Un acide attaque, une base décape : mis ensemble, ils se détruisent mutuellement et il ne reste… que de l’eau salée. Ce petit miracle porte un nom, la neutralisation, et il se cache partout : dans le comprimé que l’on prend pour une brûlure d’estomac, dans le traitement d’une eau de forage, dans la chaux qu’un maraîcher répand sur son champ. Dans ce chapitre, on va suivre cette réaction pas à pas, ion par ion.
1Solutions acides et solutions basiques
Tu sais déjà classer une solution grâce à son pH. Reste à comprendre d’où viennent l’acidité et la basicité : elles sont l’œuvre de deux ions, et de deux seulement.
- Une solution est acide parce qu’elle contient des ions hydrogène en excès. Plus ils sont nombreux, plus le pH est petit.
- Une solution est basique parce qu’elle contient des ions hydroxyde en excès. Plus ils sont nombreux, plus le pH est grand.
Dans l’eau pure, les deux ions sont présents en quantités égales : le pH vaut .
| Grandeur | Symbole | Unité | Instrument de mesure |
|---|---|---|---|
| pH | sans unité (de à ) | papier pH, pH-mètre | |
| Volume versé | millilitre () | burette graduée | |
| Température | degré Celsius () | thermomètre | |
| Masse | gramme () | balance |
Les acides et les bases concentrés sont corrosifs : ils détruisent la peau et, surtout, les yeux, de façon parfois irréversible.
- Lunettes de protection obligatoires pendant toute la séance, y compris pour ranger le matériel.
- Blouse fermée, cheveux longs attachés, gants si le professeur le demande.
- Pour diluer un acide, on verse toujours l’acide dans l’eau, jamais l’eau dans l’acide. La dilution dégage beaucoup de chaleur : versée sur de l’acide pur, l’eau se met à bouillir instantanément et projette de l’acide au visage.
- Le moyen mnémotechnique des chimistes : « on ne donne pas à boire à un acide ».
- Aucune pipette ne s’amorce à la bouche. On ne penche jamais l’ouverture d’un tube vers son voisin.
- En cas de projection : rincer immédiatement à grande eau pendant plusieurs minutes et prévenir le professeur, même si cela ne fait pas mal.
2Deux solutions à connaître : l’acide chlorhydrique et la soude
Ces deux solutions sont les plus utilisées au collège. Ce sont des solutions ioniques : elles contiennent chacune un cation et un anion, et elles sont, comme toute solution, électriquement neutres.
| Solution | Autre nom | Ions présents | Caractère | pH typique |
|---|---|---|---|---|
| acide chlorhydrique | solution de chlorure d’hydrogène | et | acide | |
| hydroxyde de sodium | soude, lessive de soude | et | basique |
On écrit souvent ces solutions sous la forme d’un couple d’ions : pour l’acide chlorhydrique, pour la soude. Cette notation rappelle qu’aucun ion n’est jamais seul.
3La réaction entre l’acide chlorhydrique et la soude
Versons progressivement de la soude dans un bécher d’acide chlorhydrique. Le pH monte, la température aussi, et pourtant rien ne semble se passer : la solution reste incolore. Que s’est-il produit ?
Les ions apportés par l’acide et les ions apportés par la base s’associent pour former des molécules d’eau :
Cette réaction s’appelle une réaction acide-base, ou neutralisation.
Vérifions que l’équation est correcte, comme le ferait un chimiste :
- atomes d’hydrogène à gauche :
- atomes d’hydrogène à droite : conservation des éléments
- atomes d’oxygène à gauche :
- atomes d’oxygène à droite : conservation des éléments
- charge à gauche :
- charge à droite : conservation de la charge
3.1 Les ions spectateurs
Un ion spectateur est un ion présent avant et après la transformation, sans y avoir participé. On ne l’écrit pas dans l’équation de la réaction.
Ici, les ions et sont spectateurs. Ils restent dans le bécher, dispersés dans l’eau. Si l’on fait évaporer doucement la solution obtenue à l’équivalence, ils se rapprochent et forment un solide blanc, en petits cubes : du chlorure de sodium, c’est-à-dire du sel de cuisine.
On mélange d’acide chlorhydrique et de soude, exactement dans les proportions de l’équivalence.
- ions présents au départ : , , ,
- les ions et ont tous réagi
- il ne reste que , et de l’eau
- la solution finale est de l’eau salée
On peut le vérifier : la solution finale donne un précipité blanc avec le nitrate d’argent, ce qui confirme la présence des ions .
3.2 Une réaction exothermique
Une transformation est exothermique lorsqu’elle libère de l’énergie thermique : le mélange s’échauffe tout seul, sans qu’on le chauffe.
La neutralisation est nettement exothermique : en mélangeant des solutions concentrées, on peut relever une élévation de plusieurs degrés au thermomètre. C’est une preuve expérimentale que quelque chose s’est réellement produit, alors même que le mélange reste parfaitement incolore.
Ce dégagement de chaleur explique un accident domestique classique : mélanger deux produits ménagers « pour que ça nettoie mieux ». Un déboucheur (très basique) versé sur un détartrant (très acide) réagit violemment, projette du liquide brûlant et peut libérer des gaz toxiques. On ne mélange jamais deux produits ménagers.
4Suivre la neutralisation : dosage et point d’équivalence
Pour savoir quelle quantité de base il faut exactement pour neutraliser un acide, on réalise un dosage : on ajoute la base millilitre par millilitre en surveillant le pH.
Matériel
- une burette graduée de montée sur un support et remplie de soude ;
- un bécher de contenant d’acide chlorhydrique ;
- un agitateur magnétique et son barreau aimanté ;
- un pH-mètre étalonné et de l’eau distillée pour rincer la sonde ;
- quelques gouttes de bleu de bromothymol (BBT), un thermomètre ;
- lunettes de protection et blouse.
Protocole
- Mettre ses lunettes, puis verser d’acide dans le bécher et y ajouter trois gouttes de BBT.
- Placer le bécher sur l’agitateur, y plonger la sonde du pH-mètre et le thermomètre, puis mettre l’agitation en marche.
- Relever le pH et la température initiale.
- Ajouter la soude par volumes de , en relevant le pH après chaque ajout.
- À l’approche du changement de couleur, ajouter goutte à goutte et noter le volume exact du virage.
- Poursuivre quelques millilitres au-delà, puis tracer la courbe .
Observations
| de soude versée () | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| pH mesuré | |||||||
| couleur du BBT | jaune | jaune | jaune | jaune | vert | bleu | bleu |
La température passe de à au cours de l’expérience.
Interprétation
- Au début, l’acide est en large excès : chaque goutte de soude ne consomme qu’une petite fraction des ions et le pH bouge à peine.
- Vers , le pH fait un saut brutal de plusieurs unités pour une seule goutte ajoutée : les derniers ions viennent de disparaître.
- Au-delà, la soude versée n’a plus rien à neutraliser : elle s’accumule et rend le milieu basique.
- L’élévation de température de confirme le caractère exothermique de la réaction.
Conclusion : il faut de cette soude pour neutraliser de cet acide. Le BBT, vert à , signale le point d’équivalence sans même regarder le pH-mètre.
Le point d’équivalence est atteint lorsque tous les ions apportés par l’acide ont été consommés par les ions apportés par la base, ni plus ni moins. Le mélange est alors neutre : .
- Repérer la partie de la courbe où le pH monte presque à la verticale : c’est le saut de pH.
- Repérer sur ce saut le point d’ordonnée .
- Descendre verticalement jusqu’à l’axe des abscisses.
- Lire le volume : c’est le volume à l’équivalence.
- Avant l’équivalence, l’acide est en excès : le mélange est acide, .
- À l’équivalence, le mélange est neutre : .
- Après l’équivalence, la base est en excès : le mélange est basique, .
5Les applications de la neutralisation
5.1 Traiter une eau trop acide
Une eau acide dissout lentement le métal des canalisations et donne un goût désagréable. Dans les stations de traitement, on corrige son pH en y ajoutant une base bon marché, le plus souvent de la chaux. On surveille le pH en continu pour rester dans l’intervalle réglementaire, généralement entre et .
5.2 Calmer une brûlure d’estomac
L’estomac fabrique de l’acide chlorhydrique pour digérer : son pH descend jusqu’à environ. Quand il en produit trop, la paroi est irritée. Les antiacides vendus en pharmacie contiennent des espèces basiques, comme le bicarbonate de sodium ou l’hydroxyde de magnésium, qui consomment une partie des ions et remontent le pH vers ou .
5.3 Corriger un sol agricole
La plupart des cultures poussent mal sur un sol trop acide : les racines assimilent alors moins bien les éléments nutritifs. L’agriculteur mesure le pH de sa terre et, s’il est trop bas, répand de la chaux : c’est le chaulage. À l’inverse, un sol trop basique se corrige avec du soufre ou des matières organiques acides.
En , Antoine Laurent de Lavoisier étudie le gaz que Priestley venait d’isoler et le baptise oxygène, un mot forgé sur le grec et qui signifie « qui engendre l’acide ». Lavoisier était en effet convaincu que tout acide devait contenir cet élément : c’était pour lui la définition même de l’acidité.
L’idée était fausse. En , l’Anglais Humphry Davy montre que l’acide chlorhydrique, un acide pourtant très vigoureux, ne contient pas d’oxygène : il n’est fait que d’hydrogène et de chlore. Davy établit du même coup que le chlore est un élément à part entière, et non un composé comme on le croyait.
Le nom « oxygène » est resté, témoin d’une erreur célèbre. Il faudra attendre Arrhenius, à la fin du siècle, pour que l’acidité soit enfin attribuée au véritable responsable : l’ion hydrogène . Une erreur qui fait progresser vaut souvent mieux qu’une prudence qui n’ose rien.
Fiche mémo
- L’acidité est due aux ions , la basicité aux ions .
- Acide chlorhydrique ; soude .
- Équation de la neutralisation :
- L’équation conserve les éléments et la charge.
- et sont spectateurs : par évaporation, ils donnent du chlorure de sodium.
- La réaction est exothermique : le mélange s’échauffe.
- À l’équivalence, tous les ont réagi et .
- Avant : acide en excès. Après : base en excès.
- Sécurité : lunettes, et l’acide se verse dans l’eau, jamais l’inverse.
- Applications : traitement des eaux, antiacides, chaulage des sols.
Quels ions contient une solution d’acide chlorhydrique ? Une solution d’hydroxyde de sodium ? Lequel est responsable de l’acidité, lequel de la basicité ?
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L’acide chlorhydrique contient des ions et des ions .
L’hydroxyde de sodium contient des ions et des ions .
C’est l’ion qui rend la première solution acide, et l’ion qui rend la seconde basique.
Les ions et n’interviennent pas dans le caractère acide ou basique : ce sont des accompagnateurs.
Écris l’équation de la réaction entre les ions hydrogène et les ions hydroxyde. Vérifie qu’elle conserve les éléments et la charge.
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L’équation s’écrit :
- hydrogène : à gauche, à droite
- oxygène : à gauche, à droite
- charge : à gauche
- charge : à droitela molécule d’eau est neutre
Les éléments et la charge sont conservés : l’équation est correctement écrite.
On mélange de l’acide chlorhydrique et de la soude à l’équivalence. Cite les ions spectateurs et indique quel solide on obtiendrait par évaporation.
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Les ions et ont disparu : ils ont formé de l’eau.
Il reste donc les ions et : ce sont les ions spectateurs.
En faisant évaporer l’eau, ces deux ions s’assemblent et donnent un solide blanc : le chlorure de sodium , autrement dit du sel de cuisine.
Lors d’un dosage, on relève : à , ; à , ; à , ; à , . Quel est le volume à l’équivalence ? Quelle espèce est en excès à ?
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L’équivalence correspond à .
- à ,
- le volume à l’équivalence vaut
À , on a versé plus que nécessaire : , donc la soude est en excès. Les ions qu’elle apporte n’ont plus d’ions à consommer et s’accumulent.
Recopie et complète : « Avant l’équivalence, le mélange est … et le … est en excès. À l’équivalence, le pH vaut … . Après l’équivalence, le mélange est … . »
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« Avant l’équivalence, le mélange est acide et l’acide est en excès. À l’équivalence, le pH vaut . Après l’équivalence, le mélange est basique. »
Retiens la logique : tant qu’il reste des ions non consommés, la solution reste acide.
Un élève veut diluer de l’acide sulfurique concentré. Il verse de l’eau dans le flacon d’acide. Explique pourquoi c’est dangereux, et indique le geste correct.
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La dilution d’un acide concentré est fortement exothermique : elle libère beaucoup de chaleur.
En versant l’eau sur l’acide, toute cette chaleur se dégage dans le tout petit volume d’eau qui arrive : cette eau peut se vaporiser instantanément et projeter de l’acide concentré hors du récipient, vers le visage et les yeux.
Le geste correct est l’inverse : on verse l’acide dans l’eau, lentement, en filet, le long d’une baguette de verre, en agitant. La chaleur se répartit alors dans un grand volume d’eau et l’élévation de température reste modérée.
On retient la formule : « on ne donne pas à boire à un acide ».
Le bleu de bromothymol est jaune si , vert entre et , et bleu si . Quelle couleur prend-il dans du jus de citron (), dans de l’eau pure et dans de la soude () ?
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- jus de citron :
- le BBT est jaune
- eau pure : , compris entre et
- le BBT est vert
- soude :
- le BBT est bleu
C’est ce virage au vert qui rend le BBT si commode : il signale l’équivalence à l’œil nu.
On dose d’acide chlorhydrique par de la soude. La courbe montre un saut de pH pour . On refait la même expérience en partant de du même acide. Que vaudra le nouveau volume d’équivalence ? Justifie.
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À l’équivalence, le nombre d’ions versés est exactement égal au nombre d’ions présents au départ.
- on double le volume d’acide :
- le nombre d’ions est doublé
- il faut deux fois plus d’ions
Le nouveau volume d’équivalence vaut . Le pH de départ, lui, n’aura pas changé : il ne dépend pas du volume, mais de la concentration.
Dans un bécher se trouvent ions et ions . On ajoute une solution contenant ions et ions . Dresse l’inventaire des ions après réaction et prévois le caractère du mélange.
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Chaque ion consomme un ion : les ions disparaissent tous.
- ions restants
- ions restants
- ions : spectateurs
- ions : spectateurs
- molécules d’eau formées :
Il reste des ions : le mélange est encore acide, son pH est inférieur à . L’équivalence n’est pas atteinte.
Vérification de l’électroneutralité : charges ; charges . Le compte est bon.
Explique pourquoi la solution obtenue à l’équivalence conduit encore très bien le courant électrique, alors qu’elle est neutre et parfaitement incolore.
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Une solution conduit le courant lorsqu’elle contient des ions mobiles, quels qu’ils soient.
À l’équivalence, les ions et ont disparu, mais les ions et , eux, sont toujours là : ce sont les spectateurs, et ils n’ont pas bougé.
La solution finale est donc une solution de chlorure de sodium, c’est-à-dire de l’eau salée : elle conduit très bien le courant.
Il ne faut pas confondre trois propriétés indépendantes : être neutre (pH), être incolore (couleur) et être conductrice (présence d’ions). L’eau salée est les trois à la fois.
Au cours d’un dosage, un élève note que la température passe de à . Calcule l’élévation de température et explique ce qu’elle prouve. Pourquoi la température cesse-t-elle de monter au-delà de l’équivalence ?
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Le mélange s’est échauffé de lui-même, sans aucun chauffage : la transformation a libéré de l’énergie thermique. Elle est donc exothermique.
C’est aussi une preuve qu’une réaction chimique a bien eu lieu, alors que rien ne se voyait : la solution est restée incolore du début à la fin.
Au-delà de l’équivalence, il n’y a plus d’ions : la réaction ne peut plus se produire, donc plus aucune énergie n’est libérée. La soude ajoutée, plus froide que le mélange, tend même à le refroidir légèrement.
On dispose de trois béchers A, B et C contenant le même acide. On y verse respectivement , et de soude, sachant que . Prévois pour chacun le caractère du mélange, la couleur du BBT et les ions présents à la fin.
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Bécher A (, avant l’équivalence). Une partie seulement des ions a réagi : il en reste. Le mélange est acide, le BBT est jaune. Ions présents : , , .
Bécher B (, à l’équivalence). Tous les ont réagi, aucun n’est en excès. Le mélange est neutre, , le BBT est vert. Ions présents : et seulement.
Bécher C (, après l’équivalence). On a versé de soude de trop : les ions s’accumulent. Le mélange est basique, le BBT est bleu. Ions présents : , , .
Dans les trois cas, les ions et sont présents : ils ne participent jamais.
Un élève écrit l’équation . Explique en deux points pourquoi cette équation est fausse.
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1. Les éléments ne sont pas conservés.
- oxygène à gauche :
- oxygène à droite :
- un atome d’oxygène est apparu de nulle part
Or, dans une transformation chimique, les atomes se réorganisent mais ne se créent jamais.
2. Le produit n’est pas le bon. est l’eau oxygénée, une espèce chimique différente de l’eau, aux propriétés désinfectantes et décolorantes. La neutralisation produit de l’eau, .
L’équation correcte est : hydrogènes et oxygène de chaque côté, charge nulle de chaque côté.
On mélange d’un acide contenant ions et d’une soude contenant ions . Détermine l’inventaire complet des ions à la fin, le caractère du mélange, et le volume de soude qu’il aurait fallu verser pour atteindre exactement l’équivalence.
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Les ions réagissent un pour un. Le réactif en défaut est donc celui qui est le moins nombreux.
- disponibles :
- disponibles :
- les sont en défaut : ils disparaissent tous
- restants
- molécules d’eau formées :
Le mélange contient à la fin : ions , ions et ions (tous spectateurs).
Vérification : charges ; charges . La solution est bien électriquement neutre.
Il reste des ions : le mélange est basique.
Cherchons enfin le volume d’équivalence. La soude apporte ions pour .
- ions par millilitre
- volume pour ions
Il aurait fallu verser de soude : on en a versé de trop.
Deux élèves dosent le même acide. Awa lit , Karim lit . On s’aperçoit que Karim a oublié de remplir la partie de la burette située sous le robinet avant de faire le zéro. Explique l’origine de l’écart et dis lequel des deux résultats est correct.
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La zone située sous le robinet, appelée la pointe de la burette, doit être remplie de liquide avant de régler le zéro.
Si elle contient de l’air, les premiers millilitres délivrés servent uniquement à chasser cette bulle : ils sont comptés sur la graduation mais ne tombent pas dans le bécher.
- volume lu par Karim :
- volume lu par Awa :
- écart
- le volume de la bulle d’air
Karim surestime donc le volume d’équivalence de : c’est le résultat d’Awa, , qui est correct.
Cet exercice illustre une règle générale : une mesure n’a de sens que si le protocole a été respecté. Ici, l’erreur est systématique — elle décale tous les résultats dans le même sens — et refaire l’expérience dix fois ne la corrigerait pas.
Justifie, sans calcul, pourquoi le saut de pH d’un dosage est si brutal alors que le pH bougeait à peine juste avant. Aide-toi de l’idée qu’une unité de pH correspond à un facteur .
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Au début du dosage, le bécher contient énormément d’ions . Chaque goutte de soude en détruit un petit nombre : la proportion détruite est minuscule, donc le pH ne bouge presque pas.
Plus on avance, moins il reste d’ions . Une même goutte détruit toujours le même nombre d’ions, mais cela représente désormais une fraction énorme de ce qui reste : diviser par deux, puis par dix, ce qui subsiste devient facile.
Or le pH suit les facteurs, pas les différences : diviser par le nombre d’ions fait monter le pH d’une unité entière. Dans les toutes dernières gouttes, on divise ainsi par plusieurs fois de suite, et le pH bondit de plusieurs unités.
Juste après l’équivalence, le phénomène se reproduit en miroir : les premières gouttes de soude en excès font apparaître des ions dans un milieu qui n’en contenait presque pas, d’où une remontée tout aussi spectaculaire.
C’est précisément cette brutalité qui rend le dosage précis : une goutte de trop se voit immédiatement.
L’eau du forage, à Yaoundé. Le comité de gestion du quartier Nkolbisson fait analyser l’eau du forage. Le laboratoire rend un pH de et recommande un traitement à la chaux, une base, pour atteindre un pH compris entre et .
- L’eau du forage est-elle acide ou basique ? Quel ion est en excès ?
- Pourquoi ajouter une base permet-elle de remonter le pH ? Écris l’équation de la réaction en jeu.
- Un habitant propose plutôt de « laisser l’eau reposer trois jours ». Cela suffira-t-il ?
- Après traitement, le pH mesuré vaut . L’objectif est-il atteint ? Quel instrument faut-il pour l’affirmer ?
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1. : l’eau est acide. Elle contient donc plus d’ions que d’ions : c’est l’ion qui est en excès.
2. La chaux apporte des ions . Ceux-ci consomment les ions en excès selon :
Comme le nombre d’ions diminue, le pH remonte vers .
3. Non. Laisser reposer l’eau ne fait disparaître aucun ion : ceux-ci restent dissous. Le repos permet seulement aux particules solides en suspension de se déposer, ce qui rend l’eau plus claire, mais ne change pas son pH.
Confondre « limpide » et « potable » est une erreur fréquente et parfois dangereuse.
4. Le pH vaut .
- la valeur est bien dans l’intervalle recommandé
L’objectif est atteint. Mais pour l’affirmer avec un chiffre après la virgule, le papier pH ne suffit pas : il faut un pH-mètre étalonné, précis au dixième.
La brûlure d’estomac de Monsieur Ngoy, à Bruxelles. Après un repas trop copieux, Monsieur Ngoy ressent des brûlures. La notice de son sachet d’antiacide indique : « chaque sachet neutralise l’équivalent de de suc gastrique. »
- Le suc gastrique a un pH voisin de . Quel ion est responsable de la brûlure ?
- Que contient nécessairement l’antiacide pour agir ? Écris l’équation de la réaction.
- Monsieur Ngoy prend trois sachets d’un coup « pour aller plus vite ». Explique pourquoi c’est une mauvaise idée.
- Son estomac contient environ de suc gastrique. Combien de sachets faudrait-il, en théorie, pour tout neutraliser ? Pourquoi ne faut-il surtout pas le faire ?
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1. : le suc gastrique est très acide. Ce sont les ions , présents en grande quantité, qui irritent la paroi de l’estomac.
2. Pour consommer des ions , l’antiacide doit apporter une espèce basique — hydroxyde de magnésium, bicarbonate de sodium, carbonate de calcium selon les marques. La réaction est la neutralisation :
3. Trois sachets apportent trois fois plus de base que nécessaire pour un simple excès. Le pH de l’estomac remonterait beaucoup trop haut.
Or l’acidité de l’estomac n’est pas une maladie : elle sert à digérer les protéines et à détruire les micro-organismes avalés avec les aliments. En la supprimant, on empêche la digestion et on ouvre la porte aux infections. De plus, l’estomac réagit souvent en produisant encore plus d’acide ensuite.
Un antiacide se prend à la dose indiquée, ni plus, ni moins.
4. Calcul théorique :
- nombre de sachets
Il faudrait donc sachets pour neutraliser la totalité du suc gastrique. Mais c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire : le but n’est jamais d’atteindre dans l’estomac, seulement de faire remonter le pH de à ou , ce qui suffit à calmer la douleur tout en laissant la digestion se faire.
Le champ de Mariam, à Dakar. Maraîchère à Rufisque, Mariam voit ses salades jaunir malgré un arrosage régulier. Un technicien agricole mesure le pH de sa terre : . Les salades exigent un sol de pH compris entre et .
- Le sol de Mariam est-il trop acide ou trop basique ?
- Le technicien conseille un chaulage, c’est-à-dire l’épandage de chaux. Explique le principe chimique de ce traitement.
- Sa voisine a lu qu’on peut aussi arroser avec du vinaigre. Que penses-tu de ce conseil ?
- Trois mois plus tard, le pH mesuré vaut . Le traitement a-t-il fonctionné ? Pourquoi le technicien recommande-t-il de ne pas chauler à nouveau tout de suite ?
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1. : le sol est trop acide pour la culture des salades.
2. La chaux est une espèce basique : elle apporte des ions dans l’eau du sol.
Ces ions consomment les ions responsables de l’acidité, selon la réaction de neutralisation :
Le nombre d’ions diminuant, le pH du sol remonte vers la zone favorable aux salades.
3. Le conseil est exactement à l’envers. Le vinaigre est une solution acide () : il apporterait encore plus d’ions et ferait baisser le pH.
Le sol deviendrait encore plus acide et les salades jauniraient davantage. Le vinaigre ne se justifie que sur un sol trop basique, ce qui n’est pas le cas ici.
4. Le pH est passé de à .
- variation
- le sol est dans la zone favorable
Le traitement a donc parfaitement fonctionné.
Il ne faut surtout pas recommencer immédiatement : la chaux continue d’agir lentement pendant des mois, et un excès ferait basculer le sol au-delà de . Un sol trop basique est aussi défavorable qu’un sol trop acide, et il est bien plus difficile à corriger. Comme dans un dosage, c’est en approchant du but qu’il faut avancer goutte à goutte.