2 H₂O à droite
- 4 H à droite (2 H₂O) : 4 H⁺ à gauche
- ⇒charge gauche , droite : 3 e⁻ à gauche
À l'aide de l'échelle de classification (figure 3), indique si les réactions suivantes se produisent spontanément, en justifiant par la règle du gamma : a) ; b) ; c) ; d) .
Voir le corrigé détaillé
a) est au-dessus de : réaction possible. .
b) est au-dessus de : l'oxydant testé, , est situé sous le réducteur — aucune réaction.
c) est au-dessous de : réaction possible. .
d) est au-dessus de : réaction possible. .
Combine les demi-équations des couples et pour écrire l'équation-bilan de la réaction entre le zinc et les ions argent.
Voir le corrigé détaillé
- oxydation du réducteur (×1)
- réduction de l'oxydant, ×2 pour avoir 2 e⁻
- ⇒
Combine les demi-équations des couples et pour écrire l'équation-bilan de la réaction entre l'aluminium et les ions cuivre (II).
Voir le corrigé détaillé
- oxydation de Al (×2), pour obtenir 6 e⁻
- réduction de Cu²⁺ (×3), pour obtenir 6 e⁻
- ⇒
On dose mL d'une solution de sulfate de fer (II) par une solution de permanganate de potassium à mol/L. L'équivalence est obtenue pour mL.
- Calcule la concentration de la solution de fer (II).
- Exprime cette concentration en g/L en ions ( g/mol).
Voir le corrigé détaillé
1. À l'équivalence, .
- =
- =
2.
- =
Quatre métaux A, B, C, D sont testés par expériences croisées : A réagit avec les solutions d'ions , et ; B réagit avec et mais pas avec ; C réagit avec mais pas avec ni ; D ne réagit avec aucune des trois autres solutions.
- Classe les quatre métaux par pouvoir réducteur croissant.
- Les ions réagissent-ils avec le métal D ? Justifie par la règle du gamma.
Voir le corrigé détaillé
1. A réduit tous les autres : c'est le plus réducteur. D ne réduit personne : c'est le moins réducteur. On obtient l'ordre croissant : .
2. Sur l'échelle, le couple est tout en haut (D le moins réducteur) et le couple tout en bas (A le plus réducteur). Pour que oxyde D, il faudrait que le couple soit au-dessus de — c'est l'inverse ici. Aucune réaction ne se produit.
Une grille métallique en fer, exposée à l'air humide, absorbe un volume L de dioxygène par corrosion (volume molaire L/mol). En utilisant les demi-équations et , détermine la masse de fer corrodée ( g/mol).
Voir le corrigé détaillé
En combinant les deux demi-équations (×2 pour Fe, ×1 pour O₂) : , donc .
- =
- =
Un flacon de sulfate de fer (II) heptahydraté porte l'étiquette « 20,0 g/L ». Pour vérifier cette indication, on prélève mL de la solution, qu'on acidifie à l'acide sulfurique dilué, et on la dose par une solution de permanganate de potassium à mol/L. L'équivalence est obtenue pour mL.
- Écris l'équation-bilan de la réaction de dosage.
- Calcule la concentration molaire en ions de la solution.
- Déduis-en la concentration massique en ( g/mol), et conclus quant à l'étiquette.
Voir le corrigé détaillé
1. .
2. À l'équivalence, .
- =
3.
- =
La valeur mesurée ( g/L) est très proche des g/L annoncés : l'étiquette est fiable.
On dispose des couples , , , . Trois expériences sont réalisées : (1) une lame de zinc plongée dans une solution de nitrate de plomb (II) se recouvre d'un dépôt gris (plomb) ; (2) une lame de plomb plongée dans une solution de sulfate de cuivre (II) se recouvre de cuivre rouge ; (3) une lame de cuivre plongée dans une solution de nitrate d'argent se recouvre d'un dépôt gris-noir arborescent (argent).
- Classe les quatre couples par pouvoir réducteur croissant, en justifiant.
- Écris l'équation-bilan des expériences (1) et (3).
- Une lame de plomb plongée dans une solution de sulfate de zinc réagira-t-elle ? Justifie par la règle du gamma.
Voir le corrigé détaillé
1. (1) : Zn réduit donc Zn plus réducteur que Pb. (2) : Pb réduit donc Pb plus réducteur que Cu. (3) : Cu réduit donc Cu plus réducteur que Ag. On enchaîne : (pouvoir réducteur croissant).
2. Expérience (1) : . Expérience (3) : .
3. Sur l'échelle, est tout en bas (Zn le plus réducteur), donc est au-dessus de . Pour que oxyde le plomb, il faudrait que soit au-dessus de : ce n'est pas le cas. Aucune réaction ne se produit.
Le dichromate de potassium peut aussi doser les ions fer (II), via le couple (équilibré en 3.1).
- Combine cette demi-équation à celle du couple pour écrire l'équation-bilan de dosage.
- On dose mL d'une solution de par une solution de dichromate à mol/L ; l'équivalence est obtenue pour mL. Calcule .
- La solution de dichromate est orange, celle de est verte. Comment repère-t-on l'équivalence, sachant que ce virage est moins net que celui du permanganate ?
Voir le corrigé détaillé
1.
- réduction du dichromate (×1) : 6 e⁻
- oxydation de Fe²⁺, ×6 pour avoir 6 e⁻
- ⇒
2. À l'équivalence, .
- =
3. Le virage orange → vert étant peu contrasté, on ajoute un indicateur coloré rédox spécifique, qui change nettement de couleur exactement à l'équivalence.
Protection d'un chalutier à Dakar. La coque en acier (fer) d'un chalutier de Dakar est équipée d'anodes de zinc, de masse initiale kg chacune, remplacées quand elles ont perdu 80 % de leur masse. Le zinc se corrode selon , au rythme moyen de mol d'électrons par jour ( g/mol).
- Explique, à l'aide de la règle du gamma, pourquoi on choisit le zinc pour protéger la coque.
- Calcule au bout de combien de jours une anode doit être remplacée.
Voir le corrigé détaillé
1. est situé au-dessous de sur l'échelle : le zinc est plus réducteur que le fer. En cas de contact électrique, c'est donc le zinc qui s'oxyde en priorité (« anode sacrificielle »), ce qui protège le fer de la coque.
2.
- ≈
Eau de puits à Abéché. L'eau d'un puits d'Abéché contient des ions à la concentration mol/L. On traite L de cette eau par du permanganate de potassium ( g/mol), qui oxyde en (équation de la section 3.3), lequel précipite ensuite en hydroxyde de fer (III) éliminé par filtration.
Calcule la masse de nécessaire pour traiter exactement cette eau.
Voir le corrigé détaillé
- =
- =
- =
Il faut environ 19,0 g de permanganate de potassium pour débarrasser cette réserve d'eau de son fer dissous.
Vitamine C d'un jus de bissap à Douala. On dose la vitamine C (acide ascorbique, g/mol) d'un jus de bissap vendu à Douala par une solution de diiode, en présence d'empois d'amidon. La réaction, totale, est (coefficients tous égaux à 1). On dose mL de jus par une solution de diiode à mol/L ; le mélange vire au bleu-noir (persistant) pour mL.
Détermine la concentration massique en vitamine C du jus, en g/L.
Voir le corrigé détaillé
La réaction étant 1 pour 1, à l'équivalence.
- =
- =
Soudure thermite à Bamako. Un artisan soudeur de Bamako dispose de g de poudre d'aluminium pour souder un rail par réaction thermite ( g/mol, g/mol, g/mol).
- Rappelle l'équation-bilan de la réaction thermite.
- Calcule la masse d'oxyde de fer (III) nécessaire pour consommer tout l'aluminium.
- Calcule la masse de fer produite.
Voir le corrigé détaillé
1. .
2.
- ≈
3. Le rapport Al : Fe est de 1 : 1 dans l'équation.
- ≈
Il faudra environ 1,48 kg d'oxyde de fer (III) pour produire environ 1,03 kg de fer liquide.