Aller au contenu
Skill NovaCours en ligne

Classification périodique des éléments

Se repérer dans le tableau périodique et prévoir des propriétés.

Chimie Seconde Chapitre 2 / 8 ⏱ 6 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Situer un élément et en déduire sa famille
  • Prévoir la valence d'un élément
  • Comparer la réactivité de deux éléments d'une même famille

Ouvre n'importe quel laboratoire, n'importe quel manuel de chimie dans le monde : tu y trouveras toujours le même grand tableau, affiché au mur. Ce tableau périodique range les 118 éléments chimiques connus selon un ordre si logique qu'il permet, rien qu'en regardant la position d'un élément, de deviner à l'avance beaucoup de ses propriétés — sans même l'avoir jamais touché.

Au collège, tu as déjà croisé ce tableau : tu savais y repérer un symbole, y lire un numéro atomique. Cette année, tu vas comprendre pourquoi il est construit ainsi, et surtout apprendre à t'en servir comme d'un véritable outil de prévision : deviner la formule d'un ion, comparer la réactivité de deux éléments, anticiper le nombre de liaisons qu'un atome peut former — tout cela avant même d'ouvrir un livre de données.

Dans ce chapitre, tu vas apprendre à situer un élément et en déduire sa famille, à prévoir la valence d'un élément grâce à sa position, et à comparer la réactivité de deux éléments d'une même colonne. Trois compétences simples, qui reposent toutes sur une seule idée : la position dans le tableau reflète directement la structure électronique de l'atome.

1Construction du tableau

1.1  Un peu d'histoire : Mendeleïev

Au début du XIXe siècle, les chimistes accumulent les éléments découverts sans grand ordre. Quelques tentatives de classement voient le jour : en 1817, le chimiste allemand Döbereiner remarque que certains éléments se regroupent par trois (« triades ») aux propriétés voisines ; en 1865, l'Anglais Newlands propose une « loi des octaves », observant qu'une propriété semble se répéter tous les huit éléments — mais son idée, présentée devant la Société de chimie de Londres, est accueillie avec ironie et rejetée.

Chimie & Co — Le tableau qui prédisait l'avenir

En 1869, le chimiste russe Dmitri Ivanovitch Mendeleïev range les 63 éléments alors connus par masse atomique croissante, en colonnes regroupant les propriétés chimiques semblables. Son audace : là où l'ordre se brise, il n'hésite pas à laisser des cases vides, convaincu que des éléments encore inconnus viendront un jour les occuper.

Il va plus loin : il prédit les propriétés précises de trois éléments manquants, qu'il nomme provisoirement eka-bore, eka-aluminium et eka-silicium (« eka » signifie « un » en sanskrit). Le pari est vérifié de son vivant : le gallium est découvert en 1875, le scandium en 1879, le germanium en 1886 — et leurs masses volumiques, leurs masses atomiques collent presque exactement aux valeurs annoncées par Mendeleïev quinze ans plus tôt. Ce succès transforme un simple classement en véritable outil scientifique : un tableau capable de prédire ce qu'on n'a pas encore observé.

1.2  Le principe de construction actuel

Définition

Le numéro atomique ZZ d'un élément est le nombre de protons contenus dans le noyau de ses atomes. C'est lui, et lui seul, qui identifie un élément chimique.

Le tableau moderne — dû notamment au travail ultérieur du physicien Henry Moseley, qui établit en 1913 l'ordre exact des éléments par leur numéro atomique plutôt que par leur masse — obéit à une règle de construction d'une grande simplicité.

Propriété — principe de construction
  • Les éléments sont rangés par numéro atomique ZZ croissant, de gauche à droite puis de haut en bas.
  • Chaque ligne (appelée période) correspond aux atomes dont les électrons occupent le même nombre de couches électroniques.
  • Chaque colonne regroupe les atomes qui ont le même nombre d'électrons sur leur couche externe (couche de valence) : ce sont eux qui gouvernent les propriétés chimiques.

C'est cette dernière règle qui donne au tableau toute sa puissance : deux éléments d'une même colonne ont beau avoir des tailles d'atome très différentes, ils réagissent de façon semblable, car leur couche externe est organisée de la même manière.

Exemple — lire un numéro atomique

Le sodium Na\mathrm{Na} a pour numéro atomique Z=11Z = 11. Ses 11 électrons se répartissent sur les couches K\mathrm{K}, L\mathrm{L}, M\mathrm{M} selon la règle vue en classe de troisième : K(2) L(8) M(1)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(1). Trois couches occupées : le sodium se trouve donc à la 3e période. Sa couche externe M\mathrm{M} porte 1 électron : il se trouve dans la 1re colonne.

Exemple — lire une position

Le chlore Cl\mathrm{Cl} a pour numéro atomique Z=17Z = 17, de structure électronique K(2) L(8) M(7)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(7). Trois couches occupées : 3e période. Sa couche externe porte 7 électrons : 17e colonne.

Attention

Ne confonds pas période (une ligne, liée au nombre de couches) et famille (une colonne, liée au nombre d'électrons de valence). C'est l'erreur la plus fréquente en début d'année : « 3e ligne » ne veut rien dire sur la réactivité chimique, alors que « 1re colonne » en dit énormément.

2Périodes et familles

2.1  Qu'est-ce qu'une période ?

Définition

Une période est une ligne du tableau périodique. Tous les atomes d'une même période ont le même nombre de couches électroniques occupées.

En Seconde, tu utilises une version simplifiée du tableau, limitée aux trois premières périodes (voir la Figure 1) :

  • 1re période : une seule couche K\mathrm{K} — deux éléments seulement, l'hydrogène H\mathrm{H} et l'hélium He\mathrm{He}.
  • 2e période : couches K\mathrm{K} et L\mathrm{L} — du lithium Li\mathrm{Li} au néon Ne\mathrm{Ne}, huit éléments.
  • 3e période : couches K\mathrm{K}, L\mathrm{L} et M\mathrm{M} — du sodium Na\mathrm{Na} à l'argon Ar\mathrm{Ar}, huit éléments.

2.2  Qu'est-ce qu'une famille chimique ?

Définition

Une famille chimique (ou groupe) est une colonne du tableau périodique. Les éléments d'une même famille ont le même nombre d'électrons de valence et présentent des propriétés chimiques voisines.

Le tableau complet compte 18 colonnes, numérotées de 1 à 18. Pour les périodes 2 et 3, les colonnes 3 à 12 restent vides : elles correspondent aux métaux de transition, qui n'apparaissent qu'à partir de la 4e période et sont hors programme de Seconde. C'est pourquoi le tableau simplifié ci-dessous laisse un grand « trou » au centre des deuxième et troisième lignes.

Classification périodique simplifiée — périodes 1 à 3 Pér. 123456789101112131415161718 123 métaux de transition — hors programme de Seconde 1H 2He 3Li 4Be 5B 6C 7N 8O 9F 10Ne 11Na 12Mg 13Al 14Si 15P 16S 17Cl 18Ar Hydrogène (cas particulier) Alcalins (colonne 1) Autres familles Halogènes (colonne 17) Gaz nobles (18) Numéro en haut à gauche de chaque case = numéro atomique Z
Figure 1 — Classification périodique simplifiée aux périodes 1 à 3. Chaque colonne (1 à 18) correspond à un nombre fixe d'électrons de valence ; chaque ligne correspond à un nombre de couches occupées. Les colonnes 3 à 12, vides ici, accueillent les métaux de transition à partir de la période 4.

2.3  Lire une classification fournie

Méthode — situer un élément et en déduire sa famille

On dispose presque toujours, en Seconde, d'un extrait de classification déjà imprimé (sur le sujet d'un contrôle, dans le livre). Trois réflexes suffisent :

  • Repérer la ligne de l'élément → cela donne son nombre de couches électroniques occupées.
  • Repérer la colonne de l'élément → cela donne son nombre d'électrons de valence, donc sa famille chimique.
  • Comparer avec les éléments voisins de la même colonne → ils partagent les mêmes propriétés chimiques principales.
Exemple — utiliser une classification fournie

Le magnésium Mg\mathrm{Mg} (Z=12Z=12) est donné à la 3e période, colonne 2. Sans rien calculer d'autre : trois couches occupées, 2 électrons de valence. On peut déjà prévoir qu'il appartient à la même famille que le béryllium Be\mathrm{Be} (2e période, colonne 2) — la famille des alcalino-terreux — et qu'il formera un ion de charge +2+2, par analogie avec le béryllium.

Attention

L'hydrogène H\mathrm{H} est placé en colonne 1 par convention d'écriture électronique (1 électron de valence), mais ce n'est pas un alcalin : c'est un non-métal, gazeux, aux propriétés très différentes du sodium ou du potassium. Sa position en colonne 1 est un cas particulier à connaître.

3Alcalins, halogènes, gaz nobles

Trois colonnes du tableau méritent une attention particulière : elles rassemblent des familles aux propriétés si marquées, si reconnaissables, qu'on les cite en exemple dans le monde entier. Regarde la Figure 2 : deux familles voisines, aux comportements pourtant opposés.

3.1  Les alcalins (colonne 1)

Définition

Les alcalins forment la famille de la colonne 1 du tableau, à l'exception de l'hydrogène. Elle regroupe, entre autres, le lithium Li\mathrm{Li}, le sodium Na\mathrm{Na} et le potassium K\mathrm{K}.

Propriété — les alcalins
  • Ce sont des métaux mous (on peut les couper au couteau), brillants, mais qui ternissent en quelques secondes à l'air libre.
  • Ils possèdent tous 1 seul électron de valence, qu'ils cèdent très facilement : ils forment donc des ions de charge +1+1 (Li+\mathrm{Li}^{+}, Na+\mathrm{Na}^{+}, K+\mathrm{K}^{+}).
  • Ils réagissent violemment avec l'eau, en dégageant du dihydrogène : c'est cette réaction spectaculaire qui les rend célèbres.
Exemple — pourquoi le sodium est-il si réactif ?

Le sodium Na\mathrm{Na} (Z=11Z=11) a pour structure électronique K(2) L(8) M(1)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(1). Son unique électron sur la couche M\mathrm{M} est loin du noyau et peu retenu : l'atome s'en débarrasse facilement pour former l'ion Na+\mathrm{Na}^{+}, de structure K(2) L(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8), bien plus stable. C'est cette facilité à perdre un électron qui rend le sodium aussi réactif.

Attention — sécurité et vocabulaire

Les alcalins purs ne se manipulent jamais à mains nues en classe : on les conserve sous huile, car ils réagissent même avec l'humidité de l'air. Autre piège : ne dis jamais « métal alcalin » pour l'hydrogène — malgré sa position en colonne 1, ce n'est pas un métal.

3.2  Les halogènes (colonne 17)

Définition

Les halogènes forment la famille de la colonne 17. Elle regroupe le fluor F\mathrm{F}, le chlore Cl\mathrm{Cl}, le brome Br\mathrm{Br} et le diiode I\mathrm{I}. Le mot vient du grec halos (le sel) et gennan (engendrer) : « qui engendre des sels ».

Propriété — les halogènes
  • Ce sont des non-métaux très réactifs, existant à l'état naturel sous forme de molécules diatomiques (F2\mathrm{F}_2, Cl2\mathrm{Cl}_2…), jamais d'atomes isolés.
  • Ils possèdent tous 7 électrons de valence, et il ne leur en manque qu'un seul pour saturer leur couche externe : ils captent donc très facilement un électron, formant des ions de charge −1-1 (F−\mathrm{F}^{-}, Cl−\mathrm{Cl}^{-}…).
  • Ils réagissent avec la plupart des métaux pour former des sels, comme le chlorure de sodium NaCl\mathrm{NaCl}, le sel de cuisine.
Exemple — le chlore, avide d'un électron

Le chlore Cl\mathrm{Cl} (Z=17Z=17) a pour structure K(2) L(8) M(7)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(7). Il lui manque un seul électron sur la couche M\mathrm{M} pour atteindre 8. En captant un électron, il forme l'ion chlorure Cl−\mathrm{Cl}^{-}, de structure K(2) L(8) M(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(8), très stable — c'est exactement la structure de l'argon.

Deux colonnes voisines, deux comportements opposés Alcalins — colonne 1 Halogènes — colonne 17 Li 1 e⁻ de valence réactivité ↑ Na 1 e⁻ de valence cède facilement 1 e⁻ F 7 e⁻ de valence réactivité ↓ Cl 7 e⁻ de valence capte facilement 1 e⁻
Figure 2 — Les alcalins possèdent 1 électron de valence qu'ils cèdent facilement ; les halogènes en possèdent 7 et en captent facilement un. En descendant la colonne, les alcalins deviennent plus réactifs (l'électron externe s'éloigne du noyau) tandis que les halogènes deviennent moins réactifs (le noyau attire moins bien un électron supplémentaire).

3.3  Les gaz nobles (colonne 18) et leur stabilité

Définition

Les gaz nobles (ou gaz rares) forment la famille de la colonne 18 : hélium He\mathrm{He}, néon Ne\mathrm{Ne}, argon Ar\mathrm{Ar}… Leur couche de valence est saturée (2 électrons pour He\mathrm{He}, 8 pour les suivants).

Propriété — stabilité chimique

Une couche de valence saturée est une configuration électronique de très basse énergie, donc particulièrement stable. Les gaz nobles n'ont ni intérêt à céder, ni à capter d'électron : ils sont chimiquement quasi inertes, ne réagissent avec presque aucun autre élément, et existent à l'état d'atomes isolés (et non de molécules).

Chimie & Co — Les gaz « insaisissables »

En 1894, le chimiste écossais William Ramsay et le physicien Lord Rayleigh remarquent un écart infime entre la masse de l'azote extrait de l'air et celle de l'azote produit chimiquement. En isolant la différence, ils découvrent un gaz totalement nouveau, qui ne réagit avec rien : ils le nomment argon, du grec argos, « paresseux ». Ramsay poursuit ses recherches et isole en quelques années l'hélium, le néon, le krypton puis le xénon — une famille entière de gaz jusque-là invisibles aux chimistes, précisément parce qu'ils ne participent à aucune réaction. Ramsay reçoit le prix Nobel de chimie en 1904 pour cette découverte, qui vient combler exactement la dernière colonne du tableau de Mendeleïev.

Cette stabilité des gaz nobles n'est pas un simple fait à retenir : c'est le moteur de toute la réactivité chimique des autres éléments, qui « cherchent » à obtenir, par perte, gain ou mise en commun d'électrons, une structure électronique de gaz noble. Tu approfondiras cette idée, essentielle, à la section 6.

4Évolution des propriétés

4.1  Évolution au sein d'une période

Parcours une période de gauche à droite : le numéro atomique ZZ augmente d'une case à l'autre, donc le nombre de protons dans le noyau augmente aussi. Ce noyau, de plus en plus chargé positivement, attire de plus en plus fortement les électrons de la couche externe — alors même que ceux-ci restent sur la même couche (la période ne change pas).

Propriété — évolution au sein d'une période

Le long d'une période, de la gauche vers la droite :

  • la taille des atomes diminue (le noyau retient plus fort les électrons) ;
  • le caractère métallique diminue : les colonnes de gauche sont des métaux (alcalins, alcalino-terreux), les colonnes de droite sont des non-métaux (halogènes) puis des gaz nobles.
Exemple — comparer sur une période

Sur la 3e période, le sodium Na\mathrm{Na} (colonne 1) est un métal très réactif, le silicium Si\mathrm{Si} (colonne 14) est un solide dur peu réactif, et le chlore Cl\mathrm{Cl} (colonne 17) est un non-métal très réactif. Le caractère métallique décroît bien de Na\mathrm{Na} vers Cl\mathrm{Cl}.

4.2  Évolution au sein d'une colonne

Descends maintenant une colonne : le nombre d'électrons de valence reste identique (même famille), mais le nombre de couches occupées augmente. La couche de valence est donc de plus en plus éloignée du noyau — et de plus en plus mal retenue par lui.

Propriété — évolution au sein d'une colonne (famille)

En descendant une colonne : la taille des atomes augmente (une couche de plus). L'effet sur la réactivité dépend du sens dans lequel l'atome échange des électrons :

  • pour les alcalins (qui cèdent un électron) : plus la couche de valence est loin du noyau, plus il est facile de céder l'électron → réactivité croissante en descendant.
  • pour les halogènes (qui captent un électron) : plus la couche de valence est loin du noyau, moins le noyau attire bien un électron supplémentaire → réactivité décroissante en descendant.
Attention — un piège classique

« Plus ZZ est grand, plus l'élément est réactif » est faux en général : cela dépend entièrement de la famille. Le francium (alcalin, Z=87Z=87) est extrêmement réactif, tandis que le radon (gaz noble, Z=86Z=86, voisin immédiat !) est quasiment inerte. Compare toujours des éléments de la même colonne pour raisonner sur la réactivité.

Exemple — comparer deux alcalins

Le lithium Li\mathrm{Li} (2e période) et le sodium Na\mathrm{Na} (3e période) sont tous deux des alcalins. Le sodium, dont l'électron de valence occupe une couche plus éloignée du noyau, le cède plus facilement que le lithium : le sodium est plus réactif que le lithium face à l'eau, ce que confirme l'expérience (réaction plus vive, parfois avec inflammation).

5Électronégativité

5.1  Qu'est-ce que l'électronégativité ?

Définition

L'électronégativité d'un élément mesure sa capacité à attirer vers lui les électrons d'une liaison chimique qu'il partage avec un autre atome. C'est une grandeur sans unité, notée χ\chi (« chi »), classée sur une échelle appelée échelle de Pauling.

Chimie & Co — Pauling invente une échelle

En 1932, le chimiste américain Linus Pauling propose la première échelle numérique d'électronégativité, en comparant l'énergie réelle des liaisons entre deux éléments différents à celle qu'on attendrait si les deux atomes partageaient équitablement les électrons. Plus l'écart est grand, plus l'un des deux atomes « triche » en attirant les électrons vers lui. Cette échelle, encore utilisée aujourd'hui, vaut à Pauling le prix Nobel de chimie en 1954 — puis le prix Nobel de la paix en 1962, faisant de lui l'une des seules personnes à avoir reçu deux prix Nobel non partagés.

Sur cette échelle, le fluor F\mathrm{F} est l'élément le plus électronégatif de tout le tableau (χ≈3,98\chi \approx 3{,}98), suivi de l'oxygène (χ≈3,44\chi \approx 3{,}44), de l'azote et du chlore (χ≈3,0\chi \approx 3{,}0). À l'inverse, les alcalins les plus lourds, comme le césium (χ≈0,79\chi \approx 0{,}79), sont parmi les moins électronégatifs.

5.2  Évolution de l'électronégativité dans le tableau

Propriété — évolution de l'électronégativité
  • Le long d'une période, de gauche à droite : l'électronégativité augmente (le noyau, de plus en plus chargé, attire de plus en plus fort les électrons partagés).
  • Le long d'une colonne, de haut en bas : l'électronégativité diminue (la couche de valence s'éloigne du noyau).

L'élément le plus électronégatif se trouve donc en haut à droite du tableau (hors gaz nobles) : c'est le fluor.

Exemple — comparer sans table de valeurs

Entre l'oxygène O\mathrm{O} (2e période, colonne 16) et le soufre S\mathrm{S} (3e période, colonne 16), lequel est le plus électronégatif ? Même colonne : c'est l'élément de la période la plus basse qui est le moins électronégatif. S\mathrm{S} étant en dessous de O\mathrm{O}, on prévoit χ(O)>χ(S)\chi(\mathrm{O}) > \chi(\mathrm{S}) — ce que confirment les tables : χ(O)≈3,44\chi(\mathrm{O}) \approx 3{,}44 et χ(S)≈2,58\chi(\mathrm{S}) \approx 2{,}58.

Attention

Les gaz nobles ne sont pas comparés sur l'échelle d'électronégativité : ne formant quasiment aucune liaison, la notion n'a pas vraiment de sens pour eux. Ne les cite jamais comme « éléments les plus/moins électronégatifs ».

6Prévision des formules

6.1  Règles du duet et de l'octet

Définition

Un atome respecte la règle du duet lorsque sa couche externe porte 2 électrons (cas des éléments proches de l'hélium). Il respecte la règle de l'octet lorsque sa couche externe porte 8 électrons (cas de tous les autres gaz nobles).

Propriété — règles du duet et de l'octet

Au cours d'une transformation chimique, les atomes (autres que les gaz nobles) évoluent — en perdant, en gagnant ou en mettant en commun des électrons — de façon à acquérir la structure électronique du gaz noble le plus proche dans la classification : duet pour les éléments voisins de l'hélium, octet pour tous les autres.

Hélium (Z = 2) He Duet stable (2 e⁻ sur K) Néon (Z = 10) Ne Octet stable (8 e⁻ sur L)
Figure 3 — Les deux configurations de référence. He\mathrm{He} atteint la stabilité avec 2 électrons sur son unique couche (duet) ; Ne\mathrm{Ne}, comme tous les gaz nobles suivants, l'atteint avec 8 électrons sur sa couche externe (octet). Tous les autres atomes évoluent vers l'une de ces deux structures.
Démonstration — idée de preuve

Pourquoi une couche saturée est-elle si stable ? Sans entrer dans le détail (vu en physique quantique après le lycée), on peut retenir l'idée suivante : une couche électronique incomplète laisse un « déséquilibre » — l'atome peut encore accueillir ou libérer un électron pour baisser son énergie. Une couche complète, au contraire, ne laisse plus aucune place ni aucun électron « en trop » : il n'existe alors plus de réarrangement qui abaisserait encore l'énergie de l'atome. C'est cet état de plus basse énergie disponible qui définit la stabilité chimique.

6.2  Prévoir la charge d'un ion

Méthode — prévoir l'ion formé par un atome
  • Écrire la structure électronique de l'atome et compter ses électrons de valence.
  • Repérer le gaz noble le plus proche dans la classification (celui de la période précédente ou de la même période).
  • En déduire le nombre d'électrons à perdre (s'il y en a moins de 4 sur la couche externe) ou à gagner (s'il y en a plus de 4) pour retrouver cette structure — ce nombre donne la charge de l'ion.
Exemple — quatre ions à connaître

Sodium :

  1. Na\mathrm{Na} (Z=11Z=11) : K(2) L(8) M(1)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(1)1 électron de valence
  2. doncperte de 1 électron pour retrouver K(2) L(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8), structure du néon
  3. ⇒Na→Na++e−\mathrm{Na} \rightarrow \mathrm{Na}^{+} + e^{-}

Magnésium :

  1. Mg\mathrm{Mg} (Z=12Z=12) : K(2) L(8) M(2)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(2)2 électrons de valence
  2. doncperte de 2 électrons pour retrouver K(2) L(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)
  3. ⇒Mg→Mg2++2 e−\mathrm{Mg} \rightarrow \mathrm{Mg}^{2+} + 2\,e^{-}

Chlore :

  1. Cl\mathrm{Cl} (Z=17Z=17) : K(2) L(8) M(7)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(7)7 électrons de valence
  2. doncgain de 1 électron pour atteindre K(2) L(8) M(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(8), structure de l'argon
  3. ⇒Cl+e−→Cl−\mathrm{Cl} + e^{-} \rightarrow \mathrm{Cl}^{-}

Oxygène :

  1. O\mathrm{O} (Z=8Z=8) : K(2) L(6)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(6)6 électrons de valence
  2. doncgain de 2 électrons pour atteindre K(2) L(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8), structure du néon
  3. ⇒O+2 e−→O2−\mathrm{O} + 2\,e^{-} \rightarrow \mathrm{O}^{2-}
De la colonne à la charge de l'ion Colonne 1 Na Na⁺ charge +1 Colonne 2 Mg Mg²⁺ charge +2 Colonne 16 O O²⁻ charge −2 Colonne 17 Cl Cl⁻ charge −1 Colonne 18 Ar stable pas d'ion charge = ± nombre d'électrons cédés ou captés pour atteindre le duet/l'octet
Figure 4 — Correspondance entre la colonne d'un élément et la charge de l'ion qu'il forme. Colonnes 1 et 2 : perte d'électrons, ion positif. Colonnes 16 et 17 : gain d'électrons, ion négatif. Colonne 18 : déjà stable, aucun ion.
Attention

Ne confonds pas la charge d'un ion (colonnes 1, 2, 16, 17 essentiellement, liaison ionique) et le nombre de liaisons covalentes (colonnes 14, 15, 16, 17 avec H, C, N, O, liaison covalente). Ce sont deux façons différentes, pour un atome, d'atteindre le duet ou l'octet : en échangeant complètement des électrons (ions) ou en les mettant en commun (liaisons covalentes).

6.3  Prévoir le nombre de liaisons (H, C, N, O)

Propriété — nombre de liaisons covalentes

Un atome non métallique (hors gaz nobles) forme, par mise en commun d'électrons, le nombre de liaisons covalentes qui lui manque pour atteindre l'octet (ou le duet pour l'hydrogène) :

nombre de liaisons=8−(nombre d’eˊlectrons de valence)\text{nombre de liaisons} = 8 - \text{(nombre d'électrons de valence)}

avec l'exception de l'hydrogène, qui ne forme toujours qu'une seule liaison (il vise le duet, 2−1=12-1=1).

Exemple — H, C, N, O
  1. H\mathrm{H} : 1 électron de valence, vise le duet2−1=12-1=1 liaison
  2. C\mathrm{C} : 4 électrons de valence8−4=48-4=4 liaisons
  3. N\mathrm{N} : 5 électrons de valence8−5=38-5=3 liaisons
  4. O\mathrm{O} : 6 électrons de valence8−6=28-6=2 liaisons

Ces nombres expliquent les formules que tu rencontreras sans cesse en chimie organique : le méthane CH4\mathrm{CH}_4 (le carbone forme bien 4 liaisons, chacune avec un hydrogène qui n'en forme qu'une), l'ammoniac NH3\mathrm{NH}_3 (l'azote forme 3 liaisons), l'eau H2O\mathrm{H}_2\mathrm{O} (l'oxygène forme 2 liaisons) et le chlorure d'hydrogène HCl\mathrm{HCl} (le chlore, comme tout halogène, ne forme qu'une seule liaison : 8−7=18-7=1).

Méthode — construire une formule à partir des nombres de liaisons

On relie les atomes entre eux jusqu'à ce que chacun ait exactement le nombre de liaisons prévu par sa colonne, aucune de plus, aucune de moins. C'est une vérification puissante : si une formule proposée ne respecte pas ces nombres, elle est fausse.

Fiche mémo

  • Tableau : lignes = périodes (nombre de couches), colonnes = familles (nombre d'électrons de valence), rangement par ZZ croissant.
  • Alcalins (colonne 1, sauf H) : 1 e⁻ de valence, très réactifs, forment des ions +1+1.
  • Halogènes (colonne 17) : 7 e⁻ de valence, très réactifs, forment des ions −1-1.
  • Gaz nobles (colonne 18) : couche de valence saturée (duet ou octet), chimiquement inertes.
  • Au sein d'une période (→) : taille atomique et caractère métallique diminuent, électronégativité augmente.
  • Au sein d'une colonne (↓) : taille atomique augmente, électronégativité diminue ; réactivité des alcalins augmente, celle des halogènes diminue.
  • Électronégativité χ\chi : capacité à attirer les électrons d'une liaison ; maximale en haut à droite du tableau (fluor).
  • Règle du duet : 2 e⁻ sur la couche externe (éléments proches de l'hélium).
  • Règle de l'octet : 8 e⁻ sur la couche externe (tous les autres gaz nobles).
  • Charge d'un ion : nombre d'électrons perdus (colonnes 1, 2 → ion positif) ou gagnés (colonnes 16, 17 → ion négatif) pour atteindre duet/octet.
  • À connaître : Na+\mathrm{Na}^{+}, Mg2+\mathrm{Mg}^{2+}, Cl−\mathrm{Cl}^{-}, O2−\mathrm{O}^{2-}.
  • Nombre de liaisons covalentes =8−= 8 - (électrons de valence), sauf H\mathrm{H} qui forme toujours 1 liaison : H\mathrm{H}–1, C\mathrm{C}–4, N\mathrm{N}–3, O\mathrm{O}–2.

7Exercices corrigés

Retrouve dans ces exercices les trois compétences du chapitre : situer un élément, prévoir sa valence, comparer la réactivité de deux éléments d'une même famille. Prends le temps de rédiger tes justifications comme dans les corrigés.

Niveau 1 — Application directe
1

Le soufre S\mathrm{S} a pour numéro atomique Z=16Z = 16. Donne sa structure électronique, sa période et sa colonne.

Voir le corrigé détaillé
  1. Z=16Z = 16 électrons à répartir
  2. ⇒K(2) L(8) M(6)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(6)2+8+6=162+8+6=16

Trois couches occupées : le soufre est en 3e période. Sa couche externe M\mathrm{M} porte 6 électrons : il est en colonne 16 (même famille que l'oxygène).

2

Donne la structure électronique de l'aluminium Al\mathrm{Al} (Z=13Z=13), son nombre d'électrons de valence, sa période et sa colonne.

Voir le corrigé détaillé
  1. Z=13Z=13
  2. ⇒K(2) L(8) M(3)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(3)2+8+3=132+8+3=13

3 électrons de valence, 3 couches occupées : 3e période, colonne 13.

3

Parmi ces éléments donnés avec leur position, indique lesquels sont des alcalins, des halogènes ou des gaz nobles : lithium (période 2, colonne 1) ; fluor (période 2, colonne 17) ; néon (période 2, colonne 18) ; magnésium (période 3, colonne 2) ; chlore (période 3, colonne 17) ; argon (période 3, colonne 18).

Voir le corrigé détaillé

Alcalins (colonne 1) : lithium. Halogènes (colonne 17) : fluor, chlore. Gaz nobles (colonne 18) : néon, argon. Le magnésium (colonne 2) n'appartient à aucune de ces trois familles : c'est un alcalino-terreux.

4

Le potassium K\mathrm{K} (Z=19Z=19) a pour structure K(2) L(8) M(8) N(1)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(8)\ \mathrm{N}(1). Quel ion forme-t-il ? Justifie et écris l'équation de formation.

Voir le corrigé détaillé
  1. 1 électron de valence sur N\mathrm{N}colonne 1, alcalin
  2. doncperte de 1 électron pour retrouver K(2) L(8) M(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(8), structure de l'argon
  3. ⇒K→K++e−\mathrm{K} \rightarrow \mathrm{K}^{+} + e^{-}
5

Le soufre S\mathrm{S} (Z=16Z=16, structure K(2) L(8) M(6)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(6)) est un non-métal. Combien de liaisons covalentes peut-il former ?

Voir le corrigé détaillé
  1. 6 électrons de valence
  2. ⇒nombre de liaisons =8−6= 8-6
  3. ==22 liaisons

C'est bien ce qu'on observe dans le sulfure d'hydrogène H2S\mathrm{H}_2\mathrm{S}, où le soufre forme exactement 2 liaisons, chacune avec un hydrogène.

Niveau 2 — Approfondissement
6

Le potassium K\mathrm{K} (période 4, colonne 1) et le sodium Na\mathrm{Na} (période 3, colonne 1) sont deux alcalins. Lequel réagit le plus vite avec l'eau ? Justifie.

Voir le corrigé détaillé

Le potassium et le sodium appartiennent à la même colonne : ils ont tous deux 1 électron de valence. Le potassium, situé une période plus bas, a son électron de valence sur une couche plus éloignée du noyau : le noyau le retient moins bien, donc le potassium le cède plus facilement. Le potassium est donc plus réactif que le sodium face à l'eau — c'est bien ce qu'observent les chimistes en laboratoire.

7

Sans utiliser de table de valeurs, compare l'électronégativité de l'azote N\mathrm{N} (période 2, colonne 15) et du phosphore P\mathrm{P} (période 3, colonne 15).

Voir le corrigé détaillé

N\mathrm{N} et P\mathrm{P} sont dans la même colonne. Le long d'une colonne, l'électronégativité diminue quand on descend. L'azote, situé au-dessus du phosphore, est donc plus électronégatif : χ(N)>χ(P)\chi(\mathrm{N}) > \chi(\mathrm{P}). Les tables confirment : χ(N)≈3,04\chi(\mathrm{N}) \approx 3{,}04 et χ(P)≈2,19\chi(\mathrm{P}) \approx 2{,}19.

8

Un ion possède la structure électronique K(2) L(8) M(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(8) et porte une charge −2-2. Identifie l'élément d'origine XX, sa position dans le tableau, et écris l'équation de formation de l'ion.

Voir le corrigé détaillé
  1. l'ion compte 2+8+8=182+8+8=18 électrons
  2. charge −2-2 : l'atome neutre XX avait 18−2=1618-2=16 électrons
  3. ⇒Z=16Z=16 : c'est le soufre S\mathrm{S}
  4. structure de l'atome : K(2) L(8) M(6)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(6)3e période, colonne 16
  5. ⇒S+2 e−→S2−\mathrm{S} + 2\,e^{-} \rightarrow \mathrm{S}^{2-}
9

Justifie, à l'aide des nombres de liaisons du carbone et du chlore, la formule du tétrachlorométhane CCl4\mathrm{CCl}_4.

Voir le corrigé détaillé

Le carbone C\mathrm{C} (4 électrons de valence) forme 8−4=48-4=4 liaisons. Le chlore Cl\mathrm{Cl} (7 électrons de valence) ne forme que 8−7=18-7=1 liaison. En entourant un atome de carbone de 4 atomes de chlore, le carbone utilise exactement ses 4 liaisons disponibles, et chaque chlore n'en utilise qu'une seule : la formule CCl4\mathrm{CCl}_4 respecte parfaitement les deux règles.

Niveau 3 — Défi
10

Le calcium a pour numéro atomique Z=20Z=20, de structure électronique K(2) L(8) M(8) N(2)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(8)\ \mathrm{N}(2).

  1. Donne la période, la colonne et la famille chimique du calcium.
  2. Le calcium réagit-il plus ou moins facilement que le magnésium (colonne 2, période 3) ? Justifie.
  3. Quel ion forme le calcium ? Écris l'équation de formation et donne la structure électronique de cet ion.
Voir le corrigé détaillé

1. Quatre couches occupées (K\mathrm{K}, L\mathrm{L}, M\mathrm{M}, N\mathrm{N}) : 4e période. La couche externe N\mathrm{N} porte 2 électrons : colonne 2, famille des alcalino-terreux (comme le béryllium et le magnésium).

2. Le calcium et le magnésium sont dans la même colonne. Le calcium, plus bas, a ses électrons de valence plus éloignés du noyau : ils sont moins bien retenus. Le calcium est donc plus réactif que le magnésium.

3.

  1. 2 électrons de valence sur N\mathrm{N}
  2. doncperte de 2 électrons pour retrouver K(2) L(8) M(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(8), structure de l'argon
  3. ⇒Ca→Ca2++2 e−\mathrm{Ca} \rightarrow \mathrm{Ca}^{2+} + 2\,e^{-}
Ca (Z=20) — avant réaction Ca …M(8) N(2) : 2 e⁻ de valence perd 2 e⁻ Ca²⁺ — après réaction Ca²⁺ K(2)L(8)M(8) = structure de l'argon
Figure 5 — En perdant ses 2 électrons de valence, l'atome de calcium acquiert la structure électronique, très stable, de l'argon : c'est la couche M\mathrm{M} qui devient la nouvelle couche externe, désormais saturée à 8 électrons.
11

Explique pourquoi le fluor F\mathrm{F} est l'élément le plus réactif de la famille des halogènes.

  1. Donne la structure électronique du fluor (Z=9Z=9) et celle du chlore (Z=17Z=17) ; précise leur nombre d'électrons de valence.
  2. Compare la distance entre la couche de valence et le noyau pour ces deux éléments.
  3. Rédige une phrase de conclusion complète expliquant pourquoi le fluor capte plus facilement un électron que le chlore.
Voir le corrigé détaillé

1.

  1. F\mathrm{F} (Z=9Z=9) : K(2) L(7)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(7)7 électrons de valence, couche L\mathrm{L}
  2. Cl\mathrm{Cl} (Z=17Z=17) : K(2) L(8) M(7)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(7)7 électrons de valence, couche M\mathrm{M}

2. La couche de valence du fluor (L\mathrm{L}, 2e couche) est plus proche du noyau que celle du chlore (M\mathrm{M}, 3e couche).

3. Le noyau du fluor attire donc plus fortement un électron supplémentaire que celui du chlore : le fluor capte un électron plus facilement, ce qui en fait l'halogène le plus réactif — et le plus électronégatif de tout le tableau (χ≈3,98\chi \approx 3{,}98).

12

L'ion magnésium a pour formule Mg2+\mathrm{Mg}^{2+} et l'ion chlorure Cl−\mathrm{Cl}^{-}. Détermine la formule du chlorure de magnésium, composé électriquement neutre.

  1. Rappelle la charge apportée par un ion Mg2+\mathrm{Mg}^{2+} et par un ion Cl−\mathrm{Cl}^{-}.
  2. En notant xx le nombre d'ions Mg2+\mathrm{Mg}^{2+} et yy le nombre d'ions Cl−\mathrm{Cl}^{-}, écris la condition de neutralité électrique avec le plus petit couple (x,y)(x,y) possible.
  3. Donne la formule du chlorure de magnésium.
Voir le corrigé détaillé

1. Un ion Mg2+\mathrm{Mg}^{2+} apporte la charge +2+2 ; un ion Cl−\mathrm{Cl}^{-} apporte la charge −1-1.

2.

  1. neutralité : 2x−y=02x - y = 0
  2. ⇒y=2xy = 2x
  3. plus petit couple d'entiers non nuls
  4. ⇒x=1x=1, y=2y=2

3. Il faut donc 1 ion Mg2+\mathrm{Mg}^{2+} pour 2 ions Cl−\mathrm{Cl}^{-} : le chlorure de magnésium a pour formule MgCl2\mathrm{MgCl}_2.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
13

L'eau potable à Dakar. La Sénégalaise Des Eaux désinfecte l'eau distribuée à Dakar avec du dichlore Cl2\mathrm{Cl}_2, un halogène.

  1. Donne la position du chlore (période, colonne) et son nombre d'électrons de valence.
  2. Après désinfection, il reste dans l'eau de petites quantités d'ions chlorure Cl−\mathrm{Cl}^{-}. Cet ion a-t-il une structure électronique stable ? Justifie.
  3. Écris l'équation traduisant le passage d'un atome de chlore à l'ion chlorure.
Voir le corrigé détaillé

1. Le chlore (Z=17Z=17) est en 3e période, colonne 17, avec 7 électrons de valence.

2. L'ion Cl−\mathrm{Cl}^{-} a pour structure K(2) L(8) M(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(8), identique à celle de l'argon : sa couche externe est saturée (octet), donc stable. C'est justement pour cette raison que l'ion chlorure, présent naturellement dans le sel et dans notre organisme, n'est pas dangereux aux faibles concentrations utilisées pour la désinfection.

3.

  1. Cl+e−→Cl−\mathrm{Cl} + e^{-} \rightarrow \mathrm{Cl}^{-}
14

Eau dure à Ndjamena et Abéché. Au Tchad, l'eau de certains puits, notamment autour de Ndjamena et d'Abéché, contient des ions magnésium Mg2+\mathrm{Mg}^{2+} et calcium Ca2+\mathrm{Ca}^{2+} en quantité, ce qui la rend « dure » (elle mousse mal avec le savon).

  1. Donne la position du magnésium (Z=12Z=12) et du calcium (Z=20Z=20) dans le tableau ; quelle est leur famille chimique commune ?
  2. À l'aide de la structure électronique du magnésium, explique pourquoi il forme un ion de charge +2+2 et non +1+1 ou +3+3.
  3. Lequel des deux, magnésium ou calcium, réagit le plus vite avec l'eau ? Justifie.
Voir le corrigé détaillé

1. Le magnésium (K(2) L(8) M(2)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(2)) est en 3e période, colonne 2. Le calcium (K(2) L(8) M(8) N(2)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8)\ \mathrm{M}(8)\ \mathrm{N}(2)) est en 4e période, colonne 2. Tous deux sont des alcalino-terreux.

2.

  1. Mg\mathrm{Mg} porte 2 électrons de valence
  2. en perdant ces 2 électrons, il retrouve K(2) L(8)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(8), structure du néonperdre 1 seul électron laisserait 1 e⁻ sur M : pas d'octet ; en perdre 3 est impossible, il n'y en a que 2
  3. ⇒Mg→Mg2++2 e−\mathrm{Mg} \rightarrow \mathrm{Mg}^{2+} + 2\,e^{-}

3. Même colonne : le calcium, plus bas, a ses électrons de valence plus loin du noyau, donc moins bien retenus. Le calcium réagit plus vite que le magnésium.

15

Batteries solaires à Abidjan. Un technicien installe à Abidjan des batteries au lithium pour un petit système solaire domestique. Le lithium Li\mathrm{Li} (Z=3Z=3) est un alcalin.

  1. Donne la structure électronique du lithium et sa position dans le tableau.
  2. Pourquoi le lithium ne se trouve-t-il jamais, dans la nature, à l'état d'atome isolé, mais toujours sous forme d'ion Li+\mathrm{Li}^{+} combiné à d'autres éléments ?
  3. Pour une autre application, le technicien a besoin d'un métal alcalin moins réactif que le lithium, plus facile à manipuler sans risque. Doit-il choisir un alcalin situé au-dessus ou en dessous du lithium dans la colonne 1 ? Cite un exemple si possible.
Voir le corrigé détaillé

1. Li\mathrm{Li} (Z=3Z=3) : K(2) L(1)\mathrm{K}(2)\ \mathrm{L}(1), 2e période, colonne 1.

2. Avec 1 seul électron de valence, l'atome de lithium est instable : il tend toujours à le céder pour atteindre la structure stable K(2)\mathrm{K}(2) de l'hélium. C'est pourquoi on ne le trouve dans la nature que sous forme d'ion Li+\mathrm{Li}^{+}, par exemple dans des sels dissous.

3. Dans une colonne, la réactivité des alcalins augmente vers le bas. Un alcalin moins réactif que le lithium se trouve donc au-dessus de lui dans la classification — mais aucun élément n'existe au-dessus du lithium en colonne 1, hormis l'hydrogène, qui n'est pas un métal alcalin. En toute rigueur, le lithium est donc déjà le moins réactif de tous les alcalins usuels : c'est justement pour cela qu'on peut le manipuler avec plus de précautions simples que le sodium ou le potassium, bien plus dangereux au contact de l'eau.

Teste-toi gratuitement

📝 QCM de fin de leçon — 20 questions

Coche une réponse par question, puis clique sur « Vérifier mes réponses » : tu obtiens ta note sur 20 avec la correction détaillée de chaque question.

Le numéro atomique ZZ d'un élément correspond à :

Explication : Le numéro atomique ZZ est le nombre de protons du noyau. C'est lui, et lui seul, qui identifie un élément chimique.

Dans le tableau périodique, une ligne est appelée :

Explication : Une ligne du tableau est une période : tous ses éléments ont le même nombre de couches électroniques occupées.

Deux éléments d'une même colonne du tableau périodique ont en commun :

Explication : Une colonne regroupe les atomes ayant le même nombre d'électrons sur leur couche externe (couche de valence) — c'est ce qui gouverne leurs propriétés chimiques communes.

Le sodium Na\mathrm{Na} (Z=11Z=11) a pour structure électronique K(2) L(8) M(1)\mathrm{K}(2)\,\mathrm{L}(8)\,\mathrm{M}(1). À quelle période et colonne appartient-il ?

Explication : Trois couches occupées (K, L, M) donc 3e période ; 1 électron sur la couche externe M donc colonne 1.

Les alcalins (colonne 1, hydrogène exclu) possèdent :

Explication : Les alcalins ont 1 seul électron de valence, qu'ils cèdent très facilement pour former un ion de charge +1.

Les halogènes (colonne 17) possèdent :

Explication : Les halogènes ont 7 électrons de valence : il ne leur en manque qu'un seul pour atteindre l'octet, ce qui les rend très réactifs pour capter un électron.

Pourquoi l'hydrogène H\mathrm{H}, bien que placé en colonne 1, n'est-il pas classé parmi les alcalins ?

Explication : L'hydrogène est placé en colonne 1 par convention d'écriture électronique (1 électron de valence), mais c'est un non-métal gazeux, très différent des vrais alcalins comme le sodium.

Les gaz nobles (colonne 18) sont chimiquement quasi inertes car :

Explication : Une couche de valence saturée (2 électrons pour l'hélium, 8 pour les suivants) correspond à une configuration très stable : les gaz nobles n'ont ni intérêt à céder ni à capter un électron.

Le long d'une période, de la gauche vers la droite, la taille des atomes :

Explication : Le numéro atomique augmente donc le noyau est de plus en plus chargé positivement, alors que les électrons restent sur la même couche : il les attire plus fort, la taille diminue.

En descendant une colonne, que se passe-t-il pour la réactivité des alcalins ?

Explication : Descendre une colonne ajoute une couche : la couche de valence s'éloigne du noyau, qui la retient moins bien. Pour un alcalin, qui cède un électron, cela facilite la perte : la réactivité augmente.

Entre le lithium Li\mathrm{Li} (2e période) et le sodium Na\mathrm{Na} (3e période), tous deux alcalins, lequel est le plus réactif face à l'eau ?

Explication : Le sodium, une période plus bas, a son unique électron de valence plus éloigné du noyau : il le cède plus facilement, donc le sodium est plus réactif que le lithium.

Le francium (alcalin, Z=87Z=87) et le radon (gaz noble, Z=86Z=86) sont voisins dans le tableau. Peut-on en conclure qu'ils ont une réactivité comparable ?

Explication : Un ZZ proche ne dit rien sur la réactivité : c'est la colonne qui compte. Le francium est un alcalin extrêmement réactif, le radon un gaz noble quasi inerte.

L'électronégativité mesure :

Explication : L'électronégativité χ\chi mesure l'aptitude d'un élément à attirer les électrons partagés dans une liaison chimique, sur l'échelle de Pauling.

Où se situe l'élément le plus électronégatif du tableau (le fluor), hors gaz nobles ?

Explication : L'électronégativité augmente de gauche à droite le long d'une période, et diminue en descendant une colonne : le maximum se trouve donc en haut à droite (fluor).

Entre l'oxygène O\mathrm{O} (2e période, colonne 16) et le soufre S\mathrm{S} (3e période, colonne 16), lequel est le plus électronégatif ?

Explication : Même colonne : l'électronégativité diminue en descendant. L'oxygène, au-dessus du soufre, est donc plus électronégatif (χ(O)≈3,44\chi(\mathrm{O}) \approx 3{,}44 contre χ(S)≈2,58\chi(\mathrm{S}) \approx 2{,}58).

Un atome de magnésium Mg\mathrm{Mg} (Z=12Z=12, structure K(2) L(8) M(2)\mathrm{K}(2)\,\mathrm{L}(8)\,\mathrm{M}(2)) forme un ion en respectant la règle de l'octet. Quel ion obtient-on ?

Explication : Avec 2 électrons de valence, le magnésium perd ces 2 électrons pour retrouver la structure K(2) L(8)\mathrm{K}(2)\,\mathrm{L}(8) du néon :
Mg→Mg2++2 e−\mathrm{Mg} \rightarrow \mathrm{Mg}^{2+} + 2\,e^{-}.

L'atome de chlore Cl\mathrm{Cl} (Z=17Z=17, 7 électrons de valence) forme l'ion chlorure en :

Explication : Il ne manque qu'un électron au chlore pour atteindre l'octet (8 électrons sur M) : il en capte un et forme Cl+e−→Cl−\mathrm{Cl} + e^{-} \rightarrow \mathrm{Cl}^{-}.

Combien de liaisons covalentes l'atome d'azote N\mathrm{N} (5 électrons de valence) forme-t-il, d'après la règle de l'octet ?

Explication : Nombre de liaisons =8−5=3= 8 - 5 = 3. C'est bien le nombre de liaisons formées par l'azote dans l'ammoniac NH3\mathrm{NH}_3.

Un ion possède la structure électronique K(2) L(8) M(8)\mathrm{K}(2)\,\mathrm{L}(8)\,\mathrm{M}(8) et porte une charge −2-2. Combien d'électrons possédait l'atome neutre correspondant, et de quel élément s'agit-il ?

Explication : L'ion compte 2+8+8=182+8+8=18 électrons. Une charge −2-2 signifie 2 électrons gagnés : l'atome neutre en avait 18−2=1618-2=16, soit Z=16Z=16, le soufre.

L'ion magnésium Mg2+\mathrm{Mg}^{2+} et l'ion chlorure Cl−\mathrm{Cl}^{-} forment un composé neutre. Quelle est sa formule ?

Explication : Neutralité électrique : 2x=y2x = y avec xx ions Mg2+\mathrm{Mg}^{2+} et yy ions Cl−\mathrm{Cl}^{-}. Le plus petit couple est x=1x=1, y=2y=2, d'où MgCl2\mathrm{MgCl}_2.
S'inscrire