Une bougie qui brûle, un feu de bois sous la marmite, le moteur d'une voiture, le gaz butane de la cuisine : toutes ces situations reposent sur le même phénomène chimique, la combustion. Tu la côtoies chaque jour, souvent sans y penser — et pourtant elle fournit l'essentiel de l'énergie que l'humanité utilise pour cuisiner, se chauffer, s'éclairer et se déplacer.
Au collège, tu as appris qu'une réaction chimique transforme des réactifs en produits, et que la matière s'y conserve. Dans ce chapitre, tu vas appliquer cette idée à un exemple précis et essentiel : tu apprendras à écrire et équilibrer l'équation d'une combustion, à distinguer une combustion complète d'une combustion incomplète — une distinction qui peut littéralement sauver des vies, quand on pense aux intoxications au monoxyde de carbone — et à calculer, à partir du pouvoir calorifique d'un combustible, l'énergie qu'il libère.
Ce chapitre a aussi une portée très concrète en Afrique francophone : le choix d'un combustible de cuisson — bois, charbon de bois, gaz butane — n'est jamais neutre. Il engage la santé des familles (fumées, monoxyde de carbone), le budget du ménage, et la forêt elle-même, menacée par la coupe de bois-énergie dans de nombreuses régions du Sahel. Comparer objectivement deux carburants, avec des calculs plutôt qu'avec des impressions, c'est exactement ce que ce chapitre te permettra de faire.
À la fin de ce chapitre, tu sauras écrire et équilibrer une équation de combustion, calculer l'énergie libérée par un combustible à partir de son pouvoir calorifique, et comparer deux carburants avec des arguments chiffrés.
1Combustion complète et incomplète des hydrocarbures
1.1 Combustible, comburant et triangle du feu
Une combustion est une réaction chimique entre un combustible (la substance qui brûle : bois, gaz butane, essence, éthanol…) et un comburant (la substance qui permet la combustion : le dioxygène de l'air, le plus souvent). Elle s'accompagne d'un dégagement de chaleur et souvent de lumière (la flamme) : c'est une réaction exothermique.
Pour qu'une combustion démarre et se poursuive, trois conditions doivent être réunies en même temps : un combustible, un comburant, et une source de chaleur suffisante pour amorcer la réaction (l'énergie d'activation). C'est ce qu'on résume par le triangle du feu.
Au début du XIXe siècle, les mines de charbon britanniques étaient ravagées par des explosions de grisou (du méthane accumulé dans les galeries), déclenchées par la flamme nue des lampes des mineurs. En 1815, le chimiste Humphry Davy conçoit une lampe dont la flamme est entourée d'un fin grillage métallique : le grillage absorbe la chaleur si vite que la température retombe sous le seuil d'inflammation avant d'atteindre le gaz extérieur. Sans le contact direct entre la source de chaleur et le comburant enrichi en combustible, pas d'explosion : c'est une application directe du triangle du feu, qui a sauvé d'innombrables vies de mineurs.
1.2 Combustion complète : produits et tests d'identification
Quand le comburant est en quantité suffisante, la combustion d'un hydrocarbure (une molécule ne contenant que des atomes de carbone et d'hydrogène) ou d'un composé comme l'éthanol est dite complète : elle ne produit que du dioxyde de carbone et de l'eau . La flamme obtenue est alors bleue, nette, et ne dégage pas de fumée noire.
Test du dioxyde de carbone : on fait barboter le gaz recueilli dans de l'eau de chaux (solution incolore d'hydroxyde de calcium). Si elle se trouble (devient blanchâtre), le gaz contient du .
Test de l'eau : on met le gaz recueilli au contact de sulfate de cuivre anhydre, une poudre blanche. Si elle bleuit, le gaz contient de la vapeur d'eau.
Dans un réchaud correctement réglé, le butane brûle avec assez de dioxygène : le combustible est le butane, le comburant est le dioxygène de l'air, et les produits recueillis sont le (l'eau de chaux se trouble) et l' (buée sur une paroi froide, ou sulfate de cuivre qui bleuit). La flamme est bleue : la combustion est complète.
1.3 Combustion incomplète : un phénomène dangereux
Quand le dioxygène manque (flamme étouffée, mauvaise ventilation, réchaud mal réglé, brasero dans une pièce fermée…), la combustion devient incomplète. Une partie du carbone n'est pas complètement oxydée : il se forme, en plus ou à la place du , du monoxyde de carbone — un gaz incolore, inodore et très toxique — et parfois de fines particules de carbone non brûlé, le noir de carbone (la suie). La flamme devient jaune-orangée et fume.
Chaque année, des familles sont intoxiquées, parfois mortellement, en utilisant un brasero de charbon de bois pour cuisiner ou se chauffer dans une pièce fermée. Le manque de dioxygène favorise la combustion incomplète et l'accumulation de monoxyde de carbone. Comme le CO est incolore et inodore, on ne le sent pas venir : il se fixe sur l'hémoglobine du sang à la place du dioxygène, provoquant maux de tête, vertiges, puis asphyxie. Ne jamais faire brûler un brasero, un groupe électrogène ou un réchaud dans une pièce non ventilée ; toujours laisser une ouverture vers l'extérieur.
1.4 Éteindre un feu : agir sur le triangle
Éteindre un feu revient toujours à supprimer au moins un sommet du triangle du feu.
Supprimer le combustible : couper l'arrivée de gaz, écarter les matières qui n'ont pas encore brûlé.
Priver de comburant (étouffer) : couverture anti-feu, extincteur à ou à poudre, sable versé sur la flamme — on empêche le dioxygène d'atteindre le combustible.
Refroidir : l'eau absorbe beaucoup de chaleur et fait redescendre la température sous le seuil d'inflammation.
On n'éteint jamais un feu d'huile, d'essence ou de gaz avec de l'eau : moins dense que ces liquides, l'eau ne fait que les disperser en gouttelettes enflammées, ce qui aggrave l'incendie. On utilise alors l'étouffement (couverture, extincteur adapté).
2Équations de combustion
2.1 La loi de conservation de la masse
Au cours d'une transformation chimique, les atomes présents dans les réactifs se retrouvent tous dans les produits : ils sont seulement réorganisés en de nouvelles molécules. Il en résulte que, pour chaque élément chimique, le nombre d'atomes est le même avant et après la réaction, et que la masse totale se conserve.
C'est cette loi qui impose d'ajuster (on dit aussi équilibrer) une équation de combustion : on place des nombres, appelés coefficients stœchiométriques, devant les formules, de façon à retrouver le même nombre de chaque atome de part et d'autre de la flèche.
Reprenons l'équation ajustée et comptons les atomes de chaque côté.
- à gauche : apporte atomes de C et atomes de H
- à gauche : apporte atomes de O
- à droite : apporte atomes de C et atomes de O
- à droite : apporte atomes de H et atomes de O
- ⇒C : ; H : ; O :
Les trois éléments sont conservés : l'équation respecte bien la loi de Lavoisier. C.Q.F.D.
Jusqu'aux années 1770, les chimistes expliquaient la combustion par la théorie du phlogistique (Stahl, début du XVIIIe siècle) : brûler, c'était perdre une substance invisible, le « phlogistique ». Antoine Lavoisier, en pesant avec précision les réactifs et les produits de combustions réalisées en vase clos, montre entre 1772 et 1783 que la masse totale ne varie pas, et qu'un gaz de l'air se combine au combustible au lieu de s'en échapper. En 1777, il nomme ce gaz « oxygène ». Son Traité élémentaire de chimie (1789) fonde la chimie moderne et la loi de conservation de la masse. Lavoisier meurt guillotiné en 1794, en pleine Révolution française — Lagrange dira de lui : « il ne leur a fallu qu'un moment pour faire tomber cette tête, et cent années ne suffiront pas pour en reproduire une semblable. »
2.2 Ajuster une équation de combustion
On procède toujours dans le même ordre : 1) on équilibre le carbone en ajustant le coefficient du ; 2) on équilibre l'hydrogène en ajustant le coefficient de l' ; 3) on équilibre l'oxygène en dernier, en ajustant le coefficient du — quitte à obtenir une fraction, qu'on élimine en multipliant toute l'équation par 2.
- équation brute
- carbone déjà équilibré :
- atomes de H à gauche
- oxygène à droite :
- ⇒
- équation brute
- atomes de C à gauche
- atomes de H à gauche
- oxygène à droite :
- coefficient fractionnaire
- ⇒on double tout pour éliminer la fraction
2.3 Les combustions au programme
Voici les quatre combustions complètes à connaître par cœur cette année, déjà ajustées.
| Combustible | Équation ajustée |
|---|---|
| Carbone (charbon) | |
| Méthane (gaz naturel) | |
| Butane (gaz domestique) | |
| Éthanol (biocarburant) |
Pour l'éthanol, la formule semi-développée montre bien le groupe caractéristique ; l'oxygène qu'elle contient déjà explique pourquoi elle consomme un peu moins de dioxygène qu'un hydrocarbure de même taille.
Les calculs des chapitres suivants demandent de connaître des masses molaires : on retiendra , et .
| Espèce | Formule | (g·mol⁻¹) |
|---|---|---|
| Dioxyde de carbone | ||
| Eau | ||
| Méthane | ||
| Butane | ||
| Éthanol |
N'oublie jamais qu'un coefficient devant une formule multiplie tous les atomes de cette formule : dans , il y a atomes de carbone, pas . Et ne modifie jamais les indices d'une formule ( ne devient pas ) : seuls les coefficients devant les formules peuvent changer.
3Pouvoir calorifique
Toutes les combustions ne se valent pas : brûler un kilogramme de bois ne libère pas la même énergie que brûler un kilogramme de gaz butane. Pour comparer les combustibles, les chimistes utilisent une grandeur unique : le pouvoir calorifique.
3.1 Définir le pouvoir calorifique
Le pouvoir calorifique d'un combustible est l'énergie libérée par la combustion complète d'une masse de (ou de ) de ce combustible. Il s'exprime en , plus couramment en ou en .
Les valeurs de ce chapitre correspondent au pouvoir calorifique utile (l'eau produite reste sous forme de vapeur, comme dans une cuisine ou un moteur) : on l'appelle aussi pouvoir calorifique inférieur (PCI).
3.2 Calculer une énergie libérée :
L'énergie (en ) libérée par la combustion complète d'une masse (en ) d'un combustible de pouvoir calorifique (en ) vaut :
Avant tout calcul, on met et dans des unités cohérentes : masse en avec en (ou en avec en ). On se souvient aussi que , et que (unité utilisée sur les factures d'électricité).
On brûle de bois sec, de pouvoir calorifique .
Quelle masse de butane () faut-il brûler pour libérer ?
3.3 Comparer les combustibles
Le tableau suivant regroupe les pouvoirs calorifiques que tu utiliseras dans ce chapitre.
| Combustible | () | Origine |
|---|---|---|
| Bois sec | renouvelable (si replanté) | |
| Charbon de bois | renouvelable (si replanté) | |
| Éthanol | renouvelable (biocarburant) | |
| Essence | fossile | |
| Butane (GPL) | fossile |
4Bilan énergétique
4.1 La chaîne énergétique d'une combustion
L'énergie chimique stockée dans le combustible et le comburant ne se transforme pas intégralement en énergie utile : une partie est toujours perdue, sous forme de fumées chaudes évacuées ou de rayonnement vers l'extérieur.
4.2 Rendement et énergie utile
Le rendement d'un appareil de combustion (foyer, réchaud, moteur) est la fraction de l'énergie totale libérée qui est effectivement utile :
On l'exprime souvent en pourcentage. Un foyer traditionnel à trois pierres a un rendement très faible (souvent à ) : la majeure partie de la chaleur s'échappe autour de la marmite au lieu de la chauffer. Un foyer amélioré, avec sa chambre de combustion fermée, peut atteindre à .
On brûle de charbon de bois () dans un foyer de rendement .
- de l'énergie part en pertes
Une même cuisson exige une énergie utile de . Quelle masse de bois () faut-il, avec un foyer traditionnel () puis avec un foyer amélioré () ?
- foyer traditionnel :
- foyer amélioré :
- ⇒économie de bois pour une seule cuisson
Ce simple calcul explique pourquoi la diffusion des foyers améliorés est un enjeu majeur au Sahel : à besoin de cuisson identique, ils consomment nettement moins de bois — donc préservent la forêt et réduisent la fumée respirée par les familles. Nous y reviendrons en détail dans les deux dernières sections de ce chapitre.
5Impact environnemental
Chaque combustion complète libère du dans l'atmosphère. À l'échelle d'une bougie, cette quantité est dérisoire ; à l'échelle de milliards de foyers, de moteurs et d'usines, elle pèse lourd sur le climat.
5.1 Effet de serre et bilan carbone
L'effet de serre est le phénomène naturel par lequel certains gaz de l'atmosphère, dont le , retiennent une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre, réchauffant ainsi la basse atmosphère. Sans lui, la température moyenne du globe serait très inférieure à ce qu'elle est. Le problème n'est pas l'effet de serre lui-même, mais son renforcement par les émissions humaines de .
Tous les combustibles ne se valent pas de ce point de vue. Le carbone de l'essence et du butane (combustibles fossiles) était enfoui depuis des millions d'années : le brûler ajoute du « neuf » dans l'atmosphère actuelle. Le carbone du bois ou de l'éthanol provient au contraire du absorbé récemment par les plantes lors de leur croissance : si l'arbre coupé est replanté, le cycle est globalement neutre. Mais si la forêt n'est pas régénérée — ce qui est le cas dans de nombreuses zones de déforestation au Sahel — le bilan carbone du bois devient lui aussi largement positif (émetteur net), en plus de faire disparaître un puits de carbone.
5.2 Calculer une masse de émise
On utilise l'équation ajustée comme une recette de proportions : 1) on calcule la quantité de matière (en mol) de combustible brûlé, avec ; 2) on utilise les coefficients de l'équation pour trouver la quantité de matière de formé ; 3) on repasse en masse avec .
Équation : , avec et .
- rapport stœchiométrique : mol pour mol butane, soit mol par mol de butane
- soit environ de CO₂ par kg de butane brûlé
En assimilant le charbon de bois à du carbone pur, sa combustion libère, pour (soit ), de , pour .
- charbon de bois :
- butane (question précédente) :
- ⇒à énergie égale, le charbon de bois émet presque deux fois plus de CO₂ que le butane
Nuance importante : ce calcul ne compare que la combustion elle-même. Il ne dit rien de l'origine (fossile ou biomasse) du carbone, ni de la question de la déforestation.
5.3 Combustion incomplète : pollution et santé
Comme tu l'as vu en section 1, une combustion mal alimentée en dioxygène produit du monoxyde de carbone et du noir de carbone. Au-delà du risque immédiat d'intoxication, la fumée des foyers traditionnels — chargée de particules fines — est respirée quotidiennement par des millions de personnes qui cuisinent au bois ou au charbon dans des espaces peu ventilés. Selon l'Organisation mondiale de la santé, la pollution de l'air liée à la cuisson domestique est l'une des principales causes de maladies respiratoires chroniques en Afrique subsaharienne. Réduire les combustions incomplètes — par de meilleurs foyers, mieux ventilés et mieux réglés — est donc à la fois un enjeu climatique et un enjeu de santé publique.
6Carburants et alternatives
6.1 Combustibles fossiles et biocarburants
Un biocarburant est un combustible produit à partir de matière végétale récente, et non de gisements fossiles. L'éthanol, obtenu par fermentation des sucres de la canne à sucre, du maïs ou du manioc, en est l'exemple le plus courant : mélangé à l'essence (à , on parle d'essence « E10 »), il en réduit la part fossile.
À l'Exposition universelle de Paris en 1900, l'ingénieur allemand Rudolf Diesel présente un moteur — son invention brevetée en 1893 — fonctionnant à l'huile d'arachide. Il déclarait alors que l'usage d'huiles végétales comme carburant « semble insignifiant aujourd'hui », mais pourrait devenir, avec le temps, « aussi important que le pétrole et le charbon actuels ». Plus d'un siècle plus tard, ses mots trouvent un écho direct dans le développement des biocarburants modernes.
6.2 Comparer deux carburants
Une comparaison rigoureuse croise plusieurs critères chiffrés : le pouvoir calorifique (énergie par kg), le prix de revient par unité d'énergie (et non par kg !), la masse de émise par MJ, et le rendement réel de l'appareil qui l'utilise. Un carburant « moins cher au kilo » peut coûter plus cher à l'usage s'il est brûlé avec un mauvais rendement.
Pour délivrer (soit d'éthanol), il faut d'essence (assimilée à l'octane ). Le calcul du bilan carbone (comme en section 5.2) donne environ de pour l'éthanol contre pour l'essence : à la sortie du pot d'échappement, les deux carburants émettent presque la même masse de . La différence se joue ailleurs : le carbone de l'éthanol est biogénique (absorbé récemment par la plante cultivée), celui de l'essence est fossile — leur impact climatique net n'est donc pas identique.
Un repas exige d'énergie utile. Réchaud à butane : , prix , . Foyer traditionnel au charbon de bois : , prix , .
- butane :
- coût butane
- charbon :
- coût charbon
- ⇒malgré un prix au kilo trois fois plus élevé, le butane revient moins cher pour ce repas, grâce à son meilleur rendement
6.3 Vers des solutions plus durables
Trois leviers, complémentaires, se dégagent de ce chapitre. Améliorer le rendement : un foyer amélioré consomme deux à trois fois moins de bois qu'un foyer traditionnel pour le même service rendu (section 4.2). Choisir un combustible plus dense en énergie et plus propre : le gaz butane, malgré son origine fossile, limite la déforestation et la pollution de l'air intérieur par rapport au bois ou au charbon de bois. Développer les biocarburants et le biogaz (obtenu par fermentation de déchets organiques), qui offrent une voie renouvelable là où les ressources agricoles le permettent. Aucune solution n'est parfaite : le vrai travail du chimiste — et du citoyen — est de comparer, avec des chiffres, plutôt que de choisir par habitude.
Fiche mémo
- Triangle du feu : combustible + comburant () + source de chaleur, réunis en même temps.
- Combustion complète (assez de ) : flamme bleue, produits uniquement.
- Tests : eau de chaux qui se trouble ; sulfate de cuivre anhydre qui bleuit .
- Combustion incomplète (manque de ) : flamme jaune-orangée, toxique et suie (noir de carbone).
- Loi de Lavoisier : les atomes se conservent on ajuste les équations (coefficients, jamais les indices).
- ; ; ; .
- Masses molaires : , , , .
- Énergie libérée : (attention aux unités : kg avec ).
- () : bois sec · charbon de bois · éthanol · essence · butane .
- Rendement : foyer traditionnel –, foyer amélioré –.
- Combustibles fossiles (essence, butane) : « neuf » renforcement de l'effet de serre. Biomasse (bois) : neutre seulement si replantée.
- Comparer deux carburants : croiser , prix par MJ (pas par kg !), par MJ, et rendement de l'appareil.
7Exercices corrigés
Une bougie brûle dans l'air. Identifie le combustible, le comburant, et les deux produits attendus si la combustion est complète.
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Le combustible est la cire de la bougie (un composé riche en carbone et hydrogène). Le comburant est le dioxygène de l'air. Si la combustion est complète, les deux produits sont le dioxyde de carbone et l'eau (sous forme de vapeur).
Équilibre l'équation de combustion du méthane : .
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- carbone : , déjà équilibré
- hydrogène : atomes à gauche
- oxygène à droite :
- ⇒
On recueille les gaz d'une combustion. L'eau de chaux se trouble, et une poudre blanche de sulfate de cuivre anhydre bleuit au contact des gouttelettes. Quels sont les deux produits identifiés ? Que peux-tu dire du type de combustion ?
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L'eau de chaux qui se trouble révèle la présence de dioxyde de carbone . Le sulfate de cuivre anhydre qui bleuit révèle la présence d'eau . Comme seuls ces deux produits sont détectés (pas de suie, pas d'odeur suspecte de CO), il s'agit vraisemblablement d'une combustion complète.
Calcule l'énergie libérée par la combustion complète de de butane ().
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Associe chaque affirmation à une combustion complète ou incomplète : (a) flamme bleue ; (b) présence de suie ; (c) production de ; (d) le comburant est en excès ; (e) produits uniquement et .
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Combustion complète : (a) flamme bleue, (d) comburant en excès, (e) produits uniquement et . Combustion incomplète : (b) présence de suie, (c) production de — ces deux phénomènes traduisent un manque de dioxygène.
Ajuste, en détaillant la méthode, l'équation de combustion du butane : .
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- atomes de C à gauche
- atomes de H à gauche
- oxygène à droite :
- ⇒on double pour éliminer la fraction
Ajuste l'équation de combustion de l'éthanol : .
Voir le corrigé détaillé
- atomes de C à gauche
- atomes de H à gauche
- oxygène : l'éthanol apporte déjà atome d'O ; droite
- ⇒ donc
Une bonbonne de gaz domestique contient de butane (). Calcule l'énergie totale disponible en MJ, puis convertis-la en kWh ().
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Calcule la masse de émise par la combustion complète de de butane. Donnée : , .
Voir le corrigé détaillé
- équation : , soit mol par mol de butane
Le butane coûte (), le charbon de bois (). Calcule le coût de chaque combustible par MJ d'énergie libérée, et compare.
Voir le corrigé détaillé
- butane :
- charbon de bois :
- ⇒à énergie libérée égale, le charbon de bois coûte environ fois moins cher que le butane
On brûle d'éthanol pur avec un excès de dioxygène (, ).
- Écris l'équation ajustée de cette combustion.
- Calcule l'énergie libérée.
- Calcule la masse de émise ().
- On veut obtenir la même énergie en brûlant de l'essence, assimilée à l'octane (, , équation ). Calcule la masse d'essence nécessaire, puis la masse de qu'elle émettrait. Compare et conclus.
Voir le corrigé détaillé
1. (voir exercice 7).
2.
3.
4.
- rapport pour octane, soit mol CO₂ par mol d'octane
Pour la même énergie délivrée, éthanol et essence émettent une masse de quasiment identique ( contre ). La différence n'est donc pas dans la combustion elle-même, mais dans l'origine du carbone : biogénique (donc potentiellement neutre) pour l'éthanol, fossile (donc toujours émetteur net) pour l'essence.
Un foyer traditionnel a un rendement , un foyer amélioré . Une famille a besoin de d'énergie utile par jour pour cuisiner, avec du bois ().
- Calcule la masse de bois consommée par jour par chaque foyer.
- Calcule la masse consommée par an ( jours) par chaque foyer.
- Calcule le pourcentage de réduction obtenu en passant au foyer amélioré.
Voir le corrigé détaillé
1.
- foyer traditionnel :
- foyer amélioré :
2.
- traditionnel :
- amélioré :
3.
- réduction
Le foyer amélioré permet d'économiser environ trois quarts du bois consommé chaque année pour le même service de cuisson.
La combustion incomplète du méthane produit un mélange de et de , dans un rapport de volumes de pour volume de (proportionnels aux quantités de matière).
- En partant de , détermine les coefficients entiers de , de et de compatibles avec ce rapport .
- Détermine le coefficient de par conservation de l'oxygène, et donne l'équation ajustée avec des nombres entiers.
- Vérifie la conservation du carbone et de l'hydrogène.
Voir le corrigé détaillé
1. Avec , le carbone total à gauche est . Pour respecter le rapport tout en totalisant atomes de C, on choisit et (car et ). L'hydrogène total est , soit .
2.
- oxygène à droite :
- ⇒
3. Carbone : ✓. Hydrogène : ✓. L'équation est bien ajustée.
Le brasero de Mahamat (Ndjamena). À Ndjamena, la famille de Mahamat cuisine chaque soir avec un brasero de charbon de bois, installé à l'intérieur de la maison, portes et fenêtres fermées à cause des moustiques.
- Écris l'équation de la combustion complète du charbon de bois (assimilé au carbone), puis celle d'une combustion incomplète produisant du monoxyde de carbone.
- À l'aide du triangle du feu, explique pourquoi une pièce fermée favorise la formation de , et pourquoi ce gaz y devient particulièrement dangereux.
- Le brasero consomme de charbon de bois chaque soir (). Calcule l'énergie que libérerait sa combustion complète.
- Propose au moins deux mesures de prévention pour cette famille.
Voir le corrigé détaillé
1. Combustion complète : . Combustion incomplète : .
2. Le comburant (dioxygène) présent dans une pièce fermée est en quantité limitée : il s'épuise au fur et à mesure que le brasero brûle, ce qui favorise la combustion incomplète et donc la formation de . De plus, sans ouverture vers l'extérieur, ce gaz — incolore et inodore — s'accumule dans la pièce au lieu de se disperser, ce qui augmente fortement le risque d'intoxication pendant le sommeil.
3.
4. On peut par exemple : laisser en permanence une ouverture (fenêtre, porte entrebâillée) pour renouveler l'air ; ne jamais laisser un brasero se consumer dans une pièce où l'on dort ; privilégier la cuisson à l'extérieur ou sous un auvent ouvert ; à terme, passer à un foyer amélioré, mieux ventilé et plus économe en charbon.
Le choix d'Awa (Dakar). À Dakar, Awa doit préparer un repas qui nécessite d'énergie utile. Elle hésite entre un réchaud à butane (rendement , butane à , ) et un foyer traditionnel au charbon de bois (rendement , charbon à , ).
- Calcule l'énergie totale à fournir par chaque combustible pour obtenir ces utiles.
- Calcule la masse de combustible nécessaire dans chaque cas.
- Calcule le coût de chaque repas.
- Awa doit-elle choisir uniquement d'après le prix au kilogramme du combustible ? Conclus.
Voir le corrigé détaillé
1. et 2.
- butane :
- charbon :
3.
- coût butane
- coût charbon
4. Non : bien que le charbon coûte presque quatre fois moins cher au kilo, son rendement bien plus faible fait qu'il revient en réalité plus cher à l'usage ( contre par repas). Ici, le butane est à la fois l'option la plus économique et la moins polluante pour l'air intérieur.
Vers Abéché : un foyer amélioré contre la déforestation. Près d'Abéché, une famille utilise un foyer traditionnel (rendement ) pour couvrir un besoin quotidien de d'énergie utile de cuisson, avec du bois de . Une ONG lui propose un foyer amélioré, de rendement .
- Calcule la masse de bois consommée par jour avec chaque foyer.
- Calcule l'économie de bois réalisée par jour, puis sur une année ( jours).
- En estimant qu'un arbre exploité fournit en moyenne de bois de chauffe, calcule le nombre d'arbres épargnés par an grâce au foyer amélioré.
- Cite un autre avantage, non énergétique, du foyer amélioré pour cette famille.
Voir le corrigé détaillé
1.
- traditionnel :
- amélioré :
2.
- économie journalière
- économie annuelle
3.
- nombre d'arbres
- , soit environ 7 arbres épargnés par an
4. Le foyer amélioré dégage aussi moins de fumée à l'intérieur du foyer (donc moins de risques respiratoires), et il réduit le temps de collecte du bois, une corvée souvent assumée par les femmes et les enfants.