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Solutions aqueuses : acides et bases

Approfondir la théorie acide-base de Brönsted.

Chimie Première Chapitre 6 / 8 ⏱ 9 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Identifier les couples acide/base d'une réaction
  • Calculer le pH d'une solution d'acide fort
  • Distinguer acide fort et acide faible

Ouvre le robinet, verse un jus de bissap bien frais, regarde une pile de voiture ou le savon qui mousse sous tes mains : dans presque tous les cas, tu manipules une solution aqueuse, c'est-à-dire une espèce chimique dissoute dans l'eau. Depuis la classe de troisième, tu sais que l'eau « dissout » certains solides et que le mot « acide » désigne quelque chose qui pique ou qui corrode. Ce chapitre te donne enfin les outils pour comprendre pourquoi : comment un cristal se dissout, comment on chiffre la « force » d'un acide grâce au pH, et comment une réaction acide-base n'est jamais qu'un simple échange de particules H⁺ entre deux espèces.

Ces notions ne sont pas que théoriques. Le pH conditionne la fertilité d'un sol agricole à Bamako comme à Douala, la conservation d'un jus de fruit, le bon fonctionnement de ton estomac, la qualité de l'eau d'un forage à Ndjamena. Elles sont aussi au cœur de la sécurité : savoir diluer un acide sans se brûler, lire un pictogramme de danger, sont des réflexes que tout scientifique doit avoir avant même de mettre une blouse.

Par rapport au collège, deux changements majeurs t'attendent. D'abord, tu quittes la définition floue d'Arrhenius pour la théorie de Brönsted, plus générale et plus puissante, fondée sur le transfert d'un ion hydrogène H⁺. Ensuite, tu apprends à calculer : concentration des ions dans une solution, pH d'un acide fort, distinction chiffrée entre acide fort et acide faible. C'est un chapitre dense mais très concret — garde toujours un exemple de la vie courante en tête pour donner du sens aux formules.

1Acide et base selon Brönsted

1.1  L'eau, solvant polaire : dissolution et solvatation

Une solution aqueuse est un mélange homogène obtenu en dissolvant une espèce chimique (le soluté) dans l'eau (le solvant). Si l'eau dissout aussi bien le sel de cuisine que le sucre ou certains gaz, c'est grâce à une propriété de sa molécule : sa polarité.

Définition

Dans la molécule d'eau H2O\text{H}_2\text{O}, l'atome d'oxygène est plus électronégatif que l'hydrogène : il attire vers lui les électrons des liaisons O–H. Il porte donc une charge partielle négative δ−\delta^{-}, tandis que chaque hydrogène porte une charge partielle positive δ+\delta^{+}. La molécule, coudée, est un dipôle électrique : on dit qu'elle est polaire.

Quand un solide ionique comme le chlorure de sodium NaCl\text{NaCl} est plongé dans l'eau, les dipôles d'eau viennent « attaquer » le cristal : leur pôle négatif (l'oxygène) est attiré par les cations Na+\text{Na}^{+}, leur pôle positif (les hydrogènes) par les anions Cl−\text{Cl}^{-}. Les ions sont arrachés un à un du réseau cristallin, puis chacun s'entoure de molécules d'eau orientées : c'est la solvatation.

Une molécule d'eau polaire, et sa couronne de solvatation molécule de H₂O (dipôle) O H H δ⁻ δ⁺ δ⁺ μ (moment dipolaire) O électronégatif (δ⁻) · H électropositif (δ⁺) couronne de solvatation autour de Na⁺ Na⁺ H₂O H₂O H₂O H₂O H₂O H₂O δ⁻δ⁺ δ⁻δ⁺ pôle négatif (O) orienté vers le cation
Figure 1 — À gauche, la molécule d'eau H2O\text{H}_2\text{O} est un dipôle électrique : l'oxygène porte une charge partielle δ−\delta^{-}, les hydrogènes une charge partielle δ+\delta^{+}. À droite, cette polarité permet à l'eau de solvater un ion : les molécules d'eau s'orientent en couronne, pôle négatif vers le cation.
Méthode — écrire l'équation de dissolution d'un solide ionique

On place le solide en réactif, avec l'indication (s)\text{(s)}, puis chaque ion produit en produit avec l'indication (aq)\text{(aq)} (« aqueux »), affecté de son coefficient stœchiométrique pour respecter la formule du solide et la conservation des charges.

Exemple — dissolution du chlorure de sodium

Le solide NaCl(s)\text{NaCl}_{(s)} contient autant d'ions Na+\text{Na}^{+} que d'ions Cl−\text{Cl}^{-}.

  1. NaCl(s)→ eau Na(aq)++Cl(aq)−\text{NaCl}_{(s)} \xrightarrow{\ \text{eau}\ } \text{Na}^{+}_{(aq)} + \text{Cl}^{-}_{(aq)}
Dissolution du chlorure de sodium dans l'eau cristal ionique NaCl (solide) Na⁺ Cl⁻ Na⁺ Cl⁻ Na⁺ Cl⁻ Na⁺ Cl⁻ Na⁺ eau (solvant) couronne de solvatation Na⁺ Cl⁻ Cl⁻ Na⁺ Na⁺ Cl⁻ ion Na⁺ ion Cl⁻ molécules d'eau (solvatation)
Figure 2 — Le cristal ionique de NaCl est un empilement alterné d'ions Na+\text{Na}^{+} et Cl−\text{Cl}^{-}. Au contact de l'eau, chaque ion est arraché du réseau puis solvaté. Équation : NaCl(s)→ eau Na(aq)++Cl(aq)−\text{NaCl}_{(s)} \xrightarrow{\ \text{eau}\ } \text{Na}^{+}_{(aq)} + \text{Cl}^{-}_{(aq)}.
Exemple — dissolution du sulfate de sodium

Le solide Na2SO4\text{Na}_2\text{SO}_4 contient deux ions Na+\text{Na}^{+} pour un ion SO42−\text{SO}_4^{2-} : il faut le coefficient 22 devant Na+\text{Na}^{+}.

  1. Na2SO4(s)→ eau 2 Na(aq)++SO42−(aq)\text{Na}_2\text{SO}_{4(s)} \xrightarrow{\ \text{eau}\ } 2\,\text{Na}^{+}_{(aq)} + \text{SO}_4^{2-}\text{(aq)}

1.2  Concentration molaire, concentration des ions, électroneutralité

Définition

La concentration molaire CC d'une espèce en solution est la quantité de matière nn (en mol) de cette espèce, rapportée au volume VV (en L) de la solution :

C=nV(C en mol⋅L−1)C = \dfrac{n}{V} \qquad \left(C \text{ en } \text{mol·L}^{-1}\right)

Attention

Ne confonds pas la concentration CC du soluté apporté (le sel que l'on a dissous) et la concentration de chaque ion en solution : elles ne sont égales que si la dissolution libère un seul ion de chaque sorte, avec un coefficient 11. Pour Na2SO4\text{Na}_2\text{SO}_4, [Na+]=2C[\text{Na}^{+}] = 2C et non CC !

Méthode — calculer la concentration des ions

On écrit d'abord l'équation de dissolution. Le coefficient stœchiométrique de chaque ion donne le facteur multiplicatif à appliquer à la concentration CC du soluté apporté.

Exemple — concentrations ioniques d'une solution de sulfate de sodium

On dissout n=0,20 moln = 0{,}20\ \text{mol} de Na2SO4\text{Na}_2\text{SO}_4 dans une fiole jaugée que l'on complète à V=500 mLV = 500\ \text{mL} d'eau distillée.

  1. C=nV=0,200,500C = \dfrac{n}{V} = \dfrac{0{,}20}{0{,}500}
  2. ==0,40 mol⋅L−10{,}40\ \text{mol·L}^{-1}
  3. [Na+]=2C=0,80 mol⋅L−1[\text{Na}^{+}] = 2C = 0{,}80\ \text{mol·L}^{-1}coefficient 2 devant Na⁺
  4. [SO42−]=C=0,40 mol⋅L−1[\text{SO}_4^{2-}] = C = 0{,}40\ \text{mol·L}^{-1}
Propriété — électroneutralité

Une solution est toujours électriquement neutre : la somme des charges positives portées par les cations est égale, en valeur absolue, à la somme des charges négatives portées par les anions.

∑(charge×concentration)cations=∑(∣charge∣×concentration)anions\sum \left(\text{charge} \times \text{concentration}\right)_{\text{cations}} = \sum \left(\left|\text{charge}\right| \times \text{concentration}\right)_{\text{anions}}

Exemple — vérifier l'électroneutralité

Reprenons la solution de sulfate de sodium précédente : un seul cation Na+\text{Na}^{+} (charge +1+1) et un seul anion SO42−\text{SO}_4^{2-} (charge −2-2).

  1. charges positives =1×[Na+]=1×0,80= 1 \times [\text{Na}^{+}] = 1 \times 0{,}80
  2. ==0,80 mol⋅L−10{,}80\ \text{mol·L}^{-1}
  3. charges négatives =2×[SO42−]=2×0,40= 2 \times [\text{SO}_4^{2-}] = 2 \times 0{,}40
  4. ==0,80 mol⋅L−10{,}80\ \text{mol·L}^{-1}égalité vérifiée : la solution est neutre

1.3  La théorie d'Arrhenius (1884)

La première définition scientifique des acides et des bases est due au chimiste suédois Svante Arrhenius.

Définition d'Arrhenius

Un acide est une espèce qui, dissoute dans l'eau, libère des ions hydrogène H+\text{H}^{+}. Une base est une espèce qui, dissoute dans l'eau, libère des ions hydroxyde OH−\text{OH}^{-}.

Chimie & Co — De l'oxygène à l'hydrogène

En 17771777, Antoine Lavoisier pense avoir trouvé le principe universel de l'acidité : il baptise un gaz nouvellement isolé « oxygène », du grec oxys (acide) et gennan (engendrer), persuadé que tout acide en contient. L'hypothèse tient plusieurs décennies… jusqu'à ce qu'en 18101810 le chimiste anglais Humphry Davy analyse le gaz chlorhydrique HCl\text{HCl} et démontre qu'il ne renferme aucun atome d'oxygène, seulement de l'hydrogène et du chlore. Il faudra attendre Arrhenius, en 18841884, pour qu'un lien correct soit établi : c'est l'hydrogène, libéré sous forme d'ions H+\text{H}^{+} en solution, qui caractérise un acide.

Attention

La théorie d'Arrhenius fonctionne bien pour HCl\text{HCl} ou NaOH\text{NaOH}, mais elle est incomplète : elle ne s'applique qu'en solution aqueuse, et elle n'explique pas pourquoi l'ammoniac NH3\text{NH}_3, qui ne contient pourtant aucun groupe OH\text{OH}, se comporte comme une base. Il fallait une théorie plus générale.

1.4  La théorie de Brönsted : transfert de H⁺

En 19231923, une nouvelle définition, plus large, s'impose : elle ne repose plus sur la nature du produit libéré, mais sur l'échange d'une particule entre deux espèces.

Définition de Brönsted

Un acide de Brönsted est une espèce chimique capable de céder un ion hydrogène H+\text{H}^{+} (un proton). Une base de Brönsted est une espèce chimique capable de capter un ion H+\text{H}^{+}.

acide⇌base+H+\text{acide} \rightleftharpoons \text{base} + \text{H}^{+}

Cette définition explique immédiatement le comportement de l'ammoniac : sa molécule possède un doublet non liant sur l'atome d'azote, capable de capter un H+\text{H}^{+} cédé par l'eau.

Exemple — deux réactions acide-base avec l'eau
  1. HCl+H2O→Cl−+H3O+\text{HCl} + \text{H}_2\text{O} \rightarrow \text{Cl}^{-} + \text{H}_3\text{O}^{+}HCl cède un H⁺, l'eau le capte
  2. NH3+H2O⇌NH4++OH−\text{NH}_3 + \text{H}_2\text{O} \rightleftharpoons \text{NH}_4^{+} + \text{OH}^{-}l'ammoniac capte un H⁺, l'eau le cède

Remarque essentielle : dans la première réaction, l'eau se comporte comme une base (elle capte H+\text{H}^{+}) ; dans la seconde, elle se comporte comme un acide (elle cède H+\text{H}^{+}). L'eau est dite amphotère : elle peut jouer les deux rôles. C'est ce mécanisme de transfert de proton entre deux couples que nous détaillons dans la section suivante.

2Couples acide/base

2.1  Couple acide/base conjugué

Définition

Un couple acide/base est formé de deux espèces chimiques, notées acide/base\text{acide}/\text{base}, reliées par l'échange d'un unique ion H+\text{H}^{+} :

acide⇌base+H+\text{acide} \rightleftharpoons \text{base} + \text{H}^{+}

On dit que l'acide et la base sont conjugués l'un de l'autre.

Méthode — passer de l'acide à la base conjuguée

On retire un H+\text{H}^{+} à la formule de l'acide : le nombre d'hydrogènes diminue de 11 et la charge globale diminue de 11 (elle devient plus négative, ou moins positive).

Exemple — deux couples usuels
  1. CH3COOH⇌CH3COO−+H+\text{CH}_3\text{COOH} \rightleftharpoons \text{CH}_3\text{COO}^{-} + \text{H}^{+}couple acide éthanoïque / ion éthanoate
  2. NH4+⇌NH3+H+\text{NH}_4^{+} \rightleftharpoons \text{NH}_3 + \text{H}^{+}couple ion ammonium / ammoniac

L'eau appartient à deux couples différents, ce qui traduit son caractère amphotère : le couple H3O+/H2O\text{H}_3\text{O}^{+}/\text{H}_2\text{O}, dans lequel elle joue le rôle de base, et le couple H2O/OH−\text{H}_2\text{O}/\text{OH}^{-}, dans lequel elle joue le rôle d'acide.

2.2  Réaction acide-base : transfert de H⁺ entre deux couples

Théorème

Toute réaction acide-base est le résultat de la rencontre de deux couples acide/base, acide1/base1\text{acide}_1/\text{base}_1 et acide2/base2\text{acide}_2/\text{base}_2 : l'acide du premier couple cède un H+\text{H}^{+} que capte la base du second couple.

acide1+base2→base1+acide2\text{acide}_1 + \text{base}_2 \rightarrow \text{base}_1 + \text{acide}_2

Un transfert de proton entre deux couples acide/base acide₁base₁ CH₃COOH⇌CH₃COO⁻+H⁺ couple 1 : acide₁ / base₁ transfert de H⁺ base₂acide₂ H₂O+H⁺⇌H₃O⁺ couple 2 : base₂ / acide₂
Figure 3 — L'acide éthanoïque cède un H+\text{H}^{+} que l'eau capte : le proton passe du couple CH3COOH/CH3COO−\text{CH}_3\text{COOH}/\text{CH}_3\text{COO}^{-} au couple H3O+/H2O\text{H}_3\text{O}^{+}/\text{H}_2\text{O}. Bilan : CH3COOH+H2O⇌CH3COO−+H3O+\text{CH}_3\text{COOH} + \text{H}_2\text{O} \rightleftharpoons \text{CH}_3\text{COO}^{-} + \text{H}_3\text{O}^{+}.
Chimie & Co — Une même idée, deux savants

En 19231923, le chimiste danois Johannes Brönsted publie à Copenhague sa théorie du transfert de proton. La même année, à Cambridge, le chimiste anglais Thomas Lowry formule indépendamment une idée quasi identique. C'est pourquoi les manuels anglo-saxons parlent souvent de théorie « de Brönsted-Lowry ». Cette convergence n'a rien d'un hasard : elle répondait à une difficulté bien connue de toute la communauté scientifique de l'époque, l'impossibilité d'expliquer le comportement basique de l'ammoniac avec la seule théorie d'Arrhenius.

Méthode — écrire l'équation d'une réaction acide-base

On identifie les deux couples en présence, on écrit leurs deux demi-équations, puis on les additionne après avoir multiplié si besoin pour faire disparaître les H+\text{H}^{+} libres.

Exemple — réaction entre l'acide éthanoïque et l'ammoniac

Couples en présence : CH3COOH/CH3COO−\text{CH}_3\text{COOH}/\text{CH}_3\text{COO}^{-} et NH4+/NH3\text{NH}_4^{+}/\text{NH}_3.

  1. CH3COOH⇌CH3COO−+H+\text{CH}_3\text{COOH} \rightleftharpoons \text{CH}_3\text{COO}^{-} + \text{H}^{+}
  2. NH3+H+⇌NH4+\text{NH}_3 + \text{H}^{+} \rightleftharpoons \text{NH}_4^{+}
  3. ++CH3COOH+NH3⇌CH3COO−+NH4+\text{CH}_3\text{COOH} + \text{NH}_3 \rightleftharpoons \text{CH}_3\text{COO}^{-} + \text{NH}_4^{+}les H⁺ se simplifient
Attention

Un piège classique : dans l'équation bilan, chaque espèce apparaît une seule fois comme acide de son couple ou comme base de son couple, jamais les deux à la fois. Vérifie toujours que le H+\text{H}^{+} échangé n'apparaît plus dans l'équation finale : c'est une espèce transférée, pas un produit.

3Autoprotolyse de l'eau et produit ionique

3.1  Autoprotolyse de l'eau

L'eau pure elle-même conduit très faiblement le courant électrique : elle contient donc quelques ions. Cela s'explique par une réaction entre deux molécules d'eau, l'une jouant le rôle d'acide, l'autre de base.

Définition

L'autoprotolyse de l'eau est la réaction, très limitée, au cours de laquelle une molécule d'eau cède un H+\text{H}^{+} à une autre molécule d'eau :

2 H2O⇌H3O++OH−2\,\text{H}_2\text{O} \rightleftharpoons \text{H}_3\text{O}^{+} + \text{OH}^{-}

3.2  Produit ionique de l'eau

Propriété

Dans toute solution aqueuse, à 25 °C25\ \text{°C}, le produit des concentrations en ions H3O+\text{H}_3\text{O}^{+} et OH−\text{OH}^{-} est une constante, appelée produit ionique de l'eau KeK_e :

Ke=[H3O+][OH−]=1,0×10−14 aˋ 25 °CK_e = \left[\text{H}_3\text{O}^{+}\right]\left[\text{OH}^{-}\right] = 1{,}0 \times 10^{-14}\ \text{à } 25\ \text{°C}

Exemple — déduire [OH⁻] connaissant [H₃O⁺]

Une solution a pour concentration [H3O+]=1,0×10−3 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 1{,}0 \times 10^{-3}\ \text{mol·L}^{-1}.

  1. Ke=[H3O+][OH−]K_e = [\text{H}_3\text{O}^{+}][\text{OH}^{-}]
  2. ⇒\Rightarrow[OH−]=Ke[H3O+]=1,0×10−141,0×10−3[\text{OH}^{-}] = \dfrac{K_e}{[\text{H}_3\text{O}^{+}]} = \dfrac{1{,}0 \times 10^{-14}}{1{,}0 \times 10^{-3}}
  3. ==1,0×10−11 mol⋅L−11{,}0 \times 10^{-11}\ \text{mol·L}^{-1}

3.3  Solutions acide, neutre, basique

Théorème

À 25 °C25\ \text{°C}, on compare [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}] et [OH−][\text{OH}^{-}] :

  • solution acide : [H3O+]>[OH−][\text{H}_3\text{O}^{+}] > [\text{OH}^{-}], soit [H3O+]>1,0×10−7 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] > 1{,}0 \times 10^{-7}\ \text{mol·L}^{-1} ;
  • solution neutre : [H3O+]=[OH−]=1,0×10−7 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] = [\text{OH}^{-}] = 1{,}0 \times 10^{-7}\ \text{mol·L}^{-1} ;
  • solution basique : [H3O+]<[OH−][\text{H}_3\text{O}^{+}] < [\text{OH}^{-}], soit [H3O+]<1,0×10−7 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] < 1{,}0 \times 10^{-7}\ \text{mol·L}^{-1}.
Exemple — nature d'une solution

Une solution a pour concentration [H3O+]=4,0×10−9 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 4{,}0 \times 10^{-9}\ \text{mol·L}^{-1}, très inférieure à 1,0×10−7 mol⋅L−11{,}0 \times 10^{-7}\ \text{mol·L}^{-1} : cette solution est basique.

4pH et concentration

4.1  Définition du pH

Définition

Le pH (potentiel hydrogène) d'une solution aqueuse est défini, pour 10−14⩽[H3O+]⩽1 mol⋅L−110^{-14} \leqslant [\text{H}_3\text{O}^{+}] \leqslant 1\ \text{mol·L}^{-1}, par :

pH=−log⁡[H3O+]soit[H3O+]=10−pH\text{pH} = -\log\left[\text{H}_3\text{O}^{+}\right] \qquad \text{soit} \qquad \left[\text{H}_3\text{O}^{+}\right] = 10^{-\text{pH}}

où [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}] est exprimée en mol⋅L−1\text{mol·L}^{-1}. Le pH est un nombre sans unité.

Attention

Erreur fréquente au bac : écrire « pH =2 mol⋅L−1= 2\ \text{mol·L}^{-1} ». Le pH n'a jamais d'unité, c'est un logarithme. Seule la concentration [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}] s'exprime en mol⋅L−1\text{mol·L}^{-1}.

Méthode — passer du pH à la concentration, et réciproquement

Pour trouver [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}] à partir du pH, on calcule 10−pH10^{-\text{pH}} à la calculatrice. Pour trouver le pH à partir de [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}], on calcule −log⁡[H3O+]-\log[\text{H}_3\text{O}^{+}].

Exemple — deux calculs de routine
  1. solution à [H3O+]=2,5×10−4 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 2{,}5 \times 10^{-4}\ \text{mol·L}^{-1}
  2. pH=−log⁡(2,5×10−4)\text{pH} = -\log\left(2{,}5 \times 10^{-4}\right)
  3. ≈\approx3,63{,}6
  4. solution à pH=9,0\text{pH} = 9{,}0
  5. [H3O+]=10−9,0[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 10^{-9{,}0}
  6. ==1,0×10−9 mol⋅L−11{,}0 \times 10^{-9}\ \text{mol·L}^{-1}

4.2  Mesure du pH

Le pH se mesure de trois façons, de la plus simple à la plus précise : le papier pH (imbibé d'indicateurs colorés, il change de teinte selon le pH et se compare à une échelle de couleurs) ; les indicateurs colorés liquides (quelques gouttes suffisent) ; le pH-mètre, appareil électronique équipé d'une électrode, précis au centième d'unité près, mais qu'il faut étalonner avant chaque série de mesures avec des solutions tampons de pH connu.

Exemple — un indicateur naturel : le bissap

L'infusion de fleurs d'hibiscus séchées, le bissap (ou karkadé), doit sa couleur à des pigments naturels, les anthocyanes, très sensibles au pH. En milieu acide (jus de citron ajouté), la boisson reste rouge vif ; en présence d'une base (une pincée de bicarbonate), sa couleur vire nettement vers le violet-bleuté. C'est un indicateur coloré naturel, utilisable en l'absence de réactifs de laboratoire.

Chimie & Co — L'invention du pH

C'est le chimiste danois Søren Sørensen, directeur du laboratoire de chimie des brasseries Carlsberg à Copenhague, qui invente la notation « pH » en 19091909, pour standardiser le contrôle qualité de la fabrication de la bière — un procédé très sensible à l'acidité du milieu. Son échelle logarithmique, initialement outil industriel, est devenue un standard universel de toute la chimie des solutions.

4.3  Échelle de pH

À 25 °C25\ \text{°C}, le pH d'une solution aqueuse usuelle s'étend de 00 (très acide) à 1414 (très basique), la valeur 77 marquant la neutralité.

Échelle de pH : quelques produits du quotidien ACIDENEUTREBASIQUE 0 2 4 6 8 10 12 14 acide de batterie citron bissap lait eau pure eau de mer savon noir eau de Javel
Figure 4 — L'échelle de pH avec quelques repères : acide de batterie (pH ≈ 0,5), jus de citron (pH ≈ 2,2), bissap (pH ≈ 2,8), lait (pH ≈ 6,5), eau pure (pH = 7, neutre), eau de mer (pH ≈ 8,2), eau savonneuse — savon noir (pH ≈ 10), eau de Javel (pH ≈ 12,5).

Retiens la règle générale : plus le pH est petit, plus la solution est acide, c'est-à-dire plus [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}] est grande. Une variation d'une seule unité de pH correspond à une concentration en H3O+\text{H}_3\text{O}^{+} multipliée ou divisée par 1010 : l'échelle de pH est logarithmique.

5Acides forts et acides faibles

5.1  Acide fort : dissociation totale

Définition

Un acide fort est un acide qui réagit totalement avec l'eau : toutes les molécules introduites sont transformées en ions. La réaction s'écrit avec une flèche simple →\rightarrow, et non une double flèche ⇌\rightleftharpoons.

Exemple — trois acides forts usuels
  1. HCl+H2O→Cl−+H3O+\text{HCl} + \text{H}_2\text{O} \rightarrow \text{Cl}^{-} + \text{H}_3\text{O}^{+}acide chlorhydrique
  2. HNO3+H2O→NO3−+H3O+\text{HNO}_3 + \text{H}_2\text{O} \rightarrow \text{NO}_3^{-} + \text{H}_3\text{O}^{+}acide nitrique
  3. H2SO4+H2O→HSO4−+H3O+\text{H}_2\text{SO}_4 + \text{H}_2\text{O} \rightarrow \text{HSO}_4^{-} + \text{H}_3\text{O}^{+}acide sulfurique, 1ʳᵉ acidité

5.2  pH d'une solution d'acide fort

Théorème

Pour une solution d'acide fort monoacide de concentration apportée CC (et C⩾10−6 mol⋅L−1C \geqslant 10^{-6}\ \text{mol·L}^{-1} environ) :

pH=−log⁡C\text{pH} = -\log C

Démonstration

Soit HA\text{HA} un acide fort de concentration apportée CC. La réaction étant totale :

  1. [A−]=C[\text{A}^{-}] = Ctout HA est transformé
  2. électroneutralité : [H3O+]=[A−]+[OH−][\text{H}_3\text{O}^{+}] = [\text{A}^{-}] + [\text{OH}^{-}]un seul cation, deux anions
  3. en milieu acide, [OH−]≪[A−][\text{OH}^{-}] \ll [\text{A}^{-}]approximation valable si C n'est pas trop faible
  4. ⇒\Rightarrow[H3O+]≈[A−]=C[\text{H}_3\text{O}^{+}] \approx [\text{A}^{-}] = C
  5. ⇒\RightarrowpH=−log⁡[H3O+]=−log⁡C\text{pH} = -\log[\text{H}_3\text{O}^{+}] = -\log C
Méthode — calculer un pH d'acide fort, ou l'inverse

Connaissant CC, on calcule directement pH=−log⁡C\text{pH} = -\log C. Connaissant le pH, on remonte à C=10−pHC = 10^{-\text{pH}}.

Exemple — deux calculs sur l'acide chlorhydrique
  1. solution de HCl à C=5,0×10−3 mol⋅L−1C = 5{,}0 \times 10^{-3}\ \text{mol·L}^{-1}
  2. pH=−log⁡(5,0×10−3)\text{pH} = -\log\left(5{,}0 \times 10^{-3}\right)
  3. ≈\approx2,32{,}3
  4. autre solution de HCl, mesurée à pH=1,7\text{pH} = 1{,}7
  5. C=10−1,7C = 10^{-1{,}7}
  6. ≈\approx2,0×10−2 mol⋅L−12{,}0 \times 10^{-2}\ \text{mol·L}^{-1}

5.3  Acide faible : dissociation partielle

Définition

Un acide faible ne réagit que partiellement avec l'eau : à l'équilibre, il subsiste des molécules d'acide non dissociées à côté des ions formés. La réaction s'écrit avec une double flèche ⇌\rightleftharpoons.

Exemple — l'acide éthanoïque du vinaigre

CH3COOH+H2O⇌CH3COO−+H3O+\text{CH}_3\text{COOH} + \text{H}_2\text{O} \rightleftharpoons \text{CH}_3\text{COO}^{-} + \text{H}_3\text{O}^{+}. Pour une solution de concentration apportée C=1,0×10−2 mol⋅L−1C = 1{,}0 \times 10^{-2}\ \text{mol·L}^{-1}, la mesure donne pH≈3,4\text{pH} \approx 3{,}4, alors qu'un acide fort de même concentration donnerait pH=−log⁡(10−2)=2,0\text{pH} = -\log\left(10^{-2}\right) = 2{,}0. Le pH mesuré est plus grand : moins d'ions H3O+\text{H}_3\text{O}^{+} ont été formés, preuve que la dissociation est incomplète.

Attention

Piège classique du bac : « fort » et « concentré » sont deux notions différentes. Un acide fort très dilué reste un acide fort (il se dissocie totalement, quelle que soit sa concentration) ; un acide faible très concentré reste un acide faible (une partie seulement des molécules réagit). La force d'un acide dépend de sa nature chimique, pas de la quantité dissoute.

5.4  Dangers et sécurité

Les acides concentrés sont corrosifs : ils attaquent la peau, les yeux, les métaux. Diluer un acide concentré libère beaucoup de chaleur (réaction exothermique) : si l'on verse de l'eau dans l'acide, l'eau ajoutée peut se vaporiser brutalement au contact et projeter des gouttelettes d'acide concentré. La règle de sécurité est donc stricte et ne souffre aucune exception.

Sécurité : pictogrammes de danger et règle de dilution corrosif ! danger EPI obligatoire Règle d'or : on verse l'ACIDE dans l'EAU, jamais l'inverse (dilution très exothermique — risque de projections)
Figure 5 — Pictogrammes de sécurité à connaître avant toute manipulation d'un acide ou d'une base concentrés, et règle de dilution : on verse toujours l'acide dans l'eau, en petites quantités et en agitant, jamais l'inverse.

6Bases fortes et faibles

6.1  Base forte : dissociation totale

Définition

Une base forte est une base qui réagit totalement avec l'eau. Les hydroxydes de métaux alcalins, comme la soude NaOH\text{NaOH} ou la potasse KOH\text{KOH}, s'y dissolvent en libérant directement l'ion hydroxyde.

Exemple — dissolution de la soude
  1. NaOH(s)→ eau Na(aq)++OH(aq)−\text{NaOH}_{(s)} \xrightarrow{\ \text{eau}\ } \text{Na}^{+}_{(aq)} + \text{OH}^{-}_{(aq)}dissociation totale, comme un sel

6.2  pH d'une solution de base forte

Théorème

Pour une solution de base forte de concentration apportée CC (et C⩾10−6 mol⋅L−1C \geqslant 10^{-6}\ \text{mol·L}^{-1} environ), à 25 °C25\ \text{°C} :

pH=14+log⁡C\text{pH} = 14 + \log C

Démonstration

Soit BOH\text{BOH} une base forte de concentration apportée CC.

  1. [OH−][\text{OH}^{-}] provient essentiellement de la dissociation totale : [OH−]≈C[\text{OH}^{-}] \approx Con néglige l'apport, très faible, de l'autoprotolyse
  2. Ke=[H3O+][OH−]K_e = [\text{H}_3\text{O}^{+}][\text{OH}^{-}]
  3. ⇒\Rightarrow[H3O+]=KeC[\text{H}_3\text{O}^{+}] = \dfrac{K_e}{C}
  4. ⇒\RightarrowpH=−log⁡(KeC)=−log⁡Ke+log⁡C\text{pH} = -\log\left(\dfrac{K_e}{C}\right) = -\log K_e + \log C
  5. ==14+log⁡C14 + \log Ccar −log⁡Ke=−log⁡(10−14)=14-\log K_e = -\log\left(10^{-14}\right) = 14
Exemple — pH d'une solution de soude
  1. solution de NaOH à C=2,0×10−3 mol⋅L−1C = 2{,}0 \times 10^{-3}\ \text{mol·L}^{-1}
  2. pH=14+log⁡(2,0×10−3)\text{pH} = 14 + \log\left(2{,}0 \times 10^{-3}\right)
  3. ==14−2,714 - 2{,}7
  4. ≈\approx11,311{,}3

6.3  Base faible : l'exemple de l'ammoniac

Définition

Une base faible ne réagit que partiellement avec l'eau ; à l'équilibre, la majeure partie de la base reste sous forme moléculaire.

Exemple — l'ammoniac, base faible

NH3+H2O⇌NH4++OH−\text{NH}_3 + \text{H}_2\text{O} \rightleftharpoons \text{NH}_4^{+} + \text{OH}^{-}. Une solution d'ammoniac à C=1,0×10−2 mol⋅L−1C = 1{,}0 \times 10^{-2}\ \text{mol·L}^{-1} a un pH mesuré voisin de 10,610{,}6, alors qu'une base forte de même concentration donnerait pH=14+log⁡(10−2)=12,0\text{pH} = 14 + \log\left(10^{-2}\right) = 12{,}0. Le pH mesuré, plus faible, confirme que la dissociation de l'ammoniac est incomplète.

6.4  Dangers et sécurité des bases fortes

La soude et la potasse concentrées sont tout aussi corrosives que les acides forts, et parfois plus insidieuses : elles ne piquent pas immédiatement au contact de la peau, mais attaquent les tissus en profondeur (elles « savonnifient » les graisses cutanées). Les mêmes pictogrammes de danger (figure 5) et les mêmes équipements de protection individuelle — gants, lunettes — sont exigés, et l'on dissout toujours la soude solide dans l'eau, lentement, jamais l'inverse.

Fiche mémo

  • Eau polaire → solvatation des ions ; dissolution : NaCl(s)→Na(aq)++Cl(aq)−\text{NaCl}_{(s)} \rightarrow \text{Na}^{+}_{(aq)} + \text{Cl}^{-}_{(aq)}.
  • Concentration molaire C=nVC = \dfrac{n}{V} ; concentration d'un ion = C×C \times son coefficient stœchiométrique.
  • Électroneutralité : somme des charges positives = somme des charges négatives.
  • Arrhenius : acide libère H+\text{H}^{+}, base libère OH−\text{OH}^{-} (théorie limitée à l'eau).
  • Brönsted : acide = espèce qui cède H⁺ ; base = espèce qui capte H⁺.
  • Couple acide/base : acide⇌base+H+\text{acide} \rightleftharpoons \text{base} + \text{H}^{+}. Réaction acide-base = transfert de H⁺ entre deux couples.
  • Autoprotolyse de l'eau : 2 H2O⇌H3O++OH−2\,\text{H}_2\text{O} \rightleftharpoons \text{H}_3\text{O}^{+} + \text{OH}^{-} ; Ke=[H3O+][OH−]=10−14K_e = [\text{H}_3\text{O}^{+}][\text{OH}^{-}] = 10^{-14} à 25 °C25\ \text{°C}.
  • Acide : [H3O+]>10−7[\text{H}_3\text{O}^{+}] > 10^{-7} ; neutre : =10−7= 10^{-7} ; basique : <10−7 mol⋅L−1< 10^{-7}\ \text{mol·L}^{-1}.
  • pH=−log⁡[H3O+]\text{pH} = -\log[\text{H}_3\text{O}^{+}], sans unité ; [H3O+]=10−pH[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 10^{-\text{pH}}.
  • Acide fort : dissociation totale (→\rightarrow) ; pH=−log⁡C\text{pH} = -\log C.
  • Acide faible : dissociation partielle (⇌\rightleftharpoons) ; pH mesuré supérieur à celui d'un acide fort de même C.
  • Base forte : dissociation totale ; pH=14+log⁡C\text{pH} = 14 + \log C.
  • Base faible (ex. NH3\text{NH}_3) : dissociation partielle ; pH mesuré inférieur à celui d'une base forte de même C.
  • Sécurité : toujours verser l'acide (ou la base solide) dans l'eau, jamais l'inverse — dilution très exothermique.

7Exercices corrigés

Niveau 1 — Application directe
1

Pour chacune des espèces suivantes, indique si elle peut être un acide de Brönsted, une base de Brönsted, ou les deux (espèce amphotère) : HCl\text{HCl} ; NH3\text{NH}_3 ; H2O\text{H}_2\text{O} ; CH3COO−\text{CH}_3\text{COO}^{-}.

Voir le corrigé détaillé
  • HCl\text{HCl} : peut céder un H+\text{H}^{+} (donne Cl−\text{Cl}^{-}) → acide uniquement.
  • NH3\text{NH}_3 : porte un doublet non liant, capable de capter un H+\text{H}^{+} (donne NH4+\text{NH}_4^{+}) → base uniquement.
  • H2O\text{H}_2\text{O} : peut céder un H+\text{H}^{+} (→ OH−\text{OH}^{-}) ou en capter un (→ H3O+\text{H}_3\text{O}^{+}) → espèce amphotère.
  • CH3COO−\text{CH}_3\text{COO}^{-} : peut capter un H+\text{H}^{+} pour redonner CH3COOH\text{CH}_3\text{COOH} → base uniquement.
2

Donne la base conjuguée de HNO3\text{HNO}_3, de H3O+\text{H}_3\text{O}^{+} et de NH4+\text{NH}_4^{+} ; puis l'acide conjugué de OH−\text{OH}^{-} et de CH3COO−\text{CH}_3\text{COO}^{-}.

Voir le corrigé détaillé

On retire un H+\text{H}^{+} pour trouver la base conjuguée, on en ajoute un pour trouver l'acide conjugué.

  • base conjuguée de HNO3\text{HNO}_3 : NO3−\text{NO}_3^{-}
  • base conjuguée de H3O+\text{H}_3\text{O}^{+} : H2O\text{H}_2\text{O}
  • base conjuguée de NH4+\text{NH}_4^{+} : NH3\text{NH}_3
  • acide conjugué de OH−\text{OH}^{-} : H2O\text{H}_2\text{O}
  • acide conjugué de CH3COO−\text{CH}_3\text{COO}^{-} : CH3COOH\text{CH}_3\text{COOH}
3

On dissout du chlorure de calcium CaCl2\text{CaCl}_2 dans l'eau, à la concentration apportée C=0,15 mol⋅L−1C = 0{,}15\ \text{mol·L}^{-1}. Écris l'équation de dissolution, puis donne les concentrations [Ca2+][\text{Ca}^{2+}] et [Cl−][\text{Cl}^{-}].

Voir le corrigé détaillé
  1. CaCl2(s)→ eau Ca(aq)2++2 Cl(aq)−\text{CaCl}_{2(s)} \xrightarrow{\ \text{eau}\ } \text{Ca}^{2+}_{(aq)} + 2\,\text{Cl}^{-}_{(aq)}
  2. [Ca2+]=C=0,15 mol⋅L−1[\text{Ca}^{2+}] = C = 0{,}15\ \text{mol·L}^{-1}
  3. [Cl−]=2C=0,30 mol⋅L−1[\text{Cl}^{-}] = 2C = 0{,}30\ \text{mol·L}^{-1}coefficient 2 devant Cl⁻
4

Donne [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}] pour pH=4,0\text{pH} = 4{,}0 puis pour pH=9,5\text{pH} = 9{,}5. Donne le pH pour [H3O+]=1,0×10−6 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 1{,}0 \times 10^{-6}\ \text{mol·L}^{-1} puis pour [H3O+]=3,2×10−2 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 3{,}2 \times 10^{-2}\ \text{mol·L}^{-1}.

Voir le corrigé détaillé
  1. pH=4,0⇒[H3O+]=10−4,0=1,0×10−4 mol⋅L−1\text{pH}=4{,}0 \Rightarrow [\text{H}_3\text{O}^{+}] = 10^{-4{,}0} = 1{,}0 \times 10^{-4}\ \text{mol·L}^{-1}
  2. pH=9,5⇒[H3O+]=10−9,5≈3,2×10−10 mol⋅L−1\text{pH}=9{,}5 \Rightarrow [\text{H}_3\text{O}^{+}] = 10^{-9{,}5} \approx 3{,}2 \times 10^{-10}\ \text{mol·L}^{-1}
  3. [H3O+]=1,0×10−6⇒pH=6,0[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 1{,}0 \times 10^{-6} \Rightarrow \text{pH} = 6{,}0
  4. [H3O+]=3,2×10−2⇒pH=−log⁡(3,2×10−2)≈1,5[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 3{,}2 \times 10^{-2} \Rightarrow \text{pH} = -\log\left(3{,}2 \times 10^{-2}\right) \approx 1{,}5
5

Classe ces quatre solutions par pH croissant, en précisant si chacune est acide, neutre ou basique : A ([H3O+]=1,0×10−2 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}]=1{,}0\times10^{-2}\ \text{mol·L}^{-1}) ; B (pH=7,0\text{pH}=7{,}0) ; C ([OH−]=1,0×10−2 mol⋅L−1[\text{OH}^{-}]=1{,}0\times10^{-2}\ \text{mol·L}^{-1}) ; D ([H3O+]=5,0×10−9 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}]=5{,}0\times10^{-9}\ \text{mol·L}^{-1}).

Voir le corrigé détaillé
  1. A : pH=−log⁡(1,0×10−2)=2,0\text{pH} = -\log\left(1{,}0\times10^{-2}\right) = 2{,}0acide
  2. B : pH=7,0\text{pH} = 7{,}0neutre
  3. C : [H3O+]=Ke[OH−]=10−1410−2=10−12[\text{H}_3\text{O}^{+}] = \dfrac{K_e}{[\text{OH}^{-}]} = \dfrac{10^{-14}}{10^{-2}} = 10^{-12}, donc pH=12,0\text{pH}=12{,}0basique
  4. D : pH=−log⁡(5,0×10−9)≈8,3\text{pH} = -\log\left(5{,}0\times10^{-9}\right) \approx 8{,}3basique

Ordre croissant : A (2,0) < B (7,0) < D (8,3) < C (12,0).

Niveau 2 — Approfondissement
6

Une solution d'acide nitrique HNO3\text{HNO}_3 (acide fort) a pour concentration C=4,0×10−3 mol⋅L−1C = 4{,}0\times10^{-3}\ \text{mol·L}^{-1}. Calcule son pH.

Voir le corrigé détaillé
  1. acide fort : pH=−log⁡C\text{pH} = -\log C
  2. ==−log⁡(4,0×10−3)-\log\left(4{,}0\times10^{-3}\right)
  3. ≈\approx2,42{,}4
7

Une solution d'acide chlorhydrique a un pH mesuré de 2,02{,}0. Calcule sa concentration CC, puis la concentration en ions Cl−\text{Cl}^{-}.

Voir le corrigé détaillé
  1. C=10−pH=10−2,0C = 10^{-\text{pH}} = 10^{-2{,}0}
  2. ==1,0×10−2 mol⋅L−11{,}0 \times 10^{-2}\ \text{mol·L}^{-1}
  3. HCl→Cl−+H3O+\text{HCl} \rightarrow \text{Cl}^{-} + \text{H}_3\text{O}^{+} : dissociation totale, coefficient 1
  4. ⇒\Rightarrow[Cl−]=C=1,0×10−2 mol⋅L−1[\text{Cl}^{-}] = C = 1{,}0 \times 10^{-2}\ \text{mol·L}^{-1}
8

Une solution d'hydroxyde de potassium KOH\text{KOH} (base forte) a pour concentration C=8,0×10−4 mol⋅L−1C = 8{,}0\times10^{-4}\ \text{mol·L}^{-1}. Calcule son pH.

Voir le corrigé détaillé
  1. base forte : pH=14+log⁡C\text{pH} = 14 + \log C
  2. ==14+log⁡(8,0×10−4)14 + \log\left(8{,}0\times10^{-4}\right)
  3. ==14−3,114 - 3{,}1
  4. ≈\approx10,910{,}9
9

On dissout n=0,10 moln = 0{,}10\ \text{mol} de sulfate d'aluminium Al2(SO4)3\text{Al}_2(\text{SO}_4)_3 dans V=250 mLV = 250\ \text{mL} d'eau. Calcule CC, les concentrations [Al3+][\text{Al}^{3+}] et [SO42−][\text{SO}_4^{2-}], et vérifie l'électroneutralité.

Voir le corrigé détaillé
  1. C=nV=0,100,250C = \dfrac{n}{V} = \dfrac{0{,}10}{0{,}250}
  2. ==0,40 mol⋅L−10{,}40\ \text{mol·L}^{-1}
  3. Al2(SO4)3(s)→2 Al(aq)3++3 SO42−(aq)\text{Al}_2(\text{SO}_4)_{3(s)} \rightarrow 2\,\text{Al}^{3+}_{(aq)} + 3\,\text{SO}_4^{2-}\text{(aq)}
  4. [Al3+]=2C=0,80 mol⋅L−1 ;[SO42−]=3C=1,20 mol⋅L−1[\text{Al}^{3+}] = 2C = 0{,}80\ \text{mol·L}^{-1}\ ;\quad [\text{SO}_4^{2-}] = 3C = 1{,}20\ \text{mol·L}^{-1}
  5. charges positives =3×0,80=2,40 mol⋅L−1= 3 \times 0{,}80 = 2{,}40\ \text{mol·L}^{-1}
  6. charges négatives =2×1,20=2,40 mol⋅L−1= 2 \times 1{,}20 = 2{,}40\ \text{mol·L}^{-1}égalité vérifiée
10

Deux solutions ont la même concentration apportée C=1,0×10−2 mol⋅L−1C = 1{,}0\times10^{-2}\ \text{mol·L}^{-1} : l'une d'acide chlorhydrique (acide fort), l'autre d'acide éthanoïque (acide faible). Sans calculer le pH exact de la seconde, explique pourquoi leurs pH diffèrent, et précise laquelle a le pH le plus grand.

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L'acide chlorhydrique se dissocie totalement : [H3O+]=C[\text{H}_3\text{O}^{+}] = C, d'où pH=−log⁡(10−2)=2,0\text{pH} = -\log\left(10^{-2}\right) = 2{,}0 exactement. L'acide éthanoïque, acide faible, ne se dissocie que partiellement : la concentration réellement formée en H3O+\text{H}_3\text{O}^{+} est inférieure à CC. Son pH est donc supérieur à 2,02{,}0 : la solution d'acide éthanoïque est la moins acide des deux.

Niveau 3 — Défi
11

On dissout m=2,92 gm = 2{,}92\ \text{g} de chlorure de sodium NaCl\text{NaCl} (M=58,5 g⋅mol−1M = 58{,}5\ \text{g·mol}^{-1}) dans de l'eau distillée, pour obtenir V=200 mLV = 200\ \text{mL} de solution.

  1. Calcule la quantité de matière nn de NaCl dissous, puis la concentration CC de la solution.
  2. Donne les concentrations [Na+][\text{Na}^{+}] et [Cl−][\text{Cl}^{-}], et vérifie l'électroneutralité.
  3. On ajoute, sans changer le volume, de l'acide chlorhydrique jusqu'à une concentration apportée C′=1,0×10−3 mol⋅L−1C' = 1{,}0\times10^{-3}\ \text{mol·L}^{-1} (acide fort). Calcule le pH de la solution finale (on admet que [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}] provient uniquement de cet ajout).
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. n=mM=2,9258,5n = \dfrac{m}{M} = \dfrac{2{,}92}{58{,}5}
  2. ≈\approx0,0500 mol0{,}0500\ \text{mol}
  3. C=nV=0,05000,200C = \dfrac{n}{V} = \dfrac{0{,}0500}{0{,}200}
  4. ==0,250 mol⋅L−10{,}250\ \text{mol·L}^{-1}

2. NaCl est un solide 1:1.

  1. [Na+]=[Cl−]=C=0,250 mol⋅L−1[\text{Na}^{+}] = [\text{Cl}^{-}] = C = 0{,}250\ \text{mol·L}^{-1}
  2. charges positives =0,250= 0{,}250 ; charges négatives =0,250= 0{,}250un seul cation, un seul anion, même coefficient : électroneutralité immédiate

3.

  1. pH=−log⁡C′=−log⁡(1,0×10−3)\text{pH} = -\log C' = -\log\left(1{,}0\times10^{-3}\right)
  2. ==3,03{,}0
12

Une solution d'acide chlorhydrique a un pH initial pH0=1,0\text{pH}_0 = 1{,}0.

  1. Calcule la concentration initiale C0C_0.
  2. On prélève V0=10,0 mLV_0 = 10{,}0\ \text{mL} de cette solution, que l'on dilue jusqu'à V1=1,00 LV_1 = 1{,}00\ \text{L} avec de l'eau distillée. Calcule la concentration C1C_1 après dilution, sachant que la quantité de matière d'acide se conserve : C0V0=C1V1C_0 V_0 = C_1 V_1.
  3. Calcule le nouveau pH, et vérifie qu'une dilution par 100100 augmente le pH de 22 unités.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. C0=10−pH0=10−1,0C_0 = 10^{-\text{pH}_0} = 10^{-1{,}0}
  2. ==0,10 mol⋅L−10{,}10\ \text{mol·L}^{-1}

2.

  1. C1=C0V0V1=0,10×0,01001,00C_1 = \dfrac{C_0 V_0}{V_1} = \dfrac{0{,}10 \times 0{,}0100}{1{,}00}
  2. ==1,0×10−3 mol⋅L−11{,}0 \times 10^{-3}\ \text{mol·L}^{-1}

3.

  1. pH1=−log⁡(1,0×10−3)=3,0\text{pH}_1 = -\log\left(1{,}0\times10^{-3}\right) = 3{,}0
  2. pH1−pH0=3,0−1,0=2,0\text{pH}_1 - \text{pH}_0 = 3{,}0 - 1{,}0 = 2{,}0une dilution par 10² multiplie C par 10⁻² donc ajoute 2 au pH
13

Une usine de traitement d'eau utilise de la soude pour neutraliser un effluent acide.

  1. Une cuve contient V=5,0 m3V = 5{,}0\ \text{m}^3 d'effluent, assimilé à une solution d'acide fort de pH=2,0\text{pH} = 2{,}0. Calcule la quantité de matière d'ions H3O+\text{H}_3\text{O}^{+} présente dans la cuve.
  2. On veut ajouter juste assez de soude solide (M(NaOH)=40,0 g⋅mol−1M(\text{NaOH}) = 40{,}0\ \text{g·mol}^{-1}) pour neutraliser exactement ces ions, selon H3O++OH−→2 H2O\text{H}_3\text{O}^{+} + \text{OH}^{-} \rightarrow 2\,\text{H}_2\text{O}. Calcule la masse de soude nécessaire.
  3. On ajoute en réalité m=25,0 kgm = 25{,}0\ \text{kg} de soude. Calcule le pH final de la cuve (volume supposé inchangé, V=5,0 m3V = 5{,}0\ \text{m}^3).
Voir le corrigé détaillé

1. V=5,0 m3=5,0×103 LV = 5{,}0\ \text{m}^3 = 5{,}0\times10^{3}\ \text{L}.

  1. [H3O+]=10−2,0=1,0×10−2 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 10^{-2{,}0} = 1{,}0\times10^{-2}\ \text{mol·L}^{-1}
  2. n(H3O+)=[H3O+]×V=1,0×10−2×5,0×103n(\text{H}_3\text{O}^{+}) = [\text{H}_3\text{O}^{+}] \times V = 1{,}0\times10^{-2} \times 5{,}0\times10^{3}
  3. ==50 mol50\ \text{mol}

2. La réaction est 1:1, donc n(NaOH)neˊcessaire=n(H3O+)=50 moln(\text{NaOH})_{\text{nécessaire}} = n(\text{H}_3\text{O}^{+}) = 50\ \text{mol}.

  1. mneˊcessaire=n×M=50×40,0m_{\text{nécessaire}} = n \times M = 50 \times 40{,}0
  2. ==2,0×103 g=2,0 kg2{,}0\times10^{3}\ \text{g} = 2{,}0\ \text{kg}

3. On ajoute 25,0 kg25{,}0\ \text{kg}, très supérieur aux 2,0 kg2{,}0\ \text{kg} nécessaires : la soude est en excès, la cuve devient basique.

  1. n(NaOH)ajouteˊ=25 00040,0=625 moln(\text{NaOH})_{\text{ajouté}} = \dfrac{25\,000}{40{,}0} = 625\ \text{mol}
  2. n(OH−)exceˋs=625−50=575 moln(\text{OH}^{-})_{\text{excès}} = 625 - 50 = 575\ \text{mol}50 mol servent à neutraliser H₃O⁺
  3. [OH−]=5755,0×103[\text{OH}^{-}] = \dfrac{575}{5{,}0\times10^{3}}
  4. ≈\approx0,115 mol⋅L−10{,}115\ \text{mol·L}^{-1}
  5. pH=14+log⁡(0,115)\text{pH} = 14 + \log\left(0{,}115\right)
  6. ≈\approx13,113{,}1
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
14

Le bissap d'Aminata (Dakar). Aminata prépare du bissap en faisant infuser des fleurs d'hibiscus séchées. Elle mesure au pH-mètre pH=2,9\text{pH} = 2{,}9.

  1. La boisson est-elle acide, neutre ou basique ? Justifie.
  2. Calcule la concentration [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}] du jus.
  3. Pour l'adoucir, Aminata ajoute deux volumes d'eau à un volume de jus (la concentration en acides est alors divisée par 3). En assimilant les acides du bissap à un acide fort, calcule le pH après dilution.
Voir le corrigé détaillé

1. pH=2,9<7\text{pH} = 2{,}9 < 7 : le jus est acide ([H3O+]>[OH−][\text{H}_3\text{O}^{+}] > [\text{OH}^{-}]), ce qui est cohérent avec la teinte rouge vif de l'indicateur naturel qu'est le bissap.

2.

  1. [H3O+]=10−2,9[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 10^{-2{,}9}
  2. ≈\approx1,3×10−3 mol⋅L−11{,}3 \times 10^{-3}\ \text{mol·L}^{-1}

3.

  1. Cdilueˊ=1,3×10−33C_{\text{dilué}} = \dfrac{1{,}3\times10^{-3}}{3}
  2. ≈\approx4,2×10−4 mol⋅L−14{,}2 \times 10^{-4}\ \text{mol·L}^{-1}
  3. pH=−log⁡(4,2×10−4)\text{pH} = -\log\left(4{,}2\times10^{-4}\right)
  4. ≈\approx3,43{,}4
15

Le forage de l'agronome (Ndjamena). Un agronome contrôle, à Ndjamena, l'eau d'un forage destinée à l'irrigation. Il mesure [H3O+]=3,0×10−8 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 3{,}0 \times 10^{-8}\ \text{mol·L}^{-1}.

  1. Calcule le pH de cette eau et précise sa nature.
  2. Calcule la concentration en ions OH−\text{OH}^{-}.
  3. Les agronomes recommandent une eau d'irrigation de pH inférieur ou égal à 8,58{,}5 pour ce type de sol. Cette eau respecte-t-elle la recommandation ?
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. pH=−log⁡(3,0×10−8)\text{pH} = -\log\left(3{,}0\times10^{-8}\right)
  2. ≈\approx7,57{,}5

pH>7\text{pH} > 7 : l'eau est légèrement basique.

2.

  1. [OH−]=Ke[H3O+]=1,0×10−143,0×10−8[\text{OH}^{-}] = \dfrac{K_e}{[\text{H}_3\text{O}^{+}]} = \dfrac{1{,}0\times10^{-14}}{3{,}0\times10^{-8}}
  2. ≈\approx3,3×10−7 mol⋅L−13{,}3 \times 10^{-7}\ \text{mol·L}^{-1}

3. 7,5<8,57{,}5 < 8{,}5 : l'eau du forage respecte la recommandation agronomique.

16

Le garage de Kouassi (Abidjan). Dans son garage à Abidjan, Kouassi prépare une solution diluée d'acide sulfurique pour l'entretien de batteries, à partir d'acide concentré.

  1. Rappelle, en une phrase, la règle de sécurité à respecter lors de cette dilution, et explique pourquoi.
  2. Après dilution, [H3O+]=2,0×10−1 mol⋅L−1[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 2{,}0 \times 10^{-1}\ \text{mol·L}^{-1} (on admet, en 1ʳᵉ acidité, un comportement d'acide fort). Calcule le pH de cette solution.
  3. D'après la figure 5, Kouassi manipule cet acide à mains nues et sans lunettes : est-ce suffisant ? Justifie et propose l'équipement adapté.
Voir le corrigé détaillé

1. Il faut verser l'acide concentré dans l'eau, jamais l'inverse : la dilution est très exothermique, et verser de l'eau dans l'acide risquerait une vaporisation brutale projetant des gouttelettes corrosives.

2.

  1. pH=−log⁡(2,0×10−1)\text{pH} = -\log\left(2{,}0\times10^{-1}\right)
  2. ≈\approx0,70{,}7

3. Un pH aussi bas correspond à un acide très corrosif (pictogramme figure 5) : travailler à mains nues et sans lunettes est insuffisant et dangereux. Kouassi doit porter des gants et des lunettes de protection (équipement de protection individuelle) avant toute manipulation.

📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

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Pourquoi l'eau dissout-elle facilement un solide ionique comme le chlorure de sodium ?

Explication : La molécule d'eau, coudée, possède un oxygène δ−\delta^{-} et des hydrogènes δ+\delta^{+} : c'est un dipôle. Ses molécules s'orientent autour de chaque ion arraché au cristal (cation entouré par les oxygènes δ−\delta^{-}, anion par les hydrogènes δ+\delta^{+}) : c'est la solvatation.

Lorsqu'on dissout le sulfate de sodium Na2SO4\text{Na}_2\text{SO}_4 dans l'eau, l'équation de dissolution s'écrit :

Explication : Le solide Na2SO4\text{Na}_2\text{SO}_4 contient deux ions Na+\text{Na}^{+} pour un ion SO42−\text{SO}_4^{2-} : il faut le coefficient 2 devant Na+\text{Na}^{+} pour respecter la formule et la conservation des charges.

On dissout n=0,20n = 0{,}20 mol de Na2SO4\text{Na}_2\text{SO}_4 dans une fiole jaugée complétée à V=500V = 500 mL. La concentration en ions Na+\text{Na}^{+} vaut :

Explication : C=nV=0,200,500=0,40 mol/LC = \dfrac{n}{V} = \dfrac{0{,}20}{0{,}500} = 0{,}40\ \text{mol/L}.
Comme il y a 2 ions Na+\text{Na}^{+} par formule, [Na+]=2C=0,80 mol/L[\text{Na}^{+}] = 2C = 0{,}80\ \text{mol/L} — ne confonds pas la concentration du soluté apporté et celle de l'ion.

D'après le principe d'électroneutralité, dans une solution aqueuse :

Explication : Une solution aqueuse est toujours électriquement neutre : les charges positives totales des cations compensent exactement les charges négatives totales des anions.

Selon la théorie d'Arrhenius (1884), un acide est une espèce qui, dissoute dans l'eau :

Explication : Pour Arrhenius, un acide libère des ions H+\text{H}^{+} en solution aqueuse, tandis qu'une base libère des ions OH−\text{OH}^{-}.

La théorie d'Arrhenius est incomplète, car elle n'explique pas pourquoi :

Explication : NH3\text{NH}_3 ne contient aucun groupe OH\text{OH} : la théorie d'Arrhenius, limitée à l'eau, ne peut pas expliquer son caractère basique. Il a fallu la théorie plus générale de Brönsted, fondée sur le transfert de H+\text{H}^{+}.

Selon la théorie de Brönsted (1923), un acide est une espèce chimique capable de :

Explication : Un acide de Brönsted cède un H+\text{H}^{+} ; une base de Brönsted en capte un. Cette définition, plus générale que celle d'Arrhenius, explique le comportement de l'ammoniac.

Pour passer de la formule d'un acide à celle de sa base conjuguée, on :

Explication : acide⇌base+H+\text{acide} \rightleftharpoons \text{base} + \text{H}^{+} : la base conjuguée s'obtient en retirant un H+\text{H}^{+} à l'acide (le nombre d'hydrogènes diminue de 1, la charge diminue de 1).

Dans la réaction CH3COOH+NH3⇌CH3COO−+NH4+\text{CH}_3\text{COOH} + \text{NH}_3 \rightleftharpoons \text{CH}_3\text{COO}^{-} + \text{NH}_4^{+}, le transfert de H+\text{H}^{+} se fait :

Explication : Toute réaction acide-base est un transfert de H+\text{H}^{+} entre deux couples : ici, CH3COOH\text{CH}_3\text{COOH} (acide du couple 1) cède un H+\text{H}^{+} que NH3\text{NH}_3 (base du couple 2) capte, donnant CH3COO−\text{CH}_3\text{COO}^{-} et NH4+\text{NH}_4^{+}.

L'eau est dite amphotère car elle :

Explication : Dans le couple H3O+/H2O\text{H}_3\text{O}^{+}/\text{H}_2\text{O}, l'eau joue le rôle de base (elle capte H+\text{H}^{+}) ; dans le couple H2O/OH−\text{H}_2\text{O}/\text{OH}^{-}, elle joue le rôle d'acide (elle cède H+\text{H}^{+}). Ce double rôle définit son caractère amphotère.

L'équation de l'autoprotolyse de l'eau s'écrit :

Explication : Une molécule d'eau cède un H+\text{H}^{+} à une autre molécule d'eau, qui le capte : c'est une réaction équilibrée (double flèche), très limitée, entre deux molécules d'eau.

Une solution a pour concentration [H3O+]=1,0×10−3[\text{H}_3\text{O}^{+}] = 1{,}0 \times 10^{-3} mol/L. Sachant que Ke=[H3O+][OH−]=1,0×10−14K_e = [\text{H}_3\text{O}^{+}][\text{OH}^{-}] = 1{,}0\times10^{-14} à 25 °C, la concentration [OH−][\text{OH}^{-}] vaut :

Explication : [OH−]=Ke[H3O+]=1,0×10−141,0×10−3=1,0×10−11 mol/L[\text{OH}^{-}] = \dfrac{K_e}{[\text{H}_3\text{O}^{+}]} = \dfrac{1{,}0\times10^{-14}}{1{,}0\times10^{-3}} = 1{,}0\times10^{-11}\ \text{mol/L}.

À 25 °C, une solution pour laquelle [H3O+]<[OH−][\text{H}_3\text{O}^{+}] < [\text{OH}^{-}] est :

Explication : Une solution est basique lorsque [H3O+]<[OH−][\text{H}_3\text{O}^{+}] < [\text{OH}^{-}], soit [H3O+]<1,0×10−7 mol/L[\text{H}_3\text{O}^{+}] < 1{,}0\times10^{-7}\ \text{mol/L} à 25 °C.

Concernant le pH d'une solution aqueuse, l'affirmation correcte est :

Explication : pH=−log⁡[H3O+]\text{pH} = -\log[\text{H}_3\text{O}^{+}] est un logarithme, donc un nombre sans unité. Écrire « pH = 2 mol/L » est une erreur fréquente au bac : seule la concentration s'exprime en mol/L.

Une variation d'une unité de pH correspond à une concentration [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}] :

Explication : L'échelle de pH est logarithmique : pH=−log⁡[H3O+]\text{pH} = -\log[\text{H}_3\text{O}^{+}], donc changer [H3O+][\text{H}_3\text{O}^{+}] d'un facteur 10 change le pH d'exactement une unité.

Une solution d'acide chlorhydrique (acide fort) a pour concentration C=5,0×10−3C = 5{,}0\times10^{-3} mol/L. Son pH vaut :

Explication : Pour un acide fort, pH=−log⁡C=−log⁡(5,0×10−3)≈2,3\text{pH} = -\log C = -\log\left(5{,}0\times10^{-3}\right) \approx 2{,}3.

Un acide fort très dilué (par exemple C=1,0×10−5C = 1{,}0\times10^{-5} mol/L) :

Explication : La force d'un acide dépend de sa nature chimique, pas de sa concentration. Un acide fort, même très dilué, se dissocie totalement avec l'eau : « fort » et « concentré » sont deux notions différentes.

Une solution d'acide éthanoïque (acide faible) et une solution d'acide chlorhydrique (acide fort), de même concentration apportée CC, ont des pH différents. Le pH de la solution d'acide éthanoïque est :

Explication : L'acide faible ne se dissocie que partiellement : la concentration réellement formée en H3O+\text{H}_3\text{O}^{+} est inférieure à CC. Son pH est donc plus grand que celui de l'acide fort de même concentration, qui, lui, se dissocie totalement.

Une solution d'hydroxyde de sodium (base forte) a pour concentration C=2,0×10−3C = 2{,}0\times10^{-3} mol/L. Son pH vaut :

Explication : Pour une base forte, pH=14+log⁡C=14+log⁡(2,0×10−3)=14−2,7≈11,3\text{pH} = 14 + \log C = 14 + \log\left(2{,}0\times10^{-3}\right) = 14 - 2{,}7 \approx 11{,}3.

Pour diluer un acide concentré en toute sécurité, la règle stricte à respecter est :

Explication : La dilution d'un acide concentré est très exothermique. Verser de l'eau dans l'acide risquerait une vaporisation brutale projetant des gouttelettes corrosives ; on verse donc toujours l'acide dans l'eau, en petites quantités et en agitant.
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