Ouvre un flacon de vinaigre : l'odeur âcre qui te pique le nez, c'est l'acide éthanoïque. Épluche une banane bien mûre : le parfum sucré qui s'en dégage, c'est un ester. Ces deux molécules sont pourtant cousines — la seconde se fabrique, en laboratoire comme dans la nature, à partir de la première. Ce chapitre te fait découvrir cette famille de composés organiques parmi les plus présentes de ton quotidien : dans ton assiette, dans ta salle de bain, et bientôt sur ta paillasse de TP.
Tu as étudié, dans un chapitre précédent, l'oxydation ménagée des alcools : un alcool primaire, sous l'action d'un oxydant, devient un aldéhyde puis un acide carboxylique. Ce chapitre part exactement de ce point d'arrivée. Tu vas apprendre à reconnaître, nommer et faire réagir les acides carboxyliques, puis à les combiner à des alcools pour fabriquer des esters — une réaction appelée estérification, au cœur de la parfumerie, de l'agroalimentaire et de la fabrication du savon.
La nouveauté, par rapport au collège, tient en un mot : l'équilibre chimique. L'estérification ne va jamais « au bout » : acide, alcool, ester et eau finissent par coexister dans le ballon, dans des proportions bien précises — et c'est justement ce qui rend la réaction passionnante à étudier. Tu verras qu'un mélange équimolaire d'acide et d'alcool primaires ne donne jamais plus de 67 % d'ester, quoi que tu fasses, sauf à déplacer intelligemment cet équilibre.
Attends-toi à manipuler beaucoup de formules semi-développées, à équilibrer des équations, et à raisonner sur des montages de laboratoire. Prends ton temps sur chaque encadré : ce chapitre est la porte d'entrée de toute la chimie organique que tu approfondiras plus tard.
1Groupe carboxyle et nomenclature
1.1 Le groupe carboxyle
Un acide carboxylique est une molécule organique qui possède le groupe carboxyle , toujours situé à l'extrémité d'une chaîne carbonée. Ce groupe résulte de la présence, sur le même atome de carbone, d'un groupe carbonyle et d'un groupe hydroxyle .
Formule générale : , où désigne le reste de la chaîne carbonée (un atome d'hydrogène ou un groupe alkyle).
Le groupe carboxyle porte deux atomes d'oxygène : celui, doublement lié, du carbonyle, et celui, simplement lié, de l'hydroxyle. C'est cette association qui donne à l'hydrogène de l' un caractère acide bien plus marqué que dans un alcool simple — tu le vérifieras à la section 2.
1.2 Nomenclature des acides carboxyliques
On repère la chaîne carbonée la plus longue contenant le carbone du groupe carboxyle. Ce carbone reçoit obligatoirement le numéro . Le nom s'obtient en remplaçant la terminaison de l'alcane de même chaîne par , précédée du mot « acide ».
- : chaîne à carbone (méthane) acide méthanoïque
- : chaîne à carbones (éthane) acide éthanoïque
- : chaîne à carbones, le porte le acide butanoïque
Le carbone du groupe est toujours le carbone n°1 : aucune ambiguïté de numérotation possible, contrairement aux alcools. Ne confonds pas non plus le groupe carboxyle avec le groupe aldéhyde : l'acide porte deux atomes d'oxygène sur son carbone terminal, l'aldéhyde un seul.
1.3 Les acides du quotidien
Beaucoup d'acides carboxyliques portent, en plus de leur nom savant, un nom usuel hérité de leur origine naturelle : l'acide éthanoïque est l'acide acétique du vinaigre (du latin acetum) ; l'acide méthanoïque est l'acide formique des fourmis (formica) ; l'acide lactique apparaît dans le lait caillé et dans les muscles à l'effort ; l'acide citrique donne aux agrumes leur saveur acidulée.
En 1671, le naturaliste anglais John Ray isole pour la première fois l'acide méthanoïque par distillation de grandes quantités de fourmis rouges écrasées — d'où son nom usuel d'« acide formique ». Il faut attendre 1749 pour que le chimiste allemand Andreas Sigismund Marggraf obtienne ce même acide par voie purement chimique, sans passer par l'insecte. L'acide méthanoïque est aujourd'hui synthétisé industriellement par millions de tonnes, notamment comme conservateur pour l'ensilage agricole.
2Propriétés acides
2.1 Le couple
Un acide carboxylique est un acide faible : dissous dans l'eau, il réagit partiellement avec elle pour donner sa base conjuguée, l'ion carboxylate .
Contrairement à un acide fort comme l'acide chlorhydrique (réaction totale avec l'eau), un acide carboxylique laisse coexister, à l'équilibre, des molécules et des ions en solution. Une solution d'acide éthanoïque à a ainsi un pH voisin de , bien supérieur à celui d'une solution d'acide chlorhydrique de même concentration ().
2.2 Réaction avec les bases fortes
Avec un ion hydroxyde (issu par exemple d'une solution d'hydroxyde de sodium), la réaction est totale : c'est une réaction acide-base classique de neutralisation.
- l'ion formé est l'ion éthanoatebase conjuguée de l'acide éthanoïque
2.3 Réaction avec les carbonates : test caractéristique
Tout acide (pas seulement carboxylique) réagit avec un ion hydrogénocarbonate ou carbonate en dégageant du dioxyde de carbone , reconnaissable à l'effervescence et confirmé si le gaz trouble l'eau de chaux (précipité blanc de carbonate de calcium).
Une effervescence au contact d'un carbonate prouve la présence d'ions , donc un caractère acide — mais ne prouve pas qu'il s'agit précisément d'un acide carboxylique : de l'acide chlorhydrique donnerait exactement le même test. Pour identifier la fonction chimique, il faut d'autres arguments (formule connue, mode de synthèse…).
3Obtention par oxydation
3.1 Rappel : oxydation ménagée d'un alcool primaire
L'oxydation ménagée d'un alcool primaire , réalisée avec un oxydant en excès et à chaud, le transforme d'abord en aldéhyde , puis en acide carboxylique . C'est la voie de synthèse la plus courante des acides carboxyliques en laboratoire.
Seul un alcool primaire conduit à un acide carboxylique. Un alcool secondaire s'oxyde en cétone et s'arrête là (aucun acide ne se forme, même en excès d'oxydant). Un alcool tertiaire n'est pas oxydable dans ces conditions : sa chaîne carbonée ne possède pas d'atome d'hydrogène sur le carbone porteur de l'. Cette distinction reviendra à la section 5 : elle explique pourquoi le rendement d'une estérification dépend de la classe de l'alcool utilisé.
3.2 Équation d'oxydation avec les ions permanganate
L'oxydant le plus utilisé au laboratoire est l'ion permanganate , en milieu acide. Sa couleur violette disparaît au fur et à mesure de la réaction, ce qui permet de suivre l'avancement à l'œil nu.
On écrit séparément la demi-équation de réduction de l'oxydant et la demi-équation d'oxydation du réducteur, chacune équilibrée en éléments puis en charge à l'aide des ions et de l'eau. On les combine ensuite de façon à ce que le nombre d'électrons cédés soit égal au nombre d'électrons captés.
Couple oxydant/réducteur et couple (l'étape aldéhyde intermédiaire est incluse dans ce couple global à électrons).
- réduction :
- oxydation :
- on multiplie la 1ère demi-équation par et la 2ème par pour égaler électrons échangés
Vérification : carbones actifs de chaque côté, atomes d'oxygène de chaque côté ( à gauche, à droite), charge de chaque côté ( à gauche, à droite). L'équation est équilibrée. C.Q.F.D.
On verse goutte à goutte une solution acidifiée de permanganate de potassium sur de l'éthanol chauffé à reflux. La coloration violette du réactif disparaît progressivement (l'ion formé est quasi incolore) et une odeur piquante de vinaigre se développe : c'est la signature de l'acide éthanoïque formé.
4Estérification et hydrolyse
4.1 Le groupe ester et sa nomenclature
Le groupe ester s'obtient formellement en remplaçant, dans un acide carboxylique , l'atome d'hydrogène de l' par un groupe alkyle . Formule générale d'un ester : .
On identifie la chaîne issue de l'acide (elle donne le nom en -oate) et la chaîne issue de l'alcool (elle donne le nom en -yle). Le nom complet est : « [nom en -oate] de [nom en -yle] ».
- acide éthanoïque + éthanol éthanoate d'éthyle
- le vient de l'acide, le de l'alcool
- « méthanoate de propyle » : de l'acide méthanoïque et du propan-1-ol
4.2 La réaction d'estérification
Un acide carboxylique et un alcool réagissent, en présence d'un catalyseur acide, pour former un ester et de l'eau. Cette réaction, appelée estérification, est reversible : elle n'est jamais totale.
Cet ester dégage une odeur fruitée caractéristique (dissolvant à vernis à ongles) ; on le retrouve, dilué, comme arôme dans certains bonbons.
4.3 La réaction inverse : l'hydrolyse
L'hydrolyse d'un ester est la réaction inverse de l'estérification : un ester, mis en présence d'un excès d'eau, se décompose en acide carboxylique et en alcool.
Estérification et hydrolyse sont les deux sens d'un seul et même équilibre : ce n'est pas deux réactions différentes, mais une double flèche qui traduit un compromis. Le sens qui l'emporte dépend des proportions initiales et des conditions expérimentales — c'est tout l'objet de la section suivante.
5Équilibre et catalyse
5.1 Caractéristiques de la réaction d'estérification
La réaction d'estérification, réalisée à partir d'un acide carboxylique et d'un alcool, présente quatre caractéristiques à connaître par cœur :
- lente : plusieurs heures sont nécessaires à température ambiante ;
- limitée : elle n'est jamais totale, un équilibre s'installe ;
- athermique : elle ne dégage ni n'absorbe de chaleur de façon notable ;
- catalysable : un acide fort (acide sulfurique concentré) accélère fortement la mise à l'équilibre.
5.2 Le rendement à l'équilibre : la valeur 67 %
Le rendement d'une estérification est le rapport entre la quantité de matière d'ester réellement obtenue à l'équilibre et la quantité maximale imaginable si la réaction était totale : .
On mélange mol d'acide carboxylique et mol d'alcool primaires (mélange équimolaire). Pour ce couple, la constante d'équilibre vaut . Soit la quantité d'ester formée à l'équilibre.
- autant de moles de chaque côté : les volumes se simplifient
- une quantité de matière est positive
- soit
Ce résultat remarquable ne dépend pas de : quelle que soit la quantité de départ, un mélange équimolaire acide/alcool primaires plafonne à 67 % d'ester. C.Q.F.D.
La valeur de , et donc le rendement, dépend de l'encombrement de l'alcool engagé : environ 67 % avec un alcool primaire, 60 % avec un alcool secondaire, et seulement 5 % avec un alcool tertiaire, dont le carbone fonctionnel très encombré gêne l'approche de l'acide.
5.3 Déplacer l'équilibre
On augmente le rendement d'une estérification, au-delà de sa valeur d'équilibre naturelle, en jouant sur la composition du mélange :
- utiliser un excès d'un des deux réactifs (souvent l'alcool, moins coûteux) ;
- éliminer l'eau formée au fur et à mesure (distillation, ou piégeage par un dessiccant) : le système, privé d'un produit, se déplace pour en reformer.
Piège classique du bac : le catalyseur (acide sulfurique) et le chauffage à reflux accélèrent tous deux la réaction (ils agissent sur la cinétique), mais ne modifient en rien la composition finale du mélange à l'équilibre : le rendement de 67 % reste le même, avec ou sans catalyseur, avec ou sans reflux. Seuls un excès de réactif ou l'élimination d'un produit déplacent réellement l'équilibre.
6Arômes et applications
6.1 Esters et arômes
La nature synthétise en permanence des esters : ce sont eux qui donnent aux fruits mûrs leur parfum caractéristique. L'industrie agroalimentaire et la parfumerie les reproduisent, purs ou en mélange, pour aromatiser bonbons, sirops, boissons et cosmétiques.
| Ester | Formule semi-développée | Arôme |
|---|---|---|
| Éthanoate d'isoamyle | banane | |
| Butanoate d'éthyle | ananas | |
| Acétate de menthyle | structure terpénique (non détaillée) | menthe |
| Acétate de benzyle | jasmin |
6.2 Applications industrielles
Au-delà des arômes, les esters sont d'excellents solvants (l'éthanoate d'éthyle dans les dissolvants à vernis et certaines colles), entrent dans la composition de plastifiants et de parfums de synthèse, et constituent la base chimique des corps gras (huiles et graisses), qui sont des esters du glycérol appelés triglycérides.
6.3 Ouverture : des esters aux savons
L'hydrolyse d'un ester par une base forte (soude) porte un nom particulier : la saponification. Appliquée à un corps gras (triester du glycérol), elle produit du glycérol et des ions carboxylate à longue chaîne — les savons. Tu étudieras cette réaction en détail dans un prochain chapitre.
La fabrication du savon, par ébullition de graisses avec des cendres, est connue depuis l'Antiquité. Mais il faut attendre le chimiste français Michel-Eugène Chevreul, qui publie en 1823 ses Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animale, pour comprendre pourquoi cela fonctionne : il montre qu'une graisse est un ester du glycérol et d'acides gras, et que la soude le décompose en glycérol et en « savons ». Cette découverte fonde la chimie moderne des corps gras et vaut à Chevreul, mort centenaire en 1889, le titre de doyen des chimistes français de son temps.
Fiche mémo
- Groupe carboxyle ; nom : « acide … -oïque » ; le carbone du est toujours .
- Acide faible : (réaction limitée).
- Avec une base forte : (réaction totale).
- Test carbonate : (effervescence, trouble de l'eau de chaux).
- Obtention : oxydation ménagée d'un alcool primaire en excès d'oxydant (alcool secondaire cétone, pas d'acide).
- Groupe ester ; nom : « …-oate de …-yle ».
- Estérification : .
- Caractéristiques : réaction lente, limitée, athermique, catalysable par un acide fort.
- Mélange équimolaire, alcool primaire : rendement ; secondaire ; tertiaire .
- Catalyseur et reflux accélèrent sans changer le rendement.
- Déplacer l'équilibre : excès d'un réactif, ou élimination de l'eau formée.
- Hydrolyse basique (saponification) : ester + soude carboxylate (savon) + alcool/glycérol.
- Esters naturels = arômes de fruits (banane, ananas) et parfums.
7Exercices corrigés
Nomme les acides carboxyliques suivants : a) ; b) ; c) ; d) .
Voir le corrigé détaillé
Dans chaque cas, le carbone du porte le numéro ; on compte la chaîne et on ajoute le suffixe .
- a) carbones acide pentanoïque
- b) carbones acide hexanoïque
- c) carbones acide butanoïque
- d) carbone acide méthanoïque
Écris la formule semi-développée de : a) l'acide éthanoïque ; b) l'acide propanoïque ; c) l'acide pentanoïque.
Voir le corrigé détaillé
- a)
- b)
- c)
Nomme les esters suivants : a) ; b) ; c) ; d) .
Voir le corrigé détaillé
On lit séparément la chaîne issue de l'acide (avant , suffixe -oate) puis celle issue de l'alcool (après , suffixe -yle).
- a) éthanoate de méthyle
- b) méthanoate d'éthyle
- c) propanoate de propyle
- d) butanoate de méthyle
Écris la formule semi-développée de : a) l'éthanoate de propyle ; b) le méthanoate de méthyle ; c) le propanoate d'éthyle.
Voir le corrigé détaillé
- a)
- b)
- c)
On fait réagir l'acide propanoïque avec le méthanol. Écris l'équation d'estérification et nomme les deux produits obtenus.
Voir le corrigé détaillé
L'ester formé est le propanoate de méthyle, et le second produit est l'eau.
On verse de l'acide éthanoïque sur du carbonate de calcium en poudre. Décris l'observation attendue et écris l'équation de la réaction (on utilisera pour représenter la réactivité du carbonate).
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On observe une effervescence : un gaz se dégage, qui trouble l'eau de chaux (précipité blanc) — c'est du dioxyde de carbone.
Équilibre l'équation de l'oxydation ménagée, en excès, du propan-1-ol par les ions dichromate en milieu acide (couple ), qui conduit à l'acide propanoïque.
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- réduction :
- oxydation :
- on multiplie par l'oxydation et par la réductionpour échanger électrons
On mélange mol d'acide éthanoïque et mol d'éthanol (couple acide/alcool primaires). À l'équilibre, on isole g d'éthanoate d'éthyle (). Calcule le rendement de la réaction et commente.
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- soit
Cette valeur est cohérente avec le rendement théorique attendu pour un couple acide/alcool primaires en proportions équimolaires.
Le butanoate d'éthyle donne l'arôme ananas de certains bonbons. a) Donne sa formule semi-développée et les réactifs dont il provient. b) Écris l'équation d'estérification. c) Pour mol de chaque réactif, calcule la masse d'ester attendue à l'équilibre ().
Voir le corrigé détaillé
a) , obtenu à partir de l'acide butanoïque et de l'éthanol.
b)
Deux béchers contiennent chacun mol d'acide méthanoïque et mol de propan-1-ol. Le bécher A est chauffé à reflux avec de l'acide sulfurique ; le bécher B est laissé à température ambiante sans catalyseur. a) Compare le temps nécessaire pour atteindre l'équilibre dans A et B. b) Compare les quantités de matière d'ester obtenues à l'équilibre dans A et B. Justifie.
Voir le corrigé détaillé
a) Le bécher A atteint l'équilibre beaucoup plus vite : la chaleur et le catalyseur (acide sulfurique) accélèrent la réaction.
b) Les quantités de matière d'ester à l'équilibre sont identiques dans A et B : catalyseur et chauffage n'agissent que sur la vitesse, jamais sur la position de l'équilibre, qui ne dépend que de la composition initiale (ici dans les deux cas).
On veut synthétiser du propanoate de propyle à partir de propan-1-ol.
- Écris l'équation d'oxydation ménagée, en excès, du propan-1-ol par les ions permanganate en milieu acide, donnant l'acide propanoïque.
- On fait réagir l'acide obtenu avec du propan-1-ol restant, en proportions équimolaires ( mol chacun). Calcule la quantité de matière de propanoate de propyle formée à l'équilibre.
- En déduire la masse d'ester obtenue ().
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1. Même schéma qu'à la section 3 (couple à électrons pour tout alcool primaire) :
2. Couple acide/alcool primaires, mélange équimolaire rendement .
3.
On mélange mol d'acide éthanoïque et mol d'éthanol (alcool en excès), avec pour ce couple. Détermine la quantité de matière d'ester formée à l'équilibre, puis le rendement par rapport à l'acide (réactif limitant).
Voir le corrigé détaillé
Soit la quantité d'ester formée. À l'équilibre : , , .
- l'autre racine est rejetée : impossible, supérieure à
- soit
L'excès d'alcool a fait passer le rendement de à environ 85 % : c'est bien le déplacement de l'équilibre annoncé à la section 5.
On mélange mol d'acide butanoïque et mol de butan-1-ol. À l'équilibre, un dosage indique qu'il reste mol d'acide non estérifié. a) Calcule la quantité d'ester formé et la constante d'équilibre . b) Retrouve, à l'aide de , le rendement attendu pour mol de chaque réactif.
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b) La démonstration de la section 5 montre que dès que , quelle que soit la quantité initiale engagée (à condition d'un mélange équimolaire). Pour mol de chaque réactif, on obtient donc , soit un rendement de .
Le vinaigre artisanal d'Aïssata (Bamako). À Bamako, Aïssata fabrique du vinaigre à partir de jus de canne fermenté. a) Elle verse quelques gouttes de son vinaigre sur de la craie (carbonate de calcium). Que doit-elle observer si le test est positif ? Écris l'équation (on utilisera ). b) Elle prélève de vinaigre, qu'elle neutralise par d'une solution d'hydroxyde de sodium à (réaction acide-base totale, ). Calcule la concentration en acide éthanoïque du vinaigre, puis la masse d'acide dans ().
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a) Une effervescence apparaît (dégagement de ) : .
b)
Le vinaigre d'Aïssata contient environ 36 g d'acide éthanoïque par litre, une valeur tout à fait réaliste pour un vinaigre alimentaire.
L'atelier de parfumerie d'Abidjan. Un atelier synthétise de l'acétate de benzyle (arôme jasmin) à partir de mol d'acide éthanoïque et mol d'alcool benzylique (alcool primaire). a) Écris l'équation d'estérification. b) Calcule la quantité de matière d'ester à l'équilibre. c) Calcule la masse d'ester produite (). d) Si chaque mole de réactif engagée coûte F CFA, estime le coût de production par kilogramme d'ester.
Voir le corrigé détaillé
a)
- coût total
- F CFA
- coût par kg
- F CFA/kg
Le sirop banane de Douala. Une petite entreprise de Douala veut produire d'éthanoate d'isoamyle (arôme banane, ) par estérification directe, à partir de quantités équimolaires d'acide éthanoïque et d'alcool isoamylique (rendement ). a) Calcule la quantité de matière d'ester visée. b) En déduire la quantité de matière initiale de chaque réactif à engager. c) Calcule la masse d'acide éthanoïque () et la masse d'alcool isoamylique () à peser.
Voir le corrigé détaillé
Il faut donc peser environ 3,46 kg d'acide éthanoïque et 5,08 kg d'alcool isoamylique pour espérer obtenir les 5,0 kg d'arôme visés.