Étudier les transformations forcées et leurs applications.
ChimieTerminaleChapitre 6 / 11⏱ 8 h
Ce que tu sauras faire à la fin
Écrire les réactions d'une électrolyse
Appliquer les lois de Faraday
Décrire une application industrielle
Une usine d'aluminium, une station de traitement d'eau comme celle de la SDE à Dakar, ou l'atelier d'un bijoutier qui dore des boucles d'oreilles : derrière ces trois activités si différentes se cache le même phénomène physico-chimique, l'électrolyse. Depuis la 1ère, tu sais qu'une pile transforme spontanément de l'énergie chimique en énergie électrique. Ce chapitre inverse la question : et si, au lieu de laisser une réaction se produire toute seule, on la forçait à avoir lieu — même quand elle refuse spontanément ?
C'est exactement ce que réalise un électrolyseur : un générateur électrique impose un courant à travers une solution ou un liquide ionique, et déclenche des réactions d'oxydoréduction qui, livrées à elles-mêmes, n'auraient jamais lieu. Grâce à ce principe, on obtient de l'aluminium métallique à partir d'un minerai qui ne contient que des ions Al3+, on recouvre une cuillère ordinaire d'une fine couche d'argent ou d'or, on purifie le cuivre jusqu'à 99,99%, et l'on produit le dichlore qui désinfecte l'eau potable de millions de foyers.
La nouveauté par rapport à la pile tient en une phrase : dans une pile, la réaction choisit son camp — elle est spontanée ; dans un électrolyseur, c'est toi qui choisis, en réglant le générateur, à condition de fournir assez d'énergie électrique. Tu retrouveras les outils de 1ère (couples oxydant/réducteur, anode, cathode, transfert d'électrons), mais avec un objectif nouveau et quantitatif : relier rigoureusement la quantité d'électricité mise en jeu à la masse de matière transformée, grâce aux lois de Faraday.
C'est un chapitre profondément industriel : chaque notion débouche sur un procédé réel — Hall-Héroult pour l'aluminium, chlore-soude pour le dichlore et la soude, galvanoplastie pour les revêtements métalliques, électrolyse de l'eau pour l'hydrogène « vert » des projets mauritanien et namibien. C'est aussi un chapitre très calculatoire : garde ta calculatrice à portée de main, le baccalauréat y puise volontiers ses exercices.
1Principe de l'électrolyse
Reprends la pile Daniell étudiée en 1ère : les couples Cu2+/Cu et Zn2+/Zn réagissent l'un avec l'autre dès que le circuit est fermé, sans intervention extérieure. La transformation est spontanée : elle correspond à une diminution de l'énergie du système.
Définition
Une électrolyse est une transformation chimique forcée : elle est imposée à un système par un générateur électrique extérieur, alors qu'elle ne se produirait pas spontanément (ou se produirait en sens inverse). Le dispositif qui la réalise s'appelle un électrolyseur : une cuve contenant un électrolyte (solution ionique, ou liquide ionique fondu), dans laquelle plongent deux électrodes reliées à un générateur.
Le générateur joue un rôle décisif : c'est lui, et lui seul, qui fixe le sens du courant dans le circuit, donc le sens de circulation des électrons, donc quelle espèce est oxydée et laquelle est réduite. On dit que le générateur impose la transformation.
Propriété — polarité des électrodes
Dans un électrolyseur, la borne + du générateur est reliée à l'anode, et sa borne − à la cathode :
l'anode est reliée au + du générateur ;
la cathode est reliée au − du générateur.
C'est l'inverse de ce qui se passe dans une pile en fonctionnement, où l'anode constitue le pôle − et la cathode le pôle +. En revanche, une règle ne change jamais, dans une pile comme dans un électrolyseur : l'anode est toujours le siège d'une oxydation, et la cathode toujours le siège d'une réduction.
Attention
Le piège classique du baccalauréat : « anode = pôle négatif » n'est vrai que pour une pile. Pour un électrolyseur, c'est l'inverse : l'anode est reliée au pôle positif. Ce qui reste invariant, ce sont les réactions — oxydation à l'anode, réduction à la cathode — jamais les signes des bornes.
1.1 Le seuil de tension : la tension de décomposition
Une électrolyse ne démarre pas dès la moindre tension appliquée. Il existe une tension minimale, dite tension de décompositionUd, en dessous de laquelle aucune réaction notable ne se produit : le générateur doit fournir l'énergie électrique nécessaire pour compenser l'énergie chimique manquante de la transformation forcée et, en pratique, pour vaincre les surtensions aux électrodes (notion précisée en section 2). Au-delà de Ud, l'intensité du courant croît avec la tension appliquée.
1.2 Anatomie d'un électrolyseur
Un électrolyseur minimal comprend : un générateur de tension continue, deux électrodes conductrices (métal, graphite…) plongeant dans un électrolyte, et des fils de connexion. Le courant circule dans les fils par déplacement d'électrons, et dans l'électrolyte par déplacement d'ions : les cations migrent vers la cathode, les anions vers l'anode — d'où leurs noms.
Figure 1 — Comparaison pile / électrolyseur : dans les deux cas l'anode est le siège d'une oxydation et la cathode d'une réduction, mais le générateur de l'électrolyseur inverse la polarité et impose le sens du courant.
Chimie & Co — Humphry Davy et la pile géante
En 1807, le chimiste britannique Humphry Davy construit à la Royal Institution de Londres la pile voltaïque la plus puissante de son temps, reliée à plus de 250 éléments. En électrolysant de la potasse (KOH) puis de la soude (NaOH) fondues, il isole pour la première fois deux métaux jusqu'alors inconnus à l'état pur : le potassium et le sodium. Il décrit avoir vu apparaître, à la cathode, de petites gouttes métalliques « brûlant avec une flamme brillante » au contact de l'air — la toute première observation d'un métal alcalin pur. L'électrolyse venait de révéler des éléments que la chimie classique ne savait pas isoler.
Exemple — identifier anode et cathode
Un électrolyseur est relié à un générateur : la borne + est connectée à l'électrode A, la borne − à l'électrode B. On observe un dégagement gazeux aux deux électrodes.
a. Nomme l'électrode A et l'électrode B.
b. Précise la nature de la réaction (oxydation ou réduction) à chacune.
Réponse.A est reliée au + du générateur : c'est donc l'anode, siège d'une oxydation. B est reliée au − : c'est la cathode, siège d'une réduction.
Exemple — pourquoi une tension plus élevée que prévu ?
Pour l'électrolyse de l'eau acidifiée, la tension de décomposition théorique vaut environ 1,23V, mais il faut en pratique appliquer 1,6 à 2V pour observer un dégagement gazeux net. Explique cet écart.
Réponse. Le calcul thermodynamique 1,23V suppose une transformation idéale, infiniment lente. Faire apparaître un gaz (H2, O2) à la surface d'une électrode exige une énergie supplémentaire, appelée surtension : elle dépend de la nature de l'électrode et de la vitesse de la réaction. C'est cette surtension qui explique l'écart observé — elle sera précisée en section 2.
2Réactions aux électrodes
Tu sais désormais où se produit l'oxydation et où se produit la réduction. Reste la question la plus intéressante : parmi toutes les espèces présentes dans l'électrolyte, lesquelles réagissent réellement ?
2.1 Recenser les espèces en présence
Avant toute prévision, on dresse l'inventaire des espèces qui peuvent être oxydées ou réduites au contact de chaque électrode : les cations de l'électrolyte (ions métalliques, H+), les anions (Cl−, SO42−, OH−…), les molécules de solvant (l'eau, presque toujours présente en solution aqueuse) et, si elle n'est pas inerte, l'électrode elle-même (une anode de cuivre peut s'oxyder en Cu2+).
2.2 Prévoir les réactions : la règle du gamma inversée
Définition — règle du gamma
En 1ère, tu as appris à prévoir la réaction spontanée entre deux couples oxydant/réducteur classés par potentiel standard croissant : l'oxydant du couple de plus haut potentiel réagit avec le réducteur du couple de plus bas potentiel — d'où le tracé en forme de « γ ». Pour une électrolyse, la transformation est forcée : la règle s'applique en sens inverse, on parle de règle du gamma inversée. À la cathode, on réduit a priori l'oxydant le plus fort parmi les espèces présentes (potentiel standard le plus grand) ; à l'anode, on oxyde a priori le réducteur le plus fort (potentiel standard le plus petit).
Méthode — prévoir la réaction cathodique
On compare les potentiels standard des couples réductibles présents. En solution aqueuse, l'eau elle-même est réductible : 2H2O+2e−⟶H2+2OH− (couple H2O/H2, E∘≈0V en milieu neutre). Un cation métallique se dépose préférentiellement à l'eau si son couple a un potentiel standard supérieur (cas de Cu2+/Cu, E∘=+0,34V). À l'inverse, les cations très réducteurs (Na+, Al3+, Mg2+…) ne peuvent jamais être réduits en solution aqueuse : c'est l'eau qui réagit à leur place. Pour obtenir ces métaux, il faut électrolyser un sel fondu, sans eau.
Méthode — prévoir la réaction anodique
On compare les potentiels standard des couples oxydables présents. L'eau est oxydable : 2H2O⟶O2+4H++4e− (couple O2/H2O, E∘=+1,23V). Un anion s'oxyde préférentiellement à l'eau si son couple a un potentiel standard inférieur. Mais attention : produire un gaz exige, en plus de l'énergie thermodynamique, de vaincre une surtension cinétique, différente pour chaque électrode et chaque gaz. Une forte surtension d'oxygène sur certaines électrodes peut inverser la prévision théorique.
Attention — le cas du chlorure
Le couple Cl2/Cl− a un potentiel standard E∘=+1,36V, supérieur à celui de l'eau (+1,23V) : en toute rigueur thermodynamique, c'est l'eau qui devrait s'oxyder en premier à l'anode. Pourtant, dans l'industrie chlore-soude, c'est bien le dichlore qui se dégage ! La raison : la surtension d'oxygène est très élevée sur les électrodes industrielles, et la concentration élevée en Cl− favorise encore sa réaction. C'est l'exemple-type de la règle du gamma « inversée » par la cinétique.
2.3 Quatre électrolyses de référence
Exemple — électrolyse de l'eau acidifiée
Une solution d'eau acidifiée (H2SO4 dilué) est électrolysée entre deux électrodes de platine (inertes). Écris les réactions aux électrodes et l'équation globale.
Réponse. Les espèces présentes sont H+, SO42− (inoxydable, spectateur) et H2O.
cathode (réduction) : 2H++2e−⟶H2
anode (oxydation) : 2H2O⟶O2+4H++4e−
on multiplie la 1re équation par 2 pour équilibrer les électrons échangés4H++4e−⟶2H2
⇒bilan : 2H2O⟶2H2+O2
Deux moles de H2 se forment pour une mole de O2 : dans les mêmes conditions de température et de pression, les volumes de gaz collectés sont eux aussi dans le rapport 2 pour 1.
Figure 2 — Voltamètre de Hofmann : le tube relié à la cathode collecte deux fois plus de gaz (H2) que celui relié à l'anode (O2), conformément à l'équation 2H2O⟶2H2+O2.
Exemple — électrolyse de sulfate de cuivre, anode inerte
Une solution de sulfate de cuivre Cu2++SO42− est électrolysée entre deux électrodes de graphite (inertes). Écris les réactions aux électrodes.
Réponse.SO42− est inoxydable (le soufre y est déjà à son degré d'oxydation maximal) : c'est un ion spectateur. À la cathode, Cu2+/Cu (E∘=+0,34V) l'emporte largement sur l'eau : le cuivre se dépose. À l'anode, en l'absence d'espèce plus facilement oxydable que l'eau, c'est l'eau qui s'oxyde.
cathode : Cu2++2e−⟶Cu
anode : 2H2O⟶O2+4H++4e−
⇒bilan (cathode ×2) : 2Cu2++2H2O⟶2Cu+O2+4H+
Le dépôt de cuivre métallique rouge sur la cathode s'observe à l'œil nu ; la solution s'acidifie progressivement.
Exemple — chlorure de sodium, solution aqueuse et sel fondu
Compare l'électrolyse d'une solution aqueuse de NaCl à celle de NaClfondu (sans eau).
Réponse — en solution aqueuse.Na+ est trop réducteur pour être réduit devant l'eau ; Cl− s'oxyde en pratique malgré la prévision naïve (voir l'encadré ci-dessus).
cathode : 2H2O+2e−⟶H2+2OH−
anode : 2Cl−⟶Cl2+2e−
Réponse — sel fondu. Sans eau, plus aucune compétition : Na+ est directement réduit.
cathode : Na++e−⟶Na
anode : 2Cl−⟶Cl2+2e−
⇒bilan : 2NaCl⟶2Na+Cl2
C'est le principe du procédé Downs, utilisé industriellement pour produire le sodium métallique. Les applications de ces deux électrolyses de NaCl seront détaillées en section 5.
3Différence pile / électrolyse
Il est temps de comparer terme à terme les deux dispositifs — la question favorite des sujets de baccalauréat sur ce chapitre.
Critère
Pile
Électrolyseur
Transformation
spontanée (ΔG<0)
forcée (ΔG>0)
Conversion d'énergie
chimique → électrique
électrique → chimique
Rôle du dispositif
générateur (produit le courant)
récepteur (consomme le courant)
Anode
oxydation, pôle −
oxydation, pôle +
Cathode
réduction, pôle +
réduction, pôle −
Fonctionne sans aide extérieure ?
oui
non, exige un générateur
Propriété — ce qui ne change jamais
Dans les deux dispositifs : l'anode est le siège d'une oxydation, la cathode le siège d'une réduction. C'est la polarité (signe des bornes) qui s'inverse, jamais la nature des réactions.
3.1 L'accumulateur au plomb : les deux visages d'un même système
L'accumulateur au plomb (batterie de voiture) illustre à merveille cette dualité : le même système chimique fonctionne en pile lors de la décharge, et en électrolyseur lors de la charge. Il met en jeu les couples PbO2/Pb2+ et Pb2+/Pb, en milieu acide sulfurique.
Exemple — décharge puis charge de l'accumulateur
Écris les réactions aux électrodes lors de la décharge (utilisation) puis lors de la charge (rechargement).
Réponse — décharge (pile, spontanée). L'électrode de plomb est oxydée (anode, −) ; l'oxyde de plomb est réduit (cathode, +).
anode : Pb⟶Pb2++2e−
cathode : PbO2+4H++2e−⟶Pb2++2H2O
Réponse — charge (électrolyseur, forcée). Le générateur externe inverse le sens des réactions : chaque électrode change de rôle.
à l'électrode reliée au − (cathode) : Pb2++2e−⟶Pb
à l'électrode reliée au + (anode) : Pb2++2H2O⟶PbO2+4H++2e−
La charge régénère exactement les espèces consommées pendant la décharge : c'est ce qui rend l'accumulateur rechargeable.
4Lois de Faraday et quantité d'électricité
Écrire les réactions aux électrodes ne suffit pas à l'industriel : il doit savoir combien de matière il obtiendra pour une énergie électrique donnée. C'est tout l'objet de cette section, la plus calculatoire du chapitre.
4.1 Quantité d'électricité
Définition
La quantité d'électricitéQ qui traverse un circuit pendant une durée t, parcouru par un courant d'intensité Iconstante, vaut :
Q=I×t
Q s'exprime en coulombs (C), I en ampères (A) et t en secondes (s). Si l'intensité varie au cours du temps, Q=∫0ti(τ)dτ ; en terminale, on se limite presque toujours au cas I constante.
4.2 La constante de Faraday
Définition
La constante de FaradayF est la charge électrique portée par une mole d'électrons :
F=NA×e
où NA=6,02×1023mol−1 est le nombre d'Avogadro et e=1,6×10−19C la charge élémentaire. On retient F≈9,65×104C⋅mol−1.
Exemple — vérifier la valeur de F
F=NA×e
=6,02×1023×1,6×10−19
=9,632×104C⋅mol−1arrondi usuel 9,65×104C⋅mol−1
Chimie & Co — Faraday invente son propre vocabulaire
Fils de forgeron, ancien apprenti relieur autodidacte devenu l'assistant de Davy, Michael Faraday énonce en 1833-1834 les deux lois qui portent son nom, à partir d'une série méthodique d'électrolyses. Ne trouvant pas de mots adaptés pour décrire ses expériences, il les invente avec l'aide du philosophe des sciences William Whewell : c'est à cette occasion que naissent les mots « électrode », « anode », « cathode » et « ion », encore utilisés tels quels dans ce chapitre, deux siècles plus tard.
4.3 Loi de Faraday
Théorème — loi de Faraday
La quantité d'électricité Q ayant traversé l'électrolyseur est reliée à la quantité de matière d'électrons n(e−) échangée à chaque électrode par :
Q=n(e−)×Fsoitn(e−)=FIt
4.4 Masse déposée ou dissoute à une électrode
Considère une demi-équation d'électrode faisant intervenir z électrons par unité de formule de l'espèce M étudiée, par exemple Mz++ze−⟶M :
Démonstration — masse déposée m=zFMIt
Notons n la quantité de matière de l'espèce M déposée ou dissoute pendant la durée t, et z le nombre d'électrons échangés par mole de M dans la demi-équation.
quantité d'électrons échangée : n(e−)=FQ=FItloi de Faraday
stœchiométrie de la demi-équation : n(e−)=z×nz électrons pour chaque mole de M
⇒n=zn(e−)=zFIt
masse : m=M×nM = masse molaire de M
⇒m=zFMIt
C.Q.F.D. Cette formule est la clé quantitative de tout le chapitre : elle relie directement les réglages du générateur (I, t) à la masse de produit obtenu.
Attention
Ne confonds jamais z (nombre d'électrons échangés dans la demi-équation utilisée) avec la charge de l'ion prise au hasard. Relis toujours la demi-équation écrite : pour Al3++3e−→Al, z=3 ; pour Ag++e−→Ag, z=1.
Espèce déposée
Demi-équation
M (g·mol⁻¹)
z
Cuivre
Cu2++2e−→Cu
63,5
2
Argent
Ag++e−→Ag
108
1
Nickel
Ni2++2e−→Ni
58,7
2
Chrome
Cr3++3e−→Cr
52,0
3
Zinc
Zn2++2e−→Zn
65,4
2
Aluminium
Al3++3e−→Al
27,0
3
Sodium
Na++e−→Na
23,0
1
Exemple — masse de cuivre déposée
Un courant d'intensité I=2,0A traverse pendant t=1,0h une solution de sulfate de cuivre. Calcule la masse de cuivre déposée à la cathode.
t=1,0×3600=3600s
m=zFMIt
=2×9,65×10463,5×2,0×3600
=193000457200
≈2,37g
Exemple — durée nécessaire pour un dépôt de chrome
On veut déposer m=5,0g de chrome (z=3) avec un courant I=3,0A. Calcule la durée nécessaire.
m=zFMIt⇒t=MImzF
=52,0×3,05,0×3×9,65×104
=1561447500
≈9279s≈2h35min
Exemple — volume de gaz produit
Une électrolyse de l'eau acidifiée est parcourue par I=0,50A pendant t=20min. Calcule le volume de dihydrogène recueilli à la cathode (Vm=24L⋅mol−1).
t=20×60=1200s
demi-équation cathode : 2H++2e−→H2, donc z=2 pour une mole de H2
n(H2)=zFIt=2×9,65×1040,50×1200
≈3,11×10−3mol
V(H2)=n(H2)×Vm=3,11×10−3×24
≈74,7mL
5Galvanoplastie, purification, production d'aluminium
Place maintenant à l'industrie. Les mêmes équations d'électrodes, écrites en section 2, deviennent ici des procédés qui façonnent des objets réels : bijoux, tôles, câbles, casseroles, canettes.
5.1 Galvanoplastie : revêtir un objet d'une fine couche métallique
La galvanoplastie consiste à déposer, par électrolyse, une fine couche d'un métal noble ou protecteur sur un objet conducteur bon marché. L'objet à recouvrir est placé à la cathode (il reçoit le dépôt par réduction des cations métalliques) ; une électrode du métal à déposer sert d'anode et se dissout au fur et à mesure, ce qui maintient la concentration en cations dans le bain.
Définition
La galvanoplastie regroupe les procédés de dépôt électrolytique d'un métal sur un support : dorure (or), argenture (argent), nickelage (nickel), chromage (chrome) à visée décorative ou de protection contre l'usure, et zingage (zinc) pour la protection anticorrosion des tôles d'acier (le zinc, moins noble que le fer, s'oxyde à sa place : c'est une protection « sacrificielle »).
Figure 3 — Galvanoplastie : l'anode d'argent massif se dissout (Ag→Ag++e−) tandis que les ions Ag+ migrent dans le bain et se déposent sur la cuillère reliée à la cathode (Ag++e−→Ag).
Exemple — épaisseur d'un dépôt d'argent
Une cuillère de surface S=40cm2 est argentée sous I=0,80A pendant t=25min. Masse volumique de l'argent : ρ=10,5g⋅cm−3. Calcule l'épaisseur du dépôt (on admet un dépôt uniforme, z=1, M=108g⋅mol−1).
t=25×60=1500s
m=zFMIt=1×9,65×104108×0,80×1500
≈1,34g
volume du dépôt : V=ρm=10,51,34
≈0,128cm3
épaisseur : e=SV=400,128
≈3,2×10−3cm=32μm
5.2 Purification des métaux : l'affinage électrolytique du cuivre
Le cuivre extrait du minerai (cuivre de « première fusion ») contient encore quelques pourcents d'impuretés (fer, zinc, argent, or…), incompatibles avec les usages électriques exigeants. L'affinage électrolytique le purifie jusqu'à 99,99%.
Figure 4 — Affinage du cuivre : l'anode impure se dissout, le cuivre pur se redépose sur la cathode, et les impuretés nobles (argent, or) non oxydées tombent au fond de la cuve en « boues anodiques », elles-mêmes valorisées.
Exemple — bilan de matière de l'affinage
Une cuve d'affinage fonctionne sous I=300A pendant t=10h. Calcule la masse de cuivre qui se dissout à l'anode, et vérifie qu'elle est égale à la masse déposée à la cathode.
anode : Cu→Cu2++2e−, z=2 ; cathode : Cu2++2e−→Cu, même z=2
t=10×3600=36000s
m=zFMIt=2×9,65×10463,5×300×36000
≈3553g≈3,55kg
Même intensité, même durée, même M, même z : la formule de Faraday donne exactement la même masse aux deux électrodes — c'est cette égalité qui garantit la conservation de la matière dans le procédé.
5.3 Le procédé chlore-soude : dichlore et soude à l'échelle industrielle
Tu as écrit en section 2 les réactions de l'électrolyse d'une solution aqueuse de chlorure de sodium. À l'échelle industrielle, ce procédé — dit chlore-soude — produit trois substances majeures : le dichloreCl2 (désinfection de l'eau potable, par exemple par la SDE au Sénégal, blanchiment, chimie du PVC), le dihydrogèneH2 et la soudeNaOH (savonnerie, industrie du papier).
Attention — pourquoi une membrane ?
Si le Cl2 formé à l'anode entrait en contact avec la soude NaOH formée à la cathode, il réagirait immédiatement pour donner de l'hypochlorite (eau de Javel), ruinant la production. Une membrane échangeuse de cations sépare les deux compartiments : elle laisse passer les ions Na+ (pour équilibrer les charges) mais bloque Cl− et OH−.
Figure 5 — Cellule chlore-soude à membrane : le dichlore se dégage côté anode, le dihydrogène et la soude côté cathode ; la membrane ne laisse passer que les ions Na+, empêchant Cl2 et OH− de se rencontrer.
Exemple — production quotidienne de dichlore
Une cellule chlore-soude fonctionne sous I=5000A en continu pendant 24h. Calcule le volume de Cl2 produit (Vm=24L⋅mol−1).
demi-équation anode : 2Cl−→Cl2+2e−, donc z=2 pour une mole de Cl2
t=24×3600=86400s
n(Cl2)=zFIt=2×9,65×1045000×86400
≈2238mol
V(Cl2)=n×Vm≈2238×24
≈53700L≈53,7m3
5.4 Production d'aluminium : le procédé Hall-Héroult
L'aluminium est le métal le plus abondant de la croûte terrestre, mais l'ion Al3+ est bien trop réducteur pour être réduit en solution aqueuse (l'eau réagirait à sa place). Il faut donc électrolyser un bain fondu. Or l'alumine pure Al2O3 fond à 2072°C — bien trop coûteux à maintenir. L'astuce du procédé Hall-Héroult : dissoudre l'alumine dans la cryolithe fondue (Na3AlF6), ce qui abaisse la température de fonctionnement à environ 950-1000°C.
Chimie & Co — Deux inventeurs, un même mois, deux continents
En février 1886, l'Américain Charles Martin Hall, tout juste diplômé, et le Français Paul Héroult, tous deux âgés de 22 ans, déposent indépendamment et à quelques semaines d'écart un brevet décrivant le même procédé de production d'aluminium par électrolyse d'alumine dissoute dans la cryolithe fondue. Ni l'un ni l'autre n'avait connaissance des travaux de l'autre. Coïncidence troublante : Hall et Héroult sont nés la même année (1863) et mourront tous deux en 1914. Avant leur découverte, l'aluminium était si difficile à obtenir qu'il valait plus cher que l'argent — Napoléon III réservait sa vaisselle en aluminium à ses hôtes les plus prestigieux.
Figure 6 — Cuve Hall-Héroult : les anodes de carbone plongent dans le bain de cryolithe et d'alumine ; l'aluminium liquide, plus dense, se rassemble au fond sur la cathode de carbone ; les anodes se consomment en dégageant du CO2.
Définition — énergie électrique consommée
L'énergie électrique consommée par un électrolyseur sous tension U, parcouru par un courant I pendant une durée t, vaut :
W=U×I×t
W en joules (J) si U est en volts, I en ampères, t en secondes. En pratique industrielle, on l'exprime souvent en kilowattheures (1kWh=3,6×106J).
Exemple — masse d'aluminium et énergie consommée
Une cuve Hall-Héroult fonctionne sous U=4,5V et I=150000A pendant t=24h. Calcule la masse d'aluminium produite (z=3, M=27,0g⋅mol−1) et l'énergie consommée en kWh.
t=24×3600=86400s
m=zFMIt=3×9,65×10427,0×150000×86400
≈1,209×106g≈1,21t
W=UIt=4,5×150000×86400
≈5,832×1010J
en kWh : W=3,6×1065,832×1010
≈16200kWh
Soit environ 13,4kWh par kilogramme d'aluminium produit — un ordre de grandeur réaliste, qui explique pourquoi les alumineries s'installent près de barrages hydroélectriques (Édéa au Cameroun) et pourquoi le recyclage de l'aluminium, qui n'exige que la fusion (pas d'électrolyse), consomme 20 fois moins d'énergie.
5.5 L'hydrogène « vert » : électrolyser l'eau à grande échelle
L'électrolyse de l'eau étudiée en section 2 (2H2O→2H2+O2) redevient, en ce début de siècle, un enjeu énergétique majeur. Lorsque l'électricité utilisée provient d'une source renouvelable (solaire, éolien), le dihydrogène produit ne s'accompagne d'aucune émission directe de CO2 : on parle d'hydrogène vert, par opposition à l'« hydrogène gris » obtenu par vaporeformage du gaz naturel (fortement émetteur). De vastes projets industriels associant électrolyseurs et parcs solaires ou éoliens sont en construction en Mauritanie (région de Nouadhibou) et en Namibie, avec l'ambition d'exporter cet hydrogène vert vers l'Europe et l'Asie.
6Rendement faradique
La formule m=zFMIt suppose que tous les électrons échangés servent exactement à la réaction voulue. En pratique, ce n'est jamais tout à fait vrai : une partie du courant se « perd » dans des réactions secondaires. D'où la nécessité d'un rendement.
Définition — rendement faradique
Le rendement faradique (ou rendement en courant) η compare la masse (ou le volume) réellement obtenue à la masse théorique prévue par la loi de Faraday, pour la même quantité d'électricité Q=It ayant traversé le circuit :
η=mtheˊomexp×100avecmtheˊo=zFMIt
η s'exprime en pourcentage et vérifie toujours η⩽100%.
Méthode — pourquoi η<100% ?
Les causes principales de perte : une réaction secondaire concurrente à l'électrode (par exemple, un dégagement de H2 qui consomme des électrons sans déposer de métal), une réoxydation partielle du dépôt fraîchement formé, des courants de fuite dans le circuit, ou un mauvais contact électrode/solution.
Attention — deux rendements à ne pas confondre
Le rendement faradiqueη compare des masses de matière (utile pour l'industriel qui veut du métal). Le rendement énergétique compare des énergies (utile pour l'industriel qui paie sa facture d'électricité) : il tient compte, en plus, de la tension réellement appliquée par rapport à la tension théorique minimale. Un procédé peut avoir un excellent rendement faradique et un rendement énergétique médiocre si la tension appliquée dépasse largement la tension de décomposition.
Exemple — calcul d'un rendement faradique
Une cathode de nickelage reçoit un courant I=2,0A pendant t=1,0h. On pèse expérimentalement un dépôt mexp=1,85g de nickel (M=58,7g⋅mol−1, z=2). Calcule le rendement faradique.
t=1,0×3600=3600s
mtheˊo=zFMIt=2×9,65×10458,7×2,0×3600
≈2,19g
η=mtheˊomexp×100=2,191,85×100
≈84,5%
Environ 15,5% du courant a servi à une réaction secondaire (le plus souvent un dégagement de H2 à la cathode).
Exemple — retrouver la masse réelle connaissant η
Un bain de chromage a un rendement faradique connu η=20% (le chromage est réputé pour son faible rendement faradique). Calcule la masse de chrome (M=52,0g⋅mol−1, z=3) déposée sous I=10A pendant t=30min.
t=30×60=1800s
mtheˊo=zFMIt=3×9,65×10452,0×10×1800
≈3,23g
mexp=η×mtheˊo=0,20×3,23
≈0,65g
C'est pour compenser ce faible rendement que les temps de chromage industriels sont longs malgré des dépôts très fins.
Fiche mémo
Électrolyse = transformation forcée par un générateur ; électrolyseur : anode reliée au +, cathode au − (inverse de la pile).
Invariant : anode = oxydation, cathode = réduction, dans une pile comme dans un électrolyseur.
Règle du gamma inversée : la prévision thermodynamique peut être « inversée » par les surtensions (ex. Cl2 plutôt que O2 à l'anode en chlor-alcali).
Cations très réducteurs (Na+, Al3+…) : jamais réduits en solution aqueuse — électrolyser un sel fondu.
Électrolyse de l'eau acidifiée : 2H2O→2H2+O2, volumes dans le rapport 2:1.
Données utiles pour tous les exercices, sauf indication contraire : F≈9,65×104C⋅mol−1 ; Vm=24L⋅mol−1 ; masses molaires données dans le tableau de la section 4.
Niveau 1 — Application directe
1
Un électrolyseur est relié à un générateur : la borne + est reliée à l'électrode P, la borne − à l'électrode Q. Nomme P et Q, et précise la réaction (oxydation ou réduction) à chacune.
Voir le corrigé détaillé
P est reliée au + : c'est l'anode, siège d'une oxydation. Q est reliée au − : c'est la cathode, siège d'une réduction.
2
Calcule la quantité d'électricité Q dans chaque cas : a.I=0,50A, t=10min ; b.I=1,2A, t=45s ; c.I=4,0A, t=2,0h.
Voir le corrigé détaillé
a.t=600s, Q=IT=0,50×600=300C
b.Q=1,2×45=54C
c.t=7200s, Q=4,0×7200=28800C
3
Calcule la masse d'argent déposée par électrolyse d'une solution de nitrate d'argent sous I=1,5A pendant t=20min (M=108g⋅mol−1, z=1).
Voir le corrigé détaillé
t=20×60=1200s
m=zFMIt=1×9,65×104108×1,5×1200
≈2,01g
4
De l'eau acidifiée est électrolysée entre électrodes inertes sous I=1,0A pendant t=15min. Calcule le volume de O2 puis le volume de H2 recueillis.
Voir le corrigé détaillé
t=900s ; anode : 2H2O→O2+4H++4e−, z=4
n(O2)=zFIt=4×9,65×1041,0×900≈2,33×10−3mol
V(O2)=n×Vm≈2,33×10−3×24≈56,0mL
⇒V(H2)=2×V(O2)≈112mLrapport 2:1
5
Une solution de nitrate d'argent Ag++NO3− est électrolysée entre deux électrodes de graphite. Écris les réactions aux électrodes (NO3− est inoxydable).
Voir le corrigé détaillé
Ag+/Ag (E∘=+0,80V) est bien plus facile à réduire que l'eau : c'est lui qui réagit à la cathode. NO3− étant inoxydable, c'est l'eau qui s'oxyde à l'anode.
cathode : Ag++e−⟶Ag
anode : 2H2O⟶O2+4H++4e−
Niveau 2 — Approfondissement
6
Une solution de sulfate de cuivre est électrolysée à anode inerte sous I=1,5A pendant t=40min. Calcule la masse de cuivre déposée à la cathode et le volume de O2 recueilli à l'anode.
Un bain de zingage fonctionne sous I=3,0A pendant t=50min. On pèse un dépôt réel mexp=2,75g de zinc (M=65,4g⋅mol−1, z=2). Calcule le rendement faradique.
Voir le corrigé détaillé
t=50×60=3000s
mtheˊo=2×9,65×10465,4×3,0×3000≈3,05g
η=3,052,75×100
≈90,2%
Les 9,8% manquants correspondent le plus souvent à un dégagement parasite de H2 à la cathode, concurrent du dépôt de zinc.
9
Un pare-chocs de surface S=250cm2 est nickelé sous I=5,0A pendant t=1,0h (M=58,7g⋅mol−1, z=2, ρ=8,9g⋅cm−3). Calcule l'épaisseur du dépôt.
Voir le corrigé détaillé
t=3600s ; m=2×9,65×10458,7×5,0×3600≈5,47g
V=ρm=8,95,47≈0,614cm3
e=SV=2500,614≈2,46×10−3cm
≈24,6μm
Niveau 3 — Type bac
10
Affinage électrolytique du cuivre. Une raffinerie traite des anodes de cuivre impur de masse 300kg chacune (M=63,5g⋅mol−1, z=2).
Écris les demi-équations aux deux électrodes.
Calcule la quantité d'électricité Q nécessaire pour dissoudre entièrement une anode.
La cuve fonctionne sous I=40000A. Calcule la durée nécessaire, en heures, pour traiter une anode.
Les boues anodiques recueillies (argent, or) représentent 1,2% de la masse initiale de l'anode. Calcule leur masse.
Voir le corrigé détaillé
1. Anode : Cu→Cu2++2e− ; cathode : Cu2++2e−→Cu.
2.
n(Cu)=Mm=63,5300000≈4724,4mol
n(e−)=z×n(Cu)=2×4724,4≈9448,8mol
Q=n(e−)×F≈9448,8×9,65×104
≈9,12×108C
3.
t=IQ=400009,12×108
≈22795s≈6h20min
4.mboues=0,012×300=3,6kg par anode traitée — une masse suffisamment riche en métaux précieux pour être revendue et affinée séparément.
11
Cuve Hall-Héroult. Une cuve fonctionne sous I=180000A pendant t=24h (z=3, M(Al)=27,0g⋅mol−1).
Calcule la masse d'aluminium produite en une journée.
Le bilan global simplifié du procédé s'écrit 2Al2O3+3C⟶4Al+3CO2. Calcule la masse de carbone (anode) consommée pour produire cette masse d'aluminium (M(C)=12,0g⋅mol−1).
La tension de fonctionnement est U=4,3V. Calcule l'énergie consommée en une journée, en kWh, puis en kWh par kg d'aluminium.
Explique brièvement l'intérêt énergétique du recyclage de l'aluminium.
Voir le corrigé détaillé
1.
t=24×3600=86400s
n(e−)=FIt=9,65×104180000×86400≈161162mol
n(Al)=3n(e−)≈53721mol
⇒m(Al)=27,0×53721≈1,45×106g≈1,45t
2.
n(C)=43×n(Al)=0,75×53721≈40291molstœchiométrie 3C pour 4Al
⇒m(C)=12,0×40291≈4,83×105g≈483kg
3.
W=UIt=4,3×180000×86400≈6,69×1010J
en kWh : W=3,6×1066,69×1010≈18576kWh
⇒par kg : 145018576≈12,8kWh⋅kg−1
4. Le recyclage de l'aluminium ne nécessite qu'une simple fusion (pas d'électrolyse) : il consomme environ 5% seulement de l'énergie de la production primaire — d'où l'intérêt économique et écologique majeur du tri des canettes et déchets d'aluminium.
12
Cellule chlore-soude. Une cellule fonctionne sous I=8000A pendant t=12h.
Écris les deux demi-équations et l'équation bilan de l'électrolyse.
Calcule les volumes de Cl2 et de H2 produits.
Calcule la masse de soude NaOH produite (M=40,0g⋅mol−1), sachant que n(NaOH)=n(OH−).
La désinfection de l'eau potable nécessite environ 0,50mg de Cl2 par litre d'eau. Calcule, en m³, le volume d'eau que l'on peut désinfecter avec le Cl2 produit en 12h (M(Cl2)=71,0g⋅mol−1).
z=2 pour H2 comme pour Cl2⇒n(H2)=n(Cl2)=2n(e−)≈1790,7molcontrairement à l'électrolyse de l'eau, le rapport est ici 1:1
⇒V(H2)=V(Cl2)≈1790,7×24≈43000L=43m3
3.
n(OH−)=n(e−)≈3581,4mol2OH− pour 2e−
⇒m(NaOH)=40,0×3581,4≈1,43×105g≈143kg
4.
m(Cl2)=71,0×1790,7≈127137g=1,271×108mg
Veau=0,50m(Cl2)=0,501,271×108
≈2,54×108L≈2,5×105m3
Une seule cellule industrielle peut ainsi désinfecter, en une demi-journée, l'équivalent de la consommation quotidienne d'une grande agglomération.
Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13
Dorure de bijoux à Dakar. Fatou, bijoutière, dore des boucles d'oreille en argent en les plongeant dans un bain contenant des ions Au3+, sous I=0,40A pendant t=8,0min par pièce (M=197g⋅mol−1, z=3).
Calcule la masse d'or déposée par pièce.
L'or s'achète 32000 F CFA le gramme. Calcule le coût en or pour dorer un lot de 15 pièces.
Voir le corrigé détaillé
1.
t=8,0×60=480s
m=zFMIt=3×9,65×104197×0,40×480
≈0,131g par pièce
2.
mtotale=15×0,131≈1,96g
coût =1,96×32000
≈62700 F CFA
14
Hydrogène vert en Mauritanie. Un site pilote près de Nouadhibou alimente un électrolyseur avec un parc solaire délivrant I=2000A sous U=1,8V, pendant t=8,0h d'ensoleillement utile par jour (M(H2)=2,0g⋅mol−1, z=2).
Calcule la masse de H2 produite en une journée.
Calcule l'énergie électrique consommée, en kWh.
On admet qu'un kilogramme de H2 « vert » évite l'émission d'environ 10kg de CO2 par rapport à l'hydrogène « gris ». Calcule la masse de CO2 évitée en une journée.
Voir le corrigé détaillé
1.
t=8,0×3600=28800s
n(e−)=FIt=9,65×1042000×28800≈596,9mol
n(H2)=2n(e−)≈298,4mol
⇒m(H2)=2,0×298,4≈597g≈0,60kg
2.
W=UIt=1,8×2000×28800≈1,037×108J
⇒W=3,6×1061,037×108≈28,8kWh
3.m(CO2eˊviteˊ)≈0,60×10≈6,0kg par jour, pour cette seule unité pilote — à multiplier par des milliers d'électrolyseurs pour un site industriel complet.
15
Zingage anticorrosion à Abidjan. Koffi, ferronnier, veut zinguer des tôles de surface totale S=3,0m2 avec une épaisseur e=15μm (ρ=7,14g⋅cm−3, M=65,4g⋅mol−1, z=2), sous I=25A.
Calcule la masse de zinc nécessaire.
Calcule la durée de l'opération.
Voir le corrigé détaillé
1.
S=3,0m2=30000cm2 ; e=15μm=1,5×10−3cm
V=S×e=30000×1,5×10−3=45cm3
⇒m=V×ρ=45×7,14≈321g
2.
m=zFMIt⇒t=MImzF=65,4×25321×2×9,65×104
≈37900s
≈10h32min
Une opération longue, typique du zingage électrolytique en atelier — c'est pourquoi l'industrie lourde lui préfère souvent la galvanisation à chaud (trempage dans le zinc fondu) pour les grandes séries de tôles.
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Acides, bases et pH
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Une électrolyse est, par définition :
Explication : Le générateur impose une transformation qui, livrée à elle-même, ne se produirait pas (ou se produirait en sens inverse) : c'est ce qui distingue l'électrolyseur de la pile, où la réaction est spontanée.
Dans un électrolyseur, l'anode est reliée à quelle borne du générateur ?
Explication : C'est le piège classique du bac : « anode = pôle négatif » n'est vrai que pour une pile. Dans un électrolyseur, l'anode est reliée au pôle positif du générateur.
Que reste vrai à la fois dans une pile et dans un électrolyseur ?
Explication : Seule la polarité (signe des bornes) s'inverse entre pile et électrolyseur ; la nature des réactions aux électrodes, elle, ne change jamais.
La tension de décomposition Ud d'un électrolyseur est :
Explication : En dessous de Ud, aucune réaction notable ne se produit ; au-delà, l'intensité croît avec la tension appliquée.
Selon la règle du gamma inversée, à la cathode d'un électrolyseur, on réduit a priori :
Explication : La transformation étant forcée, la règle du gamma s'applique en sens inverse de la pile : à la cathode, l'oxydant le plus fort (le plus facile à réduire) l'emporte a priori.
Pourquoi ne peut-on pas obtenir de sodium métallique en électrolysant une solution aqueuse de chlorure de sodium ?
Explication : Les cations très réducteurs (Na+, Al3+, Mg2+…) ne sont jamais réduits en solution aqueuse : il faut électrolyser un sel fondu, sans eau, comme dans le procédé Downs.
Un courant d'intensité I=2,5A traverse un électrolyseur pendant t=8,0min. Quelle quantité d'électricité Q a traversé le circuit ?
La masse m d'une espèce déposée ou dissoute à une électrode, sous un courant I pendant une durée t, avec z électrons échangés par mole et M la masse molaire, est donnée par la loi de Faraday :
Explication :n(e−)=FIt, la stœchiométrie donne n=zn(e−), puis m=Mn, d'où m=zFMIt.
Dans la demi-équation Cr3++3e−⟶Cr, quelle valeur de z faut-il utiliser dans la loi de Faraday ?
Explication :z est le nombre d'électrons échangés dans la demi-équation utilisée, à lire directement dessus — ici, trois électrons pour une mole de chrome déposée.
Une solution de sulfate de cuivre est électrolysée sous I=1,0A pendant t=1,0h (M(Cu)=63,5g⋅mol−1, z=2). Quelle masse de cuivre se dépose à la cathode ?
Lors de l'affinage électrolytique du cuivre, le cuivre impur constitue :
Explication :Cu→Cu2++2e− à l'anode impure, Cu2++2e−→Cu à la cathode : le cuivre pur (99,99 %) se dépose, les impuretés nobles (Ag, Au) tombent en boues anodiques.
En galvanoplastie, l'objet à recouvrir d'un dépôt métallique (une cuillère à argenter, par exemple) est placé :
Explication : L'objet, relié à la cathode, reçoit le dépôt par réduction (Ag++e−→Ag) ; l'anode, en métal massif à déposer, se dissout pour maintenir la concentration en cations du bain.
Dans le procédé chlore-soude, à quoi sert la membrane échangeuse de cations séparant les deux compartiments ?
Explication : Si Cl2 rencontrait la soude formée à la cathode, il réagirait pour donner de l'eau de Javel, ruinant la production. La membrane bloque Cl− et OH−, mais laisse passer Na+ pour équilibrer les charges.
Dans le procédé Hall-Héroult, on dissout l'alumine Al2O3 dans la cryolithe fondue principalement pour :
Explication : L'alumine pure fond à une température bien trop coûteuse à maintenir industriellement ; dissoute dans la cryolithe (Na3AlF6) fondue, le bain fonctionne à une température bien plus basse.
Une cuve d'électrolyse fonctionne sous U=5,0V et I=1,00×105A pendant t=10h. Quelle énergie électrique, en kWh, a-t-elle consommée ?
Explication :t=10×3600=36000s W=UIt=5,0×1,00×105×36000=1,8×1010J en kWh : 3,6×1061,8×1010=5000kWh.
Le rendement faradique d'une électrolyse compare :
Explication :η=mtheˊomexp×100, avec mtheˊo=zFMIt : il vérifie toujours η⩽100%.
Un bain de nickelage fonctionne sous I=2,0A pendant t=1,0h. On pèse expérimentalement un dépôt mexp=1,97g de nickel (M=58,7g⋅mol−1, z=2). Quel est le rendement faradique de cette électrolyse ?
On électrolyse séparément, avec la même quantité d'électricité, une solution aqueuse de chlorure de sodium, puis du chlorure de sodium fondu (sans eau). Qu'observe-t-on à la cathode dans chaque cas ?
Explication : En solution aqueuse, Na+ est trop réducteur : c'est l'eau qui est réduite (H2). Sans eau, plus de compétition : Na+ est directement réduit en sodium métallique — c'est le principe du procédé Downs.
Un procédé industriel affiche un excellent rendement faradique (98%) mais un rendement énergétique médiocre. Quelle explication est correcte ?
Explication : Le rendement faradique ne concerne que la matière ; le rendement énergétique tient compte, en plus, de l'écart entre tension appliquée et tension théorique minimale. Un bon rendement faradique n'empêche donc pas un mauvais rendement énergétique si U est trop élevée.