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Les ions et le pH des solutions

Relier ions H⁺, OH⁻ et acidité d'une solution.

Chimie 3ème Chapitre 2 / 8 ⏱ 7 h

Ce que tu sauras faire à la fin

  • Identifier les ions présents dans une solution
  • Relier pH et concentration en ions H⁺
  • Prévoir l'effet d'une dilution

L’eau du robinet, l’eau de mer, le jus de citron, la sève d’un manguier : aucun de ces liquides n’est fait uniquement de molécules d’eau. Tous contiennent des ions, des particules chargées, invisibles mais parfaitement détectables. Dans ce chapitre, tu vas apprendre à les fabriquer sur le papier, à les reconnaître au laboratoire, et à mesurer d’un seul nombre — le pH — le caractère acide ou basique d’une solution.

1Comment se forme un ion ?

Tu sais depuis le chapitre précédent qu’un atome cherche à saturer sa couche externe : 22 électrons (duet) ou 88 électrons (octet). Pour y parvenir, il n’a que deux moyens : céder ses électrons externes, ou en capter. Dans les deux cas, il perd sa neutralité.

Définition

Un ion est un atome (ou un groupe d’atomes) qui a gagné ou perdu un ou plusieurs électrons. Il n’est donc plus électriquement neutre : il porte une charge électrique.

Le sodium perd 1 électronLe chlore gagne 1 électronNaNaClCl− 1 e⁻+ 1 e⁻atome de sodium11 p⁺ et 11 e⁻ion sodium Na⁺11 p⁺ et 10 e⁻atome de chlore17 p⁺ et 17 e⁻ion chlorure Cl⁻17 p⁺ et 18 e⁻Le noyau n’est jamais modifié : seuls les électrons sont échangés.
Figure 1 — Le sodium cède son électron externe et devient Na+\mathrm{Na^{+}} ; le chlore en capte un et devient Cl\mathrm{Cl^{-}}. Tous deux ont alors la structure de l’argon.
Attention

Le noyau ne change jamais lors de la formation d’un ion : le nombre de protons reste le même, donc l’élément chimique reste le même. Seuls les électrons, situés à la périphérie, sont échangés. Un ion sodium reste du sodium.

Définition
  • Un ion qui a perdu des électrons possède moins de charges négatives que de charges positives : il est positif, on l’appelle un cation.
  • Un ion qui a gagné des électrons possède plus de charges négatives que de charges positives : il est négatif, on l’appelle un anion.
Méthode — trouver la charge d’un ion
  1. Écrire la structure électronique de l’atome.
  2. Repérer le nombre d’électrons externes.
  3. Décider si l’atome doit en céder (peu d’électrons externes) ou en capter (couche externe presque pleine).
  4. Écrire la charge : ++ pour chaque électron cédé, - pour chaque électron capté.
Exemple — l’ion formé par le magnésium (Z=12Z = 12)
  1. structure : (K)2(L)8(M)2(\mathrm{K})^{2}(\mathrm{L})^{8}(\mathrm{M})^{2}
  2. 22 électrons externes seulement
  3. \Rightarrowil est plus simple d’en céder 22 que d’en capter 66
  4. l’atome perd 22 électrons
  5. \Rightarrowil reste 1212 protons et 1010 électrons
  6. \Rightarrowl’ion s’écrit Mg2+\mathrm{Mg^{2+}}c’est un cation

Sa structure devient (K)2(L)8(\mathrm{K})^{2}(\mathrm{L})^{8} : celle du néon, un gaz noble. L’octet est respecté.

2Les ions à connaître

Certains ions reviennent sans arrêt en chimie : il faut savoir les écrire de mémoire. Note qu’un ion peut être formé d’un seul atome (monoatomique) ou de plusieurs atomes liés entre eux (polyatomique), comme l’ion sulfate.

Nom de l’ionFormuleTypeComment il se forme
ion sodiumNa+\mathrm{Na^{+}}cationl’atome de sodium perd 11 électron
ion hydrogèneH+\mathrm{H^{+}}cationl’atome d’hydrogène perd son unique électron
ion cuivre (II)Cu2+\mathrm{Cu^{2+}}cationl’atome de cuivre perd 22 électrons
ion fer (II)Fe2+\mathrm{Fe^{2+}}cationl’atome de fer perd 22 électrons
ion fer (III)Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}cationl’atome de fer perd 33 électrons
ion chlorureCl\mathrm{Cl^{-}}anionl’atome de chlore gagne 11 électron
ion hydroxydeOH\mathrm{OH^{-}}anion polyatomiquele groupe OH\mathrm{OH} gagne 11 électron
ion sulfateSO42\mathrm{SO_4^{2-}}anion polyatomiquele groupe SO4\mathrm{SO_4} gagne 22 électrons
Important : Le chiffre romain entre parenthèses ne fait pas partie de la formule : il sert seulement à préciser la charge à l’oral. On dit « fer deux » pour Fe2+\mathrm{Fe^{2+}} et « fer trois » pour Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}.
Exemple — composition de l’ion sulfure S2\mathrm{S^{2-}}

Le soufre a pour numéro atomique Z=16Z = 16.

  1. nombre de protons =16= 16le noyau est inchangé
  2. la charge 22- signifie 22 électrons gagnés
  3. nombre d’électrons =16+2= 16 + 2
  4. ==1818
  5. \Rightarrowstructure (K)2(L)8(M)8(\mathrm{K})^{2}(\mathrm{L})^{8}(\mathrm{M})^{8}celle de l’argon

3Reconnaître les ions présents dans une solution

On ne voit pas les ions. Mais chacun réagit avec un réactif bien choisi en formant un solide coloré qui apparaît dans le tube : un précipité. La couleur de ce précipité est la signature de l’ion.

Définition

Un précipité est un solide qui se forme lorsqu’on mélange deux solutions. Il trouble le liquide, puis se dépose lentement au fond du tube à essai.

Les cinq tests de reconnaissance au programmeCu²⁺+ soudeprécipitébleuFe²⁺+ soudeprécipitévertFe³⁺+ soudeprécipitérouilleCl⁻+ nitrated’argentprécipité blancqui noircit à la lumièreSO₄²⁻+ chlorurede baryumprécipitéblanc
Figure 2 — Les cinq tests exigibles. La soude est le nom courant de la solution d’hydroxyde de sodium, qui apporte les ions OH\mathrm{OH^{-}}.
Ion recherchéRéactif utiliséCouleur du précipité obtenu
Cu2+\mathrm{Cu^{2+}} (cuivre II)soude (Na++OH\mathrm{Na^{+}} + \mathrm{OH^{-}})bleu
Fe2+\mathrm{Fe^{2+}} (fer II)soude (Na++OH\mathrm{Na^{+}} + \mathrm{OH^{-}})vert
Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} (fer III)soude (Na++OH\mathrm{Na^{+}} + \mathrm{OH^{-}})rouille (orange-brun)
Cl\mathrm{Cl^{-}} (chlorure)nitrate d’argentblanc, qui noircit à la lumière
SO42\mathrm{SO_4^{2-}} (sulfate)chlorure de baryumblanc, qui ne noircit pas
Attention

La soude est très corrosive : elle attaque la peau et surtout les yeux. Port des lunettes de protection obligatoire, gants recommandés, et l’on verse toujours goutte à goutte, tube incliné, ouverture dirigée à l’opposé de son voisin. En cas de projection, rincer immédiatement et abondamment à l’eau et prévenir le professeur.

Exemple — Activité expérimentale — identifier les ions d’une eau inconnue

Matériel

  • six tubes à essai propres et un portoir ;
  • la solution inconnue S\mathrm{S} (une eau de forage rapportée par le professeur) ;
  • une solution de soude, une solution de nitrate d’argent, une solution de chlorure de baryum ;
  • trois pipettes compte-gouttes, un marqueur, des lunettes de protection.

Protocole

  1. Mettre ses lunettes, puis numéroter les tubes de 11 à 33 au marqueur.
  2. Verser environ 2 cm2\ \mathrm{cm} de hauteur de solution S\mathrm{S} dans chacun des trois tubes.
  3. Dans le tube 11, ajouter goutte à goutte quelques gouttes de soude.
  4. Dans le tube 22, ajouter quelques gouttes de nitrate d’argent.
  5. Dans le tube 33, ajouter quelques gouttes de chlorure de baryum.
  6. Observer, noter la couleur de chaque précipité, puis exposer le tube 22 à la lumière du jour pendant quelques minutes.

Observations

TubeRéactif ajoutéObservation
11soudeprécipité vert qui brunit lentement en surface
22nitrate d’argentprécipité blanc qui noircit à la lumière
33chlorure de baryumaucun changement, la solution reste limpide

Interprétation

  • Tube 11 : un précipité vert avec la soude révèle la présence d’ions Fe2+\mathrm{Fe^{2+}}. Le brunissement en surface s’explique par l’action de l’air, qui transforme peu à peu le fer (II) en fer (III).
  • Tube 22 : un précipité blanc qui noircit à la lumière est caractéristique des ions Cl\mathrm{Cl^{-}}.
  • Tube 33 : l’absence de précipité prouve que la solution ne contient pas d’ions SO42\mathrm{SO_4^{2-}} en quantité détectable.

Conclusion : l’eau de forage contient des ions fer (II) et des ions chlorure. La présence de fer explique le goût métallique et les taches rouille laissées sur le linge lavé avec cette eau.

Un test négatif est aussi informatif qu’un test positif : il permet d’éliminer une hypothèse. C’est la démarche de tout laboratoire d’analyse.

4Les solutions ioniques et l’électroneutralité

Définition

Une solution ionique est une solution qui contient des ions positifs et des ions négatifs dispersés dans l’eau. C’est elle qui conduit le courant électrique.

Propriété — électroneutralité

Toute solution ionique est électriquement neutre : le nombre total de charges positives y est égal au nombre total de charges négatives.

Une solution ionique est électriquement neutreCu²⁺Cu²⁺Cu²⁺Cu²⁺SO₄²⁻SO₄²⁻SO₄²⁻SO₄²⁻solution de sulfate de cuivreLe compte des charges4 ions Cu²⁺ : 4 × (+2) = + 8 charges4 ions SO₄²⁻ : 4 × (−2) = − 8 chargestotal : (+8) + (−8) = 0Autant de charges + que de charges − :la solution reste neutre.
Figure 3 — Dans une solution de sulfate de cuivre, chaque ion Cu2+\mathrm{Cu^{2+}} apporte 22 charges ++ et chaque ion SO42\mathrm{SO_4^{2-}} apporte 22 charges - : le compte est équilibré.
Exemple — combien d’ions chlorure dans une solution de chlorure de fer (III) ?

Une solution de chlorure de fer (III) contient des ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} et des ions Cl\mathrm{Cl^{-}}. On y compte 200200 ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}.

  1. charges positives =200×3= 200 \times 3
  2. ==600600
  3. il faut donc 600600 charges négatives
  4. chaque ion Cl\mathrm{Cl^{-}} apporte 11 charge négative
  5. \Rightarrownombre d’ions chlorure =600= 600

On retrouve la formule du composé : 33 ions chlorure pour 11 ion fer (III), ce que le chimiste note FeCl3\mathrm{FeCl_3}.

Important : Ne confonds pas « neutre » au sens électrique (autant de ++ que de -) et « neutre » au sens du pH (ni acide ni basique, pH=7\mathrm{pH} = 7). Une solution de soude est électriquement neutre, et pourtant fortement basique.

5Le pH : mesurer l’acidité

Définition

Le pH est un nombre sans unité, compris entre 00 et 1414, qui mesure le caractère acide ou basique d’une solution aqueuse :

  • pH<7\mathrm{pH} < 7 : la solution est acide ;
  • pH=7\mathrm{pH} = 7 : la solution est neutre ;
  • pH>7\mathrm{pH} > 7 : la solution est basique.
L’échelle de pH, de 0 à 14de plus en plus acidede plus en plus basiquepH = 7 : neutre01234567891011121314jus de citroneau de pluieeau puresavoneau de javelPlus le pH est petit, plus la solution est acide.
Figure 4 — L’échelle de pH. Le jus de citron (pH2\mathrm{pH} \approx 2) est bien plus acide que l’eau de pluie (pH5\mathrm{pH} \approx 5).

5.1  Ce que le pH mesure vraiment

Toute solution aqueuse contient à la fois des ions H+\mathrm{H^{+}} et des ions OH\mathrm{OH^{-}}. Ce sont leurs proportions relatives que le pH traduit.

Nature de la solutionpHIons H+\mathrm{H^{+}} et OH\mathrm{OH^{-}}Exemple
acidepH<7\mathrm{pH} < 7plus d’ions H+\mathrm{H^{+}} que d’ions OH\mathrm{OH^{-}}jus de citron, vinaigre
neutrepH=7\mathrm{pH} = 7autant d’ions H+\mathrm{H^{+}} que d’ions OH\mathrm{OH^{-}}eau pure
basiquepH>7\mathrm{pH} > 7plus d’ions OH\mathrm{OH^{-}} que d’ions H+\mathrm{H^{+}}soude, eau de javel
Propriété

Plus une solution est acide, plus elle est riche en ions H+\mathrm{H^{+}} et plus son pH est petit.

Plus une solution est basique, plus elle est riche en ions OH\mathrm{OH^{-}} et plus son pH est grand.

Attention

L’échelle de pH n’est pas une échelle ordinaire : passer de pH=3\mathrm{pH} = 3 à pH=2\mathrm{pH} = 2 multiplie par 1010 la concentration en ions H+\mathrm{H^{+}}. Une solution de pH=1\mathrm{pH} = 1 est donc cent fois plus acide qu’une solution de pH=3\mathrm{pH} = 3, et non trois fois.

6Mesurer un pH et diluer une solution

6.1  Deux instruments

  • Le papier pH : on dépose une goutte de solution sur une bandelette, qui prend une couleur ; on la compare au nuancier fourni. La lecture est rapide mais donne une valeur approchée, à l’unité près.
  • Le pH-mètre : on plonge une sonde dans la solution et on lit directement la valeur sur l’écran. Il doit être étalonné avant usage avec des solutions de pH connu. La lecture est précise au dixième.
Le papier pHLe pH-mètre02468101214nuancier de référencebandelettela couleur obtenue se compare au nuancierlecture rapide, valeur approchée5,2unité pHsondevaleur précise au dixième
Figure 5 — Deux façons de mesurer un pH. La sonde du pH-mètre est fragile : on la rince à l’eau distillée entre deux mesures.

6.2  L’effet de la dilution

Diluer une solution, c’est y ajouter de l’eau. Les ions déjà présents ne disparaissent pas : ils se répartissent dans un volume plus grand, donc ils deviennent moins concentrés.

Propriété
  • Diluer une solution acide fait augmenter son pH : elle se rapproche de 77 sans jamais le dépasser.
  • Diluer une solution basique fait diminuer son pH : elle se rapproche de 77 sans jamais descendre en dessous.

Chaque dilution par 1010 déplace le pH d’environ une unité vers 77.

Diluer une solution acide fait monter son pHpH = 2pH = 3pH = 4on dilue 10 foison dilue 10 foisDiluer 10 fois une solution acide augmente son pH de 1 unité :elle devient moins acide, mais son pH ne dépassera jamais 7.
Figure 6 — Trois dilutions successives par 1010. La solution reste acide : diluer n’a jamais transformé un acide en base.
Math & Co — Arrhenius et Sørensen

En 18841884, le jeune Suédois Svante Arrhenius soutient une thèse dans laquelle il affirme qu’un sel dissous dans l’eau se sépare en particules chargées, les ions, et que ce sont elles qui font passer le courant. Ses professeurs, sceptiques, ne lui accordent qu’une mention tout juste suffisante. Nous ne sommes pas loin de l’humiliation.

L’histoire lui donnera pleinement raison : en 19031903, cette même théorie de la dissociation électrolytique lui vaut le prix Nobel de chimie.

En 19091909, au laboratoire Carlsberg de Copenhague, le chimiste danois Søren Peder Lauritz Sørensen cherche à contrôler l’acidité au cours du brassage de la bière : de très faibles variations suffisaient à ruiner une cuve entière. Il invente pour cela une grandeur commode, qu’il note « pH ». Née dans une brasserie, cette échelle est aujourd’hui utilisée partout, du contrôle de l’eau potable à la surveillance du sang à l’hôpital.

Fiche mémo

  • Ion == atome ayant gagné ou perdu des électrons ; le noyau, lui, ne change pas.
  • Cation == ion positif (électrons perdus) ; anion == ion négatif (électrons gagnés).
  • À connaître : Na+\mathrm{Na^{+}}, H+\mathrm{H^{+}}, Cu2+\mathrm{Cu^{2+}}, Fe2+\mathrm{Fe^{2+}}, Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}, Cl\mathrm{Cl^{-}}, OH\mathrm{OH^{-}}, SO42\mathrm{SO_4^{2-}}.
  • Tests à la soude : Cu2+\mathrm{Cu^{2+}} bleu, Fe2+\mathrm{Fe^{2+}} vert, Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} rouille.
  • Nitrate d’argent \rightarrow Cl\mathrm{Cl^{-}} : précipité blanc qui noircit.
  • Chlorure de baryum \rightarrow SO42\mathrm{SO_4^{2-}} : précipité blanc.
  • Électroneutralité : autant de charges ++ que de charges - dans une solution.
  • pH : nombre sans unité de 00 à 1414 ; <7<7 acide, =7=7 neutre, >7>7 basique.
  • Acide \Rightarrow beaucoup d’ions H+\mathrm{H^{+}} ; basique \Rightarrow beaucoup d’ions OH\mathrm{OH^{-}}.
  • Mesure : papier pH (approché) ou pH-mètre (au dixième).
  • Diluer rapproche le pH de 77, sans jamais le franchir.
Niveau 1 — Application directe
1

Pour chacun des ions Na+\mathrm{Na^{+}} (Z=11Z = 11), Cl\mathrm{Cl^{-}} (Z=17Z = 17) et Cu2+\mathrm{Cu^{2+}} (Z=29Z = 29), donne le nombre de protons et le nombre d’électrons.

Voir le corrigé détaillé

Le nombre de protons est toujours ZZ : le noyau n’est pas modifié.

  1. Na+\mathrm{Na^{+}} : 1111 protons
  2. charge ++ \Rightarrow 11 électron perdu
  3. \Rightarrow111=1011 - 1 = 10 électrons
  4. Cl\mathrm{Cl^{-}} : 1717 protons
  5. charge - \Rightarrow 11 électron gagné
  6. \Rightarrow17+1=1817 + 1 = 18 électrons
  7. Cu2+\mathrm{Cu^{2+}} : 2929 protons
  8. charge 2+2+ \Rightarrow 22 électrons perdus
  9. \Rightarrow292=2729 - 2 = 27 électrons
2

Classe ces ions en cations et anions : K+\mathrm{K^{+}}, SO42\mathrm{SO_4^{2-}}, Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}, OH\mathrm{OH^{-}}, H+\mathrm{H^{+}}, Cl\mathrm{Cl^{-}}.

Voir le corrigé détaillé

Il suffit de regarder le signe de la charge.

Cations (charge positive) : K+\mathrm{K^{+}}, Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}, H+\mathrm{H^{+}}.

Anions (charge négative) : SO42\mathrm{SO_4^{2-}}, OH\mathrm{OH^{-}}, Cl\mathrm{Cl^{-}}.

Moyen mnémotechnique : un anion est négatif, un cation est positif.

3

Un atome de fluor (Z=9Z = 9) capte un électron. Écris la formule de l’ion obtenu, donne sa structure électronique et vérifie la règle de l’octet.

Voir le corrigé détaillé
  1. atome de fluor : 9=2+79 = 2 + 7
  2. \Rightarrow(K)2(L)7(\mathrm{K})^{2}(\mathrm{L})^{7}
  3. il capte 11 électron
  4. \Rightarrow99 protons et 1010 électrons
  5. \Rightarrowl’ion s’écrit F\mathrm{F^{-}}ion fluorure
  6. structure : (K)2(L)8(\mathrm{K})^{2}(\mathrm{L})^{8}

La couche externe compte bien 88 électrons : la règle de l’octet est respectée, et l’ion a la structure du néon.

4

Quel réactif utilises-tu pour rechercher : (a) des ions Cl\mathrm{Cl^{-}} ; (b) des ions SO42\mathrm{SO_4^{2-}} ; (c) des ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} ?

Voir le corrigé détaillé

(a) Le nitrate d’argent. On obtient un précipité blanc qui noircit à la lumière.

(b) Le chlorure de baryum. On obtient un précipité blanc qui, lui, ne noircit pas.

(c) La soude. On obtient un précipité rouille.

Remarque : les deux premiers précipités sont blancs tous les deux. C’est la réaction à la lumière qui permet de les distinguer.

5

On verse de la soude dans trois tubes contenant des solutions inconnues. On obtient un précipité bleu dans le tube A, vert dans le tube B, rouille dans le tube C. Quel ion contient chaque tube ?

Voir le corrigé détaillé

On applique le tableau des tests à la soude.

  • Tube A, précipité bleu : la solution contient des ions Cu2+\mathrm{Cu^{2+}}.
  • Tube B, précipité vert : la solution contient des ions Fe2+\mathrm{Fe^{2+}}.
  • Tube C, précipité rouille : la solution contient des ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}.

Attention : B et C contiennent tous deux du fer, mais sous deux formes ioniques différentes. La couleur du précipité permet de les distinguer sans ambiguïté.

6

Classe ces solutions en acides, neutres ou basiques : jus d’orange (pH=3,5\mathrm{pH} = 3{,}5) ; eau distillée (pH=7\mathrm{pH} = 7) ; eau savonneuse (pH=9,5\mathrm{pH} = 9{,}5) ; déboucheur de canalisation (pH=13\mathrm{pH} = 13) ; eau minérale (pH=7,4\mathrm{pH} = 7{,}4).

Voir le corrigé détaillé

On compare chaque valeur à 77.

  • jus d’orange, pH=3,5<7\mathrm{pH} = 3{,}5 < 7 : acide ;
  • eau distillée, pH=7\mathrm{pH} = 7 : neutre ;
  • eau savonneuse, pH=9,5>7\mathrm{pH} = 9{,}5 > 7 : basique ;
  • déboucheur, pH=13>7\mathrm{pH} = 13 > 7 : très basique ;
  • eau minérale, pH=7,4>7\mathrm{pH} = 7{,}4 > 7 : légèrement basique.

Une eau minérale à 7,47{,}4 n’est donc pas exactement neutre, même si elle en est très proche.

7

Une solution de chlorure de sodium contient 500500 ions Na+\mathrm{Na^{+}}. Combien contient-elle d’ions Cl\mathrm{Cl^{-}} ? Justifie.

Voir le corrigé détaillé

On utilise l’électroneutralité de la solution.

  1. charges positives =500×1= 500 \times 1
  2. ==500500
  3. il faut autant de charges négatives
  4. chaque ion Cl\mathrm{Cl^{-}} apporte 11 charge négative
  5. \Rightarrownombre d’ions Cl=500\mathrm{Cl^{-}} = 500

Il y a autant d’ions chlorure que d’ions sodium, ce que traduit la formule NaCl\mathrm{NaCl}.

Niveau 2 — Approfondissement
8

Une solution de sulfate de fer (III) contient des ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}} et des ions SO42\mathrm{SO_4^{2-}}. On y dénombre 600600 ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}. Combien y a-t-il d’ions sulfate ?

Voir le corrigé détaillé
  1. charges positives =600×3= 600 \times 3
  2. ==18001\,800
  3. chaque ion SO42\mathrm{SO_4^{2-}} apporte 22 charges négatives
  4. on cherche nn tel que 2n=18002n = 1\,800
  5. \Rightarrown=900n = 900

La solution contient donc 900900 ions sulfate : trois ions sulfate pour deux ions fer (III), ce que traduit la formule Fe2(SO4)3\mathrm{Fe_2(SO_4)_3}.

9

On teste une solution X. Avec la soude, elle donne un précipité bleu ; avec le nitrate d’argent, un précipité blanc qui noircit ; avec le chlorure de baryum, rien. Quels ions contient-elle ? Quel est le nom de ce composé ?

Voir le corrigé détaillé

On interprète chaque test l’un après l’autre.

  • Précipité bleu avec la soude : présence d’ions Cu2+\mathrm{Cu^{2+}}.
  • Précipité blanc noircissant avec le nitrate d’argent : présence d’ions Cl\mathrm{Cl^{-}}.
  • Aucun précipité avec le chlorure de baryum : absence d’ions SO42\mathrm{SO_4^{2-}}.

La solution contient donc des ions Cu2+\mathrm{Cu^{2+}} et des ions Cl\mathrm{Cl^{-}} : c’est une solution de chlorure de cuivre (II).

Vérification par l’électroneutralité : il faut 22 ions chlorure pour 11 ion cuivre, d’où la formule CuCl2\mathrm{CuCl_2}. Sa couleur bleu-vert est d’ailleurs un indice supplémentaire.

10

Une solution d’acide chlorhydrique a un pH de 11. On prélève 10 mL10\ \mathrm{mL} de cette solution et on complète à 100 mL100\ \mathrm{mL} avec de l’eau distillée. On recommence deux fois de suite. Quel est le pH final ? Justifie chaque étape.

Voir le corrigé détaillé

Passer de 10 mL10\ \mathrm{mL} à 100 mL100\ \mathrm{mL}, c’est diluer 1010 fois. Chaque dilution par 1010 fait monter le pH d’une unité.

  1. départ : pH=1\mathrm{pH} = 1
  2. 1re1^{\text{re}} dilution : pH=1+1\mathrm{pH} = 1 + 1
  3. ==22
  4. 2e2^{\text{e}} dilution : pH=2+1\mathrm{pH} = 2 + 1
  5. ==33
  6. 3e3^{\text{e}} dilution : pH=3+1\mathrm{pH} = 3 + 1
  7. ==44

Le pH final vaut 44. La solution est devenue beaucoup moins acide, mais elle reste acide : le pH tend vers 77 sans jamais l’atteindre.

11

On dispose de trois solutions : A (pH=2\mathrm{pH} = 2), B (pH=7\mathrm{pH} = 7) et C (pH=12\mathrm{pH} = 12). Compare les quantités d’ions H+\mathrm{H^{+}} et OH\mathrm{OH^{-}} dans chacune, puis range-les de la plus acide à la plus basique.

Voir le corrigé détaillé

On applique la règle : le pH traduit la proportion relative des ions H+\mathrm{H^{+}} et OH\mathrm{OH^{-}}.

  • Solution A (pH=2<7\mathrm{pH} = 2 < 7) : beaucoup plus d’ions H+\mathrm{H^{+}} que d’ions OH\mathrm{OH^{-}}.
  • Solution B (pH=7\mathrm{pH} = 7) : autant d’ions H+\mathrm{H^{+}} que d’ions OH\mathrm{OH^{-}}.
  • Solution C (pH=12>7\mathrm{pH} = 12 > 7) : beaucoup plus d’ions OH\mathrm{OH^{-}} que d’ions H+\mathrm{H^{+}}.

Classement de la plus acide à la plus basique : A, puis B, puis C.

Attention à ne pas conclure que C serait « six fois » plus basique que B : chaque unité de pH correspond à un facteur 1010.

12

Prévois l’ion formé par l’aluminium (Z=13Z = 13) et par l’oxygène (Z=8Z = 8). En déduis, par l’électroneutralité, dans quelle proportion ces deux ions s’associent dans l’alumine.

Voir le corrigé détaillé
  1. aluminium : 13=2+8+313 = 2 + 8 + 3
  2. \Rightarrow(K)2(L)8(M)3(\mathrm{K})^{2}(\mathrm{L})^{8}(\mathrm{M})^{3}33 électrons externes
  3. \Rightarrowil cède 33 électrons : Al3+\mathrm{Al^{3+}}
  4. oxygène : 8=2+68 = 2 + 6
  5. \Rightarrow(K)2(L)6(\mathrm{K})^{2}(\mathrm{L})^{6}66 électrons externes
  6. \Rightarrowil capte 22 électrons : O2\mathrm{O^{2-}}

Cherchons maintenant la plus petite association neutre. Avec aa ions Al3+\mathrm{Al^{3+}} et bb ions O2\mathrm{O^{2-}} :

  1. charges positives =3a= 3a
  2. charges négatives =2b= 2b
  3. neutralité : 3a=2b3a = 2b
  4. \Rightarrowa=2a = 2 et b=3b = 3plus petite solution entière

Il faut donc 22 ions aluminium pour 33 ions oxyde : la formule de l’alumine est Al2O3\mathrm{Al_2O_3}. C’est le composé qui protège les casseroles et les fenêtres en aluminium de la corrosion.

13

Un élève affirme : « Si je verse de la soude dans une solution acide, la solution devient électriquement négative puisque j’ajoute des ions OH\mathrm{OH^{-}}. » Explique pourquoi son raisonnement est faux.

Voir le corrigé détaillé

L’erreur vient de ce que l’élève oublie l’autre moitié du réactif.

La soude n’est pas un flacon d’ions OH\mathrm{OH^{-}} tout seuls : c’est une solution d’hydroxyde de sodium, qui contient autant d’ions Na+\mathrm{Na^{+}} que d’ions OH\mathrm{OH^{-}}. Elle est donc elle-même électriquement neutre.

En en versant dans le bécher, on apporte simultanément des charges ++ et des charges - en nombre égal : le bilan des charges ajoutées est nul.

Une solution reste toujours électriquement neutre : on ne peut pas isoler des charges d’un seul signe en quantité macroscopique. Ce que la soude modifie, ce n’est pas la neutralité électrique, c’est le pH.

Niveau 3 — Défi
14

Une solution contient trois sortes d’ions : 400400 ions Na+\mathrm{Na^{+}}, 150150 ions Cu2+\mathrm{Cu^{2+}} et des ions Cl\mathrm{Cl^{-}}. Détermine le nombre d’ions chlorure.

Voir le corrigé détaillé

On fait le bilan complet des charges positives, puis on impose la neutralité.

  1. charges des ions sodium =400×1= 400 \times 1
  2. ==400400
  3. charges des ions cuivre =150×2= 150 \times 2
  4. ==300300
  5. total des charges positives =400+300= 400 + 300
  6. ==700700
  7. neutralité : autant de charges négatives
  8. chaque ion Cl\mathrm{Cl^{-}} apporte 11 charge négative
  9. \Rightarrownombre d’ions Cl=700\mathrm{Cl^{-}} = 700

La solution contient 700700 ions chlorure. Le piège consistait à oublier que chaque ion cuivre compte double.

15

Un ion monoatomique possède 1010 électrons et 88 neutrons, et sa charge vaut 22-. Détermine son numéro atomique, son nombre de masse, son symbole et son nom.

Voir le corrigé détaillé

La charge 22- signifie que l’atome a gagné 22 électrons. Il en avait donc 22 de moins à l’origine.

  1. nombre d’électrons de l’atome =102= 10 - 2
  2. ==88
  3. l’atome est neutre : Z=8Z = 8
  4. A=Z+NA = Z + N
  5. ==8+88 + 8
  6. ==1616

L’élément de numéro atomique 88 est l’oxygène. L’ion s’écrit O2\mathrm{O^{2-}} : c’est l’ion oxyde, et son noyau est 816O^{16}_{8}\mathrm{O}.

Vérification : 88 protons pour 1010 électrons donne bien une charge globale de 22-.

16

Amadou dilue 1010 fois une solution de soude de pH=13\mathrm{pH} = 13, puis recommence quatre fois de suite. Il affirme qu’à la fin il obtiendra une solution acide. A-t-il raison ? Détaille ton raisonnement.

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La solution est basique. Diluer une base fait diminuer son pH, qui se rapproche de 77.

  1. départ : pH=13\mathrm{pH} = 13
  2. après 11 dilution : pH12\mathrm{pH} \approx 12
  3. après 22 dilutions : pH11\mathrm{pH} \approx 11
  4. après 33 dilutions : pH10\mathrm{pH} \approx 10
  5. après 44 dilutions : pH9\mathrm{pH} \approx 9
  6. après 55 dilutions : pH8\mathrm{pH} \approx 8

Après cinq dilutions, le pH vaut environ 88 : la solution est encore basique. Amadou a donc tort.

Et même s’il continuait indéfiniment, il n’obtiendrait jamais une solution acide : ajouter de l’eau ne peut que rapprocher le pH de 77, valeur limite qui est justement celle de l’eau pure. Pour rendre acide une solution basique, il faut y verser un acide, pas de l’eau. C’est l’objet du chapitre suivant.

Niveau 4 — Problèmes de vie courante
17

L’eau du puits de Ndjamena. Le quartier de Moursal partage un puits. Les habitants se plaignent : l’eau laisse des taches rouille sur le linge et a un goût métallique. Le technicien du centre de santé prélève un échantillon et réalise trois tests.

Réactif ajoutéObservation
soudeprécipité rouille abondant
nitrate d’argentléger précipité blanc qui noircit
chlorure de baryumaucun précipité
  1. Quels ions l’eau du puits contient-elle ? Quels ions n’y sont pas présents ?
  2. Explique l’origine des taches rouille sur le linge.
  3. Le pH mesuré vaut 7,27{,}2. L’eau est-elle acide, neutre ou basique ?
  4. Le technicien conseille un filtre à sable et à charbon. Quel ion cherche-t-il d’abord à retirer ?
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1. On interprète les tests un par un.

  • Précipité rouille avec la soude : l’eau contient des ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}.
  • Précipité blanc qui noircit avec le nitrate d’argent : elle contient des ions Cl\mathrm{Cl^{-}}, en faible quantité (le précipité est léger).
  • Aucun précipité avec le chlorure de baryum : elle ne contient pas d’ions SO42\mathrm{SO_4^{2-}} décelables.

2. Les ions fer (III) présents dans l’eau se déposent sur les fibres du linge. Au contact de l’air, ils forment un composé insoluble de couleur rouille — la même substance que la rouille du fer. C’est pourquoi les taches résistent au lavage ordinaire.

3. Le pH vaut 7,27{,}2.

  1. 7,2>77{,}2 > 7
  2. \Rightarrowl’eau est très légèrement basique

Cette valeur est tout à fait normale pour une eau de nappe : le problème du puits ne vient donc pas du pH.

4. Le technicien cherche à retirer le fer, c’est-à-dire les ions Fe3+\mathrm{Fe^{3+}}, responsables à la fois du goût métallique et des taches. Les ions chlorure, eux, sont présents dans toutes les eaux et ne posent aucun problème à cette teneur.

18

La piscine de l’hôtel, à Abidjan. Chaque matin, Adjoua contrôle l’eau du bassin. La réglementation impose un pH compris entre 7,07{,}0 et 7,47{,}4. Ce matin, le pH-mètre affiche 8,18{,}1.

  1. L’eau du bassin est-elle acide ou basique ? Le pH est-il conforme ?
  2. Adjoua dispose de deux bidons : un correcteur « pH moins » et un correcteur « pH plus ». Lequel doit-elle utiliser ?
  3. Sa collègue propose plutôt d’ajouter beaucoup d’eau douce dans le bassin. Cette solution peut-elle fonctionner ? Explique.
  4. Après traitement, le pH affiche 7,27{,}2. Pourquoi le papier pH aurait-il été insuffisant pour ce contrôle ?
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1. 8,1>78{,}1 > 7 : l’eau est basique. Comme 8,1>7,48{,}1 > 7{,}4, elle est hors norme : le pH est trop élevé.

2. Il faut faire baisser le pH pour le ramener autour de 7,27{,}2. Adjoua doit donc utiliser le correcteur « pH moins », qui est un produit acide.

3. Ajouter de l’eau dilue la solution basique, ce qui rapproche effectivement son pH de 77 : le sens de l’évolution est le bon.

Mais chaque dilution par 1010 ne fait gagner qu’une unité de pH. Pour un bassin de plusieurs dizaines de mètres cubes, il faudrait ajouter des volumes d’eau considérables, impossibles à obtenir et ruineux. De plus, l’eau ajoutée possède son propre pH et ses propres ions.

La méthode est donc théoriquement valable mais inapplicable en pratique : le correcteur chimique est la bonne réponse.

4. Le papier pH ne donne qu’une valeur approchée, à l’unité près : il aurait indiqué « environ 77 » ou « environ 88 », sans permettre de distinguer 7,27{,}2 (conforme) de 7,67{,}6 (non conforme).

Or l’intervalle réglementaire ne mesure que 0,40{,}4 unité de pH. Seul le pH-mètre, précis au dixième, permet ce contrôle.

19

La bouilloire entartrée, à Genève. La bouilloire de Léa est couverte d’un dépôt blanc de calcaire. Sur Internet, elle lit qu’il faut la remplir de vinaigre blanc (pH=3\mathrm{pH} = 3) et laisser agir une nuit. Sa colocataire, elle, propose la soude du placard (pH=13\mathrm{pH} = 13), « parce que c’est plus fort ».

  1. Classe le vinaigre et la soude sur l’échelle de pH.
  2. Le calcaire est attaqué par les solutions acides. Qui a raison ?
  3. Léa n’a que du vinaigre de pH=3\mathrm{pH} = 3 et le dilue trois fois de suite par 1010 « pour ne pas abîmer la bouilloire ». Quel sera le pH obtenu ? Le détartrage sera-t-il aussi efficace ?
  4. Pourquoi la proposition de la colocataire est-elle non seulement inefficace, mais dangereuse ?
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1. Le vinaigre a un pH=3<7\mathrm{pH} = 3 < 7 : c’est une solution acide.

La soude a un pH=13>7\mathrm{pH} = 13 > 7 : c’est une solution fortement basique.

2. Puisque le calcaire est attaqué par les acides, c’est Léa qui a raison : le vinaigre convient, la soude non. « Plus fort » ne veut rien dire ici : la soude est effectivement très corrosive, mais elle l’est dans l’autre sens de l’échelle, et le calcaire y résiste.

3. Chaque dilution par 1010 fait monter le pH d’une unité.

  1. départ : pH=3\mathrm{pH} = 3
  2. après 11 dilution : pH=4\mathrm{pH} = 4
  3. après 22 dilutions : pH=5\mathrm{pH} = 5
  4. après 33 dilutions : pH=6\mathrm{pH} = 6

Le vinaigre dilué a un pH=6\mathrm{pH} = 6 : il reste acide, mais il est mille fois moins concentré en ions H+\mathrm{H^{+}} qu’au départ. Le détartrage sera donc beaucoup plus lent et probablement incomplet. Léa a diluté pour rien : le vinaigre blanc pur ne présente aucun danger pour l’inox d’une bouilloire.

4. La soude ne dissout pas le calcaire : le geste serait inefficace.

Il serait surtout dangereux : la soude est corrosive pour la peau et les yeux, et une bouilloire mal rincée conserverait des traces d’un produit toxique dans de l’eau destinée au thé. Un produit ménager ne se choisit jamais sur l’idée vague qu’il serait « plus fort », mais sur la connaissance de ce qu’il fait.

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