Regarde autour de toi : l'essence qui fait rouler les taxis-brousse, le gaz butane de la cuisinière, le sachet plastique du marché, le stylo entre tes doigts, et même les cellules de ton corps. Tous ces objets si différents ont un point commun invisible : ils sont bâtis sur le même atome, le carbone. La chimie organique est l'étude de ces innombrables composés du carbone — on en connaît aujourd'hui plusieurs dizaines de millions, alors que la chimie « minérale » du reste du tableau périodique en compte beaucoup moins.
Ce foisonnement peut sembler écrasant. Il repose pourtant sur une règle unique et très simple, que tu vas maîtriser dans ce chapitre : le carbone forme toujours quatre liaisons. À partir de cette seule contrainte, la nature construit des chaînes courtes ou longues, droites ou ramifiées — et c'est cette architecture, le squelette carboné, qui donne à chaque molécule son identité et ses propriétés.
Tu vas découvrir les deux premières grandes familles de la chimie organique : les alcanes, où tous les carbones ne sont reliés que par des liaisons simples, et les alcènes, qui possèdent une double liaison plus réactive. Tu apprendras à les nommer selon des règles internationales, à reconnaître leurs isomères (des molécules de même formule brute mais de structure différente), et à comprendre pourquoi le pétrole brut — extrait au large de Dakar ou de la plateforme gazière GTA, à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie — doit être distillé avant de devenir essence, gaz de cuisine ou bitume routier.
C'est un chapitre concret : chaque molécule que tu dessineras existe vraiment, chaque réaction que tu écriras se produit chaque jour dans un moteur, une raffinerie ou une usine de plastique. Prends ton crayon : on commence par le cœur du sujet, l'atome de carbone lui-même.
1Le squelette carboné
1.1 Le carbone, un atome à quatre liaisons
L'atome de carbone, noté , possède quatre électrons sur sa couche externe. Pour compléter cette couche et devenir stable, il doit mettre en commun ces quatre électrons avec d'autres atomes : il forme donc toujours quatre liaisons covalentes, ni plus, ni moins.
La tétravalence du carbone est la propriété selon laquelle un atome de carbone établit toujours exactement quatre liaisons avec des atomes voisins (carbone, hydrogène, oxygène…). Chacune de ces liaisons peut être une liaison simple (une paire d'électrons partagée) ou, plus rarement, participer à une liaison double (deux paires partagées, ce qui « consomme » deux des quatre liaisons du carbone).
L'atome d'hydrogène , lui, ne forme qu'une seule liaison. Dans une molécule organique, les atomes de carbone s'enchaînent donc pour former un « squelette », et les hydrogènes viennent occuper toutes les liaisons qui restent disponibles sur chaque carbone. C'est cette idée toute simple — un squelette de carbones, complété par des hydrogènes — qui engendre la richesse entière de la chimie organique.
Dans la molécule d'éthane , chaque carbone est relié à un autre carbone : il lui reste donc liaisons à occuper, comblées par trois atomes d'hydrogène. On retrouve bien de chaque côté. Dans le méthane , le carbone unique n'est relié à aucun autre carbone : ses quatre liaisons sont toutes occupées par des hydrogènes.
Les carbones peuvent s'enchaîner de façon linéaire (une chaîne « en fil »), ramifiée (des chaînes secondaires greffées sur la chaîne principale) ou, tu le verras en Première, cyclique (une boucle fermée). Dans ce chapitre, tu te limites aux chaînes linéaires et ramifiées, dites acycliques.
1.2 Une chimie omniprésente
La chimie du carbone n'est pas un sujet abstrait de laboratoire : elle est partout. Le pétrole et le gaz naturel — comme celui du gisement GTA (Grand Tortue/Ahmeyim), exploité en mer à la frontière sénégalo-mauritanienne — sont des mélanges d'hydrocarbures formés en des millions d'années à partir de matière organique ancienne. Les matières plastiques qui emballent les produits du marché sont des polymères, de longues chaînes carbonées fabriquées à partir de ces mêmes hydrocarbures. Et le vivant lui-même — sucres, graisses, protéines, ADN — n'est qu'une immense variation sur le thème du squelette carboné.
Longtemps, les chimistes ont cru à une doctrine appelée le vitalisme : les composés « organiques », ceux produits par les êtres vivants, ne pourraient jamais être fabriqués en laboratoire à partir de substances minérales — il leur faudrait une mystérieuse « force vitale ».
En 1828, le chimiste allemand Friedrich Wöhler chauffe du cyanate d'ammonium, un sel parfaitement minéral, et obtient de l'urée — un composé organique que l'on trouve normalement dans l'urine des mammifères. La frontière entre matière « vivante » et matière « minérale » s'effondre : la chimie organique devient une science comme les autres, celle des composés du carbone, qu'ils viennent ou non d'un organisme vivant.
C'est cette science que tu commences aujourd'hui, en partant de la famille la plus simple : les alcanes.
2Alcanes : nomenclature et isomérie
2.1 Formule générale et série des alcanes
Un alcane est un hydrocarbure (molécule ne contenant que des atomes de carbone et d'hydrogène) dans lequel tous les carbones sont reliés entre eux par des liaisons simples uniquement. On dit que l'alcane est saturé : chaque carbone porte le maximum d'hydrogènes possible. Sa formule brute est :
où est le nombre d'atomes de carbone de la molécule ().
- hexane
- nombre d'hydrogènes
- formule brute
Les noms des dix premiers alcanes linéaires sont à connaître par cœur : ils servent de base à tout le vocabulaire de la chimie organique, y compris pour les alcènes que tu verras plus loin.
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nom | méthane | éthane | propane | butane | pentane | hexane | heptane | octane | nonane | décane |
| Formule |
La formule développée d'une molécule montre chaque atome et chaque liaison ; la formule semi-développée, plus rapide à écrire, regroupe les hydrogènes portés par un même carbone, comme pour le propane.
2.2 Nommer un alcane ramifié
Quand la chaîne se ramifie, il faut un nom qui décrive sans ambiguïté où se trouve chaque ramification. C'est le rôle de la nomenclature systématique, fixée par des règles internationales.
- 1. Repérer la chaîne principale : la chaîne carbonée continue la plus longue de la molécule. Son nombre de carbones donne le nom de base (butane, pentane…).
- 2. Numéroter les carbones de la chaîne principale à partir de l'extrémité qui donne les indices les plus petits possibles aux ramifications.
- 3. Nommer chaque ramification (ou « substituant ») : un carbone attaché est un groupe méthyl (), deux carbones un groupe éthyl ().
- 4. Écrire le nom complet : indice-substituant devant le nom de la chaîne principale (préfixes di, tri si un même substituant apparaît plusieurs fois ; ordre alphabétique si les substituants diffèrent).
- chaîne principale : 5 carbones alignésbase = pentane
- ramification : un groupe méthyl sur le 3ᵉ carbone
- numérotation depuis la gauche : indice ; depuis la droite : indice les deux extrémités sont équidistantes ici
- nom : 3-méthylpentane
Le nom indique une chaîne principale à trois carbones (propane), avec deux groupes méthyl portés par le carbone n°2 (« 2,2-di »). Le carbone central porte donc : ses deux voisins de chaîne + deux méthyl = quatre liaisons occupées, sans aucun hydrogène sur lui.
L'erreur la plus fréquente est de numéroter la chaîne à partir du mauvais bout. Pour , numéroter depuis la gauche donne l'indice ; numéroter depuis la droite donnerait l'indice . On garde toujours l'indice le plus petit : le nom correct est 2-méthylpentane, jamais « 4-méthylpentane ».
2.3 Isomérie de chaîne : le cas du butane
Deux molécules sont des isomères lorsqu'elles ont la même formule brute mais des formules développées différentes — donc des propriétés physiques et chimiques différentes. Quand la différence porte sur la forme du squelette carboné (chaîne linéaire ou ramifiée), on parle d'isomérie de chaîne.
La formule brute correspond à deux molécules bien distinctes : le n-butane, à chaîne linéaire, et le méthylpropane (isobutane), à chaîne ramifiée.
Tu reviendras en détail sur ce phénomène — et sur un deuxième type d'isomérie — dans la section 4. Mais avant cela, il faut découvrir une seconde famille d'hydrocarbures, plus réactive que les alcanes : les alcènes.
3Alcènes : double liaison
3.1 Définition et formule générale
Un alcène est un hydrocarbure qui possède une double liaison entre deux de ses carbones. On dit qu'il est insaturé : la double liaison « consomme » deux des quatre liaisons de chacun des deux carbones concernés, qui ne portent donc plus que deux autres liaisons (hydrogène ou reste de la chaîne). Sa formule brute générale est :
Le plus simple des alcènes est l'éthylène (ou éthène), — la molécule la plus produite par l'industrie chimique mondiale, à la base de la plupart des plastiques.
- pentène
- nombre d'hydrogènes
- formule brute
3.2 Nommer un alcène
- 1. La chaîne principale doit obligatoirement contenir les deux carbones de la double liaison.
- 2. On numérote la chaîne pour donner à la double liaison l'indice le plus petit possible.
- 3. Le nom se forme comme pour un alcane, mais avec le suffixe -ène précédé de l'indice du premier carbone de la double liaison : chaîne-indice-ène.
- chaîne principale : 5 carbonesbase = pentène
- numérotation depuis la gauche : double liaison entre C2 et C3 indice
- numérotation depuis la droite : double liaison entre C3 et C4 indice
- on garde le plus petit indice : nom = pent-2-ène
3.3 Réactivité : la réaction d'addition
La double liaison est un point fragile et réactif de la molécule : elle peut s'« ouvrir » pour laisser deux nouveaux atomes se fixer, un sur chaque carbone. C'est la réaction d'addition, caractéristique des alcènes — les alcanes, entièrement saturés, en sont incapables.
Lors d'une addition sur un alcène, la double liaison devient une liaison simple, et chacun des deux carbones fixe un nouvel atome :
- addition de dihydrogène (catalyseur nickel, à chaud) : l'alcène devient un alcane — c'est l'hydrogénation ;
- addition d'eau (catalyseur acide) : l'alcène devient un alcool ;
- addition de bromure d'hydrogène : l'alcène devient un halogénoalcane.
L'éthylène, en fixant une molécule d'eau, devient de l'éthanol — c'est l'une des voies industrielles de fabrication de cet alcool.
3.4 Le test au dibrome
Comment savoir, sans autre indice, qu'une molécule inconnue possède une double liaison ? On utilise l'eau de brome, une solution orangée de dibrome dissous dans l'eau.
Un alcène additionne le dibrome à froid et à l'obscurité, sans catalyseur :
L'eau de brome, orangée, se décolore instantanément au contact d'un alcène. Un alcane, lui, ne réagit pas dans ces conditions : l'eau de brome reste orangée. La décoloration de l'eau de brome est donc un test positif de reconnaissance d'une double liaison .
Ne confonds pas ce test avec une combustion. La décoloration de l'eau de brome se produit à froid, en quelques secondes, sans flamme : c'est une réaction d'addition, pas une combustion. Et retiens bien le sens du test : pas de décoloration pas de double liaison (donc un alcane), décoloration présence d'une double liaison (donc un alcène).
4Isomérie de chaîne et de position
4.1 Isomérie de chaîne : le cas du pentane
Tu as vu avec le butane que deux molécules pouvaient partager la même formule brute tout en ayant un squelette différent. Le phénomène s'amplifie avec la taille de la chaîne : la formule brute correspond à trois isomères de chaîne distincts.
Remarque comme le nom de chaque isomère se déduit directement de la méthode de la section 2.2 : dans le néopentane, le carbone central, entouré de quatre groupes méthyl, ne porte aucun hydrogène — ce qui est parfaitement cohérent avec la tétravalence du carbone.
4.2 Isomérie de position
Deux molécules sont des isomères de position lorsqu'elles ont le même squelette carboné (la même chaîne, ramifiée ou non) mais que le groupe caractéristique — ici, la double liaison — occupe une position différente sur cette chaîne.
Les deux molécules ont la même formule brute et le même squelette (quatre carbones en chaîne linéaire) : seule la position de la double liaison change. Ce sont des isomères de position, et non de chaîne.
Ne confonds pas les deux types d'isomérie. Isomérie de chaîne : le squelette carboné change de forme (linéaire ramifié), comme le butane et le méthylpropane. Isomérie de position : le squelette reste identique, seule la position de la double liaison (ou d'une ramification) change, comme le but-1-ène et le but-2-ène. Dans les deux cas, la formule brute reste la même : c'est justement ce qui définit des isomères.
Structure, nomenclature, isomérie : tu maîtrises maintenant la « géométrie » des alcanes et des alcènes. Reste à comprendre pourquoi elle a des conséquences bien concrètes sur les propriétés physiques de ces molécules — c'est l'objet de la section suivante.
5Propriétés physiques
5.1 États physiques et températures d'ébullition
Plus une chaîne carbonée est longue, plus les molécules s'attirent fortement entre elles : il faut donc plus d'énergie pour les séparer et les faire passer à l'état gazeux. Résultat : la température d'ébullition des alcanes augmente régulièrement avec le nombre de carbones.
| Alcane | méthane | éthane | propane | butane | pentane | hexane | octane | décane |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Téb (°C) | ||||||||
| État à 25 °C | gaz | liquide | ||||||
À température ambiante (environ ) : les alcanes de à sont des gaz, ceux de à environ sont des liquides, et les plus longs sont des solides (paraffine, cire, bitume). Pour une même formule brute, un isomère ramifié bout à une température plus basse qu'un isomère linéaire — c'est ce que tu as observé sur la Figure 2 avec le n-butane et le méthylpropane.
5.2 La distillation du pétrole
Le pétrole brut n'est pas une substance pure : c'est un mélange complexe de milliers d'hydrocarbures différents, des plus courts (gazeux) aux plus longs (quasi solides). Pour en tirer des produits utilisables, une raffinerie — comme la SAR (Société Africaine de Raffinage) à Mbao, près de Dakar — commence toujours par une distillation fractionnée.
Le pétrole brut est chauffé à environ dans un four, puis injecté à la base d'une haute colonne. Les vapeurs montent et se refroidissent progressivement. Chaque famille de molécules se condense sur un plateau situé à la hauteur où la température correspond à sa propre température d'ébullition : les molécules courtes (basse Téb) montent haut avant de se condenser, les plus longues (haute Téb) se condensent près du bas.
Le 27 août 1859, près de Titusville, en Pennsylvanie, l'Américain Edwin Drake fore avec succès le premier puits de pétrole exploité industriellement, à environ mètres de profondeur. Cette date marque le véritable début de l'industrie pétrolière moderne : en quelques décennies, le pétrole devient la principale source d'énergie et de matières premières de la chimie organique — un rôle qu'il tient encore aujourd'hui, y compris avec les gisements offshore récents comme GTA, au large des côtes sénégalaises et mauritaniennes.
5.3 Combustions des hydrocarbures
En présence d'un excès de dioxygène, un hydrocarbure brûle complètement pour donner du dioxyde de carbone et de l'eau :
- propane :
- coefficient de
- vérification : C = C ; H = H ; O = l'équation est bien ajustée
Si le dioxygène manque, la combustion devient incomplète : elle produit du monoxyde de carbone , un gaz incolore, inodore et très toxique, voire du carbone solide (suie). C'est le danger réel des groupes électrogènes, réchauds ou braseros utilisés dans une pièce mal ventilée : chaque année, des intoxications au monoxyde de carbone sont recensées dans des logements fermés faute d'aération. Une flamme qui devient jaune et fuligineuse au lieu de bleue est un signe d'alerte.
6Sources et usages
6.1 Du puits à l'essence : raffinage et craquage
La distillation seule ne suffit pas à répondre aux besoins du marché : un baril de pétrole brut contient naturellement plus de fractions lourdes (gazole, bitume) que n'en réclament les consommateurs, et moins d'essence légère. Les raffineries corrigent ce déséquilibre grâce au craquage.
Le craquage (ou vapocraquage, ou craquage catalytique) consiste à casser, sous l'effet de la chaleur et d'un catalyseur, les longues molécules d'une coupe lourde en molécules plus courtes, appartenant à des coupes plus légères et plus demandées — essence ou gaz. C'est aussi par craquage que l'industrie pétrochimique fabrique l'éthylène, matière première des plastiques, à partir des coupes pétrolières.
Le gaz naturel suit une chaîne comparable : au Sénégal comme en Mauritanie, le gaz extrait du champ offshore GTA est traité puis liquéfié pour être transporté, ou distribué localement — un exemple contemporain de cette même chimie du carbone que tu étudies dans ce chapitre.
6.2 La polymérisation : du gaz au plastique
La réaction d'addition que tu as étudiée en section 3 peut se produire en chaîne : sous pression et catalyseur, des milliers de molécules d'éthylène s'additionnent les unes aux autres, la double liaison de chacune s'ouvrant pour se lier à la suivante. On obtient une molécule géante, un polymère : le polyéthylène.
En 1933, chez le groupe chimique britannique ICI, les chimistes Eric Fawcett et Reginald Gibson étudient le comportement de l'éthylène sous très haute pression. Une fuite laisse entrer une trace d'oxygène dans leur montage : au lieu de l'échec attendu, ils découvrent au fond du réacteur une poudre blanche cireuse — le polyéthylène. Commercialisé à partir de 1939, il reste aujourd'hui le plastique le plus fabriqué au monde.
6.3 Usages du quotidien
Des molécules que tu sais maintenant nommer et dessiner se retrouvent partout dans la vie courante : le butane et le propane comprimés dans les bonbonnes de gaz domestique ; l'essence (coupe légère) et le gazole (coupe intermédiaire) dans les réservoirs des véhicules ; le bitume (résidu lourd) sur les routes goudronnées ; et le polyéthylène dans les sachets, bidons et tuyaux. Une même famille de molécules, une même logique de squelette carboné — et un monde d'usages différents selon la longueur de la chaîne.
Fiche mémo
- Tétravalence : le carbone forme toujours 4 liaisons ; l'hydrogène, une seule.
- Alcane (saturé) : . Alcène (une double liaison) : .
- Nommer : chaîne principale la plus longue (contenant la double liaison pour un alcène) ; numéroter pour avoir les indices les plus petits ; substituants en préfixe (méthyl, éthyl).
- Isomères : même formule brute, structures différentes. Chaîne : squelette différent (n-butane / méthylpropane). Position : squelette identique, position du groupe différente (but-1-ène / but-2-ène).
- Téb augmente avec la longueur de chaîne ; un isomère ramifié bout plus bas qu'un isomère linéaire.
- Addition sur un alcène : , avec fixation de , ou .
- Test au dibrome : décoloration instantanée de l'eau de brome présence d'une double liaison.
- Combustion complète : ; incomplète CO toxique.
- Distillation fractionnée : sépare les coupes du pétrole selon leur température d'ébullition.
- Craquage : casse les molécules lourdes en molécules plus légères et plus demandées.
- Polymérisation : addition en chaîne de l'éthylène polyéthylène, .
7Exercices corrigés
Donne la formule brute des alcanes suivants : l'heptane et le nonane.
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- heptane :
- nonane :
Nomme l'alcane de formule semi-développée .
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- chaîne principale : 4 carbonesbase = butane
- numérotation depuis la gauche : ramification au carbone 3
- numérotation depuis la droite : ramification au carbone 2
- on garde l'indice : nom = 2-méthylbutane
Écris la formule semi-développée : a) de l'hexane ; b) du 2-méthylpropane.
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a)
b) chaîne principale à 3 carbones (propane), méthyl sur le carbone 2 :
Donne la formule brute de l'alcène , puis nomme-le.
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- 4 carbones, une double liaison
- formule brute
- double liaison entre les carbones 1 et 2, indice déjà minimal
- nom : but-1-ène
On ajoute de l'eau de brome à de l'hexane dans un tube, puis à de l'hex-1-ène dans un second tube. Que observe-t-on dans chaque cas ? Justifie.
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L'hexane est un alcane : il ne possède aucune double liaison, donc il ne réagit pas avec le dibrome — l'eau de brome reste orangée. L'hex-1-ène est un alcène : sa double liaison additionne le dibrome, l'eau de brome se décolore instantanément : c'est un test positif.
Écris les formules semi-développées et les noms des trois isomères de formule brute .
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n-pentane : (chaîne linéaire).
2-méthylbutane (isopentane) : (une ramification).
2,2-diméthylpropane (néopentane) : (deux ramifications sur le même carbone).
Écris et équilibre l'équation de combustion complète du butane. Calcule le volume de dioxyde de carbone formé (volume molaire ) lors de la combustion de de butane.
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- butane : , coefficient de
Écris l'équation de l'addition de bromure d'hydrogène sur le propène , et nomme le produit obtenu.
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La double liaison s'ouvre : l'hydrogène et le brome se fixent chacun sur l'un des deux carbones anciennement doublement liés.
Le produit obtenu est le 2-bromopropane, un halogénoalcane.
Pour la formule brute , écris les formules semi-développées et noms de deux alcènes à chaîne linéaire, puis d'un troisième isomère à chaîne ramifiée. Précise la relation d'isomérie entre eux.
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but-1-ène : . but-2-ène : . Même squelette linéaire, seule la position de la double liaison change : ce sont des isomères de position.
2-méthylprop-1-ène : . Son squelette est ramifié, différent de celui des deux précédents : c'est un isomère de chaîne par rapport à eux.
On brûle complètement d'un alcane inconnu . On recueille de et de .
- Détermine à partir de chacune des deux mesures.
- Donne la formule brute et le nom de cet alcane.
- Écris l'équation ajustée de sa combustion complète.
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1. Chaque molécule d'alcane contient carbones et fois plus... précisons via les rapports molaires.
- les deux mesures sont cohérentes
2. : formule brute , c'est le butane.
3.
Deux flacons non étiquetés A et B contiennent chacun un hydrocarbure liquide : l'un a pour formule brute , l'autre (les deux étant à chaîne linéaire), mais on ne sait pas lequel est lequel. Le test au dibrome donne : flacon A — décoloration instantanée ; flacon B — aucune décoloration.
- Identifie la famille chimique (alcane ou alcène) du contenu de chaque flacon.
- En déduis la formule brute exacte de A et de B.
- Donne le nom et la formule semi-développée de chacun.
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1. A décolore l'eau de brome : A contient une double liaison, c'est un alcène. B ne la décolore pas : B est saturé, c'est un alcane.
2. Un alcène vérifie : c'est le cas de (). Un alcane vérifie : c'est le cas de . Donc A et B .
3. A est l'hex-1-ène : . B est l'hexane : .
Nomme l'alcane de formule .
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- chaîne principale : 5 carbonesbase = pentane
- deux ramifications méthyl, l'une sur le 2ᵉ, l'autre sur le 3ᵉ carbone
- numérotation depuis la gauche : indices
- numérotation depuis la droite : indices
- on compare le premier indice : on garde la numérotation de gauche
- nom : 2,3-diméthylpentane
La raffinerie de Mbao (Dakar). À la raffinerie SAR de Mbao, une cuve traite tonnes de pétrole brut. On admet que la distillation fournit, en masse : d'essence, de gazole, de kérosène, le reste correspondant aux autres coupes (gaz et bitume).
- Calcule la masse d'essence puis de gazole obtenue.
- Calcule la masse totale des « autres coupes » (gaz et bitume) et son pourcentage.
- D'après la Figure 6, pourquoi les coupes les plus légères comme le gaz sortent-elles en haut de la colonne ?
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1.
2.
- masse des trois coupes déjà connues
- masse des « autres coupes »
- , soit
3. Les molécules les plus courtes ont la température d'ébullition la plus basse : elles restent à l'état de vapeur jusqu'en haut de la colonne, où la température a le plus baissé, et ne se condensent qu'à cette hauteur.
La bonbonne de gaz d'Aïcha (Ndjamena). Aïcha achète une bonbonne de gaz butane de pour sa cuisinière. On donne les masses molaires : , , .
- Calcule la masse molaire du butane, puis la quantité de matière contenue dans la bonbonne.
- En utilisant l'équation de combustion complète du butane, calcule la masse de dioxyde de carbone rejetée lorsque toute la bonbonne est brûlée.
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1.
2. D'après l'équation :
Une bonbonne de de butane rejette donc, une fois entièrement brûlée, environ trois fois sa propre masse en dioxyde de carbone.
Sachets plastiques à Abidjan. Une usine fabrique des sachets en polyéthylène par polymérisation de l'éthylène obtenu par craquage à la raffinerie. On donne et .
- Sachant que la polymérisation ne fait qu'assembler les molécules d'éthylène sans perdre ni gagner d'atomes, quelle masse d'éthylène faut-il pour produire de polyéthylène ?
- Ces sachets, mal recyclés, sont parfois brûlés à l'air libre. Écris l'équation de combustion complète d'un motif , puis calcule la masse de rejetée par la combustion complète de ces de polyéthylène.
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1. La polymérisation conserve tous les atomes (aucune perte de masse) : il faut donc exactement d'éthylène pour obtenir de polyéthylène.
2.
Brûler ces sachets libère plus de trois fois leur propre masse en dioxyde de carbone : c'est pourquoi le recyclage, plutôt que l'incinération à l'air libre, est préférable.